FRB243226101_P2-447_1791_049.pdf

FRB243226101_P2-447_1791_049.pdf

Médias

Fait partie de Journal patriotique du département de la Dordogne

extracted text
Du Dimanche ii

Décembre 1791.

«S.
.
-

Liberté & Vérité.

Lettre de M.

Sirey, vicaire de Téveque
Dordogne, a Vas¬

du département de la

semblée nationale.

C'est

un

fait commun à

tous

les

dépar-

temens, 8c qu'il vous est aisé de vérifier.
Les
séminaires se garnissent
presque exclusivement
de laboureurs
qui abandonnent le hoyau , d'ar¬
tistes qui désertent leurs
atteliers, de bras

cassés qui ont couru le monde, d'hommes im«

rejette Tordre civil. Presque tous
jeunes gens qui ont reçu , dès le bas âge ?
une éducation soignée , sont écartés de Péta*
ecclésiastique. Les uns, parce qu'ils appar¬

moraux que

les

tiennent à une

classe ennemie du

nouveau

régime ; d'autres par déférence pour une au¬
torité qu'on leur apprit à respecter, & qu'ils
ne savent pas apprécier ; d'autres encore, parce
qu'ils n'osent se confier dans la stabilité du
régime actuel; d'autres enfin, parce qu'ils
croient que les erreurs de la superstition & les
attentats du fanatisme ont flétri & déshonoré
le sacerdoce.

Ainsi, la pénurie deà candidats est grande ;
il faut, ou ne faire presque point de prêtres „
ou

n'être pas

difficile sur le choix. Si donc

les chefs des ministres du culte sont enclins

remplacer au plutôt les prêtres non fermen¬
tes par des sujets qui leur sont dévoués ;
le cri même des paroisses leur en fait presque

à

m

devoir, les cairçpagties vont être .-remplies.

3

...

de prêtres

îgnorans & Tans mœurs

sauront que haïr & maudire le
&

,

qui ne

laïque aristocrate

Tecclésiastique insermenté.
Législateurs, si vous croyez utile d'étayer

vos lois de la

sanction du ciel,

ayez des prêtres
qui inspirent de la confiance, Si vous voulez

bannir

l'ignoránce des campagnes

leur des curés instruits.

bon paysan arrive

au

, procurezSi vous voulez
que 1^

bonheur par la

préposez à son institution
mœurs

pures.

des

vertu,

hommes de

Mais comment les

campagnes
pourront-elles avoir de teís curés ? Sera-ce en
les choisissant
parmi tous les prêtres du diocèse i
A
ainsi que le porte la
constitution civile du

clergé? Non, tous les prêtres assermentés ne
suffisent pas pour
11 est donc ,

de choisir.

remplir les cures vacantes»
& il fera long-temps

Qu'importe, d'ailleurs, de pou voit

choisir dans la totalité des
ae

impossible

prêtres, si la malîs

peut être pure ?

Je

penserai, Messieurs, que le peuple de

chaque village doit être autorisé à se choiíîc"
"h

.•

-



-•

braves citoyens qu'il
connîtra, même parmi les laïcs au-dessus de
trente ans, sauf à l'évêque à les ordonner
ensuite. Tel étoit l'usage primitif de l'église ,
même pour les évêques ; dans les beaux siècles
de la religion , l'état de prêtre n'étoit pas un
métier. On étoit élevé au sacerdoce par la
confiance du peuple ; on ne l'exerqoit que pour

un

curé parmi tous les

son édification. Que les curés, que les

soient choisis fur la totalité des

vicaires

citoyens, &

alors il fera possible que tous, ou le plus grand

nombre , soient des hommes de mérite ; alors
même toutes les

paroisses pourront aisément

én être pourvues;
mune

pourra

alors encore chaque com¬

jouir complettement du. droie

naturel, garanti par la constitution , d'exer¬
le culte auquel elle fera attachée ,

& d'en
élire le ministre. Alors enfin, & le point est
important, il vous fera possible, il vous fera
utile de confier aux ministres de la» religion
cer

«S5

rv...

