FRB243226101_P2-447_1791_051.pdf
Médias
Fait partie de Journal patriotique du département de la Dordogne
- extracted text
-
fr.
JOURNAL
DU
DE
PATRIOTIQUE
DÉPARTEMENT
LA DORDO G N E-,
Du Dimanche
25 Décembre 1791.
Liberté & Vérité.
/
.
•
.4~--
1"-"".U5 ""
Lettre de M.
^
^
"is'-U ' " :
-
_
7
Volney au baron de Grirn*
MON SI E U R ;
La protection déclarée
que sa majesté l'impératrice des Ruílìes accorde à des Français
révoltés, les secours pécuniaires dont elle favo¬
rise les ennemis de ma
patrie, ne me per¬
mettent plus de
garder en mes mains le mo¬
nument de
générosité qu'elle y a déposé.
Vous sentez que je
parle de la médaille d'or
qu'au mois de janviçr 1788, vous m'adres*
sâtes de la part de fa
majesté,
z.
Tant que j'ai pu voir en ce
gnage d'estime &
don un témoi¬
d'approbation des principes
politiques que j'ai manifestés , je lui ai porté
le respect que l'on doit à un noble emploi
de la puissance ; mais aujourd'hui que je par¬
& déna¬
tage cet or avec des hommes pervers
turés , de quel œil
comment souffrirai - je que mon nom fe trouve
inscrit fur les mêmes registres que ceux
pourrai-je l'envifager }
des
déprédateurs de la France ?
Sans doute l'impératrice est trompée; fans
doute la souveraine qui nous a
de consulter
montré l'exemple
les philosophes pour dresser
un
base de
qui dans son
i'anéanféodalité;
de lois ; qui a reconnu pour
les lois Fégalité & la liberté;
administration , a fans cesse tendu à
tissement de la noblesse & de la
code
qui a affranchi fes propres serfs, & qui ne
pouvant briser les liens de ceux de fes boyards,
les a du moins relâchés ; fans doute Cathe¬
entendu épouser la querelle
tyrannie des siècles passés ;
séduite n'a besoin
rine II n'a point
de la barbare
fans doute enfin, fa religion
désister. Mais,
contradiction
d'un rayon pour íè
en
attendant, un grand scandale de
existe, & les esprits droits & justes ne peuVent consentir à le partager.
que
Veuillez donc ,
Monsieur , rendre à l'impé-
îatrice un bienfait dont je ne puis plus rn'honorer; veuillez lui dire que si je Tobtins
son estime , je le lui rends pour la
;
de
conserver
z
que
les nouvelles lois de mon pays qu'élis
persécute, ne me permettent 'cl'êtrè ni ingrat,
ni lâche ,
& qu'après tant de vœux pout
gloire que je crus utile à Inhumanité ^
il m'est douloureux de n'avoir
que désillu¬
une
sions à regretter.
Volney , ex-député de rassemblée
1789.
nationale de France , en
AJfembUe nationale*
Du xt décembre. Le dimanche est le jour
des pétitions. Celui-ci est remarquable par là
foule d'adresses & de pétitions qui paroissent
toutes s'être donné le mot
pour applaudir
rassemblée de ses décrets contre les prêtres
& les
émigrans ; les traits les plus forts dé
leloquence les ont à peine distingué esLes amis de la constitution de Pontoîfe >
demandent qu'on assure le salut de la république.
Les sections de Paris, des enfans rouges.»
du théâtre Français , des Gobelins, du Luxenv*
bourg, de la croix rouge, du faux-bourg
Saint Antoine, ont développé un grand carac¬
tère d'énergie ; le théâtre français a promis de
reproduire les mêmes hommes qui , en 1789
ont renversé la Bastille.
Mauconseil a trouvé
mauvais que le roi refusât sa sanction à unZ
4
Ici sanctionnée
par
la volonté unanime du
peuple. Le faux-bourg Saint-Antoine a offert
les bras, ses canons 6c ses piques.
L'orateur Camile
une
adresse
ment
de
contre
Defmoulins
a
le directoire du
présente
départe¬
Paris, par laquelle il demande que
du directoire, qui ont signé la
les membres
pétition, soient mis en état d'arrestation.
