FRB243226101_D_12220.pdf
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RÈGLEMENT GÉNÉRAL
DES
SŒURS DE SAINTE - MARTHE
du Périgord.
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I
RÈGLEMENT GÉNÉRAL
de la Congrégation
DES SŒURS DE SAINTE MARTHE
DU PÉRIGO
PÉIIIGVELX,
Chez IAVERTUJQN fils, imprimeur de Mgr l'Évêque.
t 8 5'«.
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Jean-Baptiste-Amédée GEORGE,
Par la grâce de Dieu et du Saint-Siège Apostolique, Évêque
de Périgueux et de SarlatA nos Très-chères Filles les Religieuses de
Sainte-Marthe du Périgord.
Salut et Bénédiction en N.-S. J.-C.
Il y a cinq ans à peine, Nos TrèsChères Filles, lorsque le Seigneur
nous inspira la pensée de mettre à
exécution les sages dispositions du
Concile de Bordeaux, en ce qui coni
— II —
cerne les Congrégations religieusesr
nous ne nous dissimulions pas que
nous entreprenions une œuvre bien
délicate, puisqu’il s’agissait de mo
difier des traditions anciennes et par
là-même respectables.
Il a fallu toute la confiance que
nous avions dans le secours de la
grâce et dans vos bonnes disposi
tions pour espérer obtenir en si peu
de temps les heureux résultats qui
font aujourd’hui la gloire de Dieu, la
joie et la consolation de notre cœur.
Il est vrai, N. T. C. F., et nous
nous plaisons à le proclamer à votre
louange, que, dès le début, l’esprit
de foi que vous avez manifesté a été
de nature à exciter notre zèle et à
applanir toutes les difficultés.
in —
Ainsi c’est avec bonheur que nous
aimons à nous rappeler ces retraites
successives où, après nous avoir
édifié par votre piété et votre recueil
lement, vous abandonnant avec une
sainte confiance aux impulsions de"
la grâce, vous vous empressâtes de
vous constituer en une seule et même
famille, et vous voulûtes adopter
cette uniformité extérieure, qui était
à nos yeux l’expression bien fidèle
de l’unité qui existait déjà dans vos
esprits et dans vos cœurs.
De si pieuses dispositions ne pou
vaient pas rester sans récompense.
Aussi, N. T. C. F., cette œuvre,
que nous pouvons à tant de titres
appeler l’œuvre de Dieu, s’est ac
complie dans le calme et la paix du
h
— IV —
Seigneur, et les fruits que nous com
mençons à recueillir doivent nous
remplir de la plus douce espérance
pour l’avenir de notre diocèse.
Déjà trente jeunes Professes, dis
séminées dans vos diverses Maisons,
y ont apporté cet esprit religieux
qu’elles avaient puisé dans le nou
veau Noviciat, et qu’elles doivent,
après Dieu, à la sage et pieuse direc
tion qui a si bien justifié votre con
fiance et la nôtre. Encouragées par
vos conseils et vos exemples, ces
jeunes Sœurs continueront à rivali
ser de piété, de charité, de dévoue
ment avec celles qui sont plus an
ciennes dans la vie religieuse.
Il nous serait permis sans doute,
N. T. C. F., de désirer que notre
V
Noviciat fût composé d’un plus grand
nombre de sujets, à cause des be
soins qui se multiplient tous les
jours; cependant nous devons re
mercier le Seigneur de l’accroisse
ment rapide qu’il a bien voulu lui
donner, et les nouvelles vocations
qui semblent s’annoncer nous font
espérer qu’avant long-temps il nous
sera permis de satisfaire aux de
mandes les plus urgentes.
Nous ne devons pas oublier que
nous avons encore des actions de
grâces à rendre à Dieu, de nous avoir
facilité les moyens de procurer à ce
Noviciat, objet de notre sollicitude,
un local qui, sous aucun rapport, ne
laissera rien à désirer.
L’année dernière, à pareille epon'
VI
que, N. T. C. F., vous avez accompli
l’acte important qui devait enfin vous
constituer en un seul corps et une
même Congrégation : la nomination
d’une Supérieure - générale. Nous
fumes édifié de l’accord parfait qui
régna entre vous dans cette grave
circonstance, et depuis que celle qui
réunit vos suffrages exerce les fonc
tions dont vous l’aviez jugée digne,
vous avez pu apprécier sa charité,
sa prudence et sa sagesse. Le Sei
gneur vous avait bien inspirées dans
votre premier choix.
Par cet acte, la Congrégation gé
nérale se trouvait définitivement or
ganisée; cependant il nous restait
encore une dernière tâche à remplir,
celle de mettre entre vos mains le
VII ----
Règlement détaillé des devoirs qui
vous sont imposés et en particulier
de ceux que vous pratiquerez dans
les diverses positions où la volonté
de Dieu peut vous appeler.
Déjà vous le connaissez, N. T. C. F.,
par cet abrégé que nous vous avons
donné et qui depuis quatre ans a fait
la base de votre vie religieuse. Quoi
que bien court, il renferme néan
moins tous les points essentiels et
importants; mais nous n’avons pas
oublié que nous vous avions annoncé
à cette époque un corps de règles
plus développé et dans lequel vos
devoirs seraient exposés d’une ma
nière plus explicite. Nous savons
aussi que vous attendiez ce Règle
ment avec une sainte impatience ;
— VIII
mais nous voulions auparavant vous
donner le temps d’en faire l’expé
rience, disposé à accueillir vos ob
servations, si la pratique vous avait
fait juger quelques modifications né
cessaires. La sage lenteur que nous
avons voulu apporter à ce travail
doit être pour vous un nouveau gage
de l’intérêt et des soins que nous y
avons attachés.
Aujourd’hui, nous sommes heu
reux, N. T. C. F., de pouvoir mettre
à votre disposition ce recueil de
toutes vos obligations. Ce ne sont
pas de nouveaux devoirs que nous
venons vous imposer ; vous n’y re
trouverez que ceux dont la pratique
vous est connue depuis votre entrée
dans la vie religieuse. Nous n’avons
— IX —
l'ait que résumer en une seule toutes
les règles précédemment en usage
dans vos diverses Maisons. Dans plu
sieurs articles, vous verrez que nous
avons tenu à conserver le même
texte et les mêmes expressions, et
si dans d’autres nous avons apporté
quelques légères modifications, nous
ne nous sommes proposé que d’en
rendre le sens plus clair ou l’exécu
tion plus facile.
Nous vous donnons donc ce Rè
glement, N. T. C. F., avec la con
fiance que vous l’accepterez avec
une sainte joie, avec une humble et
parfaite soumission. Vous le rece
vrez avec cet esprit de foi qui ne
vous y laissera voir que l’expression
de la volonté de Dieu et ses desseins
— X
de bonté et de miséricorde sur vous.
En vous affranchissant de l’escla
vage du monde pour conquérir la
véritable liberté des enfants de Dieu,
en quittant tout ce que vous aviez
de plus cher ici-bas, et en renonçant
généreusement à toutes les jouis
sances que la terre pouvait vous
offrir, pour vous consacrer à Dieu,
pour devenir les épouses bien-aimées
de Notre-Seigneur Jésus-Christ et
pour embrasser une vie d’abnégation
et de sacrifice, un seul désir était au
fond de votre cœur : celui de tra
vailler ardemment à procurer la
gloire de Dieu sur la terre et de
vous préparer une brillante cou
ronne dans le ciel.
Nous vous dirons donc, N. T. C. F.,
f
XI
avec tous les Pères de la vie spiri
tuelle, que le moyen infaillible d’ar
river au but que vous vous ôtes pro
posé le jour de votre consécration,
c’est la fidélité à votre Règlement.
Cette fidélité vous fera avancer rapi
dement dans la voie de la perfection
et de la sainteté. L’observance scru
puleuse des règles, dit sainte Thé
rèse, est le chemin le plus court pour
parvenir à la perfection, et une Re
ligieuse exacte dans les moindres
points de sa règle vole plutôt qu’elle
ne marche vers sa perfection. La
perfection d’une Religieuse, ajoute
saint Liguori, ne consiste pas à faire
de grandes choses, ni en grand nom
bre, mais à les bien faire..... Il n’est
pas donné à tout le monde, ni en
XII
tout temps, de faire des choses dif
ficiles et extraordinaires ; mais les
œuvres ordinaires, telles que faire
l’oraison commune, l’examen de
conscience, la communion, entendre
la messe, remplir sa charge et autres
choses commandées par l’obéissance,
voilà ce qui se fait par toutes les Re
ligieuses et ce qui se fait journelle
ment. Or, pourvu que vous le fassiez
bien, quand même ce serait tout ce
qu’il y a de plus vil au monde, soyez
assurée que vous deviendrez une
sainte.
Oui, N. T. C. F., vous pouvez de
venir des saintes et vous le devien
drez en accomplissant fidèlement
votre Règlement. C’est lui qui don
nera la vie à toutes vos actions, et
■
— xin —
qui rendra, même les plus commu
nes et les plus minimes en apparence,
agréables à Dieu et méritoires poul
ie ciel. Tous vos devoirs y sont pré
vus, de sorte qu’en observant régu
lièrement tous les points, vous pou
vez avoir la certitude que vous aurez
accompli la volonté de Dieu dans
toute sa plénitude et toute son éten
due. Combien de saintes âmes qui
vous ont précédées dans la carrière
de la vie religieuse jouissent main
tenant dans le ciel de leur récom
pense, non pour avoir fait des actions
d’éclat ou des œuvres extraordinai
res, mais pour avoir observé en toute
simplicité et avec un véritable esprit
d’obéissance le Règlement qui leur
avait été tracé.
— XIV —
Ainsi en sera-t-il de vous toutes,
N. T. C. F., nous en avons bien la
confiance, parce que, selon cette
heureuse expression que nous avons
entendu quelquefois sortir de la bou
che de plusieurs d’entre vous, votre
Règlement sera votre second Évan
gile.
Recevez, Nos Très Chères Filles,
avec notre bénédiction paternelle,
l’assurance de nos sentiments dé
voués en Notre-Seigneur JésusChrist.
Périgueux, en la fête de la Nati
vité de la très-sainte Vierge, 8 sep
tembre de l’an de grâce 1856.
fJEAN,
Évêque île Pêrigueua- et deSarlat.
RÉGLEMENT GÉNÉRAL
de la Congrégation
DES SŒURS DE SAINTE MARTHE
DD PÉRIGORD.
PÛRIGIJEIiX,
Chez LAVERTUJON fils, imprimeur de Mgr l'Évêque.
1836.
--
JÉSUS.
MABIE.
JOSEPH.
CONGRÉGATION GÉNÉRALE
DES
SŒURS DE SAINTE ■ MARTHE
DU PÉRIGORD.
CHAPITRE PRÉLIMINAIRE.
Origine de la Congrégation Générale.
I.
Depuis longtemps il s’était formé sur
divers points du Diocèse de Périgueux
un certain nombre de petites Congré
gations religieuses, vouées à la vie ac
tive, ayant à peu près le même but et
se proposant la même fin : le soin des
malades, le soulagement des pauvres,
l’instruction des jeunes fdles, et parti
culièrement des fdles de la classe in
digente.
L’origine de chacune de ces Congré
gations remontait à une époque plus
ou moins ancienne, et elles s’étaient
développées selon que les circonstan
ces l’avaient permis. Quelques-unes
avaient été appelées à fonder des éta
blissements particuliers, et le bien
qu’elles opéraient, partout où elles
avaient pu se fixer, faisait regretter
qu’elles ne pussent pas se propager
davantage.
Deux obstacles, provenant des lois
civiles qui régissent, en France, les
Congrégations religieuses de femmes,
s’y opposaient. Le premier tenait à ce
qu’aucune de ces Congrégations, me
seule exceptée, quoique presque toutes
fondées légalement, n’était reconnue
par l’État comme Congrégation à Su
périeure générale, et n’était par consé
quent autorisée à former légalement
d’établissements particuliers; le se
cond, parce que la plupart, étant sou
mises à des administrations civiles, en
vertu de traités qu’elles avaient passés,
se trouvaient limitées dans le nombre
des sujets qu’elles pouvaient recevoir.
IL
Parmi ces divers établissements, lés
Communautés considérées comme mai
sons-mères, et qui pouvaient par con
séquent admettre quelques sujets à la
profession religieuse, étaient au nom
bre de neuf, savoir :
1° Les sœurs de Sainte-Marthe de
Périgueux ;
2° Les sœurs de Sainte-Marthe de
l’hospice de Sarlat;
3° Les sœurs de la Miséricorde de
Bergerac ;
4° Les sœurs de la Miséricorde du
bourg la Magdeleine de Bergerac ;
5° Les sœurs de Sainte-Marthe de
l’hospice de Bergerac ;
6° Les sœurs de Sainte-Marthe de
l’hospice de Bibérac ;
7° Les sœurs de Sainte-Marthe d’Eymet ;
8° Les sœurs de Sainte-Marthe de
Monpazier ;
9° Les sœurs de la Charité de Bran
tôme.
III.
Quoique vouées aux mêmes œuvres,
et presque toutes sous le patronage
commun de Sainte-Marthe, cependant
ces neuf Maisons-mères étaient entiè
rement indépendantes les unes des au
tres. Il n’existait entr’elles d’autres
liens que ceux de la charité. Chacune
avait son administration et son per
sonnel particuliers, et ne relevait di
rectement que de l’autorité épiscopale.
Dans la plupart, les religieuses ne fai
saient à leur profession que les vœux
de chasteté et de stabilité au service
des pauvres. Cependant le règlement
était presque partout le même, et la
seule différence qui existait à l’exté
rieur entre ces diverses Maisons con
sistait dans le costume particulier que
chacune avait adopté.
IV.
11 en était de même dans quelques
autres diocèses de la province ecclé-
— 8 —
siastique de Bordeaux ; aussi le Con
cile tenu dans cette Métropole, en 1850,
examinant dans sa sollicitude les
moyens les plus efficaces pour vivifier
et propager les Congrégations reli
gieuses, s’était justement préoccupé
de la position précaire de ces petites
Communautés, forcées de se renfermer
dans des limites fort étroites, soit pour
les sujets à recevoir, soit pour le bien
à opérer.
Après avoir établi qu’il est beaucoup
plus avantageux de restreindre le nombre,
des Congrégations religieuses et de rendr e
celles gui existent fortes et fécondes par
la piété, le zèle et la multiplicité des
membres, les Pères du Concile engagent
les Évêques qui auraient dans leurs
diocèses quelques Communautés ré
duites à un petit nombre de sujets, à les
réunir à une autre Congrégation déjà éta
blie selon les règles canoniques et civiles.
V.
Pénétré de l’esprit du Concile, dont
il avait été l’un des membres, Mgr
l’Evêque de Périgueux jugea qu’il était
opportun pour le bien de se conformer
à cette disposition. Mais comme l’affi
liation de toutes les petites Commu
nautés qui existaient dans son diocèse •
à une Congrégation étrangère lui offrait
des obstacles bien difficiles à surmon
ter, alors, en se renfermant toujours
dans l’esprit du Concile, il pensa qu’il
était préférable de les rattacher toutes
ensemble par un lien commun, de
manière à ce qu’elles ne formassent
plus à l’avenir qu’une seule et même
famille.
Pour arriver à ce résultat, Sa Gran
s'
— 10 —
deur soumit aux réflexions et aux ob
servations de toutes les religieuses qui
devaient être l’objet de cette mesure, le
projet qu’elle avait conçu et le plan
qu’elle se proposait de suivre. Ce plan
consistait dans les dispositions sui
vantes :
1° D’établir d’abord en principe que
toutes ces petites Congrégations iso
lées et indépendantes les unes des au
tres ne formeraient plus à l’avenir
qu’une seule et même Congrégation
sous la dénomination générale de
Sœurs de Sainte-Marthe du Périgord.
2° De fonder dans la ville épiscopale
un seul et unique Noviciat où se forme
raient toutes les futures religieuses
destinées, soit à alimenter les Maisons
déjà existantes, soit à en fonder de
nouvelles.
3° D’adopter un costume uniforme.
4° D’admettre désormais les trois
vœux ordinaires de religion, savoir :
chasteté, obéissance et pauvreté; les
quels seraient prononcés par les futu
res religieuses formées au nouveau
Noviciat et par celles des anciennes
qui en manifesteraient le désir.
8° De faire un règlement général qui
serait le résumé des règlements parti
culiers déjà existants dans chacune
des Maisons, en recueillant dans ce
règlement tout ce qu’il serait utile et
avantageux de conserver, et en retran
chant ce que le temps et les circons
tances ne permettaient plus d’observer.
VL
Après plusieurs mois de réflexions
et à la suite de deux retraites générales
qui leur furent données à cette occa
sion , toutes les religieuses composan t
les diverses Maisons du Diocèse furent
invitées à exprimer leur avis et à faire
part de leurs observations.
Pénétrées de l’esprit de leur saint
état, et persuadées qu’en se conformant
au vœu du Concile et en adhérant à la
mesure proposée par leur Évêque, elles
accompliraient la volonté de Dieu,
toutes déclarèrent alors s’y soumettre
librement et consentir à ne former dé
sormais qu’une seule et même famille,
dont la vie uniforme serait tracée par
un règlement unique, et dont la direc
tion serait confiée, sous la dépendance
de Sa Grandeur, à. une Supérieure gé
nérale, qui serait nommée dans les
formes indiquées par le règlement.
Après avoir ainsi manifesté leurs
pieuses et saintes dispositions, elles
s’empressèrent d’adopter un costume
uniforme. Le nouveau Noviciat fut im-
— 13 —
médiatement constitué à Périgueux et
confié provisoirement aux soins des
sœurs de Sainte-Marthe établies dans
cette ville, et le règlement suivant fut
arrêté et adopté pour servir h la direc
tion de la Congrégation générale.
c—
—.—
PREMIÈRE PARTIE.
CHAPITRE PREMIER.
Fin de l’Institut.
I.
Il n’est dérogé en rien au but que se
sont proposé jusqu’à présent les di
verses Maisons établies dans le Diocèse
de Périgueux. Soulager les infortunes
et les misères de toute nature ; venir
au secours de tous les membres souf
frants de la Société, depuis l’âge le
plus tendre jusqu’à la vieillesse la plus
avancée; instruire et former à la piété
— 16 —
les jeunes filles et spécialement celles
de la classe indigente.
IL
Ce sont ces mêmes œuvres que la
Congrégation se propose de continuer
et de développer. Pour entrer dans les
pieuses dispositions du Concile de
Bordeaux, les Sœurs se chargeront de
l’enfance dès le berceau par l’établisse
ment et la direction des crèches ; elles
lui continueront leurs soins dans les
salles d’asile ainsi que dans les Mai
sons d’orphelines ; et partout où elles
seront appelées, dans les campagnes
comme dans les villes, elles formeront
par une éducation chrétienne les jeu
nes personnes, et leur donneront une
instruction proportionnée à leur posi
tion et à leurs besoins. Elles dirige
ront, comme par le passé, les hôpitaux,
— -17 —
les dépôts de mendicité, les maisons de
miséricorde. Elles visiteront les pau
vres, les malades, les prisonniers, etc.
En un mot, toutes les œuvres de cha
rité spirituelle et corporelle que peu
vent exercer convenablement des vier
ges chrétiennes consacrées au service
de Dieu, entrent dans le plan de leur
Institut et font partie de leur mission.
CHAPITRE II.
Du gouvernement de la Congrégation.
I.
Quoique le gouvernement de la Con
grégation doive être tout entier con
centré dans les mains de la Supérieure
générale, à qui revient toute l’autorité,
il est cependant nécessaire qu’elle ait
un conseil qu’elle puisse consulter au
besoin, et dont elle s’inspire dans les
circonstances difficiles ou extraordi
naires.
IL
Ce conseil sera composé de l’Assis
tante, de la Maîtresse des novices, de
l’Économe et de deux autres Sœurs
49 —
conseillères, dont l’une sera secrétaire
du conseil.
III.
Pour faire concorder le règlement
avec les statuts approuvés par le gou
vernement, la Supérieure, l’Assistante
et l’Économe seront nommées, d’après
le mode indiqué ci-après, par toutes
les religieuses de la Congrégation. La
Maîtresse des novices et les autres
Sœurs conseillères seront au choix et
h la nomination de la Supérieure.
IV.
Il y aura un Supérieur nommé par
Monséignéur et révocable à sa volonté.
Il sera investi, aux yeux de la Congré
gation , de toute l’autorité de Sa Gran
deur, et ses fonctions consisteront
dans la direction de la haute adminis
tration. Il se concertera toujours avec
— 20 —
la Supérieure et son conseil ; et dans
les réunions auxquelles il assistera, il
pourra émettre son avis, mais il n’aura
jamais que voix consultative.
V.
La Supérieure n’est pas obligée de se
conformer à l’avis et au jugement de
ses Sœurs conseillères, mais leur opi
nion doit être pour elle d’un grand
poids. Toutefois, lorsqu’une question
aura été soumise à la majorité des
voix, la décision qui aura été prise de
vra être fidèlement exécutée. En cas
de partage, la voix de la Supérieure
sera prépondérante.
VI.
Le conseil se réunira une fois par
mois, et plus souvent si les circons
tances l’exigent. 11 pourra être présidé
— 2-1
par Monseigneur ou par le Supérieur,
quand l’un ou l’autre le jugeront con
venable.
VII.
Outre les réunions du conseil, il y aura
aussi des assemblées auxquelles assis
teront toutes les Sœurs attachées à la di
rection et aux divers emplois de la Mai
son mère pour délibérer sur les objets
qui leur seront soumis , tels que l’ad
mission des Postulantes, des Novices,
etc. Dans ces cas, le vote aura lieu au
scrutin secret, et les Sœurs qui n’au
ront. pas une année accomplie de pro
fession n’auront que voix consultative.
— 22
ARTICLE PREMIER.
De la Supérieure générale.
§ Ier
l»e son Élection.
I.
Dans l’élection de leur Supérieure,
les Sœurs n’auront d’autre intention
que de plaire à Dieu et de procurer le
plus grand bien de leur Congrégation.
Aussi elles ne s’entretiendront pas
entr’elles, et moins encore au dehors,
du choix qu’elles voudront faire, mais
elles se borneront à consulter l’esprit
de Dieu dans le silence de leur cœur,
et elles nommeront celle qu’en âme et
conscience elles jugeront la plus capa
ble et la plus digne. Elles n’oublieront
pas que dans une circonstance aussi
grave elles ne doivent se laisser diri-
— 23 —
ger, ni par des considérations humai
nes , ni par des motifs purement natu
rels. Elles feront taire la voix de
l’affection pour n’écouter que la voix
de Dieu.
II.
La Supérieure générale sera élue
pour trois ans, et à l’expiration de
ce terme ses pouvoirs cesseront. Tou
tefois, si, pour des circonstances gra
ves et extraordinaires, Monseigneur
jugeait nécessaire que l’élection fût
retardée de quelques mois, la Supé
rieure en exercice serait, pendant ce
temps, maintenue dans ses fonctions.
Elle pourra être réélue en suivant tou
jours le mode prescrit par les articles
suivants.
III.
Un mois environ avant l’époque de
— 24 —
l’élection, le conseil se réunira sous la
présidence deMonseigneur ou du Supé
rieur. Cette réunion aura pour but de
dresser un catalogue de celles de tou
tes les religieuses de la Congrégation
qui paraîtront les plus capables de
remplir les fonctions de Supérieure
générale, d’Assistante et d’Économe.
Le nombre des Sœurs qui seront ins
crites sur ce catalogue sera au moins
de deux ou trois pour chacune de ces
diverses fonctions. Les conditions d’âge
sont huit années de profession pour la
Supérieure, cinq pour l’Assistante et
deux pour l’Économe.
IV.
Ce catalogue sera adressé à tous les
Établissements dépendants de la Con
grégation. Il sera accompagné d’une
lettre-circulaire donnant avis à toutes
— 25 —
les Sœurs du jour de l’élection, et leur
annonçant que si on leur désigne quel
ques noms, ce n’est que pour faciliter
leur choix, et qu’elles restent entière
ment libres de donner leurs voix h
d’autres qui leur paraîtraient plus di
gnes ou plus capables, pourvu qu’elles
remplissent la condition d'années de
profession.
V.
Pour avoir droit de suffrage, il suffit
d’être professe depuis un an. Toutes
celles qui seront vocales, après avoir
reçu le catalogue et la circulaire,
s’empresseront de faire leur choix,
qu’elles inscriront sur un billet soi
gneusement cacheté, et qu’elles adres
seront , par la voie de leur Supérieure
locale, soit à Monseigneur, soit au
Supérieur ou ‘a la Supérieure géné
rale.
3
— 26 —
VL
Lorsque le jour fixé pour l’élection
sera arrivé, Mgr l’Évêque, et en son
absence le Supérieur, assisté d’un ou
de deux prêtres s’il le juge convena
ble, réunira toutes les Sœurs vocales
et présentes dans la Maison-mère el
les autres Établissements de la ville.
