FRB243226101_P2-801_1886_009.pdf
Médias
Fait partie de L'Entr'acte périgourdin
- extracted text
-
Première Année.
Numéro S
MMMMWMMWWMWWWMM
LITTERATURE, ARTS, THEA1
^COMMERCE,
ABONNEMENTS
Un an.
Six mois.
3r
lf 75
INDUSTRIE
INSERTIONS
Annonces,
Réclames.
A L'OCCASION DE L'EXPULSION DES PRINCES
A REPRISE DES AFFAIRES COMMERCIALES
AND
If
BALLONS, ILLUMINATIONS
fi I
BALS CHAMPÊTRES.
Nota. MM. les Députés
ayant voté l'expulsion ont promis de payer les frais des susdites Fêtes
L'ENTR'ACTE PÉRIGOURDIN.
Périgueux, le 20 Juin 1886.
Fantasio, Zag et tant d'autres,
De vous lire on ne cesse pas ;
Vous êtes tous charmants apôtres,
—
Tous, jusqu'au gérant, Monsieur Spa !
IV
I
M.
—
II en est un, je vous assure.
CHAVOIX.
Txoideuil peut vraiment prétendre
1
Qui mérite un chapitre à part;
de la fin de ce récit.
C'est Sem, dont la caricature
Que Ghavoix /'aime d'amour tendre ;
quitte
Qu'avec'douleur cette cité.
Est vraiment une oeuvre de l'art.
/Et L'on sait bien qu'il n'a
Avec une troupe pareille.
Osais il s'agissait de défendre
Ah !
íL'a ^République, et de lui rendre
comme
qu'il ne put la convaincre qu'en lui mon¬
trant les dix jaunets qui étincelaient dans
pórigourdin.
sa
V
Tors, Ghavoix n' a plus hésité !
Compagnons, tapez sur l'enclume !
Tapez ferme !, gais travailleurs;
Moi, je viens vous offrir la plume
Du plus humble dès rimailleurs :
nCCux prétendants
Ma muse n'est pas satirique,
J.'our les Jacobins, c est un bon
!
J'aime rire et chanter l'amour,
Je ne fais point de politique
Et je signe
II
Le TROUBADOUR.
BRUGÉRE.
J.'our les chasseurs et leurs prouesses,
Jlrugère est indulgent, dit -on ;
Tonton, te n ta i n e, le n to n.
J.l leur promet maintes largesses.
La modestie bien connue de nos col¬
laborateurs nous faisait un devoir de ne
pas insérer cet élogieux morceau poé¬
tique ; mais nous aurions peut-être
ainsi découragé un jeune auteur,
que
Gela le pose en son canton,
nous sommes
Tonton, tontaine, tonton.
tres.
íPourtant, chacun sait
en
éDcrdogne
Que le député de Oscnpcnt,
Tonton, tontaine, tonton,
Q/1 de Ghavoix pris sans vergogne
Te beau projet. JJieu, quel
fripon !
Teuton, tontaine, tonton.
heureux de voir des nô¬
Donc, pour cette fois, nous excusons
le Troubadour ; mais dorénavant, s'il
veut rire et s'amuser aux
dépens de
quelqu'un, nous lui saurons gré de mé¬
nager ses confrères et amis de YEntr'acte ! Aures habent et non audient.
SPA.
JJepuis ce jour on nous assure
Que Ghavoix rêve de ponton,
Tonton, tontaine, tonton,
Tour venger la mortelle
BQÏÏRRÍQÏÏE ERCHANTÌE.
Ceci n'est pas un conte, mais un modeste
fait de Chronique locale, dont je puis ga¬
rantir la parfaite authenticité.
Le jour de la foire de la Mi-Carême, un
brave homme du nom commun de Pierril-
lou, s'était rendu à Périgueux, autant pour
prendre Pair de la ville que pour y réaliser
quelques achats. Vers trois heures cle
l'après-midi, notre homme avait terminé
ses affaires et il
regagnait pédestrement son
domicile, lorsqu'à ni vé à Trélissac, non loia
du magnifique château de M",e Alfred Ma¬
gne, il aperçut une pauvre ânesse, triste et
maigre comme un jour sans pain', qui pa¬
raissait avoir égaré ses maîtres et dressait
au vent sés
longues oreilles, ne sachant
trop de quel côté diriger ses pas.
