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Médias

Fait partie de Les Folies Bergeracoises

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Ie Année

Prix: 10 centimes

LE MENDIANT

Numéros

ib

Boulevard des Italiens ! 0 souvenir de Troie !...

HMMMàTKZ ®1 i°§;
A nos lecteurs.



M. le Comte voulait

Ceux qu'amène l'hiver, Midas. —

114 heures en chemin de fer pour arriver au

point

de départ, Roger Spadridi. — Aux jeunes Rédac¬
des

teurs

Folies, Un Ramolli. — Les Condition¬

nels (Zig-Zag). — La vengeance d'un mari trompé,
De

Yiel-Castel.

Les Commandements d'une



cocotte, G. des Hon.
rent

Goutan.

Spadridi.
Echos

et



La Sainte-Barbe, Lau¬

Folies-Bergeracoises, Roger



Causerie, Mathieu Sans-Souci. —
Potins, D. Tockay. — Théâtre. —



A NOS LECTEURS
Le succès

tière.

LA RÉDACTION.

CEUI ÛD'ÁMËNE L'HIVER
a

le don d'amener

parmi nous

recrudescence de malheureux

et

de

mendiants.

L'été, ils errent dans les cam¬
pagnes où ils trouvent toujours chez les
bons paysans un morceau de pain et une
place dans la grange pour y passer la nuit.
L'hiver, les besoins sont plus grands ; ce
gîte ne suffit plus, aussi les voyons-nous
arriver en grand nombre dans nos villes.
Mais pourquoi, pour implorer notre pitié,
s'arment-ils de mines patibulaires et prennent-ils cet accent

nazillard

que vous
de la pitié, ils

connaissez tous ? Au lieu

attirent sur eux le ridicule, et c'est une de

leurs

positions favorites

montrons

dans

notre

que

nous vous

charge d'aujour¬

d'hui.

Midas.

114 Heures en Clemin de 1er
pour

arriver

AU POINT DE

DÉPART

HISTOIRE ÉCRITE A TOUTE

VAPEUR

Ce sont là de ces clioses auxquelles le bon
Dieu,
en sa

qualité de vieux philosophe, sourit.
Y. Hugo.

1
Elle avait vingt-deux ans. Son nom ? Bluette.
Son mari ? Un Russe. Son titre? Comtesse. Son

soupirant? Edouard. Le comte de Korgaliskoff
avait obéi à cette tradition de sa famille qui con¬
sistait à se marier à cinquante ans, à épouser une
jolie française, au besoin sans dot, avec cette
seule obligation pour elle, d'aller mettre ses en¬
fants au monde à Moscou.

On habitait
au

son

Paris, dans un appartement situé
premier étage sur le boulevard des Italiens.

demanda la main de Bluette. Le bon vieillard
traduisit la proposition à Bluette.

rêve. Madame avait obstiné¬

Bluotte accepta.

ment refusé. Elle se trouvait

trop loin de Paris.
Elle ne voulait pas de l'exil et s'opposait absolu¬
ment à quitter le boulevard.

La bataille fut rude. La Russie essuya, ce jour-

là, de la part de la France, une défaite mén o raLe boulevard

des Italiens avait vaincu les

Champs-Elysées ; le passage de l'Opéra avait écrasé
l'Arc-de-Triomphe : victoire éclatante dont on
parlera longtemps dans les salons aristocratiques.
Mais, pensez donc ! quand le comte de Korga¬
liskoff épousa Bluette, elle avait dix-huit ans; il
en avait cinquante : la femme était donc la
plus
forte : la lutte était inégale ; deux hommes n'au¬
raient pas été de trop.

III
Nous savons dit

c'était

quatre ans après.
Bluette, comtesse de Korgaliskoff, portait son
titre comme si elle n'avait jama.is fait que cela.
Chaque année, le comte allait en Russie prélever
les revenus de ses terres. En même temps, il
voyait sa famille, présentait ses hommages au
tzar, et s'oubliait peut-être quelque peu dans les
:

licences d'autrefois.
La première année, il resta absent douze jours;
la

seconde, vingt ; la troisième, trente-quatre.

