FRB243226101_P2-801_1886_006.pdf
Médias
Fait partie de L'Entr'acte périgourdin
- extracted text
-
Numéro 8
Première Année.
MWTTTÎfTTflTWnTTWWïïttffWTWÏ?fl
nimmMinmiiwiij
Wnmffiffliiiiiii'iiiiiiiHiiiiiiiiiii.iiiiiiiiiii
LITTÉRATURE, ARTS,
USTRIE
ABONNEMENTS*
B. Bufour
Millet -Lacoinbe
Robert Mitchell
.Mer son
Luné o d'Omano
de Locsuevssie
E.Dréolle
>
L'ENTR'ACTE
Périgueux, le 9 mai 1886.
PÉRIGOURDÌN.
cierge, est venu m'annoncer qu'un in¬
blonde chevelure ; une
écharpe d'azur, merveil¬
leux tissus sortant du magasin de MM. Collin
désirait parler au rédacteur en
chef de Y Entr'acte.
Or, je dois vous
connu
et
épaules ; et son pied coquet *
furtif s'avançait" lier de son invisibilité dans
un" invisible soulier,
qui, quelques jours aupa¬
que M. Jehan des Barris est
parti depuis huit jours pour U b ami ers,
avouer
Licteur précieux et très bénévole,
nés, dont il vous
ravant,
LMais c'est un bouquet impérialiste
Qu'on t'offre, lecteur, pour ton
qui le remplace, assez désavantageasement, je l'avoue.
Sur un signe, Benoît introduit cemonsieur, qui « ne veut pas dire son
nom, mais qui a une communication de
la plus haute
importance à me faire. »
Le Victorien et le itérómiste
Y sont réunis
fraternellement.
j attends,
bouquet de fleurs,
politique :
Députés vaillants ou fiers orateurs.
Fleurs de journalisme et de
Lutteur triomphant,
Le baron
agrément.
Je montre
qui jamais ne tombe.
Dufôur, aux urnes vainqueur,
collet, luisante aux coudes, effilée
manches. Linge invisible, bottes
douteuses, gants "percés aux cinq doigts.
Le chapeau, roussi,
porte bien trois
ans, en admettant qu'il ait plu cons¬
tamment pendant ces trois années là.
Ce n'est pas dans cet
équipage qu'on
se
représente généralement un homme
qui a dix mille francs sur lui. Quand
on a dix mille
francs, le premier soin
qu'on doit prendre, semble-t-il, c'est
cîe ne pas les déposer dans une
poche
trouée. D'ailleurs,
pourquoi ce mon¬
aux
C.l tous les échos
; puis Ernest Merson,
Qui, pour diriger /'Union bretonne,
Sait unir prudence et. conviction.
Du Pays l on voit la n .ble
phalange :
C'est Mitchell, l'ami du
prince Victor !
L'écrivain puissant dont la
plume venge
L'Empire tombé sous les coups du sort!!
lotit à côté d'eux, voici
Loqueyssie,
Qui sut ranimer l'Aigle impérial,
apprécie
L'esprit satirique à la Juvénal.
'Parmi nous ils
vont, en choquant de verre,
7 os ter, discourir très
éloquemment
En un amical
banquet populaire.
C'est bien là,
Monsieur
au
d'Ornano, dont le nom résonne
Et Dréolle enfin, dont on
sieur m'apporterait-il une telle somme ?
Je ne les ai pas
perdus et personne ne
me
doit. II faudrait
supposer qu'un
lecteur de Y Entr'acte,
sympathique à
ce bon AI.
Polichinelle, a jugé à pro¬
pos de tester en sa faveur et de dé¬
céder aussitôt
après l'accomplissement
de cette bonne œuvre. Douce
lecteur, le. fait du moment !
ZIG.
MMW IWUMUM qui traverse
TROP DR
RÉCLAME !
je m'empresse de la chasser.
Monsieur, dis-je avec politesse, je
vous suis infiniment
obligé. Vous conviendrait-il de
m'expliquer pourquoi
vous m avez donné la
préférence ? car
—-
abonnés qu'ils
pourront dorénavant recevoir la collec¬
complète de Y Entr'acte. L'administration de cet intéressant
tion
il y a en ce moment à
Périgueux, et
dans les environs, nombre de
gens qui
ont plus envie
que moi d'une telle
aubaine.
petit jour¬
présence des nombreuses de¬
mandes qui lui
parviennent de tous les
points de la 1H rance, n'a pas hésité, en
effet, a faire
réimprimer les numéros
épuisés. U-Est un lourd, très lourd sa¬
crifice ques
impose là notre adminis¬
tration, qui, je dois lui rendre cette
justice, ne liarde pas lorsqu'il
s'agit
de
faire grand. Si vous en
doutez,
je
vous
conseille de venir
nal.,
en
voir notre installa¬
tion, qui sera prochainement terminée.
U est d un luxe et d
un confort à ren¬
dre jaloux les
figaristes de la rue
Drouot !
