FRB243226101_P2-447_1791_042.pdf
Médias
Fait partie de Journal patriotique du département de la Dordogne
- extracted text
-
•
JOURNAL
du
PATRIOTIQUE
département
DE LA
DORDOGNEÌ
Da Dini ancne
23 octobre 1791 •
Liberté & Vérité.
Pétition à P assemblée nationale
législative!
Repréfentans d'un peuple souverainV
Les traités
qui lient la nation française aux
puissances étrangères
une
,
ces pactes enfantés
par
politique si digne des hommes qui, après
avoir fait couler le
sang de milliers
toyens, difpoloient toujours
ambition & de leur
du bonheur de
tout
cupidité
un
,
,
de
ci¬
gré de leur
de la gloire &C
au
peuple. Ces traités.
4'z.
n'ont pas fixé ùn seul instant la solli¬
citude de vos prédécesseurs; & peut-être?
dis je ,
qu'ils ne doivent pas
appeler en ce moment la votre : mais si, par-là
Messieurs ? jugerez-vous
existantes avec
les puissances étrangères font maintenues ; si
les étrangers jouissent en France de toute la
protection de la loi; si leurs biens, leur in¬
dustrie & leur culte y sont également protégés
n'étoitr-il pas du devoir , de la justice Sc de
l'huinanité de ceux qui avoient entre les mains
même, toutes les conventions
la souveraineté du
peuple, d'exiger cette ré¬
ciprocité en faveur des Français qui, en Espa¬
les
Italie, 8c rnême chez
du
en Portugal, en
Suisses ont essuyé tous les outrages
gne,
,
les uns par la
privation de leur liberté, quelques-uns par
la perte de leur vie, les autres par le ren¬
versement de leur fortune
d'autres enfin [ oc
ceux-ci
font plus à plaindre ] par leur
renvoi dans le pays qui les a vu naître , OC
où ils n'ont plus trouvé qu'un peuple de frères ?
y
despotisme & du fanatisme ;
,
ne
H
En vain ils se sont élevés
contre
tion du droit des gens ; là auíïï
cette
viola¬
leur a ré¬
on
pondu par les qualifications de rebelles, de
factieux ^ d'hérétiques ; ils ont été traités
comme
tels; & peut être n'est-ce pointa tort qu'on
a
accusé d'avoir excité de
pareils
ceux
même
( les ambassadeurs )
fonctions rendent
des
traitemens,
que
leurs
responsables de Inexécution
traités.
Aujourd'huis Mesiîeurs, que le peuple Fran»
abjurant toute vengeance ne fait par¬
q ais,
,
ler la loi que pour
pardonner tous les crimes
qu'elle avoit à punir, que pour rappeler tous
les Français
à une jouissance commune, il a
le droit de vouloir
que la constitution qu'il
s'est donnée, soit exécutée dans toutes ses
parties, & que , puisqu'elle a consacré que
les
étrangers qui se trouvent en France
seront
,
protégés par la loi dans leurs personnes leurs
biens, leur industrie &C leur culte il peut
auffi exiger
que tout Français jouisse en pays
étranger de toute, la latitude du droit des gens.
,
,
,
4
conséquence, le citoyen soussigné , sidelle au serment qu'il a fait de maintenir lá
constitution & considérant que la cause d'un
En
,
seul Français opprimé doit être
celle de tous
ses frères, émet son vœu pour que, d'après
votre invitation
le chef suprême du pouvoir
exécutif fasse proclamer, fans perte de temps,'
par l'organe des ambassadeurs, ministres/en¬
voyés &c consuls, les rapports de la nation
,
française avec les nations étrangères, tels
•qu'ils font consignés dans le titre VI de Pacte
constitutionnel, & qui font si propres à pro¬
Français domiciliés en pays étrangers
la même protection que la constitution assure
aux étrangers qui fe trouvent en France.
curer aux
LAMBERT.
Réflexions de M. Varnet fur. les fêtes données
à Paris
à P occasion de V acceptation de ta,
-
,
constitution, par le roi.
L'aliiance d'un peuple libre avec le premier
toi
$
légitime, devpit se consacrer d'une
qui répondît à la grandeur de notre constitu¬
tion; & je vous demande, un appareil mili¬
taire qui
rappelle des souvenirs fâcheux
lèvement d'un globe , un feu
de la marche,
une
grande
cris d'esclaves mille fois
d'artifice
,
l'en-
Tordre
illumination, des
répétés de vive le roi,
& jamais vive la
patrie ; est-ce là ce qui doit
caractériser les fêtes d'un
peuple libre ?
