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Ma muse pensive
N’a pas de mâles accents.
Quoique toujours active
Elle butine timidement.
Elle n’est pas la moissonneuse
Par qui sont liés les blés.
Mais la pauvre glaneuse
De quelques épis oubliés.
28, Rue des Mobiles
PÉRIGUEUX
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Patois Périgordin
Fi d’un prétocorin
Pôys de peirre duro
Vous que souloza lo miséro
quéto annade ei duro.
Salut, Compagnons de France
Vous êtes le Renouveau
En vous notre espérance !
Gloire vous soit rendue, jeunes preux,
Vous êtes le bon Samaritain
Vous comblez les ornières
que Satan creuse sous les humains.
Dieu dit : Soulage la misère
Il dit aussi : Pardonne aux méchants
Par ton cœur sois un père
Par la raison sois prudent.
PRIERE
Christ que belle sera la France!
Quand ces jeunes preux armés
Sur l’oppresseur crieront vengeance
Paix et justice aux opprimés
Jeanne d’Arc sois notre espérance
Fiers, nous marcherons sous ton drapeau
Avec le Maréchal de France
Sagesse, remède à tous les maux.
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L’Idéal
L’idéal est une ombre invisible
Qui conduit bien souvent nos pas ambitieux
Un mirage sur le désert aride
Trop souvent capricieux.
Enfants ne soyez pas vains de vos jeunes aimées
Pas d’espoirs chimériques, ils sont souvent déçus.
Voyez sur les sillons que de fleurs moissonnées
Perdent le bel éclat de leurs riches tissus.
Patois
— 7 -
Les Clododites de la Vézère
Grottes des Eyzies, Dordogne
Je te salue berceau de l’humanité
Où le Gai a toujours chanté
Tant qu’il vivra le Gai chantera.
Un jour d’été, je longeais la Vézère,
Je suivais les bords de la claire rivière ;
De. chaleur les cigales chantaient,
Dans les haies les oiseaux sommeillaient.
Vieil, âne, il faisait une telle chaleur !
Le diable s’écrase, rien ne bougeait sur place.
Apollon faisait tomber du feu sur la plaine
De son haleine, il brûlait la palaine.
Les Dieux de la mythologie se livraient bataille
Comme en haut des nues ils faisaient ripaille.
Pourtant, ils étaient tous de même parenté
Très souvent ils se fichaient quelques traînées.
Cibèle (terre) disait : des Dieux je suis la plus belle
Celui qui dira le contraire, je lui ficherai sur les lèvres.
Regarde, disait-elle, les raisins sont à pleine cuve
Barils et banques vont être pleins.
Urénus (Ciel) :
Or Urénus répondit : Regarde mes étoiles
Quand Apollon le soir se voile
A mes ordres, chacune change de place.
Cibèle à Urénus :
Cibelle, tes escantils petites étoiles n’éclairent guère,
La nuit quand on sommeille les yeux en équerre.
Malhonnête î Moi qui t’envoie la lumière
Coœæe la fraîcheur après la soieillée.
Apollon (Soleil) :
Qu’avez-vous tonnerre à tant babiller ;
Semez-vous saouls du vin du Monbaziftac ?
L’aumez-vous achevée la pinte au nez écrasé ?
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Vous ne l’avez pas remplie, que vous l’avez vidée !
Urénus à Apollon :
Urénus : De quoi te mêles-tu, savoir :
Toi qui te vantes ; dis ? je suis Dieu même l’Etat.
Apollon : Vous l’avez dit : Je suis Dieu et l’Etat.
Là tous trois par la crinière, ils se la secouèrent
Ici arrive Jupiter : Qu’avez-vous trois fous ! par votre
[unité
Vous unissez : force, sagesse, bonté et beauté
Si vous n’écoutez pas, je vais vous faire valser
Au son de mon tonnerre, vous allez tous trois danser !
Là furbecque Junon.
Arrive la diablesse Junon : Drôles ne l’écoutez pas :
Ce traîneur de casseroles, de rien il en. fait des plats.
Regardez-le tarabuster, de rien il n’en finit pas.
