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Médias

Fait partie de L'Entr'acte périgourdin

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Première Année

Prix : 10 centimes

Numéro 4

j

LÎTTÉRAÏUR
À ÂBÒ^NÈMÊNTS
ii

L AVENIR

L'AVÊHIR1
liAVENIPv

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(
COMMERCE, INDUSTRIE.
INSERTIONS

èin ân.

Ëí$ mois.

Annonces,

K

i( 7S

Réclames.

L/ENTR'ACTE PÉRIGOURDIN.

Périgueux,

Une autre catégorie de détracteurs,
c'est celle qui se recrute parmi les

te 1! avri! 1886.

gens dont la vertu farouche s'accom¬
mode mal de la libre allure de YEnti 'acte.
On a, Dieu nous pardonne ! été jus¬

§■ íD. J, tel est le monogramme
Du publicistc qu'avec art

Sem, écartant toute épigramme,
A peint dans /'Entr'acte, sans fard !
C'est un éminent journaliste,

qu'à prononcer le mot de pornogra¬
phie ! L'Entr'acte pornographe ! si ça
ne fait
pas pitié ! Certes, nous n'avons
jamais eu la prétention de faire dans
ce
journal de la morale en actions ; nous

Eloquent, convaincu, fougueux,
Et chef du clan opportuniste
Qui règne en maître à Périgueux.
(è'iussi,
ce n'est point un mystère ! Lorsque Monsieur Jules Ferry■
Dégringola du ministère,
D. J. s'en montra fort marri.
Puis refoulant toute amertume,
D. J., dont l'esprit est très net,
Fit lestement courir sa plume
En l'honneur du bon Freycinet.
Et si Clémenceau, qu'éperonne
La soif ardente du pouvoir,
tyjrrive quelque jour, personne
Ne pourra s'offusquer de voir


faisons aucune difficulté de

ne

recon¬

naître que la mère peut très bien se dis¬

penser d'en recommander la lecture à
fille ; nous n'écrivons pas pour les
couvents de jeunes
demoiselles, pas
mème pour les lycées de jeunes filles.
Mais s'en suit-il que nous nous livrions
sa

dévergondage littéraire

au

que

quel¬

ques Tartufes ont voulu voir dans nos
colonnes ? Le lecteur impartial a pu se
convaincre du contraire.

D. J. continuer sa tâche

Avec un nouveau dévouement !

D'ailleurs, en admettant que cette
accusation fût fondée, serions-nous vé¬
ritablement les coupables, et ne conviendrait-il pas mieux d'accuser le seul

Cela démontre qu'il s'attache
A rester dans Le mouvement.

D'un tel système politique

On ne saurait blâmer D. J. :
N'est-ce pas pour la République

responsable, c'est-à-dire vous
qui nous lisez, le public, en un
mot ? Sommes nous cause que les livres
de M. Zola s'impriment à un plus
grand nombre d'éditions que ceux de
M. Gondry du Jardinet ?
Est-ce notre faute si des journaux
tels que le Figaro, le Gil- Blas ou
Y Evènement ont plus de lecteurs que
auteur

Que si librement il agit ?
Cependant, il n'applaudit guère
Camélinat, tìasty, Boyer,
Meute que le propriétaire

tous

-

Contre son bien voit c.boyer !
Les radicaux sans atticismc
Vont s'écrier avec hauteur :
« S'il combat le
socialisme,
Cet homme est donc conservateur ? »
CMais D. J., dédaignant ce groupe,

Y Univers ou le Monde ? La meilleure
boussole qu'on ait encore trouvée pour

Ripostera d'un air vainqueur :

//Avenir a le vent en poupe,
Et cela suffit à mon cœur ! >>
«

diriger un journal dans la voie qu'il

ZIG.

doit suivre, c'est le chiffre de sa vente ;

or,

dès

cun

de

numéros,

Y Entr'acte

SUSCEPTIBILITÉ INOPPORTUNE.

