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Médias

Fait partie de L'Entr'acte périgourdin

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Première Année

Prix : 10 centimes

LITTÉRATURE, ARTS, THÉÂTRE
ABONNEMENTS
Six mois.

Numéro 1

COMMERCE

INDUSTRIE

INSERTIONS
Annonces.

Réclames.

Cl" LA VILLE

[DE PÉRIGUEUX

L'ENTR'ACTE PÉR1G0URDIN.
essîfi

les

Périgueux, le 28 Février 1886.

maigres recettes qu'on y réalise;
y coudoie des statues de fout genre
et de tout calibre, en bronze ou en
on

pierre,
QÁussi souple que bigarré,

Arlequin maintenant se pique
D'être un personnage honoré
Sur notre scène politique.
Mais "Polichinelle est resté
Ce

qu'il fut toujours, c'est-à-dire
Libre, frondeur et révolté,
Faisant sonner son large rire.
Polichinelle est un.garçon

Asse{ débraillé, mais aimable,
Disant au besoin, sans

au

choix des amateurs; on y

admire des boudinés du dernier bé¬
carre et des
goujats sales comme des

façon,

Son fait à chacun, — même au diable !
Bien qu'il n'e soit pas orateur,
Son clair fausset a, dans la foule,

peignes ; on y imprime des journaux de
toutes nuances, opportunistes, bona¬
partistes, royalistes, et même solutionnistes ; on y trouve des pauvres et des
riches, des gens heureux auxquels tout
réussit, et d'autres qui sont poursuivis
par la guigne! Des maris.... qui ne le
sont pas et d'autres
qui le deviendront.
On y voit enfin tout ce que peut ren¬
fermer la ville la plus favorisée de la
terre, tout, hormis un journal illustré,
satirique, frondeur à ses heures, mais
par-dessus tout gai et de bonne hu¬
meur.

C'est cette

Un succès constant et flatteur,

lacune, fort regrettable
conviendra, que Y Entr'acte périgourdin entend combler.
Tout cela est très bien ; mais s'il
nous en souvient, vont dire
quelques
grincheux, vous prenez-là le titre d'un
journal qui jadis, à intervalles très in¬
termittents, a paru à Périgueux même.
Ne craignez-vous pas d'être inquiétés
à cet égard et de voir ainsi se changer
en
procès et en flots de larmes cette
inaltérable gaîté que vous voulez nous
faire partager ?
Certes, nous reconnaissons le fait,
et c'est en
quoi notre innovation n'en
est que plus méritoire. Avez-vous, s'il
vous plaît,
messieurs les grincheux,
supputé au prix de quels sacrifices nous
avons pu faire nôtre ce titre
mirifique
de la propriété duquel son auteur se
montra toujours
jaloux ? Vous êtesvous demandé ce
qu'il a fallu entasser
de diplomatie, de pièces d'or et de bil¬
lets de banque pour pouvoir, sans in¬
convénient, faire usage de ce vocable ?
Son propriétaire, quoique un des plus
gros capitalistes périgourdins, ne passe
pas pour attacher ses chiens avec des
saucisses, et, dès le début, il nous de¬
on en

Alors qu'ici-bas tout s'écroule !

—-

II a l'esprit très inventif
Et par-dessus tout sarcastique ;

Aussi plus d'un est-il craintif

Quand il embouche sa pratique.
Ainsi fixés à son endroit,
Nous venons de signer un pacte
Pour que Polichinelle soit

Collaborateur de /'Entr'acte.
Pour plaire à nos

Périgourdins,

Types, fantoches et pantins
Bien faciles à reconnaître.
Polichinelle, à pleines mains,
Tient les ficelles et sans trêve,
>

Sottises *t travers humains

Vont défiler. — Le rideau lève !

ZIG.