Vous
îa
avez
pu remarquer comme moi,
que
royale illumination
des
Tuillertes eroit
beaucoup plus soignée que celle des champs
elifées.
De
ces
qu'ébauchée ;
ce
côtés, ['illumination
n'étoic
n'étoit pas là cette belle fête
fédérative da quatorze
juillet 1790.
Aux
charmes
de
ï égalité
,
de Tunion
goûtés Tannée dernière dans les
champs-élifées, l'on a vu dimanche passé succéder une
admiration stupide pour les décorations bien
régulières, bien théâtrales du jardin & du
château des Tuilleries. Les curieux de
Parjs
6
<jui ne savoîent pas que toutes ces beautés
commandoient les
applaudissemens de l'ido-
latrie pour le moment où des majestés daigneroient faire
un
donné' dans le
Du
petit acte d'apparition, ont
piège.
plus loin qu'ils ont vu une voiture,
rangés respectueusement sur deux haies; ils se
font enroués en s'oubliant eux-mêmes, Sc
.y
7
prostituant ainsi la décence d'un citoyen.
peuple de la bonne ville ne sait pas
qu'il paye les fêtes que la cour lu1
donne. J'aurois défilé qu'à ce tue époque on
Ce
encore
nationales dont
Mirabeau nous a légué le plan.
eût donné
une
de ces fêtes
Mais, pour cela ,
ministériel n'eût
de leur
il eût fallu qu'un démon
point privé nos repréfentans
énergie première ; il eût fallu que les
Français fussent devenus moi.ns idolâtres Sc
pari¬
plus penseurs; il eût-fallu que les têtes
siennes ne fe fussent pas émerveillées; il eut
7
fallu que les
spectacles qui tiennent - tout du
peuple, ne se fussent point coalisés ;p©ù r jouer
le
royalisme fous toutes les formes.:
L'emhousiaste
s'écrie que cVíì. beau,
le
philosophe se tait ; il pense que c'est.au milieir
de cès
grandes fêtes qu'il faudroit élecìrifer
les'ames , les façonner aux
en :
grands principes
^
leur
rappelant fans cesse des idées de
patrie & dq liberté.
Le temps
où
une
viendra-, ,il faut nous en flatter,
institution. nationale
caractère des Français,
ya
encore
refondre le
enfans ! Lfs
citoyens éclairés craignent la contagion ;
ils
réfugient dans les sociétés patriotiques seuls
aíyles où s'entretient le feu sacré de la liberté.
íe
,
Là, le patriotisme n'est point une mode ^
mais
un
toutes
sentiment
profond d'où découlent
les verus sociales. Là , chaque jour, de
généreux exemples piquent lVmour propre
des hommes & les
rendent meilleurs.
r
Quelles que soient les déclamations des en¬
nemis
de la liberté
acharnement
'
en
contre
fait
les clubs ., leur
l'apologie.
Les: amis de la: liberté doivent se
mais ce n'est pas
Les
réjouir,
des fêtes du royalisme.
Robeípière
?
les: Pérhion , les Rœde-
les Buzot, les Grégoire, les Prieur , Ieç
Reube!, les Antoine., les Royer, font restés
rer y
intacts dans le creuset des événemens, il est
juste qu'ils reçoivent des tribus mérités d'hom¬
mages &
de reconnoiffance.
Voici les
cjue nous
d'exécution de la fête
proposons.
moyens
vous
Faites parvenir une lettre circulaire à toutes
les sociétés: patriotiques de la capitale , à Feffet
d'avoir leur assentiment dáns le plus court délais
Les sociétés consentantes fe cotiseront pour
les frais de la fête;
la cotisation de chaque
9
société sera envoyée en maííe* avec le nom¬
bre 6c le
crit 8c
nom
des citoyens qui auront
sous¬
payé.
AJscmblée nationale.
Du 9 octobre I79 î.. On décrète les ques¬
tions fur
lesquelles le ministre de la guerre
fera
tenu
de donner des
des
gardes nationales ; du remplacement des
réponses ; de Tétat
gardes nationales ; du remplacement des offi¬
ciers dans les troupes de ligne ; de renvoi des
armes dans
plusieurs départemens qui ne sont
point encore pourvus; de rorganisation de la
gendarmerie nationale : pourquoi les officiers
de l'armée sont payés fans faire le service ?