« Pius dioli qué bingué », à tous trois nous y ferons son
[affaire.
Tout ce qui commence bien, fini souvent mal.
Tout d’un coup : Jupiter brandit sa crinière
Ils laissèrent le lion assouvir sa colère.
Les éclairs, tonnerre, grêle, les arbres s’arrachèrent
Urénus et Cibèle d’un voile se cachèrent.
Junon colère :
Méchant ! si ton fils Bacchus le voyait
Pour toujours le pauvret s’endormirait.
Dans ta colère, tu; brises tout : vigne et tabac
A l’âne tu enlèves la croupière, tu lui laisses le bât.
L’homme :
Hélas, comme le mauvais temps persistait
L’eau à gros flocons sans trêve tombait.
Dans une grotte du Moustier j’entrai,
Dans les broussailles mes genoux s’écorchaient.
Tout d’un coup j’aperçus des os humains,
Aussitôt je sentis le froid passer sur mes reins.
Avec courage je lui parlai :
Surgé, lui dis-je, de dormir tu dois être las !
A genoux je t’en conjure parle-moi :
Tout d’un coup un homme trapu se leva :
- 9 —
Il avait des yeux intelligents. Devant moi se dressa.
Il tenait sur l’épaule à la pointe d’une barre,
Un silex taillé en forme de massue.
De la tête aux pieds me regarda longuement
Il me regardait, comme s’il m’avait vu dans les temps :
Etranger, me dit-il : Qu’eg-tu venu faire ici
Cet abri m’appartient, au plus vite part d’ici.
Je le priai :
Tout tremblant je lui dis : Je t’en prie écoute ma prière
Si tu savais combien je m’ennuie sur terre
De rêve d’avenir mon cœur se lasse.
Quand je vois que tout fuit et tout trépasse
Je t’en prie lui dis-je je voudrais connaître ton passé,
Comment fis-tu pour te sauver de tous ces animaux,
Comme ceux qui grouillent dans les marais ?
Longuement il me regardait :
Homme ! tu veux sonder les secrets de mon âme
Que de fois mes yeux ce sont baignés de larmes
Mon front s’est courbé sous le poids des douleurs
Pour toi, comme pour moi la vie change de couleurs.
Parfois de folles idées je goûtais les charmes
De silex taillés je faisais des armes
Pour me défendre des animaux redoutables
Dont le nombre et l’espèce étaient formidables.
Tu vois cette caverne d’ici, elle m’appartient
Autrefois il y avait un ours gris avec ses petits.
Comme il commençait à faire froid, le climat avait changé,
Ces animaux étaient difficiles à déloger.
De leurs mugissements, la terre tremblait,
J’avais la tête en feu, les cheveux dressés ;
D’un silex j’atteignai la mère, je lui crevais un œil
Ses petits étaient grands, ils venaient sur moi, je les tuai.
Crois-moi, ces bêtes féramines, étaient enragées.
Toute la vérité :
La mère en s’éloignant, jura de se venger,
La vérité : Ce que l’on fait aux autres, nous retombe sur
[le nez
Vingt ans après, sous mes yeux dévora mon aîné.
Quand le cœur et le cerveau toujours avide ;
Quand de rêves d’avenir, hélas, le cœur se lasse
Tout comme les plaisirs d’un jour fuient et trépassent.
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Alors j’avais vingt ans ! vingt ans l’âge d’aimer
Vingt ans ! où le cœur brûle, sans se consumer.
J’adressais à Dieu une fërvante prière : .
Tu vois mon Dieu, je suis bien seul sur terre...
L’oiseau couvre son nid de son aile
L’animal protège sa femelle :
Mon Dieu, lui dis-je ? Il me faudra une compagne
Pour traverser ces rudes campagnes
Dieu de bonté, toi qui m’a toujours aimé
Pourquoi m’as-tu donné un cœur, si je ne puis aimer
Au bout de ma prière, Dieu m’avait exaucé,
Une femme parfaite devant moi s’est dressée.
Aina, lui dis-je femme tu es à moi pour toujours,
Je la poutounais, comme’la nuit embrase le jour.