Ce n'est pas, dit-il, un Varnier, Un
Delattre qu'il faiit frapper. Caton
Cicéron
6c
ne
s'amufoient pas
à punir les esclaves des
Céthegus 6c des Catilina. II faut se servir de
la foudre contre les princes, 6c de la verge
contre
un
département insolent»
Du
12.
Anacharsis Cloots, l'orateur
genre humain, prononce un discours par
du
lequel
propose de réunir toutes les forces de la
France, 6c d'opposer trois grandes armées aux
tyrans d'Espagne, d'Italie ÔC d'Allemagne.
Une pétition de 6oo citoyens désavoue
celle du département de Paris. On demande
rimpreíSon. On passe à Tordre du jour.
Un caporal tambour de la section de l'oratoire est dénoncé 6c amené ; il a été interrogé,
ainsi que plusieurs particuliers qu'il a embauchés»
ìl
viendroit à
Le roi ayant fait annoncer qu'il
Tassemblée à quatre heures , la séance du jour de
demain a été remise à cjuatre heures du soir.
Du 14. Le roi ayant écrit qu'il se rendroit
â rassemblée, 24 commissaires sont partis pours
aller le recevoir : à sept heures trois quarts ua
huissier l'annonce, tous les membres se décou¬
vrent & se lèvent. Le roi entre, ses ministres
le fui vent. Le roi a prononcé le discours suivant :
MESSIEURS,
ï'ai pris en grande considération votre mes¬
sage du 29 du mois dernier. Dans une circons¬
il s'agit de l'honneur du
peuple Fran¬
tance où
çais &c de la sûreté de l'empire , j'ai cru devoir
porter moi-même ma réponse ; la nation
ne
peut qu'applaudir à ces communications*
entre ses
repréfentans élus &c sont représentant
vous
héréditaire.
Vous m'avez invité à
prendre des mesures
décisives pour faire cesser enfin ces rassemblemens extérieurs
qui entretiennent au sein de
la France une inquiétude
une fermentation
funestes, qui nécessitent une augmentation de
dépenses qui nous épuise, & compromettent
plus dangereusement la liberté, qu'une guerre
,
ouverte
& déclarée.
Vous désirez que
je fasse connoître aux
pTÎnces voisins qui protègent ces rassemblemens
contraires aux règles du bon
voisinage & atix
principes du droit des
gens, que
la nation
Française ne peut tolérer plus long tems ce
manque d'égards & ces sourdes hostilités.
6
Enfin vous mavez fait entendre qu'un mou¬
général entraînoit la nation, & que
tous les Français étoit
plutôt la
guerre qu'une patience ruineuse & avilissante.
Messieurs, j'ai pensé long-temps que les
circonstances exigeoient une grande circonspec¬
tion dans les mesures ; qu'à peine sortis des
vement
le cri
de
agitations & des orages d'une révolution , &
milieu des premiers essais d'une constitution
au
naissante, il
ne
falloit négliger aucuns
des
moyens qui pouvoient préserver la France des
maux incalculables de la guerre- Ces moyens
je les ai tous employés. D'un coté j'ai tout
fait pour rappelles les Français émigrans dans
le sein de leur patrie, & les porter à se sou¬
mette aux nouvelles loix que la grande majorité
de la nation avoit adoptées : de l'autre, j'ai
employé les insinuations amicales, j'ai fait faire
des réquisitions formelles (k précises pour
détourner les princes voisins de leur prêter
un
appui propre à flatter leurs éspérances, & à
]es enhardir dans leur téméraires projets.
L'empereur a rempli ce qu'on devoit attendre
d'un allié fidelle , en défendant & dispersant
tout
rassemblement dans ses états. Mes démar¬
le même succès auprès de
quelques autres princes: des réponses peu
mesurées ont été faites à mes réquisitions.
ches n'ont pas eu
La nation a manifesté son voeu ; vous l'avez
recueilli ; vous çn avez pesé les conséquences ;
yous me
l'avez exprimé par votre message
ne rn'avez pas prévenu ;
fêprésentant le peuple, j'ai senti son injure,
& je vais vous faire connoître la résolution que
j'ai prise pour en poursuivre la réparation.