5

Pinstruction civile que

préparez

vous

aux

campagnes.
Le moyen que je vous propose ,

Meilleurs,

peut faire naître quelques mouvemens, rela¬
tivement aux évêques

relativement à Fopifans cloute dans

nion ; mais vous trouverez ,
les évêques

,

constitutionnels, la plus grande

déférence pour ce qui est bon à l'état &
per¬
mis par la

religion : quant à Fopinion vous
pouvez la mûrir ; la confiance publique vous
,

environne.

Repréfentans de la nation
tionne de

h-, 2

:

-• ;

.

-

V

tout

mon

cœur.

vos

,

font faites : je vous honore &

preuves

je vous affec¬

Signé SîREY.

•'

AJfemble nationale.
Du 27 novembre 1791.

Tassemblée coloniale de

Les députés de

Sr.-Domingue deman¬

dent à être entendus à la barre.

Les comédiens réclament

plusieurs

contré

dispositions du décret de rassemblée consti¬
tuante, en faveur désauteurs dramatiques.
M. Fournier demande
que
permette

Tassemblée lui
de lire à la barre une adresse aux

habitans des
campagnes,
contre

pour

les prémunir

le fanatisme.

Une lettre des officiers

municipaux de Gaen^
pièces relatives à l'affaire des
contre-révolutionnaires détenus dans la cita¬
contient des

delle de leur ville.

Ils promettent

fous peu la fin de cette
On

4'envoyer

procédure.

fait lecture de

plusieurs adresses &
pétitions, renvoyées à divers comités.
Lettre d'un officier hussard

prussien; elle

porte qu'on recrute publiquement à Obernhein,
au

nom

nom

du

de M- Condé ;

marchés de

nemens,

qu'on a conclu au
prince avec des juifs, des
fourages & autres approvisioa-

même

dont les magasins font à Worms.

On dit qu'il faut éteindre ce feu

dont la fumée nous
s'il est

d'opéras

incommode, & employer,

nécessaire^ la force des armes pour

dissiper les rassemblemens d'outre-Rhin, &
on

demande que le pouvoir exécutif soit

de

requérir la dissolution des rassemblemens,

ou

chargé

de déclarer la
guerre.

Grande discussion sor
question est ajournée.

cet

objet; enfin la

Divers pétitionnaires sont admis.

Suit une députation des musiciens
ils le
ment.

supprimés;
plaignent de la modicité de leur traite¬

Renvoyé au comité de liquidation.

Lettre de la

municipalité de Perpignan^

qui annonce des troubles arrivés dans cette
ville, suscités par les officiers de la garnison.
Du 2.8.

Une sédition s'est manifestée dans

le département du
à

Gers, ci-devant Languedoc ;

Nîmes, elle a été étouffée z les troupestk

s

ìigneont dispersé les conspirateurs. Cela n'em¬
pêche pas íes bons citoyens de manifester leur
zèle pour la constitution.

Les biens nationaux

s'y vendent à des prix infiniment au-dessus de
leur estimation.
On décrète différens articles

st .l'on peut ,
Le roi fait
avec

pour empêcher,

l'agiotage des petits assignats.
que la paix est rétablie

annoncer

Alger, & que le Dey lui a fait présent

de trois

chevaux,

lui

en

témoignant tout

l'intërêt possible
son royaume.

fur les troubles qui ont agité
L'ordre de Malthe s donné des

preuses de ion

zèle, en escortant les navires

français

,

aussitôt qu'il

pourroit y avoir une

a

été instruit qu'il

rupture.

On décrète deux millions
pour les

de boulangerie & les
M.

masses

fourrages de l'armée.

Lacepède est élu président à la place

de M. de Vau blanc*

^

9

Du 29.

On élève la question si les officiers

réformés qui ont pris du service dans les gardes
des frontières ,

nationales

sont susceptibles

d'obtenir des places dans l'armée.

contestée est

La question

renvoyée au comité.