Le
privilège accordé aux membres de ras¬
semblée constituante dans des tribunes parti¬
culières^ est révoqué fur la pétition de plucitoyens*
Le déficit du mois de septembre,
envoyé
les commissaires de la trésorerie, est de
sept à huit millions. On ordonne qu'il fera
remplacé par la caisse de l'extraordinaire.
par
On
décrète
qu'il y aura des comités 2>C
vingt - quatre bureaux.
Les chasseurs de la
garde nationale pari¬
sienne supprimés, demandent a être admis
pour presenter une pétition
tionales
Du
à l'assembiée na¬
Ajourné à demain.
io.
Tout
ce
qui a été proposé dans
séance a été
ajourné après la formation
des comités, fur laquelle on a présenté deux
projets qui doivent être imprimés.
cette
On a dénoncé plusieurs désertions d'officiers
de divers régimens,
entr'autres du z6e. On
a
décrété que le ministre de la guerre en
rendant compte demain de son départements
rendra un compte particulier de cette désertion.
51
propose de prendre en consi¬
dération les émigrations. Ajourné.
Un membre
La
députation des chasseurs de la gardeadmise, demande que le
corps soit conservé. Renvoyé après Inorga¬
1
'
nationale parisienne
nisation
des comités.
On
rend compte
de la situation des ar>
les commissaires rendent justice à
chives ;
Texactitude de M. Camus.
Le
ministre, de la justice , par une lettre ,
demande
tater
qu'on s'occupe du mode pour cons¬
les naissances fk mariages. Ajourné.
députés qui n'avoient
pas prêté le ferment y sont admis.
Du
it.
Les
cartes
Plusieurs
d'entrée n'ayant pas encore été
distribuées, l'un de MM. les secrétaires est
autorise
à tes
signer.
Discussion sur îa police intérieure de la salle.
5S
On
reçoit
Nantes,
une
députation de la ville de
L orateur
proteste au nom de tout
département, du patriotisme de tous les
individus qui l'habitent.
le
Le
discours est:
applaudis & les députés
font admis aux honneurs
de la séance.
Le ministre de la marine
rend un
très-exact fur plusieurs
Du douze.
Qn
compte
objets.
décrète, après quelques
débats , que le ministre des
affaires étran¬
gères présentera l'état des
négociations avec
la
cour
de Vienne.
Une
députation de pétitionnaires invalides
est
y:
admise ; ces braves vétérans
demandent,
lorsque les décrets de l'aííemblée nationale
déjà amélioré leur fort, lorsqu'ils en ont
ont
obtenu
soit
en
un
enfin
commencement
de bonheur,
qu'il
achevé, (k que le "décret porté
leur faveur soit
complettement exécuté»
Que les intentions favorables de M. Dubois
W
de Çrancé sont de
K
nommer des commissaires
pour prendre des mesures convenables.
II est arrêté
que le rapport
fera
de M. Dubois
imprimé Ô£ distribué à tous les membres.
On continue la discussion fur
térieure
de rassemblée ;
réglemens relatifs
M.
à cet
on
la
police in¬
adopte divers
objet.
l'évêque de Paris & son conseil sont
M. l'évêque prononce un
admis à la barre.
discours
très-applaudi, Sc assiste à la séance.
Le
des contributions
ministre
rend compte
publiques
de divers objets relatifs à son
administration. II finit ainsi son
rapport : La
nation
a
reçu
de l'assemblée constituante la
liberté, elle attend de
bonheur.
Quant à moi
vous
,
la paix & le
Messieurs
,
j'aurai
îeujours préíens à l'efprit, la nation qui me
voir, l'europe qui m'écoutfi9 8c la postérité
qui me jugera.
Du
L'assemblée décrète que le mi¬
lui présentera dans trois
jours Fêtât des officiers à remplacer, & que
toutes les quinzaines, il récidivera cette opé¬
ration. Des /citoyens de la croix-rouge demandent la protection de rassemblée en fa¬
iz.
nistre de la guerre
de
leurs frères
vexés, opprimés, en
Espagne & ailleurs. Ajourné.
veur
On accorde des secours à
plusieurs endroits
qui ont été incendiés. Rapport fur la véri¬
fication
des archives nationales.
