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era vers libres
M“E Vvt GÉRÉ
28, Rue des Mobiles
r
Ercuza vautrie ton bravos giens
Indulgiens freis Perigourdins,
Ciès ni poëto ni troubairo,
Noun gro sié quno rimoliairo.
MME vve céré
28, Rue des Mobiles
PÉRIGUEUX
e279
B.M. DE PERIGUEUX
C0000983949
J
— 2 —
CHINGÈLO
(Louis XIII) près St.-Cibro
o lo mémorio del Possat
Chingélo, terme copéla dé bigno, bouï et laurier,
Houstal to brabe poïs déous omondier,
Moïou de nostreï païre per éou tant oïma,
01 bi copitou de tant loun renoumma,
Au loin lois cigolas cantoun ol bla modur,
Loïs obeillos bourdounoun tzou loun ciel pur,
Oh ! qu’oïmabi escouta lou remous dé l’aïgo,
Tzou lou coutounier oun nicho lo damo blanco,
Un cher qu’agoïtabi couïtza lou soulel
Tra lus termes tzéto soun royons vermeil,
D'un el estouna ogoïtabi l’horisoun,
Per ona ol couben quitabi lo meiou,
Crésiabi qué Diou auourio bénési moun zèlo,
Quittéri lou manoir dé Chingélo.
Chingélo tournoraï béïré loïs ritzos compagnos,
Toun biel gorri, termes, bolouns et moutagnos,
Quand hé que sur moun froun pèse lo biellesso,
Chingélo garde ol cur lou soubenir de mo tzouinesso,
Drolles gordas din bostro mémorio,
De nos!res païres, une partzo de lour historio.
De l.omolte Pouch de la Rivière, Lofoun Hypolitte, fils
L de tanto Requièro.
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Clododite de la Vézère
Je te salue berceau de l'humanité
Ici le coq a toujours chanté,
Et tant qu’il vivra le coq chantera
Un jour d’été je longeais la Vézère
Je suivais les bords de la claire rivière
De chaleur les cigales chantaient
Dans les buissons les oiseaux sommeillaient
Vieil âne, il faisait une telle chaleur
Le diable t’écrase rien ne bougeait sur place.
Appolon faisait tomber ses rayons sur la plaine
Comme de son haleine il brûle la palaine.
Les Dieux de la Mythologie se livraient bataille
Allant sur les nues, ils faisaient souvent ripaille
Comme ils étaient de même parenté
Très souvent ils se fichaient quelques traînées
Sibelle disait : des Dieux je suis la plus belle !...
Celui qui dira le contraire je lui ficherai sur les lèvres
Avec orgueil elle disait : voyez raisins sont à pleins
Barriques et cuves vont être pleines.
[ paniers
Urénus lui répondit: regarde mes étoiles !
Quand le soir Apollon d’un voile se cache
A mes ordres chacun change de place
Si j’en échappais une, elle t’écraserait sur place
Sibelle à Urénus : tes lumières n'éclairent guère
La nuit quand tout sommeille les yeux enquèrent
Urénus malhonnête, moi qui t’envoie la rosée
Comme la fraîcheur après la soleillée.
Apollon : qu’avez-vous à tant babiller
Par hasard seriez-vous saoul du vin de Monbazillac
L’auriez-vous achevé la pinte au nez écrasé
Crapaud, vous ne l’avez pas remplie, vous l’avez vidée
Urénus à Apollon: de quoi te mêles-tu savoir :
Toi qui te vantes et dis : je suis Dieu de l’Etat
Apollon : oui vous l’avez dit : je suis tout, même l’Etat.
A méchant, moi qui vous envoie ma chaleur
Oui ah ! je comprends votre histoire
Vous voudriez pour vous toute la gloire
Ici tous les trois par la crinière s’attrapèrent
Comme ils étaient de même force ils se la secouèrent
Ici arrive Jupiter : qu’avez-vous trois fous ?
Apprenez que tous trois, unissez force et bonté
Si vous ne voulez pas m’écouter, vous allez danser
Au son de mon tonnerre je vais vous faire valser
Ici arriva la burlesque Junon : drôles ne l’écoutez pas
Ce traîneur de casseroles de rien ; il fait des plats
Vous ne l’entendez pas ce ronchonneau, laissez le faire
Et puis dites lui qu’il vienne, tous trois lui feront son
[ affaire
Tout d'un coup Jupiter secoua sa crinière
Ils laissèrent le lion assouvir sa colère
Il fit des éclairs suivis de grêle, les arbres s’arrachèrent
De honte tous trois d’un voile se cachèrent
Junon colère : canaille, si ton fils Bacchus te voyait
Saoul, pour toujours le pauvre s’endormirait
Dans ta colère tu brises tout : vignes et tabacs
A l’âne tu enlèves la croupière, lui laisses le bat
Et mes pauvres gens que d’eau il a fait tomber !
