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Médias

Fait partie de Journal patriotique du département de la Dordogne

extracted text
JOURNAL
DU

PATRIOTIQUE

DÉPARTEMENT

DE LA D ORD
Du Dimanche

24

juillet

OGNEk
1791.

Liberté &c Vérité;

Adminìfïraiïon dit département.
Va la lettre écrite par M. Delessart
nistre de Fintérieur au directoire du

mi¬

dépar¬

tement de la

dont copie

Dordogne, le 8 de ce mois

fuit :
Paris'îe

8

juillet 179s»

î'ai été instruit,

Meilleurs, par les corn-'
transports militaires, que les
voitúriers chargés du
transport des fusils des.

missaires



aux

A

gardes nationales des

tîhés à l'armement des

été arrêtés
dans différents endroits par les municipalités ,
& que quelques - unes se sont même permis
de retenir une partie de ces fusils pour l'ar¬
mement de leur garde nationale , quoiqu'ils
ne leur fussent pas destinés. La crainte que

départecnens du

ces

arrestations

royaume, ont

ne

fe renouvelassent , a mis

la nécessité de

suspendre le transport
de ces fusils, jusqu'à ce qu'il put s'effectuer
avec sûreté. Je vous prie en conséquence de
donner les ordres les plus prompts & les plus
dans

précis à toutes les municipalités de votre
département, pour que rien ne s'oppose à
la libre circulation des armes dans l'intérieur,
fur-tout

lorsque les voituriers seront porteurs

de certificats des commandants de l'artillerie ,
visés par les

municipalités des villes d'où les

armes auront

é?é tirées

des

,
■*

soit pour l'armement
«

gardes nationales des départemens, soit

pour ['approvisionnement des

magasins. Vous

voudrez bien aussi donner des ordres pour

f
Ï|u9iï ne soit distrait ni enlevé dans ìa routé
partie d'armes, par aucune munie*4
palité, sous quelque prétexte que ce puisse être»

auctoné

Aûstitôt que \roùs àuréz donné ces ordres,

jê vous ferai obligé de m'en instruire, aà
que dè mon côté, je prenne les mesures né¬
cessaires pour que les transports fe fassent
,

fans délai»

Le ministre de ì'intérîeur*

DELESSART.
Le directoire du
'

département
de la DorJ
....yÇ " '"v """(
.

.."

...

..



dogne , considérant que des mesures prises
par rassemblée nationale ^ póur pourvoir à la
sûreté intérieure & extérieure de lsefhpiré,
ia plus importante est la distribution

Ordonnée
décret du

des fusils

les

départemsns, par son
vingt-huit janvier dernier;

entre

Que cette distribution devietidrok, impos¬
sible si 5

fous de. vains prétextes ^des muni*

4

cípalîtes se permettoiènt
d'arrêter îes voitures
*Â*
chargées de ces fusils, pour se les approprier
en
tout ou en partie ;
'

'



1

'

-

.....

3

K

Que cet inconvénient déja éprouvé clans
diffère ris endroits, ayant engagé le ministre .à

suspendre l'envoi de ces, fusils, il est indispen¬
sable de prendre des mesures promptes $C
efficaces pour le prévenir, & pour assurer
dans toute Tétendue du département la plus
grande liberté au transport de ces armes ;
Ouï L-c ce requérant le procureur -

syndic A

*'v

-,

,yJ

-X

J

.

..

.... '

;

..

général,.

inhibitions & défenses a.
toutes les municipalités & gardes nationales
du département, d'apporter le moindre em¬
pêchement au transport & à la libre circu¬
lation Aes fusils qui seront envoyés aux disférens départerrrens du royaume , & d'en dis¬
traire ni enlever aucune partie, fous quelque
Fait très expresses

prétexte que ce puisse être , 6c ce fous peins

?
tPátre
aux

poursuivis & punis comme rebelles

lois.