Après la récitation du Veni Creator
et de VOraison, la Supérieure générale
viendra se mettre fi genoux devant
celui qui préside, et déposera entre
ses mains la supériorité en lui remet
tant les clefs de la maison.
Tous les bulletins de vote seront
alors recueillis, contrôlés et déposés
dans une urne. Le président en fera
ensuite le dépouillement dans la forme
ordinaire, c’est-à-dire en les faisant
passer sous les yeux des prêtres assis-
— 27 —
tants et des deux Sœurs qui auront été
choisies par le conseil pour remplir
les fonctions de scrutatrices.
Les uns et les autres garderont le
secret le plus absolu sur les bulletins
du vote.
VII.
Au premier tour de scrutin, il faut
pour la validité de l’élection la majo
rité absolue, c’est-h-dire la moitié plus
une des voix.
Si aucune des Sœurs n’a réuni cette
majorité, on prendra immédiatement
les mesures nécessaires pour faire pro
céder à une nouvelle élection.
A cet effet, on enverra à toutes les
Sœurs des diverses Maisons les noms
des trois Sœurs qui auront réuni le
plus de suffrages. Les Sœurs vocales
— 28
ne devront alors fixer leur choix que
parmi ces trois noms, et au second tour
de scrutin, qui devra avoir lieu dans
la quinzaine, la majorité relative sera
suffisante pour valider l’élection.
En cas de partage égal des voix, la
plus ancienne de profession sera Supé
rieure.
Il en sera de même pour l’élection
de l’Assistante et de l’Économe.
VIII.
La nouvelle Supérieure, si elle est
présente, viendra se mettre à genoux
aux pieds de celui qui préside, lequel
confirmera l’élection en lui remettant
les clefs de la Communauté, et elle en
trera immédiatement en fonctions.
Procès-verbal de l’élection sera
dressé, inséré dans les registres de la
— 29 —
Congrégation et signé par tous ceux
qui auront pris .part au dépouillement
du scrutin.
IX.
Si elle est absente, l’ancienne Supé
rieure , à laquelle les clefs seront pro
visoirement remises, lui donnera surle-champ avis de son élection, et l’in
vitera à venir le plus tôt possible se
mettre en possession de sa charge.
X.
Jusqu’à son arrivée, l’ancienne con
tinuera à gouverner, sans cependant
pouvoir faire aucun changement nota
ble , ni ordonner rien de nouveau dans
les diverses Maisons. Si, dans l’inter
valle, il se présentait quelques circons
tances extraordinaires où il paraîtrait
nécessaire d’agir, il en serait référé au
Supérieur ou à Monseigneur.
3*
— 30 —
§11.
Attributions de la Supérieure
générale.
I.
La Supérieure générale, dont la ré
sidence habituelle sera dans la Maisonmère à Périgueux, a la haute adminis
tration et la direction générale de
toutes les Maisons de la Congrégation.
Dans le courant du mois qui suivra
son élection, elle choisira, après en
avoir conféré avec l’Assistante, la Maî
tresse des Novices et les deux autres
Sœurs conseillères.
IL
Après avoir pris l’avis de son con
seil, mais sans être obligée de recueillir
les suffrages, elle nommera h tous les
— 31 —
emplois de la Maison, et désignera les
Sœurs qui doivent être envoyées dans
les divers Établissements. Elle fera
sanctionner ces nominations par Mon
seigneur , qui délivrera à chacune une
lettre d’obédience.
III.
Parmi les Sœurs qu’elle désigne pour
les autres Maisons, elle en choisit une
pour remplir les fonctions de Supé
rieure locale, et à laquelle les autres
sont tenues d’obéir ; elle fixe, d’accord
avec elle, à chacune des autres l’em
ploi qu’elles ont à remplir.
IV.
Elle doit visiter de temps en temps
tous les Établissements de la Congré
gation. Dans ces visites, elle voit cha
que Sœur en particulier, interroge.
— 32 —
13.
examine, encourage ou réprimande,
et se fait rendre compte de tout, sous
le rapport spirituel et temporel.
V.
Comme elle a le droit de nommer,
de même elle a le droit de révoquer
toutes celles qui ne rempliraient pas
convenablement leur tâche et qui ne
répondraient pas à sa confiance. S’il
s’agissait des Supérieures, elle ne le fe
rait qu’après en avoir conféré avec son
conseil.
VI.
■ ’.’.I
’■‘IB;
La Supérieure générale elle-même
pourrait être ou déposée par la majo
rité des suffrages, si, pour des causes
graves, Monseigneur jugeait néces
saire de provoquer cette mesure.
VII.
A l’expiration de ses fonctions, la
— 33 —
Supérieure rentre dans la catégorie des
autres religieuses; elle reprend le nom
de Sœur pour laisser celui de Mère, qui
appartient de droit à celle qui lui suc
cède.
— 34 —
ARTICLE II.
De l’Assistante.
I.
L’Assistante sera nommée en même
temps que la Supérieure générale, de
la même manière et pour le même
temps qu’elle, par toutes les Sœurs vo
cales de la Congrégation. Seulement,
pour la validité de son élection, la ma
jorité relative des voix suffit, même au
premier tour de scrutin. Toutefois, si
l’élection de la Supérieure n’a pas lieu
à ce premier tour, celle de l’Assistante,
si elle ne réunit que la majorité rela
tive des voix, sera regardée comme
non-avenue ; mais, dans ce cas, son
nom figurera sur la liste dressée pour
— 35
le deuxième tour de scrutin, et l’une
et l’autre seront alors élues 'a la plura
lité des voix, si aucune ne réunit la
majorité absolue.
II.
L’Assistante tient le second rangdans la Congrégation ; elle doit servir
de conseil à la Supérieure dans la di
rection de toutes les affaires, tant spi
rituelles que temporelles; elle doit l’a
vertir des défauts ou des abus qu’elle
remarquera, ou de ce qu’elle jugera,
plus avantageux au bon gouvernement
de la Congrégation; elle veillera à ce
que le règlement soit toujours fidèle
ment observé; elle reprendra celles
qu’elle trouvera en faute ; et si les avis
charitables qu’elle donnera ne produi
sent pas leur effet » elle en avertira la
Supérieure.
— 36 —
III.
Elle s’unira saintement à la Supé
rieure pour maintenir le bon ordre de
la Communauté et la soulager dans
l’exercice de sa charge. Elle aura une
très-grande déférence pour sa manière
de voir, et tout en lui faisant respec
tueusement ses observations, elle ne
croira pas que la Supérieure soit obli
gée de s’y conformer.
Elle s’efforcera d’inspirer à toutes
les Sœurs les sentiments de respect et
d’amour qu’elles doivent avoir pour la
Supérieure, et elle fera exécuter ses
ordres avec exactitude, sans jamais
rien souffrir qui puisse diminuer son
autorité.
IV.
Si la Supérieure, par un zèle indis
cret, négligeait trop sa santé, elle y
— 37
apportera les soulagements nécessai
res, et si besoin est, elle en préviendra
le Supérieur.
V.
Dans le cas d’absence ou de maladie
de la Supérieure, l’Assistante tient sa
place et lui rend ensuite un compte fi
dèle et exact de tout ce qui s’est passé
dans cet intervalle.
VI.
Si la Supérieure venait ’a mourir,
l’Assistante se trouverait par là même
investie de tous ses pouvoirs jusqu’à
la nouvelle élection, qui devrait se
faire le plus tôt possible et ne pas être
retardée plus de trois mois.
En cas de mort de l’Assistante, elle
sera remplacée par la Congrégation,
mais seulement pour le temps que la
défunte devait rester en fonction.
3
— 38 —
ARTICLE III.
De l’Économe.
I.
L’élection de l’Econome se fera de
la même manière que celle de l’Assis
tante, et tout ce qui a été réglé pour
la majorité absolue ou relative des
voix, en ce qui concerne la nomination
de l’Assistante , sera applicable à celle
de l’Econome.
II.
L’emploi de l’Econome demande une
Sœur qui soit judicieuse, capable pour
les affaires temporelles, et d’un exté
rieur très-édifiant. Comme elle traite
avec différentes personnes et souvent
avec les personnes du dehors, elle doit
— 39 —
être prudente et honnête à l’égard de
tout le monde, sans jamais s’échapper
en paroles trop vives, ni qui puissent
faire de la peine à qui que ce soit, étant
toujours plus disposée h faire plaisir
qu’à refuser ce qu’on lui demande.
III.
Il est nécessaire qu’elle sache bien
lire, bien écrire et bien compter. Elle
aura deux régistres, l’un pour la re
cette, l’autre pour la dépense, où elle
inscrira jour par jour la nature des
recettes et des dépenses.
Elle s’entendra avec la Supérieure
pour faire les provisions de la Commu
nauté et pour l’achat des étoffes, linge,
meubles, etc., de la Maison.
IV.
Elle veillera à ce que tout soit or-
40 —
donné proprement, que rien ne se
perde ni ne se gâte, et de temps en
temps elle visitera toute la Maison et
fera faire les réparations nécessaires,
après en avoir conféré avec la Supé
rieure.
Elle tiendra un inventaire exact de
tout le mobilier de la Maison pour en
rendre compte lorsqu’elle quittera sa
charge, et tout ce qui sera acheté de
nouveau sera inscrit sur cet inventaire,
dont un récolement sera fait chaque
année et sera signé par elle et la Supé
rieure.
V.
Lorsqu’il s’agira de dépenses extraor
dinaires, l’Econome n’en fera aucune
sans l’avis de la Supérieure, qui de
son côté, si la chose est importante,
ne donnera son consentement qu’après
s’être concertée avec le Supérieur.
— il —
VI.
Pour les dépenses ordinaires, l’Eco
nome veillera sur les achats et la ma
nière dont les choses seront préparées ;
de sorte que, sans rechercher la déli
catesse, il y ait cependant toujours une
nourriture bonne, saine et suffisante.
Elle aura soin qu’il ne manque aux
Sœurs rien de ce qui pourrait leur être
nécessaire, et elle pourvoira à ce que
la Dépensière et les autres Officières
aient ce qu’il leur faut pour leur em
ploi.
VII.
Elle veillera sur les domestiques
pour qu’elles s’acquittent bien de leurs
devoirs, et "'prendra un soin particulier
de tout ce qui les regarde, tant pour
leurs besoins spirituels que corporels.
Tous les trois mois, elle rendra
compte de son administration à la Su
périeure; elle lui présentera l’état des
recettes et des dépenses du trimestre,
et. à la fin de chaque année tous les
comptes seront examinés et arrêtés
par le Supérieur.
ARTICLE IV.
De la Maîtresse des Novices.
I.
L’importance des fonctions de la
Maîtresse des Novices doit faire com
prendre à. la Supérieure la prudence et
le discernement qu’elle doit apporter
dans son choix. C’est en effet de la
bonne direction du Noviciat que dé-
— 43 —
pend tout l’avenir spirituel de la Con
grégation et par conséquent le bien
qu’elle se propose.
II.
Celle qui sera chargée de cet emploi
doit réunir à une véritable piété et une
solide instruction, le zèle, la prudence
et la charité pour inspirer aux Postu
lantes et Novices une haute estime de
leur vocation et les faire avancer dans
la voie de la perfection. Elle aimera
donc l’Oraison afin d’attirer sur ellemême l’esprit de Dieu et le répandre
sur celles qu’elle doit toujours con
duire par ce même esprit et non par
celui de la nature.
III.
Pour les porter à Dieu d’une manière
solide, elle ne leur permettra aucune
manifestation d’affection trop sensible,
ni pour elle-même, ni entr’elles. Elle ne
souffrira de leur part aucun attache
ment extérieur, ni ne leur marquera
aucune préférence. Elle les instruira il
parler peu et à ne pas s’accoutumer à
décharger leur cœur dans le sein des
créatures, mais seulement au pied do
la croix et dans le cœur de Dieu.
IV.
Un des devoirs les plus importants
d’une Maîtresse de Novices, c’est le
discernement des vocations. Parmi les
personnes qui se présenteront, quel
ques-unes pourraient être portées à l’é
tat religieux par une inclination pure
ment naturelle; d’autres, parce que ce
genre de vie convient à leur caractère, ’a
leur humeur ou à la position de leur fa
mille. Comme il n’y aurait rien dans
ces dispositions qui fût pour Dieu, à
— 43
moins qu’un motif surnaturel ne vînt
s’y joindre, elle aurait peu de chose à
espérer de semblables vocations. Afin
de bien connaître leur caractère,
leurs dispositions et leurs progrès, elle
les verra de temps en temps chacune
en particulier.
V.
Elle tâchera de fonder leur vertu
naissante sur les grandes vérités de la
religion. Elle les formera aux exerci
ces spirituels, l’oraison, la lecture, les
examens, et surtout aux dispositions
nécessaires pour s’approcher digne
ment des sacrements.
VI.
Un de ses soins les plus assidus sera
de s’appliquer à rompre leur volonté,
particulièrement dans les fonctions des
divers emplois, et souvent elle les
3*
— 46 —
exercera aux plus bas, pour leur faire
pratiquer la vertu d’humilité.
VII.
Pour travailler d’une manière effi
cace à former leur caractère, elle leur
inspirera ce juste milieu entre une
gravité froide et triste et une gaîté
puérile. Elle les formera surtout à cette
simplicité qui exclut toute gêne, toute
contrainte, tout scrupule, et qui les
porte à s’ouvrir en toute liberté et toute
confiance, soit à elle, soit à la Supé
rieure, soit au Confesseur. Pour cela,
elle ménagera leur confiance par des
manières engageantes ; elle aura pour
toutes un cœur de mère, et leur don
nera l’accès le plus facile auprès d’elle.
VIII.
C’est à la Maîtresse des Novices de
présider à tous les exercices spirituels
— il
ia Noviciat, et pour rendre ces exer
cices plus profitables, de temps en
temps elle demandera compte de l’orai
son , des instructions, de la lecture, et
fera faire la coulpe. Elle leur appren
dra à se confesser d’une manière
courte, claire et intelligible, sans en
trer dans des détails inutiles et sans
jamais faire connaître les fautes qui
regardent les autres.
IX.
Elle leur fera connaître et leur expli
quera la règle et les constitutions, afin
qu’elles puissent bien comprendre les
obligations et les devoirs qu’elles se
ront appelées à remplir.
Elle s’appliquera à discerner leur
aptitude et leur capacité particulières,
afin de faire donner à chacune l’ins
truction et les connaissances nécessai-
48 —
res pour bien remplir les divers em
plois qui leur seront confiés dans les
Maisons où elles seront envoyées.
X.
De temps en temps, elle rendra
compte à la Supérieure de leurs pro
grès , de leurs défauts et de leurs dis
positions, et se concertera avec elle
sur les moyens à employer pour le suc
cès de son œuvre.
ARTICLE V.
Des Sœurs conseillères.
I.
Les Sœurs conseillères doivent assis
ter la Supérieure de leurs avis dans
— 49 —
toutes les affaires où elle les réclame
en conseil ou en particulier. Elles ne
doivent pas empiéter sur ses droits,
mais elles s’empresseront de l’avertir
toutes les fois qu’elles découvriront,
soit à l’intérieur, soit à l’extérieur,
quelque obstacle à la régularité où au
bon ordre. Leurs rapports doivent être
exempts de toute passion ou préven
tion, et elles ne doivent être jamais
guidées que par le désir du bien de la
Congrégation.
IL
Lorsqu’elles seront consultées sur
quelque affaire, elles demanderont d’a
bord à Dieu ses lumières ; elles exami
neront ensuite la chose, et, se dépouil
lant de toutes vues humaines, elles se
détermineront pour le parti qui leur
semblera le plus conforme aux intérêts
de la gloire de Dieu.
— 50 —
Après aVoir donné leur avis, elles
soumettront leur jugement à celui de
la Supérieure, sans murmurer, ni ja
mais rien révéler aux autres de ce qui
aura été dit en conseil.
III.
Remplissant une des premières char
ges de la Congrégation, elles doivent
à toutes les Sœurs l’exemple constant
de la régularité, de la ferveur, et d’une
vie vraiment religieuse sous tous les
rapports.
IV.
Les fonctions de Sœurs conseillères
ne sont pas incompatibles avec les au
tres offices et emplois de la Maison.
L’une d’elles, étant secrétaire, sera
chargée de la tenue des registres dans
lesquels sont inscrits tous les actes
qui intéressent la Congrégation, ainsi
51
les affaires administratives, les délibé
rations du conseil, les élections, les
réceptions des Novices, l’entrée des
Postulantes, etc. Elle pourra aussi être
chargée de la correspondance et de
toutes les écritures que la Supérieure
jugera à propos de lui confier.
V.
La Secrétaire doit apporter beau
coup de soin à son écriture, avoir
beaucoup d’ordre, tenir toujours ses
registres au courant, inscrire tout par
ordre de date et ne rien laisser en
retard.
Elle gardera un secret inviolable
sur toutes les affaires qui regardent
son emploi, n’en parlant jamais à qui
que ce soit, à moins qu’elle n’y soit
autorisée par la Supérieure : elle devra
donc être très-réservée, très-discrète
et très-prudente.
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— 33 —
CHAPITRE III.
Des divers offices et emplois dans les
Maisons de la Congrégation.
ARTICLE PREMIER.
Des Supérieures locales.
I.
Les Supérieures doivent avoir un
véritable cœur de mère pour toutes
leurs Sœurs. Elles s’efforceront avec la
grâce d’être unies à Dieu par un pur
amour et de vivre dans une grande
dépendance de sa divine conduite.
Humbles et pleines de confiance en la
bonté de Dieu, elles lui seront fidèles
en toutes choses, et elles dirigeront
— 54 —
celles qui leur sont confiées plus encore
par leurs bons exemples que par leurs
paroles.
IL
Elles se considéreront comme les
servantes de toutes les autres, et elles
ne commanderont qu’avec un esprit
d’humilité et de douceur, se souvenant
que Jésus-Christ n’est pas venu en ce
monde pour commander et être servi,
mais pour obéir et servir lui-même, et
qu’il a dit à ses disciples que le plus
grand parmi eux devait être le plus petit
et le serviteur de tous.
Si les Inférieures ne sont pas dispen
sées d’obéir, malgré les défauts des
Supérieures, on doit dire aussi aux
Supérieures qu’elles deviennent res
ponsables devant Dieu des désobéis
sances qui seraient occasionnées par
55 —
leur irréflexion, leur aigreur, leur im
patience et l’humeur de leur caractère.
III.
Les Supérieures témoigneront en
toutes rencontres une véritable charité
a toutes les Sœurs, ayant soin qu’elles
observent exactement leurs règles,
qu’elles marchent dans un continuel
désir de s’avancer dans l’amour de
Notre-Seigheur, et qu’elles vivent dans
une grande union. Elles les aimeront
toutes, sans égard à. leurs qualités exté
rieures, ne considérant en elles que
Jésus-Christ, dont elles sont les épou
ses. Elles supporteront leurs défauts
avec charité, et compatiront à toutes
leurs faiblesses sans se rebuter ni se
décourager; mais, se revêtant de la
patience de Notre-Seigneur Jésus-
— 56 —
Christ, elles exciteront avec douceur
et porteront h la ferveur sans impor
tunité les faibles et les tièdes dans la
vertu.
IV.
Elles seront prudentes pour faire
utilement et charitablement les cor
rections et pour imposer les péniten
ces pour les fautes ordinaires, ne con
tristant aucune des Sœurs sans raison
et sans espoir qu’elles profiteront de
ces corrections.
Si quelques Sœurs leur font des
plaintes ou des rapports, elles exami
neront si l’aigreur ou le mécontente
ment n’y donne pas lieu, et dans ce
cas elles engageront avec charité celle
qui se plaindrait à attendre que son
cœur soit en paix, en lui faisant com
prendre que la charité seule peut l’au-
toriser à parler sur le compte de ses
Sœurs, et elles la calmeront avec une
cordialité de mère.
V.
Dans la conduite des affaires tempo
relles, elles doivent sans doute s’ap
puyer sur la Providence et la bonté de
Dieu plus que sur la faveur des hom
mes ; mais elles ne doivent agir qu’avec
beaucoup de sagesse et de prudence.
Pour ce qui regarde les dépenses, cha
que Établissement doit suffire à ses pro
pres besoins; aussi il ne sera contracté
aucune dette ni emprunt extraordinai
res sans l’autorisation des supérieurs.
VI.
Les Supérieures se souviendront, en
un mot, qu’elles ne sont à la tête des
autres que pour donner à toutes l’exem-
r<!
— 58 —
pie de la fidélité, de l’exactitude et de
la pratique de toutes les vertus.
ARTICLE IL
__ •
Des Maîtresses de Pensionnats.
I.
'•■’J1,
L’instruction de la jeunesse étant un
point très important, les Sœurs qui j
sont employées ne doivent rien négli
ger pour s’en acquitter dignement : la
bonneou la mauvaise éducation décide
ordinairement de tout le reste de la
vie.
Celles qui y seront préposées doi
vent donc regarder cet emploi comme
infiniment grand aux yeux de Dieu,
puisqu’il ne s’agit de rien moins que
— 59 —
de sa gloire et du salut des jeunes
âmes qui leur sont confiées; mais
qu’elles se souviennent aussi qu’il n’est
rien de plus difficile que de le bien
remplir. Il faut une grande abnéga
tion , une patience soutenue, et tra
vailler sans cesse à vaincre le dégoût
que l’on y éprouve bien souvent.
II.
Dans la Maîtresse tout est leçon et
tout est observé par les élèves, qui
cherchent à tout pénétrer. Les Maî
tresses ne doivent donc jamais oublier
que le grand moyen de bien instruire
est de commencer d’abord par l’exem
ple.
III.
Leur premier soin sera de former les
enfants à une véritable et solide piété,
leur apprenant les vérités delà religion
- -----—
—----------------- »
fc[
— 60 —
:
»’î>, *• ■
■
et leur inspirant une crainte salutaire
des jugements de Dieu et un amour
plein de confiance en sa bonté et en sa
miséricorde.
Elles veilleront à ce que toutes ap
prennent parfaitement les prières d’u
sage, le Catéchisme du Diocèse, la
manière de bien assister aux exercices
religieux et de se disposer à recevoir
avec fruit les sacrements.
IV.
Pour la direction, elles prendront
pour règle un sage et prudent mélange
de douceur et de sévérité, n’employant
jamais l’une ni l’autre sans réflexion.
La douceur leur gagnera le cœur des
enfants, et la gravité religieuse leur
fera éviter soigneusement toute préfé
rence et toute marque d’affection trop
naturelle.
-= 64 — .
V.
Elles n’oublieront pas que pour ins
truire avec fruit, il faut procéder avec
méthode. Elles s’appliqueront donc ît
étudier la capacité et les dispositions
des enfants pour ne donner à chacune
que les leçons qui pourront leur être
profitables. Elles le feront toujours
avec beaucoup d’ordre, commençant
par les choses simples et faciles pour
passer insensiblement aux choses plus
difficiles.
Pour établir cet ordre, il sera fait
un règlement ou plan d’étude qui ren
fermera tout ce qui doit faire partie de
l’instruction et des ouvrages manuels,
selon le rang que leurs élèves seront
appelées à occuper dans la société.
VI.
Outre l’instruction, elles s’applique^
i
— 62 —
rout à leur donner une bonne éduca
tion , les portant à aimer la simplicité
et la modestie, et h éviter la légèreté
et la frivolité, de manière à ce qu’en
rentrant dans le monde et au sein de
leurs familles, elles puissent y appor
ter et y conserver cet heureux mélange
de charité, de douceur, de vigilance
et de piété, qu’elles auront recueilli
dans les leçons qui leur auront été
données.
VII.
Si, parmi les jeunes personnes qui
leur seront confiées, elles découvrent
dans quelques-unes les germes d’une
vocation naissante et des dispositions
'a la vie religieuse, elles les cultiveront
avec sagesse et avec prudence et leur
donneront des soins particuliers pour
favoriser leurs dispositions ; mais elles
— C3 —
ne perdront jamais de vue la grande
réserve avec laquelle elles doivent agir
dans une matière aussi délicate.
VIII.
Les Maîtresses de pensionnat se rap
pelleront enfin qu’elles répondent de
vant Dieu de ces jeunes âmes, et
exerceront sur elles la surveillance la
plus assidue pour préserver leur inno
cence de tout péril.
ARTICLE III.
Des Maîtresses de classes externes.
I.
Ces classes se divisent en deux caté
gories : les enfants de la classe payante,
et les enfants des pauvres, qui compo-
— 64 —
sent la classe gratuite; toutes sont ex
ternes.
IL
Les Maîtresses chargées de ces en
fants , comme les Directrices de pen
sionnat, se rappelleront qu’elles doivent
donner les premières leçons à la reli
gion, les secondes à l’éducation, et les
troisièmes à l’instruction nécessaire à
chaque enfant, relativement à. sa posi
tion. Elles tacheront donc de remplir
ce triple devoir avec ferveur et assi
duité, se rappelant ces paroles de
Notre-Seigneur : Laissez venir à moi
ces petits enfants, parce que le royaume
des deux leur appartient.
