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CONVICTION
Manifeste
et
T> E
Evidente
LA
FAUSSETÉ
±> È
LA
religion pretsndve reformée
Sans entrer dans \i difcution
d'S lès dogmes
particulière
Hérétiques.
Avec la traduction des
principaux endroits dsé
Epitres 48. & 50.de Saine Aùguflin.
Dediee a Monfinir le Prince de
Chalais, & à
Monfinir le
Marquis â'E.tcideml
Jon F vert»
Par M. N.
en
COCHOIS, Preftre Doéîeuc
Théologie de la Faculté de Paris Archi-
Preftre de Chalais & Curé de
*
à
9
Mont-Boyer»
21
angovlesme,
Par M. P h l a r d
Imprimeur duRoyi&tfô
Monf, TEvefquc. 1674. Avec
Approbation»
,
Ë.t
feyysAjQ
' |
te
C
Jio€8GG4
I
1
Exî in vias, & fepes, &
compelle intrare , ut
împleatur domus mea$
Luc 14;
^
]
184*3**84
+M 0 N S l E V K
«A
&
ut
LE PRINCE
DE
CH AL AIS,
^ ET tA JMONSIEVK
LE
MARQUIS
D'EX CIDEVIL
SON
FRERE.
mSLIQTîjÈ'ôurvj
DE LA
'de
VILLE, ' i
pèsigV-lul; ^ "
ESSIEFRS,
C'tfi le /intiment de Saint Jluguftin, que les
Princes & les Grands Seigneurs > qui ont des
-
EPITRE.
4
Cvniti de
'îfi
fitretiques & des gens feparez de
l Ig
dans leurs terres, & dans leur depandence ( corne
rjous en avez.
tes de devoirs.
) leurs font redevables de deux for¬
Le premier, de les e'ejairer & de
Le fécond, de les contraindre
qu'ils le peuvent, & qu'il efl en eux, de
rentrer dans l'vnite de l'Eglife, après qu'on les a
fuffifamment éclairez. & qtt on leur a fait voir
leprs erreurs & l'tnpijiice de leur (eparation.
Car, (dit excellamment cet incomparable DoBem,
fils efl oient feulement intimidez par les peines, cr
qu'on ne les enjeignafl pas par la. Lotlrint : Ce
feiott comme Vie ejpece de domination criminelle;
s'ils e(I oient feulement enfeignez par la Doélnne,
<CT non pat t> timidez par les peines endurcis par
Vancienneté de la couflume, ils demeureraient dans
leur erreur & Jercmuroient plus lentement potir pren¬
dre le chemin du falut. Si enim terrerentur &
non docerentur : îpiproba qua(i dpminacio viderecur ; fçd rurfus fi docerentur & non terresrentur .• vetuflarç confuetudinis obduraci, ad
les faire inflruire.
autant
çapçflçndam viarn falpçis pigrius mpvçrenfur.
limitant la pieté de ce célébré Çardinal
mm &
de vôtn
de yêtre fang, que chafcun Jfait auoir efit
digpe de la tiare, & fuivans l'exemple de vôtn
fllufye Ayndt, laquelle a. exprès fondé à Ckalaii
fjm fflfijon de Religieux de
j
f
e pitre:
i
>
que les enfàns ,par ce mêmeffele qui a fi pmtfam*
ment animé le Pere contre toutes
fortes d'Herettques,
pujfent inftruire ceux de Cbalais, & difftper, par
la tumiere de leur DoSltine, les tenebres de
leurs
tireurs.
Marchant fur les routes de Madame la
Trincejfe
fto/lre Belle-Sœur, qui dans le peu de fejour qu'elle
a fait a Cbalais, a
plis tant de foin pour les faire
inftruire, fur tout par cette illuftre Congrégation,
des plus Sçavans
Religieux de l'Ordre de S. Aug%
qu'elle demenda pour Cbalais, il y à environ cinq
ou ftx ans,
lefquek pendant huit on dix jours y
prefeberent deux foix le jour, & dirent, comme
chacun ftait, tout ce
qui je pouvoit dire pour
rendre la lumière à ces
aueugles volontaires, s'ils
neuJJent pas efté dans l'extremité de l'aveuglement
& de iendurctjftment du cœur.
Imhans (
du-je ) ces exemples non feulement
faites inftrvire avec foin ; mais comme
vous eftes tous deux
Sç avant & remplis de fort
vous
hs
b lies lumières, "Vous ne perdez,
les inftruire &
point d'occafton de
de les eclatrer vous me/mes, lors
que vous la pouvez, rencontrer.
C'eft pour me joindre à vous par ma plume,
plus gain par ma parole, à eauje de
mon peu de
famé , & de mes infirmitez journalier
très :
que, dans les intervales qu'elles m'ont peu
rte le pouvant
fay composé ces douzj petits dijeours avec
EPITRE.
£
autant de
netteté & de breveté cjtiil ma efié pof.
fibk pour convaincre les Ca'vtniftes & ceux de la
Rel. Prêt. Ref par vne méthode aifée & facile,
dont les plus fimples & les moins éclairez., peuvent ejIre fuceptibles pourveu qu'ils ne veulent pas
renoncer entièrement au bon fens, & faire y ne al*
a
À
Uance indijfoluble avec l'opiniâtreté.
'
p
le
doute pas, ME S SIE VR S, que vous
t
n'y trouviez, rien, que vous ne fçachiez. des -ja ;
a
ne
attfli je ne pretens pas vous apprendre q«elqM
chofc de nouveau.
Mon dejfiin efl feulement de leur ramajfer
vne méthode fort populaire, laquelle toutes les per~
fônnes de bon fins pourront facilement
les belles verùeztque Vous leur inculquez, fouventj
a
dant le
aj
comprendre eb
ci
pour les faire rentrer dans l'Eglife, & quitter cette l
feparatien malheureufe dans laquelle le Schifme ta
excité
Luther & Calvin les a miferabkment eh
engagez. : afin qu'ils les puijfent digérer à loifir & di
y faire vne reflexion plus attentive, & que m'QC* S
quitant envers eux de ce devoir de juftice & de A
par
efl
"P
le Pro• Vt
phete Ezecbiel, de rappeler la brebis égarée & de q>
chercher ce qui efloit perdu.
Un
Le joints à ces difeours & à eette conviElion ht
fnanifefle & évidente de la faujjetè de la Religion fi>
de/ Calvimfies, la traduUion des principaux en* de
chanté je pttiffe continuer autant qu'il
en moy
à fatisfaire à ce que Dieu m'ordonne par
EPÎÎRË.
f
dtoùt de deux excellentes Epures de S. Aitguftina
I
de la 48. & de la 50. afin que vous appreniezD
,
non pas
1Me ce
■
i
-
if
;
IC
de moy, mais de la fohdité des fenumens
grand Maiftie de laTheologit, de cet Aigle
des Dottews Catholiques, de cet admirable lumière
de l Eglife, ce que fous devez, & ce que "Vous
pouvez j lors qu'ils font rebelles aux lumières de
rinftruiïton, & qu'ils s'attachent opiniaflremen§
aux extravagances des Hertfies de Calvin,
Si je vous di/ois, M E S S1E V R S, quedanà
opiniâtre dtfpofttion, non feulement vous ne
recevoir dans le maniment de vos
affaires, dans la conduite & dans le gouvernement
de voflre maifon, dans les Offices de voftre
juftice0
comme "Vous ont rt[pondu, ces Sçavant & célèbres
Doiïeurs de la Faculté de Paris, dans la
confuU
tation que vous leur avez fait faire fur ce fit
jet s,
dont les refolutions ne font que des concluions
directment tirées des principes de la DoSrine de
S. Augufiin, qu'ils font gloire de reconniftre
pont
cette
is
r-
rt
1
tf
te
ne
nt
tt-
de
les devez pas
Maifire • Mais encore, qu'autant que vous pou>ty "Pez, ( car je nt dis rien de ce que vous ne pouovez pas, & de ce qut tfi entre les mains de ceuiï
de que Dieu a établi au defus de vous, ) vous devez,
Sn leur
témoignant la haine, que "Vous avez de
ion leur miftrablt Prétendue Religion, chercher toutes
ion fortes de "Voryes pour les incommoder & leur fairi
en.
f
de la peine » afin que l'amerttmt de cette peint, &
epitre;
troublant leur repos
les porte à faire
t
la dtulèur de cette incommodité
les fajfe rentrer en eux mefme &
eh
quelque reflexion fur le peu de raifon & fur t'inpiftice de leur feparation.
Si dis ie, M t S SIE V R S, ie vous difois ^
ces chofes, ie vous pourrais eftre fufpeél, & peut*
eftre "Vous pourriez, dire, que le .grand zele
que Dieu ma donné pour la Catholicité, & pour £c
l'vnitè de Jon Egltfe, n'cft pas tout a fait réglé m
félon la fcience, qu'il m.e fait pafjer les bornes^
qu'il m empefche de garder vne iu/ie modération,
Mais quand vous lirez, dans les deux £pitres , ■
de ce S. 'Docteur des chofes incomparablement plus
'
fortes ; lors que "Vous y verre^ que les 'Princes &
pour iuftes, pour innocent ^
■qu'ils puijfent paroiftre dans leur "Vie particulière: ■
ne rendent pas à Dieu le fervice dont il luy font j ■
redevables ( & lequel ne luy rendant pas, ila font mu
toufîours tres-coupablts, ) s'ils ne font pour lin.
terefl de fa gloire tfr de l'Bglift de (on Fils, ce qui
ne
peut eftre fait que par des Princes çft des grands• fem
Seigneurs,
...
?»'i
Lorfque vous y liret, qu'après avoir fan mf- jem
truire les Hérétiques qui font dans leur depandence, re^
s'ils acmeurent opinLflres après l inftruslion, H* cur
les doivent perfeenter ( quoyque totifïours avec
(
beaucoup de douceur &de modération, ) partou
les grands Seigneurs,
tes les Vcyes
pofflbles & les ehtrener par la&forci^
H
■s
epiîrë:
$
# pdr l'authoritè dans les chemins
égarez,
de
leurs
erreurs, & dans les bayes & les
buifons efcartez,
de leurs Herefies, peur les contraindre
de rentrer dans
t
re
.
lS
:t'
l'unité de
l'Eglifct Exi in vias
compelle jntrare.
&
fepes» Se
Lors, M E S SIE V R S, que vous
y lirez. 1
que cette perfecution envers les
Hérétiques &
m. Schifinaiiqaes nefl
qu'y ne perfecution de nom:
? m.ris que dans If fond, c'e(l vne véritable
mtfericorde,
que les grands Seigneurs n'ont pas moins d'obligation de l'exercer pour le bien de l'ame de leurs
es
fit
jets, quand ils tes voyent engagez, dans les exhS
travagances de l'Hcrefie, qu'ils font obligez de les
faire lier & fufiiger pour le bien de leur
n$
corps,
lors qu'ils
voyent que par quelque maladie frenie :
tique, ils courent droit au précipice ; qu'ils ne
]>i*
doivent faire aucune attention
fur leurs prefents
>
'
[nt murmures : Mais feulement confiderer, combien
n", ejlgrand, le bien qu'ils leurs procurent :
pour
]Hi e
flans guéris & rentrez danr eux mefmes, ilslequel,
leurs
ie*s.rendront des allions de
grâces dautant pins grandes
qu'ils connoiftront leurs avoir moins pardonné &
n!" leurs avoir
ejlé plus feveres 5 Sed plane falute
ce>
reparatâ, tanto ei uberius
gfâtiasageret, quanta
minus; peperciïïe l'enfiffec.
jes
Quand vous y lire£ ces veritez & vn
"Hl
grand
tiombre nC autres
femblables, déduites avec la (oli*
rctditè de
'
cum fibi
Doiïrhe gr avec la force,
qui eft ordinaire
E PITRE.
Sans dowe, MESSIEVRS, p
que "Vous demeurerez, d'accord, que vous e[ies en- ft
core bien loin du Royaume de Dieu, pour me feu y
vit des termes de l'Evangile, & que "Vous avez. ^
Ib
à ce Spavant Pere j
encore
bien des chojes à faire, pour fervir Dieu m
grands Seigneurs , & rendre à vos miferables dr
infettez. par les erreurs dr par les Ht.
refies de Calvin, ce que la jufiice dr la charité à
yous oblige de leur rendre.
j0[
Et il me femble qu'ils doivent dautant moim 0y
en
tenanciers
trouver mauvais, que "vous
régliez. Vofire conduite
Vofire conjcience fur lei no
Auguftin, que non feule cn,
ment faDoftnne a efié canonisée par les Concile tig
entiers, par les plus Saints dr les plus Spanai
Papes, qui ont fait gloire de fe dire les hum tnc
dr que Vous formie"^
maximes ajjeurtes de S.
tous
vans
blés difciples de ce S pavant
Pere, par vn nombtinni
pre(que infini d'Eve/ques, par
des Princes, dit clf
mais
Roys, dr des Empereurs Catholiques ,
en ,
core par Calvin mefme dr pur la plu/part des prtSei
tmers réformateurs, qui ont tous reconnu, qu'aprtCh,
la Dollrine des livres Sacrez., des Evangiles Oc on
des Saints Apofires, il riy avait vas de Doblrimla j
qu'on pufi fuivre avec plus d'afieurance que
,
de cet incomparable Dobltur.
noij
Cefi pourquoy en attendant que quelqu'une e
,
cekfi
ces
Meffieurs, qui je font rendus fi fignalez.
fa traduttion de beaucoup d'ouvrages
daiprot
de ce 'Rert^fi ,
EPITRE.
«
S»
pui/fent appliquer leur éloquente plume à la tradu»thon de ces deux excellentes Epitres, pour en
r"
faire
Roys & aux Princes Catholiques,
ez dans les intervales
que ma pu donner mon infireu mite
j'ay tafchè d'en traduire les principaux en.
les droits dans la
(implicite de mon jhle ordinaire•
h'
afin, qu'en mefme temps qu'elles ferviront déréglés
lté à yoftre conduite, elles foient la
dejfence & l'apo.
lofie, de ce que yoftre zele & yoftre charité Vous
tnt
obligeront d'entreprendre contre eux.
Vn prefent aux
,
iitt
te -vous
dedie à tous deux ce petit
ld non (eulemenf
ouvrage,
parceque Vous fortifiez, . & perfctli.
tlt'cnnez. tous les iours l'vnion dufang.par vne ami!la tic
& par vne concorde que la corruption de la
nature a rendu
fi rares entre deux Freres ; mais
M encore
parceque vous parroiftèz fi admirablement
bit unis, dans le zele de la Religion
& de la redu»
dticlion de nos pauvres freres de Voyez..
en
Ntus en Voyons fouvtnt, par la
grâce de nofire
^(Seigneur des preuves & des exemples publiques a
MCha/ais ; Mais le zele
que vous avez tous deux
ûconjointement tefmoigné dans laconuerfion de toute
htla famile de feu Monfiettr de la
Grange Martin,
tekft entièrement admirable dr digne de Vofire recon.
noijjance.
i
Vous avez cm,
que c'efioit peu de donner vne
latyroteiïion temporelle à cette famille > dont le Pere
mm
fi genemtfement À vofire fa vice j 5î pour
<
T
12
E PITRE.
une
vie temporelle qu'il avott volontairement donné
four foutenir vos intes ets■ vous ne mettiez, tous fes
tnfans, far la Catholicité, dans le train (fi dans
la foie, de fouvotr obtenir
vue vie éternelle çfi
incorruptible.
L'jdjfiduité que vous avez, depuis feu rendus
à la maladie & a la mort de fa fille aifnèe, pen¬
dant le iourgr pendant la nuit :authori(ans le proprt
les
(fi légitimé 'Pajhur, pour luy donner
Sacre¬
ment de l'Sglije : la confolans, l'exhortant (fi h en
couragans fouVentvous me /mes avec
des fentimens
plains de Religion gr d'vne pieté folidt : Vou,
releuans l'vn l'autre comme de Saintes Sentinelles
que Dieu aVott commis pour garder l'âme de cetl
jeune Damot(elle, au milieu du grand nombre dt
Heretiques dont elle eftott environnée, ne la quti
tans point qu'après fa mort, affiftans mefine à \
ftpulture, & honorant devofire prefençe les eh)
ques, que Voflre libéralité luy a
bien voulu fait
faire avec vne dévotion qui a eftè admirée de toi
le monde, gr qui en infpiroit des fentimem ai
plus tndeVots graux plus tnfenfibles ; Ces aille
( dis-je ) plaines de %ele gr do pieté, ne manqi
font jamais d'attirer les benediélions du Ciel j
nos
perfonnes.
Continuez, donc , MESSIEVRS, du
l'exercice de ce ztk, gr. recevez, ce petit tran
£ lequel na efié entrepris que peur fentretenir <
EPITRE.
ïj
pour Penflmmer d'avantage, ) avec Us mefmes féntu
mens
dajfettion, que vous l'offre çelwy, qui eft
pvec vn re/peiï tout particulier»
»
MESSIEURS»
:
g:i
LE
h ■■■;
1
■
••
'.uv
A VILLE'
;■> •
: ! V
Voftre très-humble, tres-afteftiopnS
& tres-obeïflfanc Serviteur,
& € OC HOI S( Trejhe indigMj
14
m
OOOOOOOOOOOOOOOO-j»
*** ÎS
"PREFACE.
fortes de lefyncomes:
COtnme
s maladiesleurdu commencement,
oorps ont trois
les He-
leur augmentation, & leur dechn, toutes
refies, qui ne font rien autre
que
maladies du grand corps
Dieu ne permet que pour le purger,
ebofe,
des
del'Eglife ( lefquclles
de fes
épurer, pour exercer,
manifefter la Foy de fes véritables fi¬
dèles. Oportet thrtfcs tjfe, ut qui probati funt,
manifefti fiant ) ont eu leur commencement, leur
augmentation, & enfin leur declein ; s'eftants
humeurs peccantes, pour
& pour
toutes brifées contre la
fermeté & l'inmobilité
de cette pierre, fur laquelle Dieu à
établi fon
Eglife. Et fuperbanc Tetram, adifîcabo Ecclefîam
ftteam, & porta inferi non prevalebunt adverfut
tant.
Les Peres de nos Peres ont veu le commen¬
cement des
Herefies des Calviniftes, & de la
Prétendue Reforme, nos Peres en ont veu l'auginentation, & par la mifericorde de Dieu, &
foin de nos Roys très Chrcftiens, & la vigilance ia
le
iesDo&eurs Catholiques; nous commençons
PREFACE.
îj
jours le declein.parciculiereméc
dans noftre France-, ou à la faveur des feditions
& des Guerres Civiles, elles avoienc fait de fi
epouventablcs progrez,
Ec il lemble allés que l'es Calviniftes de
France,1
en demeurent tacitement
d'accord, lors qu'on
les entend fi fouvent dire (
pour fe confolerd'vn
fi grand nombre de gens
fages &avifez, que
mus
voyons tous les jours abandonner leur
party
ruineux,) que leur Prétendue Religion, n'eft plus
la Religion à la mode.
Comme s'ils vouloient dire
qu'il faut que
leur le de, fubifle la fortune commune à toutes
les fedes, & à toutes lesHerefics,
qui fe font
a en voir cous les
elevées contre l'Eglife Romaine, &
que comme
elle a eu fa naiffance Se fon
progrez, qu'il eft
nccefiaire qu'elle ayt fa fin & qu'elle demeure
accablée, par celle contre laquelle, elle a bien
pii s'élever : comme les fedes des autres Herc-
tiques des ficelés paffez j mais non pas la vaincre
furmonter pour eftre appuyée, non
pas
& la
fur les fuggeftions du Démon, ou fur
les in¬
ventions malicieufes de
l'efpric humain, mais
fur l'allurance infaillible de la
parole de Dieu
& de fes divines
promefles.
Mais en quelque eftac
que nous puiflions confidercr les Herefics des Calviniftes & de ceux
la Pretendue Reforme
de
; foit dans leur naifiance»
fg
PRÉFACÉ.
fin, tcu^
ioit dans leur progrez ; foie dans leur
tes les perfonnes
lement d'accord» que la difeufiion des dogmes
tailonnables demeureront faci- y
J
controverfez entre l'Eglife Catholique, & les t
nouveaux Hérétiques, lelquels dogmes font tous
c
ii parfaitement eclairei pat le travail des Do- ]
éleurs de l'Eglife» & particulièrement de celuy (
que Dieu fcmble avoir fufeité de noftre temps, d
pour donner le dernier coup à la fe&edesCal- 1;
vinifies & à toute la Prêt. Reforme lequel nous
voyons tous les jours remporter autant
d'illu- S
combats.
C
dogmes
ftres viétoires qu'il luy livre de
Que la difeuffion, dis-je » de ces
controverfez ( pour laquelle comprendre, ii
faut le
beaucoup d'étude, beaucoup de fciencc, beau, ab
coup deleéfure, Se
beaucoup de mémoire) n'efi
pas vne voie facile pour
l'inftru&ion du corn- m
peuple, laquelle ne peut que jetter l'cm-I.
barras & la confufion dans fon efprit ; Et c'eft
pour cela, que les Miniftres de l'erreur y oncto
ordinairement recours, afin de fe jetter dans de no
grands difeours, lefqueh le plus iouvent nerei
roulent que fur des lophifmes, fur des paffagesxc
des divines écritures mal entendues, pouflez
avec vn air plain d'aflfeurance & de fiereté, def-vai
quels les peuples ne pouvans pas juger, & dansnci
mun
léfqucls ne pouvans rien entendre, ils demeu<qu
rent toujours dans leur feparation.
On i ta
|3
i:s
? ÎLE F ACE*
On a refolu dans ce
Vf
pecic
de la conviftion manifcfte & évidente ouvrage
de la tauflccé delà
Rel. Prêt. Réf.
qui a efté
particulièrement cn«
trcpris pour donner des lumières iuffifances aïs
îs
commun
petïple pour le tirer des tentbres de
)l'Herefie, & le rappeller à
l'Eglife de lefujt
ly Chrift, de fuivre vne methode netee &
faciljé
s, dont le commun
peuple puifle eftre capable#
il- laquelle il
puiffe fort facilement comprendre»
as
Ce qui fe fera en
luydonnantz. moyens ailes
a- & faciles
pour convaincre de fauflètéli Rel. des
Calviniftes &de toute la Prétendue
Reforme*
es
Le premier
moyen en leur faifant voir, que
ut leur
feparation d'avec l'Eglife Catholique eft
u« abfolument
mauvaife.
:s
:ft
Le fécond moyen, en leiir
n- ment
montrant evidara-
qu'ils font hors de la véritable
Eglife de
«n 1. Ch. &
que leur focieté n'en à aucune
marque»
Cette methode
comprend dans (on etninence,
intîout cc
qu'on peut dire pour la reduéfion des
de
nouveaux
Heretiques,■ contient en fa vertu 8c
foy la dilcuflâon de cous les dogmes
rescentrouerfez.
ne renferme en
ez
Car fi cette
feparation efl: abfolument mau2
ef-vaife, comme on le
prouvera avec autant de
uisïietteté que de breveté, il
fenfiiit evidammenc
:u«qu'il la faut quitter,8e qu'il faut incelïammcnt
centrer dans l'ynité de
l'Eglife
"
Catholique*
C
|8
*P RE F u4 CE.
Pretendiïé
Et fi les Calviniftes & ceux de la
4
Reforme lone hors de la véritable Eglife de £
ïeiusChrift ,&que leur focieté n'en ait aucune
marque» (comme on prétend le faire voir ) il
fcnfuit neceflairement, que quelque vrayfem-
(
leurs dogmes;
véritables faafletez;
blance fpecieufe,quepuiflent '.voir
ils ne peuvent eftie que de
qu'il eft inutile ûeraifonncr)dediiputer,defub £
tilifer davantage, que mefme ils ne méritent pas
deftre entendus,& qu'on leur feroit juftice de
ne les pas
entendre : puifque hors de l'Eglili
qu'erreur S
que menfong;, & que Sa vérité ne fe peut pai
rencontrer dans des focictez qui n'en ont pi
de Iefus-Chrift, il n'y peut avoir
les véritables marques.
Pour la le&ure de ce petit ouvrage, on s
qu'vn bon fens commun, & qu'vi Q
peu de treve avec la preocupation & avec l'o
piniaftreté,s'il trouve ces difpofitionsdans lo
leâeur il y à lieu d'clperer,qu'il luy fera vtili
pourveu toutefois que Dieu veuille bien l'ai
compagnerde fabenediébon, laquelle j'exhori y
tous les bons Catholiques de luy demandi ^
avec ferveur, pour le bien & pour le falut c
demande
gos pauvres frétés leparez,
vai
m<
&
"conviction
ni¬
es;
MANIFESTE ET EVIDENTE
:z;
ab'
lift
r
De la fauflfeté de la
fes dogmes
pai
pa
Religion Pre-
tendue Reformée, fans
dans la difcuflîon
entrer
particulière de
Heretiques.
'PREMIER MOÏEN:
Que la fèparation des Cahiniftes
de ceux de la Pretendiie
Reforme,
eji abfolument mauvaife.
tili
l'ai
011
N prouvej que la
fèparation des Calvivinifies, & de ceux de la Rel. Prt.Réf.
lût
d'avec l'Eglife
Catholique eft abfolument mau-
Vaife, pour fix raifons, qui paroiflent entière¬
ment invincibles, i.
D'autant, quefon premier
& principal
fondement, & pretexte,eft vn pur
blafpheme, 2. D'autant qu'elle eft entièrement
I
m
Conviftion metnifefle & évidente
imprudente & deraifonnable. 3. D'autant qu'elle
to
ne peut
més. 4.
avoir de Chefs n'y de Pafteurs légiti¬
D'autant qu'elle eft notoirement Sché¬
matique. v. D'autant qu'elle eft manifeftement
temeraite. 6. D'autant qu'elle eft evidammenc
folle & inlenfée. C'cft ce qui fe déduira plus
au
longs, dans autant dcChapicres& de petits
difeours.
CHAPITRE
I.
Que le prétexté & principal fondement
de la /épuration des Calviniftes d'àïec l'Egh/e
Catholique 3eH V» put
lla/pheme.
d'accord,
TO V S ledemeurer
s Calviniftes
& tous les l'vniquî
P. Rel
doivent
que
fondement de leur feparation & le plus fpecieus
prétexte de leur fchifme d'avec l'EglifeCatho'
liqne Apoftolique&Romaine,eft contenu dam
l'Article 31. de leur confeffion de foy ; dam n
lequel ils dilent, que l'eftat de l'Eglife eftani fe
interrompu, il a efté neceflàirc que Dieu ayi pi
fefçiçé de» gens estraordinaireroept pour icfo* et
r
lie
ti-
De [a fauj/ité de la R. P. R.
ît
l'Eglile, pour la rétablir > & la redreflec
de nouveau, d'autant
qu'elle cftoic tombée en
tner
if-
ruine & en defolation.
:nt
Voilace qui a donné vn
pretextefpecîeux à la
nouvelle reforme. Voila
:nc
us
its
l'vnique fqndemêt de la
feparation de nos pauvres freres abufez. C'eft à
Paifeurance de cet article, que tant d'ames mi-
ferablement perdues depuis
—»
fix-vingc ans parles
Herefies de Luther & de Calvin >&
par la nouvellePretendûe Reforme, ont confié leur faluc.
Et
cependant il eft très évident, que cée
P.Reforme,que ce fondement &
ce
pretexte de leur feparation, n'eft rien autre
ni choie qu'vn pur
blafpheme contre Dieu &
ai contre fon S. Efprit. Aptes cela, jugez je vous
prie, fi nous n'avons pas raifon de dire, que
Wf cette
feparation eft abfolument mauvaife, la¬
quelle n'a pour fondement, que le blafpheme
contre Dieu & contre le S.
Eipric.
le£
Tout le monde fçaic
qu'imputer à Dbu,
^ui qui eft la fouverainc vérité, le
menfonge: qu'a.
:uj eufer le S.
Efprit auquel l'infallibilité eft effenhû' tielle, d'impofture &
luy donner le dementy;
ani C'eft vn
blafpheme, qui eft digne des anathélani mes de toutes les
personnes qui ont quelque
lani fentiment de
Religion & de pieté pour Dieu &
ayl pour fes adorables perfeâions ; C'eft pourtant
Article delà
fot ce qui le fait daas cet Article
31. fondamental
w
m
ConviBion manifelîe & évidente
de la R. P. Réf. dans lequel on ne fait
autre
ehofc qu'acufer Dieu de menfonge & donner
le dementy à fon S. Efprit.