C'était

au mois d'août qu'il partait, le Z ou le 4.
Cette fois-ci, pensa Bluette, il ne reviendra plus

avant le mois d'octobre.

obtenu par

les Folies-Ber¬
geracoises nous oblige à faire une amélio¬
ration qui, nous en sommes persuadés,
sera bien accueillie
par tous nos lecteurs.
A partir d'aujourd'hui notre journal
sera
imprimé avec soin en typographie et
contiendra, par cela même, plus de ma¬

L'hiver

Russie : c'était

ble.

Annonces.

une

magnifique hôtel aux
Champs-Elysées : l'hiver, les Champs-Elysées se
confondraient aisément avec un steppe de la

Arrêtons-nous, s'il vous plaît.
jour, le seigneur comte de Korgaliskoff

Un

un

II

Mais, croquons Bluette.
Ne disons pas sa

naissance obscure : malheur
pas comment cette
jolie petite folle, en simple robe de percale, fut
cueillie un jour, au bois de Boulogne, tandis
qu'assise sur un banc, au bord du lac, elle admi¬
rait, avec des yeux humides et jaloux, les demimonde étalées dans les victorias. Et pourtant,
gracieuse lectrice, n'allez pas songer à mal, n'in¬
terpréter malicieusement ce qui lors advint. Ce
fut un bon vieillard couronné de quatre-vingts
hivers, qui la recueillit. II avait été usé dans les
plaisirs de la trop bonne ville de Paris, cet ange
en cheveux blancs.
Sa fortune y avait passé
presque tout entière, et il roulait doucement ses
saisons sur dix mille livres de rente, dernières
épaves de sa fortune.
n'est pas crime. Ne narrons



Sans doute, il avait trouvé bon de s'ouvrir

par avance les portes du ciel par une bonne
Un jour donc, il aperçut cette jolie tête

action.
encore



innocente, et se tint ce langage :

0 Mentor, inspire-moi !

Muse, prête-moi ta
lyre ! Jupiter, donne à mes paroles le parfum de
fambroisie ! Sagesse, étouffe en moi tcute hésita¬
tion lâche ! N'est-ii pas vrai (ou bien mon instinct
me trompe-t-il)
que cette enfant encore pudique
est penchée sur le bord de l'abîme ?
II dit et s'approcha.
L'enfant fut adoptée par le vieillard.
Brune, elle n'était pas, cette jolie Bluette, ni
blonde; une teinte de cheveux indécise et satinée;
des cils comme Fart n'en fait pas; des yeux
comme les poètes n'en rêvent
point : mélancoli¬
ques à l'ordinaire, malicieux à l'occasion, spirituels
souvent, humides et transparents toujours; des
lèvres sans cesse « à demi entr'ouvertes », juste
ce qu'il faut pour ne
pas faire voir des dents de
nacre, et pour les faire désirer. On se disait, à la
voir, qu'on voudrait bien être mordu par ces
dents là pour être ensuite baisé par ces lèvres.
Des joues roses, un front candide, une taille oien
prise et cependant élancée
Que sais-je encore?
Et ces jolis petits doigts effilés et blancs aux
ongles carminés ! Et — tour à tour — quelle
nonchalance et quelle fougue ! quelle lascivité et
quelle dolence 1...
Allons plus loin, lecteur.
Réchauffez
votre
imagination. Voyez-vous
Bluette assise, ou plutôt couchée et rêveuse ? La
voyez-vous encore, se promenant dans celte char¬
mante robe de soie et de dentelle,
accompagnée
de ce beau vieillard un peu courbé, aussi blanc
qu'elle est rose? Ne dirait-on pas, à voir les
ondulations de son costume si léger, que son
corps voudrait en sortir?...


La belle saison

passait ainsi : au mois de
juin, Monsieur et Madame de Korgaliskoff quit¬
taient Paris. On allait à Etretat, au Tréport, à
Arcacbon, au gré de la fantasia. Dès les premiers
jours, on était de retour à Paris où le comte venait
reconduire la comtesse, avant de partir pour la
se

Russie.
Voilà donc

une

jeune et jolie personne, dont

et moi, ami lecteur, sommes déjà amoureux,

vous

condamnée à vivre seule vingt, trente ou quarante

jours durant
Non, non ! Dieu me garde de
plaider les circonstances atténuantes !
Cependant, oyez ceci :
L'un des habitués des salons du comte et de
la comtesse était M. Edouard d'Harbonville. II

avait vingt-sept ans : c'est salai.
II était modeste, il était galant :

c'est énorme.