-

Arrête, qu'à la diligence du

procureur-

général syndic, le présent arrêté, ensemble
la lettre de M Delessart du 8 de
seront imprimés,

ce

mois,

envoyés à tous les directoires

de districts, & par eux aux municipalités de leur

arrondissement, pour y être lus, publiés &
affichés.

surplus lesdits directoires de
veiller avec le plus grand foin à Inexécution
du présent arrêté.
Charge

au

fait

directoire du

en

département de la

Dordogne. A Périgueux ee 16 juillet
.

1791«

Signés, Dalby, vice-président, Lapalisse,
St.-Rome, Éouderc

,

Ters, Cbillàud

,

Du*

breuil', administrateurs ; Lafustière, S. G. ;

Assemblée nationale.
L'assemblée a décréfd
pour trente- cinq millions de liquidation d'os"
Du 11 juillet 1791.

s

admiration un don
patriotique de diamans de la part d'une ci¬
toyenne qui ne se fait point çonnoître.

fiçes. Elle a reçu avec

ï/a {semblée a ensuite rendu un décret quî

les dernières
allafmes, des municipalités' avoient mis à la

lève Tesîlpêchement que, dans

libre circulation

Décrété

des lettres.

que

les émigrés payeront

une-

Uassemblée se réserve de
prendre des mesures plus sévères., en ca;
triple imposition.

d'invasion du territoire
Décrets fur la
tendent

Du

tsfquîoq

tous

à la

français*

pdlíte correctionnelle, qui
régénération des mœurs*

13Plusieurs

rapports.

M. de. Mon*

l'un des, trois commissaires envoyé$
d a as JeA,,dé. p a r t e:me ns froatières, rend-compte
,

que tous les soldats

qu'il a vus, font résolus

de mourir pour la constitution.
Du iy%

Rapport de faffaire du roi?

-

..........

I

:

-

,

:

l

:

14.

Discussion sur Tassaire du roi.

Du 15.

On a décrété les articles fui vans :

Du

Tout roi

qui après avoir accepté la cons¬
conspirera contre elle soit en se

titution

,

à la tête des troupes

de ligne dans
soit à la tête des troupes étran¬
gères à l'extérieur , soit en entretenant des
correspondances avec les ennemis encourra

mettant

l'inténeur ,

,

la déchéance.
M. Bouille &

autres

complices de l'éva-

íion d n roi, sont renvoyés devant le tribu¬
nal

d'Orléans, comme criminels de lèze-nation,
M M.

Damas & Delcourt seront mis

état, d'arrestation

seulement.

Les

en

personnes

qui accompagnoient le roi &c qui ont été
envoyées devant le tribunal de ParrondiíTement

des Tuileries,

Le S. Briche,

des du corps,

renvoyées à Orléans,

écuyer du roi, & les trois gar¬
la dame Tourzel, gouvernants

8
du dauphin , ne seront

qu'en état d'arrestations

& les femmes de chambre mises

en

liberté.

Du 16. On mande le directoire du
tement de

dépar¬

Pans, la municipalité, les accu¬

sateurs publics & les ministres
,
pour qu'ils

fous leur responsabilité, à empêcher

ayent

dorénavant les
La

attroupemens»

municipalité de Paris sera tenue de

faire le recensement de tous les

citoyens, afin
étrangers qui font à Paris.

de connoître les

Nouvelles du jour.

jÈvenetnens produits par le patriotisme.
.

--

II y a deux* ans quq

V

les citoyens1 dePéri©tieux
convaincus que le bien général ne
pouvoit s'opérer que par le concours de tous,
iqtie par l'aniònde toutes leurs forces, firent
,

9

dans

contrat

un

solennel souscrit aux

pîeds

des autels , une renonciation à toutes préten¬
tions exclusives & intérêts particuliers &

tincts qui
blic ,

dis¬

se trouvent opposés à d'intérêt pu¬

auquel ils reconnurent que tout de voit

céder.
Ce contract a reçu une exécution non moins
solennelle dans
douze de

ce

une

fête

qui

a eu

lieu le

mois.

