FRB243226101_P2-801_1886_005.pdf
Médias
Fait partie de L'Entr'acte périgourdin
- extracted text
-
Prix
Première Année
:
uniVííïïiïïi'iiviTnTMmnriiwwmnsM'fmn'mvnffTWfTr/iTmvm'tïtì'ntL^^
LITTÉRATURE, ARTS, THÉAT#lfi|«
ABONNEMENTS
Numéro 5
10 centimes
i^TnHtrtTnTWttTfîTTtffTTn rmrntni
COMMERCE
INDUSTRIEL
INSERTIONS
Annonces-
Réclames.
I/ENTR'ACTE PÉRIGOURDIN.
1
Périgueux, le 25 avril 1886.
K Charles §$<§<§<§S<8<$<§>
gée avec de la pâte de maïs ou bien de
gigantesques platées de fayots nageant
clans la graisse et surmontés d'immen¬
En Ïhonneur de la Monarchie,
oAvec esprit et dévoûment,
Le rédacteur du Ralliement
de lard.
N'allez pas croire cependant que
notre homme eût
l'esprit obstinément
fermé aux choses immatérielles. Si les
ses couennes
Combat chaque jour /'anarchie.
Défendant le Trône et la Foi,
Tout en maniant l'épigramme,
IL voudrait, de toute son âme,
Crier partout : «
Vive le Roi ! »
Ennemi du solutionisme,
Nous voyons, énergiquement,
Ze rédacteur du Ralliement
Critiquer le n'importequisme.
II doit se demander pourquoi
L'on voit maints pêcheurs en eau trouble
S'escrimer à faire coup double
Tour ! Empereur et pour le Roi.
solides comme l'acier, aux yeux gour¬
mands et pleins de convoitise, engouf¬
frant clans leurs larges estomacs, ja¬
mais rassasiés
d'énormes écuelles
d'une épaisse soupe aux choux, mélan¬
-A
S'il pouvait choisir un emblème
jouissances de l'estomac étaient pour
lui sacrées, il avait également le 'cœur
accessible aux plaisirs de l'art, et la
mysique, notamment, avait eu le don de
le plonger à maintes reprises clans des
extases
auxquelles il ne s'arrachait
qu'avec peine. Quand je dis musique,
il
faut
encore
s'entendre 1
Qu'il fût
question de mélodies italiennes ou de
concertos allemands, peu lui importait :
les oeuvres des maîtres étaient pour lui
ff lettré morte, et Beethoven, Mozart ou
Et l'arborer très crânement,
Rossini lui étaient totalement inconnus,
Le rédacteur du Ralliement
par la'bonne raison qu'ils n'étaient pas
Trendrait la fleur de lis qu'il aime. *
Auvergnats.
Mais il lui sant subir la loi
Gomme beaucoup de ses compa¬
Qui fit soudain jucher au faite
Le coq gaulois à rouge crête,
Sur le drapeau du nouveau Roi !
QAbandonnant la politique,
Au rédacteur du Ralliement
Que de sa verve satirique
Nul ne fait plus de cas que moi.
Zig ne craint pas qu'on le démente
S'il dit qu'en Dordogne l'on vante
L'esprit de cet ami du Roi.
ZIG.
CAUSERIE
MÉTAMORPHOSE
EN
MUSIQUE.
Eusèbe-Pancrace Chalinargues était,
comme
son
nom
1 indique assez, un
Auvergnat auvergnatisant. Saint-Flour
ávait été spécialement désigné
par la
Providence pour lui servir de patrie, et
en cela la Providence avait bien
agi,
car il eût été
impossible de rencontrer,
à cinquante lieues à la ronde, un Auverpin plus féru de son pays qu'EusèbePancrace Chalinargues-. Apollon et
Antinous, dont il se moquait, d'ailleurs,
comme d'une
guigne avariée, étaient à
ses
yeux de vulgaires singes, comparés
aux
galapias de la contrée, avec leurs
vestes et leurs pantalons de velours à
côtes, avec leurs larges chapeaux de
feutre noir, avec surtout leurs énormes
et solides
souliers de cuir à'semelle de
bois, qu'une triple rangée de gros
clous protégeait contre les chemins
caillouteux de la montagne, et qui ré¬
sonnaient comme -la trompette du juge¬
ment dernier, le soir, sur la terre
dure,
pendant les interminables entrechats
de la vieille bourrée locale,
Rien n'était
plus doux à son oreille
que le charabias dont ses compatriotes
et lui se servaient
pour deviser entre
eux
pendant les longues veillées d'hi¬
ver, et son admiration
ne
connaissait
plus de bornes quand i! pouvait con¬
templer,^ tassés comme des harengs
autour d
une
une
mas.sive table de chêne,
vingtaine de gas,
aux
mâchoires
que nous aurons choisi une appellation
plus pompeuse. »
Aussitôt dit, aussitôt fait. Notre dou¬
zaine de galapias se mit. à plier bien
soigneusement dans le fond des ar¬
moires vestes et pantalons de velours.