Aux occasions

terrible. —

même, il était élégiaque : c'est
On dit qu'il montait à cheval dans la

perfection : tenez-en compte ; — qu'il avait de
l'esprit : pensez-y bien ; — que son père avait
été colonel : prenez garde !
Et n'oubliez pas, ô lectrice trois fois respectée!
qu'il était entreprenant, effet de l'imagination ou
de la folie, de l'âge ou de la naissance.
Or, un jour, que, par hasard, il causait avec
la comtesse, il aborda un sujet qui menait vers
un long chemin ; il parla des ennuis de la
solitude,
de l'âme qui se fatigue à être trop longtemps en
elle-même, de l'âpreté d'une vie monotone, du
temps qui devient désert... et cœlera.
Ce jour-là, madame détourna la conversation.
M. d'Harbonville la reprit à la première occasion;
elle la

détourna

encore.

Mais un soir, à la suite

valse, et sous l'infiuence des frôlements
des robes, des parfums et des liqueurs, il s'appro¬
d'une

cha d'elle et devenant bien triste :






vous




,

Pourquoi ? dit-il.
Comment, pourquoi?

Pourquoi évitez-vous tout ce que je veux
dire ?

Que voulez-vous me dire, mon ami ?
Je voudrais

mettriez

pas que

vous

demander si vous ne per¬

je vinsse quelquefois...

sou¬

vent... vous voir, quand vous serez seule ?

La comtesse lui donna

un

adorable coup d'é¬

ventail sur la joue.


Vous êtes un gros coquin, fit-elle.

Et elle se mit à rire.

(A suivre).

Roger Spadridi.

ADX JEUNES RÉDACTEURS
DES

FOLIE S-BERGE RA C OISE S

*
* *

Déjà ils ont com¬
mencé leur œuvre de corruption en bourrant de
cigares les poches du sergent de garde, ils la con¬
tinuent par une distribution en règle aux anciens.
Les quarts

Eh! bien, mes petits potaches,

voir avec quel bonheur le marquis reçut du comte

Les voilà dans la chambrée.

circulent et s'entrechoquent, remplis

de rhum ou de dur_, pendant que le bleu immatri¬
cule à la hâte les menus morceaux de son trous¬
seau.

Poussent-elles ces moustaches?

C'est là, dans cette atmosphère

empestée, dans

Je suis sûr que, chaque jour,

ce milieu hétéroclite

Vous regardez si l'Amour

d'opéra chantés faux, et des refrains immondes
hurlés à pleine voix, que le bon jeune homme pas¬

Epaissit la jeune barbe
Qui sera la sainte-barbe

sera désormais ses

soirées.

vérité.

trompés, prétexta

fllant les dernières notes

Rit de votre impatience

pénétrante;

Hélas I vous saurez bien vite

Que c'est là traîtresse invite
De ce vieux rongeur de Temps.
II offre plaisirs tentants

le clairon de garde s'est distingué en
avec

une

mélancolie

les bougies s'éteignent, les bruits
cessent, jusqu'à ce que les anciens et les bleus
s'endorment, la tête sur leur étroit paillochon,

d'un sommeil lourd et ininterrompu jusqu'à l'aube.

Et, réveillé par l'éclat strident du clairon, le
petit conditionnel se dira: « Encore 364 jours ! »
Et il répétera, le cœur navré, mais d'un accent



«

ce

un voyage

que font les maris
à Paris, partit et

revint assez tôt pour trouver le marquis de la
Moutardière et la comtesse dans le simple appa¬

reil d'une beauté
meil.

qu'on vient d'arracher au som¬

Sans dire un mot, avec un calme effrayant,

la porte au marquis qui eut juste ìe
temps de se sauver ; puis, saisissant sa femme par
il montra

le

bras, il la poussa durement dans la salle d'ar¬

mes.

VI

En bas, les andouilles, en bas ! »
«

(Zig-Zag).

Madame, lui dit-il, vous êtes une misérable de

m'avoir

trompé, et vous êtes plus coupable que

Où tout court se penche et tombe,

votre infâme séducteur.

Et sans qu'on puisse y surseoir.

honte, aussi je vais prendre ma revanche. » Et,
comme la pauvre

Alors, pour toujours : bonsoir.