Le comité diplomatique propose de deman¬

der au roi de faire cesser le rassemblement des

émigrans , & de rappeler les ministres de
France résidens auprès des puissances
étrangères^
comme

étant des ennemis notoires de la cons¬

titution, & de satisfaire les princes posseffionnaìres d'Alsace. Le décret

est

porté, £c
députation de 24. membres doit le pré¬
senter dans le jour à la sanction du roi.
en

une

On décrète que les

églises & oratoires quî

ont été

culte

supprimés, ne pourront servir à aucun
qu'à celui qui est salarié par la nation.

Ceux qui ne

sont pas nécessaires à ce culte
pourront être vendus ou loués à des ecdé
siastiques qui ont prêté le serment civique3
à

non

à

ceux

qui Font refusés comme

to

etant

suspects de révolte & de

sédition.'

Les

citoyens de la confession d'Ausbourg
& Helvétique continueront de
jouir, comme
par le passé, du libre exercice de leur cultes
Du .30.

On admet une députation de SaintDomingue , le récit fait frémir. Un nègre fu¬
rieux présente un enfant fur une
pique , à fa
mère expirante. Une femme est violée fur le
corps de son mari expirant, d'autres sur des
cadavres ; plusieurs blancs sont sciés avec len¬
teur.

Un fils naturel

égorge son père. . • .

M. Cahier de Gerville,

íninistre de Tinté-

rieur, écrit à rassemblée, &. l'assure de son
dévouement à la constitution , dont il a donné

des preuves

depuis le

Du 1 décembre.

13

juillet 1791.

L'ordre du

jour étoit le

rapport des troubles des colonies. Une dépu¬
tation de Saint-Malo à'est présentée ; Torateur
a fait les

plus vives sorties fur MM. Roberspierre,

teurs de la révolte des noirs ;

íî vivement qu'il a été
M.

& il s'est exprimé

rappelé à Tordre.

Bristot

discours

prend la parole, & dans un
très-énergique , il établit que les

malheurs de la colonie ne

peuvent être imputés

qu'au blancs eux-mêmes, dont la tyrannie à
patience des nègres. Ce discours

excédé la
a

été fort applaudi.

On demande que le dé¬

des troupes pour les colonies soit sus¬
pendu. On ajourne à samedi.
part

La vente des biens nationaux a été de i
j

millions 60 mille
novembre ,

livres, pendant le mois de

& la totalité jusqu'à ce jour •

d'un milliard, cent
dix-sept millions.
Du 2. M. Duportail, ministre de la
envoie

sa démission.

guerre ^
On demande qu'il ne

puisse pas sortir du royaume > fans qu'il ait
rendu ses comptes».
M. Hérault fait son

de la

rapport fur le mode

responsabilité des lniniûres

,

& dés

12,

être

leurs

peines quî doivent
proportionnées à
délits. On ordonne l'isnpreísion du rapport
& du

projet de décret.

Le ministre de

l'intériéur fait le rapport

d'un mémoire fur

Tadministration des ponts

êc chauffées ^

le renvoi

&

dont on ordonne Fiinpreflìoti
comité

au

le sieur Tardif complice
du sienr Varnier, fera transféré á Orléans.
On décrète que

de Brest informe l'assem¬
blée d'une sédition occasionnée par "arrivée
La municipalité

du sieur Lajaille , qui > parti de

"Worms, venoit

prendre le commandement d'un vaisseau qui
devoit porter des secours anx colonies.

été révoltés qu'on confiât
une pareille commission à un ennemi notoire
de la révolution ; & pour sauver le sieur La¬
Les citoyens ont

jaille des fureurs du peuple 5 on a été obligé
de le mettre en sûreté dans la citadelle.
W*

.>

' ••

;

"S

'

<;

'ìz,

Òn accuse Te ministre de la marine d'islcivisme, de ce qu'il laiísoit ignorer à Tasserru
blée que plus de deux cents officiers de marine
sont actuellement à Coblentz.

