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Médias

Fait partie de Les Salons Périgourdins de 1886 à 1888.

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LES

SALONS PÉRIGOURDINS
IDE

1886&1888
par

ÉTUDES SUR LES EXPOSITIONS DES BEAUX-ARTS
ORGANISÉES

Par la Société des cAmis des oArts de la

SE
A.

Dordogne.

TROUVE :

PÉRIG-UEUX,

Chez

l'auteur, i, rue Combe-des-Dames, chez M.
Gkrvaise>
91, rue de Bordeaux, et chez les principaux libraires de la

PÉRIGUEUX,

ville.

IMPRIMERIE E.

Dix

exemplaires

numérotés ont été tirés sur papier

Anglais.

LAPORTE, ANC. DUPONT ET C,e, RUE TÂILLEFER.

1889

Mon

cher

Bathylle,

J'ai appris que la plupart des
au

Salon de notre chère

ainsi qu'un

artistes qui ont figuré

Société des Amis des Arts,

grand nombre d'amateurs, cherchent à se

Y Echo de la Dordogne, où
sous votre signature, les consciencieux ar¬

procurer les numéros de
ont paru,

ticles de critique qui
et

ont été si justement

remarqués

si légitimement appréciés.

Beaucoup de personnes m'ont écrit à ce sujet, et je
leur ai tout d'abord répondu de s'adresser directement
au

rédacteur en chef de Y Echo, qui pourrait peut-être

qui les intéressaient;
mais je viens d'apprendre que cette collection est de¬
puis longtemps déjà absolument épuisée. Alors je me
ravisé, et j'ai répondu à ceux qui venaient de
m'adresser la même demande, que je ferais en sorte

disposer des quelques numéros

suis

de leur obtenir satisfaction.

J'avais, en faisant cette réponse, une

idée que je

viens vous communiquer, en formant des vœux pour

qu'elle ait votre assentiment et que vous la mettiez à

heureuse

exécution le plus promptement possible.

empressement cette occasion qui m'est offerte
en

Réunissez en une brochure tous ces articles qui ont
été si goûtés

du public d'amateurs et d'artistes aux¬

quels ils s'adressaient plus particulièrement, et vous
pourrez vous

flatter de répondre à un vœu général,

surtout si vous avez l'idée,

meilleure encore, d'y join¬

dre les articles parus à l'époque de notre exposition de
1886.

notre

féliciter

connue

reux, en vous relisant,

sociétaires qui ne soit heu¬

de ressentir à nouveau les im¬

pressions qu'il a éprouvées devant chacune des belles
œuvres

qui figuraient au Salon périgourdin, et il n'est

pas un

artiste qui ne recherche avec empressement

périgourdin, et je saisis avec

bien hautement.

de vous

Votre

modestie, bien

de tous et si appréciée de vos

collègues, vous

empêchera encore, j'en suis sûr, de signer vos articles
de

votre

tous vos

vrai nom,

que le pinceau.
saura

qui, s'il était connu, ferait dire a

amis que vous

maniez aussi bien la plume

Mais j'ai l'intime conviction qu'on

déchirer le voile de l'anonyme dont vous voulez

vous entourer

Il n'est pas un de nos

Salon

dit que vous

bien à tort, à mon avis,

lorsque j'aurai

êtes, sans contredit, le membre le plus

dévoué, le plus actif et le plus assidu de la Société
desAmis des Arts de la Dor dogue.

Recevez, mon cher Bathylle, l'assurance de mes
meilleurs sentiments.

l'occasion de savoir ce qu'on pense de son talent et de
ses

œuvres, au « pays des truffes. »
A.

Je vous donne mon idée pour ce

cher Bathylle, tout en
vous

qu'elle vaut, mon

insistant vivement auprès de

ROLLAND DE

Président de la Société des Amis des Arls
de la

Dordogne.

pour que vous n'en retardiez pas l'exécution.

Nous relirons tous, je vous l'assure, mon cher Ba¬

thylle, avec le plus vif intérêt, ces remarquables arti¬
cles de

critique qui ont complété d'une manière si

DENUS,

Périgueux, le 30 octobre 1888.

.T. .T. ■y» -T« «4-» ♦+» «+» «T» «+♦ «+» ♦+♦ «4-» «4»

*Y- .T'.T.XX .J. .T. «Y» «T* »T« »T» ♦+♦ «Y* ►+♦ ♦+♦ .Y« -T- -p »p p»

AVERTISSEMENT.

Encouragé par la lettre, trop flatteuse as¬
surément, qui

précède, et par la plupart

des exposants du Salon

suis

décidé à réunir

Périgourdin, je me

ensemble les articles

fait paraître pendant les deux
Expositions organisées par la Société des
que j'avais

Amis des Arts de la Dordogne.
L'ordre chronologique aurait exigé

que' le

(1) fût placé, dans le livre,
avant le Salon de 1888 (2) ; j'ai cependant

Salon de 1886

1880 a été publié, sous la
signature « Un Amateur », dans le journal Le Ralliement, de
Périgueux, des 24-, 27 août, 2, '3, 12, 14, 13, 17, 19 et 20
(1) Le Salon Périgourdin de

septembre 1886.

été publié, sous la
signature « Bathylle », dans le journal Y Echo de la Dordo¬
gne des 18 août, 3, 7, 11, 14-, 19 et 23 septembre 1888.
(2) Le Salon Périgourdin de 1888 a

AVERTISSEMENT.

10

commencé par

ce

dernier à cause de son

actualité.
J'ai cru intéresser le lecteur en faisant pré¬

études d'une Notice

céder

ces

ciété

qui a su attirer à Périgueux tant de

sur

la

So¬

beaux ouvrages.
Pour la facilité des recherches
à la

fin,

un

on

NOTICE

trouvera,

Index alphabétique des noms

SUR

cités.
A. B.

LA

SOCIÉTÉ DES AMIS DES ARTS
DE

LA

DOBDO G- ZESTE.

**************************

NOTICE SUR LA

SOCIÉTÉ

DES

AMIS DES ARTS DE LA DORDOGNE.
——flWWVw—

Personne n'ignore que l'art, en ornant l'esprit,

déve¬

loppe et perfectionne le sentiment du goût, et de tout
temps on a constaté qu'il est un puissant véhicule

de

progrès social et de haute civilisation. Sous l'inspira¬
tion d'un souffle

supérieur, l'art ne cesse de puiser

dans l'intarissable source de la nature, non-seulement

pour la copier, mais surtout pour la traduire et l'inter¬

préter en l'idéalisant. C'est ainsi qu'il parle éloquemment à l'esprit comme

à l'âme, au cœur comme aux

yeux, et qu'il nous enseigne à mieux voir

cette nature
et à mieux goûter les majestueux spectacles qu'elle
offre à notre
comme un
au

vue.

Avec raison, l'art est considéré

brillant flambeau du

progrès des peuples,

sein desquels les grands artistes,

vont en avant pour en éclairer

nier enfin,

les vrais génies,

la marche. On ne peut

qu'il ne soit l'expression exacte de leur

intelligence du beau, et, qu'en s'adressant aux senti-

NOTICE SUR LA

Î4

SOCIÉTÉ.

NOTICE

il ne parvienne à l'amé¬
liorer. C'est donc travailler pour le bien que de four¬
ments supérieurs de l'homme,

nir à tout le monde le moyen d'étudier et

dre les belles formes,

Les

de compren¬

la grâce, l'harmonie, le

beau.

expositions publiques de beaux-arts tendent

à

SUR

LA

I 5

SOCIÉTÉ.

bost, secrétaire ; Gervaise, secrétaire-adjoint; Glédat,
trésorier; Cros-'Puymàrtin, Grasset, Hardy. Lambert

Commission succéda,

et Villepelet, membres. A cette

le 13 mai 1886, la

suivante.: MM. Rolland de Denus,

président ; baron de la Tombelle et Bélaval, vice-pré¬

présence d'oeuvres
de mérite ne produise toujours ce mouvement artisti¬
que si nécessaire à la gloire et à la grandeur d'un

sidents ;

pays.

d'encourager l'étude du dessin, institua d'abord un

cela, et il n'est pas douteux que la

Ces louables sentiments furent ceux
rent la fondation de la Société des

qui déterminè¬

Amis des Arts de

Bertoletti, secrétaire ; Dubost, secrétaire-

adjoint; Clédat, trésorier; Bitry, Brizon, Gervaise,
Goua et

Savignac, membres. — La Société, en

Concours annuel, destiné aux élèves des

vent des leçons

du beau. Pour com¬
bler une telle lacune, quelques personnes se mirent à

des mentions honorables.

grouper les nombreux amateurs

la tête d'un comité d'initiative et

furent assez heureu¬

écoles publi¬

ques ou privées du département et à ceux

joli et vaste département manquait
d'un centre autour duquel viendraient se réunir et se

la Dordogne. Ce

vue

qui reçoi¬

particulières. Les plus méritants ob¬

tiennent, en prix, des objets d'art, des médailles et


Daps la même année eut

lieu la première exposition des
ouvert le 15 août

Beaux-Arts. Ce Salon,

1886, a obtenu

un

légitime succès

recruter un certain nombre de sociétaires. Le
19 octobre 1883 eut lieu la première assemblée géné¬

auprès de la population périgourdine. Cinq cent cin¬

la Société. Ces
derniers reçurent l'approbation préfectorale le 24 no¬
vembre suivant, et la Commission administrative fut

tes, étaient inscrits au catalogue.

Dans ce nombre la

Société a eu la bonne fortune de

compter des pages

ses pour

rale, appelée à discuter les statuts de

définitivement installée le

28 janvier 1884. Elle

était

composée de MM. Sécrestat, président; Rolland de
Denus et baron delà Tombelle, vice-présidents ; Du-

quante ouvrages, envoyés par cent soixante-six artis¬

délicieuses dues
d'un illustre

au

pinceau savant et au fin crayon

Périgourdin, le regretté Jacques-Emile

Lafon. A côté de ces chefs-d'œuvre,
ment les ouvrages d'autres

figuraient digne¬

Périgourdins, entr'autres

16

NOTICE

NOTICE SUR LA SOCIETE.

ceux

de M. Dameron et de M. Aviat, pour ne citer que

ré¬
compenses au Salon de Paris. Ajoutons que près de

des peintres dont le talent a été couronné par des

obtenu précédemment
des médailles ou des mentions. Il y avait en effet des

la moitié des exposants avaient

œuvres

de soixante-huit lauréats

de diverses exposi¬

tions, dont quarante-cinq récompensés au

Salon de

Paris.Parmi ces derniers, dix-huit étaient classés Hors

SUR

IJ

LA SOCIETE.

Dordogne, tant pai¬
ries expositions publiques que par des concours de
dessin. Et, pour encourager les artistes exposants et •
propager le goût artistique dans la

d'art,

fonds disponi¬
ayant figuré dans ses

expositions, œuvres destinées

à être tirées au sort

les sociétaires, elle doit employer ses
bles à l'achat d'oeuvres

entre tous les membres.

dents honoraires :



La Société a pour prési¬

Le Général de division, le Préfet de

diocèse et le Maire de Péri-

MM. Auguin, Barillot, Barrias, Baudit, Beau-

la Dordogne, l'Evêque du

verie, Bergeret, Brissot de Warville, Carrier-Belleuse,

gueux. Elle se compose de

membres perpétuels, fon¬

A. Girard, Lalanne, Mo-

dateurs et correspondants,

et elle est administrée par

concours :

Dameron, Dupain, Gautherin,
reau de

Tour, Rapin, Roll et Yvon. — Les achats faits

par la Société formaient un ensemble de quatorze
vrages ;

ou¬

de plus, deux; tableaux furent offerts, l'un par

M. Auguin,

l'autre par M. Avia t. Ces seize objets,

réunis à dix-neuf belles estampes

données

par M.

le

Ministre des beaux-arts, ont été répartis entre tous les

une'Commission

composée de onze membres, prési¬

dent compris, nommés au
taires réunis
comme les

en

scrutin par tous les socié¬
membres,

assemblée générale. Les

artistes exposants, ont droit à l'entrée gra¬

tuite et permanente des expositions delà
La seconde exposition s'est tenue du

Société.

15 août au 25

tirage au sort.

septembre 1888. La Commission qui en a présidé l'or¬

Après l'exposition on s'aperçut que les statuts de la

ganisation était composée de : MM. Rolland de Denus,

quelques lacunes, et la Commission

président; Bélaval et baron de la Tombelle, vice-prési¬

étudia un nouveau projet qui, discuté

et voté à l'as¬

dents; Bertoletti, secrétaire ; FLBrizon, secrétaire-ad¬

semblée générale du 15 mars 1887,

reçut l'approba¬

joint, Gervaise. trésorier; Bernard d'Honnorat, Bitry,

membres de la Société par la voie du

Société avaient

suivant. De ces statuts, il
résulte que la Société doit apporter tous ses soins à

tion préfectorale le 2 mai

Cros-Puymartin, G. Goursat et G, de Montardy, mem¬
bres.



Gomme le précédent,

cè Salon

périgourdin

l8

NOTICE

fut accueilli par

la

LA

a

été

dû.

surtout, aux œuvres de

plupart des artistes invités avaient

adressées. Sur cent

quatre-vingt-dix-neuf exposants

comptait quatre-vingt-dix lauréats de diverses expo¬

on

NOTICE

SOCIETE.

le public avec une faveur marquée.

Ce second succès
choix que

SUR

SUR

LA

IQ

SOCIETE.

encouragement. Au point de vue matériel, les acquisi¬
tions d'oeuvres d'art, effectuées soit par

par divers amateurs, ont

la Société, soit

dépassé - le' chiffre de vingt

expositions.
De leur côté, les Pouvoirs publics n'ont pas manqué

mille francs, pour les deux

à la Société. La Muni¬

sitions, parmi lesquels soixante-sept récompensés au

de témoigner leurs sympathies

Salon de Paris, ainsi classés :

cipalité de Périgueux, à l'occasion des

expositions, a

Doze, C. Dufo.ur, Fannv-Fleury, Furcy de Lavault,

Conseil général
de la Dordogne a voté une subvention, et le Ministre
de Pinstructiou publique et des beaux-arts a accordé,

Guéry, Iwill, Joubert, Nobillet,

lui aussi, à la suite de chaque

Titulaires de Mentions honorables : MM. Alaux, Axen-

feld, Berton, Bouchard, Cabrit, de Callias, Constantin,

d'Ollendon, Rivet,

Saint-Germier et Sébilleau ;
Médaillés : MM. A.
man, E. Claude,

Appian, Aviat, Bail 1 et, Briel-

Drouyn, Homo, Maincent, Péraire, F.

alloué cinq cents francs chaque fois; le

tion d'estampes.

Ces encouragements précieux, adres¬

sés à une œuvre si
faveur de la

Salon, une riche collec¬

utile dans le département,

et la

population, laissent espérer un brillant

Chaplin, E. Chatrousse, Dam.eron, Damoye, Destrem,

Société. Avec cela,
admirer desSalons toujours plus intéressants et instructifs, et le goût
des arts se développera, ainsi, chaque jour davantage

Détaillé, E. Dupain, Durst, P. Flandrin, de Fontenay,

dans ce beau Périgord.

Reynaud, P. Schmitt, A. Smith et Thurner.
Hors concours à Paris : MM. Auguin, Barillot, Bau-

dit,Berchère,N. Berthon, Bordes, Brissot de Warville,

Gagliardini, A. Girard, Lansyer, J.-P. Laurens, Luminais, H. Martin, Nozal, Parrot, Rapin, Richomme, E.
Sain, Sauzay, Soldi, Toulmouche, Yvon, Ziem et Zubér.
Les artistes exposants,
ont

très goûtés à Périgueux, y

également trouvé; ce qui était bien ju§te, un autre

avenir pour cette jeune et vaillante

nul doute que le public pourra souvent

LE

SALON

PÉRIGOURDIN
DE

1 S 8 8

OUVERT A PÉRIGUEUX, A L'ÉCOLE
Du 15 Août

au

25 Septembre.

ïbtiide publiée pendant
dans le

journal

LAKÂNAL

l'fDxpositioïl

l'ÉCHO DE LADORDOGNE.

2

S

I

LE SALON

PÉRIGOURDIN DE 1888.

[
Avant-Propos.
Nous venons d'être appelé à écrire le compte-rendu
du Salon Périgourdin, dans le vieil

Echo de la Dov-

dogue, où des critiques d'art plus experts y ont tant de
fois tenu la plume.

étude aura

au

A défaut d'autres mérites, notre

moins celui d'avoir été faite conscient

cieusement et avec

impartialité. Aussi,

en nous

pré¬

sentant pour la première fois aux aimables lecteurs de
ce

journal, nous comptons sur la bienveillante indul¬

gence qu'ils voudront bien accorderai! modeste travail

que nous allons entreprendre.
-

Avant d'entrer dans le cœur du sujet, nous tenons à

constater le succès de la Société des Amis

des Arts

de la Dordogne, qui, pour la deuxième fois, a su réu-

.V--Â

LE SALON

24

LE

PERIGOURDIN DE I 888.

nir une riche et intéressante

collection d'œuvres d'art.

L'exposition de l'école Lakanal contient, en effet, des
ouvrages

portant la signature des artistes les plus con¬

rarement
dans les expositions de province. Nous féliciterons
nus,

de ceux dont les œuvres se voient bien

donc cette vaillante Société

qui remplit si bien le but

qu'elle a inscrit dans ses statuts,

de « propager le

goût et l'amour des Beaux-arts » dans notre Périgord,
Les exhibitions comme celle qui nous occupe sont le

pénétrer partout l'a¬
mour du beau ; elles sont la base de l'éducation artis-

moyen le plus efficace pour faire

Assurément, une exposition des
Beaux-Arts n'est ni un spectacle, ni une de ces fêtes
instants, et

après quoi il ne reste plus rien, si ce n'est un vague
souvenir, bientôt effacé lui même par des impressions

plus récentes. Bien au contraire, une exposition

est
enseignement artistique sérieux. C'est là seulement
que le public peut comprendre, apprécier et juger les

PÉUIGOURDIN

teurs

pour se

temps que la variété de

chercher et
trouver sa voie, par l'étude des devanciers et des maî¬

leurs talents. C'est là que le débutant peut

tres et par

la comparaison raisonnée de leurs différents

ouvrages. La langue universelle de

l'art est accessible

I

888.

25

faire comprendre ; même en dehors

d'un certain milieu d'élite, tout le monde peut jouir de
ses

délicates et douces harmonies. Il est donc bien

naturel que nous applaudissions aux efforts des Socié¬

tés qui, comme les Anu's

des A ris de la Dordogne,

favorisent la décentralisation
aux

artistique et procurent,

populations de la province, le moyen d'entendre

cette langue ;

c'est-à-dire leur fournissent le

de voir, goûter et étudier ce

moyen

qui naguère était l'apa¬

nage exclusif des habitants de la capitale.
Les pouvoirs publics devraient encourager

de leur

mieux l'œuvre de ces Sociétés artistiques ; et

ici nous

ne

manquerons pas de louer

la Municipalité de notre

ville pour la subvention qu'elle a fait voter, en
des A mis des

faveur

Arts, dans une des dernières séances

du Conseil.
Nous sortons du Salon

un

efforts des artistes, en même

DE

à tous et elle n'a besoin ni d'interprètes, ni de traduc¬

tisque des masses.

mondaines où l'on va se distraire quelques

SALON

périgourdin. De cette pre¬

mière visite, nous avons rapporté

Salon actuel est

l'impression que le

peut-être plus brillant que celui de

1886, dans lequel, cependant, figuraient, comme au¬
tant de

joyaux, les admirables cartons du regretté

artiste

p.érigourdin J.-E. Làfon. Tous les

sont représentés ; mais ce

genres y

qui domine, naturellement,

26

LE SALON

PERIGOURD1N DE

c'est ce que Maxime Du Camp a

1888.

appelé : « La vraie force

cette catégo¬
rie, nous avons vu des œuvres capitales que nous nous
de l'école française, le paysage ». Dans

ii

le plus grand soin. Nous
avons également remarqué d'excellents portraits, de

proposons d'étudier avec

très bons tableaux

de genre, d'affriolantes

Salle

de l'entrée.

natures
En entrant à

mortes et quelques belles sculptures.

l'Exposition des Amis des Arts, la

En présence d'une aussi précieuse

collection, si nous

première chose qui se présente aux regards des visi¬

avions un vœu à formuler, ce serait

celui de ne pas

de notre compatriote
Adolphe Rivet. Cette statue, de grandeur nature, re¬

la laisser se disperser de nouveau, sans

qu'ii en reste

quelque spécimen parmi nous surtout dans notre mu¬
sée, si délaissé.

Après ce vœu, auquel souscriront

notre
avant-propos et nous allons donner les appréciations

tous ceux qui

aiment les arts, nous finissons

détaillées des œuvres d'art.

teurs, c'est la xJeune Bacchante

présente bien l'une de ces femmes légendaires

qui

suivaient Bacchus à la conquête des Indes et qui, dans
les*cérémonies des Bacchanales, couraient

velées, couvertes de peaux de tigres,
des thyrses

et poussant des

dire qu'il ne faut

tout éche-

tenant à la main

cris désordonnés. C'est

chercher ici ni la distinction d'une

Junon, ni la finesse d'une Vénus ; M. Rivet a su

trou¬

modèle qui convenait
sujet qu'il a traité. Le mouvement de sa Jeune Bac¬
chante a de la grâce et il est très étudié, dans une pose
où l'équilibre est parfaitement établi ; l'agencement
des lignes indique, au surplus, une recherche sérieuse
du-style. Son œuvre est simple de détails et agréable
d'ensemble, elle accuse du soin et dénote chez l'au-

ver,au point de vue plastique, le
au

28

LE SALON

PERIGOURDIN DE

1888.

LE

leur une sérieuse préoccupation artistique. Le nu
dans une certaine mesure,

est,

la pierre de touche de la

sculpture ; M. Rivet qui, avec sa Bacchante,

d'une

SALON

PÉRIGOURDIN

DE

I 888.



pie, sont fort joliment faits. — Mais, en fait de portraits,
nous

lui conseillons d'étudier la

M. A. Yvon, représentant le

magnifique toile de

portrait du sympathique

facture toute moderne et bien personnelle, a reçu une

vice-président de la Société les A mis des Arts : M, le

mention àu dernier Salon de Paris, vient de se révéler

baron de la Tombelle. C'est là une tête magistralement

comme un

que ce

artiste de marque. Nous sommes

persuadé

premier succès, bien mérité, l'encouragera à

et largement

peinte, expressive, vivante, au regard

perçant et plein de finesse. Ce portrait est, en outre,

aller toujours de l'avant dans la voie si difficile de l'art

modelé avec la dernière perfection ;

qu'il cultive.

un

il possède enfin

coloris harmonieux, délicat et naturel qui

attire et

promettant beaucoup,

plaît. — A côté se trouve le Port de Caen, vu un soir

nous le trouvons en M. E. Mage, de Yergt. Le meilleur

d'automne, par M. Timmermans, de qui nous avions

des tableaux qu'il expose est, sans contredit, la Marée

déjà admiré, en 1886, le Port d'Anvers. Au fond, il y

montante, où, malgré un horizon placé un peu haut, il

a la

y a les plus sérieuses qualités.

silhouettes des navires, et, devant, un

Un autre jeune Périgourdin,

Le ciel et la mer sont

dans une bonne, juste et agréable tonalité ;
central des pécheurs est bien

le groupe

compris, dessiné

avec

ville, enveloppée dans un joli gris-violàtre, puis les

superbe voilier

dont la mâture se détache vigoureusement sur un

ciel

Le tout laisse la meilleure

im¬

du soir doux et fin.

soin, et il contribue puissamment à l'unité de l'effet.

pression. La Plage de Flessingue, Hollande> du même

L'étude, Après la plaie, du même artiste, lestement

auteur, bien que de dimensions

enlevée, n'est pas aussi heureuse ; les maisons qui

tient d'aussi bonnes

bordent la place ont des lignes tant soit peu en révolte

bel agencement des pêcheurs sur les bords

contre les lois de la

parfaitement rendue.

perspective. Son Portrait de M.

Z)..., qui, dit-on, possède la qualité'de la ressemblance,

Voici encore

une

plus restreintes, con¬

qualités ; à observer, surtout, le

bonne toile,

d'une mer

signée J.-A. Briel-

des contours passablement durs ; on y découvre, ce¬

m'an, intitulée : Gardeuse d'oies, bords du Cher, à SB

pendant, des détails agréables ; les gants, par exem-

Amand-Montrond. Au premier plan, la paysanne sur-

a

30

LE

PÉRIGOURDIN DE

SALON

1

LE

888.

SALON

PÉRIGOURDIN DE

l888.

3l

veille les oies, prêtes à aller s'ébattre clans l'élément li¬

majestueusement au milieu de sa famille est superbe.

quide; derrière, il y a un paysage, aéré et profond,peint

dans YAr¬
tillerie aux grandes manœuvres, de M. P.-E. Per-

dans

une

gamme verte très séduisante. — Tant que

nous en sommes aux

animaux, n'oublions pas de regar¬

der bien attentivement ceux de M. L.
tre du genre.
a

Barillot, un maî¬

Sur les bords du canal d'Ouistreham, il

peint deux vaches qui ruminent couchées sur l'her¬

be ; quelques bateaux

traversent le canal. Le même

artiste, dans une seconde toile plus importante, donne
un

Maître Aliboron, bien campé, parfait de naturel et

bien à l'aise au milieu du

plus joli paysage de prin¬

temps, — plein d'air et de lumière, — qui puisse
trouver. A côté de ce bel âne,

assise contre

il y a une paysanne avec son enfant et,

un

se

arbre,

un peu plus en

arrière, un robuste gaillard bêchant la terre.



Un autre

spécialiste animalier, c'est Mlle R. Venneman. Ses Va¬
ches sont bien posées, mais les tons blancs de leurs ro¬
bes se confondent absolument avec les gris du ciel, sur

lequel elles se détachent. —Aussi, nous aimons mieux
reposer la vue en regardant Une rue au

Caire, de M.

N. Berchère, où il y a des chevaux exécutés avec une

souplesse de pinceau peu commune et des types orien¬
taux très réussis. — Le Poulailler, de M. G. Bu four,

est

également, un petit tableau délicieux ; le coq qui trône

Voici, maintenant, un tableau militaire :

qualités de dessin et
des chevaux parfaitement lancés au. galop ; c'est dom¬
mage que la tonalité générale en soit un peu sèche. —

boyre, on découvre de grandes

les sujets mili¬
taires ; ses débuts laissent deviner de grandes dispo-

M. P. de Lapeyrière étudie, lui aussi,

artistique sérieux. Ses
Quatre panneaux de cavaliers, sont de bonnes im¬
pressions, bien que la facture en soit assez négligée.
On pourrait souhaiter également plus de fuite dans
l'arrière-plan des terrains et plus de justesse dans le

positions et un tempérament

mouvement de quelques-uns des chevaux.
A voir : la Matinée de printemps,

de M. J. Capey-

la Barque de pêche
à marée basse, de M. P.-E. Berton, le ciel gris en est

ron avec un

bon jeune taureau ;

Mlle
Bironneau, qui a peint un peu lourdement un joli
coin ; le Chemin sous hois) de M. G. Blois, qui, mal¬
gré quelques faiblesses, est bien supérieur à Y Etude
à la Cave, du même artiste. —M. Boulestin a donné

très fin et profond ;

les Bords de la Rance} de

de belles eaux dans ses Rords

peu plus loin, Mlle Vignes a

de la Dronnc, et, un

fait une Nature morte, où

32

LE

SALON PERIGOURDIN

DE

I

888.