LA VENGEANCE

Vous êtes dans le passage

D'UK

Où l'on fait l'apprentissage

MARI

TROMPÉ

De tous les péchés mignons,
En digérant les oignons.
Doux régime, mes amis,

Que n'y suis-je encore soumis I
Pour ravoir pareille aubaine

Que je donnerais, sans peine,
Les quarante ou cinquante ans

Qui fatiguent mon printemps.
Jô ne sais pas qui vous êtes
Mais j'aime assez vos trompettes,

Mirlitons de galopins

Qui deviendront des lapins.

Lorsque le comte de Trois-Etoiles prit femme,
l'àge de trente ans, il ne se doutait pas qu'en
épousant la petite Jeanne de Pommefleury, il
porterait un jour, sur son front, deux splendides
bois de cerf, et qu'il pourrait arborer comme dra¬
peau un tissu de couleur jaune. S'il l'eùt cru, il
aurait sans doute préféré rester garçon ; mais,
comme le disent les Arabes, son destin était écrit,
et lorsqu'il jura devant le maire du 22e arrondis¬
sement de prendre pour femme légitime, made¬
moiselle Jeanne de Pommefleury, il se dit in petto
qu'en somme il était un heureux gaillard.
vers

Un Ramolli.
Les deux

nouveaux

famille des comtes de Trois-Etoiles. Placé sur le
En bas, les andouilles ! en bas ! »

plusieurs milliers de jeunes gens sont
partis faire connaissance avec ce refrain gouail¬
leur, dont s'accompagne, au régiment, la sonnerie
dite « des conditionnels ».
Dès huit heures du matin, dans les gares, on les

venir par bandes, avec des airs fendants,
cachant sous la crânerie de leur allure l'angoisse
vus

qui les étreint, — ou, çà et là, par petits groupes,
franchement épeurés, larmoyant sous la dernière
étreinte des parents, qui multipliaient à l'heure du
départ les recommandations, les conseils et les
baisers mouillés de pleurs.

VII
Le lendemain matin, dans la rue Grange-Bate¬
lière, à Paris, deux agents en tournée, aperçurent
une femme en chemise, coiffée d'un énorme cas¬

que. Conduite au poste de police, elle raconta sa
triste histoire. C'était la comtesse de Trois-Etoi¬
les. On la flt habiller et on alla chercher un armu¬

la débarrasser de son casque, mais on
put jamais y arriver. La serrure était à secret
et la lime ne put mordre sur le fer poli. Quant au
comte, il est parti, on ne sait où après avoir vendu
son château. La comtesse se nourrit du bouillon
qu'on lui fait prendre par le trou de la visière. On
ne sait pas encore comment elle sortira sa tête de
cette mauvaise situation.

VIII

féodaux qui datent du moyen âge. Au reste, l'inté-

MORALITÉ

rieur des appartements répondait bien à l'intéiúeur
du château. Ce n'étaient que bahuts, anciens prie-

Dieu, salons gothiques et salles d'armes, véritable
:
casques, cuiras¬
ses, épées, dagues, masses d'armes, armures
défensives ou offensives, et tout ce que le comte,
en
antiquaire passionné, avait pu trouver de pré¬
cieux dans toutes les boutiques de marchands de

Jeunes filles, ô mes

lectrices, n'épousez pas des

maris qui ont la passion des armes antiques.
De Viel-Castel.

musée où se trouvaient entassé

bric-à-brac.

COCOTTE

premiers temps de leur mariage,

les deux mariés vécurent

en

fort bonne

intelli¬

bataillon, la recherche d'une chambre en ville et

Lorsque je vous aurai dit que le marquis de la

gence. Puis le comte s'aperçut que, peu

à peu, le

iv

Moutardière et la comtesse de Trois-Etoiles, se
connaissaient de
cessé de

LES COMMANDEMENTS
D'UNE

III

visage de sa femme prenait un air morose. II se
dit qu'il ferait peut-être bien de la distraire et il
chercha si, parmi ses voisins de campagne, il ne
pourrait pas recruter une société de marque, qui,
en se réunissant au château, ferait oublier à la
jeune comtesse, habituée aux réunions mondaines,
la solitude de la campagne. Mais tous les voisins
se bornaient au marquis de la Moutardière,
jeune
gommeux de marque, dont on apercevait la de¬
meure au-dessus des grands arbres du
parc.

confortable, mais pas trop cher ;
la connaissance, en détail, des adjudants, des
fourriers, des anciens.