Nous avons d abord la salle
d'armes,
la salle de bains, la salle
de
débarras,
où nous comptons remiser notre
ensei¬
gne le jour ou elle aura cessé de
plaire,
la fameuse salle des
dépèches,
où nous al ions
exposer1 tous les candi¬
dats blackboulés
grâce au patronage
de Berluron, dont la
guigné, en ma¬
et enfin
tière électorale, tend ù devenir
légen¬
daire. Quant au bureau de
rédaction,
il
est
un
vous
tout
simplement épatant ! 11 y a
mobilier
quasi-princier que je
recommande, car il révèle le goût
artistique de notre rédacteur en chef,
M.
Jelxan des Barris. On a eu la déli¬
catesse de faire
fabriquer pour barri i
Polichinelle un fauteuil spécial, où tout
en
croisant les mains' sur ce
qui le
gène par-devant, il peut habilement
dérober ce qui l'embarrasse
par der¬
un
vraisemblable autant qu'elle est douce,
Un avis de notre
gérant M. Spa, que
lirez au bas de la
quatrième page,
nos nouveaux
pensée,
instant mon cerveau !
Malheureusement, comme elle est in¬
vous
previent
chaise ù 1 inconnu et
Polichinelle, me dit-if,
je viens vous apporter dix mille francs !
Jc jette les yeux sur l'homme. 11
porte une redingote de vinaigre, grasse
-—
S'y montre à côté de Millet-Lacômbc,
Homme d'action,
d'esprit et dé"coeur.
l oici
une
Monsieur, j'ai 1 honneur de par¬
tager vos sympathies politiques
Le second
chapitre nous transporte
grand Café de Paris. Mais pour¬
quoi vous faire languir, puisque vous
lirez bourrage ? Ales
personnages ne
au
vont
nulle part,
ne se servent d'aucun
objet, depuis un jeu de cartes jusqu'à
un
porte-cigares, sans que j'indique la
provenance et le fabricant. II y a, en
moyenne, dix maisons recommandées
par page. Le roman a cinq cents pages.
Soit quinze cents industriels ou entre¬
preneurs dont j'ai laissé le nom en
blanc et qui devront financer. Au dé¬
noûment, 1 héroïne veut s'empoisonner ;
mais le pharmacien,
qui a remarqué
son air
égaré, au lieu d'un poison sub¬
til, lui remet un laxatif énergique.
Vous devinez ee
qui s'ensuit, le devi¬
nez-vous
?...
Sans doute, elle est
purgée.
Purgée et sauvée ! Nous verrons
quel est le-pharmacien de Périgueux
qui paiera le plus cher pour jouer1 cé
rôle dans notre roman. Je ne
puis pas
—
-
—
accepter moins de deux
Qu'en pensez-vous ?
cents
francs.
-
•
Naturellement, je décline l'honheur
d'entrer dans .cette
magnifique affaire.
L'inconnu reprend son manuscrit,
qui
lui donne le droit de
m'appelêr « cher
confrère.
Puis il m'avoùe qu'il est
père .de famille et que ses enfants n'ont
pas mangé depuis quaranîc-huit heu¬
res. Quand
je parviens à le congédier,
je n'ai pas dix mille francs de plus,
->
mais quarante sous de moins.
Je ne sais ce qu'il en est des autres
arts nationaux? mais d'art de demander
l'aumône n'a", pas cessé, d'être en
pro¬
grès depuis quelques années et, qúoi
qu'on en dise, j'approuve la tactique du
journaliste Berluron qui, sous prétexte
d'union conservatrice,
partage « les
sympathies politiques » de chacun, afin
de pouvoir, sans
vergogne, frapper à
bescarcelle de tous !
—
POLICHINELLE.
...
A merveille ! Mais Vous-même....
connaissez le proverbe : « Charité
bien ordonnée... »
Oh ! je sais, monsieur, tout ce
que
vous devez
penser en. nie voyant arri¬
ver dans ce
pauvre attirail... 11 n'en
—-
vous
—
.
.
moins vrai que je vous apporté
une idée
qui vaut dix mille francs..
Ah ! ce n'est qu'une idée.
Une idée, réalisée,
reprend vive¬
est pas
—
..
—
ment m-m
crit de sa
sur
ce
visiteur en tirant un manus¬
pó|he. Veuillez jeter les yeux
roman.
J'ai inventé le
roman-
réclame,féì je veux en faire bénéficier
YEntr'acte.
—t Vous
ne
bavez pas inventé. 11
existe, une délicieuse plaisanterie de
Mme de GirarçUn....
Mais M""' de Girard in
"
—
plaisantait,
je. suis très sérieux, moi.... La'pre¬
mière scène de-mon drame, se
passe au
et
dernier bal de la douairière de Merluchet. Ecoutez ce passage. Je mets
pro¬
visoirement des. noms connus, pour
mieux vous faire suivre mon idée :
L'iipparition de Miue.de M... dans le
grand salon de la douairière excita un murmure
«
d'admiration. Sa mise était irréprochable;
une
ample robe de velours moiré nacarat ceignait sa
taille
rière, et c est sur ce
et trahissait le talent inimitable
siège précieux que j de. M"'"élégante
Cóuderc, l'habilc confectionneuse de la
jc m étais confortablement installé ce
place Bugeaud ; une coiffure, -irréprochable-,
matin,
lorsque AI. Benoit, notre con¬
figurait aux vitrines de M. Carré, le
marchand de chaussures de la rue Magne... »
parlera dans un pro¬
chain numéro. En attendant, c'est moi.