Sans autrement se gêner, le paysan, qui
se sentait fatigué, enfourcha la bâte et
prit
le parti de la conduire chez lui, où, pensaitil, on ne manquerait pas de venir la récla¬
_
Croiriez-vous que YEntr'acte a péné¬
tré jusqu'en
Algérie? Voici l'aimable
spirituelle poésie qu'un de nos abon¬
nés de là-bas nous adresse, avec
prière
et
de Tinsérer :
é @ë<is(£&ë-ê@ëI
l'Entr'acte,
régal ;
Vous lire est un charmant
Je comprends la foule compacte
Qui s'arrache votre journal ;
Vous avez retrouvé le rire,
Le bon gros rire d'autrefois,
Vous mettez dans votre satire
Un petit grain de sel gaulois !
laissa passer... autre chose que des pièces
de vingt francs.
Ce sera pour plus tard ! dit Pierrillou.
Sans cloute que la bonne bête n'est pas dis¬
—
posée.
Le lendemain, dame Pierrillou, bavarde
comme une
pie ou plutôt comme une
femme, ne put retenir sa langue et s'em¬
pressa de raconter l'aventure à quelques
commères du voisinage. Le fait ne tarda
pas à arriver aux oreilles de M. le maire,
qui s'empressa d'ouvrir une enquête, dont
préfecture
un
rapport ainsi
« Hier malin,
un» famille de bohémiens, proprié¬
taires d'une malheureuse bourrique, ont été aperçus
rôdant sur ma commune, et leur disparition a coïn¬
cidé avec un vol de 200 francs, commis chez un tail¬
leur de la localilc. J'ai tout lieu de supposer que ces
nomades, craignant d'être poursuivis, orit, à l'exemple de certains maraudeurs arabes, caché les pièces
dérobées dans.... la concavité postérieure de la
bourrique susnommée, qu'ils ont dû ensuite égarer
dans leur fuite. Tout me porte à croire que les bohé¬
miens en question ne viendront pas réclamer leur
monture, que
tion.
je tiens aux ordres de
f administra-
»
Mais
ce
qu'il y a de plus curieux dans
l'affaire, c'est que la lecture de ce rapport
ue put
nullement convaincre Pierrillou,
et M. le maire fut obligé, avant de rendre
les dix louis du tailleur, de renouveler une
expérience délicate pour en démontrer la
possibilité à son incrédule administré.
L'expérience réussit parfaitement, et au¬
jourd'hui notre paysan reconnaît que la
bourrique ne devait pas être enchantée... du
procédé de ses anciens maîtres. *
Paul LEBRETON.
—
mer-; mais l'ànesse, bien que pourvue d'un
licou, n'avait pas la moindre selle, et bien¬
tôt maître Pierrillou préféra marcher que
de se sentir meurtri par l'échine raboteuse
de sa triste monture.
II y avait déjà près d'un quart d'heure que
la bourrique allait tranquillement devant
Thonnèle campagnard, quand celui-ci la vit
II
De Zio, notre charmant poète,
On aime à lire les écrits ;
(Jn se sent le cœur tout en fête
En lisant Jehan des Barris ;
s'arrêter, puis lever la queue et... au lieu
de ce qu'il attendait, le rustique conducteur
aperçut distinctement deux brillantes pièces
de vingt francs qui roulaient à terre !
Pierrillou crut d'abord avoir la berlue;
mais il avait à peine ramassé les deux louis,
Nous savourons le joyeux conte
Du gai diseur Paul Lebreton ;
que la queue de l'ànesse se releva lente¬
ment et... huit nouvelles pièces d'or roulè¬
Ce que Zan-Zibar nous raconte
rent aux pieds du brave homme stupéfait !