Afin de bien remplir cet emploi aussi
pénible que méritoire, les Sœurs au
ront besoin de beaucoup de charité, de
patience et de persévérance pour se
65 —
proportionner à ces petites intelligen
ces et suivre une méthode sûre pour
les bien former.
III.
Elles travailleront à leur inspirer
une grande crainte et un grand amour
de Dieu, qui récompense la vertu et
punit le péché, qui aime à. nous attirer
à lui dès la jeunesse par la pratique de
la charité, de la modestie, de la sim
plicité , du travail, et qui punit l’oisi
veté, la vanité, la dissipation et les
autres vices qui en sont la suite.
IV.
Dans les classes payantes, les Sœurs
enseigneront aux enfants la lecture,
l’écriture, le calcul, et leur donneront
quelques autres connaissances, selon
leur position et les exigences des temps
4*
— 6G —
et des lieux. Dans les classes gratuites,
elles se borneront, en général, à leur
apprendre à lire. Dans l’une comme
dans l’autre, elles formeront les enfants
au travail des mains, et elles s’atta
cheront surtout à leur donner une
bonne instruction religieuse. Pour y
réussir, elles leur feront apprendre la
lettre du Catéchisme, qu’elles leur ex
pliqueront d’une manière simple,
claire et intelligible ; elles leur feront
réciter de temps en temps l’Evangile,
en ayant soin de le leur expliquer, en
leur inspirant beaucoup d’amour et de
respect pour la parole de Dieu.
Elles les instruiront sur la confession
et la communion, leur apprenant à
bien faire leur examen, et leur faisant
bien comprendre la nécessité de n’ap
porter à, la réception des sacrements
que de bonnes et saintes dispositions.
— 67 —
V.
Si elles remarquaient dans quelquesunes la tendance à s’élever au-dessus
de la position où la Providence les a
placées, elles combattront avec pru
dence cette disposition en leur inspi
rant des sentiments d’humilité et du
goût pour les devoirs qu’elles seront
obligées de remplir dans leur condi
tion.
VI.
Elles leur enseigneront le respect,
l’amour et l’obéissance qu’elles doivent
à leurs parents, la civilité et la poli
tesse envers les étrangers ; elles leur
feront envisager le danger qu’il y a de
fréquenter d’autres personnes que cel
les qui sont sages et vertueuses. Elles
les porteront à se confesser souvent et
à communier suivant l’avis de leur
Directeur.
— 68 —
VIL
Un règlement pour les heures et l’or
dre de la classe sera dressé de concert
avec la Supérieure, et il devra être fi
dèlement exécuté.
La classe sera toujours précédée de
la prière : Venez, Esprit saint, et se
terminera par l’invocation à. la SainteVierge.
VIII.
Les Maîtresses auront soin d’avoir
un registre où elles inscriront les noms
des enfants qui fréquentent l’école ,
avec indication de la date de leur en
trée et de leur sortie.
IX.
Elles pourront, suivant l’avis de la
Supérieure, réunir de temps en temps
dans la Maison les filles qui auront
09 —
quitté l’école. Ces réunions auront
pour but d’éloigner ces jeunes person
nes des amusements du monde et de
les entretenir dans la piété par quel
ques instructions courtes, quelques
lectures intéressantes, quelques dis
tractions , et par tous les moyens qui
pourront leur rendre ces réunions uti
les en même temps qu’agréables.
ARTICLE IV.
Des Directrices des salles d’asile et
des crèches.
I.
Si les fonctions qui sont réservées
aux Sœurs chargées de la direction des
salles d’asile et des crèches sont plus
que les autres pénibles à la nature et
70 —
lui imposent de plus grands sacrifices,
elles ne sont que plus méritoires aux
yeux de Dieu.
Ici, en effet, il s’agit plutôt des soins
physiques et corporels à donner aux
petits enfants que des soins intellec
tuels et moraux ; cependant, comme
ils restent à l’asile jusqu’à l’âge où
l’intelligence commence à se dévelop
per, les Sœurs ne négligeront rien
pour les former à la pratique des exer
cices de piété dont ils seront capables.
II.
Elles les surveilleront avec un soin
et une tendresse de mère, se rappelant
toutefois la réserve et la prudence que
leur impose, au milieu de ces soins, la
dignité de leur vocation. Elles ne les
laisseront jamais seuls, et si le devoir
les appelle quelquefois ailleurs, elles
— 71
ne les quitteront pas sans laisser quel
qu’un qui veille sur eux.
III.
Comme ces enfants sont ordinaire
ment amenés à l’asile par les mères
ou d’autres personnes du dehors, les
Sœurs ne donneront jamais entrée à
celles-ci dans la salle ; elles les oblige
ront à, les laisser dans le préau cou
vert, et éviteront toute conversation
inutile, qui ne serait qu’une perte de
temps. À l’heure fixée, la porte du de
hors sera soigneusement fermée pour
n’être rouverte qu’au moment de faire
partir les enfants. Ainsi l’exige le bon
ordre.
IV.
Elles auront soin d’avoir un registre
où elles inscriront le nom de tous les
enfants admis, soit à l’asile, soit à la
crèche. Ce registre indiquera la date
de l’entrée et de la sortie des enfants.
ARTICLE V.
De la Portière.
I.
La fonction de Portière est une des
plus importantes de la Maison. Elle de
mande de la part de la Sœur qui en est
chargée une grande prudence et une
vigilance continuelle pour qu’il ne se
passe rien contre le bon ordre de la
Communauté. Elle doit aimer le silence
et le recueillement intérieur. Elle doit
être pleine de douceur et de politesse,
et éviter dans ses paroles la curiosité ,
l’indiscrétion et la légèreté.
— 73 —
IL
Elle aura soin de tenir toujours la
porte fermée ; mais elle sera très-dili
gente à ouvrir aussitôt qu’on sonnera.
Elle écoutera ce qu’on demande, et elle
répondra brièvement, évitant toute
inutilité et perte de temps.
III.
C’est elle qui recevra toutes les let
tres et les objets qui devront entrer
dans la Maison ; elle remettra le tout à
la Supérieure, et elle ne se chargera
d’aucune commission et ne fera jamais
rien sortir de la Maison sans son au
torisation.
IV.
Elle ne fera pas attendre les person
nes qui sont à la porte ; elle introduira
au parloir celles qui viendront voir
6
'
i|{
-
•—
--- -------N
74.—
quelques-unes des personnes de la Mai
son; mais elles n’avertira jamais celles
que l’on demande, sans avoir au préa
lable averti la Supérieure.
V.
Si elle avait des raisons suffisantes
pour supposer que quelques-unes des
Sœurs ou des personnes de la Maison,
qui ne doivent agir qu’en vertu d’une
permission, donnaient des commis
sions ou sortaient sans avoir obtenu
l’autorisation nécessaire, ce serait pour
laPortièreune obligation de conscience
d’en donner immédiatement avis à. la
Supérieure.
VI.
Lorsqu’il se présentera à la porte
quelques pauvres, elle les traitera avec
beaucoup de douceur et de charité;
mais elle ne leur fera aucune aumône
— Tô —
et ne donnera rien 'a qui que ce soit
sans la permission de la Supérieure.
VTI.
Elle ne paraîtra à la porte que dans
une tenue décente, modeste et propre ;
elle ne parlera à qui que ce soit de ce
qui regarde les Sœurs ou la Commu
nauté, et si, sans le vouloir, elle vient
à savoir quelques nouvelles du monde,
elle n’en parlera qu’à, la Supérieure ,
si la nécessité ou le bien de la Maison
l’exigent.
VIII.
Le soir, à l’heure qui lui aura été
fixée, elle fermera les portes et elle
déposera les clefs dans la chambre de la
Supérieure, où elle ira les reprendre
le lendemain matin, immédiatement
après le lever.
Wif
— 76 —
ARTICLE VI.
De la Règlementaire.
{£ .
La Règlementaire est celle qui est
chargée d’annoncer, par le son de la
clochedela Communauté, tousles exer
cices de la journée, à l’exception du
réveil du matin, qui pourra être sonné
par une des servantes.
C’est de l’exactitude de la Règle
mentaire que dépend le bon ordre de
la Communauté ; elle sera donc bien
fidèle h sonner tous les exercices à
l’heure précise fixée par le règlement.
Elle ne pourra, dans aucun cas et
souâ aucun prétexte, avancer ou re
tarder les heures de ces exercices sans
la volonté expresse ou le consentement
de la Supérieure.
— 77 —
ARTICLE VII.
De la Sacristine.
I.
La Sacristine se regardera comme
la plus honorée des Sœurs, en ce que
la garde de la maison de Dieu lui est
confiée, et que son emploi la rapproche
davantage de Notre-Seigneur JésusChrist, présent dans le sacrement ado
rable de la Sainte Eucharistie.
IL
Elle veillera donc avec un zèle assidu
et constant à ce que la chapelle soit
toujours tenue dans une grande pro
preté, la lampe toujours allumée, les
linges, les vases sacrés, les ornements
en bon état, et que toujours tout soit
en ordre.
— 78 —
III.
Tout devant être préparé à temps
pour l’heure des offices, elle aura soin
de pourvoir à tout, de manière à ce
que jamais on ne soit obligé d’attendre,
ni de retarder.
IV.
La Sacristine recevra avec respect
et modestie tous les ecclésiastiques, et
leur donnera ce qui sera nécessaire,
selon leur rang et leur distinction;
mais elle ne devra laisser offrir le saint
sacrifice de la messe à aucun prêtre
inconnu, sans la permission de la Su
périeure.
V.
Elle observera un silence rigoureux
dans la chapelle et la sacristie, ne di
sant que les choses absolument néces
saires et parlant toujours à voix basse.
— 79 —
Elle y marchera sans précipitation,
surtout dans le sanctuaire, où elle ne
paraîtra qu’avec beaucoup de modestie
et de respect,
VI.
Elle aura un mémoire exact de tous
les ornements, vases sacrés, linge, et
lout ce qui sert à la chapelle. Elle en
rendra compte à la Supérieure toutes
les fois que celle-ci l’exigera, et lui
fera viser ce mémoire une fois par an,
et lorsqu’elle quittera cet emploi.
VII.
Les divers ornements et linges sacrés
qui seraient hors d’état de servir ne
doivent pas être employés à des usages
profanes. Ils doivent être brûlés, et
leurs cendres jetées dans la piscine.
— 80 —
ARTICLE VIII.
De la Dépensière.
I.
La Dépensière est celle qui, sous la
direction de l’Econome, est chargée
du détail de la dépense qui se fait pour
la nourriture de la Communauté. Elle
doit être prudente, douce, d’une hu
meur égale et tranquille.
Elle présidera au choix et h la pré
paration de tous les aliments néces
saires , et, sans rechercher son goût,
elle choisira toujours ce qui sera géné
ralement le plus désiré. *
Elle n’augmentera ni ne diminuera
en rien l’ordinaire de la Communauté,
sans une autorisation expresse de la
Supérieure.
— 81 —
II.
Si toutes les Sœurs ne pouvaient pas
assister aux repas, elle aurait soin de
garder la portion de celles qui seraient
absentes, et, au besoin, elle leur fe
rait préparer ce qui serait nécessaire.
Si quelqu’une ne pouvait manger de
ce qui serait servi à la Communauté
par dégoût ou infirmité, elle aurait
soin d’y pourvoir par esprit de charité
et selon l’avis de la Supérieure.
Avant que les provisions ne viennent
ii manquer, elle aura soin d’avertir
l’Econome pour qu’elle ne se trouve
pas au dépourvu.
III.
C’est elle qui est chargée de distri
buer aux Sœurs la chandelle, l’huile et
les autres objets de cette nature qui
5*
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'’ l f i--:"
— 82 —
■ ■«
pourraient leur être nécessaires, et a la
Cuisinière les choses dont elle aura
besoin pour préparer les repas.
Elle aura un compte exact et détaillé t
du linge, de la vaisselle et autres ob
jets qui servent à la dépense et à la
cuisine ; elle veillera à ce que tout soit
tenu en bon ordre et dans une grande
propreté.
IV.
Comme elle se trouve en rapports
plus immédiats avec les domestiques,
elle veillera à ce qu’il 11e se passe rien
dans la dépense ni dans la cuisine con
tre les règles ou le bon ordre de la
Communauté; elle empêchera par con
séquent qu’on y murmure, qu’on s’y
dispute, qu’on y raille, qu’on y médise, etc.
V.
Elle ne refusera pas aux Sœurs les
83 —
objets de la cuisine ou de la dépense
dont elles pourraient avoir momenta
nément besoin pour leur usage parti
culier ; mais elle aura soin de les faire
rapporter au plus tôt. Elle sera bonne
et complaisante pour toutes les Sœurs,
et surtout pour celles qui, par leur em
ploi, auront des rapports plus fré
quents avec elle.
ARTICLE IX.
De la Réfectorière.
I.
La Réfectorière est chargée de la
tenue du réfectoire. Elle aura soin que
le couvert soit mis et ôté aux bettes
convenables. Elle mettra sur la table
le pain, le vin et l’eau avant le repas,
— 84 —
et après le repas elle ramassera ce
qui sera resté, de manière ’a ce que
rien ne se perde, et portera les restes
à la dépense.
Elle veillera soigneusement à ce que
les aliments soient prêts et servis à
l’heure fixée, pour ne pas faire atten
dre la Communauté.
II.
Tous les huit jours, et plus souvent
si c’est nécessaire, elle changera les
nappes et les serviettes. Elle balayera
ou fera balayer tous les jours le réfec
toire ; elle n’y laissera rien traîner, et
elle tiendra tout en bon ordre et dans
une grande propreté.
III.
Elle aura un mémoire ou inventaire
de tout ce qui sert au réfectoire, tant
du linge que de la vaisselle et autres
— 83 —
meubles, afin d’en rendre un compte
exact lorsqu’elle quittera cet emploi.
ARTICLE X.
De la Lingère et Robière.
I.
Tout le linge de la Communauté,
linge de service, linge de corps, robes,
etc., doit être réuni dans une lingerie
commune, qui est spécialement con
fiée à la surveillance d’une des Sœurs.
Celle qui en sera chargée remplira cet
emploi avec un esprit d’égalité et de
charité, sans acception de personnes.
IL
Le samedi de chaque semaine, elle
fera aux Sœurs la distribution du
linge qui leur sera nécessaire, et elle
— 86 —
retirera en même temps le linge sale,
qu’elle fera blanchir et serrer dans la
lingerie.
Si, dans la semaine, quelques Sœurs
avaient besoin de linge, elle leur en
donnera avec bonté et charité, et avec
la permission delà Supérieure.
III.
Pour l’entretien et le raccommodage
du linge, elle aura, avec la permission
de la Supérieure, les personnes qui lui
seront nécessaires, et qu’elle surveil
lera avec beaucoup de soin, en travail
lant avec elles tout le temps que ses
autres devoirs laisseront à sa disposi
tion.
IV.
Elle aura un mémoire exact et dé
taillé de tout le linge de la Commu
nauté, de quelque nature qu’il soit,
— 87 —
pour en rendre compte à la Supérieure,
quand celle-ci le jugera à propos.
Chaque année, il devra être fait un
recolement de ce mémoire pour effacer
le linge qui serait mis hors de service,
et pour y ajouter celui dont l’acquisi
tion aurait été faite dans le courant de
l’année.
ARTICLE XI.
De l’Infirmière.
I.
Le devoir de l’Infirmière est de soi
gner celles des Sœurs ou autres per
sonnes de la Communauté qui seraient
malades, soit à l’infirmerie, soit dans
leurs chambres. Elle aura donc pour
elles beaucoup de charité, etsuppor-
— 88 —
tera avec une grande patience les in
quiétudes et les plaintes souvent occa
sionnées par la souffrance.
Elle redoublera de zèle et d’attention
à mesure que la maladie sera plus lon
gue ou plus dangereuse, et elle procu
rera tous les secours spirituels et cor
porels , suivant le besoin des malades.
IL
Autant que le permettra leur état de
souffrance, elle récitera auprès des ma
lades les prières du matin et du soir,
leur parlera de temps en temps de
Dieu, et leur fera quelques lectures de
piété; mais elle aura grand soin de ne
pas les fatiguer par trop de longueur.
III.
Elle observera fidèlement les ordon
nances du médecin, fera connaître
— 89 —
chaque jour h la Supérieure l’état des
malades, veillera à ce que rien de con
traire à la règle ou à son esprit ne se
passe à l’infirmerie, et que tout y soit
décent et propre.
ARTICLE XII.
De la Pharmacienne.
I.
La Sœur chargée de la tenue de la
pharmacie et de la composition des
remèdes doit considérer son emploi
comme très-important, à cause des
suites fâcheuses que pourrait avoir son
ignorance ou son défaut de soin et de
vigilance. Elle se fera donc une obli
gation de conscience de ne rien négli
ger pour bien remplir cette charge.
— 90---
IL
Elle tiendra dans une grande pro
preté la pharmacie et tout ce qui est
consacré à son usage, ayant soin que
tout soit en ordre, que les remèdes
soient étiquetés et placés de manière à
ne pas se gâter; elle les visitera de
temps en temps pour s’assurer qu’ils
ne le sont pas et qu’ils peuvent être
employés sans crainte et sans danger.
Elle portera la plus scrupuleuse at
tention à leur composition ; elle suivra
ponctuellement les ordonnances des
médecins, et, en livrant les médica
ments, elle aura soin de retenir et de
conserver ces ordonnances.
Iïï.
Suivant l’ordre des Saisons, elle se
procurera ce qui lui sera nécessaire
pour l’usage de la pharmacie, et elle
préparera en temps opportun tout ce
qui se rattache à son emploi et qui doit
être prévu avant d’en avoir besoin.
IV.
Si elle est autorisée par sa Supé
rieure h donner gratuitement des re
mèdes aux pauvres ou des soins aux
malades qui viendraient du dehors les
réclamer, elle le fera toujours avec une
grande charité et beaucoup d’affabilité.
Toutefois, dans ses rapports avec les
personnes du dehors, elle se bornera
aux choses nécessaires ; elle les expé
diera le plus promptement possible, et
elle évitera avec soin toute conversa
tion inutile et toute perte de temps.
Y.
Toutes les fois qu’elle s’absentera de
la pharmacie, elle aura soin de la fer-
T*T'
— 92 —
mer et d’en retirer la clef, afin que
personne n’y entre pendant son ab
sence. Elle ne livrera rien à qui que ce
soit, de sa propre autorité, pas même
aux Sœurs, sans le consentement de
la Supérieure. Lorsqu’elle sera obligée
de faire éprouver un refus à quelques
unes de ses compagnes, elle le fera
avec beaucoup de douceur et de cha
rité, et sans que ses paroles ressen
tent tant soit peu l’aigreur ou l’amer
tume.
ARTICLE XIII.
Des servantes.
I.
La Supérieure veillera avec un soin
scrupuleux au choix des servantes.
— 93 —
Les personnes qui seront admises en
cette qualité devront être discrètes,
prudentes, actives, et douées d’une
bonne santé. Elles doivent obéissance
pour tout ce qui regarde leur service,
non-seulement à la Supérieure, mais
encore à toutes les Sœurs.
IL
Elles seront surveillées particulière
ment par l’Econome et les Sœurs qui
auront des rapports fréquents et im
médiats avec elles. On aura soin de
leur faire donner l’instruction reli
gieuse dont elles pourraient avoir be
soin, et de veiller à. ce qu’elles remplis
sent fidèlement tous leurs devoirs de
piété.
III.
Leur extérieur, comme leur cost«me, sera modeste, décent, convena-
H
■'
' ■'?
“T
— 91 —
ble et conforme à la position qu’elles 1
occupent.
On aura soin de leur rappeler de
temps en temps qu’elles doivent éviter
de perdre leur temps au dehors, dans '
des entretiens inutiles, et être plus ré
servées et plus modestes que le com
mun des fdles. On veillera soigneuse
ment à ce qu’elles ne fassent aucune
commission sans permission, qu’elles
ne rapportent h l’intérieur aucune nou
velle, et qu’elles ne s’entretiennent pas
au dehors de ce qui se passe dans la
Communauté.
On aura soin qu’elles soient pour
vues de tout ce qui pourrait leur être
nécessaire, afin qu’elles ne soient pas
exposées h manquer à la fidélité; et
quand elles seront infirmes par suite de
— 95
la vieillesse ou des maladies, la Supé
rieure leur procurera, selon les facul
tés de la Maison, les secours dont elles
pourraient avoir besoin.
V.
Les Sœurs auront grand soin de
traiter toujours les Servantes avec
bonté, douceur et charité, ne leur
commandant jamais d’un ton impé
rieux , et ne les reprenant jamais avec
vivacité.
Elles se feront toujours respecter
par elles, en ne leur permettant au
cune espèce de familiarité, et en évi
tant soigneusement d’aller perdre leur
temps avec elles dans des conversa
tions inutiles.
— 9G —
CHAPITRE IV.
Des Postulantes et des Novices.
ARTICLE PREMIER
BCS conditions générales d'admission.
I.
Tout sujet qui se présentera pour
être agrégé H la Congrégation sera
obligé :
4° De payer une pension annuelle
pendant tout le temps que dureront le
Postulat et le Noviciat, c’est-'a-dire de
puis le moment de son entrée, jusqu’à
sa Profession.
2° De fournir, au moment de sa pro
fession, un trousseau dont le détail
sera fixé par la Supérieure et son con-
— 97 —
seil, et qui restera acquis à la Congré
gation , sans que celle qui l’aura donné
puisse se l’approprier.
3° De donner une dot qui ne saurait
être fixée d’une manière uniforme; elle
devrait être de six mille francs, mais
elle ne sera pas habituellement audessous de trois mille.
4° De pourvoir à tous les frais du
Postulat , du Noviciat et de la Profes
sion. Si la Communauté avait déjà fait
l’avance de ces divers frais, ils de
vraient lui être remboursés immédia
tement après la Profession.
IL
Les dots remises, soit en sommes
une fois versées, soit en pensions an
nuelles, représentant le capital promis,
ne seront point regardées comme un
don fai ta la Congrégation, mais comme
6
— 98 —
une compensation des frais de diverse
nature dont elle prend la charge pour
le présent, comme pour l’avenir, à
l’égard de la Religieuse.
III.
Les droits de la Congrégation ne peu
vent jamais aller au-delà de ce qui a
été stipulé et promis, et elle ne peut à
aucun titre exiger rien de plus,. quelle
que soit la fortune que possède l’un de
ses membres ; comme aussi la dot pro
mise appartient de droit à la Congréga
tion, sans que jamais les parents ou hé
ritiers de la Religieuse puissent la lui
contester.
IV.
Dans le cas où une Religieuse vou
drait contribuer à la dot d’une ou de
plusieurs Novices, les sommes qu’elle
verserait pour cet objet ne seraient pas
— 99 —
regardées comme un don fait à, la Con
grégation, mais comme une compen
sation des frais de diverse nature
dont la Congrégation prend la charge
à l’égard de ces Novices.
V.
Les Sœurs qui auront apporté une
dot ou une pension plus forte que les
autres, ou fait des libéralités à la Con
grégation en dehors de leur dot, ne
pourront jamais s’en prévaloir comme
d’un titre à des exceptions, privilèges
ou préférences.
VI.
La Religieuse qui pour une cause quel
conque viendrait 'a quitter la Congré
gation, soit par sa propre volonté, soit
parce qu’au jugement de ses supérieurs
elle aurait mérité d’en être exclue, ne
pourra exiger le remboursement d’au-
— 100 —
oune des sommes versées comme dot
ou pension annuelle, ni du mobilier
qu’elle aurait apporté, ni des dons
qu’elle aurait faits, ni demander aucun
salaire pour son travail, ni pour les ’
services qu’elle aurait rendus. Toutes
ces choses sont et demeurent irrévo
cablement acquises à la Congrégation.
VII.
Cependant, quoique n’y étant pas obli
gée, la Congrégation pourrait servir à
cette Religieuse une rente viagère équi
valente à l’intérêt cinq pour cent de la
dot qu’elle aurait donnée; mais ce ne
serait qu’à titre de bienfaisance et de
charité. En principe, la religieuse, en
s’aggrégeant à la Congrégation, s’en
gage à lui consacrer son temps, son
travail et ses talents, sans jamais pou- •
voir exiger de rétribution, ni d’indem-
— 104 —
nité, quelle que soit la cause qui pour
rait l’éloigner de la Congrégation.
ARTICLE II.
Des Postulantes.
I.
Avant de recevoir un sujet dans la
Maison, la Supérieure s’entourera de
tous les renseignements nécessaires.
Elle aura sans doute moins égard aux
avantages temporels des Postulantes
qu’à leurs bonnes qualités, à leurs dis
positions et aux marques de leur voca
tion; cependant, elle aurasoin de s’in
former si elles appartiennent à des
parents chrétiens et d’une bonne re
nommée, si elles-mêmes jouissent d’une
bonne réputation
tfti©i,jail
-
• O N fj S
jï
* »
— -102 —
mais donné aucun sujet de scandale.
On sera très-réservé à, admettre cel
les qui paraîtraient d’un esprit rude,
inconstant, léger, scrupuleux, inquiet,
d’un tempérament mélancolique, d’une
santé délicate, ou atteintes de quel
que infirmité.