Le conseil général du

vados se

département du CaL

plaint de ce que M. Delessart n'a

envoyé la loi sor les contributions, du 2.5
septembre, que le 27 novembre; à cette
occasion , M. Fauchet dénonce M. Delessart
;

d'autres le traitent d'accapareur. On renvoie
ces dénonciations au comité
de

législation pour

en

faire son rapport dans trois
jours.
On lit

une

Saint-Domingue
de

adresse des

commissaires de

qui contenoit une espèce
protestation contre le décret que l'assem^
,

blée doit rendre sor les colonies.

M. Brissoî

parle ; après plusieurs discussions très-vives *
on
ajourne à demain.
M.

Delessart se présente , & se

notamment

sor

l'aCcaparement*

justifie

u

Nouvelles du jour.

Strasbourg. Une belle dame, arrivée der¬
nièrement ici, désira de parler au généra
Luckner.

Comme le général ne montra pas

d'empressement à la voir y elle se rendit chez
lui. Elle lui parla de la situation critique de
la France, de rimgolsibilité de maintenir la
nouvelle constitution, des préparatifs formi¬
dables des princes , fk chercha à l'attirer dans
le

parti des émigrés.

général répondit en plaisantant à toutes

Le
-ces

assertions, & offrit de parier i^ine somme

considérable

qu'il déposeroit , que la contrelieu. II dit à la belle
solliciteuse, ( car elle i'étoit, & n'avoit guères
qu'une trentaine d'années ) , qu'il ri'exigeroit
point qu'elle risquât la même somme , mais
qu'elle mît pour équivalent la -complaisance
d'une seule Huit. La dame crut qu'un homme
aufli ga-laiit pourroit bien n^être pas insensible
à 1 argent. Elle offrit de grosses sommes, &

tévoliítion n'auroit pas

/

r;
a

mesure que le général se montra
plus

elle augmenta ses

galant,
offres, & alla jusqu'à deux

millions, & le bâton de maréchal de France
par dessus le marché.

Voyant enfin que ses
peines étoient inutiles, elle se retira
fort mé¬
contente. [ Cette belle
dame s'appelle madame

Poltrot^ M. Luckner instruisit auffitôt le maire

de

qui venoit de lui arriver.
pour s'assurer de cette
ce

On envova

négociatrice dangereustj

mais elle avoit
gagné ia chaise , en
le
général, & avoit repassé le Rhin.
que les

quittant
On voit

contre-révolutionnaires emploient tous

les moyens

pour l'exécution de leurs

falloit que notre

projets. II
général fut auffi bon patriote

qu'il rest, pour résister à la
fois, à Targent,
aux
honneurs , & aux charmes
d'une jolie
femme. Turenne ne soutint

fait, cette dernière

pas , comme l'on

épreuve.

U opium

myjlique.

En beaux

semblansdá dévote est féconde»
Dame Isabeau , son

viíage entouré

16

D'un

grand chaudron , n'auroit pour chose
au

monde

Manqué d'ouïr sermonner son curé.
Le bon

pasteur eût sur sa foi juré,

Que ses discours pleins de saintes merveilles^
cœur tellement pénétré,

Avoient son

Qu'elle étoit là toute yeux & toute oreilles-.
Par une absence enfin de quelques jours,

II

craignoit fort qu'elle ne fût malade ;

Quand de fa part il vint une ambassade,
Pour le prier d'aller à son secours.
Pour ses brebis toujours rempli de zèle,
Vers fa maison il dirige

ses pas ;
La voit & dit : qu'avez-vous ? ah ! dit elle ,
Depuis long temps, Monsieur, je ne dors pas;
Je sens si bien que ma force s'épuise ,
Que ne pouvant me rendre à votre église ,
J'ai cru pouvoir vous prier fans façons
De me gnérir de cette maladie.
Mais comme quoi ?

dites-moi , je vous prie-

Je dors, Monsieur, fans cesse à vos sermons;

Prêchez-m'en un pour me sauver la vie.
Par M, Langlade, capitaine d'infanterie»
v

...

-