On acheta, chez un vieux brocanteur
des environs, une douzaine de vieux
costumes militaires hors cì'usage ; on
renia les dieux de l'Auvergne pour se
placer sous la protection de ceux de la
Hongrie, et afin de corser la métamor¬
phose, nos joyeux drilles jurèrent de ne
plus parler à àme qui vive, afin de ne
pas trahir leur origine auvergnate.
L'orchestre des Tziganes hongrois
était né, et leur chef, Eusèbe-Pancrace
Chalinargues, était devenu l'illustre
Farkas Sandor !
Qui de vous, amis lecteurs, en enten¬
dant, il y a
quelques jours, à Péri-
gueux, ces musiciens endiablés, se se¬
rait douté de la chose ? C'est à peine
si je crois moi-même à la véracité de
la métamorphose, bien qu'elle m'ait été
triotes, Eusèbe-Pancrace Chalinargues
certifiée, dans le plus pur charabias de
Saint-Flour, par le petit Gusti, l'habile
gagnait son existence en fabriquant des.
exécutant du czymbalum !
chaudrons,
c'est
martelant le
cuivre de ses bassines, en tapant à tour
et
en
de bras sur le métal de ses
Avouons amicalement
dénationaliser ; et l'on sera d'autant
moins curieux d'aller vérifier le fait,
Jehan
DES
BARRIS.
chaudrons,
le sens musical lui était un beau
jour entré dans la tête. C'était, il faut
que
convenir, un harmoniste très rudi-
en
mentaire que ce
brave Chalinargues.
quel, il avait su, à force de pa¬
tience, et grâce surtout à la résistance
de son tympan, acquérir dans ce genre
de cacophonie bruyante une certaine
virtuosité qui l'avait bien vite mis en
relief aux yeux de ses compatriotes, et
lui avait valu une notoriété artistique
de laquelle il était très fier.
A force de s'entendre répéter par
tous les galapias de son village qu'il
était un grand artiste, il finit par croire
«
que c'était arrivé », et il n'eut plus
de cesse que le jour où il eut réussi à
former à son école une petite troupe
d'artisteS improvisés, sans aucune no¬
Tel
tion, comme lui, des choses de l'art,
HISTOIRES Eï (MES PÉRIBOURDIRS
Yìngt ans après l
'
Souvent femme varie,
Bien fol est qui s'y tic !
La Fumisterie du Mardi-Gras, que je vous
ai narrée dans un précédent numéro do
l'Entr'acte, n'est qu'un conte, un conte in¬
venté à plaisir ; mais aujourd'hui, je veux
vous dire une histoire véridique et surtout
inorale..
La femme
honnête pourra, sans
quitter le sol natal
pour courir le monde, à la poursuite de
la gloire et des pièces de cent sous.
