FRB243226101_inv.6574_1888.pdf
Médias
Fait partie de Les Salons Périgourdins de 1886 à 1888.
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LES
SALONS PÉRIGOURDINS
IDE
1886&1888
par
ÉTUDES SUR LES EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS
ORGANISÉES
Par la Société des cAmis des oArts de la
SE
A.
Dordogne.
TROUVE :
PÉRIG-UEUX,
Chez
l'auteur, i, rue Combe-des-Dames, chez M.
Gkrvaise>
91, rue de Bordeaux, et chez les principaux libraires de la
PÉRIGUEUX,
ville.
IMPRIMERIE E.
Dix
exemplaires
numérotés ont été tirés sur papier
Anglais.
LAPORTE, ANC. DUPONT ET C,e, RUE TÂILLEFER.
1889
Mon
cher
Bathylle,
J'ai appris que la plupart des
au
Salon de notre chère
ainsi qu'un
artistes qui ont figuré
Société des Amis des Arts,
grand nombre d'amateurs, cherchent à se
Y Echo de la Dordogne, où
sous votre signature, les consciencieux ar¬
procurer les numéros de
ont paru,
ticles de critique qui
et
ont été si justement
remarqués
si légitimement appréciés.
Beaucoup de personnes m'ont écrit à ce sujet, et je
leur ai tout d'abord répondu de s'adresser directement
au
rédacteur en chef de Y Echo, qui pourrait peut-être
qui les intéressaient;
mais je viens d'apprendre que cette collection est de¬
puis longtemps déjà absolument épuisée. Alors je me
ravisé, et j'ai répondu à ceux qui venaient de
m'adresser la même demande, que je ferais en sorte
disposer des quelques numéros
suis
de leur obtenir satisfaction.
J'avais, en faisant cette réponse, une
idée que je
viens vous communiquer, en formant des vœux pour
qu'elle ait votre assentiment et que vous la mettiez à
heureuse
exécution le plus promptement possible.
empressement cette occasion qui m'est offerte
en
Réunissez en une brochure tous ces articles qui ont
été si goûtés
du public d'amateurs et d'artistes aux¬
quels ils s'adressaient plus particulièrement, et vous
pourrez vous
flatter de répondre à un vœu général,
surtout si vous avez l'idée,
meilleure encore, d'y join¬
dre les articles parus à l'époque de notre exposition de
1886.
notre
féliciter
connue
reux, en vous relisant,
sociétaires qui ne soit heu¬
de ressentir à nouveau les im¬
pressions qu'il a éprouvées devant chacune des belles
œuvres
qui figuraient au Salon périgourdin, et il n'est
pas un
artiste qui ne recherche avec empressement
périgourdin, et je saisis avec
bien hautement.
de vous
Votre
modestie, bien
de tous et si appréciée de vos
collègues, vous
empêchera encore, j'en suis sûr, de signer vos articles
de
votre
tous vos
vrai nom,
que le pinceau.
saura
qui, s'il était connu, ferait dire a
amis que vous
maniez aussi bien la plume
Mais j'ai l'intime conviction qu'on
déchirer le voile de l'anonyme dont vous voulez
vous entourer
Il n'est pas un de nos
Salon
dit que vous
bien à tort, à mon avis,
lorsque j'aurai
êtes, sans contredit, le membre le plus
dévoué, le plus actif et le plus assidu de la Société
desAmis des Arts de la Dor dogue.
Recevez, mon cher Bathylle, l'assurance de mes
meilleurs sentiments.
l'occasion de savoir ce qu'on pense de son talent et de
ses
œuvres, au « pays des truffes. »
A.
Je vous donne mon idée pour ce
cher Bathylle, tout en
vous
qu'elle vaut, mon
insistant vivement auprès de
ROLLAND DE
Président de la Société des Amis des Arls
de la
Dordogne.
pour que vous n'en retardiez pas l'exécution.
Nous relirons tous, je vous l'assure, mon cher Ba¬
thylle, avec le plus vif intérêt, ces remarquables arti¬
cles de
critique qui ont complété d'une manière si
DENUS,
Périgueux, le 30 octobre 1888.
.T. .T. ■y» -T« «4-» ♦+» «+» «T» «+♦ «+» ♦+♦ «4-» «4»
*Y- .T'.T.XX .J. .T. «Y» «T* »T« »T» ♦+♦ «Y* ►+♦ ♦+♦ .Y« -T- -p »p p»
AVERTISSEMENT.
Encouragé par la lettre, trop flatteuse as¬
surément, qui
précède, et par la plupart
des exposants du Salon
suis
décidé à réunir
Périgourdin, je me
ensemble les articles
fait paraître pendant les deux
Expositions organisées par la Société des
que j'avais
Amis des Arts de la Dordogne.
L'ordre chronologique aurait exigé
que' le
(1) fût placé, dans le livre,
avant le Salon de 1888 (2) ; j'ai cependant
Salon de 1886
1880 a été publié, sous la
signature « Un Amateur », dans le journal Le Ralliement, de
Périgueux, des 24-, 27 août, 2, '3, 12, 14, 13, 17, 19 et 20
(1) Le Salon Périgourdin de
septembre 1886.
été publié, sous la
signature « Bathylle », dans le journal Y Echo de la Dordo¬
gne des 18 août, 3, 7, 11, 14-, 19 et 23 septembre 1888.
(2) Le Salon Périgourdin de 1888 a
AVERTISSEMENT.
10
commencé par
ce
dernier à cause de son
actualité.
J'ai cru intéresser le lecteur en faisant pré¬
études d'une Notice
céder
ces
ciété
qui a su attirer à Périgueux tant de
sur
la
So¬
beaux ouvrages.
Pour la facilité des recherches
à la
fin,
un
on
NOTICE
trouvera,
Index alphabétique des noms
SUR
cités.
A. B.
LA
SOCIÉTÉ DES AMIS DES ARTS
DE
LA
DOBDO G- ZESTE.
**************************
NOTICE SUR LA
SOCIÉTÉ
DES
AMIS DES ARTS DE LA DORDOGNE.
——flWWVw—
Personne n'ignore que l'art, en ornant l'esprit,
déve¬
loppe et perfectionne le sentiment du goût, et de tout
temps on a constaté qu'il est un puissant véhicule
de
progrès social et de haute civilisation. Sous l'inspira¬
tion d'un souffle
supérieur, l'art ne cesse de puiser
dans l'intarissable source de la nature, non-seulement
pour la copier, mais surtout pour la traduire et l'inter¬
préter en l'idéalisant. C'est ainsi qu'il parle éloquemment à l'esprit comme
à l'âme, au cœur comme aux
yeux, et qu'il nous enseigne à mieux voir
cette nature
et à mieux goûter les majestueux spectacles qu'elle
offre à notre
comme un
au
vue.
Avec raison, l'art est considéré
brillant flambeau du
progrès des peuples,
sein desquels les grands artistes,
vont en avant pour en éclairer
nier enfin,
les vrais génies,
la marche. On ne peut
qu'il ne soit l'expression exacte de leur
intelligence du beau, et, qu'en s'adressant aux senti-
NOTICE SUR LA
Î4
SOCIÉTÉ.
NOTICE
il ne parvienne à l'amé¬
liorer. C'est donc travailler pour le bien que de four¬
ments supérieurs de l'homme,
nir à tout le monde le moyen d'étudier et
dre les belles formes,
Les
de compren¬
la grâce, l'harmonie, le
beau.
expositions publiques de beaux-arts tendent
à
SUR
LA
I 5
SOCIÉTÉ.
bost, secrétaire ; Gervaise, secrétaire-adjoint; Glédat,
trésorier; Cros-'Puymàrtin, Grasset, Hardy. Lambert
Commission succéda,
et Villepelet, membres. A cette
le 13 mai 1886, la
suivante.: MM. Rolland de Denus,
président ; baron de la Tombelle et Bélaval, vice-pré¬
présence d'oeuvres
de mérite ne produise toujours ce mouvement artisti¬
que si nécessaire à la gloire et à la grandeur d'un
sidents ;
pays.
d'encourager l'étude du dessin, institua d'abord un
cela, et il n'est pas douteux que la
Ces louables sentiments furent ceux
rent la fondation de la Société des
qui déterminè¬
Amis des Arts de
Bertoletti, secrétaire ; Dubost, secrétaire-
adjoint; Clédat, trésorier; Bitry, Brizon, Gervaise,
Goua et
Savignac, membres. — La Société, en
Concours annuel, destiné aux élèves des
vent des leçons
du beau. Pour com¬
bler une telle lacune, quelques personnes se mirent à
des mentions honorables.
grouper les nombreux amateurs
la tête d'un comité d'initiative et
furent assez heureu¬
écoles publi¬
ques ou privées du département et à ceux
joli et vaste département manquait
d'un centre autour duquel viendraient se réunir et se
la Dordogne. Ce
vue
qui reçoi¬
particulières. Les plus méritants ob¬
tiennent, en prix, des objets d'art, des médailles et
—
Daps la même année eut
lieu la première exposition des
ouvert le 15 août
Beaux-Arts. Ce Salon,
1886, a obtenu
un
légitime succès
recruter un certain nombre de sociétaires. Le
19 octobre 1883 eut lieu la première assemblée géné¬
auprès de la population périgourdine. Cinq cent cin¬
la Société. Ces
derniers reçurent l'approbation préfectorale le 24 no¬
vembre suivant, et la Commission administrative fut
tes, étaient inscrits au catalogue.
Dans ce nombre la
Société a eu la bonne fortune de
compter des pages
ses pour
rale, appelée à discuter les statuts de
définitivement installée le
28 janvier 1884. Elle
était
composée de MM. Sécrestat, président; Rolland de
Denus et baron delà Tombelle, vice-présidents ; Du-
quante ouvrages, envoyés par cent soixante-six artis¬
délicieuses dues
d'un illustre
au
pinceau savant et au fin crayon
Périgourdin, le regretté Jacques-Emile
Lafon. A côté de ces chefs-d'œuvre,
ment les ouvrages d'autres
figuraient digne¬
Périgourdins, entr'autres
16
NOTICE
NOTICE SUR LA SOCIETE.
ceux
de M. Dameron et de M. Aviat, pour ne citer que
ré¬
compenses au Salon de Paris. Ajoutons que près de
des peintres dont le talent a été couronné par des
obtenu précédemment
des médailles ou des mentions. Il y avait en effet des
la moitié des exposants avaient
œuvres
de soixante-huit lauréats
de diverses exposi¬
tions, dont quarante-cinq récompensés au
Salon de
Paris.Parmi ces derniers, dix-huit étaient classés Hors
SUR
IJ
LA SOCIETE.
Dordogne, tant pai¬
ries expositions publiques que par des concours de
dessin. Et, pour encourager les artistes exposants et •
propager le goût artistique dans la
d'art,
fonds disponi¬
ayant figuré dans ses
expositions, œuvres destinées
à être tirées au sort
les sociétaires, elle doit employer ses
bles à l'achat d'oeuvres
entre tous les membres.
dents honoraires :
—
La Société a pour prési¬
Le Général de division, le Préfet de
diocèse et le Maire de Péri-
MM. Auguin, Barillot, Barrias, Baudit, Beau-
la Dordogne, l'Evêque du
verie, Bergeret, Brissot de Warville, Carrier-Belleuse,
gueux. Elle se compose de
membres perpétuels, fon¬
A. Girard, Lalanne, Mo-
dateurs et correspondants,
et elle est administrée par
concours :
Dameron, Dupain, Gautherin,
reau de
Tour, Rapin, Roll et Yvon. — Les achats faits
par la Société formaient un ensemble de quatorze
vrages ;
ou¬
de plus, deux; tableaux furent offerts, l'un par
M. Auguin,
l'autre par M. Avia t. Ces seize objets,
réunis à dix-neuf belles estampes
données
par M.
le
Ministre des beaux-arts, ont été répartis entre tous les
une'Commission
composée de onze membres, prési¬
dent compris, nommés au
taires réunis
comme les
en
scrutin par tous les socié¬
membres,
assemblée générale. Les
artistes exposants, ont droit à l'entrée gra¬
tuite et permanente des expositions delà
La seconde exposition s'est tenue du
Société.
15 août au 25
tirage au sort.
septembre 1888. La Commission qui en a présidé l'or¬
Après l'exposition on s'aperçut que les statuts de la
ganisation était composée de : MM. Rolland de Denus,
quelques lacunes, et la Commission
président; Bélaval et baron de la Tombelle, vice-prési¬
étudia un nouveau projet qui, discuté
et voté à l'as¬
dents; Bertoletti, secrétaire ; FLBrizon, secrétaire-ad¬
semblée générale du 15 mars 1887,
reçut l'approba¬
joint, Gervaise. trésorier; Bernard d'Honnorat, Bitry,
membres de la Société par la voie du
Société avaient
suivant. De ces statuts, il
résulte que la Société doit apporter tous ses soins à
tion préfectorale le 2 mai
Cros-Puymartin, G. Goursat et G, de Montardy, mem¬
bres.
—
Gomme le précédent,
cè Salon
périgourdin
l8
NOTICE
fut accueilli par
la
LA
a
été
dû.
surtout, aux œuvres de
plupart des artistes invités avaient
adressées. Sur cent
quatre-vingt-dix-neuf exposants
comptait quatre-vingt-dix lauréats de diverses expo¬
on
NOTICE
SOCIETE.
le public avec une faveur marquée.
Ce second succès
choix que
SUR
SUR
LA
IQ
SOCIETE.
encouragement. Au point de vue matériel, les acquisi¬
tions d'oeuvres d'art, effectuées soit par
par divers amateurs, ont
la Société, soit
dépassé - le' chiffre de vingt
expositions.
De leur côté, les Pouvoirs publics n'ont pas manqué
mille francs, pour les deux
à la Société. La Muni¬
sitions, parmi lesquels soixante-sept récompensés au
de témoigner leurs sympathies
Salon de Paris, ainsi classés :
cipalité de Périgueux, à l'occasion des
expositions, a
Doze, C. Dufo.ur, Fannv-Fleury, Furcy de Lavault,
Conseil général
de la Dordogne a voté une subvention, et le Ministre
de Pinstructiou publique et des beaux-arts a accordé,
Guéry, Iwill, Joubert, Nobillet,
lui aussi, à la suite de chaque
Titulaires de Mentions honorables : MM. Alaux, Axen-
feld, Berton, Bouchard, Cabrit, de Callias, Constantin,
d'Ollendon, Rivet,
Saint-Germier et Sébilleau ;
Médaillés : MM. A.
man, E. Claude,
Appian, Aviat, Bail 1 et, Briel-
Drouyn, Homo, Maincent, Péraire, F.
alloué cinq cents francs chaque fois; le
tion d'estampes.
Ces encouragements précieux, adres¬
sés à une œuvre si
faveur de la
Salon, une riche collec¬
utile dans le département,
et la
population, laissent espérer un brillant
Chaplin, E. Chatrousse, Dam.eron, Damoye, Destrem,
Société. Avec cela,
admirer desSalons toujours plus intéressants et instructifs, et le goût
des arts se développera, ainsi, chaque jour davantage
Détaillé, E. Dupain, Durst, P. Flandrin, de Fontenay,
dans ce beau Périgord.
Reynaud, P. Schmitt, A. Smith et Thurner.
Hors concours à Paris : MM. Auguin, Barillot, Bau-
dit,Berchère,N. Berthon, Bordes, Brissot de Warville,
Gagliardini, A. Girard, Lansyer, J.-P. Laurens, Luminais, H. Martin, Nozal, Parrot, Rapin, Richomme, E.
Sain, Sauzay, Soldi, Toulmouche, Yvon, Ziem et Zubér.
Les artistes exposants,
ont
très goûtés à Périgueux, y
également trouvé; ce qui était bien ju§te, un autre
avenir pour cette jeune et vaillante
nul doute que le public pourra souvent
LE
SALON
PÉRIGOURDIN
DE
1 S 8 8
OUVERT A PÉRIGUEUX, A L'ÉCOLE
Du 15 Août
au
25 Septembre.
ïbtiide publiée pendant
dans le
journal
LAKÂNAL
l'fDxpositioïl
l'ÉCHO DE LADORDOGNE.
2
S
I
LE SALON
PÉRIGOURDIN DE 1888.
[
Avant-Propos.
Nous venons d'être appelé à écrire le compte-rendu
du Salon Périgourdin, dans le vieil
Echo de la Dov-
dogue, où des critiques d'art plus experts y ont tant de
fois tenu la plume.
étude aura
au
A défaut d'autres mérites, notre
moins celui d'avoir été faite conscient
cieusement et avec
impartialité. Aussi,
en nous
pré¬
sentant pour la première fois aux aimables lecteurs de
ce
journal, nous comptons sur la bienveillante indul¬
gence qu'ils voudront bien accorderai! modeste travail
que nous allons entreprendre.
-
Avant d'entrer dans le cœur du sujet, nous tenons à
constater le succès de la Société des Amis
des Arts
de la Dordogne, qui, pour la deuxième fois, a su réu-
.V--Â
LE SALON
24
LE
PERIGOURDIN DE I 888.
nir une riche et intéressante
collection d'œuvres d'art.
L'exposition de l'école Lakanal contient, en effet, des
ouvrages
portant la signature des artistes les plus con¬
rarement
dans les expositions de province. Nous féliciterons
nus,
de ceux dont les œuvres se voient bien
donc cette vaillante Société
qui remplit si bien le but
qu'elle a inscrit dans ses statuts,
de « propager le
goût et l'amour des Beaux-arts » dans notre Périgord,
Les exhibitions comme celle qui nous occupe sont le
pénétrer partout l'a¬
mour du beau ; elles sont la base de l'éducation artis-
moyen le plus efficace pour faire
Assurément, une exposition des
Beaux-Arts n'est ni un spectacle, ni une de ces fêtes
instants, et
après quoi il ne reste plus rien, si ce n'est un vague
souvenir, bientôt effacé lui même par des impressions
plus récentes. Bien au contraire, une exposition
est
enseignement artistique sérieux. C'est là seulement
que le public peut comprendre, apprécier et juger les
PÉUIGOURDIN
teurs
pour se
temps que la variété de
chercher et
trouver sa voie, par l'étude des devanciers et des maî¬
leurs talents. C'est là que le débutant peut
tres et par
la comparaison raisonnée de leurs différents
ouvrages. La langue universelle de
l'art est accessible
I
888.
25
faire comprendre ; même en dehors
d'un certain milieu d'élite, tout le monde peut jouir de
ses
délicates et douces harmonies. Il est donc bien
naturel que nous applaudissions aux efforts des Socié¬
tés qui, comme les Anu's
des A ris de la Dordogne,
favorisent la décentralisation
aux
artistique et procurent,
populations de la province, le moyen d'entendre
cette langue ;
c'est-à-dire leur fournissent le
de voir, goûter et étudier ce
moyen
qui naguère était l'apa¬
nage exclusif des habitants de la capitale.
Les pouvoirs publics devraient encourager
de leur
mieux l'œuvre de ces Sociétés artistiques ; et
ici nous
ne
manquerons pas de louer
la Municipalité de notre
ville pour la subvention qu'elle a fait voter, en
des A mis des
faveur
Arts, dans une des dernières séances
du Conseil.
Nous sortons du Salon
un
efforts des artistes, en même
DE
à tous et elle n'a besoin ni d'interprètes, ni de traduc¬
tisque des masses.
mondaines où l'on va se distraire quelques
SALON
périgourdin. De cette pre¬
mière visite, nous avons rapporté
Salon actuel est
l'impression que le
peut-être plus brillant que celui de
1886, dans lequel, cependant, figuraient, comme au¬
tant de
joyaux, les admirables cartons du regretté
artiste
p.érigourdin J.-E. Làfon. Tous les
sont représentés ; mais ce
genres y
qui domine, naturellement,
26
LE SALON
PERIGOURD1N DE
c'est ce que Maxime Du Camp a
1888.
appelé : « La vraie force
cette catégo¬
rie, nous avons vu des œuvres capitales que nous nous
de l'école française, le paysage ». Dans
ii
le plus grand soin. Nous
avons également remarqué d'excellents portraits, de
proposons d'étudier avec
très bons tableaux
de genre, d'affriolantes
Salle
de l'entrée.
natures
En entrant à
mortes et quelques belles sculptures.
l'Exposition des Amis des Arts, la
En présence d'une aussi précieuse
collection, si nous
première chose qui se présente aux regards des visi¬
avions un vœu à formuler, ce serait
celui de ne pas
de notre compatriote
Adolphe Rivet. Cette statue, de grandeur nature, re¬
la laisser se disperser de nouveau, sans
qu'ii en reste
quelque spécimen parmi nous surtout dans notre mu¬
sée, si délaissé.
Après ce vœu, auquel souscriront
notre
avant-propos et nous allons donner les appréciations
tous ceux qui
aiment les arts, nous finissons
détaillées des œuvres d'art.
teurs, c'est la xJeune Bacchante
présente bien l'une de ces femmes légendaires
qui
suivaient Bacchus à la conquête des Indes et qui, dans
les*cérémonies des Bacchanales, couraient
velées, couvertes de peaux de tigres,
des thyrses
et poussant des
dire qu'il ne faut
tout éche-
tenant à la main
cris désordonnés. C'est
chercher ici ni la distinction d'une
Junon, ni la finesse d'une Vénus ; M. Rivet a su
trou¬
modèle qui convenait
sujet qu'il a traité. Le mouvement de sa Jeune Bac¬
chante a de la grâce et il est très étudié, dans une pose
où l'équilibre est parfaitement établi ; l'agencement
des lignes indique, au surplus, une recherche sérieuse
du-style. Son œuvre est simple de détails et agréable
d'ensemble, elle accuse du soin et dénote chez l'au-
ver,au point de vue plastique, le
au
28
LE SALON
PERIGOURDIN DE
1888.
LE
leur une sérieuse préoccupation artistique. Le nu
dans une certaine mesure,
est,
la pierre de touche de la
sculpture ; M. Rivet qui, avec sa Bacchante,
d'une
SALON
PÉRIGOURDIN
DE
I 888.
2Ç
pie, sont fort joliment faits. — Mais, en fait de portraits,
nous
lui conseillons d'étudier la
M. A. Yvon, représentant le
magnifique toile de
portrait du sympathique
facture toute moderne et bien personnelle, a reçu une
vice-président de la Société les A mis des Arts : M, le
mention àu dernier Salon de Paris, vient de se révéler
baron de la Tombelle. C'est là une tête magistralement
comme un
que ce
artiste de marque. Nous sommes
persuadé
premier succès, bien mérité, l'encouragera à
et largement
peinte, expressive, vivante, au regard
perçant et plein de finesse. Ce portrait est, en outre,
aller toujours de l'avant dans la voie si difficile de l'art
modelé avec la dernière perfection ;
qu'il cultive.
un
il possède enfin
coloris harmonieux, délicat et naturel qui
attire et
promettant beaucoup,
plaît. — A côté se trouve le Port de Caen, vu un soir
nous le trouvons en M. E. Mage, de Yergt. Le meilleur
d'automne, par M. Timmermans, de qui nous avions
des tableaux qu'il expose est, sans contredit, la Marée
déjà admiré, en 1886, le Port d'Anvers. Au fond, il y
montante, où, malgré un horizon placé un peu haut, il
a la
y a les plus sérieuses qualités.
silhouettes des navires, et, devant, un
Un autre jeune Périgourdin,
Le ciel et la mer sont
dans une bonne, juste et agréable tonalité ;
central des pécheurs est bien
le groupe
compris, dessiné
avec
ville, enveloppée dans un joli gris-violàtre, puis les
superbe voilier
dont la mâture se détache vigoureusement sur un
ciel
Le tout laisse la meilleure
im¬
du soir doux et fin.
soin, et il contribue puissamment à l'unité de l'effet.
pression. La Plage de Flessingue, Hollande> du même
L'étude, Après la plaie, du même artiste, lestement
auteur, bien que de dimensions
enlevée, n'est pas aussi heureuse ; les maisons qui
tient d'aussi bonnes
bordent la place ont des lignes tant soit peu en révolte
bel agencement des pêcheurs sur les bords
contre les lois de la
parfaitement rendue.
perspective. Son Portrait de M.
Z)..., qui, dit-on, possède la qualité'de la ressemblance,
Voici encore
une
plus restreintes, con¬
qualités ; à observer, surtout, le
bonne toile,
d'une mer
signée J.-A. Briel-
des contours passablement durs ; on y découvre, ce¬
m'an, intitulée : Gardeuse d'oies, bords du Cher, à SB
pendant, des détails agréables ; les gants, par exem-
Amand-Montrond. Au premier plan, la paysanne sur-
a
30
LE
PÉRIGOURDIN DE
SALON
1
LE
888.
SALON
PÉRIGOURDIN DE
l888.
3l
veille les oies, prêtes à aller s'ébattre clans l'élément li¬
majestueusement au milieu de sa famille est superbe.
quide; derrière, il y a un paysage, aéré et profond,peint
dans YAr¬
tillerie aux grandes manœuvres, de M. P.-E. Per-
dans
une
gamme verte très séduisante. — Tant que
nous en sommes aux
animaux, n'oublions pas de regar¬
der bien attentivement ceux de M. L.
tre du genre.
a
Barillot, un maî¬
Sur les bords du canal d'Ouistreham, il
peint deux vaches qui ruminent couchées sur l'her¬
be ; quelques bateaux
traversent le canal. Le même
artiste, dans une seconde toile plus importante, donne
un
Maître Aliboron, bien campé, parfait de naturel et
bien à l'aise au milieu du
plus joli paysage de prin¬
temps, — plein d'air et de lumière, — qui puisse
trouver. A côté de ce bel âne,
assise contre
il y a une paysanne avec son enfant et,
un
se
arbre,
un peu plus en
arrière, un robuste gaillard bêchant la terre.
—
Un autre
spécialiste animalier, c'est Mlle R. Venneman. Ses Va¬
ches sont bien posées, mais les tons blancs de leurs ro¬
bes se confondent absolument avec les gris du ciel, sur
lequel elles se détachent. —Aussi, nous aimons mieux
reposer la vue en regardant Une rue au
Caire, de M.
N. Berchère, où il y a des chevaux exécutés avec une
souplesse de pinceau peu commune et des types orien¬
taux très réussis. — Le Poulailler, de M. G. Bu four,
est
également, un petit tableau délicieux ; le coq qui trône
Voici, maintenant, un tableau militaire :
qualités de dessin et
des chevaux parfaitement lancés au. galop ; c'est dom¬
mage que la tonalité générale en soit un peu sèche. —
boyre, on découvre de grandes
les sujets mili¬
taires ; ses débuts laissent deviner de grandes dispo-
M. P. de Lapeyrière étudie, lui aussi,
artistique sérieux. Ses
Quatre panneaux de cavaliers, sont de bonnes im¬
pressions, bien que la facture en soit assez négligée.
On pourrait souhaiter également plus de fuite dans
l'arrière-plan des terrains et plus de justesse dans le
positions et un tempérament
mouvement de quelques-uns des chevaux.