Dieu & le S. El'pric nous difent dans toutes
les Ecritures ancienes & nouvelles , que non
feulement l'Eglife de fon Fils ne tombera pas
en ruine &en delolation,mais melme, qu'elle
n'y peut jamais tomber ; cependant voila l'Ar¬
ticle 31. de la Prétendue Reforme, qui nous die
qu'elle y eft effeélivement tombée, n'eft-ce
donc pas accufer Dieu d'impofture & donner
le démenti au S. Elprit, par le plus hardi & le 1
plus epouventable de tous les blafphemes.
i
Et afin que les Calviniftes ne croyent pas que 1
nous parlions fans fondement. Ecoutons Dieu &
fon S. Efprit parlansdans les divines Ecritures, <
Dans le pfeaume 47. ou il eft parlé, ( côme <
remarque S. Augullin, ) de l'Eglife vifible de !
I. Chrift, qui eft proprement la Cité de Dieu <
& la Ville du Seigneur baftie fur la Sainte Mon< 1
taigne : il eft dit, que Dieu la fondée, non pas 1
comme vn eftat qui devoir eftrc interrompu( é
& qui auroit befoin d'eftre redvefTé & d'eftte t
retably de nouveau : non pas pour durer 4. ou }
5.cens ans, comme voudroient bien nous faire
croire les Calviniftes ; mais pour durer & pour 1
demeurer éternellement. Deus fundavit eatn in c
tummij C'eft à dite, que l^Eglifc de I. Chti| {
ré
er
es
in
ias
lie
r-
lit
.ce
lec
le
[ue
i&
es.
ne
de
ieu
sn«
pas
De la faujjèti de la R. D. R.
3J
jamais tomber en ruine & en defolation.
Dans le Prophète Ifaïe, ou il cft louvenc
parlé de l'alliance de Dieu avec l'Eglife de I. C.
ne peut
alliance cil
appellée perpétuelle « pour
apprendre qu'elle ne dévoie jamais eftrc
interrompue Fadus perpetuvm. Et dans le Ch.'
59. il eft dit expreflement : C'eft icy mon alliance avec eux ( dit le
Seigneur ) mon efprit
qui eft fur toy , & mes paroles que j'ay mife
en ta bouche ne
partiront point de ta bouche»
ny de la bouche de ta pofterité, ny de la bouche de la pofterité de ta
pofterité» dit le Sei¬
gneur, des maintenant &à jamais. Amodo
cette
nous
.
vjquc in fempiternum.,
Et fe
melmeProphète, pour nous apprendre
combien l'Eglife de I.C. eftoit hors de
danger
de tomber en ruine & en defolation,
( comme
s'il avoit voulu eftablir vn Article contradi*
floire à l'Article 31. des Prêt. Réf.
) il nous
reprefente l'Eglife fous limage d'vne Ville très
forte, dans laquelle Dieu a cftabli vne muraille
& vne contre muraille pour empefeher
qu'elle ne
tombe en ruine, Vrbs fortmdinis
noflrx (ion j
ou ponetur in ea murtu & ante murale.
ire
Dans Daniel
Chapitre 2. ou il eft parle de
1U1
tre
)ur
l'Eglife de I. C. qui eft fon Royaume, il cft
in dit, que ce
Royaume ne fera fujet ny à la dil¬
ué
f
PJ è 'î corruption ? qu'il ne fera pas
I
^onviBion mamfefle & évidente
24
interrompu & qu'il demeurera eccrneiiementi-^
àufcitabit Deus cœli, regnum quod in eternim ^
non
dijjipabitem > & regnum ejuj altiri populo non j
tradetur, & ipfum Jiabit in aternnm*
En Saint Luc Ch. i.
tnefme Royaume
Si
nous en
ou
il eft parlé de cî
^
de l'Eglife vifible de I. Ct?
croyons à S. Auguftin, il eft dic
^(
qu'il régnera éternellement & lans interrupttor^
dans lamaifon de Iacobj& que Ton
Royaumt^
ne fera
pas de ces Royaumes qui tombent et ^
ruine & en defolation , mais vn Royaume eter
nel &vn Royaume fans fin. Regnabit in
Jacob & regni tjus non evit finis.
Dans S. Matthieu Chip. 16. ou il eft parlé
cf
df^
l'Eglife vifible del. C. il eft dit3que !csporte!ç;
d'Enfer, c'eft à dire, les erreurs & les Herefiei
l'interprétation de S. Hyer & de Saini*^
Gregroire, ne prévaudront jamais contre cllf^
pour la faire tomber en ruine & en defolation^
Et portée inferi non prœvatibunt adverjus eam.
En S. Iean C-hap. 14. leius Chrill dans
ls<jfi
perfonne de fes Apoftres, promet (on Saint^
Efprit à fon Eglife, pour demeurer avec elle^
non
pas durant quelques fiecles, mais pour tou¬
jours. Ego rogabo patrern, & alium paraclitwlfy
félon
dabit vobit, jptruum veritatis, vt maneat
jcnm in aternum.
vo^f'çtx,
Ies
S» Paul dans l'Ep, aux Ephef. Chap, 4. nom_u
dit que -
r
en '
°Z>e la faujjeté de la R P. X.
éît que Iefus Chcift a eftably dans Ton
sj
Eglite
des Apoftes, des Prédicateurs, des
Prophetesk
m
des
mm
Pafteurs » des DoSeurs, pour la cùnfoifrmation des Saints, pour
l'ouvrage duMiniftercg
5'pour l'édification du Gorp's de I. Chrift, afin
'qu'eftans par la fermeté, au deffus de lamalicè
,K|des hommes des rufes & des fineffes de de
uor
tnalheureu* efprit, qui ne cherche
qu'à nous
im(engager dans l'erreur par fes fupôcs & par fes
:
etMiniftres, nous foyons forts, nous foyons feri£r
,
mes, & que nôus ne nous laiffions
pas aller aû
0/Witrent de toute forte de Dôétrine. Vt
jatn non
f'Wus pamvlt jlnSlnàtites, & circumferamur omnS
e
Venta Doftrinn, in
nequitia hominum, ad circum^ç1e 'yentionem errons. D'où il s'enfuie neceffairemeîit
que tout lecorps dc l'Eglifc ,& toute la focieté
c ai^de fes Pafteurs, rte peut pas tomber dans l'erreur, puifque nous ne
pourrions pas en cftré
,
j
l0tlexempts fi elle y pouvoit tomber.
J'^ Dans la i. àTim. Chip 3. il appelle l'Eglîfc
^de I. C. la Colomne & le firmament de vérités
U Ecclefia Dci Vivi> Columna & jlrmamcntum ve*
^Mtatis. Ce qui neluy cànviendroit pas, fi cllé
pouvoit
tomber en ruine & defolatiO'n.
Voila donc Dieu &
,
v
Ion S.Efprit, qui rtotts àï»
folemnellement & fi evidâment dans
les écritures de l'vn & de l'autre
Teftamenr,'
l'Eglife de fog Fils ne tombera pas & se
Meurent fi
°ucf}«€
Conviiïien tttanifefie & évidente
peut tomber en ruine & en déflation ; Et ce! «
26
pendant l'Article fondamental de la R. P. Rcf '
leur donne le démenti » & nous voudroit fait;
croire qu'elle y eftoit tombée, & que c'eft poui C
qu'ils ont cfté obligez de s'en fe-*
parer & de faire bande à part» Nes'enfuit-Î
cette raifpn,
donc pas manifeftement que
l'vnique & prin¬
cipal fondement de la P. Reforme n'eft qu'vi
pur blafpheme contre Dieu & contre fonSaiit •%
Efprit, & confequaroment qu'il ny à aucun J
fureté d'y demeurer & d'y perleverer davantage ds
Et il ne ferviroit de rien d'avoir recours apré ps
Calvin à vne certaine Eglife invifible des éleu le
Si des predeftinez ; car les Doéteurs Catholique y
ont
fait voir très fouventj que cette réponf&
n'avoit aucune folidité, & que tous ces paffagci bi
félon la Doârine des SS. Peres particulieremento
deS.Auguftin sfe dévoient entendre de l'Egli;tvî
yifible de Iefus Chrift.
de
l'efpere que Meilleurs de la Prêt. Reforme qi
feront, quelque reflexion fur cette premier d';
railon, qui juflifie fi evidammenr, que leur fepa
paratiô d'avec l'Egliie Catholique eft mauvaiftra
Si qu'ils ne demeureront pas davantage dasà
vne fe£te qui n'eft fondée que fur vn pur blalc't
pheme conue Dieu & contre Ion Saint Eipriida
di
S*
ce". »11
De la faujjêtè de la lt. 5». Réf.
M
ijt.j
27
111^
CHAPITRE
II,
la feparation des Calviniftes d'à«
l'Egli/c ^atholique t efi entière>r]îi- mtnt imprudente & deraifonnable»
vec
laiffi » A ralfon
ayant cfté
donnée à l'Homme»
Xj comme yne belle lumière > pour le conduire
tagtdans Tes aftions, & particulièrement dans celles
pré par lefquelles il doic tendre à fa fin & prendre
ku ]e véritable chemin
pour parvenir au faluc ; II
que y à toujours beaucoup d'imprudence à en abafee
onli & à ne s'en
pas bien fervir pour la recherche d'vt»
tgcibien fi necefiaire, & en comparaifon duquel
cuti
nen tous les autres ne
font dignes que de
mépris.'
glilMais il faud avouer qu'il ne fe peut rien voie
de plus imprudent, & de
plus deraifonnable»
me
que la feparation des Calviniftes Se des P. Réf.
lier d'avec
r
l'EglifeCatholique: Et c'cft la 2. raifo»
fepar laquelle on prétend jufîifier que leur fepa-
ailt ration eft abfolument mauvaife. Car fi
onavoic
data fe bien fervir de la raifon Se de la
prudence»
blalè'étoit particulièrement dans cette occafion
»
prildans laquelle il ne s'agifloic de rien moins que
du falut ou de la damnation Eternelle dVn fit
grand nombre de pçuplçs3
fli-
CanvlBio» manife(fe & ivhkntlCependant il eft difficile de voir vne pM £
grande imprudence ,& vn aijusplus prodigieus j
$8
de la droite raifon, que dans cette feparationj ^
que lçs Calvi.niftes & ceux de U P.. ReforfiM
ont fait d'avec
l'Eglife Catholique.
4
Cette grande imprudence & ce renverfemcni g
d,e la bonne raifon, paroift particulièrement ei g
trois chef», i. En ce qu'ils fe font fepareï di £
l'Eglife pouc fuivredes réformateurs, dans lef.
quel» ils ne remarquojent rien d'extraordinaire, à
tomme fans doute, on y euft remarqué s'ils
q
«uflent efté des gens deftinez extraordinaire ^
niîent de Pieu pour la reforme de fou Eglife.
p
2. En ce qu'ils ont quitté les anciens Pere
'Si les anciens Poâcurs de l'Eglife, pour fe range g
à la fuite de fes nouveaux venus qui n'avoien; Hi
rien d'extraordinaire » que le vice & le defordrt
p,
3. En ce qu'ils fe font rangez à leur fuite v,
ïous prétexté qu'ils difoient qu'ils avoient l'el g
triture Se la parole de f)ieu toute formelle pou q,
eux ; & cependant ils n'avoient que leurs glofti jr
& leur» interprétations erronées & Hérétiques, p& depuis l'établiflement dç la P. Réf. on n'i f0
pu encore faire voir que l'écriture fuft formel! ït
& évidente pas aucune Article de la Reforme; lc
nu contraire, il y en a beaucoup aufqueU dit m
qft évidemment contraire & oppoféc. Donne» &
r?l vousplaiftXn pcu plu^étendus à gçs 5rçi|gd
%)tU faufetê de ta H. T. Ri
S£
pM fchcfs, dans lefqucls confiftc le
peu
de
jufîcfTe
|CUI
de raifon &
l'imprudence de la feparation des
oni
cou
Calviniftes.
Quand m cime l'Eglife de IefusC. ce
qui eft
entièrement impofîible, feroit tombée en
Mn| & en
ruine
detolation ; Le bon fens nous
persuade,
la droite raifon veut
que nous croyons que
i di
pieu fe feroit fervi
pour la rétablir & la se*
•
£r &
]e' dreffer de nouveau, d'inftrumens fubordonner
à fa iaintecé effentielle ,&
qui euflfent eu quel-»
forte de proportion avec la vie pure 8S
•bÇ innocente dé fon
Fils, de fes Apoftres, & des
premiers fondateurs de la Religion Chreftiennc.
ere
Et certainement e'eft vne
grande imprudence
& vn
s'il
que
renverfement de raifon affez extraordi-croire, que Dieu fe fuft voulu fervie
den; Bgjre de
dre
pour reformer fon Eglife, ( c'eft à dire
'i« vn
plus
pour
grand & vn plus Saint de fes ouvra¬
gens faits,comme tout le monde
fçait
'ou
qu'eftoient Luther & Calvin & les autres
it! ges ) de
ofc jniers
uw
autheurs de la P. Réf.
pre-
qui pour la plus
part ont eftés remplis de vices & de defordres
ni iort
confiderabk», kfquels n'ont eu rien de
«Il
remarquable pour la fainteté de leur vie & de
m£i leurs
mœurs, qui prefque tous oat efté enne«Hisnis de la Croix, du
crucifiement de la chair»
nop& de la mortification
du corps» qui a
paru fi
i
iiçj^dtairablemcgt dans les Apoftw?» & d^ns |gs
fr~
§5
ConvîBion manifellc & évidente
premiers Autheurs de la Religion Chreftiennej t
entre lefqucls premiers réformateurs, nous en t
voyons plufieurs qui n'ont refpiré que la fedi- &
eion, que le meurtre, que le carnage, que le
ïcoverfement des Eglifes édifiées en l'honneur c
de Iefus C. que l'emportement, que la rage, c
de laquelle nous voions encore de fi funeftes £
geftesdans tous les endroits de cette Province.
Si ces premiers autheurs de la Pre. Réf. V
ëufient efté véritablement envoyez de Dieu &&
de Iefus Chrift la bonne raifon veut que nom®
.
fuffent venus dans fon efprit :®
c'eftàdire, dansvn efprit de douceur , deman«l':
fuetude & de patience, dans quelque forte d(te
conformité avec celuy duquel il eft eferit dans d<
eroions qu'ils
.
le Prophète Ifaye, qu'il a efté envoyé comme
&
Agneau qui ne fait pas la moindre refiftancfS»
contre ceux qui ;luy veulent ofter fa toifon, îil'f
qui le veulent mettre à mort. Et ils euffemnc
vn
pluftoft foufert mille morts, s'ils euflent efle^
la part de Iefus C.vr
que d'eftre caufe du. moindre meurtre & di)C
véritablement envoyez de
moindre carnage, comme nous voyons par Iigr
leâure de nos Hiftoires, qu'ils en ont tant
fois efté caufe, ce qui eft vne marque
de*?1
certaine/31
que ces fortes de gens n'ont pas pû avoir eft:Pu
envoyez de Dieu pour rétablir l'Eglife de foiBr
jFilSjlaquelle r£aefté eftablic que gag ladauceatgji
r
De la faujftti de la R. P. R.
jj
que par la patience, & par la manfuetudeChé»
i en tienne.
Ecce ego mitto "Vos ficut ovet in
ne j
mcdiq
:di- Etiporum.
c le
Et c'eft, dit S. Chrifoftome3 ce qui eft parti»
icut culier aux véritables Minières de
l'Evangile» de
ge, changer les Lous en Agneaux par leur douceur
ftes & par leur patiance.
e.
2> Qu'elle conduite de raifon & de
prudence
lef, y peut-il avoir » de quitter ces Anciens Peres»
i && les Anciens Docteurs de
l'Eglife fi venerabîes
l0Ui à toute l'antiquité, tant à caufe de leur Dodlricit : ue, que de la grande Sainteté de leur vie & de
,an,
l'intégrité de leurs mœurs, pour fe rendre fefta»
d; teurs de Luther & de Calvin qui font venus cane
fcnide fiecles après eux ; car h nous croyons vra
ira{facrifice de la Meffe ; fi nous reconnoiffons vn
Jnc(Souverain Pontife, vn ordre hiérarchique dans
.
,
§ l'Eglife, compofé d'Evefques & de Preftres:fi
jen;nous invoquons les SS. fi nous honorons leurs
eftjReliques & leurs Images: fi nous reconnoiffons
C,vn Purgatoire :fi nous prions
pour les morts ;
duC'eft après avoir reçeu toutes les créances de fes
ri ligrands hommes
& Calvin melme en
demeure,
edjfouvent d'accord, dans fon inftitution, les
accu»
i
(ine,làns des'eftre trompez, & ayant eu affez d'im«
cftcpudcnce & de fuperbe pour avancer que ces
foigrands hommes
n'avoientpas fi bien entendu lc§
écritures que luy,
J
I
:§à
tïonviïïm ImMfefte dr évidehtt
Mais peuc-eftre que nos pauvres fepâfti
Riront > que la Doârine des SS. Percs eft vnt y,
Doârine des hommes, & que la leur & celle p,
qui leur à eflé donnée par les premiers refor. fc
mateurs, eft la Doârine des divines écritures -, d<
laquelle doit toujours eftre preferée a toutes les n'
jDoétrines des hommes.
qi
C'eft vn prétexte, dont tous les Herfetiques fo
te font toujours fcrvis pour feduire les fimpletj vr
pour fe faire des feéiatcurs & encore les nouveaux, yr
& les derniers beaucoup plus que les anciens; pe
Mais on leur maintient & on leur à toûsjours mai' fu
de tous les articles de la P. R. de tous
les points qu'ils ont encontroverfeavec l'Eglife ""
ntenu que
Catholique, il ny en à pas vn qui foitcxpref=
ièment & manifeftemëc dans les divines écritures.
& ils font tous appuyez fur les interprétations! Cj
fur les glofes des Miniftres, fur leurs fuppoficiôs
ou
faulies ou malicieufes; c'eft a dire fur des
i
paroles d'hommes & jamais fur la parole di
Dieu, laquelle nous voyons très fouvent fort
expreffe contre lesarticlesde leurcrcance8côme-®nous venons de voir touchant l'article 31. qui &
eft tout le fondement de leur léparation : &
commet
il feroit aifé de le juftifier contre quantité d'autreS|de
dont nous voyons très evidamant la propofiiioop
toute contraire & toute oppofee dans les divines'2
lef(
uV
De la faujptè de la 11. P. Réf.
33'
Qu'elle prudence y peut-il donc avoiràfuivre
vne Reforme & vne Prec. Rel.
qui eft toute ap-»
:llé
puyée fur la parollî des hommes, & fur lesraiîr» fonncmens
pleins de tromperie & de menfonge
des Miniftres de l'erreur,
lefquels jufques icy
les n'ont jamais
peu faire voir clairemét & nettcmëc,
qu'ils euflent quelque paffage & quelque texte
utt formel &
exprès pour maintenir leur créance,
fc®
lef, yn defauc fi manifefte de la bonne raifon eft
oïl vne
as:
preuve évidente que cette feparation ne
peut eftrc que mauvaifle & qu'il n'y à aucune
isi' fureté de
s'y attacher,
ou:
,life "
rcf.
tes;
»nsi
1
"
CHAPITRE.
.
'■
Ili
Que la feBe des Cafoinijles ri a point
^ de Chefs riy de Pajieurs légitimes.
de
ort
XT Ousdifons donc en3. lieu que'la feparatio
N des Calviniftes eft abfolument mauvaife,
jUi& qu'il n'y .à aucune fureté de demeurer dans
mecetce feéle, d'autant qu'elle n'a pas de Chefs n'y
rc5jdePaftcurS légitimés,& elle n'a pas de Chefs,
i0n& de Pafteurs légitimés, d'autant que ceux qui
neJIa gouvernent & qui luy annoncent la parole,
lefquels, elle appelle Miniftres, n'ont aucune
;»»
"" " §
ConviBion tttanifefie ef* évidente
34
authorité légitime, & ils n'ont pas d'authoritc
^
légitimé, parce qu'ils lonc fans aucune Milfion ai
véritable, laquelle ieule donne droit de conduire, P1
de gouverner, & d'enfeigner les peuples. Per. *1
lonne (dit S. Paul, ne s'attribue l'honneur du
Paftorat & de la prclature, rirais celuy la àfeu< 111
lement vne authorité légitime de gouverner Ici Vc
peuples qui eft appelléde Dieu comme vn Aarô ce
Nemo ajjumit fibi honortm [td qni vocatur À det acl
tanqmm Aaton. Et dans vn autre endroit,corn,
ment
prefeheront ils, s'ils ne font pas envoies j£!
& s'ils n'ont pas de
bunt tiifi mittantur.
Million. Qnomodo pr*dict> ' j
Ces Minilhes ou faux Pafteurs font perfonnei
jj1
pasentri'161
vocation®6
purement laïques lefquels pour n'avoir
dans le troupeau, par la poite d'vne
Si d'vne Million légitime, ne peuvent eûre( ccm *1"
me dicnoftre Seigneur dans l'Evangile que dee"
larrons & des bngans, qui perdent letioupeat"31
qu'ils entreprennent de conduire. Qui non
trat per oftium : fed afeendit ahnnde, tilt fur (fjjec
^0I
& latro.
vcrité*ïu
font*!11
Et nous prouvons invinciblement cette
dautant qu'il n'y peut avoir que deux
de Million : l'vue extraordinaire, & l'autre oiay£
dinaue.
l'Extraordinaire, c'eft quand DisPai
envoyé immédiat'ment par lny me l'oie,
il envoya Moy lej Helic» les autres
côi»ouJ
Prophètes?01
Ve la faujfetè de h R. T.
Réf.
5S
les Apoftres, & fon Fils mefme lelus Chrift
on ainfî qu'il ccfmoigne dans l'Evangile> je ne fais
rÇj pas venu de moy mefme, mais c'eft mon Pere
jt{
er<
qui ma envoyé.
L'Ordinaire, c'eft quand Dieu envoyé par le
miniftere des hommes autquels il a donné pou]c) voir d'évoyer & d inftituer les autres pour annonirj cer l'Evangile, pour gouverner fon peuple & luy
fa adminiftrer lesSacremens.
m<
Ils n'ont pas la vocation ordinaire, quoyque
,j£, les derniers Miniftres en veulent dire, car d'oii
ttf l'auroient ils reçeiie/ Et les premiers Miniftres
dy
;u,
côme Calvin & Befe en font
toujours demeurez
d'accord : & il femble mefme que ce foit le
tt;fencimenc de toute la P. Réf. dans l'Article 5t.
l01dc la confeflion de Foy, dans lequel il eft dit,
mque l'Eftat de l'Eglile eftant interrompu, il a
Miellé neceflaire que Dieu aye fuîcité extraordin{|
nairement des gens pour la redrefler de nouveau;
leur Synode de Gap ne veut pas qu'ils ayenc
(jrecours,pour les premiers Autheurs de la Ré¬
forme, ( defquels il eft feulement queftion, )
;,jqu'à la Vocation extraordinaire , voyant bien
riequ'il y à trop d'inconveniant à avouer, qu'ils
0(ayenc eu vue Vocation ordinaire, laquelle ils
jjP'auroient peu reçevoir que de l'Eglife Romaine,
>«jPude quelques gens, qui n'avoient aucun poutol°i? n'y !uÇutt caraâerc pour la donner.
eîl
,
wr-—
■
"y-jr
Conviiïion manifefle & évidente*.
manifeftç, ]
que les premiers Réformateurs n'ont pas eu de j
¥
Or eft c— 11, qu'il eli évident & très
Vocation extraordinaire jdautant que cette Vo.<
cation
^
extraordinaire Te devroit prouver ou j
à
chacun 5& j
pai des Miracles j qui paruflent
vn
qui tuflent comme Iç fceau& la marque
de cette f
Miffiqn, ou par des paflàges exprès & formels
divines écritures.
c
C'eft ce queleDoâeTcrtulien dans le Livre t
des preferiprions Chap 50. demâdoit aux anciens t
ti. s
Hérétiques qty s'eftoientélevezde l'on temscôck jî
J'Eglile & contre lelquels il dilputoit. Trobent [t, t
du ce Sçavant Homme ,novos Apoftolos ejje volt ^
& Dirtutes eorum proferri, Qu'ils donnent de ),
preuves de leur Million extraordinaire, qu'il (
faflenc voir qu'ils font envoyez pour eftre de v
nouveaux Apoftres ; jj'encens qu'ils me faffeir c
voir quels font lesmiracies qu'ils font s afin qo p
par ces miracles, ils me faffent connoiftre, qu'il j
font véritablement envoyez de Dieu, & quef p
dois croire aux veritez qu'ils annoncent. V01! j
ce
que Tertulien demandoit aux Hcritiqucs û c
Et voila ce que nous demandot <j
Calviniftcs pour eftre la preuve de laMiflio: r
ion temps*
aux
(extraordinaire de leurs premiers Reformateur! jj
Et certes il eft bien jufte, que des gensqt 9
difentjque l'eftat de l'Eglife a efté interrompu $<
S 9«î'ils font ^nyoyea extraoïdinaitement <1
d£
De la faujjctc de la R T. R.
37
Dieu pour la rétablir] pour changer toute la
face tiu Chriftianifme, quinze cens ans après fon
étabiilfement, taffent voir, ou par des textes
formels des divines écritures qu'ils font envoies
pour ceia> ou par des miracles évidens & mank
feftes.
tels
L'vn & l'autre moyen leur manque, car aii
cptraireles divines écritures enfcignenc fort évi:«e
v«
dammentj que le miniUere duNouveauTefta& de la nouvelle Alliance, ne fera jamais
eni
ment
>"<
interrompu, qu'il pcrfevérerajufqu'àlaconl'om-
/'i piation des fîecles. Ils n'ont donc rien dans les
veh divines écritures
pour prouver leur Vocation &
:
de leur Million extraordinaire &
pour desMiracles»
■l'ii C'eft ce
qu'ils n'ofent pas alléguer ; Et il eft
: à vilîble a
vn ebafeun,
qu'ils n'en ont jamais fait
le»
qu'à rebours & à l'envers, pour me fervir du
qu prove-rhe : Et ainfi comme il eft confiant
qu'ils
a'il. n'ont pas de Vocation & de MilTion ordinaire,
ef par l'aveu mefme des
plus anciens Miniftres,
oi' n'en
ayant point d'extraordinaire ; Il fenfuic
sà
qu'ils n'en ont point du tout ; & n'en ayant point;
lot du tout, ils ne
rement
uti
peuvent eftre que perfonnespu-
laïques : & confequamment cette lépara-
îion eft abioiument mauvaife.d'autanc
que cette
q» «niferable feâe, eft fansChefs,& fans Pafteurs
jp1
t(t
légitimes.
£e qui gous doit porter à conclure, que nos
j
3§
ConviUion manifejle & évidente
pauvres freres léparez, font dans la contrad!»
df ion de Corc » de Dathan, & d'Abiron, & que ^
s'ils ne quittent cette réparation leurs peines& d
leurs fupplices» feront d'autant plus grands dans r
les Enfers, qu'ils fe feront élevez contre le (
minifteredu Nouveau Teftament,qui eft incom.
n
parablement plus augufte& plus Saint que l'an. n,
cien, qui n'a efté que l'ombre & la figure du j,
Nouveau.
qi
,
t
CHAPITRE
MIL
di
l
lu
Que la féparation des Cahmftes eft ^
notoirement Schifmatique.
P<
LAvonsdire,que
quatrième railafonféparation
pour laquel
e nous pou- f0!ch
desCalviniftes
& delà P. Reforme d'avec l'Eglife Catholique &
eft abfolumenr mauvaife: C'eft qu'elle eft vne COi
fociécé notoirement Schifmacique.
•
I Etcettefociété eftnotoiremencSchifmatique. n'a
I. D'autant qu'elle éft jointe & vnie à des faux pj.
Pafteurs , Iefquels ( comme nous avons veu eft
dans le Chapitre precedent ) n'ont aucune au- S.
thorité légitime» pour gouverner les peuples rit;
dont ils ont vfurpe la conduite.
Et
'*
De la faujfeté de la R. P. R.