T'offre tout brûlant le fait actuel.
Sans empiéter sur la
botanique, •
Sem a composé son
la
et
où il est allé étudier les ruines
romai-,
Comme dit l'auteur de
Pantagruel,
7b Entr'acte, aujourd'hui,
pour ta mince obole,
Teyssandier, situé place du Coderc, cachait
à demi ses blanches
chef-d'œuvre de M. Issártier, faisait valoir- sa
EXPOSITION DE PRINTEMPS !
La saison fleurie, qui nous a ramené les
hirondelles, nous a ramené également les expo¬
sitions artistiques.
Après avoir exhibé les grandis portraits où il
pittoresques qu'il a recueillies dans notre vieux Périgord, M. E.
Dorsène,
l'iugéiiieiix photographe du cours Tourny, nous
montre aujourd'hui, dans les vitrines du Cha¬
pon-Fin, une ravissante collection de bébés, et
oíe Miettes, qu'il est bon d'admirer en
détail,
pour en saisir toute la valeur.
Voilà bien une' véritable
-exposition de prin¬
temps I Rien de plus frais, de plus coquet, en
effet, que. ces mignonnes créatures, que rha¬
bille artiste a
excelle et les vues
su
saisir dans
une
série do.
poses aussi naturelles que gracieuses. 11 y a là
plusieurs épreuves qui sont de bons tableaux
de genre et auxquels
le pinceau d'un maître
n'ajouterait qu'un, charme relatif.
Nous appelons surtout l'attention des ama¬
teurs sur sentant qui pleure à chaudes
larmes,
non loin d'un petit voisin,
qui rit de si bon ebour
en se chatouillant le
pied. L'artiste a voulu
évidemment créer un contrasse saisissant
; mais
les personnes qui connaissent les difficultés
que rencontre d'ordinaire un photographe lors¬
qu'il' s'agit
de íixèr Limage de ces petites
créatures, comprendront sans peine le mal qu'a
dû se donner l'opératëur
pour arriver à de
si curieux résultats.
La
réputation artistique de M. Dorsène est
suffisamment établie, et il serait superflu d'in¬
sister sur son mérite,
qui est aujourd'hui hors
de pair.
Nous n'avons doue pas l'iutculion de lui faire
ici une banale réclame, car notre ami sait
sus-
L'ENTR'ACTE PÉRIG0URD1N.
físainment se recommander par son travail. II
suffit, du reste, pour s'en convaincre, de jeter
coup-d'œil
un
sur son
Ftn.
exposition du Chaponp. L.
C'était
nuit.
J'y suis.
Je l'ai surprise dans les bras d'un jeune
officier. Ma femme était dans le plus com¬
CANDIDAT
bre. Voilà !
L'avocat réfléchit quelques
instants, va à
bibliothèque, en retire un gros volume
qu'il feuillette ; puis, après dix bonnes mi¬
pendant l'horreur d'une profonde
crêpe funèbre.
Sur la plate-forme d'une tourelle, à
l'angie
d'un château jadis
féodal, une ombre, que la
nuit faisait paraître
gigantesque, se penchait,
par intervalle, entre les créneaux démantelés,
nutes de méditation
—
Eh
:
bien, monsieur,
murmurer
d'un ton
décide-t-il à
solennel, j'ai lieu de
se
croire que vous étés co.. !
N'achevez pas, interromps, l'infortuné
mari.... Je m'en doutais !
ZAN-ZIBAR.
—
murmurait, d'une voix lugubre, des mots
que l'ouragan emportait dans le pli de ses ailes.
Soudain, une porte s'ouvrit sur cette même
plate-forme, et une ombre svelte parut sur le
seuil. Un flambeau à trois
branches, nombre
fatidique! tremblait dans sa main; une cornette
bien lissée couvrait sa tête, et un châle,
drapé
à l'antique, l'entourait de ses
plis sombres.
aspect,
frôla le flambeau
bougies
fantôme
cornette,
s'éteignirent.
Ciel !
murmura
le
quel funeste présage !
—
en
II en reste encore une, articula
d'une voix
imposante l'ombre.qui se détacha du creux des
créneaux et s'avança, tendant les bras, d'un
geste solennel, vers la lueur unique. II en reste
encore
mon
une, et cette
lumière, c'est moi, c'est
étoile, c'est ma fortune !
L'ombre au flambeau leva
ternes.
au
ciel des yeux
Ne vois-tu rien venir ? interrogea-t-elle
d'une voix anxieuse.
Rien ! rien !
Ecoute ! n'entends-tu pas une voix qui ap¬
—
—
—
pelle ?
Non, c'est un chien qui hurle, et le vent
qui gémit.
—
—
—
Hélas !
Silence ! J'entends le galop d'un cheval ..