C'est ainsi qu'après avoir fait part de
son projet à plusieurs amis, il parvint
à enrôler sous sa bannière Baptiste
scrupule, en permettre la lecture à son petit
mari et, au hesoin, lui conseiller l'exeinple
de l'autéur, qui, àl'mstar des naïfs conteurs
du moyen-âge, va lui-même se mettre en
Nicolas
Vous connaissez tous M™10 Pélagie Lóvy,
qui, ces temps derniers, tenait remploi de
duègne au théâtre de Périgueux ? Au mois
de janvier, en apprenant les débuts de cette
artiste sur notre petite scène, jc crus devoir
adresser les'ligues suivantes à un journal
et
à les décider à
Cassaniouse,
Besserette
,
.le
vieux Jérôme Anterroche,. le jeune Au¬
guste Tournecuivre et une demi-dou¬
zaine
d'autres. Tous étaient, comme
lui, de braves et robustes chaudron¬
niers, tout-à-fait ignorants des mys¬
tères de la
mais, dans
fugue et du contre-point ;
sa
sagacité native, Chali¬
nargues les avait choisis de préférence
à quelques autres, pour lesquels la mu¬
sique' n'était pas absolument lettre
morte, sentant très bien que plus son
orchestre serait dissonnant et jouerait
sans la moindre harmonie,
plus il exci¬
terait la curiosité publique, plus il au¬
rait de chance de les faire passer tous,
lui compris, pour de grands artistes,
inconscients de leur mérite !
Notre homme qui, une fois en pos¬
session d'une idée, la tournait et la
retournait en tous sens, se dit encore :
« Si
nous
entamons la série de nos
séances musicales en nous donnant pour
que nous sommes; c'est-à-dire pour
de simples Auvergnats, on nous jettera
bien vite à la tète des pommes cuites
ou des
trognons de choux. Nul n'étant
ce
prophète en
son
pays ,
il faut
nous
scène.
Apparaissez, souvenirs du jeune âge.
Que d'un coup d'aile a fustigés le temps !...
de la. localité, dont le rédacteur fut assez
aimabj'.e pour les insérer le jour mime :
On annonce, pour ce soir, au théâtre, un détint
intéressant. Mm0 Pélagie Lévy, appelée à succéder â
M1"0 lîissori dans l'emploi des duègnes d'opéra-cômique et des grands premiers rôles, fera son apparition,
plutôt sa réapparition, dans un bon vieux mélo de
Dennery et Meillan : Marie-Jeanne ou la Femme du
on
Peuple.
;Mme Pélagie n'est pas, en effet, une inconnue pour
le public périgourdin, et lés personnes qui fréquen¬
taient noire salle de spectacle il y a une vingtaine
d'années doivent sûrement se rappeler celle artiste,
qui tenait remploi des
»
coquettes » dans la troupe
Vaslin. Nous nous'souvenons qu'un jour, par com¬
plaisance et pòur obliger son directeur, Mme Lévy,
alors dans tout l'cpanouissemcnt de sa beauté de
jeune femme, voulut bien se charger du rôle de la
vieille marquise de Yillcmer, dans la comédie de
Georges Sand, qui
se
créait à Périgueux. Le lende¬
main/un jeune et enthousiaste chroniqueur de nos
amis écrivait ce qui suit dans YEclio :
«
Ah! >!"'« Pélagie, si vous saviez comme les cheveux
blancs de la marquise de Villemcr vont bien â votre physio¬
nomie ! A votre place, je n'hésiterais pas, et je jetterais au
feu tout le bagage de célimène.... »
...
Vais où sont les neiges;d'autan ?
On raconte que Léjazct, vers sa cinquantième an-
ïiél;' 'disait avec mélancolie
:
«
Je n'ai jamais mieux
compris • qu'à présent la Lisette de Itéranger, - et
r
L'ENTR'ACTE PERIGOURDIN.
c
est, cn elìet, avec une émotion
pénétrante qu'elle
chantait le refrain bien connu :
Combien je regrette
Mon bras si doilu,
Ma jambe bien faite
Et le temps perdu,..:
A 1 exemple de
Frélillon, M1"" Lévy doit compren¬
dre certains
rôles, notamment ceux de douairière,
beaucoup mieux qu'il y a vingt ans. Le temps a ob¬
tenu de l'arlisto ce
que demandait le chroniqueur :
Mme Pélagie a
jeté au feu le « bagage de Célimène, »
et nous reversons
ce soir la
grande coquette de la
troupe Vaslin dans un rôle de Marie Laurent ; mais
complices.
« — J'ai la
en les abordant d'un air
réponse ! » criais-je
triomphant, et je
dépliais le fameux papier, où, à la lueur d'un
bec de gaz, nous lûmes ce qui suit :
Votre invitation
Paul Lebreton.
Je puis vous le
dire, maintenant qu'elle
est partie : ce nom de
Pélagie avait réveillé
moi tout un monde de souvenirs.
