FRB243226101_P2-447_1791_041.pdf
Médias
Fait partie de Journal patriotique du département de la Dordogne
- extracted text
-
^. 2f
.
g-
JOURNAL
DU
DE
u
PATRIOTIQUE
DÉPARTEMENT
LA D
ORDOGNEy
Du Dimanche 16
octobre
1791*
Liberté & Vérité.
Adminìflration du département.
Comme
nous
n'avons rien à dire, dans ce
moment, de l'administration du département,
nous
allons remplacer cet article
d'un ouvrage qui nous a
tion de
nos
par.Pannonçe
paru mériter l'atten-
lecteurs.
Dialogue, entre, Mirabeau & Louis XIV, aux
champs - élisécs.
pn fait que les capucins espagnols, & sut><
r
tout les carmes )
donnent encore aux jolies
espagnoles de petits livres qu'elles portent cons¬
tamment sur elles avec
ces
ìeurs scapulaires bénits;
petits livres contiennent, disent-elles, les
vérités de la religion : un tel livre est
saintes
pour
elles un vcni mccum.
contient auffi
être regardées
les bases de la révolution ; avec quel¬
ques additions, on pourroit l'appeler auffi.le
Celui que
nous annonçons
des vérités, qui toutes peuvent
comme
vcjú mccum des peuples
miers y
& des rois ; les pre¬
trouveroient leurs droits, les seconds
selon
nous, désagréable d'entendre discourir le premier génie révolutionnaire, avec le premier
leurs
-
-
devoirs: & d'ailleurs il n'est pas ,
despote français : en voici un fragment.
Louis XIV.
Quel esprit de vertige a donc
saisi les Français ? J'en vois de toutes parts ar¬
river
en
ces
lieux effrayés du bouleversement
de cette belle
moi
constitution monarchique , que
mes ancêtres
avions été tant de siècles
3
à établir,
& qui a fait la prospérité de mon
règne & la gloire de la France.
Mirabeau. Cette belle constitution, la source
de tant de
maux ,
vous ne
l'aviez faite que
pour vous. Les
Français en ont voulu une
La nature a repris fes droits, qu'une
pour eux.
longue usurpation avoit fait méconnoître &c
l'ouvrage de tant de rois a croulé dans un
,
N'est-il pas juste
que la volonté de
moment.
millions d'hommes, qui se croient mal
gouvernés, Tempone à la fin fur la volonté
25
arbitraire d'un seul.
Parmi les cent Sc une vérités
dans
ce
dialogue
voir que ,
,
on
n'eût pas été fâché d'y
lorsqu'un roi dont les ayeux ont
fait enterrer tant de milliers de
parler de l'immense déficit
une
qui se trouvent'
,
Français, fans
veut
bien faire à
grande nation la grâce de la gouverner
pour 25
millions de rente, avec le droit de
nommer aux
emplois publics ses plus grands
ennemis j il lui
fait trop d'honneur !, & le
4
peuple alors doit s'extasier de joie en le voyant
paroître ! II y a plus ; Pauteur n'a pas dit qiíe
les rois des
peuples ont bien un autre mérite
que les rois
de théâtre , ils jouent bien mieux
Enfin, Pauteur n'a pas dit , que
leurs rôles.
puisque les rois
en mourant
lèguent ordi¬
nairement à leurs successeurs de petites cassettes
qui renferment des vérités bonnes à connoîire ,
très-déplacé que Louis XVI
mît aussi le petit écrit que nous annonçons
il ne íeroit pas
nombre
au
Louis
de
ceux
qu'il voudra léguer à
XVII.
j4Jsemblée nationale.
Le
premier octobre, la seconde législature
est entrée sous la présidence du doyen d'âge»
,
commencé à vérifier les pouvoirs de
ses membres.
Elle
a
Du
2.
L'ordre du jour étoit le rapport des
difficultés qui ont pu
s'élever fur la vérifrca-
'
5
íìon des pouvoirs. La nomination de plusieurs
membres a été
attaquée.