Les membres du tribunal de cassation font
admis à la barre. L'orateur fait
un
discours
très.applaudi; ils font admis à la séance.
Du quatorze.
Chaque comité présentera
un
plan de travail, lequel fera préalablement
discuté ôc
réglé par rassemblée.
Toutes les
députations feront admises.
M. Dubois de Crancé
,
membre de la der-
ì?
nière
assemblée, & qui s'étoit engagé dans
garde nationale, demande-que ce temps
íoit compté pour son service,
la
L'assemblée décrète que
les membres de
rassemblée constituante , qui se sont fait ins¬
crire sur les
registres de la garde nationale
parisienne, un mois après fa translation de
Versailles à
Paris, doivent, avoir les mêmes
droits à i'avancement
que
ceux
qui ,
aux
termes de
la loi , ont servi dans la- garde
nationale
depuis le
commencement
de la
révolution.
Les sections demandent la conservation des
gardes françaises qui ont rendu de si grands
services à la chose
publique ; renvoyé après
Porganisation du comité militaire.
Les comités d'agriculture
seront
Sl de commerce
séparés; il y aura un comité féodal
auquel cn adjoint ceux ecclésiastique & des
dunes, un militaire , un des domaines natio-
,
ï6
comité diplomatique, un d'édu¬
publique &. un de pétition qui tien¬
un
naux,
cation
dra lieu de celui des recherches 6c de celui
des
rapports.
Du
15.
Un décret supprime le mot ho¬
norable membre du procès-verbal
blée Sc du formulaire des
de rassem¬
complimens.
Les départemens nommeront les chirurgiens
des
gardés nationales, & les prendront de
préférence dans les chirurgiens majors sup¬
primés
fans être astreints de les prendre
,
dans les
hôpitaux.
l'arrestation faite
par la municipalité de Sièves fur les fron¬
tières
de plusieurs effets du gardemeuble
On
fait
le rapport de
,
aux
armes
A cette
tions ,
du roi.
occasion on dénonce les émigra¬
les préparatifs des ennemis & notre
apathie : on remet le tout âpres l'organifation
des comités ? 6c l'on y procède sur-le-champ.
%7
Comme on ne se connoît pas, on dressera
de
autant
tableaux
qu'il y a de comités,
chaque membre ira s'inscrire sur le ta¬
bleau auquel il se croira propre.
&
Les membres des comités seront élus
scrutin ôc à la
Tous
les
pluralité relative.
membres de l'assemblée
le droit d'assister, même
ils
ne
auront
au
auront
aux
comités dont
seront pas membres ,
mais ils n'y
pas
voix délibérative.
Les comités de division , de
d'examen des comptes ,
liquidation ì
des monnoies &
assignats, des contributions publiques
,
de la
dette publique, des dépenses publiques, d'agri-
culture, de commerce, militaire, de marine,
des domaines , des pétitions seront
composés
de vingt-quatre
membres dont moitié fera,
renouvellée
les
Celui de
tous
trois mois.
législation fera composé de4$
membres renouvelles tous les six mois ;
B
ceuS ^
î 8
de matière féodale > diplomatique,
douze
de
tous
membres
des décréts
renouvelles par moitié
les trois mois; celui des colonies, de
mois ; des secours
douze membres, tous les six
publics & d'éducation publique , de 24 mem¬
bres à
renouveler par semestre.
Nouvelles du jour.
Paris.
Avant-hier, toutes les compagnies
qui forment les soixante bataillons, ont député
un membre à Thôtel de ville
pour se con¬
,
réponse à faire à la lettre de
M, la Fayette. Voici le résultat de l'aíTemblée.
certer
sur
une
qu'il seroit sait une réponse
laquelle Tannée témoigneroit au général
ion affection & ses regrets ; qu'en reconnoissance de son bon & loyal commandement,
O11
a
arrêté
dans
depuis la révolution, on lui fera présent d'une
épée à garde d'or, sur] laquelle sera gravée
ijnscription suivante *
/
tt)
A la
Varmée
Fayette,
7j
,
Parìjienne recoanoìjfante A
i'^/2 Ille. de la* liberté.
Qu'il sera faic une pétition à rassemblée natio¬
nale ^ pour
la supplier de prendre en con¬
sidération les sacrifices de
M. la Fayette,
quence une
que
tout
genre
faits par
& de lui accorder en consé¬
indemnité ; il a été arrêté enfin
chaque chef de division nommeroit un
commissaire pour la
rédaction de la réponse
à faire à M. la Fayette,
à l'assemblée
& de la pétition
nationale.
