FRB243226101_P2-447_1791_048.pdf
Médias
Fait partie de Journal patriotique du département de la Dordogne
- extracted text
-
JOURNAL
DU
PATRIOTIQUE
DÉPARTEMENT
DE LA
DORDOGNEy
Du Dimanche
4
Décembre 1791»
Opinion de M. Jean de Brie sur les troubles
deux.
Ce n'est plus maintenant
des prêtres inas¬
sermentés dont vous avez à
vous
une
foule de faits,
occuper 5
malheureusement trop vrais,1
changé Tétat de la question, &
appelle une
vigilance, une sévérité conservatrice sur les
a
séditieux fanatiques. De
simples perturbateurs
de Tordre
peuvent être considérés par la loi
la correction
sant ,
ratn,ène, Le la loi en les punis¬
n'oublie pas qu'elle doit etre douce 5c
indulgente : mais j'ai peine à concevoir com¬
ment en faine politique on pqurroit réclamer
le bienfait & Tindulgence de la loi pour ceux
qui l'attaquent de front fans ménagement, 5c
avec cette arme terrible qui depuis íé com¬
mencement de la civilisation a bouleversé
tant
d'empires.
La déclaration
des droits, a-t-on dit, les
lois constitutionnelles , la liberté des opinions»
Ces
termes
sacrés font du nombre de ceux
abuser; mais îe
maintien de la sûreté publique , mais le salut
du peuple reposent fur des principes fixes, ÔC
que l'on peut toujours juger.
dont
tous
les partis peuvent
La déclaration
des droits prescrit à l'égard
la mesure qu'elle
autorise à l'égard des bâtes, féroces : les lois
d'un séditieux fanatique ,
constitutionnelles ont pour premier
leur propre
\
intérêt
existence, à le meçhant qui les
/
3
attaque ,'a-joute Tinsulte au crime quand il les
réclame pour lui.
La liberté des opinions n'est
point celle des délits qui en sont la fuite ; ce
n'est point une excuse suffisante
tés , que de
& celui
dire qu'on adore un dieu cruel,"
qui pille, qui massacre au.nom d'un
ciel exterminateur ,
sin
aux
pour des cruau¬
yeux
est un brigand & un assas¬
de la loi.
De quoi s'agit-il donc ,
Meilleurs, le voici:
Des prêtres sanguinaires &
immoraux, furieux
des coups
nératrice ,
portés par une constitution régé¬
à leurs vices, à leur orgueil, à
leurs richesses
usurpées
silence la ruine de
,
abus qui les
./
c-
ont
,
médité dans le
lois & le retour des
nos
.
V
y.
de
ce
-
1
-dit, toutes
monde & les tourmens
éternels dans l'autre , attendent les
1 ont voulu
••
engraissoient.
La religion est en danger, ont-ils
les calamités
■
impies qui
détruire.
Bientôt 5 après avoir conduit leurs malheu-q
4
prosélytes dans tous les degrés de la
démence religieuse, ils se répandent dans les
villes & dans les campagnes, le crucifix d'une
reux
main & la torche de l'autre; ils crient àPanatème.
Les familles divisées par
leurs foins „
s'arment les unes contre les autres.
dans les
On court
temples , dans les confessionnaux^
^abreuver de la rage
sacrée ; des miracles
s'opèrent, des idoles rougissent, & le sang
humain teint les marches des autels.
A cette
vue
les. ministres du dieu de paix
sourient affreusement, Çc ils s'écrient dans leur
joie barbare ; seuls nous opérons la contrerévolution. Non 5 ils ne l'opéreront pas, le
génie de la France veille , il est instant qu'il
agisse fans doute, mais il est encore temps.
Je n'ai d'autre but, Messieurs, que d'arrêter
vos
réflexions fur le choix d'une
disposition
vigoureuse; & je dis qu'il est juste, qu'il est
fondé en droit, qu'il est nécessaire de l'employer.