L'abbé Fauchet,
évêque du Calvados, fur
lequel la calomnie avoir lancé les traits les
plus envenimés, après de vifs débats pour 8c
contre ,
est' déclaré membre de l'assemblée na¬
tionale
législative.
On passe au recensement général des membres
de rassemblée. íl se trouve de
dont les pouvoirs
députés présens
font vérifiés-,
394.
L'assemblée déclare
qu'elle se constitue as¬
semblée nationale législative.
A l'instant 8c
par
acclamation ,
tous
les
députés ainsi que les suppléans se sont levés
Lc ont juré, avec la chaleur & l'enthousiasme
du patriotisme, de vivre libres ou de mourir
»
,
8c de maintenir de tout leur pouvoir la consti*
tution décrétée par l'assemblée nationale cons¬
tituante y aux années 1789 ,
90
Lc 91.
Le-s
citoyens préfens clans les tribunes ont
pris part à cet acte sublime ; tous ont élevé
les mains
au
ciel, & l'ont pris à témoin de
leurs sermens
réitérés !
Les
applaudissemens
les
plus vifs ont couronné ce premier acte
de
rassemblée
nationale
législative.
Du 3.
L'assemblée s'est occupée de la no¬
président ; les deux premiers
scrutins ont éré nuls; au troisième, M. pas-
mination d'un
toret a
été élu
^président & prend le fauteuil.
M. Ducaflel ;
député du département de
la Seine inférieure , est nommé
vice-président.
II s'est élevé
seront-ils
?
a
une
difcusiìon, les secrétaires
nommés à la
pluralité absolue ou
Après quelques débats , l'assemblée
décrété que six secrétaires feroient élus à la
majorité relative : elle s'est retirée de nouveau
dans les bureaux , pour
procéder au scrutin
secrétaires,
%
Condorcet ík Morveaux. II a ensuite été dé¬
crété que
le serment individuel seroit remis
à demain. La séance levée à quatre heures.
II s'agit de prêter le serment ; une
íîmple émission de voix, l'ëlévatìon de la
main eussent suffi sans doute à des personnes
Du 4.
moins
pénétrées de i'importance du serment.
Mais c'est ici un serment de maintenir la cons¬
appareil est néces¬
saire. On décrète que l'acte constitutionnel
sera apporté par l'archiviste, qu'une députa¬
tion des douze plus anciens ira le chercher.
titution , alors le plus grand
D'abord , au nom du peuple français, tous
les membres se lèvent,
le ciel,
& la main levée vers
ils prononcent le ferment.
r:
■
.
Messieurs ,
dit
-■ ■
>
■ •
••
>, 'Ì
un
huissier, voici l'acte
constitutionnel ; tous par
respect se lèvent ;
dépositaire de l'acte, le présente
au
bureau, le transporte à la tribune. Le
président s'avance & dit : j
M. Camus,
8
Je jure de maintenir de tout
la constitution
mon
pouvoir
du
royaume, décrétée par
rassemblée nationale constituante aux années
mil sept cent quatre
vingt-neuf, quatre-vingtdix &
quatre-vingt-onze, de ne rien propo¬
ser ni
consentir
pendant le
législature qui puisse y
d'être
en
&C
roi.
au
tout
cours
porter
atteinte, &
fidelle à la nation,
Tous les membres
de cette
à la loi
posant la main fur
sacré, font le même ferment; un se
prosterne religieusement & le baise, un autre
en
le livre
s'attendrit &
fur son cœur,
pleure, un autre porte la main
en
diíaot,
ferment est
mon
gravé là depuis long- temps.
»
Quatre cènfc quatre-vingt-dou£e membres
prêtent ainsi le ferment ; l'acte. constitutions
nel est reconduit
par
les commissaires, &
après un moment de recueillement,
On décrète quail sera
fait une députation
9
de 60 membres
au
roi ,
lui annoncer
pour
l'áíTemblée est constituée.
que
Après
acte aussi solennel & aussi au¬
un
thentique , dit M. Ceruti, nous devons témoigner notre rêconnoissance à ceux à qui
vous
devons
un
si
grand bienfait ; il fait
réloge de rassemblée nationale constituante.