Plusieurs de ceux qui l'avoient souscrit sembloient

avoir oublié leurs engagemens , ou

les considérant que comme

dictés, par les
circonstances, ils avoient perdu de vue que
par ce contract à jamais mémorable
ceux
qui cherchent à rompre directement ou indi¬

ne

,

rectement l'union formée pour le maintien de
la constitution , font, déclarés indignes du titre

de citoyens

& dévoués à l'exécration publi¬

que : terrible sentence,
table ,

& d'autant plus redou¬

qu'elle a été prononcée par tous les

citoyens indistinctement ? qui fe font emprese
fés de la souscrire.

7V

i

ÌO

Cependant," on ne peut le dissimuler,r ce
contract: a éprouvé des violations

manifestes;

& il étoit réservé à la société des amis de la

constitution de convaincre les infracteurs du

qu'ils se faisoient à eux-mêmes. Ce n'est
pas par des discours, qui, quoique utiles par

tort

le motif qui

les dicte , intéressants par l'art

& les talents
ne
en

de

qui les prononcent,
produisent pas toujours l'effet qu'on devroit
ceux

attendre. II falloic

convaincre fans

parler au cœur, il falloit
réplique par un acte qui fît

goûter tous les charmes de Pegalité & toutes
les

douceurs de l'union,

saisir dans
le

un

repas

La société

crut

le

offert â tous les citoyens ,

jour qu'elle célébrois l'anniverfaire de son

installation.
Les fêtes des amis de la constitution
peuvent avoir d'autre
les vertus
ceux

&

objet que de célébrer

le civisme. En

conséquence ,

qui forment la société de Périgueux ont

arrete que tous les ans le

de

ne

leur

installation ,

douze

juillet

,

jour

ils décerneroient une



Tecompertse dont le prix consiste uniquement
dans l'honneur de Tobtenir, au citoyen le
plus distingué par son patriotisme, son atta¬
chement à ses devoirs, & principalement par

application à perfectionner l'art auquel il

son

s'est dévoué, en préférant toujours

l'encouragement est st ^êçestairs

dont

ture

dans le-département

de Ja Dofdogne.

Ce. fut en conséquence de çet
le mardi

arrêté que,'

douze de ce mois, la sociésç ouvrit

dans l'églife des

à

ì'agricul-

ci-devant Cordeliers, fa séance

laquelle les corps

administratifs lui firent

l'honneur d'affister , par un .discours

prononçâmes.

îious

Un tableau

T

"

'

•'

rapide' du bien' qu*etlë avoit

dans le cours de l'année révolue ,

procure
des

que

y*

-

!

obstacles

1 exéqution

spccès ,

''

'

qu'elle avoit rencontré dans

de ses vues patriotiques , de fes

& 1 espoir

f

de fe rendre encore

plus utile, furent présentés

avec toute

la

rs

force de sentiment dont nous sommes animés

quand il s'agit du bien public : telle est l'idée
que l'on doit prendre de ce discours*
La séance

ayant commencé trop tard pour,

avoir le
temps nécèffaire afin de décerner le

prix, cette cérémonie fut renvoyée à l'aprèsmidi.

Cependant , les membres de la société

se rendirent dans le

plus grand ordre à l'église
pour y entendre une messe qui

cathédrale,
fut célébrée
M.

avec

la plus grande solennité

par

l'évëque du département de la Dordogne,

Cette

cérémonie fiit terminée fut terminée

par. urt discours plein d'Onction qu'il prononça
& dans
lequel il fit connoîtré par la forcé

des raisonnemens les plus solides,
que la reli¬

gion & l'amour de la patrie font, tellement

inhérents, que l'une ne peut exister fans l'autre.
La

séance de l'après-midi offrit une image

às beaux

jours de la Grèce, où dans les

*3
jeux si renommés,
noient

la vertu & les talens ve«

disputer le prix.

Trois candidats

sieurs Soulier,

étoient fur les rangs ; le?

garde national de la compa¬

gnie des grenadiers de Périgueux & agricul¬
teur ; Aumasiip , artiste cordonnier, & au st!
membre de la garde nationale, & Migueteaud^;
jeune agriculteur. Nous ne pouvons mieux
faire connoître les motifs des suffrages que la
société devoir donner
qu'en rapportant un
,

extrait de

ce

dans cette

circonstance.

