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DOCUMENTS HISTORIQUES
I N EDITS
CONCERNANT
LA SEIGNEURIE DE FRONSAC, L’ABBAYE DE GUITRES
(GIRONDE)
LA COUR SOUVERAINE DE GASCOGNE
INSTITUÉE EN 1370
CONDAMNANT A MORT, EN 1377, LE VICOMTE DE FRONSAC POUR CONSPIRATION
EN FAVEUR DE LA FRANCE
PUBLIES PAR
M. CH. GRELLET-BALGUERIE
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DOCUMENTS HISTORIQUES
INÉDITS
CONCERNANT
LA SEIGNEURIE DE FRONSAC, L’ABBAYE DE GUIÏRES
(GIRONDE)
LA COUR SOUVERAINE DE GASCOGNE
INSTITUÉE EN 1370
CONDAMNANT A MORT, EN 1377, LE VICOMTE DE FRONSAC POUR CONSPIRATION
EN FAVEUR DE LA FRANCE
PUBLIÉS PAR
M. CH, GRELLET-BALGUERIE
BORDEAUX
IMPRIMERIE G. GOUNOUILHOU
41,
RUE OUIRAUDE.
1888
II
*î
Le document inédit ci-après offre un tel intérêt pour l’histoire politique et
judiciaire de la Guyenne pendant la domination anglaise, que nous nous sommes
empressé d’en prendre une exacte copie sur l’original même, aujourd’hui
conservé à Londres, à la chancellerie (Roll's Record), dans la collection des Rôles
gascons. La Société des Archives historiques de la Gironde a voté à l’unanimité
l’impression de cette sentence de la nouvelle Haute Cour de Gascogne, condamnant
à mort Guillaume-Sanche de Pomiers, vicomte de Fronsac (du chef de -sa mère
Jehanne, vicomtesse de Fronsac, comme fils aîné de Jehanne et du chevalier
Guillaume-Sanche de Pomiers), pour avoir conspiré avec Amanieu, le fameux
sire d’Albret, avec son oncle Amanieu ou Aymon de Pomiers et d’autres seigneurs
gascons, dans le but d’affranchir la Guyenne de la domination anglaise et de la
restituer à la France.
Le complot dénoncé, le vicomte de Fronsac fut sur-le-champ arrêté à Libourne
le 24 mars 1377 par Thomas Felton, grand-sénéchal de Guyenne, auquel il avoua
noblement son crime. Le 1er avril, le sénéchal ajourna la Cour de Gascogne et un
grand jury de seigneurs, de maires et de bourgeois pour le vendredi 10 avril.
Après quatre audiences, le jeudi 16 avril, la Cour de Gascogne condamna
Guilhaume-Sanche, vicomte de Fronsac, pour crime de lèse-majesté et de haute
trahison, à avoir la tête tranchée en public, sur la place du Château de Lombrée
(Palais de Lombrière) à Bordeaux, et prononça la confiscation de ses seigneuries
au profit de la couronne d’Angleterre.
Les notes explicatives dont nous avions accompagné le texte de cet important
monument, ainsi que celui du document qui le suit et le complète, n’ont pas été
reproduites dans la publication suivante. Il est toutefois une observation utile qu’il
n’est pas possible d’omettre ici dans l’intérêt de la vérité et du lecteur. Cette
Haute Cour de justice qui prononça cet arrêt de mort en 1377, était d’institution
nouvelle et récente : il ne faut donc pas la confondre avec les anciennes cours de
Gascogne ou avec la Cour du juge de Gascogne dont les sentences ressortissaient
1
en appel au roi de France et à son Parlement de Paris, comme émanées de la
justice féodale du roi d’Angleterre, vassal, en tant que duc de Guyenne, de la
couronne de France. Le Parlement de Paris ne rendait pas toujours la justice
due au roi anglais dans ses démêlés avec les seigneurs gascons ou éternisait les
procédures et les rendait illusoires. Après nos désastres, le roi d’Angleterre
exigea l’insertion dans le traité de Bréligny, en 1360, d’une clause l’autorisant à
établir dans son duché de Guyenne une cour de Gascogne, absolument souveraine,
affranchie de la juridiction du roi de France et de son Parlement. Celle Cour
supérieure indépendante, Curia superioritatis, fut instituée en 1370 et établie à
Bordeaux dans l’ancien palais des ducs de Gascogne, ou le Châtel de Bordeaux,
résidence du grand-sénéchal de Guyenne. C’est cette même Haute Cour de
Gascogne, tribunal politique, qui, convoquée le 10 avril 1377, condamna à mort
le 16 avril le noble et malheureux Guillaume-Sanche de Pomiers, premier et
dernier vicomte de Fronsac de sa race, issu de l’une des plus anciennes et des
plus puissantes familles du pays, et qui, remontant au xie et même au xe siècle,
paraît se rattacher à la famille des Sanche, ducs de Gascogne. Le roi d’Angleterre
ne fit pas grâce à ce jeune seigneur dont le père et tous les ancêtres avaient rendu
les plus éminents services à la cause anglaise : il convoitait aussi son château de
Fronsac, si redoutable pour l’époque. Le vicomte de Fronsac fut exécuté à
Bordeaux en mai 1377.
Louis-Charles GRELLET-BALGUERIE,
Associé correspondant de la Société nationale des Antiquaires de France
de l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux, d’Agen
d’Angers, de la Société des Archives historiques de la Gironde, des Société
historiques et archéologiques de Bordeaux, du Périgord, de l’Orléanais e
du Midi de la France, etc.; Délégué depuis 1878 aux Congrès des Sociétés
savantes à la Sorbonne.
PROCÈS-VERBAL de la sentence rendue par la haute cour de Gascogne
contre Guillaume-Sans de Pommiers, vicomte de Fronsac.
Bibliothèque nationale. Collection Brequigny, tome XXX. Ce document a été daté par
Brequigny du 10 avril 1378. Il figure dans le Catalogue des Rôles gascons, tome I,
page 164; il a fait partie des archives de Chapter-House dans la collection des PellRoll’s. Transcrit à Londres sur l’original et communiqué par M. Ch. Grellet-Balguerie.
Thomas Felton, récemment nommé sénéchal de Gascogne, avait fait arrêter à
Libourne, le 24 mars 1377, Guillaume-Sans de Pomiers, auquel le roi d’Angleterre
avait récemment confirmé le vicomté de Fronsac et qui néanmoins venait de faire
une alliance secrète avec les Français pour s’emparer de Bordeaux. Le sénéchal
fit assigner à Bordeaux, par un grand nombre d’huissiers et sergents royaux, les
différentes catégories de nobles et des représentants des villes et communautés,
pour juger le coupable. Le seigneur de Pomiers avoue noblement les faits qui lui
étaient reprochés, et en conséquence la Cour le condamne à être décapité et tous
ses biens confisqués. Cependant la Cour accorde au sénéchal le pouvoir, s’il le
veut, de livrer le corps du supplicié à des religieux pour lui faire des funérailles.
Processus judicii redditi contra Wilhelmum-Sans, dominum de Pomers,
in curia Vasconiœ.
Fet fu en le chastel de Bourdeaux et en la court de Guascoigne,
pardevant nous Thomas de Felton, senescal d’Aquitaine, pour nostre très
soverein senhor le roy d’Angleterre et de France, en jugement le
vendredy ampres la Dominica que hom chante en saint mere Glyse
Quasimodo geniti, c’est assavoir, le xe jour du moys d’avrill, l’an de grace
mli troys cens setante set.
Auquel jour cornea parmi nos letres patentes pour nous, de conseil et
avis du Conseil nostre avandit [senhorj ottreyees soulz le seel de nostre
office, desquelles la teneur s’ensuyt en ceste maniéré :
Thomas de Felton, senescal d’Aquitaine ; A nos amez Guilhem de
Praderes, Guilhaume Lambert, Guilhemo Edilmelhon, Pierre Renelot,
Helies deu Bue, Edamartin et John de Sobba, sergents du roy de France
et d’Angleterre, nostre très souverain seinhur, et à tous aultres sergens
royals ausqueles ces présentes lettres vendront, salut.
