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EX-LIBRIS
DE LA FAMILLE DE BESSET
)
ES deux bibliophiles, dont nous nous proposons de
raviver ici le souvenir, — l’oncle et la nièce — appar
tenaient à une famille originaire du Languedoc1.
On comprend aisément que le goût des choses de
l’esprit se soit perpétué dans une famille qui possédait
parmi ses aïeules une nièce de Boileau et avait fourni
à l’Académie des Inscriptions et Médailles un inspec
teur des Beaux-Arts, auteur d’une Relation estimée des campagnes de Bocroy
et de Fribourg.
Henri de Besset, seigneur de La Chapelle-Milon, père et grand-père de
nos bibliophiles, s’était acquis la plus haute réputation dans les divers emplois
qu’il avait successivement remplis au Parlement de Metz, dans la maison du
roi et au secrétariat du conseil de la marine. Lorsqu’il mourut, le 19 avril 1748,
il laissait de son mariage avec dame Elisabeth Chardon, qu’il avait épousée en
1697, deux fils, également distingués, Daniel-Henri et Nicolas-Pierre de
Besset.
Ce dernier, le plus jeune, devint chef du bureau des affaires étrangères.
Il est l’auteur de traductions anonymes de divers ouvrages allemands et
anglais. Un des livres de sa bibliothèque vient d’être retrouvé dans le grenier
d’un ancien presbytère de Périgueux : c’est un exemplaire de {'Histoire du
ministère de M. le cardinal de Richelieu, par Ch. Vialard, dit Saint-Paul
(Paris-Hollande, Elzevier, 1650, 2 vol. petit in-12).
Sur ce livre qu’a bien voulu nous confier M. Charles Durand, l’un des viceprésidents de la Société historique et archéologique du Périgord, était collé
I. La Chesnaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse.
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l’Ex-libris reproduit ci-après, au bas duquel le possesseur a pris soin de faire
inscrire son nom : Nicolas-Pierre de Besset de La Chapelle-Milon.
Le sujet principal est un écusson aux armes de Besset : D'azur, au chevron
cTargent accompagné de 3 étoiles, au chef d'argent abaissé.
Le frère aîné de Nicolas-Pierre de Besset, Daniel-Henri, seigneur de La
Chapelle-Milon, conseiller du roi en ses conseils, mourut, en 1737, pourvu
de l’intendance de Saint-Domingue. De son mariage avec Élisabeth de
Guiry il ne laissait qu’une fille, digne héritière de la fortune et de l’esprit
de sa maison, Elisabeth-Henriette-Marguerite de Besset.
Celle-ci épousa, le 14 mars 1754, Denys-Louis d’Hozier, fils du juge
d’armes de la noblesse de France, ancien page du roi, président en la
Chambre des comptes de Rouen.
A l’exemple de l’intendant de Saint-Domingue, elle s’était fait graver un
Ex-libris, non moins rare que celui de son oncle, avec lequel il n’a d’autre
différence que le losange de l’écu.
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C’est grâce à M. Tausin, qui l’a extrait pour nous de sa riche collection,
que nous pouvons en donner ici la reproduction.
La présidente d’IIozier ne devait pas jouir longtemps de la haute situation
qui lui était assurée dans le monde : car elle mourut près de huit mois après
son mariage (30 octobre 1754). Un simple Ex-libris, en transmettant à la
postérité le nom de cette jeune femme, témoigne en même temps que l’amour
des livres élait resté héréditaire dans la famille de Besset1.
A. Dujarric-Descombes.
1. Noos exprimons ici à MM. Durand et Tausin nos sincères remerciements pour leur obligeante
communication, qui a inspiré cet article.
Fait partie de Ex-Libris de la famille de Besset