Notre confrère Y Indépendant ■— pas
celui de Périgueux, l'autre, le vrai,
celui de Bergerac — a bien voulu, clans
un de ses derniers
numéros, nous con¬
sacrer les
lignes suivantes, dont nous le
remercions très sincèrement :
«
Un de nos amis
second numéro d'un

nous

a

envoyé hier le

journal illustré, l'En¬
tr'acte, qui vient de se fonder à Périgueux.
Ce petit journal, rédigé par des jeunes, est vé¬
ritablement charmant. Méchant juste comme
il faut, il égratigne légèrement et
publie des
charges admirablement réussies. Celle de
M. Laporte, rédacteur en chef de Y Echo, est
charmante. Nous ne lui ferons qu'un petit re¬
proche, un seul : c'est d'être trop local.
» A-t-il
une opinion
politique? Nous le
pensons et nous devons même dire qu'il sent
un peu le fagot. Mais nous,
qui aimons /es¬
prit d'ou qu'il vienne, et Y Entr'acte en est
rempli, nous souhaitons la bienvenue à notre
confrère

et

lui

désirons

sincèrement

longue

vie et prospérité. »

A en juger par

mené

autour

du

l'esprit de notre petite feuille plaît au
plus grand nombre !
Nul, nous le savons, n'échappe à la
jalousie du prochain, surtout lorsqu'il
réussit. On l'a bien vu naguère, lors¬
que le journal La Jeunesse dut cesser
sa publication,
après son quatrième-nu¬
méro, faute de cet instrument sonnant
qui, s'il est le nerf de la guerre, est
aussi celui du

journalisme. On l'a vu
plus récemment avec Y Entr'acte
périgourdin première manière, que
encore

auteur eut la bonne idée de qua¬
lifier « d'intermittent, » et qui, pa¬
reil aux plus belles choses, eut le pire
son

destin, ayant à peine vécu une soirée.
N'en déplaise à tous nos jaloux, Y En¬
tr'acte illustré aura la vie plus dure que

devanciers, et fera tous ses efforts
feuilles
périgourdines sitôt mortes que nées.
Au surplus, ces jalousies.ne sont pas
faites pour nous déplaire. « Tu te fâ¬
ches, donc tu as tort ! ». dit la Sagesse

ses

pour ne pas grossir la liste des

des nations. Vous cherchez à

nous

dé¬

biner, messieurs les envieux ; c'est tant

le tapage que l'on a

dernier

numéro

de

Y Entr'acte, tout le monde n'est pas de
l'avis de notre confrère bergeracois, ou,
pour parler plus exactement, tout le
monde n'a pas -l'esprit assez ouvert,

l'intelligence. assez large pour com¬
prendre la plaisanterie et ne voir dans
les pointes ou les malices de notre
chère petite feuille que ce qu'il faut y
voir réellement, c'est-à-clire

un

passe-

temps agréable, exempt de toute pré¬

tention, et pas méchant...

pour

deux

sous.

Qui nous délivrera, une bonne fois,
des grincheux et des imbéciles !

mieux pour nous ; vous nous faites de
la réclame, et vos jappements de ro¬

quets poussifs n'ont rien qui doive nous

effrayer.
Tout

jourd'hui, notre excellent collaborateur
Paul Lebreton nous fait, avec sa verve

habituelle, assister

aux

mésaventures

conjugales d'un cafetier. S'en suit-il
qu'il ait entendu viser tel ou tel de ces
industriels aussi honorables que nom¬
breux ,

dont les liquoreux établisse¬

foisonnent sur les deux rives de
l'Isle? Evidemment non. 11 ne faut voir
dans ces récits sans prétention que des
œuvres de
pure imagination, localisées
ments

par leurs auteurs pour leur donner un
attrait de plus.
Encore une fois, qui nous délivrera
des grincheux, des Tartuffes et des
imbéciles?
Jehan des BARRIS.
,

HISTOIRES ET COITES PÉRÍG01MIS
Un g Fumisterie de Mardi-Gras *)
Mieíulx est de ris que de larmes escripre,
Pour ce que rire est ie propre de l'homme.

Vous connaissez, du moins par ouï-dire,
le Café clu Cornac ? — Je sais, tout comme