On décrète des remercîmens
pour elle.
Du 5.
M. D u castel , président de la dé¬
putation au roi ,'rend compte de fa mission.
Le roi
mn droit
a
répondu à !a députation qu'il se
vendredi à rassemblée.
Du 6. On reçoit
'
diverses députations qui
Viennent complimenter l'affemblée.
....
,
~
^
_
•_
■
■■ ■
^
v
sept. On fait lecture de la lettre du
prévient l'affemblée qu'il se rendra a
une heure St demie, St qu'il a nommé M»
Du
roi ; il
Bertrand à la place de M.
se
Thévenard, dans
département de la marine.
55
Le roi est arrivé à
la députation a
fur son fauteuil ,
t
dëmièvJ
été le recevoir, il s'est assis
& s'est ainsi exprimé,
'
"
heure &
une
-
-
/
1
■"
' '
MESSIEURS,
Réunis
en
vertu
cle la constitution , vous
négligerez rien pour assurer la prospérité
publique; vous mettrez.au rang de vos pre¬
ne
miers devoirs celui de faciliter la marche du
gouvernement , d'affermir le crédit public,
d'assurer la liberté, d'attacher le peuple aux
lois par le
sentiment de son bonheur.
Témoins dáns vos départements. des obs¬
qu'elles ont pu rencontrer dans leur
exécution, il vous fera facile de donner a
tacles
radministration toute la force & l'activité dont
elle a besoin.
Pour moi ,
appelle par la constitution à
faire exécuter & respecter les lois, je dois
yons proposer les objets qui doivent être mis
en
considération pendant le cours de la légis¬
lature, Vous fixerez d'abord
sur les finances, pour
votre
attention
établir une juste pro¬
portion entre la recette & la dépense. Vous
sentirez la nécessité d'établir un ordre perma¬
nent
dans
tion.
Vous vous occuperez
toutes
lois civiles ,
les
parties de Tadministrade la réforme des
& de les mettre d'accord avec
les
principes de la constitution
la
procédure. Vous encouragerez le com¬
& l'industrie, vous
organiserez Tédu-
,
de simplifier
merce
cation nationale.
JVi donné les' ordres les
le rétablissement
de
plus précis pour
Tordre
dans
Tarmée »
j'en ferai de même pour la marine.
J'espère que nous ne serons pas troublés
j'ai pris les mesures les plus pré¬
cises pour fixer l'ôpinion des puissances étran¬
gères fur notre révolution.
au-dehors ;
MM. II faut
qu'il règne entre le corps
?2
législatif & le roi, une harmonie & une con¬
fiance inaltérables : les ennemis de notre repos
ne
chercheront que trop
faut que
à nous désunir. Ii
1 amour de la patrie
& que l'eípoir du bonheur
tienne &
nous
ranime,
public nous sou¬
rende
inséparables. Tadminisplus troublée par de vaines
terreurs
&v il ne restera plus de prétexte pour
Téloigner d'un pays Ou les lois seront respectées.
II est inutile d'observer que ce discours a été
tration
nous
ne
fera
,
souvent interrompu ,
& suivi des cris de vive
le roi.
M. le
président y a répondu avec dignité»
SIRE,
»
Comme citoyen , vous devez aimer
la
:
ê
constitution , comme roi, vous devez la main¬
tenir & la
amis dans
défendre, elle vous a donné des
ceux
qu'on appeloit autrefois vos
sujets >>.
S* des cris de vive le roi
ont recommencé. II a été reconduit par la
Le roi est sorti,
députation.
W
L'afïemblée a ordonné l'impression
cours
du dis¬
du roi , & la réponse du
présidents
leur envoi à tous íes
départemëns.
On a annoncé que le
lement des bouches
ôc
secrétaire du dépar¬
du Rhône avoit été arrêté
à Chamberhon : on l'a trouvé saisi d'une somme
considérable d'argents & de 200 mille liv.
en
assignats»
Nouvelles tramères.
o
Madrid.
