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Médias

Fait partie de La vie Périgourdine

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Le numéro

Numéro 12

Périgueux, le 22 Juillet 1894

| Oc

La Vie Périgourdine
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VIE

PÉRIGOURDINE

BIOGRAPHIE DES GRANDS HOMMES DU PÉRIGORD

Fontaine Puy-Rousseau, Fontaine des jameaux,

Périgueux fut plus tard arrosé par vos eaux.
L'impitoyable temps n'en laissa que la trace ;
Mais le temps reconstruit ce que sa main efface,

PIERRE DE BOURDEILLES
_A.i>fc>é

de

Soumettant à ses lois le coteau, le vallon,
L'art épancheen nos murs la source du Toulon.

Brantôme,

Soudain de frais bassins, des gerbes, des cascades,

Naissent de toutes parts, ornent nos promenades.

La famille des Bourdeilles,

premiers barons du Périgord, est une des
plus illustres de la Guienne : son ancienneté remonte à Charlemagne. Elle
a donne plusieurs évêques,
un cardinal, plusieurs conseillers d'Etat et un
grand nombre de capitaines. Ses alliances avec les maisons d'Albret, de
Vendôme, çtje Bretagne, de Savoie, de Talleyrand, de La Force, de Biron,etc.,
ajoutent encore à sa célébrité.
Le plus célèbre des Bourdeilles est l'auteur des Mémoires, généralement
connu sous

Sirènes et dauphins, soyez les bien venus !
Notre ville applaudit, fière de vos tributs.
Comme un chant d'allégresse, elle entend le murmure
De votre eau qui surgit et s'enfuit vive et pure.

Tel fut du peuple hébreux le doux ravissement,

'le nom de Brantôme.

Pierre de Bourdeilles, abbé

Quand, sous un ciel en feu, sur un sable brûlant,
A la voix de son chef, une source abondante

de Brantôme, seigneur de Richemond, gen¬

Jaillit et lui porta sa fraîcheur bienfaisante.

tilhomme ordinaire de la chambre du roi Charles IX et Henri III, naquit en

Périgord vers l'an 1527. II fut élevé, dans son enfance, à la cour de Margue¬
rite d'Orléans, reine de Navarre, fit ses études dans un collège de
Paris; et
entra en possession de l'abbaye de Brantôme le 15 juillet 1558.
Mais il n'était pas fait pour la vie paisible d'un monastère. Ecoutons Cas
telnaud (Mémoires, tome II) :
t L'abbé de Brantôme usa de sa
qualité comme les abbés guerriers qu'on
»
appelait abbatès mililis sous la seconde race des rois de France, et ne
» cessa
pour cela de suivre les armes et la cour... II hanta,avec une estime
»
singulière de son courage et de son esprit, les principales cours de l'Europe, comme celles d'Espagne, de Portugal, où le roy l'honora de-son
» ordre, celle d'Ecosse et celles de tous
les princes d'Italie. 11 fut à Malte
» chercher occasion de se
signaler, et depuis il n'en perdit aucune de celles
» de nos
guerres de France. »
Ces lignes sont le résumé exact de la vie de Brantôme. Fatigué des agi¬
tations du monde, il se retira en Périgord. C'est dans sa retraite qu'il com¬

Fêtons, fêtons, l'auteur d'un don si précieux:
Vive de Marcilîlac î il a comblé nos vœux.

Gloire au bon magistrat, gloire au nouveau Moïse
Dont le nom, chaque jour, chez nous s'immortalise !

A Moussou Albert de CALVIMON? u)
Dempeï treïs meïx té créziont

Lous Bloundiers (2), benissen lou sort

Que Périgueux te résuscito.
Per que tu seï révicoulà
Nous voulens tous nous sodoulà.

Bàdo toun co, moun pauvre vieï,

posa ses Mémoires.
II mourut en 1614, et fut enterré au

Avalo mè quell' estafilade !

château de Richemond, à une lieue
de Brantôme. Pour se faire une juste idée de son caractère, il suffit de lire
l'épitaphe qu'il composa lui-même quelques années avant sa mort, et dqnt
il ordonna l'inscription sur son tombeau.

Ny ayse,

ny

plaisir,

ny

Lou boun vi faï fugeï l'eineï,

E té lo peïtréno eïchorloda !
Tous nos omis, per té félicita,
On promue! dé sé soudoulà.

contentement.

Toun gourjoréou d'é sou-préfé

Son petit neveu et son

héritier, Claude de Bourdeilles, comte de Montrésor, est également célèbre par les Mémoires qu'il a laissés. Ces Mémoi¬
res intéressent par

mort,

Diou marci, sés enquéro en vito !