Inacceptation du roi a été présentée à di¬
verses
cours
,
il paroît qu'elles prendront îe
parti de le laisser maître de fa volonté, &C
de ne pas se mêler de nos affaires,
La
constitution
est actuellement traduite
dans plusieurs langues de l'Europe ,
& pénétre
par-tout malgré la plus grande surveillance.
Le roi vient d'écrire
une lettre
à tous les
commandans des ports 5
les
émigrations des officiers de la marine.
Un de
Chartres.
de
ci-devant chanoines
nos
très-haut & très-noble
notre
chapitre,
d'acquitter son tribut à la loi de nature,
•vient
il
tendante à arrêter
conduit à la municipalité des enfans dont
a
il s'est
le
reconnu
père, &
prenóit leur mère
On
ne
déclaré qu'il
sa légitime épouse»
pour
tardera pas
a
à se faire à ces sortes
de
déclarations, & h on les accueille, on
les
verra
se
multiplier d'une extrémité de
l'empire à l'autre.
Vers
à V aimable
octogénaire auteur de lá
£abh. des unions bigarres.
..
"
f.-
-
,
^
•
--
'
-a
•
.
■
.
Tes
'•
respirent l'enjouement
11s font remplis
d'esprit & de finesse*
vers
Oh ! que l'on
rime joliment,
Quand on a comme toi pour Muse la tendresse 5
Pour
Apollon le sentiment 1
st
L'autear immortel de Zaïre;
Malgré ses malheurs & le temps,'
Dans son hyver,comme dans son
Fit admirer les accords de fa
>
Plus d'un rapport te
\
'
•
\
Dans
lie à cet auteur :
écrits , même abondance
vos
Même gaîté,
même fraîcheur-
Ah! s'il vivoit
II aimeroit
Et de
printems,'
lyre.
cet
ton
tes vers
esprit créateur,
élégance,
il se feroit honneurs
L'homme doué d'un cœur droit & sensible
Ne
vieillit
point, il plaît toujours;
Tel on le vit dans
l'âge des amours ,
Tel
aujourd'hui philosophe paisible
Tu sais de la vertu le charme de
tes
jours.'
Toujours amusante
facile ,
Ta Muse aux tons divers accommode fa voix
Chante les
Les jeux des
.
bergers & les rois,
champs, [es plaisirs de la ville
Aux trois Grâces tu fais la cour ;
Tu quittes Aglaïa pour voler à Thalle;
$
A
Dans tes mains Ton voit tour-à-tour
La
lyre d'Ampbion, le compas d'Uranie ;
Et c'est toujours dans le fond de ton cœur
Qu'est le foyer de ton génie
Et l'aliment de ton bonheur.
L'apologue charmant de Vunion bigarre
T'assure l'ïmmortalité ;
Sa
piquante naïveté
 confondu le système barbare
\
Des moineaux dont l'avidité
Au
rossignol
a
contesté
J
Les droits sacrés de la natures
C'est un trésor de sublimes leçons;
Tous les
quatrins sont des fermons
Dont la morale est délicate & pure.
Cependant un corbeau dont le croassement
Depuis trente ans écorche nos oreilles ,
'A Vengeance moinille a promis des merveilles,
Et l'a promis sous la loi du serment.
L'oiseau vil & grossier aux griffes déchirantes,'
A l'œil farouche, aux plumes dégoûtantes,
Des rossignols implacable
ennemi,
2L
Aux moineaux s'est
ÏI
donc réuni :
présidoit leur assemblée ;
dans la méiée ;
Chacun crioit
Pendant trois heures, dans leur irou
On entendit : qroua, qr'oua -9 giri, giron.
Pour mieux débrouiller cette affaire,
Certain coucou célibataire
De temps en temps
parloir, brailloit ,
il déguisoir.
L'oiseau trompeur a l'art de plaïre-s
Mainte moinille Padmiroit ;
Mais son ramage
Et le
En
coucou
toujours prêt à bien faire,
tapinois la regardoit,
En attendant son
Par
doux salaire.
M. N**
FABLE.
Le
canon
Ceux qui font du
& la cloche.
bruit dans le monde
Prétendent remporter fur tous ;
24
Maïs de
quel droit me direz-vous ?