CAUSERIE
LEVER DE RIDEAU

Hé quoi !

dira-t-on, encore ce mau¬
vais journal ? Pensez-vous
que le besoin
s'en fit réellement sentir, et
qu'il fut
bien nécessaire de rallumer dans notre
nouveau

don de discorde ?

bran¬

Rassurez-vous, ami lecteur, et-avant
de nous jeter la pierre,
laissez-nous,
au moins, vous
expliquer la pensée qui
nous a
guidés et le but que nous nous
proposons d'atteindre.
Périgueux, chacun sait ça, est une
ville vraiment favorisée du ciel

:

elle

possède de larges et belles promenades
où l'air le plus pur circule librement
;
elle a d'antiques et superbes monu¬
ments
devant lesquels le touriste
,

tombe en extase ; des boulevards
spa¬
cieux pour ceux qui aiment le
moderne,
et de tortueuses
ruelles, qui remplissent
d'aise les admirateurs du
moyen-âge ;
elle a des truffes exquises, dont
l'appétissant fumet réjouit l'odorat des déli¬
cats et des gourmands ; elle a aussi des
boites à sable pour les malheureux
que
la nature a gratifiés d'un

perpétuel
elle possède un conseil muni¬
cipal qui marche mal, une police qui
ne marche
guère, et des fiacres qui ne
marchent pas ! On y rencontre des fem¬
mes d'une éblouissante
beauté, comme
Mmc X..., ou des laiderons
perfection¬
nés, dans le genre de M"* Z...; on y
voit un théâtre,
trop petit pour que le
spectateur puisse conserver la moindre
illusion, mais trop grand parfois pour
coryza ;

ÍÌ se moquera des .sots, bravera les mé¬
chants, et se hâtera de rire de-tout,
pour ne pas'être obligé d'en pleurer !

Et maintenant, en avànt la

manda dix mille francs pour renoncer
à la possession de son titre. Peste !
dix mille francs ! ils ne se trouvent pas
comme cela sous le sabot d'un
âne, cet
âne fût-il natif de Marsaneix. Nous ne
nous

sommes

pas

découragés pour si

peu ; le tout était çeulement

de savoir

prendre notre homme au bon moment,
pendant une de ces heures où il se sent
« tout
disposé à encourager les jeu¬

! »
Et nous bavons pris. « — Vous vous
engagez, nous a-t-il répondu, à avoir
de l'esprit et à me distraire un
quart
d'heure tous les quinze jours? C'est,



1

C r-f—

NOS COLLABORATEURS.
Le

premier devoir de tout journal qui

veut vivre est de s'assurer des collabora¬
teurs. C'est dans

ce

de

récemment

l'Entr'acte

a

but que le Secrétaire
adressé aux

principaux écrivains que compte notre ville
la lettre que voici :

Monsieur et cher confrère,

les temps moroses que nous tra¬
plus qu'il n'en faut pour me
déterminer. Prenez mon titre, je vous
tiens quittes du reste... »
Dont quittance !
Et voilà dans quelles conditions re¬
naît Y Entr'acte périgourdin. Vivra-t-il
de longs jours ? C'est à nos abonnés
qu'il appartient de répondre. Quel sera
son
programme et quelle ligne politi¬
que suivra-t-il ? De quel côté se fixe¬
ront ses préférences ? Comment
pourrait-il vous répondre, ami lecteur, n'en
versons,

sachant rien lui-même ?

Mais, d'ailleurs, à quoi bon faire un
programme, puisqu'il est convenu, de¬
puis que le monde est monde, que les

été inventés unique¬
ment pour être violés. Toutefois, il
y
aura un
point sur lequel il ne transigera
jamais. L'Entr'acte périgourdin sera
gai, ou il ne sera pas. 11 fera comme le

.

J'ai pour mission de vous annoncer la nais¬
sance
très prochaine d'un

journal satirique
illustré, qui aura pour titre : l'Entr'acte péri¬
gourdin. Arriver à Tamélioration morale de
nos
concitoyens par la puissance de l'esprit,
faire à notre petite feuille une
place enviée au
grand soleil de l'art et de la liberté, tel est le
but que nous nous somm.es
proposé et, pour
l'atteindre. nous appelons à notre aide toutes
les lumières
cité.

de notre vieille

et

patriotique

Agréez, etc.
Le Secrétaire de la Rédaction,

Paul LEBRETON.