Je sais déclarer à sélecteur de Trêves, que
si avant le 15 de janvier, il ne fait pas cesser
dans ses états tout attroupement & toutes
dispositions hostiles de la part des Français
qui s'y font réfugiés , je ne verrai plus en
lui qu'un ennemi de la France. Je ferai une
semblable déclaration à tous ceux qui favo-
Messieurs , vous
riferoient de même des rassembiemens con¬
traires à la tranquilité du royaume ; & en
garantissant aux étrangers toute la protection
qu'ils doivent attendre de nos lois, j'aurai
bien le droit de demander que les outrages
que des Français peuvent avoir reçus, soient
promptement &c
complettement réparés.
J'écris à l'empereur pour l'engager à continuer
ses bons offices, & s'il le faut, déployer
son autorité , comme chef de l'Empire, pour
éloigner les malheurs que ne manqueroit pas
d'entraîner une plus longue obstination des
membres du corps Germanique. Sans doute 9
on
peut beaucoup attendre de son intervention
appuyée du poids imposant de son exemple: mais
je prends en même-tçms les mesures militaires
les plus propres à faire respecter ces déclara¬
tions ; & si elles ne sont point écoutées ,
alors, messieurs, il ne me restera plus qu'à
proposer la guerre , la guerre , qu'un peuple
qui a solemnellement renoncé aux conquêtes
jamais fans nécessité; mais qu'une nation
généreuse & libre sait entreprendre, lorsque
sa propre sûreté, lorsque l'honneur le com¬
rje fait
mandent.
Mais en nous abandonnant
courageusement
résolution , hâtons-nous d'employer
les moyens qui seuls peuvent en assurer le
à cette
succès Portez votre attention , messieurs, sur
l'état des finances; affermissez le crédit national,
veillez fur la fortune publique ; que vos déli¬
bérations , toujours soumises aux principes cons¬
titutionnels, prennent une marche grave, fiere,
imposante, la seule qui convienne aux législa¬
d'un grand Empire : que les pouvoirs
constitués se respectent pour se rendre respec¬
teurs
tables; qu'ils se prêtent un secours mutuel,
lieu de se donner des entraves ; & qu'enfin
au
on reconnoisse
qu'ils sont distincts, & non
ennemis. 11 est tems de montrer aux nations
étrangères que le peuple Français, ses représentajns & son roi, ne sont qu'un. C'est à cette
union, c'est encore ne l'oublions jamais , au
tespect que nous porterons aux gouvernemens
des autres états que sont attachées la fureté,
la considération & la gloire de PEmpire.
,
meffieurs, c'est vainement
qu'on chercheroit à environner de dégoûts
l'exercice de l'autorité qui m est confiée. Je
Pour
moi ,
déclare devant la France entière,
rien ne
ifies
pourra laffer'ma persévérance, ni ralentir
9
efforts. II ne tiendra pas à moi que la loi ne
devienne l'appui des citoyens & l'effroi des
perturbateurs. Je conserverai fidellement le
dépôt d,e la constitution, & aucune considéra¬
tion ne pourra me déterminer à souffrir qu'il y
soit porté atteinte ; & si des hommes qui ne
veulent que le désordre & le trouble, prennent
occasion de cette fermeté pour calomnier mes
intentions, je ne m'abaisserai pas à repousser
par des paroles les injurieuses défiances qu'ils
se plairoient à répandre. Çeux qui observent
la marche du gouvernement avec un œil attentif,
mais sans
malveillance, doivent reconnoître
que jamais je ne m'écarte de la ligne constitu¬
tionnelle, & que je sens profondément qu'il est
beau d'être roi d'un
Du 16.
peuple libre.
On porte au roi la réponse à son
message; elle est conque en ces termes :
SIRE,
Au
langage que
votre
majesté lui
a
fait
entendre, Passemblée nationale a reconnu avec
transport le roi des Français ; elle a senti plus
que jamais le prix de Pharmonie des pouvoirs
,
de ces communications franches & mutuelles
qui font le vœu , & qui feront le íalut de
l'empire.