Le roi ,
le treize août dernier
>
a
publié un manifeste par lequel il déclare la
guerre au roi de Maroc , qui de son côté a
faitda même notification à ses sujets. Le libelle
espagnol explique les griefs qu'il reproche à
fa
majesté Maroquine ;
ce
dernier est bien
plus bref, puisqu'il n'a donné d'autres motifs
de fa déclaration , que les chrétiens Espagnols
étoient des ennemis' nuisibles à fa sainte loi 9
& qu'ils ont usurpé €euta ; en même temjs ,
)
'
ï4
Jl ordonne un Ramazan, pour que le saint pro¬
phète accorde sa protection à tous ceux qui pren¬
dront les armes" contre les chrétiens ses ennemis-
faire diver¬
cabinet se propòsoit
Cette guerre pourra
un peu
sion à celle que notre
de faire à la
--Z
!<
-,
' c *: '
France.
:
,
;
•.
7
'î,' ;U;.
X .
Chamblry. Le jour de la féte de la vierge,"
la grande procession se préparoitcomme d'usage;
la marche étoit
réglée , les cierges allumés ;
de vos ci-devant devoient porter le
dais, lorsqu'on apprit que l'ex-évêque Dulau
devait présider la cérémonie. Aussitôt pénitens
quatre
gris, bleus, blancs, confréries, corps de
métiers, tous refusèrent de marcher sous la
croix d'un évêque aristocrate & réfractaire ;
de neuf, supplia repré¬
senta, la larme à l'oeil
que depuis quatre
ans qu'il étoit évêque, il n'avoit fait encore
aucune fonction pastorale ;
au point que le
sénat, pour la tranquillité publique, crut
le prélat, habillé tout
procession.
Kinqing. Un aubergiste deBaste s*étoit rendu
devoir défendre la
'
.
,
'
"
- ''v '
U
caution pour la valeur de 2
2. mille
florins
Mirabeau-tonneau devoir à plusieurs
seurs. Cet
quô
fournis¬
aubergiste, forcé de payer, s'est:
adressé à M.
Schlosser, président des bailliages
d'Emmetin , &c. II avoit lancé
un décret de
prise de corps contre le vaillant Tonneau
,
qui a été de fuite conduit dans une
maiíon
d'arrêt à Calfroub. Dans ce
séjour de paix 8c
de réflexion , le
généras adressa une requête
au
prince de Dourlach ,
situation l'a
ses
plaintes
qui
fait
au
,
touché de sa
élargir. Le Baslois á porté
président, homme de tête;.
Celui-ci indigné du
peu d'égard que l'on avoic
fait de ses
pour
conclusions, est parti pour Calsrouh,
donner fa démission de
tenir
justice.
président ou ob¬
L'on atténdoit
dernièrement au camp d'Et-
tenheim 6 mille hommes de
Wòrms. Ce font
fans doute 6 mille
ci-devant qui paradent aux
environs de
ville ,
tous
les
cette
à la satisfaction de
petits tyrans d'Allemagne.
Les dames Clarifies
quî ,
*
i
'•i y
•
.
•••
,
;
\
depuis leur sup-
\6
àF
pression par Joseph II , sont établies
tu
bourg, prennent un grand intérêt aux affaire5
de France. Elles frayent avec les Réccllet$
auxquels elles font en ce moment
de très-beau linge , concurremment avec les
dévotes de cette ville. Ces moines se donnent
alsaciens,
la crème de la nation. Ils disent que
depuis leur fuite, il n'y a plus dé religion en
Ftance
& qu'à peine y trouveroit-on à pré¬
pour
,
Aussi les daines Clarifies
ont établi une manufacture de chapelets,
il s'en fabrique un mille par jour. Mirabeautonneau s'eft chargé de leur introduction en
Francs lorsqu'il en fera la conquête.
sent dix
chapelets.
■
..
1
t
y
Nouvelles du jour.