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Comeu Guilhaume Sans, sire de Pomers et viscompte de Fronssac soit
accusé de traison et mauveste devers nostredit seigneur le Roy, comeu
d’avoir traictié commerce et alliance aveq les François et enemys de
nostredit seigneur le Roy, de estre de leur part et sequelle et de mettre
lesditz enemys en ses lieux et fortresses pour faire guerre contre son lige
seinhur le Roy, nostre avant dit seigneur, et damager son pais et sa
terre et celle de ses feaulx subgez, pour laquelle cause nous le avons et
détenons pris et aresté ou chastel de Bourdeux, pour ce que ceste fait est
moult chargant et de grant pois et est chose qui touche grandement
l’estât de nostredit seigneur le Roy et la couronne d'Angleterre et de
tout cest pais par dessa et que en ce nous ne voldrions procéder ne aler
avant sans bon advis, conseil et deliberation avec les seignurs, barons,
chevalers, escuiers et bones genlz des villes du pais qui savent et
cognoyssent les loys, fuers et costumes du pais, par lesqueles nous devons
et somes tenuz de gouverner et ycelx avons promys et juré de tenoir et
observer et de faire si bien du grant come du petit, droit et raison
suivant les loys, fuers et custumes susdilz; vous mandons et à chascun
de vous chargons estroytement sur tout, qu’aulrement vous porrez fortfaire vers nostredit seigneur le Roy que lantost et sanz delay ; veuez
cestes, vous transportez devers les très chers et honnourés sires : le
captai de Buch, viscompte de Benauges, le sire de Lespare, le sire de
Mussidah, le sire de Caslillon, le sire de Maurian, le sire de Saint-Genès,
messire Aymeric de Bourc, messire Guilhaume Amaniu de Bourc,
messire Guilhaume Amaneu de Lanssac, messire Arnaud de Lafite,
messire Arnaud Ayquem, messire Naudet de La Bernede, le sire de
Gastetja, le sire d’Arssac, messire Guarin de Lile, messire Bertrand
Caillau, messire Ebles de Caupene, mossen Bernen de Caupene, à leurs
personnes, si vous les pouvez trover, sinon à leurs hostels et a leur,
adjournez, comandez, chargez, etc., part le Roy nostredit seigneur et de
part nous, que cesti segonc vendredi de cest moys d’avril prochainament
venant, qui sera le xe jour dudit moys, ils soient et vinguent à nous à
Bourdeux pour nous adviser et conseiller comen nous aurons et devrons
procéder et aler avant, ou fait susdit pour reson et selonc les loys et
coustumes du pais susdit. Et en ce ne vueillant faillir, si cher, qu’ils aient
l’onneur et estât de nostredit seigneur le Roy, et nous certifient leur
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volunlé et entente par leurs lettres scellées de leurs scealx, desquelles
adjournements et de ce que fait aurez ez chosez susdites nous certifiez
audit jour deuementz.
Donné à Bourdeux soubz le scel de nostre office le premier jour d’avril
l’an mil troys ccc soysant et dix sept.
Thomas de Felton, senescal d’Aquitaine : A noz amez John de Wilherle,
Raymont Arnaud de Perulh, Raymont Renelot, Bernard Guiraud, Pierre
Renelot et à Pierre Faiol, sergens du roy de France et d’Angleterre
nostre très souverain seigneur, et à tous autres sergens roials acquelx
ces présentes lettres vendront, salut.
Comeu Guillaume Sans, sire de Pomers, viscompte de Fronssac, fut
accusé, etc. (Même libellé, que ci-dessus.)
Vous vous transportez devers les très chers honnorés sires et chevaliers
les sires de Lagoyran, le sire de Roazan, le sire de Monferran, le sire
de Duras, le sire de Pujols, le captai de Puchagut, le sire de Curton, les
sires d’Audenge, de Budos, de Landiras, de Roquetailade, le sire de
Saint-Croix-du-Mont, messire Guiraud de La Mote, prevost d’Entredeux-Mers, messire Gualhard de Puch, messire Guiraudon de Puch,
messire Guillaume Rainond de Tastes, messire Raymond Bernard de
Curton, Helies de Junqueyres appellé le Basco, Aymar de Caslanède,
le sire de Lalande et de La Brede, de Montlaur, le sire d’Angladas,
Joahnot du Puch, le sire de Cantaloup, le sire de Bisqueylan, et
messire Pierre de Roqueys, à leurs personnes, si vous les pouvez trouver,
et adjournez de part le Roy nostredit seigneur et de part nous, cesti
seguent vendredi prochain, etc. (Comme dans la première ordonnance.)
Thomas de Felton, sénéchal d’Aquitaine : A nos amez Martin John
de Sohba, Raymond et Renelot, Helies de Durofîort, Raymond de Maures,
Guilhem Reynaud Nelies dai Bue, sergens du roy de France et d’Angle
terre, nostre très souverain seignur et à tous autres sergens royaux
asquels ces présentes lettres vendront, salut.
Corne Guilhaume Sans, sire de Pomers et viscompte de Fronsac, fut
accusé de traiccion, etc. (Même libellé que dans la première et la deuxième
ordonnance.)
Veues cestes, vous vous transportez devers nos chers amis : les gou
verneur et consols de Bragerac, les consols de Saint-Foy, les maire et
1.
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jurez de Senl-Melion, les maire et jurez de Libourne, les maire et jurez
de Bourc, les bourgoys et bonnes gens de Blaye et les adjournez, com
mandes et chargez de part le Roy, etc. (Même libellé que dans la première
et deuxième ordonnance). Que cesti segont vendredi de cest moys d’avril
prochain venant, qui serra le Xe jour dudit moys, ils soyent et viengnent
à nous à Bourdeux ou qui nous trametant deux à troys bourgoys de
pluis sufïîcians de leur ville, et pour ce que nous ne voldrioiKproceder
sans advoir bon advis conseil avec les seignurs et bonnes gens des
villes du pays, etc. (Même finale que dans la première et les autres ordon
nances.)
Donné à Bourdeux, le 1er avril 1377.
Thomas de Felton, à nos amez Pierre Faiol, Raymond de Maure,
Raymond Renelot, Guillaume Edelmeton, Guillelm Renaud et a Pierre
Renelot, sergens roials, etc.
Comeu Guillaume Sans, sire de Pomeys fut accusé de traicion. Veues
cestes, vous vous transportez devers très chers amis les jurez et bonnes
gens de Créon, les jurez et bones gens de Rions j1), les jurez et bones
gens de Cadilhac, les jurez et bonnes gens de-Lengon, les jurez et bones
gens de Sen-Macare, les jurez et bonnes gens Mont Segueur et de Sauveterre et leur adjournez, qu’ils vienguent à nous à Bourdeux ou envoient
et trametent chascun endroyt eulx, deux o troys bourgoys de plus sufficians, etc.
Donné à Bourdeux, soubz le scel de nostre office, le premier jour
d’avril l’an rnil ccclx dix et sept.
Eussions fat citer et adjourner pour devant nous, les barons, chevalier,
nobles, jurrez et bonnes gens des bonnes villes esdites lettres, expressés
et déclarez, pour nous conseiller comen nous aurons et deurions procéder
et aler en avant ou fait ez ditz lettres contenu pour reyson et selon les
loys et coustumes du pais susdit, lesquelles nous volons et sûmes de
entente de tenir et guarder leyaument à nostre pouvoir, si corne nous
avons promis et juré, lesquieux mandementz ont esté faitz et diligemment
exequis par Pierre Fayol, Arnaud de Maures, Guillaume Edelmeton, et
Pierre Arnaud de Castilhon, sergents royals, à tous les barons, chevaliers,
escuiers, gens et bonnes villes ez dictes lettres expresses et déclarées,
exceptez aux villes de Bragerac et de Saint-Foy, ausquelles lesdits
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sergenx ne ausarent aler pour le perilh des chemins qui estoit aujourduy
pour cause de la present guerre qu’est à present, si comen lesditz sergens
nous rapourtarent aujourduy pleynerement en jucgement.