L'assemblée nationale attachera toutes les
forces de son attention fur les mesures décisives
que.vous lui avez annoncées ; & si tel est Pordr^
10
qu'elles doivent enfin s'effec¬
Fassemblée nationale , sire , promet à
votre majesté plus de gloire qu'aucun de ses
ayeux n'en a obtenue : eile promet à l'Europe
étonnée le spectacle nouveau de ce que peut
un grand peuple outragé ,
dont tous les bras
seront mus par tous les cœurs , & qui, voulant
fortement la justice & la paix, combattra pour
lui même ses ennemis qui sont auffi les vôtres.
des événemens,
tuer
,
De puissans intérêts ,
vous
de douces jouissances
sont préparées : du Rhin aux Pyrenées ,
Alpes à l'Océan , tout fera couvert des
regards d'un bon roi, et protégé par un rem¬
part d'hommes libres et fidelles. Voilà, sire ,
des
la famille à
vos
laquelle vous êtes attaché , voilà
amis, ceux-là ne vous ont pas abandonné.
les
Tous les repréfentans du peuple et tous
vrais Français ont dévoué leurs têtes pour sou¬
tenir la dignité nationale , pour défendre
constitution jurée , et le roi chéri dont elle
a affermi le
trône.
la
Le roi a répondu : je reconnois le langage
& le cœur des Français dans les remercîmens
famille,
que vous m'adressez ; oui, ils sont ma
& j'espère que cette famille se réunira toute
entière sous la protection & l'empire des lois;
c'est mon vœu le plus cher.
de Strasbourg;
conspiration dont le cardinal de
Rohan est le chef. II a voulu s'emparer par
Une lettre du département
annonce une
trahison de la citadelle de cette ville. Ses com¬
plices , les sieurs
tailleur
ont
On porte
été
Loyauté , Silly
&
un
arrêtés.
des décrets d'accusation contre
proposition
eux, ík on renvoie au comité la
de décréter le cardinal.
Du
17. Plus de trois cents pétitionnaires
présentoient, on décrète que toutes les
pétitions seront remises au comité des pétitions
que les pétitionnaires ne pourront être admis
que les dimanches, hors les cas d'urgence.
se
,
N O U V E L L E S.
Strasbourg. Dans la nuit du 4au s de ce mois,'
des patrouilles de l'armée noire, faisant la
ronde sur les bords du Rhin , dans le territoire
de son altesse éminentiffimme,
monseigneur
le cardinal de Rohan
,
prince de l'église fk
de l'Empire , & vicaire du serviteur des
serviteurs de J. C. , aperçurent un bateau
amarré fur la rive droite du fleuve , s'en
approchèrent
en
tapinois, & entendirent
distinctement que l'on y comptoit de l'argenf.
Le son des écus,
plus douxyque le chant des
litanies aux oreilles des
princes de l'église &
a celles de leurs braves
défenseurs, produisit
fur les soldats de son excellence un effet auíH
vif & aussi
prompt, qu'il auroit pu faire
à son éminence elle
même, en conséquence »
12
la patrouille ; au nombre de six hommes à
cheval , après s'être assurés qu'il y avoit
dans le bateau trois bateliers fans armes;
s'approchent du bord , le sabre nud d'une main
pistolet de l'autre ; & osent interroger les
bateliers qui déclarent venir de Strasbourg, &
le
aller acheter du bois à brûler dans un endroit
qu'ils nomment. Auffitôr le détachement va
rendre compte au quartier général de la décou¬
verte
qu'il vient de faire ; annonçant en mêmetemps que les bateliers étoient diíposés à pafler
la nuit à l'en droit où ils se trouvoient. Ouï
-le
rapport
de l'escouade, on tient conseil
de guerre, & il est décidé qu'imitant la pruden¬
ce
des Grecs, lorsqu'ils prirent la ville de
Troye, on laissera les ennemis se coucher
& s'endormir
qu'alors on fondra hardiment
fur la citadelle flottante
pour saisir toute
endormie la triple garnison,la garoter, l'éloigner
de la place , & s'emparer à loisir du palladium
sonnant, unique & doux objet de l'entreprise.
Cependant l*ardéur de nos héros ne peut fé
contenir ; deux fois l'arnout de la gloire & des
,
,
écus les ramènent vers le bateau ; deux fois
l'ennemi encore éveillé en impose à leur valeur.