Charleville
que les gardes nationales qui y sont campées s
passer à Douai ou à Lille ; les jeunes vo¬
lontaires montrent le plus grand désir d'aigui¬
Bcir-h-Duc.r On nous écrit
de
,
.
.
vont
ser leurs sabres contre ceux
des émigrés. Ceux-:
17
ci se rassemblent à
Coblentz, Se 011 ne cloute,
dans leur délire
pas que
tentative pour le mois
de l'avenir
par le
que des paroles..
n'est pas
rendre plus
ce
ce
,
certes
il
n'y aura
.
L'empereur désarme
,
mais
désarmement qui dpi:
nous
tranquilles;
c'est
le
peu
de
discipline de l'armée de
mort, & la misère des
tout
ils ne risquent une
prochain. Mais, à
juger
passé
soldats, la mauvaise
la
,
chefs
demandant l'aumône.
qui vont par¬
Philippeville. Tout respire ici le
plus ardent
patriotisme ; citoyens &
soldats vivent dans
l'union la plus
parfaite. Le 29e.
régiment d'in¬
fanterie , ci-devant
Dauphin, le onzième des
chasseurs à cheval & un
nonniers d'Auxonne
son ,
fournissent tous
les
qui travaillent avec un
fortifications
:
ils
détachement des ca¬
qui forment notre
ne
zèle
infatigable aux
quittent leurs travaux:
qu'avec regret, & se
plaignent
ne
garni¬
jours cent-hommes
que leut tour
revient pas assez
souvent : la satisfaction
d'avoir pu
contribuer en
quelque chose à mettre
B
: -
.
s
^
•
'
'
'
;v
'
•
'
'
leur
patrie en état de défense , fait toute Ieaî
récompense.
Joujsé, près Givrai. Six aristocrates
De
trois femmes, veulent fuir
& émigrer , ils marchent la nuit : la voiture
passant fur le pont de Joussé, verse dans
Clain. Le conducteur de crier au secours. Les
"habirans sortent, dégagent la voiture , &
mettent les six personnes à flot ; les voya¬
trois hommes &
le
obligés de coucher, & là il s'établit
les libérateurs & les .libérés une con¬
versation qui fait connoître les motifs du
voyage. Les soins des premiers, furent si touchans, leurs instances si vives , leurs repré¬
sentations fur les inconvéniens de l'émîgration
geurs sont
entre
entraînent, que nos
aristocrates font au milieu de ces bonnes gens,
feu de joie des lettre squ'ils avoient reçues
de Coblentz, pour s'y rendre, & protestent,
retournant chez eux , qu'ils n'abandon¬
6c les
mslbeurs qu'ils
un
en
neront
plus leur patrie.
Paris. Les
commàndans St capitaines des
r9
bataillons des volontaires de l'armee
se sont rassemblés, sous la
table pour la
parisienne
présidence d'un no¬
division & formation des com¬
pagnies par quartiers. — La troupe du centre
.s'étpit rassemblée la veille
pour
tirer au sort
les compagnies de la
gendarmerie nationale &C
organisés en troupe de ligne,
les régimens
,
§. La plupart des membres de rassemblée
nationale constituante
paroissent vouloir se fixer
à Paris y
ils ont choisi pour point de réunion
une salle
de Pabbaye St.-Martin
cette société
va
des-Champs;
sans doute se former en
club»
§. Un citoyen du Calvados a trouvé lemoyen d'ériger, en ['honneur de la
constitution,
un
monument
éternel, impérissable
les fils de Titan même
le ciel ne
ne
,
auquel
qui vouioient escalader
pourroient pas porter atteinte , & qui
coûteroit pas un sol à la nation. Voie*
comme
M. Borel
rainé de
son plan,
Entre les constellations
CasiiUy expose
qu'on appelle le brci$
20
<Tcindromzit & le lézard , de 39a 48 dégres
du
pôle, il existe une vingtaine d'étoiles qui
n'ont
aucun nom.
Or précisément à
l'époque
de la fameuse nuit du 4 au
5 août, ces étoiles
bíilloient fur la
France. Suivant
célébré astronome
aucune
,
Flamjlud,
elles n'appartiennent à
constellation; or, c'est de ces astres
qiie M. Borel forme son
monument.