Cette fois, il n'y avait plus à eu douter : la
ton.
III
N'oublions pas Pouciiixeu.e,
bourrique était enchantée, et notre paysan
entrevit, en
Allons ! tire sur la ficelle,
charmant farceur 1
un
instant, l'avenir
qui lui était réservé...
—
Qui nous fait rire de bon cœur ;
Tire toujours,
il guetta liévreusement les mouvements de
la queue magique. Cette queue, je dois
T avouer, se releva, plusieurs fois; mais, à
la grande déceplion des deux époux, elle
voyait à la
3Lâ
toujours dit sur le bon
sérable bête semblait remercier ses bien¬
faiteurs ; mais ceux-ci se moquaient bien
de ce genre de gratitude : c'est de for, de.
l'or encore, de for toujours qu'il leur fal¬
lait !
Le couple avide des Pierrillou, oubliant
la faim et le sommeil, s'installa à barrièretrain de l'ànesse, et, durant toute la nuit,
conçu :
MF-
Est
gnarde en se signant ; mais la misère est si
dure pour le pauvre monde qu'il ne faut
pas y regarder de si près.
La bourrique fut donc installée dans Tu¬
nique chambre cle ces braves gens et traitée
avec des soins qui paraissaient la surpren¬
dre. De son œil mélancolique et bon autant
que de ses longues oreilles tannées, la mi¬
le résultat eut bientôt réduit à néant tout
le merveilleux qui planait sur cette affaire.
Le jour même, en effet, ce magistrat en¬
injure
Que Trugère a faite à son nom,
Tonton, tontaine, tonton.
Salut ! ô messieurs de
bourse.
Tu m'amènes le diable ! dit la campa¬
—
Tour Xxcideuil, quelle surprise,
Quand Ghavoix boucle sa valise
Et part pour le T alais-Jéourbon.
faisant la guerre,
J.l les expulse sans mystère.
s'empressa de
extraordinaire
l'on fera merveille
/La force et 1a sécurité...
M.
Arrivé chez lui, Pierrillou
faire part à sa femme du fait
dont il venait d'être le témoin ; niais, pour
être véridique jusqu'au bout, je dois ajouter
On ne peut rester en chemin.
A l'Entr'acte
Pardon, ami lecteur; le dialogue du
prophète Balaam avec sa loquace monture
peut—il être mis en doute ?
Montaigne dirait ; « Que sais.-je ! » et
Rabelais : «Peut-être! » va me répondre
un esprit fort.
Eh bien ! moi, sans vouloir en aucune
façon m'attaquer aux miracles, je vous prie
tout simplement de prendre connaissance
—
mirifique
Vous nous aviez annoncé un récit au¬
thentique, et c'est un conte de la Mère l'Oie
que vous nous sèrvez-Jà ! vont s'écrier quel¬
ques-uns.
LES GASCONS
DE GM NOUS,
On sait que le célèbre Tartarin de Tarascon avait découvert qu'en Algérie il n'y
avait plus de Turcs, — prononcez leurs ! —
mais seulement des carotteurs. Mon oncle
le chanoine me racontait hier un épisode de
la dernière guerre d'Orient, qui tend à
prouyer qu'il n'y a plus, non-seulement de
Turcs en Turquie, mais encore de Cosaques
en Ukraine ; voici f histoire gasconne telle
qu'elle ui'a été h irrée :
C'était' à un des derniers combats livrés
Plewna.
Un Bachi-Bouzouck et un Cosaque se
trouvent face à face.
sous
L'ENTR'ACTE
Le Cosaque a sa lance, le Bachi-Bouzouck
fusil.
Le premier, au galop de son cheval, fond
sur le Turc et lui porte un
coup de lance.
Vlan !
Le Bachi-Bouzouck se jette de côté et en¬
fonce sa baïonnette dans le ventre du che¬
son
val, qui tombe entraînant avec lui son ca¬
valier.
Le Turc,
vainqueur, inet le pied sur la
poitrine de son ennemi et lève son arme
...