Enfin la lumière est disparue , & l'on est sûr
que Morphée enchaîne les
gardiens du trésor.
s'approche de la citadelle, ori
descend à l'assaut, on tombe sur nos Strasbourgeois endormis, on leur met le pistolet
Aussitôt
on
fur la gorge, On
les lie, on lesgarotte, &
fans leur permettre de passer leurs vestes, &
sur tout leurs culottes, on les entraîne jus¬
qu'au cartier général, tandis que le reste des
vainqueurs, mettant la citadelle au pillage ,
emporte habits, vestes, outils, &c les culottes
qui contenoient huit louis en écus de fi% francs»
Après cette glorieuse expédition, le vainqueur
eut la
générosité de laisser au vaincu la vie &
la liberté.
dresse de la commune de Péri^ueux à
VaJJemblée nationale, à Voccasion du
majsácre commis à Avignon.
législateurs,
II est donné le
signal des horreurs d'une
contre-révolution; que la peine due aux for-
faits de ses lâches sauteurs arrête leur course
meurtrière ; hâtez-vous d'éteindre un incendie
prêt à embraser toute la France ; tendez une
main protectrice à nos frères
d'Arles, d'Avi¬
gnon & du Cointat : les infortunés succom¬
bent fous les efforts combinés des démons de
l'aristocratie & du fanatisme. Leur
sang a coulé
sous des mains parjures 8c
voix
traîtresses; leur
plaintive a retenti jusqu'au fond de nos
ames
que l'ardeur d'une trop juste vengeance
embrasera jusqu'au dernier
íoupir, Et qu'oa
*4
vienne encore nous parier de
tolérance envers
des prêtres aflaffi.ns, de pardo n pour des ingrat!»
qui déchirent le sein de leur patrie trop indul¬
gente. Dignes représentans d'un peuple qui
ne
redeviendra pas esclave , redoublez de
punissez sur-tout ces
courage & d'énergie ;
médiateurs infâmes transformés en
bourreaux,
punissez les agerts supérieurs qui les étayent
& vous obsèdent : surveillez ces empoisonneurs
qui répandent avec tant de succès dans toutes
les parties de l'empire,, le venin de la guerre
civile. Plusieurs grands criminels vous ont
été dénoncés
nous attendons de grands
exemples. La clémence a fait plus de victimes
que n'en auroit fait une juste sévérité. Qu'on
cesse d'alléguer un veto fatal, il reste sáns
vigueur dès l'instant qu'on nous attaque; le
premier, le plus sacré des droits, la résistance
à i'oppression n'a pas besoin de la sanction
du monarque. Pleins de confiance en la sagesse
& la promptitude de vos mesures, nous
,
au moment de frapper un grand
bras font levés pour vous protéger
vous croyons
coup , nos
Le glaive a trop long¬
demeuré suspendu sur des têtes cou-
& exécuter vos ordres.
temps
pables : qu'elles tombent : que le sang des
despotes & de leurs vils esclaves serve de ciment
au
temple indestructible de la liberté.
Lettre au rédacteur.
M. Votre journal étant
principalement des¬
tiné à éclairer les gens mal instruits, & a
démasquer les malveillans; je m'adresse à vous
pour rendre notoire la sincère & ferme déter¬
mination dans
laquelle je fuis depuis long-temps
de satisfaire aux divers
engagemens que
j ai
contracté, principalement & presque unique¬
ment pour procurer l'avancement de mes
enfans; &£ qu'ayant vu ne pouvoir parvenir à
cet honnête
but, qu'en vendant du bien-fonds,
j'ai mis en vente depuis long temps un domaine
situé dans les dépendances du village de Pom¬
mier, paroisse de Lille, domaine d'une étendue
assez considérable, & susceptible de plusieurs
genres d'améliorations, que j'ai offert de ven¬
dre à dire d'experts.
Je viens d'être instruit par un ami, que plu¬
sieurs personnes se feroient présentées pour
faire l'acquisition de ce domaine fi on ne leur
avoit dit que les biens
que tn'a laiffé feu mon
père, étoient substitués fur la tête de mes enfans.
Ce fait est une pure
imposture inventée par
quelque ennemi secret, & qui ensuite s'est pro¬
pagée de bouche en bouche; mai comme elie
me
porte un préjudice inappréciable , non-feu¬
lement par le danger auquel elle
m'expofe de
,
à-6
voir mes créanciers laide m'accorder des délais,
consommer ma ruine par des saisies & autres
actes de rigueur, mais encore par les peines Sc
le chagrin que doit éprouver l'honnête homme
lorsqu'il ne peut satisfaire à ses engagemens,
je vous préviens, Monsieur, que pour désa¬
buser ceux qùi peuvent avoir été trompés Lc
détournés par cette imposture , qu'ils peuvent
les minutes de M. Dauriac,
notaire de cette ville, acquéreur de I'office
de feu M- Dubois, le testament olographe
vérifier dans
de feu mon père, mort au mois d'avril 1777,
que
je déposai entre les mains de feu M.