»

Trato notré vi de ropiéro !
Si lous oounours gáten lo sé,
Qui voudrio dé quello miséro?
Vaoou mieï, sons obis galonas,

le ton de candeur et de bonne foy qui y règne.

En bous omis se sodoulas 1

A Monsieur Albert de CALVIMONT
Le 17 août 1836, on inaugurait à Périgueuxla nouvelle amenée des eaux

Depuis trois mois, on t'a cru mort ;
Dieu merci, tu es encore en vie !

du Toulon. Toutes les fontaines des places publiques, toutes les bornes des
différents quartiers étaient décorées, enguirlandées.. La garde nationale, le

Les Blondiers bénissejit le sort

9° régiment d'infanterie, alors en garnison à Périgueux, une immense po¬
pulation, les élèves du lycée, des écoles chrétiennes, entouraient la princi¬

Que Périgueux te ressuscite !
Puisque tu es revênu bien portant,
Nous voulons tous nous griser.

pale fontaine. II fut remis à cette occasion au maire de la ville, M. de Marune écharpe d'honneur, Après plusieurs discours prononcés par
M. Auguste Charrièse, secrétaire du conseil municipal, Aumassip pre¬
mier adjoint au maire, de M. le préfgt de la Dordogne, il est donné lecture
de la délibération du 12 décembre 1835, qui, à titre de rémunération publi¬
que, donne à la fontaine et à la place de la Clautre, le nom de fontaine et
place Marcillac. II était plus de minuit quand la fouie a quitté les rues et
les places publiques, l'esprit troublé par une fête dont Périgueux n'avait
cillac,

Ouvre le cou, mon pauvre vieux,
Avale-moi cette

Et

tient la

Tous

nos

poitrine échauffée.

amis, pour te féliciter,

On promis de se griser.
Ton petit gosier de sous-préfet

pas encore vu d'exemple.

Traite notre vin de mauyais.

Cette fête a inspiré un de nos poètes :

Si les honneurs gâtent la soif,

Sur les bords du Manoire (1) un aqueduc romain,

Qui voudrait de pareille misère ?
11 vaut mieux, sans habits galonnés
En bons amis tous se griser.

A travers les rochers se frayant un chemin,

Vivifiait jadis notre antique Vésone,
Belle et vaste cité dont la ruine étonne

lampée !

Le bon vin fait fuir l'ennui

Sauveroche.

:

1) Celle ebanson est dédiée à M. Albert de Calvimont, alors sous-préfet, et qui, quel¬
(1) Les eaux de la source du Puyrousseau furent amenées sur la place de la Clautre
de Périgueux vers le xi8 siécle.

ques

années après, devint préfet de la Dordogne.

(2) Habitués du cabaret de la Blonde.

MÉDOSOUS

LAS

N'o vens pas d'hcrbo

din lo prado.

PÉRIGOURDINE

VIE

LA

Quond vé l'houro de lo dinado,
filhas, lous jauneïx garçons

Ovens fini las sénosoux,

Las

Mas, dati blà l'eypigeo daiirado

Mingen,.en buvont lo rosado,

Nous oppélá o

O

las médosoux.

l'oumbro, darnié lous boueyssous.

Dèy lou moti lou souley bri Mo,

Lou repas fay sur

N'ovens pûs vï de si beii temps ;

Chacun s'eytend

Lou

Mas quont o prey un

médayré prend so faucillo,

Et din lou chomp s'en vav

Lou golon près de so

Chanto quaiiquo

countent.

meytresso

bravo chonsou ;

Torno

en

lo polèno,

prés d'ail chonteii,
paii d'holéno

chontont sur lou tarceii.

L'air retenti sur lo mountagno,
Din lo

plaino, may lou volloun,

Ne manque pas din notre eytouillo
De Jonettas,

Car l'un n'en

de Margoutoux,
trouborio si fouillo

May que n'en fa il per lous garçrfus.
Parlen toujours

E tout en fosont lour oubratgé

Eylas s'entretenent d'omour.
Lou sey, quond vé
Las

Sé retirent de lo journado,

De lo chonsou

Laysso preney quaiique poutou.

Et

O l'oubratgé chacun

Quello chonsou, qu'ey lo pus gento

En

Qu'oyon aiivi de tout udzon,

Béven daii vi,

s'animo,

Dcgùn nevaii resta darnié.
Lo jovello, qu'o

bouna mino,

Tombo per garni lou

gronié.

que

Mas

chonto lo Jonetoun.