Comme le mauvais temps persistait
Dans une grotte du Moustier je rentrais
En m’écorchant les genoux je m’enfonçais.
Tout d’un coup je vis des os humains
Je sentis un froid passer sur les reins
Surgé, lui dis-je, réveille toi
A genoux je t’en prie parle moi
Tout d’un coup, un homme trapu bourru se leva
Il avait des yeux intelligents, devant moi se dressa
Il tenait sur l’épaule à la pointe d’un piquet
Un silex taillé en forme de marteau
Des pieds à la tête longuement me regardait
Il fit comme s’il m’avait connu dans les temps
Etranger me dit-il que viens-tu faire ici ?
Cette grotte est mienne va-t’en d’ici...
Tout tremblant je lui dis : écoute ma prière
Si tu savais comme je m’ennuie sur terre
Hélas de rêves d’avenir mon cœur se lasse
Quand je vois que tout finit et trépasse
Je voudrais lui dis-je connaître par ta bouche ton passé
Dans ce pays sauvage tu dus bien t’ennuyer
Comment fis-tu pour te sauver des animaux sauvages
Comme tant d’autres qui grouillent dans les marais ?
Ici il me répondit :
Homme tu veux connaître les secrets de mon âme
Hélas que de fois mes yeux se sont voilés de larmes
Mon front s’est baissé sous le poids des douleurs
Tu vois, pour toi, comme pour moi, la vie change de
[ couleur
Parfois de folles idées j’écoutais les charmes
De silex pointus je faisais des armes
Pour me défendre des animaux redoutables
Dont le nombre et l'espèce étaient formidables.
Puis il me dit : vois-tu ce rocher d’ici ...
Vivait un ours gris avec ses trois petits.
Il commençait à faire froid, le climat avait changé
Ces animaux, il me fut difficile de les déloger
De leurs mugissements, la terre tremblait
Fou, j’avais la tête en feu, mes cheveux se dressaient
D’une pierre j'étourdis la mère, lui crève l'œil
Ses petits venaient vers moi, je les tuais, ils étaient déjà
[ grands
Ces bêtes féramines étaient difficiles à déloger
La mère ensanglantée jura de se venger
Chose certaine : ce que l’on fait aux autres vous
| tombe sur le nez
Vingt ans après sous mes yeux, elle dévorait mon aîné
Ecoute-moi, souvent le cerveau se choque à des idées
[ fécondes
Hélas, souvent je marchais dans la misère profonde
Quand de rêves d’avenir le cœur se lasse
Car la vie d'un jour fuit et trépasse
Elle est comme la Nymphe que l'onde cadence
Sur nos têtes la mort se balance
Quand le sang bout dans veines
Et le cœur brûlé, ici bas tout se consume
Homme alors j’avais vingt ans, l’âge d’aimer
Vingt ans ou le cœur brûle ne peut se consumer
J’adressais à Dieu une fervente prière
Je lui dis: tu le vois mon Dieu, je suis bien seul sur terre
L’oiseau couvre son nid de son aile
Comme l’animal protège sa femelle
O dis-moi il me faudrait une compagne
Pour traverser ces rudes montagnes
Dieu de bonté, toi qui m’a toujours aimé
Pourquoi m’as-tu donné un cœur si je ne peux aimer
A la fin de ma prière Dieu m’avait écouté
Une femme parfaite devant moi se dressait
Ama je m’écriais : femme tu es à moi pour toujours
Je l'embrassais, comme la nuit embrasse le jour
Sur ses lèvres roses qui venaient de s’ouvrir
Ce bouton de rose que je venais de cueillir
Elle avait des yeux de gazelle doux et profonds
Que jamais profane saura dire le nom
Là je lui dis : viens ma toute belle remercier Dieu
De notre Union naquirent soixante petits.