A voir : la Matinée de printemps,
de M. J. Capey-
la Barque de pêche
à marée basse, de M. P.-E. Berton, le ciel gris en est
ron avec un
bon jeune taureau ;
Mlle
Bironneau, qui a peint un peu lourdement un joli
coin ; le Chemin sous hois) de M. G. Blois, qui, mal¬
gré quelques faiblesses, est bien supérieur à Y Etude
à la Cave, du même artiste. —M. Boulestin a donné
très fin et profond ;
les Bords de la Rance} de
de belles eaux dans ses Rords
peu plus loin, Mlle Vignes a
de la Dronnc, et, un
fait une Nature morte, où
32
LE
SALON PERIGOURDIN
DE
I
888.
LE
SALON
PÉR1GOURDIN DE 1 888.
33
à l'autre panneau admirer les Fleurs d'automne, tou¬
M. L. Balon, intitulé : Vieille
bonne paysanne a une phy¬
sionomie douce et calme et se tient tranquillement
jours belles et bien groupées, de Mlle A. de Comblât.—
assise, bien
En passant, il faut regarder, avec toute l'attention
maintenant le délicieux
il y a un bon fromage
accompagné d'oranges.et d'au¬
tres choses beaucoup plus farbles. — Aussi allons-nous
le mérite la vieille réputation de
que
M. A. de Fontenav,
devant le petit sujet de
tricoteuse bretonne. La
attentive à son ouvrage. — Examinons
tableau intitulé : Jeune mère,
délicatement peint par M. L. Caille. Dans un
intérieur
agréable, vu un peu en bleu froid.— Heureusement que
assise et allai¬
tant sou enfant. L'artiste a très bien donné à la phy¬
sionomie maternelle, l'expression qui convenait ; son
tout à côté, il y a la
œuvre,
l'œuvre qu'il expose sous
née. C'est un
le titre : Scierie abandon¬
joli coin de la Suisse, harmonieux et
Ville d'Antibes, peinte par Mme
dessiné avec science se trouve la mère
outre, la précieuse qualité d'être d'un fini
Sébilleau-Sprenger dans une gamme blonde, douce et
en
chaude. —En face, le Marché en Bretagne, de M. Cons¬
leux.
tantin, produit un excellent effet; il est d'une composi¬
étudiée jusqu'aux moindres détails, possède,
Le peintre Reynolds,
merveil¬
qui a beaucoup écrit sur la
tion heureuse et d'une facture savante. —Voici M. A.
peinture, dit quelque part que « le peintre de portraits
NobilleLun mentionné du dernier Salon de Paris, avec
qui veut embellir et ennoblir son sujet, doit le rame¬
ner à une idée générale, en omettant tous les petits
un
beau Rosier double, planté sur l'avant d'un jardin
tant soit peu
monotone, mais parfaitement dessiné. —
détails de la physionomie et en lui
choisissant un cos¬
découvrons en M. F. Dupérelle; son Quai d'Orsay et le
qui ne rappelle
pas des idées communes. » M. J. Aviat sait, à mer¬
Trocadéro, en est la preuve irréfutable. Le gris-vio¬
veille, mettre en pratique la maxime
Par exemple, quelqu'un qui aime le gris-violacé, nous le
lacé du ciel descend sur le Trocadéro, il colore la ville
et déteint même sur les
personnages
et les terrains
des premiers plans. — Allons vite nous retremper dans
quelque chose de meilleur et arrêtons-nous, d'abord.
tume, en quelque
sorte permanent,
du savant An¬
glais ; nous l'avons constaté toutes les fois qu'il nous a
été donné de voir de ses portraits. Certes, dans le por¬
Salon Périgourdin, la nature avait gratilié le modèle de ses dons les
trait *§!ÉjfpSIqu'il expose aujourd'hui au
34
LE SALON PERIGOURDIN DE
LE
I 888.
plus enviables ; ni la distinction, ni la parfaite régula¬
rité des traits ne manquent à Mme
X..,, et M. Aviat
s'est bien gardé de ne pas tirer profit de ces
ses
précieu¬
qualités. Le portrait qu'il a peint, dans une pose des
plus gracieuses, est d'un modelé charmant ; le dessin
en
est précis,
d'une précision qui n'ôte rien à l'effet,
bien que poussée très
loin. C'est
une
jeune femme
blonde, au type parisien, vêtue d'une étoffe
saumon
harmonieuse et drapée avec goût. L'éclat de la carna¬
tion, la profondeur et le velouté du regard sont fort
remarquables ; le fond, d'un gris bleuâtre, fait valoir
SALON
PÉRIGOURDIN
DE
1888.
35
sobre et distinguée ; le dessin est d'une précision abso¬
lue et le sujet a été traitée, avec cette facture très fine,
un
peu cristalline, particulière à M. Toulmouche. — La
griffe du maître, nous la retrouvons encore dans YEtude pour les récits mérovingiens (lladegonde), de M.
J.-P. Laurens, morceau aussi admirable par la correc¬
tion et l'élégance des lignes que par la facilité avec la¬
quelle
ce
savant pinceau a obtenu de si puissants
effets.
Mlle Elisa Koch n'a pas oublié
daillée à Périgueux en
qu'elle avait été mé¬
1880; aussi nous a-t-elle en¬
le sujet et en complète l'harmonie générale.
M. Aviat,
voyé le charmant tableau intitulé : Veux-tu, dis ? Un
qui marche sur les traces des maîtres,
parfait le
petit enfant, bien expressif dans son innocence, fixe
sera
jour où il ajoutera, à sa grande habileté,-ce que Proudhon appelait « la
préoccupation de YIntus du mo¬
ses
grands yeux bleus, — vifs et suppliants, — sur sa
mère qui, évidemment, ne manquera pas d'accéder à la
dèle. » —C est, du reste, ce que fait merveilleusement
demande exprimée, avec tant d'éloquence, par
M.
cieux bambin qu'elle enlance amoureusement dans ses
Toulmouche, dans son Odalisque parisienne, où,
l'expression de la physionomie, la pose, les accessoi¬
bras.
—
le déli¬
Tant que nous en sommes aux choses agréa¬
moral du
bles, n'oublions pas de regarder la gracieuse Jeune
sujet. V Odalisque est là souriante, nonchalante, assise
fille, peinte par Mme Henriette Brizon, sur un fond
res, tout concourt à représenter le caractère
devant une table
sur
laquelle il y a un bouquet de
fleurs ; de la main droite elle tient
un
bras gauche se trouve gracieusement
éventail et le'
appuyé
au
fau¬
teuil. Les draperies sont d'une coloration variée, mais
gris nacré du plus bel effet.
La Jeune fille de Wissant,
une
de M.
tête-bien construite, mais tout
M. Fouriiier.
a
le bleu qui l'en¬
toure, à commencer par celui des jupons jusqu'à
celui
36
LE
SALON
LE
PÉRIGOURD1N DE I 888.
des parois de l'appartement,
est bien ennuyeux à re¬
garder ; c'est ce qui nous décide à lui préférer le Pê¬
cheur attendant la marée, du même auteur ; type pris
sur
le vif au moment où, tranquillement assis sur
le
pont du bateau, il fume sa pipe. — Mme Fanny-Fleury,
en
représentant la Toilette de bébé, a serré de fort près
l'intimité physique et morale
de la jeune mère qui
s'apprête à éponger l'enfant assis sur ses genoux, en
lui promettant, sans doute, pour le récompenser
de sa
de l'apparte¬
ment. A part quelques faiblesses dans la façon de dra¬
per le tablier de la mère, cette peinture est irrépro¬
chable et bien consciencieuse ; ainsi, du reste, que le
docilité, les brioches posées sur la table
piquant effet obtenu dans la seconde étude de la même
main, exposée sous le titre : Jeune Bretonne.— La mine
été exploitée, très
agréablement, par M. L.-F. Charpentier. Son Goûter
des
sujets d'intérieur a encore
n'est autre chose qu'un bel écolier, à la mine
assis sur un banc
adossé à la muraille,
éveillée,
s'apprêtant à
de préparer.
Le beau gris du fond aide à compléter l'harmonie
générale. Sa Bonne femme épluchant des pommes de
terre est installée devant l'àtre et, pendant que la
dévorer l'appétissante tartine qu'il vient
marmite laisse
échapper les vapeurs du liquide en
SALON
PÉRIGOURDIN DE 1888.
3~
ébullition, elle achève de préparer les légumes desti¬
nés à compléter le frugal
repas de la famille. Il man¬
que bien un peu d'air ambiant autour de la paysanne ;
mais ce sujet, comme le premier,
est traité
avec
sin¬
cérité.
Voulez-vous un bel effet de
plein air? regardez les
Femmes sur la terrasse à Tunis,
par
chard. La composition
manque
légèrement d'unité,
M. P.-L. Bou¬
cependant le tableau, bien lumineux, est interprété
savamment, avec un accent tout particulier. — La lu¬
mière est aussi très bien
employée dans les Pêcheries
de TOcéan, bassin
cTArcachon, par M. H. Brun. Cette
belle marine, qui
décorerait parfaitement le salon le
plus élégant, a une couleur plaisante et pleine d'har¬
monie. Le dessin en est
régulier, tout se trouve à sa
place. Sous un ciel lumineux, aéré et fin, il y a des
eaux transparentes et
profondes, sur lesquelles glis¬
sent çà et
là, et voiles déployées, quelques légères
embarcations. M Brun, qui s'entend si bien à fixer la
lumière du jour sur la toile, n'est
pas moins habile
lorsqu'il s'agit de peindre ce que
nous
appellerons la
lumière de la nuit. Ainsi son Lever de lune à
Lormont,
près Bordeaux, rend parfaitement la sensation d'une
belle soirée d'été. Le
spectacle de ces beaux coteaux
3
LE SALON
38
LE
PERIGOURDTN DE 1888.
de Lormont; argentés par
les rayons lunaires, est sai¬
reflète dans les eaux tour¬
mentées de la Garonne et, grâce à ses rayons, on dis¬
tingue les formes d'un voilier, amarré près de l'estacade. L'éclat d'un foyer, allumé à l'intérieur d'une ca¬
bane de marin dont la porte est ouverte, ajoute au
sissant de vérité. La lune se
lumière artificielle fait le
avec
l'éclairage extérieur. —
plus heureux contraste
A côté de ce tableau se trouve une autre belle œuvre
due
pinceau de M. P.-E. Péraire. C'est un Pay¬
sage d'une facture toute moderne, plein d'air, calme et
tranquille, avec des eaux claires et des verdures sé¬
piquant du tableau ; cette
au
Mais le Salon Périgourdin peut
satisfaire tout aussi bien les admirateurs du paysage
classique, et, s'il ne possède pas de nombreux spéci¬
duisantes au possible.—
mens de
cette école,
il a du moins la bonne fortune
élève
d'Ingres, est, en effet, parmi nos contemporains, le
d'avoir l'œuvre
d'un maître. M. P. Flandrin,
représentant le plus autorisé du paysage
si harmonieux de couleur,
dessiné et peint avec une science consommée, — est
son
—
historique, et
tableau En automne,
fouillé, jusqu'aux moindres détails, avec un
soin irré¬
que-la nouvelle école ait
presque entièrement abandonné ces procédés savants,
prochable. Aussi, malgré
SALON
PÉRIGOURDIN
DE
1888.
3q
les amateurs sérieux examineront attentivement cette
œuvre
si intéressante
sous
bien des rapports.
dessus de \'Automne de Flandrin
Fleurs des champs de M.
sont
—
Au-
placées les
Furcy de Lavault ; ce sont des
coquelicots bien nature et des reines-marguerites, fort
bien
groupés ensemble, s'enlevant crânement sur le
fond gris du ciel.— Pendant
nons un
coup
d'œil sur le Vase de fleurs de
Mauraud. Le pinceau n'est
son
que nous y sommes, don¬
fait ; mais cette jeune
Mlle J.
pas entièrement maître de
Périgourdine promet beau¬
coup ; les Fleurs, aussi bien que les
Asperges de la
même artiste, sont peintes avec sincérité.— M. J.
Calvé,
lui, excelle dans ce genre : ses Chrysanthèmes et gre¬
nades sont parfaites et enlevées avec une virtuosité di¬
gne des plus grands éloges. Nous oserons même dire
que nous les préférons à l'autre tableau, où M.
Calvé
reproduit La croupe du Peuil (Cissac MédocJ. Ce se¬
cond n'en reste pas moins un bon
les brebis trouvent, après
une eau
paysage dans lequel
avoir brouté l'herbe tendre,
limpide et fraîche pour étancher leur soif. —
Nous n'avons
également que des éloges à faire à
M. Cabrit pour ses Coteaux de
Bernezac, peints avec
une
allure si personnelle. C'est lumineux et bien
en
place ; s'il était possible de faire circuler un peu plus
LE SALON
40
d'air dans le feuille des arbres des
serait parfait.
—
LE
PÉRIGOURDIN DE l888.
premiers plans, ce
Le mot parfait tombant sous notre
plume, nous ne pouvons mieux l'appliquer qu'aux œu¬
vres
Voici les titres
de M. Ernest Lefebvre de Rouen.
des deux toiles que nous
voyons
dans cette salle :
Fromage à la pie, Poires; l'une comme
deux natures mortes sont
ces
l'autre de
interprétées avec une
habileté consommée et une vérité de couleur absolue.
Les
Poires auraient toutefois
cause
de la plus grande unité de
mière. Nous ne
nos
préférences , à
composition et de lu¬
résistons pas au plaisir
de donner
dans laquelle
nous apercevons un troisième tableau,
que M. Le¬
febvre a baptisé Desserf, et qui est tout simplement un
chef-d'œuvre du genre, tant sa brosse souple a su y
un
coup d'œil furtif dans la salle de droite,
SALON
PÉRIGOURDIN
DE
1888.
41
de Biniou fAuvergne),
de M. Nicolas Berthon. La
scène se passe au seuil
d'une rustique maison située
sur la
pente d'un coteau et se détachant vigoureuse¬
ment sur un ciel éclatant.
vant la porte,
Maître et élèves sont là, de •
faisant vibrer les accords de leur ins¬
trument primitif ; au loin on aperçoit
les pics neigeux
qui s'élèvent en grand nombre dans ce coin pittores¬
que de la France.
—
La précision de la touche de M.
de M.
Marinier, qui, avec son grand tableau de VEtang de
Berthon peut s'opposer à la facture plus large
Maillecourt, fait preuve d'un paysagiste
sûr de son
fait. Les gris-verdâtres du fond, agréables et fins, sont
très bien conduits et parfaitement
liés avec les verts
plus intenses et ensoleillés des
plans secondaires ;
nénufars,
tranquilles et unies comme une glace, présentent
bien l'horizontalité qui convient à un étang.— Avant de
les eaux, — sur lesquelles sont plaqués des
—
mettre d'harmonie, de sincérité et
de transparence. —
Il faut bien déclarer qu'il faut à M. Darien un talent in¬
contestable pour
se
soutenir à côté des morceaux
achevés que nous venons
d'examiner. Malgré tout,
devant la toile
représentant Venise, effet du matin,
chocolat attirent
exposée par le peintre le plus fidèle à la Reine de l'A¬
infiniment à
driatique. M. Ziem, effectivement, doit connaître sa
ses
Huîtres et ses Eclairs au café et
le
regard des connaisseurs et plaisent
Venise par cœur ; c'est elle qui
l'œil.
Dans la salle de l'entrée, il ne nous
quitter la salle, nous nous placerons, à quelques pas,
reste plus que
trois bonnes choses à voir. Commençons par La
leçon
pour une
lui a fourni la matière
quantité innombrable de tableaux. Aussi,
Ziem aime-t-il passionnément cette
Reine et il revient
42
LE SALON PERIGOURDIN DE
I 888.
toujours à elle. Le tableau que nous avons devant les
yeux en est une nouvelle preuve ;
tant par l'éclat de
il est remarquable
m
la couleur que par l'harmonie de
l'ensemble. La touche,
—
toute de premier jet, — y
est savante et distinguée, elle
Salle à
dénote la merveilleuse
gauche de l'entrée.
facilité de l'auteur de ce morceau exquis.
Nous voici devant les Landes du
des plus beaux tableaux
Cap Breton, un
de M. Auguin ; nous jette¬
rons, en même temps, un coup
d'oeil sur l'ensemble
fait au Salon Périgourdin. En cela nous dérogeons bien du plan que
nous nous sommes imposé de procéder par salle ;
de l'important envoi que ce maître a
mais les aimables lecteurs nous le
pardonneront en
réfléchissant que, lorsqu'on a la bonne
fortune d'avoir
celles que
M. Auguin expose, il est tout naturel de les étudier
sous les
yeux des oeuvres de choix comme
dans leur ensemble afin d'en dégager
la personnalité
artistique de l'auteur. L'envoi de M. Auguin se com¬
de sept tableaux : Landes du
Cap Breton ,
Littoral landais (effet du soir), Courant
de Soustons,
pose
Dunes de Labenne, Dans
les dunes de Labenne (Lan¬
(effet du soir).
de ces belles pages, on aperçoit bien
des), Etang de Lacanau, La rivière
En présence
vite combien l'artiste sait, — avec une facture large et
44
le salon
périgourdin de 1888.
du
salon
périgourdin
1888.
de
45
rendre l'écla¬
la fraîcheur des eaux. Dans son Essai sur la critique,
ciel, la profondeur des horizons et
Pope, parlant de l'artiste impuissant à rendre la belle
souple, une touche grasse et vraie,
tante clarté
le
l'harmonie des sites. Sa manière
tacle grandiose de la nature
—
d'envisager le spec¬
lui est aussi personnelle
à la
nature, ajoute qu' « il a recours
parure pour ca¬
cher son ignorance et son manque d'art. » M.
Àuguin
que sa façon de le rendre, et, pour signer ses tableaux,
n'est pas de
il n'est pas nécessaire qu'il y appose son nom.
nature, l'embrasser-et la saisir en elle-même ; lui, qui
dons bien longuement ces deux
importants
Regar¬
ouvrages
ceux-là ; il sait à merveille interpréter la
la voit encore plus avec son âme qu'avec ses yeux,
qui s'appellent les Landes du Cap Breton, vaste sol-
sait l'animer indépendamment
litude aux horizons
secours d'aucune
sans
fins, et le Littoral Landais
de l'homme et sans le
scène, ni d'aucun décor de conven¬
où il y a l'immensité de l'Océan. Un charme indéfinis¬
tion. Les accessoires
sable se dégage de
toiles ; avec la campagne toute pure,
ces
ces
belles nuances ambrées, de
tons lumineux et chauds, de
ces demi-teintes
ex¬
il
sont totalement bannis
et toucher. Ses œuvres sont d'un
de
ses
il sait émouvoir
grand style et de
quises et de ces doux rayons de soleil, tamisés par les
première sève ; elles sont éloquentes par l'accent net
nuages vaporeux, tombant comme une pluie d'or et de
et vigoureux avec lequel elles sont rendues ;
perles sur la mer, les verdures ou le sable. La supé¬
Auguin restera un de ces paysagistes qui seront l'im¬
riorité de ce poète du pinceau se voit encore
mortel honneur de l'école moderne.
dans la
qualité d'une couleur magique, toujours déterminée
par la lumière ;
ses tableaux ne vous montrent pas du
terrain, des collines, des arbres, mais l'effet du soleil
sur ces
terrains, ces collines, ces arbres. C'est ainsi
A côté du maître, voici un de ses meilleurs
artiste qui sait
bien mettre
l'air partout.
dernier tableau, qui est
ges, et lorsqu'il y en a,
—
comme dans le
paysa¬
Courant de
Souston, ou VEtang de Lacanau. — on se baigne dans
relief la physionomie
Sébilleau a envoyé les intéressants
ronne à
ses
élèves :
générale d'un paysage et en dégager l'expression. M.
qu'il obtient la puissance et la vie et qu'il fait circuler
On s'enfonce aisément dans
en
aussi M.
Cambes et l'Automne en
Bords de la Ga¬
Périgord. Dans ce
le plus important, il y a des
solides rochers au bas desquels se tiennent
deux ber¬
gères. Des moutons paissent tranquillement l'herbe
LE SALON PERIGOURDIN DE I 888.
46
LE
délicieux. —
Un autre Bordelais. M. Didier-Pouget, expose un Etang
fine qui croit en abondance dans ce coin
de Cernay (Seine-et-Oise),
qui laisse une grande im¬
pression. C'est un paysage, aux sombres
colorations
de l'entrée de la nuit, avec un ciel d'un puissant effet,
se
mirant dans les eaux tranquilles'de l'étang. — Voici
encore un
curieux effet
d'automne,
—
A Berganton,
près Bordeaux — bien décoratif, de M. Pradelles. Ce
vétéran des artistes bordelais expose
paysage, plein de fraîcheur et
tulé
:
également un
de transparence, inti¬
Au Petit-Régnier, près d'Eynesse ;
son
étude,
de Mlle H. de
SALON
PÉRIGOURDIN
DE
1888.
47
Lajallet. Ces Heurs, au riche coloris,
sont rendues avec une grande
vérité et arrangées avec
goût par une main habile ; elles se détachent admira¬
blement sur un fond vigoureux,
et fine.
Mlle
de
d'une tonalité chaude
Lajallet touche également bien la
gamme claire ; on peut s'en rendre
dant sa seconde toile où il y a
compte en regar¬
des Chrysanthèmes —
peintes avec une délicatesse de touche remarquable —
sur un
fond gris-pâle du plus bel effet.
Un talent d'une valeur
vons en
incontestable, nous le trou¬
M. H. Coëylas. Son Intérieur d'Eglise (Saint-
Les deux Jumeaux, à Hendaye, est peut-être un peu
Etienne du Mont, Paris), prouve une connaissance par¬
dure.
faite du dessin et des lois de la perspective. Cette œu¬
Les environs de Taille bourg ont
été peints en au¬
vre
est éclairée avec discernement et, en outre de son
rendu la vaste
coloris ferme et de sa vigoureuse harmonie, elle a des
plaine, au milieu de laquelle un troupeau de moutons
qualités de composition et de sentiment. Témoins la
tomne par Mme Annaly, qui a très bien
broute l'herbe. VHiver, de la
effet de neige bien compris,
même artiste, est un
dans sa gamme blanche
bonne femme qui prie, assise, et la
dame parisienne,
accompagnée de sa fillette, prenant l'eau bénite. L'E¬
si difficile à manier. — Passons devant les ouvrages de
tude Dans les roseaux,
M. Gintrac-Jouasset : La balançoire, La leçon de chant
très agréablement présentée. — Un autre tableau bien
qui contiennent bien quelques notes
remarquable, tant pour la précision du dessin que pour
sont deux toiles
discordantes ; mais en somme
la composition en est
décorative. — Par exemple, si nous voulons de l'har¬
monie véritable, nous la trouverons dans
les Pavots
la mâle
du même auteur, est aussi
vigueur et la parfaite harmonie du coloris,
nous le trouvons dans le
la chasse, de M.
Cavalier gaulois, retour de
Luminais. Le Gaulois, le cheval et
48
LE SALON
PÉRIGOURDIN DE 1888.
LE
SALON
PÉRIGOURDIN DÉ
I 888.
49
et Le pans du gendarmey tanneries à
le chien, qui les précède, sont dans un mouvement des
peu naturelle,
plus justes. — Les tableaux de M. F. Reynaud, Joie
Agen, où il y a d'immenses murailles dans un ton gris
maternelle (Italie) el
qui ne manque pas de charme;
contiennent,
La partie de cartes (Naples),
eux aussi,
les plus enviables qualités.
Les figures ont des attitudes
parfaitement observées
et elles se meuvent dans une atmosphère
éclatante, pro¬
pre au pays du soleil. — Le soleil est
également bien
fixé sur la toile où M. Francis Garat
a
représenté Le
marché de Saragosse (Espagne). Il y a peut-être
ques faiblesses dans les lignes des
marchands et- les acheteurs
sous un ciel
quel¬
maisons, mais les
grouillent dans la
rue,
intense, et donnent à souhait l'impression
de M. E.-F. Forel,
jeune artiste copie le gamin de la
ferme d'à-côté ; peinture un peu lâchée et dont l'effet
est moins vigoureux que dans son autre tableau, Lut¬
teurs forains (effet de lumière) : curieuse représenta¬
En plein air, un
tion de l'intérieur
d'une baraque ; de M.
M.-J.-M.
Doze, Taureaux et moutons, dans une coloration pas¬
sablement heurtée, et la
autre toile
Visite aux prisonniers, une
bien supérieure sur
laquelle on voit une
jeune femme — parfaitement dessinée et peinte, dans
éloges, entraînerait trop loin ; à regret il faut donc se
David, — devant une cage d'oi¬
exotiques. —Nous retrouvons encore ici M. Mage
avec sa Méditation, bonne vieille femme d'une facture
résigner à une sorte d'énumération rapide. Nous cite¬
hardie ; Mlle A.
d'un brouhaha de foire.
La description
le style classique de
de tous les tableaux qui méritent des
seaux
de Comblât avec Au frais, cueillette
gauche du moulin, et des eaux transparentes ;
son
fond
de paysage ; M. Capeyron, avec un Poulailler où il y
coq superbe. — Nous détournerons le regard du
Coin d'intérieur,
si minutieusement dessiné, est
en¬
tableau de M. Taupin,
peint avec sincérité ; de M. Nobillet, Une
na¬
rons :
de M. Boyer-Guillon Le Moulin du Mouran, près
Castillon (étude), où il y a des arbres bien
core
frais, à la
de roses, vraies et belles fleurs s'enlevant sur un
a un
qui,
en
Granville (Manche), a trouvé moyen
ner
de M. Gourdon, Le nid de l'aigle, forêt
et lumineuse Soirée d'automne,
bleau, avec un piquant effet de lumière et une couleur
ses
Bouées à
de ne rien don¬
de bon, et nous le reposerons plutôt sur l'agréable
ture morte, bien rendue et l'agréable vue en Sologne',
de Fontaine¬
faisant
Mlle G.
Dinguidar.
étang de Lacanau, de
50
LE
SALON
PERIGOURDIN DE
1888.
Mlle M. Marquet mérite également tous
pour ses deux tableaux : Bords de l'Isle
LE
nos
éloges
et Paysage à
finesse,
SALON
PERIGOURDIN
M. Destrem
a
DE
représenté,
Vieille maison de Bretagne. L'air
l888.
5 I
en maître,
une
enveloppe bien le -
Mussidan, morceaux étudiés consciencieusement, bien
paysage, traité avec une touche
savante et sûre. Un
en harmonie et infiniment préférables à ceux de M.La-
intéressant baudet traverse la
cour
vialle de Lameillère ; les deux ouvrages de cet artiste,
coin.
Tulipes et anémones, aussi bien que les Asperges
les
et
chaudron, ont des qualités de couleur, mais la
Il faut encore examiner avec toute l'attention
ble les deux toiles de M.