écrivant la note qui précède ,
en
En
je m'étais
transporté, par la pensée, à l'époque bénie
de ma prime jeunesse et de mes bonnes
camaraderies d'alors. Ah ! il y a belle lu¬
rette de cela !
Depuis, la dure expérience
de la vie, pour ne pas dire « le vent du
scep¬
ticisme, » a effeuillé pas mal de ces chères
illusions, que le poète Còllin fait si volon¬
tiers rimer avec « dérisions. » Nous étions
trois amis de ce
temps-là — l'aìné avait
seize ans au plus ! — qui suivions aussi as¬
sidûment que possible les représentations
de la troupe Vaslin, et la «
grande coquette »
dont j'ai parlé plus haut nous avait littéra¬
lement séduits. Mais nous ne savions
trop
que faire pour nous, rapprocher d'elle. L'un
de nous, qui rimait tarit bien que mal.
plu¬
tôt mal que bien, avait élaboré
plusieurs
madrigaux à l'adresse de la belle fille, eu
lui réclamant « une réponse
poste res¬
me
madrigaux et se moquer de leur auteur, car
la réponse n'était pas venue....
A bout de patience, nous résolûmes enfin
de tenter un grand coup, c'est-à-dire d'in¬
viter la comédienne à
souper. Au lende¬
main d'une
représentation de Bcnvenuto
Cellini, où notre idole nous était apparue
sous les traits de la fière
duchesse d'Etam¬
pes — vous voyez si mes souvenirs so.it
précis ! — nous lui adressâmes une longue
leltre, à laquelle nous avions collaboré tous
les trois, et qui débutait ainsi :
coquette » de ta troupe Vaslin s'était juste¬
ment moquée de nous. Meilhac n'avait
pas
encore écrit le charmant
petit acte où Tata
dit à Toto : « Toi, mon bonhomme,
je te
repincerai un jour ! » Mais je me souviens
que, plus tard, Céline Chaumont, débitant
lo monologue de Toto chez Tata, devait me
plonger dans une méditation profonde !
Aujourd'hui, les trois amis dont je parle
sont mariés, pères de famille, et l'un d'eux
est cmseiliér
municipal.... de Champcevinel. Hélas ! il y a vingt ans de cela ! Pa¬
rions que, pas plus que moi, mes anciens
compagnons n'ont oublié cette aventure.
La note sympathique
que j'ai citée au début
et que je Ils publier en
apprenant la réap¬
parition de M"0 Pélagie Lévy sur la scène
périgourdine prouve bien que j'avais con¬
servé le meilleur souvenir de la femme et
de Partis te ; mais cette note devait
produire
efljt inattendu, car, au lendemain de sa
publication, je reçus la lettre que voici :
«
»
Lundi matin.
Monsieur Paul Lebreton,
Je viens vous remercier du fond du cœur.
J'ai éprouvé une profonde émotion à la lecture
de votre afticle. Le
temps dont vous parlez
était le beau temps, celui de la
jeunesse ! Celui
qui ne revient pas, hélas !
Eh ! quoi, vous vous êtes souvenu de moi,
et il
y a pourtant vingt ans que j'ai quitté
Périgucux ! Je n'avais pas encore souffert,
mais depuis....
»
»
Si
voulez,
monsieur, me satisfaire
rien ne s'y oppose —
venez donc causer un
peu des neiges d'antan !
Dans cet espoir, recevez
l'expression de
vous
amplement
—
et que
»
Mademoiselle,
«
»
vous
lances en portant vos couleurs,... etc., etc.
»
.Je vous fais grâce du reste. Comme
je
vous l'ai dit, 1c tout se terminait
par une
invitation à souper, suivie de nos trois si¬
gnatures, enjolivées de ces mirifiques para¬
phes dont les écoliers sont généralement si
prodigues.