C'clt que cette fociété a divifé
&
relies, l'vnité de l'Egide de Ielus Ch.
laquelle
2.
par des
defordres & par des excès épouventables
* ôc
dcfqucls nous voyons encore de fi lamentables
e
^
M
( die S Auguftin,) daqs le Livre 2. contre Parraeni.en Chap. n. il n'y à jamais aucune jufte
n"
ncccfîité de divilcr. Praddenda vnitatts nulla
n*
lu
tjl
jufta ncceffitas. Servez vous de quel prétexte
que vous voudrez .* dites qu'il y à des abus :
dites qu'il y à des defordres : dites
qu'il y à de
grands relachemens : dites fi vous voulez qu'il
y à des erreurs, il n'y à jamais vne jufte nécelfilé de divifer l'vnité. Tuddenda
vmtatii nulla
t(l jufta necejfttas,
q
*
Et ce mefme Pere dans le
Livre 3. contre
PetiiienChap. 3, dit que perfonnene doiceftre
fuivi contre l'vnité
dcCluift, quoy qu'il prefqu'il adminiftre
se fon
Sacrement. Nullus pradicans tiomen
Cbrifti,
Jî
& Minijlrans Sacramentum
Cbrifti (equendus eji
M contra
"Vnitatem Cbrifti.
3. C'cft que cette lociété dans fa
réparation,'
n'a pas de
Preftcs, n'y d'Evefques ; & fi elle n'a
xi
pas de Prcftres n'y
d'Evefques, (comme il
m
1*
che le non de Iefus Chrift
&
eft vifible qu'elle n'en à
-1
pas ) elle ne peut ( dit
S.Hycrômc Contra Luctftrian, ) eftre vne vee? ritable Eglitt.Eclefîa
noeftqua nohabet Saccrdotes
pt fi elle n'eft pas vne véritable Eglife elle ne peut
manifefte
évidehti
40
CohviSlioH
&
cftre qu'vne fociété notoirement Schématiques
|
eftably Autel contre Autelj t
elle a.eftably vne forme de gouvernement & de r
4. C'eft qu'elle a
Miniftcre tout nouveau & tout différent de ce. s
hiy qui paroifloit publiquement du temps de fa 1;
feparation, ce qui prouve invinciblement que
cette fociété eft très manifeftement Schifmati» iî
que & confequamment , que fa feparation d'à. d
vec
l'EglifeCatholiquejeftabfolumêtmauvaife, ti
eftoit ti
Et quoy donc fi l'Eglife Catholique
tombée en ruine & en defolation, ne falloit il pi
accablé
pas s'en féparer 3 de peur de demeurer
«o
fous fes ruines ? C'eft ce qui eft entièrement qi
impoftible après les promeffes claires &éviden- C
tes de Dieu pour la fermeté & la durée per-ct
petuelle duMiniftere du Nouveau Teftament.
Et quand mefme ( ce qui eft entièrement fa
àmpofïible ) cela feroit arrivé ; II falloir attendrît»
en patience, que comme Dieu avoir étably l'Bqi
glife de fon Fils d'vne maniéré extraordinaire,de
par des prodiges & par des miracles, il fufciraftna
cxtraordinairement des divins Hommes qui libl
rétabliflent par ces mefmes prodigesqui fuftenclton
fceau & la marque de leur envoy
Mais quoy, fi avec vn grand
extraordinaires
nombre d'abui
des fentimens con/ul
fort cotifidcà j
tables contre la Fovt s'eftoient înfenfiblemenfÉta
contre les bonnes mœurs,
traites à la vérité, & des erreurs
...
gihîé«
i)e la faufjetê de la R P. R.
4S
ii glilîées dans cecte Eglifc Catholique, ne faudroie
elj t-il pas s'en féparer ! Faudroic-t-il toujours dcdt
rneuter
:e.
dire toute
vni à cetce
:fa la Foy.
Egliie qu'on connoifteroic
remplie d'abus & d'erreurs contre
Ielus Chrift ayant aflèuré fon Eglife, de l'afEfprit.pour la conduire & pour
'a< demeurer avec elle
julques à la confomma<=
ife, tion des fiecles & ayant
promis fi authenoit tiquemenc, que les
portes de l'Enfer ne
: il
prévaudroient jamais contre elle. Et porta inferà
3le tsonpMvalebHnt adver/us eam. Il crft
impotïible
:nt que cela arrive jamais, &
que l'Eglife delcfus
|ue
ti- fiftancede Ton S.
s
:n< Chrift
combe dans des erreurs manifeftemenc
à la véritable
er- contraires
Foy,
Mais quand cela feroic arrivés on
snt faire avec
elle
n'auroiepia
qu'vne réparation négative,
ire non jamais vne réparation
pofitive ; C'efl: à dire
'E<que tout ce qu'on auroitpû faire» fçauroit efte
:e,de ne pas confentir à ces
prétendues erreurs*
ait mais non pas
criger Autel contre Autel & étaliblir vne nouvelle forme de
gouvernement,corne
dfotufait les Calviniftcs & tous ceux de la Pre=
revendue Reforme,
Les Calviniftcs objeSeront,
que s'ils ne le
jn/ulfent pas féparefc, s'ils n'euffenc
pas fait bande
dé'à part, s'ils neuffent
pas érige des temples de
entétably des Minières pour tes conduire & pouç
>us
ces
F
CoKviUion maifcfte & évidente
Sjâ
les gouverner comme ils ont fait & qu'il
toujours demeuré joints à
fuflciï ja
l'ancienne formedidi
gouvernement de l'Eg ife.feloumettans à l'autr
& des Preftres qui gouSi
l'Eglite dans le temps de la premiei
féparation, qu'ils auroientefté maltraitez 3 pei d<
fecutez, & mefme frappez d'excomunicatiomef
s'ils n'eufîent pas voulu confentir à (es dogml'a
qu'ilscroyoïent eftre contraires à la Foy,&qt £
palloient dans leur elprit pour de veritabli p
thorirc des Evetques
vernoient
vr
Nous leur répondons que dans ces circoifei
erreurs.
.
fiances, lefquelles ne font paspoffib es au rcgnfc
de tour le corps de l'Eglile, il
eu(t fallu s'atpr
les maximes de l'Evangile,particuliei
ment par celles qui prononcent fi hautemer *"
b'en- heureux font ceux qui louffrent perfécui
pour la iuftice. Beati qui per/icutionem patium
fropttr juflitiam» fit attendre de Dieu la dc
vrancc, la prottâion de la vérité, & le roaic^
tien de la propre caule •• en cas qu'elle euft cl
Véritablement (îenne & non pas l'effet de l'H
féfie de l'orgueil & de l'opiniaftrcté.
f
Mais l'vlurpanon de l'authonté & du goV
vernement, eftant de foy toufioi rs mauva fjui
fc falloir bien donner garde de l'vfurper ou Ile
fc joindre a ceux qui l'viurpoient ; Ce qu'ïe'i
ant tau les nouveaux Hérétiques, ils ne pcu»qu
mer par
De la faujjetè de la R. *P. Réf.
43
feu Jamais fedeffédre du Schifme & nous avons raifon
sdide leur dire, que leur réparation eft abfotul'aumcnt mauvaife,dautanc qu'elle eft notoirement
;ou Schifmatique.
Ec quoyque ce Schifme foit fi notoire» je ne
lia
pei doute pas que l'efprit d'Hérelie qui eft vnclprit
d'aveuglement, n'empefche nos pauvres freresde
;nnrapperçevoir. Les Catholiques doivét remercier
:qi Dieu tous les jours, de ce qu'il les enaprél'ervé
tbll par fa garce & par fa mifericorde &
prendre
on
vne forte réfolution
de s'attacher toufiours
coifermement àl'vnité de l'Eglife & ne ïamais s'en
_
gnféparer pour quelque caufe & pour quelque
'atpretextequece puiffe eftre.
iet
ICI! "
™
-
CHAPITRE
V.
GJIeCf/fiCm IÇWGI i*H Cm
^
CE quila réparation
nous doit des
faireCalviniftcs
conclure eneftç.lieu,
abfo*
que
(dûment mauvaife, c'eft qu'elle eft tres-manifc-
mftetnenc téméraire ; Elle eft mamfeftemenc
ju'itéméraire , d'autant ( dit Saint Thomas , )
avquc la témérité n'eft riea autre ebofe qu'y<|
Conduite tiïanifefïr & ividtme
c|4
dcffaut de conduite de railon. ta umtre agut f
vur, cjua rations non
gubermnm, & ce deffaut di j
conduite; de taifon, paroiffanc très évidaman: (
dans la réparation des nouveaux Hérétiques,i ]
s'enfuit que cette Îcpatation eft trcs-manifeilt £
snent téméraire.
c
Car pour ne rien dire de ce qui s'cftpaffét! ]
Alemaigne à l'inftigacion de Luther, le premit
boutefsu de cette lamentable réparation ; Pot
l
lie rien dire de ce
<
qui fe pafl'a en Suiiie à Pir
Higation de Euingle , qui eft le premier aurheii
comme le
<
grand pere des Caîviniftcs ; Poï \
la témérité des conférences d ]
Zurich dans lefquelles deux cens Bourgec j
Suiffes fe rendent imfolamment & téméraireme ;
les juges de la Foy & de la Dofti ine de i'Egliii i
lie rien dire de
dans kfquels vn Sénat tout féculier abolir pi
]
vn Arreft infolant l'authorité
des Sacrez Cor
i
«îles, les Décrets des Papes &
la Dodrinei
tous les
Saints Percs.
Pour ne toucher dans ce Chapitre de la preui
de la témérité de la iéparation des Calviniftf
d'avec l'Èglifc Catholique, que ce que les Ht
,
,
,
:
hétiques eux mefmes avouent s'eftre paflé <
<
Francedans le cômencementdecette féparatio'
j
& pour ne rapporter que ce que Bezeluy- mefnt
j
Miniftre fi fameux, & fi célébré dans le pari
«tes Calviniftes, en dit dans Ton Hiftqire Eccli
ce
i
,
De U faujfetè de U R. P. R.
4?
fiafiique. Qui peur-t-il je vous prie avoir de
: <ii
plus manifeftement téméraire .'Car il nous die
1311
que la réparation pofitive de ceux de la Prêta
s»' Religion , & l'crcàion du nouveau miniftere,
lit commença à fc faire premièrement dans la Ville
deMeaux. Secondement dans la grande Ville dç
M
éfl. Paris.
nie
Dans la Ville de Meaux ( dit ce célébré Mi-
Cardeurs&
niftre ) vne troupe de Raïques ,de
l'i# de Foulons, s'eftans efchauffe z fur les matières
de la Religion, dirent qu'il falloit faire bande
°i>
'«"
s <1
à partjfe retirer de la Communion de
l'Eglife
Hi|
Romaine, tenir leurs affemblées particulières»
& eftablir vn nouveau Miniftre pour y préfider
& aufficoft ( dit Beze ) ils firent choix d'vn
nommé Pierre le ClerCardeur de fon Métier,
P1
lequel ils efleverent, & eftablirent Minif-r
•«"
ere.
«
'}
:m
i"f
H'
:
Dans la Ville de Paris, vn Gentil-homme
de la Province du Maine nommé de la Ferricre
'
y efiant arrivé avec fa femme, iefquels eftoient
des-;a corrompus pat les Hérefies nouvelles
aflïn de n'eftre pas recherchez pour la Religion
dans les obfcuntez de ceite grande
Ville,& la
j0' femme eftant accouchée, ne pouvant pas fouf'fl
di
frir que cet enfant fuft bacifé avec les ceremonies de l'Eglife Romaine,ayans affembléquçl-
sjucs autres avec eux pareillement infeâcz des
*3
Convitlion manifefle & évidente
de la nouvelle Religion, ils firent
choix d'vn jeune homme nommé lean MalFon,
erreurs
fi
b<
âgé de ti. ans lequel ils eftablirent premtet aï
Miniftre de Paris, qui baptifa cet enfant fans s<
obferver les Cérémonies ordinaires & accouru- cu
ijaées dans l'Eglife Romaine.
Après cette Hiftoirc qui ne peut pas eftre ce
cpnjeftre par les Calviniftes, puis qu'elle eft m
rapportée par vn de leurs premiers chefs <5i de ^
leurs premiers Mimftrcs ; N'avons nous pai tel
toutes
cette
taire.
les raifons du monde, de conclure,que
réparation eft très manifeftement terne- re!
^e
Car je vous prie qu'elle témérité à vne troupe 4a
d'ouvriers ignorans,deCardeurs & de Foulons, 111
de faire le procez à toute l'Eglife, & à toutes
les SocietezChreftknnes de leur temps, & de
s'établir eux mefmes vn Pafteur.
Pc
Qu'elle témérité \ vn jeune homme de zi, P'1
ànschoifipar vne troupe de laiques iéditieux& vc
Schématiques, lefquels n'avoient aucune autho- t0
srité dans l'Eglife, de fe faire Pafteurs & d'éri- a"
ger vne nouvelle Eglife, dans la capitale de *ei
France & dans la première & laplusconfidera- fei
b'e Ville de laChrettienté. Et n'eft-ce pas icy îar
que nous pouvons véritablement dire avec S. $ai
Cypriendans fon Livre de l'vnité de l'Eglilé»
ifii (me, qui (e Vitra aptsd temerams çojtvenasj
De ta fatijjcti de la 7t. <P. îtef.
EDt
on,
fine "M" dijpenfattone prafîciunt, iont ces mal*
heureux iéditieux & Schilmatiques qui fans
aucun ordre & fans aucune Vocation divine s
s'eftabiident Pafteurs dans des alkmblécs iédicitu. eufes & pleines de témérité.
Mais après la connoiflance dé l'cntreprife de
kc ces premiers téméraires qui ont fi miférablc»
eft ment divifé l'vnitédu Corps Myftiquc de Iefus
de Chrift, qui eft foa Eglifc : fe peut» c « il vne
,e!
ans
pas témérité plus grande & plus prodigieufe quf
|UC de demeurer à la fuite de ces premiers temeraiie. res& ne pas rentrer dansl'vnion de cette Eglifc»
de laquelle on connoift avec vne fi
grande évi,pC dance, qu'on a cfté léparé avec vne témérité fi
roanifefte
Comme le propre de l'Héréfie eft de remplir
de l'entendement de tenebres tresépaifles qui em«
pefchent qu'on n'apperçoive les veritez les
!2« plus claires. Les bons Catholiques doivent fou& vent prier Dieu qu'il les diilipe par l'a gracc
0. toute rayonnante dans l'elpritdenos miftrables
cj. abulez, arim qu'ayans reconnu la témérité de
Je leur réparation, ils la de teftent, & rentrent dans
a. cette Egltlc, hors de laquelle ils ne trouvetont
cy jamais le falut, n'y le véritable chemin pourj
nj)
tes
S, parvenir,
le,
î»
4$
fcotivtftion manifcfte
»
■
...
évidente
. —
CHAPITRE
VI.
*
ài
Cahinijlt;
ta séparation des
m
d'avec lEglt/e Romaine ejl folle Ci
& infenséc.
£fa
NOusréparation
difons endefixiéme&
dernieabufez,
r lieu» qui,cf trel|"
nos pauvres
la
abiolumenc
mauvaifc dautanc qu elle eft evi
»
damaient folle & tiifenféc, & la folie de cet» cn
féparation confilîe en fis ebofes encieremea
qui font comme (il ^
degrez qui compofent les folks & les extrav»je|
gances de l'Hugnotifme.
La première folie de cette réparation c'eft d'à ffi,
voir crû aux premiers autheursde la Prétendis^
Reforme fur leur parole» dans vne chofe cachéi yo
au fens & à la raifon dépendante de la purevo re,
lonté de Dieu, laquelle n'eftanc marquée ottej;
contenue» diredement ny indiredement» daiïfan
aucune révélation precedente » ne pouvoic
contraires au bon fens,
prouvée, que par des miracles manifeftes, ldtoi
quels feuls , pou voient eftre le fçeau, & k j
marque extraordinaire de l'envoy&de la Miru
bon qu'ils diloicnc tenir de Dieu,
n
T>e la
""
faujfeté de la R. *P. JE.'
491
Perfonne (du leDoâeTertulien )venant au
nom & fous l'authorité d'vn autre,n'a
prétendu
qu'on l'en deuft croire fur fon feul tefmoignage&
-
*{'
\
à fa feule affirmation. Nemo ventent, ex alteriut
authorttate, ipfeeam[ibi,hac fuaajprmatione dejfedit.
Cependantl'Hugnotifmeemportéparl'Herefie,'
par le Schifme&par la (édition, en à cru aux
premiers reformateurs fur leur parole» fans au¬
preuve tant foie peu folide, qui peuftjufc
^ tifier leur envoy, & leur pretenduë Million pout
; reformer l'Eglife.
£VI
Ce qui rend cette
extravagance & cette folie
£til
encore
plus
prodigieufe,
c'ell que l'authorité
ie°
pretenduë des premiers Réformateurs, alloit
cune
avi
bien au delà de celle des anciens
Prophètes, des
Ieremies & des autres ; Puis
qu'elle n'eftoic
qu'vne legere figure de celle que ces P. Refordlmateurs s'imaginoient avoir eu : puis
qu'elle ne
s'étendoic qu'à prédire les malheurs
qui de;hcl
Voient arriver aux
v0
peuples, que ces Prophéties
regardoient, & à reprendre les vices de leur
01
temps, fans changer la forme de gouvernement
d®fans dépouiller les Pafteurs ordinaires de leur
:™Miniftcre,& fans fe l'attribuer à eux mefmes,
'e'Comme ces nouveaux Reformateurs ont fait.
^ ! Lafort
fécondé folie de l'Hugnotifme,eft d'avoir
^ tru
legercment & fans aucun fondement
J?nc foie peu folide, que Dieu immédiatement
jjqi
CoiiviBion Mantft(le & évidente
premiers Re- fjj
par luy mefme avoir écabiy ces
formateurs avec toute l'authonté, que les an. te
ciens & premiers Evcfques avoient eu pour aL
gouverner l'Eglife.
La troifiéme folie de l'Hugnotifme, efi: d'à- q.
Voir crû que l'authorité de ces Prêt. Reforma' pL
teurs, s'étendoit fur toute la terre, qu'ils pou. £n
voient y
prefcher, leur nouvelle Reforme, & qt
établir par tout des nouveaux Pafteurs & de: 0r
nouveaux Miniftres pour la prefcher en leur nom nj<
La 4. folie de THugnotilme, c'elt de s'efln p],
perfùadé,quelefdits Prêt. Réf. avoient droitdi (|c
dépofer, de dégrader, d'anathematifer tous la [
Pafteurs qu'ils trouveroient établis dans tout! y0
refte du monde j Car les anathematifant côffi gj,
ils ont fait, ils les ont en effait dépolez au ta; &
qu'il eftoic en leur pouvoir.
j'ai
La 5. folie de l'Hugnotifme, eft d'avoir crtqU(
que lefdits Reformateurs ont efté établis de Dit ext
pour examiner cous les Conciles qui ont e(lpar
eux, pour juger SouverainemOave
de la Doéhine des Saints Peres & des anci%>u
tenus devant
Doâeurs de l'Eglife, pour caffer tout ce flptj|
ç'eftoic pas à leur gouft,pour établir dans l'fcon
gltfe vn gouvernement nouveau, différant cfa j.
celuy que nous voyons dans les Conciles & da.pas
les Saints Peres ; car ayant fait toutes ces choifanc
( comme il cft éyidant qu'il les ont fait : ligner
r
I
^e* fcicn
De la faujfetc de la Kel. Fret.
7(jf.
qu'ils croyent que ces premiers Reformateurs les ont
peu faire, & qu'ils avoiertt quelque
m
»"•
authorité légitime pour les faire.
La 6. folie de
l'HugnotifmejC'eft d'avoir crû
111
qu'aufficoft que lefdics P. Réformateurs Curent
«a
publié leur première Reformation, les Chreftinu'
enstantde l'Eglife Latine,
que de l'Eglife Grec*
& que, furent
obligez de renoncera leurs PafteurS
i
ft[1
si®
ordinaires, &defe foumettrèà ce nouveau miv
niftere en abandonnant l'ancien, en rte
rcçevants
plus aucuns Pafteurs, qui ne ciraflenc Ion origine
de la Precendiie Reforme,
Pour mieux & encore
plus facilement conce-
atliyoir combien ces folies font
prodigreules,imai>®
ginez vous s'il vous plaift vrtô crôupe de canailles»
tan& yne
poignée de gens féditicux rama(Tez,qui
(s'attachetoient
à vn home, qui pour avoir quel*
CI1
que efprit: quelque adreffe, &
quelques qûaiitefc
^extérieures, auroit la hardiefle de publier
^partout, que Dieu la étably Roy de toute la tetrti
neIavecplain pouvoir de depoffeder de leurs eftats,
filous les Roys, tous les
Monarques, & tous les
d'Princes de la terre, qui uevoudroient
pas le rc«
^connoiftre, & qui refuferoiencdefe foumettre
à
it Ta
precendiie puiffancc, quoy qu'il n'authorifaft
da|as ce prétendu droit fi extraordinaire & là
îo'înnouy par des miracles ntfrtifeftes & entière»
1
ÏEGÇ inhabitables,
|2
avec
Corfvitlion ttMnifefie & évidente
aîL
Sans doute vous voyez bien qu'on diroil
■■
"
grande Iuftice qu'il y auroic bien de la folie,
& beaucoup d'extravagance
dans fes perfonnes.
C'eft le mefme jugement que nous devo» (
faire de ceux qui font dans la
^
féparationdel'E
glife Catholique : & très afiurément ou il far
eftrc ignorant de tout ce qui c'eft paffé dans 1
premier eftabliffement de la Prêt. Reforme pi
Luther & par Calvin : ou il faut avoir entier!
ment perdu le bon fens pour demeurer joit (
avec eux
& perfeverer d'avantage dans
la iep; '
jration de l'Eglife.
l'exhorte le Le&eur Catholiques de prii
jnftament celuy>queS. Paul nous dit nous avo
«fté donnés pour eftre noftre Sageffe : qu'il rem 1
lumières} le b; J
lesté» f;
lires qui acompaignenc toujours le Schifme p
l'Héréfics affin que le bon fens leur ayant e( h
tendu ils s'apperçoivent des folies de leur fép h
ration & que les apperçevans, il les condar p
par l'abondance de fes divines
fens à nos pauvres freres aueuglez, par
petit.
fd
"
fi
!ï>
49*
P
è
*De la faujjetè dc la R. P.
X.
^
>fc
ÏS E C O N D
fan'
MOYEN.
Que les Cahinifles font hors /' Eglife
de lefiiS-Cbrifl, & que leur/oci'etk
rien à aucunes marques,
LE fécond
moyen
pour convaincre
facilement
Religion
Prétendue
des Calviniftes
d'vnc
la
fauffecé évidente, fans entrer dans la dilcutïion
particulière de leurs dogmes Hérétiques, par
:
d laquelle lesMiniftres ont coutume d'embrouil-
fq lerl'efprit des fimples&des ignorans qui n'ont
dai
pas affez de lumières pour juger de cesdilcuffions ; C'eft de leur montrer qu'ils font hors
de la véritable
Eglife de Iefus Chrift : & conféquamment qu'il ne peut pas y avoir de faluc
pour eux s'ils ne rentrent dans fa Commu¬
nion.
Et on prouve
; iablc
qu'ils ne font pas dans la vériEglife de Iefus Chrift, daucanc qu'ils font
ûdnvîSien mmîfefte &cvidtntè
§4
ynis à vne fociété qui n'a aucunes marques de ^
la véritable Eglife de Iefus - Chrift.
Il y a quatre marques
principales de la
véritable Églife. l'Vnité, la Sainteté, la Ca-
tholicité , & 1*Apoftolicité. Les Calviniftea
doivent reconnoiftre avec nous, que ces quatre
[i
marques font les véritables carafteres de l'Eglifc
de Iefus Chrift : puis que le premier Concile
général de Nicée qu'ils reconnoiffent conjoin, T
terhenc aVec nous, nous les a donnée pour Ici ■
quatre marques de la véritable Eglife de Iefui Pc
Chrift, Et in Vmtm, Santtam, Catholicam, ê ~
jfpofloliquatn Ecciefmm.
^
Or eft-t-il, qu'on prétend faire voir c!ai< 1
ïemetic & nettement, que la focieté des Cal- !le
Vitnftes, n'a aucunes de ces quatres marques 'n<
°
de la véritable Eglife de Iefus-Chrift, ce qui
doit porter à conclure, qu'elle n'eft pas p
Bous
î'Eglife de Iefus Chrift : & n'eftant pas la vc«
fitableEglife de Iefus-Chtift,elle lie peuteftrt
qu'vne Synagogue de miferablCs devoyez pouf,
lefquelles il n'y à pas de faluc, s'ils ne ren-^|
trent dans la Communion de cette Eglife, qui 31
feule eft vne, Sainte, Catholique & Apoftolw ,UI
que ; G'eft Ce qu'on déduira plus au long danlp"
lés fi* Chapitres iuiyans.
~ "
^
w
CHAPITRE
(les Que
5
la Société des Cafainijles % riejè
Pas ^
Clic
>iti.
T ^GLI s E véritable qui efl; diftinguée de®
L
l£î
afiemblées Hérétiques & Schifrnatiquess
,Cu| pour avoir quelque forte de refemblence av.eç
^
Dieu qui l'a choifie pour cftre fienne Si pour
cftre l'Epoufe de fon Fils, par vn mariage jo*
laj( difloluble, Sponfabo te tnibi in perpetmm, doiç
>a|t nccefl'airement cftre vne, non pas d'vnc vnitç
;c, individuelle & numérique» mais d'vne vnitl
I
dont vne Congrégation & vne affembléc peuç
eftre capable, ma bien Aimée, ma Parfaite, ma
^ Colombe, eft-il dit dans les Cantiques, eft vne*
^ Z'tia e(l perfeïïa mea, vm efl Coltimba mea.
Et c'cft cette vnité, remarque S.CyprienjJ
Bt
en-dans lbn Livre de lVnité de l'Eglifc,que lç
aUl Sauveur du monde a eu tant de foin de luy pro*
jl^curer. C'eft ( dit ce Pere ) ce qui luy fajfoic
âGjdite,
dans toute la ferveur de fon coeur à ion
Pere
-
Eternel •. je vous fupplie mon Pere qu'tlf
(oient vn, comme nous fommes vn, Rogo Pnter
w
r
vnwjïru, « vmm Jums, le vous fuppuç
;*S
Conduite manife/ie & évidente
Pere Eternel, que les Apoftres, que l'Eglift, p;
qui eftoit reprelentée par les Apoftres, foicvnt ta
comme nous fommes vn. Que les fideles vnii d<
enfemble dans la Société d'vne mtfmc Foy l n(
d'vne mefme Religion loient vn, de l'vnité di ni
laquelle ils font capables, & comme nous fora pL
mes vnis fore étroitement, qu'ils vivent toii an
jours dans vne ynion parfaite,non feulemente &
volonté par l'amour & par la dileâionmutuelc da
mais encore par vne mefme Foy, Si par vu cr
mefme croyance.
vé
C'eft pour cela, que ce mefme Pere & beau po
*
coup d'autres après luy,comparent l'Eglife à! m
Robe de IefusChrift,qui eftoit vne Robe fan co
couture ,
laquelle n'ayant pu eftre divifée pt vit
lesSoldats & Bourreaux qui le crucifièrent,i! gli
furent obligez de la jetter au fort, pour non rai
apprendre, que comme cette Robe eftoit vne r.
& qu'on ne pouvoit la
divifer, fans la déchirer de
Ainfi qu'on ne peut divifer l'Eglife fans ladrCf
truire : tant l'vnité luy eft eflcntielle Si en ci 1
rnféparable. Doù ce Pere conclut, que celuypas
Robe & le vétetnctqu'
de Iefus-Chrift, lequel faitSchifme dans l'EglJpar
de Iefus Chrift, Pojftdere non çoteft indumemm
Chrifli qui feindit & dividit Ecclefta Cbnjii. à v
La Société des Calviniftes n'a pas cette pr; F
jgûerc marque dé la véritable Eglife, «lie n'«y
la ne pofledera jamais la
-
-
f
De la faUjfetc de ld R. T. Réf.