Sur ses lèvres roses qui venaient de s’ouvrir,
Ce bouton de rose que je venais de cueillir.
Elle avait des yeux de 'gazelle doux et profonds
Que jamais, profane saura dire le nom.
Alors je lui dis : Viens ma toute belle, remercier Dieu.
De notre union naquit : soixante petits.
Alors avaient fuis : l’hiver et la froidure,
Nous écoutions chanter l’oiseau dans la ramure
Les arbres s’étaient couverts de fleurs et de verdure
Une belle étoile éclairait la nature.
Nous nous mîmes à chanter le renouveau,
Le Soleil était chaud, le ciel était beau ;
Nous écoutions rossignols et fauvettes,
Les merles sifflaient leurs belles chansonnettes
Puis, sortant d’un nuage le disque argenté,
Sur le noir feuillage glisse sa clarté.
La Reine nocturne qui trône là-haut,
Quand le Roi1 Dieu ne descend au tombeau,
Et l’aile des tempêtes, des vents en courroux
Grondaient sur nos têtes, nous ne pouvions éviter les coups.
Ma femme et moi nous échangions nos idées
Car nous nous aimions d’amour sincère.
Elle était si bonne, si douce, elle me demandait :
Oh, dis-moi pourquoi mon œil souvent s’égare,
Quand il accompagne une brillante étoile
Qui file comme rme fusée au firmament !
Là je répondis :
Vois-tu ce flot houleux qui se brise au rivage
11 —
Dis : Du destin de l’homme n’est.^1 pas l’image ?
Dans cette onde agitée, il voit son existence
Dans ce vague horizon où tout meurt et s’élance
Oh dis-moi : la délivrance n’est-elle pas la mort ?
Tous deux :
Oh ravissant espoir... aimable chimère
Je vous ai vus à peine, vous vous êtes envolés.
Alors ma pensée gaie devint amère.
C’est que nos yeux avaient vu de trop près.
'
Le visiteur :
Je vois, lui dis-je, tu vis de beaux jours
Mais moi je m’ennuie la nuit et le jour
A ce moment il me fit des yeux
de sauvage : Dieu liban de quoi te plains-tu ?
Celui qui t’a fait naître, te donne à paître ?
Tu dis que les peines durent longtemps :
Ecoute : Si elles durent, les plaisirs ont leur temps.
Je t’ai parlé jusqu’ici de mon bonheur
Sache qu’il n’y a pas de médaille sans revers.
L’hiver fût très froid, le climat avait changé
La neige à flocons tombait dans les forêts
Les fauves de faim hurlaient, les uns aux autres sans
Pitié se dévoraient, les plus faibles les entrailles
■ Sorties, la gorge ensanglantée, criaient : Grâce...
Grâce pitié !...
Dans la nuit sombre l’écho répétait : Pitié... Pitié...
Notre grotte, nous l’avions fermée d’une
Grosse pierre que nous avions roulée.
Couchés sur un tas de fougère, nos petits
Etaient couchés, les pauvres, de faim, parfois pleuraient.
Cette grotte était sombre. D’une huître Saint-Jacques
Que nous avions trouvée, laissée par quelque
Epave que la mer avait jetée, nous servait
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Alors ma femme, mes chers petits, se pendant à
mon cou pleuraient : Oh mon appui, si tu sors, je crains
que tu sois la proie de quelque fauve, mon
petit me dit-elle ? Que vais-je devenir ?
Avec mes petits ? De grâce reste, mourrons
tous ensemble ? Ne t’en vas pas ? Après cette
scène, la gorge étreinte j’a' n’eure...
J’avais l’âme brisée.
Je me souvenais de la prière que j’avais
adressée à Dieu ? Quels regrets car la vie
ne mérite pas d’être vécue ! Comme moi faire
des malheureux !
Subitement je me reprenais : Pardon mon Dieu de
mon blasphème ? Mon Dieu je me soumets à ta volonté
Protège ma femme et mes petits ? Je revenais,
pourquoi murmurer : naître, souffrir, mourir ?
de Dieu c’est sa plus belle parure.
Puis je reprends haleine, l’étrier sur le cou :
Je me dis : je cours à l’aventure !