On approche... C'est lui... C'est Thomas !
C'est Thomas !
Oh ! nous allons donc savoir... Ciel !
tremble ?
Poètes amoureux du soleil et des fleurs,
Saluez l'hirondelle eu nos champs revenue ;
Célébrez le printemps, qui fait bondir les
cœurs,
lin vers harmonieux, chantez sa bienvenue !
Montent joyeux et purs jusqu'au sein de la nue
;
La Nature renaît et votre heure est venue :
L'echo va répéter vos accords, doux chanteurs.
Ilélas I charmeurs divins, que n'ai-je votre flamme ?
Un souci prosaïque
enveloppe mon âme
Et, quand vibrent vos chants, mon esprit songe ailleurs.
II me faut
un
habit pour la saison nouvelle
Et, depuis quelques jours, je cherche en ma cervelle
Un moyen d'attendrir le plus dur des tailleurs !
—
Courons ! s'écrièrent les deux ombres.
Mais rémotion leur
coupa les jambes ; ils
chancelèrent. L'ombre svelte posa son flambeau
à terre et courut après le bonnet de coton de
—
son époux,
qui s'était détaché de son crâne au¬
guste et que le vent menaçait d'emporter com¬
ine un
trophée.
M'sieu, dit une voix piteuse et essoufflée
qui venait des' profondeurs de l'escalier de la
—
tourelle, m'sieu, c'est moi, c'est Thomas... j'ar¬
M'sieu, vous êtes... battu. Le candidat
bonapartiste s'emporte de dix-huit... mille...six...
cent... quatre-vingt-quatorze... voix sur vous !
La dernière bougie venait de s'éteindre.
rive.
..
ANDRÉA.
Peintures en prose.
MINUIT, SUR LE PONT NEUF.
Brekekekex ! Brekekekex !
C'est la grenouille qui sort du
profond de
l'eau et sonne, parmi les roseaux de la
rive,
—
appel retentissant.
Coax ! Goax ! soupire sa compagne,
repo¬
sant tout alanguie sur une feuille de nenufar.
L'heure est propice ; la nuit s'est faite silen¬
cieuse et discrète ; des couples énamourés se
cherchent et s'appellent ainsi longuement.
Etrange concert flottant à fleur des eaux !
Le rossignol perle ses trilles ou file des sons
d'une pureté et d'une douceur infinies.
son
—
Les senteurs troublantes des acacias traînent
dans l'air, épandues à pleines mains par le
joyeux mai, parfumeur du printemps.
Cependant la lune meurt derrière les coteaux
prochains et sa lueur expirante estompe la
niasse sombré .d'un
moulin, dont l'écluse jette
son grondement au milieu dé cette
paix souve¬
raine.
Poésie ! dites-vous.
Point. Simple
réalité. Si vous voulez vous en
convaincre, il
ne tient qu'à vous. Venez sur le minuit.
—
—
—
Quoi ! si tard ?
Désolé ! mais il n'est que minuit
pour
embellir les choses. Et je le prouve : Prenez
six heures, par exemple. D'abord,
pas de lune,
pas de rossignol. Puis, à cé moment, la gre¬
nouille ne chante pas, elle coasse et de
façon
fort désagréable, nia foi ! Les roseaux et les
nénufars de la rive croupissent dans une vase
noirâtre
spectacle non gracieux. Des rouliers
vous coudoient en
jurant, sur le pont ; des
chiens jappent dans vos jambes. La niasse
sombre du moulin devient l'affreuse maison
carrée de Ste-Claire, où l'on ne voit
que char¬
rettes et sacs de farine.... Pas la moindre
poésie, vous dis-je. La lumière crue du grand
jour, si funeste à la beauté de certaines"fem¬
mes, ne l'est pas moins au charme de certains
coins de nature.
—
m M'EN DOUTAI® !...
Puisqu'il est question de supprimer les
disciples de Cujas, ou tout au moins de ne
plus les imposer, rappelons un souvenir.
11 y a quelques années, une personne de
ma connaissance va trouver le
plus bavard
de
nos
avocats
périgourdins. Devinez
le¬
quel ?...
Monsieur, commence Me X.... qu'est-ce
qu'il y a pour votre service ?
Mon cher maître, je viens vous con¬
sulter sur une grave affaire.
C'est cinq louis comme arrhes.
—
—
—
Voici cent francs.
Parlez.
Hier soir, à neuf
chez moi...
—
—
Donc, reconnaissez la puissance poétisante
—
—
heures, je rentrais
d'environ
17 ans,
pendant à se frayer un passage et à prendre la
fuite ; mais ils furent poursuivis à coups de
pierres, et quand ils se furent introduits dans
leur maison, des projectiles continuèrent à être
lancés du dehors, contre la porte et les volets;
deux moellons pénétrèrent même dans l'appartement. C'est alors que le père, le nommé
Guillaume Semblât, plâtrier, âgé de 5i atis, se
leva et descendit pour chercher á mettre un
à
ces
désordres. Au
moment
où il
se
présentait sur le seuil de sa maison, il fut
saisi, entraîné environ à vingt-cinq pas et
frappé de plusieurs coups de couteau. Le fils,
âgé de 19 ans, étant venu au secours de son
père, subit le même sort. Le père a succombé
presque immédiatement aux blessures qu'il a
reçues, et quant au fils, son état est des plus
graves et laisse peu d'espoir.