pour n'y plus revenir.

colline, environné de forêts sécu¬
laires, c'était le type achevé' de ces vieux manoirs

qui l'est
moins. Cette année, en effet, pour la première
fois, d'après une récente circulaire, la musique du
régiment vient les chercher à la gare, pour les
escorter jusqu'au gîte redouté, la caserne.
Là, pendant trois longues heures, ils font les
stations obligées, dans la cour, sous un feu rou¬
lant de quolibets, — dans les bureaux du major,
où on les classe dans leurs compagnies respecti¬
ves, — dans le bureau du sergent-major où on leur
demande leur métier, chez le capitaine d'habille¬
ment, où a lieu la distribution des effets.
Ils achèvent leur journée par la visite du lieute¬
nant de garde, le speech patriotique du chef de
d'un restaurant

rency-Bouteville, parlait de s'évanouir, le comte
prit un superbe casque italien dont la visière fer¬
mait à clef, emprisonna la tête de sa femme dans
ce nouvel appareil de torture, ferma la visière, mit
sa femme toujours en chemise dans son coupé.
Puis il monta sur le siège, fouetta ses chevaux et
tous deux
quittèrent le château, probablement

sommet d'une

Pendant les

Puis le voyage, lugubre ; puis l'arrivée,

femme, se disant en elle-même

que son mari allait la tuer avec l'épée de Montmo-

ne

époux allèrent passer leur
maison de cam¬
pagne, située aux environs de Paris. Le château
de la Tourquipenclie était une ancienne demeure
seigneuriale, appartenant depuis des siècles à la

Hier

Vous m'avez couvert de

rier pour

II

lune de miel dans une splendide

a

II fit aussitôt tout

enthousiaste :

Pour vous pousser vers la tombe

«

Un jour (nous avons tous de ces dates funestes),
le comte reçoit une lettre qui lui dévoilait la triste

Tandis qu'il y songe, effaré, l'extinction des feux

Mais l'Amour d'un air moqueur,

Nous reçûmes en maudits.

devait tenir compagnie à sa charmante épouse,
pendant qu'il irait à la chasse ou qu'il monterait á
cheval. II profita de sa liberté et n'eut jamais le
moindre soupçon, et peut-être les choses auraientelles duré un certain temps, si on n'avait mis la
puce à l'oreille du mari.

sonné ;

a

Qu'au terrestre paradis,

d'avoir mis la main sur un si aimable voisin qui

et braillard, au bruit des airs

Faisant sauter plus d'un cœur.

A tâter de la science

l'invitation de venir passer ses journées au châ¬
teau. Dès les premiers jours, le comte se félicita

s'aimer,

longue date et n'avaient jamais
vous ne vous étonnerez pas de

Dîner fin adoreras
Et aimeras parfaitement ;
Un pschutteux tu choisiras
Et tromperas honnêtement ;
Les plaisirs tu prôneras
Et prêcheras à tous moments ;

Ta présence imposeras
Au « vieux beau » despotiquement ;

Un hôtel tu bâtiras

Quoi qu'on dise prochainement ;
Le champagne célébreras

Comme un parfait événement.

A Pique-Cailloux t'en iras

»
» »

Te faire soigner doctement ;

L'idéal pour un

Un prince raillait un
jour un de ses courtisans,
qu'il avait plusieurs fois employé comme ambas¬

condamné à mort, c'est la

grâce et non la beauté.

Promptement en reviendras

sadeur.

II

le comparaît fort

bœuf.

Pour consoler tous tes amants ;

élégamment à

un

Je ne sais pas à qui
je ressemble, répondit le
courtisan ; mais,
Monseigneur, j'ai eu l'honneur
de vous représenter en
plusieurs occasions !...


Le jeune homme. — Ah I

Puis au Paradis monteras
Comme sainte, dévotement.

G. des Hon.

.

madame, ayez pitié
de moi 1 si vous saviez ce que je souffre !
La dame (avec conviction). — Mon Dieu, mon¬
sieur, purgez-vous ! l'amputation ne sera peut-ètre
pas nécessaire

O
*

*

Laurent-Goutan vient d'éprouver un accident
qui ui a permis de dire un bon mot de plus.

Roger Spadridi.

Ni tre ami tombe du haut d'une
échelle,

L rusai-

âfn qui se trouve là le ramasse, et voyant qu'il ne

la

s'est pas fait le moindre mal :

ii



Le ciel t'a fait une belle grâce !

