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OPINION’ DE! agA “PRESSE
».+ Les Matinées Caractéristiques sont fondées au théatre et elles
auront Ja vogue que leur créatrice, Mle Marie Dumas, leur ayait
cassurée déja dans les salons. ‘
Elles répondent a un besoin qu’Alfred de Vigny avait reconnu et
proclamé dés 1839, dans l’ayant-propos de sa traduction d’Othedla.
~ Ge qu'il écrivait alors est vrai, plus que jamais, et en téte des pro=
grammes de chacune de ces matinées, consacrées a la littérature
étrangére, deyraient figurer ces phrases de de Vigny si sensées, si
convaincantes; t
« Nos-grands maitres nous ont laissé un magnifique trésor national ;
‘mais enfin, il-n’est pas inépuisable, et Von sentira de pius en plus la
nécessité'dajouter des tableaux aux ndtres, comme A l’école francaise
mos musées ont joint les chefs-d’ceuvyre des écoles italienne, flamande
et espagnote. » > :
(M. Henri bE LapomMerayE.— La France).
Une de ces actrices qui sont plus connues encore en province et &
Vétranger qu’& Paris, Mlle Marie Dumas, avait eu, il y a trois ans,
Yidée de composer des représentations ou elle donnait. des fragments
‘de chefs-d’ceuvre ctrangers, traduits. expressément pour elle Elle
avait donné a ces représentations le nom de sowrées caractléristiques.
Les piéces ou parties de pitces quelle offrait au public étaient tirées,
un soir de la littérature russe, un autre de la littérature anglaise,
un autre de la littérature espagnole, et ainsi de suite.
Mile Marie Dumas est une femme spirituelle, instruite, qui ne
manque ni d’esprit d’initiative ni de conflance en soi. Ellé avait me-
né cette premiére affaire avec habileté et bonheur.
e.- On a senti qu’il fallait, cofite que cotte, transporter ces re~
présentations dans‘un ‘vaste thédtre, et on a loué celui de la Porte-
Saint-Martin. “ :
Je crois que les représentations caractéristiques ont un bel ayenir,
qu’elles pourront fournir une carritre aussi brillante, et plus longue
que les inatinées Ballande. M. Ballande tournait forcément dans un
cercle assez étroit de chefs-d’ceuvre. Mais les fondateurs des matinées
nouvelles ont sous la main une mine toute vierge a exploiter, une
mine d’or dont les filons sont nombreux et profonds.
‘ (FE. Sancuy. — Le Temps).
.-. L’idée.a pris et va de mieux en mieux. Qn s'est dit de proche
en proche qu’il ya 1a quelque chose d’iutéressant et d’utile, qu’on s'y
insiruit beaucoup et qu’on s’y amuse encore plus; le public alors
est yvenu et revenu.
Qu’on étende l'idée, qu’on lui trouve un théatre non plus d’emprunt,
Inais permanent-— ce qui peut-etre ne tardera guére, car nous
-croyons savoir que la direction des Beaux-Arts prend fort 4 cceur:
ce qu'il y a de sérieux dans ce succts — et nous aurens pour les
‘euyres théatrales de nos yoisins ce que nos musées ont pour leurs
peintures, avec cette difiéience que la galerie sera vivante, les ta-
bleaux.en actions, et qu’au lieu d’obliger le public a défiler deyant
eux, ce sont eux-mémes qui défileront devant lui,
Le choix des pitces est toujours fort heureux ; nous en faisons, nos
plus vifs compliments 4 Mile Maris Dumus. ; phe:
(Ep. Fournier. — La Patrie,)
ae Matinée espagnole
La Matinée Anglaise nous -avait plus intéressé que la Matinée
russe, La .Matinée espagnole a été tout a fait réassie. Nous avons
éu le Tribunal des- divorces, de Cervantes, une piece remplie de
-verye, gayée d’nn rire facile, heureux, largement ouvert, une euyre
de sol, de plein air, — puis une comédie d’ayentures de Lope de
Vega, et le Our des jeunes filles, de Moratin. Tout cela fut joué par
une troupe impiovisée, au premier rang dé laquelle il faut placer
Mile Marie Dumas, V’organisatrice Ge ces matinées. =~
(Ate. Daupet, — Journal officiel),
‘ Les Matinées caractéristiques de. la Porte-Saint-Martin sont trés-
Suivies. Celle de dimanche dernier était consacrée a la littératuie
dramatique espagnole; Cervantes, Lope de Vega et Moratin en fai-
saient les frais. Du premier, on donnait le Tribunal des divorces: ;
du second la Vengeresse ; du troisitme, enfin le’ Oui des jeunes plies,
La piéce de Cervantes me parait étre celle qui a fait le plus de
plaisir. Il y a 14 une. vigueur comique, une profondeur d’observa—
‘Won qui ne se trouvent pas dans les deux. autres au méme degré,
Ob ne peut se faire une idée de la verve comique qui éclate en
mille traits plaisants dans cette sayméte. On croirait par moments~
“entendre une scéne de Moliére. Le juge refuse de prononcer le di-
‘Vorce et il-adresse'uux’parties-un’ discours d’une ‘ironie fine et pro--
Maute et une admirable connaissance de la nature humaine. Q
_-mieryeilleux génie que’ Cervantes’! Moins’ Espagnol peut-étre
ide dans lequel il expose ses raisons ayec une bonne grace “Came 6
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Vega et Calderon, ‘Il est plus prés de la yérité générale et’ éternelle,
il s’éléve beaucoup plus haut, et son esprit a une bien plus large
envergure. .