L'auteur de
»
cet
odieux assassinat et
ses
été reconnus pour être des
réfugiés espagnols. La justice s'est transportée
sur les lieux pour procéder à une enquête,
qui
se
poursuit activement aujourd'hui. »
Ainsi que le laissait prévoir la note qui
précède, le jeune Semblât ne devait pas
survivre à son père. Transporté à l'hospice,
il y succombait deux jours après, sans avoir
pu éclairer la police, ni fournir le moindre
renseignement sur ses assassins.
Nous n'avons pas à rappeler ici rémotion
qu'excita dans notre ville cet épouvantable
crime et l'anxiété avec laquelle on attendit,
pendant plusieurs mois, l'arrestation du
coupable, qui, hélas ! devait échapper à la
justice humaine.
Vers cette époque, j'avais fait la connais¬
sance d'un jeune Catalan,, du nom de Pédro
Aviîá, dont' la vive intelligence et surtout
un réel talent de guitariste
m'avaient com¬
plètement séduit. Nous nous plaisions, mes
amis et moi, à le recevoir parmi nous, et,
chaque soir, réunis chez l'un ou chez l'au¬
compagnons ont
Rassure-toi, calme-toi, ô mon ami ! songe
à la dignité ; tu dois paraître indifférent devant
les hommes.
teau, qu' vibra depuis los caves jusqu'au som¬
met du paratonnerre.
Hier, vers onze heures du soir, la nommée
terme
De votre luth béni
que les sons enchanteurs
je
—
a
par un groupe d'individus qui leur barrèrent
la route. Les deux jeunes gens parvinrent ce¬
ZIG.
Sois tranquille, ma mie... mais c'est égal,
vois-tu, 011 ne peut sans trembler attendre l'arrêt de sa destinée. Et pourtant,
je le sens là...
oui, là, ajouta-t-il en frappant sur son gilet, que
je.suis appelé à de hautes destinées !
Deux coups de marteau ébranlèrent le châ¬
drame, dont le dénoue¬
péniblement impressionné
notre ville, s'est
accompli, cette nuit, dans le
quartier Saint-Laurent-des- Barris, à Périgueux. Voici quelques détails, que nous avons
sanglant
rentrait, accompagnée de son frère, à son do¬
micile, rue du Petit-Change, 16. Ils venaient
de passer la soirée chez un de leurs parents.
Arrivés sur le Pont Vieux, ils furent accostés
—
—
locale, l'en-
Un épouvantable
«
ment
«
une
vacillant : deux des
Le 10 décembre 1875, VEcho de la Dordo<7ne publiait, dans sa chronique
trefile 1 suivant :
Clémentine Semblât, âgée
chauve-souris s'envola
brusquement en jetant un cri morne ; son aile
—
Dernier Met d'une Sombre Histoire
recueillis à bonne source :
et
son
HISTOIRES ET COITES PÉRIGOURDINS
sa
II pleuvait. La rafale
mugissait, en secouant
des ondées torrentielles. Le ciel était noir com¬
A
d'une cadence qui les berce'en des songeries
lin.
FANTASIO.
ou
sans
—
»
me un
—
Bon.
Ma femme ne m'attendait qu'à minuit.
plet négligé. L'officier avait retiré son sa¬
DÉCONVENUE D'UN
«
--
—
du minuit. Mais à minuit vous dormez. Et c'est
l'heure chérie où les pâles noctambules vont
inusant sous les étoiles, en
quête d'une rime
tre, nous lui faisions fredonner son riche
répertoire de séguidilles et de boléros, pen¬
dant que ses doigts agiles pinçaient, non
sans une certaine grâce, les cordes de son
poétique instrument.
L'histoire de Pédro Avila n'offrait rien de
particulièrement intéressant. Après avoir
épousé, sans trop savoir pourquoi, la cause
de don Carlos, notre homme avait tenu la
campagne pendant plusieurs mois. Un beau
jour, accule à la frontière française, il s'était
vu contraint de gagner Bayonne, sous peine
d'être fait prisonnier par l'armée régulière
de son pays. Un ami d'enfance, qu'il appe¬
lait José Santarem, et qui, comme lui,avait
guerroyé pour le compte du prétendant, le
suivit dans son exil, et ils furent ensemble
internés à Périgueux.
Quelques jours après le crime des Barris,
Pédro Avila se trouvait chez moi, en com¬
pagnie de plusieurs de mes amis. On par¬
lait des assassinats récents et du mobile qui
avait pu faire agir le coupable. M. D..., s'adressant à TEspagnol, prit la parole à peu
près en ces termes :
II n'est pas douteux que c'est l'un de
—
vos
compatriotes qui a fait le coup. Est-ce
par esprit de jalousie, par un
sentiment de
vengeance ? je l'ignore. Toujours est-il que
le devoir de ceux d'entre vous qui connais¬
sent l'assassin serait de le livrer sur
l'heure....