II ne m'a pas fait grâce d'un échelon !



qO qo

répliqua

Laurent avec un sourire.

Dimanche dernier, nos braves

pompiers ont

*
*

célébré avec solennité la grande fête de leur digne

palronne, sainte Barbe. Dès le matin, les habi¬
tants de notre paisible ville étaient mis en émoi
par les batteries répétées de nombreux -tambours ;
ils ont pu ensuite assister à la revue passée sur
le Jardin-Public, et se lécher les lèvres en pensant
au
repas qui devait avoir lieu le soir à Dhôtel des
Princes. Vous dire la quantité incommensurable
de viandes qui surent englouties serait
peut-être
de mon devoir de reporter, mais je
préfère vous
narrer une petite histoire
que j'ai entendue racon¬
ter par un des plus vieux et des
plus fermes sou¬
tiens de la pompe.

de cela, dit-il, je ne faisais
partie du corps que depuis quelques années seu¬
lement, et je compte déjà plus de vingt ans d'exer¬
cice. Nous avions pour capitaine un

jeune employé
des ponts et chaussées qui, s'il
éteignait bien le
feu des bâtiments, excellait à allumer l'incendie
dans le cœur de toutes les femmes. II ne rencon¬
tra jamais de rebelles

parmi les épouses des hom¬
mes de sa
compagnie. Une d'elles, cependant, la
femme du lieutenant, résista plus
longtemps que
les autres, et demanda, avant de
céder, une
grande preuve d'amour au galant capitaine. De¬
main, lui dit-elle, demain, c'est la Sainte-Barbe,
mon mari s'absentera toute la
journée et, ci vous
voulez, je vous attendrai le soir, à 6 heures. Bien
que cette exigence le gênât beaucoup, le vaillant
capitaine, vaincu par son amour, dût s'y plier.
Le dimanche, au moment du
souper, nous
fûmes un peu étonnés de ne pas voir venir notre
capitaine, nous attendîmes un moment, mais
comme il se faisait
nous

foi, amis lecteurs, je ne sais pas trop de
quoi vous entretenir aujourd'hui. Notre pauvre
Bergerac, ses foires passées, a vécu dans une
morne indifférence, et à
part celle du théâtre, tou¬
tes les chroniques ont chômé. Comme ce n'est
pas
mon fait de vous parler des
représentations dra¬
matiques données en notre ville, — un autre s'ótant chargé de ce soin, — ma causerie sera courte.
II faut pourtant que je vous dise ce que
j'ai en¬
tendu l'autre jour chez un de mes amis,
horloger

par trop attendre, nous nous
mettre à table sans lui. Notre

lieutenant, inquiet de cette conduite étrange, nous
dit qu'il lui était impossible de rester
plus long¬
temps dans l'incertitude, et qu'il allait immédia¬
tement courir s'informer du sort de son
supérieur.
Hélas 1 trois fois hélas I le traître était bien
peu

digne de l'intérêt que lui portait son subalterne ;
car la
première personne qu'il rencontra en ren¬
trant chez lui, ce fut, vous l'avez
déjà deviné, ce

fut le trop volage capitaine !
Laurent Goutan.

L'autre jour, au Jardin-Public, Mathieu SansSouci, dont l'esprit est bien connu à Bergerac,
entend, derrière lui, un de ses amis qui le compare
au bon

Lafontaine :

La comparaison est d'autant



plus juste, ajoute
je fais

Mathieu en se retournant, qu'en ce moment

parler une bête !
D. Tockay.

bien connu de notre localité.
J'étais là, pour un motif qui peu vous intéresse¬
rait, obligé d'attendre quelques instants, et cau¬
sant