Desquieux barons, nobles et bonnes villes sont comparus et présentés
audit jour duy, lieu et heurre en jucgement par devant nous lesquieux
s’en suivent :
C’est assavoir, le noble home et baron mossen Ar...(2) de Molton,
chivaler, meyre de Bourdeux, le sage et discret mestre Bartholomieu
Marron, procureur de noble baron, si comeu il dist, du captai du Buch,
viscompte de Benaugej3), mestre Reymont Bernard de Telh, sages en
droit, pour le noble baron le sire de Lesparre, Pieries Furt, escuier, pour
le noble baron le sire de Muyssidan, John de Gibreu pour le sire de
Castilhon de Medouc, mestre Pierre de Maderein, clerc, pour messire
Berlran de Noalhem, chevaler, sire de Maurien, mossen Naudot de
La Berneda, mossen Amaneu, sire d’Arsac, chivaler, le noble baron
le sire de Landirens, sire Guylard du Puch, chivaler, pour soy et pour
Joahnot du Puch, esquier, Helies de Junqueyras, apellé le Basco, escuier.
Et ampres se comparurent et se présentèrent desdites villes : Amaniu
Taris, meyre de Sent-Melion, lesquieux dessus nompnez euisse comparus
et présentes nous seneschal dessusdit eux et pluseurs autres de la ville
de Bourdeux et du pais environ, estans en court, par davant noz, nous
declarasmes et feysmes expliquer et declarer le fet en pleniere Court,
duquiel est faite expresse mention ez mandamenlz dessus escriplz et la
confeccion en suslance touchant le fet, à nous faite pour ledit viscompte,
lequielle est de par dejus tout à plein espressee; et ce fet, pour ce que
aucuns en lesditz mandamenlz contenus n’estoint mie venus, si conti
nuâmes la cause en la meisme estât tant que a domein prochein, la
meisme houre de tierce, en parlant et comandant aux dessus nomes
comparens et autres à nous assistens en ladeyta Court, que audeyt jour,
lieu et houre, veinssent et comparussent pour devant nous, pur nous
conseiller sur ledit fait.
Fet fut en le chastel et court susdit à houre de tierce par davan nous,
seneschal avantdit, sedent par tribunal, le samedy ensuivant, c’est
assavoir le xi jour dudit moys d’avril, l’an de grace cidessus mil troys
cens setante sept.
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En ycest meisme jour, nous senescal susdit, lenent court et estant en
jucgement, feismes publicament en court pleniere, lire les mandamenlz et
adjournamenlz dessusditz et si feismes appeller tous les nobles, villes
et autres en lesditz mandement et adjournamentz contenus, spesifiez et
declares, desquieux comparurent et se présentèrent yceulx meismes
qui se présentèrent au jour d’ier. Et pluis oullre, se comparurent Tibaut
de Puch Enard pour soy, Pierre Torner pour le seigneur de Rouzan, que
dit que ledit sire de Rouzan estoit si avironé des enemys du Roy, nostre
sire, qu'il ne pouvoit venir aujourduy ni comparoir ; John Bey pour le
seignur d’Audenge, mossen Guiraud de La Mota, chivaler, prevost
d’Entre-deux-Mers pour soy, mossen Bernin de Caupene, chivaler;
Arnaud Simeon pour le sire de La Landa, Arnaud Johan pour le seigneur
d’Angladas, Amaniu Taris, meyre, et Johan Paon, bourgois de Saint
Melion, pour ladila villa de Saint-Melion, Guiraud Prévost, meyre de
Libourne, Arnaud Johan, Helies Aymeric, Guillaume de Saint-Miqueu,
bourgois et habitans de Bourc pour ladeyta villa de Bourc; Jourdein
de La Forgua, prevost de Monlferran et un escuier, appellé le Sauvalge,
pour le sire de Montferrand; Guillaume de Lavau et Guillaume de Conques
pour la ville de Saint-Maquayre, Guaylard Urbien, demorant à Bourdeux,
pour la ville de Langon; lequel dit, pour leur excusa, que ne ausoyent
venir pour le grant doubte que eux avoient des ennemys que toutes les
nuit les ezgaytoyent leur dit lieu, si corne eux li avoyent mandé à ce qu’il
dis!, et furent excusés.
Guiraud, sire de Sainl-Genes, mossen Berlran Cailau, mossen Guarin
de Lisle, le sire de Boudos, le seigneur de Santa-Cros-du-Mont, pour
cause de maladie; et mossen Guilhelm Amanieu de Bourc; mossen
Guilhem de Lanssac et le sire de Curton furent excusés, quar sont fors
du pais; le sire de Duras fut excusé, car il estoit en la fronteyre; el cum
le seigneur de Roque-Taillade, mossen Guiraudon du Puch, mossen
Guilhem Reymond de Las Tastes, mossen Rémond Bernard, bastard
de Curton, le sire de Montlaur, le sire de Cantaloup, le sire de Bisqueytein, mossen Pierres de Roqueys, mossen Arnaud de La File, mossen
Arnaud Ayquem de Podenssac, le sire de Castetja, mossen Ebles de
Caupene ne comparussent, ne aucun pour eux, furent mis pour nous en
deflaute.
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Et ce fet, nous feismes expliquer et declarer en plenieira court comeu
estoit venu a nostre noteyce que le ledit sire Guillaume Sans, sire de
Pomers, viscompte de Fronsac, avoit fait traité et accordée commune,
alias commerce, et aliance avesques les enemys du Roy nostre sire,
avant dit, d’estre de leur partie pour bayler et livrer ses lieux pour metre
dedans dus cens hommes d’armes et cent arbalesters pur faire guerre
au Roy nostre avandit sire, et destruyre son pais par dessa et que sur ce,
nous avons faite pleniere et deue enformation, avec gens dignes de foy,
par laquielle avons trové que en issi estoit comeu l’om nous avoit donné
entendre et pour ce nous le avions pris, la vigile de la Annonciacion
Noslra-Dame et son chastel et sa terre mise à la mien du Roy nostre sire.
Et pour cest cause, nous le avions detenu en le Chastel de Bourdeux,
tant que aujourduy, durant laquielle detencion, il, de son bon gré et
sans toute destrensse, nous avoit confecee par plusors foys la vérité
du fait pour la forme et maniéré que en sa dite confecion dejus escriple
est contenu; sur laquielle chose nous ne volions procéder ne aler en
avant, sans avoir leur bonne deliberacion et avis, et aqui meismes, nous
feismes venir en court ledit viscompte.
Et le venu en court pleniere et estant et present en ycelle judicialement
per devant nous, si feismes lire en sa presence la confecion qu’il avoit fete
sous les choses qui nous avient esté repourtez, lequielle confeccion sensuit de mot a moût en yceste maniéré.
Set se la confession de Guillaume Sans, cavaler, senior de Pomers,
viscompte de Fronsac, sens nulla compulcion et destrenssa, mes de sa
propria voluntat.