'fj
lift) pas vne,elle n'a pas 1'vïnté heceflaire à la véri—
vnej tablt Eglilede Iefus Chrift- d'autant quel'vnici
vnii de
l'Egide confirtanc non feulement dans la con/4 nodlance du mefme Dieu, dans l'efperance des
É <k melmes biens céleftes &
éternels > dans l'im-
offl
puifion d'vn mefme efprit dont elle doit eftre
:oi animée,dans là
pratique d'vn mefmeBaptelme
itd &des mefmes Sacremens ! mais
principalement
iclc
dans l'vnité d'vne melme Foy,& d'vne mefme
VU créance, dans tous les Articles &
eau
dans toutes les
véritez qui lont reconnues pour des véritez &
pour des Articles de Foy ; Dans l'vnité d'vtl
à! mefme Chef, non feulement
invifible, mais enfat core vifible. le dis,
que cette Sociéré des Calpi viniftes n'a pas l'vnité qui doit convenir à l'E-
:,i glife de Iefus - Chrift,
nou
pour deux principales
raiforts, & qui font entièrement invincibles*
irtit x. Parce
qu'elle n'a pas l'vniformité de Foy &
ret de créance, a. Parce
di Chef vifible.
i
n e:
qu'elle n'a pas l'vnité d'vn
Premièrement la Société des Calviniftes n'a
lufpas l'vniformicédcFoy&dë croyance, d'autant
naqu'elle eft divifée dans des Articles de Foy, qui
glipatoiffent très confiderables, ce qui ne peut
«/«compatir avec l'vnité neceifaire à vne Société &
àvneaflëmblée.qui fe dit l'Eglife de Iefus C«
pi1 Pour prouver invinciblement cette vérité, il
n'î»'y à qu'à lés faire fouvenir, que la feétc de»
f.
H
58
ConviSlion mifefte çr évidente
Calviniftes de France» & la ieâe des Luthf- p
riens d'AIemaigne, ayant efté voies dans l'année fe
1631. par vn décret rolemnel du Synode NatiO' ei
nai tenu à Charanton, proche Paris» ne font R
plus qu'vne mefme Eglife.
qi
Cependant cette Eglile Pretendiie n'a pas l'vni.
formité de la Foy & de la croyance. La icft ni
de Calvin, & toute l'Eglife Prêt, de France, fu
croit que l'Apocalypfe de S. Iean,cft vnLivs s'i
S. & Canonique : La feâe de Luther au côtraiie di
croit qu'elle n'eft pas vn Livre Canoniqui cc
Croire que l'Apocal.cft vn Livre Canonique
Croire que l'Apocalypfe n'eft pas vn LivreO
le;
D
nonique; c'cft eftredivifécn matière de Foy. tu
La feâe de Calvin & toute l'Eglife P. R<
de France, croit que le Corps de IcfusChri! op
dans l'Euchariftie, n'eft pas enclos dans le pan s'v
qu'on ne le reçoit pas dans la bouche ducorpi l'E
La feâe de Luther au contraire croit, que i qu
Corps de lefus Chrift cft enclos dans le pal) fça
& qu'on le reçoit par la bouche du corpinx
Croire que le Corps de lefus Chrift dans l'&de
chariftic n'eft pas enclos dans le pain & qu'fl ent
ne le reçoit pas dans la bouche du coipeoi
Croire que dans l'Euchariftie, le Corps (élit
Ielùs Chrift cft enclos dans le pain& qu'on d'à
reçoit par la bouche du corps, n'eft - ce pfàii
«ftre diyifé en matière de croyance ! Ç|»ii
r
De la fauflètè de la R. "P. Ref,
k< pourtant la croyance d'vne mefme
59
Églife.dc la
née feite desCalviniftes ,& de la (câe des LuchcritiO' ens, ces deux branches de
l'Eglife
Prétendue
Reformée, qui prefentement ne compofent plus
qu'vne mefme Eglile.
vniEn attendant que je continue encore cettfi
eât matière de l'vnité de
l'Eglife dans le Chapitre
ont
itCi fuivant, mon cherLeéteur
ivti s'il vous pliift avec moy la
Catholique,adorez
providence & lit coniiit duite de Dieu fur
fonEghfe, & rcconnoiflons
^ut comme il fejoiie, quand il luy plaift, de toutes
que les penfées & de tous les confeils des hommes.
G Dominas novit
cogitations bominum quoniant
y. mm funt.
Rt
Ces miferables
Hérétiques lî contraires en
111! opinion 6c en fentimens
>aii s'unir enfemble,
prennent tefolution de
affin que leur party contre,
«pi l'Eglife, foit plus fort par cette vnion. Mail
iei qu'eft- t-il arrivé ? Il le trouve
que Dieu qui
tait fçait quand il
luy plaift tirer du bien des plus
«pimefehantes volontez des hommes, s'eft fervy
l'Ei de cette mefme vnion
u'o entièrement l'Héréfie,
ruiner & abattre
laquelle pat la miferi-
pour
3ipcorde de Dieu eft toujours tombée dans le dedepuis cette vnion. Auffi n'y à - t-il pas
on
d'argument & de preuve plus invincible pour
; {(faite connoiftre à tous ceux
qui veulent tant
s (clin
C'Çgit peu ouvris ks, yeux, que ceftc Icftene jpcu|
i
ConviBio» manifcfte & évidente
6a
l'vnité de l'Eglife de Iefusi CJ
Chrift,aymons la toujours ( moncher Ledïeur) d;
& prions Dieu , qu'il nous tàflè U grâce de ne qi
nous en jamais féparer.
d
aucunement avoir
CHAPITRE
II.
le
fotiViBion de la mefme "vérité.
jp,
LES
derniers1Miniftres
fquelsfe fontqueveilaï d&
preflez
argumentleinvincible
par
Doâeurs Catholiques tirent contre eux, di
décret de l'vnion qu'ils ont fait avec lesLuthe
^
liens ont eu recours à vne diftinâton nouvelli f°
dont les anciens Miniftres ne s'eftorent pas
eI
avifez : d'Articles de Foy fotadamcntiui tç
& d'Articles de Foy non fondaraentaujE, peu.au
fans bien s'echapper & le mettre à
core
couvert!Cr
deFoj j Q
dans Jefquels ils ne conviennent pas avec les Lul c
theriens, ne font pas des Articles de Foy foute:
lors qu'ils nous difetit.que les Articles
damantaux. id
f*'
l'Article de la prefence A ?0;
!.. C. dans l'Euchariftie ne peut pas raifonni
Mais outre que
pafler pour vn Article de Foy
fondamental j C'eft que cette diftindioo
blement
notVo
n'fiP?
T>e la faujjetè de U R. P. R.
qu'un pur echapatotre, puifque la profeffiot*
u) dVne mefme Foy eft eflencielle à l'Eglilc : &
nt que félon cous les
Philofophes, il en eft des.
effences comme des nombres
qui font toujours
\ indivifibles & invariables, qui ne peuvent reçe-■ Voir
n'y augmentation n'y diminution fans eftre,
us.
entièrement changés.
On
peut bien avoir divers fentimens pour
les chofes qui ne font
pas crues Articles de
Foy, & qui ne font pas reconniies & définies
pour telles dans l'Hglife .* & de cette maniéré,
m '1 y à bien fouvent diverfes
opinions & divers
t
lu ftnciajens parmy les Théologiens, mais ce
qui.
<ji eft reconnu pour Article de Foy, foit
qu'il foie
thc. fondamental : foit qu'il foit non fondamental
e||i tous les fideles doivencconvenir,
pareeque la Foy
0 eft entièrement indivifîbJe, & doit eftre crue en
luIl tous (es Articles : autrement la
croyance qu'on
,J aura de certains Articles n'embrailant pas la
erti Croyaoçe des autres , fera vne
foy humaine 8c
p0j nonpas vne Foy Divine, laquelle porte toujours
jji l'entendement à croire également toutes les veri*
fos£e2 que la Foy propolc, ainfi cette nouvelle diftin-
fiiondes Minières Calviniftes n'eft
qu'n verbiage
A fort groflfier lequel n'a en
foy aucune folidité.
nttf
Ta leçonde raifon pour laquelle nous pountf vons dire, que la Société des Calvinifte» ne
peut
n'f|P?seûte vaej Ç'eft qu'elle na pas l'ynité d'y®
e
Si
GonVittion manifcjle & évidente
Chef vifibie, ce que les Calvmiftesne nient pas;
puis qu'ils mettent le principal Article de leut £'
déformation à le côbatre & à luy faite la guerre. F
Or eft-t-il que fans cette vnité d'vnChcf é
jrtfiblc,l'Eglife ne peut pas eftre vne : Et c'eil f
'( difent les Saints Peres ) pour luy donner IV "
mité que Iefus Chrift luy à donné vn Chef ct
yifible. Le Seigneur ( dit S. Cyprien dans le
Livre qu'il a compote de l'vnité de l'Eglifej p
parle à S. Pierre & luy dit , je te dis Pierre! g
pareeque tu és Pierre : fur cette Pierre, j'édi.
îfiray mon Eglife & je ce donueray les clefs do S
Royaume desCieux, & ce que tu auras lié fut t)1
la terre, fera lié dans le Ciel ; Et ce que tu aurai e'
délié fur la terre: délié dans le Ciel. Et derechef h
après fa Returrcâion it dit au mclme S.Pietri, vi
paitfez mes ouailles. Il édifié, ( continue fe Sça- F
yant
Pcre ) fon Eglife fur vntcul Pierre, & luy a
donne lacharge & le gouvernement de fes ouail- F
les, pour raanifcfter l'vnité : il établit vne feult nt
chaire, & prent la force & l'origine de cette
vnité dans vn feul, auquel il commet la conduite & le gouvernement de fon Eglife en vertutri
de fon pouvoir & de fon authorité. Super iUtMatl
vnum
adificat Ecekfmm fuatn, & illi pafcendœ S11
mandat ovet fuas, vt vnitatem manifeftaret vnarn vt
Cathedram confiituit & vnitatis ejufdem origine^
yno ijtctpientejn fêa
jk
uwhoritati difpojw, fi
De la faujfett de la R. P. R.
6\
Saine Hyerôme dans le Livre premier
eut contre Iovinien, il fait choix d'vn feul» Saine
ne, Pierre pour gouverner ion
Eglife, pour l'en
h:f établir le Chef, affinque ion Eglife
ayant vu
'eft Chef vifiblc elle évitait leSchiime.&fcroainl'y. tint dans ion vnité.
Vnus tligitut, vt
iàii
hef conftituto, Schifmatit tollatnr occafio.
captif
51( Tout corps qui p'a pas de Chef n'eft
pas pro«
fe ) preraent vn corps mais vne confufion j Et TE»
re,
glile citant vn corps viiîble lequel à toujours
édi. deu eftre viiîble, comme le
prouve iouvene
du S. Auguftin contre les Donatiftes ; montrant
fu[ que c'eit pour cela que l'Eglifc de IcfusChriit
iras
cil comparée dans les divines écritures» à vne
tut" haute & élevée Montagne » doit avoir vn Chef
crî, viiîble > & ce Chef vifiblc,
ayant cité reconnu
ça. par tous les Saints Peres Grecs & Latins; il n'y
luj à que l'efprit de Schifme & d'Héréfie» qui
ai!, puiffe empefeber nos pauvres frétés
féparez de
mit ne le pas reconnoiftre.
cttt
Quand à ce qu'ils difent & à ce qu'ils
obje-»
on. Sent fi fouvent touchant les
prérogatives ex»
quelques Doâeurs particuliers
lu» attribuent au
Pape, on leur a fouvent répondu
iJa que ce n'eft pas ce
qui doit arrefter leur con*
i4flVerfion,& que et s ientimens font des
opinions
eini
quelques Doâeurs particuliers & uon pas
rte traordmaires que
,[ fe foy de l.'EgUic Catholique ; & pqurvea
*4
Convittion mattifejie & évidente
qu'ils croyenc, ce qui eft vmverfellcmenc reç»aîn
& ce qui eft creu dans toute l'Egide, touchafart
le
fujec de fon Chef vifible.
On ne leur t Pi
demande d'avantage pour efttc
bons Catholctn
Col
ques.
Mais prenons garde ( mon cher Leâeur)^ fi
ce n'eft pas
allez d'eftre dans l'vnité de l'EglWer
par la Foy> fi nous ne fommes bien vnis atufte
nos freres par la paix & par la concorde Chi«s v
tienne. Aimons donc dans l'vnité de
l'EglifeJcm
paix & la concorde avec nos freres, affin qu'ldmi
jour » nous puifiions eftre tous vn dans ccl fe
qui doit eftre tout en toutes chofes.
Eem
iftre
.
.
—-ïdi
fette
CHAPITRE
III.
h
lerpe
Que la Société des Cahinifîes & |iet"
la Prêt• Reforme n'efi pas J awttkhi
c'el
LA fécondé marque3quc le premier Conct pe
général de Nicée apporte de la veritabi &
Eglile de Ietus C. c'eft la Sainteté ; Et damans 1
i dit S.Thomas ) qu'on n'appelle propremtinivi
Saint» due ce qui eft ferme & exempt de foi|/»<«
îurc & d'impureté ; Ceft pour cela queNj
7)e la faujjeté de la
R. P. R,
reçjainteté de l'Eglii'e de Iefus Chrift confifte
:bafarticulierement en trois chofes.
ir j Premièrement dans fa fermeté, & c'eft
pouç
holictte raifon, que l'Apoftre S. Paul l'appelle la»
Colomne& le firmament de la vérité. Columna
firmarnentum veritatis : Et puis qu'elle eft
)
•glflere & la Maiftrefle des fideles, il eft bien
aiiulte qu'elle foit ferme 5 certaine & afleurée dans
ihits veritez qu'elle propofe.
La fermeté du fon¬
de, Icment de l'Edifice fpirituef de l'Eglife, ( dit
:ju'fcimirablement S. Léon ) n-'eft pas femblable »'
celle fermeté du fondement des Edifices de nos
rempies& de nôsEglifesmatérielles,qui peut
iftre ébranlé par le poids &
par la charge de
«JEdifice, lequel il foutienc ; car la fermeté de
lette Foy que Iefus Chrift a loiiée &
préconifée
lans le Prince des
Apoftres Saint Pierre eft
lerpetuelle ; & comme cette divinité que Saint
, lierre a creu & confeffé dans Iefus C. eft ftable
k toujours
permanente ; De mefme ce que
Wtfus Chrift a étably & inftitué dans S. Pierre»
c'eft à dire fonEglife) doit demeurer ferme
trcit permanant. Les
paroles éloquentes de ce
taba & Sçavant
Pape méritent d'eftre rapportées
utSns fa
langue, c'eft dans le Sermon 2. de Ton
mtiniverfaire. Fimitas fundamenti cnitotiusEc'oitfiit ftiperfimuur altitude, niella incumbentis fibi
nefmpli mole labafeit ; foliditas enim itlius fidei
0
"
~~
I
' """•
/'
/j
ÇçnviïîtoH manifefte & évidente
8â
petpéia3
permanet, quoà in Petro Chrilm
qM inApoflolorttm principe landata efl,
tfi : & flcut permanet cjuod tn Çhriflo *?%0|
credidit : tta
influait.
2.
|ou
Cette Sainteté de i'Eglife confifte dans^j]
pureté de les dogmes & de la Doârine ; cafttj
elle avoit quelque impureté dans les dogqucu
& faDoârine, elle ne feroit pas propre po; §c
compofcr ie corps Myftique de-Iefus Chn^
lequel doit avoir quelque proportion avec
corps naturel qui a cfté exempt de toute fofc d'j
de foûilleure & de toute forte d'impureté. jUC(
3. Elle confifte dans la Sainteté de fes ftjous
dateurs 8c de les premiers Autheurs j qui doivju <
aypir quelque rapport & quelque forte]'ef
proportion avec la Sainteté de Diqu-, dont (on j
doit eftrç l'Epoufe*
C !'
îtjj
Or il eft confiant, que la Société des C (
Viniftes n'a pas ces quaiitez, 8ç conlequamni|'en{
elle ne peut paseflre la véritable Eglile de l£j us
Chrift, eftant deftituée de la Sainteté qui<ujfl;
doit convenir.
t de
Premièrement elle n'eft pas ferme j puis fo ^
nous voyons
fi clairement qu'elle fe laiffci;da
qu*ajiUr ;
xeietté dans fes premiers cômencemens l'Atigljf
de la prtfence réelle de Ielus Chrift dans
v
au vent de
toute lorte de Doârine &
l'iic
chariftic, comme vn de les premiers & prfej
...
*
De la faufetc de la Rel.
Prêt.%ef.
'Maux iujets de fa réparation d'avec
êf
l'Èglife Ca¬
tholique ; cependant elle le reçoit préfencemenc
'"flans les Luthériens avec lefqueis elle s'eft vnie,
»our ne
côpofer qu'vnemefme£glife& qu'vne
ansnefme Société, & demeure d'accord
que cét
"Article peut eftre toléré dans eux,&
qu'il n'a
gRucun venin.
P1* Secondement telle n'eft
pas pure dans faDoc->
h'line & dans fes dogme*, puis qu'elle en
pro-
'bfle, qui font manifeftemenc plains de blafpheme
d'impiété ;Qui à-t-ilde plus blafphematoire
jued'enfeigner,quelcSCômandemens de Dieti
'tous font
impodibles : Que melme avec la grâce;
3"îu S. Efprit, nous ne
pouvons les accomplir;
K-'eft pourtant ce que cette Société
enfeigne dans
c 'on
grand Cachechifme, dans le Dimanche 32*
:c
1
35.
Que peut-t-il avoir de plus impie j que
3ffll'enfeigner l'alliance de la juftification avec les
eliilus grands crimes & les
plus énormes qu'on
ui'uiffe commettre,des meurtres, des adultérés,
t des homicides
'sh mefme
fans ceffer pour cela d'eftre
temps enfans de Dieu, dans fa grâce
t dans fon amitié,comme ils enfeignent dans
' a)!ur Synode deDordrecht receu
par toutes les
^'glifésPrêt.
Réf. de France, comme on leur st
''ic voir
'
9
dépuis peu & refuté avec tant d'élo.
?^snce Se de foUdicé 9 dm ce livre admirablg
Conduite ntanifejle & évidente
58
intitulé le renverlément de la morale de Ielittu
Chrift par les erreurs des Calviniftes.
de:
Qui à> c- il de plus blafphcmatoire quefu
dire, que l'Eglife de 1. Chrift ( à la ferme '
& à la permanance de laquelle coures les dftthi
nés écritures rendenc des témoignages lî claqu
& fi manifeftes comme nous avons veu ) i &
tombée en ruine& en defolation,comme ceifat
Société enléigne dans l'Article 31. de fa Co:do
fcflûon de Foy.
Qui à -t- il de plus blafphematoîre, que d'e th
feigner que I. Chrift a fouffert véritablemt dai
les tourmens des damnçz & qu'il a efté d'e
damnation dans les enfers ; C'eft pourti m<
ce
que cecte
Société enfeigne après Cali d'j
dans le Dimanche 10. de l'on grand Carechiln gr;
Quià-t-il de plus impie que d'enfeigner qui cip
pasapprehender la rigeurdes jugemf
de Dieu, que tous les Saints ont tant appi **
hendé, & dont la Sainte crainte a efté cotai
vn rempart & comme vn fort baftion, qui
ne doit
a
la
protégez contre les aflauts du Démon &
concupifcence.
formidinem.
^
Fofuijii jirmmemum <) •<
J
C'eft pourtant ce que cette Société enfeig
dans le Dimanche 13. je laifte de peur de pa; f
les bornes de la breveté que je me fuis prelci
V
gant d'autres impietçz, & tant d'autres blafpl %
De la faujjèté de la
R. *P. Jt.
[ef«nes, qui s'enleignent dans cette Société) qui font
Ides preuves évidantes qu'elle ne peut avoir la
letpureté de la Doétrine.
m
Troifiément elle n'eft pas Sainte dans Tes Au¬
diteurs & dans Tes premiers reformateurs, puis
:let,qu'aucun d'eux n'a eu de vertu extraordinaire»
) i& queprefque tous ont eu des vices & des defccifauts très confiderables, dont perfonnene peut
uo: douter.
Mais prenons garde, mon cher LeâcurCai
d't thoiique,que ce n'eft pasaffez que nous foyons
dans vue
Êglife Sainte, fi nous n'avons foin
d'exprimer la Sainteté en nous, par nos bonnes
rta mœurs, & par des aâions Saintes. Ayons foiq
aifd'y travailler, & d'implorer pour cela cette
ifaj grâce & cette mifericorde qui feule eft le prinme
é
]U! eipe de la véricable Sainteté,
mt
J
.
—
—
Jj
CHAPITRE IV.
tf
Que la Société des Cahinifles & de la
^
Prêt'' E Reforme
riefi pas Catholique.
T
&
)è
r
f
S
donc avec raifon, que nous confci V* teftons à ceux de la réparation de Calvin
§ S9?î !s paftj de la Prêt. Reforme, le titre
<70
ConviÛion manifefle & évidente
d'Eglife, & que nous leurdifons avec affeuranc^a
que leur Soçiéténe peuteftre aucunement l'E'Eel
glife de I. C. d'autant que la 3. marque de l'£(0
glife de I.C. leur manque. qui cil la Catholicité0
ou l'univerfalité & étendue
generalle. Et c'ettt(
{(remarque S. Auguftin» dans le Lit.de l'vnitt^'
de l'Eglile Chap. 2. ce que fignifie le motdi; :
•Catholique. Eeclepa qm utique ynet tfl, qua^tl
'Majores nofir't Catholtcam nominaverunt, vit
ipfo nomine oftenderent, quia per totum ejl, [ectm P£
tnim totum, Catolongrâce cheitur,
l'Eglife de Icfi
C. laquelle en foy eft vne & qui ne peut eft(^'a
qu'vne a efiéappelle'e Catholique par nos Ai 0
eeftres, affinque par la force de fon nom, il^'v
fiilènt voir que cette Eglife devoit avoir vn£01
étendue Générale ; devoit s'étendre partout Pc
devoir comprendre le tout; car, Catolon, e(&<
tiré du Grec
qui fignifie par-tout ■
qui fignifie félon le tout.
t0"
Et cette Catholicité manque a la Société
1
Calviniftes premièrement parce qu'elle n'a pip>a
l'vniverfalité des dogmes & qu'elle ne reçoW
pas & ne veut pas reçevoir tant d'Articles qtt^'11
vn mot
nous avons dans
les divines écritures,
la réelle prefence du Corps de I.
comntj' c
C.dansl'Er'3
châriftie, la neceffité du Baptefme pour lès pecrQC
jenfans, la neceffité des bonnes! oeuvres pour Jrj®
folut, & tant d'autres Articles que. nous gvgf—
r
De la faujjeté de la R. P. R.
çj
dans la tradition des Apoftrcs & qui de tout
l'atemps ont efté creus & reçeus dans l'Eglife de
j'^Dieu, comme le S. Sacrifice de la Meiïe, l'in□q vocation des Saints, le Purgatoire & tant d'au*
»c[, très, lesquelles Doétrines nous voyons d expret
aitffemcnt dans les efcrits des anciens Peres.
c di.
2. Parce qu'elle n'eft pas vniverfelle
quant au
J temps, non feulement à caufe
qu'elle eftévidam•t„. ment nouvelle, &
que beaucoup des Peres de nos
g Peres immédiats en ont veu
l'origine & lecom»fE mencement excité par l'efprit de Schifme,
ftr d'ambition & de fedition j mais encore
par ce
ht que beaucoup d'Autheurs de cette feéte dans
i! divers endroits de leurs efcrits demeurent d'ac-1
voeord que leur Dodrme n'eft pas conforme à la
lt Poitrine des anciens Peres, de fes SS. Do&eurs
{l&decesMaiftres vénérables de toute l'Eglife.
ul
L'Efprit d'orgueil & d'ambition qui anime
toujours les premiers Autheurs dès Schifmes
<jj& des Héréfies, à porté les premiers Refor-j
inc.
pirateurs à faire vn aveu autant arrogant que
;o(ingenu de cette vérité,, il ne faut qu'ouvrir l'in-
jaftitution de Calvin, ppùr voir avec quel mépris
mil traître ces grands hommes & ces Illuftres
iiMaiftres de l'Eglife primitive : En quoy cette
ti^oejété& fes premiers Reformateurs paroiflene
pien éloignez du refpeét & de l'eftime
que
^'Empereur Thegdoie ayoit pour ces giand|
mr
"ConviBîon maifefie & évidente
vénérables Doéleurs c
l'Eglife anciene : lequel ( comme remarqi le
72
hommes & pour ces
Soi'omene dans le Livre 7. de fon Hiftoirc qi
certains novateurs s'eftans élevez de fon tcmp: lf<
qui femoient vne Dodrine, laquelle faifoic0 gi
bruit dans l'Eglife, il
leur dit qu'il entendu de
écrits di &
que leur Doftrine fut examinée fur les
Saints Peres & des anciens Doéteurs le l'Eglift l'v
faille' tet
Exdmin tui
tiemus Dettrinam veftram, ad illorum feripta,1 il <
fi cum Hlis confenferit retirteatur, fin minus riif vn
que fi elle leur eftoit conforme qu'il la
retenir .* finon qu'il la failloit rejeter.
m<
atuf.
pe£ft
avoir aucune repartie raifonnable ) la Catho! ^
iEt troifiéme liea, ( & cette raifon ne
cité & l'vniverfalité manque principalement
la Société des Calviniftes, d'autant qu'elle n't/w
pas vniverfelle, quand aux lieux, & quand «Ca
perfonnes.
^fl
l.
Car quoy
qu'il ne fok pas necefiaire çPar
l'Eglife pour eflreappellée Catholique, foitdM
vn mefme inftant de temps répandue dans tout*'10
les nations de la terre. Il eft pourtant neceflài
^
plus de feFd
aptes fon premier établiffement wjjt
première inftitution, elle foit ou aye cfté dr'e
vne plus grande partie du monde * partir?"
plufpart des nations de la terre.
Ua
que dans ce temps, c'eft à dire
cens
ans
|
:
2?e la faajfete de la R. T.
Refi
73
Ét c'eft par la force de céc argument
j-que
tqi les Saines Peres & S. Auguftin plus fortement
rs i
)irc que tous, combattent les anciens
Donatiftes,
mp. kfquels cotnme lesGalviniftes difoieat que l'E-
itoghfe eftoit periej & qu'elle eftoic feulement
nder demeurée parmy eux &dans le
party de Donat.
[S4 & dans ce Livre admirable, qu'il à
compolë dfe
dit l'vnité de l'Eglife après avoir cité
quantité de
illo témoignages clairs & évidens des divines écri»
Bî'stures tant anciennes que
nouvelles,par lefquels
folidement cette Catholicité & cette
niji Vniverfalité de l'Eglife de Iefus C. il leur dit,
montrez, faites voir que voftre Communion
pe eft avec toutes les Nations de la terre. Oftendite
Ho s
^,1 il établit
Communie are omnibus
gentibus, & enfuite il
1pfa eft ergo Ecciefia qm non in aligna
ri'/we tenamm, fed vbïqne notijjima eft.
l'Egiile
i «Catholique donc eft celle-l'a, qui n'eft pas ren¬
fermée dans quelque Province & dans
quelque
qpartic de la terre .• Mais qui paroift & qui fe
t(jjfait tmnifeftement ccnnoiftre dans tous lesenOu(droics du monde,
rflai Et fi cette preuve étoit forte contre les Doï
(eifiatiftes cinq cens ans après l'établiffement de
ent conclut).
.
gjl'Eglife de Ies us-Christ.- combien eft
dJlle encore plus forte & plus invincible contre
j,y«s Calviniftes, ieize cens ans après fon inftiution.
I 1
S
ConYiiïm tttmifefte & évidente
raifonnerpoïç;
V«f
Et ce feroic certainement mal
éluder la force de ces prcuvesi auquelles il n'yifes
pas de repatt> de dire qu'il ne
paroift pas» f C;
l'Eglife delefus C. ayt jamais efté étendue pjqu
toute la terre >
n'y que l'Eglife Romaine, le fo.pa:
mefme à prefent -, car les
cxpreflions des Sain: j|s
matière ; eftans réglées lijjq
celles de l'écriture ; il eft vifible qu'elles:cft
doivent expliquer! comme on explique lestiqU
Peres dans cette
preffioaj des divines écritures, lesquelles efti
générales félon les termes, ne s'entendent p
neantmoins avec vne rigeur Métaphilique »Scholaftique, & ne marque qu'vne général
Morale.
Concluons donc avec S. Aug. dans le Lir
7. de l'vnité de l'Eglife.