Nous

reproduisons ci-après quelquesréponses qui nous sont parve¬

des

unes
nues :

I
A part l'Echo de la Dordogne,
réserve parfois quelques articles de

auquel je
fantaisie,

je-travaille rarement dans les journaux de pro¬
vince, la Reinie des Deux-Mondes et le Figaro
ne me laissant que très
peu de loisirs ; mais
soyez persuadé qu'à l'occasion, je me souvien¬
drai de votre démarche
Y Entr'acte.

des lecteurs

et

Ch.

de

Daubíge,

Correspondant du Figaro.
II
Vous savez, aussi bien que moi, « comment
Gargantua employoit le temps, quand l'a.er
estoit pluvieux, » et je suis souvent tenté de
l'imiter; mais allez donc: jouer à cc cochonnet
va devant » ou à « monte, monte Í'eschelleíte, »
quand les soucis des affaires, les tracas de la
politique ou des procès qu'on n'a pas cher¬
chés vous prennent tous vos instants. C'est
égal, votre offre me tente : c'est si bon de rire !
et je vous promets d'être avec
vous, si


vous

déclarez franchement

et sans

réticence

le bonheur de la France ne s'obtiendra
qu'avec l'Appel au Peuple et le retour d'un
Napoléon — n'importe lequel !
que

E.

nes

par

musique !

.1K H AX DES BARRIS.



Sur son théâtre vont paraître

ville, déjà si divisée, ce

Figaro de b immortel Beaumarchais :

Laporte,

Rédacteur de l'Echo.

III

La désorganisation des forces conservatrices
de la Dordogne, à laquelle je me suis consacré
dans ces derniers temps, est sur le point
d'aboutir. Aussitôt cette patriotique besogne

terminée, je consacrerai quelques articles à
l'Entr'acte périgourdin ; mais je tiens essen¬
tiellement à garder l'incognito et, pour des
raisons particulières, qu'il est inutile de ré¬
véler ici, je prendrai dans votre intéressante

petite feuille le pseudonyme de Chloroforme.
E. Roux,

Rédacteur de VIndépendant.

IV
Un journal satirique ! Voilà qui fait mon
affaire. Si vous m'aviez proposé de collaborer
à une feuille sérieuse, j'aurais carrément re¬
fusé.

L'avarice, en matière de bons mots, est

moindre défaut, et puisqu'à l'Entr'acte
dépensera l'esprit sans compter.'je suis des

mon
on

vôtres !
Ch. Bussières,

programmes ont

Rédacteur du Ralliement.

V
Je vous remercie de vouloir bien réclamer
mon concours

pour la

collaboration de votre

PÉRIGOURDIN.

L'ENTR'ACTE

intéressante

petite feuille ; mais avant de
prendre aucun engagement, je désirerais con¬
naître la ligne politique que vous comptez
suivre. Serez-vous dieu, table ou cuvette?
Moi, je suis opportuniste ! Le serai-je demain?
Montaigne dirait : « Que sçai-je ! » et Rabe¬
lais : « Peut-être ! » Moi, je dis : « Nous ver¬
rons ! » En
attendant, faites l'éloge de Ferry
et
comptez sur moi !

13 mars. —Le sergent de ville Dieuaidesera

,

D.

Joucla,

Rédacteur de YAvenir.

L'Hoíìme de Cum.

Raphaël avait faite dans ses toiles. II aurait
été beaucoup mieux inspiré, selon moi, en
s'élevant contre les toiles anéanties par tant de
bleu ! Les découvertes et les progrès des scien¬
ces exactes devraient être
applicables aux arts
comme à F industrie, et si je blâme les éleveurs
de lapins qui n'ont pas étudié les Métamor¬
phoses d'Ovide, je m'indigne en voyant des
peintres et des statuaires, méconnaissant les
enseignements dé la Genèse, nous représenter
Adam et Eve avec un nombril !
H. Rouh,

Correspondant de l'Europe artiste,
VII
Vous avez été bien inspiré en songeant à
moi. Le Journal-Conseil a cessé de paraître,

je serai heureux et fier de faire bénéficier

les lecteurs de YEntr'acte d'un stock de Révé¬

lations

policières d'un intérêt palpitant et
grandiose. Dieu aide Aubarbier ! tel est le titre
significatif du premier article que je vous des¬
tine et où, stylé par mon sujet, je deviens tran¬
chant comme la lame d'un rasoir. En somme,
je ne vous ferai pas de promesses, mais je les
tiendrai. Si cela ne vous contrarie pas trop, je
signerai : Figaro. Je sais pourquoi !...