Tôt primeyrement disso et confessa en presencia del noble et poderos
senhor Thomas de Felton, senescaud d’Equitania et deus honorables et
savis senhors mestre John de Plassan, clerc de la vila de Bordeu, de
mestre Guilhem de Hellecombe, loctenent deusdeyt senhor seneschaud,
Guiraud Pervost, mager de Libourna, en lodeyt loc de Liborna, en la
reflector de la mayson deus frays menutz deu médis loc de Libourna,
enlorn la hora de terssa, la vespra de Nostre-Dona de Martz qui fio
le xxiiii jorn deu mes de mars l’an mil ccc. selanta et seys que lo médis
vescompte estans en las Lanas, en y son loc que hom appera Usar,
Arnaud Amaneu, senhor de Labrit, le tramets plusors letras et par avant
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esteant ledeyt viscomple en le loc de Fronsac l’ave trames plusors letras
que ânes parlar à luy à Tartas, et à la tfin lo trameto letras carcanlas et
saupconduil que ânes parlar à luy au deyt loc de Tartas et le redjoignet
entre Nadau et la Candelon, l’an que dessus, ed en sa companhia avec
Guilliot de Monbisan; et quant fo a Tartas lodeyt senhor de Labrit lo va
lirai' et metre en un loc qui s’apera : le Pergeyt de Tartas, et aqui s’en
auren amassar lo senhor de Labret, lo médis vescompte mossen Amaneu
de Pomeys et Peys de Labrit et aqui médis lodeyt senhor de Lebrit anet
dire audeyt vescompte aucunas causas las quaus volo que jures que las
lengos segretas et que no ac révélés a nulha persona, si no aqui ont ed
ac mandere. Et aqui médis lo médis vescompto et jura en presencia
deusdeytz sobre nompnatz e fieyt sagrament, lodeyt senhor de Lebrel lo
va dire.
Cum les Angles estant lo seti a Monpaon l’aven desert et destruit son
pais et fiait plusors grevanses, sens que en menda ni restitucion no l’en fo
feyta, et cum apres Norberi, de voluntat et comandement deudit senhor
seneschaud, l’ave près en son loc de Fronsac, esayal de prener sondit loc
et feyt granda vergonha et que jameys no fare son pro deus Angles, car
ed vede bien cum lo manan et vede ben que edz lo vorren aver gitat du
pais; por que le pregava que ed volos seguir sa via et volos far so que
ed lo cosselhare, quar ed era trop près de son linage et vourre volunlers
son profieyt et honour. Essi ed le vole creyre, ed lo fare far grant
proiïeyt au rey de Fransa, car ayssi medix lo combindre estar brevimentzper forssa. Qar, encertanjorn d’aquestestiu, lorey de Franssa penssava aver Bordeu et lot le pais al entorn et que lo rey Andrit deve metre
lo seti per mar a Bordeu; et lo duc Danyo per 'Terra Guasca, et le
conestable et lo meresquaud de Fransa deven venir per Entre doas mars:
per quo ed lo valo meys per que aras se fes Frances e prengos profieyt,
quant ne pode auer, que aprop, quant leu combingora estar per forsa et
sene aver negun profieyt.
El aqui médis lodeyt senhor de Lebret lo prometo que, si ed lo vole
creyre ni vole estar Frances et seguir sa via, ed lo fare dar au rey
de Fransa xx milia franx et los gualges de 200 homes d’arinas et de cent
arbalesters paguatz par jorn, au davan la man, los quaus deve metre en
lodeyt loc de Fronsac per destruire et grevar lo pais de nostre souveran
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senhor lo rey d'Anglalerra et de Franssa, et lo médis vescompte fora
capitanie deudeyt loc et de las gens d’armes et balesters.
Et aqui médis lodeyt vescompte disso et respongo que sobre aqueras
causas vole aver conselh, especiaumentz ab mossen Amaneu de Pomers,
son oncon, en loquau se fidava plus que en home de son linatge et que
so que ed e la conselhare, ed fare.
E lodeyt senhor de Lebret disso que n’agos donquas son cosselh e aqui
médis lodeyt vescompte anet tirar apart lodeyt mossen Amaniu, en lo
médis pergeyt, e lo va demander que lo cosselhava d’aquo que lo senhor
de Lebret l’ave deyt; et lo médis mossen Amaneu lo disso: « Veyats,
senher de Pomers, vos avetz auzit so que lo senhor de Lebret vos a
acosselhat, e je vos acosselhi que ac fassat, guar si main de Dius!
(e aquelz Sans, en levan las mans vers una gleysa de ladeyta villa), si
vos no ac fadetz per la forma, o ja meys jo vos tengui bon profieyt ni
honor, ans, vos farey tôt lo dampnatge e vetuperi que jo porey a tota
ma vita. »
E agudas Iasdeytas palauras enter lor se torneren en vert lo senhor
de Lebret, e Pey de Lebret; et lodeyt senher de Lebret vo lo demandar
quenha resposta lo fade ; e lavetz lodeyt vescompte lo va respondre :
vedentz e pensan las causas que lo senhor de Lebret l’ave deytas, e
atendut lo cosselh que lodeyt senhor de Lebret e lodeyt mossen Amaneu
de Pomers, son oncon, en loquau se fideua plus que en home de son
linatge, lo cosselhavan, e disso que ed faire so que lodit senher de Lebret
lee cosselhava et que lo prometo que ed se fare frances, ab tant que lo
fis complir au rey de Fransa las causas que dessus l’ave promesas.
E sobre aquo lodeyt senhor de Lebrel va dire audeyt vescompte « que
ed enviare aquestas causas dire au rey de Fransa per far e complir las
causas que promesas l’ave, e que, entretant, se retragos vert son loc
de Fronsac, et aqui se tengos lo plus segretamentz que poyre e que
d’aquestas causas a nulha persona no parles, tant entro que lo trametos
autras noeras. »
Et aquestas causas ayssi promessas e acordadas entre lor, lodeyt
vescompte s’en tornet a Fronsac; e a cap de temps, quant ed fo la
arribat, lo senher de Granhols, son cunhat, lo trameto doas o très letras
que lo pagues lo maridage de sa sor e que vingos a luy parlar, o en autra
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maneyra, et 1’ardre e pilhare tota sa terre, tant que finalment lodeyt
senhor de Granhols l’enbiet una letra ab un saupconduit; e lo médis
vescompte anet parler audeyt senhor de Granhols a Châles^), e Guilhot
de Monbizan era en ssa companhia ; e quant foren ensemble, lodeyt
senheur de Granhols lo va dire que lo rey de Fransa l’ave parlai e
mostrat cum lo senhor de Lebret ave apuntat e acordat agunas causas
ab lodeyt vescompte e que lodeyt rey l’ave carguat que s’en vingos per
dessa per parler ab Iuy per saver sa voluntat; e que saubuda aquera,
s’en tornes tantost per devant lui per que ed vole saver si era sa ententa
de complir la manda quo lodeyt sire de Lebret ave escriut au rey
de Franssa; e lodeyt sire de Pomers va lo dire, que o ab tant quo sas
convinenssas lo fossan tingudas; e sobre aquo lodit senhor de Granhols
lo va dire : «Veyats, sire de Pomers, puisque ayssies, jo m’en relornarey,
ab tosta fasta, aquesta testa de pascas en vert Paris per parlar ab lo rey
de Franssa e apuntar vostras bessonbas e bailhay me un orne deus
vostres en quy vos fidetz, lo quau perseguia vestra besonha, » et sobre
aquo lodeyt sire de Pomers va lo dire, que ed lo balhere, per anar en sa
companhia un escuder deus seus, qui s’apera Guilhot de Monbisan, lo quau
save tot son conseilh et ave per escriut totas las causas et ordenanssas
que estadas entre luy et lodeyt senhor de Labrit, las quaus ordenacions
lodeyt Guilhot de Monbizan portava nueyt et jorn au cot, enpendent
en un estuy depentes, e que aquet s’en yre en sa companhia a Paris, per
perseguir las causas que ave affar envert lo rey de Franssa, quar lot
ensertan si tôt cum sas combinensas, fossan complidas et ed agos agut
son argent et se mostrera tot ubertamentz Frances.