E.
souplesse de la brosse y fait un peu défaut.— Il en èst
échoués à Dieppe,
de même de M. Rambour pour son
ciel d'un éclat incomparable ;
Lever du soleil à
Nice, et pour son Ancien port de La Rochelle.— Avec
M. Yauzanges, nous
retrouvons de belles et bonnes
Pêches et des Pét-unias et
sobre et vraie.
sont également
—
Les
traitées
géraniums d'une couleur
possi¬
Lansyer. Ses Bateaux
s'enlèvent vigoureusement sur un
dans le fond on distin¬
gue la ville de Dieppe traitée dans une gamme
très fine et harmonieuse au possible.
un morceau
joli
tout aussi parfait ;
La
grise,
Marine est
le mouvement des va¬
peintures de Mlle M. Montalier
gues de la mer y est visible et le ciel orageux est d'une
soin ; après avoir re¬
vigueur étonnante.— Tant que nous sommes aux bon¬
avec
gardé complaisamment la belle Etude de printemps,
nous nous
et anime ce
arrêtons un peu
plus longuement sur son
Intérieur de Lois où la lumière s'insinue si bien
la feuillée verte. — M. A.
sous
Guéry mérite, lui aussi, les
plus grands éloges; Y Aurore au bord du Morin à Villier
(Seine-et-Marne), est une excellente impression
du
matin ;
Midi à Martig ny-les-Bains (Vosges), est
tout simplement un morceau
parfait, avec un coup de
soleil qui réchauffe et donne une complète
illusion de
la nature.— Dans une tonalité plus sobre et pleine
de
nes
choses, regardons un peu plus haut où se trouvent
les appétissants
Champignons de M. Thurner. Voilà
de la nature morte traitée en véritable artiste. La fac¬
ture en est savante, la touche
facile et la couleur d'une
grande vérité. Les deux autres toiles de M. Thurner :
La
saison des hannetons, cerises
ainsi que
doubles ((leursJ,
Cerises et prunes reine-claude, possèdent
Cette salle renferme
encore des œuvres très importantes, à commencer par
les mêmes qualités brillantes. —
le paysage
si personnel de M. Zuber, intitulé : Les
52
LE SALON
PERIGOURDIN DE
bords du Loing eu avril.
LE
1888.
Dans une nappe d'eau, bor¬
dée par des ajoncs touffus, se
mire le ciel bleu tra¬
légers nuages. La feuille com¬
mence à éclore sur les arbres du rivages, et là-bas, au
versé par quelques
impré¬
gné d'air et de lumière et coloré de tons chauds et
fond, s'étend une belle colline. Tout cela est
SALON
PERIGOURDIN
DE
1888.
53
Lordogne est là debout, prêt à tourner le feuillet de
la partition,
donnant la mesure et animant tout de son
regard, aussi bien que de son geste. Dans le fond,
assis sur un canapé, on reconnaît fort bien M. A. Guilmant le célèbre organiste,
qui, penché
sur un
cahier
de musique, suit le chœur avec M. Th. Dubois; sur le
harmonieux, M. Zuber est un de ceux qui savent poé¬
pas delà porte, à gauche, le librettiste, M. Jules Bar¬
tiser la belle nature ; aussi l'œil se détache avec regret
bier, salue la maîtresse de la maison, allée à sa ren¬
de son œuvre si parfaite.
contre, et M. de Callias, lui-même, s'est peint à droite,
En entrant dans la salle, le
regard du visiteur est
tout d'abord attiré par l'intéressante toile, —
la cymaise du panneau qui
placée à
fait face à la porte, — re¬
présentant Une répétition de Gluck
chez la baronne
de la Tombelle. Cette œuvre importante
fait le plus
cachant, modestement une
cadre. Du reste, les personnages
tant d'uniformité toutes ses
licat asu traiter, comme il convenait, un sujet dans le¬
ne
Dans un riche salon, — meublé et orné avec
goût
tableau sont
parfaite ; voilà,
figures et, s'il a pu dimi¬
les valeurs pour celles des plans
lui a été
avec
permis d'en sacrifier
secondaires, il
aucune.
Dans
ces
conditions, il n'était pas possible de respecter entière¬
ment la loi de l'unité,
ni pour la composition, ni pour
de la distinction, —
la lumière. Cela posé, nous n'hésitons pas à dire que
autour du piano, les nombreux amateurs
l'ordonnance du sujet est naturelle, agréable et judi¬
sobre et délicat qui est la marque
sont réunis,
ce
ce
évidemment, ce qui a obligé l'artiste à éclairer
grand honneur à M. II. de Callias, dont le pinceau dé¬
innombrables.
de
tous des portraits d'une ressemblance
nuer
quel il y avait à vaincre des difficultés
partie de sa tête derrière le
de musique, habitués à venir y chanter. Un chœur
cieuse ; le dessin, qui présentait tant de difficultés de
à l'étude ,
perspective et de mise
est
c'est le baron F. de la Tombelle, dont le
talent de compositeur est bien connu,
qui dirige. Le
sympathique vice-président des Amis des Arts de la
en
place,
y
est d'une grande
correction, avec des airs de tête saisis sur le vif et
des attitudës bien étudiées. Nous
4
en
dirons autant du
54
LE SALON
PÉRIGOURDIN DE l888.
coloris, qui, tenu dans une
gamme sobre,
55
voulue par
en M.
Choisnard ; sa Ferme de la vallée de
Chevreux,
SALON
l'éclairage du salon, est doux et suave ; il est en môme
d'un bon dessin, est
temps harmonieux, comme il convenait dans un tem¬
soleil du fond de la cour donne une note
ple de la musique. Les dames du premier plan, vêtues
la monotonie du site ; son
de fraîches toilettes, forment un groupe méritant
traité
sur¬
éloges; l'expression vraie des physionomies
tout des
et la pose naturelle des personnages
sont rendues su¬
périeurement ; les détails sont pris sur le fait et idéa.
PÉRIGOURDIN DE 1888.
LE
lises à force de vérité; ce groupe est un des principaux
charmes de l'œuvre. La touche du pinceau est élégante
et
souple, un peu aplatie, transparente dans les ombres
et jamais
heurtée ni à contre-temps. Toutes ces pré¬
cieuses qualités réunies arrêtent longuement les
teurs et
visi¬
donnent au tableau de M. de Gallias un attrait
irrésistible. Pour les Périgourdins, à côté de cet attrait
de les faire assister
à un épisode de la brillante vie artistique d'un com¬
s;en ajoute un autre : c'est celui
patriote des plus distingués.
Dans son tableau Les lavandières, M. Constantin
n'a mis que des groupes séparés
et peu d'ensemble ;
mais comme c'est rendu et.étudié,, et quels jolis arran¬
gements ! La grâce des poses,
la beauté des formes,
avec
largement brossée; le coup de
Hangar au village de Laïmer,
la même assurance, mérite encore
qu'on
s'y arrêté. — C'est
ce
que nous ne ferons pas devant
la Rue au Caire, de M.
ses
gaie et relève
Varlet. Cette peinture, avec
crudités de ton et son peu de
vraisemblance, n'est
pas faite pour plaire ; aussi nous aimons mieux
miner les intéressantes études que M. Dubost
exa¬
expose :
les solides Rochers du
Moustiers, la Vue prise à
Montignac, avec son ciel lumineux, l'agréable Château
de Los se et le piquant Lever de soleil sur la
sont
d'excellentes
Boissière,
impressions, prises sur nature. —
Tout près de là, il y a un véritable
plein midi peint par
M. Gagliardini : l'Attente des pêcheurs à
Cayeux-sur+
Mer (Sommej, n'est autre chose, en effet,
que
du so¬
leil fixé sur de la toile. Sur le sable brûlant de la
plage
quelques femmes sont installées, devant elles s'étend
la mer; le ciel, le terrain et les
personnages sont ren¬
dus avec une justesse de couleur locale
Gagliardini
expose
incroyable. M.
également une autre toile d'une
la délicatesse de la facture, tout y est digne de remar¬
belle et large touche, intitulée : Un coin de rue à CM-
que.—Un autre artiste consciencieux, nous le trouvons
teldon fAuvergne^. —Nous aimons
beaucoup aussi, à
56
LE SALON
cause
PERIGOURDIN DE
LE
I 888.
de la sincérité qu'on y retrouve, Les Lords de la
Pétillion. —Nous
aimons même beaucoup mieux ces deux toiles que la
Marne et le Paysage (ètuAeJ, de M.
Jeune fille à sa toilette, que Mlle Landré a peinte dans
pénombre ingrate et peu séduisante ; heureuse¬
une
ment que
cette artiste a donné des Fleurs de*mai d'un
coloris plus harmonieux et d'un aspect très décoratif.
Si nous voulons quelqu'un'qui sache
tête
dans
la
pénombre, il faudra le chercher en
M. Bâton. Son tableau En Bretagne
jeune bergère, bien en place,
au
travailler une
représente une
assise sur un tertre
bord de la mer. Le soleil éclaire vivement le large
chapeau de paille qu'elle a sur la tête et laisse
une
dans
demi-teinte, bien étudiée, l'intéressante physiono¬
mie de la paysanne. —Voici maintenant quelque chose
d'original au possible : c'est un jeune type oriental qui,
Après le bain , s'étant couché sur une peau de tigre,
s'amuse à écraser un chat,
qu'il tient avec ses pieds,
levés en l'air et appuyés contre la muraille. Au demeu'
rant, M. Saint-Lanne a bien
même brossé
dessiné son sujet, il l'a
largement ; mais avec quelques duretés
dans les contours. — Où nous trouvons parfaitement
notre
en
compte pour l'harmonie et les notes justes, c'est
regardant En rade, de Mm* Dubois de Trincaud-La-
SALON
PÉRIGOURDIN
tour. Dans cette marine,
eaux
l888.
DE
le ciel est blanc ainsi que les
qui le reflètent, et le navire est encore blanc. Les
mâts seuls donnent
un
ton bistré ;
mais comme cela
est bien amené, comme c'est àpointetagréableà voir î
La tour
Balaguier (rade de Toulon^, due au même
pinceau, quoique d'une tonalité bleue un peu crue, est
digne d'attention. — Digne de remarque l'est
égalementZa matinée d'avril enPérigord, de M. Com-
encore
bet. Les brouillards du matin commencent à
per et les troncs des arbres projettent
se
dissi¬
déjà des
om¬
bres, aux tons transparents, sur le chemin creux qui,
du milieu de l'avant, conduit au
milieu des champs de gauche,
fond du paysage. Au
il y
a
quelques nïou-
tons, gardés par une bergère assise sur l'herbe fraîche,
le dos appuyé contre un arbre. Dans
cette importante
toile, on voit des tons d'une délicatesse extrême et
l'ensemble produit le meilleur effet.
Nous signalerons
aussi, de M. Combet, un bel Effet de brouillard en dé¬
cembre,1 des Fleurs bien nature et un Effet de neige
manquant légèrement de profondeur. — Un joli bouquet
de Fleurs a également été fait par M. Bourdin, à
de qui se trouve le tableau, si décoratif,
côté
où M. Colli-
gnon a peint supérieurement d'autres Fleurs, pivoines
et lilas.
58
LE
SALON
Nous nous garderons
l'élernel
I 888.
PERIGOURDIN DE
LE
bien de passer sous silence
Troupeau de moutons de M. Brissot de War-
ville. La soirée est avancée, le soleil a disparu
à l'ho¬
SALON
PÉRIGOURDIN. DE
des lignes pures et un ensemble
I 888.
59
des plus décoratifs.
Voici encore La lecture, statuette en terre cuite : vrai
bijou, plein de grâce et de délicate simplicité,
dû à
rizon, en laissant sur le ciel une chaude et vive colo¬
l'ébauchoir savant de M. Chatrousse.— Notre compa¬
ration ; le berger, pressé par
l'heure, pousse visible¬
triote, M. M. de Roffignac, n'a pas manqué, non plus,
ment son troupeau, bien repu,
qui s'avance en rangs
de nous faire
serrés. Les tableaux de M. Brissot de Warville nous
Paganini jouait
seule corde à son
font songer aux douces mélodies que
sur une
seule corde ; il n'a qu'une
arc, mais quel parti sait-il en tirer !
Il ne donne qu'une
note, mais la belle note pour les connaisseurs î — Un
qui a un faire bien personnel, nous le re¬
autre artiste,
trouvons en M. Claude. Les
un
fruits de mon jardin sont
vrai chef-d'œuvre du genre ; ce sont
des pêches
veloutées et savoureuses, des raisins, blancs
et noirs,
juteux et transparents : le tout disposé, éclairé et peint
avec un
art parfait.
coloris frais et
Ses belles Chrysanthèmes,
aux
puissants, sont tout aussi remarqua¬
bles.
Nous en avons fini, dans celte salle, avec les ouvra¬
ges de
peintures ; il ne nous reste plus à voir
que
plusieurs beaux spécimens de sculptures, des faïences
apprécier son beau talent d'animalier.
Son Chien, bronze /bire perdue,/, est , parfait
de natu¬
rel, et il est exécuté avec un savoir peu commun ; son
bien ex¬
pressif et fouillé jusqu'aux moindres détails. A l'occa¬
Putois pris au piège fterre cuite^ est encore
sion, M. de Roffignac sait également
res :
témoin le
faire des figu¬
Temps à la lin du monde-, ^plâtre^, qui
est une curieuse et originale
ciencieusement.— Très
statuette, étudiée cons¬
originale et pleine de mouve¬
ment, l'est aussi la Fantaisie, ^statuette plâtre^, de M.
Daniel ; le Médaillon et
intéressants.
—
le Buste de M. Delmon sont
M. Mora a envoyé un Lièvre pris au
Bécasse dans un
taillis, fouillée et rendue de la manière la plus par¬
faite ; ce sujet, traité en haut relief, forme un panneau
collet, largement traité, et puis une
décoratif très bien compris.
Avant de partir, nous donnerons un
coup
d'œil ra¬
et des émaux.
Voici d'abord Gallia ^médaillon bronze,/,
pide sur les porcelaines. Mme M.-A. Lambert expose
de M. Soldi
haut relief, modelé avec
une
:
énergie,
avec
Tète de Vierge bien venue, deux Portraits de jeu-
6o
nés
LE
SALON
PÉRIGOURDIN
DE
colombe ; Mllc Layotte
filles et Jeune fille à la
et Jeune fille à
donne Je Portrait de Mlle E...
source
l888.
la
; Mlle Leveillé a peint, sur deux belles faïences,
IV
les Prés de Monthières et la Cavèe de Grancourt; Mlle
Rouen a fort bien réussi à
reproduire la Vérité, une
Salle à
droite de l'entrée.
Nymphe et Bacchus et la Jeune fille à la colombe de
Chaplin. — Avec M1Ie G. Le Sueur, nous observerons
une
fine
miniature, intitulée
: la
Cruche cassée, et
de l'é¬
paysagistes contemporains. Un des bons,
Nous avons déjà dit un mot de la splendeur
cole des
populaire italienne, émail
parmi les meilleurs de ces admirables poètes du pin¬
agréablement traité. — Un autre émail bien venu, en
ceau, nous le retrouvons en M. A. Baudit, dont le talent
camaïeu, c'est celui que Mme Bouchot nomme Les
est si connu et chez qui il faut louer, à un degré égal,
jeux de guerre ; mais dans ce genre, il faut surtout
l'unité, la vérité et la solidité de sa peinture. Son dessin
applaudir à la limpidité des ouvrages de M. Coblentz.
deux émaux limousins d'une belle dimension et d'un
serré de fort près. A ce
propos, nous aimons à nous rappeler les trop courts
instants que, naguère, nous avons eu le plaisir de passer
en compagnie d'un ami, dans l'atelier de M. Baudit.
joli feu ; le dernier surtout est admiré
Là nous avons vu le maître au milieu de son œuvre
avec MWeB. Le Doux : la Muse
Elisabeth reçme sur le vaisseau
que Y Entrée
amateurs.
le Drack) aussi bien
de Mahomet II à Constantinople, sont
par
les bons
est toujours correct, savant et
intime ; un
grand nombre d'intéressantes études ont
passé sous nos yeux et ont fait l'objet de notre admi¬
ration bien sincère. Entr'autres choses, nous avons
particulièrement goûté une.rare collection de dessins
au
crayon,
—
sur papier teinté et rehaussés de blanc,
—vrais bijoux que le maître avait
rapportés de ses ex¬
cursions artistiques. Etant servie par un crayon d'une
62
LE
SALON
PERIGOURD1N DE
telle assurance, il n'est pas étonnant que
de M. Baudit possède cette
LE
1888.
la peinture
rigoureuse exactitude des
lignes et cette scrupuleuse mise en place des
objets.
Regardez attentivement les œuvres de choix qu'il a
envoyées à
l'exposition, et constatez avec quelle
SALON
PÉRIGOURDIN
vent, comme des géants, sur les
DE
1888.
63
rives de la Vézère.
Ces belles œuvres prouvent un savoir consommé : elles
variété du beau
talent de M. Baudit. Au surplus, ce maître sait former
prouvent, en outre, la fécondité et la
des élèves
qui lui font le plus grand honneur. — En
Mais la
voici, tout à côté, une vaillante phalange : Mlle Mar¬
parfaite connaissance du dessin, qualifiée par Ingres
quette qui, Sur les bords du bassin d'Arcachon, (ArèsJ,
science de dessinateur elles sont construites.
de a probité
de l'art, » ne lui a pas fait oublier que,
a
peint un paysage avec un superbe bouquet de pins et
bien avant,— à ce que rapporte Bellori, — Le Poussin
animé de jolies vaches ; MI,e Letanneur a bien vu,
avait dit : «La couleur, dans la peinture, est le charme
soir dans la Lande, un ciel chaud
qui persuade les yeux et ressemble à l'harmonie dans
allument des feux; M.
la poésie. »
Aussi, M. Baudit sait revêtir ses tableaux
des riches et belles colorations
de la nature, il sait
tout envelopper d'air et de lumière. Voyez
quels puis¬
Un
et des paysans qui
Héron qui, dans Un coin de
parc, a peut-être fait des arbres un peu plats sur le de¬
vant, mais où s'infiltrent agréablement les rayons
soleil ; Mme L.
du
de Bouville, qui donne un Sous bois en
Soleil couchant, fbassin d'Arca-
avril; M. de Portai, qui expose La Hume et Bord de
chon^, et comme on se promène et respire à l'aise
route, deux toiles éclatantes de lumière ; M. P. de La-
sants effets dans le
dans
son
tableau du Vieux ponton
à Piraillan ^bassin
d'Àrcachony), où il y a des terrains solides et une im¬
mense
frais
peyrière, dont nous avons déjà parlé et qui a eu bien¬
tôt brossé son Etendard. — Nous citerons encore M110
étendue ; comme on
aimerait à se mettre au
Molliet, qui aime les coins de rivière et qui les peint
Sous Lois
à Saint-Junien, fHaute-
très agréablement. Tout le monde connaît le ravissant
dans
son
qui fait partie de la collection de notre mu¬
Vienne^, aux riches verdures si harmonieuses et agréa¬
paysage
bles. Enfin, on se baignerait volontiers dans l'eau lim¬
sée, représentant les Bords de la Seine à Cliâtou. Au¬
pide de sa Vallée des Eyzies, sous ce ciel d'une fi¬
nesse
extrême et à l'abri des beaux rochers
qui s'élù-
jourd'hui nous voyons d'autres Bords de la Seine :
douce matinée, avec un
ciel bien compris, de belles
64
LE SALON PERIGOURD1N DE
l888.
LE
SALON
PÉRIGOURDIN DE 1888.
65
et un fond de collines parfaitement en place. Les
son
Paysage au pont de la Cité, dont les détails sont ren¬
fleurs, iris et pivoines, prouvent encore que M11* Mol-
dus
avec tant de
liet s'entend à merveille à traiter les sujets décoratifs ;
les fruits, par exemple : les délicieuses Cerises et frai¬
eaux
ces
fleurs, qui se mirent dans l'onde pure
du premier
plan, se détachent harmonieusement sur un
fond de
ciel doux et fin.
dans les Lilas (étude à la gouache),
le trouvons
de M. Mey : bou¬
enlevé et
disposé avec un goût sûr. — Nous en dirons de même
quet à la facture large et savante, joliment
pour les
ravissantes Roses, de Mme Sébilleau-Spren-
ger et pour les
nous
faisons
beaux Lilas, de Mlle Amandry. — Si
Fruits d'été, que
une
suspendu par
patte ; de M. A. de La Rocca, un véritable gigot,
avec
le beau Lapin de garenne,
des appétissants œufs sur le plat, le tout Sur une
table de cuisine ; de Mlle Breton, un Chou pommé par¬
faitement modelé,
des Cèpes du Périgord bien nature,
conciencieuse
étude de Poissons, où il y a une perche, un homard et
sur un
fond un peu trop vertical, et une
Nature
quelques réserves pour l'arrangement
quelques accessoires ; de M. Gervaise, une
de M,le Hévitt, — de qui nous préfé¬
morte, avec des cuivres éclatants et un bidon de ver¬
louerons sincè¬
nis Buffet et Hepper, un Coin de cuisine agréablement
de M. E. Bordes, traitées avec
arrangé et deux paysages : Bords de fis le à Péri-
de haut
gueux, avec un joli ciel, et Moulin de la Chah aime, sur
des Orchidées,
rons
ses, de M. F. Carme, ouïes succulents
MmeM.Toulmouche expose. — Citons encore de MUeG.
Le Sueur,
Un autre beau panneau décoratif, nous
fidélité. — Après les fleurs viennent
les Fleurs des champs, — nous
rement les Tulipes,
cette assurance qui dénote la main d'un artiste
mérite. D'ailleurs nous avons
une
preuve
la valeur de M. Bordes, en regardant sa
certaine de
la Côle, à Saint-Romain,
Fileuse mé¬
joliment bien enlevée.
sincère et délicieuse étude,
rovingienne, étude si caractéristique, agréablement et
Nous voilà revenus au paysage ;
remarquons avec
soigneusement fouillée jusqu'aux moindres détails. —
soin les suivants : La suave Lande
d'Estibeaux, ma¬
Un autre artiste qui peint largement, nous le trouvons
tinée de septembre, si délicatement
peinte par M. A.
en
M. Darnet ; sa
Nature morte (fleurs)-, hardiment
enlevée, indique une décision peu commune; ainsi que
de
Beaumont ; la
lumineuse Garonne à Bordeaux,
fsoivj, de M. Castaignet, qui expose, en outre, les
66
LE
Bords
de la
SALON
PÉRIGOURDÏN
Garonne à
DE
LE
1888.
son
Boussens, intéressante vue,
PÉRIGOURDÏN
1888.
DÉ
6j
Orsay fSe'ine-et-Oise/—Des morceaux
très remarquables sont exposés par M. P.-L.
Pyrénées dans le fond ;•
finement observée, avec les
Canal à
SALON
Damoye,
la Marine dans la haie du Mont-St-Michel. aussi bien
les Bords de la Seine, de M. Maincent, douce matinée
pendant laquelle de nombreux couples de Parisiens se
que les Bruyères sur la commune de
livrent aux distractions de la pêche ;
rite, possèdent des qualités exceptionnelles ; les ciels
chers de
les solides Ro¬
en
Vàlhère, si exactement rendus, dans tous
leurs détails, par M. Aviat ;
Pêcheurs à
Rossillon (Ain/ que M. A.
du-Château (Auvergne), de M. Ribarz ; la Rade à Bor¬
touche bien personnelle,
deaux, si bien venue, de M. Sahuqué, ainsi que son
œuvres
moelleux Port de Bordeaux(effet de neige/—Un autre
pas
l'harmonieuse et fine
Pointe de St-Vaast, de M. E.
Clavel ; ni le délicieux et
marquer.
—
N'oublions
profond sous-bois de M. A. Nozal, intitulé : Un coin de
T étang
de Saint-Gucupha, et observons avec toute
l'attention qu'ils méritent les trois Paysages de M.
R.
Tener, qui sait si bien donner l'impression du soir.—
M.
Dameron
est
également digne de remarque pour
la facilité et la justesse avec
lesquelles il a rendu
est également une de ces
du soleil colorent en rouge, se reflète
admirablement dans-les eaux pures
ves
ont cette
du canal ; les ri¬
pénombre indécise propre à l'entrée de
la nuit et les bouquets
d'arbres
se
détachent
en
si¬
lhouettes obscures.
.
Voici encore un artiste d'un talent tout
personnel et
particulièrement goûté par les amateurs délicats. Cer¬
tes, la petite toile que M.
vallée de T Ainà
mesure
A. Rapin a envoyée, La
Varambon, ne peut point donner la
de son talent ; toutefois, on y
les précieuses
découvre bien
qualités qui le distinguent :
un
faire
moins
large et solide, une harmonie parfaite et une facilité
de lumière
étonnante.— Un- autre maître paysagiste, il faut le voir
Bords de la mer et M. Marinier ne l'est pas
pour avoir si bien su envelopper' d'air et
ses
Appian a exécuté avec sa
qui impressionnent le visiteur ; le ciel, que les
derniers rayons
piquant effet de neige a été vu, le soir, par M. Didiermême artiste, est encore à re¬
lumineux, les arrière-plans fuient à
harmonie et d'une vérité absolues.—Le Soir, canal dé
Cayeux-sur-Mer et le petit Motif à Pont-
la pétillante Marine, du
fins et
l'infini et la tonalité générale de ces œuvres est d'une
les jolies Habitations de
Pouget et donné avec la Tour St-Michel à Bordeaux ;
sont
Sainte-Margue¬
PÉPJGOURDIN DE 1888.
68
LE SALON
en
M. A. Girard ; ses Bords
de la Seine, d'une fac¬
ture savante et fine, vus le matin, peu
le réveil de la nature, sont
belles eaux de la rivière
LE
de temps après
délicieux à regarder. Les
coulent tranquillement ;
les
imprégnés de la buée
matinale, ont des tons délicats, transparents et natu¬
rels ; le ciel, bien en place, y est d'une finesse mer¬
veilleuse.
A côté de cette belle œuvre se trouve Le
coteau de Châtillon et les plaines de Massy, toile
arbres et les prairies,
encore
—
Schmitta su fixer, avec une
étonnante fidélité, un effet d'orage. Les arbres y sont
visiblement agités par le vent, le ciel est chargé d'é¬
lectricité et la tonalité générale laisse l'impression de
cet instant, en quelque sorte dramatique, qui précède
dans laquelle M. P.-L.-F.
toujours un orage sur le point d'éclater. Son Fond de
et les montagnes de la Corse est
aussi une étude bien observée de ce pays si curieuse¬
la rade d'A jaccio
vos
SALON
PÉRIGOURDIN
DE
1888.
69
ont bien cette furia qui les caractérise et les atti¬
tudes en sont étudiées avec soin. M.
Bellangé
expose
également : Un légionnaire (grenadier ex-garde^, les
Plages et falaises des Petites-Dalles
et
un
curieux
Chalet
^Normandie,!,
des environs
Interlaken
^Suisse^.— M. Antony Serres, dans un autre genre, a
voulu montrer, lui aussi, ce que
la guerre apporte de
désolations. Sa Fuite de paysans,
peinture délicate et fine ;
1870-71, est
une
charrette chargée du
une
mobilier- de la famille est traînée, au milieu des neiges
du rude hiver, par un cheval
sur le
dont l'allure est saisie
vif; les paysans, tristes et inquiets, marchent
péniblement à la suite,
l'angoisse
se
lit
sur
leur
visage.
