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Médias
Fait partie de La vie Périgourdine
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-
Le numéro
Numéro 6
Périgueux, le 10 Juin 1894
| Oc
La Vie Périgourdine
JOURNAL HEBDOMADAIRE
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QUÈS ZOU SOUNT
Moun Diou ! ma fenno..,. m'en foutè pas maou, mas lou
de mai 100 eieus !
:
bougre m'a empourta
LA
VIE
PÉRIGOURDINE
Mas rosous lou rondont enquéro pus,meychons :
Lou pus hardi datix treis m'empougnio sur-lou-chomp ;
Un âiitré, sons feyssoiix, s'occrôcho o mo crignièro,
E moun âgé ey saisi tout prè dè la borrièro !
Quond véguis tout oco, semblavo un dioblotout
Qu'ey surti de l'onfer é qué toumbé sur tout.
Mous jeurs èront fureiix ; mo gorgeo qu'eycumavo,
Aii naz d'oquis luzers eycupissio lo bâvo !
Poêmé
Composa per
en
potois Périgourdi,
MORTEYROL, qu'éro alors sécrétari en chef de lo
Sous-Préfecturo dé Périgueux.
En touchant moun baudet, partout de Marsoneix,
Annavo o Périgueux per vendre un fay dé boueix.
Lou jour éro si beii, qué vésio tout én joyo :
Lous aibraix
(i) de lo net oyont bégu ío ployo ;
Loluno, en pâlissont, au lùsent d'au soulëy,
Se perdio dins lous airs en s'en onnont
Josëy ;
Lou aubreïs, per l'hiver d'eypouillâs dé verduro,
Repréniont d'au printemps lo brillonto poruro ;
Las flours d'au mey de may, prèyssodas de flurï,
Parçavent lou rorneûx que lo sàbo nurri ;
Lous froumens, dins lous champs, proumettiontlo richesse,
E d'au bouyer pertout sè vésio l'ollégresso.
Auvio dé tous coutàs lous auzeiix din lous airs,
Au chont d'au roussignau meyla lours doux concerts ;
Mas lou coucu, molin, en so voix sotiriquo,
Vénio moloperpau per troubla lour musiquo.
Quond un homè l'entend, eû se penso d'obord
Que so fenno o saûbu se dounnà quàiiqué tort.
Ey tobé vésio-you, per comblé de disgrâço,
Qu'o may qué d'un possont fosia lo grimâço,
E que plusieurs moussurs lou
guignavent d'au chay (a),
Coummo si lou coucu n'oguais pougu de
may.
Quoiqué'you sio ségur que mo.fenno ey fidelo,
Sòun chont, dé temps en temps, brouillavo mo cervello,
E moun âgé têtu troublavo moun
repaii,
En raclont tous lous
plaïx (3) per me fa fa d'au maú.
Moun esprit, malgré y ou,
quàiiqué cô ruminavo
Au râybo qu'oyo fay, la net,
quond soummeillâvo.
Né sobio que pensà dé las tristas viseiix
Qué véniont si souvent tourmenta moun cerveux.
Malgré qué n'oguais pas moun âmo bien tranquille,
Grésio quèlibré en tout entrorio din lo ville,
May qu'aurio pçrmisseû dé vendré moun fagot,
Sons qué lous gobelloux 11 boutassent
d'impôt.
Mas, 0 peno. oguis-you rémounta lo chaûssado ('4),
Qué treis rats eyplamis (5) mé font lo soludado ;
Désuito Grippo-Saii, qu'éy h coumm'un renard,
Mas que j'où sirio may si n'éro pas comard,
M'opprend que per décret de nouvelle orribado,
Me faut poyà lous dreïx
qu'ont remëy sur l'entrado.
«
Messurs, lur dissis-you, né sens pu dins lous temps,
»
Qué fesias sur lou pount lo ployo et lou beu temps.
»
Auro que l'oncien rey vay rentrà din la
Fronço,
»
Lou paoiibrè dèii garda dé qué
garni so ponço.
j>
Bounoparto n'y ëy pus per désoulà lo gens ;. '
»
Lous Bourbouns ont proumey que sirions tous countens,
Qué n'aurions pus d'octroi, de counScrits, de gobello,
»
May qué jauvirions tous d'uno paix eyternello (6).
»
Moun boueix ne vous deii ré ;
layssas-me dounc partï,
»
Aiibé dé. moun billou you vau vous eypaûti!
»
Si fosaislous meyeens,
qué mé bot'en coulèro,
»
Saubrais qué Martelout ey tourna dé lo guerro,
»
E qué né fay pas boun, sé frétà prè dé
sé,
»
Surtout quond qu'ey d aux gueux qué li panent soun bé.