LE

SALON

PÉR1GOURDIN DE 1 888.

33

à l'autre panneau admirer les Fleurs d'automne, tou¬

M. L. Balon, intitulé : Vieille
bonne paysanne a une phy¬
sionomie douce et calme et se tient tranquillement

jours belles et bien groupées, de Mlle A. de Comblât.—

assise, bien

En passant, il faut regarder, avec toute l'attention

maintenant le délicieux

il y a un bon fromage

accompagné d'oranges.et d'au¬

tres choses beaucoup plus farbles. — Aussi allons-nous

le mérite la vieille réputation de

que

M. A. de Fontenav,

devant le petit sujet de

tricoteuse bretonne. La

attentive à son ouvrage. — Examinons

tableau intitulé : Jeune mère,

délicatement peint par M. L. Caille. Dans un

intérieur

agréable, vu un peu en bleu froid.— Heureusement que

assise et allai¬
tant sou enfant. L'artiste a très bien donné à la phy¬
sionomie maternelle, l'expression qui convenait ; son

tout à côté, il y a la

œuvre,

l'œuvre qu'il expose sous
née. C'est un

le titre : Scierie abandon¬

joli coin de la Suisse, harmonieux et
Ville d'Antibes, peinte par Mme

dessiné avec science se trouve la mère

outre, la précieuse qualité d'être d'un fini

Sébilleau-Sprenger dans une gamme blonde, douce et

en

chaude. —En face, le Marché en Bretagne, de M. Cons¬

leux.

tantin, produit un excellent effet; il est d'une composi¬

étudiée jusqu'aux moindres détails, possède,

Le peintre Reynolds,

merveil¬

qui a beaucoup écrit sur la

tion heureuse et d'une facture savante. —Voici M. A.

peinture, dit quelque part que « le peintre de portraits

NobilleLun mentionné du dernier Salon de Paris, avec

qui veut embellir et ennoblir son sujet, doit le rame¬
ner à une idée générale, en omettant tous les petits

un

beau Rosier double, planté sur l'avant d'un jardin

tant soit peu

monotone, mais parfaitement dessiné. —

détails de la physionomie et en lui

choisissant un cos¬

découvrons en M. F. Dupérelle; son Quai d'Orsay et le

qui ne rappelle
pas des idées communes. » M. J. Aviat sait, à mer¬

Trocadéro, en est la preuve irréfutable. Le gris-vio¬

veille, mettre en pratique la maxime

Par exemple, quelqu'un qui aime le gris-violacé, nous le

lacé du ciel descend sur le Trocadéro, il colore la ville
et déteint même sur les

personnages

et les terrains

des premiers plans. — Allons vite nous retremper dans

quelque chose de meilleur et arrêtons-nous, d'abord.

tume, en quelque

sorte permanent,

du savant An¬
glais ; nous l'avons constaté toutes les fois qu'il nous a
été donné de voir de ses portraits. Certes, dans le por¬

Salon Périgourdin, la nature avait gratilié le modèle de ses dons les

trait *§!ÉjfpSIqu'il expose aujourd'hui au

34

LE SALON PERIGOURDIN DE

LE

I 888.

plus enviables ; ni la distinction, ni la parfaite régula¬
rité des traits ne manquent à Mme

X..,, et M. Aviat

s'est bien gardé de ne pas tirer profit de ces
ses

précieu¬

qualités. Le portrait qu'il a peint, dans une pose des

plus gracieuses, est d'un modelé charmant ; le dessin
en

est précis,

d'une précision qui n'ôte rien à l'effet,

bien que poussée très

loin. C'est

une

jeune femme

blonde, au type parisien, vêtue d'une étoffe

saumon

harmonieuse et drapée avec goût. L'éclat de la carna¬

tion, la profondeur et le velouté du regard sont fort

remarquables ; le fond, d'un gris bleuâtre, fait valoir

SALON

PÉRIGOURDIN

DE

1888.

35

sobre et distinguée ; le dessin est d'une précision abso¬
lue et le sujet a été traitée, avec cette facture très fine,
un

peu cristalline, particulière à M. Toulmouche. — La

griffe du maître, nous la retrouvons encore dans YEtude pour les récits mérovingiens (lladegonde), de M.

J.-P. Laurens, morceau aussi admirable par la correc¬
tion et l'élégance des lignes que par la facilité avec la¬

quelle

ce

savant pinceau a obtenu de si puissants

effets.
Mlle Elisa Koch n'a pas oublié
daillée à Périgueux en

qu'elle avait été mé¬

1880; aussi nous a-t-elle en¬

le sujet et en complète l'harmonie générale.

M. Aviat,

voyé le charmant tableau intitulé : Veux-tu, dis ? Un

qui marche sur les traces des maîtres,

parfait le

petit enfant, bien expressif dans son innocence, fixe

sera

jour où il ajoutera, à sa grande habileté,-ce que Proudhon appelait « la

préoccupation de YIntus du mo¬

ses

grands yeux bleus, — vifs et suppliants, — sur sa

mère qui, évidemment, ne manquera pas d'accéder à la

dèle. » —C est, du reste, ce que fait merveilleusement

demande exprimée, avec tant d'éloquence, par

M.

cieux bambin qu'elle enlance amoureusement dans ses

Toulmouche, dans son Odalisque parisienne, où,
l'expression de la physionomie, la pose, les accessoi¬

bras.



le déli¬

Tant que nous en sommes aux choses agréa¬

moral du

bles, n'oublions pas de regarder la gracieuse Jeune

sujet. V Odalisque est là souriante, nonchalante, assise

fille, peinte par Mme Henriette Brizon, sur un fond

res, tout concourt à représenter le caractère

devant une table

sur

laquelle il y a un bouquet de

fleurs ; de la main droite elle tient

un

bras gauche se trouve gracieusement

éventail et le'

appuyé

au

fau¬

teuil. Les draperies sont d'une coloration variée, mais

gris nacré du plus bel effet.
La Jeune fille de Wissant,
une

de M.

tête-bien construite, mais tout

M. Fouriiier.

a

le bleu qui l'en¬

toure, à commencer par celui des jupons jusqu'à

celui

36

LE

SALON

LE

PÉRIGOURD1N DE I 888.

des parois de l'appartement,

est bien ennuyeux à re¬

garder ; c'est ce qui nous décide à lui préférer le Pê¬
cheur attendant la marée, du même auteur ; type pris
sur

le vif au moment où, tranquillement assis sur

le

pont du bateau, il fume sa pipe. — Mme Fanny-Fleury,
en

représentant la Toilette de bébé, a serré de fort près

l'intimité physique et morale

de la jeune mère qui

s'apprête à éponger l'enfant assis sur ses genoux, en
lui promettant, sans doute, pour le récompenser

de sa

de l'apparte¬
ment. A part quelques faiblesses dans la façon de dra¬
per le tablier de la mère, cette peinture est irrépro¬
chable et bien consciencieuse ; ainsi, du reste, que le
docilité, les brioches posées sur la table

piquant effet obtenu dans la seconde étude de la même
main, exposée sous le titre : Jeune Bretonne.— La mine

été exploitée, très
agréablement, par M. L.-F. Charpentier. Son Goûter
des

sujets d'intérieur a encore

n'est autre chose qu'un bel écolier, à la mine
assis sur un banc

adossé à la muraille,

éveillée,

s'apprêtant à

de préparer.
Le beau gris du fond aide à compléter l'harmonie
générale. Sa Bonne femme épluchant des pommes de
terre est installée devant l'àtre et, pendant que la

dévorer l'appétissante tartine qu'il vient

marmite laisse

échapper les vapeurs du liquide en

SALON

PÉRIGOURDIN DE 1888.

3~

ébullition, elle achève de préparer les légumes desti¬
nés à compléter le frugal
repas de la famille. Il man¬
que bien un peu d'air ambiant autour de la paysanne ;
mais ce sujet, comme le premier,

est traité

avec

sin¬

cérité.

Voulez-vous un bel effet de

plein air? regardez les

Femmes sur la terrasse à Tunis,

par

chard. La composition
manque

légèrement d'unité,

M. P.-L. Bou¬

cependant le tableau, bien lumineux, est interprété
savamment, avec un accent tout particulier. — La lu¬
mière est aussi très bien

employée dans les Pêcheries

de TOcéan, bassin

cTArcachon, par M. H. Brun. Cette

belle marine, qui

décorerait parfaitement le salon le

plus élégant, a une couleur plaisante et pleine d'har¬
monie. Le dessin en est

régulier, tout se trouve à sa

place. Sous un ciel lumineux, aéré et fin, il y a des
eaux transparentes et
profondes, sur lesquelles glis¬
sent çà et

là, et voiles déployées, quelques légères

embarcations. M Brun, qui s'entend si bien à fixer la
lumière du jour sur la toile, n'est
pas moins habile

lorsqu'il s'agit de peindre ce que

nous

appellerons la

lumière de la nuit. Ainsi son Lever de lune à

Lormont,

près Bordeaux, rend parfaitement la sensation d'une
belle soirée d'été. Le

spectacle de ces beaux coteaux
3

LE SALON

38

LE

PERIGOURDTN DE 1888.

de Lormont; argentés par

les rayons lunaires, est sai¬

reflète dans les eaux tour¬
mentées de la Garonne et, grâce à ses rayons, on dis¬
tingue les formes d'un voilier, amarré près de l'estacade. L'éclat d'un foyer, allumé à l'intérieur d'une ca¬
bane de marin dont la porte est ouverte, ajoute au

sissant de vérité. La lune se

lumière artificielle fait le
avec
l'éclairage extérieur. —
plus heureux contraste
A côté de ce tableau se trouve une autre belle œuvre
due
pinceau de M. P.-E. Péraire. C'est un Pay¬
sage d'une facture toute moderne, plein d'air, calme et
tranquille, avec des eaux claires et des verdures sé¬

piquant du tableau ; cette

au

Mais le Salon Périgourdin peut
satisfaire tout aussi bien les admirateurs du paysage
classique, et, s'il ne possède pas de nombreux spéci¬

duisantes au possible.—

mens de

cette école,

il a du moins la bonne fortune

élève
d'Ingres, est, en effet, parmi nos contemporains, le

d'avoir l'œuvre

d'un maître. M. P. Flandrin,

représentant le plus autorisé du paysage

si harmonieux de couleur,
dessiné et peint avec une science consommée, — est

son


historique, et

tableau En automne,

fouillé, jusqu'aux moindres détails, avec un

soin irré¬

que-la nouvelle école ait
presque entièrement abandonné ces procédés savants,

prochable. Aussi, malgré

SALON

PÉRIGOURDIN

DE

1888.

3q

les amateurs sérieux examineront attentivement cette
œuvre

si intéressante

sous

bien des rapports.

dessus de \'Automne de Flandrin

Fleurs des champs de M.

sont



Au-

placées les

Furcy de Lavault ; ce sont des

coquelicots bien nature et des reines-marguerites, fort
bien

groupés ensemble, s'enlevant crânement sur le

fond gris du ciel.— Pendant
nons un

coup

d'œil sur le Vase de fleurs de

Mauraud. Le pinceau n'est
son

que nous y sommes, don¬

fait ; mais cette jeune

Mlle J.

pas entièrement maître de

Périgourdine promet beau¬

coup ; les Fleurs, aussi bien que les

Asperges de la

même artiste, sont peintes avec sincérité.— M. J.

Calvé,
lui, excelle dans ce genre : ses Chrysanthèmes et gre¬
nades sont parfaites et enlevées avec une virtuosité di¬
gne des plus grands éloges. Nous oserons même dire

que nous les préférons à l'autre tableau, où M.

Calvé

reproduit La croupe du Peuil (Cissac MédocJ. Ce se¬
cond n'en reste pas moins un bon
les brebis trouvent, après
une eau

paysage dans lequel

avoir brouté l'herbe tendre,

limpide et fraîche pour étancher leur soif. —

Nous n'avons

également que des éloges à faire à

M. Cabrit pour ses Coteaux de
Bernezac, peints avec
une

allure si personnelle. C'est lumineux et bien

en

place ; s'il était possible de faire circuler un peu plus

LE SALON

40

d'air dans le feuille des arbres des
serait parfait.



LE

PÉRIGOURDIN DE l888.
premiers plans, ce

Le mot parfait tombant sous notre

plume, nous ne pouvons mieux l'appliquer qu'aux œu¬
vres

Voici les titres

de M. Ernest Lefebvre de Rouen.

des deux toiles que nous

voyons

dans cette salle :

Fromage à la pie, Poires; l'une comme
deux natures mortes sont

ces

l'autre de

interprétées avec une

habileté consommée et une vérité de couleur absolue.
Les

Poires auraient toutefois

cause

de la plus grande unité de

mière. Nous ne

nos

préférences , à

composition et de lu¬

résistons pas au plaisir

de donner

dans laquelle
nous apercevons un troisième tableau,
que M. Le¬
febvre a baptisé Desserf, et qui est tout simplement un
chef-d'œuvre du genre, tant sa brosse souple a su y

un

coup d'œil furtif dans la salle de droite,

SALON

PÉRIGOURDIN

DE

1888.

41

de Biniou fAuvergne),

de M. Nicolas Berthon. La

scène se passe au seuil

d'une rustique maison située

sur la

pente d'un coteau et se détachant vigoureuse¬

ment sur un ciel éclatant.
vant la porte,

Maître et élèves sont là, de •

faisant vibrer les accords de leur ins¬

trument primitif ; au loin on aperçoit

les pics neigeux

qui s'élèvent en grand nombre dans ce coin pittores¬
que de la France.



La précision de la touche de M.

de M.
Marinier, qui, avec son grand tableau de VEtang de
Berthon peut s'opposer à la facture plus large

Maillecourt, fait preuve d'un paysagiste

sûr de son

fait. Les gris-verdâtres du fond, agréables et fins, sont
très bien conduits et parfaitement

liés avec les verts

plus intenses et ensoleillés des

plans secondaires ;

nénufars,
tranquilles et unies comme une glace, présentent
bien l'horizontalité qui convient à un étang.— Avant de
les eaux, — sur lesquelles sont plaqués des


mettre d'harmonie, de sincérité et

de transparence. —

Il faut bien déclarer qu'il faut à M. Darien un talent in¬

contestable pour

se

soutenir à côté des morceaux

achevés que nous venons

d'examiner. Malgré tout,

devant la toile

représentant Venise, effet du matin,

chocolat attirent

exposée par le peintre le plus fidèle à la Reine de l'A¬

infiniment à

driatique. M. Ziem, effectivement, doit connaître sa

ses

Huîtres et ses Eclairs au café et

le

regard des connaisseurs et plaisent

Venise par cœur ; c'est elle qui

l'œil.
Dans la salle de l'entrée, il ne nous

quitter la salle, nous nous placerons, à quelques pas,

reste plus que

trois bonnes choses à voir. Commençons par La

leçon

pour une

lui a fourni la matière

quantité innombrable de tableaux. Aussi,

Ziem aime-t-il passionnément cette

Reine et il revient

42

LE SALON PERIGOURDIN DE

I 888.

toujours à elle. Le tableau que nous avons devant les
yeux en est une nouvelle preuve ;
tant par l'éclat de

il est remarquable
m

la couleur que par l'harmonie de

l'ensemble. La touche,



toute de premier jet, — y

est savante et distinguée, elle

Salle à

dénote la merveilleuse

gauche de l'entrée.

facilité de l'auteur de ce morceau exquis.
Nous voici devant les Landes du
des plus beaux tableaux

Cap Breton, un

de M. Auguin ; nous jette¬

rons, en même temps, un coup

d'oeil sur l'ensemble

fait au Salon Périgourdin. En cela nous dérogeons bien du plan que
nous nous sommes imposé de procéder par salle ;

de l'important envoi que ce maître a

mais les aimables lecteurs nous le

pardonneront en

réfléchissant que, lorsqu'on a la bonne

fortune d'avoir

celles que
M. Auguin expose, il est tout naturel de les étudier

sous les

yeux des oeuvres de choix comme

dans leur ensemble afin d'en dégager

la personnalité

artistique de l'auteur. L'envoi de M. Auguin se com¬

de sept tableaux : Landes du

Cap Breton ,

Littoral landais (effet du soir), Courant

de Soustons,

pose

Dunes de Labenne, Dans

les dunes de Labenne (Lan¬

(effet du soir).
de ces belles pages, on aperçoit bien

des), Etang de Lacanau, La rivière
En présence

vite combien l'artiste sait, — avec une facture large et

44

le salon

périgourdin de 1888.

du

salon

périgourdin

1888.

de

45

rendre l'écla¬

la fraîcheur des eaux. Dans son Essai sur la critique,

ciel, la profondeur des horizons et

Pope, parlant de l'artiste impuissant à rendre la belle

souple, une touche grasse et vraie,
tante clarté

le

l'harmonie des sites. Sa manière
tacle grandiose de la nature



d'envisager le spec¬

lui est aussi personnelle

à la

nature, ajoute qu' « il a recours

parure pour ca¬

cher son ignorance et son manque d'art. » M.

Àuguin

que sa façon de le rendre, et, pour signer ses tableaux,

n'est pas de

il n'est pas nécessaire qu'il y appose son nom.

nature, l'embrasser-et la saisir en elle-même ; lui, qui

dons bien longuement ces deux

importants

Regar¬

ouvrages

ceux-là ; il sait à merveille interpréter la

la voit encore plus avec son âme qu'avec ses yeux,

qui s'appellent les Landes du Cap Breton, vaste sol-

sait l'animer indépendamment

litude aux horizons

secours d'aucune

sans

fins, et le Littoral Landais

de l'homme et sans le

scène, ni d'aucun décor de conven¬

où il y a l'immensité de l'Océan. Un charme indéfinis¬

tion. Les accessoires

sable se dégage de

toiles ; avec la campagne toute pure,

ces

ces

belles nuances ambrées, de

tons lumineux et chauds, de

ces demi-teintes

ex¬

il

sont totalement bannis

et toucher. Ses œuvres sont d'un

de

ses

il sait émouvoir

grand style et de

quises et de ces doux rayons de soleil, tamisés par les

première sève ; elles sont éloquentes par l'accent net

nuages vaporeux, tombant comme une pluie d'or et de

et vigoureux avec lequel elles sont rendues ;

perles sur la mer, les verdures ou le sable. La supé¬

Auguin restera un de ces paysagistes qui seront l'im¬

riorité de ce poète du pinceau se voit encore

mortel honneur de l'école moderne.

dans la

qualité d'une couleur magique, toujours déterminée
par la lumière ;

ses tableaux ne vous montrent pas du

terrain, des collines, des arbres, mais l'effet du soleil
sur ces

terrains, ces collines, ces arbres. C'est ainsi

A côté du maître, voici un de ses meilleurs
artiste qui sait

bien mettre

l'air partout.

dernier tableau, qui est

ges, et lorsqu'il y en a,



comme dans le

paysa¬

Courant de

Souston, ou VEtang de Lacanau. — on se baigne dans

relief la physionomie

Sébilleau a envoyé les intéressants
ronne à

ses

élèves :

générale d'un paysage et en dégager l'expression. M.

qu'il obtient la puissance et la vie et qu'il fait circuler
On s'enfonce aisément dans

en

aussi M.

Cambes et l'Automne en

Bords de la Ga¬

Périgord. Dans ce

le plus important, il y a des

solides rochers au bas desquels se tiennent

deux ber¬

gères. Des moutons paissent tranquillement l'herbe

LE SALON PERIGOURDIN DE I 888.

46

LE

délicieux. —
Un autre Bordelais. M. Didier-Pouget, expose un Etang
fine qui croit en abondance dans ce coin

de Cernay (Seine-et-Oise),

qui laisse une grande im¬

pression. C'est un paysage, aux sombres

colorations

de l'entrée de la nuit, avec un ciel d'un puissant effet,
se

mirant dans les eaux tranquilles'de l'étang. — Voici

encore un

curieux effet

d'automne,



A Berganton,

près Bordeaux — bien décoratif, de M. Pradelles. Ce
vétéran des artistes bordelais expose
paysage, plein de fraîcheur et
tulé

:

également un

de transparence, inti¬

Au Petit-Régnier, près d'Eynesse ;

son

étude,

de Mlle H. de

SALON

PÉRIGOURDIN

DE

1888.

47

Lajallet. Ces Heurs, au riche coloris,

sont rendues avec une grande

vérité et arrangées avec

goût par une main habile ; elles se détachent admira¬
blement sur un fond vigoureux,
et fine.

Mlle

de

d'une tonalité chaude

Lajallet touche également bien la

gamme claire ; on peut s'en rendre
dant sa seconde toile où il y a

compte en regar¬

des Chrysanthèmes —

peintes avec une délicatesse de touche remarquable —
sur un

fond gris-pâle du plus bel effet.

Un talent d'une valeur
vons en

incontestable, nous le trou¬

M. H. Coëylas. Son Intérieur d'Eglise (Saint-

Les deux Jumeaux, à Hendaye, est peut-être un peu

Etienne du Mont, Paris), prouve une connaissance par¬

dure.

faite du dessin et des lois de la perspective. Cette œu¬

Les environs de Taille bourg ont

été peints en au¬

vre

est éclairée avec discernement et, en outre de son

rendu la vaste

coloris ferme et de sa vigoureuse harmonie, elle a des

plaine, au milieu de laquelle un troupeau de moutons

qualités de composition et de sentiment. Témoins la

tomne par Mme Annaly, qui a très bien

broute l'herbe. VHiver, de la
effet de neige bien compris,

même artiste, est un

dans sa gamme blanche

bonne femme qui prie, assise, et la

dame parisienne,

accompagnée de sa fillette, prenant l'eau bénite. L'E¬

si difficile à manier. — Passons devant les ouvrages de

tude Dans les roseaux,

M. Gintrac-Jouasset : La balançoire, La leçon de chant

très agréablement présentée. — Un autre tableau bien

qui contiennent bien quelques notes

remarquable, tant pour la précision du dessin que pour

sont deux toiles

discordantes ; mais en somme

la composition en est

décorative. — Par exemple, si nous voulons de l'har¬
monie véritable, nous la trouverons dans

les Pavots

la mâle

du même auteur, est aussi

vigueur et la parfaite harmonie du coloris,

nous le trouvons dans le

la chasse, de M.

Cavalier gaulois, retour de

Luminais. Le Gaulois, le cheval et

48

LE SALON

PÉRIGOURDIN DE 1888.

LE

SALON

PÉRIGOURDIN DÉ

I 888.

49

et Le pans du gendarmey tanneries à

le chien, qui les précède, sont dans un mouvement des

peu naturelle,

plus justes. — Les tableaux de M. F. Reynaud, Joie

Agen, où il y a d'immenses murailles dans un ton gris

maternelle (Italie) el

qui ne manque pas de charme;

contiennent,

La partie de cartes (Naples),

eux aussi,

les plus enviables qualités.

Les figures ont des attitudes

parfaitement observées

et elles se meuvent dans une atmosphère

éclatante, pro¬

pre au pays du soleil. — Le soleil est

également bien

fixé sur la toile où M. Francis Garat

a

représenté Le

marché de Saragosse (Espagne). Il y a peut-être
ques faiblesses dans les lignes des
marchands et- les acheteurs
sous un ciel

quel¬

maisons, mais les

grouillent dans la

rue,

intense, et donnent à souhait l'impression

de M. E.-F. Forel,
jeune artiste copie le gamin de la
ferme d'à-côté ; peinture un peu lâchée et dont l'effet
est moins vigoureux que dans son autre tableau, Lut¬
teurs forains (effet de lumière) : curieuse représenta¬

En plein air, un

tion de l'intérieur

d'une baraque ; de M.

M.-J.-M.

Doze, Taureaux et moutons, dans une coloration pas¬
sablement heurtée, et la
autre toile

Visite aux prisonniers, une

bien supérieure sur

laquelle on voit une

jeune femme — parfaitement dessinée et peinte, dans

éloges, entraînerait trop loin ; à regret il faut donc se

David, — devant une cage d'oi¬
exotiques. —Nous retrouvons encore ici M. Mage
avec sa Méditation, bonne vieille femme d'une facture

résigner à une sorte d'énumération rapide. Nous cite¬

hardie ; Mlle A.

d'un brouhaha de foire.
La description

le style classique de

de tous les tableaux qui méritent des

seaux

de Comblât avec Au frais, cueillette

gauche du moulin, et des eaux transparentes ;

son

fond
de paysage ; M. Capeyron, avec un Poulailler où il y
coq superbe. — Nous détournerons le regard du

Coin d'intérieur,

si minutieusement dessiné, est

en¬

tableau de M. Taupin,

peint avec sincérité ; de M. Nobillet, Une

na¬

rons :

de M. Boyer-Guillon Le Moulin du Mouran, près

Castillon (étude), où il y a des arbres bien

core

frais, à la

de roses, vraies et belles fleurs s'enlevant sur un

a un

qui,

en

Granville (Manche), a trouvé moyen
ner

de M. Gourdon, Le nid de l'aigle, forêt

et lumineuse Soirée d'automne,

bleau, avec un piquant effet de lumière et une couleur

ses

Bouées à

de ne rien don¬

de bon, et nous le reposerons plutôt sur l'agréable

ture morte, bien rendue et l'agréable vue en Sologne',

de Fontaine¬

faisant

Mlle G.

Dinguidar.

étang de Lacanau, de

50

LE

SALON

PERIGOURDIN DE

1888.

Mlle M. Marquet mérite également tous
pour ses deux tableaux : Bords de l'Isle

LE

nos

éloges

et Paysage à

finesse,

SALON

PERIGOURDIN

M. Destrem

a

DE

représenté,

Vieille maison de Bretagne. L'air

l888.

5 I

en maître,

une

enveloppe bien le -

Mussidan, morceaux étudiés consciencieusement, bien

paysage, traité avec une touche

savante et sûre. Un

en harmonie et infiniment préférables à ceux de M.La-

intéressant baudet traverse la

cour

vialle de Lameillère ; les deux ouvrages de cet artiste,

coin.

Tulipes et anémones, aussi bien que les Asperges

les
et

chaudron, ont des qualités de couleur, mais la

Il faut encore examiner avec toute l'attention

ble les deux toiles de M.