5
II
en
est des corps
corps humain ;
politiques comme, da
la gravité du mal qui Tattaque
doit entrer
élément dans le choix du re*»
en
Ge n'est
méde.
tif pour arrêter
point ici le cas d'un pallia¬
les progrès de la superstition,
il
ne
l'enhardir,
ou
la soibleffe de la loi , ou
de
ses organes.
feroit que
De
en
lui prouvant
la pusillanimité
toutes les maladies de,
l'esprit humain il n'en est point que l'on puisse
comparer au fanatisme
:
nourri de sang & de
fiel, la condescendance
l'irrite ,
tradictions l'alimentent.
Les
les con¬
macérations, les
jeunes, les illusions qui en font l'effet, les
veilles & les
font le
plus atroces extravagances en
produit habituel.
L'homme
la sédition,
qui croit mériter de son dieu par
n'a plus ni enfans, ni famille
ni patrie. Son prêtre, son idole & son
>
couteau,
voilà les objets de ses
affections; & c'est
en
faveur des directeurs de ces frénétiques ; c'est,
quand à leur instigation le sang ruisselle dans
cent
endroits de l'empire, que l'on
invoque
une
tolérance Impie , une prudence inhumaine?
l'on demande froidement s'il y a ur¬
gence. Par ce qu'ils ont fait, par ce qu'ils font ,
jugez de ce qu'ils doivent faire. Ils ont placé
leur levier dans l'autre monde , & ils ont bou¬
leversé celui-ci à leur gré. Depuis Molock,
& que
à qui les prêtres
íacrisioient des enfans, jusqu'à
la statue de fer
de l'aristocratie , à laquelle
ceux
dé nos jours
veulent sacrifier la liberté
Thommicide Sa- stîuël jusqu'à l'infortuné Lefcuyer , jamais ils
n'ont changé ni de plan , ni de caractère °
par tout s'identifiant avec le dieu qu'ils fervoienr, ils ont prétendu que leur pouvoir ter¬
rassât tous les pouvoirs ? comme l'être suprême
& les hommes libres ; depuis
est au-dessus de tous
les êtres.
philosophie qui fut séparer de cette caste
La
contagion délirante n'? point at¬
teint nous assure de ì'efficacité des moyens
qu'elle nous donnera pour réprimer les autres.
éeux que la
3
Leur punition est
juste, elle est fondée en
7
-
droit. : car les hommes
en
fe réunissant n'ont
point laissé aux individus l'absorde faculté de
troubler l'en semble ,
de
s'en
il est nécessaire et instant
servir; mais quelle fera t elle } Le
délit- Linéique.
Les
prêtres séditieux, fanatiques vont
blasphèmes contre la constitution
française, prêchant la révolte et le meurtre;
Eh bien i
qu'il leur soit dit : la volonté géné¬
semant des
rale
vous
la France
repousse, la loi vous condamne,
vous
vomit de son sein.
Allez,
pieux jongleurs, inoculer vos saintes fureurs
héros de Coblentz , ou
puiffiez-vous en
ensevelir à jamais avec vous le
germe fatal au
monde dans les déserts du Scioto.
aux
-àM-" '
Je crois
;
donc
X
,
' ' ':
- à -
; ; ;.
l'on peut proposer à
rassemblée nationale lé projet de décret suivant :
1.
que
Nul ne peut -être jugé par son
symbole ,
mais par ses œuvres.
2. Tout ministre
religieux qui, dansl'exercice
8
de ion
culte, aura injurié
déprécie les
dogmes ou le culte d'autrui, iera pour la pre¬
ou
mière fois renfermé six mois dans un hôpital ,
et
cas
en
de récidive,
traité comme fana¬
tique séditieux.
3. II
est enjoint à tous juges et accusateurs
de poursuivre fans délai, à peine de punition
corporelle, tout prévenu du crime de sédi¬
tion fanatique.
4.
Le ministre religieux convaincu d'avoir
conseillé, excité ou conduit une émotion po¬
pulaire quelconque, fera déclaré coupable
du crime de sédition
fanatique , et comme
tel, condamné à être flétri de la lettre F sur
la joue , et chaste de France, avec défense
>
d'y rentrer sous peine de la vie.