Les trois pieces dont je viens de parler ont été trés applaudies.
Les matinées de la Porte-Saint-Martin méritent tout le -uccés qu’elles
obtiennent, (CL. GaracuEL, — Journal des Débats.)
A la. Porte-Saint-Martin, salle pléniére pour la quatritme matindée
caractéristique de Mlle Marie Dumas : quelques sénateurs et députés,
beaucoup d’auteurs, ‘de critiques et d’artistes.
Comme programme, nous sommes en Espagne; Don Edouard
Fournier fait une excellente conférence bourrée de faits et de traits
desprit, et ponctuée d’applaudissements. Mlle Favart, 1’éminente
socictaire du Thédtre-Francais, avec une exactitude de reine de
comédie, vient dire une poésie de la premitre maniére de Victor
Hugo: Grenade.
La saynéte de Michel Cervantes, le Tribunul des Divorces, a été
une véritable surprise de franc comique, Caraméa! L’auteur de Don
Quichotte a-t-il fait beaucoup de saynétes de ceite farce? ;
: E ‘ (JuLes Prevet, — Figaro).
Le Tribunal des divorces, qu'on avait donné d’abord, est une .
de ces bonnes furces, hardies et grasses, comme on en jouait sur les
théatres ambulants dts autos sacramentales. © ;
Cervantés a jeté dans cette fantaisie burl
tout le sujet, quelque chose de la bonho
de bon sens de Sancho Panga.
t le titre dit
t de la verve’
Fy
aes
La Patrie),
¢
(Ep
Matinée gauloise” ree 3 |
Charmante matinée que celle donnée hier 41a Porte-Saint-Martin.
matinée vraiment gauloise par son titre, ses auteurs et ses interpréte :
(Cu. pe Lorpac. — Le Bizn public).
M. Albert Millaud avait déja taté de la gauloiserie dans sa comé-
die du Péché Véniel; d’ailleurs le souvenir des-yieux maitres est
souvent sensible chez lui. Il a improvisé sur ce canevas une série
-de sctnes d’un comique franc, véhénient, vraiment gaulois. Le succes
ena été éclatant. ;
“en ses pantomimes et pantomimes de femme muette; et dés yu’elle —
“Mile Marie Dumas, joliment costumée, a d’abord été tres Esl
est guérie, quand l’écluse aux paroles est rompue, quelie ye re
torrentielle! Touquedillon essaie d’endiguer mais finic par s‘enfuir,
C’est alors que, ne pouvant obtenir des médecins que Gysctte rede-
Vienne muette, il se laisse rendre sourd. La yraie scéne de comédie,
Ja scéne inyentée, est celle ot Gysette et le faux jeune médecin
échangent en toute sécurité leurs tendresses pardessus la téte du mari,
ravi de ne plus rien entendre. ; A
: (Jean BertRann, —La République Frangaise),
ses Il y eut tout un répertoire de « patelinages », on appelait
‘ainsi Jes imitations de la Farce de Pathelin, au dire de Rabelais qui
en joua lui-méme une 4 Montpellier dans le temps de ses études. Il
, en a donné le scenario au chap. 34) du livre [Il de son Pantagruel, et
, de ce scenario, M. Albert Millaud a tiré une farce toute rabelai-
; sienne. Coquelin cadet, prété par la Comédie-Francaise a été fort
amusant et d’une grande originalité dans le rdle du mari. Celui de
la femme a été enlevé @entrain.et pour aiusi dire & l’emporte-piéce
par Mile Marie Dumas.
Le diable au. corps est son fait. Elle ’a encore mieux prouyé dans
une saynéte gauloise, la Jongleresse.
(Ep. Fournier. — La Pairie).
+. Sur une simple indication de Rabelais, M. Albert Millaud s’est
amusé a écrire, avec Cilité Spirituelle et piquante qui caractéri-e
sa quaniére, une sayt le haut godt, intitulée la Femme muette...
Le succes de ce pastiche au large rire a.été des plus vifs. Mlle Marie
Dumas est trés éveillés et trés franche dans le roie de Gysette..
Excellente matinée qui sera certainement’ redemandée par les curieux
de notre vieil' art national. (Avcusre Viru. — Le Figaro).
Avant de paraitre 4 Paris, cette nouvelle édition des Trois Sultay
nes avait été jouée par Mile Marie Dumas a Bordeaux et a Lille.
Voici quelques extraits des journaux de ces deux villes.— Le Cour-
rier de la Gironde, connu pvur la séyérité habituelie de ses juge-
ménts, s’eXprime ainsi; 3 + :
« Mile Marie Dumas, dont rous‘avons, |’année derniére, constaté
le succés dans une conférence bouffe, est revenue a Bordeaux. On
Ya vue, on I’a entendue, et elle a vaincu. C’est dans Soliman [I ou
les Trois Sulianes que s'est exercés la vive imagination de’Mlle Marie
Dumas. Son succes a été:trds grand; et, ce quivaut mieux, trés mérité.»
Fait partie de La Farce de la femme muette