E abaat un cap de temps quant se foren dinatz, lodeyt sire de Pomers
s’en tornet en vert lodeyt son loc de Fronsac; e disso audeyt Guilhot
de Monbizan que se apparelhes au plus tost, guar ed l’en vole enviar enta
Paris, en la companhia deu senhor de Granhols per acomplir les causas
que eren estadas acordadas entre Iuy et lo senhor de Labret; las quaus
ed ave devert sui; e pluis disso que aquestas causas ed ave mostrat a Viot
Ayquard, lo quau lo disso que, si ed se fadde diable, que ed se fare seu
mare !
E en outra que al mostrel au bore de Fronssac, si ed vole seguir sa
via? et lodeyt bore lo repongo que encaras no era pas avisai, mas que
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brevimenlz l’en fairo resposta, quant auro parlât ab mossen Benedict,
son fray, e lodeyt vescompte lo demande! si lo fare bona resposta et
lodeyt bore diso que no ne sabe res de present, ni no dire de o ni de no,
entroe que ave parlât ab lo deyt son fray ; e per medisa guisa, ac ave
mostrat à sa molher, laquau, segon que disso e confesset, en lo perilh que
la sua arma ave a passar de present, no ave fail son pro, e la quau lo
diso : «E las, mossenher, cum faratz, vos a quo volelz per lo prelz e la
honor que vos e los vostres avetz tostemps agut. »
Subsequentment, lo dimars qui fo lo vii. jorn a l’entran deu mes d’abriu,
l’an ccc. lxx. et sept en presencia deus nobles et poderos senhers
mossen Thomas de Felton, senesquaude de Guitania, de mossen John
Molton, mayer de Bordeu, mossen Thomas Breton, mossen John Goyn,
cavalers, de mestre Ramond Guilhom Depuy, juege deu sant cosselh per
nostre très souveran senhor lo rey d’Anglaterra et de Fransa; de mestre
Guilhem Boneu, juege de Guascunha, de mestre John de Plassan, clerc
de la villa de Bordeu et mestre William Holecombe, de mestre Helias
deu Brulh, procurador de nostre senhor lo Rey, mestre Guiraud Barreyra,
clerc de la cort de Guascunha.
Expausada et declarada e deyta la confecion et causas sobre deytas,
lodeyt vescompte disso et confessa que aqueras eren verladeyras et assi
las ave confessadas et encaras las confessava, quar ne vole negar res de
vertat, ni s’arma en carguar.
E en outra interrogat a ed ave trames vert le duc Danyo à Tarba
nulhs de sus escuders ni son saget, quar à mossen lo senescaud era esta
deyt e n’era informât; lodeyt vescompto disso et confessa que ed ave
trames en la companhia deudeyt sire de Lebret et mossen Amaneu de
Pomeys, son oncon, Guilhot de Monbisan, son escuder, au qu’au ave
balhat son saget et lo comanda que lo balhes a mossen Amaneu, e so
que ed ne vorre sagerar, que ne sageres; et interrogat si lo bastard
de Guabarret save que ed se degos far Frances, ni res de las causas
dessus deytas cum nuyt et jour demores en companhia de luy, disso que
ed lo sirvo ben de descausser et de causar, et era en torn de luy ; et,
jassia que ed fossa nesi no era pas tant ne si atan enlfant mostres causas
de ta gran pes.
Ensiquentment, lo digaus qui fo lo ixe jorn a l’entran deudeyt mes
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d’abriu, l’an que dessus, en la presencia deus nobles et. poderos senhors
Thomas Felton, seneschaud de Guitania, etc. (/es mêmes seigneurs que
ci-dessus, sauf Helies de Brulh, procureur, omis), et mestre Guiraud
Barreyra, clerc de la cort de Guascunha, lodeyt vescompto deytas a luy
las confessions et lotas e sencglas dessus deytas e expressament declaradas, disso de so bon grat e de sa certa scienssa, foras de lot turment e
question que nulh temps nolh fo deyt ni mostrat que totas las causas
dessusdeylas eren vertadeyras et aqueras ed ave confessadas e encaras
las confessava.
Interrogat en Diu e en sa arma, si y ave plus eu sobre que tramete
Guilhot de Monbisan ni son saget au duc d’Anyo, disso persso que
mossen Amaneu, son oncon ed l’ave deyt, que y trametos son escuder e
son saget, affîn que si le duc d’Anyo ni lo senhor de Lebrel lo valen
aulreyar letras sageradas de lurs sagetz de tenir et complir las deytas
combenenssas et causas dessus deytas, que ed los podos autreyar letras
soubs son dit saget d’estar Frances et de tenir las causas dessus
deytas.
Interroguat si res s’ensiguet deuffeyt disso que no ed que sapia quar
lodeyt Guilhot de Monbizan disso que no aures sagerat.
Interrogat que entendo affar dessos autres locs, disso que de Pomers
no fade compte ni no era estât parlai, quar res no vale, et que lo loc de
Fargas bailhava au senher de Granhols par lo maridatge de sa sor, e per
ayssi corne l’ave promes quant lo senhor de Granhols era de la obedienssa
de nostre senhor le roy d’Anglaterra et de Franssa, e que en lo loc de
Usar deve demorar lo bordât de Fronsac, en cas que volgos seguir
sa via, essi no, ed li vene hostar lo loc e metre lodeyt Guilhot de Mon
bizan, ab x. o xv. Iansas.
Interoguat sobre que deue trametre a Paris Guilhot de Monbizan quant
ago parlai ab lo senhor de Granhols, disso que ed deue tramettre lodeyt
Guilhot de Monbisan ab son saget per sagerar et fermai’ las causas dessus
deytas en cas que lo rey de Franssa lo volossa tenir, so que lo senhor
de Labrit l’ave promys, e que no vole estar per petit de dire vertat, que
ed ave carguat lodeyt Guilhot que de cedeyt argent que ed deve pendre
deudeyt rey de Franssa, que ed compres un bon coffer et un gros troter
et la remanent de ladeyta soma laquau lodit senhor de Granolhs deu
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pendre par luy, la portes en moneda, et quant aqui lo fo deyt que si
lodeyt senhor de Granolhs prengos lodeyt argent, que ed se pagure del
maridatge de sa molher, sor deudeyt vescompte — disso que be era estât
ordenat e acordat entre lor que lo senhor de Granolhs no s’en deve
aretener, ans deve venir tôt audeyt vescompte.
E plus disso lodeyt vescompte que mossen Amaneu de Pomers, son
oncon, l’ave trames de Faugueyrolas en foras una letra que l’enbies
Guilhot de Monbizan, quar ed vole parlar ab luy e ed lo trameto; et
quant lodeyt Guilhot fo tornat audeyt vescompte, ed lo disso que lodeyt
mossen Amaneu lo mandava que encaras no ave nulha resposta deudeyt
senhor de Lebret de lor conbenensas et causas dessus deytas, mas que
lodeyt mossen Amaneu s’en deve tornar vers lodeyt senhor de Lebret,
et si tost come aure parlât ab luy et ed lo fare resposta et far assaber
sa voluntat.
Le quielle confeccion en issi leue, expliquée et déclaré, nous enterrogasme et demandasme audeyt vescompte s’il estoit icelle la vérité et s’il
avoyt bien entendu les choses qui lui avoyent estée leues: lequel dit et
respondit aqui meismes, en court pleniere, qu’il avoit bien oy et entendut
toutes et sengles les choses dessus dites et que certaynement elles estient
verayes et il les avoit bien confessées par la forme et maniéré que
avoyent esté leues et encornes aqui meismez les confessoyt de present,
sumetent soy à nostre bonne grace et merci de tout en tout.
El ce fet, nos le feismes saillir et metre fors de la court, si corne est
acoustume de fere en semblantz cas, segont l’usage et coustume du pais.