Le

que nous

crûmes devoir dire

premier, insensible aux besoins parti¬

culiers de fa famille ,

abandonne des travaux

utiles à sa subsistance, pour voler où son
de maintenir la

ser¬

tranquillité publique lui
prescrit d'aller. II est placé dans un poste ;
bientôt il y est atteint par un coup de feu
qui lui coupe la houpe de son chapeau ; il
riposte: alors, suivant les loix militaires , il

ment

M

çouvoit abaftdônner son poste & se reploye^
sur le corps de fa troupe ; mais il y teste iné¬

exposé à plusieurs coups de feu
qui se succèdent rapidement, & qui diriges

branlable &

dans

les ombres de la nuit,

toient pas

ne lui permef-

de discerner & de cônnoître le

jiombre de ses ennemis.
Soulier

rage

vous

offre dans fa conduite le cou¬

uni au dévouement patriotique. II n'est

point effrayé du danger qui l'environne &c
dont il ne peut mesurer toute
rétendue; il
ne

songé pas même à s'y dérober, quoiqu'une

nuit obscure lui en facilitât les

à riionnèur j
la

moyens;

fideìle

à la discipline , ii n'envisage que

honte de déserter

un

poste qui lui a été

confié, & sa mort doit plutôt attester à ses

concitoyens son attachement à ses devoirs;
elle doit être une leçon pour les siens.
ainsi que P hom me est grand ;

c'est ainsi qu'il

fait s'honorer dans toutes les
professions.

lier est un

C'est
Sou¬

agriculteur sage, instruit, & qui

IF

eût été par sa

seule conduites digne d'ob¬

tenir le

prix pour lequel il concourt, lors
même qu'il n'y auroit
pas joint cette action
d'éclat.
De la part du

sieur Auinaffip 9 vous avez

à récompenser l'amour de Pordre se
manifes¬
tant

au

milieu du trouble & de la

fermenta-,

tion; cet attachement aux droits de l'homme

qui nous porte à les reconnoître, à les refr
pecter jusques dans ceux que nous considérons
comme

nos

ennemis.

Une erreur, une division intestine
persuade
au

peuple qu'une maison récelle des ennemis

de fa liberté ;
cette
tout

des imprudences accréditent

opinion ; le danger s'exagère ; bientôt
cède à la prévention; le désordre, se

montre ;

la voix du magistrat & du chef est

un instant

méconnue : le sieur Aumaísip prend

son

poste auprès de ceux que la fermentation
paroît menacer : ce ne font ni les larmes ni
les invitations caressantes d'une belle femme

effrayée qui lui

tracent

son devoir : non ,

lion, rassurez-vous, dit-il, les gardes-natio¬
nales n'ont pas

besoin d'être excitées par la

beauté pour faire leur devois
i je veille ict
à la sûreté de tout le monde

,

plutôt sacrifiée que s'il

arrivoit le

vous

& ma vie fera

léger mal.

plus

Honorons de pareils sentimens i reconnoifsons-les pour ceux que doit

titution ,

inspirer la cons¬

& désirons

que , familières à la
garde nationale de Périgueux, ils deviennent

les principes de toutes celles de la
'

En parlant du íîeur

Les

vertus

de

campagne.

Miguetaud, nous dîmes.*

l'agriculteur sont modestes &

simples comme sa vie ;

mais l'humble vio¬
lette qui croît sons l'herbe n'en est
pas moins
odorante. Les vertus
civiques du paisible la¬
boureur doivent donc autant nous intéresser
que la gloire du

que

guerrier ; elles sont en quel«
sorte plus désirables pour lui dont la vie

n'est qu'un tissu de travaux fans cesse renais¬
sons J

ellès doivent le garantir des préjugés

M

& des vices qui pourroient

Passaillir de tòuté

part. Nos caiïipagnes se

changeroient bientôt
déserts, fi Poifiveté, ie luxe,
l'ivrognerie &
eh

la

débauche venoient à

Cependant

s*y íhontrér.