Le jeune Catalan, subitement devenu som¬
bre, baissa la tète sans répondre et, ce soirlà, sa guitare resta muette, car il prétexta
une indisposition et se retira quelques ins¬
tants après.
J'avais encore lous ces souvenirs, et bien
L'ENTR'ACTE
présents à la mémoire,
lorsque, l'an dernier, au mois de juin, je
reçus de mon Espagnol une lettre qui, ainsi
que vous allez en juger, était bien de nature
d'autres encore,
à m'émouvoir. Péaro Avila, que
la mort du
coupable déliait d'un serment solennel, me
racontait dans ses moindres détails le crime
des Barris, me faisait connaître les motifs
de ce crime et terminait ses étranges révé¬
lations par le récit du terrible châtiment
que Dieu avait réservé à l'assassin.
J'ai hésité longtemps avant de parler de
ce document et, aujourd'hui encore, pour
des raisons que mes lecteurs comprendront
sans peine, je me vois forcé de supprimer
la première partie de la lettre
Pedro
Avila; mais ce qu'il m'est permis de pu¬
blier, ce que vous allez lire, sufíìra à vous
faire comprendre l'importance de ce cu¬
rieux document :
de
« Je vais maintenant vous
narrer ie sombre
dénouement de cétte lamentable affaire.
» Vous vous
rappelez sans doute que, dès le
lendemain du crime, tous les policiers de votre
ville étaient mis sur pied. Les Espagnols in¬
ternés à Périgueux furent mandés à Phôtel-deville et interrogés à tour de rôle par le com¬
missaire en chef. José Santarem était là, et six
d'entre nous le savions coupable de l'assassinat
des Semblât ! Mais, par un serment solennel,
fait
quelques instants «auparavant, sur une
image de Notre-Dame des Pilar, nous avions
juré de ne pas le dénoncer...
Le sang m'afflua au cœur et je faillis tout
trahir, quand je vis l'assassin s'avancer d'un
air calme vers le magistrat et lui faire, à sa
façon, un récit de sa soirée. 11 s'était, disaitil, promené sur les Quais jusqu'à une heure
avancée de la nuit, et était rentré se coucher,
avec plusieurs de ses amis, qui logeaient dans
le même garni que lui. Les camarades mis en
cause — et qui, nélas ! n'étaient autres que les
témoins du crime — appuyèrent ce récit, — et
je vous avoue aujourdnui, à ma honte, que je
fis comme eux. II m'en coûta pourtant beau¬
coup de mentir en ce moment solennel. Tout
»
mon être se révoltait en
songeant au rôle
odieux que les évènements me forçaient à
jouer; mais, je vous l'ai dit au début de cette
lettre, don José était mon ami d'enfance, don
José était le fiancé de ma
sœur
Juanna, et
j'aurais préféré mourir mille morts, plutôt que
de prononcer l'aveu fatal qui pouvait l'envoyer
à l'échafaud !
» Ah !
ce fut
pour
moi de bien longues
journées que celles qui suivirent la nuit du 8
décembre !...
,
Vous me gêniez étrangement lorsque vous
parliez du meurtre, et vous devez vous rap¬
peler les paroles incohérentes que je prononçais
parfois, surtout quand vous disiez que le cou-
me
fable quittais
ne pouvait
d'être découvert,
plusmanquer
José Santarem,
car je crai¬
e ne
gnais toujours une imprudence de sa part, et
je hâtais de tous mes vœux le jour où cesserait
notre exil et où nous pourrions regagner la
Catalogne.
» II arriva enfin, ce jour
tant désiré, près de
trois mois après notre internement. Le secret
avait été bien gardé, et nous pûmes quitter
compagnie des témoins du
crime, sans que pas un de nous eût prononcé
un seul
mot pouvant éveiller des soupçons et
trahir le coupable. A la frontière, nous nous
séparâmes de nos compagnons, non sans avoir
Périgueux,
4
*
en
renouvelé le terrible serment sur le scapulaire
de l'un de nous,
» Don José et moi
entreprîmes à pied les
quinze lieues qui nous séparaient encore de
notre village, et nous fîmes ce trajet sans pou¬
voir lier la moindre conversation durant la
route. Vous l'avouerai-je, cher monsieur ? Plus
nous approchions de nos familles, plus je re¬
connaissais les lieux bénis de notre enfance,
et plus mon coupable ami me faisait horreur !
J'aurais voulu, moi aussi, me séparer de lus et
ne
plus l'avoir sous les yeux, pour tâcher d'ou¬
blier le drame sanglant dont il m'avait rendu
le témoin responsable ; mais non, au lieu de
cela, nous allions vivre côte à côte, et tous les
jours sa présence viendrait me rappeler son
crime odieux !...