Les amateurs de la peinture de genre feront bien de
s'arrêter devant YÉtamèur, que
ment représenté,
M. Menta a parfaite¬
installé au coin d'une place,
au
mi¬
Passons vite de¬
vant la Soirée (Tété, de M. Moormans ; Les sollici¬
lieu de sa batterie de cuisine ; la touche
la fine peinture de cet artiste, attirent tous les
regards.
girondin^, avec de précieux détails, de
M. E. Fouché;S/;ei*ai2zfl, étrange tête par M. G. Alaux.
Son second tableau : Vient de paraître, est
harmo¬
ment accidenté et si pittoresque. —
teurs ^intérieur
—
La
Arrêtons-nous
mort du
un
peu
plus longuement devant
commandant, de M. E.
Bellangé ; cet
épisode de Magenta est crânement enlevé ; les zoua-
nieux au possible, et marque bien
spirituelle et
la curiosité de cette
dame qui, assise au bord d'une terrasse, feuillette
fié¬
vreusement la dernière production
fa¬
de
son auteur
vori.— En face, il faut voir une autre belle dame de M.
LE SALON PKRIGOURDIN DE
JO
LE
1888.
SALON
PÉRIGOURDIN DE I 888.
JI
Pécrus, en toilette rouge, et qui, à Y Heure de T étude,
puits, à l'ombre d'une large treille , à travers les feuil-
la mando¬
lages, passent les rayons lumineux d'un soleil d'été et
de nouveau
produisent les plus piquants effets sur le terrain et les
murailles.—Si vous voulez encore une curieuse et belle
chante en s'accompagnant des doux sons de
line. — Dans cette salle, nous retrouvons
Venise par M. Ziem, et
un
éclatant effet du soir, vu à
une
remarquable et fine peinture où M. Berchère donne
une
scène orientale, intitulée: Grande poste (ànesj.—
Il faut profiter de ce que nous sommes en orient pour
vieille,
de M. E. Dupain. Le haut mérite de cet artiste se voit
étude de tête d'expression, regardez la Tète de
aussi dans sa vue Au Bas-Meudon,
où il y a, sur le
souplesse et l'élégance de la touche des
rivage de la Seine, une coquette barque, dans laquelle
peintures exécutées par M. Saint-Germier. Dans la
d'épais om¬
brages. — Voici maintenant un artiste qui sait, par le
style, mettre de l'intérêt aux choses de la vie ordi¬
admirer la
Prière à la mosquée, des musulmans récitent les ver¬
sets du Coran avec les
poses
recueillies, et comme
absorbées, de l'Arabe en oraison. Une atmosphère fine
une
jeune femme s'amuse à tricoter sous
naire des champs.
En abandonnant les élégances, si
mosquée sont, on ne peul mieux , harmonisées. La
Julien Dupré
consacre, — dans La porteuse de lait, environs de
Venise, de M. Saint-Germier, dessinée avec
Mauroy (Saint-Quentin), — son merveilleux talent à
circule
Vue de
autour des fidèles et les couleurs
vives de la
science, possède les mêmes qualités de facture et de
judicieuse harmonie. — De Venise nous pouvons bien
descendre jusqu'à l'île de Capri,
où M. E.-A. Sain a
souvent factices, de la vie mondaine, M.
marche
dans la prairie, avec son pas assuré, on sent qu'elle
vit et respire à l'aise et tout est conçu et exécuté
la description
une
de la vie rustique. La laitière
perfection rare. —M. A. Smith marche
trouvé une Jeune fille des plus gracieuses, dans sa sim¬
avec
plicité, et il l'a peinte avec le savoir d'un maître con¬
sur
sommé. Dans ce genre, c'est une des meilleures choses
dangeuses donnent très bien
du Salon Périgourdin. Nous ajoutons que
air
la Pergola
les traces
des maîtres de ce genre ; ses
Ven¬
l'impression du plein
et sont
reproduites dans les poses les plus na¬
grand sentiment artistique se dégage
fCaprQ, du même artiste, est un morceau tout aussi
turelles.
Un
remarquable : deux paysannes sont debout près d'un
aussi de
l'important Sons-bois que M. Smith a peint
LE SALON PERIGOURDrN DE I 888.
72
dans
une
verte, agréable et distinguée, et
gamme
dans lequel les rayons du soleil s'insinuent
si bien au
travers des feuilles pour venir caresser le gazon touffu.
—
^ ^V
^ ^ ^ ^ % Si %
Si ^ ^
Nous terminerons l'étude des
dans cette salle par
œuvres
V
exposées
la délicieuse figure que notre
Deuxième salle à droite de
l'entrée.
compatriote, M. P. Parrot, a vue Après le bal. Servi
par un dessin d'une
grande correction, M. Parrot a
peint cette jeune personne dans une gamme douce et
tendre. Le clair-obscur y est
étudié
en maître ;
ombres sont transparentes et la touche du
à la fois élégante,
une œuvre
facile et solide ;
en
les
pinceau est
somme,
voici
remarquable qui fait le plus grand honneur
à l'artiste qui l'a exécutée, aussi est-elle un des orne¬
ments de VExposition des Amis des Arts.
Les dessins, les aquarelles
et les pastels ont tous
été réunis dans cette salle et nous allons les passer en
revue.
Cependant, il reste encore ici un certain nom¬
distigué
des œuvres qui méritant le plus sérieux examen des
bre de
toiles, parmi lesquelles nous avons
visiteurs.
De ce nombre est la
Vision d'un francis¬
cain (Souvenir de Fiesolepar-Mi H. Martin. La scène
se
passe
dans un jardin, entouré de cloîtres, à l'in¬
térieur d'un couvent ; un moine est
mains levées,
là, debout, les
dans l'attitude de l'étonnement, et en
extase devant une
figure céleste qu'il aperçoit, dans
les airs, à travers un léger nuage dont
elle est enve¬
loppée. Comme l'Apôtre, le franciscain pourra
«
dire :
Ce que l'œil ne peut voir, je l'ai vu, et ce que l'oreille
ne
saurait entendre, je l'ai
entendu ! » car nul autre
que lui n'assiste à ce spectacle surnaturel et nul
ne
vient troubler
sa
bruit
douce vision. Cette œuvre est
belle dans son ensemble : l'allure des personnages y
74
LU SALON PERIGOURDIN DE
est noble et bien étudiée,
la sobriété du coloris contri¬
bue à affirmer la paix et la
sérénité du sujet. Ce qui
frappe encore dans cette peinture, c'est l'étude de la
lumière du
dehors, abordée sans les
ressources
des
jours d'atelier ; c'est enfin, la justesse et la finesse
exquises des teintes locales. M. Martin
expose une
autre toile : son étude de Cardinal\ enlevée avec
sûreté de pinceau peu commune, est
rouge, d'un rouge
ion.
une
le triomphe du
harmonieux, malgré la violence du
Très agréable est également l'envoi de M. Mas-
—
qui se compose de La berge de la Seine au quai
car t,
d'Orsay et du Matin à ïisle Saint-Denis : deux toiles
douces, transparentes et inondées de lumière, dans ce
genre bien français des vues de ville.— Ce regard jeté
sur
la
ville,
revenons en
pleine campagne
Durst : Sous le vieux saule, il y a
avec
M.
des canards et, à
côté, une rustique villageoise qui les garde ; la prai¬
rie, d'un beau vert, s'étend au loin, en arrière. Le tout
est vibrant de lumière,
observé et rendu en maître. —
Une coloration vive et une bonne entente des
nous
l'observerons également dans Le
plans,
village de Ran-
giport (bords de la Seine), par M. Sauzay, et dans Les
bords du Scoriï(Morbihan) de M. Joubert.— M. Denet
expose, sous le titre:
T 888.
75
pinceau, ce triste et plat paysage
prend de
LE
1888.
Avril, une toile très fine de ton ;
sous son
SALON
PÉRIGOURDIN
DE
l'intérêt.—Bien attrayante aussi est Y Entrée en forêt,
de M. A. de Gesne ; le piqueur
à cheval, suivi de la
meute, s'avance de front et vient à nous
allègrement,
en laissant derrière lui de beaux arbres au feuillage doré
par les rayons
du soleil. — Dans le même panneau,
de Trebout (Finistère) et
il faut voir : Les falaises
Naples) de M.
Ruinart, qui de plus expose une drôle de Champe¬
noise ; un intéressant Coin de Taillebourg (CharenteInférieure), et une lumineuse Matinée calme en mer
(pêcheurs de thon), de M. E. Baillet ; Le moulin de
Barnabé, de M1Ie Billottet, qui a également donné le
très intéressant fusain représentant Gravelle, près
Razac ; les excellentes et fines Crevettes roses, de M.
Furcy de Lavault, vraie peinture de choix. — Nous
Pouldavid, de M. Sijas ; La plage de
allions oublier le Portrait de M. M.:, et le Portrait de
ressemblants, bien
qu'un peu monotones de coloris.—Il faut citer aussi les
Huîtres, de MlIe Imbert, et l'envoi de M. Bitry, qui se
l'auteur, que M. Thiébaud a faits
tous les
détails, mais où il y a quelque sécheresse de pin¬
compose de sept ouvrages, bien étudiés dans
ceau
; en voici les
titres : Artilleur, Bachi-bouzouck,
Tirailleur jeune garde, Hussard,
Tambour-major, Bavarois.
Grenadier à cheval,
j6
LE SALON PERIGOURDIN
Mmo Bnzon. de qui nous avons
trait de
DE
l888.
LE
déjà signalé le por¬
fillette, sait peindre avec tout autant de délica¬
tesse et de vérité les
SALON
neur, avec ses cheveux d'un
de
ces
DE
roux
1888.
77
significatif, est un
trouble-fète, — comme il y en a tant de par
paysages. Ce qui le prouve sura¬
le monde, — pour qui la moindre vétille est
un
sujet
bondamment, c'est sa Vieille barque échouée — toile
d'éternelles disputes. Evidemment la scène
se
passe
lumineuse et en parfaite harmonie — et
de soleil à A
vre
son
Coucher
rcachon, si chaud de coloris.— Il n'y a que
des petites toiles de M. Richomme
; mais
on y
décou¬
très bien la touche d'un vrai artiste. Sa blonde
en
bleu, avec une expression et un modelé parfaits ; La
fin d'un livre est
vérité
remarquable pour la finesse
et la
lesquelles les deux souris, rongeant le
vieux bouquin, sont rendues ; la sincérité et la
justesse
avec
des tons sont tout aussi
remarquables dans la Vue de
la Corniche, prise du Prado
(Marseille). — Un autre
artiste qui connait bien l'harmonie et la
Iwill. Regardez quelle tendresse
blonde dans
ses
Dernières
lumière, c'estM.
etquelle douce tonalité
feuilles, et quel éclatant
plein air, et c'est du plein air que M. Chateignon a
voulu faire. Bastien Lepage, sur
trouvera-t-il jamais ?
Nous en avons fini avec la peinture à l'huile
maintenant les pastels, les
tude, de M. Toulmouche, est traitée avec
ployer dans ses merveilleuses productions.
d'un tel maître, il n'est pas étonnant
une
Tête de femme,
ble Coin
est encore une œuvre intéressante et
las
grande toile pour
un
petit sujet : cinq gamins jouent aux billes. Le chica-
et
un
Auprès
que Mme Toulmou¬
ment ses Fleurs au pastel.— Dans ce
salines, si bien enveloppées par le brouillard du matin,
une
—
che ait groupé avec tant de grâce et rendu si
Le pastel où M. Iwill
envoyé
toute la dé¬
licatesse et l'harmonie que ce puissant artiste sait em¬
citer
M. Chateignon a
aquarelles et les dessins. Les
spécimen absolument remarquable : la Tête d'é-
core
pleine de poésie.
; voyons
pastels ne sont pas très nombreux; en revanche, il y en
a un
jour il y a dans la marée basse, peinte Au Portrieux.
représente Les laitières de Mor-
qui la tombe s'est
trop tôt fermée, attend toujours un successeur ; ne le
Jeune femme se détache harmonieusement d'un fond
—
PÉRIGOURDIN
fidèle¬
genre il faut en¬
Portrait, de Mrao Quévillon-Weddill ;
d'étang
au
de M. Saint-Lanne ;
un
agréa¬
Pré-St-Gervais, de M. Goëy-
enfin, du spirituel
caricaturiste
Sem,
une
majestueuse tête de chien, bien venue et par tout le
monde reconnue,
intitulée : — ô lugubre mystère !
78
—
LE SALON PERIGOURDIN DE
Nature morte...
l888.
LE
enterrée, (fait de mémoire).
et
L'aquarelle se prête merveilleusement, elle aussi,
à la reproduction de la nature ; voyez avec
rité M. Barillot
avec
a
lavé
son
Taureau du
maure
DE
l888.
79
Les bouées à Granville, Le café
et Le château de
Vitré, que M. E. Simon a in¬
terprété avec une facture très savante ; La croix de
Cotentin et
Saint-Caast, traitée avec science par M. Brielman ; les
aquarelle de Moutons. — Du
reste, le Salon Périgourdin possède une
comtesse Konarska ;
PÉRIGOURDIN
quelle vé¬
quelle assurance et quelle délicatesse M. Brissot
de Warville a peint son
SALON
frais paysages de Mlle
E. Pradelles ; les jolies études
que M. Audouin a faites avec
Guettary (marchands de
quantité, re¬
pierres) et Gujan à marée basse ; la Vue de Venise,
lativement considérable, de belles aquarelles, et à no¬
dessinée avec tant de correction, par M. Marx.— Faut-
tre grand regret, nous ne pouvons tout dire sur toutes
il maintenant parler des deux
aquarelles de M. de
Brevillers? Ses Orientales et
Audition au XV1I1•
celles qui méritent des éloges
II faut cependant signa¬
ler : le Lancier, si bien campé, si finement
si largement peint par
dessiné et
M. Détaillé ; le Souvenir du
vieux Paris et la Porte de
Bourgogne, deux vues
son
siècle, renferment bien quelques tons éclatants et agréa¬
bles ;
mais quelle, incorrection de lignes ! — Aussi,
allons-nous chercher, bien vite, quelqu'un qui connaisse
bien en perspective, et dans une bonne gamme,
de M.
sa
Homo ; un Coin dépare, avec des personnages
ravis¬
G. Dose. Son
ligne à fond, et nous l'aurons bientôt trouvé
en
M.
Quartier du séminaire et son Coin de
sants, de M. Constantin, de qui il y a également une
jardin sont traités avec une remarquable correction ;
superbe personnage battant
VEffet de Soleil, du même artiste, est d'une douceur et
belle Cour de ferme ; un
le Tambour, une exquise Plage de Saint-Malo
et une
d'une harmonie parfaites.— Une correction analogue,
intéressante vue de Tlemcen, par M. Delafosse ; un in¬
il faut encore la voir dans les Souvenirs de
Palestine,
térieur de ville bien rendu, Sur le Stelr à Quimper, de
de M. Daras, qui a rapporté de l'Orient
M1Ie Le Sage ; La place du vieux marché à Bordeaux et
plus graves. — Ce n'est pas comme M. Estéban, qui a
Un four à pain, deux pages
enlevées avec hardiesse
fait, avec des saltimbanques, la plus originale Parade
Fontan ; la séduisante Rêverie de M. Deni-
qu'il soit possible de voir. — Nous terminerons les
l'agréable Vieille ville et port de Cannes, parla
aquarelles en notant le fidèle Coin du vieux pont de la
par M.
sane
;
les sujets les
8o
LE
SALON
PERIGOURDIN DE
LE
1888.
forge de Périgueux, parM. Daniel, et. les curieuses
vues
au
que M. Delmon a su trouver au Pas de l'Anglais,
Bord de Veau et Sous un bois.
nouse,
—
Quant à M. Espi-
dont tout le monde connaît le fin crayon, nous
ne nous
expliquons pas comment il a pu
se
contenter
d'envoyer à l'Exposition la toute petite, mais agréable
aquarelle qu'il a faite kl1 Auberge du Pas-de-V Eyraud.
Est-ce que la laborieuse direction du Périgueux Illus¬
tré l'absorberait entièrement ?
Nous arrivons
fusains et
voici
un
exquis,
signé par un maître du genre. M. A. Appian
expose
Y Etang près de
un
aux
en
Morestel, (Isère), où, sous
mouvementé et lumineux, il y a des eaux
claires, pro¬
8l
joli Esclave, de Mlle Jacquelin, allons admirer
réserve le splendide fusain
sans
représentant le Portrait
de M. C..., si ressemblant, si vivant et si
que M. Axenfeld a modelé avec tant de
expressif
science et de
sûreté
Celui qui sait manier la plume comme pas un,
M, L. Drouyn: Le vieux pont à Périgueux et
men
d'Illats (Gironde) sont dessinés et
une
science consommée ; les ciels
de ton incroyable,
c'est
le Dol¬
modelés avec
sont d'une finesse
étant obtenus avec des simples traits
de plume ; mais aussi pas un de ces
faux et leur graduation, si bien
traits' ne porte à
observée, dénote
une
expérience peu commune. Pour mieux en dégager
les ouvrages de M. Dubost, dont le
Chaplin. Le Printemps, — dessin à la sanguine —
s'éloigner de Périgueux avec regret. Son envoi,
aussi varié qu'intéressant, se compose de : Sous les chê¬
été ; le Mont-Cousson., près Digne ; la Chute
Mardarick à Marco us, (Basses-Alpes)
.
nes en
I 888.
DE
l'importance, nous avons mis à part l'envoi do M. C.
talent est bien connu parmi nous, et que tout le monde
a vu
PÉRIGOURDIN
figu¬
fondes et bien horizontales. A côté de ce maître,
rent dignement
ciel
SALON
du
et Un vieil ar¬
bre à Malijai.— Signalons encore les Bords du Dropt
à Cadelech, de MIle A.
de Comblât, et deux paysages
bien venus de M. Félix ; puis, nous arrêtant un instant
devant le fin Portrait au crayon
de M. Konne et le
représente le buste d'une ravissante jeune femme, in¬
terprété fort spirituellement, avec un accent tout par¬
ticulier de grâce,
mour
de distinction et d'haï monie. L'A¬
peintre— délicieux et bel enfant, assis sur des
nuages, avec sa palette et ses pinceaux — est un
petit
bijou revêtu de ce frais, doux et agréable coloris, qui
est la marque distinctive de toutes les
productions du
maître.
L'architecture n'est représentée au
Salon que
par
82
LE
SALON
PERIGOURDIN
DE
trois artistes ; mais leur valeur et la
1888.
LE
diversité des ta¬
lents compensent, ici, la quantité. M. Gonthier expose
cinq magnifiques dessins dans lesquels il a étudié : La
restauration de deux maisons,
rue
sises à Tentrée de la
Limogeanne, La restauration de la maison du
Quai et La construction d'une maison rue de la Répu¬
blique.— M. Cros-Puymartin, avec le sens pratique qui
le caractérise, a donné des plans, bien étudiés, et dans
lesquels on sent l'artiste qui
se
préoccupe surtout
d'approprier parfaitement ses édifices à leur destina¬
tion ; pour s'en convaincre, il n'y a qu'à examiner : La
papeterie de Castilloux, La maison Barabeau, VEcole
de filles de Ribérac. Avant-projet de jardin dHiver et
la Restauration économique du château de la Filolie.—
Enfin, M. Dejean a fort bien polychromé les
stations de
gares et
tramways qu'il a envoyées ; ses dessins,
purs et lavés avec goût, sont les suivants :
Etude d'un
pont métallique à grande portée et Sept projets de
différentes constructions pour
chemin de fer à voie
étroite.
Il ne reste plus à voir que
heureusement nos
sont mis
en
les photographies ; mal¬
photographes et nos amateurs
grève, à part deux. Par exemple,
deux ont exposé de fort
se
ces
belles choses, auxquelles les
SALON
archéologues et
PÉRIGOURDIN DE
1888.
83
les connaisseurs prennent le plus
d'abord, le baron F. de la
Fues du Périgord,
du Lot et de la Gironde ; ces monuments, églises, châ¬
teaux ou sites pittoresques ont été vus sous leur aspect
grand intérêt. C'est,
Tombelle qui a envoyé trente-trois
le plus
favorable et rendus avec une perfection rare.
l'intéressante collection des
Vues de monuments historiques de la Char ente-Infé¬
rieure, exposées par M. Schettino, qui, lui aussi, a
11 en est de même pour
habileté peu commune.
appréciation sur les œuvres exposées est
fait preuve d'une
Notre
maintenant, déduire de nos visites au
celles que nous avons eu
l'occasion de faire à d'autres expositions, — quelles
finie ; s'il fallait,
Salon Périgourdin — et de
grande partie de la jeunesse
artistique, on verrait facilement que, les paysagistes
surtout, ont les yeux tournés vers Y Impressionnisme.
Est-ce un bien ? est-ce un mal ? Ce n'est, certes, pas
à nous à trancher la question. Nous aimons mieux la
résumer en quelques mots. Tout le monde sait par
sont les tendances d'une
déjà le baron
quelles phases a passé l'école moderne ;
Gros et Gérard avaient commencé à s'émanciper
des
rigueurs du classicisme pur de David et, peu de temps
après, Géricault avait remporté l'éclatante victoire du
LE
84
LE SALON
PÉRIGOURDIN
DE
SALON
PÉRIGOURDIN
DE
l888.
85
l888.
suadée que la justesse
du ton suffit amplement pour
Naufrage de la Méduse ; mais les hostilités restaient,
laisser Y Impression des choses vues, sans même qu'il
plus que jamais, ouvertes. On connaît l'âpre lutte sou¬
soit nécessaire de s'attacher à la rigoureuse exactitude
tenue, avant la moitié de notre siècle, par Th. Rous¬
du dessin. Les Impressionnistes repoussent donc tout
seau, Diaz, Jules
Dupré et Corot, pour ne citer que
ce
qui a trait à l'art de la composition, trouvant, à tort
les principaux, contre les classiques qui gardaient re¬
ou
à raison, que la nature
ligieusement les traditions du Poussin et de ClaudeLorrain, La victoire des premiers fut définitive à par¬
tir de
l'Exposition universelle de 1855 ; à part Paul
Flandrin, — qui protesta et proteste toujours et quand
même,
que
comme
le Salon
nous
l'avons
Périgourdin
posséder, et qui est
un
a
vu
dans le tableau
la bonne fortune de
document précieux, — les
modernes paysagistes ont suivi les traces des maîtres
novateurs.
Mais
Rousseau, Diaz et Corot, rappor¬
taient dans leur atelier des études faites
et
en
plein air
là, avec ces notes, ils faisaient leurs tableaux,
en
simplifiant ou supprimant des détails, tout en gardant
l'effet lumineux du dehors. L'école nouvelle des Im¬
pressionnistes ne veut pas de tout ce qui peut s'appe¬
ler composition ;
elle prétend que la palette peut abor¬
der, sans nulle convention, l'étude de la lumière ; elle
veut la reproduction absolue de la nature
air ;
dans le plein
et, partant de ce principe que ce qui frappe d'a¬
bord le spectateur, c'est le ton des
objets, elle est per-
est déjà toute composée
par elle-même. Nous ne savons ce que l'avenir réserve
à cette école nouvelle. Lorsqu'elle
ses
rencontrera, parmi
adeptes, des génies, assurément elle produira • des
chefs-d'œuvre. Une seule chose est à craindre : c'est
que le jour où ces
adeptes seront la généralité, elle
pourrait entraîner, avec elle, une décadence profonde,
à cause de son abandon complet
un
art qui,
des traditions dans
malgré tout, doit tendre
beau rôle serait
donc de
vers l'idéal.
Bon
servir à faire pousser
plus
avantl'étude de la lumière, après quoi, mieux vaudrait
revenir aux transactions éternellement nécessaires,
et
qui laissent à chaque artiste la faculté d'interpréter la
nature, en l'idéalisant, selon les sentiments personnels
qui l'animent.
Nous voici arrivé au terme de notre tâche ; nous ne
déposerons pas la plume sans adresser nos remercie¬
ments, les mieux sentis, à la rédaction de Y Echo, pour
le gracieux et flatteur accueil
6
que nous y avons ren-
86
LE
SALON
PÉRIGOURDIN
DE
l888.
contré. Les nombreux lecteurs du journal nous aurons
pardonné, eux aussi, quelques longueurs, — presque
inévitables lorsqu'il s'agit de faire une étude complète
de tout ce
serons
qu'il y a dans une exposition, — et nous
particulièrement heureux, si notre travail a con¬
LE
tribué, ne fût-ce que pour une légère part, à fixer l'at¬
tention du public périgourdin sur
l'exposition qui va
fermer ses portes. Gomme
l'avons dit en com¬
mençant,
nous
SALON
cette seconde exposition, supérieure à la
PÉRIGOURDIN
DE
première pour la qualité des œuvres, 'est la meilleure
démonstration de l'activité persévérante avec
travaillent les Amis des Arts ; nous ne pouvons
donc
mieux finir qu'en réitérant le souhait que cette Société
soit
comprise
mérite
de
,
appréciée et soutenue comme elle
l'être, afin
Salons toujours plus
de goûter et d'étudier les œuvres
de quelques-uns de nos meilleurs artistes modernes
et
d'arriver, par là, à vulgariser ce que nous appellerons :
Véducation artistique.
FIN
DU
Du 75 Août ou 22
Septembre.
intéressants. C'est ainsi qu'elle
le répétons, est celui de fournir à nos populations
le moyen de voir,
OUVERT A PÉRIGUEUX, A L'ÉCOLE LAKANAL
qu'elle puisse organiser des
parviendra à remplir entièrement son programme, qui,
nous
18 8e
laquelle
SALON
DB
'1888.
Étude publiée pendant l'Exposition
dans le j ouraal le
RALLIEMENT, de Pénigueux,
Sous la signature
:
un Amateur.
LE SALON
PÉRIGOURDIN DE 1886.
i
Les œuvres de Lafon.
Nous croyons être agréable aux nombreux amateurs,
publiant une revue de l'exposition des Beaux-Arts
ouverte à l'école Lakanal. La Société des Amis des
en
Arts de la Dordogne, en offrant au
public sa première
exposition, a vraiment obtenu, pour son début, un
succès dépassant toutes
sion administrative,
les prévisions. La Commis¬
de la Société entrée en fonction
depuis le 15 mai 1886 seulement, s'est
tous les membres ont fait preuve du
plus grand zèle.
Dans ce court espace de trois mois, en
cours
de dessin, ouvert
multipliée et
outre du Con¬
à la jeunesse Périgourdine,
auquel soixante concurrents ont pris part,
réunir
les
œuvres
elle a su
remarquables que nous voyons
LE SALON PERIGOURDIN DE
90
1886.