^agriculteur doit còmme
redouter les pallions; eîles font
,

encore

nous

plus

séduisantes pour les hommes
foibles & peu

éclairés, que pour les hommes instruits ; leurs
effets sont plus
dangereux parce que rien ne
,

peut

atténuer

en

la force.
L'agriculteur a
donc besoin, au milieu des
privations conti¬

nuelles dans lesquelles il

vit, de motifs d'en¬

couragement qui excitent son émulation
, qui
lui fassent connoître le
prix de ses vertus,
qui en fécondent les germes
qui font dans

son

cœur*

Après d'ailtrés discours que hôus regret¬
tons

dé né

décerné

au

pouvoir rapporter ici,ié prix fut
fieur Soulier
qui obtint presque
dé la société*

le suffrage unanime

L'émotion que

cette

séance avoir

B

porté

28

dans tous
charmes

les cœurs, les avoît disposés âus

de la fête qui se préparoit. On avoir

mauvais temps la suspendît ; mais
fur les cinq heures & demie du soir, le ciel
s'étant éclairci, la soirée en devint plus belle.
craint que îe

voyoit deux tables parallèles dressées
dans toute la longueur de la promenade de
On

mille citoyens vinrent s'y asseoir ?
chacun dans Tordre qui lui avait été indiqué

Tourny,

tiré au hazard : un plat , une
affiète de dessert & une bouteille de vin
étoient lés seules choses qu'on pût y apporter

par un numéro

pour
une

voit aussi

manger. Chaque convive a
lumière, qui, avec une illumination en

lanternes

nation ,

couleurs de la
faisoient un coup d'oeil ravissant»
transparentes aux

Pendant la

moitié clu repas, une musique

qui se promenoir entre les deux
rables, jouoit des airs analogues à la .fête»
Aussitôt le repas fini, les hommes & les
militaire

femmes se réunirent : par-tout

on rencontrai?

tK

'ûès groiîppes de citoyens de toutes íes classes
fe livrant

au

£

plaisir & à la joie & formant

des danses. L'ordre , la

tranquillité les égards
réciproques contribuèrent à rendre cette fête
délicieuse, & ií n'est pas lin de ceux qui y
ont assisté, qui ne
regrette de ne pouvoir la
,

renouvelles souvent.
Le 14,

P.

E.

P.

íds gardes nationales du départe¬

de la

Dordogne, assemblées par dépu*
tations, fur ^invitation du directoire du dé¬

ment

partement , ont fait une

fédération générale
L'autelde la patrie a été dressé fur les allées

de

Tourny qui ont servi jiour la troisième
Nous étions en¬
viron huit mille gardes nationaux qui avons
juré de vivre libres ou de mourir. La messe
a été célébrée
par M* l'évêque qui s'est rendu

fois de camp à la fédération.

en

habits pontificaux $

& a fait, avant la céré¬

monie , un discours
analogue à la circonstance

&

respirant le patriotisme îe plus épuré*
Après la cérémonie, M, Dalby ~ vice pré¬
sident du directoire du

département, en a

2.0

prononcé un autre qui a mérité les plus grands
applaudissemens. Tous les corps administra¬
tifs, municipal^ & judiciaires y ont assisté
9

ainsi que les membres de la
de la constitution :

tillerie

ont

société des amis

plusieurs décharges d'ar¬
joie universelle : le

annoncé la

reste de la journée s'est

passé en jeux & en
Tordre & la tranquillité

danses, fans que
publique ayent été troublés.
Paris.

II y a un

parti formé pour la répu¬
blique. Ses adhérens vouloient absolument
forcer

Tassemblée

nationale à

le roi

mettre

en

jugement, & le faire condamner. Quand

ils

ont vu

rejeté

que ce moyen violent étoit

comités, ils ont imaginé de demander
de suspendre la. décision de la question, &
de la référer à la nation assemblée par comices.

par les

parti conduisait évidemment a l'anarchie, à la confusion des pouvoirs, à étabUr
Ce

qu'une constitution adoptée qui doit poser
immobiles & éternelles, doit

sur des bases
à

f

'y'

W



" -' '

-

ffyctuer par les circonstances, ou des événémens

inattendus» II a été décrété par le vœu

de la nation, que

l'état seroit monarchique,

qu'il existeroit deux pouvoirs distincts , que
famille des bourbons

la

seroit

appelée

au

trône. Si deux

ans

avez donné des

droits héréditaires ; dans deux

après, vous voulez une
république , si vous confondez les pouvoirs,
si vous chassez cette famille , à laquelle vous
ans }
ans

noit

vous demanderez autre chose,

qui deux

après pourra être renversée , si l'on don»
un

premier exemple de foiblesse.