Dubois 9 quelque tems après la mort
de feu
père.
Je fuis d'ailleurs très-disposé à donner toufe
autre certitude & sûreté que pourroient désirer
ceux qui auroient intention de faire l'acquisition de ce domaine. Je suis, &c.
Merlhie Lagrange , homme de loi.
mon
-
PROSPECTUS.
DISCOURS
DOGMATIQUE
E T
V O L I T I
Q U E;
Sur Vorigine ? la nature 5 les prétendues
immunités , & la véritable destination
'des biens
eccléjiajliques„
Ouvrage posthume de Fra-Paolo9
traduit de fltalien ;
Nouvelle édition 3 remise d t impression
par un bon Citoyen du District de
Bergerac , Département de la Dordogne.
LE Discours fur îes Biens Ecclésiasti¬
ques fut un des fruits de la retraite de
Fra Paolo. M.Simon a
prétendu que ce
Traité est du Père
Fulgence , & non
point du Père Paul, & il se fonde fur
ce que le manuscrit
que M, Theyenot
V
portoit îe nom
avoit apporté d'Italie ,
Mais deux raisons empê¬
chent de souscrire à son opinion. Là
première, que l'Editeur de ce Traité
l'àttribue positivement à Fra-Paolo ; la
seconde, que dans son Histoire du
du premier.
Concile de Trente , cet Auteur a inséré
divers morceaux qui
pour mot dans le
se trouvent mot
Traité des Bénéfices.
Le dessein de ce Traité
est de faire
régisse étoit
voir par quels moyens
devenue maîtresse de si grands revenus,
& les abus qui s'étoient
la disposition qu'on en
y
introduits dans
fait. On voit
par quels degrés & quels moyens la
corruption s'écoit glissée
augmentée
régisse, & comment ces biens,
qui ne lui avoient été donnés que pour
la subsistance du Clergé & le soulage¬
dans
ment
des Pauvres,
occasionnèrent le
dérèglement des Ecclésiastiques , & ne
servirent ensuite que
d'aliment à leur
cupidité. On y trouve un détail des
excès qui se còmmettoient dans la col¬
lation des Bénéfices, & de la simonie
scandaleuse dont les collateurs & les
coupables. On
fur - tout 1 adresse avec
bénéficiers se rendoient
y
remarque
.
l'l
laquelle îa Cour de Rome s'etoît attirée
la collation de tant de bénéfices, & les
profits immenses qu'elle retiroit de tous
les pays catholiques, & qu'elle retire
encore de ceux
qui font assez foibles
pour ne pas imiter la France.
En un mot, Fauteur y a traité fa
matière avec tant d'ordre , d'érudition
& de zèle , que ce seul ouvrage donne
la plus haute idée de la capacité & de
la probité de Fra-Paolo, quand il
n'auroit pas laissé d'autres monumens
de fa religion & de ses lumières. Le
Couray er,
Hijl. du Concile de Trente y
vie de Fra-Paolo, p.
LIX.
Cet ouvrage a déjà paru en Français,
mais très-mal traduit : comme il contient
des choses également curieuses & inté¬
ressantes, & qui servent à ['éclaircisse¬
questions qui s'agitent aujour¬
d'hui on a cru faire
plaisir d'en donner
ment des
,
nouvelle édition bien traduite.
A la fuite de ce Discours , est un
Poëme intitulé
Les Prêtres, conte¬
une
nant
302 vers.
L'ouvrage entier contiendra 270 pag.
in- dou^e du même caractère
que le
Prospectus. II coûtera, pris à Périgueux,
,
2.
Ifv. broché.
IV
Les Personnes qui voudront
souscrire J
Joseph
pourront s'adresser à Périgueux à
Dauriac, Imprimeur, rue de la Limogeane, N°. 4. On aura le soin
chir les lettres. Les brochures feront
d'affran¬
prêtes dans les premiers jours de Janvier
fiaIuSMqSe
2792-
Dr
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v 1L. [«H. c
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'PERfGìigiiXj,
SB)
A
PÉRIGUEUX,
Dauriac, Imprimeur
des Amis de la Constitution, 179k,
Chez Joseph