Alors avait fini l’hiver et la froidure
Nous écoutions chanter l’oiseau dans la ramure
Les arbres s’étaient couverts de verdure
Une belle étoile éclairait la nature
Nous nous mîmes à chanter le renouveau
Le soleil était chaud, le ciel était beau
Nous écoutions rossignols et fauvettes
Siffler les merles leurs belles chansonnettes
Je vois lui dis-je, tu as eu de bien beaux jours
Mais moi les peines durent toujours
Hélas les beaux jours s'enfuient comme le temps
Je les vois s’en aller sur l’aile des vents
Je me iis des yeux de sauvage
Dieu vivant de quoi te plains-tu, savoir :
Celui qui t’a fait naître te donne à paître
Tu dis que les peines durent longtemps
Ecoute:si les peines durent les plaisirs ont leur temps
Homme ton nom est sacré ne périra jamais
Tu vois ton cerveau grandit de plus en plus
Dis-moi n'es-tu pas le roi de l'air
Sur les nuages tu franchis les mers.
Dieu en te donnant le secret de la science
C'est pour y puiser de la belle expérience
Apprends donc que cette terre est purificative
As-tu compris ? Parte ingrat je te répondrai
Je m’inclinais
Dis-moi lui dis-je est-ce bien vrai ce que disent les
Que vous mangiez la chair à belles dents
[ savants
Pour tuer les animaux comment fis-tu
Et le feu comment l'as-tu trouvé ?
Très simple.
Quand le feu du ciel tombait
Par conséquent tous les bois flambaient
Pour entretenir le feu, du bois j’y mettais
Et pour le conserver, de cendres je le couvrais
Homme ne sonde pas les secrets du Dieu ton maître
Ecoute : a sa volonté tu n’as qu’à te soumettre
Ta conscience doit être ton bon génie
Comme l’Ange de Tolis te mettra au chemin droit
Ecoute l’expérience :
Sans l’amour, la patience
Les hommes s’entendront
Quand les ânes pondront
Tu serais plus heureux si tu étais moins méchant
Les pierres du chemin te le disent en passant
Aime les rochers qui t’ont vu naître
Comme la terre de tes pères qui donne à paître
Mon Dieu là je m’éveillais
Les yeux gonflés je me pris à pleurer
Le coq avait fini de chanter
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Clotodito dè lo Vézéro
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Un oppel dousCoumté dous Périgord
Sonnet
à Monsieur PIVAUDRAN
Chansonnier Périgourdin
Chante Pivaudran, la nature est en fête,
Ecoute les oiseaux chantent à tue-tête,
Barde Périgourdin, digne de ton pays,
Puise les trésors de sa fière harmonie,
Le printemps donne tant de charme aux bois,
Aux oiseaux dans les nids plus de savantes voies,
Chansonnier Périgourdin, âme de frère,
Crois, de ta science nous sommes fiers,
O chante ! chante ton beau Périgord,
Montre ta lyre, nous t’écoutons encore.
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EPISODE
I
I
O Périgord ma Patrie !
Nous, Périgords, aimons la Dordogne notre sœur
Un Poète inspiré, digne de son grand cœur
A traçé dans ses vers, les mœurs des vieux âges
En écoutant les Bardes, dans ses bois sauvages
Tout heureux de voir poindre le jour
Mais depuis les jours ont baissés et grandis tour à tour
Les Pétrocoriens à leur foi voulurent rester fidèles
Le Temple de Vésone fut leur citadelle
Mais un jour tout s’enfuit, les oiseaux folâtres
Comme les nids printaniers et les amours des Pâtres
Mon Périgord qui dépendra ta joie et tes malheurs
Toi. Patrie du génie et des hommes de cœur
I
I
Hommage à Monsieur Yvon DELBQS
(Ministre des ASaüines Etrangères^
Périgords, soyez fiers de votre noble race,
Comme vos frères, regardez toujours en face,
Cest vrai, l'ennemi de vous est jaloux,
Mais courage, nous avons confiance en vous.
Saint â votre esprit de paix et de prudence,
Vous qui aimez la justice comme le droit,
Mais â la raison, savez.vous défendre.
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Une plaidoirie à Sarlat
Villégiature d'un jeune Carabin
Berbyère, vieux pays de Dordogne, si délicieux,
Qui captive l’âme et l’esprit anxieux,
Pays de mes grand-pères, par eux tant aimé,
Bon vin capiteux, de bonne renommée.
Enfin ! me voila à mon aise, je vais rêver.
Pour un poète ce site est à envier,
Car chacun est poète quand il est inspiré.
O seul
Loin de mes parents, je vis en liberté,
Du pays de cocagne je suis épaté,
De l’école, du collège, j’en suis fatigué,
De toutes leurs semonces, je suis rassasié.