L'assemblée nationale

a

eu



courage

de

íoûtenir cette constitution. Les deux côtés

gauche fe font réunis pour adopter
le décret ; il l'a été presque à l'unanimité ;

droit &

il ne s'est pas élevé douze personnes contre;

& on doit féliciter rassemblée d'avoir hâté fa

décision,

pour

arrêter

une

insurrection qui

poijvôit devenir générale. Quand rassemblée
se seroit trompée, on doit encore respecter
sa décision. Quels qu'aient été les torts du

IX

roi , là nation ne doit

point en avoir ; elle

doit se montrer impassible , ne
point changer
sa

constitution, seulement prendre ses précati-

Yions pour n'être pas

se jouet de la politique

des rois.

Nouvelles

étrangères.

Pondichery. Nous vivons ici dans la meiU
leure

intelligence

avec

Tippoo-Saïb.Sultan,

qui conserve la plus grandre estime pour la
les propriétés Françaises font par-tout
respectées ; le pavillon Français est devenu
ìa sauve garde de tous ceux qui Font arboré ;
France ;

il n'en

est

Sultan

veut

de même des Anglais ; le
les çhaíTer de l'índe, il s'est

pas

preíque emparé de Madras, 8c quoique les
forces des Anglais

soient immenses, Tippco

bien les détruire successivement
joignant à beaucoup de courage , autant d§
haine que de force pour la faire sentir.
pourra

n

:

Cologne. Monsieur, Madame 6c M. d'Artois
font arrivés ici le ^juillet, ils vont Te rendre
à Bonn. Tous les

officiers Français répandus

Pays-Bas Autrichiens, se réunissent
à Ath, & les premières hostilités doivent
commencer dans les premiers jours d'août.
Déjà vingt mille fusils font arrivés d'Ams¬
terdam 6c un juif de Mayence doit fournir

dans les

,

vingt mille uniformes.

de déclarer hau¬
tement
qne son intention étoit de vivre
en bonne intelligence avec les Français, 6c
Notre

Margrave vient

ìl vient de

donner des ordres à tous les fu¬

gitifs qui affichent ouvertement des principes
anti-constitutionnels de sortir sans délai de
ses états ; il a envoyé une personne de rang
,

pour inviter la noblesse immédiate

de i'Orte-

dansUeurs postes-

naud

d'en user de même

fions

respectives ; U noblesse a déféré à cet

le maire de
Schelestat qui venoit y faire de belles rodo-

avis, 6c on a éloigné de Kell

2?

montades : il a eu ordre de

plier bagage &

de

décamper

dit

Arlequin, une redingotte de pierre de taille,

,

sous peine 'd'avoir
,

comme

Ratisbonne. Depuis le
vingt de juin, les

affaires de France font

Tunique matière des
délibérations de la dïettei Les
princes élec¬

teurs

laïques ne paroissent

pas trop

vouloir

épouser la querelle des électeurs
ecclésiasti¬
les pcépondérans, les électeurs

ques ;
novre

& de

crets

ne

Brandebourg

touchent

d'Ha*

auxquels les dé¬

,

nullement,

sont pas
en faveur
des riverains du
auxquels d'ailleurs la. France fait
ne

d'àv 15 de s'armer

R'biîi

,

Òffrii

des

indemnités,.

Veva: % en Suisse. On ne
peut pas
f
'
'f1.
aire tine idée de
l'enthousiafme
;

ê-

;







-■

se

:

que nous

éprouvons de la révolution Française, Le
D u pie devient Français ; en revanche, nos
chefs, nôs magistrats sont
nement-de la "fuite

aristocrates. L'évé-

du[roi a été la pierre de

'

2/
■M» '

.

P

'"ij

A



. ...