n'est pas là son vrai litre ; mais
depuis que lc propriétaire de cet établissement
eut la
plaisante idée d'offrir un bock à l'un des
éléphants qui faisaient partie de la cavalcade
Organisée par lé cirque Sanger, tout le monde
ici le designs ainsi, et je vais faire comme tout
le monde.
Bien que situé dans une des
rues les
plus écartées de- la ville, le Café du
Cornac est, chaque soir, le rendez-vous de nom¬
bre de bons lurons, qui viennent là un peu
pour /excellente bière de Joseph Balandar, et
beaucoup aussi póur les beaux yeux de sa
femme Luceinde, une petite bru nette de vingtcinq printemps, dont le corsage opulent et les
regards de flamme tourneraient la tête à un
décapité parlant.
Fondé depuis quelques années à peine, le
Café du Cornac a. réussi au-delà de toute espérancè, et ce brave Balandar, grisé par son suc¬
cès autant que par sa.bière,
jouirait d'un
bonheur complet, si /aspic de la jalousie ne
s'était depuis peu glissé dans son âme. Notre
homme est convaincu que sa femme le trompe...
Avec qui ? Dame Luceinde a des sourires et
des prévenances pour tous ses clients ; mais
elle ne peut et elle ne doit — c'est, du moins,
/opinion de son naïf conjoint — accorder
ses faveurs qu'à un seul. La situation de /om¬
brageux limonadier est d'autant plus critique
qu'il a fait un serment et qu'il le tient très
religieusement : Le jour où il prit possession
du Café du Cornac, Joseph Balandar dit assez
imprudemment- à son incandescente petite
femme /«.Soyons tout à.nos clients et à nos
affaires. Pour ma part, je m'engage à te respecter comme une sœur et, foi de Balandar,
-» tu ■n',à
(iras d'enfants que du jour où je serai
vous, que ce



»

que nous demandons,, c'est
qu'on ne aous prête pas toutes les
mauvaises idées qui ont germé dans
la cervelle de quelques fantasques
ce

concitoyens! Qu'on veuille bien, une
fois pour toutes, se dire que le seul but
poursuivi par nous a été de combattue
cet esprit (?) routinier et potager de la
province, qui, si l'on ne cherchait pas le
plus possible à.réagir, finirait par nous
pétrifier, jeunes encore, dans une exis¬
tence

siers ? et pourtant le nombre de ces
estimables barbouilleurs de papier tim¬
bré est considérable à Périgueux. Au¬

a

été littéralement pris d'assaut : son
succès est sans précédent dans les fas¬
tes clu journalisme périgourdin. Donc,

CAUSERIE

telle personnalité locale, alors que rien
de tout cela n'existe ! Dans le dernier
numéro de Y Entr'acte, nous racontions
les vicissitudes d'un officier ministériel ;
faut-il en conclure que nous ayons eu
l'intention de prendre à partie tel ou
tel de nos avoués, notaires ou huis¬

apparition, et à cha¬

sou
ses

Qu'on s'abstienne surtout de voir,
nos colonnes, des allusions mali¬
cieuses ou méchantes, visant telle ou
dans

fastidieuse et monotone.

»

«

riche et honoré !...

»

Depuis lors, le pauvre Joseph Balandar
souffre en silence, et le nouveau supplice de
Tantale qu'il s'est volontairement imposé ne
fait qu'aviver sa jalousie.
Quel était le coupable et comment le décou¬
vrir ? Voilà le problème qui, durant près d'un

mois, hanta le cerveau du bonhomme. Etait-

(*) Reproduction interdite. (Ce récit fait partie d'un

volume inédit, qt.i paraîtra le jour où fauteur aura de
quoi paver les irais d'impression.'

il

L'ENTR'ACTE
le petit Bouriko, un
commis-voyageur en
boutons de guêtres, dont la moustache en crocs
et la ciievelure
crêpelée semblent irrésistibles ?
Etait-ce plutôt le jovial
Poupardin, un grand
garçon coiffeur dont l'éloquence persuasive est
aussi dangereuse que les odeurs troublantes
ce

qu'exhale tout son individu ? Balandar était
perplexe.
Chaque soir, vers dix heures, sous prétexte
qu'elle se sentait incommodée par la fumée
des pipes, la belle Mmo Balandar avait
pris
Phabitude de quitter le
comptoir où elle trônait
sans
partage, pour gagner sa chambre à cou¬
cher, située au deuxième étage. A partir de ce
moment, les alarmes de l'honnête limonadier

redoublaient et, à diverses

reprises, il s'était
permis de suivre sa moitié-à pas de loup —
Bourikj disait à pas de cerf! — afin de pouvoir

surveiller sa conduite. A côté de la chambre
de Luceinde se trouve un
petit salon où s'in stallait le vilain jaloux, qui, en collant l'œil à

habilement pratiqué dans la mince
cloison, pouvait tout voir et tout entendre.
trou

un

Bien que ridicule, le rôle
que jouait Balan¬
dar n'était pas sans charmes. Durant
plusieurs
soirs, le nouvel Actéon prit plaisir à épier le

gracieux manège de son affriolante moitié, qui

semblait mettre une coquetterie toute particu¬
lière à son déshabillé de nuit.
Après avoir pa¬

dégraffé sa robe et abattu ses
blancs jupons, la mignonne créature délassait
avec soin son corset, et c'est en
poussant un
véritable soupir de satisfaction qu'elle donnait
la liberté à deux gentils prisonniers fermes et
resseusement

rosés, que l'ami Balandar ne pouvait, hélas!
caresser
que d'un œil. Depuis son installation
au Café du Cornac, l'accorte limonadière avait
vu, non sans regret, son teint de lis et de rose
tourner au

cramoisi.