Vive la liberté
Il se regarde, de bon ton, fils de famille, beau garçon,
Avec ça, plein d’esprit bonne façon
Avec mon accent parisien, je vais les épater,
Comme de leur bon vin, je vais le déguster,
Chut ! qu’entend-je, la flûte du berger,
Comme le bruit est doux et léger.
Il charme les campagnes quand vient le soir,
Quand sur les montagnes, Phébé vient s’assoir.
Poète patois : Biroli
Per uno motinado d’un bel printen,
Lo noturo entièro contabo lou bel ten,
Lus albrès copélas des feuillos et des flours,
Tout su lo terro contabo l’omour.
O cel l’astré del moti ecclérabo,
En estufflant, lou fier Poysan lobourabo,
Lo mine frecco coumo l’amo dretzo,
Fai sou trobal, hommé des brollécuco.
Obian lus oisels din lour bel fouillatze,
Tus fosins oibi lour ten bel romantze,
Nou sédigé-t-el yo pas des poy solbatze,
Quand lus oisels eu un plus bel plumatze.
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Récit dé Biroli
Un tzoiné carabin en villégiaturo,
Ché perinénabo en cobolié d’obouturo,
Otira per l’odour de trufo et fetzé d’ampoo,
Rentré din une moyou touto blanqo.
Mesdames, Messieurs, Salut !
Un tzoïné droula fozio lou serbici.
Sé dié, un moussur, diséri m’estobonici
Diaplé mescrase, parla fronché, ehabipa
Cropal, sev yo molurou lou compréni pas.
Lou paouro birabo coumo uno perinquetto,
Sur son cami rebersabo bau et bauquetto,
Ero routzé coumo io credo d’un gai,
Trobolia bistté, lou reste yéro égal.
Le Carabin
Garçon qu'avez-vous de bon ?
Birobiste
Chi co coumenço escapi rnoy culotos,
Biedazé lou met biay toumba din la Lottos.
Le Carabin
Garçon, vous dis-je, qu’avez-vous de bon ?
Seriez-vous lourd ou sourd ?
Birobiste
Non gro moussu, oben uno dobo ol bi,
Lindo rusti. pottenago yo salço ol bi yo,
Uno carrétadode bictuaillo encoro yo,
Oquel moussu coisiro so qué boudro.
Le Carabin
Garçon, servez s’il vous plaît,
Sel et poivre, vous avez compris.
Birobiste
Oquel goutza, est trop ponli per être ouneslé.
Le Carabin
Idiot, m’avezrvons compris oui ou non l
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Le Juge
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Du château du Jarry
Château du Jarry, toi si belle demeure
Près d’un Pè -e chéri et d’une aimable Mère
Enfants, vous dites que nous sommes heureux
Chaque fois que nous approchons de ce lieu
Sur le bord du toit l’hirondelle endormie
Chante l’approche du jour à ses petits amis
Oh ! campagne riante que Dieu réserve au Pasteur
Nous te saluons oh ! notre aimable sœur
Le soir Papa nous dit :
« Le soir quand la lueur dernière
Retire du couchant sa dernière lumière
Alors nous nous trouvons tous réunis
Au nid restez longtemps mes chers petiis
Longtemps mon Dieu que sa parole féconde
Montre la voie à ceux qu'il forma pour le monde
Souvenez-vous tous petits enfants débiles
De votre Père savant et habile,
Attentifs, vous écoutiez ses leçons
Charmés par ses belles chansons.
Alors bercés par un doux rêve
Aussi beau que la glaive
Patoi
Hurouso éro votro Mai de vous aima sur z’ounour
Vautres mon dioulesous le menzovio de pantro
Parpoliaou voulézés ci voulés être liuroux lougten
Resta pitit, couserva votrès parents
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O mon Soria !
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Tendresse d'un enfant à sa grand’mère
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Uno vieillo historio
111111111111111111111'
Sonnet
à Monsieur Georges BONNET
Ministre des Finances
Votre nom est beau, c’est un noble héritage,
Les Périgords en sont fiers, le souhaitent davantage,
L’on vous a vu ajouter de magnifiques alliances,
Les lauriers de la Muse, à ceux de la science,
Quand votre jugement sonde l’abîme,
L'art à vos pieds ouvre ces cimes sublimes,
La France dans cette onde agitée, voit son existence,
Et dans ce vague horizon, votre cœur s’élance.
Vivo Bochillia
Fier Pétrocorien admiré votro chozécho,
O tous porier ové seinna votro largécho,
Oou noum dé tous lou pitits rétrétas,
Vous rémercié ovéqué chinchérita.
Fait partie de Poésies patoises en vers libres