On n’admettra pas celles qui auraient
été servantes.
IL
Les personnes qui se présenteront
pour être agrégées à la Congrégation
devront avoir au moins dix-huit ans
accomplis et n’avoir pas dépassé la
trentième année. Il ne sera fait d’ex
ception à cette règle que dans des cir
constances extraordinaires et pour
des raisons jugées suffisantes par la
Supérieure, après avoir pris l’avis de
Mgr l’Evêque ou du Supérieur.
— 103 —
III.
Une fois la Postulante admise dans
la Maison, on prendra quelques jours
pour sonder son esprit, ses qualités,
les marques de sa vocation ; et lorsque
la Supérieure se sera assurée de ses
dispositions, elle réunira son conseil
pour proposer l’admission au Postulat.
IV.
En principe, l’épreuve du Postulat
sera d’une année, à dater du jour de
l’entrée de la prétendante dans la Mai
son. La durée de ce temps pourra être
prolongée, si c’est nécessaire; elle
pourra aussi être abrégée avec une dis
pense de Monseigneur ; mais, dans au
cun cas, la Postulante ne pourra être
admise à la prise d’habit avant sià?
mois révolus d’épreuve.
— 104 —
vDes son admission, la nouvelle Pos
tulante participe de droit à tous les
exercices des Novices ; elle est toujours ,
avec elles, et dès-lors ses devoirs et
ses obligations sont les mêmes.
VI.
,
j **»
Au bout de l’année, si elle a bien
satisfait à tous ses devoirs, et si on
est content d’elle, la Supérieure réunit
toutes les Sœurs attachées à la direc
tion de la Maison-Mère, comme il est
dit chapitre II, n° VII, pour proposer
son admission au Noviciat. Si la majo
rité des suffrages lui est favorable, alors
la Supérieure la fera examiner par
Monseigneur ou son délégué. Après
cet examen, si elle est admise, on traitera avec les parents des conditions de î
l’admission, si déjà on ne l’avait pas
— 105 —
t'ait lors de son entrée dans la Com
munauté.
VII.
Ces formalités remplies, et au jour
qui aura été fixé, la Postulante sera
admise k la prise d’habit, selon le cé
rémonial de la Congrégation. Elle s’y
préparera par une petite retraite de
trois jours et une confession générale
ou extraordinaire, selon l’avis de son
confesseur.
ARTICLE III.
Des Novices.
I.
L’obéissance et la simplicité doivent
être l’exercice continuel des Novices.
C’est pourquoi elles recevront les avis
— 106 —
de leur maîtresse avec une humble
soumission, et elles s’efforceront de
s’y conformer avec la plus grande
exactitude.
Elles la respecteront comme leur su
périeure , et auront en elle une pleine
confiance pour lui rendre un compte
fidèle de leurs dispositions intérieures
et de leur conduite extérieure. Elles
iront la trouver de temps en temps
pour recevoir ses conseils, et la prie
ront de les avertir de leurs défauts.
II.
Lorsque la Maîtresse sera obligée de
les reprendre ou de les corriger de
leurs fautes, elles recevront ces cor
rections en toute humilité, sans jamais
les attribuer à la prévention ou à une
indisposition particulière. Elles n’y
verront au contraire qu’une vraie mar-
— 107 —
que de l’intérêt qu’elle leur porte et du
désir qu’elle a de les voir se fortifier
dans leur vocation et se former à la
perfection du saint état qu’elles veu
lent embrasser.
III.
Les Novices seront très-assidues à
tous leurs exercices ; elles les feront
tous avec ferveur et esprit intérieur,
évitant avec le plus grand soin tout ce
qui ressentirait la gêne, la contrainte
ou la singularité. Elles se rappelleront
que le véritable moyen d’avancer dans
la perfection consiste principalement
'a bien observer le règlement et à l’ob
server avec de bonnes dispositions in
térieures.
Durant le temps du Noviciat, on fera
passer autant que possible les Novices
dans les différents emplois de la Mai-
son, pour les former aux diverses œu
vres qu’elles seront un jour appelées
à remplir.
IV.
Une des pratiques auxquelles les No
vices doivent s’attacher d’une manière I
particulière, c’est le silence. Hors le
temps des récréations, elles s’applique
ront à ne l’interrompre jamais sans
une véritable nécessité.
Dans leurs conversations, soit en I
récréation, soit ailleurs, elles s’habi
tueront à parler bas, à éviter les pa
roles inutiles et railleuses; elles ne se
serviront entr’elles que d’expressions
polies et honnêtes, et elles seront affa
bles les unes envers les autres.
A l’égard des Religieuses, elles scront toujours pleines de respect, d’at
tention , de complaisance et de prévc-
— 109 —
nances. Elles obéiront à toutes, sans
exception, et si, par suite de cette
obéissance , il arrivait quelquefois
qu’elles fussent un peu en retard pour
les devoirs du Noviciat, elles auraient
soin d’en prévenir leur Maîtresse.
V.
Elles ne doivent jamais parler entr’elles, ni avec les Sœurs, encore
moins avec les personnes étrangères,
dans un esprit de plainte ou de criti
que, de ce qui se passe au Noviciat, ou
de ce qu’clles auraient pu remarquer
dans la Communauté. S’il s’agissait de
quelque chose de grave et que le bien
y fût intéressé, alors elles pourraient
en parler, soit à leur Maîtresse, soit h
la Supérieure.
Elles ne recevront aucune lettre qui
n’ait passé par les mains de la Supé7
— 4 10
rieure ou de leur Maîtresse; comme
aussi elles n’en écriront aucune sans
permission.
VI.
Les Novices, comme les Postulantes,
éviteront prudemment toute relation
inutile ou que les convenances ne ren
draient pas obligatoire, soit avec leurs
parents, soit avec les personnes df
leur connaissance. Toutes les fois
qu’elles seront demandées au parloir,
elles y seront accompagnées, et n’y
resteront jamais seules avec les per
sonnes qui viennent les visiter, 5
moins que la Supérieure ou leur Maî
tresse ne juge à propos de leur accor
der cette permission.
VIL
Elles supporteront avec douceur et.
charité leurs défauts réciproques et te
petits mécontentements qu’elles pour
raient se causer involontairement. Mais
si le bien l’exigeait, elles pourraient
en faire part à leur Maîtresse, sans en
parler à d’autres personnes.
Elles s’avertiront mutuellement et
charitablement des fautes qu’elles
pourraient commettre dans leur em
ploi.
VIII.
Si elles avaient contre leur Maîtresse
quelque peine qui les exposât à n’avoir
plus en elle une entière confiance et
une pleine liberté, elles ne devraient
en parler qu’à la Supérieure, qui les
écoutera avec bonté, et tâchera de
dissiper leur peine par tous les moyens
que sa charité lui suggérera.
Vers la fin de l’année du Noviciat, la
112 —
Supérieure réunira toutes les Sœurs
vocales et mettra aux voix l’admission
des Novices. Si elles réunissent la ma
jorité des suffrages, elles seront pré
sentées à l’examen de Mgr l’Evêque ou
de son délégué , et si elles sont jugées
dignes, elles seront définitivement ad
mises a la Profession religieuse, à la
quelle elles devront se préparer par
une retraite de quelques jours.
X.
Celles qui ne seront pas admises dé
poseront, avant de se retirer dans leurs
familles, leur habit de religion, qui
reste acquis à la Communauté, et qui,
sous aucun prétexte, ne peut être em
porté.
CHAPITRE V.
Fondation de nouveaux Etablissements.
I.
Comme le but de la Congrégation
est de faire le plus de bien possible et
de propager les œuvres de charité, elle
pourra, avec l’approbation de Mgr
l’Evêque de Périgueux, et autant que
le nombre des sujets le lui permettra ,
fonder ou accepter de nouveaux éta
blissements de charité ou d’instruction
chrétienne, de quelque nature qu’ils
soient.
II.
Dans ces cas, la Supérieure pren
dra l’avis de son conseil. Toutefois,
— I l i
on ne s’engagera pas à fonder de.
nouveaux Etablissements sans prendre
toutes les mesures nécessaires pour en
assurer l’avenir, et sans qu’il y ait une
maison convenable, pourvue d’un mo
bilier suffisant, et que les ressources
puissent couvrir les dépenses de nour
riture et d’entretien des Sœurs qui de
vront y être employées.
III.
La Congrégation ne doit pas faire de
ces Etablissements un objet de spécu
lation ; mais la prudence lui ordonne
de veiller à ce que, dans aucun cas,
ils ne soient pour elle une charge.
Il serait utile et avantageux que dans
ceux qui appartiendront exclusivement
à la Congrégation on pût faire quel
ques économies en faveur de la Mai
son-Mère. Ces économies seraient des-
— 113
tinées H faciliter l’admission des-jeu
nes personnes qui auraient peu de
fortune, et à assurer une retraite aux
Sœurs infirmes, avancées en âge ou
hors d’état de pouvoir être employées.
IV.
Les Sœurs qui seront employées dans
ces nouveaux Etablissements, comme
celles qui sont dans les Etablissements
déjà existants, devront se conformer
en tout aux usages, aux règles et cons
titutions de l’Institut.
Celle qui sera Supérieure devra tou
jours tenir au courant la Mère géné
rale sur ce qui se passe, sur la manière
dont le règlement est observé, la Mai
son administrée, etc. Elle ne devra
jamais rien entreprendre en dehors des
choses ordinaires et prévues , sans y
avoir été autorisée ; en un mot, son
— 11G —
administration doit être subordonnée
en tout et pour tout à la volonté et à
la décision de ses supérieurs.
V.
Dans les Etablissements dirigés par
des administrations civiles, les Sœurs
sont obligées de rendre compte des
ressources qui ont été mises à leur dis
position et de l’emploi qu’elles en ont
fait. Leurs registres doivent donc tou
jours être en règle et à la disposition
de l’administration, pour ce qui re
garde les revenus et les dépenses de la
Maison.
Quant aux subventions qui leur
sont fournies pour leur pension, leur
nourriture ou leur entretien, les dé
tails doivent en être inscrits sur un
registre particulier, que l’administra
tion n’a pas le droit de vérifier, et dont
117 —
les Sœurs ne doivent compte qu’à leurs
supérieurs.
VI.
Dans les nouvelles fondations, on
s’attachera, autant que possible, à
réunir les avantages spirituels aux
avantages temporels. Toutefois, si les
Sœurs n’y trouvent pas toujours tous
les secours religieux qu’elles pourraient
désirer, elles tâcheront d’y suppléer
par une plus grande vigilance sur ellesmêmes, une plus grande ferveur dans
leurs exercices de piété, et une plus
grande confiance en la bonté et en la
miséricorde de Dieu.
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— 119 —
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I
DEUXIÈME PARTIE.
CHAPITRE Ier
ARTICLE PREMIER.
Des Vœux.
I.
Les trois vœux de religion, chasteté,
pauvreté, obéissance, étant une conséoration totale de l’esprit, du corps et
du cœur à Notre-Seigneur JésusChrist, lui sont infiniment agréables et
deviennent une source intarissable de
grâces pour l’âme courageuse qui contracte ces obligations sacrées et les
accomplit fidèlement.
Cet engagement, qui ne doit jamais
H1
Ilî
§8!
>• aiï!
W
II
— 420 —
être pris qu’après de sérieuses ré
flexions et avec une pleine et entière
liberté, oblige pendant tout le temps
pour lequel il a été contracté.
IL
Le vœu peut être temporaire ou per
pétuel. Il est temporaire lorsqu’il n’a
été fait que pour un temps déterminé;
il est perpétuel lorsqu’il a été fait pour
tout le reste de la vie.
III.
Au moment de leur profession, les
Sœurs de la Congrégation sont ad
mises à prononcer les trois vœux de
chasteté, pauvreté, obéissance; mais
elles ne peuvent la première fois, les
faire que pour cinq ans.
Ce délai une fois expiré, celles des
Sœurs qui se seraient fortifiées dans
— 421 —
leur vocation, dans l’esprit de leur
saint état, et qui se seraient fait remar
quer par leur progrès dans la perfec
tion, pourront, sur leur demande, être
admises à prononcer des vœux perpé
tuels, si toutefois la Supérieure, après
avoir consulté son conseil, les en juge
dignes.
Toutes, néanmoins, resteront libres
de ne faire que des vœux temporaires,
qu’elles renouvelleront tous les cinq
ans.
ARTICLE II.
Du Vœu de Chasteté.
I.
La chasteté a toujours été la vertu
de prédilection des vierges chrétien-
122 —
nés. Pour nous faire comprendre le
prix que nous devons attacher à la pra
tique de cette vertu, les Pères de la
vie spirituelle l’ont appelée une parti
cipation de la nature angélique, une de
meure digne de Jésus-Christ, le bouclier
du cœur, un ciel terrestre, le calme de
toutes les passions, le lys de toutes les
vertus.
II.
Les Sœurs, en goûtant tout ce que
cette vertu renferme de doux et de
consolant pour le cœur, s’appliqueront
à bien comprendre l’étendue de l’en
gagement qu’elles auront contracté par
le vœu qu’elles en auront fait. Cet en
gagement est le même pour elles que
pour les vierges appelées à vivre dans
la solitude du cloître, et dont les vœux
sont approuvés et regardés comme
— 123 =r
solennels par l’Eglise. De même que
celles-ci, elles font à Dieu le sacrifice
entier d’elles-mêmes ; elles renoncent
généreusement à tout ce qui pourrait
satisfaire la nature et les sens, et pren
nent pour leur partage et leur héritage
Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont elles
deviennent, par leur consécration, les
pures et chastes épouses.
III.
Comme, par suite de leur vocation et
par la nature même des devoirs qu’elles
ont à remplir, les Sœurs sont obligées
de vivre au milieu d’un monde cor
rompu, qui n’offre que des dangers aux
âmes même les plus avancées dans la
piété et les plus fortes dans la foi, elles
ne négligeront aucun des moyens
qu’elles auront à leur disposition pour
conserver cette vertu sans tache. Elles
— 124
se rappelleront sans cesse que c’est
une fleur délicate que le moindre souf
fle peut ternir, que c’est un trésor pré
cieux qu’elles portent dans des vases
bien fragiles. Elles veilleront conti
nuellement sur leur intérieur, comme
sur tous leurs sens extérieurs. Elles
n’auront avec les personnes du dehors,
même les plus pieuses, que les rapports
que la charité, la bienséance ou le bien
de la religion pourraient rendre néces
saires. Elles aimeront la retraite, la
mortification, le travail, la prière.
Elles s’exerceront surtout à la prati
que de cette profonde humilité que les
Pères de la vie spirituelle appellent la
gardienne de la chasteté.
ARTICLE III.
Du Vœu de Pauvreté.
I.
Le vœu de pauvreté, tel qu’il existe
aujourd’hui en France, et tel qu’il est
compatible avec la législation qui nous
régit, est moins un vœu de pauvreté
réelle et absolue qu’ un détachement pra
tique de tous les biens de la terre et
des choses même qui composent le né
cessaire de la vie.
La Profession religieuse emportait
autrefois avec elle la mort civile, et
dépouillait, par le vœu de pauvreté, de
tout droit de propriété, soit pour le
présent, soit pour l’avenir. Il n’en est
plus ainsi en France, et la Religieuse,
— 12G —
aussi bien que la personne séculière,
peut conserver son patrimoine, et elle
se trouve dès-lors forcée par la loi de
faire en matière de propriété une mul
titude d’actes dont elle ne peut se dis
penser.
IL
Mais, par suite du vœu de pauvreté,
les Sœurs ne pourront jamais disposer
pour elles personnellement de ce qui
leur appartient. Elles recevront direc
tement de la Communauté tout ce qui
pourra leur être nécessaire, soit en
santé, soit en maladie. Elles ne pour
ront en disposer non plus en faveur de
qui que ce soit, sans la permission de
la Supérieure. Du reste, cette permis
sion ne leur sera jamais refusée lors
que la demande paraîtra raisonna
ble , et dans le cas d’un refus, la Sœur
i
— 127 —
restera libre de s’adresser au Supérieur
de la Congrégation ou à Monseigneur.
III.
De même les Sœurs ne pourront jamais rien accepter, de quelque nature
et de qui que ce soit, pas même les
petits cadeaux qui pourraient leur être
offerts, sans la permission de la Supérieure. Tout ce qui pourrait leur être
donné, à ce titre ou comme membres
delà Congrégation, appartient de droit
à la Communauté, et la Supérieure
pourra en disposer comme elle Ten•tendra, sans que celle à qui cela aura
été donné puisse s’en plaindre.
IV.
Il en sera ainsi de tout ce qui leur
sera donné pour leur usage particulier, même des livres et objets de
dévotion. Aucune ne les regardera
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«
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— 128 —
comme son bien propre ; mais toutes
seront disposées U se priver de la jouis
sance de ces objets, au gré de la Su
périeure , sans se croire en droit de les
retenir, de les échanger ou de les dé
tourner de leur destination.
V.
Ainsi, le vœu de pauvreté, tout en
laissant aux Sœurs la propriété de
leurs biens, les rend cependant pau
vres en réalité, parce qu’elles n’ont
pour elles-mêmes que des choses qui
ne leur appartiennent pas personnelle
ment, et qu’elles ne peuvent jouir de
celles qui leur appartiennent ou en dis
poser en faveur d’autrui, sans une per
mission expresse.
VI.
La Supérieure aussi est pauvre, en
— 129 —
demeurant soumise, pour ce qui lui
est personnel, aux règles établies ; et
pour ce qui concerne son administra
tion, en ne disposant des biens de la
Communauté que d’une manière con
forme aux constitutions et sous la dé
pendance du Supérieur, comme un
mandataire qui n’agit point en son
nom, mais au nom et pour l’avantage
delà Congrégation.
VII.
Elles travailleront donc toutes à ac
quérir le véritable esprit de pauvreté
et la perfection de cette vertu, en évi
tant toute recherche et tout superflu
dans l’usage des choses temporelles, et
en aimant la pauvreté et les privations
qui l’accompagnent, comme moyen de
ressemblance avec Notre-Seigneur Jé
sus-Christ et sa très-sainte Mère.
— 430 —
ARTICLE IV.
Du Vœu d'Obéissance.
I.
« Quiconque fait la volonté de mon
» Père, qui est dans les Cieux, a dit
» Notre-Seigneur Jésus-Christ, celui-là
» est mon frère, ma sœur et ma mère, i
Ailleurs, il dit encore à. ses Apôtres:
<r J’ai à prendre une nourriture que
» vous ne connaissez pas ; ma nourri
» ture est de faire la volonté de celui
» qui m’a envoyé. »
II.
A l’exemple du divin Sauveur, les
Sœurs feront donc de l’obéissance leur
nourriture habituelle. C’est elle qui
présidera à toutes leurs actions et S
— -131
toutes leurs démarches; elle les diri
gera dans toutes leurs œuvres et elle
rendra méritoires aux yeux de Dieu,
celles qui ne paraîtraient que trèsordinaires aux yeux des créatures. Leur
obéissance sera de tous les jours et de
tous les instants. Dans la fidélité à leur
Règlement, comme dans le parfait ac
complissement des divers emplois qui
leur seront confiés, elles ne se laisse
ront guider que par le désir d’accom
plir la volonté de Dieu et de lui offrir
en sacrifice continuel leur volonté
propre.
III.
Tel est l’unique but que doit se pro
poser la Religieuse qui fait vœu d’o
béissance : renoncer à sa propre vo
lonté pour ne rechercher que la vo
lonté de Dieu, dans les prescriptions
— -132 —
de son Règlement ou dans la volonté
de ses supérieurs. C’est dans cette dis
position qu’elle trouvera toujours son
véritable mérite, la paix de son cœur
et la tranquillité de son âme, parce
qu’alors elle pourra se rendre en toute
confiance le témoignage qu’elle ne se
recherche pas elle-même.
IV.
Mais ce n’est pas seulement une
obéissance extérieure et qui ne serait
que le fruit de la vigilance exercée
sur elles par les supérieurs, que les
Sœurs doivent pratiquer. Lorsque l’Es
prit—Saint a dit que l’obéissance était
plus agréable à Dieu que les victimes et
les holocaustes, ce n’était pas d’une
obéissance forcée qu’il voulait parler:
mais de celle qui part de l’esprit et du
cœur.
— 133 —
. h?
Les Sœurs obéiront donc d’esprit,
c’est-à-dire avec cette simplicité qui
soumet le jugement, qui exclue toute
sorte de raisonnement, d’examen ou
d’hésitation, et qui ne cherche pas à
se rendre compte des motifs de la vo
lonté des supérieurs. Elles obéiront
de cœur, en aimant la pratique de
cette vertu, et pour cela elles se rap
pelleront que l’obéissance étant un sa
crifice continuel, ce sont les disposi
tions du cœur qui peuvent et qui doi
vent la rendre agréable à Dieu.
Ht
M;
ftfe
V.
Toutefois, cette obéissance prompte,
soumise, aveugle et cordiale, qu’on ne
saurait trop fortement recommander
aux Sœurs, ne les prive ni du droit ni
de la liberté de faire à leurs supérieurs
les observations qui leur paraîtraient
8
B
— 134 —
justes et raisonnables ; mais ces obser
vations doivent toujours être adres
sées avec une respectueuse simplicité
et avec la disposition de se soumettre
atout ce qui aura été jugé convenable.
— 435 —
CHAPITRE II.
Des Devoirs et Obligations des Soeurs.
ARTICLE PREMIER.
Des Devoirs envers Dieu et des
exercices de piété.
I.
Si les exercices de piété sont recom
mandés aux personnes du inonde
comme un moyen indispensable pour
arriver à la perfection de la vie chré
tienne, à combien plus forte raison
doivent-ils l’être aux âmes consacrées
par état au Seigneur et appelées à une
perfection plus grande.
II.
Pénétrées de l’indispensable néces-
— 436 —
sité de ces saints exercices, les Sœurs
se feront un devoir de les accomplir
avec fidélité, et ne les omettront ja
mais sans de graves raisons. Elles ne
se laisseront pas abattre par le dégoût
et le découragement que le démon
cherche quelquefois h inspirer, et elles
veilleront à ce que la rputine ne vienne
jamais s’y mêler ; en un mot, elles au
ront soin d’y apporter les dispositions
intérieures qui doivent toujours les 5
accompagner.
III.
Les exercices de piété, comme tous
ceux qui se font en commun, doivent
commencer et se terminer exactement
à l’heure prescrite par la règle, «sans
qu’on s’attende mutuellement. Ils sont
présidés par la Supérieure, et, à son
défaut , par la plus élevée en dignité
— 137 —
ou la plus ancienne des Sœurs.
IV.
Si, pour une cause extraordinaire,
ou un devoir urgent à remplir, une
Sœur se trouvait empêchée d’assister à
un exercice de piété, elle y suppléerait
dans un autre moment, si elle en avait
le temps. Dans le cas contraire, elle se
regarderait comme dispensée pour
cette fois, sans se croire obligée d’y
employer le temps de la récréation.
§ Ier
De la Prière vocale.
I.
Dans les observations qu’elles ont
été invitées à faire sur le Règlement,
presque toutes les Sœurs ayant mani
festé le désir que, pour les Prières vo
cales qui se font en commun, il y eût
8*
— 438 —
uniformité dans toutes les Maisons de
la Congrégation, ces Prières se feront
selon les formules indiquées à la fin du
Règlement. On ne devra y ajouter que
celles qui pourraient être quelquefois
demandées pour des causes particu
lières.
IL
Les Sœurs s’efforceront d’y apporter
l’attention et le recueillement qui doi
vent les accompagner dans tous leurs
exercices de piété. Celle qui sera char
gée de la faire, s’acquittera de ce de
voir sans précipitation comme sans
trop de lenteur, et en prononçant bien
distinctement toutes les paroles.
§11.
De l'Oraison.
I.
Parmi les exercices de piété recoin-
— 139 —
mandés par les Maîtres de la vie spiri
tuelle, l'Oraison a toujours été un de
ceux qu’ils ont placés au premier rang
et qu’ils ont signalés aux âmes reli
gieuses comme un des moyens les plus
efficaces pour établir et accroître en
elles la vie de Notre-Seigneur.
IL
Pour s’acquitter avec fruit de cet
exercice, les Sœurs auront soin d’en
préparer chaque soir le sujet. Elles sui
vront ensuite la méthode qui leur aura
été tracée, ou toute autre qui aurait
pour elles plus d’attraits et qui serait
par conséquent plus efficace et plus
conforme à leurs dispositions particu
lières.
III.
Un point devra fixer particulière
ment leur attentiou : c’est de ne ja-
— 140 —
mais sortir de l’Oraison sans avoir pris
au moins une résolution pratique, sur
tout à l’égard de leur défaut dominant.
Avec la fidélité à ce point, leur Orai
son, eût-elle été pleine de distractions,
n’aura jamais été une Oraison inutile.
IV.
Les Sœurs feront leur Oraison en
commun à la chapelle, après avoir fait
ensemble la prière du matin.