«Ces étoiles feules, à l'exclusion de
toutes
autres, couvrirent notre empire dans le moment
le plus fécond de cette révolution, c'est-â
dire,
depuis environ une heure cinquante minutes,
jusqu'à deux heures dix minutes de la nuit à
jamais mémorable du 4 au
5 août. ^ 10, Je
la plus brillante
Louis XVI, restaú.
rateur de la liberté ; 2°.
six sont très-près les
nomme
,
unes
des autres,
& passent au zénith de Ver-
failles ^ je les nomme assemblée nationale
une des
z^.
plus brillantes passe au zénith de la patrie
de Mirabeau , je lui donne le nom de ce
;
grand
homme; 4°. une passe au zenirh d'Arras, &:
pne autre
au
zénith de
Chartres, je nomme
at
la première Robespierre ^ & la seconde Péthîon*
Enfin je donne à chacune des autres le nom de
la
métropole' dont elles approchent le plus
Voilà le monument que je dédie pour éterniser
la mémoire de notre révolution ; il ne coûte rien,
31 est:
de
apperç'u de plus de mille lieues au delà
notre
hémisphère ; & vous voyez bien ,
monsieur
qu'il durera autant que le monde ».
§. On d!soit hier M. Barnave tué.
§. Un de nos grands théâtres a mis â l'étude
une
farce politique
ayant pour titre le club des
jacobins.
§. Le roi & la reine doivent aller aujour¬
d'hui à la comédie italienne
; ils ont fait de-*
mander Vamant jaloux & les
ckajjeurs & la lài.
tiere* II.est
remarquable qu'ils demandent tou¬
jours des pièces où il n'y a pas lieu à la moindre
allusion.
.
QueJliqjis à M. DuportaìL Pourquoi le dé¬
cret
qui ordonne que les régimens étrangers
seront mis fur le pied de
troupes
nationales
>
22
n'est-il pas encore exécuté, quoique rendu de¬
puis plus de trois mois ? Pourquoi ces régiatfens
confervent-ilsl'uniforme étranger ? Pour¬
quoi les commande-t-on encore en allemand ?
Pourquoi y bat-on encore les marches alle¬
mandes ?
Pourquoi a-t-on affecté de porter ces régimens
fur les frontières
de leur faire garder les
postes les plus importans, tandis que les régi—
nationaux font en seconde & troisième
mens
ligne ?
i
Pourquoi remplit-on avec tant de lenteur les
emplois vacans dans l'armée. Pourquoi a-t-on
fait jusqu'ici, en général, les plus détestables
choix ? Pourquoi a-t-on refusé d'employer un
d'officiers patriotes qui ont
des droits à être placés ?
près grand nombre
Quejlions à M. de Montmorìn, Pourquoi
nous
laisse-t-on ignorer les mouvemens incon¬
cevables des puissances étrangères contre nous?
55
Pourquoi nous cache-t-ori ia la marche de cette
colonne prussienne qui s'avance vers nos fron¬
Pourquoi n'avons-nous encore aucun
renseignement officiel fur ce congrès d'Aix"
la-Chapelle, dont on parle dans toute l'Eu-
tières ?
excepté en France ? Pourquoi n'a-t¬
pas rendu publiques les dépêches offi¬
cielles par lesquelles le roi annonce son accep¬
tation à toutes les puissances étrangères ?
rope ,
on
Pourquoi n'apprenons-nous que par la voie des
journaux ou de nos correspondances
res
toutes
les trames ourdies
particuliè¬
contre
notre
constitution, tous les préparatifs faits contre
notre
liberté ?
;
A B L E.
Les unions bicarrés.
Un
Sans
rossignol jeune .& charmant,
aucun
Ne dut son
íecours mercenaire ,
merveilleux talent
r "*
24
Qu'aux feules leçons de son père:
Avis fans
doute salutaire
Pour que tout
Bientôt il
père en fasse
autant.
surpassa son maître
>
,
Dont le cœur tiroit vanité
...