E li estant fors de ladita cort, le sage et descret mestre Helies du
Brulh, sage en droyt, procureur real, nous requis, ovek toute la instance
qu’il devoyt et pourvoyt, que corne a nous fusse et estasse pour certein
fame publique, refferent enformacion, loyal procèdent, et aussuit, per sa
propria confession per luy meisme judiciaument fete, ledit viscompte de
Fronssac avoir tractes comys trayssion et faucete et crim de lese magesté
envert le Roy, nostre dit senhor, que nous volosions pronuncier et
declarer ledit viscompte estre faus et traite envers nostre dit seigneur
et avoir fet et comis crim de lese magesté envertz li et sos biens confis
quer audit nostre seigneur et, ce pronuncié et déclarée, que de li
volissions ferre tai complement de droyt et de justice que la punicion de
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fusse par jaineys ysample a toulz autres, volenlz cometre semblantz cas,
et en outre requis lodit procureur que contre les autres complises dudit
viscompte nommez en la confession susdita a voie debanniment, volissions
procéder et d’eux faire, en cas que poussent estre trovez et ateints comple
ment de justice, et confisquer leurs biens en quieu lieu que possent estre
trovez, audit nostre seignur le Roy, disanlz que ce nous devons ferre de
dreyt et de reson par le fuer et par la couslume du pais, en plusors
semblables cas observés; — et si, nous requis ledit procureur e nom que
dessus, que sur ce le feyssions droyt et jucgement de nostre court.
Lesquielles confession et requesle einsi fetez et ycellez donne à
entendre as barons, cbivalers, nobles, clercs et autres sages en droit
et en couslume et autres bonnes gens à nous en ladite court assistentz en
conseil.
Avisant sur ce avek eux par avisament et conseil de la plus gran partie
de la court.
Avons pronuncié et déclarez et pour nostre sentence diffinitive pronuncions et déclarons ledit Guillaume Sans, sire de Pomers, viscompte de
Fronssac, par la cause susdite, luy estre faus et traître et avoir comis et
perpétré raison et crim de lese-magesté envertz nostredit seigneur le Roy
son dreiture seignur, son pais et la causa publica, et ses biens devoir
estre confisqués. Et le condempnons à mort, à perdre et trencher la teste
en public, cum faus et traître, en la place de Lombrée et confiscons toulz
ses biens en quieu que part y soient audit Roy nostre seigneur, sauve
et reserves à nous que du corps, de nostre bonne grace nous puissons
ordener et bayler a ecclesiatica sepulture, si comme il nous pleyra et
semblera que bone soict, pur le bon por et loial service de son pier et
ses autres parens et amys.
Cesta sentence et jucgement fut fete et donné en pleneire court,
presentz les dessus nompnetz et grant quantité monialele(?) et nombre
d’autres bonnes genlz, le jour, an et moys dessus dit et escriplz.
Otjameys no vos quai reffidar : quod dat[um] ut sup[ra].
En tesmoigniaces de toutes et sengles les chouses dessusdictes nous,
senescale dessusdit, avons fet mettre le écel de la court de Guascongne
en pendent en -ycesl present procès et sentence, le jour, an et moys
dessus dit.
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Ensi fu procédé, senlent.é et jucgé, et est lot enssi en le livre de la
court de Guascoigne en registre avek lequiel a esté fete collation dicest
present procès, par tnoy Guiraud de La Bariere, clerc, noteyre public et
escrivvn de ladite court jure, siniest pour ferm des rasures ez decla
rations que nous declarasmes et feismes. Et anssuit des declarations et
paroles qui fuirent lessees dessus à qui ont a une croys avecque vue,
et lesquielles sunt à la fin au meismes signes : G. de Bariera.
Et memorandum quod isle processus de precepto consilii Regis inrotulatur et quod idem Rex de assensu ejusdem consilii, voluit et precepit
quod omnia et singula castra, fortalicia, terre et tenemenla que fuerunt
prefati Guillelmi-Sans, domini de Pomers, in partibus Aquilanie et que
virlute judicii contra ipsum Guillelmum coram prefalo senescallo in Curie
Regia, ibidem redditi ad dictum Dominum Regem tanquam sibi forisfacta
pertinent, corone Anglie imperpeluum sint annexa et quod eadem castra,
fortalicia, terre et tenemenla alicui persone numquam decedantur, alienenlur, concedantur seu donenlur, aut ab eadem corona aliqualiter
separentur.
(*) Rions, alias Arrions, comme Aribeyrac, Ribérac; Arramond, Raimond.
(’) Mossen Ar... de Molton, nom raturé, en partie illisible à la fin : John de Molton,
mayre de Bordeaux.
(’) Archambaud de Grailly, captai de Bucli, désirait ardemment le château de Fronsac
et les domaines du sire de Pomiers.
(4) A Chalus?
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ENQUÊTE pour retrouver les titres des comté d’Armagnac
et vicomté de Fronsac.
Bibliothèque nationale. Manuscrits : Collection Gaignières, n° 558. Communiqué
par M. Charles Grellet-Balguerie.
Procès-verbal de recherche de litres relatifs aux seigneuries d’Armagnac et de
Fronsac par Jehan de Laborie, lieutenant-général du grand-sénéchal de Guyenne,
chargé de trouver la sentence qui avait condamné à la décapitation GuillaumeSanche de Pomiers, vicomte de Fronsac, et prononcé la confiscation de tous ses
biens et seigneuries et de la vicomté de Fronsac sur laquelle le roi de France
prétendait revendiquer ses droits, ainsi que sur les seigneuries qui avaient appar
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tenu au comte d’Armagnac, dans des procès pendant alors devant la Cour du
parlement de Paris pour raison des terres et seigneuries susdites.
Contestations entre les seigneur et dame de Lescun et de Fronsac, prétendant
d’une part que les appellations des sentences du juge de Guîtres devaient ressortir
au sénéchal de Fronsac, et l’abhé et les religieux du monastère de Guîtres préten
dant au contraire que ces appels du juge dudit lieu devaient ressortir au sénéchal
de Guyenne, l’abbaye de Guîtres étant, selon les religieux, de fondation royale,
établie par Charlemagne, qui, après avoir édifié (en 768) le château de Fronsac,
aurait institué cette sienne abbaye dans le territoire de celte forteresse.
Le qualorziestne jour de mars l’an mil quatre cens quatre-vingtsdix-sept, veues par nous Jehan de Laborie, licencié es droits, lieutenant
general par ordonnance et auctorité royal en la court de la senechaucée
de Guienne, pour noble et puissant seigneur monseigneur le grand séné
chal de Guienne, certaines lettres missives de nos seigneurs les gens des
comptes à Paris à nous baillées et présentées par Gilles Haruc (?), sergent
à cheval du Roy, nostre seigneur, au Ghastellet de Paris et icelles commu
niquées ès advocat et procureur du Roy, nostredict seigneur en la senéchaucée de Guienne, comptable et contrerolleur de ladite comptablie
dudit lieu desquelles lettres la teneur s’ensuit : « De par les gens des
comptes du Roy, nostre seigneur, à Paris, senneschal de Guienne ou son
lieutenant, et vous advocat, procureur et comptable pour le Roy nostre
seigneur, à Bourdeaulx. Le Roy, nostredit seigneur, vous a naguieres
escript faire rechercher tout ce qui se pourra trouver pour servir aux
procez qui sont pendans en la Cour de parlement par deçà louchant les
terres d’Armignac et celle de Fronsac et pour ce, nouS vous mandons
que en la plus grande diligence que faire se pourra vous querez et
serchez et faites quérir et sercher toutes les lettres, tillres et autres
enseignemens qui se pourront trouver par delà pour le droit dudit
seigneur louchant la terre et seigneurie de Fronsac et mesme une sen
tence de la confiscation de feu messire Guilhaume de Sens, qui espousa,
ainsi qu’on dit, une des filles du vicomte de Fronsac et aussi les terres et
seigneuries qui furent au comte d’Armignac, et le tout nous envoyez en
forme deue et aucthentique fiablement scelez avec vos advis et instruction
et mémoire touchant ceste matière, par le porteur que nous envoions
expressément devers vous à ceste cause pour produire de la part d’icellui
21
seigneur es procès qui de present sont pendans en ladite court de parle
ment à Paris, pour raison des teçres et seigneuries dessusdites, et qu’il
n’y ait point de faulte, et à Dieu soyez, qu’il vous ait en sa garde.