»
Layssas mé dounc possà, double, triple conailio ;
»
Tout lou moundé so bé qué sais dé froncho bouaillo.
»
(1) Ventfrais de la nuit.
12) Le chef, la tête.
(3) Haie épineuse. On sait qu'un âne chargé a l'habitude d'aller se frotter contre les
haies qui bordent les chemins,
espérant par là, sans doute, se débarrasser du far¬
deau qu'il porte.
(4) Celle du Pont-Neuf, route de Lyon à Bordeaux.
(5) Au teint pâle et livide.
(ô) Tout le monde se rappelle que ce furent, en effet, ies promesses que lç duc
d'Angoulême, en rentrant en France, en 1814, à la suite de i'armée anglaise, faisait
au peuple, au nom du roi son oncle, mais dont on ne tint aucun
compte.
«
Fosas pas l'entêtà, mé dissé Grippo-Saoù ;
Baillo-nous, sur-lou-chomp, to péço dé doux saoiix ;
Opprends qué sens poyas per ogi de lo sorto,
y>
E counduirè en preyjou l'homé qué sé révolte.
»
Messurs, you sais têtu ; lou boun Dieii m'ey témoin ;
»
»
—
»
Lo bile mey mountado ; oco pourrie onnà loin.
Lachas-mé tont-qué-tont, aû-bé-tout prenais garde ;
Qué quâuqu'un dè vaiitreix né descende lo garde. »
Fuguèrens entêtas ! Doux mé vouliont tenëy,
Quond, ogronds cos dè ped, bourravo au pus eypëy.
D'obord fuguis lacha ; mas moun âgé en coulèro,
Eyverlo Crocquo-Boueïx, tendis qu'en moun billou
Finissio d'eychinà l'eycloppa Froncillou.
J'ou crésio tout fini, quond véguis quelle bouaillo,
Terrosado 0 mous peds sur lou chomp de botaillo,
E moun âgé, countent, fringâvo comm'un fau,
Quond vengué d'âiitreix rats lou saisi per lou coati.
Lous droleis, lous soudards, aii bout dé lo botaillo,
Couriont dé tous coutas, segus per lo conailio,
Coummo d'aux cheix joppont ; jomais j'ogais crégu :
S'éronl dounnas lou mout per ottisà lou brut.
Oguis beu lou prégeà dé drubi lou possagè,
Dé mé preyta sécours, de fa lâcha moun âgé,
Qué y n'oguèrent jomay ni piota, ni fréyour
De moun molhuroux sort, ni may démo douleur.
Olors, you méboutis osa lou diablé-ô-quatré,
O bourà coumm'un sourd, 0 jurà comm'un fiacrè,
»
»
Mas dié mé furnissiont un to rudé trobay,
Qu'o lo forço eu fougue qu'obondounais moun fay !
Me troubavo occoblà dé cos, coummo de
péno,
E moun âgé, ossouma, restavo sons holéno !
Poâubré, qué foray-you ! Nay ré per beiiré un co !
Faut qué torné châz nous, sons oebrottà dè po I
(A suivre.)
LA
UNE
//
VIE
LEÇON
PÉRIGOURDINE
D'ÉCH ASSES
JSPy a pas de mal !
LA
PERIGUEUX EN
Edouard
VIE
C'est de te voir, en ces temps oublieux,
Où tour à tour les noms qu'inscrit la renommée
Semblent n'être tracés qu'avec de la fumée,
1836.
Te rappeler ces hommes vertueux
Qui dans ton sein prirent naissance.
De Montaigne, de Fénelon,
de
Chantérac, dont le nom et la famille ap¬
partiennent au Périgord, était revenu, après une absence de près
de 40 ans, revoir son pays natal. Cet estimable Périgourdin, bien
que tenant à la noblesse du pays, n'avait conservé de son origine
que la distinction et l'affabilité des manières; secouant, du reste,
tous les préjugés de son enfance, il s'était fait industriel et habitait
la ville de Marseille, où il avait fondé plusieurs établissements et
vécu entouré de la considération et de l'estime générales.
A la vue des changements et des améliorations sans nombre
M.
PÉRIGOURDINE
qui avaient totalement changé l'aspect de nos contrées, M. de
Chantérac, qui, dans sa jeunesse, avait aiguisé quelques traits ma¬
lins contre le vieux Périgueux, n'avait pu résister au désir de
rendre hommage à notre ville rajeunie et parée de tous les édifices
qui lui manquaient et que son esprit progressif lui avait tant de
fois souhaités.
Nous regrettons que le temps et l'espace nous manquent pour
citer en entier la brillante description que M. de Chantérac a faite
En consacrant la souvenance,
C'est plus que conserver un nom,
C'est semer l'a vertu qu'honorer leur mémoire !