'',<a.f

v.^

.

*

?

^*1

^

..

qui a distingué les uns des autres ;
moins de vingt-quatre heures , pn a

touche
en

connu

les fentimens de

tous.

première nouvelle de í'évafion du
roi, arrivée ici Te vingt-quatre juin , il falloit
voir les émigrans & les magistrats fe dire entre
eux
enfin le roi dè France est donc libre,
tout cela va bien changer
&C déjà nos poliles plus au fait de ce qu'on appelle
la constitution se faiscient apporter les décrets
& les apostìlloient de accordé rejeté, comme
A la

9

,

,

par capitulation.
Le lendemain

le roi est
arrêté, & qu'il va retourner à Paris. Un plaiíant
prend la collection entière & écrit, sanctionné
de rechef, à Varennes, le 21 juin, signé
on

annonce

que

Louis.

Ne pouvant revenir de leur
surprise & de
leur effroi, les aristocrates firent
répandre à

Berne & dans tous les cantons de la Suisse,
que le roi étoit échappé , qu'il avoit fui, qu'il
étoi à Metz, qu'il álloit rentrer dans son

royaume, à la tête d'une armée considérable,,

Quand toutes ces nouvelles eurent bien couru
la Vedette du 23

juin , & son póstfcriptum

arrivent. Le roi arrêté , 10 mille gardes natio¬
nales l'enveloppant,

& tous les

le reconduisant à Paris ,
jours le détail de fa marche on
,

fut bientôr la vérité. Op s'arrachoit la pauvre

feuille qui l'annonçoit,, on Timprima sur-le-

champ à Berne &: à Lausanne
couru toute la

,

elle a ainsi

Suisse, par-tout l'on dansoit ; les

qa ira répétés alloient étourdir les aristocrates»

quelques-uns vouloient so fâcher, cm Nt sem¬
blant de ne pas s'en apercevoir. II
y eùt même
des plaifans qui allèrent les féliciter siir cette
heureuse arrestation du roi ^ dont le retour à
Paris alloit, disoient-ils, épargner les horreurs
d'une guerre civile; ils faifoient, comme on
ditcontre mauvaise fortune bon cœur.

27


•.

.



Ettenhelm* Des.payfans Asaciens foin venus
en nombre ici pour attaquer le cardinal de

Y

qui a eu bien peur, car son altesse a
aussitôt pris la fuite avec tous ses contre-ré¬
volutionnaires. L'on prétend que M. de Condé
ne s'est réfugié à Cologne , que parce qu'il

Rohan

craint qu'on ne vînt l'enlever

a

d'un coup de

main à Worím«

Bayeux. Notre nouvel évêque se fait

ici

enthousiastes ; aussi
est-il d'une complaisance.bien pastorale. II va
procession en pèlerinage jusqu'à sept lieues

bien des prosélytes , & des

en

pied, suivi comme l'étoit notre-Seigneur
lorsqu'il alloit opérant des miracles.
à

Variétés.
M. l'abbé

Mauri étant il. y a

quelques

jours à la tribune, fut interrompu par deuxdames des galeries, connues pour être démo¬
crates* II se retourne vivement du côté des



ê

galeries où elles étoierít, puis s'adressant au
président. « Rappeliez, jé vous prie,
dit-il ces deux fans culottes à
le monde éclata de
rire,

Monsieur,

l'ordre ». Tout

excepté les deux

dames.
De VEsprit des

Relisions , par N, Bonneville. Ouvrage

promis à la confédération

universelle des Amis de la
Vérité, pour le 14 juillet 1791.

Cet^ouvrage important dans les circonstances,

offre des recherches

neuves,

des principes déj

montrés &

appuyés de faits, fur des bases
inébranlables d'une bonne constitution : fur
la

forme d'un
ble de se

gouvernement, toujours suscepti¬

perfectionner, & fur les rapports

intimes & nécessaires de la

législation d'un
peuple avec son culte ; principes conservés
dans les mystères des anciennes
initiations &:
dont la révélation a été

promise , d'âge en

âge, par les amis de la vérité, au premier
peuple libre.
On trouve

l'Efprit des Religions, à Paris ^

n-9
rue

du Théâtre Français, N*. 4, à la Bouche

de Fer ,

& chez les principaux libraires de

l'Europe.
.