Coulaubrò ! s'écrie le malheureux Cosa¬
que dans le pur patois péri gourd in, sey fou lu.'
A cet accent, le Turc se penche, étonné,
et demande :
Et d'oun sès ?
—
PÉRIGOURDIN.
hier, par annoncer qu'il allait changer de linge
et donner des soins à sa personne.
Or, hier, sa ménagère, étant surprise de ne
pas le voir sortir à son heure habituelle, monta
dans sa chambre, où elle pénétra, car-la porte
n'était pas fermée à clé.
Un spectacle navrant lui lit pousser un cri.
L'infortuné Bcrluron
dans la bouche, pirouettant, frétillant, remplis¬
à coup la chambre de Léclat des cou¬
leurs de son travestissement, du bruit strident
de sa pratique et du tapage de ses gambades.
En deux enjambées il eut fait le tour de
la chambre, et les deux femmes furent prises
d'un fou rire quand elles le virent s'arrêter, faire
deux pas en avant, saluer et chanter ce couplet
sant tout
gisait noyé dans une cu-
vetlo.
11 avait voulu tenir sa parole, et une chemise
qui était dans le rôle :
Bien T bonsoir à ce monsieur,
Ces dames, ces demoiselles,
était
dépliée sur le lit. Mais comme c'était la
première fois qu'il se lavait, le manque d'ha¬
bitude lui avait clé salai.
Voici l'épitnphe que je propose
sur sa tombe :
Je suis votre serviteur,
Jean-Jacques Polichinelle,
Qui veux vous rendre contents
Par une pièce nouvelle,
de graver
Vous serez assurément
Satisfaits pour votre argent.
—
—
—
Sey clè Sorlat.
E viodasè ! You lobé !
Les deux ennemis tombent dans les bras
l'un de l'autre. Tableau !
Le Turc et le Cosaque étaient des Gascons
de chez nous.
ZAN-ZIBAR.
Son style a fait mes tourments et les vôtres :
Ne plaignez pas son sort,
C'est Polichinelle, c'est lui ! Oh! que c'est
—
Car, sous ce marbre, il dort
D'un sommeil moins profond qu'il n'endormit les autres!
P.-S. — A la dernière heure, nous ap¬
prenons que la nouvelle est fausse. —Un
de nos reporters nous assure qu'il vient
d'apercevoir Bcrluron plein de vie et aussi
crasseux que par le paçsé. Merci, mon Dieu !
POLICHINELLE.
ça! que c'est bien ça ! faisaient les deux femmes.
N'est-ce pas qu'on dirait qu'il est bossu ?
—
observa Hector
Eh bien !
vous
le
croirez si
voulez, mesdames, mon ami a été coulé
comme dans un moule; il vous a le
plus beau
tour de reins qu'on puisse imaginer. Quand il
veut, rien ne l'embarrasse; c'est ainsi qu'il est
parvenu à se grimer et à se contrefaire, de
vous
telle façon qu'on
dirait que c'est Polichinelle
personne....
Ah! votre ami est tout à fait amusant.
en
—
Mais, qu'est-ce que vous avez dans la bouche,
monsieur Robinet, pour parler comme vous
faites ? demanda Arnanda en s'approchant de
héros, qui commençait à s'éponger le
notre
front, sa casaque fortement ouatée et l'anima-
tion de son jeu le faisant transpirer.
Voilà ce que j'ai dans la bouche, fit-il eu
montrant la
pratique.
L'BMBHÛIT ET L'I
—
(Extrait du carnet rose d'un mari pas content.
Vous arrivez à force
d'art à persuader à ma¬
dame
votre
épouse
Mais !... en rentrant
chez vous, vous Irouvez
belle-mère,
votre
qu'un mois de campa¬ j qui vous arrive sur Tagne est indispensable [ vis que lui en a donné
à sa santé. Vous rem¬
j sa tille, afin, dit-elle,
ballez un soir en che¬
j de vous tenir société
min de fer en disant :
j pendant l'absence de
Ouf !
j Madame.
Voilà I'endroit !
Voilà f envers !