11 y a longtemps

résolûmes à

Ma

*

THÉÂTRE DE BERGERAC

gentille demoiselle de seize ans,
Marie, la fille de mon ami. C'est qu'avant moi était
entré un brave paysan, — mais là, un de ces bons
campagnards que les bienfaits de notre moderne
avec

une

civilisation n'ont pas encore atteint, et qui se

Une

figu¬

rent que

le prix des choses doit être en rapport
avec leur poids ou leur
grosseur. Sotte maxime,
qui, chez un industriel comme celui où nous étions
alors, peut amener à bien des désillusions ! Fidèle
néanmoins à ce préjugé des champs, le vieux bon¬

représentation de l'opéra-bouffe

de M. Lucien Poujade, La d,000 et deu¬
xième

nuit,

sera

donnée sur notre scène

dimanche prochain, 12 décembre, par

la

troupe de M. Andrel.
Nous empruntons au Petit J-ournal les

je vous parle, marchandait—oust
— une montre, dont le
volume, considérable, vous eût effrayé.
Ce gros instrument, cette montre,
que je n'eusse,
moi, acceptée à aucun prix, lui avait plu au pre¬
mier coup d'oeil, et il la voulait absolument, sans

lignes suivantes :

désirer toutefois faire

l'originalité fantaisiste du boulevard aux situations
comiques d'une légende d'Orient, ont été très bien

homme dont

les paysans marchandent

une

trop large brèche à sa

bourse... Ce dernier mot est bien la vrai, car le

paysan, qui n'avait point de porte-monnaie, tenait
à la main,

renfermant quelques écus, une vieille
pochette en cuir "dont la crasse était le plus bel
ornement et qui datait sûrement des temps anté¬
rieurs au déluge — si l'on travaillait les peaux de
bêtes à cette époque !
Le prix, après discussion, fut enfin définitive¬
ment fixé, et notre homme remit sa bourse dans
l'un de ses goussets tandis qu'il
plongeait dans
l'autre la nouvelle parure qu'il avait acquise. —
Et puis, tout naïf, se tournant naturellement vers
son vendeur pour lui
désigner une petite montre
à répétition que Marie avait dans les
mains, et me
faisait admirer en ce moment :
Au

moins, lui dit-il, me donnerez-vous pour
drôle, celte petite-là par dessus le marché !
Je partis alors d'un franc éclat de rire, au
grand
scandale du brave homme, profondément étonné
d'ailleurs du refus que lui formulait mon ami
l'horloger.
C'était, amis lecteurs, la double naïveté que
j'avais vue et que vous trouverez dans la demande
de cet homme simple, qui provoquait ainsi mon


mon

L'Opéra-bouffe : La Mille et Deuxième Nuit, de
MM. Paul Burani et Pierre Richard,
musique de Lu¬
cien Poujade, a été joué hier au Château-d'Eau.

Ces trois actes traités à la façon bouffe, et mêlant

accueillis. II y a des mots, des couplets, de l'action,
humeur communicative, quelques gauloise¬

une bonne

ries.

Bref, la

sauce

légèrement pimentée que com¬

porte une opérette selon la formule. La partition, due
à

jeune musicien dont c'est le début au théâtre,
avec habileté et
beaucoup de talent. Le
final du 2 e acte surtout plein de couleur et bourré
d'oppositions prouvent grandement en faveur des
aptitudes théâtrales de M. Poujade.
un

est

traitée

Le succès a été complet.
Léon Kerst.

Tout fait donc présumer que

la Salle

des Ouvriers sera archi-comble dimanche
soir. Avis aux amateurs du rire et de la

gaîté.
€:

IMPRIMERIE NOUVELLE
Grand'Rue, 15 et 17, BERGERAC

hilarité.
Mathieu Sans-Souci.

JstUs JUtffemsises
Sur le boulevard Victor Hugo :








Vous savez ? X... se marie I

«í=3á=èctí=S^il=ïstií=:a:3=í»

ÉCHOS ET POTINS

Bah ! contre qui ?
M,le Z..., une jeune fille charmante.

Un mariage d'inclination ?
Eh ! eh ! je ne



sais trop, elle boîte légère¬

ment.

Un mariage d'inclinaison..* alors?

ANNEE

d'esprit avait, l'autre jour, au caba¬

ret, une sotte querelle avec un de ses amis.
En sortant,



4887

En typographie sur carton bristol.. .(,1e cent


sur carton ivoire....



les 50.
En gravure relief, s. cart. mat ou ivoire .le cent




Un homme

avec un


CARTES DE VISITE

1





les 50.

00

50
50

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3 00
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00

fr. $ augmentation far cent four les cartes deuil.
Ajouter jo c. four les recevoir franco f. f os te

quelques instants après, il écrivit
charbon, sur la porte de Rétablissement

Ici l'on vend les Folies en bouteilles.

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Imprimeur-Gérant : L.-P, BOISSERIE,