de la salle, et

L'atmosphère surchauffée

peut-être aussi la vue de ses ga¬

lants, lui faisaient ardemment monter le sang
aux
pommettes, et, pour remédier à ce teint de
homard cuit, la coquette n'avait trouvé rien
de mieux que de se

saupoudrer chaque soir le
visage avec de la poudre de riz. Ce bon Joseph
qui, petit à petit, agrandissait son trou, éprou¬
vait comme une sensation d'avare en contem¬

plant ainsi son petit trésor de femme, en train
de se barbouiller la frimousse ; mais la finaude
ne tarda
pas à soupçonner le manège du serin
que le sort lui avait donné pour époux, et,
un beau soir, l'extase de B daud.tr
fut trou¬
blée par une voix courroucée qui disait :

Cornichon, va ! tu ferais beaucoup mieux
d'aller surveiller ton Café.


Notre

limonadier,

qui craint sa femme
1 > leçon et, profondé¬
ment vexé, il regagna la salle du bas. Les
clients avaient presque tous, ce soir-là, déserté
de bonne heure, sauf le galant Bouriko et
l'odorant Poupardin, qui, après avoir absorbé
plusieurs verres de Pipermint, ne tardèrent
pas à quitter successivement le Café.

comme

le feu, comprit

Le lendemain et le surlendemain soir, ou¬
bliant la verte apostrophe de Luceinde, le

brûlant limonadier,

qui avait sans doute pris
goût á la chose, s'empressa, sitôt sa moitié
partie, de regagner son poste d'observation.
Mais bernique ! La belle éteignait d'abord la
bougie, et c'est dans l'obscurité la plus com¬
plète qu'elle procédait maintenant au petit
manège que nous avons décrit. Infortuné Ba¬
landar !... rien que pour voir fonctionner
encore une fois la houpette à poudre de riz, il
aurait donné la moitié de
eut,

ses

économies!

II

pendant quelques minutes, la velléité de

faire ouvrir la porte au nom de ses droits
d'époux ; mais sa promesse « de n'avoir de fils
que le jour où il serait riche et honoré ! » lui
revint á temps à la mémoire. Oh ! cette appé¬
tissante petite femme ! Ah ! ce maudit ser¬
ment ! et dire qu'il ne pouvait caresser l'une
se

qu'en violant l'autre. C'était exaspérant !
D'habitude, Bouriko et Poupardin quittaient
des derniers la salle du café et, pendant que le
coiffeur disait aller « fermer sa boutique, « le

commis-voyageur se faisait un malin plaisir
un bock
au
patron. La veille du
Mardi-Gras, les choses se passèrent comme à
l'ordinaire et, les deux compagnons partis,
Joseph resta seul avec ses pensées amères. II

d'offrir

avait presque oublié sa jalousie pour ne songer

qu'à la situation grotesque de mari in partibus
qu'il s'était volontairement faite. Le pauvre

Balandar, voulant cacher sa maussaderie à son
garçon Léon, qui est un vrai malin, avait pris
des cartes pour « tenter une réussite », et, tout
les

alignant machinalement sur le tapis,
notre homme ruminait quelle niche il pourrait

en

bien faire à M"10 Balandar, pour se venger de
son
indigne conduite. Tout à coup, Léon le
vit se frapper le Iront, et il surprit ces bouts
de phrases : « Ah ! elle tient à se coucher sans
lumière!... elle veut me priver de l'innocent

plaisir que me réservait le petit trou. Sa houppe

me

vengera !...

PÉRIGOURDIN.

C'est demain le Mardi-Gras...