C'est la vanité
Dans
une
qui le fonde..
ville
un
gros canon
Qui le prènoit fur le haut ton,
Dit à la cloche du
chapitre :
Tais toi, servante de pupitre,
Ne raisonne
Je fuis
un
plus devant moi;
tonnerre
de roi,
Des potentats
le seul arbitre;
Prétendrois
me
-
tu
résister ?
La cloche aussitôt lui
Non ,
réplique 2
je ne faurois contester
Ton pouvoir
dans la politique;
Mais moins juste que tyrannique,
11 deyroit être supprimé :
Au
lieu que
de zèle animé,
Mon son avertit les si délies ;
dés ailes
\
2?
Et
les miens sont salutaires,.
tous
Le
canon
Mais loin
Tu
dit : Tu les crois tels ;
de ces beaux privilèges ,
fais que tromper
ne
Ils viennent pour
les gens :
des Tacremens,
Qui sont souvent des sacrilèges.
Vaimable octogénaire.
Par
CONTE.
Le
catéchisme
Là fève donne tant de force
qu'il nous plaît de tracer
Sur rémfail d'une tendre écorce ,
A
ce
Que rien ne peut plus Teífacer.
C'est
ce
Même
II faut
qui fait qu'on catéchise
sage de raison :
bien quev cela soit bon,
avant
Puisqu'on le pratique à l'églife.
Cependant, je vais vous conter
Un petit trait d'enfantillage,
í5
Qui prouve que de cet usage
Grand scandale peut résulter.
Près de Saumur certain vicaire,
En catéchisant son, troupeau ,
R.emarquant la jeune Izaheau
Qui parloir & n'ecoutoit guère,
S'avisa de lui demander,
punir cette négligence ,
c'étoit que l'espérance ?
Elle se tut
lui de gronder ;
Alors se léve une petite
Qui lui dit: moi je le sais bien.
Pour
Ce que
,
La
plus grande n'en sachant rien
En fut
encor
plus interdite.
Le vicaire dit
à l'instant s
Apprenez-le lui mon enfant,
Et parlez avec assurance,
z
M
M ^ %/
-
-
W:;"'
.
.
•-• s~'-~-': -•
'ê-
Afin de la mortifier;
Allons, qu'est-ce que l'espérance?
Carabinier,
Qui, dans l'absence de mon père.
C'est , dit-elle , un
'
*
_
,
■ .7
.
~y'v;•. '• - -- -
27
Couche au
logis avec ma mère.
Par h
même.
Epître à la -. PJûlantropie.
Toi
qui de Thomme pur fus le plus cher
trésor ^
Au temps que la vertu sit nommer
Page d'or 9
Précieux ornement du monde à son aurore,
j'adore!
Quel lieu chéri du ciel voit fumer ton encens ?
Où puis je t'adresser mes timides accens ?
Hélas! les paillons, tyrans indestructibles
Sainte philantropie, ô vertu que
T'exilerent fans doute en des lieux plus paisibles.
Je me trompe,
ment
ah! pardonne un court mo¬
d'erreur.
II te resta.toujours une place en mon cœur.
Permets-moi cet aveu de mon ame attendrie ;
Oui, tu fus de tout temps mon idole chérie.
Enfant né du besoin & de l'obscuriré ,
Rarement ? je le fais, j'aidai
l'humanné :
28
Uu regret douloureux ou quelque larme amere.
Voilà mes seuls tributs payés à la mifere
;
D'en alléger le poids j'eus toujours le désir :
Et vouloir la calmer, n'est-ce
pas Tadoucir ?
Aujourd'hui ce n'est pas pour la íeule détresse
Que j'ose t'invoquer, adorable déesse !
C'est pour tous les Français, c'est
pour tous
les humains :
,
Viens les tous réunir par tes heureux liens.
Viens renouer enfin cette chaîne invisible
,
Dont chaque anneau jadis étoit un cœur sen¬
sible.
Fais-en tomber l'essain de ces
serpens affreux
>Qu'y mêla la discorde au regard odieux .•
Ce font eux dont la dent venimeuse & cruelle
Usa les noeuds chéris d'une chaîne si belle,
La suite í Vordinaire
prochain.
Aventure toute nouvelle.
.
Reconnoissance n'est pas vice y
Disoit Perrette à son merlan,
2-9
Fillette doit à son amant
Rendre service pour service.