De
l'heareufe
Qui sembloit
rivalité
le
faire
Sa voix , dans fes
longs roulemens,
Ne
fentoit point
11 embélissoit son
De
mille
renaître.
.
l'apprentiffage ;
ramage
nouveaux
agrémens
Qui charmoient tout le
voisinage.
J
Une
moinille dont
N'offre rien
Fort
"
le
nom
de beau ni de
curieuse
de
l'entendre,
Pour lui d'amour se laissa
Elle étoit riche.
Ont
toujours
tout
Surs
d'avoir
cette
Avec
les
De
tout
fermiers
ils
bon ,
prendre.
Les moineaux
en
abondance,
ressemblance
généraux :
tirent la
substance,"
'»
2?
,
.
' ' *.
;
.
tous
''v-
-
-
l'ëtë
N'exceptant
Et
dans
réduit
Pour
arrêter
La
moinille
Et
le
de
cette
cette
se
proposa
yeux
parut
bientôt
que
ce
dans
mit
.
,
souvent
de sa cassette.
le ciel
N'approuvoit pas
/
sol.
rossignol Tépoula,
beaux
,
mariage ;
leur
breuvage
plus d'abfynte que de miel.
..
'
.
.
.
en
engeance.
navette,
II
J
ouverts:
l'abstrnence ,
a
les
Bien
hyvers,
changeoit souvent de
ne
Pour
cruels
;
contraire, le rossignol,
Seroit
S'il
semence
plus
sort
\
-
"-? *
-
moissons ,
greniers leur font
Tel est le
Au
les
aucune
les
Tous les
II
■;
temps, en toutes saisons :
Ils dîment
II
-.r-
...
,
En
vint
^
.
pourtant trois
•Heureusement
pour
Elles
du
tenoient
.
fauvettes;
les
pauvrettes,
paternel ,
Beaucoup plus que du maternel-
.
V
56
soins
A Force de
père
Le
Tout
eût fait des merveilles ;
en
Mais hélas !
Sr de veilles 1
fa
mort
leur
ravit
de s'orner l'efprir.
La mère fans goût, fans science j
N'en sentant pas la conséquence,
Les garda long-temps dans son trou,
moyen
Tendresse funeste
Qui
&
cruelle !
leur apprit auprès d'elle
ne
Qu'à répéter Girì y Girou.
Elle
mourut.
Cette
disgrâce
l'espoir à leur ayeul,
Laisioit
jusqu'à la trace ;
Mais un oncle rempli d'orgueil
Et fier de sa cravate noire,
D'en
effacer
Ne
voulut pas
qu'il eût la gloire
D'endoctriner ses rejettons.
On
sait assez,
Sans
y
^
mettre
s'il faut l'en croire,
tant
de façons,
Quand on sait bien manger & boire»
Comme
Topulence k 6t
:
-7
L'époux c!e noble pigrièché ,
Ce
fut
Pour
d'elle
faire
qu'il se
enlever
servit
le
tout
fâcheux " contre-temps
Ce
nid-
empêche
Qu'un bon père, le vrai tuteur,
débarbouille la nichée,
Ne
son
Pour
malheur
Des bons repas
Là-dessus
entichée
du ravifleur.
trop
grande procédure;
Un
âigle enfin la termina,
Et
le
Dans
vieux
tous
les
rossignol
droits
rentra
de
la
nature
Anecdote grecque.
Sophocle au déclin de son âge,
Traduit devant l'aréopage ,
Apprit que ses propres enfans
Disoient, pour le faire interdire,
Qu'il n'étoit plus dans son ion sens;
Pour défense
il se mit à lire
58
Un drame
qu'il venoit d'écrire^
Qui charma* tous les affistansY
L'honneur qu'on rendit à fa lyre
Couvrit
d'opprobre les plaignans.
A quoi bon
vouloir faire outrage
A la vietleffe des savans ?
On fait par-tout
que
c'est l'ouvrage >
Ou des sots ou des ignorans ;
Le vrai génie a
des mesures
Qui le dirigent autrement.