E.

souplesse de la brosse y fait un peu défaut.— Il en èst

échoués à Dieppe,

de même de M. Rambour pour son

ciel d'un éclat incomparable ;

Lever du soleil à

Nice, et pour son Ancien port de La Rochelle.— Avec
M. Yauzanges, nous

retrouvons de belles et bonnes

Pêches et des Pét-unias et
sobre et vraie.
sont également



Les

traitées

géraniums d'une couleur

possi¬

Lansyer. Ses Bateaux

s'enlèvent vigoureusement sur un
dans le fond on distin¬

gue la ville de Dieppe traitée dans une gamme
très fine et harmonieuse au possible.
un morceau

joli

tout aussi parfait ;

La

grise,

Marine est

le mouvement des va¬

peintures de Mlle M. Montalier

gues de la mer y est visible et le ciel orageux est d'une

soin ; après avoir re¬

vigueur étonnante.— Tant que nous sommes aux bon¬

avec

gardé complaisamment la belle Etude de printemps,
nous nous

et anime ce

arrêtons un peu

plus longuement sur son

Intérieur de Lois où la lumière s'insinue si bien
la feuillée verte. — M. A.

sous

Guéry mérite, lui aussi, les

plus grands éloges; Y Aurore au bord du Morin à Villier

(Seine-et-Marne), est une excellente impression

du

matin ;

Midi à Martig ny-les-Bains (Vosges), est

tout simplement un morceau

parfait, avec un coup de

soleil qui réchauffe et donne une complète

illusion de

la nature.— Dans une tonalité plus sobre et pleine

de

nes

choses, regardons un peu plus haut où se trouvent

les appétissants

Champignons de M. Thurner. Voilà

de la nature morte traitée en véritable artiste. La fac¬
ture en est savante, la touche

facile et la couleur d'une

grande vérité. Les deux autres toiles de M. Thurner :
La

saison des hannetons, cerises

ainsi que

doubles ((leursJ,

Cerises et prunes reine-claude, possèdent

Cette salle renferme
encore des œuvres très importantes, à commencer par

les mêmes qualités brillantes. —

le paysage

si personnel de M. Zuber, intitulé : Les

52

LE SALON

PERIGOURDIN DE

bords du Loing eu avril.

LE

1888.

Dans une nappe d'eau, bor¬

dée par des ajoncs touffus, se

mire le ciel bleu tra¬

légers nuages. La feuille com¬
mence à éclore sur les arbres du rivages, et là-bas, au

versé par quelques

impré¬
gné d'air et de lumière et coloré de tons chauds et
fond, s'étend une belle colline. Tout cela est

SALON

PERIGOURDIN

DE

1888.

53

Lordogne est là debout, prêt à tourner le feuillet de
la partition,

donnant la mesure et animant tout de son

regard, aussi bien que de son geste. Dans le fond,
assis sur un canapé, on reconnaît fort bien M. A. Guilmant le célèbre organiste,

qui, penché

sur un

cahier

de musique, suit le chœur avec M. Th. Dubois; sur le

harmonieux, M. Zuber est un de ceux qui savent poé¬

pas delà porte, à gauche, le librettiste, M. Jules Bar¬

tiser la belle nature ; aussi l'œil se détache avec regret

bier, salue la maîtresse de la maison, allée à sa ren¬

de son œuvre si parfaite.

contre, et M. de Callias, lui-même, s'est peint à droite,

En entrant dans la salle, le

regard du visiteur est

tout d'abord attiré par l'intéressante toile, —
la cymaise du panneau qui

placée à

fait face à la porte, — re¬

présentant Une répétition de Gluck

chez la baronne

de la Tombelle. Cette œuvre importante

fait le plus

cachant, modestement une

cadre. Du reste, les personnages

tant d'uniformité toutes ses

licat asu traiter, comme il convenait, un sujet dans le¬

ne

Dans un riche salon, — meublé et orné avec

goût

tableau sont

parfaite ; voilà,

figures et, s'il a pu dimi¬

les valeurs pour celles des plans

lui a été

avec

permis d'en sacrifier

secondaires, il

aucune.

Dans

ces

conditions, il n'était pas possible de respecter entière¬
ment la loi de l'unité,

ni pour la composition, ni pour

de la distinction, —

la lumière. Cela posé, nous n'hésitons pas à dire que

autour du piano, les nombreux amateurs

l'ordonnance du sujet est naturelle, agréable et judi¬

sobre et délicat qui est la marque
sont réunis,

ce

ce

évidemment, ce qui a obligé l'artiste à éclairer

grand honneur à M. II. de Callias, dont le pinceau dé¬

innombrables.

de

tous des portraits d'une ressemblance

nuer

quel il y avait à vaincre des difficultés

partie de sa tête derrière le

de musique, habitués à venir y chanter. Un chœur

cieuse ; le dessin, qui présentait tant de difficultés de

à l'étude ,

perspective et de mise

est
c'est le baron F. de la Tombelle, dont le

talent de compositeur est bien connu,

qui dirige. Le

sympathique vice-président des Amis des Arts de la

en

place,

y

est d'une grande

correction, avec des airs de tête saisis sur le vif et
des attitudës bien étudiées. Nous

4

en

dirons autant du

54

LE SALON

PÉRIGOURDIN DE l888.

coloris, qui, tenu dans une

gamme sobre,

55

voulue par

en M.

Choisnard ; sa Ferme de la vallée de

Chevreux,

SALON

l'éclairage du salon, est doux et suave ; il est en môme

d'un bon dessin, est

temps harmonieux, comme il convenait dans un tem¬

soleil du fond de la cour donne une note

ple de la musique. Les dames du premier plan, vêtues

la monotonie du site ; son

de fraîches toilettes, forment un groupe méritant

traité

sur¬

éloges; l'expression vraie des physionomies

tout des

et la pose naturelle des personnages

sont rendues su¬

périeurement ; les détails sont pris sur le fait et idéa.

PÉRIGOURDIN DE 1888.

LE

lises à force de vérité; ce groupe est un des principaux
charmes de l'œuvre. La touche du pinceau est élégante
et

souple, un peu aplatie, transparente dans les ombres

et jamais

heurtée ni à contre-temps. Toutes ces pré¬

cieuses qualités réunies arrêtent longuement les
teurs et

visi¬

donnent au tableau de M. de Gallias un attrait

irrésistible. Pour les Périgourdins, à côté de cet attrait

de les faire assister
à un épisode de la brillante vie artistique d'un com¬

s;en ajoute un autre : c'est celui

patriote des plus distingués.
Dans son tableau Les lavandières, M. Constantin
n'a mis que des groupes séparés

et peu d'ensemble ;

mais comme c'est rendu et.étudié,, et quels jolis arran¬

gements ! La grâce des poses,

la beauté des formes,

avec

largement brossée; le coup de

Hangar au village de Laïmer,

la même assurance, mérite encore
qu'on

s'y arrêté. — C'est

ce

que nous ne ferons pas devant

la Rue au Caire, de M.
ses

gaie et relève

Varlet. Cette peinture, avec

crudités de ton et son peu de
vraisemblance, n'est

pas faite pour plaire ; aussi nous aimons mieux
miner les intéressantes études que M. Dubost

exa¬

expose :

les solides Rochers du

Moustiers, la Vue prise à
Montignac, avec son ciel lumineux, l'agréable Château
de Los se et le piquant Lever de soleil sur la
sont

d'excellentes

Boissière,

impressions, prises sur nature. —

Tout près de là, il y a un véritable

plein midi peint par

M. Gagliardini : l'Attente des pêcheurs à

Cayeux-sur+

Mer (Sommej, n'est autre chose, en effet,

que

du so¬

leil fixé sur de la toile. Sur le sable brûlant de la
plage

quelques femmes sont installées, devant elles s'étend
la mer; le ciel, le terrain et les

personnages sont ren¬

dus avec une justesse de couleur locale

Gagliardini

expose

incroyable. M.

également une autre toile d'une

la délicatesse de la facture, tout y est digne de remar¬

belle et large touche, intitulée : Un coin de rue à CM-

que.—Un autre artiste consciencieux, nous le trouvons

teldon fAuvergne^. —Nous aimons

beaucoup aussi, à

56

LE SALON

cause

PERIGOURDIN DE

LE

I 888.

de la sincérité qu'on y retrouve, Les Lords de la

Pétillion. —Nous
aimons même beaucoup mieux ces deux toiles que la

Marne et le Paysage (ètuAeJ, de M.

Jeune fille à sa toilette, que Mlle Landré a peinte dans

pénombre ingrate et peu séduisante ; heureuse¬

une

ment que

cette artiste a donné des Fleurs de*mai d'un

coloris plus harmonieux et d'un aspect très décoratif.
Si nous voulons quelqu'un'qui sache
tête

dans

la

pénombre, il faudra le chercher en

M. Bâton. Son tableau En Bretagne

jeune bergère, bien en place,
au

travailler une
représente une

assise sur un tertre

bord de la mer. Le soleil éclaire vivement le large

chapeau de paille qu'elle a sur la tête et laisse
une

dans

demi-teinte, bien étudiée, l'intéressante physiono¬

mie de la paysanne. —Voici maintenant quelque chose

d'original au possible : c'est un jeune type oriental qui,
Après le bain , s'étant couché sur une peau de tigre,
s'amuse à écraser un chat,

qu'il tient avec ses pieds,

levés en l'air et appuyés contre la muraille. Au demeu'

rant, M. Saint-Lanne a bien
même brossé

dessiné son sujet, il l'a

largement ; mais avec quelques duretés

dans les contours. — Où nous trouvons parfaitement
notre
en

compte pour l'harmonie et les notes justes, c'est

regardant En rade, de Mm* Dubois de Trincaud-La-

SALON

PÉRIGOURDIN

tour. Dans cette marine,
eaux

l888.

DE

le ciel est blanc ainsi que les

qui le reflètent, et le navire est encore blanc. Les

mâts seuls donnent

un

ton bistré ;

mais comme cela

est bien amené, comme c'est àpointetagréableà voir î

La tour

Balaguier (rade de Toulon^, due au même

pinceau, quoique d'une tonalité bleue un peu crue, est

digne d'attention. — Digne de remarque l'est
égalementZa matinée d'avril enPérigord, de M. Com-

encore

bet. Les brouillards du matin commencent à

per et les troncs des arbres projettent

se

dissi¬

déjà des

om¬

bres, aux tons transparents, sur le chemin creux qui,
du milieu de l'avant, conduit au

milieu des champs de gauche,

fond du paysage. Au

il y

a

quelques nïou-

tons, gardés par une bergère assise sur l'herbe fraîche,
le dos appuyé contre un arbre. Dans

cette importante

toile, on voit des tons d'une délicatesse extrême et
l'ensemble produit le meilleur effet.

Nous signalerons

aussi, de M. Combet, un bel Effet de brouillard en dé¬

cembre,1 des Fleurs bien nature et un Effet de neige
manquant légèrement de profondeur. — Un joli bouquet
de Fleurs a également été fait par M. Bourdin, à
de qui se trouve le tableau, si décoratif,

côté

où M. Colli-

gnon a peint supérieurement d'autres Fleurs, pivoines
et lilas.

58

LE

SALON

Nous nous garderons
l'élernel

I 888.

PERIGOURDIN DE

LE

bien de passer sous silence

Troupeau de moutons de M. Brissot de War-

ville. La soirée est avancée, le soleil a disparu

à l'ho¬

SALON

PÉRIGOURDIN. DE

des lignes pures et un ensemble

I 888.

59

des plus décoratifs.

Voici encore La lecture, statuette en terre cuite : vrai

bijou, plein de grâce et de délicate simplicité,

dû à

rizon, en laissant sur le ciel une chaude et vive colo¬

l'ébauchoir savant de M. Chatrousse.— Notre compa¬

ration ; le berger, pressé par

l'heure, pousse visible¬

triote, M. M. de Roffignac, n'a pas manqué, non plus,

ment son troupeau, bien repu,

qui s'avance en rangs

de nous faire

serrés. Les tableaux de M. Brissot de Warville nous

Paganini jouait
seule corde à son

font songer aux douces mélodies que
sur une

seule corde ; il n'a qu'une

arc, mais quel parti sait-il en tirer !

Il ne donne qu'une

note, mais la belle note pour les connaisseurs î — Un

qui a un faire bien personnel, nous le re¬

autre artiste,

trouvons en M. Claude. Les
un

fruits de mon jardin sont

vrai chef-d'œuvre du genre ; ce sont

des pêches

veloutées et savoureuses, des raisins, blancs

et noirs,

juteux et transparents : le tout disposé, éclairé et peint
avec un

art parfait.

coloris frais et

Ses belles Chrysanthèmes,

aux

puissants, sont tout aussi remarqua¬

bles.

Nous en avons fini, dans celte salle, avec les ouvra¬
ges de

peintures ; il ne nous reste plus à voir

que

plusieurs beaux spécimens de sculptures, des faïences

apprécier son beau talent d'animalier.

Son Chien, bronze /bire perdue,/, est , parfait

de natu¬

rel, et il est exécuté avec un savoir peu commun ; son

bien ex¬
pressif et fouillé jusqu'aux moindres détails. A l'occa¬
Putois pris au piège fterre cuite^ est encore

sion, M. de Roffignac sait également
res :

témoin le

faire des figu¬

Temps à la lin du monde-, ^plâtre^, qui

est une curieuse et originale

ciencieusement.— Très

statuette, étudiée cons¬

originale et pleine de mouve¬

ment, l'est aussi la Fantaisie, ^statuette plâtre^, de M.
Daniel ; le Médaillon et
intéressants.



le Buste de M. Delmon sont

M. Mora a envoyé un Lièvre pris au

Bécasse dans un
taillis, fouillée et rendue de la manière la plus par¬
faite ; ce sujet, traité en haut relief, forme un panneau
collet, largement traité, et puis une

décoratif très bien compris.
Avant de partir, nous donnerons un

coup

d'œil ra¬

et des émaux.

Voici d'abord Gallia ^médaillon bronze,/,

pide sur les porcelaines. Mme M.-A. Lambert expose

de M. Soldi

haut relief, modelé avec

une

:

énergie,

avec

Tète de Vierge bien venue, deux Portraits de jeu-

6o
nés

LE

SALON

PÉRIGOURDIN

DE

colombe ; Mllc Layotte

filles et Jeune fille à la

et Jeune fille à

donne Je Portrait de Mlle E...
source

l888.

la

; Mlle Leveillé a peint, sur deux belles faïences,

IV

les Prés de Monthières et la Cavèe de Grancourt; Mlle
Rouen a fort bien réussi à

reproduire la Vérité, une

Salle à

droite de l'entrée.

Nymphe et Bacchus et la Jeune fille à la colombe de
Chaplin. — Avec M1Ie G. Le Sueur, nous observerons
une

fine

miniature, intitulée

: la

Cruche cassée, et

de l'é¬
paysagistes contemporains. Un des bons,

Nous avons déjà dit un mot de la splendeur
cole des

populaire italienne, émail

parmi les meilleurs de ces admirables poètes du pin¬

agréablement traité. — Un autre émail bien venu, en

ceau, nous le retrouvons en M. A. Baudit, dont le talent

camaïeu, c'est celui que Mme Bouchot nomme Les

est si connu et chez qui il faut louer, à un degré égal,

jeux de guerre ; mais dans ce genre, il faut surtout

l'unité, la vérité et la solidité de sa peinture. Son dessin

applaudir à la limpidité des ouvrages de M. Coblentz.

deux émaux limousins d'une belle dimension et d'un

serré de fort près. A ce
propos, nous aimons à nous rappeler les trop courts
instants que, naguère, nous avons eu le plaisir de passer
en compagnie d'un ami, dans l'atelier de M. Baudit.

joli feu ; le dernier surtout est admiré

Là nous avons vu le maître au milieu de son œuvre

avec MWeB. Le Doux : la Muse

Elisabeth reçme sur le vaisseau
que Y Entrée

amateurs.

le Drack) aussi bien

de Mahomet II à Constantinople, sont

par

les bons

est toujours correct, savant et

intime ; un

grand nombre d'intéressantes études ont

passé sous nos yeux et ont fait l'objet de notre admi¬
ration bien sincère. Entr'autres choses, nous avons

particulièrement goûté une.rare collection de dessins
au

crayon,



sur papier teinté et rehaussés de blanc,

—vrais bijoux que le maître avait

rapportés de ses ex¬

cursions artistiques. Etant servie par un crayon d'une

62

LE

SALON

PERIGOURD1N DE

telle assurance, il n'est pas étonnant que
de M. Baudit possède cette

LE

1888.

la peinture

rigoureuse exactitude des

lignes et cette scrupuleuse mise en place des

objets.

Regardez attentivement les œuvres de choix qu'il a
envoyées à

l'exposition, et constatez avec quelle

SALON

PÉRIGOURDIN

vent, comme des géants, sur les

DE

1888.

63

rives de la Vézère.

Ces belles œuvres prouvent un savoir consommé : elles

variété du beau
talent de M. Baudit. Au surplus, ce maître sait former

prouvent, en outre, la fécondité et la

des élèves

qui lui font le plus grand honneur. — En

Mais la

voici, tout à côté, une vaillante phalange : Mlle Mar¬

parfaite connaissance du dessin, qualifiée par Ingres

quette qui, Sur les bords du bassin d'Arcachon, (ArèsJ,

science de dessinateur elles sont construites.

de a probité

de l'art, » ne lui a pas fait oublier que,

a

peint un paysage avec un superbe bouquet de pins et

bien avant,— à ce que rapporte Bellori, — Le Poussin

animé de jolies vaches ; MI,e Letanneur a bien vu,

avait dit : «La couleur, dans la peinture, est le charme

soir dans la Lande, un ciel chaud

qui persuade les yeux et ressemble à l'harmonie dans

allument des feux; M.

la poésie. »

Aussi, M. Baudit sait revêtir ses tableaux

des riches et belles colorations

de la nature, il sait

tout envelopper d'air et de lumière. Voyez

quels puis¬

Un

et des paysans qui

Héron qui, dans Un coin de

parc, a peut-être fait des arbres un peu plats sur le de¬

vant, mais où s'infiltrent agréablement les rayons
soleil ; Mme L.

du

de Bouville, qui donne un Sous bois en

Soleil couchant, fbassin d'Arca-

avril; M. de Portai, qui expose La Hume et Bord de

chon^, et comme on se promène et respire à l'aise

route, deux toiles éclatantes de lumière ; M. P. de La-

sants effets dans le

dans

son

tableau du Vieux ponton

à Piraillan ^bassin

d'Àrcachony), où il y a des terrains solides et une im¬
mense

frais

peyrière, dont nous avons déjà parlé et qui a eu bien¬
tôt brossé son Etendard. — Nous citerons encore M110

étendue ; comme on

aimerait à se mettre au

Molliet, qui aime les coins de rivière et qui les peint

Sous Lois

à Saint-Junien, fHaute-

très agréablement. Tout le monde connaît le ravissant

dans

son

qui fait partie de la collection de notre mu¬

Vienne^, aux riches verdures si harmonieuses et agréa¬

paysage

bles. Enfin, on se baignerait volontiers dans l'eau lim¬

sée, représentant les Bords de la Seine à Cliâtou. Au¬

pide de sa Vallée des Eyzies, sous ce ciel d'une fi¬
nesse

extrême et à l'abri des beaux rochers

qui s'élù-

jourd'hui nous voyons d'autres Bords de la Seine :
douce matinée, avec un

ciel bien compris, de belles

64

LE SALON PERIGOURD1N DE

l888.

LE

SALON

PÉRIGOURDIN DE 1888.

65

et un fond de collines parfaitement en place. Les

son

Paysage au pont de la Cité, dont les détails sont ren¬

fleurs, iris et pivoines, prouvent encore que M11* Mol-

dus

avec tant de

liet s'entend à merveille à traiter les sujets décoratifs ;

les fruits, par exemple : les délicieuses Cerises et frai¬

eaux

ces

fleurs, qui se mirent dans l'onde pure

du premier

plan, se détachent harmonieusement sur un

fond de

ciel doux et fin.

dans les Lilas (étude à la gouache),

le trouvons

de M. Mey : bou¬

enlevé et
disposé avec un goût sûr. — Nous en dirons de même
quet à la facture large et savante, joliment

pour les

ravissantes Roses, de Mme Sébilleau-Spren-

ger et pour les
nous

faisons

beaux Lilas, de Mlle Amandry. — Si

Fruits d'été, que

une

suspendu par
patte ; de M. A. de La Rocca, un véritable gigot,

avec

le beau Lapin de garenne,

des appétissants œufs sur le plat, le tout Sur une

table de cuisine ; de Mlle Breton, un Chou pommé par¬
faitement modelé,

des Cèpes du Périgord bien nature,

conciencieuse
étude de Poissons, où il y a une perche, un homard et

sur un

fond un peu trop vertical, et une

Nature

quelques réserves pour l'arrangement

quelques accessoires ; de M. Gervaise, une

de M,le Hévitt, — de qui nous préfé¬

morte, avec des cuivres éclatants et un bidon de ver¬

louerons sincè¬

nis Buffet et Hepper, un Coin de cuisine agréablement

de M. E. Bordes, traitées avec

arrangé et deux paysages : Bords de fis le à Péri-

de haut

gueux, avec un joli ciel, et Moulin de la Chah aime, sur

des Orchidées,
rons

ses, de M. F. Carme, ouïes succulents

MmeM.Toulmouche expose. — Citons encore de MUeG.
Le Sueur,

Un autre beau panneau décoratif, nous

fidélité. — Après les fleurs viennent

les Fleurs des champs, — nous

rement les Tulipes,

cette assurance qui dénote la main d'un artiste

mérite. D'ailleurs nous avons

une

preuve

la valeur de M. Bordes, en regardant sa

certaine de

la Côle, à Saint-Romain,

Fileuse mé¬

joliment bien enlevée.

sincère et délicieuse étude,

rovingienne, étude si caractéristique, agréablement et

Nous voilà revenus au paysage ;

remarquons avec

soigneusement fouillée jusqu'aux moindres détails. —

soin les suivants : La suave Lande

d'Estibeaux, ma¬

Un autre artiste qui peint largement, nous le trouvons

tinée de septembre, si délicatement

peinte par M. A.

en

M. Darnet ; sa

Nature morte (fleurs)-, hardiment

enlevée, indique une décision peu commune; ainsi que

de

Beaumont ; la

lumineuse Garonne à Bordeaux,

fsoivj, de M. Castaignet, qui expose, en outre, les

66

LE

Bords

de la

SALON

PÉRIGOURDÏN

Garonne à

DE

LE

1888.
son

Boussens, intéressante vue,

PÉRIGOURDÏN

1888.



6j

Orsay fSe'ine-et-Oise/—Des morceaux

très remarquables sont exposés par M. P.-L.

Pyrénées dans le fond ;•

finement observée, avec les

Canal à

SALON

Damoye,

la Marine dans la haie du Mont-St-Michel. aussi bien

les Bords de la Seine, de M. Maincent, douce matinée

pendant laquelle de nombreux couples de Parisiens se

que les Bruyères sur la commune de

livrent aux distractions de la pêche ;

rite, possèdent des qualités exceptionnelles ; les ciels

chers de

les solides Ro¬

en

Vàlhère, si exactement rendus, dans tous

leurs détails, par M. Aviat ;
Pêcheurs à

Rossillon (Ain/ que M. A.

du-Château (Auvergne), de M. Ribarz ; la Rade à Bor¬

touche bien personnelle,

deaux, si bien venue, de M. Sahuqué, ainsi que son

œuvres

moelleux Port de Bordeaux(effet de neige/—Un autre

pas

l'harmonieuse et fine

Pointe de St-Vaast, de M. E.

Clavel ; ni le délicieux et

marquer.



N'oublions

profond sous-bois de M. A. Nozal, intitulé : Un coin de
T étang

de Saint-Gucupha, et observons avec toute

l'attention qu'ils méritent les trois Paysages de M.

R.

Tener, qui sait si bien donner l'impression du soir.—
M.

Dameron

est

également digne de remarque pour

la facilité et la justesse avec

lesquelles il a rendu

est également une de ces

du soleil colorent en rouge, se reflète

admirablement dans-les eaux pures
ves

ont cette

du canal ; les ri¬

pénombre indécise propre à l'entrée de

la nuit et les bouquets

d'arbres

se

détachent

en

si¬

lhouettes obscures.
.

Voici encore un artiste d'un talent tout

personnel et

particulièrement goûté par les amateurs délicats. Cer¬
tes, la petite toile que M.
vallée de T Ainà
mesure

A. Rapin a envoyée, La

Varambon, ne peut point donner la

de son talent ; toutefois, on y

les précieuses

découvre bien

qualités qui le distinguent :

un

faire

moins

large et solide, une harmonie parfaite et une facilité

de lumière

étonnante.— Un- autre maître paysagiste, il faut le voir

Bords de la mer et M. Marinier ne l'est pas
pour avoir si bien su envelopper' d'air et

ses

Appian a exécuté avec sa

qui impressionnent le visiteur ; le ciel, que les

derniers rayons

piquant effet de neige a été vu, le soir, par M. Didiermême artiste, est encore à re¬

lumineux, les arrière-plans fuient à

harmonie et d'une vérité absolues.—Le Soir, canal dé

Cayeux-sur-Mer et le petit Motif à Pont-

la pétillante Marine, du

fins et

l'infini et la tonalité générale de ces œuvres est d'une

les jolies Habitations de

Pouget et donné avec la Tour St-Michel à Bordeaux ;

sont

Sainte-Margue¬

PÉPJGOURDIN DE 1888.

68

LE SALON

en

M. A. Girard ; ses Bords

de la Seine, d'une fac¬

ture savante et fine, vus le matin, peu

le réveil de la nature, sont
belles eaux de la rivière

LE

de temps après

délicieux à regarder. Les

coulent tranquillement ;

les

imprégnés de la buée
matinale, ont des tons délicats, transparents et natu¬
rels ; le ciel, bien en place, y est d'une finesse mer¬
veilleuse.
A côté de cette belle œuvre se trouve Le
coteau de Châtillon et les plaines de Massy, toile
arbres et les prairies,

encore



Schmitta su fixer, avec une
étonnante fidélité, un effet d'orage. Les arbres y sont
visiblement agités par le vent, le ciel est chargé d'é¬
lectricité et la tonalité générale laisse l'impression de
cet instant, en quelque sorte dramatique, qui précède

dans laquelle M. P.-L.-F.

toujours un orage sur le point d'éclater. Son Fond de
et les montagnes de la Corse est
aussi une étude bien observée de ce pays si curieuse¬

la rade d'A jaccio

vos

SALON

PÉRIGOURDIN

DE

1888.

69

ont bien cette furia qui les caractérise et les atti¬

tudes en sont étudiées avec soin. M.

