FRB243226101_P2-800_1888_006.pdf
Médias
Fait partie de Périgueux illustré
- extracted text
-
N°6. — Deuxieme Année.
71 Mars
Le N°
1888
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PÉRIGUEUX : 24* N0'...
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CON&BÈS
Délégué. — Moi, mon cher, mon programme est tout tracé.
Déjeuner à l'hôtel du Pérìgord ; prendre un mazagram au Café de
Paris, un
ne pa.3 assister au
Congrès, prendre un bock au Café Divan, aller à Trélissac encigare au Paradis des Fumeurs, une gauloise au Café du Théâtre, m'empresser de
dîner chez Didon,
reprendre un bock à la Bourse, un apéritif au café de
télégraphier à ma femme matiqué train arriverai demain, histoiretramway,
Bordeaux,
d'aller applaudir Mi"es Coradin ut |ane
terminer la soirée le
Mary dans VAmour mouillé, puis
plus gaiement possible.
2°
Délégué.
C est cela. Et le lendemain
électeurs : Quelle journée, mes amis !
on
retourne
dans son canton ayec un
peu,mai aux cheveux. Votre femme
vous fait de la tisane
Vous dites à vos
quelle journée!! ça a été dur. Les Bergeracois d'un côté ! les Sarladais de
l'autre ! etc., etc. Finalement, vous faites votre
possible pour vous faire renommer la prochaine fois.
Surtout ne pas oublier de s'abonner au
Pèrigueu# Illustré, qui serait capable de débiner le truc.
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CE BRAVÉ
MARCHOU
UNE
INTRIGUE
AU
(13
J'en conviens, — je les avais filés
toute
la soirée.
Mais pourquoi m'avaient-ils
intrigué ?
On m'intrigue aisément, il est vrai. Être aisé¬
ment intrigable, c'est tout le
génie des policiers,
et
j'étais né policier... Je Ta! dit un jour à Macé,
qui m'a répondu que j'avais raison.
Ah ! je me suis dépensé dans cette soirée.,
mais j'ai su le mot de
l'intrigue.
Tandis que vous, vous ne le savez
pas, le mot
de l'intrigue.
ne
Allons, chères lectrices, point d'impatiences ;
courez donc
pas à la dernière colonne pour
voir le clou de
l'histoire. Lisez-moi attentive¬
ment, lentement, sinon vous ne comprendrez
pas l'intrigue du bal de la Préfecture, et c'est tou¬
jours triste de ne pas comprendre une intrigue,
surtout quand les autres font semblant de l'avoir
comprise.
Lentement donc... je commence.
Un mot pourtant. Défiez-vous de votre mari :
les maris aiment peu à voir des récits de ce
genre aux mains de leurs épouses. Croyez-moi,
fisez ce journal en cachette, dussiez-vous l'emporter... n'importe où; s'il vous surprenait ce
Pèrigueux à la main, ce serait peut-être ter¬
rible !
Que ferait-il ? — Je ne sais pas ; cela dépend
de son tempérament, de ses habitudes ; vous le
connaissez mieux que moi, n'est-il
pas vrai ? S'il
est d'un caractère
violent, il pourrait
peut-être
prendre une chaise, s'élancer pour vous frapper
comme avec un
poignard, et.... casser 1 ar¬
moire à glace.
S'il est d'une humeur moins
irritable, s'il est
bon et doux, s'il vous aime en un
mot, il vous
lancerait un de ces regards dont l'éclair
liqué¬
fierait un fil de
et il vous dirait : « Eudoxie ( » — si vous ne vous appelez pas
platinej
mettez votre petit nom à la
substituez de
Eudoxie ! »
même jeu — « Tu
—
«
Eudoxie,
place ; « Eudoxie ! »
nouveau
votre petit nom ;
—
la peine 1 »
Et certainement cela
peine
glace.
vous
nie fais de
ferait aussi de la
surtout s'il avait cassé l'armoire à
Passez donc dans le cabinet à côté, je ne
je devrais dire dans ses rapports, car c'est un
rapport que je fais et non pas un récit.
On valsait ; c'était même la dernière valse.
Jusque-là tout s'était passé très convenablement ;
j'en suis sûr, je pourrais même dire, je le crois.
J'ai dit qu'on valsait.. non, on ne valsait pas
encore..., c'est-à-dire... si, il y en avait qui
valsaient, seulement ils n'auraient pas dû valser.
Cela n'est pas très-clair, je m'explique ; j'aime
à donner des
explications sans qu'on me les
demande ; quand on vous les demande, cela
prend toujours plus de temps.
Eh bien ! l'orchestre jouait le prélude de la
valse..., la valse de.., mon Dieu, je ne me
souviens plus..., elle était pourtant bien belle,
cette valse !
Ah ! dans ces grands salons, comme on dan¬
sait 1 On avait ouvert la grande salle à manger :
dans une Préfecture, une salle à manger, cela
s'appelle un salon ; il y en a qui se trompent :
ils disent qu'on a dansé dans la salle à manger ;
ce sont des
gens qui n'ont pas d'éducation, qui
en
manquent même totalement.