II croit de tout beau
monument
Devoir respecter les mazures.
L "ouverture, de la
foire.
Oh ! le bon temps pour les emplettes !
On n'étale ici que du bon.
Fiez-vous y fans
nul soupçon,
Le moindre vendeur d'allumettes
Vante celles de fa
façon.
[Venez, Messieurs, ce tintamare
29
Nous décide le
plus souvent ^
Par-là, mauvais pour bon íe vend ^
Le vrai connoisseur est
Du bon marché tel est
très-rare^
content
Qui tôt après fessai déclare
Qu'il a mal placé son arge,nt#
,
Sans doute c'est
pourquoi du temple
Jesos-Christ chassa les marchands.
Comment prévoir
On
h '
M
qu'à contre sens
prendroit un jour cet exemple?
Dans la crainte d'être déçus,
».
Les gens ne vont
*
plus à l'égîise,
Et
dédaignent la marchandise
Du réfractaire Se de l'intrus.
îl n'est, pour les
cœurs corrompus,
Rien de si sain
qui ne leur nuise.
Par
militaire-, âgé de 80 ans«
un
ancien
Extrait d^une lettre de
M.
Votre
M. I abbe Cournand\
patriotisme, vos lumiexes
30
votre
servir
place m engagent à vous prier de me
d'interprète auprès du corps munici¬
pal. Puisqu'il n'y a plus pour aucune partie
nation, ni pour aucun individu, au¬
de la
privilège ni exception au droit commun
de tous les Français , puisque la loi ne reconnoît plus ni vœux religieux
ni aucun autre
engagement qui seroit contraire aux droits
cun
,
naturels ou à la constitution ,
&
devoir déclarer
je crois pouvoir
mariage, & je sup¬
plie la municipalité de Paris de recevoir cette
déclaration ,
en
mon
attendant
le pouvoir
que
législatif ait établi, les officiers publics, qui
recevront
est
& conserveront les actes dont il
parlé à l'article
du titre
2
de la cons¬
titution, qui traite de la division du royaume
ôc de l'état des
Tous
mes
citoyens.
papiers font en bonne Sc due
forme. Le consentement des parties a dévahcé
le temps
de la liberté accordé par la loi ; kè
mariage n'étant
considéré
déformais
par
le
ce
législateur que comme contrat civil, c'est
contrat
que je
mains des officiers
désire déposer entre les
municipaux de Paris, sup¬
pléons naturels de ceux que le
latif
n a
a
mes.vœux ,
a
la France ,
mon
de
pouvoir légis¬
pas encore nommés. En se
prêtant
ils donneront un grand exemple
& lèveront des obstacles que
courage, ma persévérance , &. la pureté
intentions n'auroient
pas dû ren¬
mes
contrer
,
AVIS
Nous
DIVERS.
annoncé , par i)n
prospectus
inféré dans un de nos précédens journaux,
Pouvrage de Fra-Paolo ^intitulé : discours dog¬
matique & politique y fur l origine y la nature
Us prétendues immunités y & la véritable des¬
avons
tination des biens ecclejiajliques.
Cet ouvrage
dont Fédition est presque ëntìèrêment épuisée
a été
remis à Pimpreffion par un zele pa*
3*
trîote du district
de Bergerac, & à ses frais-
personnes incrédules qui débitent qu'on
a entièrement dépouillé le
clergé des biens
Les
qui lui appartenoient, y verront au contraire ,
par des preuves authentiques , que c'est ce
ci-devant clergé qui nous avoit usurpé ces
mêmes biens, &çfc &c.
se trouvera à Périgueux, au
Cet ouvrage
mois de janvier prochain , chez
imprimeur, rue Limogeane
DAUR IA C ,
nQ. 4.
JOSEPH
II se vendra 2 liv. broché.
LOUER.
A
Une maison
située en cette ville, près la
place du Greffe.
S'adrejseràM. Foidcon> csdeyant procureur*
Deux chambres
S-* adresser à
garnies à louer.
M. MET G E.
S