Tenenda nobis tfl Ci Q
fiiona Religio & ejus Ecckfia Communier
qwt Cathohca efi, & Catholica nominatur, 1
(olum u fuis verum ttiam ab omnibus imm
yelint tnim nolint, vel ipfi quoque Herctici
Schifmatum alumm ; quando non cum fuis feday
nihil aliud f [_
extraneis loquntur. Catbolicam
Catholicam yocant ; non enim poffent
inttm0[
nifi hoc nsminc eam difeernant, quo ab vnivtf (
embralB^u'
dans cette lcc
bg'on nous entrions dans la Communion dect£o
Eglifc qui eft Catholique, & qui eft appcifju
orbe nuncupatur. Il faut que nous
la Religion Chrétienne, & que
j
De la fituflctc de la R, P. F,
75
'""Catholique, non leuletnent par les fiens & par
1
y fes enfans» mais encore par Tes propres ennemis,
f Car que veillent ou ne veillent pas, les Héréti»
P1 ques & les fauteurs des Schilmes :
-
quand ils
parlent avec d'autres qu'avec ceux de leur feéte:
a'n;ils ne nomment pas autrement
l'Eglife CathoMique, que Catholique ; car ils ne peuvent pas
(c
1
es!eftre entendus s'ils
s
ne
la nomment du nom,
"que tout le monde luy attribue,
ftr
tf
ie : »
^
CHAPITRE
i
i
in
V.
Lit
Ct
Que la Société des Calwniftes, nefè
pas Apoflolicjtic dans [on gouverne»
>,
ment, n'y
w»
ci
i.
dans /es Sacremens.
^
atT A quatrième raifon, pour laquelle nous
f'Tjdifons, que la Société des Calviniftes&de
™itoute la Prêt. Réf. ne
peut pas eftrc l'Eglifcde
;®rbChrift ; C'eft qu'il paroift ttesévidamment
'""qu'elle n'a pas la 4. marque, que les Peres du
:e
Concile de Nicée ont attribué à la véritable
;clEglife de leius.Chrift pour la diftinguer des
Pcfauff« Eglifes, qui eft rApqftqlicitc.
7*
Conviction manifefle & évidente
Cette Apoftolicité de l'Eglife, çonfifte
Âp
quatre rapports ou relations, que la yéritablPr-
Eglife, doit avoir avec l'Eglife telle qu'elle; 1
cité du temps des Apoftres&des cinq premiettk
fiecles, dans lefquels Calvin met me demeurer,des
d'accord qu'elle a toujours efté dans (a puretiy ;
qu'il faut y avoir recours, fkappeller à elle postes
yeg'er les différents de Religion ; quoy' qiipai
par vn efpric de contradiâion qui luy cft encc: Sa
plus ordinaire qu'aux autres Héréfiarques, ir«
demente fouvent ce principe. Cetce Appofttpri
licite, dis-je, confiftc dans le rapport queide
véritable Eglifc doic avoir avec l'Eglife pi
jmitive dans ion gouvernement î dans le rappo;
le
qu'elle doit avoir avec elle dans fesSacrenwqu
dans le rapport qu'elle y doit avoir dans les regl à
de Foy & éfin dans le rapport qu'elle y don avu pr
dans fes réglés de mœurs.
à
Or eft -1 il» que la Société des Cal y iniftes t da
aucun de ces rapports avec l'Eglife des Apoflf £«
&. avec l'Eglife telle qu'elle a efté pendant nu
temps de les çiqq premiers fiecles, & coniSa
quemment ellç n'eft aqçunement Apoft^3
-
Eo
que.
Premièrement, il ne faut qu'ouvrir Je LifRe
des A êtes des Apoftres» les Êpitres de S. Ptfu
à Timothée & à Tite, les Livres de l'Apotc'e
Jypfe de S, Iean : pour voir que du temps
|
e
•
r"
• • '
——r———
"De la faujfcte de la R, P. R*
77.
(Apoftrcs , l'Égale e'cait gouvernée par des
abffirefttes & par des Evefques,.
[Ici Et dailleurs, il eft très manifefte par les anîicifjetwes Hiftoires Ecclefiaftiquesjpar la DoÛrinp
rades Saints Peres, par les anciens Conciles, qu'il
retty avoic vne fubordinacion entre ces Evefques &
loiifes
Preftres, vn ordre
Hiérarchique comnaç
quparle S. Denis. 11 eft auffi tres-évident que les
cci Saints Peres des
premiers Jîecles de l'Eglife ont
treconnu vn Souverain Pontife, vpe première &
jfttpriacipalc Eglile, de laquelle les autres ayoienç
je ! de la dépendance.
pi
II eft ncccllairc ( die Saint Irenée dans lç
,
po; le Livre 3. contre les
ens que
Hérélàes Chapitre 3. )
l'Eglife Romaine,
toute Eglife s'adrefte à
eg!à caule de fon pouvoir & de fon authorité
avo principale.
1Jropter potentiorem pritcipalitatem ,
à la Chaire de Saint
Pierre,( dit Saint Cypricn
;st dans le Livre 1. de fes
Epicres, Epitr.e 3. & à
ifttcette Maiftreffe
Eglife & principale, d'où- l'vnt inité Sacerdotale a pris fa foyree 6c fon origine
oni Saint Ambroife dans l'Oraifon funebce de
ftolSatyre, il demanda s'il eftoit d'accord avec les
Eglifes Catholiques, c'eft a dire avec l'Eglife
LitRomaine. Saint Hyerôme dans deux Epures
Piau PapeDamafe, qui le joint à voftreSainteté,
potc'eft à dire à la Chaire de Saint Pierre, il eft
s
§j?s ffliens. Saint Auguftin dans l'Epitre 1725.
iConviftion maifefle & évidente
ji8
écluy - la, ( dit ce lJere ) eft dans la véritable
Eglife, lequel fçait qu'il eft joint & vniil'
l'Eglife Romaine t dans laauellc la Prtncipautt
de la Chaire & de l'authotité
Apoftolique ifl1
toujours eu fa force & fa vigueur.
da
Il eft confiant par la mcfme antiquité, qit
ces Evetques & ces Prcftres, avoif rudes Autels, pt
& qu'ils y offroient des Sacrifices. Le leul pis Pr
fage de Saint Cyprien dans le Livre i. de !t 'e
Epiflres, Ep. p. pour en laiffet quantité d'autre n
eft fans réponfe pour la preuve de cette véritt d
& a couvert de tous les fubterfuges>& de tout;
les chicaneries des Hérétiques* dans lequel,! d'
deffend qu'on offre le Sacrifice pourvn certai n
qui avoit engagé vn Prcflre dans des negoa
Se dans des affaires temporelles. Et la raifo E|
qu'il en donne : C'eft( die - t-il ) que celuyi C
n'eft pas digne qu'on offre le Sacrifice pour la w
qui à éloigné vn Preftre de l'Autel, & qui i o1
obligé de s'en retirer, en l'engagent dans I «
embarras du fiecle. Qtûa non efi diçnut vtproiï
Sacrificetur, qui Sacerdotem dei M? altari fubfin d<
xerit.
Cependant cette miferable Société, n'a i«®
Preftres n'y Evefques pour la gouverner,elle
veut
point de fubordination entre fes Miniftm/
elle à ruiné l'ordre Hyerarchique : elle à m
fctfé tous les Autels3 elle ne veut pas que
5De la faujcté de U R. T. R.
7J»
abVMinîftres exercent la fonction de facrificateurs.
ii illeft donc clair comme le jour (& il fautentic*
smjiement fermer les yeux pour ne le pas voir}
iC i qu'elle n'a aucun rapport avec l'Ëglife primitive
dans fon gouvernement
q(j;
Secondement elle n'a aucun raport avec la
tels primitive Eglife dans Ces Sacremens, d'autant
pji premièrement qu'elle n'en
reconnôift que deux,
(i le Bapcelme & la Ccnc; Et cependant il eft très
;
itrt
manitefte que la primitive Eglife en a reconnu
tilt d'avantage.
lUII
Saint Cypzien, S. Auguflin & beaucoup!
:l,i d'autres Anciens Petes ont reconnu la confit*
ttas dation pour vn véritable Sacrement
oci
Saint Cyprien dans le Livre premier defeé
i [o Epiflres, Epit. i. Parlant du Baptefme & dé la
jyl Confirmation, il dit,Pour lors ils peuvcnccftrc
tin!entièrement fan£Ufiez,eftre enfans de Dieu, s'ils
ui i ont pris rcnaiflkncc, par l'vn & par l'autte Sa^
; |i crement. Siytroque Sacramento rtnafcanmr.
o il
S. Auguflin dansleLiv. 2. contre les Lettres
i/MePetilien, le Sacrement duChrefme entre les
fignes vifibles, eft très Saint, comme le BaptcC.
a n *ne. Sacramentum Cbrifmaris, in geneie fignerwn
[1er vifibilium, Sacra SanBam eft ficitt & ip/e Bap[l ittijmus.
Le mefme S. Auguft. dans le Livre du bien
(Conjugal Chap. 18. die que dans les nopccsdçs
i®
s
ta
ConviBion tHanifcfle & évidente
h
Chreftlens li Sainteté du Sacrement à plus
tar
force, que la fécondité du ventre. In noftn
nùpttjs, plus valet Saniïitas Sacramenti
îu
foicundïtas vttri.
Saint
Ambroife, S* Auguftin &
ÏC1
beaucoup'
d'aUtfes Pores parlent de la Pénitence Chrti *
étffie comftve d'vn véritable Sacrement. Nu D1É
foreexpteffement le Sacrement de l'Oii PC1
pua 1
gtace qui eft en toy & qui ta efté donnée
l'impofitiondemes mains. Et nous avons cet ^
de l'Extféme.Ortélion dans le 5. Ch. de l'Ecct
dé' S. Iacquès; Si quelqu'vn eft malade part ^cs
avbns
dans la t. àTimothéeCh. 4. ne négligé
qu'ils appellent lésPrefttes,qu'ils prit
luf, qu'ils l'oigacnt d'Huile au nonu '^1
vous,
Ait
Cl,£
Seigneur &e.
d'Autant ert fécond lieu,que mefhae
dacicor
Soci: Prc
pratique de ces deuxSaeremens, que la
desCalviniftes a refervé,elle n'eft aucune®vn
vn
conforrtife avec l'Eglifc primitive.
onrefervoit dès pi ^
cor! a
Daiis l'Eglife primitive,
celles de l'Euchariftie du pain & du vin
malades,coBif111
Ç
cré, pour les abiens& pour les
«ouS liions dans le Canon 13. du premier Cor311
cile de. Nicée.
Cependant dans çette Société on ne refajj
porte pas s 0
malades» Meilleurs les Miniftres qui ont travaiî
lien de la Cene, & on ne la
à compoj?
De la faujjetè
de la R. 7\ Réf.
u5jà compofer vne Religion commode & aifée»
Mtant
pour eux que pour les peuples, ont creu
jufticc & ue charité leur feIicit trop incommode , de qu'il tailloir s'en
que ce devoir de
iJdjipenfer.
|I£(| Dans l'Eglife primitive on tenoit le Baptef-
jsjd, aie des petits enrans tellement ntcelTaite qu'elle
3J(j permettoie mefme aux Laiques de le conférer
pj à toute
heure & en tous lieux en cas de befoin
de
necelhté, & Calvin dans ion indication
demeure d'accord, que
pj cette pratique a eu lieu paimy les Chteftiens,
ccl Livre 4. Chapitre 15.
,a[[
des le commencement de i'Êghle.
prjf Cependant cette Société ne tient le Bap.jjjtcfme des petits enfans que de bienfeance :
die ne
permet
qu'aux feuls Minières de le
lajjjiconférer : & dans le Temple & aux jours de
ocjjpre(che feulement, & laiflent plufloll: mounç
;B( vn enfant fans Baprefme, que de permettre à
vn autre
qu'à vn Miniftre de luy confeter;Sp. Il eft donc très manifeile, que la Société des
;0i,(Calviniftes n'aaucuû rapport avec l'Eglife pr5jmjtnitivejn'y dans le nombre desSacremens,n'y
Cabans l'adminiftration & la pratique des deux
^acteniens qu'elle a retenu, & conlequepiment il
cfclplt très évident qu'elle ne peut pas cflre Apo-
CHAPITRE
VI.
au
Que la Société desCahiniJles rieftjiift1
Jpojlolique dans Jes dogmes defojm
riy dansfes réglés de moeurs,
l jl
!
SAdifeution
n s quedesnous
dogmes
foyonscontroverfez,&coiJ
obligez de faireiPei
parer les ientimens des Calviniftes avec ceuxiP"
l'antiquité, ce qui demandroit beaucoup &f'r'
temps, beaucoup décrits &
mes. Calvin
beaucoup de vole P
le Chef & le Patriarche de
ccaIf
le ,
l'i Pri
1U
Société, par vn cfprit de contradiâion qui
eft fort ordinaire, & qui fuffifoit feul pour
Voir fait abandonner par l'es feâateurs ; n«
donne luy
melme vn moyen, très aife &ttfP'u
facile, pour faire voir aux Prêt. Réf.
qu'ilsk"e
i^ar
peut pas eftre conforme à l'Eglife primitirtanc
dans les dogmes & dans les maximes deFo|®"
puifque luy mefme le contredifanc manifciif^
a
miferablemenc abusé, & que la Société
ment, par vn
aveuglement épouventable (
eft la peine & lech <ftiment
affez ordinaire <£ *
Hérétiques ) en demeure manifeftement <T«P°
çord dans beaucoup d'endroits de fon infticuttopÇ
De la faujjetè de la 72.
P. 72.
85
l-#& il ne fauc que l'ouvrir pour eftre auCfl-toft
Iconvaincu de cette vérité.
Dans le Livre 2. Chap. 2. 3. n. çraitcanc
du libéral arbitre] & expliquant (on fentimenc
fi,;&fon opinion nouvelle touchant cette matière,
il n'a pas honte de dire & d'avancer arrogamûjimeat que fon fentimenc cft contraire à toute
l'antiquité.
Dans le Livre 3. Chapitre 4 traittanc de la
x[ pénitence & de la fatisfaftion, il dit que tous
0R, les anciens ont efté trop févéres, & qu'ils ont
x j prefque tous manqué de cette matière. Omnes
jere merci quorum libri extant : aut in hac parte
fuit vbi de fatisfeciionc a^itur ; aut nimis
:K ajrptfé & duré locuti Junt.
jlu Dans le mefme Livre Chap. 5, parlant des
\
,
;lïptieres pour les morts, il demeure d'accord
qu'il eft contraire à toute l'antiquité & que
rt P'us de mille trois cens ans devant luy les prijlfres pour les morts, ont efté dans 1 vfage &
>t (dans la pratique de l'Hglife ; mais que tous ces
c;ï(anciens te font trompés. Ante mille itfr trecentot
:0j«Mes» ufu receptum fuit, vt precationesfièrent
if itf"'° mortuis • Sed Vetcres
tmnes, ( fateor ) in
ahrcpti funt,
i Dans ce ntjefme Chap. parlant du mérité des
d'!>ônes œuvres, il avoue que les anciens Dedeurs,
;io{£ fonç pa? de fog fentimenc» & qu'ils fe fopj
nol
■
.
r-
Conviiïion manifefle & évidente
§4
fervis du nom de mente, lequel il rejette enjfec
tierement.
Pfi funt ( fateor ) vetufiti Doflom di<
komine meriti.
Dans le Livre 4. CEiap. 4, parlant du Cclï pa
bat des Preftres, il dit que toute l'antiquité;
i'E
péché dans cette matière, par vne trop grand rej
ieverité. Peccavit antiejnitas immodica feverit»
Dans le mefme Livre Ch. iî. parlant d: qi:
aufteritez de l'ancienne penitence lî Saintemct l'e
pratiquée par les premiers Chreftiens, d l'E
qu'elles ne font pas conformes à Ion lentimœ fti
& qu'il ne fe peut pas empefcher de condat M
ner les anciens. Excufari nullomodo poteft iim l'E
Pc
dica vterum feverit as.
Dans le mefme Liv. Ch. 18. parlant coœ Pi
3e S, Sacrifice de laMefle, il dit,que les ant. qc
eftre exeufez pour aval di,
quelque forte ce Sacrifice, &poi ce;
avoir imité la façon de Sacrifier des ancic tai
Juifs. Excufari non pojfe arbitror veteres f ex
ens
ne
peuvent pas
reconnu en
aliauid in attionis modo peccaverint. Imitm fi de
tmm ludaicum Sacrificando morem. maofis ejn/t d'i
ant ordinaverit Chrijtus, aut Svangeiij ratio fin
gr
bat.
mefmeide
Calvin, que la Société des Calviniftes, n'ap Ja
Il eft donc confiant par l'aveu
de conformité avec la primitive Eglife
damfpt
ïjogmes & dans fes maximes de Foy, & «JÇC
De la fauflitè de la Rel Prêt. "Pjf.
et-
Ion
fequamment qu'elle ne peut prétendre à la
dignité & à la qualité d'Apoftolique.
Secondemcnc la Société des Calviniftes n'eft
-et pas conforme avec
l'Eglife des Apoftres, avec
itéi l'Eglife primitive dans fa Morale & dans fesr
anè
réglés de mœurs.
«a
Pour ne rien dire de
c J:
cette
grande averfion,
que cette Prêt. Reforme tefmoigne avoir de
me» l'eftat des
Viergesa en fi grande vénération dans
,
d| l'Eglife primitive 3 mefmc du temps des Apo-
nei:
lires.
Pour
ne
rien dire de la vie Solitaire &
dan
Monaftique eftimée dans les premiers fiecles de
m
l'Eglife & preconifée par tous les anciens Percst
Pour ne rien dire du Célibat des Evefques &des
ont
anc
m
Preffres, obfervéfi Rcligieufement dans l'antiquité & dans l'Eglife primitive, Pour ne rien
dire des jeulnes du Careime,des abllinences de
po: certaines viandes pour mortifier le corps & de
icie tant d'autres
pieulês obfervatices pratiquées fi
f exaflement dans les premiers temps de l'Eglife,
tjf defquels cette Prétend. Reforme témoigné tant
ijiw d'avetfion.
Qu'elle plus mechante Morale, que d'enfeigner, comme elle enfeigne, que lesCommannet demens de Dieu font
impoffibles mefme avec
'a fia grâce du S,
Efpric : contre les paroles fi exinsi preffes de S. Iean dans fa t»
Epift. Chap. 5, en
:
la charité de Dieu, que nous ob4
8<£
Ccmlclion ntanifefte & évidente
fervions Tes Commandemens, & fes Commande- j,(
mens ne font
pas pelans. Hacefi chantas Dvi Mldar
mandata ejus ctifiodtamus, & mandata e jus gravu
^
funt. Et contre celle de S. Augult. dans le tre
Sermon ipi. du temps. Nous avons en horteui
jjt|
le blafpheme de ceux qui difent que Dieu a
pec
commandé quelquechofe d'impoflible à l'home (
Execramur eorum blafphemiam, qui dicunt Dem
aliquid homini impofjibile pracepifle.
^
Qu'elle plus méchante Morale, que d'enfei- ^
gnerçôme elle enfeigne, que la Foy feule juftific;
& que nos bonnes œuvres ne viennent pas en qq
Conte, pour nous juftifier contre les paroles fi
po[
expreffes & fi fameufes de S. Iacques dans foi ^ ^
Epiftre Chapitre 2. & contre la Doétrine dt ^
non
sous les
anciens Peres.
<jée
Qu'elle plus méchante Morale, que d'enfei- »
gner formellement concre S. Paul, que nous de-10yons avoir vne afleurance entière de noftre fâlcj
Se ne pas craindre les jugemens de Dieu, connu!
elles enfeigne après Calvin dans fon Dimanchei;Mais quel plus prodigieux renverfement deliça[
fconne Morale, que d'enfeigner comme cetttj^
Société enfeigne, & comme la prouvé invincible*^
ment l'Autheur cplébre & toujours viQorieui^j
du renverfement de la Morale de Iefus C. par leL0U
erreurs des Calviniftes, que
la Foy & la g»cî(|on
ggefoystegeue ne fepeut jamais perdre, & $jj* 1
De la faujfctê de la R. P.
Ref,
Syi
d!'demeure toujours dans les plus grands pccheurs
dans le mefmc moment qu'ils
péchenc
H& qu'ils offenfenc Dieu, par des Crimes
très abominablesfaifant ainfi vne alliance mon-
:ulftrueul'e de la grâce & de la juftification avec le
péché & l'injullke. Il s'enfuit donc évidemenc
ne'
que
cette Sociécé desCalviniftes, n'a aucun rapm
port dans fa Morale, avec la Morale des Saints
Apoftres& de Ss. Do&eurs de l'Eglife primitive.
î1' C'eft ce qui ne peut appartenir qu'à
l'Eglife
t!
Romaine ; Et c'eft pourquoy, c'eft dans fa
eî Communion feule, que nous devons demeurer
.1 pour eftre véritablement Apoftoliqùes. Il fauc
®
( dit S. Hyerôme Adverfut lucifer. ) Demturer
'dans cette Eglife, laquelle ayant efté fon«
dée par les Apoftres,
garde cette fuccéflion
1 a
.,
k'Apoftolique
jufque à préfehc, & la gardera
toujours. In ea
'
UI'
Êcclejîa nobis efl pemanendumf
<]«£ ab Apojiolis fundata ttfquc in ditnt hanc
(nectfione durât, & durdbit.
Mais fouvenôs nous toujours, mon cher lefleur
{Catholique, que c'eft peu d'eftre dans l'Eglife
Apoftolique, fi nous n'avons foin d'exprimer
noftre vie & dans nos mœurs, laDoâriné
j{.des Saints Apoftres, & dimiter autant que nous
^pourrons les exemples des vertus qu'il nous ont
31
'
Jdans
^ le prie Dieu de tout mon
M fafte la
grâce.
cœur» qu'il noafe
£8
ConyiEiion manifcfte & évidente
Pr
dit
Kl
CONCLUSION dai
1
mi
cA
MZSSIEVKS
Xes Prétendus \eformez^ de
Prtflre de Chaluts*
«0
dar
l'Archjl^
S
L'Obligation
que j'aytribunal
( mes trèsde chers
frété! de i
rendre
la Iufticeique
de
devant le
Dieu, vne bonne ration, pour me fervir desteiicon
mes de S.
Auguftin dans fon Livre des Pafteun-vUre
de la perte de vos ames infeâées parles Héré'peu
lies de Calvin &
particulièrement de celles fan
font dans l'enceinte de la Parroide de Moni C
Bouyer, auquelles j'annonce fi fouvent l'infaillil toui
bilité & l'atfeurance de leur damnation eternelli les i
fi elles continuent dans leur leparation, & fi ellt',conr
font fi malheureufes que de mourir hors deltjtous
Cômunionde PEglife Catholique ApoftoliqCati
te Romaine, pour délivrer mon ame, & sftljam.
qu'on ne redemande par vofirelangde mamai^uifl
parle le Prophète Ezechiel, cetteoblihrari
gation dis-ie, ma porté a vous donner cette coffe ]e
yiétion Manitefte de la taufleté de voftre ReligiCiin
r""s"~
"
Prétendit
comme
De h fanptl de U R. T.
.
Réf.
.§p
Prétendue, &à vous faire imprimer ces I2.petits
diicours; ld~quel$.( fi vous voulez tant foit
peu
renoncer a
l'qpiniaftreté qui leule vous retient
Ni
A,
ir,
dans voftte
léparation) vous donneront des lu¬
mières plus que iuffifantes
pour vous faire connoiftre voftre égarement, & vous faire
dans .le bercail oelelusC.
retourner
duquel le malheur de
M voftre naiflance vous fépare peuc-eftre encore
d'avantage que voftte propre choix Se voftre
propre cleion.
Surtout (m es chers freres ) donnez vous, bien
te! de garde de dire& encote.moins .de
croire
( ce
et que i'enteos Couvent,dire
à,plufieurs,v& aux pjus
«h confiderables d'entre
vous, ) que
pourveu.qu5çn
eun.vive.en gens de bien (comme
vousdites)
qu'on
cit
pcutfe lauvcr& faite (Qnfaluc.partouc,5auflbbkri
armijesHuguenots que parmy les Cathoiques
C'eft ( mes chers frétés )Ja
plus dangereufe de
lillktoute les
0111
Héréfîes& la plus perilleufe de toutes
elle les erreurs »
qui eft vniveifdlement rejettée &
ill^condaaée par les Saints Pcres.de l'Eglife,
lclquels
iekpous Ynanimétenfeignentqu'ilo'y.à
qu'vne Eglife
^Catholique, hors l'vnité-dc laquelle on .ne peut
imamats trouver le falu:, quelque vertu q,u'pn
laicpuifle avoir : quand nrelme on foufEritoit, le
ibfaartyte pour deftendre les veniez de l.'Evangjle
■o'fe
les-principaux points de laDoéii ine.deleûiS
M
- ~
M
pô
CoHviffion manifefte & évidente
Ali moins cette erreur ( mes chers treres) |orf
yous ufiez bien de la prudence & des
lumières!^
l'Efprit que Dieu vous a donné, devroic lertL j
à vous faire renoncer pour toujours au party
j
p
Calvin ,& à vous faire rentrer dans la Coron)rpCrf
nion de l'Eglife Catholique.
com
Car fi vous croyez,comme je vous l'ay
oiqao,
dire louvent : & comme lans doute, ça efté.,res
croyance de yosplus anciens & de vos plus(i(jans
lébresMiniftres, que nous cous pouvons làurqUj
dans la Communion de l'Eglife Romaine, et p(
vivans en gens de bien :& aucun bon Cadrant
jamais creu n'y avancé qu'o» j
puiffe fauver dans le party de la P. Reformam|jVre
quand mefme on feroic exempt de toutes foijjUge
que, n'ayant
de vices, & orné de toutes fortes de vertus. Pt»& jr
quoy je vous prie ( mes chers freres ) ne|t p,
prendre le plus fur, & rilquer fi dangereufenit(^[||
dans vne éleéfionou il ne s'agit rien moinsi;frcve
du faluc &dc la d'amnation eternelle.
ne(je
Si vous croyez qu'on puiffe (e fâuver paille (
nous en y vivans en gens
de bien -, Pourquoi^
vou^prie, vous opiniafirer d'avantage à demyatca
rcr dansvn party ruineux, que vousvoyezeLr ,
vifib'ennenc dans fon déclin, & qu'vn gtfe|0,
nombre de ceux qui y eftoient engagez pan p(
malheur du Scbilme ou de leur naiflanceabj>cjn(
donnent tous les jours, & lcquel par la ciiji çC
De la faujfeii de la R. T. Jt.
$ï
"Jjcorde de Dieu, n'eft plus foutenu en France,
rCl1que par des incerreflez, ou par des ignorans,
ltIt,'ou par des libertins.
l)"
Pourquoy ne pas fuivre l'exmple de tant dé
nIt'perfonnes fages & avifées, que vous voyez fe
'
convertir tous les iours, metme
pacmy vous,
ffquoyque plus rarement que dans beaucoup d'au*
ft'tres lieux, à caule de la plus grande captivité,
115tous laquelle vous elles retenus
par le Démon,
au|rqui préfiJe à l'opiniaftreté /
£[
Pourquoy ne pas imiter tant de vos plus fça^'vantMinifttes, lefquelsDieu veut bien éclairer
0B'& dilcerner d'vn
grand nombre d'autres, qu'il
atlMivre à l'efprit d'erreur & de
menfonge, par vn
Jugement auiît iufte& équitable qu'il eft fecret
& infcrutable ?
•1CI
Pourquoy ne pas fe ranger \ la fuite de tant
®1<l'Illuftres Seig neurs, qui eftans prefque tous
asli'ievenus, comme vous voyez bien de la phrenefie & de l'etoutdiflement, ou
l'efprit de Schili
'ailhne & d'Héréfie les avoic
jette: onc jugé très
prudemment, qu'il n'y avoit aucune fureté de
^s'attacher à la Religion inventée par Luther &
zCW Calvin,pour abandonner la Religion des
ë"Clovis, des Charlemaignes & des S. Louis2
P2' Pourquoy ne
pas fuivre la Religion de vos
grinces &de vos Seigneurs lefquels vous voyez
ni| éclairez, & li capables de faire difeernement
✓
Ca'nviElion mantfêflé & evidenit
Véritable Religion d'avec la faulTe? j
Mais pourquoy ( nies chers freres ) ne pai nie
de la
entendre la voix deyoftrcArchy-Preftre, leque qu
par lezelequé Dieuluy adonné pour vos âme poi
rachetées par le Sang prétieux de le lus Ch,;qu
pris fifouvent laTrompecce pour vous annonce vif
glaive duquel il eft parlé dans le 55.C hap.d1 rai
Prop. Ezechiel, qui ne manquera jamais de voï pas
ce
perdre fans refource & de tomber fur vos refit lé
criminelles,fi vous ne quittez voftrelépa-atio: 1
& que vous ne rentriez dans l'vnicé de l'Eglft tin
Pourquoy je vous prie vous opiniaftrer pis Di
long-temps à entendre & à fuivre vn miferab; cor
étranger, duquel je vous ay tant de fois décos ave
vetr avec vne fi grande évidence^ les erreurs foil
les Héréfies, les illufions & les fauffêtez.
vn
Après noftre fameufe querelle touchant! ces
necefïité du Baptefme des petits enfans : apte dot
vous avoir fait voir il y a plus du huit ans danst vol
écrit public & imprimé fa foib'eile & les furpi S
fes, comme il prenoit Couvent l'Ecriture à côtitt Saii
Cens. Comme il farfoic dire aux Saints Perespas
l'Eglife, particulièrement à Saint Grégoire t me
Naziance & à S.Bernard, tout le contraire dEg!
ce qu'ils difent .• &cela d'vnc manière fi forte! les
fi invincible, qùe vous fçavez qu'il n'y a (Et!
aucune
refponfe, quôy qu'on m'en aye tqûjoxQu
rnenacés durant cinq ou fix ans*
I
*É'e la faùffité de la R. P. R.