Mais ce n'était pas tout
que d'avoir élu cubré la missive, il fallait encore la faire
parvenir à
adresse et
la poste ne
pas très bien réussi précé¬
demment, nous décidâmes de tirer au sort
pour savoir lequel d'entre nous porterait le
nous
meilleurs sentiments.
mes
Quand 0:1 vons voit l'on vous aime, et quand on
aime on voudrait toujours vous voir ! Si nous
étions encore au temps du roi
François et si nous
étions chevaliers, nous serions tiers' de briser des
sou
,
ayant
poulet. Gomme dans la complainte du Petit
Navire, le sort tomba sur le plus jeune, et
ce fut votre serviteur
qui sc chargea.d'ac¬
complir cette délicate besogne. Ah! dam,
je ne saurais le nier, le cœur me battait
bien fort en gravissant f escalier de certaine
»
Qu'an riez-vous fait à ma place?... Je m'adresse ici à tous les bous maris qui ont le
respect de la foi conjugale. Les avis seront
partagés, je le crains ! Quant à moi, mon
hésitation n'a pas été longue. J'ai cherché
et retrouvé sans peine certain
petit billet
jauni par le temps, et je l'ai fait parvenir à
('ancienne idole de mes jeunes ans. Pauvre
duchesse d'Etampes ! Un soupir mélanco¬
lique a dû remplacer le rire frais et sonore
de jadis, lorsqu'elle a lu le contenu de ce
billet d'antan, auquel je n'avais rien
changé
«
par
Votre invitation
si
fort
son
rôle
de
Diane
votre
conversation
mais, à
nerez sans
peine pourquoi...
»
Pourquoi cette souris d'argent qui se balance
Connaissez-vous, vieux, cette hisloire-là ?
Là-haut ?
Oui, dit le paysan, en deux mots, la voilà :
Un jour, hélas ! monsieur, notre
pauvre village,—
»
C était au dernier
siècle, — on ne sait trop comment,
Se vit par les souris menacé
gravement:
Les granges, les greniers étaient mis au
pillage
Par ces vilains
rongeurs ; malgré tous les efforts,
s Avant
pour eux le nombre, ils étaient les plus forts,
» Et leur
destruction devint chose
—
«
»
»
'i
impossible !
»
•
»
»
»
Le bon curé d'alors, très ferré sur la
Bible,
Se souvint que Moïse avait, en
pareil cas,
Délivré le pays d'un funeste embarras
II avait cn détail retenu celte histoire
de me donner la réponse.
-
Attendez, mon petit ami,
ce ne sera
pas long.
M"0 Pélagie passa alors dans une chambre
voisine. Quelques instants après, elle était
de retour et me tendait un papier soigneu¬
sement plié.
Je ne fis qu'un bond de la rue Taillefer à
la place du Triangle, où, d'après nos con¬
ventions
devaient n f attendre nus deux
,
;
:
Les serpents intestaient un vaste
territoire,
grandissant tous les jours,
» On alla de Moïse
implorer le secours.
II lit taire un
serpent de bronze. En grandes pompes
U le porta lui-même au
temple, au son des trompes,
Et l'offrit au
Seigneur. Or, le Dieu souverain,
»
Touché, donna la force à ce serpent d'airain
De dévorer, sans
peur ni merci, tous les autres.
Le bon curé se dit : Faisons mieux
pour les nôtres !
Aussitôt il lit faire, en homme
intelligent,
Et placer dans ce lieu cette souris
d'argent.
Or, ce que fit jadis le serpent de Moïse
» Fut fait
par la souris de noire pauvre église, v
»
Et la terreur allait
»
»
»
»
—-
"
»
"
L'oílicier éclala de rire :
—
En vérité,
Fit-il, l'Alsace est belle eu sa, naïveté.
Quoi ! vous croyez encore à semblable sornette ?
Le guide tressailli! ; mais secouant la té te
Et déguisant sous
cape un sourire profond :
Hélas! non, reprit—il, les croyances s'en vont,
Sans cela, nous eussions,
monsieur, sans aucun doute,
Fait faire un Prussien cn or, coûte
que coûte,
Et près de la souris nous l'eussions mis
gaîment,
Pour qu'il nous délivrât des autres
promptement...
Le vieux chef, dans sa main, froissa sa barbe
grise,
Et, sans ajouter mot, il sortit de l'église.
—
Charles MANSO.
Deux gendarmes sont assis à une table de café.
Paul LEBRETON.
Garçon, de l'eau ! fait le premier.
De l'eau ? répète le second stupéfait, pourquoi
faire ?
Pour la boire.
Si on a idée de ça !... de l'eau... Quand tu en
as seulement dans les
boites, ça f enrhume... Juge
de ec que ça doit faire dans l'estomac.