LE
figurer au Salon Périgourdin, parmi lesquelles
en avons
nous
distingué un bon nombre d'excellentes, si¬
SALON
PÉRIGOURDIN
tique.
souvent que « le dessin est
réputées les meilleures. Ingres répétait
la probité de l'art ; » et
Lafon, comme Ingres, est, avant tout, un grand dessi¬
maître, mort il y a quelques mois seulement, de rémi¬
nateur. Son œuvre
nent artiste que Périgueux s'honore d'avoir
était pénétré de sa mission ;
seurs :
naître
vu
est apprécié par tous les connais¬
Jacques-Emile Lafon. Le maître regretté est
dignement représenté
au
Salon Périgourdin et une
salle entière est remplie de ses œuvres ; on y compte
vingt-trois sujets peints et près de deux cents dessins.
E. Lafon est incontestablement
une
grande figure,
façonnée à l'école des maîtres de cette grande renais¬
sance
italienne
qui en a tant fourni. C'est un des der¬
dessinée témoigne combien Lafon
combien il prenait au sé¬
rieux son art et avec quelle conscience il étudiait, les
ouvrages qu'il a laissés, dans
leurs moindres détails.
Cela nous révèle l'homme qui, indépendamment de
c'est
occupé de la valeur morale de son sujet. 11 y a, de lui,
des études préparatoires d'une recherche
preuve nouvelle de la
fécondité du christianisme
dans le domaine de l'art et des heureuses
inspirations
que
peuvent y prendre ceux qui savent recourir à
cette
source abondante.
ler
son
œuvre
l'admirer,
Ce que nous
pourrons appe¬
intime, parce qu'il n'a été donné à
de
son
l'approchaient,
ses
vivant, que des
personnes
dessins à la sanguine,
crayon noir, sont presque tous
qui
ou au
des chefs-d'œuvre de
et d'un fini
irréprochables ; témoins les cartons de la Bataille de
1 o
'
Mentana) de Y Assomption de la Vierge,
\
une
la
perfection de l'œuvre d'art, proprement dite, de la
science consommée du clair-obscur, était encore pré¬
il -''f
niers représentants de l'art chrétien en France ;
ensemble parfait
destes dimensions, ils présentent un
des qualités
et dont le génie
91
délicatesse, de vigueur et de grâce. Dans leurs mo¬
gnées des noms les plus connus dans le monde artis¬
Nous commençons notre étude par les oeuvres d'un
I 886.
DE
g 5
■
/
de Saint Jo-
seph avec TEnfant, du Baiser de Judas, pour ne citer
que les principaux
parmi tous ceux qu'on voit à notre
Salon.
Le tableau de la Bataille de
Mentana se trouve au
Vatican ; mais, à part la couleur, nous estimons que
carton que nous avons
lui être inférieur.
mes
sous les yeux ne
le
doit en rien
L'intérêt historique de ce
fait d ar¬
s'accroît, ici, de l'attrait d'y voir représentés
res-
92
LE SALON PERIGOURD1N DE
1886.
LE
semblants tous les principaux acteurs. Leurs portraits,
étudiés sur des feuilles volantes et
séparément, se trou¬
SALON
PÉRIGOURDIN
DE
l886.
p3
Vierge accompagnée de beaux groupes d'anges dia¬
phanes, s'élance vers le ciel ; son visage, radieux et
vent, d'ailleurs, dans la collection des dessins exposés.
suave, noyé dans la lumière, est tout céleste. On sent
Nous y avons reconnu plusieurs
personnages, notam¬
les pieuses affections d'une âme ravie dans la contem¬
ment notre compatriote le
commandant baron de Ner¬
plation des choses d'en haut.—Voici, dans la collection
vaux, un des combattants
de Mentana. La vie circule
des dessins exposés, l'un des joyaux : Louis
dans cette belle page, l'ordonnance des
savamment conçue.
Tout
en respectant l'unité de l'ac¬
tion, saisie au moment de
l'artiste
a
su
groupes en est
sa
plus grande intensité,
intéresser par les épisodes des premiers
plans, où les blessés reçoivent et les soins du chirur¬
Ivn
au
Temple, est caractérisé par une facture savante et un
fini
merveilleux
jusque dans les moindre détails.
Quelle tristesse, quelle douleur dans cette figure d'en¬
fant !
Séparé de ceux qui l'aiment, seul
en
face du
guichetier Simon, Louis XVII est à demi assis sur un
gien et des sœurs de charité et les exhortations pieuses
grossier tabouret ; l'œil éteint par la souffrance, la
des aumôniers.
bouche entr'ouverte, les cheveux
incultes, le costume
débraillé, la pensée perdue dans
une
"
se
—
"
7O
A droite de la Bataille de Mentana
trouve le carton de Saint Joseph avec TEnfant.
tableaii a été peint pour
l'église de St-Merry, à Paris.
Ce dessin, de style moyen-âge, a de belles
aux
draperies
lignes sobres, bien pondérées. Saint Joseph est
assis tenant d'une, main un lis,
sus.
Le
de l'autre l'Enfant-Jé-
Les attitudes sont simples, et naturelles;
de saint Joseph respire
la tête
la bonté,, celle de l'enfant est
gracieuse et particulièrement attrayante. — Au dessus
est placé le dessin du tableau
pour la
voici
de Y Assomption,
peint
chapelle du séminaire de St-Sulpice. Nous
transportés dans les régions supérieures : la
Tout à côté se tient le gardien
commodément
aviné,
sombre rêverie.
aux
traits durs,
allongé dans un fauteuil, ronflant, la
tête abaissée sur une table près d'une bouteille, dont il
a vidé le
contenu, et tenant encore d'une main
et de l'autre des lanières de cuir. —La
sa
pipe
Tête de Louis
XVII est également exposée, en peinture. Si le dessin
que nous venons de
contempler est irréprochable, le
portrait peint ne lui est en rien inférieur. Lafon s'est ici
surpassé ; il a su toucher le cœur des spectateurs,
car
en
s1 arrêtant devant
cette
belle
œuvre
on
est
le
le salon
94
vraiment saisi de commisération pour l'enfant martyr.
f
N
'
■
,
.
représenté, lui aussi, deux
Le baiser de Judas est
fois : le dessin préparatoire et le tableau
peint. Judas
s'approche de Jésus par derrière, il lui pose ses doigts
crispés sur les épaules et le livre aux sbires, en le dé¬
signant par le baiser de la trahison, qu'il applique sur
la joue Divine. Cette page du drame de Gethsémani est
magistralement écrite par Lafon. La nuit est avancée et
la lune jette ses pâles reflets sur la scène ; le contraste
entre l'allure tortueuse du traître,
muler le trouble de son
du Sauveur, qui va se
qui ne peut dissi¬
âme, et la contenance digne
sacrifier
pour
le rachat des
hommes, est saisissant. La tête repoussante de Judas,
laissée dans l'obscurité, fait mieux valoir
gure du Christ, vivement éclairée par
soldat tient élevée, figure dont le
et l'expression du
ceur
la belle fi¬
la torche qu'un
visage sont empreints d'une dou¬
vrir et le disciple infidèle va entendre le
ternel du Divin Maître :
«
au
dé
reproche pa¬
Ami,' à quel dessein es-tu
moindre bruit insolite. Uu peu
cée une délicieuse petite étude
l886.
q5
de son fusil,
au-dessous est pla¬
d'une Descente de la
croix: dessin hardiment enlevé
aux
ombres estom¬
pées avec légèreté et transparence. Tout à côté nous
voyons représentés deux sujets
historiques : 1° Sœur
Rosalie sauvant
1848, est
un
mobile
en
une
scène
mouvementée, avec un beau groupement des personnages ; 2° Saint
Vincent-de-Paul et Richelieu, où le
sympathique apôtre de la charité, d'un rendu parfait,
est prosterné aux pieds du puissant ministre.
Le Christ
embrassant sa croix est un dessin à la sanguine,
tement jeté sur le papier ;
les¬
la tête est expressive, les
draperies, aux lignes sobres et harmonieuses, rappel¬
lent le beau style religieux et simple de Fra Angelico
da Fiesole.
mouvement général
grave et mélancolique. Les lèvres semblent s'ou¬
Nous n'avons qu'une photographie du tableau, Jésus
au
Vîx
milieu des docteurs,
placé
au musée
du Luxem¬
bourg ; mais elle suffit pour donner une idée de
bel ouvrage.
L'action est saisie
au
ce
moment où la
Vierge et son Epoux, en pénétrant dans le temple,
venu ? »
Une autre
périgourdin
vif et pétillant, prêt à abaisser le canon
>
'
salon
périgourdin de i 886.
chose
crayonnée avec une finesse de
touche exquise est « Le zouave au fort St-Ange ». Le
factionnaire est là, bien
campé, l'oreille tendue, l'œil
aperçoivent,
avaient
avec
étonnement, le Divin Fils qu'ils
égaré, assis au milieu des docteurs de la loi.
Les passions les plus diverses qui agitent ces derniers,
96
se
LE SALON
lisent
leurs visages ;
sur
LE
PÉRIGOURDIN DE l886.
les uns sont attentifs et
la réflexion, les autres restent stupéfaits
absorbés par
de la sagesse infinie avec
laquelle Jésus soutient la
impres¬
sions. Les groupes, savamment distribués, présentent
dispute, plusieurs échangent vivement leurs
l'action avec unité, malgré
le grand nombre de per¬
sonnages et les diverses impressions qu'ils éprouvent.
La perspective
chablement
de l'intérieur du Temple est irrépro¬
dessinée, par une main habile, et nous
montre la science consommée
du peintre en
de dessin. A côté de la photographie il y a
unes
des études préliminaires que
matière
quelques-
Lafon a exécutées
avant de peindre l'œuvre importante, qui devait le re¬
présenter au musée du Luxembourg.
Plus haut
on
voit : le dessin d'une belle Tête de
Druze, étudiée pour le tableau Le massacre de Syrie ;
k
la
$ "L.
Tête de Femme à la natte, au fin profil, au
regard
serein, à l'expression douce et calme, empreinte
bonté ; la belle
de
Tête de Vierge, touchante par sa sim¬
plicité et la dévotion qu'elle inspire.
Que dire maintenant des nombreux dessins, cro¬
quis, essais que nous avons sous les yeux et qui cou¬
vrent deux des parois
de la salle affectée aux œuvres
de Lafon ? Les artistes et tous ceux
qui s'intéressent
aux
PÉRIGOURDIN
SALON
DE
1886.
97
choses de l'art s'extasient devant cette riche col¬
lection d'études. Ils admirent, à la fois, et
l'éminent Périgourdin apportait
le soin que
dans la recherche des
sujets, qu'il a traités pendant sa carrière, et la
prodi¬
gieuse facilité de son crayon, et la grande fécondité de
son esprit inventif. Il y a là des morceaux vraiment
parfaits. En dehors des portraits des principaux com¬
battants de Mentana, études que nous avons
tées à propos du carton
remarque : de
déjà ci¬
de la célèbre bataille, on y
ravissants dessins préparés pour « le
Massacre de Syrie » et pour « la Vie de saint François
Xavier » ; des amours
délicieux, jetés sur le papier
hardiment, avec les poses les plus gracieuses, pleins
de naturel et de cette délicatesse enfantine si difficile à
tableaux, laissant deviner une
mise en scène et du clair-obscur,
fixer ; des projets de
rare
entente delà
tantôt modelés
en
noir
sur
un
papier blanc, tantôt
estompés légèrement sur un papier de couleur et
rehaussés au crayon blanc.
Quelques spécimens, trai¬
tés dans ce dernier genre,
offrent des effets surpre¬
nants, lorsque on examine la
avec
simplicité des moyens
lesquels ils ont été obtenus. Les bornes, forcé¬
ment restreintes, de
cette rapide étude, nous
dent d'entrer dans tous les détails que
défen¬
comporterait
98
le salon
cette partie,
si attrayante, de la collection
avons sous les
périgourdin
de
le
1886.
tée aux
que
nous
yeux et qui comprend encore une
mul¬
titude de figures, têtes, mains
et
pieds dessinés et
cherchés avec un soin rare, dénotant un artiste
ciencieux jusqu'à l'excès. Avant de
res
cons¬
parler des peintu¬
exposées, il nous reste à signaler un superbe por¬
trait que nous avons réservé
pour clore l'étude sur les
dessins. Sur un papier d'un ton bistré et chaud. Lafon
a dessiné
le Pape Léon XIII, au milieu d'un médaillon
du meilleur goût.
Le modelé de la tête, poussé jus¬
qu'aux extrêmes limites de la puissance, est obtenu
par un mélange de pastel blanc et de crayon noir, ma¬
niés avec une grande dextérité et donnant des demiteintes d'une finesse incroyable. Le Souverain Pontife
est là,
vivant, prêt à parler ; sous son noble et
front, on devine les
graves
œuvres
est levé
rouges et comme tuméfiées par les larmes abondantes
qui ont coulé de ses yeux. Elle précède, sans doute,
de quelques pas
vaincre avant de
Pape qui régit en
ce
et
difficultés
qu'il faudrait
pénétrer dans le sépulcre. Mais, ô
place, le sépulcre est ouvert ; Magdeleine s'affaisse
sur
la première marche,
effrayée par le spectacle qui
présente à ses yeux. D'une main elle tient encore le
des parfums qui devaient servir
à embaumer le
Sauveur ; de l'autre elle s'appuie à terre.
Son visage est vivement éclairé par la
lumière surna¬
,
intime du grand
moment le troupeau de Jésus-
turelle d'un être
mystérieux, invisible au spectateur,
c'est-à-dire par l'ange qui, assis
dans l'intérieur du
sépulcre, lui annonce la surprenante nouvelle de la
Christ.
Les visiteurs, en mettant le
des
surprise ! la pierre qui en fermait l'entrée n'est plus à
corps du
mais encore le caractère moral
les deux compagnes avec qui elle
vient de s'entretenir
Lafon a su, avec
point seulement la ressemblance
depuis peu, l'atmosphère est encore impré¬
près de l'entrée du tombeau, ses paupières sont
ligence ; la physionomie, douce et fine, attire et plaît.
non
de l'Evangile interprétée savam¬
gnée de la fraîche buée du matin ; Magdeleine s'a¬
vance
vase
spectateur,
la ville par l'éminent
ment, rendue avec une minutieuse exactitude. Le soleil
le regard naturel, vif,
perçant, dénote une vaste intel¬
au
face d'un
bleau est une page
sa
puissant crayon, présenter
de Lafon, se trouvent en
de
Périgourdin : Marie - Magd elein e au sépulcre. Ce ta¬
se
son
99
perigourdin
riche présent fait au musée de
vaste
pensées qui l'occupent ;
l886.
salon
pied dans la salle affec-
résurrection de Jésus-Christ. Les pieuses affections de
LE
IOO
SALON
l'âme de la sainte, ses impressions
sent clairement
sur
sa
LÉ SALON PERIGOURDIN DE
1886.
PERIGOURDIN DE
du moment se li¬
physionomie attrayante : mé¬
lange de douleur, de crainte et d'effroi. Les draperies,
d'une majestueuse ampleur,
sont
en
partie recouvertes par les longues boucles
d'une belle
chevelure blonde.
attitude de la
reuse
souples et bien arrangées,
figure,
sa
rang des œuvres de
grâce, sa beauté, la
teintes, placent
choix. Le style en
est noble, fort, grandiose,
d'un bon mouvement. C'est
de l'art hautement traité,
étendant sa puissance au-
delà des yeux, jusqu'à l'âme; c'est
l'effet subordonné
à l'idéal, l'esprit primant la matière.
de décrire, on remarque le portrait
par
essayé
d'Emile Lafon, fi¬
lui-même, crayon rehaussé de
pastel d'une grande finesse de touche. Par une déli¬
cate attention,
cer
le
avec
portrait
les organisateurs du Salon ont fait pla¬
sur un
nous en sommes
vœu
qui,
convaincu, recevra l'adhésion de tous
les Périgourdins. Nous
exprimons le souhait que la
Ville de Périgueux inscrive le nom de Lafon
sur l'une
de ses rues, et perpétue ainsi le souvenir de cet illus¬
tre enfant.
En haut, à droite de
douce figure
la Magdeleine, se détache
intitulée : Marguerite au rouet.
fond de draperies arrangées
une
œuvre
remarquable par la beauté des traits, la sérénité de
l'expression, la vigueur et la fluidité du pinceau. Au
delà, il y a Les attraits du fauteuil. Parlez bas de peur
de réveiller l'innocente jeune fille, au teint d'un fin in¬
carnat, commodément installée dans ce large siège. Sa
ment ;
grâce, retombe nonchalam¬
de la main gauche elle tient
encore
l'oùvrage
qu'elle tricotait avant que le sommeil ne vint la
sur¬
prendre. Voici, à côté, un tableau plusbruyant : Le fes¬
tin ridicule de Boileau,
peint par Lafon à l'âge de 17
ans, exposé à Paris en 1834. Cet ouvrage de sa pre¬
mière jeunesse faisait déjà pressentir le futur maître.
goût. A droite et à gauche sont suspendues deux
Le désordre qui termine le festin, décrit
par
d'immortelles, reliées par un crêpe noir.
dans la célèbre satire, est rendu avec vérité.
couronnes
10 I
Ici nous nous permettrons de formuler un
main droite, peinte avec
Au dessous du bel ouvrage que nous avons
nement dessiné
886-
Le charme et l'heu¬
finesse moelleuse de la touche et des
ce tableau au
I
le poète,
Au bas, sur un cartouche, se lit l'inscription suivante :
Jacques-Emile Lafon, né à Périgueux en '1817, mort
en
1886,
«
»
Sous leurs pieds, les tables renversées :
Font voir un long débris de bouteilles cassées : »
7
LE SALON
I 02
LE
PERIGOURDIN DE I 886.
SALON
PERIGOURDIN DE
1886.
Iû3
le fini précieux, sont également remarquables dans le
des physionomies expressives
et d'un comique achevé. Boileau profite de la bagarre
Les personnages ont
Chasseur de grenouilles, où la note rouge
ments forme le plus
pour s'exquiver.
des vête¬
heureux contraste avec les fraî¬
ches verdures qui, au fond, bordent l'étang. L'eau
<
Mais tandis qu'à l'envi tout le monde y conspire,
«.
J'ai gagné doucement la porte sans
-
rien dire : »
type qui tend à disparaître et que tout le monde a
vu
accoutrement
pittoresque, le chapeau chinois sur la tête et embar¬
tel que Lafon nous le montre,
tout, d'un
harmonieux, peint dans une gammé
La collection de dessins
renferme une élude à l'aquarelle du même sujet. Pen¬
chaude et agréable à l'œil.
tableaux de genre, ne
laissons pas d'examiner les poses gracieuses, les mou¬
dant que nous en sommes aux
vements naturels et la finesse
seurs
et des Joueurs de flûte.
rence
de coloration des DanPuis au-dessus de ces
petites di¬
mensions, représentant, chacun, une Jeune fille ita¬
lienne assise à terre. Celle qui dort d'un profond
sommeil, comme l'autre, accoudée sur les marches
d'une porte et attentive à son travail, sont peintes avec
derniers tableaux, les deux autres, de plus
hardiesse et vérité. La vérité, le naturel de
la pose et
bois du panneau, est d'une transpa¬
parfaite. Dans la collection des dessins il y a un
croquis du même sujet. Le. Chasseur en arrêt, aux
tons
avec son
rassé de tous les instruments possibles ; le
rendu vrai et
premier plan, obtenue au moyen de,légers frottis, voi¬
lant à peine le
Regardez aussi le légendaire Homme orchestre ; un
du
un
peu sombres, est tout aussi bien campé. D'au¬
tres peintures,
finement exécutées, sont les suivantes :
Le
loup et T agneau, interprétation des plus heureu¬
ses
de la fable de La Fontaine, — deux, variantes
ce
tableau se trouvent'parmi les dessins
Jeune fille nouant sa tresse et Jeune
exposés ; —
fille
se.
deux belles enfants à la mine éveillée, d'un
ris, vrai et transparent, occupées
chevelures soyeuses
aux
de
peignant \
bon. colo¬
soins de leurs
et brillantes. Voici
encore
une
Jeune Italienne au teint bruni par le soleil.et qui, dans
sa course
vagabonde, est tout heureuse de rencontrer
une
fontaine pour
sur
le fait ; on
se
désaltérer : épisode vrai, saisi
goûte le contentement
que
la jeune
fille éprouve en faisant bruisser le mince filet d'eau dé
la fontaine dans sa bouche
belle rangée de
entr'ouverte, ornée d'une
dents blanches et saines. L\E'nfqn,t
LE SALON PER'IGOURDIN DE
104
l886.
LE
SALON
PÉRIGOURDIN
DE
l886.
Io5
»
Italien tendant son chapeau est
sentiment de vérité. Le
donné avec le même
visage, particulièrement at¬
»
bonne semence chrétienne dans le cœur de Louis Veuillot
»
c'était en 1833; offert à MIle Elise Veuillot, par l'auteur.
trayant, est expressif; son sourire malicieux, mélangé
d'une sorte de
■»
;
Jacques-Emile Lafon. »
mélancolie, charme le passant et le
touche à la fois. St-Louis Roi de
France, couvert de
Un autre portrait,
chef-d'œuvre qui peut soutenir
est à genoux, en prière, tenant devant les
la comparaison avec
les meilleures choses, est celui
yeux la garde de son épée en guise de croix : peinture
d'un Bénédictin de
l'abbaye de Solesnie, lisant. Sur
de beau style, inspirant la
un
son
armure,
vons
piété. Et maintenant arri¬
à la belle Tête d'enfant pleine de vie, devant
la¬
grossier panneau de bois de chêne, Lafon a peint
pas seulement un portrait
non
irréprochable, mais le
quelle les visiteurs aiment à s'arrêter longuement.
type du moine qui a vieilli entre l'étude incessante et
L'artiste a su en rendre les traits riants et frais d'une
la prière. La physionomie
façon ravissante avec un coloris chaud et harmonieux
Bénédictin est étudiée avec une vérité d'expression
digne des meilleurs maîtres. Un peu au-dessus il y a
un
personnage plus grave : Le Portrait
du Père A m-
broise. C'est, pour bien des personnes,
une
vieille
connaissance qu'elles sont heureuses de rencontrer là,
admirablement peinte,
expressive et vivante. Le Père
Ambroise fut, croyons-nous, le
des
pendant plusieurs années. Une touchante dédicace se
trouve derrière ce portrait,
écrite de la main de Lafon.
peut être dépassée : on partage la satisfaction que
ce
lecteur éprouve à savourer le passage
»
—
Etant jeune curé à Ter-
rasson(Dordogne), l'abbé Guines fut le premier qui jeta la
si juste,
ombres chaudes et transparentes, variées, délicates
aux
et harmonieuses.
Nous allons achever cette étude bien
incomplète sur
les œuvres de Lafon, par une des plus puissantes
que
possède le Salon Périgourdin. C'est le Portrait de
celui
sa
Père Ambroise des capucins.
intéressant
de son livre. L'œil est charmé par ce coloris
La voici :
«
qui
ne
fondateur du couvent
Capucins de Périgueux, et il en a été gardien
intelligente et délicate du
de
qui fut
l'ami
vie d'artiste et
bien
vrage
peu
fidèle, le confident
de
toute
qui l'avait précédé dans la tombe
d'années
:
Louis
Veuillot. Cet
ou¬
fait merveilleusement ressortir l'incompara-
106
LE SALON
PERIGOURDIN DE
blé talent de Lafôn à
senter pensants
LE
1886.
bonne heure contre
qu'il a
et animés. les personnages
du modelé, la pose aisée
caractéristique du visage, la
d'abord, c'est un nou¬
Veuillot lorsqu'on a vu ce portrait, et puis, c'est ici
la
représentation fidèle de celui qui eut une si grande
plaît dans la vie de l'artiste. A ce titre, le portrait que
nous
IOJ
le destinait au bar¬
chef-d'œuvre dans l'œuvre de Lafon, on a connu
admirons
1 886.
les sentiments de sa famille, qui
intéressant à double titre. Et
nous
DE
Emile Lafon, et il eut à lutter de
parfaite exécution de l'ensemble et des détails :
tout concourt à la perfection de cet étonnant portrait
veau
PÉRIGOURDIN
saisir les caractères, à pré¬
fixés-sur la toile. L'énergie
et naturelle, l'expression
SALON
fournit l'occasion de soulever
à la médecine. Il entra d'abord dans
reau ou
de Gros. Pendant les vacances de
l'atelier
1835, il revint en
Périgord et se lia d'une amitié, qui devait durer jus¬
qu'à la fin, avec Louis Veuillot, alors rédacteur du
Mémorial de la Dordogne. Deux ans plus tard, ce der¬
nier revenait
chrétien d'un voyage à Rome et travail¬
lait aussitôt à convertir
Emile Lafon.
« Celui-ci,
dit
Eugène Veuillot dans sa biographie, ne se rendit pas
tout de suite.
Sans s'être jamais beaucoup
Dieu, il y croyait et reconnaissait très
occupé de
bien que pour
discrètement un coin du voilé de la vie intime de celui
honorer la Divinité, il fallait un culte ; mais il ne trou¬
les œuvres. Nous avons
vait pas à propos que ce culte eût des prescriptions gê¬
dont nous venons d'examiner
derniers
représentants de l'art chrétien en France. En effet,
son pinceau a été presque exclusivement consacré à
la peinture religieuse, qu'il a. interprétée en chrétien
dit, au commencement, que Lafon est un des
fidèle et convaincu. Veuillot
n'est point entièrement
étranger à ce fait, et nous croyons intéresser nos
teurs en
résumant très brièvement une
lec¬
intéressante
biographie due à la plume d'Eugène Veuillot,
publiée
le 22 mars 1886 dans Y Univers.
Le
goût pour les arts se
manifesta bientôt chez
nantes. De
avec
là, toutes sortes d'objections présentées
ingénuité et digne néanmoins des hérésiarques les
plus subtils. Cette controverse dura -quelques semai¬
nes,
deux ou trois mois peut-être. Elle finit par un
Le catéchiste, ennuyé des résistances
de son élève et croyant que l'esprit et le cœur étaient
coup d'autorité.
vaincus, lui répondit un
avec tes
beau matin : « Tu m'ennuies
objections ; je vais h confesse, viens-y avec
Emile suivit, et il
moi !
»
......
Un heureux
fut chrétien pour toujours.
mariage, c'est-à-dire un mariage
I
08
LE SALON
PERIGOURDIN
DE
1886.
LE
vraiment chrétien, vint de bonne heure asseoir sa vie.
C'était
ses
en
«
DE
l886.
IÔ9
nement, ainsi que la ville de Paris, le chargèrent d'im¬
portants travaux. Nous citerons les Peintures de la
qui devait soutenir et charmer
chapelle de la Vierge dans f église de Brantôme ; (1)
ans
le: sien et lui faire un intérieur béni. »
et la
Après la mort de Gros. Lafon entra dans l'atelier
Saint
un cœur comme
PÉRIGOURDIN
lorsqu'il allia
24
1814. Lafon avait
destinées à celle
SALON
Vie de saint François-Xavier dans F église
-
Sulpice
de
de Paris. Le musée de Périgueux
bientôt et
possède les dessins originaux des belles peintures de
le voulait pour collaborateur dans l'exécution de Y Hé¬
St-Sulpice, qui désignèrent Lafon pour la croix de la
micycle des Beaux-Art s, mais il refusa pour se livrer
Légion d'honneur. Il était trop artiste
pour ne pas
entièrement à ses inspirations personnelles. En
aimer ce genre
mon pauvre
de Paul Delaroche. Ce dernier le distingua
il exposa : La communion de la
marchand sur les eaux.