Escript à Paris, le dix-septiesme jour de février, se signe Le Blanc.
Adverti que messire Pierre de Lur, chevalier, vicomte d’Uza, qu’on
disoit avoir cédé un sien prétendu droit de la vicomté, terre et seigneurie
de Fronssac à feu messire Odet d’Aidie, en son vivant chevalier seigneur
de Lescun, estoit en ladite ville de Bourdeaux, icelui avons fait venir par
devers nous et interrogué sur le contenu et es dites lettres missives
lequel nous a dit et affirmé par serment faict sur les saincts évangiles de
Dieu avoir plusieurs liltres et documens de la seigneurie de Fronsac
concernans son droit de sa vicomté d’Uza et seigneurie de Biscarosse,
lesquelles autrefois avoient esté baillées en partage à ses prédécesseurs
seigneurs d’Uza et de Biscarosse par le vicomte dudit Fronssac, mais
n’avoit aucuns tiltres d’icelle vicomté appartenans ne servans au Roy
nostredit seigneur. Oultre a dit sur le contenu desdites lettres missives
avoir ouy dire par plusieurs foys que un nommé Guillaume Saulx (Sanche
de Pomiers), qui en son vivant estoit vicomte de ladite vicomté de
Fronsac, premier fils esné de feu messire Guilhaume Saulx, en son vivant
chevalier, et de Jehanne de Fronssac, avoit par sentence esté décapité en
ladite ville de Bourdeaulx et que le Roy d’Angleterre, lors détenteur du
pais et duchié de Guienne, avoit par confiscation prins ladite vicomté de
Fronssac, d’icelle s’estoit emparé et en avoit joyi jusqu’à la reduction
desdits pais et duchié de Guienne en l’obeyssance de feu de bonne
mémoire le roy Charles, lequel semblablement l’avoit tenue et possédée
et le roy Loys qui l’avoit mise entre les mains de messire Oddet d’Aiedie,
seigneur de Lescun, mais n’avoir veu ladite sentence, ne savoir entre les
mains de qui elle estoit.
Aussi informé que monsieur maistre Bertrand Tustal, conseiller dudit
seigneur (le Roy) et president en sa Court de parlement de Bourdeaulx,
et honorable homme et saige maistre François Pastoureau, procureur
dudit seigneur en ladite senechaucée, avoit esté du conseil dudit seigneur
de Lescun et veuz les tillres et enseignements de ladite vicomté de
Fronssac et par nous interroguez au contenu desdites lettres missives,
22
lesquelz ont dit et affirmé par sermens, sçavoir ledit Tuslal « que pouvoit
avoir quinze ans ou environ, du vivant du feu roi Loys que Dieu absoille!
il avoil esté lieutenant en ladite seneschaucée de Guienne pour ledit feu
inessire Oddet d’Aiede en son vivant grand seneschal de Guienne, lequel
d’Aiede ou du temps en pardevant tenoit ladite terre et seigneurie de
Fronssac et durant le temps que icellui Tuslal esloit lieutenant, avoit veu
entre les mains dudit d’Aiede certains procez, presents maistre François
Rayer qui avoit la charge de faire le terrier de ladite seigneurie de
Fronssac, auquel procez, ainsi que sembloit à icelui Tustal, esloit escripte
et insérée la teneur d’une sentence donnée à Bourdeaulx par les officiers
du Roy d'Angleterre à l’encontre de inessire Guilhaume Saulx (Sanche) de
Poumiers, fils d’une fille nommée Jehanne de Fronssac, auquel inessire
Guilhaume Saulx de Pommiers qui avoit tenu ladite seigneurie de Fronsac
se disoyt sœur une nommée Marguerite Saux (Sans) de Pommiers, aussi
une autre nommée Assagne (Assalide) et un nommé Pierre Saulx (Sans)
de Pommiers; par laquelle sentence ledit Guilhaume Saulx avoit esté
condempné et ses biens confisquez. Mais ladite Marguerite Saux (Sans)
s’esloit tolue de ladite sentence et pardevant les officiers du roy d’Angle
terre avoit obtenu sentence par laquelle la quarte partie de la seigneurie
de Fronssac lui avoit esté adjugée, fors et excepté le chasteau et place
qui estoient demourez entièrement au roy d’Angleterre, mais (sans)
que icellui Tustal en eut veu aucune chose ès registres et livres du
Roy, nostre seigneur, en la complablie de Bourdeaulx n’en est recors,
ne ou esloit le procès auquel estoit insérée ladite sentence dessus declairée sinon qu’elle fust entre les mains des héritiers dudit feu d’Aydie,
et louchant les terres d’Armignac a dit n’en avoir veu ni scavoir aulcuns
filtres.
Et ledit Pastoureau a dit estre bien recors que pendant que le procez
estoit pendant en ladite Cour de parlement à Bourdeaulx entre les feuz
seigneur et dame de Lescun, d’une part, et les vicomte et vicomtesse
d’Uza, d’autre
pour raison de la vicomté de Fronssac, lez aucuns
amys d’icelles parties firent certaines transaction et appointement entre
elles, par laquelle transaction feu dit et accordé que tout le droit que
lesdits vicomte et vicomtesse d’Uza prétendoient avoir en ladite vicomté
de Fronssac cedderoient et transporleroient et de fait cederent et transpor-
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terent auxdits seigneurs et dame de Lescun et leur rendroient tous les
tillres et enseignements qu’ils auroient en ladite vicomté;
Que aussi y furent presents icellui Pastoureau, lors sénéchal dudit
Fronsac pour lesdits seigneur et dame de Lesquien (Lescun), en lesquelz
tillres y avoit un instrument bien ample, vieilz et ancien et auctlientique
contenant requeste faicte par devant le juge de Gascogne par Marguerite
Sanx, narrative et contenant qu’elle estoit fille de messire Guilhaume
Sanx et de dame Jehanne de Fronssac, seigneur et dame dudit lieu, et
que d’iceux estoient issuz Guilhaume, Jehan, Assaihaide (Assalide) et
icelle Marguerite Sanx, leurs enfans naturelz et legitimes heritiers, et pour
ce que la vicomté de Fronssac estoit advenue et escheue du couslé de sa
mere et que en bien maternel tous enfants estoient freres égaux, et que
en Guienne confiscation n’avoit lieu, et si on y avoit, elle n’auroit pu
perdre sa quarte partie de ladite seigneurie et vicomté de Fronssac,
requeroit à ce moien que ladite quarte partie lui fut délivrée; que ladite
requeste mise en deliberation par le juge de Gascogne, fut appointé que
ladite Marguerite Sanlx (Sanche) joyroit de la quarte partie de la vicomté
de Fronsac, reserves la place et chasteau au Roy. — A dit plus ledit
Pastoureau avoir oui dire par plusieurs foys, nothoirement et publique
ment ez villes de Bourdeaulx et de Libourne et en la maison desdilz feuz
seigneur et dame de Lesquien (Lescun) que ledit Guilhaume Sanx et
Jehane de Fronssac, seigneur et dame dudit lieu, avoient esté prins par
les habitans de la ville de Libourne et menés à Bourdeaulx ou avoient
esté decappités pour soy estre voullus rendre du party françois et à ce
moyen les roys d’Angleterre s’estoient rendus lors détenteur dudit lieu
de Fronssac par droit de confiscation et puis l’avoient toujours tenu et
possédé jusque les pais et duchié de Guienne avoient esté conquis par feu
de bonne mémoire le roy Charles, ayeul du Roy nostre seigneur present,
lequel feu Roy l’avoit aussi tenu et possédé et semblablement le feu roy
Loys qui l’avoit baillé auxdits feuz seigneur et dame de Lescun; — ne
scavoit où estoit ledit instrument ou estoit insérée la sentence dudit juge
de Gascogne dessusdite, sinon qu’il avoit ouy dire qu’il estoit entre les
mains du seigneur de Lautrec et de (mots en blanc : Lescun, mari de la)
dame d’Aydie fille et heritiere desdits feuz seigneur et dame de Lescun ;
outre a dit, que du vivant desdits feux seigneur et dame de Lescun se
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meut question et controverse entre iceux seigneur et dame de Lescun et
les religieux, abbé et couvent du monastère de Nostre-Dame de Guistres,
pour raison et à cause que lesdits seigneur et dame de Lescun disoient
que les appellations interjeclées du juge de Guistres devoir ressortir par
devant le sénéchal de Fronssac, et, ou contraire, lesdits religieux abbé et
couvent disoient ladite abbaye et monastère estre de fondation realle
(royale) et les appellations du juge dudit lieu devoir ressortir devant le
sénéchal de Guienne, et pour monstrer et faire apparoir ez dits feux
seigneur et dame de Lescun, qui tenoient et joyssoient lors de ladite
vicomté de Fronssac de leurs droits, mirent entre les mains d’icellui
Pastoureau, qui estoit aussi lors sénéchal d’icelle vicomté, un grant roolle
en parchemin vieilz et ancien, ouquel entre autres choses estoient contenus
les mots qui s’en suivent : « Karolus rnagnus eddificavit sibi turrem in
» loco altissimo aut fortissimo de Fronssiaco et in districtu ejus suam
» abbatiam de Acquistris in honorera beatissime et gloriosissime Virginis
» Marie, » — lequel rolle reprins et retiré par lesdits religieux, abbé et
couvent de Guistres, entre les mains desquels devoit estre à present.