II est défendu sous peine de trois mois
de gêne, de porter aucun costume
religieux
hors l'exercice des fonctions religieuses.
5.
,
AJsemble nationale.
Du
20
novembre. Le comité d'instruction
publique est autorisé à correspondre^ directement avec les
corps
administratifs, les muni-
cipalìtés, les divers établissemèns concernant
renseignement et d'avancement des arts, et à
leur demander
tous
les
renseignemens dont
ils peuvent avoir besoin.
Ce décret
est rendu
commun
à
tous
les
comités, et à la condition de ne prendre au¬
cune
décision fans que l'aíTemblée ait
Plusieurs pétitions sont
prononcé*
renvoyées aux divers
justice paroît, et
comités. Le ministre de la
rend compte
qu'il a mis à exécution le décret
qui ordonnoit l'arrestation des
Varnier. On a arrêté à
portoient les
noms
de
complices de
Dijon tous ceux qui
Tardi
et
Moreau ;>
malheureusement le véritable Moreau, rece¬
veur
des
gabelles à Auxonne
,
a
échappé.
10
Le ministre demáride
quel dédommagement
accorder à des citoyens qui ont été
d'autres, et qui font au secret
depuis leur arrestation.
on
peut
arrêtés pour
II est décrété que séance tenante.,
de législation, fera
le comité
son rapport.
ravis du comité, il est décrété que les
Sur
qui ont été arrêtés seront mis en
les scellés mis chez eux feront
és, et que le président leur écrira pour
les remercier du sacrifice qu'ils ont fait à la
liberté , que
loi ?
et que
courrier
Du
le décret fera porté par un
extraordinaire.
21.
On décrète la
convocation de la
haute cour nationale qui sera installée à Orléans.
On dénonce
des troubles arrivés dans le
département de la Vendée , suscités par la
scélératesse des prêtres réfractaires.
de Corse ont
été admis.'
îl
On reprend
fractaires.
Art.
tement
Oa
10.
les articles fur les prêtres ré¬
décrète :
Le directoire de
chaque dépar^
la première,
fera dresser deux listes,
comprenant les noms et demeures des ecclé¬
siastiques fermentes, avec la note de ceux qui
feront fans
emploi et qui voudront se rendre
utiles; la seconde, comprenant les noms et
demeures de ceux qui auront refusé de
le serment
avec
les
auront
prêter
civique ou qui l'auront rétracté,
plaintes et les procè-verbaux qui
été dressés contre
seront arrêtées
eux.
Ces deux listes
incessamment, de manière à
être présentées, s'il est
possible , aux conseils
généraux des départemens
avant
la fin
de
leur session.
ii.
A la fuite de ces
biles, les procureurs
rendront compte auxdits conseils de
départe"
ment, ou aux directoires de district
des diligences
séparés,
qui ont été faites dans leur res¬
sort, pour l'exécution des décrets de rassemblée
nationale constituante ,
novembre
des 12
1790 , concernant
,
24
&
27
! exercice du
culte catholique salarié par la nation ; ce compte
rendu .présentera le détail des obstacles qu'a
pu
éprouver Inexécution de ces lois, & la dénon¬
ciation de
ceux
qui, depuis 1 amnistie, ont
fait naître de nouveaux obstacles ou les ont fa¬
vorisé par prévarication ou par négligence.
12.
tement
Le conseil
ou
général de chaque dépar¬
le directoire séparé prendra sur ce
sujet un arrêté motivé qu'il enverra à Pastemblée
nationale, avec les listes des prêtres sermentés
& non assermentés, & les observations du dé¬
partement sur la
conduite individuelle de ces
derniers , ou fur leur coalition séditieuse ,
avec les
soit
Français transfuges & déserteurs.