1814
f
Vierge et Saint Pierre
qui lui valurent la médaille
années
d'or. Sa voie était tracée. Le
Salon des
vantes eut Saint Pierre
Vérone, la Glorification
de la Sainte-famille,
de
sui¬
le Christ embrassant la croix,
de distinction.
«
Enfin,
vieux, lui écrivait Louis Yeuillot, tu l'as cette fameuse
croix.
Je
m'en
suis
réjoui de bon cœur ce matin,
Elise s'en réjouit comme moi. J'ai trouvé
par
la nouvelle,
hasard, dans le journal. Tu n'es pas en mauvaise
compagnie, sauf ce coquin de juif et ce pleutre de protes¬
Aimée doit être bien contente 1 C'est
etc., etc. La fermeté tranquille de la peinture, ajoute
tant
le biographe, là
Assomption pour vous deux, et pour moi aussi,
remarquable correction du dessin, la
belle ordonnance de la composition,- signalaient ces di¬
verses œuvres
rare
;
mais un autre mérite, un mérite bien
les recommandait par
dessus tout
aux
catholi¬
ques : ces-tableaux de sainteté étaient pieux. » En
1849
vieux frère. Tu vois que tout
bon Dieu à
une
jolie
mon
vient à point, et que le
toujours l'œil sur tes intérêts. Si tu avais
attrapé le brimborion, il y a trois
ou
quatre ans, il
n'aurait pas la même couleur qu'aujourd'hui. Alors, la
il exposa : La mort de Mgr Aiïre tué par les insurgés;
les années suivantes furent
marquées par de
breux ouvrages. Les admirateurs
devenaient de plus en
nom¬
de son beau talent
plus nombreux et le gouver-
(1) Les peintures de Brantôme sont aujourd'hui malheureu¬
sement
détruites par l'humidité.
110
LE
SALON
PERIGOURDIN
1886.
DE
faveur y aurait mis sa vilaine tache ;
aujourd'hui, ton
mérite l'obtient tout pur et tout flambant.....
En 1861,
il expose Le
belle page historique,
massacre
Olivier Merson, qui, après
que
»
de Syrie ; cette
a
été appréciée par M.
avoir décrit l'œuvre dans
livre, La Peinture en France, ajoutait
SALON
PÉRIGOURDIN
Pie IX fit, le 12 juillet
1868, prévenir Lafon que le
Bataille de
Mentana. Ce fut la grande journée de cette
vie d'ar¬
tiste et de
chrétien.
Lafon était installé au Borgo,
dans le palais Torlonia.
l'a comprise M. Lafon, cette composition
ren¬
recevoir le chef de l'Eglise.
d'un
bon tableau.
Les groupes
principaux sont bien disposés, le mouvement de cha¬
que figure est en situation et
l'impression de cruauté
que comporte la scène est nettement accusée.
»
La liste de tous les ouvrages de Lafon est trop
gue pour ê(re publiée
lon¬
ici. Ses peintures sont répan¬
dues un peu partout en France ; on en trouve
ment en Irlande, en Amérique et en
égale¬
Chine. Le musée
un beau
Des tapis, des tentures,
fleurs, beau¬
belles, — Pie IX les ai¬
mait, — lui firent un atelier royal. Le Pape vint en
grand cortège : piqueurs, gardes-nobles, camériers,
carrosse à quatre chevaux. Notre ami était là avec sa
coup de fleurs, et des plus
femme, sa fille et l'un de ses fils.
Quelle joie devait
illuminer son loyal visage ! »
De
retour
de Rome,
temps à Paris. En
dessins exquis connus sous le titre
avait des
Les cinq sens. A
Il disposa tout à la hâte pour
fauteuil, figurant le trône, des
du Luxembourg renferme deux de ses tableaux et les
:
III
lendemain il irait voir dans son atelier la
Telle
ferme les éléments
1886.
simple particulier ni même chez un personnage.
«
:
DE
majesté du Souverain. Jamais le Pape ne se rend chez
un
digne de figurer dans un musée
à côté des meilleurs maîtres,
son
LE
il travailla encore quelque
1872 il alla se fixer à Tours, où il
proches parents ; et cette ville eut l'avan¬
côté des maîtres du Vatican, il a sa Bataille de Men-
tage précieux de lui faire accepter la charge
tana. Ce dernier tableau,
servateur du Musée et de Directeur
exécuté à Rome en 1868, fut
ouvertement loué par le Souverain Pontife
((
lui-même.
Le Pape Pie IX le félicita hautement, et il le fit, ra¬
conte Eugène
Veuillot, par
un
acte où la condescen¬
dance et la bonté du Père s'unissaient à l'autorité et à la
cipale des Beaux-Arts. Ces fonctions, il les
avec
de Con¬
de l'Ecole muni¬
remplit
1876. L'âge et les
finirent par altérer sa
honneur et dignité jusqu'en
nombreux travaux de
Lafon
santé. Il fit, pour se rétablir, un
voyage en
Algérie,
LË SALON
PÉRIGOURDIN
DE
l886.
^^^^îfcî5*a5fJ5faSf^î$tfî$fî5fî5ti$f35iî5*
près de l'un de ses fils, bénédictin. Malgré tout, les
forces
ne
revinrent pas, et il
toute la sérénité que
attendit la mort avec
le croyant retrouve en face de
l'éternité. Pendant cette attente, qui fut
sans
II
longue, il eut
doute des heures de tristesse ; mais,
écrit Eu¬
Salle
à
gauche de l'entrée.
gène Veuillot, a sa souffrance morale fut, il me l'a dit,
la crainte de ruiner, par les soins constants qu'exigeait
son
état, la santé de la chère et précieuse compagne
de sa vie, de la femme vraiment chrétienne
dant quarante-cinq
qui, pen¬
années, avait donné à son modeste
On le voit, Lafon possédait des qualités de coeur
et
une
délicatesse de sentiments bien en rapport avec
son
grand talent d'artiste. L'homme est sympathique
a
Les œuvres qu'il
produites, étudiées par lui avec tant de soin, seront
un
enseignement parfait pour tous ceux à
qui il sera
donné de les examiner. La ville de Périgueux
serait
ajouter à la gloire
d'avoir vu naître cet illustre citoyen, celle de possé¬
doublement enviable si elle pouvait
der dans son Musée ce qui est, en
nous
di¬
rigeons nos pas vers la salle faisant face à celle où se
trouvent les
admirables
œuvres
de
Lafon. Le
d'œil d'ensemble est très satisfaisant ; il y a ici,
coup
des
peintures du plus haut mérite, signées par MM. Au-
foyer la dignité, la joie, la paix. »
autant que le maître est admirable.
Aujourd'hui, en revenant à l'Exposition,
quelque sorte, îa
guin,
Beauverie, Baudit,
Aviat, Salzedo, Claude,
Smith, Brissot de Warville, etc.
En entrant nous tournons à gauche. Voici un
dide Soleil couchant de
Baudit, largement peint et
d'une vérité pénétrante. Le
soleil
mer, ses rayons-empourprés
la plage.
La matinée à St-Junien,
se
baigne dans la
enveloppent les arbres
du fond et se reflètent, jusqu'au
le sable humide de
splen-
premier plan, dans
Un peu plus loin il y a
du même auteur. L'aspect
sauvage du pays est bien rendu
dans une tonalité lé¬
première fleur de son œuvre : La collection si remar¬
gèrement froide, mais harmonieuse ; avec le berger
quable des dessins exposés au Salon Périgourdin.
qui conduit ses brebis au pâturage, nous nous sentons
impressionnés par l'air, encore humide, d'une belle
114.
PÉRIGOURDIN DE
LE SALON
I 886.
LE
matinée d'octobre : tableau d'une facture solide, grasse
et
vigoureuse. — M. R. Brun
SALON
PERIGOURDIN
DE
I 886.
M. Baillet nous transporte dans une
I I 5
Cour à Pont-
offre le spectacle
de-ïArche, où les ménagères se réunissent sur le pas
désolant d'une Scène dinondation, vue au clair de lune.
de la porte et vaquent à leurs affaires, en jasant avec
La
entrain. La causerie des femmes du premier
réflexion
des
nous
lunaires, dans l'eau, est
rayons
peut-être un peu lourde ; en revanche l'effet de la lu¬
être bien intéressante
mière que projette la
sans
lanterne du batelier, sur la ca¬
bane inondée, est rendu avec une vérité saisissante.
M. Brun
se
avec sa
Tempête
montre
encore
sur
un
observateur
profond
le Ijassin d'Arcachon, où les
mouvements désordonnés des vagues et de
la légère
embarcation sont saisis sur le vif. —M. Montet présente
des Asperges,
un
très belles, accompagnées d'artichauts
bien durs. Au-dessus se trouve un curieux
peu
effet de la Tour St-Michel a Bordeaux, vu
le soir, à
l'entrée de la nuit ; peinture largement traitée
par
M.
Didier-Pouget.—A côté, M. Villa interprète la fable de
la Fontaine : le Héron. Dessin
élégant, peinture d'un
effet très décoratif; le Héron se détache vigoureusement
sur
un
ciel empourpré.—A
des de M. Sébilleau qui, avec
donne un paysage plus
l'Eïatig dé Mortefontaine,
complet, d'un joli sentiment,
d'une belle facture agrémentée
dans une gamme
un
côté, deux bonnes étu¬
peu
de tons harmonieux,
froide. Le ciel brillant et
nacré se reflète admirablement dans les eaux
limpides
de l'étang.
—
pour qu'elles
plan doit
affrontent ainsi,
être incommodées, les cuisants rayons du
soleil.
Voici la Colombe blessée de Mmo 'Comerre-Paton.
Que peut bien penser cette jeune personne au visage
si
expressif, quelque
chalante,
sans
avec
son
peu
malicieux, à la pose non¬
regard perdu dans
issue, tenant entre
ses
une
rêverie
mains, — un peu dure de
lignes et de ton, — une colombe blessée ? Mystère et
énigme. Au demeurant, peinture gentiment traitée,
avec
des draperies d'un joli ton rose
tendre. — Con-
carneau, de Mme Fanny Fleury, est une bonne impres%
sion du soir. Dessin serré de près et agréable
tonalité
grise, parfois un peu crue. — Ce qui n'est pas le cas
pour les deux délicieux paysages de M.Castaignet : Y Au¬
tomne à
ses
Bruges est particulièrement intéressant, avec
beaux tons dorés et
ses
lignes harmonieuses ; la
Garonne àLormont est également un bon morceau
de
peinture. Il y a bien une certaine uniformité de valeurs
dans" les nuages et quelques
duretés
aux
coteaux de
second plan ; mais le devant et les eaux sont supérieu-
I
I
6
LE SALON
PËRIGOURDIN
DE
I 886.
LE
renient rendus. De la même école
il y
a
la Pinasse,
étude de barque échouée, et En rade de Bordeaux, par
M. Sahuqué. Le second tableau présente une silhouette
de vaisseau
superbe de dessin et d'une sincérité de
couleur remarquable ;
cependant le ton du ciel paraît
légèrement froid et verdâtre. — Mlle Molliet, avec sa
Matinée en Médoc%j a
peint des brebis et
d'un bon mouvement ; le paysage
une
vache
serait parfait et ga¬
gnerait en profondeur si les collines du fond eussent
été moins accentuées. — C'est comme la Forêt de Fon¬
tainebleau, en luver, par M. Darien. Les branchages
des arbres sont donnés avec vérité de ton et de dessin ;
mais pourquoi rendre les feuilles mortes, qui jonchent
le sol, avec ces petites touches monotones qui ne finis¬
sent
✓
qu'aux abords du cadre ? — Aussi allons-nous
reposer
la vue sur l'ouvrage de M. Hutin, qui envoie
des oignons étonnants de vérité.
Quelle patience pour
traiter aussi finement la corbeille qui les contient
La Rade de Bordeaux, de M.
!
Smith, estune des gran¬
des toiles du Salon. Ce tableau, d'une facture grasse et
vigoureuse, dénote une hardiesse de pinceau peu com¬
mune; l'effet du soir, bien vu, est saisissant. La dexté¬
rité de main de cet
l'examen de
sa
artiste
se
révèle
également à
Fermière et de sa Portanière : deux
SALON
PËRIGOURDIN
études de femmes bien
DE
1886.
II7
campées, se détachant admira¬
blement de la toile. La couleur terreuse des chairs est
la seule chose pour
—
laquelle nous fassions des réserves.
Une autre bonne chose, nous la trouvons dans
fleurs d'un joli coloris chaud et doux à
ces
l'œil, très bien
groupées, sur un fond sombre qui les fait admirable¬
ment valoir : ce sont les Chrysanthèmes de MlleBroin.
—
M. Beauverie expose Le vieux moulin en
Daupliiné,
paysage tout à fait hors de pair.
Une poésie douce et
pénétrante se dégage de cette œuvre : c'est le soir, la
nature, doucement caressée parles derniers reflets.du
crépuscule, entre en repos, tout est calme déjà ; quel¬
ques vaches seulement,
attardées
nent s'abreuver dans les
eaux
au
pâturage, vien¬
limpides du ruisseau,
avant de rentrer à l'étable. Encore un instant et le voile
sombre de la nuit couvrira
entièrement
ce
charmant
coin du Dauphiné. —A côté nous
remarquons une vue
d'automne, de M1Ie Montalier, intitulée : A la font de
Pessac. A partie feuillé des arbres, un
peu trop dé¬
taillé, il y a là une jolie gamme blonde qui plaît à l'œil.
—
Avec la Petite cafetière de
M. Bergeret il y a des
moules, des huîtres, des crevettes délicieuses finement
touchées et d'une harmonie de ton
exquise : un vrai
régal... pour les yeux.—La jeune femme à la potiche, de
I I 8
LE SALON
LE
PÉRIGOURDIX DE I 886.
qualités, la tête est
agréablement traitée ; mais comme elle se tient mal
assise et quel drôle de bras gauche ! — Voici, en revan¬
che, un Mousquetaire, de M. Mendèz, crânement dessi¬
né dans une pose, il est vrai, trop théâtrale : touche spi¬
rituelle, coloris de convention, mais gai et harmonieux.
M. Gabrit a peint les Bords de l'Isle, avec une fac¬
ture vigoureuse, large et solide. Beau morceau de pein¬
ture qui ne laisserait rien à désirer si le second et le troisièmeplan n'étaient pas d'une tonalité presque uniforme.
La Pluie d'avril, de M. Forel, a également de grandes
M. Salomon, a certainement des
regrettable
que l'artiste n'ait pas obtenu plus de profondeur dans
les arbres du verger. La
même remarque peut s'ap¬
pliquer au fond de son Ecole buissonnière, où l'écolier,
assis sur le gazon, est présenté
avec une grande vé¬
rité.— M. Brielman nous fait assister, devant la
Place
va-et-vient d'une
marchands, d'acheteurs, de
du marché, a St-Amand-Montrond,&u
nombreuse population de
grouille à côté
des bancs surchargés de légumes et d'autres denrées.
Le dessin y est d'une correction irréprochable, les
groupes de gauche sont vivement éclairés par un beau
soleil ; c'est ici une maîtresse toile, d'une vérité parfemmes, dépassants ; tout ce monde
PÉRIGOURDIN DE
I
888.
I I
9
faite.— Un peu à gauche, on voit le Chemin de
l'églisea
Montigny-sur-Poing, par M. Dainville, étude qui se¬
rait exquise s'il n'y avait
pas une trop grande
unifor¬
mité entre les valeurs des
premiers plans et le haut
du chemin montant.
Au-dessous,
—
trouve
se
La
brouette de M. Brissot de
Warville, charmant petit
tableau. La
bergère et les
moutons
mouvements
naturels et dessin aussi correct
que
—
qualités, c'est du plein air sincère ; il est
SALON
coloris
en
parfaits :
le
est agréable.
Regardez maintenant un délicieux
par M.
sont
Port
Timmermans, peint le soir dans
chaude et harmonieuse.—Puis
d'Anvers,
une
gamme
Endormie, de Mlle Pha¬
raon : étude bien sommaire. — M.
Rambour expose trois
marines parmi lesquelles il faut
remarquer La rade de
Bordeaux, qui est un morceau très enlevé, avec de bons
vaisseaux, un lointain en place et un ciel mouvementé
se reflétant bien
dans l'eau.
Au dessus, la
Paysanne
normande, de M. V.-E.Berthélemy,fait un trop grand
effort pour
l'équilibre
—
soutenir le faible poids de son fagot;
est rompu, gare à la chute !...
vaut donc aller voir le
—
Mieux
Guignol improvisé de M. H.-P.
Delanoy, bonne peinture
avec une
du clair-obscur, comme celle de M.
entente
J.
parfaite
Delanoy, qui
présente des fleurs, des pêches et des
prunes. Ge
LE
120
bel ouvrage,
SALON PER1G0URDIN
DE
LE
1886.
d'un joli ton et d'une saveur exquise, est
assurément une des meilleures natures mortes du Sa¬
lon.—M. Berthelon expose un délicieux paysage enso¬
leillé, intitulé : Eglise et
château d'Eu, vue prise
la vallée.—Voici encore du vrai soleil qui se joue
les feuillages d'un
de
dans
sous-bois, par une matinée de juil¬
let, avec une belle échappée de fond sur la gauche.
Ce
honneur à M. Delpech. —
Au-dessous, il y a une très bonne Marine de M. 0. de
Champeaux et le Gibier peint par M. Cooylas avec
une grande sincérité de couleur.—On voit aussi que M.
paysage fait le plus grand
Malzac a solidement maçonné
ses
Rochers à Royan
Lièvre de M. Peyricaud a peut-être des qua¬
de
lités
couleur, mais qu'il a une drôle de posture. —
et que le
Mlle Marquet expose, dans
Bords de Flsle à Mussidan, un des
Pour nous dédommager,
cette salle, les
du Salon, où se jouent l'air et la lu¬
mière avec des eaux d'une limpidité parfaite, un ciel
bons
paysage
lumineux et' une gamme blonde
très harmonieuse. —
M. Sal¬
les a largement peinte dans une pose gracieuse, tenant
sur ses genoux un bel enfant gros et gras.
L'expres¬
sion de la physionomie de l'exubérante brune est
Voici une plantureuse Nourrice d'Albano, que
rendue avec un naturel plein de charmes. — La grâce
PÉRIGOURDIN
SALON
DE
des contours harmonieux n'est pas le
I 886.
121
fait de M. Gha-
Sainte-Agnès, où les
lignes sont torturées à l'égal de la martyre ; heureu¬
sement que ce défaut est racheté par de solides qua¬
teignon ; il a représenté une
lités de clair-obscur et par le
en
même temps que
visage exprimant bien,
la douleur de la1 sainte, l'es¬
poir qu'elle conserve de recevoir le prix
des atroces
souffrances qu'elle endure. — Sur la même paroi il y a
Une rue de petite ville au printemps et Ancienne cons¬
truction à Couze, deux
bonnes études de M. Boyer-
Guillon, correctement dessinées et marquant
part de l'auteur une parfaite entente
Au milieu de la
salle,
sur une
deux émaux : Une martyre et
de Mme d'Ollendon,
une branche
On y voit
de la
du clair-obscur.
table, remarquons
Une jeune Vénitienne,
artiste qui traite admirablement
de l'art par trop délaissée aujourd'hui. —
aussi un Evantail d'un élégant dessin, très
décoratif, avec des rondes de gracieux amours, peint
Palette sur laquelle
plusieurs artistes espagnols ont ébauché, avec talent,
par Mrae Parry,
et une curieuse
des sujets de fantaisie.
♦
Nous avons commencé la
l'une des plus
revue
de cette salle par
belles toiles où l'artiste, observateur
profond, a su toucher le passant avec la vérité et
122
LE
SALON
PERIGOURDIN
LE
1886.
DE
SALON
turelles.
Baudit. Nous terminerons la visite par
remonte un sentier
œuvrés
si remarquées de MM. Aviat,
Salzedo, Claude
M. Aviat expose ici son tableau du Salon de Paris :
Le départ pour
la chasse. Ce sont trois charmants
enfants qui descendent les marches
touré d'énormes rosiers fleuris,
La délicatesse
et
abrupt, tenant son panier au bras-.
l'agilité de l'enfant servent à faire
—
d'un perron, en¬
trop fleuris, peut-
membres alourdis par
l'ingrate besogne de chaque
jour. — M. Claude attire avec son bel Envoi de Nice,
tableau plein d'observation et de
des fleurs et encore des
lons. A leur mine éveillée, on
pas à regretter.
devine qu'il espèrent
rapporter un riche butin ; aussi, ils n'ont oublié au¬
des choses nécessaires ; tout y est,
chien. Un joli petit
même le
griffon à l'œil vif et intelligent
,
qui, assis au bas de Pescalier, attend tranquillement
maîtres, et pose sans montrer la moindre impa¬
tience. L'ordonnance du tableau bien conçue, le
des¬
fraîcheur. Un large
panier est entr'ouvert et laisse déborder des fleurs,
être, — avec le dessein d'aller chasser.... des papil¬
ses
123
mieux remarquer les rudes figures des carriers et leurs
et Auguin.
cune
I 886.
La fillette, qui a apporté la frugale collation,
l'harmonie qu'il y a mises : Le Soleil couchant, de M,
l'examen dés¬
PERIGOURDIN DE
fleurs. La
C'est bien disposé, les nuances se
trouvent assorties avec un
bien
en
profusion n'est
goût délicat ; les valeurs,
place, sont d'une tonalité si juste, qu'une
douce harmonie se dégage de là, nous allions
dire un
parfum suave et pénétrant.
Pour achever
dignemeut la revue de la salle, il
faut admirer les magnifiques œuvres que
M. Auguin
fillette de gauche, est particulièrement attrayante.—Le
de cette
magistrale, aux vastes dimensions, placée sur
le panneau du fond delà salle : paysage d'un poète dou¬
repos des
blé d'un fin coloriste et d'un savant dessinateur. Par
sin exlrêmement correct, en font une bonne
d'un fini irréprochable. La tête, vue
peinture,
de profil, de la
carriers, est aussi une excellente toile de
l'exposition et M. Salzedo, qui
en
est l'auteur, a
y expose. Sous les chênes, en été, est le titre
œuvre
une
chaude journée d'été, les rayons
du soleil s'infil¬
verdure de chênes vigoureux.
parfaitement donné la note qui convenait à son su¬
trent à travers l'opulente
jet. Ce sont bien là de rudes travailleurs, goûtant
Les branchages forment une sorte
quelques instants de repos, avec les poses les plus na-
profonde, sous laquelle on irait volontiers chercher un
de voûte aérée et
124
LE SALON PERIGOURD1N DE
1886.
peu de fraîcheur. A
gauche, il
lointain et les
d'un ruisseau où
bords
ciel et le feuillage ; à droite,
LE
échappée de
y a une
mirent le
se
deuxième plan, des
au
rochers suintants, à
demi-recouverts de
de quelques branches
de bois mort ;
mousse
sur
et
le devant
s'étend un tapis d'herbes sauvages avec le sentier,
aux
tons chauds, qui conduit au
SALON
PÉRIGOURDIN
DÉ
1886.
125
Auguin sait produire des chefs-d'œuvre ; c'est
en
i
cela qu'il donne sa note de
particulière prédilection ;
note qui lui est toute personnelle
et avec laquelle il
s'est, pourrions-nous dire, identifié. Il
nous
a
été
donné devoir dans l'atelier du maître lui-même, entre
mille
autres
choses, les pages délicieuses
que
son
fond de la foret. C'est
pinceau a su écrire sur un thème presque semblable à
toile, traitée par un maître qui
celui-ci, et nous gardons précieusement le souvenir
voit, sent, et sait interpréter sincèrement la nature
des douces et agréables impressions recueillies durant
dans ce qu'elle a de plus
notre courte visite. Le Musée
bien ici une
maîtresse
Il en est de même
harmonieux, de plus poétique.
pour
Cette œuvre, de moindres
Les derniers beaux jours.
dimensions, n'est en rien in¬
férieure à la précédente ; toujours
et
vigoureuse,
une
tonalité
une
facture large
harmonieuse et vraie
rendue, ici, avec la gamme dorée de l'automne. Sous
la
végétation on devine un sol résistant et solide ;
en
haut, le ciel a la valeur qui lui convient, tout en étant
d'une harmonie parfaite avec le
paysage
représenté.
Le Pin sec, n'est autre chose
que de l'air et du soleil
fixés sur la toile. Sous un ciel
pur,
vérité de couleur
d'un éclat et d'une
incomparables, s'étendent bien
des
sables brûlés, rebelles à toute
nées
si
loin
végétation ; plus
loin,la mer se perd dans l'horizon. C'est avec ces don¬
simples, d'une candeur délicieuse,
que
M.
de Bordeaux
possède,
lui aussi, une œuvre magistrale traitée dans
le même
sentiment, œuvre qui valut à l'auteur, en 1884, au Sa¬
lon de Paris, la médaille qui le classait hors concours.
Mais
qu'avons-nous besoin de ces réminiscences ?
Passons dans la Salle de Ventrée.
ïé ïé Ï£ si*
fr'&li'Ss'k ïiït'teïsïs
là*
III
Salle de l'entrée.
Mettons-nous sur le pas
de la porte et regardons
longuement la Conclie de St-Georges. Cette peinture
puissante et profonde parle vraiment à l'âme ; c'est
l'immensité de l'Océan avec une solitude
que
rien ne
trouble. Balzac a dit : «Les plus grands efforts de l'art
seront toujours une contrefaçon
de la nature». Mais
ici c'est la nature elle-même, avec ses harmonies, ses
grandes lignes, son aspect véritable. C'est la nature
vue
par une
journée d'automne, encore chaude et
ensoleillée, avec cette vision si personnelle que M.
Auguin traduit en maître consommé. Point de figure
dans ces toiles,
il semble que les êtres
nuiraient à la
grande impression qui s'en dégage, de la vie sans
l'homme. Ces peintures sont
celles d'un penseur con¬
vaincu qui suit sa route sans se soucier
d'aucune cri¬
tique et qui sait demeurer sincère avec lui-même
,
la
sobriété des détails lui sert au grandissement de l'effet.
Ces œuvres
parlent à l'âme du spectateur le même
128
LE
SALON
PÉRIGOURDIN DE
1886.
LE
SALON
PÉRIGOURDIN
DE
1886.
I 29
devant la nature ; les
impressions qu'il en a rapportées, il les présente sin¬
cèrement et avec son tempérament personnel.
M.
parfait avec le motif principal, ont un charme, un éclat
touches fermes et
décidées ; en Rapprochant de ses ouvrages on ne croit
Mare à St-Martin, de
à quelques
pas on sent qu'il n'y faut plus un coup de pinceau. La
peinture de ce simple autant que robuste poète est
reflétant le gris du ciel, sont rendues avec une
rendue magistralement, avec une large manière servant
dant une belle coloration douce et harmonieuse, des¬
langage que l'artiste a entendu
Auguin sait traduire sa pensée en
y découvrir que
de bonnes indications ;
très bien l'idéal d'une
personnalité qui, comme M.