A qui verra leur buste, il dira tous les jours :
« Celui-là ne meurt
pas qui naquit pour l'histoire :
» Sachez les imiter et vous vivrez
toujours ! »
Le canal de l'Isle, l'industrie naissante de notre ville, l'ouverture
de nos routes, la création des comices agricoles, furent à leur tour
l'objet de la poétique investigation de M. de Chantérac. Enfin,
l'éloge de l'administration de MM. Romieu et de Marcillac et des
souhaits pour l'accomplissement de toutes leurs vues dlamélioration et de progrès, terminent cette composition, qui fait honneur
au talent du poète autant
qu'aux sentiments du Périgourdin.
de nos
une
monuments ; mais nous en publierons assez pour donner
idée du faire du poète et de la justesse des vues de l'observa-
teur :
PÉTITION A L'EMPEREUR AU CAMP DE CHALONS
Rétracter ses erreurs, c'est le devoir du sage :
Pourquoi rougirait-on de changer de langage ?
Non, point de sotte vanité !
Sire,
Alors qu'on a médit, on doit la vérité.
J'ai contracté sous votre cher oncle deux blessures mortelles qui
depuis trente ans, font l'ornement de ma vie, l'une à la cuisse
droite, l'autre à Wagram. Si ces deux anecdotes vous paraissent
susceptibles de la croix d'honneur, j'ai bien celui de vous en re¬
Jadis, ô Périgueux l tu me vis satirique.
Jeune encor, j'aimais la critique;
Je fis sur tes vieux toits quélques malins couplets :
Le crayon de Callot servit à mes portraits.
mercier d'avance.
Je méconnus ta destinée,
Et je te croyais condamnée
Jaumard
A vivre dans l'histoire avec tes seuls marrons,
Gaporal honoraire à l'ex jeune garde.
Tes pâtés de Courtois, tes truffes, tes dindons.
Qu'elle était mon erreur ! du Veyre à la Lisonne,
Tout progresse et grandit au pays de Vésone !
P. S. Madame Jaumard sera
vous
Un aqueduc, digne du temps romain,
Trace aux eaux du Toulon un élégant chemin ;
Tes places, tes maisons, tes belles'promenades,
sensible
votre amabilité. Affranchir s'il
a
plait. Ci joint les pièces justificatives.
Auront, ô Périgueux ! chacune leurs naïades.
Thémis pourra bientôt, dans un brillant palais,
Voir encenser son culte, et dicter ses arrêts.
Ici la douce'bienfaisance
Elève un hôpital où le zèle, les soins
De charitables sœurs préviennent les besoins
Du malade privé d'aisance !
Plus loin, c'est un collège, où cent adolescens
Des maîtres éclairés auxquels on les confie
Discours d'un sous-lieutenant de pompiers
Chers amis et concitoyens, chers pompiers, mes frères,
Appelé z'à l'ùnanimité par le vote z'universel de Sa Grandeur Monsei¬
gneur le Ministre des Cultes, de la Guerre et de la Marine, et par la mu¬
nificence de notre auguste capitaine au titre de votre sous-lieutenant, hon¬
Reçoivent des leçons même en philosophie.
Ils sortent de l'école, et leurs joyeux accens
Attestent le bonheur qu'on possède à leur âge,
Car on apprend gaiement même à devenir sage.
neur
L'auteur décrit ensuite l'abattoir, et, après avoir admiré
les pro¬
portions pleines d'avenir de cet établissement et payé un juste
tribut d'éloges à l'architecte, il passe, par une habile
transition, au
projet de construction d'une salle de spectacle et à celui de l'élévation sur nos places publiques des statues' de. Montaigne et de
Fénelon. Ce que j'admire le plus, s'écrie-t-il en s'adressant à sa
dons auquel je souscris,
de moi z'à vous de vous z'à moi il*n'y a pas
loin, mince membre de la copipagnie je ne méritais pas cette suprême di¬
gnité et ce grand grade dont l'éclat m'offusque et m'illumine. J'ai prêté ser¬
ment z'à la patrie, s'il le faut je donnerai intempestivement ma vie. Entouré
d'une compacté collection d'individus aussi distingués que vous j'ai prêté
serment et je vous le jure sur les cheveux blancs de mes ancêtres je me
devant la multitude des poignards assaillants qui Viendront
égorger vos femmes et vos.enfants et couper vos chers liens. Je n'ai en¬
mettrai
que ma nomination intérieure lorsque j'aurai reçu ma nomination
postérieure je donnerai une seconde développation à mes discours.. Vive
la France ! vive les pompiers!
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