Du 22. On dénonce le ministre de la guerre
n'ayant pas fait jouir de famnistie 4
soldats du 58e. régiment, ci-devant Rouergue»
comme
On décrète qu'il y a lieu à accusation au second
chef contre le ministre,
& que dans quinzaine^
n
le
pouvoir exécutif rendra compte des causes
du retard de
l'elargiffement.
Du 2.Z.
On dénonce la cherté excessive des
grains dans les pays méridionaux. Le comité de
secours tenu de faire un
rapport fous quinzaine*
í
Un sieur
Poupard de Beaubourg détenu
l'abbaye depuis six mois, comme fabricateur
,
à
de faux
assignats, s'accuse d'avoir écrit la
lettre attribuée au sieur Varnier.
M. Garran de Couîon est nommé
procurateur,
'
V.
\
'
•-
*/,
.
,
;
"•
.
V
1
grand
•
J
J
On décrète que les listés des
prêtres réfrac¬
taires qui ont été ordonnées feront remises
chaque an née au comité de législation , & que
les pensions de ceux
qui n'auront pas prêté le
serment civique seront remises aux
On annonce des
pauvres.
récompenses pour les au¬
qui auront fait quelque ouvrage propre
à garantir les peuples contre la séduction des
teurs
M
prêtres, & que leur ouvrage fera imprimé
aux
frais de l'état.
On dénonce la révolte qui a eu lieu à bord
de la frégate la Leucade qui portoit des secours
aux
colonies. L'état major a été désarmé , &
le
capitaine fait prisonnier a été obligé de
revenir à
Rochefort.
municipalité de Thionville saie
part d'une lettre trouvée dans un bateau ,
adressée par un sieur de Lattre, professeur en
droit à Paris, à M. Galonné , dans laquelle
recommandant son fils, il donnoit un détail
de la conspiration des princes. Le sieur de
Du 24. La
en
interrogé, reconnoîî
son écriture. Le décret d'accusation est porté
contre lui ; il est envoyé à l'abbaye.
Lattre , mandé, amené,
Toutes les nouvelles des frontières
jettent Tallarnoe fur le rassemblement des émi¬
grés. On ne peut plus fe dissimuler leurs mouvernens. Hier, cinquante ouvriers font partis
Du 25.
'
\
de Versailles pour aller à
Coblentz ; ils ont
reçu
des avances considérables.
On crée un comité de.
surveillance de ïz
Membres, qui sans avoir le mot de 1'ancien
comité des
recherches, en aura les fonctions.
Révolte dans
l'imprimerie du sieur Beau-
dom au sujet de l'exclusion de
les révoltés font entrés armés
renversé les casses-& les
que les ouvriers
cinq ouvriers
de bâtons , ont
presses. On décrète
qui n'ont point eu de part
à la révolte font invités
à rentrer ; &
que le
procureur-syndic poursuivra les délinquans.
On fait lecture de la
lettre de M. de
Wimpfen au général Lucknér, au sujet de la
proposition qui lui a été faite par les
de leur livrer Neufj Brisack.
au
comité de surveillance.
On décrète
consacré
Elle est
émigrés
renvoyée
qu'aucun édifice public ne serà
qu'au culte salarié par la nation.
16
Du 16. D'après l
avis du comité, on sup¬
ad*
prime tous les corps civils } judiciaires &
ministratifs formés dans Avignon & les autres
villes du comtat; on crée un tribunal composé
pour juger tous les crimes com¬
mis dans Avignon depuis le 23 septembre.
de cinq juges ,
Une lettre de
calme est
Un
Montpellier annonce que le
rétabli dans cette
ville.
navire a échoué à l'embouchure de
la
péri ,
deux marins en ont sauvé six. On demande
rivière de Nantes ; 22 personnes ont
des récompenses
pour les marins.
jusqu'à ce qu'on ait été informé1
de ces actes de courage.
On ajourne
officiellement
AVIS.
A
VENDRE. Un fort joli bîen ,
près fe pont neuf,
d'un
situé
composé d'une métairie
enclos fermé
borderage & d'un très-bel
de muraille, une maison
de maître , le tout
contigu. S'adresser à Me.
Lavavé, notaire.