M. le louvetier est

incombe, à cette
qu'il lui faudra mettre sur la voie.
«
Tayaut ! Tayaut ! » Mais il a beau tortiller la
crainte secrète envahit son cœur.
Une crainte secrète envahit le cœur de M. le
louvetier. II fait si froid, le matin, à cheval !
A perte de vue, la route de la forêt que les froi¬
dures d'une nuit d'hiver ont polie comme une
une

coup, un bruit sinistre vient frapper leur oreille ;

glace, s'irise sous un blafard soleil de février.
L'air est glacial, et sur les buissons du bord du
chemin, tout frangés de givre, quelques pier¬
rots se répondent d'un arbre à l'autre.... Tout à
coup, M. le louvetier tressaille. Là-bas, au
sommet du coteau, il vient d'apercevoir un pe¬
tit bosquet de châtaigniers qui semble lui faire
signe.
Le petit bosquet de châtaigniers semble lui
faire signe : « Venez donc par ici, monsieur le
louvetier, pour prendre des forces avant lá
chasse dans un excellent déjeuner ; vous serez

inquiets de leur chef, ils pressent leurs che¬
et lorsqu'ils arrivent à la limite de la
forêt, ils voient un spectacle qui les fait reculer

vaux,

d'horreur.
Les chasseurs, en arrivant à la limite de la

forêt, voient

un

spectacle qui les fait reculer

d'horreur... M. le louvetier, sa belle tunique en

lambeaux, le visage égratigné par les ronces,
les yeux hagards, est vacillant sur sa selle ;
les chiens, massés près d'un chêne, la queue
entre les jambes, la

langue pendante, considè¬
loup qui git par terre, le
ventre ouvert, les entrailles fumantes... et à
quelques cent mètres de là, un mouton, la
laine hirsute, fuit, portant encore entre ses
mâchoires ensanglantées un lambeau pantelant
du loup qu'il vient d'égorger.

rent avec terreur

bien mieux sous. mes arbres. » M. le louvetier
est séduit ; il pousse sa bête et met bien¬
tôt pied à terre près du bosquet et tout à côté
d'un omnibus couvert de paniers dont la vue le

ragaillardit. M. le louvetier dit à ses gens de
l'attendre pendant qu'il va déjeuner dans le
petit bois de châtaigniers.
Dans le petit bois de châtaigniers, il y a des
oiseaux, des bruyères et des sources sous
l'herbe fine. Quand ils ont aperçu M. le louve¬

un

Zan-Zibar.

■-

»

u 1

l-i»

tier avec sa belle culotte et son couteau de
chasse à poignée de nickel, les oiseaux ònt eu

peur et se sont arrêtés de chanter, les sources
n'ont plus osé faire de bruit, et les bruyères
ont courbé la tête. Tout ce petit monde-là n'a

où serait le mal ? Du moment que ces do¬
cuments pouvaient nous être utiles, n'était-

On raconte que feu

en bottes

sellette un marbre recouvert d'une serge.

vernies.



frères qui, craignant la concurrence redou¬

quel est ce beau seigneur en bottes vernies.
Pendant ce temps-là, M. le louvetier s'est ap¬

l'Enlfaète. nous auraient carré¬
ment refusé leur appui?
Mais s'ils n'ont pas avec eux leurs
grands confrères, où trouveront-ils donc de
l'esprit ?. » va s'écrier M. Prudhomme.
Calme tes inquiétudes, mon bon Jo¬
seph, et n'oublie pas que le plus roublard
des journalistes périgourdins, avant sans
doute épuisé son propre fonds, a dû récem¬
ment offrir à ses lecteurs les produits de
MM. Fourgeaud et Lacoste, inventeurs de
la Liqueur de Pin. L'esprit de VEntr'acte, je
puis rassurer d'avance, n'aura rien de com¬
mun avec celui des maisons de liquides !
Voilà un programme qui en vaut bien un