Bellangé

expose

également : Un légionnaire (grenadier ex-garde^, les
Plages et falaises des Petites-Dalles
et

un

curieux

Chalet

^Normandie,!,

des environs

Interlaken

^Suisse^.— M. Antony Serres, dans un autre genre, a
voulu montrer, lui aussi, ce que

la guerre apporte de

désolations. Sa Fuite de paysans,

peinture délicate et fine ;

1870-71, est

une

charrette chargée du

une

mobilier- de la famille est traînée, au milieu des neiges
du rude hiver, par un cheval
sur le

dont l'allure est saisie

vif; les paysans, tristes et inquiets, marchent

péniblement à la suite,

l'angoisse

se

lit

sur

leur

visage.
Les amateurs de la peinture de genre feront bien de
s'arrêter devant YÉtamèur, que
ment représenté,

M. Menta a parfaite¬

installé au coin d'une place,

au

mi¬

Passons vite de¬
vant la Soirée (Tété, de M. Moormans ; Les sollici¬

lieu de sa batterie de cuisine ; la touche

la fine peinture de cet artiste, attirent tous les

regards.

girondin^, avec de précieux détails, de
M. E. Fouché;S/;ei*ai2zfl, étrange tête par M. G. Alaux.

Son second tableau : Vient de paraître, est

harmo¬

ment accidenté et si pittoresque. —

teurs ^intérieur



La

Arrêtons-nous
mort du

un

peu

plus longuement devant

commandant, de M. E.

Bellangé ; cet

épisode de Magenta est crânement enlevé ; les zoua-

nieux au possible, et marque bien

spirituelle et

la curiosité de cette

dame qui, assise au bord d'une terrasse, feuillette

fié¬

vreusement la dernière production

fa¬

de

son auteur

vori.— En face, il faut voir une autre belle dame de M.

LE SALON PKRIGOURDIN DE

JO

LE

1888.

SALON

PÉRIGOURDIN DE I 888.

JI

Pécrus, en toilette rouge, et qui, à Y Heure de T étude,

puits, à l'ombre d'une large treille , à travers les feuil-

la mando¬

lages, passent les rayons lumineux d'un soleil d'été et

de nouveau

produisent les plus piquants effets sur le terrain et les
murailles.—Si vous voulez encore une curieuse et belle

chante en s'accompagnant des doux sons de
line. — Dans cette salle, nous retrouvons

Venise par M. Ziem, et

un

éclatant effet du soir, vu à

une

remarquable et fine peinture où M. Berchère donne

une

scène orientale, intitulée: Grande poste (ànesj.—

Il faut profiter de ce que nous sommes en orient pour

vieille,
de M. E. Dupain. Le haut mérite de cet artiste se voit

étude de tête d'expression, regardez la Tète de

aussi dans sa vue Au Bas-Meudon,

où il y a, sur le

souplesse et l'élégance de la touche des

rivage de la Seine, une coquette barque, dans laquelle

peintures exécutées par M. Saint-Germier. Dans la

d'épais om¬
brages. — Voici maintenant un artiste qui sait, par le
style, mettre de l'intérêt aux choses de la vie ordi¬

admirer la

Prière à la mosquée, des musulmans récitent les ver¬
sets du Coran avec les

poses

recueillies, et comme

absorbées, de l'Arabe en oraison. Une atmosphère fine

une

jeune femme s'amuse à tricoter sous

naire des champs.

En abandonnant les élégances, si

mosquée sont, on ne peul mieux , harmonisées. La

Julien Dupré
consacre, — dans La porteuse de lait, environs de

Venise, de M. Saint-Germier, dessinée avec

Mauroy (Saint-Quentin), — son merveilleux talent à

circule

Vue de

autour des fidèles et les couleurs

vives de la

science, possède les mêmes qualités de facture et de

judicieuse harmonie. — De Venise nous pouvons bien
descendre jusqu'à l'île de Capri,

où M. E.-A. Sain a

souvent factices, de la vie mondaine, M.

marche
dans la prairie, avec son pas assuré, on sent qu'elle
vit et respire à l'aise et tout est conçu et exécuté
la description

une

de la vie rustique. La laitière

perfection rare. —M. A. Smith marche

trouvé une Jeune fille des plus gracieuses, dans sa sim¬

avec

plicité, et il l'a peinte avec le savoir d'un maître con¬

sur

sommé. Dans ce genre, c'est une des meilleures choses

dangeuses donnent très bien

du Salon Périgourdin. Nous ajoutons que

air

la Pergola

les traces

des maîtres de ce genre ; ses

Ven¬

l'impression du plein

et sont

reproduites dans les poses les plus na¬
grand sentiment artistique se dégage

fCaprQ, du même artiste, est un morceau tout aussi

turelles.

Un

remarquable : deux paysannes sont debout près d'un

aussi de

l'important Sons-bois que M. Smith a peint

LE SALON PERIGOURDrN DE I 888.

72
dans

une

verte, agréable et distinguée, et

gamme

dans lequel les rayons du soleil s'insinuent

si bien au

travers des feuilles pour venir caresser le gazon touffu.


^ ^V

^ ^ ^ ^ % Si %

Si ^ ^

Nous terminerons l'étude des

dans cette salle par

œuvres

V

exposées

la délicieuse figure que notre

Deuxième salle à droite de

l'entrée.

compatriote, M. P. Parrot, a vue Après le bal. Servi
par un dessin d'une

grande correction, M. Parrot a

peint cette jeune personne dans une gamme douce et
tendre. Le clair-obscur y est

étudié

en maître ;

ombres sont transparentes et la touche du
à la fois élégante,
une œuvre

facile et solide ;

en

les

pinceau est

somme,

voici

remarquable qui fait le plus grand honneur

à l'artiste qui l'a exécutée, aussi est-elle un des orne¬
ments de VExposition des Amis des Arts.

Les dessins, les aquarelles

et les pastels ont tous

été réunis dans cette salle et nous allons les passer en
revue.

Cependant, il reste encore ici un certain nom¬

distigué
des œuvres qui méritant le plus sérieux examen des

bre de

toiles, parmi lesquelles nous avons

visiteurs.

De ce nombre est la

Vision d'un francis¬

cain (Souvenir de Fiesolepar-Mi H. Martin. La scène
se

passe

dans un jardin, entouré de cloîtres, à l'in¬

térieur d'un couvent ; un moine est
mains levées,

là, debout, les

dans l'attitude de l'étonnement, et en

extase devant une

figure céleste qu'il aperçoit, dans

les airs, à travers un léger nuage dont

elle est enve¬

loppée. Comme l'Apôtre, le franciscain pourra
«

dire :

Ce que l'œil ne peut voir, je l'ai vu, et ce que l'oreille

ne

saurait entendre, je l'ai

entendu ! » car nul autre

que lui n'assiste à ce spectacle surnaturel et nul
ne

vient troubler

sa

bruit

douce vision. Cette œuvre est

belle dans son ensemble : l'allure des personnages y

74

LU SALON PERIGOURDIN DE

est noble et bien étudiée,

la sobriété du coloris contri¬

bue à affirmer la paix et la

sérénité du sujet. Ce qui

frappe encore dans cette peinture, c'est l'étude de la
lumière du

dehors, abordée sans les

ressources

des

jours d'atelier ; c'est enfin, la justesse et la finesse
exquises des teintes locales. M. Martin

expose une

autre toile : son étude de Cardinal\ enlevée avec

sûreté de pinceau peu commune, est
rouge, d'un rouge
ion.

une

le triomphe du

harmonieux, malgré la violence du

Très agréable est également l'envoi de M. Mas-



qui se compose de La berge de la Seine au quai

car t,

d'Orsay et du Matin à ïisle Saint-Denis : deux toiles
douces, transparentes et inondées de lumière, dans ce
genre bien français des vues de ville.— Ce regard jeté
sur

la

ville,

revenons en

pleine campagne

Durst : Sous le vieux saule, il y a

avec

M.

des canards et, à

côté, une rustique villageoise qui les garde ; la prai¬
rie, d'un beau vert, s'étend au loin, en arrière. Le tout
est vibrant de lumière,

observé et rendu en maître. —

Une coloration vive et une bonne entente des
nous

l'observerons également dans Le

plans,

village de Ran-

giport (bords de la Seine), par M. Sauzay, et dans Les
bords du Scoriï(Morbihan) de M. Joubert.— M. Denet

expose, sous le titre:

T 888.

75

pinceau, ce triste et plat paysage

prend de

LE

1888.

Avril, une toile très fine de ton ;

sous son

SALON

PÉRIGOURDIN

DE

l'intérêt.—Bien attrayante aussi est Y Entrée en forêt,
de M. A. de Gesne ; le piqueur

à cheval, suivi de la

meute, s'avance de front et vient à nous

allègrement,

en laissant derrière lui de beaux arbres au feuillage doré

par les rayons

du soleil. — Dans le même panneau,
de Trebout (Finistère) et

il faut voir : Les falaises

Naples) de M.
Ruinart, qui de plus expose une drôle de Champe¬
noise ; un intéressant Coin de Taillebourg (CharenteInférieure), et une lumineuse Matinée calme en mer
(pêcheurs de thon), de M. E. Baillet ; Le moulin de
Barnabé, de M1Ie Billottet, qui a également donné le
très intéressant fusain représentant Gravelle, près
Razac ; les excellentes et fines Crevettes roses, de M.
Furcy de Lavault, vraie peinture de choix. — Nous
Pouldavid, de M. Sijas ; La plage de

allions oublier le Portrait de M. M.:, et le Portrait de

ressemblants, bien
qu'un peu monotones de coloris.—Il faut citer aussi les
Huîtres, de MlIe Imbert, et l'envoi de M. Bitry, qui se
l'auteur, que M. Thiébaud a faits

tous les
détails, mais où il y a quelque sécheresse de pin¬

compose de sept ouvrages, bien étudiés dans

ceau

; en voici les

titres : Artilleur, Bachi-bouzouck,

Tirailleur jeune garde, Hussard,

Tambour-major, Bavarois.

Grenadier à cheval,

j6

LE SALON PERIGOURDIN

Mmo Bnzon. de qui nous avons
trait de

DE

l888.

LE

déjà signalé le por¬

fillette, sait peindre avec tout autant de délica¬

tesse et de vérité les

SALON

neur, avec ses cheveux d'un

de

ces

DE

roux

1888.

77

significatif, est un

trouble-fète, — comme il y en a tant de par

paysages. Ce qui le prouve sura¬

le monde, — pour qui la moindre vétille est

un

sujet

bondamment, c'est sa Vieille barque échouée — toile

d'éternelles disputes. Evidemment la scène

se

passe

lumineuse et en parfaite harmonie — et
de soleil à A

vre

son

Coucher

rcachon, si chaud de coloris.— Il n'y a que

des petites toiles de M. Richomme

; mais

on y

décou¬

très bien la touche d'un vrai artiste. Sa blonde

en

bleu, avec une expression et un modelé parfaits ; La
fin d'un livre est

vérité

remarquable pour la finesse

et la

lesquelles les deux souris, rongeant le
vieux bouquin, sont rendues ; la sincérité et la
justesse
avec

des tons sont tout aussi

remarquables dans la Vue de

la Corniche, prise du Prado

(Marseille). — Un autre

artiste qui connait bien l'harmonie et la
Iwill. Regardez quelle tendresse

blonde dans

ses

Dernières

lumière, c'estM.

etquelle douce tonalité

feuilles, et quel éclatant

plein air, et c'est du plein air que M. Chateignon a

voulu faire. Bastien Lepage, sur

trouvera-t-il jamais ?
Nous en avons fini avec la peinture à l'huile
maintenant les pastels, les

tude, de M. Toulmouche, est traitée avec

ployer dans ses merveilleuses productions.
d'un tel maître, il n'est pas étonnant

une

Tête de femme,

ble Coin

est encore une œuvre intéressante et

las

grande toile pour

un

petit sujet : cinq gamins jouent aux billes. Le chica-

et

un

Auprès

que Mme Toulmou¬

ment ses Fleurs au pastel.— Dans ce

salines, si bien enveloppées par le brouillard du matin,

une



che ait groupé avec tant de grâce et rendu si

Le pastel où M. Iwill

envoyé

toute la dé¬

licatesse et l'harmonie que ce puissant artiste sait em¬

citer

M. Chateignon a

aquarelles et les dessins. Les

spécimen absolument remarquable : la Tête d'é-

core

pleine de poésie.

; voyons

pastels ne sont pas très nombreux; en revanche, il y en
a un

jour il y a dans la marée basse, peinte Au Portrieux.
représente Les laitières de Mor-

qui la tombe s'est

trop tôt fermée, attend toujours un successeur ; ne le

Jeune femme se détache harmonieusement d'un fond



PÉRIGOURDIN

fidèle¬

genre il faut en¬

Portrait, de Mrao Quévillon-Weddill ;

d'étang

au

de M. Saint-Lanne ;

un

agréa¬

Pré-St-Gervais, de M. Goëy-

enfin, du spirituel

caricaturiste

Sem,

une

majestueuse tête de chien, bien venue et par tout le
monde reconnue,

intitulée : — ô lugubre mystère !

78


LE SALON PERIGOURDIN DE
Nature morte...

l888.

LE

enterrée, (fait de mémoire).

et

L'aquarelle se prête merveilleusement, elle aussi,
à la reproduction de la nature ; voyez avec
rité M. Barillot
avec

a

lavé

son

Taureau du

maure

DE

l888.

79

Les bouées à Granville, Le café

et Le château de

Vitré, que M. E. Simon a in¬

terprété avec une facture très savante ; La croix de

Cotentin et

Saint-Caast, traitée avec science par M. Brielman ; les

aquarelle de Moutons. — Du

reste, le Salon Périgourdin possède une

comtesse Konarska ;

PÉRIGOURDIN

quelle vé¬

quelle assurance et quelle délicatesse M. Brissot

de Warville a peint son

SALON

frais paysages de Mlle

E. Pradelles ; les jolies études

que M. Audouin a faites avec

Guettary (marchands de

quantité, re¬

pierres) et Gujan à marée basse ; la Vue de Venise,

lativement considérable, de belles aquarelles, et à no¬

dessinée avec tant de correction, par M. Marx.— Faut-

tre grand regret, nous ne pouvons tout dire sur toutes

il maintenant parler des deux

aquarelles de M. de

Brevillers? Ses Orientales et

Audition au XV1I1•

celles qui méritent des éloges

II faut cependant signa¬

ler : le Lancier, si bien campé, si finement
si largement peint par

dessiné et

M. Détaillé ; le Souvenir du

vieux Paris et la Porte de

Bourgogne, deux vues

son

siècle, renferment bien quelques tons éclatants et agréa¬
bles ;

mais quelle, incorrection de lignes ! — Aussi,

allons-nous chercher, bien vite, quelqu'un qui connaisse

bien en perspective, et dans une bonne gamme,

de M.

sa

Homo ; un Coin dépare, avec des personnages

ravis¬

G. Dose. Son

ligne à fond, et nous l'aurons bientôt trouvé

en

M.

Quartier du séminaire et son Coin de

sants, de M. Constantin, de qui il y a également une

jardin sont traités avec une remarquable correction ;

superbe personnage battant

VEffet de Soleil, du même artiste, est d'une douceur et

belle Cour de ferme ; un

le Tambour, une exquise Plage de Saint-Malo

et une

d'une harmonie parfaites.— Une correction analogue,

intéressante vue de Tlemcen, par M. Delafosse ; un in¬

il faut encore la voir dans les Souvenirs de
Palestine,

térieur de ville bien rendu, Sur le Stelr à Quimper, de

de M. Daras, qui a rapporté de l'Orient

M1Ie Le Sage ; La place du vieux marché à Bordeaux et

plus graves. — Ce n'est pas comme M. Estéban, qui a

Un four à pain, deux pages

enlevées avec hardiesse

fait, avec des saltimbanques, la plus originale Parade

Fontan ; la séduisante Rêverie de M. Deni-

qu'il soit possible de voir. — Nous terminerons les

l'agréable Vieille ville et port de Cannes, parla

aquarelles en notant le fidèle Coin du vieux pont de la

par M.
sane

;

les sujets les

8o

LE

SALON

PERIGOURDIN DE

LE

1888.

forge de Périgueux, parM. Daniel, et. les curieuses
vues
au

que M. Delmon a su trouver au Pas de l'Anglais,

Bord de Veau et Sous un bois.

nouse,



Quant à M. Espi-

dont tout le monde connaît le fin crayon, nous

ne nous

expliquons pas comment il a pu

se

contenter

d'envoyer à l'Exposition la toute petite, mais agréable
aquarelle qu'il a faite kl1 Auberge du Pas-de-V Eyraud.
Est-ce que la laborieuse direction du Périgueux Illus¬
tré l'absorberait entièrement ?
Nous arrivons

fusains et

voici

un

exquis,

signé par un maître du genre. M. A. Appian

expose

Y Etang près de

un

aux

en

Morestel, (Isère), où, sous

mouvementé et lumineux, il y a des eaux

claires, pro¬

8l

joli Esclave, de Mlle Jacquelin, allons admirer
réserve le splendide fusain

sans

représentant le Portrait

de M. C..., si ressemblant, si vivant et si
que M. Axenfeld a modelé avec tant de

expressif

science et de

sûreté
Celui qui sait manier la plume comme pas un,

M, L. Drouyn: Le vieux pont à Périgueux et
men

d'Illats (Gironde) sont dessinés et

une

science consommée ; les ciels

de ton incroyable,

c'est

le Dol¬

modelés avec

sont d'une finesse

étant obtenus avec des simples traits

de plume ; mais aussi pas un de ces

faux et leur graduation, si bien

traits' ne porte à

observée, dénote

une

expérience peu commune. Pour mieux en dégager

les ouvrages de M. Dubost, dont le

Chaplin. Le Printemps, — dessin à la sanguine —

s'éloigner de Périgueux avec regret. Son envoi,

aussi varié qu'intéressant, se compose de : Sous les chê¬
été ; le Mont-Cousson., près Digne ; la Chute

Mardarick à Marco us, (Basses-Alpes)

.

nes en

I 888.

DE

l'importance, nous avons mis à part l'envoi do M. C.

talent est bien connu parmi nous, et que tout le monde
a vu

PÉRIGOURDIN

figu¬

fondes et bien horizontales. A côté de ce maître,
rent dignement

ciel

SALON

du

et Un vieil ar¬

bre à Malijai.— Signalons encore les Bords du Dropt
à Cadelech, de MIle A.

de Comblât, et deux paysages

bien venus de M. Félix ; puis, nous arrêtant un instant

devant le fin Portrait au crayon

de M. Konne et le

représente le buste d'une ravissante jeune femme, in¬
terprété fort spirituellement, avec un accent tout par¬
ticulier de grâce,
mour

de distinction et d'haï monie. L'A¬

peintre— délicieux et bel enfant, assis sur des

nuages, avec sa palette et ses pinceaux — est un

petit

bijou revêtu de ce frais, doux et agréable coloris, qui
est la marque distinctive de toutes les

productions du

maître.

L'architecture n'est représentée au

Salon que

par

82

LE

SALON

PERIGOURDIN

DE

trois artistes ; mais leur valeur et la

1888.

LE

diversité des ta¬

lents compensent, ici, la quantité. M. Gonthier expose

cinq magnifiques dessins dans lesquels il a étudié : La
restauration de deux maisons,
rue

sises à Tentrée de la

Limogeanne, La restauration de la maison du

Quai et La construction d'une maison rue de la Répu¬

blique.— M. Cros-Puymartin, avec le sens pratique qui
le caractérise, a donné des plans, bien étudiés, et dans

lesquels on sent l'artiste qui

se

préoccupe surtout

d'approprier parfaitement ses édifices à leur destina¬
tion ; pour s'en convaincre, il n'y a qu'à examiner : La

papeterie de Castilloux, La maison Barabeau, VEcole
de filles de Ribérac. Avant-projet de jardin dHiver et
la Restauration économique du château de la Filolie.—

Enfin, M. Dejean a fort bien polychromé les
stations de

gares et

tramways qu'il a envoyées ; ses dessins,

purs et lavés avec goût, sont les suivants :

Etude d'un

pont métallique à grande portée et Sept projets de
différentes constructions pour

chemin de fer à voie

étroite.
Il ne reste plus à voir que

heureusement nos
sont mis

en

les photographies ; mal¬

photographes et nos amateurs

grève, à part deux. Par exemple,

deux ont exposé de fort

se

ces

belles choses, auxquelles les

SALON

archéologues et

PÉRIGOURDIN DE

1888.

83

les connaisseurs prennent le plus

d'abord, le baron F. de la
Fues du Périgord,
du Lot et de la Gironde ; ces monuments, églises, châ¬
teaux ou sites pittoresques ont été vus sous leur aspect

grand intérêt. C'est,

Tombelle qui a envoyé trente-trois

le plus

favorable et rendus avec une perfection rare.

l'intéressante collection des
Vues de monuments historiques de la Char ente-Infé¬
rieure, exposées par M. Schettino, qui, lui aussi, a

11 en est de même pour

habileté peu commune.
appréciation sur les œuvres exposées est

fait preuve d'une
Notre

maintenant, déduire de nos visites au
celles que nous avons eu
l'occasion de faire à d'autres expositions, — quelles

finie ; s'il fallait,

Salon Périgourdin — et de

grande partie de la jeunesse
artistique, on verrait facilement que, les paysagistes
surtout, ont les yeux tournés vers Y Impressionnisme.
Est-ce un bien ? est-ce un mal ? Ce n'est, certes, pas
à nous à trancher la question. Nous aimons mieux la
résumer en quelques mots. Tout le monde sait par

sont les tendances d'une

déjà le baron

quelles phases a passé l'école moderne ;
Gros et Gérard avaient commencé à s'émanciper

des
rigueurs du classicisme pur de David et, peu de temps
après, Géricault avait remporté l'éclatante victoire du

LE

84

LE SALON

PÉRIGOURDIN

DE

SALON

PÉRIGOURDIN

DE

l888.

85

l888.
suadée que la justesse

du ton suffit amplement pour

Naufrage de la Méduse ; mais les hostilités restaient,

laisser Y Impression des choses vues, sans même qu'il

plus que jamais, ouvertes. On connaît l'âpre lutte sou¬

soit nécessaire de s'attacher à la rigoureuse exactitude

tenue, avant la moitié de notre siècle, par Th. Rous¬

du dessin. Les Impressionnistes repoussent donc tout

seau, Diaz, Jules

Dupré et Corot, pour ne citer que

ce

qui a trait à l'art de la composition, trouvant, à tort

les principaux, contre les classiques qui gardaient re¬

ou

à raison, que la nature

ligieusement les traditions du Poussin et de ClaudeLorrain, La victoire des premiers fut définitive à par¬
tir de

l'Exposition universelle de 1855 ; à part Paul

Flandrin, — qui protesta et proteste toujours et quand
même,
que

comme

le Salon

nous

l'avons

Périgourdin

posséder, et qui est

un

a

vu

dans le tableau

la bonne fortune de

document précieux, — les

modernes paysagistes ont suivi les traces des maîtres
novateurs.

Mais

Rousseau, Diaz et Corot, rappor¬

taient dans leur atelier des études faites
et

en

plein air

là, avec ces notes, ils faisaient leurs tableaux,

en

simplifiant ou supprimant des détails, tout en gardant
l'effet lumineux du dehors. L'école nouvelle des Im¬

pressionnistes ne veut pas de tout ce qui peut s'appe¬
ler composition ;

elle prétend que la palette peut abor¬

der, sans nulle convention, l'étude de la lumière ; elle
veut la reproduction absolue de la nature

air ;

dans le plein

et, partant de ce principe que ce qui frappe d'a¬

bord le spectateur, c'est le ton des

objets, elle est per-

est déjà toute composée

par elle-même. Nous ne savons ce que l'avenir réserve
à cette école nouvelle. Lorsqu'elle
ses

rencontrera, parmi

adeptes, des génies, assurément elle produira • des

chefs-d'œuvre. Une seule chose est à craindre : c'est
que le jour où ces

adeptes seront la généralité, elle

pourrait entraîner, avec elle, une décadence profonde,
à cause de son abandon complet
un

art qui,

des traditions dans

malgré tout, doit tendre

beau rôle serait

donc de

vers l'idéal.

Bon

servir à faire pousser

plus

avantl'étude de la lumière, après quoi, mieux vaudrait
revenir aux transactions éternellement nécessaires,

et

qui laissent à chaque artiste la faculté d'interpréter la
nature, en l'idéalisant, selon les sentiments personnels

qui l'animent.
Nous voici arrivé au terme de notre tâche ; nous ne

déposerons pas la plume sans adresser nos remercie¬
ments, les mieux sentis, à la rédaction de Y Echo, pour
le gracieux et flatteur accueil
6

que nous y avons ren-

86

LE

SALON

PÉRIGOURDIN

DE

l888.

contré. Les nombreux lecteurs du journal nous aurons

pardonné, eux aussi, quelques longueurs, — presque
inévitables lorsqu'il s'agit de faire une étude complète
de tout ce
serons

qu'il y a dans une exposition, — et nous

particulièrement heureux, si notre travail a con¬

LE

tribué, ne fût-ce que pour une légère part, à fixer l'at¬
tention du public périgourdin sur

l'exposition qui va

fermer ses portes. Gomme

l'avons dit en com¬

mençant,

nous

SALON

cette seconde exposition, supérieure à la

PÉRIGOURDIN
DE

première pour la qualité des œuvres, 'est la meilleure
démonstration de l'activité persévérante avec

travaillent les Amis des Arts ; nous ne pouvons

donc

mieux finir qu'en réitérant le souhait que cette Société

soit

comprise

mérite

de

,

appréciée et soutenue comme elle

l'être, afin

Salons toujours plus

de goûter et d'étudier les œuvres

de quelques-uns de nos meilleurs artistes modernes

et

d'arriver, par là, à vulgariser ce que nous appellerons :
Véducation artistique.

FIN

DU

Du 75 Août ou 22

Septembre.

intéressants. C'est ainsi qu'elle

le répétons, est celui de fournir à nos populations

le moyen de voir,

OUVERT A PÉRIGUEUX, A L'ÉCOLE LAKANAL

qu'elle puisse organiser des

parviendra à remplir entièrement son programme, qui,
nous

18 8e

laquelle

SALON

DB

'1888.

Étude publiée pendant l'Exposition
dans le j ouraal le

RALLIEMENT, de Pénigueux,

Sous la signature

:

un Amateur.

LE SALON

PÉRIGOURDIN DE 1886.

i

Les œuvres de Lafon.

Nous croyons être agréable aux nombreux amateurs,

publiant une revue de l'exposition des Beaux-Arts
ouverte à l'école Lakanal. La Société des Amis des
en

Arts de la Dordogne, en offrant au

public sa première

exposition, a vraiment obtenu, pour son début, un
succès dépassant toutes
sion administrative,

les prévisions. La Commis¬

de la Société entrée en fonction

depuis le 15 mai 1886 seulement, s'est
tous les membres ont fait preuve du

plus grand zèle.

Dans ce court espace de trois mois, en
cours

de dessin, ouvert

multipliée et

outre du Con¬

à la jeunesse Périgourdine,

auquel soixante concurrents ont pris part,
réunir

les

œuvres

elle a su

remarquables que nous voyons

LE SALON PERIGOURDIN DE

90

1886.