93
Âpres dis-jevous avoir fait voir h manifefte-
è?
pïmène fes erreurs, fcsHé réfies ,& le grand fujet
que que vous aviez de vous'defiër de ce qu'il vous •
im: pou voit dire en chaire :
puifque d'ans vo: écrit
:
'h.!qu'il m'ayoic envoyé, il'avançoitdes taufldtezfi
meti vifiblés ; n'abufez voUs
pas des lumières de la:
pïdjiàildn que Dieu vous à donné, & n'eftes vous
voi pas entièrement inexculables de l'entendre & de
:efe lé fuivre encore ?
stio
Au nom de Dieu ( mes chers frères ) ne con-
glili tinùez pas d'aVantage à abuzer du bon iens que
plu Dieu vous adonne,- & donc- vûu's luy renderez
rabi conte dans le tribunal de fon
jugement,& après
■coi avoir fait
quelque réflexion iur cette grande
:urs foiblefle de volïré Miniftre.*
vn
prenez je vous prie
peu de temps pour confiderer avec attention
m! ces deux
moyens aifez & faciles que- je vous
apre donne pour vous convaincre de la faufleté de
nsi voftre Precendûe
Religion,
frpi Si voftre Société n'eft pas vne : fi elle n'eft pas
Mil Sainte : fi elle n'eft
pas Catholique: fi elle n'eft
■esc pas
Apoftoîique comme je voih l'ay fuffifamprouvé, ellé né peut eftré la véritable
re cEglife de lefus Ch.
puis qu'elle n'en porte pas
rte!les caraâeres, &
qu'elle n'en à pas les marques ^
a (Et fi elle n'eft
pas la véritable Eglifé de I. Gh,
joffiQu'elle bonté extérieure, qu'elle apparence de
jertu que vous puiffiez avoir; vous ne pouvez
tecment
Cohviiïion maife/le & évidente, &c'.
jamais y faire voftre faluc ; non plus dilent les
Saints Peres, que dans le temps du deluge on ne
-pouvoir pas eftre fauve hors de l'Arche.
Et fi comme je vous l'ay montré foit claire¬
ment, voftre réparation n'eft appuyée que lurvn
pur blafpheme; fi elle eft imprudente & derailbnnable ; fi elle n'a pas de Chefs &de Pafteurs
légitimes; fi elle eft notoirement Schématique;
fi elle eft manifeftement temeraire, fi enfin elle
eft folle & infenfée, elle eft abfolument mauvaife: & fi elle eft abfolument mauvaife ,vous
demeurer.
voyez bien que vous ne pouvez y
Faites je vous prie, mes très chers freres.vne
fecieufe reflexion fur ces véritez, lefquelles Dieu,
qui ne veut n'y voftre mort, n'y voftre perte,
maispluftoft voftre vie & voftre converfafion,
donné à voftre Archy-Preftre pour vous an¬
noncer. indiens ergo ex ore meo Strmonem, annuntiabis eis ex me, a'îin que cette reflexion foit
vn commencement pour exciter fa mifericorde
à vous donner la grâce que je luy demande
a
tous
les fours pour vous, avec aucant
d'inftance
qu'il eft poffible à mon infirmité ,& qu'eftani
reflnis à cette Eglife dans laquelle feule vous
pouvez trouver le lalut ; vous foyez ma joye,
ma couronne & ma gloire.
ss
^
^
t^s •'
TRADVCTI ON,
Des
principaux endroits de ÏEpitrt
quarante- huitième de S. Augujlinf
à Vincent
Eve/que 2{ogatijie
Dans laquelle il fait voir,
que les
pùiflances fe doivent fervir avec
douceur & modération, de la
force, & de l'authorité que
Dieu
a
mis entre leurs mains
pour obliger les Hére'tiques à
rentrer dans l'vnité de
l'Eglifc»
idc
ice
îflî
)US
C'eli Charité &
Atifcricorde ; de contraindre les
Hérétiques de rentrer dans l'Egliji Catholique ;*
Et c'eft les hoir, que de les
Hère[te avec
indifférence,
laijjer dans ieu^
ft,
SItoléré
donc nous
euflionslefquelles
tellement
négligé Se
perfônes,
autrefois nous
ces
vouloienc tant de mal, & qui
crqubloientnoftj$
-
$5
Epitre 4?.
paix & nbftre repos par tant de fortes de viç.
lences qu'ils exercoitnt contre nous, & par tau
d'çrpbufches qu'ils noqs d^ejlojçnc .• en telle
forte que nous ne nous millions aucunement en
peitje.de trouver quelque moyen pour les.it» &
le'gi ,
choit, tr(
mider & les réprimer par la terreur des
tiroes puiflances; que ferions nous autre
fin on de rendre vericablenaent .le njal.pour l( g'j
]Jr
ma!.
Car fi quelqu'vn voioit
fon, ennemi devec: 3p(
pbrénétique par la violence de quelque d'ange
ieufe fievre, courir & s'alle-r iet'cer -daos-vn pré. ef,
.çipiee ; ne luy rendroit-t-il pas pluftoft le mil IJ:
pour le mal, en le laiffant courir, & en ne 1
peichant pas, qu'en prenant foin de i'arreftti, <Je
&.de le faire lier, & toutefois en apparence! pe,
parojftroit le très mal traitterquqy qu'il.ji'eul <|e
ep qu'vne très grande bonté & vne très grandi ]es
mifericorde-pour luy ; mats- fans doute -.ayaœ réj
recouvert le fens & la fanté il luy rendroic df dai
adions de grâces d'autant plus grandes quljiïii
iepeiroit l'avoir moins épargné e l'avoir plu' avt
-rudement traitte.
O fi ie vous pouvois
foi
faire,voir,-quelgran;cfo
nombre de circoncellions fe (ont maintenait y
déclarez Catholiques, condamnans Ieur.anciepafor
yie & la mifere de leur erreur, par laquei
gôaps féduics ils s'imaginaient faire .
~~
]
_
l^Egliffi "
Dî Saint Aûgufiïn.
>)n
l'Eglife, ce qu'ils' ne failoienc que pour leur
témérité inquiété ; lefquels néanmoins n'en auroient pas efté guéris fi comme d'autres fré¬
nétiques ils n'avoient efté arrefiea par les liens
101,1 de ces
lois que vous n'approuvez par.
cgi'l Que diray-je encore de cette dangereufe &
olti très
perilleuie maladie de ceux, qui à la' vérité
r l'n'avoient
pas la témérité n'y la hardiefle turbulance des Circùnceilions ; mais qui efioienc
F appefantis par vne pareffe & vne fetardife invé»
térée : Nous difans, il eft
vray que la vérité
Prt; eft de voftre coflté : on n'a pas de" rcfponfe
11111
et"'
lailonnable à vous faire ; mais c'eft vne chofe
fafcheufe de renoncer à ce que nous avons reçeu
fty de nos Peres. Ne failloit-il pas les éveiller vn
peu par les menaces des peines temporelles, afin
£U'j de les faire fortsr de ce fonimeil létargique &
in(il
:el
les faire rentrer dans l'vnicé falutaire :
qui le
H réjouïflans maintenant d'eftre parmy nous, coin»
damnenc l'engourdiffemcnt & \&> pefanteur de
leur vie paflee,& demeurent d'accord
que nous
pl'1 avons deu les corriger, pour les tirer de l'affoupiffemenc dans lequel ils eftoient, & empefta"1 cher
qu'il ne mouvuflcnc par la maladie délçur
habitude invétcrce dans le vice comme par vg
cpi fommeil
ki
mortel;
Mais vous me direz que ceschofesne
profi-
pav à qùeiqu'vni* Et quoy faut-il rejette^
Epitft 4i.
U medecîrie parce qu'il y à quelques maladtlu
dont lemaleft incurable ? Vous ne faites reflexiije!!
font fi durs & là opiniafirtfoil
qu'ils mepriftnt ces peines , & aulquels la jafc
geur de cettedifeiplmedevient inutile; carc'e! pas
d'eux dont il eft efcrit, C'efl en vain que j'i Piei
ehaftie vos enfant, ils n'ont pas profité de la m
reïïion& delà difeipline. /rem. 2. lepenfe neat
moins que ce n'eft pas par haine, mais par arooi (
des
& par charité qu'ils ont efté chaftiezMais vous devez auffi appliquer voftre cou que
fideration à vn fi grand nombre de ceux
falut&de laconverfion defquels nous nous» cru
jouïflons. Car s'ils eftoient feulement intimide nou
par les peines, & qu'on ne les enfeignaft pijfalu
par laDoârinc-, ce feroit comme vne elpeced &,
domination criminelle, & s'ils eftoient enfeignd pli
par la Doéïrine & non pas intimidez par Iflfers
peines: endurcis par l'ancienneté de lacoûtuwgue
il feremuroient plus lentement pour prendre i'ceu:
que fur ceux qui
chemin & la véritable route du falut,
puifqnj
plufieurs que nous connoillons fort bien aya&Ç'j
recouvert la
raifon,& la vérité leur ayante!
manifeftéepar les tefmoignages des divines éci
tures, nous refpondoienc qu ils defiroient bi(
retourner à la Communion de l'Eglife Cathi
lique, mais qu'ils apprehendoiét la malveill:
Si les yiolanccs des mefehans» lefquelles ils
J
De Saint jiugttjlin.
pp
iÛiu fflefprifer pour la juftice & pour la vie cter»
les»telle, il ne faut pas néanmoins defefperer delà
ifttf foiblefle de Tes perfonnes, & il là faut tolerec
la il
jufques à ce qu'ils (oient devenus forts & ne
rc'e
oublier ce que noftre Seigneur dit à Saine
'ï Pierre, lors qu'il eftoit encore foible. Vous ne
itn
pouvez, maintenant me fuivre ou je vas j mm
neat ms me
fuivrez après. Ioan, ij.
moi
co»
Quand la crainte falutaire rend les menaces
des peines & des fupplices utiles, en telle forte
que non feulement la lumière de la vérité chalfe
de l'erreur ; mais encore que la
ISlt crainte
rompe les liens de lamauvaife coûtumc.
aide nous nous réjouïflbns comme
j'ay dés-ja dit du
1
P^alut deplulîeurs, qui beniffent Dieu avec nouss
cei, & qui
luy rendent grâce de ce qu'il à acçomgci plice qu'il a promis, que les Roys de la terre
t
fcrviroienc à Iefus Chrift. C'eft ainfi qu'il a
s d les tenebres
ii»! guéri les malades, & qu'il à rendu la lancé à
Ire''ceux qui eftoient infirmes, &c.
W
Cefi aymer tes Hérétiques que de les
éctj corriger 9 pour les obliger à quitter
tjj l'Hérépe.
H luy qui
pardonné n'eft pas toujours
«ai: & çeluy qui frappe n'eft pas toûjoutg
ÏÔ9
_
ennemi : les
Epure fi.
playes&les coups que npusrccevoi
de l'ami font meilleurs que les erobrailemensde noi
l'ennemi,il vauc mieux aymer avec févériré queds ceci
trôper avec douceur. On ofle plus ut i lemsc le pain cha
à celuyqui en à befoin, fi l'alfurance d'en avoir lu; ¥
fait négliger fon devoir •• qu'on n'en dône à cela;
qui en manque pour le faire acquiefccr à quel h
que chofe d'injufte, Et celuy qui lie vn phreiiétique, &qui reveille vn l'étargique les aymi
tous deux : quoy qu'il foie également importun
Se incommode à tous les deux.
■Qui eft-ce qui peut d'avantage nous aymet
Dieu Et toutefois il ne celle pas, non
que
feulement de nous enfeigner avec douceur ï
mais encore de nous étonner par vne craiuif
falutaire adiouftantfouvéc auxadoucjfTemensdt
les confolations, le remede très amer de la tribu* i:e
\
lation. Il exerce les Patriarches par la faim quof
m
que pleins de piété & de Réligion : Il chaliit
fon peuple rebelle & defobeïlfant, par des peins afti
très feures .• Il n'ofte pas à l'Apoftre vne forii
tentât tonde la chair quoy qu'il l'en euft prié pii
trois fois affin de
.fa vertu dansù tre
fon
perfeâionner
Foiblefle. Aymons nos ennemis d'autant qui peu
cela eft jufte, & que Dieu l'a
ou
contmendéj^l"
'5ne nous foyons les enfans de wftre Pere qtà il des
dans le Ciel, mi fait lever fin Soleil fur les ià $iqi
fi t
fiât
De Sakt Auguftin.
vos
soi
jftfks & fur les injures. Mat. jr. Mais comme
s de nous donnons des
louanges à ces dons & à
ede cette libéralité
que Dieu exerce envers les mé«
>ain chans ; Souvenons nous aufft des chaftimern
luy qu'il exerce envers ceux qu'il ayme, &c.
luj
ael-
Preuves par le/quelles S.
Augufiin h
fie la contrainte qu'on eft obligé Re ¬
faire aux Hérétiques pour les pp.
m ter à rentrer dans
l'vnitè de l'figlm*Z
MMB
.JH,,
ire>
mt
m
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intt
s d(
-,
[àj p q
non
VO u s croiezfaireque qu'il
perfonne
enredoit ne
& doit
aerobrafcontraint à
fer la véritable
ce
Religion, vous qui lifez dans
b» l'Evangile que le Pere de famille a dit à fes
Of fcrviteurs. Contraignis dentrer tous ceux que vous
nncontrenz,. Mat. 12. Vous
qui lifez dans les
aftesdes Apofhes que ce Paul,
qui auparavant
s'appelloit faul : a efté preffé par vne grande
pi force de I. C. qui le contraignoit, de connoifîsH tre & d'embraffer la vérité. Aàor.
9. ficcn'eft
qui peut eftre que vous eftimiés d'avantage
l'argent
4' 011 qu'elque autre poffefion, par la privation
if| des
qu'elles les
Empereurs puniflent ks Héré-
)àpiques : que la lumière de nos yeux, laquelle
•à!|at Agoftre, abatu fubicementpar v»c voixdt|
Epitre. 48
Ciel, n'a recouvert après l'avoir perdue, qôt
toi
lors qu'il a
Paptefme.
efté incorporé à l'Eglife par le
Et vous croyez qu'il ne faut
faire aucune
yiolence à l'homme, n'y luy apporter aucune
contrainte pour le délivrer du mal de l'erreur;
Voyant Dieu, dont l'amour envers nous, regarde
toujours noftre plus grande vtilité & noftre
plus grand bien, l'avoir pratiqué par ces exem.
pies que je vous viens d'apporter Si que nous
ne pouvons pas révoquer en donte : & enten¬
dant encore lefus C. qui nous dit dans l'Evan¬
gile, Perjonne ne vient à moy (i mon Pere ne lu
tire loan tf. Ce qui fc fait dans le cœur de
tous ceux qui fe convertirent
par la crainte &
par l'appréhenfion de la divine colere. Souvenez
vous s'il vous
plaift, que le Larron repenti
quelquefois de î'appas & de la mengaille pour
,
dérober le bétail & le faire fortir de i'étable;
Se que le Payeur fe fert
quelquefois de la vergS
& du foiiet pour
rappeller à la Bergerie » les
brebis qui s'égarent.
Ne voyez vous pas que Sara maltraittoic faf
Servante rebelle & orgueilleufe, après avoir U !
xeceu le
pouvoir d'Abraham fon mari. Ec certes cht
il n'y à guaire d'apparence qu'elle euft quel¬ ten
que haine cruelle, pour celle qu'va pçis boi
auparavant elle avgiç rendu mere par raffeâiça m
De Saint Attguflin.
ïoj
particulière qu'elle luy porcoit : niais e'eft que
par les mauvais traittemens elle corrigeoit uti¬
lement en elle là iupetbc » à laquelle elle \é+
toit l'aifféc emporter. Sans doute
que vous,
n'ignoriez pas que ces deux femmes Sara Se
Agar & leurs deux enfans Ifaac & Ifmaël ont
efté la figure des fpirituels & des charnels.
Que b Fgllfe Catholique contraignant
les
Herétiques e(l pluflofl per/ectitrée
par eux » quelle ne les per/ecute.
ET quoy que nous lifions, que la Servante
& fon Fils ont efté maltraitiez
par Sara ;
néanmoins l'Apoftre Saint faul ne laide
pas de
nous dire
que Ifaac a efté perlècuté parlfmael.
lt comme alors, dit - il,
celuy qui tjioit né félon
lo chair,
perfecutoit celuy qui eftoit nè félon l'efi
frit. Ad Galat 4. Il en arrive demefme encore
aujourd'huy. Affin
-
que ceux qui
entendent bien, que c'eft pluftoft
le peuvene
l'Eglifc Ca¬
tholique qui Gouffre perfecutionpar la fuperbe
& par
l'impiété des charnels, lelquels elle ta£
(he
de corriger par des menaces & des
pertes
temporelles. Quoy donc que puiffe faire cette
bonne & l'égitime mere, combien
qu'il foit
jfude & fafcheux au fens, cllg ge rend pas lj
8©4
_
Éfitre 4$.
mal pour le sxial ; mais par le bien de la dif.
fon
çiplinej elle cbafle le mal de l'iniquité : non pat M
haine & en délitant faire du mal ; mais
pat p
amour &
par charité} & en fouhaittant guérit ^
fes enfans rebelles & opiniaftres, &c.
de I
dan
'La per/ècUtioh que tBglîfè Catholique fait
fait aux Hérétiques efi toufioun
fort iuftes à cauje de la bornée
fa fin & de/on motif
Van» les bons & les mtfebans font h
ton
Pau
V^Touffrent
les mefmes chof es, il n'en fait
pas juger par leurs aâions & par leurs peinesi autt
mais par les caufes & les motifs de leurs a&ions moi
& de leurs peines. Pharaon tourmentoit It moi
peuple de Dieu par des travaux fort penib'tî, D
Moyfc punilîoit ce mefme peuple lors qu'il & «U
l'aiflbit aller à quelque impie té par des peine; mef
ont fait les mefmes chofts; w
mais ils n'ont pas voulu profiter de me ira:
fit
maniéré. Pharaon étoit enflé Se emporte par i'ef- è l><
fort févéres. Ils
prit de domination ; EtMoyfe eftoit enflamme e Pi
par fon 2ele. Iezabel a fait mourir des Prophc Corp
Hclie a fait mourir des faux Prophètes îeu
# je ne doute pas que les mernes de &eax
tes î
for
De Saint Augufoin.
ioy
font foufFnt & de ceux qui louèrent ne foienc
fort divers.
Appliquez auffi voftre confideration au temps
du nouveau Teftament, dans
lequel la douceur
de la charité, ne dévoie
pas feulement fe garder
dans le cœur ; mais encore fe
produire & fe
faite connoiftre en
public ; dans lequel lefus C.
commende à S. Pierre de mettre fon
épée dans
fon fourreau : & dans
lequel on fait voir t qu'il
ne la devoit
pas mefme tirer pour la deffence
de lefus Ch. toutefois nous
y lifons, que non
feulement les Iuifs ont battu l'Apoftre Saine
Paul : mais encore
que les Grecs ont frappe
Soflhene Iuif Prince de la
Synagogue pour la
deffence de Saint Paul. l'Aflion des vds & des
luttes, ne femble elle
pas la mefme ? & néan¬
moins ils fout fort différent dans la caufe & le
motif de leur aétion.
Dieu n'a
pas épargné fon propre Fils & l'a livré
pour nous tous. Roman. 8. Et du Fils
melme il efl dit ;
Lequel m'a aimé & s'efi livré
moy. Ad Galat. 2. Et de Judas il efo écrit
le Diable
luy a mis dans le coeur te dejjein
il» mort
«
'
trahir lejus
Cbn(l. loan, 13. Pourquoydonc
lePereEternel ayant livré fonFils ; I. C. fon
corpseludas fon Seigneur Dieu.eft il mifericor*
dieux dans cette aétion & l'homme criminels
ce
n'eû, que dans cette même aâionla même
ïoé
Epitre 48.
eaufe & le même motif ne s'eft pas rencontré
11 y avoit trois croix dans vn même lieu .-dans
l'vne étoit attaché le bon larron qui devoie eflre
fauvé : dans l'autre le mauvais qui devoir cltrc
damné,dans celle du milieu, IefusChiift, qui
devoit abfoudre l'vn & condamner l'autre,
y à c-il de plus femblable que ces trois Croit,
& de moins femblable que ceux qui y font atta¬
ma
chez.
S. Paul eft livré à vn Geôlier pour eftre mil
dansvn cachot & pour ellre lié ; mais il n'yl
pas de Geoiier de prifon , qui foit h méchant
que le Démon, auquel toutefois ce meta de
Âpoftre a livré vn homme pour mortifier fa
ma
afin que fon ame foit Jauvée au jour de nojin les
Seigneur Iejus Cbrijl /. Cor. s
»
Que dirons nous donc icy î voila S. Paul qui
eft livré par vn homme cruel entre les maint
d'vn Geôlier, qui a plus de douceur que pn
ju(i
Démon ; Et voila S. Paul tout plein de dou¬
pet
ceur & de mifericorde
qu'il eft, qui livre va
homme
per
pecheur entre les mains du Démon 111a
qui eft plus cruel qu'vn Geôlier,
ave
Aprenons donc mon frere dans la re{Tablant! cru
des mcfmes aétions, a faire difeernement de
rati
efprits & des intentions de ceux qui les prati voi
quent, afin que nous ne médifions point à l'aveu les
g le, & que nous n'acculions pas corne criminel
De Saint afuguftin.
ta?
& comme cruels, ceux qui ne font remplisque
de douceur, de bien-veillance & de charité.
Et quand le meirne Apoftre dit encore
qu'il en a lettré cjuehjuvns à fathan pour les appren*
ire a ne pas blafphemer, i. Adtimot. i. à il
jendu le mal pour le mal ! ou plufloft n'a-t-il
pas jugé que s'eftoit vne bonne œuvre & vne
action Sainte de corriger les mefehans
par le
mal de la peine.
Si c'eftoit toujours vne chofe
louable de
fouffrir pcrfecution il.fuffiroit à noftre Seigneur
de dire bien-heureux ceux qui fouffréc perlecution: &il n'adjouceroitpas,pÉw/<î/uflice.M.5.
de raefme fi c'eftoit toujours vne choie blas-
mable de perlecuter, nous ne lirions pas dans
les Saintes Ecritures. te perfecutois celuy qui
medifoit en fecret de (on prochain. Tfat. /00.
Quelquefois donc ceiuy qui louftre la
perfecucion eft iniufte, & celuy qui l'exerce
jufte. Mais affurement les mechans ont toujours
perfecuté les bons : & les bons ont toujours
perfécuté les mefehans; ceux-cy, en faifant du
mal avec injuftice ; ceux là en faifant du bien
avec difeipline î
ceux-cy avec excès & avec
^,cruauté .* ceux la avec douceur & avec modéJration; ceux-cy fe rendans efclaves de la con.
'"Jyoitife : & ceux là fuivant les mouve»ens &
{les impulfiqns de la charité
Î0&
Epitre 4SI
Car celuy qui égorge ne confidere aucune'mène de quelle maniéré il tranche ou déchire;
litaisceluy qui guerift, prend bien garde de
quelle façon il coupe : d'autant que lafin de
celuy cy c'eft la Santé : & lafin de celuy là
c'eft la murtriifure & la pourriture. Les impies
ont fait mourir les Prophètes :& les Prophètes,
ont fait mourir les
Impies, lesIuitsontfuftigé
IefusCh. Ecl.C.à foueté les Iuifs. Les Apoftres
ont efté livrez
par les hommes au puilTances
humaines ; & les Apoftres ont livré les homes au
pouvoir du Demou. Dans toutes ces perfonnes
a
qtioy prend on garde / finon qui font ceut
qui ont la vérité de leur cofté : qui font ceux
qui ont l'injuftice: qui font ceux qui agifïeiic avec
deffein de nuire : & qui font ceux qui agiiïent
avec deftein de profiter» &c.
[Autres preuves que S. Auguflin apportt
de lu contrainte qu'on doit faire
aux
Hérétiques.
N ne trouve point ( dites vous) dans les
O écrits
des Evangeliftes &
des Apoftrèi
qu'on aye demandé quelque chofe aux Roysdt
la terre, pour l'Egtiïè entré les ennemis dé l'H-
gfifé.'Qûi éïl-cè qui nie qu'on ne le trouvé pas! ef
Mais cette Prophétie g'eftoit paj encore acfcttjl ÎÇ
De Saint ÂUguftin.
169
plié. Vous donc aux Roys devenez maintenant
fagés i inftruifez vous dans vos devoirs, vous
qui jugez la terre .* Tfal. 2. Servez, le Seigneur
«hic
crainte, & nous eftions enroiedans l'accom-
pliffement de ce qui eft dit vn peu auparavant
dans le mêmePfeaume. Ponnjuo'y les nations dé
lit terre fi font elles ajjemblèes en tumulte : pour-
fioy les peuples ont ils forme dé "Vains projets ?
les Roys de la terre & les Princes fi font élevez,
tnfemble, & ont confpiré contre le Seigneur & contre fin
Chrijl.
Néanmoins s'il eft vray.que cequi fc'éft paffe
dans les Livres Prophétiques) a efté la figure
des chofes futures, l'vn & l'autre temps, &
celuy qui c'eft paffé fous les Apoftres, Scceluy
que nous voyons maintenant d4ans l'Eglife , z
été reprefenté
par ce Roy qu'on appelle Nabuchodonofor.
Quand ce Roy, dont nous venons de parler»
«ontraignoit les fideles & les juftes d'adorer fes
idoles, & qu'il condamnoit aux feux & aux
flammes, ceux qui refufoient d'obeïr à fes injuftes commendemens ; C'eftoit vne figure de
ce
qui fe dévoie accomplir dij temps des Apo¬
ftres & des Martyrs.
Mais maintenant il s'accomplift ce qui avoie
efté figure dans le mefme Roy , lors
5:
é'ï9
qu'eftane
^5 cqnyctfîpn, pour fap-
■pu
fld
liorer
Epitre. 48
le véritable Dieu : il ordonna dans tout
fon Royaume que quiconque blafphemeroit le
Dieu de Sidrac, de Mifac, &
d'Abdenago:
kferoit puni & chaftié pour fon blafpheme.
Le premier temps de ce Roy, a efté la figure
des premiers temps des Roys & des Princes
Infidèles , fous lefquels les Chreftiens ont efté
tourmentez
&perfecutez par les impies.* & le
fécond temps de ce Roy a reprefenté les derriers temps des Roys & des Princes fidelles,
dans lefquels les
impies ont efté perfecutez pat
les Chreftiens.
'Lacontrainte qu'on doit faire aux Hi
retiques doit efire accompagnée de
douceur.
MA I s quion faifans
garde profeflion
plus de douceur
envers
du Chriftiaceux
nifme fe font laiflez féduire par
& afin qu'on
les mefehansi
les ramene dans le troupeau, &
qu'ils ne foient point de brebis errantes de
ïefus Chrift, on les arrefte par la punition d«
exils, & par la perte de leurs biens, afidque ces
peines les portent àconfidererce qu'ilsfonffrent,
& pourquoy ils fouffrent & qu'ils appreoent à
préférer la vérité des écritures qu'ils lifent» à la
fauffeté des hommes qui les feduifenc.
*
r
De Saint Attgujlin,
Ïïî
Car qui je vous prie d'entre vous & d'entre
nous 3 ne loue pas les loix que les
Empereurs
publié contre les facrifices des Payens : &
cependant la peine y eft bien plus fevere : car
cette impiété y eft condamnée de la
peine de
ont
moïc s mais en nous
corrigeant & en vous repri¬
gardé de la modération : afin que
les peines qu'on eftabliffoic contre vous,fuftent
pluftoft un advertiffement, pour vous faire quit¬
ter vôtre erreur ••
qv'une punition de vôtre crime.
