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Médias

Fait partie de Périgueux illustré

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Le N° : 10 Centimes
l™ janvier 1888.

PUBLICATION BI-MENSUELLE
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Un parei'de pouleits ; daus paubres de Tendret
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Ou'èro la rente acoutumado.
De soun panié quand lous tiret,
La marchandio gaire presavo,

Lou curet que lous sòupesavo
E

qu'avio Ter de lous troubà pitits
Li disset

:

Eitranuden-t-is ?

E la fenno, que

s'eitounavo
questiou, li disset : Nou —Tant piei !
Li disset-éu, co fai
pas lur eiloge,
Ma bravo fenno, un aurio lou
plasei
De lur reipoundre : Diou vous
fròje !
De la

A. CHASTANET

ANNONCE SPECIALEMENT RECOMANDEE A LA

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12 numéros,

PLAISIRS OU r JANVIER, PAR O: DE SAINT-GALMIER

A la Préfecture,

Ce que Monsieur voudra,
mais pas moins de cent sous.

Ce jour-là, le comique Rebon ne sort pas;
ii joue

dans sa chambre; il gagne, il perd,

et ne fait jamais d'éírennes.

LA LETTRE DE FRANK

Le lendemain, c'était le premier jour de Tan,
Le maître, dans sa chaire, avec son parler lent,

Faisait au petit monde un sermon de retraite

Que Ton n'écoutait pas. — La classe était distraite,
On pensait aux jouets promis du lendemain.
Chacun des écoliers avait là, sous la main,
Le papier des grands jours, encadré de dentelle,

et telle
Qu'avant de la noircir, Tépistolier naïf
Devant son encrier reste longtemps pensif...
La page satinée et toute blanche,

A la fin, le vieux maître, essuyant son visage,
Dit qu'on allait passer à la lettre d'usage.
Sur le grand tableau noir, s'interrompant souvent,
II traça le modèle. Un des grands - un savant Vint Tépelef tout haut, puis regagna sa place,
Et Tœuvre commença.
Dans un coin de la classe

Un tout petit, les bras croisés, l'air anxieux,
Laissait dormir sa plume, et, fixant ses grands yeux
Sur les yeux du vieux maître, il paraissait attendre...


«

Frank, lui dit ce dernier, de sa voix grave et tendre,

Vous perdez votre temps.

Qu'attendez-vous ? Parlez ! »

Le petit abaissa ses regards désolés
Sur une lettre en deuil, et dit : — « La mienne est faite !... »
Puis reportant ses yeux sur le papier de fête

Qu'étalaient ses voisins, il ajouta tout bas :
« Le leur est bien
plus beau, mais maman ne veut pas ! »



C'était un étranger. II n'avait que sa mère :
Tout le monde savait qu'une douleur amère
Vouait depuis longtemps ces deux êtres au noir.

Tout compte fait,

étaient encor les plus nombreux.
Le maire,
Un brave paysan, interrogea la mère.
Elle donna son nom, celui de son pays ;
Aussitôt, s'adressant aux autres ébahis,
Le maire dit
« C'est moi
que Taffaire regarde :
Tout ce qui vient d'Alsace est nôtre, et je les garde ! »
Ils s'arrêtèrent donc : A partir de ce jour,
Le village leur fut un complaisant séjour ;
Les plus indifférents voulurent les connaître,
Chacun se dépouilla pour leur faire un bien-être,
Si bien qu'en parlant d'eux, tout fiers, tout
triomphants,
Les paysans disaient : « Ce sont nos deux enfants ! »
On parlait de chasser les inconnus

:



Le maître s'approcha de Frank et prit la lettre,

Au fond froissé sans doute, et ne voulant pas l'être,

Que, sans le consulter, on eût écrit cela.
II déplia la lettre, et son œil se voila
Lentement, lentement, il regagna la chaire
Et lut pour tout le monde :


Ils étaient arrivés dans le village, un soir,

Défaits, brisés, trqînant après eux Tinfortune...

Certes, beaucoup trouvaient la visite importune :
Le village était pauvre, hélas ! Les malheureux,

«

O mère deux fois chère,

Alsace ! à toi mes vœux les meilleurs, les plus doux.

Demain, moi je n'aurai ni bonbons, ni joujoux,
Rien que deux gros baisers de mère et le
grand livre
Dont la tranche reluit avec des coins de cuivre,
Tout plein de beaux dessins qui nous parlent de toi,
Et c'est comme un bon Dieu, vois-tu, sous notre toit !
Le bon Dieu ! chaque jour, de peur qu'il ne Toublie,
Je lui redis ton nom... Alors, toute pâlie,
Ma mère, me serrant bien fort entre ses bras,
Me crie :
«
Espère, Frank ! Toi, tu la reverras ! »

.



Le maître s'arrêta, cherchant une parole,

Ne pouvant plus parler, lorsque, ébranlant T école,
Une fière clameur jaillit des premiers rangs :


«

Nqus t'y ramènerons ! » avaient crié les grands.
Paul SEGONZAC.

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