,

,

/iv. broché & 4 Uv. franc de port jusqu'aux

Prix 3

fronùéres% ■

Lettre

au

rédacteur.

MONSIEUR,
Les habitans

des campagnes ressentent dê

consti¬

plus en plus les heureux effets de la
tution ; ils vénèrent les lois de notre empire,
ils les chérissent, ils les adorent ; & tel est

de leur enthousiasme, qu'il dégéuéreroit en une fureur inquiète, si l'on ne mo¬
dère le feu qui les brûle. Les lumières seules

le degré

peuvent le diriger.

Des connoissances propor- ;

lionnées à leur force morale,

peuvent seules

préserver ces vertueux citoyens des insinua¬
tions perfides que leur suggèrent trop souvent
des hommes mal intentionnés, qui, fous le

§ô
vòiîc d un patriotisme
térêts

saints cacheilt desíd-5
privés. Attentifs à la voix de Thuma-

nité & de la

patrie, les amis de la constitu¬

tion de Brantôme , ont
prévenu ce mal danJ

gereux, en y appliquant d'avance un remède
salutaire. Ils se sont offerts généreusement à

être les instituteurs politiques des habitans des

voisines. Au milieu de la place
publique, ils ont dressé Une tribune élevée
campagnes

^

ou
/■

fldeux membres de leur

w

<

dredi & le dimanche
mentent

société, le ven-

matin, lisent &

corn»

dans l'idiome du
pays

les décrets
J'invite par la voie
de votre journal, tous les vrais
patriotes des
villes à imiter la sagesse éclairée des
citoyens
de l'assemblée nationale.

Brantomistes. (Je leur présenterai
suivre d'autres modèles bien

encore

à

respectables.....

Le

département de l'Aude a vu avec une
joie bien attendrissante douze jeunes-gens
,

de

Limoux & de Carcassonne se

dans les campagnes tous les
jours

répandre

de fête, y



précher la modération & la paix , instruire
de simples citoyens de leurs vrais intérêts, &
leur apprendre à aimer la patrie. De pareils
élèves

ont

fait

des progrès rapides ; s'ils

avoient des

préjugés, ils se sont évanouis à
Tapprochë du flambeau patriotique ; ils n'avoient

aucun

intérêt

navoient point

sent-tls

à

les

conserver ; ils

des passions violentes. Puis-

hommes de la nature *

ces

reux

fous

tous

nous

les

vertus

les rapports,

être heu¬

parniî
qui, avant de s'envoler dans
les cieux, avoient établi leur dernier séjour
ramener

dans les hameaux ! Puissent-ils bientôt
\

corn»

....

muniquer aux villes les bonnes mœurs qu'ils
auront

acquises, fans lesquelles

auroit vainement reçu
la

patrie
des lois des mains de
ma

sagesse !
Je suis avec des sontimens fraternels,

Monsieur,
Votre concitoyen,
N * * * bien bon

patriote

ZL

fERIGUEUX.
Les

missionnaires, chassés du petit sémi¬

naire ,

s'étoient réfugiés dans le grand , & là

ayant réuni toutes leurs forces,

ils souffloient

Des
émissaires femelles courent toutes les maisons
le feu de la discorde & de l'aristocratie.

partisans. Quelques jeunesgens, ennuyés des persécutions auxquelles se
trouvent exposées leurs mères & leurs épouses,
de la part de ces zélés prédicateurs du désordre,
avoient entrepris de les faire déguerpir en les
menaçant de les chasser de leur autorité ; mais
pour leur faire des

ce

moyen a été infructuex. Enfin nous appre¬

nons

dans

ce moment

que les corps

tratifs sont assemblés pour

adminis-

leur donner leur

congé : puissent-ils nous délivrer bientôt d'une
peste aussi dangereuse.
A

VENDRÉ. D'excellent café de la Mar¬

tinique, chez M. Sauveroche aîné , marchand
^einturier, rue Port-de»Graule.