Semblablement avons sur ce interrogé maistre Jehan Pipault, clerc de
la ville de Libourne, lequel a dit et affirmé par serment estre present
lorsque lesdits religieux, abbé et couvent de Guistres, monstrerent et
baillèrent audit maistre Françoys Pastoureau, comme sénéchal de Fronssac
pour lesdits feuz seigneur et dame de Lescun, certain roolle long escript
en parchemin vieilz et ancien pour monstrer et faire apparoir esdit
seigneur et dame de Lescun de leurs droitz, previlleges, prerogatives et
preheminence et que la justice de Guistres n’estoit aucunement subjecte
par appel ni autrement au sénéchal de Fronssac, lequel roolle ou partie
d’icellui fust leu par ledit Pastoureau, sénéchal dudit lieu de Fronssac,
present icelluy Pipault, qui lors estoit procureur de ladite vicomté de
Fronssac pour lesdits seigneur et dame de Lescun, et en icellui roolle
estoit contenu que Charlemagne avoit eddifié (une tour) en lieu hault de
Fronssac et in districtu suo l’abbaye et monastère de Guistres et croyoit
que ledit (roolle) estoit en ladite abbaye de Guistres.
Et veu le dire et deposition desdits Pastoureau et Pipault, le dixneufiesme jour dudit mois nous transportasmes avec le procureur dudit
seigneur en ladite senechaussée de Guienne et le greffier de la court
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d’icelle, au lieu et bourg de Guistres, insinuasmes lesdites lettres mis
sives et commissions sur ce à nous donnés à reverend pere frere Jehan
Arnoult, docteur es droitz, abbé dudit monastère de Guistres, accom
pagné de deux ou trois de ces religieux, et à icellui enjoignismes
de nous communiquer certain roolle long, escript en parchemin authen
tique et ancien, ouquel estoit contenu entre autres choses comme
Charles Maignes auroil construit et ediffîé Fronssac, et in districtu de la
seigneurie dudit lieu ladite abbaye de Guistres, ensemble tous les liltres
et enseignements qu’ils auroient au trésor dudit monastère appartenant
au Roy nostredit seigneur ou à luy servans touchant ladite vicomté de
Fronssac, pour d’iceux faire exlraict et envoyer en la Chambre des
comptes pour par icelle estre produictz par ledit seigneur en la cour
du parlement à Paris ou est procès pendant pour raison d’icelle vicomté
et seigneurie de Fronssac. Par lequel frere Jehan Arnoult nous fust
respondu, que puis naguieres avoit esté prieur dudit monastère et encores
ne scavoit si en icellui y avoit aucuns liltres appartenans ou servans
audit seigneur, mais que volontiers communiqueroit le négoce aux
religieux d’icellui monastère et à toute diligence feroit visiter et chercher
es coffres et arches dudit monastère s’il y avoit aucuns tiltres.
Et trois ou quatre jours après l’injonction à lui faicte autreffoys, nous
transportasmes audit monastère ou illecque ledit frere Jehan Arnoult,
abbé, frères Louis Arnoult, prieur de La Gorse, Jehan Fortier, prieur de
Saignon, Nicollas Hardilhon, secrestain, Nicollas Taillandier, prieur de
Porchères, Jehan Guynaudeau, prieur de Bayars, Pierre de Vezeau,
prieur de Rotilhars, et Hugues Duclau, prieur de Laclouelie, tous religieux
dudit monastère assemblez, nous montrèrent trois roolles longs, escriptz
en parchemin et certains livres et papiers vieilz et anciens, les aucuns
faisant mention de leurs cens et rentes et les autres des droits de la
jurisdiction dudit lieu, et dire n’avoir, ne scavoir aucuns liltres de la
vicomté de Fronssac servans audit seigneur, ne avoir veu aucun roolle,
livre ou pappier, ouquel fut contenu que Charles Maignes eust hasty et
eddiffié Fronssac, ne faisant mencion de feux Guilhaume Sanx (Sans
ou Sanche), ne de messire Guillaume, chevalier, et de dame Jehane de
Fronssac, ses pere et mere, ne que en leurs vivans feussent seigneurs
de Fronssac, sauf ledit frere Nicollas Hardilhon, et aussi frere Guilhaume
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Gaillard, religieux de l’ordre de Saint-Benoit, prieur de Saint-Denys de
Pyran (Pile) près ledit lieu de Guistres, illecque prezent, qui ont dit et
confessé avoir autreffoys veu audit, monastère et pouvoit avoir quinze
ou seize ans un gros roolle long, de parchemin ancien et authentique
commençant « Karolus Magnus», auquel estoit escript en latin et faict
mencion comme Charles Maignes avoit basti et construit la tour de
Fronssac et in dislrictu fut fondé ledit monastère de Guistres en l’honneur
de la benoiste et glorieuse Vierge Marie, et ledit roolle avoit ledit
Hardilhon tenu et palpé avecques les trois roolles (que) avoient monstré,
ne scavoient ou depuis avoil esté mis, ne qui l’avoit, sinon que maistre
Richard Dupaict, à present procureur du lieu de Guistres pour ledit
monastère, l’eust, parce que dès l’an mil quatre cent nu. xx. et ung
jusques en l’an mil quatre cens mi. xx. et quatorze, avoit eu la charge du
revenu dudit monastère et l’administration des tiltres et enseignemens et
procès d’icelle pour l’abbé moderne que, en son vivant, faisoit sa conti
nuelle residence à Angoulesme, ainsi que par tous les susdits religieux
nous a esté dit et declairé.
Et ces choses, certifiions estre vrayes et par nous avoir esté faictes les
jour, mois et an que dessus diets. En tesmoing de ce nous avons signé
cestui nostre procès-verbal et faict signer au greffier de la court de ladite
senechaussée de Guienne et scellez du scel d’icelle. Ainsin signé : Jehan
de Laborie, Guillaume de Laban, F. Pastoureau, Brosset, de Mauni(?)
et Guérin.
Bordeaux. —Imp. G. Gounouilhou, rue Guiraude, 11.
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