LE

figurer au Salon Périgourdin, parmi lesquelles
en avons

nous

distingué un bon nombre d'excellentes, si¬

SALON

PÉRIGOURDIN

tique.

souvent que « le dessin est

réputées les meilleures. Ingres répétait
la probité de l'art ; » et

Lafon, comme Ingres, est, avant tout, un grand dessi¬

maître, mort il y a quelques mois seulement, de rémi¬

nateur. Son œuvre

nent artiste que Périgueux s'honore d'avoir

était pénétré de sa mission ;

seurs :

naître

vu

est apprécié par tous les connais¬

Jacques-Emile Lafon. Le maître regretté est

dignement représenté

au

Salon Périgourdin et une

salle entière est remplie de ses œuvres ; on y compte

vingt-trois sujets peints et près de deux cents dessins.
E. Lafon est incontestablement

une

grande figure,

façonnée à l'école des maîtres de cette grande renais¬
sance

italienne

qui en a tant fourni. C'est un des der¬

dessinée témoigne combien Lafon

combien il prenait au sé¬
rieux son art et avec quelle conscience il étudiait, les
ouvrages qu'il a laissés, dans

leurs moindres détails.

Cela nous révèle l'homme qui, indépendamment de

c'est

occupé de la valeur morale de son sujet. 11 y a, de lui,
des études préparatoires d'une recherche

preuve nouvelle de la

fécondité du christianisme

dans le domaine de l'art et des heureuses

inspirations

que

peuvent y prendre ceux qui savent recourir à

cette

source abondante.

ler

son

œuvre

l'admirer,

Ce que nous

pourrons appe¬

intime, parce qu'il n'a été donné à

de

son

l'approchaient,

ses

vivant, que des

personnes

dessins à la sanguine,

crayon noir, sont presque tous

qui

ou au

des chefs-d'œuvre de

et d'un fini

irréprochables ; témoins les cartons de la Bataille de
1 o

'

Mentana) de Y Assomption de la Vierge,
\

une

la

perfection de l'œuvre d'art, proprement dite, de la
science consommée du clair-obscur, était encore pré¬

il -''f

niers représentants de l'art chrétien en France ;

ensemble parfait

destes dimensions, ils présentent un
des qualités

et dont le génie

91

délicatesse, de vigueur et de grâce. Dans leurs mo¬

gnées des noms les plus connus dans le monde artis¬

Nous commençons notre étude par les oeuvres d'un

I 886.

DE

g 5



/

de Saint Jo-

seph avec TEnfant, du Baiser de Judas, pour ne citer
que les principaux

parmi tous ceux qu'on voit à notre

Salon.
Le tableau de la Bataille de

Mentana se trouve au

Vatican ; mais, à part la couleur, nous estimons que
carton que nous avons

lui être inférieur.
mes

sous les yeux ne

le

doit en rien

L'intérêt historique de ce

fait d ar¬

s'accroît, ici, de l'attrait d'y voir représentés

res-

92

LE SALON PERIGOURD1N DE

1886.

LE

semblants tous les principaux acteurs. Leurs portraits,
étudiés sur des feuilles volantes et

séparément, se trou¬

SALON

PÉRIGOURDIN

DE

l886.

p3

Vierge accompagnée de beaux groupes d'anges dia¬
phanes, s'élance vers le ciel ; son visage, radieux et

vent, d'ailleurs, dans la collection des dessins exposés.

suave, noyé dans la lumière, est tout céleste. On sent

Nous y avons reconnu plusieurs
personnages, notam¬

les pieuses affections d'une âme ravie dans la contem¬

ment notre compatriote le

commandant baron de Ner¬

plation des choses d'en haut.—Voici, dans la collection

vaux, un des combattants

de Mentana. La vie circule

des dessins exposés, l'un des joyaux : Louis

dans cette belle page, l'ordonnance des
savamment conçue.

Tout

en respectant l'unité de l'ac¬

tion, saisie au moment de
l'artiste

a

su

groupes en est

sa

plus grande intensité,

intéresser par les épisodes des premiers

plans, où les blessés reçoivent et les soins du chirur¬

Ivn

au

Temple, est caractérisé par une facture savante et un
fini

merveilleux

jusque dans les moindre détails.

Quelle tristesse, quelle douleur dans cette figure d'en¬
fant !

Séparé de ceux qui l'aiment, seul

en

face du

guichetier Simon, Louis XVII est à demi assis sur un

gien et des sœurs de charité et les exhortations pieuses

grossier tabouret ; l'œil éteint par la souffrance, la

des aumôniers.

bouche entr'ouverte, les cheveux

incultes, le costume

débraillé, la pensée perdue dans

une

"

se



"

7O

A droite de la Bataille de Mentana

trouve le carton de Saint Joseph avec TEnfant.

tableaii a été peint pour

l'église de St-Merry, à Paris.

Ce dessin, de style moyen-âge, a de belles
aux

draperies

lignes sobres, bien pondérées. Saint Joseph est

assis tenant d'une, main un lis,
sus.

Le

de l'autre l'Enfant-Jé-

Les attitudes sont simples, et naturelles;

de saint Joseph respire

la tête

la bonté,, celle de l'enfant est

gracieuse et particulièrement attrayante. — Au dessus
est placé le dessin du tableau

pour la

voici

de Y Assomption,

peint

chapelle du séminaire de St-Sulpice. Nous

transportés dans les régions supérieures : la

Tout à côté se tient le gardien
commodément

aviné,

sombre rêverie.
aux

traits durs,

allongé dans un fauteuil, ronflant, la

tête abaissée sur une table près d'une bouteille, dont il
a vidé le

contenu, et tenant encore d'une main

et de l'autre des lanières de cuir. —La

sa

pipe

Tête de Louis

XVII est également exposée, en peinture. Si le dessin
que nous venons de

contempler est irréprochable, le

portrait peint ne lui est en rien inférieur. Lafon s'est ici

surpassé ; il a su toucher le cœur des spectateurs,
car

en

s1 arrêtant devant

cette

belle

œuvre

on

est

le

le salon

94

vraiment saisi de commisération pour l'enfant martyr.
f
N

'



,

.

représenté, lui aussi, deux

Le baiser de Judas est

fois : le dessin préparatoire et le tableau

peint. Judas

s'approche de Jésus par derrière, il lui pose ses doigts
crispés sur les épaules et le livre aux sbires, en le dé¬
signant par le baiser de la trahison, qu'il applique sur
la joue Divine. Cette page du drame de Gethsémani est

magistralement écrite par Lafon. La nuit est avancée et
la lune jette ses pâles reflets sur la scène ; le contraste
entre l'allure tortueuse du traître,

muler le trouble de son
du Sauveur, qui va se

qui ne peut dissi¬

âme, et la contenance digne

sacrifier

pour

le rachat des

hommes, est saisissant. La tête repoussante de Judas,
laissée dans l'obscurité, fait mieux valoir
gure du Christ, vivement éclairée par
soldat tient élevée, figure dont le
et l'expression du
ceur

la belle fi¬

la torche qu'un

visage sont empreints d'une dou¬

vrir et le disciple infidèle va entendre le
ternel du Divin Maître :

«

au



reproche pa¬

Ami,' à quel dessein es-tu

moindre bruit insolite. Uu peu

cée une délicieuse petite étude

l886.

q5

de son fusil,

au-dessous est pla¬

d'une Descente de la

croix: dessin hardiment enlevé

aux

ombres estom¬

pées avec légèreté et transparence. Tout à côté nous
voyons représentés deux sujets

historiques : 1° Sœur

Rosalie sauvant

1848, est

un

mobile

en

une

scène

mouvementée, avec un beau groupement des personnages ; 2° Saint

Vincent-de-Paul et Richelieu, où le

sympathique apôtre de la charité, d'un rendu parfait,
est prosterné aux pieds du puissant ministre.

Le Christ

embrassant sa croix est un dessin à la sanguine,
tement jeté sur le papier ;

les¬

la tête est expressive, les

draperies, aux lignes sobres et harmonieuses, rappel¬
lent le beau style religieux et simple de Fra Angelico
da Fiesole.

mouvement général

grave et mélancolique. Les lèvres semblent s'ou¬

Nous n'avons qu'une photographie du tableau, Jésus
au

Vîx

milieu des docteurs,

placé

au musée

du Luxem¬

bourg ; mais elle suffit pour donner une idée de
bel ouvrage.

L'action est saisie

au

ce

moment où la

Vierge et son Epoux, en pénétrant dans le temple,

venu ? »

Une autre

périgourdin

vif et pétillant, prêt à abaisser le canon

>

'

salon

périgourdin de i 886.

chose

crayonnée avec une finesse de

touche exquise est « Le zouave au fort St-Ange ». Le

factionnaire est là, bien

campé, l'oreille tendue, l'œil

aperçoivent,
avaient

avec

étonnement, le Divin Fils qu'ils

égaré, assis au milieu des docteurs de la loi.

Les passions les plus diverses qui agitent ces derniers,

96
se

LE SALON

lisent

leurs visages ;

sur

LE

PÉRIGOURDIN DE l886.
les uns sont attentifs et

la réflexion, les autres restent stupéfaits

absorbés par

de la sagesse infinie avec

laquelle Jésus soutient la

impres¬
sions. Les groupes, savamment distribués, présentent
dispute, plusieurs échangent vivement leurs

l'action avec unité, malgré

le grand nombre de per¬

sonnages et les diverses impressions qu'ils éprouvent.
La perspective

chablement

de l'intérieur du Temple est irrépro¬

dessinée, par une main habile, et nous

montre la science consommée

du peintre en

de dessin. A côté de la photographie il y a
unes

des études préliminaires que

matière

quelques-

Lafon a exécutées

avant de peindre l'œuvre importante, qui devait le re¬

présenter au musée du Luxembourg.
Plus haut

on

voit : le dessin d'une belle Tête de

Druze, étudiée pour le tableau Le massacre de Syrie ;
k

la

$ "L.

Tête de Femme à la natte, au fin profil, au

regard

serein, à l'expression douce et calme, empreinte
bonté ; la belle

de

Tête de Vierge, touchante par sa sim¬

plicité et la dévotion qu'elle inspire.
Que dire maintenant des nombreux dessins, cro¬

quis, essais que nous avons sous les yeux et qui cou¬
vrent deux des parois

de la salle affectée aux œuvres

de Lafon ? Les artistes et tous ceux

qui s'intéressent

aux

PÉRIGOURDIN

SALON

DE

1886.

97

choses de l'art s'extasient devant cette riche col¬

lection d'études. Ils admirent, à la fois, et

l'éminent Périgourdin apportait

le soin que

dans la recherche des

sujets, qu'il a traités pendant sa carrière, et la

prodi¬
gieuse facilité de son crayon, et la grande fécondité de
son esprit inventif. Il y a là des morceaux vraiment
parfaits. En dehors des portraits des principaux com¬
battants de Mentana, études que nous avons
tées à propos du carton

remarque : de

déjà ci¬

de la célèbre bataille, on y

ravissants dessins préparés pour « le

Massacre de Syrie » et pour « la Vie de saint François
Xavier » ; des amours

délicieux, jetés sur le papier

hardiment, avec les poses les plus gracieuses, pleins
de naturel et de cette délicatesse enfantine si difficile à

tableaux, laissant deviner une
mise en scène et du clair-obscur,

fixer ; des projets de
rare

entente delà

tantôt modelés

en

noir

sur

un

papier blanc, tantôt

estompés légèrement sur un papier de couleur et
rehaussés au crayon blanc.

Quelques spécimens, trai¬

tés dans ce dernier genre,

offrent des effets surpre¬

nants, lorsque on examine la
avec

simplicité des moyens

lesquels ils ont été obtenus. Les bornes, forcé¬

ment restreintes, de

cette rapide étude, nous

dent d'entrer dans tous les détails que

défen¬

comporterait

98

le salon

cette partie,

si attrayante, de la collection

avons sous les

périgourdin

de

le

1886.
tée aux
que

nous

yeux et qui comprend encore une

mul¬

titude de figures, têtes, mains

et

pieds dessinés et

cherchés avec un soin rare, dénotant un artiste
ciencieux jusqu'à l'excès. Avant de
res

cons¬

parler des peintu¬

exposées, il nous reste à signaler un superbe por¬

trait que nous avons réservé

pour clore l'étude sur les

dessins. Sur un papier d'un ton bistré et chaud. Lafon
a dessiné

le Pape Léon XIII, au milieu d'un médaillon

du meilleur goût.

Le modelé de la tête, poussé jus¬

qu'aux extrêmes limites de la puissance, est obtenu
par un mélange de pastel blanc et de crayon noir, ma¬
niés avec une grande dextérité et donnant des demiteintes d'une finesse incroyable. Le Souverain Pontife
est là,

vivant, prêt à parler ; sous son noble et

front, on devine les

graves

œuvres

est levé

rouges et comme tuméfiées par les larmes abondantes

qui ont coulé de ses yeux. Elle précède, sans doute,
de quelques pas

vaincre avant de

Pape qui régit en

ce

et

difficultés

qu'il faudrait

pénétrer dans le sépulcre. Mais, ô

place, le sépulcre est ouvert ; Magdeleine s'affaisse

sur

la première marche,

effrayée par le spectacle qui

présente à ses yeux. D'une main elle tient encore le
des parfums qui devaient servir

à embaumer le

Sauveur ; de l'autre elle s'appuie à terre.

Son visage est vivement éclairé par la

lumière surna¬

,

intime du grand

moment le troupeau de Jésus-

turelle d'un être

mystérieux, invisible au spectateur,

c'est-à-dire par l'ange qui, assis

dans l'intérieur du

sépulcre, lui annonce la surprenante nouvelle de la

Christ.
Les visiteurs, en mettant le

des

surprise ! la pierre qui en fermait l'entrée n'est plus à

corps du

mais encore le caractère moral

les deux compagnes avec qui elle

vient de s'entretenir

Lafon a su, avec

point seulement la ressemblance

depuis peu, l'atmosphère est encore impré¬

près de l'entrée du tombeau, ses paupières sont

ligence ; la physionomie, douce et fine, attire et plaît.
non

de l'Evangile interprétée savam¬

gnée de la fraîche buée du matin ; Magdeleine s'a¬
vance

vase

spectateur,

la ville par l'éminent

ment, rendue avec une minutieuse exactitude. Le soleil

le regard naturel, vif,
perçant, dénote une vaste intel¬

au

face d'un

bleau est une page

sa

puissant crayon, présenter

de Lafon, se trouvent en

de

Périgourdin : Marie - Magd elein e au sépulcre. Ce ta¬

se

son

99

perigourdin

riche présent fait au musée de

vaste

pensées qui l'occupent ;

l886.

salon

pied dans la salle affec-

résurrection de Jésus-Christ. Les pieuses affections de

LE

IOO

SALON

l'âme de la sainte, ses impressions
sent clairement

sur

sa

LÉ SALON PERIGOURDIN DE

1886.

PERIGOURDIN DE

du moment se li¬

physionomie attrayante : mé¬

lange de douleur, de crainte et d'effroi. Les draperies,
d'une majestueuse ampleur,
sont

en

partie recouvertes par les longues boucles

d'une belle

chevelure blonde.

attitude de la

reuse

souples et bien arrangées,

figure,

sa

rang des œuvres de

grâce, sa beauté, la
teintes, placent

choix. Le style en

est noble, fort, grandiose,

d'un bon mouvement. C'est

de l'art hautement traité,

étendant sa puissance au-

delà des yeux, jusqu'à l'âme; c'est

l'effet subordonné

à l'idéal, l'esprit primant la matière.

de décrire, on remarque le portrait
par

essayé

d'Emile Lafon, fi¬

lui-même, crayon rehaussé de

pastel d'une grande finesse de touche. Par une déli¬
cate attention,
cer

le

avec

portrait

les organisateurs du Salon ont fait pla¬
sur un

nous en sommes

vœu

qui,

convaincu, recevra l'adhésion de tous

les Périgourdins. Nous

exprimons le souhait que la

Ville de Périgueux inscrive le nom de Lafon

sur l'une

de ses rues, et perpétue ainsi le souvenir de cet illus¬
tre enfant.

En haut, à droite de

douce figure

la Magdeleine, se détache

intitulée : Marguerite au rouet.

fond de draperies arrangées

une

œuvre

remarquable par la beauté des traits, la sérénité de

l'expression, la vigueur et la fluidité du pinceau. Au

delà, il y a Les attraits du fauteuil. Parlez bas de peur
de réveiller l'innocente jeune fille, au teint d'un fin in¬

carnat, commodément installée dans ce large siège. Sa
ment ;

grâce, retombe nonchalam¬

de la main gauche elle tient

encore

l'oùvrage

qu'elle tricotait avant que le sommeil ne vint la

sur¬

prendre. Voici, à côté, un tableau plusbruyant : Le fes¬
tin ridicule de Boileau,

peint par Lafon à l'âge de 17

ans, exposé à Paris en 1834. Cet ouvrage de sa pre¬
mière jeunesse faisait déjà pressentir le futur maître.

goût. A droite et à gauche sont suspendues deux

Le désordre qui termine le festin, décrit
par

d'immortelles, reliées par un crêpe noir.

dans la célèbre satire, est rendu avec vérité.

couronnes

10 I

Ici nous nous permettrons de formuler un

main droite, peinte avec

Au dessous du bel ouvrage que nous avons

nement dessiné

886-

Le charme et l'heu¬

finesse moelleuse de la touche et des
ce tableau au

I

le poète,

Au bas, sur un cartouche, se lit l'inscription suivante :

Jacques-Emile Lafon, né à Périgueux en '1817, mort
en

1886,

«

»

Sous leurs pieds, les tables renversées :
Font voir un long débris de bouteilles cassées : »
7

LE SALON

I 02

LE

PERIGOURDIN DE I 886.

SALON

PERIGOURDIN DE

1886.

Iû3

le fini précieux, sont également remarquables dans le

des physionomies expressives
et d'un comique achevé. Boileau profite de la bagarre
Les personnages ont

Chasseur de grenouilles, où la note rouge
ments forme le plus

pour s'exquiver.

des vête¬

heureux contraste avec les fraî¬

ches verdures qui, au fond, bordent l'étang. L'eau
<

Mais tandis qu'à l'envi tout le monde y conspire,

«.

J'ai gagné doucement la porte sans

-

rien dire : »

type qui tend à disparaître et que tout le monde a

vu

accoutrement
pittoresque, le chapeau chinois sur la tête et embar¬
tel que Lafon nous le montre,

tout, d'un

harmonieux, peint dans une gammé

La collection de dessins
renferme une élude à l'aquarelle du même sujet. Pen¬
chaude et agréable à l'œil.

tableaux de genre, ne
laissons pas d'examiner les poses gracieuses, les mou¬

dant que nous en sommes aux

vements naturels et la finesse
seurs

et des Joueurs de flûte.

rence

de coloration des DanPuis au-dessus de ces

petites di¬
mensions, représentant, chacun, une Jeune fille ita¬
lienne assise à terre. Celle qui dort d'un profond
sommeil, comme l'autre, accoudée sur les marches
d'une porte et attentive à son travail, sont peintes avec
derniers tableaux, les deux autres, de plus

hardiesse et vérité. La vérité, le naturel de

la pose et

bois du panneau, est d'une transpa¬

parfaite. Dans la collection des dessins il y a un

croquis du même sujet. Le. Chasseur en arrêt, aux
tons

avec son

rassé de tous les instruments possibles ; le
rendu vrai et

premier plan, obtenue au moyen de,légers frottis, voi¬
lant à peine le

Regardez aussi le légendaire Homme orchestre ; un

du

un

peu sombres, est tout aussi bien campé. D'au¬

tres peintures,

finement exécutées, sont les suivantes :

Le

loup et T agneau, interprétation des plus heureu¬

ses

de la fable de La Fontaine, — deux, variantes

ce

tableau se trouvent'parmi les dessins

Jeune fille nouant sa tresse et Jeune

exposés ; —

fille

se.

deux belles enfants à la mine éveillée, d'un

ris, vrai et transparent, occupées
chevelures soyeuses

aux

de

peignant \
bon. colo¬

soins de leurs

et brillantes. Voici

encore

une

Jeune Italienne au teint bruni par le soleil.et qui, dans
sa course

vagabonde, est tout heureuse de rencontrer

une

fontaine pour

sur

le fait ; on

se

désaltérer : épisode vrai, saisi

goûte le contentement

que

la jeune

fille éprouve en faisant bruisser le mince filet d'eau dé
la fontaine dans sa bouche

belle rangée de

entr'ouverte, ornée d'une

dents blanches et saines. L\E'nfqn,t

LE SALON PER'IGOURDIN DE

104

l886.

LE

SALON

PÉRIGOURDIN

DE

l886.

Io5

»

Italien tendant son chapeau est
sentiment de vérité. Le

donné avec le même

visage, particulièrement at¬

»

bonne semence chrétienne dans le cœur de Louis Veuillot

»

c'était en 1833; offert à MIle Elise Veuillot, par l'auteur.

trayant, est expressif; son sourire malicieux, mélangé
d'une sorte de

■»

;

Jacques-Emile Lafon. »

mélancolie, charme le passant et le

touche à la fois. St-Louis Roi de

France, couvert de

Un autre portrait,

chef-d'œuvre qui peut soutenir

est à genoux, en prière, tenant devant les

la comparaison avec

les meilleures choses, est celui

yeux la garde de son épée en guise de croix : peinture

d'un Bénédictin de

l'abbaye de Solesnie, lisant. Sur

de beau style, inspirant la

un

son

armure,

vons

piété. Et maintenant arri¬

à la belle Tête d'enfant pleine de vie, devant

la¬

grossier panneau de bois de chêne, Lafon a peint
pas seulement un portrait

non

irréprochable, mais le

quelle les visiteurs aiment à s'arrêter longuement.

type du moine qui a vieilli entre l'étude incessante et

L'artiste a su en rendre les traits riants et frais d'une

la prière. La physionomie

façon ravissante avec un coloris chaud et harmonieux

Bénédictin est étudiée avec une vérité d'expression

digne des meilleurs maîtres. Un peu au-dessus il y a
un

personnage plus grave : Le Portrait

du Père A m-

broise. C'est, pour bien des personnes,

une

vieille

connaissance qu'elles sont heureuses de rencontrer là,
admirablement peinte,

expressive et vivante. Le Père

Ambroise fut, croyons-nous, le
des

pendant plusieurs années. Une touchante dédicace se
trouve derrière ce portrait,

écrite de la main de Lafon.

peut être dépassée : on partage la satisfaction que

ce

lecteur éprouve à savourer le passage

»



Etant jeune curé à Ter-

rasson(Dordogne), l'abbé Guines fut le premier qui jeta la

si juste,

ombres chaudes et transparentes, variées, délicates

aux

et harmonieuses.

Nous allons achever cette étude bien

incomplète sur

les œuvres de Lafon, par une des plus puissantes

que

possède le Salon Périgourdin. C'est le Portrait de
celui
sa

Père Ambroise des capucins.

intéressant

de son livre. L'œil est charmé par ce coloris

La voici :
«

qui

ne

fondateur du couvent

Capucins de Périgueux, et il en a été gardien

intelligente et délicate du

de

qui fut

l'ami

vie d'artiste et
bien

vrage

peu

fidèle, le confident

de

toute

qui l'avait précédé dans la tombe

d'années

:

Louis

Veuillot. Cet

ou¬

fait merveilleusement ressortir l'incompara-

106

LE SALON

PERIGOURDIN DE

blé talent de Lafôn à
senter pensants

LE

1886.

bonne heure contre

qu'il a

et animés. les personnages

du modelé, la pose aisée

caractéristique du visage, la

d'abord, c'est un nou¬

Veuillot lorsqu'on a vu ce portrait, et puis, c'est ici

la
représentation fidèle de celui qui eut une si grande
plaît dans la vie de l'artiste. A ce titre, le portrait que
nous

IOJ

le destinait au bar¬

chef-d'œuvre dans l'œuvre de Lafon, on a connu

admirons

1 886.

les sentiments de sa famille, qui

intéressant à double titre. Et

nous

DE

Emile Lafon, et il eut à lutter de

parfaite exécution de l'ensemble et des détails :
tout concourt à la perfection de cet étonnant portrait

veau

PÉRIGOURDIN

saisir les caractères, à pré¬

fixés-sur la toile. L'énergie
et naturelle, l'expression

SALON

fournit l'occasion de soulever

à la médecine. Il entra d'abord dans

reau ou

de Gros. Pendant les vacances de

l'atelier

1835, il revint en

Périgord et se lia d'une amitié, qui devait durer jus¬

qu'à la fin, avec Louis Veuillot, alors rédacteur du
Mémorial de la Dordogne. Deux ans plus tard, ce der¬
nier revenait

chrétien d'un voyage à Rome et travail¬

lait aussitôt à convertir

Emile Lafon.

« Celui-ci,

dit

Eugène Veuillot dans sa biographie, ne se rendit pas
tout de suite.

Sans s'être jamais beaucoup

Dieu, il y croyait et reconnaissait très

occupé de

bien que pour

discrètement un coin du voilé de la vie intime de celui

honorer la Divinité, il fallait un culte ; mais il ne trou¬

les œuvres. Nous avons

vait pas à propos que ce culte eût des prescriptions gê¬

dont nous venons d'examiner

derniers
représentants de l'art chrétien en France. En effet,
son pinceau a été presque exclusivement consacré à
la peinture religieuse, qu'il a. interprétée en chrétien
dit, au commencement, que Lafon est un des

fidèle et convaincu. Veuillot

n'est point entièrement

étranger à ce fait, et nous croyons intéresser nos
teurs en

résumant très brièvement une

lec¬

intéressante

biographie due à la plume d'Eugène Veuillot,

publiée

le 22 mars 1886 dans Y Univers.
Le

goût pour les arts se

manifesta bientôt chez

nantes. De
avec

là, toutes sortes d'objections présentées

ingénuité et digne néanmoins des hérésiarques les

plus subtils. Cette controverse dura -quelques semai¬
nes,

deux ou trois mois peut-être. Elle finit par un

Le catéchiste, ennuyé des résistances
de son élève et croyant que l'esprit et le cœur étaient
coup d'autorité.

vaincus, lui répondit un
avec tes

beau matin : « Tu m'ennuies

objections ; je vais h confesse, viens-y avec

Emile suivit, et il

moi !

»

......

Un heureux

fut chrétien pour toujours.

mariage, c'est-à-dire un mariage

I

08

LE SALON

PERIGOURDIN

DE

1886.

LE

vraiment chrétien, vint de bonne heure asseoir sa vie.
C'était
ses

en

«

DE

l886.

IÔ9

nement, ainsi que la ville de Paris, le chargèrent d'im¬

portants travaux. Nous citerons les Peintures de la

qui devait soutenir et charmer

chapelle de la Vierge dans f église de Brantôme ; (1)

ans

le: sien et lui faire un intérieur béni. »

et la

Après la mort de Gros. Lafon entra dans l'atelier

Saint

un cœur comme

PÉRIGOURDIN

lorsqu'il allia

24

1814. Lafon avait

destinées à celle

SALON

Vie de saint François-Xavier dans F église
-

Sulpice

de

de Paris. Le musée de Périgueux

bientôt et

possède les dessins originaux des belles peintures de

le voulait pour collaborateur dans l'exécution de Y Hé¬

St-Sulpice, qui désignèrent Lafon pour la croix de la

micycle des Beaux-Art s, mais il refusa pour se livrer

Légion d'honneur. Il était trop artiste

pour ne pas

entièrement à ses inspirations personnelles. En

aimer ce genre

mon pauvre

de Paul Delaroche. Ce dernier le distingua

il exposa : La communion de la

marchand sur les eaux.