» L'infortuné semblait avoir
conscience du
supplice qu'il m'infligeait : i! essaya d'abord
de me fuir, et, pour
expliquer sa conduite,
prétexta près des nôtres une brouille survenue
entre nous durant la campagne. Nos parents
étaient liés depuis de longues années, ils se
réunissaient presque chaque soir, à la veillée,
et là, en l'absence de José, qui trouvait tou¬
jours des prétextes pour s'abstenir de venir chez
nous quand je m y trouvais, son père et le
mien me faisaient raconter ce qu'ils appelaient
ies « misères de notre exil. »
Un jour, dona Santarem
»
—
une brave et
PÉRIGOURDÏN=
digne femme, qui avait été la nourrice de ma
insista
auprès de son fils José, pour
connaître le motif de notre froideur. « — C'est
une histoire de femme ! » répondit brusque¬
souffrait ma pauvre Juanna, et nous attendions
anxieusement sa délivrance, lorsqu'un cri,
mais un cri qui n'avait rien d'humain, un vrai
cri de bête fauve, nous fit tressaillir tous. Puis,
celui-ci, qui se leva de son bureau, où il
était en train d'écrire, montrant ainsi que la
presque aussitôt, nous aperçûmes José, les
traits convulsés, l'aspect effroyable ! Semblable
Juestion
{'importunait
et qu'il
n'enmadirait
avantage.
Le lendemain,
devant
mèrepas
et
mains sanglantes, dont
sœur
—
ment
ma sœur,
dona Santarem rapporta le mot de
fils et voulut
son
me
faire parler
à mon tour.
Je pris la mère de José par les épaules, je l'embrassai tendrement sur les deux joues, et,
d'une voix pleine d'émotion, en songeant que
la vérité tuerait la bonne vieille qui avait bercé
jeunes ans, je répétas, moi aussi : « — C'est
histoire de femme, et je ne puis vous la
raconter ! » On n'insista pas, de part ni d'au¬
tre; mais on jura de nous réconcilier coûte
que coûte.
mes
une
» Bien
avant notre départ pour la guerre
carliste, il avait été question de marier ma
sœur Juanna avec mon ami
José. Le moment
était venu,
paraît-il, de réaliser cette union,
qui comblait les vœux des deux familles. On
comptait d'ailleurs là-dessus pour renouer des
liens d'amitié qu'un différend sans importance
semblait avoir brisés pour toujours. Au pre¬
mier mot qui fut prononcé devant moi à ce
sujet, je bondis d'indignation :
Cela ne sera pas, m'écriai-je ; ce ma¬
riage ne peut plus avoir lieu !
Et pourquoi ? gronda sourdement mon
père ; sornmes-nous obligés d'épouser tes que¬
«
—
»
—
relles et surtout les mauvais sentiments qui
t'animent envers ton ancien camarade ? »
» Je baissai la tête et
me mordis les lèvres
jusqu'au sang. Ce jour-là seulement, j'entrevis
les fatales conséquences que pouvait avoir pour
le bonheur des miens le serment qui me liait à
l'assassin des Semblât !
» Attribuant à
des rancunes coupables mon
aversion pour le mariage projeté, mes parents
et ceux de José hâtèrent le plus possible les
à
un
échappé de l'enfer, il brandissait ses
il semblait menacer le
Ciel, et, au moment où il descendait í'escalier conduisant à la salle basse, je J'enten¬
dis s'écrier d'une voix étranglée : « Le châti¬
ment ! le châtiment !! » Je m'élançai dans l'apartement
qu'il venait de quitter et je restai
ientôt glace d'horreur par le terrifiant spec¬
tacle qui s'offrit à ma vue : Ma sœur rendait le
dernier soupir dans les bras de ma mère, pen¬
dant que la matrone, à genoux au prie-Dieu,
pleurait abondamment, en marmottant des
prières. Par un de ces mystères que la science
est souvent impuissante á expliquer, la com¬
pagne de José avait mis au monde un enfant à
deux têtes, ou plutôt un véritable monstre,
maintenant privé de vie, car je le vis gisant
inerte au pied du lit. Mais le comble de l'horrible, c'est que les deux têtes de ce phénomène
tératologique étaient parfaitement formées, et
les traits du visage — traits que je n'oublierai
jamajs — avaient pu rappeler à l'assassin le
visage des deux Semblât !
Je tombai, moi aussi, à genoux pour prier.
En ce moment, un coup de feu retentit : José,
...
»
mon
beau-frère, venait de se faire sauter- la
cervelle. Les victimes
de
Périgueux étaient
vengées ! »
Peut-être un jour me sera-t-il permis de
publier en entier la lettre de Pédro Avila.
En attendant, je souhaite que la partie de
cette lettre que je viens de traduire tente
l'imagination de quelque écrivain de talent;
car, sans être doue d'un liai r bien subtil, je
sens qu'il y a là matière à un drame émou¬
vant. N'est-ce pas votre avis ?
Paul LEBRETON.
préparatifs de la noce. Le sinistre fiancé avait
accueilli avec empressement la nouvelle de
cette prochaine union. II profitait de mes ab¬
sences pour venir faire sa cour à Juanna, qui
ie connaissait et l'aimaìt dès sa plus tendre en¬
fance. José lui rendait son affection et lui pro¬
mettait sincèrement de la rendre heureuse.