Quelques jours après j’écoutais gazouiller
deux petites hirondelles, portant sur leurs ailes
une branche d’olivier, comme autrefois à l’arche
de Noé : Réjouissez-vous l’hiver est passé :
Alors un beau soleil éclaira la nature,
La forêt avait revêtu sa robe de verdure.
Ma femme heureuse de promener sa
chère couvée. Elle craignait tout pour eux.
L’aquilon comme le zéphyre, tout à la
fois : heureuse et craintive : s’oubliant souvent
à ces propres besoins :
Là je l’interrompis :
*
i
Heureuse femme : Toutes ne lui ressemblent pas ?
Crapaud, me dit-il ! As-tu bien le droit de te plaindre,"
Si tu savais t’amender tu serais moins égoïste ?
Tu serais plus heureux : Compare l’écorce d’un
arbre rugueux, avec l’écorce d’un arbre lisse.
Tu feras la différence de l’homme à la femme.
Puis il continue :
Lorsqu’un jour mon aîné, terrible n’ayant peur
de rien, vint s’aventurer près d’une caverne
où dormait un ours gris, aux cris de l’enfant
ma femme et moi courrions à son secours : à moitié
dévoré, les entrailles béantes, par terre, sans vie gisait.
Ma femme à genoux : Grâce, grâce laisse-moi
mon petit ? L’ours me regarde attentivement,
me reconnaît, D’une patte me montrant la
cavité de l’œil que je lui avais crevé.
Comme un éclair traverse mon cerveau
Je me rappelle lorsque je tuai ces petits, le serment
qu’elle fit de se venger. Hélas c’est vrai que l’injure
Qu’on fait aux autres, nous retombe sur le nez !...
Puisque tu m’as dit que mon
histoire t’intéresse : Je continue :
Ma femme d’avoir vu dévorer son enfant
ne pût surmonter cette grande peine.
Le cœur meurtri, lasse de vivre,
me dit un jour : Pauvre, ne t’en va pas,
reste près de moi, je vais mourir.
Je vais te causer une grosse peine,
Tu seras bien seul dans la vie,
Mon âme viendra près de toi comme
une sœur fidèle, tu ne me verras pas, mais
rappelle-toi, un jour près de moi ton âme
viendra, nous nous aimerons pour l’éternité.
Nous nous embrassions nous donnions
le dernier baiser. Elle rendit sa belle âme à Dieu.
Elle était bien morte... plus d’espoir
Seul sur terre, seul ! oh malheur ! Dieu
m’abreuvant, dois-je ramper comme un
reptile sur cette terre infecte.
Hélas, ce n’était pas des plaintes que je renvoyais
à l’écho ; c’était des hurlements qui déchiraient les nues.
Près de la caverne, avec les enfants
nous creusâmes un trou, j’y mis son corps
dedans, où chaque soir j’allais prier
demandant d’aller le plus tôt possible
la rejoindre. Ma prière faite je me
sentais soulagé. Je prenais de nouveau
courage et je partais.
Puis les enfants grandirent :
Entre eux se marièrent, fûrent dans les grottes
les plus logeables ; les grands fauves avaient
disparus par la température brusquement changée.
Là, le commerce, l’industrie commença les uns
taillaient des silex, petits et gros pour la chasse, la pêche.
Et toi lui dis-je, que devins-tu ?
Hélas ils me laissèrent seul avec moi-même.
Cependant, il me restait une petite chienne.
Aimable, fidèle qui ne me quittait pas. Je
la nommais ma petite follette ! Elle était d’une
[intelligence rare.
Tous deux nous allions chercher
notre nourriture, quelques gibiers, des fruits.
A la saison nous faisions une petite provision
Pauve Follette elle me comprenait. Je lui
racontais mes peines. Si je pleurais ; Elle pleurait
avec moi. Quand le temps était beau, nous
faisions de longues promenades. Elle gambadait.
Par ses petits geinglements me montrait son contentement.
Or, tout d’un coup je perdis la vue.
Ma petite Follette comprit mon nouveau
malheur. Elle devint plus carressante.