I
Pour copie conforme :
FANTASIO.
LE TRUC DE ROBINET.
—
II y a quelques années de cela, un dimanche,
à l'heure de la musique, l'attention des
prome¬
neurs fut attirée sur deux
étrangères qu'à leur
maintien et à leur toilette chacun eut bientôt
classées parmi les émules de Rigolboche. Ces
deux femmes étaient jolies, et il en fut
pris
bonne note par les amateurs.
Parmi ceux-ci, deux jeunes gens, Hector
Durand et Jules Robinet, ne les eurent pas
plutôt vues qu'ils eurent l'idée de leur adresser
leurs hommages. Hector perdit si peu de temps
qu'il s'y prenait dès le lendemain'même. Robi¬
net, très stressé, lui aussi, eût bien voulu en
faire autant, mais il avait des raisons pour
mettre moins de hâte.
Robinet était bossu par derrière et par de¬
vant, et ce n'eût été certainement là qu'une
difficulté très surmontabie s'il avait eu la bourse
bien garnie; mais Robinet, 2° clerc de notaire,
peintures en vers.
LES LUTTEURS
Très tiers et torse nu, sur un tréteau de foire,
lis prennent gravement des poses de héros,
Etalant leur poitrine aux rudes pectoraux,
—
.
Tandis que le clairon jette un air de victoire.
L'on s'émerveille á voir
sur
des
obligé de vivre de ses maigres émoluments,
auxquels s'ajoutait, il est vrai, une petite pen¬
sion alimentaire que lui faisaient ses
parents,
n'était guère mieux en situation de
payer de sa
bourse que de sa personne. II fallait, s'il vou¬
lait réussir, que son industrie lui vint en aide;
il y comptait bien, et son attente ne devait
pas
être trompée; il eut bientôt trouvé ce qu'il
cherchait. Robinet, toujours ouvert aux bonnes
inspirations, en eut une qui avait bien son prix.
J'y suis, mon cher, dit-il à son ami, j'ai
trouvé.... Je me déguise pour me présenter à
ces dames, car
je veux leur plaire, et il faut que
la première impression soit bonne.... Tu ne
devinerais jamais comment je me déguise....
En cent-garde ?
Mauvais plaisant. En Polichinelle.
cols de taureaux,
Leur face bestiale à la forte mâchoire
Et les biceps puissants qu'ils montrent avec gloire,
Tout en sollicitant le peuple des ruraux.
—
—
—
Dans la-foule", aux entours de f arène athlétique,
S'extasie une vierge au profil séraphique,
Qui très avidement contemple les lutteurs...
Sent plus rapidement battre sous le corsage
Son cœur pur, á l'aspect de ces gladiateurs !
Z1G.
Oui, en Polichinelle. Est-ce que je n'ai
pas le physique de l'emploi ?
D'accord, mais....
II n'y a pas de mais, c'est sous ce costume
que je prétends gagner le cœur de l'adorable
Arnanda.... C'est une affaire réglée. Je te dirai
bien que ce n'est pas sans peine que j'ai pris
—
—
est venue à
bout.... et me voilà décidé.... Tu
verras avec
quelle verve je jouerai mon rôle....
ce
D, E
glR LMM
résolution. Tu le
comprends, revêtir un
pareil costume, c'était souffrir dans ma dignité ;
mais ce que n'auraient pu faire tous les raison¬
nements, l'image enchanteresse d'Amanda en
cette
sera
renversant
Arnanda
surtout
sera
ahurie.
II fut ensuite convenu qu'Hector, qui avait
son entrée chez les deux femmes, annoncerait
la visite de Robinet et faciliterait la réussite de
entreprise. Justement on était en carnaval ;
l'idée du déguisement était assez naturelle; les
deux femmes ne furent donc pas étonnées qu'un
amoureux eût la fantaisie de se
présenter à elles
avec un accoutrement de bal
masqué; mais
Hector n'avait pas dit quel était cet accoutre¬
ment : il voulait laisser aux deux belles tout le
son
Au moment de mettre
avons reçu
sous
presse, nous
la note que voici :
Notre infortuné confrère Bcrluron vient de
périr dans des conditions aussi tragiques qu'im¬
prévues.