Poupoule se masquera malgré elle!... »
La nuit dut paraître bien longue au vindi¬
catif Balandar, qui, tout en se tournant et en

se retournant sur ' son
lit solitaire, savourait à
l'avance les résultats d'un plan de vengeance
dont j'ai hâte de faire connaître à mes lecteurs

les conséquences imprévues.
Aussitôt levé, notre limonadier n'eut rien de

plus pressé que d'aller acheter du noir de fu¬
mée et, dans le courant du jour, s'étant intro¬
duit sournoisement dans la chambre à coucher
de sa femme, il prit, sur la table de nuit, la
fameuse boîte à poudre de riz, en vida le
contenu dans un vase qui se trouvait à
portée
de sa main et, après avoir remplacé la poudre
blanche par son noir de fumée, il recouvrit la
boîte de la houppe de cygne, remit le tout en

place et s'éloigna avec un sourire sardonique
que lui aurait envié Méphisto!...
La joyeuse clientèle du Café du Cornac se
souviendra longtemps de la gaîté exubérante
que Balandar manifesta le soir du Mardi-Gras.
II joua et gagna bruyamment une quinzaine
de parties. « Joseph tient à justifier son en¬
seigne : il a ce soir une veine de cornac ! »
dit avec malice un des perdants, et cette
innocente saillie fut accueillie par des rires
sonores. Vers dix heures, les habitués s'éclair¬
cirent et lorsque, selon la coutume, la jolie

limonadière

quitta le comptoir pour

gagner

vit la face rubiconde de son
mari s'épanouir comme un soleil. « II va se
passer quelque chose de drôle ! » murmura-t-il
chambre,

sa

on

à l'oreille de

Bouriko, qui, en compagnie de
Poupardin, lui proposait une partie de conso¬
lation « en cinq secs. »
La salle s'était vidée lentement, et lorsque
Bouriko et Balandar s'attablèrent, l'ami Pou¬
pardin, sous prétexte d'aller « fermer sa bou¬
tique ». s'absenta à son tour, en disant :
Faites servir, je suis des vôtres dans dix
«

préhensible. Tous les complices se regardaient
tous avaient
peine à maîtriser un accès
d'hilarité, auquel Balandar vint tout à coup

et

lâcher la bride.

Attendez, intervint comiquement le pau¬
mari, j'entends que la mascarade soit com¬
plète, et on le vit passer à la cuisine, d'oh il


vre

revint

avec

large poêle noircie, dont il se

une

frottait frénétiquement le visage.,
Pour le coup,

les rires devinrent épilepti-

ques et chacun, en se tenant les côtes, dut ga¬
gner un siège pour ne pas perdre son aplomb.

Mais l'heure

des

explications allait enfin

sonner.

Voyons, messieurs, me direz-vous, in¬
terrogea la petite limonadière plantée devant


une

glace,

par quel
dans cet état ?

trouve

sortilège

ma

figure

se

Balandar, redevenu sérieux, se fit un devoir
de raconter la substitution
dans la boîte à poudre de

qu'il avait faite
riz, et la rouée

commère, devinant sans peine ce qui avait dû
se
passer, s'empressa d'apostropher son grotes¬
que. conjoint:
Que tu te moques de ta femme, passe
encore, dit-elle d'un ton courroucé ;
mais


masquer de

la sorte les clients et ton garçon,

c'est indigne !

Joseph, tout penaud,

crut

devoir protester

véhémence :
Tu te trompes, ma chérie. Ces messieurs
se sont barbouillés eux-mêmes et, tu bas
vu,

avec



j'ai voulu les imiter. C'est

fumisterie de

une

Mardi-Gras !
Ah ! on rira longtemps de cette bizarre aven¬

Café du Cornac !

ture au

Paul LEBRETON.



minutes au plus ! »

Garçon, trois



verres

de fine! cria Ba¬

landar.
Mais le garçon n'était pas là
Le maître
réitéra vainement son appel et, en désespoir
de cause, il se fit un devoir de servir luimême les consommations attendues.
Pou après, Léon parut, et Balandar remar¬
qua , non sans étonnement, que le jeune
homme avait la figure entièrement batbouillée
de noir.
Mais d'où venez-vous donc ? lui demanda
le patron.
De la cuisine, monsieur.
Cela se devine mon ami. Regardez-vous
dans la glace.
Le garçon, qui mentait... et pour cause,


un coureur fieffé, et qui se
des « momentanées », est sans cesse à
liarder sur les toilettes de sa femme. Hier, pour n'en
pas perdre l'habilude, il ronchonnait sur la note de
ia couturière

Trois-Etoiles, qui est

ruine

.



..