_

proché de l'omnibus; d salue galamment, mais
avec quelle dignité ! de beaux messieurs et do
belles' dames de la ville, qui sont venus tout
exprès pour le voir en .chasse. Alors un valet a
tiré des fameux paniers un tas de bonnes cho¬
ses": des pâtés qui fleurent la truffe, un per¬
dreau, une langouste et quelques bouteilles
casquées d'or qui font vraiment plaisir à voir...
et bientôt, assis sur la mousse fraîche, entouré





d'une aimable société, M. le louvetier cherche à
noyer clans une coupe de Rœderer une partie
de ses inquiétudes. « C'est un marchand de
vin ! » dit la fauvette. « Non, dit le bouvreuil,
ce n'est pas un marchand de vin, puisqu'il a
des bottes vernies ; c'est plutôt un prince. »
a C'est plutôt un prince. » dit le bouvreuil.
« Ni un marchand, ni un
prince, interrompt un
vieux rossignol qui a chanté toute une saison
dans les jardins de la préfecture. Je vois ce
que c'est, c'est un louvetier ! » Et tout le petit
bois va chuchotant : « C'est un louvetier ! C'est
un louvetier ! » « Comme il est chauve ! » re¬

autre.
Paul LEBRETON.

marque une alouette à grande huppe. Les
bruyères demandent : « Est-ce que c'est mé¬

PRÉDICTIONS

chant ? »
« Est-ce
que c'est méchant ? » demandent les

Pour In p vernie i'ë quinzaine de Mars.

bruyères ? Et le vieux rossignol, ironique :
« Méchant,
un louvetier ! Çà ne tuerait pas une
mouche. >> Mais voici que de tous côtés arrivent
des villageois armés de fusils, tandis que sur

M. Chavoix, député, las de ga¬
vingt-cinq francs pai jour à ne rienfaire, prendra la détermination de revenir à la
Chambre, quoique son congé ne soit point en¬
core expiré. Les ..habitants d'Excideuil seront


gner ses

la route

,

une

Qu'y a-t-il tâ-dessous ? demanda-t-il.

Une Amphitrite, monseigneur; mais je n'oserais
vous la montrer : elle est d'un nu, oh ! mais d'un
nu !....
Montrez toujours, lit le prélat. Le nu, dans l'art,
est excusable. II n'y a d'indécent que le retroussé !


A voix basse, sous la feuillée, on se demande

table de

le cardinal de Bonnechose, au¬

quel il est question d'élever une statue, visitant un
jour Batelier d'un sculpteur rouennais, avisa sur une

jamais vu de louvetier et se demande à voix
liasse quel est ce beau seigneur qui se promène

il. pas plus naturel de les fabriquer soimême que d'aller les quémander à des con¬

Silence.

Sous la futaie disparaissent bientôt bêtes et
cavalier. C'est en vain que le reste de la chasse
cherche à le suivre ; on dirait que M. le louve¬
tier est porté par le vent. N'entendant plus la
fanfare des chiens, restés sans guide, les autres
chasseurs continuent pourtant de s'avancer
dans la direction qu'a prise la meute... Tout à

plus de vingt fois de suite : « Tayaut ! Tayaut !»

bien, après...

pal à Périgueux, se fera recevoir membre de
l'association.mystérieuse des Compagnons du

il cravache son cheval, et bientôt bêtes et cava¬
lier disparaissent sous la futaie.

soie ambrée de ses fines moustaches et répéter

détracteurs ne vont

intervalle sa voix de stentor crier :

Tayaut! Tayaut! » pour rassembler la meute ;
voit-il un défaut, aussitôt il le relève ; « Ar¬
rête ! Arrête ! s Cette fois, sa vieille expé¬
rience ne l'a point trompé, c'est bien un pied
de louvard qu'il a aperçu. Mettre les chiens sur
la voie, c'est pour lui l'affaire d'un instant, puis
«

meute

pas manquer de répandre le bruit que nous

8 mars: j-L M. Fontalirant, conseiller munici¬

entend par

chasse dont la direction lui

même aux pavots l..%

extrêmement surpris de ce départ.