Peut-eftre auffi, peut on dire de vous, ce
que
l'Apoftre S. Paul dit des Iuifs; ie lemrendsce
vfmoignage, qu'ils ont en effet du z.ele four Dieu :
mis c'eft vn z.ele qui n'ejt
point félon la fcience,
porceque ne connoijjant pas la Iujlice de Dieu, &
Efforcent d'e/lablir leur propre Iujlice, ils ne font
point foubmis à la Iujlice de Dieu. Rom. /o, Car
mant on
a
que voulez vous autre chofe fi non eftablir votre
propre luftke, lorfque vous dites que ceux là
pas jultifiés, qui n'ont peu eftre Baptifez par vous.
Dans cette fentence de
l'Apoftre qu'il à
prononcé contre les Iuifs, il y a cette différence
ne font
entre vous & les Iuifs,
que vous avez receu les
Sacrements Çhreftiens, lefquels ils n'ont
pas
receu; mais en ce qu'il dit, que rnelconnoifants
la Iufticc de Dieu & voulant eftablir
leur pro-
luftice : & en ce
qu'il dit, qu'ils ont dq
jEpitre 48,
112
zele pour Pieu» mais non pas félon la fciencet ttti
vouseftes entièrement égaux, à lareferve feu¬ pet
lement de ceux qui font parmy vous : kfqueli
par vne opiniâtreté toute malicicufe.combatants
contre vne vérité très manifefte, fçavent fort de
bien, de quel cofté elle fe rencontre ; & peut coi
eftre que l'impiété de ceux là, à encore beau¬ les
coup plus de malice que l'idolâtrie, mais parce ble
qu'il n'eft pas aifé de les convaincre ( Car cette ift
malice eft dans 1'efprit & dans le coeur ) eftants me
moins éloignés de nous : on employé contre qu
l
vous vne correûiop plus douce & des peiner
moins févéres,ce que j'entends,ou de tous 1« pn
Hérétiques, qui ont reçeu les Sacremcns Çhref- a e
tiens,
qui font feparez de la vérité de Iefus cta
Cfariû & de l'unité de (on Eglife ou de tout VO]
les Donatiûes &c.
reu
n'ei
Saint duguflin à T yentièrement cm, eue
vaii
qu'il ne falloit pas contraindre Iti ¥
Hérétiques : mais ayant examine <|U<
cette ctueflion9 il à
changé de /en>
ntz
timent,
fçai
1"
lev
I
E me fuis donc rendu à ces exemples que fait
mes çonfrçres m'ont alléguez» car monpre-Ku:
Œieti
De Saint dïigujïin.
îïj
mîcr fentimenc eftoit, qu'il ne failplt ébBêràlndre
perfonne pour rentrer dans l'ynitéde l'Eglifede
1, C. Qu'ilfalloitagir par la parole: combatte
pat la dilpute ; convaincre les plprits par la force
de la railon : depcur que peux que nous avons
pour Hérétiques déclarez ne contrefiflec
les Catholiques parmy nous, fans l'eftre vérita¬
blement dans le epeur. 'Mais mou fentimenc à
connu
tfté renverfé non pas par les paroles de ceux qui
me contredifoient, mais
par les divers exemples
qu'on m'apportoit.
Car premièrement on m'oppofoîc tnâ
prç®
pre Ville, laquelle ayant efté toute Donatifte»
atfté convertie à l'vnité Catholique, par la
crainte des loix Impériales, & laquelle nous
voyons prefentemenc avoir vne fi grande hor¬
reur de voftre Héréfie,
qu'en croitoit qu'elle
n'en à jamais fait profeffion.Ils m'en nomoiepe
encore
plufieurs autres : en telle forte que con¬
vaincu par l'évidence des choies, il me femhie
qu'on pouvoir bien appliquer à ce fujet, ce
que nous avons dans les divines eferiepres : Voy¬
iez. oçcafion att
Sage & il deviendra encore plut
Sagc„P.p. Car combien y en 4-t-ii (ce que pops
fçavons avec afléuranœ ) Lefquels ébranlez par
l'évidence de la vente, avoient volonté de fë
jut faire Catholiques & diffcroicnt tous les jpurs
râleur converfiop j 4ns la emm qp'ils iftYOKfil
ieti
P.
Sî4
Epitre 48.
d'exciter la haine & l'averfion de letrôs parera/lifei
Combien y en à-t-il qui eftoient retenus, non [oit
pas par l'amour de la vérité, laquelle vous n'a»tz l'est
jamais bien creu efire pour vous, mais parla toui
chaifnes pelantes d'vne mauvaife coûtumc invété¬ Q
rée en telle force que cette divine parole s'accom- c'ef
plifloic en eux. Le ferviteur opinia/ire ne feu pu pat
corrigé par les paroles, gr quoy qu'il entende bien qui
n'obéira pas ? Pro. 19. Combien y en à-t-il qa qui
croyoientque le party deDonac fut la veritabk lien
Eglife, parcequc le trop grand repos dans le- joli:
quel ils eftoient, les rendoit pareifeux Se peu C
curieux défaire recherche de la vérité Catho¬ la v
lique ? à quel grand nombre ne fermoient l'en¬ ne v
trée de l'Eglife, les mauvais bruits & les ca¬ peit
lomnies de ceux qui lcmoienc par tout, que non avo
immolions je ne içay qu'elle autre chofefoi don
l'Autel du Seigneur / Combien eftoic grandi: pen
nombre de ceux qui croyans qu'il n'importai inu
non
pas en qu'elle feéte on fut Chreftien, demeuroient feulement dans celle de Donat.patc trci
qu'ils y avoient pris leur naiflance & que pet- part
fonne ne les contraignoic de la quitter, &dt crai
(ion
dans l'vnité de l'Eglife.
che
Toutes ces perfonnes ont receu vne fi
utilité d« la terreur de ces loix, dans la publl C
rentrer
gratuit
fervent! vem
Seigneur avec crainte ; que les vus maintCMjl
cation defqu'elles lesRoys de la terre
De Saint Auguflin.
ÏI5
:ntfiifenf, nous avions cette volonté, maïs Dieu
(oie loué, de ce qu'il nous a donné occafion de
Ihecuter, & de retrancher tous nos délais &
tout nos retardemens.
Que d'autres difent, nous fçavions bien que
c'eftoic la vérité: mats nous eftions
retenus,
par je ne fçay qu'elle couftume, loué foit Dieu»
qui a changé les chaifnes facheufes fous lefqu'elles l'Héréfie nous faifoic gémir dans les
liens aymables de la paix de laqu'elle nous
joutffons.
Que d'autres difent, nous ne fçavions pas que
la vérité fut du collé des Catholiques, & nous
te voulions pas
l'apprendre; mais la crainte des
peines, & l'appréhenfion dans laqu'elle nous
avons cité,
que tous ces challimens temporels
dont nous eftions menacez par les loix des Em¬
pereurs, ne nous fulfentpeut efire entièrement
inutiles pour l'acquifition des biens éternels,
tous a
obligé de nous appliquer à la connoifc
m: Loué foit le
Seigneur, qui a éveillé noftrc
pareflè & noftre négligence par l'egutllon de la
crainte,afin qu'eftans inquiétez nous cherchaffiotis ce que nous n'avons jamais eu foin de
chercher dans le repos.
Que d'autres difent, les faux bruits nous époufentoient & nous empefehoient d'entrer dans
tar.|l'Eglife ; lefquels noûs ne ("saurions pas eftre
l\6
fâli* 11 nôitè
Épitre 4?.
n'y eftibhs entrez : & nous h'y
ftitîidns pâs entiez* fi on ne rtbuS eiift conGràtes foietit rendues au Seigneur qui
ï'eft fervi du fôiïee pour oflcr noftte épouveûte
trâints.
Se qui nous a fait cbnrioiitrc par noftre
expctiencé, cortxbieri vâiris & mehfohgèrs eftoiéflt
ks faux bruits que la mâuvâife renommée avoli
répàntdu dé fënÊglilë. Ce qui nous oblige i
les trimes, que Ici
aili heurs de cette Héréfie ont
objeéié, font
faux ; puifque leurs autheurs en ont inventez
de fi peu véritables , & encore dé
plus énor¬
crôifè maintenant, que
mes.
Que d'autres difent, nous pehfions qu'il
ri'importoit pas en qu'elle fe&e on fit profêffion de la Foy de IéfusGhrift : Mais Dieû loir
remercié, qu'il nous a retiré de la divifioa
réunit, & qu'il ttoiis a fait connoiftre qu'il appartient à Dieu auquel l'vrtîttf tll
tlTentielle, d'eftre honoré dàns l'unité.
pour nous
Quoy je m'oppoferois à mes contreres S jt
ftrois d'un fentiment contraire au leur * pour
Êmpeicher tous ces bons effets qui augmentai
l'aglôire du Seigneur & je fetbis caafè pat rtffii
oppofition que les ouailles délèfûvC. c'rraWi
dans vos montài'gnes& dans vot coliftes, jë Veto
dire égarées par 1 enfleurë de voftre orgueil S v<
^ foftre ftfrftbe » fefe fojfëht pis rëuàiçî £
De Saint Atoguftùt*
tï?
îebsrcall de la paix, ou il ny a qu'vn troupeau
& vn Pafteur.
Oiiy afleurement, j'ay deu combatre leur:
zele & leur loin tout charitable par mon
oppo-
fîtion» de peur que vous neperdifliez les choies
que vous dites vous appartenir » & qu'étants
fans peine & fans inquiétude, vous perdiftiez
Iefus Chrift. l'ay deu fans doute ra'oppoier à
leur fentimenc, afin que vous eullicz toufiours
la libercéde faire vos ceftaments felôtt les
réglé»
du droit Romain, & que
par vos medifances
&
vos
accufations
pleines de calomnie, vous
pmlTiez cafter le teftament eftably par le droit
divin en faveur de nos Pcres : dans
lequel il eft
eferit, Toutes les nations recevront benediSHon dans
vôtre jemence. Gen. 25. Afin qu'il vous fut
permis
de faire librement de contrats de vente & d'a-
chape : Et que cependant que vous puifliez
diviler ce que Iefus Chrift a vendu & livre
pour nos pechez, a achepté au prix de fon
fang. Afin que toutes les donations qui auroienc efté faites par chacun desvoftres fuftent
valides, & que la donation faite par le Dieu
des Dieux,
Depuis le Sokil levant jufqttes au
Soleil couchant. P/al■ 7/. à ceux
qu'il a choifis
pour fes enfans, demeurât invalide.
Afin que
S vous ne fuftiez pas bannis de voftre terre & de
«s
voftre pars, ny envoyé en exil ; & que yocs
IiS
Epitrè 4f. de S. AuguÇùn»
puifïjez faire fous vos efforts pour bannir Iefus
.Chrift & lechafler du Royaume qu'il a acquis
par fon Sang, qui doit l'eftendrc depuis vne
l'autre Mer, & depuis le Fleuve
jufqu'aux extremitez de la terre, A Dieu ne
plaiie que je fois de ce fentiment :au contraire,
que les Roy s & les Princes de la terre fervent
à Iefus Chrift, eu publiant des loix pour
maintenir les interefts Se la gloire de 1E S V S
Mer jufqu'à
CHRIST.
~
TRADUCTION
des principaux
endroits de l'Epitre 50. de Saint
Auguftin» eferite au Comte
Boniface,dans laquelle il étabit
les mefmes veritez, que dans
l'Epitre précédante.
Pourquoy Dieu permet les Héréjies,
AIS, il ne faut pas ( mon très cher,)
que ces chofes vous inquietcnc,& vous
mettent beaucoup en peine: car lesHéréfies&
les fcandale font prédites dans ladivine parole,
afin que nous foyons inftruits au milieu de~hos
ennemis: Et que par ce moyen noftre Foy &
noftre charité s'épure d'avantage; noftre Foy ne
nous laiflent pas
féduire par eux ; Et noftre cha-
rité, en employant tous nos foins & travaillant
autant
que nous pouvons pour leur correâion
& pour leur changement ; Prenants garde,que
12«
£'petre 50I
feulement, ils ne nuifçnt pas aux foibles,& feu
'faifans tous nos efforts, afin qu'ils (oient déli. fe I
vrezde l'Héréfiedans laquelle ils font engagez'.
Mais priants encore pour eux, jafin que le Sti.
xron
■gneur leur ouvre l'efprit ,pour entedrc les efcritures,
Luc 24. D'autanc que les melmes livres famii mt
loi
qui nous cooduHrntà la çonnoiflance de I. Ch.
nous rende auffi fonEgllfe manifefte. Mais eut qu'
cor
par vn aveuglement prodigieux,ne connoiffant
fçni
îefusCh, que par les divines efcritures : Ils ne
cm
veulent pas toutesfois reconnoiftre l'Eglife pat
l'authorité de ces mefmes efcritures : mais il) poi
noL
]a forment fur la vanjté des impoftures & des
inft
difcours tromperus des hommes» &c.
afir
lelc
La contrainte eft falutaire aux jati
Hérétiques.
T L eft arrivé auxDonatiftesce qui arriva aus
Ci
X accufateurs de Saint Daniel : car comme les
Lyons aufquels ils l'avoient fait condamner, ont
tourné toutes leurs forces & toutes les cruautés
contre eux ; De mefme ils font prefentemew
attaquez par les mefmes loix, par lefquelles ils
ont voulu opprimer vn innocent •• Avec cettt
celi
différence (par la mifericorde de Iefus Cbti-ft)
tou
que ces loix font beaucoup plus pour eux, &'
L
pour leur véritable profit, qu'elles ne
fcmbkns
T-1
leur)
De Saint tsfugtiflinl
ïïi
leureftre connaires ; d'aurant que par elles ils
[c font convertis, fe conveitificnt tous les jours
& rendent grâces à Dieu de leur converfion , &
de les avoir délivrez d'vn mal fi plein de fureur
& fi plein de
danger. Ceux qui haiiïoient ayment, & autant qu'ils avoientd'aveifion
pources
loix qu'ils croyoient leurs eftre cruelles
(quoy
qu'elles leurs fuffenc tres-lalutaires ) eftans en¬
core dans la folie de leurs
erreurs; autant préfentemenc les aymenc-ils eftans
gueiis de cette
erreur : &
par la mefme charité que nous avons
pour tous ceux qui font feparez de 1 Eglife, ils
nous exhortent,
que nous poutfuivions avec
inftance, ceux qui ne font pas encore convertis
afin qu'ils ne perifient pas dans leur erreur, avec
lefquels s'ils fullent demeuré , ils n'auroienc
jamais manqué de périr, &c.
Cefl avoir de la cruauté pour les
Hérétiques, que de ne les pas con»
traindre de quitter leurs H
créées,
LEfurieux,
Médecin eft Pere
importunenfant
à vn incorrigible:
phrénétique
& vn
à vn
celuy-là,en liant :celuy-cy en fouettant .• majs
tous deux en
ayroant. Et s'y ils négligent $:
qu'ils les laiflentpérir; c'ette faufïe douceurtift
&
Epitre 50.
plus digne du nom de cruauté, que de douceur teu!
Car fi le Cheval & le Mulet qui font fans rat/oi,j pi
jPjal.31. rcfiftenten mordant & en ruant à cm peru
qui veulent toucher leurs playes pour les g®
rir .• & quoy qu'ils aycnc à appréhender de emj
leurs dents & de leurs pieds, & que fou vent ili terr
ÏÎ2
bleflèz; néanmoins ils ne les quitten; C
Em
pas, jufqu'à ce que par des douleurs & paré
peines medecinalcs ils les aycnc encieremem Die
guéris. Combien d'avantage vn homme, ne doit & f
il pas abandonner vn autre homme : vn frète, Em
"
fonfrereChreftien, de peur qu'il néperiffepon Die
vne éternité, lequel eftaoc changé & converty,
en foient
peut bién comprendre, combien eftoic grani
le bien-fait qu'on luy faifoit, lors qu'il fe plai-
gnôit qu'on luy faifoit fouffrir perfecution,
Doncques ( comme die l'ApoIlre^ ne no»
laffons point de faire le bien, pendant que nom
avonsté temps, failons du bien àtous .-Quels
vns foient convertis, par les difeours des Prédici
teurs Catholiquesles autres par la iutte riguei les
desloix dés Princes Catholiques ; que tous loien <je
appeliez au falutque tous foient délivrez diceu
l'erreur, lés vns par ceux qui obeiffent aux avwme
E
tiffements divins ; & les autres par ceux qi|.cor
obeiffent aux commendemens des Empereuriiefb
(d'autant que lorsque les Empereurs publiencEfpot
tnauyaifes loix pour la fauffeté, contre la véritjybi
T)e Saint 'Auguftin.
ï5j
qui ontvne véricableFoy font fépafez:&
j perlévérans, font couronnez par la recom¬
mence de la gloire. Et lors qu'ils eftabliflentde
bonnes loix pour la vérité contre la fauffeté, les
dt emportez & les opiniaftres font arrêtiez par leur
îrj(eux
terreur, & les
intelligents fe corrigent.
Quiconque donc refufe d'obéir aux loix des
Empereurs qui fè publient contre la vérité de
Dieu, fe rend digne d'vne grande recompeniê:
{t quiconque ne veut pas obéir aux loix des
Empereurs qui fe publient pour la vérité de
Dieu, fe rend digne d'vn grand fupplice.
Les 2(oys & les Princes fe fanffifient
en
agifiœnts avec zjle, contre les
Hérétiques,
DV tempspasdesdeffendu
Prophètes,
tousmettre
les Roysà qui
ny fait
bas
n'ont
icii les
Temples qui avoienteflé baftis contre la Loy
ie®de Dieu, font blafmez comme criminels,
sdteux qui
va mettre
les ont deffendus, & qui les ont fait
à bas, font loiiez comme vertueux &
iuftes. Et le Roy Nabuchodonofpr
incitant efclave des idoies, publia vne loy facrilege
uèpour faire adorer fon idole ;Mais ceux qui ne
dwybulurenc pas obeïr à l'impiété de cette lojr
f comme
t
^T
Epitre 50I
tef.noignerent la piété & la fidélité qu'ils avoient
pour Dieu. Le melme Roy changé & corrige
par vn miracle & par vn prodige tout divin,
publia vne Loypieule& louable pour la vérité:
que quiconque profercroicvnblafpheme contre
124
le Dieu véritable de Sidrac; Mifac, & Abdt.
nagoferoit mis à mort avec toute fa famille.
Si quelques-vns ont mefprifé cette Loy,&
ont foutferc la
peine qu'elle ordonnoit : ils ont
deu dite, ce que les Donaùftcs difenc, qu'ils
eftoient juftes: d'autant que par la Loy du Roy,
ils fouffroient peri'ecution ; ce que fans douit
ils diroient,s'ils eftoient aulfi extravagantsqot
qui divifent les membres de lelus Chrift,
qui trament avec mépris ce qu'il a eu de plus
Saint & de plus Sacré : & qui fe glorifient <!c
ceux
la perfecurion, parce qu'ils font
empefchezé
faite les mclmes choies par les loix des Empe¬
lefqu'elks ils ont eftablies pour l'vnitc
de Iefus Chrift, ils font montre d'vne innocent:
reurs ,
faulfe, & ils veulent recevoir des hommesli
gloire du Martyre, laqu'elle ils ne veulent pu
elperer du Seigneur, car les véritables Martyr ...
fonc ceu^ delquels lelus Chrift a dir. Bim fra
heureux font ceux qui Joaffnnt perfecution four j> do
Matth. 5«
De S. isfugujlin,
Ï2j?
tors que les Her'etiques fouffrent, ils
peuvent pas fe glorifier de la
gloire du Martyre > parce qu'ils ne
fouffrent pas pour la lufiice,
ne
CEl'iniquité,
ne font donc
qui fouffrent
pouc
& pas ceux
l'impiété
de la répara¬
pour
tion de l'vnité Chrefttcnne: mais ceux-là font
feulement véritables Martyrs qui louffrent per(ecucion pour la juftice; Car Agar aefté perlécurée par Sara : & cependant celle qui ïaifoit
la persécution, eftoic |ufte & Sainte : 8c celle
qui là fouffroit eftoit pechereffe & criminelle.
Quoy comparerons nous cette perfécutioa
d'Agar à celle que fouffroit le S. David perfécuté par l'injufte Saul ; cette perfecution eft
fort différente non parceque David fouffroit»
mais parce qu'il louffroit pour la juftice, &
IelusChtift mefme a eftécrucifié avec des lar¬
rons: mais ceux
qui eftoient joints par la louf-
ftance, eftoient feparez par la caufe de la louffrance, C'eft pourquoy cette voix du Plalmiftc
doit eftre entendue des véritables Martyrs qui
défirent eftre féparez d'avec les faux Martyrs;
Jugez, moy donc mon Dieu, & fait tes le difcernej«tôt de ma caufe d'avec la nation qui n'efi pas
1
kH£
Epitre 50;
Sainte. Tfd. 22. II n'a pas dit faites le dîfcernél
ment de ma
peine : mais faites le difcernemene
de ma caufe; car la peine des impies peut eftre
femblable à celle des Martyrs : mais la caufe
des impies eft toujours diffemblable d'avec celle
des Martyrs, defquels c'eft encore la voix dam
le mefme P fa! mille. Ils m'ont perjecuté avec in.
juftice : ajftftés moy de yoftre fecours„ Pfal. itS,
Il c'eft creu digne d'eftre affilié avec Iuftice,
parce qu'on le perfecutoit avec injuftice : car
fi on le perfecutoit avec Iuftice, il ne dévoie pas
cftre affilié mais corrigé.
Or s'ils croyent ,que perfonne ne peut perfeeuter aucun avec
juftice, comme ils ont dit dam
la conférence deÇartage, que cetteEglifcelioit
la véritable Eglife qui iouffroit la perfecution.ft
pas qui la faifoit, fans parler des chofes quê
j'ay dés-ja rapporté cy-deffus:fi celàeftcomme
ils le difenc. Cecilin appartenoit à la véritable
Eglife, lors que leurs anceftres le perfecutoient
par leurs acculateurs, jufques devantlçtribunal
de l'Empereur : Mais d'autant que Cecilien
iouffroit pour la juftice, nous difons qu'ils
eftoient efloignez de la véritable Eglife, non
pas parce qu'ils perfecutoient, mais parce qu'ils
perfecutoient avec juftice.
non
r
De Saint jiugufiin,
ïîj
Ceft iuftice de perfecuter les HtrétL
»
ques 3 pour les faire rentrer dans
l'\>nité de L'EgliJe.
VO y t a donc ce que nous difons : fi les
Donatiftes ne s'arreftent pas à la confédé¬
ration de la caufe pour la qu'elle chafcun fait ou
fouffre la perfecution : & qu'ils croyent que la
marque d'vn véritable Chreftien,c'eHft de ne pas
faire la perfecution, mais de la fouffrir fans dif¬
ficulté, Cecilien doit eftre de ce nombre qui ne
failoit pas la perfecution, mais qui la fouffroic
Et ils enexcufenc leurs Anceftres, qui faifoient
la perfecution &
qui ne la foufferoient pas ;
Mais comme i'ay défia dit, ie pafle ces chofes
foubs filence ie dis feulement, fi
l'Eglife véri¬
table e(t celle-là qui eft parfécutée, & non pas
qui perfecute ; qu'ils demandent à
l'Apoftre
S. Paul de qu'elle Eglife, Sara éftoit la
figure
lors qu'elle pcrfecutoit la Servante, car il dit,
Que dans cette Fcmmi qui pcrfecutoit & qui
tmrmentoitla fermante à efié figurée là fUemfalem
i'tnhaut, qui eft vrayment libre & nofire Mert:
tAd. Gai. 4. C'eft à dire la véritable Eglife,'
que fi nous examinons la chofe de plus prés:
Agar perfecutoit pluftot Sara par fa fuperbei
que Sara ne perfecutoit Agar par fouchatiméc.
Ephre 50;
Ï28
Car Âgar faifoit injure a la Maifîrefle .• Et leui
Sara ne faifoic que chaftier & corriger %f
&r
fuperbe : &c.
Enfin je demande fi lesjufies & les SS Souf. de 1
frent feulement la perfecution, & ne la font & (
jamais; de quicroyentilsque ce ioic cette voir met
dans lePfaimifte, loriquenous y liions, /epom. loi:
fuiveray mes ennemis & les atteindray ; Pjal.11, qu'<
le ne retourneray poinc que je ne les aye def- tort
faiéfs. Si
voulons dire & connoiftre la lent
nous
vérité il y
à vne perfecution injufte, que les ttre
Impies exercent contre l'Eglife de Iefus Ch. pou
Et il y à vne perfecution jufte que l'Eglife de nou
ï. C. exerce contre les impies. l'Eglife eft inft:
donc bien-heureufequi fouffre perfecution pont afin
la Iuftice;& les Impies font malheureux, qui lefq
fouffrent perfecution pour l'injuflice.
jatn
C'eft pourquoycéile-là petfecute par charité:
& ceux-cypar cruauté; célle-là pour convertit: Ct
& ceux cy pour pervertir; celle-là pour retiret
de l'Erreur. Ceux-cy pour engager dans
l'Erreur, enfin celle-là pourfuit les ennemi)
Se les atteint jufques à ce qu'ils foient deffaiflsi
& qu'ils ayent entièrement renoncé à la vanité
de leurs erreurs, pour profiter dans la vérité
Mais ceux-cy rendants le mal pour le bien «lu
L
p.tndans que nous leurs procurons le falut S tOU!
Ja yj.e eternelle, ; font tous leurs efforts poui ^j
-
-
••
"
n0Di
De Saint Auguftin.
i
Ilç
Ions ofter la temporelle : ayant tant d'attache
"'vne patTion fi enragée pour les meuitres qu'ils
accompliffent dans eux melmes & dans
if« leurs
propres perfonnes, ne les pouvant pas ac-_
int
!
)ix
comptir dans les autres.
Utilité de la contrainte que l'Egli/e
exerce envers les
Hercliques*
C'E s t pourquoy,
c'eft vnepremietéc
grande miferîpour eux, lorlque
contré
corde
gré, par les loix des Empereurs ils lonc
rez de cette fefte, dans
laquelle par la
Doélrine des Démons & des hommes plains de
menlonge & d'impofture, ils ont appris ces
fireurs & ces maux ; afin que par aprez eftaut
eur
iccoûtumcz aux bonnes loix &
aux
bonnes
ils puifienteftre guéris.
Car plulieurs d'entre eux, dont nous admirons
nelèntemenc la ferveur de leur Foy& l'ardeur
île leur charité dans l'vnité de Ieus Chrift,
mœurs,
Rendent grâces à Dieu avec beaucoup de ibye,
'fiece qu'ils lonc délivrez de cette Hèréfie dans
;e'laquelle ils ont creu que ces maux eftoient de
"'ïéritables biens j Lefquelles aélions de grâces
«h ne rendroienc pas maintenant avec coeur &
>u:iyec liberté
'
s'ils n'avoient efté auparavant
'
R
I30
Epure jc£
d'abandonner cette miferable & cri.
xninelle fociété.
contraints
Que dirons nous de ceux qui nous aiiouer.c !S a
les jours, qu'ils avoienc envie d'eftre Ca-
tous
tholiques il y avoit long-temps : mais qu'ils
habitoient avec des gens parmi lelquels ils ne u'o
pouvoient pas profefier ce qu'ils avoienc dansai
le cœur :& que s'ils euflent dit vne feule parole
en faveur de la
Religion Oatholique,ils auroient erei
entièrement perdus,eux & toute leur famille.
tq
Qui eft-ce, qui eft fi depourveu de bon fens,
que de nier qu'il falloir fteourir ces perfonnes
par les loix & par lesOrdônances des Empereurs,
afin qu'ilsfuflênt délivrez d'vn plus grand mal;
ceux qu'ils
craignoient eftans maintenant obligez
de craindre, &par cette mefme crainte.- ouils
font convertis : ou feignants de l'eftre.ils bif¬
fent en paix ceux qui feconvertiffent, defqueis |((x.
auparavant ils eftoient appréhendez, &c.
m
&Eglife Catholique doit demander iit
aux
Roy s & aux Princes} de
contraindre les Hérétiques.
i
us
m
\me
m
'*** 'Eglise eftant donc dans ces extrém!tez&
J ^affligée delà for te, qui coque eft ime qu'il fal¬
loir pluftôc endurer toute forte de tourmés, que
T
De Saint ^uguflin.