Quelques instants après, Poupardin, tout
guilleret, ouvrait la porte de la salle, et quelle
ne fut
pas la surprise de tous en voyant que,

lui aussi, avait le museau noirci; mais, sans
se rendre compte de l'elïet
qu'il venait de pro¬

duire, barrivant cligna de l'œil à Bouriko, qui,
sans mot dire,
disparut par la porte du labora¬
toire, donnant accès aux appartements .d'en
haut.

Comment, mon cher Poupardin, vous
aussi, vous vous barbouillez la figure! Voilà

Bigre, ça coûte cher à habiller, les femmes hon¬

nêtes.
A quoi l'épouse vertueuse réplique doucement :
mon



soupçonna que, dans l'obscurité, la patronne
lui avait fait une niche ; mais il fut assez pru¬
dent pour n'en rien dire.

avec

Pas

encore

tant

les autres à déshabiller,

que

bon ami !

Boireau raconte, en société, qu'il a eu à se'plaindre
d'un de ses amis :

figurez-vous que ce voyou-là... Oh ! pardon !
Figurez-vous que ce mufle-là"... Oh! pardon ! Enfin,


figurez-vous que ce chameau-là... Pardon, mais je ne
trouvais pas d'expression convenable !
*
*

Un farceur s'arrête hier soir devant le kiosque de
Faucher et, après avoir acheté l'Entr'acte, s'adresse
en ces

termes à

la marchande :

Madame, avez-vous le Temps et la Liberté '!
Oui, monsieur.
Ah ! très bien, alors ayez l'obligeance de m'aller acheter deux sous de tabac à priser, en face, hé !








une

drôle de façon de

tata

Balandar, en tendant

fêter le Carnaval, cons¬
un

verre

d'eau-de-

vie à son ami. Mais où donc est passé Bou¬
riko ?
II est allé
où il ne
pouvait vous en¬


..

voyer. En attendant son retour, une dernière
partie « en cinq secs ! »
Naturellement, notre jovial limonadier, dont
b intelligence épaisse ne
l'odieuse comédie qui se

pouvait soupçonner
jouait sous son toit,
accepta avec empressement, et les « cinq secs »
étaient à peine terminés, que Bouriko reparut,

■sérieux

bonze, mais noir comme
un boudin. Les lèvres, et le nez surtout sem¬
blaient être passés à la suie.
Ah ! décidément, clama Balandar, c'est
une gageure... Bouriko, à son
tour, vient d'em¬


comme

un



brasser la poêle ! Pour compliquer la chose, il
faut que ma femme soit de la partie, car Pou-

***
Toto est dans un

frottant le bas du dos.
Survient un ami de la maison, qui lui demande :
Qu'est-ce qu'il y a donc, mon pelil ami ?
d'est papa qui m'a donné une grande claque sur
le derrière.












drôle d'état...

Léon,

réveiller la pa¬
tronne, et dis-lui, à travers la porte, qu'elle
descende à l'instant pour une affaire urgente.
va

Le garçon exécuta prestement l'ordre qui
venait de lui être donné et,
dix minutes

s'étaient à

se montra.

peine écoulées, que Mmo Luceinde

La pauvrette, tout

émue, avait pris

juste le temps de passer un jupon et une cami¬
sole blanche, qui faisaient encore mieux res¬
sortir l'etat de son
visage, entièrement trans¬
formé par le noir de fumée.
II y eut un moment de
stupeur bien corn-

Piîlirquoì ça ?
II dit que j'ai mauvaise tète.
Oh ! alors je comprends.
Moi pas. De vous claquer au derrière, esl-cc que

ça peut

faire la tète meilleure, dis, monsieur !
T-

* *

Un ivrogne descend la rue Limogeanne en titubant
d'une horrible façon.
Allons, te v'ià encore ! s'écrie un anti qui le
rencontre. Tu as grand tort de boire tant que ça : tu
ne peux faire un pas sans trébucher ?




Non, réplique f ivrogne d'un

ton sentencieux,

.bai pas tort de boire ; j'ai tort de me promener quand

j'ai bu, — v'ià lout !

**#

poule, sans s'en douter, doit avoir la hure dans
un

coin, en train de pleurer et se

Terminons par cet écho du Carnaval, qu'on nous
donne comme authentique :
Un jeune homme de huit ans environ vient faire
une visite à sa tante, orné d'un nez postiehe et auda¬

cieux, dont il est du reste très fier.


Fi ! dit la lante avec dégoût, que c'est laid de se

mettre des choses comme cela sur la

figure !

Lc gamin, vexé, toise la toilette de sa tante :
Et toi, si tu crois que c'est joli, ce que


mets comme ça de l'autre côté

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