1814

f

Vierge et Saint Pierre

qui lui valurent la médaille
années

d'or. Sa voie était tracée. Le

Salon des

vantes eut Saint Pierre

Vérone, la Glorification

de la Sainte-famille,

de

sui¬

le Christ embrassant la croix,

de distinction.

«

Enfin,

vieux, lui écrivait Louis Yeuillot, tu l'as cette fameuse
croix.

Je

m'en

suis

réjoui de bon cœur ce matin,

Elise s'en réjouit comme moi. J'ai trouvé

par

la nouvelle,

hasard, dans le journal. Tu n'es pas en mauvaise

compagnie, sauf ce coquin de juif et ce pleutre de protes¬
Aimée doit être bien contente 1 C'est

etc., etc. La fermeté tranquille de la peinture, ajoute

tant

le biographe, là

Assomption pour vous deux, et pour moi aussi,

remarquable correction du dessin, la

belle ordonnance de la composition,- signalaient ces di¬
verses œuvres
rare

;

mais un autre mérite, un mérite bien

les recommandait par

dessus tout

aux

catholi¬

ques : ces-tableaux de sainteté étaient pieux. » En

1849

vieux frère. Tu vois que tout

bon Dieu à

une

jolie
mon

vient à point, et que le

toujours l'œil sur tes intérêts. Si tu avais

attrapé le brimborion, il y a trois

ou

quatre ans, il

n'aurait pas la même couleur qu'aujourd'hui. Alors, la

il exposa : La mort de Mgr Aiïre tué par les insurgés;
les années suivantes furent

marquées par de

breux ouvrages. Les admirateurs
devenaient de plus en

nom¬

de son beau talent

plus nombreux et le gouver-

(1) Les peintures de Brantôme sont aujourd'hui malheureu¬
sement

détruites par l'humidité.

110

LE

SALON

PERIGOURDIN

1886.

DE

faveur y aurait mis sa vilaine tache ;

aujourd'hui, ton

mérite l'obtient tout pur et tout flambant.....
En 1861,

il expose Le

belle page historique,

massacre

Olivier Merson, qui, après

que

»

de Syrie ; cette

a

été appréciée par M.

avoir décrit l'œuvre dans

livre, La Peinture en France, ajoutait

SALON

PÉRIGOURDIN

Pie IX fit, le 12 juillet

1868, prévenir Lafon que le
Bataille de

Mentana. Ce fut la grande journée de cette

vie d'ar¬

tiste et de

chrétien.

Lafon était installé au Borgo,

dans le palais Torlonia.

l'a comprise M. Lafon, cette composition

ren¬

recevoir le chef de l'Eglise.

d'un

bon tableau.

Les groupes

principaux sont bien disposés, le mouvement de cha¬
que figure est en situation et

l'impression de cruauté

que comporte la scène est nettement accusée.

»

La liste de tous les ouvrages de Lafon est trop
gue pour ê(re publiée

lon¬

ici. Ses peintures sont répan¬

dues un peu partout en France ; on en trouve
ment en Irlande, en Amérique et en

égale¬

Chine. Le musée

un beau

Des tapis, des tentures,

fleurs, beau¬

belles, — Pie IX les ai¬
mait, — lui firent un atelier royal. Le Pape vint en
grand cortège : piqueurs, gardes-nobles, camériers,
carrosse à quatre chevaux. Notre ami était là avec sa
coup de fleurs, et des plus

femme, sa fille et l'un de ses fils.

Quelle joie devait

illuminer son loyal visage ! »
De

retour

de Rome,

temps à Paris. En

dessins exquis connus sous le titre

avait des

Les cinq sens. A

Il disposa tout à la hâte pour

fauteuil, figurant le trône, des

du Luxembourg renferme deux de ses tableaux et les
:

III

lendemain il irait voir dans son atelier la

Telle

ferme les éléments

1886.

simple particulier ni même chez un personnage.

«

:

DE

majesté du Souverain. Jamais le Pape ne se rend chez
un

digne de figurer dans un musée

à côté des meilleurs maîtres,

son

LE

il travailla encore quelque

1872 il alla se fixer à Tours, où il

proches parents ; et cette ville eut l'avan¬

côté des maîtres du Vatican, il a sa Bataille de Men-

tage précieux de lui faire accepter la charge

tana. Ce dernier tableau,

servateur du Musée et de Directeur

exécuté à Rome en 1868, fut

ouvertement loué par le Souverain Pontife
((

lui-même.

Le Pape Pie IX le félicita hautement, et il le fit, ra¬

conte Eugène

Veuillot, par

un

acte où la condescen¬

dance et la bonté du Père s'unissaient à l'autorité et à la

cipale des Beaux-Arts. Ces fonctions, il les
avec

de Con¬

de l'Ecole muni¬

remplit

1876. L'âge et les
finirent par altérer sa

honneur et dignité jusqu'en

nombreux travaux de

Lafon

santé. Il fit, pour se rétablir, un

voyage en

Algérie,

LË SALON

PÉRIGOURDIN

DE

l886.

^^^^îfcî5*a5fJ5faSf^î$tfî$fî5fî5ti$f35iî5*

près de l'un de ses fils, bénédictin. Malgré tout, les
forces

ne

revinrent pas, et il

toute la sérénité que

attendit la mort avec

le croyant retrouve en face de

l'éternité. Pendant cette attente, qui fut
sans

II

longue, il eut

doute des heures de tristesse ; mais,

écrit Eu¬

Salle

à

gauche de l'entrée.

gène Veuillot, a sa souffrance morale fut, il me l'a dit,
la crainte de ruiner, par les soins constants qu'exigeait
son

état, la santé de la chère et précieuse compagne

de sa vie, de la femme vraiment chrétienne

dant quarante-cinq

qui, pen¬

années, avait donné à son modeste

On le voit, Lafon possédait des qualités de coeur

et

une

délicatesse de sentiments bien en rapport avec

son

grand talent d'artiste. L'homme est sympathique

a

Les œuvres qu'il

produites, étudiées par lui avec tant de soin, seront

un

enseignement parfait pour tous ceux à

qui il sera

donné de les examiner. La ville de Périgueux

serait

ajouter à la gloire
d'avoir vu naître cet illustre citoyen, celle de possé¬
doublement enviable si elle pouvait

der dans son Musée ce qui est, en

nous

di¬

rigeons nos pas vers la salle faisant face à celle où se
trouvent les

admirables

œuvres

de

Lafon. Le

d'œil d'ensemble est très satisfaisant ; il y a ici,

coup

des

peintures du plus haut mérite, signées par MM. Au-

foyer la dignité, la joie, la paix. »

autant que le maître est admirable.

Aujourd'hui, en revenant à l'Exposition,

quelque sorte, îa

guin,

Beauverie, Baudit,

Aviat, Salzedo, Claude,

Smith, Brissot de Warville, etc.
En entrant nous tournons à gauche. Voici un
dide Soleil couchant de

Baudit, largement peint et

d'une vérité pénétrante. Le

soleil

mer, ses rayons-empourprés

la plage.

La matinée à St-Junien,

se

baigne dans la

enveloppent les arbres

du fond et se reflètent, jusqu'au
le sable humide de

splen-

premier plan, dans

Un peu plus loin il y a

du même auteur. L'aspect

sauvage du pays est bien rendu

dans une tonalité lé¬

première fleur de son œuvre : La collection si remar¬

gèrement froide, mais harmonieuse ; avec le berger

quable des dessins exposés au Salon Périgourdin.

qui conduit ses brebis au pâturage, nous nous sentons

impressionnés par l'air, encore humide, d'une belle

114.

PÉRIGOURDIN DE

LE SALON

I 886.

LE

matinée d'octobre : tableau d'une facture solide, grasse
et

vigoureuse. — M. R. Brun

SALON

PERIGOURDIN

DE

I 886.

M. Baillet nous transporte dans une

I I 5

Cour à Pont-

offre le spectacle

de-ïArche, où les ménagères se réunissent sur le pas

désolant d'une Scène dinondation, vue au clair de lune.

de la porte et vaquent à leurs affaires, en jasant avec

La

entrain. La causerie des femmes du premier

réflexion

des

nous

lunaires, dans l'eau, est

rayons

peut-être un peu lourde ; en revanche l'effet de la lu¬

être bien intéressante

mière que projette la

sans

lanterne du batelier, sur la ca¬

bane inondée, est rendu avec une vérité saisissante.
M. Brun

se

avec sa

Tempête

montre

encore

sur

un

observateur

profond

le Ijassin d'Arcachon, où les

mouvements désordonnés des vagues et de

la légère

embarcation sont saisis sur le vif. —M. Montet présente
des Asperges,
un

très belles, accompagnées d'artichauts

bien durs. Au-dessus se trouve un curieux

peu

effet de la Tour St-Michel a Bordeaux, vu

le soir, à

l'entrée de la nuit ; peinture largement traitée

par

M.

Didier-Pouget.—A côté, M. Villa interprète la fable de
la Fontaine : le Héron. Dessin

élégant, peinture d'un

effet très décoratif; le Héron se détache vigoureusement
sur

un

ciel empourpré.—A

des de M. Sébilleau qui, avec
donne un paysage plus

l'Eïatig dé Mortefontaine,

complet, d'un joli sentiment,

d'une belle facture agrémentée
dans une gamme

un

côté, deux bonnes étu¬

peu

de tons harmonieux,

froide. Le ciel brillant et

nacré se reflète admirablement dans les eaux
limpides
de l'étang.



pour qu'elles

plan doit

affrontent ainsi,

être incommodées, les cuisants rayons du

soleil.

Voici la Colombe blessée de Mmo 'Comerre-Paton.

Que peut bien penser cette jeune personne au visage
si

expressif, quelque

chalante,
sans

avec

son

peu

malicieux, à la pose non¬

regard perdu dans

issue, tenant entre

ses

une

rêverie

mains, — un peu dure de

lignes et de ton, — une colombe blessée ? Mystère et
énigme. Au demeurant, peinture gentiment traitée,
avec

des draperies d'un joli ton rose

tendre. — Con-

carneau, de Mme Fanny Fleury, est une bonne impres%

sion du soir. Dessin serré de près et agréable

tonalité

grise, parfois un peu crue. — Ce qui n'est pas le cas
pour les deux délicieux paysages de M.Castaignet : Y Au¬
tomne à
ses

Bruges est particulièrement intéressant, avec

beaux tons dorés et

ses

lignes harmonieuses ; la

Garonne àLormont est également un bon morceau

de

peinture. Il y a bien une certaine uniformité de valeurs
dans" les nuages et quelques

duretés

aux

coteaux de

second plan ; mais le devant et les eaux sont supérieu-

I

I

6

LE SALON

PËRIGOURDIN

DE

I 886.
LE

renient rendus. De la même école

il y

a

la Pinasse,

étude de barque échouée, et En rade de Bordeaux, par

M. Sahuqué. Le second tableau présente une silhouette
de vaisseau

superbe de dessin et d'une sincérité de

couleur remarquable ;

cependant le ton du ciel paraît

légèrement froid et verdâtre. — Mlle Molliet, avec sa
Matinée en Médoc%j a

peint des brebis et

d'un bon mouvement ; le paysage

une

vache

serait parfait et ga¬

gnerait en profondeur si les collines du fond eussent
été moins accentuées. — C'est comme la Forêt de Fon¬

tainebleau, en luver, par M. Darien. Les branchages
des arbres sont donnés avec vérité de ton et de dessin ;
mais pourquoi rendre les feuilles mortes, qui jonchent

le sol, avec ces petites touches monotones qui ne finis¬
sent


qu'aux abords du cadre ? — Aussi allons-nous

reposer

la vue sur l'ouvrage de M. Hutin, qui envoie

des oignons étonnants de vérité.

Quelle patience pour

traiter aussi finement la corbeille qui les contient
La Rade de Bordeaux, de M.

!

Smith, estune des gran¬

des toiles du Salon. Ce tableau, d'une facture grasse et

vigoureuse, dénote une hardiesse de pinceau peu com¬
mune; l'effet du soir, bien vu, est saisissant. La dexté¬

rité de main de cet

l'examen de

sa

artiste

se

révèle

également à

Fermière et de sa Portanière : deux

SALON

PËRIGOURDIN

études de femmes bien

DE

1886.

II7

campées, se détachant admira¬

blement de la toile. La couleur terreuse des chairs est
la seule chose pour


laquelle nous fassions des réserves.

Une autre bonne chose, nous la trouvons dans

fleurs d'un joli coloris chaud et doux à

ces

l'œil, très bien

groupées, sur un fond sombre qui les fait admirable¬
ment valoir : ce sont les Chrysanthèmes de MlleBroin.


M. Beauverie expose Le vieux moulin en
Daupliiné,

paysage tout à fait hors de pair.

Une poésie douce et

pénétrante se dégage de cette œuvre : c'est le soir, la
nature, doucement caressée parles derniers reflets.du
crépuscule, entre en repos, tout est calme déjà ; quel¬
ques vaches seulement,

attardées

nent s'abreuver dans les

eaux

au

pâturage, vien¬

limpides du ruisseau,

avant de rentrer à l'étable. Encore un instant et le voile

sombre de la nuit couvrira

entièrement

ce

charmant

coin du Dauphiné. —A côté nous
remarquons une vue

d'automne, de M1Ie Montalier, intitulée : A la font de
Pessac. A partie feuillé des arbres, un

peu trop dé¬
taillé, il y a là une jolie gamme blonde qui plaît à l'œil.


Avec la Petite cafetière de

M. Bergeret il y a des

moules, des huîtres, des crevettes délicieuses finement
touchées et d'une harmonie de ton

exquise : un vrai
régal... pour les yeux.—La jeune femme à la potiche, de

I I 8

LE SALON

LE

PÉRIGOURDIX DE I 886.

qualités, la tête est
agréablement traitée ; mais comme elle se tient mal
assise et quel drôle de bras gauche ! — Voici, en revan¬
che, un Mousquetaire, de M. Mendèz, crânement dessi¬
né dans une pose, il est vrai, trop théâtrale : touche spi¬
rituelle, coloris de convention, mais gai et harmonieux.
M. Gabrit a peint les Bords de l'Isle, avec une fac¬
ture vigoureuse, large et solide. Beau morceau de pein¬
ture qui ne laisserait rien à désirer si le second et le troisièmeplan n'étaient pas d'une tonalité presque uniforme.
La Pluie d'avril, de M. Forel, a également de grandes
M. Salomon, a certainement des

regrettable
que l'artiste n'ait pas obtenu plus de profondeur dans
les arbres du verger. La

même remarque peut s'ap¬

pliquer au fond de son Ecole buissonnière, où l'écolier,
assis sur le gazon, est présenté

avec une grande vé¬

rité.— M. Brielman nous fait assister, devant la

Place

va-et-vient d'une
marchands, d'acheteurs, de

du marché, a St-Amand-Montrond,&u
nombreuse population de

grouille à côté
des bancs surchargés de légumes et d'autres denrées.
Le dessin y est d'une correction irréprochable, les
groupes de gauche sont vivement éclairés par un beau
soleil ; c'est ici une maîtresse toile, d'une vérité parfemmes, dépassants ; tout ce monde

PÉRIGOURDIN DE

I

888.

I I

9

faite.— Un peu à gauche, on voit le Chemin de
l'églisea

Montigny-sur-Poing, par M. Dainville, étude qui se¬

rait exquise s'il n'y avait

pas une trop grande

unifor¬

mité entre les valeurs des

premiers plans et le haut

du chemin montant.

Au-dessous,



trouve

se

La

brouette de M. Brissot de

Warville, charmant petit

tableau. La

bergère et les

moutons

mouvements

naturels et dessin aussi correct
que



qualités, c'est du plein air sincère ; il est

SALON

coloris

en

parfaits :

le

est agréable.

Regardez maintenant un délicieux
par M.

sont

Port

Timmermans, peint le soir dans

chaude et harmonieuse.—Puis

d'Anvers,

une

gamme

Endormie, de Mlle Pha¬

raon : étude bien sommaire. — M.

Rambour expose trois

marines parmi lesquelles il faut

remarquer La rade de
Bordeaux, qui est un morceau très enlevé, avec de bons

vaisseaux, un lointain en place et un ciel mouvementé
se reflétant bien

dans l'eau.

Au dessus, la

Paysanne
normande, de M. V.-E.Berthélemy,fait un trop grand
effort pour

l'équilibre



soutenir le faible poids de son fagot;
est rompu, gare à la chute !...

vaut donc aller voir le



Mieux

Guignol improvisé de M. H.-P.

Delanoy, bonne peinture

avec une

du clair-obscur, comme celle de M.

entente

J.

parfaite

Delanoy, qui

présente des fleurs, des pêches et des

prunes. Ge

LE

120

bel ouvrage,

SALON PER1G0URDIN

DE

LE

1886.

d'un joli ton et d'une saveur exquise, est

assurément une des meilleures natures mortes du Sa¬
lon.—M. Berthelon expose un délicieux paysage enso¬

leillé, intitulé : Eglise et

château d'Eu, vue prise

la vallée.—Voici encore du vrai soleil qui se joue
les feuillages d'un

de

dans

sous-bois, par une matinée de juil¬

let, avec une belle échappée de fond sur la gauche.

Ce

honneur à M. Delpech. —
Au-dessous, il y a une très bonne Marine de M. 0. de
Champeaux et le Gibier peint par M. Cooylas avec
une grande sincérité de couleur.—On voit aussi que M.

paysage fait le plus grand

Malzac a solidement maçonné

ses

Rochers à Royan

Lièvre de M. Peyricaud a peut-être des qua¬
de
lités
couleur, mais qu'il a une drôle de posture. —
et que le

Mlle Marquet expose, dans
Bords de Flsle à Mussidan, un des

Pour nous dédommager,
cette salle, les

du Salon, où se jouent l'air et la lu¬
mière avec des eaux d'une limpidité parfaite, un ciel

bons

paysage

lumineux et' une gamme blonde

très harmonieuse. —

M. Sal¬
les a largement peinte dans une pose gracieuse, tenant
sur ses genoux un bel enfant gros et gras.
L'expres¬
sion de la physionomie de l'exubérante brune est
Voici une plantureuse Nourrice d'Albano, que

rendue avec un naturel plein de charmes. — La grâce

PÉRIGOURDIN

SALON

DE

des contours harmonieux n'est pas le

I 886.

121

fait de M. Gha-

Sainte-Agnès, où les
lignes sont torturées à l'égal de la martyre ; heureu¬
sement que ce défaut est racheté par de solides qua¬
teignon ; il a représenté une

lités de clair-obscur et par le
en

même temps que

visage exprimant bien,

la douleur de la1 sainte, l'es¬

poir qu'elle conserve de recevoir le prix

des atroces
souffrances qu'elle endure. — Sur la même paroi il y a
Une rue de petite ville au printemps et Ancienne cons¬
truction à Couze, deux

bonnes études de M. Boyer-

Guillon, correctement dessinées et marquant
part de l'auteur une parfaite entente
Au milieu de la

salle,

sur une

deux émaux : Une martyre et

de Mme d'Ollendon,
une branche

On y voit

de la

du clair-obscur.
table, remarquons

Une jeune Vénitienne,

artiste qui traite admirablement

de l'art par trop délaissée aujourd'hui. —

aussi un Evantail d'un élégant dessin, très

décoratif, avec des rondes de gracieux amours, peint

Palette sur laquelle
plusieurs artistes espagnols ont ébauché, avec talent,
par Mrae Parry,

et une curieuse

des sujets de fantaisie.


Nous avons commencé la
l'une des plus

revue

de cette salle par

belles toiles où l'artiste, observateur

profond, a su toucher le passant avec la vérité et

122

LE

SALON

PERIGOURDIN

LE

1886.

DE

SALON

turelles.

Baudit. Nous terminerons la visite par

remonte un sentier

œuvrés

si remarquées de MM. Aviat,

Salzedo, Claude

M. Aviat expose ici son tableau du Salon de Paris :
Le départ pour

la chasse. Ce sont trois charmants

enfants qui descendent les marches
touré d'énormes rosiers fleuris,

La délicatesse

et

abrupt, tenant son panier au bras-.

l'agilité de l'enfant servent à faire



d'un perron, en¬
trop fleuris, peut-

membres alourdis par

l'ingrate besogne de chaque

jour. — M. Claude attire avec son bel Envoi de Nice,
tableau plein d'observation et de

des fleurs et encore des

lons. A leur mine éveillée, on

pas à regretter.

devine qu'il espèrent

rapporter un riche butin ; aussi, ils n'ont oublié au¬
des choses nécessaires ; tout y est,

chien. Un joli petit

même le

griffon à l'œil vif et intelligent

,

qui, assis au bas de Pescalier, attend tranquillement
maîtres, et pose sans montrer la moindre impa¬

tience. L'ordonnance du tableau bien conçue, le

des¬

fraîcheur. Un large

panier est entr'ouvert et laisse déborder des fleurs,

être, — avec le dessein d'aller chasser.... des papil¬

ses

123

mieux remarquer les rudes figures des carriers et leurs

et Auguin.

cune

I 886.

La fillette, qui a apporté la frugale collation,

l'harmonie qu'il y a mises : Le Soleil couchant, de M,

l'examen dés¬

PERIGOURDIN DE

fleurs. La

C'est bien disposé, les nuances se

trouvent assorties avec un

bien

en

profusion n'est

goût délicat ; les valeurs,

place, sont d'une tonalité si juste, qu'une

douce harmonie se dégage de là, nous allions

dire un

parfum suave et pénétrant.
Pour achever

dignemeut la revue de la salle, il

faut admirer les magnifiques œuvres que

M. Auguin

fillette de gauche, est particulièrement attrayante.—Le

de cette
magistrale, aux vastes dimensions, placée sur
le panneau du fond delà salle : paysage d'un poète dou¬

repos des

blé d'un fin coloriste et d'un savant dessinateur. Par

sin exlrêmement correct, en font une bonne

d'un fini irréprochable. La tête, vue

peinture,

de profil, de la

carriers, est aussi une excellente toile de

l'exposition et M. Salzedo, qui

en

est l'auteur, a

y expose. Sous les chênes, en été, est le titre
œuvre

une

chaude journée d'été, les rayons

du soleil s'infil¬

verdure de chênes vigoureux.

parfaitement donné la note qui convenait à son su¬

trent à travers l'opulente

jet. Ce sont bien là de rudes travailleurs, goûtant

Les branchages forment une sorte

quelques instants de repos, avec les poses les plus na-

profonde, sous laquelle on irait volontiers chercher un

de voûte aérée et

124

LE SALON PERIGOURD1N DE

1886.

peu de fraîcheur. A

gauche, il

lointain et les

d'un ruisseau où

bords

ciel et le feuillage ; à droite,

LE

échappée de

y a une

mirent le

se

deuxième plan, des

au

rochers suintants, à

demi-recouverts de

de quelques branches

de bois mort ;

mousse

sur

et

le devant

s'étend un tapis d'herbes sauvages avec le sentier,
aux

tons chauds, qui conduit au

SALON

PÉRIGOURDIN



1886.

125

Auguin sait produire des chefs-d'œuvre ; c'est

en

i

cela qu'il donne sa note de

particulière prédilection ;

note qui lui est toute personnelle

et avec laquelle il

s'est, pourrions-nous dire, identifié. Il

nous

a

été

donné devoir dans l'atelier du maître lui-même, entre
mille

autres

choses, les pages délicieuses

que

son

fond de la foret. C'est

pinceau a su écrire sur un thème presque semblable à

toile, traitée par un maître qui

celui-ci, et nous gardons précieusement le souvenir

voit, sent, et sait interpréter sincèrement la nature

des douces et agréables impressions recueillies durant

dans ce qu'elle a de plus

notre courte visite. Le Musée

bien ici une

maîtresse

Il en est de même

harmonieux, de plus poétique.

pour

Cette œuvre, de moindres

Les derniers beaux jours.

dimensions, n'est en rien in¬

férieure à la précédente ; toujours
et

vigoureuse,

une

tonalité

une

facture large

harmonieuse et vraie

rendue, ici, avec la gamme dorée de l'automne. Sous
la

végétation on devine un sol résistant et solide ;

en

haut, le ciel a la valeur qui lui convient, tout en étant
d'une harmonie parfaite avec le
paysage

représenté.

Le Pin sec, n'est autre chose

que de l'air et du soleil

fixés sur la toile. Sous un ciel

pur,

vérité de couleur

d'un éclat et d'une

incomparables, s'étendent bien

des

sables brûlés, rebelles à toute

nées

si

loin

végétation ; plus
loin,la mer se perd dans l'horizon. C'est avec ces don¬
simples, d'une candeur délicieuse,

que

M.

de Bordeaux

possède,

lui aussi, une œuvre magistrale traitée dans

le même

sentiment, œuvre qui valut à l'auteur, en 1884, au Sa¬
lon de Paris, la médaille qui le classait hors concours.
Mais

qu'avons-nous besoin de ces réminiscences ?

Passons dans la Salle de Ventrée.

ïé ïé Ï£ si*

fr'&li'Ss'k ïiït'teïsïs

là*

III
Salle de l'entrée.

Mettons-nous sur le pas

de la porte et regardons

longuement la Conclie de St-Georges. Cette peinture
puissante et profonde parle vraiment à l'âme ; c'est
l'immensité de l'Océan avec une solitude

que

rien ne

trouble. Balzac a dit : «Les plus grands efforts de l'art
seront toujours une contrefaçon

de la nature». Mais

ici c'est la nature elle-même, avec ses harmonies, ses

grandes lignes, son aspect véritable. C'est la nature
vue

par une

journée d'automne, encore chaude et

ensoleillée, avec cette vision si personnelle que M.

Auguin traduit en maître consommé. Point de figure
dans ces toiles,

il semble que les êtres

nuiraient à la

grande impression qui s'en dégage, de la vie sans
l'homme. Ces peintures sont

celles d'un penseur con¬

vaincu qui suit sa route sans se soucier

d'aucune cri¬

tique et qui sait demeurer sincère avec lui-même

,

la

sobriété des détails lui sert au grandissement de l'effet.
Ces œuvres

parlent à l'âme du spectateur le même

128

LE

SALON

PÉRIGOURDIN DE

1886.

LE

SALON

PÉRIGOURDIN

DE

1886.

I 29

devant la nature ; les
impressions qu'il en a rapportées, il les présente sin¬
cèrement et avec son tempérament personnel.
M.

parfait avec le motif principal, ont un charme, un éclat

touches fermes et
décidées ; en Rapprochant de ses ouvrages on ne croit

Mare à St-Martin, de

à quelques
pas on sent qu'il n'y faut plus un coup de pinceau. La
peinture de ce simple autant que robuste poète est

reflétant le gris du ciel, sont rendues avec une

rendue magistralement, avec une large manière servant

dant une belle coloration douce et harmonieuse, des¬

langage que l'artiste a entendu

Auguin sait traduire sa pensée en
y découvrir que

de bonnes indications ;

très bien l'idéal d'une

personnalité qui, comme M.