Î5I
eftre délivrés par lçmoyê
i! Empereurs Chreftiens ; Ils ne confiderent:
:r.iis affez qu'on euft pas peu s'exeufer légitimer
n'yfc judifiec de cette négligence.
;l"
Car ce que difent ceux qui ne veulent pas
u'on eftablilfe de jùftes loix, pour reprimer leur
ipiété, que lesApoftres n'ont pas demandé do
elles chofes aux Roy s de la terre. Us ne confi¬
dent pas, que pour lorseftoit vn autre temps,
:ii' éemader à Dieu,d'en
!e que toutes choies le
font dans leurs temps,
|uel Empereur avoir pour lorsembraffé laFoy
tlefusChrift pour luy rendre fervice en publi¬
ées loix en faveur de la piété,contre l'impiété :
aifquec'cftoit encore pour lots, que s'accom-
lifloient ces paroles du Prophète. Tourquoy les
il!ions de la terre fe font elles affemblées en tumulte
7 pourquoy
111.
les peuples ont ils formé de vains pro-
Pfal. 2. Les Roy s de la terre ont confpiréi
fies 'Princes fe font joints enfemble contre le Sei*
\mr& contre fonChrifl. Et pour lors ce quieft
it dans le mefme
pas encore :
Pfeaume ne s'accompliffoit
Vous donc ô Roys devenez, mainté-
fages : inflruifez vous, "Vous qui jugez la
1me, fervez le Seigneur avec crainte & rejouijfëz
m en
luy avec tremblement.
wxt
Epitre 50.
1^2
£e que c efl que ferVir Dieu en %oy ($\
en Trinee Jeton Saint
siuguftin.
COmment
donc avec
les Roys
de ?laSiterre n'eft
fer
Seigneur
crainte
venc
le
en deffendants
ce
& condamnants par vne févéritc
Religieuie, les chofes qui fe font contre les lois
& les cômandemens du Seigneur ;car autrement
Prince & vn Roy fert le Seigneur en qua¬
lité d'homme autrement il le 1ère en qualité
de Roy. En qualité d'home il fert le Seigneur»
Vn
gardant fes Loix, fes Ordonnances & fa
avec fidélité.
En qualité de
Roy, il fert leSeigneur en eftabliflant avec vue
£o; ce & vne vigueur convenable à fa dignité)
en
Commandement
devloix qui commandent des chofes juftes, &
qui condamnent les injuftes. Comme Ezechias
là fervy en iaifant mettre à bas les Temples des
Idoles & les lieux hauts, qui avoient efté édifiez
contre le commandement de Dieu. Comme là
fervy Iofias, en faifant la mefmechofe. Côme
là fervy le Roy des Ninivites, obligeant tout
fon p? uple d'appaifer la colere de Dieu par la
penitence. Comme là fervy Darius, donnant
pouvoir à Daniel de btifer l'Idole & faifànt ex«
pofer aux Lyons les ennemis & les accufateurs,
gomme là fervy Nabuchodonofot £ duquel
T--
*De S. jiuguftin.
133
des-ja parlé ) empefchant tous les
fujets de fon Royaume de blalphemer DieuJ
par vne loy pleine de terreur- tes Roys donc
en tant que
Roys fervent le Seigneur, quand
pour rendre fervice à Dieu : ils font des chofes
qui ne peuvent eftre faites que par des Roys.
Ainfi du temps des Apoftres, les Roys ne
fervants pas encore le Seigneur, & formants de
vains projecscontre Dieui& contre fon Chrift»
afin que toutes les choies qui avoientefté pré¬
dites par les Prophètes tuflenc accomplies; On
ne pouvoit pas
pour lors deftendreles impiétés,
dans vn temps ou pluftoft elles doivent eftre en
vogue : Car c'eft ainfi que les temps fe doivent
nous avons
fucceder les vns aux autres ; En telle forte que
les Iuifs m> tteroient à mort les Prédicateurs
de I. C. & de Ion Evangile, croyants faire vn
Sacrifice agreab!e à Dieu : que les nations de
la terre s'éléveroient contre les Chreftiens,- &
que la patience des Martyrs, fe rendoit viûorieufe de
tout.
Mais après qu'à commencé à facompliree qui
eft rfcrit. Tous les Roys l'adoreront, & toutes les
nations luy \eront ajjk jettes Pfal. 7/. Quel eft
l'Homme Sage qui dira aux Roys, ce ri'eft pas
à vous, à vous mettre en peine dans voftre
Royaume de ceux quidefîendent, ou qui com¬
battent l'Eglife de Itfus Chrift voftre Maiftre ;
*54
Epitre 50!
Ç'eft à vous à laifler vn chacun dans la liberté
de confcience, & ne vous pas mettre en peine,fi
ion eft Religieux ou Sacrilege , fi on fuit la
jvéricable Religion, ou lafaufie ; aufquelsonne
peut pas dire, ce n'eft pas à vous de vous mettre
peine dans voftre Royaume, de celuy qui
chafte, ou impudique : Car Dieu
ayant donné le libre arbitre à l'homme : Pourquoy punira t'on les adultérés par les loix, &
on
permettra les facrileges ? Eft-ce qu'il y a
moins de mal, que l'âme foit infidèle à Dieu,
que la femme à Ion mary : ou s'il faut punir
plus doucement les fautes qui fe commettent,
non
pas par le mépris, mais par l'ignorance de
en
veut eftre
ia Religion : eft - ce que pour celà, il les faut
négliger, &c.
La contrainte efl Vflie à plufieurs,
le nombre de ceux qui fe condui¬
sent par la crainte étant plus grand,
Il faut y aïoir égard.
IL eft à la vérilescé hommes
meilleur,foient
qui doucement
eft-ce qui
endoute ? Que
perfiiadez pat la Doârine à honorer Dieu:
que contraints par la douleur , ou par l'appré-1
De S. Auguflin.
13 5
henfiondela peine, mais il ne faut pas négliger
ceux-cy, patceque ceux-là font meilleurs. Car
nous avons
conneu, & nous connoiffons encore
tous, les jours
vtile à
par nos expériences: qu'il a efté
plufieurs d'eftre contraints, première¬
par la crainte, ou par la douleur : afin de
pouvoir eftrc par après enfeignez,& accomplir
par l'œuvre, ce qu'ils avoient appris par la
ment
parole.
Ils nous objeâent le dire d'vn certain Autheur
féculier,lequel a dit, je croy qu'il vaut mieux
retenir les perfonnes libres par amour &
par le
motif de l'honnefteté, que par la crainte. Cela
eft bien véritable : mais comme ceux
que l'a¬
mour
conduit, font meilleurs : aulB ceux qui
font corrigez par la crainte , font en
plus grand
nombre ; Car pour leurs répondre par ce mefme Autheur
Payen. IlsIifent aulïi dans vnautte
endroit de fes efcrits. Vous ne fçavez ce
que
c'eft que de bien fairç : fi vous
n'y eftes con¬
la peine. Or c'eft à caufe de fes
meilleurs, que la Sainte Efcriture a dit, la
crainte ne fe trouve poincavec la charité : Mais
lu charité
parfaite , chajfe la crainte, 1, loan 4,
Ht à caufe des autres
qui leurs font beaucoup
inférieurs en mérité & qui font en plus
grand
traints par
nombre, il eft dit. Le Serviteur dur &
ne
opinia-,
fera pas corrigé par les paroles , car quoy
Epitre 50I
ça'j/f entendent ce qu'on tuy veut dire, il tiobeïrt
pas pour cela. Trou. ip. Lors qu'il dit, qu'il ne
fe corrige pas par les paroles :I1 n'a pas coin,
mandé qu'on l'abandonnat entièrement, mais il
a donné tacitement àconnoiftre,cequ'iI falloit
faire pour le corriger : Car autrement il ne
diroic pas, il ne fera pas corrigé par les paroles;
mais ieulement il ne fera pas corrigé.
Contrainte des /hérétiques,
authorm
par l'Lcriture,
L'E c r i t u r e nous apprend encore dans vi
autre lieu, que non feulement le ferviteuti
mais encore l'entant incorrigible doit
eftrecor-
rigé avec les coups, & que cette correéhon
leurs fera fortvtile. Car à la vérité vous frapts
/on corps par la "Verge, mais vous deltvrez. [m
âme de la mort. Trou. 25. Et dans vn autre
endroit, Celuy qui épargne la verge, à de la haut
pour fin fils. Donnez-moy quelqu'vn, qui dans
le fentiment d'vne Foy bien droice, d'vne vé¬
ritable intelligence, dans l'eftenduede toutes les
forces de mon âme, dife avec le Plalmiûe,
Mon âme brûle d'vne fiif ardente de joutr du
Pfal. 41. Quand iray- jt
paroifire devant la face de mon Dieu. Et à celuy
là non feulement la crainte des puiflances tem¬
porelle?!
Dieu fort çr vivant.
De Saint jfgfruftinl
i|*
porelles, & des ioix Impériales» mais encore
des peines
& des lupp lices eternels, n'eft pas
nectlïaire ; Auquel il terrible, qu'eltie attaché
à Dieu j c'eft vn bien fi defirahle : que non
feulement ii le regarde avec horreur comme
yn fore grand fqpplice, d'eftre
leparé d'vn (i
grand bon- heur : mais meime qu'il en louffre
le retardement avec beaucoup de peine. Toutes
fois devant que ceux qui l'ont au nombre des
bons & véritables enfans. puiflent dire, Nous
itfirns d'ejîre de[chargez. des liens du corps, &
i'eftre avec lefus Çh, Pb. i. Pluheuts auparavant
de mauvas lerviteurs & comme de
melchans fug t fs, fort obligez de retourner
à e r Seigneur & à leur Maiftre
comme
& par le
parla
verge
toiiet des peines temporelles.
VEgli/é Catholique contraignant les
Hérétiques t ne fait qu'imiter
lefus ChnfL
CAr qui eft-ce,qui nous peut aymer d'â-
vaniage que IdusChrift, lequel a donné
fa vie pour les brebis : & toutes fois
ayant appdlé Saint Pierre & les autres Apoftres par fa
feule parole : Il arrefta par
la force de fa vois
Saint Paul, qui auparavant eftoit Saul, lequel
f§8
Epltre 50.
devoir eftre vn grand Edificateur de fonEglife:
mais qui auparavant en avoic efté vn grand de
ftruâeur. Il le renverfa encore par la puiflance
& pour
luy faire defirer la lumière de l'eipric,
lors qu'il exerçoit fa rage parmy les ténebres
de l'infidélité : il le chaltia auparavant par l'a.
veuglement du corps ; Et fi ce n'eftoic pas vnt
peine, il ne feroit pas par après délivré ;&lors
que fesyeux eftans ouverts ilnevoyoit rien: s'il
lesCuft eu fains, l'écriture ne diroit pas,que par
Timpofition des mains d'Ananie, il a recouvert
la veue, & qu'il tomba de les yeux, comme
des efcailles, par lefquelîes il étoit aveuglé
Ou eft donc, ce qu'ils ont couftumé de crier
fi fûuvenc.• C'eft vne choie libre de croireoude
croire? A qui eft ce que lefus C. à fait
violence ? Qui à-t-il contraint pour embraliet
fon Evangile f Voyla qu'ils ont l'Apoftre
ne pas
S.Paul, qu'ils reconnoillent donc en luy, que
l.Ch. là x. contraint, & 2. enfeigné, qu'il là
frapé, & 2. confolé. Or c'eft vne choie allez
admirable, que celuy qui ayant efté contraint
1.
par la peine du corps a embrafle l'Evangilera
plus travaillé dans la Prédication de l'Evangile
que tous les autres qui ont efté appeliez pat
îa feule parole ; & celuy qu'vne plus grandi
crainte, a oblige'à embralfer la charité, a chaffi
h crainte dehors par la perfeéliou de la charité
De Saint duguflin,
jpe;
»3j>
Pourquoy donc l'Egliie ne contraîndrolt elle
faire retourner,
pas des enfans perdus,pour les
dans fon fein .• puifque
des enfans perdus, en
contraint d'autres pour les faire perdre &
'tes pour les en féparer Quoy que ceux qui n'ont
l'a. pas efté conrraints, mais feulement réduits, s'ils
font rappeliez dans fon fein, par des loix véri¬
yne
rl( ' ont
ors
tablement terribles mais faIutaires,foient reçèus.
s'il par cette Mere pleine de
par
ptété avec plus de ten-
dre(Te,& qu'elle en tefmoigne beaucoup plus de
joye, que de ceux qu'elle n'avoit jamais perdu.
me Quoy n'cft-il pas du loin de la diligence Pafto^
erc
taie de les rappeller au troupeau du
Seigneur,
ier pat les douleurs & par les terreurs des peines*
de s'y elles veulent refiftér, &c.
D'autant donc qu'ils ne peuvent pas
voir
eft vn
faire
fait
(let que ce qu'on les contraint d'embrafler,
mal ; & qu'ils maintiennent qu'on ne les
Ure
doit
point contraindre à embrafîer le bien ; Np.us
1« avons
pourtant fait voir que Saint Paul a efté
llà
fez contraint par Iefus Ch. C'eft pourquoy l'Eglife
en les
contraignant, imite fou Maiftre & fon
tint
Seigneur : lequel a premièrement attendu pour
ne contraindre
perfonne ; afin que la Prédication
île»
Prophétique
de
laFoy des Roys & des Gentils
par fut
accomplie.
Car
c'eft en ce fens qu'on peut
nde
affé fort bien entendre ces paroles de l'Apoftre» lors
itéi qu'il die, uiyant en noftremin le pouvoir de puni?
::a
Epitre çoî
defobeijfants : M que vous Aurez fatis fait à
tout ce que l obeijjaticè demande de vous, 2. Cor. iq,
C'efi pourquoy le mtlme
Seigneur*cômande
premièrement d'ameher ceux qui èftoiènt con¬
iq.à
te us ht
fiez à ion grand louper, &
par après, de les
fo cer ; Car fesServiteurs
luy ayans rèfpondu:
Se gneur ce que vous avez commandé eft fait,
il y à encore des places de refte î IHéut dit,
allez dans les chemins, & le
long des hayès:
for ez d'entrer, tous ceux que vous trouverez.
Donc, dans ceux qui ont efté premièrement
ammenez avec douceur, la
première ûbfïffâncd
qui font forcez
la défobeïdance eft punie. Car
qlie fignifiê
forcez les d'entrer, veu que premièrement on
àvoit dit : amenez-les .*&
qu'on avoit répondu.*
bd à fait ce que vous avez commandé & il
refte encore des places -, S'il euft voulu fighifiet
Ceux qui dévoient eftie contraints
par la terreur
a
efté accomplie ; Et dans ceux
,
des Miracles , vn bien
plus grand nombre dé
M trac es, ontefttz fais pour ceù* qui ont efté
appeliez les premiers, & principalement pour lés
Juifs delquels il eft eferit • Lès Iuifs demandent
dé? Miracles. Ces méfmes Miraclès oht auffl
donné beaucoup de
vogue à l'Evangilè dans la
converfion des Payt ns & des Gentils .* En telle
forte
,
que fi le commandement s'entendoit dé
îa contrainte de de la fotce>
qui fc .devait faire
De Saint Akguflinl
*4*
On croiroit avec
beaucoup de raifon > que les premiers invitez
.
.
par ces fortes de prodiges.
ont efté contraints.
C'eft pourquoy fi par le pouvoir que l'Eglifé
vu don particulier dé Dieu dans 16
femps qu'elle à dû par laFbv&par la Religion
des Roys : ceux qui (ont trouvez dans lés chè-
areceu par
dans les buiffons, ( c'eft à dire dans les
Hérêfies & dans te? Schilmes ) iont contraints
d'entrer ; Qu ils ne trouvent pas à redire de ce
qu'ils font contrâmes : mais qu'ils confiderent,
ou ils font contraints. Le fè!fin& le
louper, du
Seigneur c'eft l'vnité du corps de I.C. non feu¬
lement dans le Sacrement de l'Autel : mais
suffi dans le lienrdelà paix Nouspoiivons dire
reritablément des Hérétiques & des Schifmâ-
iiques,qu'ils ne contraignent, & qti'ifs ne for¬
pérfonnes au bien: car tous ceux qu'ils cotitraigiient,ilSne les côcraignent qu'au mal, &c.
cent
Il faut demander
jufïice contre lés Hérétiques,
juftice, & non
pas par vn efprit de haine & dè Vengente.
par vn efprit de chanté & de
ILChreftien,
implora donc le fecours defe l'venger,
Empereur
que
non pas tanc pour
pour deffeadre l'Egliie qui luyavoitefté com-
nrife. C^ue s'il, ne l'euft pas fait ; fa patience
Epure 5 oi
n'auroît paseflé louable, & fa négligence adroit
efté b'afmable. Car l'Apoftre S. Paul,n'avoit pas
foin de fa vie paffagere : mais pluftofl: de l'Eglife
de Dieu, lors qu'il fie découvrir au Tribun, le
mauvais deflein de ceux qui avoienc conLpiré fa
Ce qui fit qu'il fut conduit, par des
Soldats armez dans le lieu, ou on ledevoit conduire : afin d'éviter les embûches que les enne¬
mis avoient deflein de luy drefler. Il ne fit pas
ïufli de difficulté d'implorer le fecours des loir
mort ;
Romaines, publiant qu'il étoit Citoyen Romain,
lefquels Citoyens, il n'étoit pas permis de battre
à coups de verges. Ec pour n'eftre pas livré
'entre [es mains des Iuifs, qui le vouloient faire
mourir : il implora aufli le fecours de Cefar,
qui étoit à la vérité vn Prince Romain : mais
non
pas Chreftien; Par lefquelles adions, il a
fait aflez connoiftre ce que devroient faire les
Miniftres de Iefus Ch. lors qu'ils trouveroient
des Empereurs Chreftiens", pour fecourir l'E¬
glife dans fes dangers & dans fes périls, &c.
La contrainte que les Princes font aux
Hérétiques ejl foulent d'vne trèsgrande utilité.
• Es Loix Se ces Déclarations des Empereurs
Jreftans arrivées en Affrique, ceux principa-
De S. tsfuguflinl
Î43
lement,qûî ne cherchoienc qu'vne occafiont
eu qui appréhendoient la cruauté des furieux s
ou qui craignoient d'encourir l'indignation de
leurs parans, ont aufïi.toft entré dans l'Hglifc»
plufieurs autres qui n'etoient retenus dans l'Héréfie, que par la feule coutume qu'ils avoient
receu dé leurs parans ; qui ne fçavoieot pas
pourquoy ils eftoient feparez de l'Eglife ; let
quels auparavant n'y avoient pas penié, & qui
n'avoient jamais voulu s'en mettre en peine, n'y
y faire la moindre reflexion,; auffi-toft qu'ils
ont commencé à
y penfer,& qu'ils n'ont trouve
dans leur feparation aucun fujet raifonnablepour
fouffrirde fi grandes pertes, & endurer de il
grandes peines :fe font faits incontinenc Catho¬
liques ; car ils ont appris eftans inquiétez &
tourmentez ce qu'ils avoient
négligé eftant eq
paix & en repos.
Plufieurs autres ont fuiyy l'authorité & la
perfuafion de ces premiers, lefquels d'eux mefmes n'eftoient pas
capables de comprendre,
qu'elle différence il y à entre l'erreur des Do-^
natiftes, & la vérité Catholique : & ainfi l'E¬
glife, qui eft vne véritable Mcre, reçevanc avec
joye dans fon fein.de grandes troupes de peuples;
les opiniafttes & lesobftinez danscette mifera-
bleHéréfie, font reliez ; & encore plufieursj
Rentre eux, ont embraffe la CÔmuniqn Cathqlij
1
Epitre jo^
tAft
que par fimulatîon ; les autres qnt demeuré
cachez par leur petit nombre, mais ceux qui
eil
m'avoient embrafle la Communion Catholiqus
_
enc
que par feintife, s'accoûtumans petit à petit, & les
entandans la Prédication de la vérité : princi.
fin
paiement après la conférence qui fut tenue à
Cartage entre leurs ïwefques & nous : fe font
convertis pour la plus-part.
dit
La paix de ÏEglife & la reânBion des He'miquts^
bie
qui
eji quelquefois la recommence de ceux qui fin P°
maltraitez, parles Heretiques, ne cheukans qnt COI
leur falut.
pai
les
MA i lefquels
s le grandnous
fruitavons
qui àeftéfuiaffligez,
yy ces rnauri
nous
tto
par
donné de la conlolation , car dans tous les
lieux, ou ces excez qnt tfté commis par des %
hommes perdus & milérables : l'Vnité
a
Chré¬
tienne a avancé avec plus de ferveur & plus de
perfection, le Seigneur y eil davantage loué,
lequel a bien voulu accorder,comme vnc grâce
toute fpeciale& particulière, que les lerviteurs
par leurs peines&pat leurs lourmens, gaignaffent leurs freres, & rafle mblaflent par leur; *
^
more& pat leur fang, dans l'vnion de la paix
t
I
I
■•11^ J. ,
nnM „Ma
du falut éternel, les ouailles dilperfées par vue vn
1
r
1
erreur
_
mortelle,
_
k
î
De Saint Hugujlin.
145
Le Seigneur que nous prions tous les jours »
eft a (lez puiftant & miléricordieux pour donnée
eDeore aux autres
l'efprit de penitence, afin de
les faire revenir de leur égarement, Et les faire
fortir des pieges du Diable, qui les tient captifs,
pour en faire ce qu'il luy plaift. 2. Timot. 2.
lefquels ne cherchent quedts occafions de mé«
dite de nous,& de nous rendre le mal pour le
bien : Parce qu'ils ne peuvenc pas comprendre
quel eft l'amour & la charité que tious avons
pour eux : & combien nous defirons» félon le
commandement du Seigneur, lequel il a donné
par le Prophète Efechiel à tous les Pafteursf
les rappcllec eftans dans l'égarement : & les
trouver eftans
perdus, &c.
jugement de Dieu , les Catholiques s'élè¬
Hérétiques qui ont fait abattre
les Eglifes ; Mais les Hérétiques, ne pourront
pas s élever contre les Catholiques qui font
abattre les Temples.
Dans le
veront contre les
C'Est
pourquoy.ee
dernier
jour du
jugement qui
Poureftlorsécrit
les du
ju{iesavec
;
vue
grande confiance s'éléveront contre ceux qui
*4<î
Epître joé
km, ont donné de La peine, qt qui leur ont enlevt
leurs travaux. Sap. 5. ne doit pas s'entendre de y
la torte: Comme fi leChananéen devoit s'élé.
les Chananéens ayans enlevé
d'ifraël. Mais Naboch s'élévers
contre Achab
Parceque Achab a enlevé Ici *
1
travaux de Nabotb ; Car le Chananéen eftoii
Pave
impie & Naboth jufte. De mefme maniéré le de 1
Payen ne s'éiévcra pascontre le Chrétien, quia lait
enlevé fes travaux, lors qu'il a pillé ou donné les
àvn
ver contre Itraël :
les
travaux
Temples des Idoles ; Mais le Chrétien s'éléven Wy
contre
le Payenqui a enlevé fes travaux, lorf-
que les Corps des Martyrs ont efté jettez pat
terre.
De mefme l'Hérétique ne fera pas debout &
ne s'élévera pas contre
tau
fo1
m,
Et <
le Catholique qui a en.
levé fes travaux, lorfque les loix des Empereurs jllfti
G»
Catholiques ont prévalu : Mais le Catholique corj
«'élèvera contre l'Hérécique lequel a enlevé
{es travaux, lorfque la rage & la fureur des pasi
qui
impies CirconceUions prévaloic ; Et l'Ecriture ttl
mefme termine la queftion, laquelle ne dit
JStl
s'éléveront ; Màk
s'élèveront ; Et ils s'éléveront avec H
vne grande confiance > parce qu'ils auront té«
fa|
moignage de la bonne confcience, &ç.
pat
m
pas pour lors les hommes
les ju(les
f
De S.
Jugtïjlih,
J47
la (véritable lu/lice ne fe remontre
pas hors de l' fcgltfè.
PErsonne
ft iufteà dans
vie par
fa
propre juiHccn'ec'eft
dire cette
comme
s'il Te
,
l'âvoit donné luy mefme,& qu'elle ne'vint pas
de Dieu ( mars comme dit TApoftre ) fcldn
la roefuic du don de lslFoy que Dieu a départy
àvn chacun de voiis. Et il ajoufte, Comme dans
feitl corps nous avons plufienrs membres,&que
la mefm fànUibnxatnfi
quoique nous foyons ptujttfas , nous ne famine*
mnmoins eju vn feul corps en iifui Ch Rom. 12»
m
tms ces membres nont pas
Et conféquâmtnt perfonne ne pourra pas eftre
jufte tant qu'il léra lépairc'de l'vrtrtéde ce corps;
Car comtne lors qu'on èOupe vn menSb e dû
corps d'un homme vivant ,1e membre'ne peue
ptscdril'èfVer Pelprit dc vieèrifov : A'ïtiïî Photne
<Jui eft retranché du corps de lefus Ch. lequel
tft le rentable jufte ,ne peut pas-avoir en fby
ittfé'i'itàble èfprit defuSite : qûoy qu''il retienne
la figuteappîrcnte du' membre
qû'ilR» pris dans
bfcôtp*.'Qu'ils entrent ddnd'dans ludion de ce
tops'St qults pofledcntleàtstrâVâux, nbnpas
pat la conroyt'fe de dominer .- Mais ^ir ^ne
SçJomc picote dfcn bica y ter, Sic,
Bphte 50.
te S. Efprit ne fe
communique
hors de L'EgliJe
Catholique.
C'E s t pourquoy
l'EglifeC. Catholique
cil
corps de Iefus
dont IefusCh,
feule le
eft le Chef & le Sauveur : hors de ce
corp<i
le Saint Efprit ne vivifie
perfonnc : d'autant
que ( comme dit le mefme Apoftre ) l'Amw
de Dieu t(l
répandu dans nos cœurs par le Saut
'Rfprit qui nous a ejtè donné. Rom. 5. Or celuy
qui eft ennemy de'ï'vnicé, ne peuc pas efirc
participant du divin amour & de la divine
charité.
C'eft pour cette raifon, que ceux qui font
hors de l'Eglife n'ont
pas le Saint Efprit : car
c'eft d'eux qu'il eft écrit.. Ce (ont gens qui fi
feparent eux mefmes par le Scbifme : des hommti
fènfuels, qui nont point l'efprit de Dieu. Jud. l,
n'y mefme celuy-là ne le reçoit pas qui eft
dans l'Eglife par feintife &
par diffimulation:
d'autant qu'il eft encore écrit. Car l'Efprit
.
Saint, qui eft vn efprit d'ordre & de difcipline,
Ne fe trouvera
pas avec te dijfimlé & MJt
(hypocrite. Sap. 1.
T
*De S. Auguftinï
îqgi
Celûy donc qui veut poflèder le S. Efprir^
qu'il prenne garde, de ne pas demeurer hors
de l'Eglife : Qu'il prenne garde de n'y pas
entrer avec hypocrifie & avec diffimulation:
Ou que s'il y a entré de la forte, qu'il prenne
bien garde de ne pas perfévérer dans cette difiîaiulation : afin qu'il puifïc eftre véritable¬
ment vni à l'arbre de vie» duquel il a elle
feparé» &c.
SOLI
T>EO
LAtTSy
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BIBLIOTHEQUE
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APPROBATION,
Z>£J
■DOCTE.VkS
NOVS Sacrée
fous-fignés DoâeursParis,
en Théologie
certifions
de la
juoir Jeu
Faculté de
& examiné vn petit Livre intitulé»
Çmviiïion maniffe & eVidante de la faujjètéde
k Religion "Prétendue
Reformée, compost par
M. Nicolas Cochois Doâeur de la m me
Faculté, Archy-Pieftre de Chalais & Cure de
Mont-Boyer, dans lequel n'avons tien trouvé,
qui ne loir tres-confoi me à la Foy & aux bonnes
mœurs, & l'avons jugé vne méthode très facile
pour inftruire les ignorans.tres-çommode pour
ramener leserrans,& tres-forte
pour confirmer
les Croyans.
FAIT à Angnulelme le 7,
May mil fix cens foxante & quatorze.
Signés, F E. PETIOT, Doâeur en là
Faculté de Théologie de Paris.
M* HARDY Bénédiâin, Doâeur de
Sorbotitie, & Prieur de Saint Ciaud]
rj,
101 <j° nûin>?l 71V
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