—
—
—
#**•
Une
&m$tm K'!M MUMfEMTI
II faut beaucoup d'intuition et
beaucoup de
souffrances pour comprendre l'amour.
L'amour est inguérissable, parce que l'amour
n'est pas une maladie.
soubrette ouvre inopinément la porte de la
chambre de sa maîtresse et trouve prosterné aux
pieds de madame un ami de monsieur.
Quelques jours après, la même personne
de nouveau.
Et la soubrette en ouvrant la
sente
—
Pour une femme de cœur, une infidélité est
beau sentiment qu'un mari
ignorant a fait
porter ailleurs.
*
porte annonce :
Monsieur X..., le pédicure de Madame !
***
—
—
—
un
se pré-
La scène se passe au
—
gissant ; mais je vous saurai gré néanmoins
Alsacien
Qui lui servait de guide, et marchait en silence :
—
La maîtresse du roi
—
Se tournant du côté du vieil
charmerait sûrement;
me
grand regret, je crois devoir re¬
fuser l'une et me priver de l'autre. Vous devi¬
swsiuocsm^ /
taires de cette drôlerie ?
Oh ! non. mademoiselle, dis-je en rou¬
prussien, à rubiconde face,
église d'Alsace.
C était...
voyons, c'était á Wintzènheim, jc crois ;
II allait
regardant le maître-autel, les croix,
Les
confessionnaux,.... en connaisseur, sans doute,
Lorsqu il vit suspendue, a la clef d'une voûte,
Une souris d'argent. —
Surpris, le Prussien,
Un beau jour visitait une
mon
d'Etampes.
François, dont jo ne
voyais que les petits pieds émergeant d'un
coquet peignoir bleu, prit le billet que je
lui tendais et, après savoir parcouru, partit
d'un éclat de rire qui me fil saigner f âme.
Vous êtes peut-être un des trois signa¬
(Légende alsacienne)
Un vieux chef
et. à en
juger
la spirituelle lettre que je viens de lire,
dis-je d'une voix étranglée
dans
SOURIS D'âRWN?
flatte
me
et sans oser lever
sais
J'HENRYS.
que la signature :
—
Ips yeux sur la superbe
créature que, la veille encore, j'applaudis¬
Poui' copie conforme :
»
Pélagie Lévy.
Rue Voltaire, io, Périgueux. »
maison de la rue d'ail lofer, où habitait
alors M11" Pélagie Lévy, et c'esl avec une
véritable émotion que je frappais à la
porte
de la comédienne. Ce fut elle-même
qui
vint ouvrir.
Voici une lettre qu'on m'a
chargé de
vous remettre,
On ne fait pas sa vie, on la subit.
Nous devinâmes, en effet, que la «
grande
d
*
Pélagie Lévy. »
»
tante ; » mais la belle fille avait dû rire des
générosité.
■k
*
peine pourquoi...
nerez sans
un
qu'on ne donne pas de plein
L'amour ne vit que de
flatte et, à en juger
par la spirituelle lettre que je viens de lire,
votre conversation me charmerait sûrement
;
mais, à mon grand regret, je crois devoir re¬
fuser l'une et me priver de l'autre. Vous devi¬
«
nous avons
tenu auparavant à lui
envoyer le salut en¬
courageant d'un vieux Périgourdin qui se souvient !
En amour, ce
gré n'a aucune valeur.
—
Gagne-Pètit :
Que désire monsieur ?
Une douzaine de mouchoirs.
El avec ça ?
Avec ça ?... Eh bien ! avec ça,
je me mouche¬
rai, parbleu !
*
*
Certain
*
Un amour mal placé est
qu'une sottise.
plus une infortune
•k
député, qu'il serait indiscret de nommer
ici, passe régulièrement au cercle deux nuits sur
trois et perd des sommes folles au baccarat.
Comme un ami lui reprochait cette conduite :
Que veux-tu ? répondit-il ; c'est si ennuyeux
d'être député ! II faut bien se consoler de l'ordre du
—
Emile Augier a écrit :
droit des femmes sans
que
«
L'indulgence est le
reproches. » Ajoutons
les autres devraient être doublement in¬
dulgentes
jour par le désordre, de la nuit.
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