§ HL
Du saint sacrifice de la Messe.
I.
La Messe est le chef-d’oeuvre de l'a
mour d’un Dieu sauveur, le gage de
l’alliance qu’il a contractée avec les
hommes, le mystère où éclatent de la
manière la plus ineffable les perfections
divines ; c’est pour l’âme fervente la
_ 441 _
source abondante des grâces et des
bénédictions célestes.
IL
Pleines de ces pensées, les Sœurs se
feront autant que possible un devoir
d’entendre chaque jour la SainteMesse, et elles y assisteront avec les
sentiments de respect et d’amour que
doit exciter dans leur cœur la vue d’un
mystère qui est l’abrégé de toutes les
merveilles du Tout-Puissant, et par
lequel les mérites de Jésus-Christ nous
sont appliqués et ses trésors ouverts.
III.
Après avoir uni leur intention à
celle du prêtre, elles pourront suivre
la méthode qui aura pour elles le plus
d’attraits, et ne manqueront jamais
d’y faire au moins la communion spi
rituelle.
— 112 —
§ IV.
De l’Examen particulier.
I.
Les Sœurs regarderont l’Examen de
conscience comme un moyen puissant
pour avancer dans la voie de la per
fection et pour se fortifier dans la
vertu. Saint Ignace dispensant les ma
lades de l’Oraison, ne les dispense
cependant pas de l’Examen, tant il juge
cet exercice utile et important.
IL
L’Examen se fera deux fois chaque
jour. Le premier aura lieu avant le dîner
et durera un quart d’heure; il aura
pour but de rechercher les principaux
défauts à corriger et les principales
vertus à acquérir. Chaque Sœur suivra,
—- 443 —
dans cet Examen, son attrait particu
lier ou l’avis de son directeur.
III.
Le second est celui qui doit toujours
se faire à la prière du soir. Dans ce
lui-ci, les Sœurs se rendront un compte
exact des principales actions de la jour
née, recherchant leurs infidélités, les
confessant humblem eut à Dieu, lui en
demandant pardon, et prenant de sin
cères résolutions pour la journée du
lendemain.
§ v
De la Lecture spirituelle.
I.
Comme l’Oraison est l’aliment de la
vie religieuse, la Lecture spirituelle
doit être l’aliment de l’Oraison. C’est
dans la lecture des bons livres que les
— 144 —
Sœurs puiseront la connaissance des
voies intérieures, des vertus et des
moyens à prendre pour les acquérir ;
des vices et de la manière de les com
battre.
II.
C’est dans cet exercice qu’elles trou
veront aussi une source intarissable de
saintes pensées et de pieuses affections,
puisque, nous dit saint Augustin, lors
que nous prions, nous parlons à Dieu, el
lorsque nous lisons, c’est Dieu qui nous
parle.
III.
Les Sœurs consacreront donc régu
lièrement !a la Lecture spirituelle, une
demi-heure chaque jour, et autant que
possible en commun.
— 445 —
§ VI.
ne la visite au Salnt-Sacrciucnt.
I.
La principale dévotion de la Reli
gieuse doit être sans contredit la dé
votion envers la divine Eucharistie,
dans laquelle Notre-Seigneur JésusChrist a fait comme «a mémorial de tous
les autres mystères. Les Sœurs se feront
donc un devoir de le visiter tous les
jours.
IL
Elles choisiront pour cela l’aprèsdîner , qui est le temps où notre divin
Sauveur est le plus seul et le plus
abandonné, et elles emploieront une
demi-heure à ce pieux exercice. Quel
bonheur pour elles de pouvoir, quand
elles le voudront, déposer leurs peines
et leurs ennuis dans le cœur de ce
9
— 146 —
suprême Epoux des Vierges, qui aime
si tendrement celles qui se sont consa
crées à lui.
§ VIL
De la dévotion il la Très-Sainte
Vierge.
I.
Après la dévotion à Notre-Seigneur
Jésus-Christ, la dévotion à sa trèssainte et très-auguste Mère.
Toutes les Sœurs seront donc con
sacrées de cœur et d’esprit à Marie, en
qui Dieu a mis la plénitude de tous ses
dons, et par laquelle, comme parte
canal le plus pur, il se plaît à faire
passer les grâces qu’il accorde à te
terre.
II.
Elles l’aimeront comme leur Mère,,
= 447 —
et iront à elle avec la confiance et la
simplicité d’un enfant, dans leurs dif
ficultés, leurs tentations et leurs pei
nes. Elles propageront avec zèle sa
dévotion et son culte parmi les jeunes
personnes et les enfants, ainsi que
parmi les pauvres et les malades con
fiés à leurs soins.
III.
Pour maintenir en elles ces senti
ments par quelques pieuses pratiques,
outre le saint scapulaire, dont il est à
désirer que toutes soient revêtues,
chaque jour elles réciteront le cha
pelet , et le soir elles mettront le repos
de la nuit sous sa protection par un
Souvenez-vous. Chaque semaine, elles
lui consacreront le samedi par quelque
prière spéciale; chaque année, elles
célébreront avec dévotion le mois qui
— 4 48 —
lui est particulièrement réservé, et
elles communieront à. toutes ses fêtes.
§ VIH.
De la Confession.
I.
Pour conserver dans leur cœur la
pureté et la sainteté que Notre-Seigneur
Jésus-Christ demande de ses chastes
épouses, les Sœurs auront soin de re
courir souvent au bain salutaire de la
Pénitence. C’est là que l’âme se pu
rifie de plus en plus et qu’elle pula’
chaque fois un courage nouveau pour
combattre tous ses ennemis et assurer
sa persévérance dans la grâce.
II.
Ce sacrement leur sera toujours sa
lutaire, si elles ne regardent dans la
personne du Prêtre que Notre-Seigneur i
— 14-9 —
Jésus-Christ lui-même : dès-lors elles
ne s’approcheront qu’avec une foi vive
du tribunal sacré, elles y apporteront
ces dispositions d’humilité et de sim
plicité qui leur feront éviter égale
ment tous défauts de sincérité, d’inu
tilité et de scrupule.
III.
Elles éviteront trop de longueur,
comme une trop grande brièveté, et
elles ne parleront jamais de ce qui leur
a été dit dans le secret de la confession ;
elles s’abstiendront de toute espèce de
plaintes, de murmures ou de plaisan
teries sur la manière d’agir du confes
seur, et n’en parleront jamais qu’avec
respect.
IV.
Les Sœurs se confesseront ordinai
rement tous les huit, dix ou douze
--------------------------------------------------------- “
■
■K-!-
— 450 —
jours , selon l’avis ou les occupations
du confesseur, et elles feront en sorte
de ne pas différer au-delà de la quin
zaine.
Tous les trois mois, elles seront te
nues , sinon de se confesser, du moins
de se présenter au confesseur extraor
dinaire; et s’il y a une véritable néces
sité pour quelques-unes, la Supérieure
pourra accorder de temps en temps la
permission de se présenter une fois de
plus dans l’intervalle.
V.
La Confession ordinaire sera précé
dée d’un quart d’heure environ de pré
paration et suivie de dix minutes d’ac
tion de grâces.
Si ce temps paraissait un peu court
à quelques-unes, elles se rappelleront >
que les dispositions sont moins proI.
— 4SI —
porlionnées au temps que l’on passe à
les demander qu’à la manière dont on
les demande.
VI.
Pour ce qui regarde les Confessions
extraordinaires ou générales, les Sœurs
suivront à cet égard l’avis de leurs
confesseurs et s’en rapporteront à leur
prudence et à leur sagesse.
§ IX.
De la Sainte Communion.
I.
La Sainte Communion étant la plus
grande faveur que Dieu puisse accor
der à une âme sur la terre et la source
inépuisable des grâces nécessaires pour
avancer dans la voie de la perfection,
sera pour toutes les Sœurs le devoir le
plus cher à leur cœur. Elles s’estime-
— 152 —
ront heureuses d’être trouvées dignes,
par leur confesseurde s’approcher de
la table sainte toutes les fois que le Rè
glement leur permet cette faveur. Elles
feront donc en sorte d’être toujours
bien disposées, et si quelquefois des
motifs graves les empêchaient de faire
leur Communion, elles ne la laisseront
jamais sans avoir auparavant prévenu
la Supérieure.
IL
Les Communions déréglé, pour les
Sœurs professes, sont fixées h trois par
semaine, les dimanche, mardi et jeudi.
Si ces deux derniers jours étaient im
médiatement suivis ou précédés d’une
fête, la communion pourrait alors être
avancée ou retardée. Les Sœurs Novi
ces communieront deux fois par se
maine, le dimanche et le jeudi, et les
— 453 —
Postulantes, une fois seulement, le di
manche.
Les Supérieures pourront en outre
accorder de temps en temps aux Sœurs
quelques communions extraordinaires,
soit générales, soit particulières. La
Maîtresse des novices pourra aussi ac
corder quelquefois la même faveur soit
aux Postulantes, soit aux Novices.
Les exercices de piété qui précéde
ront immédiatement le saint sacrifice
de la Messe pourront servir de prépa
ration à la Sainte Communion, et elle
sera suivie ordinairement d’un quart
d’heure d’action de grâces.
III.
Les Postulantes et les Novices de
manderont toujours la Sainte Commu
nion à leur Maîtresse. Quant aux Pro9*
— 184. —
fesses sorties du Noviciat, elles ne se
ront obligées de demander à leur Su
périeure que les communions extraor
dinaires que leur dévotion particulière
pourrait leur faire désirer.
Les Supérieures et la Maîtresse des
Novices accorderont ou refuseront ces
communions, selon qu’elles le jugeront
à propos pour la plus grande gloire de
Dieu et le bien spirituel de celles qui
les auront demandées, et celles-ci se
soumettront toujours humblement à ce
qui aura été décidé.
IV.
Tous les mois, une de leurs commu
nions sera faite à. l’intention des Sœurs
défuntes et de leurs bienfaiteurs spiri
tuels et temporels, vivants ou morts.
— 188 —
§x.
Des Retraites et Renouvellement
des Vœax.
I.
Si les retraites sont utiles et avanta
geuses aux âmes qui vivent dans la so
litude et le silence du cloître, dans le
ministère actif et extérieur auquel leur
vocation appelle les Sœurs de SainteMarthe, elles deviennent d’une indis
pensable nécessité.
II.
Pour leur faciliter ce saint exercice,
il y aura chaque année, dans la Maison
du Noviciat, une retraite générale à
laquelle assisteront toutes les Sœurs
des diverses Maisons qui pourront s’y
rendre. Il serait à désirer que chaque
Sœur pût participer aux bienfaits de
cette retraite au moins tous les deux ou
trois ans ; mais si l’éloignement ou les
occupations de quelques Maisons ne le
permettent pas, les Supérieures tâche
ront d’y suppléer, soit par des retraites
particulières pourdesquelles la permis
sion leur sera accordée, soit en enga
geant les Sœurs à prendre quelques
jours pour se recueillir et se retremper
dans l’esprit de leur saint état.
A la suite de cette retraite, elles
pourront faire le renouvellement de
leurs vœux.
III.
Mais comme la retraite annuelle
pourrait être insuffisante pour leur
faire surmonter les penchants de la
nature vers le relâchement, les Sœurs
tâcheront de contracter l’heureuse ha
bitude de la retraite du mois, si forte
ment recommandée par les Pères de la
— 457 —
vie spirituelle. Elles choisiront donc
chaque mois un jour qu’elles consacre
ront d’une manière plus spéciale à la
prière, à un examen plus approfondi
de leurs dispositions, à la lecture et à
la méditation de quelques-uns des prin
cipaux points de la règle.
§ XI.
Des pénitences et des corrections.
I.
Les Sœurs ne s’imposeront aucune
pratique extérieure de pénitence sans
y avoir été autorisées par le confesseur
et la Supérieure, qui, de leur côté,
n’accorderont cette permission qu’avec
«ne grande prudence et une extrême
réserve ; mais elles s’exerceront conti
nuellement à la pratique de la mortifi
cation intérieure, sans laquelle il ne
peut y avoir de vie vraiment religieuse.
— 138 —
II.
Au Noviciat et dans toutes les Mai
sons où le nombre des Sœurs le per
mettra , il y aura une fois par mois une
assemblée dite le Chapitre, où chacune
s’humiliera devant les autres des fautes
qui auraient mal édifié, ou qui auraient
été commises contre la règle.
III.
Cet exercice, appelé la Coulpe, com
mencera au Noviciat par les Postulan
tes et les Novices, qui viendront suc
cessivement se mettre h genoux au
milieu de l’assemblée, puis se retire
ront après avoir reçu la pénitence et
les avis que celle qui préside jugera à
propos de leur donner. Dans les autres
Maisons où la Coulpe pourra avoir lieu,
elle commencera par les Sœurs les plus
jeunes, jusqu’à la Supérieure, qui ce-
— -IS9 —
pendant demeurera libre de faire la
sienne, ou de ne pas la faire.
IV.
Afin de bien profiter de cê salutaire
exercice, les Sœurs qui ne se rappel
leront aucune faute extérieure pour
ront prier la Supérieure de vouloir
bien les avertir charitablement de leurs
défauts, et elles ne devront pas cher
cher à s’excuser, lors même qu’elles
n’auraient pas ceux qui leur seraient
reprochés.
Cet exercice commencera par Je me
confesse, etc., et se terminera par le
Miserere en français.
V.
Dans cette même assemblée, la Su
périeure pourra donner des avis, soit
en général à, toutes les Sœurs, soit en
particulier à celles qui pourraient en
— 160 —
avoir plus de besoin. Chacune les re
cevra en toute humilité et avec la dis
position d’en profiter. Hors de l’as
semblée du Chapitre, il ne devra ja
mais être question de ce qui s’y sera
passé ; toutes auront soin de garder le
plus rigoureux silence à cet égard.
ARTICLE II.
Des Devoirs des Soeurs envers la
Supérieure.
I.
Les Sœurs donnent à leur Supérieure
le nom de Mère, comme pour se rap
peler sans cesse qu’elles doivent voir
en elle le cœur et la tendresse de la
mère plutôt que l’autorité de la Supé-
— 46-1 —
rieure. Elles lui obéiront avec simpli
cité et amour dans tout ce qu’elle
pourra leur prescrire, ne se dispensant
d’aucun exercice ni d’aucun point de
la règle sans sa permission. Elles au
ront pour elle une confiance vraiment
filiale, lui faisant connaître leurs dis
positions intérieures, leurs manque
ments extérieurs et les difficultés
qu’elles pourraient avoir quelquefois à
surmonter. Elles ne s’adresseront qu’à
elle pour les sujets de mécontentement
qu’elles pourraient éprouver de la part
de leurs compagnes et pour tout ce
qu’il y aura à faire ou à régler dans
leurs divers emplois.
IL
Telle doit être, en un mot, la con
fiance des Sœurs en leur Supérieure
qu’elles n’aient rien de caché pour elle,
— 162 —
et qu’elles soient toujours disposées à
se conduire selon sa volonté ou ses
conseils. Tel doit être le respect de son
autorité que si elles avaient quelques
plaintes à faire à son sujet, elles n’en
parleraient qu’au Supérieur ou à Mon
seigneur, et jamais entr’elles.
III.
Les Soeurs accepteront toujours avec
humilité et soumission les avertisse
ments , les pénitences et les mortifi
cations qui leur seront donnés par
la Supérieure, sans porter de juge
ment sur ses dispositions ou ses in
tentions. Si, après y avoir bien réfléchi
devant Dieu, elles avaient à faire des
observations, ce serait toujours avec
le respect convenable et avec une dis
position entière de renoncement à leur
jugement, pour profiter de l’occasion
— JG3 —
que Dieu leur ménage de lui plaire et
de se rendre meilleures.
IV.
Lorsque la Supérieure aura imposé
un devoir ou donné une charge à une
Sœur, celle-ci s’y soumettra humble
ment et s’y emploiera avec diligence
et fidélité. Elle commencera toujours
par faire preuve d’obéissance et de
bonne volonté ; mais si, après cela, elle
y rencontrait quelque grave difficulté,
elle pourrait en toute simplicité faire
ses observations h la Supérieure et at
tendre en paix sa décision avec la dis
position de s’y soumettre.
— 464 —
ARTICLE III.
Devoirs des Sœurs entr’elles.
I.
Les Sœurs n’oublieront jamais qu’el
les ne forment ensemble qu’une seule
et môme famille, dont tous les mem
bres doivent être unis par les liens de
la plus étroite charité. Elles s’aimeront
donc toutes d’une amitié sainte et sin
cère, supportant mutuellement leurs
imperfections et leurs défauts. La cha
rité étant la vraie marque des disciples
et des épouses du divin Sauveur, elles
n’auront toutes qu’un même esprit et
un même cœur.
IL
Leur affection mutuelle n’ayant que
“----------------------------------------------------
— 4 65 —
>
;
t
Dieu pour principe et pour fin, elles
n’auront point égard aux attraits pu
rement extérieurs et humains, et elles
éviteront entr’elles des démonstrations
trop naturelles et des amitiés trop par
ticulières. Elles s’abstiendront des
moindres paroles ou actions qui pourraient altérer tant soit peu la charité ;
et s’il arrive que, par fragilité ou sans
le vouloir, une Sœur y manque, elle
aura soin de le réparer à l’instant
même, si c’est possible.
III.
s
.
e
Elles ne doivent pas prendre les unes
à l’égard des autres une autorité qui
n’appartient qu’à la Supérieure ; et si
quelquefois la charité leur impose le
devoir de la correction fraternelle,
elles n’en oublieront jamais les règles,
Si leur conscience leur fait parfois une
— -166 —
obligation de recourir à la Supérieure,
elles ne le feront qu’avec humilité, dis
crétion et charité. Elles s’exprimeront
toujours avec sincérité et franchise,
surtout lorsque la Supérieure l’ordon
nera ou les interrogera pour la plus
grande gloire de Dieu.
IV.
Quelles que soient les fonctions
qu’elles aient à remplir, elles s’hono
reront toutes réciproquement, se te
nant chacune h son rang, selon sa
charge et son emploi. Toutes seront
pleines de déférence à l’égard des plus
anciennes , elles les aimeront et les
respecteront comme des mères.
V.
Si, par une circonstance ou pour un
motif quelconque, la charité se trou
vait altérée ou refroidie entre deux
— 407 —
Sœurs, elles s’empresseront de se par
donner mutuellement, et ne laisseront
jamais passer la journée sans s’être
donné l’assurance que tout est entiè
rement oublié.
VI.
Elles rivaliseront toutes de zèle, de
piété et de ferveur, pour s’encourager
par un exemple mutuel au parfait ac
complissement de tous les devoirs
qu’elles auront à remplir, comme h la
pratique de toutes les vertus de leur
saint état. Elles se rendront récipro
quement tous les petits services qui
pourraient être nécessaires, et elles y
apporteront toujours cette bienveil
lance et cette délicatesse qui excitent
la reconnaissance et entretiennent l’u
nion des cœurs.
468 —
ARTICLE IV.
Devoirs des Sœurs envers les
pauvres et les malades.
I.
Les Sœurs ne doivent pas oublier
<pi’elles sont les filles de sainte Marthe,
la bienheureuse hôtesse de Notre-Sei
gneur Jésus-Christ et patronne de b
Congrégation. Par conséquent, dans
les services qu’elles seront appelées t
rendre aux pauvres et aux malades,
elles ne considéreront dans leurs per
sonnes que celle de Notre-Seigneur
lui-même, et afin de s’acquitter digne
ment de leurs fonctions sublimes, elles
se proposeront leur patronne pour mo-
— 469 —
dèle et auront pour elle une dévotion
toute particulière.
IL
Elles regarderont leur vocation
comme belle et grande devant Dieu,
et elles s’attacheront de cœur aux œu
vres de charité, s’estimant heureuses
d’être appelées à les exercer et se sou
venant que Notre-Seigneur a dit « qu’il
i tient pour fait à sa propre personne ce
» qu’on a fait au moindre des siens. »
Elles auront donc pour les pauvres
de Jésus-Christ un cœur et des en(railles de mère, et, pour cela, elles
aimeront et pratiqueront fidèlement
l’humilité, la patience, la charité et la
douceur à leur égard.
'
•• '
III.
s
r
Lorsque le besoin des malades l’exigéra, elles devront quitter sans scru■
40
fe
H'
— 170 —
pule leurs exercices de piété, persua
dées que dans ce cas une action de
charité est plus agréable à Dieu que
toutes les autres pratiques, quelque
belles et grandes qu’elles soient en ap
parence.
Elles feront si peu de cas d’ellesmêmes, qu’elles rendront volontiers
aux pauvres et aux malades les servi
ces les plus bas et qui sembleraient ne
regarder que de pauvres servantes ; el
quoiqu’il soit de leur devoir d’être trèsprudentes en ce qui concerne l’assis
tance des malades, comme en toute
■autre chose, néanmoins elles pren
dront garde de n’être pas trop délica
tes , et se mortifieront volontiers pour
l’amour de Notre-Seigneur, quand l’oc
casion s’en présentera.
— 474 —
IV.
Elles veilleront d’une manière toute
spéciale à ce que les ordonnances du
médecin, pour les remèdes comme
pour le régime, soient fidèlement exé
cutées , et à ce que tout soit propre et
bien ordonné dans l’intérieur des sal
les. Si les pauvres et les malades se
plaignent mal à propos, elles ne se re
buteront ni ne se décourageront pas,
puisqu’elles doivent chercher à plaire,
non aux créatures, mais à Dieu seul.
Les Epouses de Jésus-Christ crucifié
doivent mettre leur joie et leur gloire
b souffrir le mal en pratiquant le bien.
V.
En s’appliquant à donner au corps
des pauvres malades les soulagements
nécessaires, elles ne négligeront pas
le soin de leur âme. Elles leur parle-
— 172 —
ront de Dieu, les instruiront des véri
tés de la religion, les disposeront à
recevoir les sacrements, et tâcheront,
par tous les moyens possibles, de les
fortifier dans la foi et dans la pratique
de tous les devoirs chrétiens. Elles fe
ront en sorte que leurs paroles, d’ac
cord avec leur conduite, respirent la
piété, la vertu et la sainteté ; et pour
que leurs soins soient plus efficaces
auprès des malades et des pauvres,
elles les recommanderont souvent S
Dieu dans leurs prières.
ARTICLE V.
Devoirs des Sœurs dans les Visites
à domicile et aux prisons.
I.
Outre les devoirs imposés aux Sœurs
-=-'-173 ■=-
qui sont chargées du soin des malades
dans les établissements de charité,
celles qui iront les visiter à domicile
ou dans les prisons auront besoin, de
plus, d’exercer sur elles-mêmes une
rigoureuse vigilance, à cause des rap
ports fréquents que la nature de leurs
œuvres les oblige à avoir avec les per
sonnes du dehors.
IL
Aux heures qui leur auront été fixées
par la Supérieure, elles se rendront,
avec une sainte joie et une grande mo
destie, chez les pauvres ou malades
qu’elles doivent visiter. Elles éviteront,
autant que la bienséance pourra le
leur permettre, de s’arrêter dans les
rues pour faire la conversation avec
les personnes du monde. Si quelquefois
40*
— ni
elles y sont obligées, elles feront en
sorte d’abréger autant que possible et
de ne pas perdre le temps en paroles
inutiles.
III.
Il en sera de même dans les lieux où
elles iront remplir leurs devoirs. Après
avoir donné aux malades et aux pau
vres les soins corporels et spirituels
que leur position rend nécessaires,
elles s'empresseront de rentrer dans
la Communauté. Leur modestie doit
être telle dans toutes ces circonstances,
qu’elle soit partout un sujet d’édifica
tion, et qu’on s’aperçoive qu’elles n’ont
plus aucune part avec le monde.
IV.
La Supérieure ne les autorisera S
sortir seules que dans de rares cir
constances et lorsqu’il n’y aura pas
— 473
possibilité de faire autrement. Elles
devront être toujours au moins deux.
Comme au dehors, elles ne doivent
jamais parler à qui que ce soit de ce
qui se passe dans la Communauté, de
même elles ne s’entretiendront jamais,
dans la Communauté, des nouvelles
qu’elles auraient pu apprendre dans
leurs visites.
V.
Quand elles auront épuisé leurs res
sources et qu’elles ne pourront procu
rer aux pauvres et aux malades ce qui
leur est nécessaire, elles pourront,
avec la permission de la Supérieure,
faire une quête dans les maisons cha
ritables, et même à l’église de la pa
roisse, si M. le Curé juge à propos de
les y autoriser.
— 476 —
VI.
Celles qui seront chargées de visiter
les prisonniers mettront tous leurs
soins à adoucir le sort de ces infortu
nés , et travailleront de tous leurs effforls à les ramener à Dieu. Pour y
réussir, elles feront les prières et les
autres exercices de piété qui leur se
ront indiqués par la Supérieure.
Elles s’efforceront de vivre dans la
plus grande harmonie avec les admi
nistrateurs et tous les employés. Elles
feront pour cela tous les sacrifices que
leur impose la charité, sans cependant
jamais transiger avec les devoirs de
leur conscience.