On sait que ce malheureux était en hutte à
d'incessantes plaisanteries á cause de sa mal¬
propreté proverbiale. 11 avnit constamment
deux doigts de crasse sur la ligure et sur les
inains, et son chapeau, tout comme celui du
Petit-Caporal, était devenu légendaire.
Impatienté de ces railleries, il lìnrt, avant,
—
—
plaisir de la surprise.
Leur surprise fut grande quand à l'heure an¬
noncée, le lendemain soir, elles virent s'élancer
du seuil 3e leur porte, en même temps q u'H ector
pénétrait chez elles, le personnage qui, de temps
immémorial, eut le privilège de dérider tous
les fronts, Limmortel Polichinelle, la
pratique
Laissez-moi essayer ce petit bijou.
Prenez garde au moins à ne pas l'avalcr.
Cela s'avale?
Je crois bien. II m'est arrivé trois fois
d'avaler celui-ci.
Ah ! sapristi,
—
moi qui l'ai mis sur ma lan¬
gue, fit la jeune femme avec dégoût.
Oh 1 rassurez-vous; une langue de femme
—
fait plus de m il qu'elle n'en
reçoit. Prenez ce
petit-verre de chirtreuse, en attendant mieux.
Robinet lui présentait la liqueur qu'Hector
avait portée, ainsi que des gâteaux, en les ca¬
chant sous son pardessus.
Quand elle eut bu la chartreuse :
Vraiment, monsieur, dit-elle à Robinet
en grignottant
quelques gâteaux, je vous félicite
—
■d'avoir eu l'idée de cet amusement; Cerisette et
moi nous nous ennuyons tant, depuis nos mal¬
heurs.
Vous avez eu des malheurs, pauvres peti¬
tes chattes ? fit Robinet affectant d'être alarmé.
Une révolution de palais nous a privées
de Lemploi de lectrices du prince de Monaco.
Vous étiez lectrices du prince de Monaco?
—
—
—
—
Oui, monsieur, et
aujourd'hui nous sont
le pavé.
Ah! chers petits anges, que je vous plains.
Mais ça tombe à merveille, j'ai la bourse bien
sur
—
garnie; m > bourse dès demain vous sera ou¬
verte
et je serai heureux de réparer envers
vous les torts de la Fortune
Mais pour ça il
.
faut m'aimer.... Arnanda, vous m'entendez, il
faut m'aimer....
Je suis déjà bien prévenue en votre faveur,
monsieur Robinet, rit Arnanda; je suis sûre
—
qu'en rien de temps je serai folle de vous.
Puissiez-vous dire vrai ; mais j'espère qu'il
—
en
—
El la suave enfant au radieux visage
MO R T
En Polichinelle, bon Dieu !
—
sera
ront
ainsi, car mes procédés envers vous se¬
tels qu'il faudrait que vous fussiez la plus
ingrate des femmes pour que je vous reste in¬
différent.
Pendant qu'ils causaient ainsi, la jeune fem¬
me, sans en
avoir l'air, inspectait Robinet
des
pieds à la tête.
—
Diable!
pensait à part lui Robinet, qui
s'en était aperçu, aurait-elle des soupçons ? 11
faut que je la prépare à la surprise que je lui
ménage....
On sait ce que Robinet entendait par sur¬
prise. II commença ainsi :
Voyez-vous, chère Arnanda, Robinet n'est
pas un bel homme, mais il est bon enfant; il y
a de plus jolies figures que la mienne, mais j'ai
un cœur d'or pour les femmes ; je ne suis pas
fait au moule, comme disait-à l'instant mon
trop indulgent ami, mais je n'ai jamais laissé
celles que j'aime dans la peine, et ma bourse
ne leur fut jamais fermée.
Quand on est aimable et généreux comme
—
—
vous
l'êtes, monsieur Robinet, on est toujours
beau....