Certain matin, où j'étais sorti au point du
jour, je le rencontrai tête nue, dans la campa¬
loin qu'il m'aperçut, il me fit
signe de l'attendre. Je frémis en voyant ses
joues creuses et son visage pâle ; ses deux yeux,
qu'animaient la fièvre, semblaient deux char¬
bons ardents ; il me tendit la main, en me di¬
sant d'une voix saccadée et qui trahissait i'état
gne et, du plus
de son âme ;
comprends sans peine pourquoi tu
t'opposes à mon entrée parmi les tiens... .le te
fais horreur, je le vois; mais il faut que ce
mariage ait lieu, car j'aime ta sœur, et je
«
—
Je
compte sur son amour pour me rendre le repos
qui me fuit ! Ah ! si tu savais ce que je souf¬
fre !... la nuit surtout, où les deux morts de
là-bas viennent, à travers des cauchemars af¬
freux, me montrer leurs plaies béantes!... Je
ne dors plus et je délaisse ma couche, pour évi¬
ter ces songes maudits, où ie vois tout san¬
glant
Le souvenir de mon crime m'oppresse
tue!... Encore quelques mois de ce sup¬
plice infernal et je succombe... Juanna seule
peut me faire oublier. Je la veux ! II me la
Drame et opérette.
Le ciel est bleu ; la campagne pleine de chants d'oi¬
seaux
et de senteurs printanières. Les iuvités du
comte se sont dispersés
dans le parc du château.
Le comte lui-même rêve sous les
grands arbres,
lorsqu'un spectacle inattendu s'offre soudain à ses
yeux.
A travers la feuillée, il vient d'apercevoir sa femme
dans les bras du jeune Gontran.
Ce dernier paie alors d'audace :
Venez vile, cher comte... Votre femme se trouve
mal...
Et vous, dit froidement le mari outragé : vous
m'avez l'air de la trouver très bien !
—
—
*
#
*
Extrait d'un roman en cours de publication :
La pauvre jeune tille descendit du', wagon, suffo¬
quée, étourdie par la fumée et eut grand peine à
trouver le compartiment des dames soûles... .>
Quelle horrible coquille 1
«
et me.
faut !...
» Pauvre José!
en me parlant ainsi, il avait
la mine d'un fou, et je songeais involontaire¬
à certaines paroles prononcées par sa
mère, quelques jours auparavant : « Notre ini¬
ment
mitié, disait-elle, avait fait perdre la joie et
l'appétit à son fils, et, si cette inimitié se pro¬
longeait, eile ne pouvait manquer de lui dé¬
ranger l'esprit ! ,
» Le
mariage eut donc lieu quelques jours
après, et, devant tous, pour complaire à mon
père, qui m'avait menacé de sa malédiction, je
jouai une scène de réconciliation. J'embrassai
l'assassin, qui venait de jurer fidélité à ma
sœur, et dans la main duquel ma chère Juartaa
venait de mettre sa main !
» Ce
qui suivit est véritablement horrible, et
je me demande si le courage ne me manquera
pas pour le narrer ici...
» Au
bout de quelques mois, ma sœur se
déclara enceinte, et on attribua à son état ma¬
ladif la sombre humeur qu'elle manifesta de¬
puis lors, et surtout la soudaine antipathie
qu'elle parut éprouver pour son mari. Je fré¬
mis quand je songe que peut-être, par une de
ces nuits de cauchemars qu'il m'avait décrites,
le meurtrier des Semblât s'était laissé surpren¬
dre son épouvantable secret !
Enfin, le jour des couches arriva. José
avait tenu à assister la sage-femme ; mon père,
»
On parlait de la résurrection de Lazare.
Ce n'est pas dans notre siècle, dit
quelqu'un,
qu'on verrait les morts se relever de leur tombeau
—
comme cela
5
Ah ! non, par exempte, répliqua le docteur M...
La médecine* bien fait trop de progrès !..
—
«
*
♦
Un vieux monsieur à une vieille dame, dont la tille
lui parait être dans une position intéressante ;
Mais il me semblait que votre tille n'était ma¬
—
riée que depuis un mois ?...
C'est, vrai ; mais ce sont ces chaleurs subites ;
tout est en avance, cette année !...
7.AG.
—
KHHZ
L'adminlstration de ì'ENTR'ACTE PÉRIUOURDIN vient de saire procéder à
an tirage
spécial de ses précédents nu*
répondre aux désirs de
abonnés, elle pourra, A, par¬
tir de ce jour, leur fournir la collection
complète de VENTR'AC TE. Les lettres et
méros et, pour
ses nouveaux
mandats
devront
être adressés à M.
SPA, administrateur-gérant de l'EN¬
TR'ACTE PÉRIGOURDIN, ancienne mai
son
Dupont et C", rue Tailleser, à Péri¬
gueux.
Le tìértwl, 8PA.
plusieurs autres parents et moi, étions rassem¬
blés dans une chambre voisine de
celte où
Périgueux, imp. I. tPORTE (anr Dupont *1 O;,