CHAPITRE III.
De l'ordre des Exercices de la journée
et de l’esprit qui doit les animer.
ARTICLE PREMIER.
De l’ordre des Exercices.
Le lever aura lieu à 5 h. depuis Pâ
ques jusqu’à la Toussaint, et à 5 h. 1/2
depuis la Toussaint jusqu’à Pâques.
Une demi-heure après le lever,
prière vocale, suivie de la méditation :
le tout durera une demi-heure.
(Le Règlement ne pouvant fixer
l’heure de la sainte Messe, les Sœurs
se conformeront à celle qui leur sera
— 478 —
indiquée par le prêtre chargé de la
dire.)
A 7 h. 1/2 ou 8 li., selon l’heure de
la messe, Déjeûner en silence.
Après le déjeûner, les Sœurs vacqueront aux diverses occupations de
l’emploi qu’elles auront h remplir.
A i l h. 1/4 Examen particulier.
A 11 h. t/2 Dîner, suivi de la ré
création.
A 4 h.
Lecture spirituelle.
A 4 h. 122 Travail et occupations
diverses.
Entre 3 et G h. Visite au saint-sacre
ment d’une demi-heure environ.
A 6 h. 1/4 Chapelet en commun &
la chapelle.
A G h. t/2 Souper, suivi de la ré
création.
A 8 h. 1/2 en hiver et h 9 h. en été,
Prière, sujet d’Oraison et coucher.
T
— 179 —
(La dernière demi-heure de la ré
création du soir pourra, de temps en
temps, avec la permission de la Supé
rieure, être consacrée à quelques de
voirs peuassujétissants, qui n’auraient
pas pu être accomplis dans le courant
de la journée.)
ARTICLE II.
De l’esprit qui doit animer les
exercices de la journée.
§ Ier
Du lever.
I.
Le lever étant la première action de
la journée, il est très-important d’y
apporter la plus grande exactitude.
Aussi les Sœurs ne se lèveront jamais
— 480 —
avant l’heure fixée par Je Règlement;
mais au premier son de la cloche, elles
n’y mettront pas le moindre retard.
Leur première pensée sera l’offrande
à Dieu de toutes les actions, travaux,
peines et souffrances de la journée;
leur première action, le signe adora
ble de la croix, et leur première pa
role, l’invocation des saints noms de
Jésus, Marie, Joseph.
IL
Les Sœurs s’habilleront prompte
ment et modestement, en s’occupant
de quelque pieuse pensée, repassant
leur sujet d’oraison ou faisant quelque
prière vocale, selon leur dévotion, et
elles ne sortiront point de leurs cham
bres sans être entièrement habillées,
Chaque Sœur, après son lever, fera
son lit, et mettra tout en ordre dans
— -181
sa cellule, qu’elle aura soin de tenir
toujours bien propre.
§H.
Des repas.
I.
Les Sœurs se rendront au réfectoire
avec modestie et en silence, s’unis
sant d’intention il Notre-Seigneur Jé
sus-Christ lorsqu’il prenait ses repas
sur la terre.
Elles mangeront sans scrupule, selon
leur besoin. Elles pratiqueront la mor
tification dans leurs repas, en évitant
la sensualité et en acceptant indiffé
remment ce qui leur sera présenté,
sans laisser apercevoir ce qu’elles ai
ment ou n’aiment pas, à moins que
leur santé ne dut en souffrir.
IL
On ne parlera jamais au réfectoire
-il
durant les repas, si ce n’est aux jours
de grandes fêtes et dans quelques cir
constances rares et extraordinaires.
Il y aura lecture pendant le dîner et
le souper, si le nombre des Sœurs est
suffisant, ou si on peut y suppléer par
les pensionnaires. Si on ne le peut pas,
on gardera néanmoins le silence, et
on lira au commencement et à la fin
du repas un verset du Nouveau Testa
ment ou de l’Imitation, ou la petite
Vie des Saints.
La Supérieure récitera à haute vois
le Bénédicité et les Grâces, après les
quelles la Communauté se rendra avec
recueillement à la chapelle pour y ado
rer quelques instants le Saint-Sacre
ment et dire Y Angélus.
— 183 —
§ ni.
Des récréations.
I.
Les Sœurs prendront leur récréa
tion en commun. Elles pourront s’oc
cuper durant ce temps à quelque tra
vail manuel peu fatigant ou appliquant,
à moins que la Supérieure ne juge qu’un
exercice plus actif soit nécessaire à la
santé de quelques-unes.
II.
Toutes les Sœurs doivent assister <t
la récréation, et nulle ne peut s’en dis
penser sans raison et sans permission.
Elles resteront toutes ensemble et ne
se sépareront pas pour aller se récréer
en particulier. La Supérieure ne doit
jamais le permettre, si ce n’est pour
aller exercer une œuvre de charité au
près de quelques Sœurs malades.
— 184 —
III.
Elles aimeront à parler pendant leurs
récréations de choses édifiantes. Elles
éviteront la mélancolie et la tristesse,
ainsi qu’une trop grande expansion et
trop de familiarité. Elles se réjouiront
dans le Seigneur d’une gaîté naturelle,
simple et sans contrainte, cherchant à
rendre leur récréation agréable à Dieu
et propre à entretenir entr’elles l’union
et la cordialité.
§ IV.
Du travail.
I.
Tout le temps qui n’est pas employé
aux exercices de piété, aux récréations
ou aux repas, doit être consacré an
travail. Pour ne pas perdre le mérite
attaché à leurs pénibles fonctions, 1®
Soeurs auront soin de s’unir d’intention
— 183 —
it Notre-Seigneur Jésus-Christ travail
lant sur la terre dans la boutique d'un
modeste artisan.
II.
I
5
II
!e
Comme l’oisiveté ouvre la porte à
unefoulcd’imperfections et de misères,
elles éviteront toute perte de temps
ou occupation frivole et rempliront
avec zèle et assiduité l’emploi qui
leur aura été confié. Si quelquefois
elles y éprouvent des difficultés, du
dégoût ou de la répugnance, elles se
rappelleront que c’est précisément
ce qui rend leurs œuvres plus méritoires aux yeux de Dieu, et elles
trouveront dans cette pensée tout le
courage dont elles pourront avoir besoin.
— -J8G —
§ V.
Du silence.
I.
Le silence est un des articles du Rè
glement qui doit être le plus scrupu
leusement observé par les Sœurs. Elles
le regarderont comme Pâme et le sou
tien de la régularité des Communautés,
Elles y trouveront des avantages inap
préciables en ce qu’il répare les péchés
de la langue, qui sont si nombreux ; en
ce qu’il prépare et dispose à tous les
exercices de piété, par le recueillement
qu’il produit dans l’âme et les com
munications intérieures de Dieu, qui
se plaît dans le silence et la solitude,
IL
Il est des temps et des lieux où le si
lence doit être observé avec plus de
— 48" —
i
rigueur que dans d’autres. Ainsi par
tout on doit le garder fidèlement, de
puis la prière du soir jusqu’après la
méditation du matin. Dans le courant
de la journée, on doit tâcher de l’ob
server ; néanmoins, les devoirs de bien
séance et les communications que les
Sœurs sont obligées d’avoir avec les
personnes du dehors sont des raisons
suffisantes de le rompre, lorsque c’est
nécessaire.
S
§ VI.
11
Du coucher.
'
il
I.
iis
La dernière action de la journée,
comme la première, doit être toute
entière pour Dieu. Les Sœurs se coucheront donc avec promptitude et mo
destie, s’entretenant de saintes pen-
— 188 —
sées et de pieuses affections jusqu’il ce
qu’elles soient endormies. Elles auront
soin de mettre toujours leur conscience
dans l’état où elles voudraient qu’elle
fût à l’heure de la mort.
II.
A 9 h. en hiver et ii 9 h. 1/2 en été,
toutes les Sœurs doivent être couchées
et les chandelles éteintes.
Pour le coucher, comme pour le le
ver, les Sœurs ne doivent jamais avan
cer ni retarder l’heure fixée, sans une
permission spéciale de la Supérieure.
Cette permission ne devra être accor
dée que le plus rarement possible et
pour des raisons graves.
— 189 —
CHAPITRE IV.
Du costume des Sœurs et de l’ameu
blement de leurs cellules.
ARTICLE PREMIER.
Da costume.
Les Sœurs, ayant fait vœu de pau
vreté, éviteront toute recherche et
toute affectation dans leur tenue exté
rieure ; mais elles veilleront h se trou
ver toujours dans un état de décence
convenable et de très-grande propreté.
Le costume religieux de la Congré
gation est adopté ainsi qu’il suit :
1° Grand voile en laine fine, descen
dant 33 centimètres au-dessous de la
11*
|
— 190 —
ceinture; sur la tête, il n’atteindra
pas le bord de la cornette, excepté
au moment de la sainte communion, où
on le baissera un peu.
Les Sœurs porteront toujours ce
grand voile, quand elles sortiront.
2° Petit voile descendant deux doigts
au-dessous de la ceinture. Les Sœurs
le porteront toujours dans l’intérieur
de la Maison.
3° Un bandeau blai|c descendant sur
le front, un peu au-dessus des sourcils.
4° Petite cornette blanche en mous
seline , attachée avec une épingle sous
le cou.
B° Un mouchoir blanc en coton, hi
ver comme été, ne descendant qu’un
doigt au dessus de la ceinture.
6° Une robe ronde, non traînante,
d'étoffe noire, escot ou étamine, le
tout laine commune ; manches larges
'fl
— 491 —
i
i
!
'
s
l
i
î
5
d’un demi-mètre de circonférence ; petites manches noires, étroites, pardessous attachées au poignet avec un
bouton noir.
7° Une pièce, même étoffe que la
robe, sur la poitrine.
8° Tablier bleu-foncé dans la Maison,
et noir pour sortir ou paraître en pu
blic.
9° Une ceinture en laine noire, large
de s centimètres, pendant à peu près
jusqu’au bas de la robe.
40. Un chapelet au côté.
41. Bas noirs.
42. Souliers non lacés, cuir ordi
naire.
13. Pantoufles noires dans la Maison,
si on en a besoin.
14. Une croix sur la poitrine, attachée avec une tresse en soie noire.
18. Manteau sans capuche, longueur
Safe:
— 492
-ordinaire, d’une étoffe noire commune.
46. Gants de couleur noire pour cel
les qui en auront besoin.
Ce costume ne pourra être changé
ni modifié d’aucune manière sans une
permission spéciale de Mgr l’Evêque,
ARTICLE II.
De l’ameublement des cellules.
Dans leur ameublement, comme dans
leur costume, les Sœurs doivent user
de la plus grande simplicité. Elles évi
teront donc soigneusement tout ce qui
sentirait le luxe et la mondanité, et,
autant que possible, leurs cellules se
ront meublées d’une manière uniforme.
Le mobilier d’une cellule devra être
composé ainsi qu’il suit :
— -193 —
4° Un lit composé d’une paillasse,
un matelas pesant environ 23 livres,
un traversin, f idéaux <i flèche, cha
mois jaune ; une couverture piquée, de
même étoffe, pour l’hiver; une cou
verture coton blanc, pour l’été, et un
couvre-pieds jaune.
2° Une armoire ou un placard.
3° Une table.
4° Une table de nuit.
5° Trois chaises.
6° Un Christ.
7° Une petite statue ou une image de
la Sainte-Vierge.
fj * Tl
<• 'i
î f !». !
a
• ; ; «3?
.
.c: .
'
— 195 —
CHAPITRE V.
Des maladies et décès des Soeurs.
I.
Lorsque la maladie viendra frapper
une Sœur , sa première pensée sera
de bénir la main de Dieu, qui s’appe
santit sur elle, et de s’unir aux souf
frances de Notre-Seigneur JésusChrist , son modèle.
Elle se soumettra avec simplicité
et confiance à toutes les prescriptions
de la Supérieure, de l’Infirmière et
du médecin, et quelque répugnance
qu’elle éprouve pour les remèdes qui lui
seront indiqués, elle les acceptera
sans plaintes et sans murmures.
— 496 —
IL
La Supérieure et l’Infirmière s’em
presseront de procurer aux Sœurs ma
lades tout ce qui pourra leur être né
cessaire, et elles redoubleront d’atten
tion, de zèle et de charité à mesure
que la maladie fera des progrès.
Elles ne négligeront aucun des soins
corporels, mais en même temps elles
veilleront avec la plus grande exacti
tude à ce que les secours spirituels
soient toujours donnés à temps; ainsi,
elles n’attendront pas que le mal ait
fait de grands progrès pour avertir le
confesseur et pour disposer la malade
‘a la réception des sacrements.
III.
L’Infirmière aura soin de quitter le
moins possible la malade lorsqu’elle
sera en danger de mort. Elle tâchera,
— 197 —
sans la fatiguer, de l’entretenir dans
des sentiments de soumission et de ré
signation à la volonté de Dieu, et ré
veillera de temps en temps en elle les
pensées de piété et de ferveur, soit par
quelques paroles d’édification, soit par
quelques courtes lectures.
IV.
Quand une Sœur sera décédée, on
lui fera donner les honneurs de la sé
pulture, sans une trop grande pompe,
ni une trop grande parcimonie, mais
d’une manière en même temps conve
nable et simple.
La Communauté où elle sera décédée
fera dire au plus tôt cinq messes pour
le repos de son âme, et chaque mem
bre de la Congrégation offrira au moins
une communion à la même intention.
La Maison-Mère fera célébrer une
Ira
— 498 —
fois par mois le saint sacrifice de la
messe pour toutes les Sœurs défuntes
de la Congrégation.
V.
Il sera à propos qu’il y ait un registre
dans lequel on inscrira les noms des
Sœurs décédées, avec une petite notice
sur leur vie et leur mort, afin que dans
la suite celles qui ne les auront pas
connues puissent s’édifier au récit de
leurs vertus.
— 199 —
CHAPITRE VI.
Dispositions diverses.
’!
I.
Visites et Sorties.
Les Sœurs éviteront les visites lon
gues et multipliées, dont le moindre
inconvénient est la perte d’un temps
précieux. Elles n’en recevront et n’en
feront jamais aucune sans permission,
et elles se borneront à. celles qui leur
seront prescrites par la charité ou la
bienséance.
La Supérieure fera en sorte qu’une
Sœur ne sorte jamais seule, et qu’elle
soit toujours accompagnée au moins
par une de ses compagnes.
Lorsqu’une Sœur aura la permission
4.
— 200 —
de sortir pour aller dans un lieu, elle
ne pourra pas s’en servir pour aller
dans un autre, à l’insu de la Supérieure.
En rentrant dans la Communauté, elle
se présentera devant elle pour l’aver
tir de son retour.
IL
Correspondances.
Elles éviteront aussi les correspon
dances trop fréquentes et qui ne se
raient pas motivées sur des raisons
d’affaires, de convenance ou de cons
cience. Elles ne recevront et n’écriront
aucune lettre sans la faire passer par
les mains de la Supérieure, qui a le
droit de les décacheter et de les lire, à
moins que ces lettres ne viennent de
Monseigneur, du Supérieur, ou de la
Supérieuregénérale, ou nesoientadressées à l’un d’eux.
— 201 —
III.
Livres et Bibliothèques.
Les Sœurs useront de beaucoup d’attentionet de vigilance danslechoix des
livres qu’elles conserveront à leur
usage. Lorsqu’elles n’auront pas la cer
titude qu’un ouvrage est revêtu de
l'approbation de l’autorité ecclésiasti
que, elles ne s’en serviront qu’aprôs
en avoir obtenu la permission. Dans les
visites de Monseigneur ou de son re
présentant , chaque Supérieure locale
aura soin de faire examiner la Biblio
thèque de sa Maison, afin de se mettre
en règle sous le rapport des autorisa
tions nécessaires.
IV.
Rapports avec MM. les Ecclésiastiques.
j’i :
Dans leurs rapports avec les prêtres
■ ;
— 202
de la paroisse et les autres ecclésiasti
ques , les Sœurs seront très réservées
et très prudentes. Avec eux, comme
avec les personnes du monde, elles
éviteront toute inutilité et perte de
temps. Elles ne s’occuperont jamais
des affaires de la cure, ni de la pa
roisse; et si quelquefois le bien de la
religion leur rend certaines démarches
obligatoires, elles n’agiront qu’après
avoir consulté la Supérieure.
V.
Permissions et Dispenses.
Dans chaque Maison, c’est de la Su
périeure que doivent émaner toutes
les permissions et toutes les dispenses ;
c’est donc à elle que les Sœurs doivent
toujours s’adresser pour celles qui leur
seront nécessaires. S’il arrivait que la
Supérieure locale ne crût pas devoir
— 203 —
accorder de sa propre autorité une
permission ou une dispense qui lui se
rait demandée, elle en référerait à. la
Supérieure générale.
VI.
Parloirs.
Les Sœurs ne recevront qu’au par
loir les personnes qui viendront les
visiter, lors même que ce serait leurs
proches parents.
Dans les Maisons où il ne serait pas
possible d’avoir un parloir, elles rece
vront dans la pièce destinée à en tenir
lieu. Elles ne feront entrer personne
dans l’intérieur de la Communauté, ni
dans leurs cellules, sans en avoir ob
tenu la permission de la Supérieure,
qui ne l’accordera que pour des causes
graves, telles que maladie, etc.
ht >
— 204 —
possible au parloir, et toutes les fois
que cela pourra se faire, il est à dési
rer qu’elles y soient accompagnées par
la Supérieure ou par une autre Sœur.
VII.
Voyages.
Les Sœurs ne se trouveront jamais
mieux nulle part que dans leur Com
munauté : elles éviteront donc tout
voyage qui ne serait pas absolument
indispensable pour des raisons de
santé, d’affaires de famille, ou tout
autre motif grave, dont l’appréciation
sera toujours réservée à. la Supérieure
générale.
Pendant tout le temps qu’elles res
teront hors de leur Communauté, elles
tâcheront, autant que possible, d’être
fidèles â tous leurs exercices de piété;
— 205 —
et si elles étaient obligées de prolonger
leur séjour au-delà du temps qui leur
aurait été accordé, elles feraient re
nouveler leur permission.
Lorsqu’une Sœur aura besoin, pour
cause de santé, d’un changement d’air,
ou de quelques jours de repos, on lui
accordera la permission d’aller dans
l’une des Maisons de la Congrégation
plutôt que dans sa famille. Cette der
nière permission ne sera accordée que
dans de graves et rares circonstances.
'LL,
t
"B;
ira
VIII.
Invitations.
Sauf les cas de voyage ou d’absolue
nécessité , les Sœurs n’accepteront
point d’invitations; elles ne mange
ront ni ne coucheront hors de leur
Communauté. De même elles ne feront
42
- ffÿi
ÏS
■HH
point d’invitations; elles n’admettront
personnne 'a leur table et ne donneront
à coucher à personne. Il ne doit y
avoir d’exception que pour les Reli
gieuses d’un ordre quelconque h qui
elles croiraient devoir donner l’hospi
talité.
Si d’autres permissions devenaient
nécessaires, les Supérieures locales se
feront autoriser par la Supérieure gé
nérale.
IX.
Fêtes et Communions.
Sainte Marthe étant la patronne de
la Congrégation, sa fête sera célébrée
le 29 juillet, dans toutes les Maisons,
par la sainte communion, l’exposition
du Saint-Sacrement, la bénédiction et
toute la pompe possible. Elle sera pré
cédée d’un jour de jeûne, et lorsqu’elle
— 207 —
tombera le lundi, le jeûne aura lieu le
samedi, avant-veille de la fête.
Outre les jours de dimanches et de
fêtes conservées, les Sœurs pourront
encore faire la sainte communion aux
fêtes suivantes :
Toutes celles de la Sainte Vierge ;
Celles des saints Apôtres ;
Les secondes fêtes de Noël, Pâques
et la Pentecôte ;
La fête du patron de la paroisse où
elles se trouveront.
Les fêtes de :
Sainte Agnès, le 21 janvier;
La Conversion de saint Paul, le 25
janvier ;
Saint François de Salles, le 29 jan
vier;
Saint Jean de Dieu, le 8 mars ;
Saint Joseph, le 19 mars;
— 208 —
L’Invention de la sainte Croix, le 3
mai.
Saint Jean-Baptiste, le 24 juin ;
Saint Alexis, le 17 juillet ;
Saint Vincent de Paul, le 19 juillet;
Sainte Magdeleine, le 22 juillet ;
Saint Lazare, le 2 septembre ;
Sainte Thérèse, le 15 octobre;
Le Jour des Morts, le 2 novembre;
Sainte Elizabeth, le 19 novembre.
Si dans les diverses Maisons il y a
quelques autres fêtes particulières où
la sainte communion soit déjà en usage,
ces communions sont maintenues;
mais on n’en établira pas d’autres sans
une autorisation spéciale de Mgr l’E
vêque.
En vertu de divers induits accordés
par les souverains pontifes, toutes les
Sœurs de la Congrégation peuvent ga-
— 209 —
gner une indulgence plénière les jours
de :
Sainte Marthe,
Sainte Agnès,
Saint François de Salles,
Saint Joseph,
L’Invention de la sainte croix,
Saint Alexis,
Saint Lazare.
X.
Lecture de la Règle.
Tous les premiers dimanches du
mois, la demi-heure fixée pour la lec
ture spirituelle sera consacrée îi la lec
ture du Règlement. On le divisera de
manière à ce que chaque année il soit
lu en entier. A la suite de cette lec
ture, la Supérieure pourra faire aux
Sœurs les observations qu’elle jugera
12*
— 210 —
nécessaires pour appeler leur attention
sur les points qui n’auraient pas été
fidèlement observés.
Chaque Sœur aura en outre le soin
de relire de temps en temps, en son
particulier, les points qui la regardent
plus spécialement par rapport à sa
charge ou à son emploi, et surtout
ceux qui concernent les dispositions
avec lesquelles doivent être accomplis
les devoirs spirituels et temporels.
XI.
Fidélité à la Règle.
Quoique les divers points de la règle
n’obligent pas sous peine de péché, ex
cepté en ce qui concerne les vœux el
les devoirs communs à tous les chré
tiens , les Sœurs la regarderont néan
moins comme le moyen le plus efficace
— 214 —
de sanctification et de salut, et elles
s’efforceront de la pratiquer fidèlement,
se rappelant ces paroles de saint Au
gustin : Celui qui vit selon la règle, vit
selon Dieu.
■
■
1
— 212 —
CHAPITRE VII.
Prières qui doivent se faire
en commun.
I.
Prière du matin et du soir.
(Pour les prières du matin et du soir,
on récitera celles qui sont prescrites
dans le Catéchisme du Diocèse, à l’ex
ception des Litanies qui se trouvent à
la prière du matin, et du Confiteor, qui
doit se dire à l’oraison.)
II.
Prière avant le déjeftner.
ÿ. Au nom du Père, et du Fils, et du
Saint-Esprit.
vj. Ainsi soit-il.
— 213 —
f. Bénissez-nous, Seigneur,
sj. Bénissez-nous.
f. Que la main de Dieu nous bénisse,
et qu’elle bénisse aussi la nourriture
que nous allons prendre pour sa gloire,
notre sanctification et notre salut. Au
nom du Père, et du Fils, et du SaintEsprit.
bJ. Ainsi soit-il.
III.
Prière après le dèjcûncr.
ÿ. Au nom du Père, etc.
b). Ainsi soit-il.
t- Seigneur, nous vous remercions
de tous vos bienfaits et en particulier
de la nourriture que vous venez de
nous accorder ; faites qu’elle nous for
tifie et nous aide à accomplir fidèle
ment tous nos devoirs de la journée ;
— 214 —
vous qui vivez et régnez dans tons les
siècles des siècles.
b). Ainsi soit-il.
ÿ. Au nom du Père, etc.
b). Ainsi soit-il.
IV.
Prière avant le dîner et avant
le souper.
ÿ. Au nom du Père, etc.
bJ. Ainsi soit-il.
ÿ. Bénissez-nous, Seigneur.
Bénissez-nous.
ÿ. Seigneur, toutes les créatures
mettent en vous leur confiance et elles I
implorent votre secours. Vous ouvrez
en leur faveur les trésors de votre miséricorde ; vous accordez à chacune ls
nourriture qui lui est nécessaire, et
vous les comblez de vos saintes béné
dictions.
Gloire soit au Père, au Fils et au
Saint-Esprit.
Comme elle était au commence
ment, et maintenant, et toujours, et
dans tous les siècles des siècles.
ÿ. Seigneur, ayez pitié de nous.
bJ. Christ, ayez pitié de nous,
ÿ. Seigneur, ayez pitié de nous.
Notre Père qui êtes aux cieux, etc.,
et ne nous laissez- pas succomber à la
tentation.
nj. Mais délivrcz-nous de tout mal.
Ainsi soit-il.
y. Seigneur, daignez répandre votre
J sainte bénédiction sur nous et sur cette
I
nourriture que nous allons prendre,
et que vous voulez bien nous accorder
Is par un effet de votre bonté et de votre
Ç' miséricorde.
éAu nom du Père, etc.
«!. Ainsi soit-il.