Je lui dis : Ma chérie, je n’y vois plus
qu’allons nous devenir ? Par ses petits cris
me disait : Vieillard ne pleure pas. Si tes
enfants t’ont délaissé ; je mourrai avec toi
Je suis jeune, j’irai chercher notre nourriture.
Tu ne souffriras pas, va, pauvrette ma petite
chienne. Couché sur mon lit de fougère, j’attendais
patiemment son retour.
Lorsqu’elle avait pris quelques gibiers, quelle joie !...
Elle le portait à mes pieds, jetait des petits
cris de joie. Elle était heureuse...
Puis, lorsque le soleil était chaud, elle se pressait
près de mes pieds comme si elle disait suis moi...
Je la suivais à tâtons, j’allais prendre l’air, deux heures
après, me faisait comprendre : il faut rentrer obéissons.
Je la suivais, elle me léchait les mains puis elle
Dartait à la chasse.
Un jour, elle s’était retardée, j’avais beau crier :
Ma Follette, Follette répond moi ! Que t’ai-t-il arrivé
ma pauvrette... répond-moi ? Pas de réponse...
Hélas mon*Dieu m’écriai-je, oh vie tu n’es qu’une
chaîne de misères, comme de Dieu une série de mystères.
Longtemps j’attendis l’âme brisée, les yeux
en pleurs... rien...
Tout d’un coup, le grognement d’un fauve
c’était un sanglier près de la grotte.
Le traître l’attendait pour la dévorer
J’entendis ses petits cris de douleur me
disant : Je meurs que vas-tu devenir ?
Ses entrailles béantes, je compris qu’elle rendait
le dernier soupir. Elle me disait : tout est fini.
Or, je m’allonge sur mon grabat de fougères
j’avais alors 165 ans de votre ère je rendis mon
âme à Dieu, à la terre la matière
qu’elle m’avait prêtée..
Sans regret je lui dis adieu... ! î !
Homme compare tes peines aux miennes
Or, Dieu t’a donné un cerveau où tu puises
la science, même l’espérance ; mais non pour
sonder ses mystères.
Dis-moi, n’es-tu pas le maître des mers ? et
des airs ? Que veux-tu savoir de plus ?
Sache que tout peuple monté au dernier échelon
comme la Tour de Babylonne, n’a plus qu’à dégringoler.
Cherche pas à approfondir plus haut, tu perds ton temps,
les mystères de Dieu sont impénétrables.
Hélas, là, le coq avait fini de chanter, tristement
je m’éveillai, je me pris à sangloter, l'histoire
du Moustier dans ma mémoire était resté gravée.
Lettre d'une mère éplorée
à sa fille bien-aimée
Enfant ! c’est moi ta mère qui te parle,
Qui renouvelle à ta mémoire ces vieux souvenirs
Très souvent je me force à sourire
Comme dans tes yeux, je cherche à lire
Ton enfance par moi naguère fût bercée
Mes oreilles reçurent tes premières pensées.
Avec quelle allégresse je te vis grandir,
Comme pour ton éducation je me vis applaudir.
Au foyer du bon ton je formais ton âme
Pour que plus tard tu fis une parfaite femme.
Pour une raison trop tard connue, tu quittas la maison,
Tu quittas ta mère qui faillit perdre la raison.
Si ton cœur de fille avait versé des larmes
Ta mère aurait compris tes justes alarmes.
Tes yeux, de Saint-Front auraient retrouvé le clocher.
Mais ton imagination à su t’en détacher.
Ma chère enfant m’as-tu compris ?
Mon esprit avec toi voyage dans Paris
Semblable à un télescope indiquant les étoiles.
Hélas tes yeux et ton cœur ont sû lever le voile.
Je t’en prie, pauvrette, pardonne mon blasphème
Sais-tu que loin de toi j’ai versé bien des larmes !
Hélas je ne suis qu’une épave
Que les chagrins roulent au fond des gaves
Seule je rendrai l’âme... je ne te verrai pas
Mais mon âme immortelle te suivra pas à pas.
Enfant de ta mère rappelle-toi...!
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I
»
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Fait partie de Poésies en vers libres