Auguin, a le vrai culte désintéressé de l'art et n'a ja¬
mais prostitué sa palette
pour servir les besoins
des
Une autre des œuvres les plus remarquées de
cette
salle, qui renferme tant de morceaux choisis, est assu¬
M. Rapin, vue par un temps
gris. L'humidité des ajoncs et des
herbages, l'eau
sincé¬
rité de couleur absolue et une facture
aisée, large et
savante. — Un autre tableau d'un joli sentiment,
siné
en
maître, c'est la fantaisie intitulée :
XIII, signée
possé¬
Tête Louis
E. Dupain. L'éminent peintre expose
encore, un peu plus loin, sa
provocante : Promenade
Voici, sur la même paroi, l'œuvre d'un
artiste classé hors concours. Celui-ci,
cinquième
originaire du
Périgord, est M. Dameron. Son Petit bras de la Seine
soleil
à P ont-de-î' Arche, est un site charmant. Au fond, il y
derniers rayons d'un splendide
elle se
dirige vers sa demeure en traversant des champs de
blé, légèrement vêtue, les pieds nus, tenant d'une
couchant, se détache une robuste paysanne ;
sa
public s'arrête nombreux, également, devant la
glaneuse de M. Yvon. Sur un ciel en¬
flammé par les
main
Le
sur l'eau.
marchands à la mode.
rément La
de bon aloi, qui attirent et enchantent le spectateur. —
faucille et de l'autre
quelques épis qu'elle
vient de glaner sur son passage.
Comme tout est har¬
monieux ! ces touches de lumière orangée et
leurs assorties qui se
jouent sur la toile, en
de cou¬
accord
bord
de la rivière ; un coup de soleil le fait admirablement
a un
village bien assis, sur un riant coteau, au
valoir
et
forme le
plus heureux contraste avec les
verts noirs, aux épaisseurs
sombres, des arbres des
premiers plans de gauche : tableau nettement brossé
avec
sécurité.
—
Au-dessus, les Fleurs de printemps,
de Mme Dubuisson, sont fort bien groupées et finement
l30
LE
SALON
PERIGOURDIN
DE
I
888.
LE
SALON
PERIGOURDIN
DE
peintes. —Il Amateur cl'estâmes, de M. Pomey, n'est
Très bonne aussi la Marée basse à
autre chose
Guédon ; l'atmosphère
qu'une forte dame brune, au teint plus
que bistré, habillée d'un bleu criard, qui
13 I
I 886.
Vallières, de M.
chargée d'électricité et le ciel
regarde cu¬
déjà menaçant, indiquent parfaitement que l'orage ap¬
rendus, ceux-
proche. — Mais rassurons-nous, voici à côté une Belle
ci, avec une vérité remarquable.— M. Pradelles, avec le
journée de Juin, de M. Delpech. Des faneurs, grillés
Chemin de la plage à Henclaye, montre qu'il
par le soleil, sont fort occupés
rieusement des dessins et des gravures
sa
sait bien
ligne. L'aspect sauvage du site est heureusement
présenté ; mais la tonalité de tableau en est dure et
leur si fortement accusée.
par trop crue.—Il en est de même de la Nature morte,
La gelée
de M. Dumas ; c'est dur, bien dur. — Presque à l'autre
tons trop uniformes ; et, ce
extrémité du panneau il y a les Chrysanthèmes de Mn-e
rais de Pibran.
Sébilleau-Sprenger ; fleurs bien modelées,
un
peu
à leur travail
;
il est
fâcheux que ceux des plans secondaires aient une va¬
—
Vous trouverez ensuite
:
blanche, de M. Galvé, avec une prairie aux
qui vaut mieux, son Ma¬
Sous le titre : Peau d'Ane, M.
Lemémorel a peint
pâles cependant. —M. Ancillotti fait preuve, avec son
une
Message inattendu, de savoir mettre en scène ses per¬
gueur..., ayant devant elle une plaque noire
jeune paysanne avec
un
avant-bras d'une lon¬
et mince
La surprise de la fine soubrette, en voyant
qui prétend tenir la place d'une paire de dindons. —
poindre la tète du jeune commissionnaire qui, grimpé
Dans sa Matinée sur les bords de la Douve, M. Ba-
échelle, lui tend le billét doux, est rendue
rillot donne du plein air-sincère, où circulent de belles
sonnages.
■y
sur une
avec
vérité; mais les parties éclairées du tableau sont
vaches, heureuses de se trouver au milieu d'un
gras
d'une crudité de ton désagréable. La couleur du Matin
pâturage.—Le paysage : Les bords de la Loire, de Mme
est plus belle ;
Annaly, ne manqueraient pas d'harmonie si le ciel était
le sujet serait parfait si le jardin, jtant
fleuri, n'était trop détaillé dans les plans secondaires.
—
L'Entrée du Port de Courseulles, de M. P.-E. Ber-
moins lourd.
—
Tout à côté Mme de Champ-Renaud a
disposé, sur un marbre, ses Huîtres accompagnées de
thélemy, donne la note d'une mer vraie, agitée par la
citrons et d'une
brise et sillonnée de barques, sous un fin ciel gris. —
largement et sincèrement traité.
fine bouteille de
—
Sauterne, le tout
Son maître, M. Mo-
LE
PERIGOURDIN DE
SALON
I 886.
LE
Vieux marins. Ces deux vé¬
térans sont assis, de la façon la plus naturelle, en face
reau
de Tours, expose les
l'un de l'autre et causent de leurs
exploits ; tandis
qu'une fillette, à demi couchée sur le rivage, regarde
curieusement le navire qui vient
de poindre à l'hori¬
de sérieuses
M.
impression qu'il
hauteurs le
che, cette toile est excellente et digne de la réputation
—
Nous avions laissé dans la salle
I
nous
886
retrouvons ici
nous
avait laissée. Dans
ouvrage on sent la griffe d'un maître
leur place,
du grand artiste.
DE
I
33
qualités de dessin et de clair-obscur.
Beauverie, que
les pre¬
miers plans, un peu monotones de couleur et de tou¬
à toute vapeur. A part
et qui s'avance
PÉRIGOURDIN
avec Les
hauteurs de Franche ville, ne dément pas la bonne
ces
zon
SALON
regard embrasse
ce
nouvel
consommé. De
une
étendue im¬
mense, les différents plans du paysage conservent bien
ils sont parfaitement enveloppés d'air et de
lumière et ont une sincérité de couleur
remarquable.—
précédente la petite étude lumineuse : Le Pont de la
M. Barrias a envoyé une petite toile intitulée : Mélan¬
forge, de M. Combet. Cet artiste Périgourdin expose
colie. Dans un jardin en fleurs, retirée à l'ombre
ici deux bonnes toiles. Ses Fleurs de printemps,
une
des lilas entrelacés d'une branche de buisson
sont
blanc,
son se
tient assise. La pose,
le regard, l'expression,
faisant un tout arrangé avec goût, hardiment enlevé en
tout laisse deviner les
pleine pâte et se détachant sur un fond harmonieux,
tent son esprit. Parlons bas et ne
très fin. La Rue à la
Roque-Gag eac, si pittoresque,
est d'un dessin serré ;
il y a un beau coup de soleil au
deuxième plan et des
mantes
:
petites notes de verdure char¬
la tonalité harmonieuse de l'ensemble
infiniment à-l'œil. — Le
de M.
plaît
sujet algérien, Une sortie,
Huysmans, nous en rappelle un autre égale¬
ment oublié dans la
du Marché. Ces
sous
tonnelle de verdure, la jeune maîtresse de la.mai¬
pensées mélancoliques qui han¬
troublons pas cette
rêverie sombre qui ne manque pas d'une certaine sa¬
veur
poétique.
A côté du sujet mélancolique,
si bien peint par M.
Barrias, nous trouvons une savoureuse étude :
Montmartre par M. Maincent.il y a là de
fines, délicates et
un
Vue de
jolies tâches,
bonhomme campé on ne peut
salle précédente, intitulé : Retour
mieux. —Bien intéressante, l'est également la petite étu¬
peints
de, Vaches au pâturage, de Mlle Venneman. — Nous voici
éclatante, un peu forte, ont
transportés dans deux splendides salles de l'Alhambra
deux
dans la même gamme
charmants
ouvrages
9
^
134
le salon
périgourdin de 1886.
de Grenade : La salle de repos des bains, et El
de la
le salon
niyrador
Reyna, par M. Richter. L'élégante architecture
polychromes, est repro¬
duite avec toute la fidélité désirable. Il a fallu une main
arabe, ornées d'incrustations
des
plus exercées pour vaincre, aussi heureusement,
ces nombreuses
tion.
—
difficultés de perspective et de colora¬
Uii excellent paysage nous le trouvons encore
périgourdin de
ques crevettes
appétissantes.
Gerva-ise, présente deux
la leste Etude de femme
Effet de soleil couchant.—À
part quelques duretés, M. Constantin
offre du bel et
bon Gibier.
M. Claude
possède au Salon un second tableau,
Chrysanthèmes, peint avec la.délicatesse et le savoir
que nous avons déjà constatés. —Voulez-vous
des
Heurs délicates ?
Regardez
les
toujours
Coréopsis et
marguerites et les Roses peintes par M. Nobillet, qui
—
35
quel¬
Un Périgourdin, M.
paysages, Au
%ord de l'cet une
facture serrée, mais avec un
premier plan manquant
un peu de nerf. Le
ciel, remarquablement peint, est
brillant, profond, bien aéré , les eaux de
l'étang ont
finesse de ton délicieuse. — M. Letrône présente — en
violet — son paysage :
i
lang avec une tonalité chaude et harmonieuse
suite Les
le Labourage dans les Landes. peint par
886.
expose, en outre, un superbe Homard entouré de
M. Ban¬
dit, qui a fait preuve de l'habileté de main accoutu¬
mée. L'attelage du laboureur, marchant à pas lents,
va bientôt disparaître derrière le brouillard épais qui
enveloppe la campagne. —Après cela, en levant les
yeux, on rencontre une séduisante marine de M.
Ivuwasseg, Après la tempête, où il y a un brick
échoué, finement dessiné, et un ciel mouvementé d'une
avec
i
une
grande
transparence. Les-Anglais, représente
également une étude consciencieuse,
par une belle journée, avec un ciel
prise sur
pur et un effet
peu oriental.— Le mot oriental nous fait
nos
regards vers Une
rue
un
songer à porter
à Alger, de M.
Girard:
peinture de bonne pâte, d'un dessin savant et
avec de beaux
nature
sobre,
groupes d'Arabes.—Vous trouverez en¬
abricots, hardiment enlevés, de M.
lard que perce un
de M.
gros soleil
G.Glavel;
Delpy, avec du brouil¬
jaune ; Les bords de la
Lyn, de M. Iwiil, intéressant et lumineux
sous-bois.
M. Martens a
envoyé une belle étude de Tête de
femme, aux contours un peu âpres de ton ; un
loin nous retrouvons M.
l'Eure. —La Vue de
Baillet
avec
TJerros, de MUcLandré, est un pay¬
sage bien assis, le ciel est lumineux et les eaux
rentes.
—
peu plus
Les bords de
Sauf le verre
transpa¬
qui se perd dans le fond, Le
I 36
LE
SALON
PÉRIGOURDIN
DE
1886.
LE
SALON
RKRIGOURDIN
DE
1
886.
\
dessert, de M. Debord, est une bonne petite étude. —
Mer de M. Laroche.—M.de Vergèses a également deux
Mlle de Comblât chante un peu trop sur la même corde
bonnes choses : Fannia et le charmant Enfant
avec ses
coup,
Cerises, aussi nous lui préférons, de beau¬
le Coup de vent sur les chrysanthèmes : tableau
de fleurs supérieusement peint. — Marine et Pont sur
la Seine sont deux
larges études, prestement enle¬
Fleury a ici un tableau de genre : Au
vilj^e. Une fermière, au visage épanoui, s'arrête sur
les
dernières
marches de
l'escalier et donne, sans
doute, quelques ordres au garçon de ferme
jouant dans un appartement ; rainée s'affuble de La
robe à maman et
coce
qui passe
seul cadre, six Études, peintes sur nature ; .on y
—
dé¬
bons morceaux. — V Italienne au tambourin
dandine majestueusement — pré¬
si sincère de M. Bopp du Pont, intitulé :
Paysage à la barrière de Bordeaux. Ici nous admirons
les
superbes Chênes de la Négresse, d'un dessin si
correct et d'une coloration absolument vraie.
Voici de nouveau Mll8Montalier ; ses
forment un paysage
dant.
—
harmonieux,
un
Bords du Gave
peu
sec cepen.
À part de belles bruyères, le Paysage de M. de
figure de grandeur natu¬
Montholon nous laisse froid. —Regardez la charmante
plaît par sa physionomie expressive et légère¬
petite étude du Pont de Poissy de M. Dargaud, et sur¬
de Mme Salles-Wagner, —
relle
se
coquetterie — avec la longue traîne' du vêtement
le paysage
devant la fenêtre ouverte. — M. Joubert réunit, dans un
couvre de
ii y a deux belles petites-filles
maternel. —Dans la salle précédente, nous avons laissé
vées par M. Boggs.
Mme Fanny
nards. De M. Reynaud,
aux ca
ment mélancolique. Les
mains sont parfaitement pein¬
tout
sa
Rue
de
Marseille, soigneusement dessinée,
tes, la pose est heureuse, et le coloris vrai ; en somme,
bien aérée, avec de beaux effets
très bon tableau. —M. Bouillon a représenté, Au jardin,
d'intéressants groupes de passants et de boutiquiers.—
une
jeune mère, assise contre la muraille, regardant
De chaque côté de ce tableau sont
de lumière, animée
placés les portraits
jouer son bébé ; c'est un peu meilleur que l'ouvrage
de
plus que médiocre, que nous avons laissé dans l'autre
Aviat : Mme la marquise de L... et Mme P...
salle,- intitulé : Le repos.—Regardons plutôt la très in¬
quise, une superbe blonde, se détache gracieusement
téressante petite étude :
Sur la plage de Bo ulogne-sur-
deux ravissantes
sur un
Périgourdines, peintes
par
M.
La mar¬
fond gris, vaporeux'; la tête en est savamment
I
38
LE
SALON
PÉRIGOURDIN
DE
I 886.
et finement modelée. Le portrait de Mme
et expressif,
une
LE
P..parlant
est hardiment enlevé ; bien posé, sons
bonne lumière, il est frappant de vérité et il pos¬
sède une finesse de coloris digne des meilleurs maî¬
tres. — Le Printemps à Créteil, de M.
le soleil.
L'air
embaumé circule
sous
par
les arbres
en
fleurs, et on serait heureux d'accompagner les deux
jolies promeneuses qui descendent le chemin à côté
du verger. —Voici encore des Fleurs de groseilles
de
M. J. Delanoy, de qui nous avons tant goûté les Fruits
et fleurs.—Observez bien les excellentes Pêches velou¬
tées de M. Olive, le coloris en est aussi bon que le des¬
sin en est correct. — Et puis arrivons au vaillant jeune
artiste périgourdin, M. Dâbost, qui expose
deux frais
paysages : Les bords de fisle près N'en vie et Mutinée
d'août au pont de la Cité. Les ciels nacrés, limpides et
lumineux, exécutés avec une rare habileté, projettent
des dois de lumière sur
ces
beaux sites,
ment choisis, où l'air circule et
rents plans, où l'eau profonde
judicieuse¬
enveloppe les diffé¬
et transparente réfléchit
admirablement le ciel, les rochers et les verdures.
est
Il
dommage seulement qu'il y ait quelques crudités
dans la tonalité des premiers plans des Bords de flsïe
PÉRIGOURDIN
DE
I 886.
et des gris un peu uniformes dans les fonds de
tinée.
—
Bien juste
f Jslëy par Mllc
la Ma¬
l'est aussi l'étude, Souvenir de
Marquet, déjà citée et toujours égale
à elle-même.
Pétillion, pro¬
duit la sensation d'une agréable matinée réchauffée
SALON
Un jour
Nous
de marché
cherchons le
Trou ville par M. C. Frère.
ci
marché et nous
ne
le
trouvons
pas. En revanche, nous admirons un excellent paysage,
animé de très bons chevaux abrités
à l'ombre
des
arbres, devant la porte d'une ferme ou d'une auberge.
—
Avec
la
Vue
d'une
preuve
émérite,
prise de
science
ma
fenêtre, M. Dose fait
consomméee de dessinateur
scrupuleux de l'exactitude ;
n'est oublié
dans
cette
savante
aucun
détail
étude.- Le
regard
plonge et découvre la plus grande partie de la vaste
plaine de St-Georges, parsemée de pittoresques grou¬
pes de maisonnettes. La châtaigneraie,près
du Petit-
Change, est encore une consciencieuse étude du même
artiste ; l'aspect de
gueux,
ce
coin, des environs de Péri-
est rendu avec une grande vérité. Au-dessous,
dans le même cadre, il y a la
seille
:
étude tout aussi
Vue des ports de Mar¬
sincère, prise par une belle
journée, avec un ciel pur qui se mire très bien dans
les eaux
limpides delà Méditerranée. — Il nous reste
à voir Carmenita, de M. Alaux :
tête de jeune fille
140
vue
LE
SALON
PÉRIGOURDIN DE l886.
de profil, se détachant agréablement sur un fond
gris-sombre, possédant une coloration harmonieuse,
peinte sur un bon dessin,
ble
avec
et une touche spirituelle.
—
une
Enfin
facture agréa¬
ne
IV
regrettons
pas, avant de quitter la salle, de rester un bon moment
devant le Taureau que M. lioll
présente de grandeur
naturelle. Nous verrons la bête
impatiente sortir du
cadre et s'avancer vers le
ment est juste.
une
spectateur, tant le mouve¬
Cette superbe étude est traitée
facilité et une liberté de pinceau incroyables,
avec
indi¬
La
Avant de nous
Sculpture.
rendre dans la salle du
allons examiner rapidement les
fond,
nous
trois
œu¬
sculptures.
L'éminent M. Carrier-Belleuse a envoyé
vres. Son Buste mauresque se distingue par les
lignes
quant le profond savoir de réminent artiste. La tête et
élégantes ; la lôte expressive,
au
la croupe sont particulièrement remarquables. M. Roll
est crânement
attaches
mérite-bien la réputation, toujours grandissante,
Unes, les épaules gracieuses et la poitrine puissante ;
a su
s'acquérir auprès du monde artistique.
qu'il
modelée.
Les
le sang circule sous i'épiderme
regard ardent,
du
cou
en
sont
souple de cette belle
lille du déserta Le Buste à TOiseau, plus
simple et de
plus modestes dimensions, est également bien mouve¬
menté et
plein de vie. Enfin l'intéressante statuette de
Psyché, est remarquable par la pose naturelle, la jus¬
tesse des proportions et le fini des détails.
ces
—
A côté de
beaux ouvrages figurent dignement deux
cires de
M. de
Saint-Angel : Basset allant à ses affaires
Chien courant, méditant
sur
les misères de la
et
vie.
Ces deux bâtes de race sont parfaitement caractérisées
et rendues avec toute la vérité
possible. —* Un autre
I42
PÉRÏGOURDIN DE
LE SALON
animalier émérite
ouvrages ont
—
acquis
LE
ï 886.
SALON
PÉRIGOURDIN
DE
l886.
I
q3
Périgourdin, celui-ci — dont les
Le Buste du comte cle Chamhord, d'une
ressemblance
réputation véritable
parfaite, — un peu lourd, peut-être,
est très re¬
une
,
est
—
M. de Roffignac. Le Saintongeois Ménélas a un mouve-
marqué. L'ébauchoir de Mlle de Montégut a également
très bon,
su
une
tête expressive et des membres étu¬
diés avec soin. La Tète de chien, en bronze,
délicate¬
ment fouillée, est d'un dessin pur, ainsi que
VAlouette
de mer,
ingénieusement suspendue par une patte. —
Sur la même table se trouvent deux tubes
sur
en
ivoire,
lesquels il y a des Rondes cTenfants et Enfants et
rendre, et très heureusement, la physionomie fine
et spirituelle du
Comte de 6\.., elle
en a
fait
un
fort
bon portrait. Mais, parmi ces bustes, nous donnons
la
préférence à celui de Mme de G... La tête, pensante, a
du caractère, les draperies sont arrangées simplement
et avec goût ;
la pose aisée, naturelle, d'un bon mou¬
dauphins. L'ivoire est une matière ingrate à entailler
vement, indique l'action et respire la vie. —Enfin, pour
et ces bas-reliefs font grand
terminer la
honneur à M. Auclié, de
revue
des sculptures,
Périgueux, qui, loin de se rebuter devant les difficul¬
instant devant le
tés, sait les vaincre de la façon la plus heureuse. Ses
statuette de M. Gautherin. En
délectons-nous
1.111
Printemps de la vie, la charmante
quelques coups d'ébau-
sujets sont agréables, bien agencés et de bon goût. —
choir, réminent artiste a su créer un petit chef-d'œu¬
Une dernière artiste périgourdine représente
vre
la sculpture au Salon. Les œuvres
J. de Montégut sont au nombre
dignement
exposées par Mlle
de quatre, dont
statue et trois bustes. Aux bains de mer,
une
est le titre de
de délicatesse et de
simplicité. Cette intéressante
ligure de jeune fille, au visage pur et souriant, tient
entre ses mains une nichée
caresse.
de
petits oiseaux qu'elle
Elle est vêtue d'une
longue tunique aux li¬
l'élégante statue, placée au centre de la salle d'entrée.
gnes sobres et harmonieuses, sous les plis de laquelle
C'est une pêcheuse d'un mouvement gracieux et
011
de
plein
souplesse ; le visage souriant, plaît infiniment,
les proportions de la
figure sont bien gardées, l'en¬
semble renferme de précieuses qualités et laisse
de¬
viner, chez l'auteur, un vrai tempérament artistique.
sent les formes exquises,
l'innocente créature.
les belles proportions de
V
Dernière salle.
C'est ici que sont réunis les dessins, les
les faïences et les porcelaines ;
aquarelles,
mais parmi toutes
ces
belles choses, nous distinguons encore un bon nombre
de peintures à
l'huile. C'est
par
celles-ci que nous
commencerons.
Nous avons laisse
F ancien pont de la
en
de
Cité, matin, de M. Darnet de Péri-
gueux ; voici maintenant
seau
arrière la Vue clu chemin
la
Vue du moulin du Rous¬
du même artiste. Ces paysages,
d'un ton un peu
froid, possèdent de sérieuses qualités de dessin et de
facture ; les sites sont admirablement choisis. — Nou¬
veaux
compliments à M. Villa qui, décidément, aime
les fables de La Fontaine ; il en sert deux nouvelles,
1° Les deux rats, le
et le renard. — M.
renard et F œuf, 2° Le corbeau
Mascart, lui, a la passion des inté¬
rieurs de ville, aussi il expose : La rue
Damrémont à
Montmartre, Une vue prise à St-Denis, et La rue des
Champs, à G and. Personne n'y trouvera à redire, car
I46
LE SALON PERIGOURDIN
DE
LE
1 886.
le lout est bien dessiné, avec de beaux
effets de lu¬
SALON
lard
Nous retrouvons Mlle Broin avec des Fruits :
charme pénétrant.
peinture
un
DE
M.
un
peu rose,
peut-être,
—
Boyer-Guillon : Blés mûrs en Périyçrd,
de
rochers de Pontaillac, près Royan.
aux
dernières limites de la
preuve d'une
avec
une
vérité touchant
perfection. L'artiste
fait
a
habileté incontestable ; nous avouerons
plans trop forts, et
bords de la Louche,
près
-
site
riant, agréable et peint hardiment par M. Gottin. — Un
de gros papier jaune et taché de
devons au pinceau de M. Berthelon.
parfumé ; aussi nous tournons nos regards
délicates Fleurs peintes par Mme
encore admirer
marines
—
raient parfaites s'il
peu dures et si les
n'y avait
Brizon, de qui il faut
laissé
et agréable ;
pas
quelques notes un
sujets principaux
Voici les titres :
elles se¬
se
trouvaient
Temps gris
sur
Garonne, Coin du port de Bordeaux. Du même
tiste
il
y a un paysage
les
M. Camorey t expose deux
d'une coloration juste
mieux en toile.
vers
le séduisant Portrait de fillette
dans l'avant-dernière salle.
plus
Ta
ar¬
intéressant : L'entrée d'un
Le calme, de M. Geneste, est une marine
chauds et vaporeux du matin. Le ciel,
aux
tons
les eaux, les
un
t-Germain,nous le
—
Vous trouve¬
ensuite la puissante étude de M.
Guéry : Jardins au
bord du Morin à Crée y-en-Brie. Du
même artiste nous
rez
avons
et
laissé
avec
tant
ailleurs La vieille barque si bien peinte
de vérité.
—
Les amateurs de peintures
soigneusement finies, nous allions dire léchées, s'exta¬
sient devant Un quai de Bordeaux de M. de
Latenay.—
Ici, M. de Champeaux présente un paysage bien moins
intéressant que
aperçue dans
la marine exquise que
nous
avons
la première salle. — Le Paysage de M.
Bourgeois, est plus que médiocre ; il en est de même
de celui de M. Ambroise
:
Un matin ci Poissy. —Les
œufs et les Lilas de M. Royer sont un
vieux château, près Bordeaux.
les
Le paysage Les
Dijon, représente
autre délicieux Sous-bois, foret de S
séduisant. —Nous aimons mieux quelque chose de
avec
Une fissure dans les
néanmoins que cette viande crue, étalée sur une feuille
sang, n'a rien de bien
brouil¬
ne manquant pas d'un
derniers
Bauré, est rendue
147
A signaler deux autres toiles de
peu froide cependant. — La Nature morte (gigot et ail),
M.
1886.
falaises et les navires, tout est enveloppé d'un
mière et une tonalité agréable, vraie et harmonieuse.—
toujours très soignée ; celle-ci d'une coloration
PERIGOURDIN
peu meilleurs ;
mais à tout cela nous préférons la bonne Ferme
mande de M. de La Rochenoiro, où,
nor¬
malgré une colo-
148
ration
LE SALON
un
peu
PÉRÏGOURDIN DE I 886.
obscure, il y a de belles bêtes, des
terrains solides et des
lons un coup
LE
fabriques excellentes. — Je-
d'oeil sur les Pensées de Mme de Champ-
Renaud, déjà citée avec avantage, et passons rapide¬
ment devant Les Dunes, La
côte à marée basse, Les
SALON
PÉRIGOURDIN
DE
vieille est assise commodément devant la
ne
la trouble dans son travail
patient; le fuseau tourne
clair de la muraille ; les détails
et l'ensemble
Périgourdin que nous engageons à tra vailler avec ar-•
douce et calme se dégage de
besoin d'être mûri par une étude incessante.