Auguin, a le vrai culte désintéressé de l'art et n'a ja¬
mais prostitué sa palette

pour servir les besoins

des

Une autre des œuvres les plus remarquées de

cette

salle, qui renferme tant de morceaux choisis, est assu¬

M. Rapin, vue par un temps

gris. L'humidité des ajoncs et des

herbages, l'eau
sincé¬

rité de couleur absolue et une facture

aisée, large et

savante. — Un autre tableau d'un joli sentiment,

siné

en

maître, c'est la fantaisie intitulée :

XIII, signée

possé¬

Tête Louis

E. Dupain. L'éminent peintre expose

encore, un peu plus loin, sa

provocante : Promenade

Voici, sur la même paroi, l'œuvre d'un
artiste classé hors concours. Celui-ci,

cinquième

originaire du

Périgord, est M. Dameron. Son Petit bras de la Seine

soleil

à P ont-de-î' Arche, est un site charmant. Au fond, il y

derniers rayons d'un splendide

elle se
dirige vers sa demeure en traversant des champs de
blé, légèrement vêtue, les pieds nus, tenant d'une
couchant, se détache une robuste paysanne ;

sa

public s'arrête nombreux, également, devant la

glaneuse de M. Yvon. Sur un ciel en¬

flammé par les

main

Le

sur l'eau.

marchands à la mode.

rément La

de bon aloi, qui attirent et enchantent le spectateur. —

faucille et de l'autre

quelques épis qu'elle

vient de glaner sur son passage.

Comme tout est har¬

monieux ! ces touches de lumière orangée et
leurs assorties qui se

jouent sur la toile, en

de cou¬

accord

bord
de la rivière ; un coup de soleil le fait admirablement
a un

village bien assis, sur un riant coteau, au

valoir

et

forme le

plus heureux contraste avec les

verts noirs, aux épaisseurs

sombres, des arbres des

premiers plans de gauche : tableau nettement brossé
avec

sécurité.



Au-dessus, les Fleurs de printemps,

de Mme Dubuisson, sont fort bien groupées et finement

l30

LE

SALON

PERIGOURDIN

DE

I

888.

LE

SALON

PERIGOURDIN

DE

peintes. —Il Amateur cl'estâmes, de M. Pomey, n'est

Très bonne aussi la Marée basse à

autre chose

Guédon ; l'atmosphère

qu'une forte dame brune, au teint plus

que bistré, habillée d'un bleu criard, qui

13 I

I 886.

Vallières, de M.

chargée d'électricité et le ciel

regarde cu¬

déjà menaçant, indiquent parfaitement que l'orage ap¬

rendus, ceux-

proche. — Mais rassurons-nous, voici à côté une Belle

ci, avec une vérité remarquable.— M. Pradelles, avec le

journée de Juin, de M. Delpech. Des faneurs, grillés

Chemin de la plage à Henclaye, montre qu'il

par le soleil, sont fort occupés

rieusement des dessins et des gravures

sa

sait bien

ligne. L'aspect sauvage du site est heureusement

présenté ; mais la tonalité de tableau en est dure et

leur si fortement accusée.

par trop crue.—Il en est de même de la Nature morte,

La gelée

de M. Dumas ; c'est dur, bien dur. — Presque à l'autre

tons trop uniformes ; et, ce

extrémité du panneau il y a les Chrysanthèmes de Mn-e

rais de Pibran.

Sébilleau-Sprenger ; fleurs bien modelées,

un

peu

à leur travail

;

il est

fâcheux que ceux des plans secondaires aient une va¬


Vous trouverez ensuite

:

blanche, de M. Galvé, avec une prairie aux
qui vaut mieux, son Ma¬

Sous le titre : Peau d'Ane, M.

Lemémorel a peint

pâles cependant. —M. Ancillotti fait preuve, avec son

une

Message inattendu, de savoir mettre en scène ses per¬

gueur..., ayant devant elle une plaque noire

jeune paysanne avec

un

avant-bras d'une lon¬
et mince

La surprise de la fine soubrette, en voyant

qui prétend tenir la place d'une paire de dindons. —

poindre la tète du jeune commissionnaire qui, grimpé

Dans sa Matinée sur les bords de la Douve, M. Ba-

échelle, lui tend le billét doux, est rendue

rillot donne du plein air-sincère, où circulent de belles

sonnages.

■y

sur une

avec

vérité; mais les parties éclairées du tableau sont

vaches, heureuses de se trouver au milieu d'un

gras

d'une crudité de ton désagréable. La couleur du Matin

pâturage.—Le paysage : Les bords de la Loire, de Mme

est plus belle ;

Annaly, ne manqueraient pas d'harmonie si le ciel était

le sujet serait parfait si le jardin, jtant

fleuri, n'était trop détaillé dans les plans secondaires.


L'Entrée du Port de Courseulles, de M. P.-E. Ber-

moins lourd.



Tout à côté Mme de Champ-Renaud a

disposé, sur un marbre, ses Huîtres accompagnées de

thélemy, donne la note d'une mer vraie, agitée par la

citrons et d'une

brise et sillonnée de barques, sous un fin ciel gris. —

largement et sincèrement traité.

fine bouteille de


Sauterne, le tout
Son maître, M. Mo-

LE

PERIGOURDIN DE

SALON

I 886.

LE

Vieux marins. Ces deux vé¬
térans sont assis, de la façon la plus naturelle, en face

reau

de Tours, expose les

l'un de l'autre et causent de leurs

exploits ; tandis

qu'une fillette, à demi couchée sur le rivage, regarde
curieusement le navire qui vient

de poindre à l'hori¬

de sérieuses
M.

impression qu'il
hauteurs le

che, cette toile est excellente et digne de la réputation


Nous avions laissé dans la salle

I

nous

886

retrouvons ici

nous

avait laissée. Dans

ouvrage on sent la griffe d'un maître

leur place,

du grand artiste.

DE

I

33

qualités de dessin et de clair-obscur.

Beauverie, que

les pre¬
miers plans, un peu monotones de couleur et de tou¬
à toute vapeur. A part

et qui s'avance

PÉRIGOURDIN

avec Les

hauteurs de Franche ville, ne dément pas la bonne

ces

zon

SALON

regard embrasse

ce

nouvel

consommé. De

une

étendue im¬

mense, les différents plans du paysage conservent bien

ils sont parfaitement enveloppés d'air et de

lumière et ont une sincérité de couleur

remarquable.—

précédente la petite étude lumineuse : Le Pont de la

M. Barrias a envoyé une petite toile intitulée : Mélan¬

forge, de M. Combet. Cet artiste Périgourdin expose

colie. Dans un jardin en fleurs, retirée à l'ombre

ici deux bonnes toiles. Ses Fleurs de printemps,

une

des lilas entrelacés d'une branche de buisson

sont

blanc,

son se

tient assise. La pose,

le regard, l'expression,

faisant un tout arrangé avec goût, hardiment enlevé en

tout laisse deviner les

pleine pâte et se détachant sur un fond harmonieux,

tent son esprit. Parlons bas et ne

très fin. La Rue à la

Roque-Gag eac, si pittoresque,

est d'un dessin serré ;

il y a un beau coup de soleil au

deuxième plan et des
mantes

:

petites notes de verdure char¬

la tonalité harmonieuse de l'ensemble

infiniment à-l'œil. — Le
de M.

plaît

sujet algérien, Une sortie,

Huysmans, nous en rappelle un autre égale¬

ment oublié dans la

du Marché. Ces

sous

tonnelle de verdure, la jeune maîtresse de la.mai¬

pensées mélancoliques qui han¬
troublons pas cette

rêverie sombre qui ne manque pas d'une certaine sa¬
veur

poétique.

A côté du sujet mélancolique,

si bien peint par M.

Barrias, nous trouvons une savoureuse étude :
Montmartre par M. Maincent.il y a là de

fines, délicates et

un

Vue de

jolies tâches,

bonhomme campé on ne peut

salle précédente, intitulé : Retour

mieux. —Bien intéressante, l'est également la petite étu¬

peints

de, Vaches au pâturage, de Mlle Venneman. — Nous voici

éclatante, un peu forte, ont

transportés dans deux splendides salles de l'Alhambra

deux

dans la même gamme

charmants

ouvrages

9

^

134

le salon

périgourdin de 1886.

de Grenade : La salle de repos des bains, et El
de la

le salon

niyrador

Reyna, par M. Richter. L'élégante architecture

polychromes, est repro¬
duite avec toute la fidélité désirable. Il a fallu une main
arabe, ornées d'incrustations

des

plus exercées pour vaincre, aussi heureusement,

ces nombreuses

tion.



difficultés de perspective et de colora¬

Uii excellent paysage nous le trouvons encore

périgourdin de

ques crevettes

appétissantes.

Gerva-ise, présente deux

la leste Etude de femme

Effet de soleil couchant.—À

part quelques duretés, M. Constantin

offre du bel et

bon Gibier.

M. Claude

possède au Salon un second tableau,

Chrysanthèmes, peint avec la.délicatesse et le savoir
que nous avons déjà constatés. —Voulez-vous
des

Heurs délicates ?

Regardez

les

toujours

Coréopsis et

marguerites et les Roses peintes par M. Nobillet, qui



35

quel¬

Un Périgourdin, M.

paysages, Au

%ord de l'cet une

facture serrée, mais avec un
premier plan manquant
un peu de nerf. Le
ciel, remarquablement peint, est
brillant, profond, bien aéré , les eaux de
l'étang ont

finesse de ton délicieuse. — M. Letrône présente — en
violet — son paysage :

i

lang avec une tonalité chaude et harmonieuse

suite Les

le Labourage dans les Landes. peint par

886.

expose, en outre, un superbe Homard entouré de

M. Ban¬
dit, qui a fait preuve de l'habileté de main accoutu¬
mée. L'attelage du laboureur, marchant à pas lents,
va bientôt disparaître derrière le brouillard épais qui
enveloppe la campagne. —Après cela, en levant les
yeux, on rencontre une séduisante marine de M.
Ivuwasseg, Après la tempête, où il y a un brick
échoué, finement dessiné, et un ciel mouvementé d'une
avec

i

une

grande

transparence. Les-Anglais, représente

également une étude consciencieuse,
par une belle journée, avec un ciel

prise sur

pur et un effet

peu oriental.— Le mot oriental nous fait
nos

regards vers Une

rue

un

songer à porter

à Alger, de M.

Girard:

peinture de bonne pâte, d'un dessin savant et
avec de beaux

nature

sobre,

groupes d'Arabes.—Vous trouverez en¬

abricots, hardiment enlevés, de M.

lard que perce un

de M.

gros soleil

G.Glavel;

Delpy, avec du brouil¬

jaune ; Les bords de la

Lyn, de M. Iwiil, intéressant et lumineux

sous-bois.
M. Martens a
envoyé une belle étude de Tête de

femme, aux contours un peu âpres de ton ; un
loin nous retrouvons M.

l'Eure. —La Vue de

Baillet

avec

TJerros, de MUcLandré, est un pay¬

sage bien assis, le ciel est lumineux et les eaux
rentes.



peu plus

Les bords de

Sauf le verre

transpa¬

qui se perd dans le fond, Le

I 36

LE

SALON

PÉRIGOURDIN

DE

1886.

LE

SALON

RKRIGOURDIN

DE

1

886.

\

dessert, de M. Debord, est une bonne petite étude. —

Mer de M. Laroche.—M.de Vergèses a également deux

Mlle de Comblât chante un peu trop sur la même corde

bonnes choses : Fannia et le charmant Enfant

avec ses

coup,

Cerises, aussi nous lui préférons, de beau¬

le Coup de vent sur les chrysanthèmes : tableau

de fleurs supérieusement peint. — Marine et Pont sur
la Seine sont deux

larges études, prestement enle¬

Fleury a ici un tableau de genre : Au

vilj^e. Une fermière, au visage épanoui, s'arrête sur
les

dernières

marches de

l'escalier et donne, sans

doute, quelques ordres au garçon de ferme

jouant dans un appartement ; rainée s'affuble de La
robe à maman et
coce

qui passe

seul cadre, six Études, peintes sur nature ; .on y



dé¬

bons morceaux. — V Italienne au tambourin

dandine majestueusement — pré¬

si sincère de M. Bopp du Pont, intitulé :

Paysage à la barrière de Bordeaux. Ici nous admirons
les

superbes Chênes de la Négresse, d'un dessin si

correct et d'une coloration absolument vraie.

Voici de nouveau Mll8Montalier ; ses
forment un paysage
dant.



harmonieux,

un

Bords du Gave
peu

sec cepen.

À part de belles bruyères, le Paysage de M. de

figure de grandeur natu¬

Montholon nous laisse froid. —Regardez la charmante

plaît par sa physionomie expressive et légère¬

petite étude du Pont de Poissy de M. Dargaud, et sur¬

de Mme Salles-Wagner, —
relle

se

coquetterie — avec la longue traîne' du vêtement

le paysage

devant la fenêtre ouverte. — M. Joubert réunit, dans un

couvre de

ii y a deux belles petites-filles

maternel. —Dans la salle précédente, nous avons laissé

vées par M. Boggs.
Mme Fanny

nards. De M. Reynaud,

aux ca

ment mélancolique. Les

mains sont parfaitement pein¬

tout

sa

Rue

de

Marseille, soigneusement dessinée,

tes, la pose est heureuse, et le coloris vrai ; en somme,

bien aérée, avec de beaux effets

très bon tableau. —M. Bouillon a représenté, Au jardin,

d'intéressants groupes de passants et de boutiquiers.—

une

jeune mère, assise contre la muraille, regardant

De chaque côté de ce tableau sont

de lumière, animée

placés les portraits

jouer son bébé ; c'est un peu meilleur que l'ouvrage

de

plus que médiocre, que nous avons laissé dans l'autre

Aviat : Mme la marquise de L... et Mme P...

salle,- intitulé : Le repos.—Regardons plutôt la très in¬

quise, une superbe blonde, se détache gracieusement

téressante petite étude :

Sur la plage de Bo ulogne-sur-

deux ravissantes

sur un

Périgourdines, peintes

par

M.

La mar¬

fond gris, vaporeux'; la tête en est savamment

I

38

LE

SALON

PÉRIGOURDIN

DE

I 886.

et finement modelée. Le portrait de Mme
et expressif,
une

LE

P..parlant

est hardiment enlevé ; bien posé, sons

bonne lumière, il est frappant de vérité et il pos¬

sède une finesse de coloris digne des meilleurs maî¬
tres. — Le Printemps à Créteil, de M.

le soleil.

L'air

embaumé circule

sous

par

les arbres

en

fleurs, et on serait heureux d'accompagner les deux
jolies promeneuses qui descendent le chemin à côté
du verger. —Voici encore des Fleurs de groseilles

de

M. J. Delanoy, de qui nous avons tant goûté les Fruits
et fleurs.—Observez bien les excellentes Pêches velou¬

tées de M. Olive, le coloris en est aussi bon que le des¬
sin en est correct. — Et puis arrivons au vaillant jeune

artiste périgourdin, M. Dâbost, qui expose

deux frais

paysages : Les bords de fisle près N'en vie et Mutinée
d'août au pont de la Cité. Les ciels nacrés, limpides et

lumineux, exécutés avec une rare habileté, projettent
des dois de lumière sur

ces

beaux sites,

ment choisis, où l'air circule et
rents plans, où l'eau profonde

judicieuse¬

enveloppe les diffé¬

et transparente réfléchit

admirablement le ciel, les rochers et les verdures.
est

Il

dommage seulement qu'il y ait quelques crudités

dans la tonalité des premiers plans des Bords de flsïe

PÉRIGOURDIN

DE

I 886.

et des gris un peu uniformes dans les fonds de

tinée.



Bien juste

f Jslëy par Mllc

la Ma¬

l'est aussi l'étude, Souvenir de

Marquet, déjà citée et toujours égale

à elle-même.

Pétillion, pro¬

duit la sensation d'une agréable matinée réchauffée

SALON

Un jour
Nous

de marché

cherchons le

Trou ville par M. C. Frère.

ci

marché et nous

ne

le

trouvons

pas. En revanche, nous admirons un excellent paysage,

animé de très bons chevaux abrités

à l'ombre

des

arbres, devant la porte d'une ferme ou d'une auberge.


Avec

la

Vue

d'une

preuve

émérite,

prise de

science

ma

fenêtre, M. Dose fait

consomméee de dessinateur

scrupuleux de l'exactitude ;

n'est oublié

dans

cette

savante

aucun

détail

étude.- Le

regard

plonge et découvre la plus grande partie de la vaste
plaine de St-Georges, parsemée de pittoresques grou¬
pes de maisonnettes. La châtaigneraie,près

du Petit-

Change, est encore une consciencieuse étude du même
artiste ; l'aspect de
gueux,

ce

coin, des environs de Péri-

est rendu avec une grande vérité. Au-dessous,

dans le même cadre, il y a la

seille

:

étude tout aussi

Vue des ports de Mar¬

sincère, prise par une belle

journée, avec un ciel pur qui se mire très bien dans
les eaux

limpides delà Méditerranée. — Il nous reste

à voir Carmenita, de M. Alaux :

tête de jeune fille

140

vue

LE

SALON

PÉRIGOURDIN DE l886.

de profil, se détachant agréablement sur un fond

gris-sombre, possédant une coloration harmonieuse,

peinte sur un bon dessin,
ble

avec

et une touche spirituelle.



une

Enfin

facture agréa¬
ne

IV

regrettons

pas, avant de quitter la salle, de rester un bon moment
devant le Taureau que M. lioll

présente de grandeur

naturelle. Nous verrons la bête

impatiente sortir du

cadre et s'avancer vers le
ment est juste.
une

spectateur, tant le mouve¬

Cette superbe étude est traitée

facilité et une liberté de pinceau incroyables,

avec

indi¬

La

Avant de nous

Sculpture.

rendre dans la salle du

allons examiner rapidement les

fond,

nous

trois

œu¬

sculptures.

L'éminent M. Carrier-Belleuse a envoyé

vres. Son Buste mauresque se distingue par les
lignes

quant le profond savoir de réminent artiste. La tête et

élégantes ; la lôte expressive,

au

la croupe sont particulièrement remarquables. M. Roll

est crânement

attaches

mérite-bien la réputation, toujours grandissante,

Unes, les épaules gracieuses et la poitrine puissante ;

a su

s'acquérir auprès du monde artistique.

qu'il

modelée.

Les

le sang circule sous i'épiderme

regard ardent,
du

cou

en
sont

souple de cette belle

lille du déserta Le Buste à TOiseau, plus

simple et de

plus modestes dimensions, est également bien mouve¬
menté et

plein de vie. Enfin l'intéressante statuette de

Psyché, est remarquable par la pose naturelle, la jus¬
tesse des proportions et le fini des détails.
ces



A côté de

beaux ouvrages figurent dignement deux

cires de

M. de

Saint-Angel : Basset allant à ses affaires

Chien courant, méditant

sur

les misères de la

et

vie.

Ces deux bâtes de race sont parfaitement caractérisées
et rendues avec toute la vérité

possible. —* Un autre

I42

PÉRÏGOURDIN DE

LE SALON

animalier émérite

ouvrages ont



acquis

LE

ï 886.

SALON

PÉRIGOURDIN

DE

l886.

I

q3

Périgourdin, celui-ci — dont les

Le Buste du comte cle Chamhord, d'une

ressemblance

réputation véritable

parfaite, — un peu lourd, peut-être,

est très re¬

une

,

est



M. de Roffignac. Le Saintongeois Ménélas a un mouve-

marqué. L'ébauchoir de Mlle de Montégut a également

très bon,

su

une

tête expressive et des membres étu¬

diés avec soin. La Tète de chien, en bronze,

délicate¬

ment fouillée, est d'un dessin pur, ainsi que

VAlouette

de mer,

ingénieusement suspendue par une patte. —

Sur la même table se trouvent deux tubes
sur

en

ivoire,

lesquels il y a des Rondes cTenfants et Enfants et

rendre, et très heureusement, la physionomie fine

et spirituelle du

Comte de 6\.., elle

en a

fait

un

fort

bon portrait. Mais, parmi ces bustes, nous donnons

la

préférence à celui de Mme de G... La tête, pensante, a
du caractère, les draperies sont arrangées simplement
et avec goût ;

la pose aisée, naturelle, d'un bon mou¬

dauphins. L'ivoire est une matière ingrate à entailler

vement, indique l'action et respire la vie. —Enfin, pour

et ces bas-reliefs font grand

terminer la

honneur à M. Auclié, de

revue

des sculptures,

Périgueux, qui, loin de se rebuter devant les difficul¬

instant devant le

tés, sait les vaincre de la façon la plus heureuse. Ses

statuette de M. Gautherin. En

délectons-nous

1.111

Printemps de la vie, la charmante
quelques coups d'ébau-

sujets sont agréables, bien agencés et de bon goût. —

choir, réminent artiste a su créer un petit chef-d'œu¬

Une dernière artiste périgourdine représente

vre

la sculpture au Salon. Les œuvres

J. de Montégut sont au nombre

dignement

exposées par Mlle

de quatre, dont

statue et trois bustes. Aux bains de mer,

une

est le titre de

de délicatesse et de

simplicité. Cette intéressante

ligure de jeune fille, au visage pur et souriant, tient
entre ses mains une nichée
caresse.

de

petits oiseaux qu'elle

Elle est vêtue d'une

longue tunique aux li¬

l'élégante statue, placée au centre de la salle d'entrée.

gnes sobres et harmonieuses, sous les plis de laquelle

C'est une pêcheuse d'un mouvement gracieux et

011

de

plein

souplesse ; le visage souriant, plaît infiniment,

les proportions de la

figure sont bien gardées, l'en¬

semble renferme de précieuses qualités et laisse

de¬

viner, chez l'auteur, un vrai tempérament artistique.

sent les formes exquises,

l'innocente créature.

les belles proportions de

V
Dernière salle.

C'est ici que sont réunis les dessins, les
les faïences et les porcelaines ;

aquarelles,

mais parmi toutes

ces

belles choses, nous distinguons encore un bon nombre
de peintures à

l'huile. C'est

par

celles-ci que nous

commencerons.

Nous avons laisse
F ancien pont de la

en

de

Cité, matin, de M. Darnet de Péri-

gueux ; voici maintenant
seau

arrière la Vue clu chemin

la

Vue du moulin du Rous¬

du même artiste. Ces paysages,

d'un ton un peu

froid, possèdent de sérieuses qualités de dessin et de
facture ; les sites sont admirablement choisis. — Nou¬
veaux

compliments à M. Villa qui, décidément, aime

les fables de La Fontaine ; il en sert deux nouvelles,
1° Les deux rats, le
et le renard. — M.

renard et F œuf, 2° Le corbeau

Mascart, lui, a la passion des inté¬

rieurs de ville, aussi il expose : La rue

Damrémont à

Montmartre, Une vue prise à St-Denis, et La rue des

Champs, à G and. Personne n'y trouvera à redire, car

I46

LE SALON PERIGOURDIN

DE

LE

1 886.

le lout est bien dessiné, avec de beaux

effets de lu¬

SALON

lard

Nous retrouvons Mlle Broin avec des Fruits :

charme pénétrant.

peinture
un

DE

M.

un

peu rose,

peut-être,


Boyer-Guillon : Blés mûrs en Périyçrd,

de

rochers de Pontaillac, près Royan.

aux

dernières limites de la

preuve d'une

avec

une

vérité touchant

perfection. L'artiste

fait

a

habileté incontestable ; nous avouerons

plans trop forts, et

bords de la Louche,
près

-

site
riant, agréable et peint hardiment par M. Gottin. — Un

de gros papier jaune et taché de

devons au pinceau de M. Berthelon.

parfumé ; aussi nous tournons nos regards
délicates Fleurs peintes par Mme
encore admirer

marines



raient parfaites s'il
peu dures et si les

n'y avait

Brizon, de qui il faut
laissé

et agréable ;
pas

quelques notes un

sujets principaux

Voici les titres :

elles se¬

se

trouvaient

Temps gris

sur

Garonne, Coin du port de Bordeaux. Du même
tiste

il

y a un paysage

les

M. Camorey t expose deux

d'une coloration juste

mieux en toile.

vers

le séduisant Portrait de fillette

dans l'avant-dernière salle.

plus

Ta
ar¬

intéressant : L'entrée d'un

Le calme, de M. Geneste, est une marine

chauds et vaporeux du matin. Le ciel,

aux

tons

les eaux, les

un

t-Germain,nous le


Vous trouve¬

ensuite la puissante étude de M.

Guéry : Jardins au

bord du Morin à Crée y-en-Brie. Du

même artiste nous

rez

avons

et

laissé

avec

tant

ailleurs La vieille barque si bien peinte
de vérité.



Les amateurs de peintures

soigneusement finies, nous allions dire léchées, s'exta¬
sient devant Un quai de Bordeaux de M. de

Latenay.—
Ici, M. de Champeaux présente un paysage bien moins
intéressant que
aperçue dans

la marine exquise que

nous

avons

la première salle. — Le Paysage de M.

Bourgeois, est plus que médiocre ; il en est de même
de celui de M. Ambroise

:

Un matin ci Poissy. —Les

œufs et les Lilas de M. Royer sont un

vieux château, près Bordeaux.

les

Le paysage Les

Dijon, représente

autre délicieux Sous-bois, foret de S

séduisant. —Nous aimons mieux quelque chose de

avec

Une fissure dans les

néanmoins que cette viande crue, étalée sur une feuille
sang, n'a rien de bien

brouil¬

ne manquant pas d'un

derniers

Bauré, est rendue

147

A signaler deux autres toiles de

peu froide cependant. — La Nature morte (gigot et ail),
M.

1886.

falaises et les navires, tout est enveloppé d'un

mière et une tonalité agréable, vraie et harmonieuse.—

toujours très soignée ; celle-ci d'une coloration

PERIGOURDIN

peu meilleurs ;

mais à tout cela nous préférons la bonne Ferme

mande de M. de La Rochenoiro, où,

nor¬

malgré une colo-

148
ration

LE SALON
un

peu

PÉRÏGOURDIN DE I 886.

obscure, il y a de belles bêtes, des

terrains solides et des
lons un coup

LE

fabriques excellentes. — Je-

d'oeil sur les Pensées de Mme de Champ-

Renaud, déjà citée avec avantage, et passons rapide¬
ment devant Les Dunes, La

côte à marée basse, Les

SALON

PÉRIGOURDIN

DE

vieille est assise commodément devant la
ne

la trouble dans son travail

patient; le fuseau tourne

clair de la muraille ; les détails

et l'ensemble

Périgourdin que nous engageons à tra vailler avec ar-•

douce et calme se dégage de

besoin d'être mûri par une étude incessante.