Jonetoun, quey tont ploscnto

'Lo rond

Io-'Serénado,

filhas, lou jaiiueix garçons,

Eylo, que l'aymo de tendresso,

qu'un occoumpagno

de moridatgé,

Braven lo peno et lo cholour

L'esprit coûtent, lou cœur joyoux.
soupo.nt, disent

E lou

qu'auquo zio,

son d'aux counteïx,

golon, qu'cymo so mio
Bien l'embrasso.

pû bravo en la chontont.

Qu'ey de mémo qu'o lo compagnio
Fon lo récolto de l'eyteu,
Mas din

l'hivar, quonte faïy fagnio

Chacun tribolo din so peu.
Au coin dau lìo, près
L'un

de so bello,

ségardo dau meyehont temps,

Mas; quond porey lo flour nouvelle,
Chonten l'omour, may lou printemps,

LA

PÉRIGOURDINE

VIE

Etchacun d'eux, par un échange honnête,
De son confrère avait pris la façon :

CHANSON ATTRIBUÉE A ROMÍEU
ANCIEN PRÉFET NE

LA DORDOGNE.

Je suis moulu, j'ai la tête fêlée ;

poète,

L'autre faisait des vers comme un

maçon,

Sur un amas de titres et de chartes

Quel cauchemar, quel affreux bacchanal !
Mes chers amis, je viens de l'Assemblée :
Nos députés fêtaient le carnaval,
Tous déguisés, ventrus et démocrates,

Trônait Barrot qui prédit février;
Barrot le grand, Barrot tireur de cartes,

Magnétiseur, somnambule et sorcier.
II prédisait à Monsieur La Palisse

Dissimulaient leurs voirs et leur talens.

Que nous mourions avant d'être enterrés;
A trois maris qu'ils auraient la jaunisse ;
À trois banquiers qu'ils seraient décorés.

A droite étaient les rouges écarlates,

Sur la montagne erraient des Pierrots

L'un bâtissait des murs comme un

blancs-

Et cependant, le costume et le masque
Allaient si bien à chaque mannequin,

Une peau d'ours couvrait trois personnages,

Qui tour à tour servirent les tyrans,

Qu'on ne voyait, dans la troupe fantasque,
Pas une paillasse et pas un arlequin.
D'archet en mains, siégeant sur une table
pu pi n rnusard, Dupin Paganini,
Dupin pâli, Dupin méconnaissable,
Dupin frisé, botté, ganté, verni.

Et le.s huissiers poursuivaient trois sauvages

Qui refusaient de toucher 25 francs.
Je vis aussi, je vis, je le confesse,
Des citoyens plus dignes... de ce nom,
Loin de la foule..., ainsi que la sagesse,
Loin des excès, comme on peint la raison.

Thiers en chicard s'élançait à la danse,

lis étaient peu, mais grande est l'espérance

Gargantua sorti de son étui.
II était grand, grâce à l'ímpertinence
De son toupet,trois fois plus grand que lui.

Qui les soutient à travers les partis ;
Je saluais l'avenir de la France,

.C'était Crémieux ; près de lui, frais tondu,

Et, tenant bien mes poches, je sortis.
Dansez, chantez, le carnaval commence,

Oubliant tout, ses nombres, sa tirade,

Ouvrez la Chambre et fermez l'Opéra.

Pierre Leroux sautait comme un pendu !

Déguisez-vous, députés de la France,
Déguisez-vous, et l'on vous aimera.

Un autre avait les traits d'Alcibiade :

Molé dansait une ronde bacchique,

Mouguin tonnait contre les avocats ;
Berryer criait : Vive la Dépublique !
Grçppo parlait, Charras ne parlait pas,
Sur un fauteuil était un petit père,
Maigre et chétif avec un habit vert.
Je reconnus le masque de Voltaire :
Le çroirait-on? c'était Moqtalembert.

TIMIDITÉ D'UN MENDIANT
Un passant donne deux sous à un mendiant,

Merci de votre bonne intention, lui dit le mendiant en les lui rendant

.—

mais je n'accepte plus les sous... C'était bon dans les commencements.

II s'écriait : le pape n'est qu'un homme.
II foudroyait les jésuites surpris,

Et l'on voyait les citoyens de Rome

ETNI?A.]!VTS

Trembler devant le Romain de Paris.

Failoux et lui, joints par la destinée

M. Bébé à son père qui travaille :

Sans être amis, ont le même drapeau,

Papa, comment dit-on quand on met un mort dans la terre ?



Ainsi l'on voit sur une cheminée


Près de Voltaire un buste de Rousseau.


Comment va-t-on les retrouver demain ?



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Puis, s'arrêtant court :

J'ai vu Nadaud composant un gros drame ;

j'ai vu Hugo la truelle à la main ;

.

On dit qu'il est « enterré ».

Le père,

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