M. Cons¬
belles Fleurs et deux
ravissantes aquarelles : En Bretagne et Sortie d'é¬
tantin a peint, un vase de très
glise. Cette dernière est; un
chef-d'œuvre du genre.
La vieille cathédrale dont on peut voir
détaillée avec beaucoup
le portail, est
de soin et d'exactitude, les
beaux groupes variés et la
ville, au fond, est bien en valeur ; en somme, c'est ici
personnages forment de
un morceau
achevé.—Voici les Bords de TArguenon et
Après-midi de juillet : deux paysages de M. Vergez.
Laissant de côté
le second, contentons-nous de
re¬
marquer le ciel etles fondsdu premier, peints avec une
bonne entente
des valeurs. — Pour achever la visite
Fileuse
à Gliatel-Guyon !Auvergne) de M. Berthon. La bonne
des peintures, nous avons réservé l'excellente
maison, rien,
l'impulsion que la fileuse lui donne méthodique¬
ment. La figure se détache en
vigueur sur le fond
bleau sont soigneusement exécutés.
vraiment dignes du
talent dont la nature l'a gratifié ; talent qui a encore
149
sous
bords de la Dronneyet les Bocliers de M.Boulestin: un
deur afin de produire des œuvres
I 886.
du ta¬
Une impression
cette toile, impression
qui fait aimer les mœurs simples des villageois habi¬
tant
les
montagnes de
la pittoresque Auvergne. —
Avant d'arriver aux dessins et
aquarelles, si
nous
ne
voulions rien passer sous silence il faudrait encore dire
un
mot du
Portrait de M. TU.
par M. Berloletti.
Mais nous sommes liés d'une amitié
ment
trop intime, vrai¬
fraternelle, avec cet artiste, pour qu'il
sible de porter sur son ouvrage
un
soit
pos¬
jugement quel¬
conque. Cette amitié, qui date du berceau, fait que,
nous
si
parlions favorablement du portrait, notre ami se¬
rait le premier
à
nous
taxer d'une excessive
gence ; d'autre parL notre cœur
sion publique d'un
se taire
indul¬
s'opposerait à l'émis¬
jugement sévère. Mieux vaut donc
et laisser les visiteurs
formuler eux-mêmes
les avis.
Un artiste possédant un remarquable talent de des¬
sinateur, c'est M. J.-B.-L. Simon. Pour vous convain10
l50
LE
SALON
PERIGOURDIN
UE
I
886.
LE
SALON
cre,regardez son aquarelle Etang près de Metz et son
M. Lepic est un habile
puissant fusain,le Ravin de Mainboltel.—Un autre fu¬
siniste très apprécié, nous le trouvons en M.
de qui nous avons déjà vu, avec
plaisir, les peintures
dans la salle de l'entrée. Ici, il
expose un
soleil dans une Rue de
avec une
Dubost,
bel effet de
Corgnac et Visio à Corgnac.
agréable échappée de fond et des eaux
tou¬
Chien
et
son
che parent de la
dans un
par Mmede Verninac de Saint-Maur. Nos
compliments
également pour son Coin
de parc. — Le Portrait de M.
A..., par M. Lapeyre, est
expressif, mais d'une tonalité par trop lourde. —Voici
encore
M.
Dupain ; cette fois avec un fusain, Coin de
moulin, correctement dessiné
—
Un autre joli
morceau,
et bien
en
valeurs.
c'est le Soir aux bords du
Ciron, de M. Délhuile, fusain infiniment supérieur
aux
Bords
de
FIslc,
MUe de Comblât
;
mais
à Saint-Denis-de-Piles
,
de
préférons à ces
choses, ce sont les Dessins au conté de M. Reynaud.
ce que
nous
Cet artiste
a
une
endiablée, six paysannes des plus drôles.
verve
dessiné
avec une
grande assurance, et
—
est
La
bien gra¬
dessin à la plume, si
gravure à l'eau forte,
son
pro¬
dignement
représenté par M. Moërdès, qui donne trois
paravent
à cette artiste, qui en mérite
aqua-fortiste ; témoins
vée par M. Beaumont. -^Le
lourd.—Au fond de la salle, se dresse un beau
sains, largement traités dans le genre décoratif, signés
l5[
Hibou, si puissamment modelés.
de ia touche délicate
ravissants fu¬
886.
I
maison de la rue
Eguillerie a été tout aussi
jours pures ; le tout entouré d'arbres au feuillé un peu
dont les feuilles sont recouvertes de
PÉRIGOURDIN DE
avec
spécimens
laquelle il le traite : Rivière
village, Puits des Roches, Ne pleure pas. -
Une superbe
d'architecture, c'est La restaura¬
vue
tion Lune maison du
xv®
siècle, a Périgueux, de M.
Gonthier : dessin pur, finement
exécuté
Maison d'habitation, du même
rendue par un dessin d'une
lavis.
au
architecte,
est
La
encore
grande netteté. —M.Gros-
Puymartin expose une série de plans
ont en outre
car
le mérite d'être
tous ces dessins,
intéressants, qui
parfaitement pratiques ;
fruit d'une
longue expérience,
représentent des constructions déjà exécutées.
Par
—
exemple, quelque chose qui n'est
dessin à la plume de M.
pas
beau,
c'est le
Fournier-Laurière : Dans
le
désert, aussi nous lui préférons,, comme travail de
patience, les deux pancartes de M.
Labarrère, où tant
de choses sont jetées pêle-mêle.
Dans
l'aquarelle
:
Après-midi Lliiver, M. Hilde-
brand donne un effet d'arc-en-ciel
très
curieux, d'une
i52
le
exécution large et
se
périgourdin
salon
de
1886.
le
harmonieuse. La même virtuosité
trouve dans le Verger au printemps et la Ferme dans
les Landes du même auteur. — Des trois
aquarelles
de M. Fontan, celle qui doit être signalée comme pos¬
sédant d'exceptionnelles
qualités de dessin et de har¬
diesse de facture, c'est le Sous-bois d'hiver. Quant a
la Vue de Bordeaux,
elle pèche par le ciel, et le Bou¬
quet de roses est absolument défectueux.—M'.Dargaud
tient à montrer,
et il le montre parfaitement, qu'il sait
faire les rues; aussi expose-t-il,
de nouveau, une Rue
de Marseille, à l'aquarelle.— Regardez, de M. Mariol,
Les coteaux dl Y vrac, avec un
premier plan trop im¬
portant; Une rue à Casseneuil avec un ciel trop bleu et
enfin Les horcls de la Garonne.
—
Tant que nous par¬
lons des aquarelles, passons rapidement devant
de M.
celles
Rettmeyer, qui sont aussi intéressantes que le
Bouquet de roses de M. Gadonnet, et arrêtons-nous
un instant
devant la Chanteuse andalouse de M.
tanda. De ce dernier il y a,
avec une tête
encore
de plus,
un
Co-
Tambourin
très originale.—Des aquarelles, en voici
de très bonnes, avec des tons bien transparents
et une facture large
et savante, ce sont quatre
Fzzes
cuirassiers.
salon
—
périgourdin
1886.
de
l5 3
Pendant que nous examinons les cava¬
liers, admirons la Unesse avec laquelle M. Bitry traite
les siens : Cuirassier
Bon. Il
faut
allemand,
Ulhan, Cosaque du
cependant constater que le tout étant
donné avec une exactitude de détails méticuleuse, cela
rend les sujets un
tantinet durs.—L'exposition de M"le
Cousy est très complète et dénote une artiste exercée.
Elle présente :
1° Six gouaches bien dessinées et fine¬
ment peintes,
dans une gamme froide ; 2° Six
fortes bien venues ; 3° Un plateau en
eaux
cuivre gravé et
du meilleur goût, et, enfin, deux objets en céramique.—
Sur un Biplômei
M. Espinouse a savamment, et avec
goût, agencé les monuments du vieux Périgueux, et
il en a fait une très belle gravure sur pierre. L'aqua¬
relle de ce même artiste, Le bac de Campniac, est fine¬
ment peinte et le
rendu en est excellent, à part quel¬
ques touches un peu uniformes dans
bres du premier plan. — M. Brissot
le feuillé des ar¬
de Warville aime
les moutons, nous l'avions déjà constaté, aussi il en ex¬
pose encore de fort jolis dans l'aquarelle
térieur de
intitulée: In¬
bergerie. — Au-dessus il y a une superbe
aquarelle de M. Dave : Le manoir d'Asfeld, vu par
un
temps de neige, avec un ciel gris d'une finesse ex¬
d'Evrèux, signées par M. A. ITomo.— M. Gardanne a
quise. — Regardons enfin des Cerises, bien nature,
gentiment peint Un chasseur achevai et Un officier de
de M. Combet.
I
54
LE SALON
PÉRpOURDIN DE I 88(5.
LE
SALON
PERIGOURDIN
DÉ
I
886.
I
55
11 ne reste
a
plus à voir que la céramique. M,le Lévy
peint, sur porcelaine, un Portrait très fin. de M. B.
vu de
Paysage.— Enfin les gracieux ouvrages de quatre
élèves
profil, et puis Cornélie, more des Gracquos. La
même artiste
a
également traité avec délicatesse un
sujet Louis XV sur la soie d'un Eventail.— Ces choses
sont
son
infiniment supérieures à la
Cigale de Mllc Yille-
min, où l'on aperçoit des incorrections de dessin qu'il
serait difficile d'attribuer à la cuisson de la
plaque. —
Aussi il faut s'empresser
d'aller voir la Faïence, grand
feu, de Mlle Bironneau, étude contenant de précieuses
qualités décoratives.—Le bel émail La volière, de M,ue
d'Ollendon, mérite encore une attention spéciale .—M1U
Dupuy présente un nombre relativement considérable
de sujets peints sur porcelaine. Il aurait été
ble d'en diminuer la quantité au profit de
il faut bien le dire,
préféra¬
la qualité, car,
dans ces peintures, les imperfec¬
tions de dessin, de coloration, de modelé sont innom¬
brables.
—
M. H.
Bernard d'Honnorat
a
envoyé
1111
spécimen de toile, peinte en Imitation de tapisserie,
représentant un paysage d'un bel effet décoratif.
Nous avons
réservé,
pour
et Jaussein.
sant six
—
Nous allions oublier Mlle Bleynie, expo¬
Photographies finement coloriées. — A propos
de photographies, il faut encore observer
vues
des Carrières de
si heureuse par le
Chancelade prises
11 faut
d'abord remarquer les cinq belles
porcelaines de Mme
de Lauriêre; puis La nuit de Mme
Carré, ses Fleurs et
les quatre
d'une façon
vaillant M. Dorsène. Ce dernier ex¬
pose, en outre, line très belle Cathédrale de St-Front.
Le Salon renferme
un
seul pastel,
mais cet unique
exemplaire est absolument remarquable. Le Vieux de
M.Goëylas a une tête délicieuse, expressive et vivante.
Cette revue, que nous avons commencée par les œu¬
vres de
l'éminent maître
Périgourdin Lafon, doit s'a¬
chever par celles d'un autre maître — Bordelais celui-ci
—
qui vient également de s'éteindre en emportant les
regrets universels du monde artistique : Maxime La¬
lanne. Grâce à l'obligeance de M. Auguin, qui
l'aimait
tant, le public peut admirer, au Salon Périgourdin,
deux splendides
Fusains de Lalanne. Le plus grand,
vrai chef-d'œuvre du genre, représente un
les grouper ensemble,
toute une phalange de vaillantes Périgourdines.
de Mllc Broin : MUcs Billottet, Pradeau, Lejèune
riant pay¬
sage ensoleillé, profond et aéré, avec un ciel lumineux
et des lointains
délicats, fuyant à l'infini. L'autre fu¬
sain
remarquable, a été fait par Lalanne
tout
aussi
\
dans l'atelier de
son
ami M.
Auguin, sur
un
tableau
I
56
LE
SALON
RÉIUGOURD1N
do ce dernier. Il a été exécuté d'un seul
sence
LE
I 886.
DE
jet, en pré¬
de nombreux artistes bordelais, admirateurs sin¬
cères du maître, invités à la fôte par
même.
Nous
avons
cru
M. Auguin lui-
devoir rappeler cet épisode
concernant Lalanne, car nous savons que
née a compté dans sa vie d'artiste et qu'il
cette jour¬
s'en est tou¬
vante :
SALON
A Maxime
PÉRIGOURDIN
DE
Lalanne, mort
Puisse ce témoignage posthume
1886.
en
juillet 1886.
de délicate attention
alléger la douleur de ceux que le maître, en partant
pour une région meilleure, a laissés sur terre ; puisset-il contribuer à leur faire trouver moins long le temps
de la séparation !
jours lui-même souvenu jusqu'à l'approche du moment
suprême. En-effet, ce fut à partir de ce jour que le Bor¬
deaux artistique
apprit à connaître, comme il conve
nait, la vaillante personnalité de Lalanne. Ce fut à da¬
ter de ce moment qu'une
phalange, toujours cle plus
plus nombreuse, d'admirateurs et
en
groupa
d'élèves, se
à Bordeaux autour de ce talent merveilleux.
Depuis et par intervalles, chaque année, Lalanne se
crut
obligé de quitter Paris pour se rendre dans la
ville natale
répartir son enseignement si recherché.
A côté des deux fusains il y a au
Salon d'autres bi¬
joux : des lins Crayons d'une délicatesse de touche
vraiment exquise et des Eaux-for tes puissantes et har¬
di es, comme Lalanne savait en graver.
Toutes ces richesses sont
disposées, à côté l'une de
l'autre, sur un seul panneau, au centre duquel la Com¬
mission
administrative a fait placer une couronne
de
cliène, entourée d'un crêpe, portant l'inscription sui-
C 5j
FIN
DU
SALON DE
1886.
INDEX ALPHABÉTIQUE
DES
MOMS
CITÉS.
I
1
I à
**************************
CITÉS
INDEX DES NOMS
s
Pages.
Page®.
àppian
18.68. 159
àlaux
Amaudry
(Mlle)
64
Ambroise
(Père)
104
Axcillotti
.
Angelico (Fra)
Annal y (M»e)
18. 67. 80
Aucué....
142
Audouin
79
Acguin, 16. 18. 45. 115. 122
147
Ambroise
(A.)
123. 156
150
Aviat, 16. 18. 35. 66. 115.
95
122. 127. 157
46. 151
18.81
Axenfeld..
ii
18,75, 115, 155
Baïllet....
127
Balzac
Barbier
$
(.1.)
53
Beauverie, 16. 115. 117. 135
Bélavai
15. 17
Bellangé..
...
Barillot, 16, 18, 30,78, 131
(F.-J.) ....
Berchère
Barrias
Bastien-Lepage
16, 153
77
53, 56
Bâton....
18. 50. 79
16. 117
Bergeret..
Bernard
68
62
Bellori
(I'Hoxnorat, 17. 154
Baudit, 16.18.61.115.122.154
Berthélemy
(P.-E.)....
150
146
Bertiiélemy
(V.-E.)
119
Bauré...
Beaumont
Beauîhont
(A. de)
65
Berthelon
151
Berthon
120.147
18. 41. 148
index
des
index
noms
15.
17. 119
Bourdin
Berton"
18. 51
Bourgeois...,
Billottet (MUb)
75. 155
Bouville (m'"«
Bironneau ^V111c)....
51. loi
Boyer-Guili.on, 48. 121. 147
Bitry
15. 17. 75. 153
Bleyxie
(M,le)
Bopp
Brielman...
136
du
Pont
l. de)
Pages
M.)
65
de)
79
18.29. 79. 118
58. 78. 115. 119. 153
Bordes
18. 64.
Brizon (Mmfi
Bouchard
18. 37.
Bru/on
60
Broin (Mlle
136
Brun (R.)
Boulestin
51. 148
Comblât (Mlle de) 52. 49. 80.
125. 134
156. 150
Constantin, ! 8.
Clavel
coblentz
47.
15
Corot
60
Cotanda
Cousy (Ilme)
Gàllias
53
(H. de)
Calvé
18. 52
59.
37.114
Castaignet
18. 67
65.115
Champeaux (ô. de), 120. 147
Champ-Renaud (Mwe de) 131.
Capeyron
51. 49
Charpentier (L.-F.)
Darnet
64. 145
Destrf.m
155
Détaillé
76. 121
Carré (!U,n'')
154
Ciiatrousse
18.59.
Carrier-Belleuse (A.-E.), 16
141
Choisnard
85
74
Delafosse
35
(J.\
78
119. 158
78
18. 51
84
Diaz
Dinguidar
Delanoy
....
Didier-Pouget,
I)ebord
Chateignon
135
Delpy
Denisane
59. 80
120.151
Delpech
Darien
56
65
.
Denet.,
18. 81
Carme (F.)
Delmon
40. 116
118
Chaplin
119
16. 18. 66. 129
Dameron
59. 80
151
146
155
Delanoy (H.-P.)
L.) 117. 146. 135
n.vr
Camoreyt
....
D
15. 17
79
Caille
84
152
Cros-Puymartin, 15.17.82.151
5". 132. 155
C
18. 59. 118
....
....
120. 155
77.
coli.ignon
combet
78.
154. 148
Clédat
c.oeylas,
115
...
52. 54.
(G.)...-
..
Carrit
Comerre-Paton (Mmi )
84
Claude-Lorrain
H.) 35. 76. 146
(B.)
Bouillon
Claude (E.) 18. 58. 115. 122.
63
Brissot de Warville, 16. 18.
137
Bouchot (Mme)
147
Brévillers (L.
51
Boggs
57
Breton (M,u
155
BLOIS
noms cites
Pages.
Pages.
BERTOLETTI
des
cites.
(Mlle)
46. 66. lli.
....
49
Dorsène
Dose!
79. 159
i
64
index des
noms
cites.
tndex
Pages.
Pages.
Doze
18. 49
Drouyn
18. 81
(MHo)
Guédon
52
Dupérelle
Guéry
Dubost, 15. 55. 80. 158. 150
(G.)
18 50
84
(Jules)
Dupré (Julien)
71
Dupuy (MUe)
154
15
Homo
150
80
Félix
(P.)....
Fleury(Mme F.J18.56.115.156
Fontenay (A.
78. 152
de)....
itt
Esréban.
79
Fouché
68
Fourrier (H'.)
18. 58. 84
Fontan
Fourxier-Laurière
151
Frère (G.)
159
Furcy de Lavault,
18.12
18. 59. 75
(mlle)
132
Hutin
ne
Iwill
18. 76. 155
Joubert
18.74.136
151
(MlleJ
rt
ituysmans
64
ebrand
55
75
|es
62
•i
iuelin (M'lle M.)
81
(M»6)
155
sein
49.118
Forel
18. 78. 152
63
80. 155
Espinouse
18.50.147
Guilmant
-18. 74
Durst
...
H
e
Flandrin
(G.)
tsat
55
Dumas (P.-P.)
65
rdon
Du pré
Dufour
I
Gros
129
56
(Th.)....
cites.
82. 151
....
Dopain, 16. 18. 71. 129. 150
Dubois de Trincaud-Latour (u#)
Dubois
noms
Pages.
IllIER
Duruisson
des
1
i
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;
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G
'■■■
i
II
Gérard
85
18. 55
Géricault
85
48
Gervaise,
15. 17. 65. 155
152
Gesne (A.
152
Gadonnet
(Mlle)
(C.tP,se G.'
vrska
Gagliardini
Garat
Gardanne
Gautherin
Geneste
.
16. 145
146
de)
Gintrac-Jouasset
Girard
75
irrère
46
)n
(A.), 16. 18. 68. 155
Konne
79
KuwaÉeg
loi
Lalanne
(J.-E.), 15. 25. 89. 155
iLlet
i
55
(Mlle H. de).
47
80
134
(M.)
16. 155
Lambert (Mme)
59
Lambert
15
164
INDEX
DES
NOMS
CITES.
tndex
Pages.
des
NOMS
CITES.
1
65
Pages
Pages.
DO/Ë
18. -49
DrOUYN
18. 81
Dubuisson
Gonthier
Dufour
(G.)
Goursat
(Jules)
Dumas (P.-P.)
17
Guilmant
Hardy
15
Héron
63
Homo
80. 155
HÉWITT
Estéban
(M,lc)
61
Hildebrand
Flandrin
18. 58. 84
(P.)....
Flkur\(Mme F.J18.56.115.156
Font an
Fontenay (A.
78. 152
de)....
Forel
18.12
152
Gagliardixi
Fournier (H.)
Géricault
Gervaise,
Gardanne
152
Gesne (A.
Geneste
146
75
Ingres
62
Iwilt
18. 76. 135
•i
Jacquelin (Mlle M.)
81
Jaussein (M1,e)
155
Ko cil
55
Konne
79
Kuwasseg
loi
Lalanne
Gérard
48
16. 143
I.MBERT (MlleJ
Frère (C.)
Furcy de Lavault, 18. 58
18. 55
.
J16
Fournier-Laurière
Garat
Gautherin
432
Hutin
i
Fouciié
49. 118
Gadonnet
18. 78. 152
Huysmans
151
E
80
55
II
48
E
Félix
18.50.147
15
Dupuy (Mlle)
Durst
150
Espinouse
(G.)
Grasset
Dupré (Julien)
18 50
151
48
Guéry
55
Dubost, 15. 55. 80. 158. 150
Guédon
Gourdon
56
Du pré
85
45
Dupain, 16. 18. 71. 129.
Dupérelle
(Th.)....
Gros
G ou a...-.
Dubois de Trincaud-Latour M
Dubois
82. 151
(Mi,c).
(M,le)
Konarska
(CtP,se G.)..
...
18. 74. 136
..
80
134
15. 17. 65.
de)
Gintrac-Jouasset
Girard
Joubert
(A.), 16. 18. 68.
Labarrère
Lapon (J.-E.),
15. 25. 89. 155
Lajallet (Mlle H. de)
I T
47
(M.)
16. 155
Lambert (Mme)
59
Lambert
15
i66
index
des
noms
cites.
index des
noms
cites.
i
67
Pages.
Landré (MUe)
Laxsyer
56. 155
Lefebybe
(E.)
40
18. 51
Lejeune
(M1)®)
155
Lapeyrière (P. de)...
151
Leménorel
150
Lapeyre
pages»
Nervaux (E. de)
Nobillet,
51. 65
Lepic
151
78
Laroche
157
Le Sage (Mlle)
La Rochknolre
147
Le Sueur (MUe G.)
65
147
Le Sueur (M1!è G.).
60
92
de)
Letanneur
18. 55
Làurens (J.-P.)
Laurifre
(M8" de]
Layialle
de
Lameillère
154
Letrône
50
Leveillé
(M11®)
Ollendon (Mm® C. d'). 18.121
138
134
63
i1»
Paganini
60
(M11*)
60
Lévy (M11®)
(M1Ie)
60
Luminais
154
58
Malzac
Ment a
120
Merson
41. 66
Marinier
152
Mariol
Marquet (M»®)
Marquette
18. 66. 153
Poussin (Le)
84
Pecrus
70
Pradeau (Ml,e)
155
Péraire
18. 38
50. 120. 139
(M11®)
Martens
Martin (H.)
Marx
M asc art
63
135
* 18. 73
79
74. 145
64
Moerdès
151
Molliet
Perboyre
51
Pétillion
56. 138
Peyricaub
120
110
Me y
Pradelles (Mlle E.)
Pradelles (H.)
79
46. 150
Proudhon
54
Pomey.
150
Ribarz
66
Q
65. 116
(Mlle)
Montalier (MlIe)
63
121
69
(0.)
de)
Port al (L.
Parry
50. 117. 157
Montardy (G. de)
17
Montégut
142
(M,l€ .1. de)
fi
Montet
114
Rambour
Montholon (F. de)
157
Rabin
Moormans
68
59
Mauraud (M,,e)
59
Mora
Maxime du Camp
26
Moreau de Tours...
77
Quevillon-Weddill
.
Maincent
118
119
18. 72
18. 47
Mendèz
Pharaon (M11®)
Parrot
M
28. 49
Mage
18.66
154
Layotte (M11®)
Le Doux
...
.
o
Olive.
Latenay (G.
Nozal
18. 32. 48. 134
50. 119
.
Rettmeyer
16. 18. 67. 129
........
...
152
Richomme
Riciiter
Reynaud— 18. 48. 15"?. 150
Rivet
Reynolds
Rocca
18. 76
154
18. 27
16. 132
53
(A. de La)
65
INDEX
168
DES
INDEX
NOMS
DES
NOMS
CITES.
CITES.
V
Pages
Pages.
Roffignac (M.
59. 142
de)..
Rolland de Denus,
81
Varlet...
55
Royer
147
Vauzanges
50
Ruinart
75
Venneman
Rousseau
16. 1 40
Roll
I I, 15. 17
(Th.)
50
Rouen (MHe)
50. 153"
(SVllle)..'...
Vergèses (J.
Vergez
de)
18.68
Saiiuqué
66. 11G
Schmitt
Sain (E,)
18. 70
Sébilleau
(M. de)
Saint-Germier
18. 70
Saint-Lanne
56. 77
Salomon..
Salles
(J.)
Salles-Wagner (Mrao)..
32. 64. 130
14
118
Sem
77
120
Serres
156
Sijas
75
Simon (E.)
79
113. 122
sauzay
18. 74
(A.)....«
69
Simon (J-B.-L.)
...
149
15
Smith
18. 71. 113. 116
SCHETTINO
83
Solde
18. 58
rr
49
Tener
66
Tiiiébaud
75
Thurner
18. 51
Tombelle
(F. de la)., 14. 15.
17. 29. 52. 53
Toulmouche
Timmermans
29. 119
51
114. 145
15415
Villepelet
150
Y
Y von
16. 18. 29. 128
A
Savignac
Taupin
106
Villemin (MUc)
de)
(Mme)..
Sécrestat
Salzedo
107
(L.)
18. 45. 114
Sébilleau-Sprenger,
141
(E.)
Veuillot
Villa
148
,
Veuillot
Vignes (M,le)
137
Verninac de S^Maur
Saint-àngel
Page».
Pages.
(A.), 18. 54. 77
Toulmouche (Mm#
M.), 65. 77
Ziem
18.41.70
Il
FIN.
Zuber
..
18. 51
TABLE
Pages.
AVERTISSEMENT
9
Nolice sur la Société des Amis des Arts de la
Le Salon
ERRATA.
Dordogne
11
Périgourdin de 1888
21
I.
Avanl-propos
23
Page 31, ligne 23e, au lieu de Dronnc, lisez : Dronne.
II. Salle.de l'entrée
27
Page 64, ligne 12e, au lieu de Amandry, lisez : Amaudry
III. Salle à gauche de l'entrée
43
Page 64, ligne 14e, au lieu de Hévitt, lisez : Héwitt.
IV. Salle à droite de l'entrée
61
Page 98, ligne 8e, au lieu de moindre, lisez :
V. Deuxième salle à droite de l'entrée
73
Périgourdin de 1886
87
moindres.
Le Salon
I. Les œuvres de Lafon
II. Salle à gauche de
l'entrée
89
113
III. Salle de l'entrée
427
IV. La sculpture
444
V. Dernière salle
445
Index alphabétique des noms cités
159