Donc, on jouait le prélude d'une valse quel¬
conque, par quelconque je veux dire que je ne
me
rappelle pas le nom, car elle était fort belle,
PRÉFECTURE
LA
t^é-vrier 1SSS.)
•
« Merci,
j'étais au buffet encore to»t à
l'heure. » Après un moment de silence : — « II
y a des petits fours délicieux et des ananas !...»
—
Adorables !...
Ce n'était pourtant
—
.
perdre son temps.
Ce
prélude est un détail, je ne vous en ai
parlé que pour vous dire qu'il y avait des gens
qui dansaient pendant le prélude.
J'arrive à l'intrigue.
On valsait, mais cette fois-ci
pendant la valse,
la salle
resplendissait de lumière, de luxe,
d'harmonie et de gaieté. Les
couples se suivaient
tournoyant onduleusement ; le glissement discret
et cadencé des
pas rhythmait les éclats des cui¬
vres et les trilles des flûtes ;
çà et là, de temps
à autre, un
soupir, un chuchotement jetaient
leur mélancolie dans le tourbillonnement des
Les mères, assises, suivaient d'un
froufrous.
regard souriant l'ondoiement des robes claires,
le frais visage d'une danseuse saluait tour à tour
chacune d'elles au passage, et tour à tour cha¬
cune d'elles, dans ce
visage, reconnaissait ses
vingt ans.
C'était superbe..., mais c'était très convenab'e ; je dirais même : ce n'était
superbe que
parce que c'était convenable... ; le bien est un
des éléments du
beau, on l'oublie trop souvent ;
mais je ne veux pas entrer dans d'autres déve¬
loppements.
J'ai oublié de dire que j'étais un des danseurs j
oui je danse. Depuis
quelques années j'ai pris
de l'embonpoint, mais
je danse quand même : le
médecin m a ordonné les
sudorifiques pour les
rhumatismes. Mes danseuses ne se doutent pas
qu'elles me font suer.... par ordonnance.
Je valsais donc, quand, tout à coup, je les vis
s'approcher, eux..., l'intrigue que je vous ai
annoncée.
Dès le début de la soirée, il l'avait contem¬
plée avec un air étrange ; je n'avais jamais vu
regarder une femme avec cet air-là, — j'ai
pourtant vu bien des airs. II y avait dans l'expression de sa physionomie du désir et de l'hésitation. On devinait par dessus tout
qu'il voulait
et qu'il n'osait lui dire
quelque chose...
Mais quoi ?
Je voulais le savoir ; aussi les avais-je filés.
Et maintenant ils valsaient tous les deux. Sa
main enlaçait cette taille fine dont le
galbe
s'évasait harmonieusement. De
temps à autre,
il abaissait son
regard sur ces épaules d'ivoire
dont la large échancrure de la robe découvrait
la splendeur.
J'écoutais ce qu'ils allaient se dire...,
oreilles avaient soif.
rhythme. Elle résista légèrement pendant
seconde, puis elle ne résista plus... Les
femmes ne peuvent pas résister
longtemps...,
une
au
une
minute de résistance les vieillit d'une année
;
Périgord, elles tiennent à rester jeunes...
Belle soirée, dit-il, comme cherchant une
entrée en matière. Ses
yeux venaient de rencon¬
trer an
plafond un petit amour qui ne confiait
en
—
que son orteil à la discrétion d'un nuage.
*:? — Bien belle ! dit-elle en baissant les
yeux,
comme les baisserait une madone de marbre
II
—
..
gracieux qu'eût été M. le
Préfet, ce n'était pgs de lui qu'il aurait voulu
parler. — « Le buffet est splendidement garni,
reprit-il ; après la valse, me permettrez-vous de
vous
y conduire ? »
Evidemment, il voulait causer.
De quoi ?
UNE
-
regarda de nouveau le petit amour du pla¬
semblait nager en cadence dans une
piscine d'azur.
Le consultait-il ?
Le petit amour dut
cligner de l'œil..., c'est
leur façon de se faire
comprendre ; aussi ne pincet-on pas leurs lettres.
Quand vous serez au bal regardez les petits
amours, ils sont suggestifs..., ils n'hypnotisent
pas, même ceux de la Préfecture..., mais ils
suggèrent.
Ainsi, tenez, moi, par exemple, j'ai été très
timide avec les
femmes. J étais pourtant assez
Dieu merci, avant d'avoir pris du
ventre..., eh bien, voici ce qui m'est arrivé.
Depuis fort longtemps, quinze jours au moins,
j'étais amoureux, mais amoureux fou, d'une
femme très belle et
remarquablement distinguée,
qui était vendeuse (rayon des corsets) à la Sama¬
ritaine, à Paris. Le volcan de ma passion n'avait
pu encore lancer la gerbe enflammée du pre¬
mier aveu...