M. Cons¬

belles Fleurs et deux
ravissantes aquarelles : En Bretagne et Sortie d'é¬
tantin a peint, un vase de très

glise. Cette dernière est; un

chef-d'œuvre du genre.

La vieille cathédrale dont on peut voir

détaillée avec beaucoup

le portail, est

de soin et d'exactitude, les

beaux groupes variés et la
ville, au fond, est bien en valeur ; en somme, c'est ici
personnages forment de

un morceau

achevé.—Voici les Bords de TArguenon et

Après-midi de juillet : deux paysages de M. Vergez.
Laissant de côté

le second, contentons-nous de

re¬

marquer le ciel etles fondsdu premier, peints avec une
bonne entente

des valeurs. — Pour achever la visite

Fileuse
à Gliatel-Guyon !Auvergne) de M. Berthon. La bonne

des peintures, nous avons réservé l'excellente

maison, rien,

l'impulsion que la fileuse lui donne méthodique¬
ment. La figure se détache en
vigueur sur le fond
bleau sont soigneusement exécutés.

vraiment dignes du
talent dont la nature l'a gratifié ; talent qui a encore

149

sous

bords de la Dronneyet les Bocliers de M.Boulestin: un

deur afin de produire des œuvres

I 886.

du ta¬

Une impression

cette toile, impression
qui fait aimer les mœurs simples des villageois habi¬
tant

les

montagnes de

la pittoresque Auvergne. —

Avant d'arriver aux dessins et

aquarelles, si

nous

ne

voulions rien passer sous silence il faudrait encore dire
un

mot du

Portrait de M. TU.

par M. Berloletti.

Mais nous sommes liés d'une amitié
ment

trop intime, vrai¬

fraternelle, avec cet artiste, pour qu'il

sible de porter sur son ouvrage

un

soit

pos¬

jugement quel¬

conque. Cette amitié, qui date du berceau, fait que,
nous

si

parlions favorablement du portrait, notre ami se¬

rait le premier

à

nous

taxer d'une excessive

gence ; d'autre parL notre cœur
sion publique d'un
se taire

indul¬

s'opposerait à l'émis¬

jugement sévère. Mieux vaut donc

et laisser les visiteurs

formuler eux-mêmes

les avis.
Un artiste possédant un remarquable talent de des¬

sinateur, c'est M. J.-B.-L. Simon. Pour vous convain10

l50

LE

SALON

PERIGOURDIN

UE

I

886.
LE

SALON

cre,regardez son aquarelle Etang près de Metz et son

M. Lepic est un habile

puissant fusain,le Ravin de Mainboltel.—Un autre fu¬
siniste très apprécié, nous le trouvons en M.

de qui nous avons déjà vu, avec

plaisir, les peintures

dans la salle de l'entrée. Ici, il
expose un
soleil dans une Rue de
avec une

Dubost,

bel effet de

Corgnac et Visio à Corgnac.

agréable échappée de fond et des eaux

tou¬

Chien

et

son

che parent de la

dans un

par Mmede Verninac de Saint-Maur. Nos

compliments

également pour son Coin

de parc. — Le Portrait de M.

A..., par M. Lapeyre, est

expressif, mais d'une tonalité par trop lourde. —Voici
encore

M.

Dupain ; cette fois avec un fusain, Coin de

moulin, correctement dessiné


Un autre joli
morceau,

et bien

en

valeurs.

c'est le Soir aux bords du

Ciron, de M. Délhuile, fusain infiniment supérieur
aux

Bords

de

FIslc,

MUe de Comblât
;

mais

à Saint-Denis-de-Piles

,

de

préférons à ces
choses, ce sont les Dessins au conté de M. Reynaud.
ce que

nous

Cet artiste

a

une

endiablée, six paysannes des plus drôles.

verve

dessiné

avec une

grande assurance, et



est

La

bien gra¬

dessin à la plume, si

gravure à l'eau forte,

son

pro¬

dignement

représenté par M. Moërdès, qui donne trois

paravent

à cette artiste, qui en mérite

aqua-fortiste ; témoins

vée par M. Beaumont. -^Le

lourd.—Au fond de la salle, se dresse un beau

sains, largement traités dans le genre décoratif, signés

l5[

Hibou, si puissamment modelés.

de ia touche délicate

ravissants fu¬

886.

I

maison de la rue
Eguillerie a été tout aussi

jours pures ; le tout entouré d'arbres au feuillé un peu
dont les feuilles sont recouvertes de

PÉRIGOURDIN DE

avec

spécimens
laquelle il le traite : Rivière

village, Puits des Roches, Ne pleure pas. -

Une superbe

d'architecture, c'est La restaura¬

vue

tion Lune maison du

xv®

siècle, a Périgueux, de M.

Gonthier : dessin pur, finement
exécuté
Maison d'habitation, du même
rendue par un dessin d'une

lavis.

au

architecte,

est

La

encore

grande netteté. —M.Gros-

Puymartin expose une série de plans
ont en outre
car

le mérite d'être

tous ces dessins,

intéressants, qui
parfaitement pratiques ;

fruit d'une

longue expérience,
représentent des constructions déjà exécutées.
Par


exemple, quelque chose qui n'est
dessin à la plume de M.

pas

beau,

c'est le

Fournier-Laurière : Dans

le

désert, aussi nous lui préférons,, comme travail de
patience, les deux pancartes de M.
Labarrère, où tant
de choses sont jetées pêle-mêle.
Dans

l'aquarelle

:

Après-midi Lliiver, M. Hilde-

brand donne un effet d'arc-en-ciel

très

curieux, d'une

i52

le

exécution large et
se

périgourdin

salon

de

1886.

le

harmonieuse. La même virtuosité

trouve dans le Verger au printemps et la Ferme dans

les Landes du même auteur. — Des trois

aquarelles

de M. Fontan, celle qui doit être signalée comme pos¬
sédant d'exceptionnelles

qualités de dessin et de har¬

diesse de facture, c'est le Sous-bois d'hiver. Quant a
la Vue de Bordeaux,

elle pèche par le ciel, et le Bou¬

quet de roses est absolument défectueux.—M'.Dargaud
tient à montrer,

et il le montre parfaitement, qu'il sait

faire les rues; aussi expose-t-il,

de nouveau, une Rue

de Marseille, à l'aquarelle.— Regardez, de M. Mariol,
Les coteaux dl Y vrac, avec un

premier plan trop im¬

portant; Une rue à Casseneuil avec un ciel trop bleu et
enfin Les horcls de la Garonne.



Tant que nous par¬

lons des aquarelles, passons rapidement devant

de M.

celles

Rettmeyer, qui sont aussi intéressantes que le

Bouquet de roses de M. Gadonnet, et arrêtons-nous
un instant

devant la Chanteuse andalouse de M.

tanda. De ce dernier il y a,
avec une tête
encore

de plus,

un

Co-

Tambourin

très originale.—Des aquarelles, en voici

de très bonnes, avec des tons bien transparents

et une facture large

et savante, ce sont quatre

Fzzes

cuirassiers.

salon



périgourdin

1886.

de

l5 3

Pendant que nous examinons les cava¬

liers, admirons la Unesse avec laquelle M. Bitry traite
les siens : Cuirassier

Bon. Il

faut

allemand,

Ulhan, Cosaque du

cependant constater que le tout étant

donné avec une exactitude de détails méticuleuse, cela
rend les sujets un

tantinet durs.—L'exposition de M"le

Cousy est très complète et dénote une artiste exercée.
Elle présente :

1° Six gouaches bien dessinées et fine¬

ment peintes,

dans une gamme froide ; 2° Six

fortes bien venues ; 3° Un plateau en

eaux

cuivre gravé et

du meilleur goût, et, enfin, deux objets en céramique.—
Sur un Biplômei

M. Espinouse a savamment, et avec
goût, agencé les monuments du vieux Périgueux, et
il en a fait une très belle gravure sur pierre. L'aqua¬
relle de ce même artiste, Le bac de Campniac, est fine¬
ment peinte et le

rendu en est excellent, à part quel¬

ques touches un peu uniformes dans
bres du premier plan. — M. Brissot

le feuillé des ar¬

de Warville aime

les moutons, nous l'avions déjà constaté, aussi il en ex¬

pose encore de fort jolis dans l'aquarelle
térieur de

intitulée: In¬

bergerie. — Au-dessus il y a une superbe

aquarelle de M. Dave : Le manoir d'Asfeld, vu par
un

temps de neige, avec un ciel gris d'une finesse ex¬

d'Evrèux, signées par M. A. ITomo.— M. Gardanne a

quise. — Regardons enfin des Cerises, bien nature,

gentiment peint Un chasseur achevai et Un officier de

de M. Combet.

I

54

LE SALON

PÉRpOURDIN DE I 88(5.
LE

SALON

PERIGOURDIN



I

886.

I

55

11 ne reste

a

plus à voir que la céramique. M,le Lévy
peint, sur porcelaine, un Portrait très fin. de M. B.

vu de

Paysage.— Enfin les gracieux ouvrages de quatre

élèves

profil, et puis Cornélie, more des Gracquos. La

même artiste

a

également traité avec délicatesse un

sujet Louis XV sur la soie d'un Eventail.— Ces choses
sont

son

infiniment supérieures à la

Cigale de Mllc Yille-

min, où l'on aperçoit des incorrections de dessin qu'il
serait difficile d'attribuer à la cuisson de la
plaque. —

Aussi il faut s'empresser

d'aller voir la Faïence, grand

feu, de Mlle Bironneau, étude contenant de précieuses
qualités décoratives.—Le bel émail La volière, de M,ue

d'Ollendon, mérite encore une attention spéciale .—M1U

Dupuy présente un nombre relativement considérable
de sujets peints sur porcelaine. Il aurait été
ble d'en diminuer la quantité au profit de
il faut bien le dire,

préféra¬

la qualité, car,

dans ces peintures, les imperfec¬

tions de dessin, de coloration, de modelé sont innom¬
brables.



M. H.

Bernard d'Honnorat

a

envoyé

1111

spécimen de toile, peinte en Imitation de tapisserie,
représentant un paysage d'un bel effet décoratif.
Nous avons

réservé,

pour

et Jaussein.
sant six



Nous allions oublier Mlle Bleynie, expo¬

Photographies finement coloriées. — A propos

de photographies, il faut encore observer
vues

des Carrières de

si heureuse par le

Chancelade prises

11 faut

d'abord remarquer les cinq belles

porcelaines de Mme

de Lauriêre; puis La nuit de Mme

Carré, ses Fleurs et

les quatre

d'une façon

vaillant M. Dorsène. Ce dernier ex¬

pose, en outre, line très belle Cathédrale de St-Front.
Le Salon renferme

un

seul pastel,

mais cet unique

exemplaire est absolument remarquable. Le Vieux de
M.Goëylas a une tête délicieuse, expressive et vivante.
Cette revue, que nous avons commencée par les œu¬
vres de

l'éminent maître

Périgourdin Lafon, doit s'a¬

chever par celles d'un autre maître — Bordelais celui-ci


qui vient également de s'éteindre en emportant les

regrets universels du monde artistique : Maxime La¬
lanne. Grâce à l'obligeance de M. Auguin, qui

l'aimait

tant, le public peut admirer, au Salon Périgourdin,
deux splendides

Fusains de Lalanne. Le plus grand,

vrai chef-d'œuvre du genre, représente un

les grouper ensemble,

toute une phalange de vaillantes Périgourdines.

de Mllc Broin : MUcs Billottet, Pradeau, Lejèune

riant pay¬

sage ensoleillé, profond et aéré, avec un ciel lumineux
et des lointains

délicats, fuyant à l'infini. L'autre fu¬

sain

remarquable, a été fait par Lalanne

tout

aussi

\

dans l'atelier de

son

ami M.

Auguin, sur

un

tableau

I

56

LE

SALON

RÉIUGOURD1N

do ce dernier. Il a été exécuté d'un seul
sence

LE

I 886.

DE

jet, en pré¬

de nombreux artistes bordelais, admirateurs sin¬

cères du maître, invités à la fôte par
même.

Nous

avons

cru

M. Auguin lui-

devoir rappeler cet épisode

concernant Lalanne, car nous savons que

née a compté dans sa vie d'artiste et qu'il

cette jour¬

s'en est tou¬

vante :

SALON

A Maxime

PÉRIGOURDIN

DE

Lalanne, mort

Puisse ce témoignage posthume

1886.
en

juillet 1886.

de délicate attention

alléger la douleur de ceux que le maître, en partant
pour une région meilleure, a laissés sur terre ; puisset-il contribuer à leur faire trouver moins long le temps

de la séparation !

jours lui-même souvenu jusqu'à l'approche du moment

suprême. En-effet, ce fut à partir de ce jour que le Bor¬
deaux artistique

apprit à connaître, comme il conve

nait, la vaillante personnalité de Lalanne. Ce fut à da¬
ter de ce moment qu'une

phalange, toujours cle plus

plus nombreuse, d'admirateurs et

en

groupa

d'élèves, se

à Bordeaux autour de ce talent merveilleux.

Depuis et par intervalles, chaque année, Lalanne se
crut

obligé de quitter Paris pour se rendre dans la

ville natale

répartir son enseignement si recherché.

A côté des deux fusains il y a au

Salon d'autres bi¬

joux : des lins Crayons d'une délicatesse de touche
vraiment exquise et des Eaux-for tes puissantes et har¬
di es, comme Lalanne savait en graver.
Toutes ces richesses sont

disposées, à côté l'une de

l'autre, sur un seul panneau, au centre duquel la Com¬
mission

administrative a fait placer une couronne

de

cliène, entourée d'un crêpe, portant l'inscription sui-

C 5j

FIN

DU

SALON DE

1886.

INDEX ALPHABÉTIQUE
DES

MOMS

CITÉS.

I

1

I à

**************************

CITÉS

INDEX DES NOMS

s

Pages.

Page®.
àppian

18.68. 159

àlaux
Amaudry

(Mlle)

64

Ambroise

(Père)

104

Axcillotti

.

Angelico (Fra)
Annal y (M»e)

18. 67. 80

Aucué....

142

Audouin

79

Acguin, 16. 18. 45. 115. 122

147

Ambroise

(A.)

123. 156

150

Aviat, 16. 18. 35. 66. 115.

95

122. 127. 157

46. 151

18.81

Axenfeld..
ii

18,75, 115, 155

Baïllet....

127

Balzac
Barbier

$

(.1.)

53

Beauverie, 16. 115. 117. 135
Bélavai

15. 17

Bellangé..

...

Barillot, 16, 18, 30,78, 131

(F.-J.) ....

Berchère

Barrias

Bastien-Lepage

16, 153
77

53, 56

Bâton....

18. 50. 79
16. 117

Bergeret..
Bernard

68
62

Bellori

(I'Hoxnorat, 17. 154

Baudit, 16.18.61.115.122.154

Berthélemy

(P.-E.)....

150

146

Bertiiélemy

(V.-E.)

119

Bauré...
Beaumont
Beauîhont

(A. de)

65

Berthelon

151

Berthon

120.147
18. 41. 148

index

des

index
noms

15.

17. 119

Bourdin

Berton"

18. 51

Bourgeois...,

Billottet (MUb)

75. 155

Bouville (m'"«

Bironneau ^V111c)....

51. loi

Boyer-Guili.on, 48. 121. 147

Bitry

15. 17. 75. 153

Bleyxie

(M,le)

Bopp

Brielman...

136
du

Pont

l. de)

Pages

M.)

65

de)

79

18.29. 79. 118

58. 78. 115. 119. 153

Bordes

18. 64.

Brizon (Mmfi

Bouchard

18. 37.

Bru/on

60

Broin (Mlle

136

Brun (R.)

Boulestin

51. 148

Comblât (Mlle de) 52. 49. 80.

125. 134

156. 150

Constantin, ! 8.
Clavel

coblentz

47.

15

Corot

60

Cotanda

Cousy (Ilme)

Gàllias

53

(H. de)

Calvé

18. 52
59.

37.114

Castaignet

18. 67

65.115

Champeaux (ô. de), 120. 147

Champ-Renaud (Mwe de) 131.

Capeyron

51. 49

Charpentier (L.-F.)

Darnet

64. 145

Destrf.m

155

Détaillé

76. 121

Carré (!U,n'')

154

Ciiatrousse

18.59.

Carrier-Belleuse (A.-E.), 16
141

Choisnard

85

74

Delafosse
35

(J.\

78
119. 158

78
18. 51

84

Diaz

Dinguidar

Delanoy

....

Didier-Pouget,

I)ebord

Chateignon

135

Delpy

Denisane

59. 80
120.151

Delpech

Darien

56

65

.

Denet.,

18. 81

Carme (F.)

Delmon

40. 116

118

Chaplin

119

16. 18. 66. 129

Dameron

59. 80

151
146

155

Delanoy (H.-P.)

L.) 117. 146. 135

n.vr

Camoreyt

....

D

15. 17

79

Caille

84
152

Cros-Puymartin, 15.17.82.151

5". 132. 155

C
18. 59. 118

....

....

120. 155

77.

coli.ignon
combet

78.

154. 148

Clédat

c.oeylas,

115

...

52. 54.

(G.)...-

..

Carrit

Comerre-Paton (Mmi )

84

Claude-Lorrain

H.) 35. 76. 146

(B.)

Bouillon

Claude (E.) 18. 58. 115. 122.

63

Brissot de Warville, 16. 18.

137

Bouchot (Mme)

147

Brévillers (L.

51

Boggs

57

Breton (M,u

155

BLOIS

noms cites

Pages.

Pages.
BERTOLETTI

des

cites.

(Mlle)

46. 66. lli.
....

49

Dorsène

Dose!

79. 159

i

64

index des

noms

cites.

tndex

Pages.

Pages.
Doze

18. 49

Drouyn

18. 81

(MHo)

Guédon

52

Dupérelle

Guéry

Dubost, 15. 55. 80. 158. 150

(G.)

18 50

84

(Jules)

Dupré (Julien)

71

Dupuy (MUe)

154
15

Homo

150

80

Félix

(P.)....

Fleury(Mme F.J18.56.115.156

Fontenay (A.

78. 152

de)....

itt

Esréban.

79

Fouché

68

Fourrier (H'.)

18. 58. 84

Fontan

Fourxier-Laurière

151

Frère (G.)

159

Furcy de Lavault,

18.12

18. 59. 75

(mlle)

132

Hutin

ne

Iwill

18. 76. 155

Joubert

18.74.136

151

(MlleJ

rt

ituysmans

64

ebrand

55

75

|es

62
•i

iuelin (M'lle M.)

81

(M»6)

155

sein

49.118

Forel

18. 78. 152

63

80. 155

Espinouse

18.50.147

Guilmant

-18. 74

Durst

...

H

e

Flandrin

(G.)

tsat

55

Dumas (P.-P.)

65

rdon

Du pré

Dufour

I

Gros

129

56

(Th.)....

cites.

82. 151

....

Dopain, 16. 18. 71. 129. 150

Dubois de Trincaud-Latour (u#)

Dubois

noms

Pages.
IllIER

Duruisson

des

1

i

j'j

.

; •'

;


k

G

'■■■

i
II

Gérard

85

18. 55

Géricault

85

48

Gervaise,

15. 17. 65. 155

152

Gesne (A.

152

Gadonnet

(Mlle)
(C.tP,se G.'

vrska

Gagliardini
Garat
Gardanne
Gautherin
Geneste

.

16. 145

146

de)

Gintrac-Jouasset
Girard

75

irrère

46

)n

(A.), 16. 18. 68. 155

Konne

79

KuwaÉeg

loi

Lalanne

(J.-E.), 15. 25. 89. 155

iLlet

i

55

(Mlle H. de).

47

80
134

(M.)

16. 155

Lambert (Mme)

59

Lambert

15

164

INDEX

DES

NOMS

CITES.
tndex

Pages.

des

NOMS

CITES.

1

65

Pages

Pages.
DO/Ë

18. -49

DrOUYN

18. 81

Dubuisson

Gonthier

Dufour

(G.)

Goursat

(Jules)

Dumas (P.-P.)

17
Guilmant

Hardy

15

Héron

63

Homo

80. 155

HÉWITT
Estéban

(M,lc)

61

Hildebrand

Flandrin

18. 58. 84

(P.)....

Flkur\(Mme F.J18.56.115.156
Font an

Fontenay (A.

78. 152

de)....

Forel

18.12

152

Gagliardixi

Fournier (H.)

Géricault

Gervaise,

Gardanne

152

Gesne (A.

Geneste

146

75

Ingres

62

Iwilt

18. 76. 135

•i

Jacquelin (Mlle M.)

81

Jaussein (M1,e)

155

Ko cil

55

Konne

79

Kuwasseg

loi

Lalanne

Gérard

48

16. 143

I.MBERT (MlleJ

Frère (C.)
Furcy de Lavault, 18. 58

18. 55

.

J16

Fournier-Laurière

Garat

Gautherin

432

Hutin

i
Fouciié

49. 118

Gadonnet

18. 78. 152

Huysmans

151

E
80

55

II
48

E

Félix

18.50.147

15

Dupuy (Mlle)
Durst

150

Espinouse

(G.)

Grasset

Dupré (Julien)

18 50

151

48
Guéry

55

Dubost, 15. 55. 80. 158. 150

Guédon

Gourdon

56
Du pré

85

45

Dupain, 16. 18. 71. 129.
Dupérelle

(Th.)....

Gros

G ou a...-.

Dubois de Trincaud-Latour M

Dubois

82. 151

(Mi,c).

(M,le)

Konarska

(CtP,se G.)..

...

18. 74. 136

..

80
134

15. 17. 65.

de)

Gintrac-Jouasset
Girard

Joubert

(A.), 16. 18. 68.

Labarrère

Lapon (J.-E.),

15. 25. 89. 155

Lajallet (Mlle H. de)
I T

47

(M.)

16. 155

Lambert (Mme)

59

Lambert

15

i66

index

des

noms

cites.
index des

noms

cites.

i

67

Pages.
Landré (MUe)
Laxsyer

56. 155

Lefebybe

(E.)

40

18. 51

Lejeune

(M1)®)

155

Lapeyrière (P. de)...

151

Leménorel

150

Lapeyre

pages»
Nervaux (E. de)

Nobillet,

51. 65

Lepic

151

78

Laroche

157

Le Sage (Mlle)

La Rochknolre

147

Le Sueur (MUe G.)

65

147

Le Sueur (M1!è G.).

60

92

de)

Letanneur

18. 55

Làurens (J.-P.)

Laurifre

(M8" de]

Layialle

de

Lameillère

154

Letrône

50

Leveillé

(M11®)

Ollendon (Mm® C. d'). 18.121

138

134

63

i1»
Paganini

60

(M11*)

60

Lévy (M11®)

(M1Ie)

60

Luminais

154

58

Malzac

Ment a

120

Merson

41. 66

Marinier

152

Mariol

Marquet (M»®)

Marquette

18. 66. 153

Poussin (Le)

84

Pecrus

70

Pradeau (Ml,e)

155

Péraire

18. 38

50. 120. 139

(M11®)

Martens

Martin (H.)

Marx
M asc art

63
135

* 18. 73
79

74. 145

64

Moerdès

151

Molliet

Perboyre

51

Pétillion

56. 138

Peyricaub

120

110

Me y

Pradelles (Mlle E.)

Pradelles (H.)

79
46. 150

Proudhon

54

Pomey.

150

Ribarz

66

Q

65. 116

(Mlle)

Montalier (MlIe)

63

121

69

(0.)

de)

Port al (L.

Parry

50. 117. 157

Montardy (G. de)

17

Montégut

142

(M,l€ .1. de)

fi

Montet

114

Rambour

Montholon (F. de)

157

Rabin

Moormans

68
59

Mauraud (M,,e)

59

Mora

Maxime du Camp

26

Moreau de Tours...

77

Quevillon-Weddill

.

Maincent

118

119

18. 72

18. 47

Mendèz

Pharaon (M11®)

Parrot

M

28. 49

Mage

18.66

154

Layotte (M11®)
Le Doux

...

.

o

Olive.
Latenay (G.

Nozal

18. 32. 48. 134

50. 119
.

Rettmeyer

16. 18. 67. 129
........

...

152

Richomme
Riciiter

Reynaud— 18. 48. 15"?. 150

Rivet

Reynolds

Rocca

18. 76
154
18. 27

16. 132

53

(A. de La)

65

INDEX

168

DES

INDEX

NOMS

DES

NOMS

CITES.

CITES.
V
Pages

Pages.
Roffignac (M.

59. 142

de)..

Rolland de Denus,

81

Varlet...

55

Royer

147

Vauzanges

50

Ruinart

75

Venneman

Rousseau

16. 1 40

Roll

I I, 15. 17

(Th.)

50

Rouen (MHe)

50. 153"

(SVllle)..'...

Vergèses (J.
Vergez

de)

18.68

Saiiuqué

66. 11G

Schmitt

Sain (E,)

18. 70

Sébilleau

(M. de)

Saint-Germier

18. 70

Saint-Lanne

56. 77

Salomon..
Salles

(J.)

Salles-Wagner (Mrao)..

32. 64. 130

14

118

Sem

77

120

Serres

156

Sijas

75

Simon (E.)

79

113. 122

sauzay

18. 74

(A.)....«

69

Simon (J-B.-L.)

...

149

15

Smith

18. 71. 113. 116

SCHETTINO

83

Solde

18. 58

rr

49

Tener

66

Tiiiébaud

75

Thurner

18. 51

Tombelle

(F. de la)., 14. 15.
17. 29. 52. 53

Toulmouche

Timmermans

29. 119

51
114. 145

15415

Villepelet

150

Y
Y von

16. 18. 29. 128

A

Savignac

Taupin

106

Villemin (MUc)

de)

(Mme)..

Sécrestat

Salzedo

107

(L.)

18. 45. 114

Sébilleau-Sprenger,

141

(E.)

Veuillot

Villa

148

,

Veuillot

Vignes (M,le)

137

Verninac de S^Maur

Saint-àngel

Page».

Pages.

(A.), 18. 54. 77

Toulmouche (Mm#

M.), 65. 77

Ziem

18.41.70

Il

FIN.

Zuber

..

18. 51

TABLE

Pages.

AVERTISSEMENT

9

Nolice sur la Société des Amis des Arts de la
Le Salon

ERRATA.

Dordogne

11

Périgourdin de 1888

21

I.

Avanl-propos

23

Page 31, ligne 23e, au lieu de Dronnc, lisez : Dronne.

II. Salle.de l'entrée

27

Page 64, ligne 12e, au lieu de Amandry, lisez : Amaudry

III. Salle à gauche de l'entrée

43

Page 64, ligne 14e, au lieu de Hévitt, lisez : Héwitt.

IV. Salle à droite de l'entrée

61

Page 98, ligne 8e, au lieu de moindre, lisez :

V. Deuxième salle à droite de l'entrée

73

Périgourdin de 1886

87

moindres.

Le Salon

I. Les œuvres de Lafon
II. Salle à gauche de

l'entrée

89
113

III. Salle de l'entrée

427

IV. La sculpture

444

V. Dernière salle

445

Index alphabétique des noms cités

159