— 216 —
V.
Prière après le diner et après
le souper.
ÿ. Au nom du Père, etc.
b). Ainsi soit-il.
ÿ. Seigneur, que toutes vos œuvres
publient vos louanges.
rJ. Et que toutes les créatures vous
bénissent.
ÿ. Gloire soit au Père, etc.
nj. Comme elle était au commence
ment, etc.
f. Nous vous rendons grâce, Dieu
tout-puissant, pour tous les bienfaits
que vous avez daigné nous accorder;
vous qui vivez et régnez dans tous les
siècles des siècles.
n). Ainsi soit-il.
ÿ. Nations, louez toutes le Seigneur;
peuples, louez-le tous.
— 247 —
rJ. Parce
que sa miséricorde a été
affermie sur nous, et que la vérité du
Seigneur demeure éternellement,
ÿ. Gloire soit au Père, etc.
b). Comme elle était au commence
ment , etc.
ÿ. Seigneur, ayez pitié de nous.
b). Christ, ayez pitié de nous,
ÿ. Seigneur, ayez pitié de nous.
Notre Père, qui êtes, etc.
Et ne nous laissez pas succomber à
la tentation.
ni. Mais délivrez-nous de tout mal.
Ainsi soit-il.
|. Bénissons le Seigneur.
b). Rendons-lui grâce.
f. Et que par la miséricorde de Dieu
les âmes des fidèles défunts reposent
en paix.
bJ. Ainsi soit-il.
|. Au nom du Père, etc.
fij. Ainsi soit-il.
■13
— 218 —
VI.
I/AngeliM.
(Après le diner et après le souper, on
se rend en silence à la chapelle pour y
réciter Z’Angel us.)
ÿ. L’ange du Seigneur annonça à la
vierge Marie qu'elle enfanterait le Sau
veur, et elle conçut par l’opération du
Saint-Esprit.
b], Je vous salue, Marie, etc.
ÿ. Voici la servante du Seigneur,
qu’il me soit fait selon votre parole,
n). Je vous salue, Marie, etc.
ÿ. Et le Verbe éternel a été fait chair,
et il a habité parmi nous,
nj. Je vous salue, Marie, etc.
ÿ. Priez pour nous, sainte Mère de
Dieu.
b>. Afin que nous soyons faits dignes
des promesses de Notre-Seigneur JésusChrist.
— 219 —
ÿ. Prions.
Seigneur, nous vous prions de ré
pandre votre sainte grâce dans nos
cœurs, afin qu'après avoir connu par
la voix de l’ange la miraculeuse incar
nation de votre cher Fils Jésus-Christ,
nous puissions arriver à la gloire de la
résurrection bienheureuse.
b). Ainsi soit-il.
ÿ. Gloire soit au Père, etc.
sJ. Comme elle était au, etc.
y. Gloire soit au Père, etc.
bJ. Comme elle était au, etc.
f. Gloire soit au Père, etc.
ri. Comme elle était au, etc.
VII.
Prière avant la récréation.
fÀprés /’Angélus, o» adore un petit
instant en silence le Saint - Sacrement,
puis on récite la prière suivante : )
: <3 ’
— 220 —
ÿ. Mon Dieu, nous vous offrons la
récréation que nous allons prendre ;
faites-nous la grâce de ne pas vous y
offenser; que la charité, l’humilité, la
' douceur et la patience y régnent. Pour
cela, soyez-y au milieu de nous et dans
le cœur de chacune de nous. C’est ce
que nous attendons de votre bonté in
finie, ômon divin Sauveur, que nous
voulons aimer et adorer au Très-SaintSacrement de l’autel pour toutes les
âmes qui vous y méconnaissent et qui
ne vous y aiment pas.
Au nom du Père, etc.
b]. Ainsi soit-il.
VIII.
Prière avant le chapelet.
ÿ. Au nom du Père, etc.
Mon Dieu, nous vous offrons le cha
pelet que nous allons dire pour vous
— 221
remercier des grâces que vous avez
accordées à la très-sainte Vierge, sur
tout de ce que vous avez bien voulu la
préserver de tout péché, la rendre la
plus pure de toutes les créatures, et
l’élever à la dignité de Mère de votre
cher Fils.
Très-sainte Vierge, dont nous ai
mons à reconnaître et à honorer toutes
les augustes prérogatives, jetez sur
nous les yeux de votre miséricorde et
obtenez-nous les grâces dont nous
avons besoin pour remplir tous les de
voirs et pratiquer fidèlement toutes les
vertus de notre saint état.
bJ. Ainsi soit-il.
IX.
Prière après le chapelet.
ÿ. Recevez, ô mon Dieu, par les
mains de la très-sainte Vierge les prie-
— 222 —
res que nous venons de vous adresser ;
accordez-nous par son intercession
toutes les grâces que nous vous avons
demandées ; faites que nous marchions
sur ses traces et que nous nous effor
cions de pratiquer toutes les vertus
dont elle nous a donné l’exemple;
qu’elle soit notre avocate et notre re
fuge durant tout le cours de notre vie
et surtout à l’heure de notre mort.
n). Ainsi soit-il.
X.
Prière avant l’examen particulier.
ÿ. Au nom du Père, etc.
Venez, Esprit-Saint, remplissez les
cœurs de vos fidèles serviteurs et al
lumez en eux le feu sacré de votre di
vin amour.
Envoyez, Seigneur, votre EspritSaint, et tout sera créé.
b). Et vous renouvellerez la face de
la terre.
ÿ. Prions.
O Dieu, qui avez instruit et éclairé
les coeurs de vos fidèles par les lumiè
res du Saint-Esprit, donnez-nous, Sei
gneur, ce même Esprit-Saint, qui
nous fasse connaître ce que nous avons
à réformer dans nos dispositions et
dans nos cœurs, et les moyens que
nous avons à employer pour avancer
dans la pratique de la vertu. C’est ce
que nous vous demandons par JésusChrist Notre-Seigneur.
r]. Ainsi soit-il.
XI.
Prière après l’examen»
ÿ. Très-sainte Vierge, Mère de Dieu,
nous nous réfugions sous votre puis
sante protection ; ne rejetez pas les
224 —
prières que nous vous adressons dans
nos besoins; mais rendez-vous y pro
pice et éloignez de nous tous les dan
gers dont nous sommes environnés
dans cette vie. O Vierge glorieuse et
bénie, veillez toujours sur nous, qui
voulons vous aimer comme la meil
leure et la plus tendre des mères.
rf. Ainsi soit-il.
XII.
Prière avant la lecture spirituelle.
ÿ. Au nom du Père, etc.
Venez, Esprit-Saint, etc. (Comme
ci-dessus avant l’examen.)
Prions.
O Dieu, qui avez instruit et éclairé
les cœurs de vos fidèles par les lumiè
res du Saint-Esprit, donnez-nous, Sei
gneur, ce même Esprit-Saint, qui
nous fasse goûter vos divines leçons,
— 225 —
et qui fasse fructifier dans nos âmes
cette nourriture spirituelle que nous
allons leur donner. G’est ce que nous
vous demandons par Jésus-Christ No
tre-Seigneur.
b}. Ainsi soit-il.
XIII.
Prières après la lecture spirituelle.
ÿ. Très-sainte Vierge, Mère de Dieu,
etc. (Comme ci-dessus après l’examen.)
XIV.
Prière avant la classe.
ÿ. Au nom du Père, etc.
Venez, Esprit-Saint, etc. (Comme
ci-dessus)
Prions.
O Dieu, qui avez instruit et éclairé
les cœurs de vos fidèles par les lumiè
res du Saint-Esprit, donnez-nous, Sei43*
— 22G —
gneur, ce même Esprit-Saint, qui
nous fasse aimer nos devoirs, et qui
nous fasse profiter des leçons qui vont
nous être données pour former nos
jeunes cœurs à la pratique de la piété
et de la vertu. C’est ce que nous vous
demandons par Jésus-Christ NotreSeigneur.
nj. Ainsi soit-il.
ÿ. Je vous salue, Marie, etc.
rJ. Sainte Marie, Mère de Dieu, etc.
XV.
Prière après la classe.
ÿ. Au nom du Père, etc.
Très-sainte Vierge, Mère de Dieu,
etc. (Comme ci-dessus.J
XVI.
Prière de saint Bernard 9
Qu’il est utile de réciter de temps en temps,
soit en commun, soit en particulier.
Souvenez-vous, ô très-douce et pieuse
— 227 —
vierge Marie, que jamais on n’a ouï
dire qu’aucun de ceux qui ont eu re
cours à vous, qui ont imploré vos suf
frages et demandé votre intercession ,
ait été abandonné. Animée de cette
douce confiance, je viens me jeter
dans vos bras, ô Vierge mère des vier
ges ; je cours à vous, ô ma Mère, et
toute pécheresse que je suis, je me ré
fugie à vos pieds. Ne rejetez pas mes
prières, ô Mère du Verbe, mais rendezvous-y propice et daignez les exaucer.
Ainsi soit-il.
XVII.
Prière & sainte Marthe, patronne de
la Congrégation.
O bienheureuse sainte Marthe, pa
tronne et protectrice de notre Con
grégation , vous qui avez eu le glorieux
privilège de recevoir dans votre de
— 228 —
meure Notre-Seigneur Jésus-Christ,
le Fils du Dieu vivant, et qui avez eu
le bonheur de le servir pendant son
séjour sur la terre, du sein de la gloire
où vous régnez, écoutez favorablement
nos prières. Obtenez de ce divin Sau
veur qu’il mette dans nos cœurs cette
humilité profonde, ce zèle ardent,
cette vive charité qui ont été votre
partage, et qui nous le feront toujours
regarder et aimer dans la personne
des pauvres, des malades et des enfants
qui seront confiés h nos soins. Nous
vous remercions des grâces que vous
nous avez déjà obtenues et nous vous
conjurons de nous continuer toujours
votre puissante protection auprès de
Dieu. Que votre exemple nous anime à
accomplir fidèlement et dans le seul
but de plaire à Dieu les œuvres de cha
rité et de miséricorde auxquelles nous
— 229 —
nous sommes consacrées, afin que
nous puissions un jour participer à
votre bonheur et à votre gloire, après
avoir entendu sortir de la bouche de
Notre-Seigneur Jésus-Christ ces pa
roles consolantes : Venez, les bénis de
mon Père, venez posséder le royaume qui
vous a été préparé de toute éternité.
Ainsi soit-il.
XVIII.
Formule <les Vœux.
Dieu éternel, tout bon, tout sage et
tout puissant, je, sœur N..... , bien que
très-indigne de vos divines faveurs,
me confiant toutefois en votre bonté et
miséricorde infinies, et mue du désir
de vous servir avec perfection, fais à
votre souveraine majesté, en présence
de la très-sainte vierge Marie, de sainte
Marthe et de toute la cour céleste,
— 230 —
vœu pour cinq années (ou à perpétuité)
de chasteté, obéissance et pauvreté,
pour être entièrement à vous et vous
servir comme une de vos épouses en
cette Congrégation de Sainte-Marthe
du Périgord. Je supplie donc votre in
finie bonté, par le précieux sang de
Notre-Seigneur Jésus-Christ, de rece
voir ce sacrifice en odeur de suavité,
et comme il vous a plu de me faire la
grâce de vous l’offrir, ainsi il vous
plaise de me la donner abondante pour
l’accomplir.
Ainsi soit-il.
T"----- :-----— 231 —
Méthode d'Oraison.
PREMIÈRE PARTIE.
Préparation éloignée.
Dégagement du péché.
Mortification des passions.
Garde des sens intérieurs et exté
rieurs.
2.
Préparation prochaine.
Prévoir dès le soir et repasser le ma
lin le sujet d’Oraison et particulière
ment ce qu’il faudra considérer en
— 232 —
se convaincre et les résolutions qu’il
faudra prendre.
Se tenir en silence depuis le soir jus
qu’au lendemain après l’Oraison.
Aller avec amour et avec joie à l’O
raison, aussitôt qu’on sonne la cloche,
pour rendre à Dieu nos adorations et
nos hommages.
5.
Preparation immédiate.
Se mettre en la présence de Dieu
par un acte de foi et d’adoration.
Se reconnaître indigne de paraître
devant Dieu et d’être souffert en sa
présence, disant : Je me confesse, et
s’excitant aux sentiments d’humilia
tion , de contrition et de confusion de
ses péchés.
S’unir h Notre-Seigneur pour pa-
— 233 —
raîtcè en sa divine personne devant
son Père.
Se reconnaître incapable de faire
Oraison.
Renoncer à son propre esprit.
Invoquer les lumières du Saint-Es
prit en disant le Venez, Esprit-Saint.
DEUXIÈME PARTIE.
Corps de l’Oraison.
PREMIER POINT.
Adoration.
Considérer en Notre-Seigneur JésusChrist le sujet donné à méditer : les
sentiments de son cœur, ses paroles,
ses actions.
Lui rendre nos devoirs : adoration,
— 234 —
admiration, louanges, actions de grâ
ces, amour, joie, compassion.....
DEUXIÈME POINT.
Communion,
Se convaincre de la vérité donnée à
méditer par des actes de foi ou par
d’autres motifs.
Faire des réflexions sur soi avec des
sentiments de contrition pour le passé,
de confusion pour le présent, de désirs
pour l’avenir.
Demander h Dieu selon nos besoins
et le sujet présent, avec humilité, con
fiance et persévérance.
TROISIÈME POINT.
Coopération.
Prendre des résolutions particuliè
res, présentes, efficaces.
Se défier beaucoup de soi-même.
Se confier entièrement en NotreSeigneur Jésus-Christ.
TROISIÈME PARTIE.
Conclusion.
Remercier Dieu de ce qu’il nous a
souffert en sa présence et des autres
grâces qu’il nous a accordées dans
l’Oraison.
Lui demander pardon de toutes les
fautes que nous y avons commises.
Confier le tout aux soins et h l’amour
de la très-sainte Vierge, la priant,
qu'elle bénisse nos résolutions, la jour
née présente, notre vie, notre mort.
Faire le bouquet spirituel.
Terminer par une des prières à la
sainte Vierge, ou Y Angélus.
236 —
XX.
Méthode pour entendre la sainte messe.
(Extraite d’un réglement manuscrit des Sœurs
de Sainte-Marthe, approuvé, en l’année
1650, par Mgr Philibert de Brandon, alors
évêque de Périgueux.)
1.
Quand on entend sonner la cloche,
se rappeler que c’est Dieu lui-même
qui nous invite a aller assister au sa
crifice de son divin Fils.
2.
En se rendant à la chapelle, se dire
à soi-même : Je vais assister à la mort
de mon Sauveur, et ce sont mes péchés
qui l’ont causée; je vais présenter à Dia
le sacrifice le plus grand et le plus agréa
ble qui ait été jamais offert à sa majesté
—
— 237 —
infinie, puisque c’est un Dieu qui en est le
prêtre et la victime.
3.
Il faut entrer dans l’église avec moI destïe et respect, s’humilier profondé
ment et demander pardon de ses pé
chés par un acte de contrition.
4.
1
1
Unir son intention à celle du prêtre
qui va célébrer, se proposer ensuite
une intention particulière selon ses
besoins ou son désir, se rappeler que
le sacrifice de la sainte messe est le
même que celui du Calvaire et le Mémorial de la Passion de Notre-Seigneur
Jésus-Christ.
‘
S.
»
H
>(
.C‘ !$'
Quand le prêtre sort de la sacristie.,
se représenter Notre-Seigneur gravis-
g i
— 238 —
sant le Calvaire, chargé du bois de la
croix.
6.
S’humilier de ses péchés et en de
mander sincèrement pardon à. Dieu,
pendant que le prêtre dit le Judica et
récite le Confiteor.
7.
Lorsque le prêtre monte à l’autel et
dit V Introït, considérer Notre-Seigneur
Jésus-Christ montant sur le Calvaire
couvert de sueur et du sang qui dé
coule de toutes ses blessures.
8.
Au Kyrie, se représenter les bour
reaux dépouillant brutalement notre
divin Sauveur de tous ses vêtements-
9.
Au Gloria, louer et remercier Notre-
■P
— 239 —
Seigneur Jésus-Christ pour tout l’a
mour qu’il nous a témoigné dans le
supplice de la croix ; louer et remercier
aussi le Père éternel d’avoir voulu
nous donner une victime aussi auguste.
10.
Aux Oraisons, se représenter NotreSeigneur sur la croix, priant avec lar
mes Dieu, son Père, pour le salut de
tous les hommes et en particulier pour
ses bourreaux.
11.
s
Depuis l’Epître jusqu’au Credo, re
passer dans sa mémoire quelques-unes
des paroles prononcées par NotreSeigneur Jésus-Christ sur la Croix.
12.
Au Credo, considérer Notre-Seigneur
docteur par excellence qui nous ensei
gne la pratique de toutes les vertus ;
faire un acte de foi sur toutes les véri
tés qui nous sont proposées par l’E
glise.
13.
A l’Offertoire, se représenter NotreSeigneur mourant sur la croix et of
frant à Dieu, son Père, son âme et son
corps pour la rédemption de tout le
genre humain.
14.
A la Secrète, accompagner en esprit
Notre-Seigneur Jésus-Christ descen
dant aux limbes pour y délivrer les
âmes des justes de leur captivité.
13.
A la Préface et au Sanctus, considé
rer les anges étonnés de la grandeur
— 341 —
du mystère de la croix, et louant Dieu
de la gloire que ce sacrifice doit lui
procurer; s’exciter à le louer avec
eux.
16.
A l’Elévation, adorer Notre-Seigneur
Jésus-Christ réellement présent sur
l’autel, admirer la grandeur du mira
cle qui s’est opéré, faire un acte de
foi vive sur la présence de Notre-Sei
gneur , le prier de laver dans son sang
toutes nos iniquités.
17.
Depuis l’Elévation jusqu’au Pater,
continuer à s’entretenir avec Dieu le
Père, lui représenter tout ce qu’a souf
fert son divin Fils, et le conjurer, par
tout ce qu’il a enduré, de nous appli
quer le prix de son sang et de soulager
H
— 348 —
les âmes qui souffrent dans le Purga
toire.
18.
Depuis le Pater jusqu’à la Commu
nion , s’exciter à un vif et ardent désir
de la sainte communion, et la faire au
moins spirituellement.
19.
Après la Communion, remercier
Dieu de ce qu’il nous a fait la grâce de
communier réellement ou spirituelle
ment, ou bien méditer sur la sépulture
de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
20.
Au dernier Evangile, se représenter
Notre-Seigneur Jésus-Christ ressuscité
et glorieux dans le ciel, à la droite de
Dieu, son Père; s’unir aux anges et
aux saints pour louer et bénir son hu
manité sainte.
— 243 —
Quand la messe est finie, remercier
Dieu de nous avoir accordé la grâce
d’y assister.
(En vertu d’un décret de la sacrée Con
grégation des Indulgences, du 10 avril
1821, Sa Sainteté Pie VII a accordé une
indulgence plénière à toute personne qui,
s’étant confessée et ayant fait la sainte
communion, récitera, avec un cœur con
trit et dévotement, l’Oraison suivante de
vant une image quelconque de Jésus cru
cifié, et y priera pour les besoins de
l’Eglise.)
Oraison.
Me voilà, ô mon bien-aimé Jésus,
prosterné en votre sainte présence. Je
vous prie, avec la ferveur la plus vive,
— 244 —
,
d’imprimer dans mon cœur des senti
ments de foi, d’espérance, de charité,
de douleur de mes péchés, et de ferme
propos de ne plus vous offenser. Ah !
imprimez ces sentiments, je vous en
conjure, dans mon cœur, tandis qu’a
vec tout l’amour et toute la compassion dont je suis capable, je m’occupe
à considérer vos cinq plaies, en médi
tant d’abord, ô mon Jésus, ces paroles
de David : Foderunt maims meas et pedes
mcos ; dinumeraverunt omnia ossa mea.....
Ils ont creusé mes mains et mes pieds ; ils
ont compté tous mes os..... (Ps 21, ÿ 17
et 18.)
FIN.
TABLE DES MATIÈRES.
Lettre pastorale de Mgr l’Evêque
de Périgueux.................................
i
CHAPITRE PRÉLIMINAIRE.
Origine de la Congrégation gênéraie..............................................
3
PREMIÈRE PARTIE.
CHAP. Ier Fin de Hsîitut............. ■15
CHAP. IL Gouvernement de la
Congrégation.......... 18
Art. iw De la Supérieure généraie.......................... 22
§1. De son élection........... 22
§11. De ses attributions...... 30
Art. ii. De l’Assistante............. 34
Art. iii. De l’Econome.............. 38
Art. iv. De la Maîtresse des Novices......................... 42
Art. v. Des Sœurs conseillères 48
U*
IIOffijH
jiî
— 246 —
CHAP. III. Des divers offices et
emplois de la Congré
gation .......................
Art. icr Des Supérieures locales
Art. ii. Des Maîtresses de Pen
sionnats....................
Art. ni. Des Maîtresses de clas
ses externes..............
Art. iv. Des Directrices des sal
les d’asiles et des crè
ches ..........................
Art. v. De la Portière...............
Art. vi. De la Règlementaire....
Art. vu. De la Sacristine...........
Art. viii De la Dépensière..........
Art. ix. De la Réfectorière........
Art. x. DelaLingèreetRobière
Art. xi. De l’Infirmière.............
Art. xii. De laPharmacienne....
Art. xiii Desservantes...............
CHAP. IV. Des Postulantes et des
Novices.....................
Art. icr Conditions générales
d’admission..............
83
33
58
63
69
72
76
77
80
83
85
87
89
92
96
96
— 247 —
Des Postulantes.......... 101
Des Novices................. 105
CHAP. V. Fondation de nouveaux
établissements.......... 413
Arï. il
Art. iii.
DEUXIÈME PARTIE.
CHAP. IerDes vœux en général... 119
Art. ier Des Vœux..................... 119
Art ii. Du Vœu de Chasteté..... 124
Art. iii Du Vœu de Pauvreté.... 125
Art. iv. Du Vœu d’Obéissance... 130
CHAP. II. Des devoirs et obliga
tions des Sœurs........ 4 35
Art. icr Devoirs envers Dieu et
exercices de piété.... 135
S Ier De la prière vocale...... 137
§ II. De l’Oraison.................. 138
§ III. Du saint sacrifice de la
Messe........................ 140
§IV. De l’Examen particulier 142
§ V. De la Lecture spirituelle 143
§ VI. De la Visite au SaintSacrement................ 145
— 248 —
§ VII. De la dévotion à la trèssainte Vierge........... 146
§ VIII De la Confession......... 148
§ IX. DelasainteCoinniunion 131
§ X. Des retraites et renou
vellement des Vœux. 133
§ XI. Des pénitences et cor
rections.................... 137
Art. ii. Des Devoirs des Sœurs
envers la Supérieure. 160
Art. in. Devoirs des Sœurs en
tr’elles....................... 164
Art. iv. Devoirs des Sœurs en
vers les pauvres et les
malades.................... 168
Art v. Devoirs dêsS eurs dans
les visites à domicile
et aux prisons.......... 172
CHAP. III. De l’ordre des exerci
ces de la journée et
de l’esprit qui doit les
animer...................... 177
Art. ior De l’ordre des exerci
ces............................. 177
Art. ii. De l’esprit qui doit ani-
— 249 —
nier les exercices de
la journée.................. 479
S Ier Du lever........................ 479
S II.. Des repas....................... 481
S III. Des récréations........... 183
S IV. Du travail..................... 184
S V. Du silence.................... 186
S VI. Du coucher................... 187
CHAP. IV. Du costume des Sœurs
et de l’ameublement
de leurs cellules....... 189
Art. icr Du costume................... 189
Art. ii. De l’ameublement des
cellules...................... 192
CHAP. V. Des maladies et décès
des Sœurs.................. 195
CHAP. VI. Dispositions diverses.. 199
I. Visites et sorties.......... 199
II. Correspondances........ 200
III. Livres et bibliothèques 201
IV. Rapports avec MM. les
Ecclésiastiques....... 201
V. Permissions et dispen
ses........................... 202
— 250 —
VI. Parloirs........................ 203
VII. Voyages....................... 204
VIII Invitations.................. 203
IX. Fêtes et communions.. 20S
X. Lecture de la Règle.... 209
XI. Fidélité à la règle...... 210
CHAP. VII Prières qui doivent se
faire en commun..... 212
I. Prière du matin et du
soir............................ 212
II. Prière avant le déjeu
ner............................ 212
III. Prière après le déjeu
ner.............................213
IV. Prière avant le dîner et
avant le souper.........214
V. Prière après le dîner et
après le souper......... 216
VI. L’Angelus.................... 218
VII. Prière avant la.récréation......................... 219
VIII Prière avant le cha
pelet......................... 220
IX. Prière après le chape
let.............................. 221
— 281 —
X. Prière avant l’Examen
particulier................ 222
XI. Prière après l’Examen 223
XII. Prière avant la Lecture
spirituelle................ 224
XIII. Prière après la Lec
ture......................... 228
XIV. Prière avant la classe. 225
XV. Prière après la classe. 226
XVI. Prière deSt-Bernard. 226
XVII. Prière à Ste-Marthe.. 227
XVIII Formule des Vœux... 229
XIX. Méthode d’oraison... 231
XX. Méthode pour enten
dre la sainte Messe. 236
Oraison avec Indulgence plé
nière........................................ 243
FIN DE LA TABLE.