comprend quelle responsabilité pèse sur lui,
sans parler de son
prestige qu'il faut sauver à
fout prix. Aussi dirait-on qu'il se
multiplie. On

qu'il regarde tristement.
M. le louvetier regarde tristement son su¬
perbe fouet de chiens ; il songe à cette fameuse

lecteurs, le bouquet
est complet et les violettes s'y mêlent
agréablement aux lys, aux coquelicots et

ó mars.

chasse. Meute devant,

une

culotte colante à liseré bleu et son couteau de
chasse à poignée de nickel ; au pommeau de sa
selle est suspendu un superbe fouet de chiens

Vous le voyez, amis

avons inventé ces lettres. Eh !

en

« Bonne
chance ! » crient les messieurs et
les dames de la ville, en agitant leurs mou¬
choirs. Mais M. le louvetier est déjà loin; il

blanche haquenée l'emporte majestueusement au vendez-vous. Pour
cette journée mémorable, M. le louvetier a mis
son bel habit galonné, sa bombe de velours, sa
piqueur derrière

Dur rêne,

«

haie, franchit
partie à travers
bois, pendant que là-bas, sur l'omnibns, les
messieurs et les dames de la ville applaudissent
en agitant leurs mouchoirs.

Jt. II |8MIÎIÌK II iuw

Rédacteur du Journal-Conseil.

Je sais bien que nos

éperonne son cheval, saute une
deux fossés, et voici la chasse

(PASTICHEj.

Je ne puis vous promettre que des Critiques
d'art. Cela vous va-t-il ? Je me fais pourtant
un devoir de vous
prévenir que mes observa¬
tions esthétiques seront naturalistes avant tout.
Janin s'étonnait de la débauche de bleu que

et

coup de l'ótrier, il monte à cheval et ordonne
de sonner le départ. Ton, ton, ton, taine et ton,
ton ! fait un cor tant soit
peu enrhumé. Alors
le piqueur découple les chiens, M. le louvetier

couvrir l'assassin de M. Barrême.

VI

encore

M. le louvetier n'entend pas, car il est ému.
L'heure est enfin venue de se montrer à la
hauteur des circonstances. Après avoir bu le

préfet de police, en remplacement de
M. Gragnon, M. Gadaud ayant affirmé à la tri¬
bune que, seul, son ex-brigadier était apte à dé¬
nommé

dizaine de cavaliers s'avancent au

petit galop ; quelle débauche de culottes ! il y
en-a pour tous les goûts : de jaunes, de grises,
de bleues, et les coiffures donc. La plupart
portent une toque comme M. le louvetier. « Ils
sont tous venus en bombe! » dit un malin;
mais fort heureusement pour le drôle, M. le
louvetier est ému et n'entend point.



*

ílixe, qui est journaliste, a pour

domestique une

tille d'une naïveté telle qu'il l'a surnommée Calinette.
Dimanche dernier, il lui donne un billet pour aller

théâtre, durant la représentation de f après-midi ;

au

mais elle revient une demi-heure après.
Vous n'éles donc pas restée au spectacle ? lui
demande son maître.
Oh ! que nenni, mon bon maître. Le monsieur




qui était á la porte a parlé de me mettre dans « la
baignoire de droite, » et, devant tout le monde, je n'ai
pas osé !....
*

*

M. R..., avait conduit dimanche
son fils, un vrai diable de six ans, sur la terrasse du
Mori propriétaire,

Café du Théâtre.
Pendant qu'il parlait avec un ami, le petit, en s'a-

gîtant, renversa un verre et le brisa.

Sot ! imbécile ! dit M. P... ; comment as-tu cassé



ce verre

?

D'abord, je n'aime pas les gros mots, riposte
Pensant; et puis, si tu veux savoir comment je l'ai
cassé, fais-m'en apporter un autre !


Le galant capitaine Zanzibar dînait l'autre jour

dans

maison amie. La jeune maîtresse du logis s'amu¬
sait à bombarder de boulettes de pain le nez de son
une

mari.
Je



moi

:

me

vengerai ! dit celui-ci. Capitaine, aidez-

Que faut-ii faire ?

C'est un combat d'artillerie, riposte le brave
Zanzibar. Pour le faire cesser, enclouez la pièce !


ZAG.

Le

Gérant, Henry BRAQUET.

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