Découragé par ma timidité native,
beau garçon,
mais plus amoureux encore
tre dans les
prétexte
que découragé, j'en¬
magasins de la Samaritaine sous le
assez invraisemblable
d'acheter un
corset..., j'ai dit assez, car il y a des hommes
qui portent des corsets, pas autant cependant
que les dames veulent le croire... En tout cas,
je n'en portais point à cette époque, j'aurais
plutôt eu besoin de ceintures de flanelle.
Je me rappellerai toujours l'impression que
j'éprouvai en pénétrant dans le rayon des cor¬
sets. II y avait un escalier dont
chaque tige de
fer de la rampe était vêtue d'un corset, un vrai
pensionnat.
Au bas de l'escalier était un petit
amour en bronze dont la flèche
lançait de l'eau
de Cologne...
Oh ! mais... qu'est-ce
que je vous raconte là?
Que dirait-elle, grand Dieu I en lisant ces lignes,
elle, ma vraie, mon unique... corsetière ! Et
puis, malgré tout 1 intérêt que vous me portez,
..
vous voulez
savoir la suite de l'histoire...
La voici..., je vole.
Elle lui disait donc
ananas...
Et lui, pendant ce
le petit amour.
La valse,
qu'elle avait mangé des
temps, semblait consulter
languissamment bercée depuis un
instant, reprenait sa fougue voluptueuse.
Alors, prenant une résolution suprême, ins¬
sans doute par le petit amour... « Oh !
dit-il, Madame, je voulais vous le dire depuis
longtemps, je n'en trouvais pas l'occasion, ne
pourrions-nous pas nous unir ?... »
pirée
Mes oreilles se dressèrent ;
je perdis le pas ..
Mais un violent
coup
de
coude
qui faillit disjoin¬
dre ses vertèbres lui
coupa la respiration. II
reprit haleine en voyant tous ses voisins tam¬
ponnés comme lui. Le tampon était déjà loin.
« Nous
unir..., reprit-elle, que voulez—
vous
dire ?
»
Un léger frisson rida ses blanches
ses
épaules et
joues se colorèrent d'une rougeur appétis¬
sante.
—
.
II hésita. Quelque
au
«
Pour prendre, de moitié, un abonnement
Pèrigueux illustré...
Elle était tombée évanouie, sans
pousser un
petit cri, sans dire même : « Je meurs, » ce qui
est contre toutes les traditions.
C'était sa première syncope.
L. O.
FEVRIER - OU LE RENDEZ-VOUS MANQUE
HEURE.!!
du culte des ananas
fond qui
qui
regarderait ses épaules... M. le Préfet a fait les
choses grandement.
Très grandement, c'est
vrai, très grande¬
ment
pas
qu'il voulait s'entretenir.
mes
Soudain...,
non... pas
soudain, car il s'y préparait depuis un moment,
il l'attira doucement comme
pour mieux s'unir
LA NUIT BU
N 01 T. !
DE
je l'ai dit et je n'aime pas à le répéter... Dès le
début du prélude, quelques
couples s'étaient
élancés ; il en est qui n'aiment pas à
perdre leur
temps. On a tort quelquefois de ne vouloir pas
suis
pas tranquille là où vous êtes...
Bon... je commence.
C'était au bal de la Préfecture, le lundi
gras.
Trois heures avaient sonné ; je ne les avais
pas
entendu sonner, mais j'avais constaté qu'elles
avaient sonné. II faut être précis dans ses récits,
BAL
HUIT HEURES OU MATIN.
Location ie Fournitures úe Table
L'administration et les actionnaires du Périgueux Illustré, réunis en assem¬
blée générale, dans la plaine du Petit-Change, sous le troisième arbre, à gauche,
ont décidé que le candidat choisi par les délégués au Congrès de Périgueux aurait
PORCELAINES, VERRERIE, COUTELLERIE, COUVERTS
droit à son portrait en pied (gratis prodeo) sur la première page du journal, à la
condition (signé couanerhum) d'en distribuer 10,000 exemplaires, à ses frais,
dans le Bergeracois, afin de chauffer sa candidature et la prospérité de la CAISSE
dudit journal 1
Dépôt : 24, Place Francheville.
S'adresser au BAZAR PARISIEN
pour
—
Place
Ci-dessous les renseignements que j'ai pu me
procurer sur Bergerac, Sarlat, Nontron, Ribérac et Périgueux.
Bugeaud, 21
»Ê»Ï©13?»13FS.
à
Bergerac, du temps de sa splendeur (?), disait qu'il achèterait Périgueux et le
paierait comptant.
Sarlat, plus pratique, dit aujourd'hui qu'il achèterait Périgueux et Bergerac, et
saurait s'arranger de façon à ne rien payer du tout.
ad PARADIS DES FUMEURS
Nontron (petite ville grand renom), son viaduc, son sénateur et ses petits couteaux,
F. TEYSSOU
voilà sa gloire !....
II y eut une fois un ministre qui en était... Ne réveillons pas les morts II!
Périgueux. — Pour cette ville, je puis vous garantir que les délégués au Congrès
la connaissent
dàns les coins !
Ribérac.
FILS'
BROUSSE
PETITE CORRESPONDANCE
Monsieur Taupin, à Echowgnac.
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