CÉRÉMONIAL
POUR
LA
PROFESSION
et
LA PRISE D’HABIT
DES
SŒURS DE SAINTE - MARTHE
du Périgord.
PÉRIGUEUX.
Chez Laybrtujon (ils, impr. de Mgr l’Évêque,
Rue d’Angoulême, t8.
1861.
;
■
B
CÉRÉMONIAL
pour
LA PRISE D’HABIT.
L’habit se donne aux Postulantes
qui doivent être admises au Noviciat,
avant le commencement de la Messe.
Les Postulantes sont agenouillées à
l'entrée du sanctuaire.
Le prêtre qui fait la cérémonie, étant
revêtu du suplis, de l’étole et de la chape,
assis et couvert, leur adresse les ques
tions suivantes, auxquelles les Postulan
tes répondent toutes ensemble, à haute
et distincte voix :
D. Mes fdles (o« ma fdle), que dési
rez-vous? Déclarez votre intention
devant cette assemblée.
JU&t,
R. Je demande à être admise au
Noviciat des Sœurs de Sainte-Marthe
du Périgord, pour m’y préparer à la
consécration que je désire l'aire un
jour de tout moi-même au Seigneur.
D. Est-ce de votre pleine et libre
volonté et sans aucune contrainte que
vous demandez à être admise au No
viciat des Sœurs de Sainte-Marthe
pour vous y former à la vie religieuse
et l’embrasser un jour ?
R. C’est de ma pleine et libre vo
lonté et sans aucune contrainte que
je fais cette demande.
Le prêtre leur répond, :
Que Notre Seigneur Jésus-Christ
qui vous a inspiré ce désir de vous
consacrer à lui dans la vie religieuse
daigne, dans sa miséricorde et l’inter
cession de sa très-sainte Mère, de
Sainte-Marthe et de tous les Saints,
vous donner la persévérance et la force
de l’exécuter un jour.
Le prêtre se découvre, se lève et se met
à genoux avec toute l'assistance : on chante
le Veni Creator Spiritus (si on ne l’a pas
chanté au commencement de la cérémo
nie), après quoi le prêtre tourné vers l’au
tel debout et découvert, bénit les habits
des Novices et les voiles, comme il suit :
BÉNÉDICTION DES HABITS,
ÿ Dominus vobiscum
b] Et cum spiritu tuo.
Oremds.
Deus æternôrum bonorum fidelissi—
me promissor, certissime persolutor,
qui vestimentum salutis et indumen
tum æternæ jucunditatis tuis fidelibus
promisisti, Clementiam tuam suppliciter exoramus, ut liæc indumenta,
humilitatem cordis, et contemptum
mundi signiflcantia, quibus famulæ
tuæ (vel famula tua} sancto visibiliter
sunt informandæ (vel est informanda)
proposito, propitius bene t dicas; ut
beatæ castitatis babitum, quem, te
inspirante suscipiunt (vel suscipit), te
protegente custodiant (vel custodiat);
et quas (vel quam) venerandæ veslibus
promissionis induis temporaliter, beatâ
facias immortalitate vestiri. Per Dominum nostrum Jesum Christum Filium tuum, qui tecum vivit et régnât
in imitate Spiritus Sancti Deus, per
. omnia sæcula sæculorum. sj Amen.
Oremus.
Domine Deus, bonarum virtutum
dator, et omnium benedictionum largus infusor, te obnixis precibus deprecamur, ut lias vestes benefdicere,
et saricti}-ficare digneris, quas famulæ
tuæ (vel famula tua) pro indicio congnoscendæ religionis induere. se vo-
lunt (vel vult), ut inter reliquas feminas tibi cognoscantur dicatæ (vel cognoscalur dicata). Per Christum Dominum nostrum. nJ Amen.
Oremus.
Exaudi, omnipotens Deus, preces
nostras ; et lias vestes, quas famulæ
tuæ ad se ipsas operiendas exposcunt
(vel famula tua ad se ipsam operiendam exposcit) ; uberrimæ benedictionis imbre perfunde, sicut perfudisti oram vestimentorum Aaron benedictione unguenti profluentis à capite in barbam, et sicut benedixisti
vestes omnium religiosorum tibi per
omnia placentium ; ita eas benedicere,
et sanctifficare digneris : ac præsta,
clementissime, Pater, ut suprà dictis
famulabus tuis (vel suprà dictâ famulâ
tuâ), sint liæ vestes salutis protectio,
hæ cognitio religionis, liæ initium
— 8
sanctitatis, hæ contrâ omnia telainimici robusta defensio, ut centesimi
muneris opulentiâ, perseverante continentiâ, ditentur. Per Christum Dominum nostrum. rJ Amen.
Et vestes aquâ benedictâ aspergit.
BÉNÉDICTION DES VOILES.
Oremus.
Suppliciter te, Domine rogamus,
ut super has vestes ancillarum tuarum
capitibus (vel anciliæ tuæ capiti) imponendas, benef dictio tua benigna descendat; et sint hæ vestes benedictæ,
consecratæ, immaculate, et sanctæ.
Per Christum Dominum nostrum.
r) Amen.
Oremus.
Caput omnium fidelium, Deus, et
totius corporis saivator, hæc operi-
— 9 —
monta velaminum, qnæ famulæ tuæ
(vel famula tua) propter tuum, tuæ
que genitricis bcatissimæ virginis Mariæ amorem suis capitibus sunt imposituræ (vel suo capiti est impositura),
dextera tua sancti-f-fica; et hoc, quod
per ilia riiysticè datur intelligi, tuâ,
semper custodiâ, corpore pariter,
et animo incontaminato custodiant
(vel custodiat) ; ut, quando ad perpetuam sanctorum remunerationem venerint (vel venerit), cum prudentibus
et ipsæ (vel ipsa) virginibus præparatæ (vel præparata), te perducente,
ad sempiternæ felicitatis nuptias introire mereantur (vel mereatur). Qui
vivis et régnas Deus, per omnia sæcula sæculorum. n) Amen.
Et vela aspergil aquâ benediclâ.
Le prêtre se tourne vers les Postulan
tes et leur demande.
D. Mes filles (ou ma fille), persévé
i*
— 10 —
rez-vous dans la demande que vous
avez faite d’être admises au Noviciat
de la Congrégation de Sainte-Marthe
du Périgord.
Les Postulantes répondent toutes en
semble :
R. Oui, Monsieur, j’y persévère.
Le prêtre met le voile sur la télé de
chacune, en disant :
Accipe velamen sacrum, quo cognoscaris mundum contempsisse, et
te Christo Jesu veracitèr humilitèrque,
toto Cordis annisu, sponsam subdidisse, qui te ab omni malo defendat,
et ad vitam perducat æternam. b) Amen.
Puis il donne à chacune son nom de
religion.
Vous ne serez plus appelée N.....
mais sœur NN.....
ÿ Dominus vobiscum.
n) Et cum spiritu tuo.
— 11
Oremus.
Famulas tuas (vel famulam tuam),
Domine, tuæ custodiâ muniat pietatis,
ut virginitatis saî?ctæ propositum,
quod, te inspirante, suscipere intendunt (vel intendit) , te protegente,
illæsum custodiant (vel custodiat). Qui
vivis et régnas cum Deo pâtre in unitate Spiritus Sancti Deus, per omnia
sæcula sæculorum. nJ Amen.
Benefdicat vos (vel te) conditor
cœli et terræ, Deus Pater omnipotens,
qui vos (vel te) eligere dignatus est
ad beatæ Mariæ Matris Domini nos tri
Jesu Christi consortium, ut integram
et immaculatam virginitateni, quam
proflteri intenditis (vel intendis) ,
coram Deo et angelis ejus, conservetis (vel conserves) ; propositum tencalis (vel teneas) ; ut coronam virgi
nitatis accipere mereamini (vel me-
— 12
rearis). Per eumdem Christum Dominum nostrum. nJ Amen.
Les Novices se retirent et vont revêtir
leurs nouveaux habjjs. Pendant ce temps
on chante Les psaumes Ecce quàm bonum..., Lætatus sum..., Nisi Domi
nus..., Lauda Jerusalem..., et le Prêtre
s’habille pour célébrer la sainte Messe.
CÉRÉMONIAL
pour
LA
PROFESSION.
La cérémonie de la Profession se
fait avant la Messe.
Les Novices sont agenouillées à l’entrée
du sanctuaire.
Le prêtre qui fait la cérémonie étant
revêtu du surplis, de l’étole et de la cha
pe, assis et couvert, leur adresse les ques
tions suivantes, auxquelles les Novices
répondent toutes ensemble, à haute et
distincte voix.
D. Mes filles {ou ma fille), que dési
rez-vous ? Déclarez votre intention
devant cette assemblée.
SSSEiKSH!
— 14 —
R. Je demande à être admise à la
profession religieuse dans la Congré
gation des sœurs de Sainte-Marthe du
Périgord.
D. Est-ce de votre pleine et libre vo
lonté,et sans aucune contrainte, que
vous désirez faire profession de la vie
religieuse dans cette Congrégation ?
R. C’est de ma pleine et libre vo
lonté et sans aucune contrainte que
je fais cette demande.
D. Avez-vous le consentement de la
Congrégation ?
R. Oui, Monsieur.
Le prêtre se découvre, se lève et dit :
Auxiliante Domino Deo et Salvatore
nostro Jesu Christo, eligimushaspræsentes virgines (vel, liane præsentèm
virginem) benedicere, ac Domino nos
tro Jesu Christo, summi Dei Filio, des>
ponsare,
— 1S —
Tout le monde se met à genoux et l’on
récite les Litanies des Saints.
Kyrie eleïson.
Christe eleison.
Kyrie eleïson.
Christe audi nos.
Christe exaudi nos.
Paler de Cœlis Deus, Miserere nobis.
Fili Redemptor mundi Deus,
Spiritus sancte Deus,
Sancta Trinitas unus Deus,
Sancta Maria,
Ora pro nobis.
Sancta Dei Genitrix,
Sancta Virgo Virginum,
Sancte Michaël,
Sancte Gabriel,
Sancte Raphaël,
Omnes sancti Angeli et Archangeli,
Orate.
Omnes sancti beatorum spirituum ordines,
Sancte Joannes Raptista,
Ora.
— 46 —
Sancte Joseph,
ora.
Onines sancti Patriarchs et Prophets,
Orate
Sancte Petre ,
Ora.
Sancte Paule ,
Sancte Andrea,
Sancte Jacobe,
Sancte Joannes,
Sancte Thoma,
Sancte Jacobe,
Sancte Philippe,
Sancte Bartholomse,
Sancte Matthæe,
Sancte Simon,
Sancte Thadse,
Sancte Matliia,
Sancte Barnaba,
Sancte Luca,
Sancte Marce,
Omnes sancti Apostoli et Evangelists,
Orate.
Omnes sancti Discipuli Domini,
47 —
Omnes sancti Innocentes ,
Orate.
Sancte Stephane,
Ora.
Sancte Laurenti,
Sancte Vincenti ,
Sancti Fabiane et Sebastiane , Orate.
Sancti Joannes et Paule,
Sancti Cosma et Damiane,
Sancti Gervasi et Protasi ,
Orate.
Omnes sancti Martyres ,
Sancte Silvester,
Ora.
Sancte Gregori,
Sancte Ambrosi ,
Sancte Augustine,
Sancte Hieronyme ,
Sancte Martine,
Sancte Nicolae,
Omnes sancti Pontifices et Confessores,
Orate.
Omnes sancti Doctores,
Sancte Bénédicte,
Ora.
Sancte Antoni,
Sancte Bernarde,
— 18 —
)S«,
«
Sancte Dominice,
Ora.
Sancte Francisce,
Omnes sancti Sacerdotes et Levitæ,
Orate.
Omnes sancti Monachi et Eremitæ,
Ora.
Sancta Maria Magdalena,
Sancta Agatha,
Sancta Lucia,
Sancta Agnes ,
Sancta Cœcilia ,
Sancta Catharina,
Sancta Anastasia ,
Omnes sanctæ Virgines et Viduæ,
Orate.
Omnes sancti et sanctæ Dei, Intercedite pro nobis ,
Parce nobis Domine.
Propitius esto
Propitius esto, Exaudi nos Domine.
Libera nos Domine.
Ab omni malo,
Ab omni peccato,
Ab ira tua,
A subitaneà et improvisà morte,
— 19 —
Ab insidiis diaboli,
Libera.
Ab irâ., et odio et omni malâ voluntate,
A spiritu fornicalionis,
A fulgure et tempestate,
A morte perpetuâ,
Per mysterium sanctæ Incarnationis
tuæ,
Per adventum tuum ,
Per nativitatem tuam,
Per Baptismum et sanctum Jejunium
tuum,
Per Crucem et Passionem tuam ,
Per Mortem et Sepulturam tuam,
Per sanctam Resurrectionem tuam ,
Per admirabilem Ascensionem tuam,
Peradventum Spiritus sancti Paracleti,
In die judicii,
Peccatores ,
Te rogamus audi nos.
Ut nobis parcas,
Ut nobis indulgeas,
Ut ad veram pœnitentiam nos perducere digneris,
— ao
ût Ecclesiam tuam sanctam regere
et conservare digneris,
Ut Domnum Apostolicum et omnes
ecclesiasticos ordines in sancta religione conservare digneris,
Ut inimicos sanctæ ecclesiæ liumiliare
digneris,
Ut regibus et principibus cliristianis
pacem et veram concordiam donare
digneris,
Ut cuncto populo christiano pacem
et unitatem largiri digneris.
Ut nosmetipsos in tuo sancto servitio
confortare et conservare digneris,
Ut mentes nostras ad cœlestia desideria erigas,
Ut omnibus benefactoribus nostris
sempiterna bona rétribuas,
Ut animas nostras fratrum propinquorum et benefactorum nostrorum al
æterna damnatione eripias,
21 —
Ut fructus terræ dare et conservare
digneris,
Ut omnibus fidelibus defunctis requiem
æternam donare digneris,
Le prêtre se lève et, debout, tourné
vers les Novices, les bénit par deux fois,
en disant :
Ut præsentes ancillas tuas (vel præsentem ancillam tuam) benefdicere di
gneris ,
Ut præsentes ancillas tuas (vel præsentem ancillam tuam) benefdicere et
sanctifficare digneris,
Le prêtre se remet à genoux et continue
en disant :
Ut nos exaudire digneris,
Fili Dei.
Agnus Dei qui tollis peccala mundi.
Parce nobis Domine,
Agnus Dei qui tollis peccata mundi,
Exaudi nos Domine.
— 22 —
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi.
Miserere nobis.
Ghriste audi nos.
Christe exaudi nos.
Kyrie eleison.
Ghriste eleison.
Kyrie eleison.
Les litanies finies, on entonne le Veni
Creator que l’on chante en entier fsi on
ne l’a pas chanté au commencement de U
cérémonie). On est debout après le pre
mier verset.
Le prêtre ensuite bénit les voiles et les
crucifix en la manière suivante :
BÉNÉDICTION DES VOILES,
ÿ Dominus vobiscum.
n) Et cum spiritu tuo.
Oremus.
Supplicitèrte, Domine, rogamus, ut
super lias vestes ancillarum tuarum
capitibus imponendas (vel, hanc vestem anciliæ tuæ capiti imponendam),
— 23 —
i benefdictio tua benigna descendat,
et sint liæ vestes benedictæ, consecra
te, immaculate et sanctæ (vel sit hæc
vestisbenedicta, consecrata, immaculata et sancta). Per Christum Dominum nostrum, b) Amen.
Oremus.
Caput omnium fidelium, Deus, et
totius corporis salvator, liæc operinienta velaminum, quæ famulæ tuæ,
(vel hoc operimentum velaminis quod
famula tua) proptèr tuum, tuæque
; genitricis beatissimæ virginis Mariæ
amorem suis capitibus sunt imposituræ
(vel suo capiti est impositura) dexterâ tuft sanctiffica; et hoc quod per
illamysticè datur intelligi, tuâ semper
custodiâ, corpore pariter,. et animo
incontaminato custodiant (vel custo
diat) ; ut, quando ad perpetuam sanc
torum remunerationem venerint (vel
— 24 —
venerit), cum prudentibus et ipsæ (vel
ipsa) virginibus præparatæ (vel præpa
rata), te perducente, ad sempiternæ
felicitatis nuptias introire mereantur
(vel mereatur). Qui vivis et régnas
Deus, per omnia sæcula sæculorum.
nj Amen.
Et vela aspergit aquâ benedictâ.
BÉNÉDICTION DES CROIX PECTORALES.
Oremus.
Omnipotens Deus, qui crucis signum
pretioso Filii tui sanguine dedicasti,
quique per eamdem crucem Filii tui
Domini nostri Jesu Christi mundum
redimere voluisti, et per virtutem
ejusdem venerabilis crucis humanum
genus ab antiqui hostis chirographo
liberasti : te suppliciter exoramus ut
digneris lias cruces (vel banc crucem)
paternâ pietate benefdicere, et cœlestem eis (vel ei) virtutem et gratiam im-
— 25 —
i
pertire; ut quôcumque eas {vel earn)
in passionis et crueis Unigeniti tui
signum ad tutelam corporis et animæ
super se gestaverint {vel gestaverit),
cœlestis gratiæ plenitudinem in eis
{vel eà), et munimen valeant {vel va
lent) tuæ benedictionis accipere. Quæmadmodùm virgam Aaron ad rebellium perfidiam repellendam benedixisti, ita et hæc signa {vel hoc sig
num) tuà dexterâ bene+dic; et contrâ
omnes diabolicas fraudes virtulem eis
{vel ei) tuæ defensionis impendas; ut
porlantibus {vel portanti) illani animæ
paritèr et corporis prosperitatem con
férant {vel conférât) salutarern, et spiritualia in eis {vel eâ) dona multiplicent (vel muitiplicet). Per eumdem
Christum Dominum nostrum. nJ Amen.
El cruces aspergit aquâ benedictâ.
Le prêtre se tourne vers les Novices,
2
— 86 —
s’assied, se couvre ei leur adresse les pa
roles suivantes :
D. Mes filles (ou ma fille), persévé
rez-vous dans la demande que vous
avez faite d’être admises à la profes
sion religieuse dans la Congrégation
des Sœurs de Sainte-Marthe ?
Les Novices répondent toutes ensemble :
R. Oui, Monsieur, j’y persévère.
Le prêtre répond :
Que Notre Seigneur Jésus-Christ qui
vous a inspiré ce désir de vous consa
crer à lui dans la vie religieuse, re
çoive aujourd’hui les vœux que vous
voulez en faire, et vous donne, par
sa miséricorde et l’intercession de la
Très-Sainte-Vierge, de SainteMarthe et
de tous les Saints, la grâce d’y être
constamment fidèles.
. Chaque Novice prononce alors succes
sivement ses Vœux en la manière qui suit :
— 27 —
Dieu éternel, tout bon, tout sage et
tout-puissant, je sœur N..., bien que
très-indigne de vos divines faveurs,
me confiant toutefois en votre bonté
et miséricorde infinie, et mue du désir
de vous servir avec perfection, fais à
votre Souveraine Majesté, en présence
de la Très-Sainte-Vierge Marie, de
Sainte-Marthe et de toute la cour Cé
leste, vœu, pour cinq années, de chas
teté , obéissance et pauvreté, pour être
entièrement à vous et vous servir
comme une de vos épouses, en cette
Congrégation de Sainte-Marthe du
Périgord. Je supplie donc votre infinie
bonté, par le précieux sang de JésusChrist , de recevoir ce sacrifice en
odeur de suavité, et comme il vous a
plu me faire la grâce de vous l’offrir,
ainsi il vous plaira me la donner abon
dante pour l’accomplir.
— 28 —
Le prêtre se découvre , se lève et dit :
D. Dominus vobiscum.
R. Et cum spiritu tuo.
Oremds.
Famulas tuas {vel famulam tuam),
Domine, tuæ custodiâmu»iat pietatis,
ut virginitatis sanctæ propositum,
quod, te inspirante, susceperunt {vel
suscepit), te protegente, illæsum cus
todiant {vel custodiat). Qui vivis et
régnas cum Deo Pâtre, per omnia
sæcula sæculorum. R. Amen.
Puis il donne le voile successivement à
chaque Novice en disant :
Accipe velamen sacrum, quo cognoscaris mundum contempsisse, et te
Christo Jesu veracitèr humilitèrque,
toto cordis annisu, sponsam subdidisse, qui te ab omni malo defendat,
et ad vitam perducat æternam.
B. Amen.
— 29 —
Il met la croix pectorale successivement
au cou de chaque Novice en disant :
Suscipe, ancilla Christi, crucifixi
fijus imaginent, solatium vitæ et baculum defensionis tuæ; et in tribus
clavis, quibus afiixus estsponsus tuus,
disce tria religionis vota constanti
animo observare, ut consequâris vitam
æternam. b) Amen.
Le prêtre termine par les prières sui
vantes :
Oremus.
Teinvocamus, Domine sancte, Pa
ter omnipotens, æterne Deus, super
has fatnulas tuas, (vel super hanc famulam tuam) quæ tibi voverunt (vel
vovit) purâ mente, mundoque corde
servire, ut eas (vel earn) sociare di
gneris inter illos centum quadraginta
quatuor millia, qui virgines permanserunt et se cum mulieribus non coin2*
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quinaverunt, in quorum ore dolus non
est inventus : ità, et has famulas tuas
(vel hac famulam tuam) facias permanere immaculatas (vel immaculam).
Per immaculatum Dominum nostrum
Jesum Christum Filium tuum, qui te
cum vivit et regnat in unitate Spiritus
Sancti Deus, per omnia sæcula sæcu
lorum. b] Amen.
Benedicat vos (vel te) Deus, Pa-J-ter,
et Fiflius, et Spiritus f Sanctis omni
benedictione spirituali ; ut manentes
incorrupt®, inviolatæ, et immaculate,
(vel, ut manens incorrupta, inviolata
et immaculate) sub vestimento sanc
tæ Mariæ Matris Domini nostri Jesu
Christi ; requiescat super vos (vel te)
spiritus septiformis grati®, spiritus
sapientiæ et intellects, spiritus consilii et fortitudinis, spiritus scientiæ,
et pietatis, et repleat vos (vel te) spi
ritus timoris Domini, fragiles (vel fra-
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gilem) solidet, invalidas que {vel invalidam que) confirmet, pietate allevet,
et mentes regat, vias dirigat, cogitationes sanetas instituât, actus probet,
opera perficiat, cliaritate ædificet, sapientiâ illuminet, castitate muniat,
scientià instruat, fide flrmet, in virtute muitiplicet, in sanctitate sublimet, ad patientiam præparet, ad obedientiam subdat, sobrias {vel sobriam)
protegatetpudicas {vel pudicam) in infirmitate visitet, in dolore relevet, in
tentatione custodiat, in prosperitate
temperet, in iracundiâ mitiget , in
iniquitateemundet : infundat gratiam,
remittat offensam, tribuat disciplinantUt bis et similibus virtutibus fultæ {vel
fulta), et sanctis operibus illustrate
{vel illustrata), ilia semper studeatis
{vel studeas) agere, quæ digna fiant
remuneratione. Ilium habeatis ('vel
habeas) testem, quem liabituræ cstis
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(vel habituraes) judicem; et vos aptetis (vel te aptes), ut præfulgentem gestetis (vel gestes) in manu lampadem,
intraturæ (vel intratura) sponsi thalamum, occnratis (vel occurras) cum
gaudio, et nihil in vobis (vel te) reperiat
fætidum, nihil sordidum, nihil occultum, nihil corruptum, nihil inhonestum, sed niveas et Candidas animas,
corporaque lucida, atque splendida
(vel niveam et candidam animam ,
corpus que lucidum atque splendidum) ; ut , cum ille dies tremendus
remunerationis justorum , retributionisque malorum advenerit, non inveniat in vobis (vel te), ultrix flamma
quod urat, sed divina pietas quod
coronet; quas jam in hoc sæculo conversatio religiosa mundavit, ut ad tri
bunal æterni regis ascensuræ , (vel
ascensura) celsaque palatia, cum iisdem mereamini (vel merearis) habere
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protectionem, qui sequuntur agnum,
et cantant canticum novum sine ces
sations , illic percepturæ (vel perceptura) prsemium post laborem, semperque maneatis (vel maneas) in viventium regione, atquè ipse benedicat
vos (vel te) de Gœlis, qui per crucis
passionem liumanum genus est dignatus venire in terris redimere, Jesus
Christus Dominus noster, qui cum
æterno Pâtre, et Spiritu Sancto in unitate perfectâ vivit et regnat Deus in
sæcula sæculorum. nJ Amen.
Fait partie de Règlement général de la Congrégation des Soeurs de Sainte-Marthe du Périgord