Enhardi par ces
doux propos^
Le gard ne
prend plus de repos J
Qu'il ne vous Paît bien accolée ;
Mais dès la premiere volée,
Ils surent vus par le bourgeois.
Ce vieux argus triste & sournois,'
Comine un linge plein de malice ,
Sans
profit à cet exercice ,
Fit rengainer les c.omplimens
En leur disant,
Messieurs , qu'on délogé
céans.
.r--
'•
•
*•
_
' : j'
~.ïrí
-,•
r
•
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Nécrologie, Grande mon du petit Barnctve.
Les bons
citoyens n'apprendront pas fans
douleur un événement sinistre arrivé hier au
soir
dans la
salle du
manège : le fameux
soupirs entre
les bras, de MM, Charles, Alexandre Larneth
& Duporr ,
qui se proposent, par désespoir,
Barnave y rendit les derniers
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suivre bientôt au tombeau. Ce jeune
de le
homme traînoit
depuis long-tems ; on assure
qu'il avoit le cœur gangrené , & le cerveau
dans un déplorable état de dessèchement.
MM. Guillotín & de Seze lui avoient con¬
de
seillé
changer d'air ; il avoit été respirer
celui du cul de-sac des noirs ; mais .ce passage
trop brusque
d'un atmosphère à l'autre a coji-
JîdêràbUmcnt avancé sa fin. Les convulsions de
fa longue agonie ont produit sur son cadavre
un
phénomène remarquable ; elles l'ont ra¬
.
petissé de quatre pieds & demi, de forte
qu'il n'étoit haut que de six pouces à sinisant
où il est expiré. On ajoute que, dépouillé
de ses vêtemens ordinaires, il a paru d'une
maigreur qu'on pourroit qualifier de phthisie. II
a
été ouvert par deux
chirurgiens de la cour,
qui ont observé une étonnante bizarrerie clans
fa conformation intérieure : le cœur s'est trouvé
du côté droit,
& la vésicule du côté gauche»
fous peu de jours ;
Duport & d'André sont institués fes héri-
Son testament
fera publié
II legue aux auteurs
tiers.
du Logogfaphe1 St.
du Moniteur trois mille livres de
avoir écrit, fous fa dictée , tous
rente pou?
les beaux dis¬
prononcés il laisse à
Charles Lameth un petit traité fur la théorie
qu'il n'a
cours
pas
adverbes ^ & à
des
son frere Alexandre une
dissertation fur la tactique ancienne
derne. On désiroit recueillir fes
& mo¬
autres
ma¬
nuscrits 5 mais il a avoué n'avoir ^ à cela près,
rien écrit dans
une
vie que
quelques billets à
grande dame & quelques mandats fur
îa liste civile.
sa
Quant à fes grands rapports
il a avoué qu'il en faifoit
fur les coIonies ,
lui-même peu de cas. II paroît qu'il étoit plus
satisfait de fes petits rapports dans les colonies.
Barnave est
mort
en
chrétien ; il a fait ap¬
peler l'abbé Maury 5 qui a reçu fa confeffion
générale. Ses premiers égaremens rendoienc
le casuiste très fevere ; mais fa conduite íl
bien amendée, & Vardeur dévorante qu'il a
manifestée
tems,
lui
pour
ont
le bien depuis assez long-
obtenu l'abfolution.
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dessous dè
la tribune de Tassemblée nationale; ses amis
ont répondu que cette place étoit dès long¬
T1 a demandé à être inhumé au
temps désignée
Comme
pour
lui servir de tombeau.
les prêtres constitutionnels ont
refusé
enterrement, on a eu recours
RR. PP. Feuillans, qui s'y; font prêtés
de faire cet
aux
L'abbé Talleyrand devoit
célébrer Foffice des morts; mais il est retenu
ce jour-là pour une trés.grosse partie ; Charles 9
Alexandre Lameth , Duport & d'André doi¬
tenir les coins du drap; Victor Broglio
& Beauharnois suivront aussi ; mais ils ne
tiendront rien. Montmorency, qui n'est pas
de fort bonne grâce.
vent
fort, doit porter les œuvres de Barnave dans
un
petit coffret vide.
font fi profondément
affectés de cette mort ^ qu'ils font éminemment
déterminés à ne plus prononcer le nom du
pauvre défunt, afin de ne point renouvelles
Les patriotes vertueux
douloureusement leurs regrets.
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