C'est ce que je me dis.... et j'ai tellement
de confiance dans les femmes, une fois que je
leur ai montré ce que je vaux pour elles, que je
voudrais être bossu pour les mettre à l'épreuve,
assuré d'avance qu'elles et moi eu sortirions
satisfaits....
Bossu !
Oui, bossu !
Mais vous ne seriez pas bossu, par hasard?
assez
—
—
—
—
L'ENTR'ACTE
Ah! Amanda, permettez-iíioi de vous le
dire, je n'en ai pas moins la confiance que vous
—
me
laisserez pas partir sans que j'obtienne
gage de votre tendresse, un petit gage, un
rien du tout....
Par ma foi, oui, il en sera ainsi, monsieur
ne
un
—
Robinet, car,
pour vous parler franchement,
vous m'avez tout à fait
gagné le cœur... Mais
débarrassez-vous de cet accoutrement... vous
êtes en nage... Et puis, pour tout dire, je vous
ai vu en bossu, je vous verrais autrement.... je
n'en serais pas fâchée.... ça changerait....
Ça changerait... ça changerait si l'on veut,
quoique ce soit toujours la même chose...
—
—
Mais alors c'est vrai que vous êtes bossu?
Quel dommage! un hem me si aimable.
Ajoutez, Amanda, et si généreux...
Allons, je n'en crois rien ; vous vous mo¬
quez de moi ; tout cela, c'est pour rire.
Pour toute réponse, Robinet se mit à fredon¬
—
—
ner :
PÉR1G0URDIN.
ignoriez qu'un bossu est un morceau fin,
vous
délicat, du vrai nanan, quoi !... Aimer un bos¬
su, c'a été de tous temps chose très bien portée.
De grandes dames, des reines ont aimé des
bossus. De grands hommes se sont honorés d'ê¬
tre bossus.
Maintenant, si vous n'avez pas aimé
de bossu, c'est qu'il vous fut refusé d'en ren¬
contrer.
industrie. Plus tard, quand il se trouva
obligé, par force majeure, de ne pas tenir cc
qu'il avait promis, Amanda, furieuse de s'ètre
laissé jouer, le traita de tous noms, jurant,
mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus,
son
et
Robinet riait comme un bossu....
Jean de La Li.uogeanne.
Ils sont rares, je crois bien, ce sont des
phénix. Est-ce que l'or n'est pas rare, est-ce
que les diamants sont communs ? Mais le sort
favorise, profitez-en. Peut-être que l'ocplus. Elle vous a déjà
manqué, elle peut vous manquer encore... Al¬
vous
casion ne se présentera
lons, c'est dit, c'est fait. Vous m'aimez, et moi
&ǧM & sêmi-
je vous adore. Amanda, je suis fou d'amour
pour toi !...
Le jour de la Pentecôte, j'ai entendu un mot
Et Robinet, dans un bel élan de
passion, se d'égoïste bien nature. A... était allé se promener avec
jeta aux pieds de la jeune femme, qui, plus sa femme dans les environs de Périgueux. Mourants
de faim, ils entrèrent dans une guinguette, où le pa¬
étourdie que gagnée, lui répliqua :
Tenez, monsieur Robinet, je crois que tron leur avoua qu'il ne possédait qu'une seule côte¬
lette.
vous ctes un
blagueur, j'en reviens à ce que j'ai
Une seule? fît A.
Mais, alors, que mangera
déjà dit, mettez de côté cet attirail de Polichi¬ ma femme ?
*
nelle afin que je m'assure par moi-même de la
#
vérité... J'ai bien touché il n'y a qu'un instant
lin correctionnelle :
une bosse, deux bosses, mais
ça pouvait être du
Vos noms et prénoms ?
—
—
.
litant bossu par derrière, par devant,
Mon estomac est à l'abri du vent
Et mes épaules sont bien chaudement.
—
Ilossu, dites-vous, faites voir.
II lui prit une main
l'estomac et sur le dos.
qu'il
se
—
promena sur
coton
—
Cré nom ! je crois que vous Pètes !
II répliqua par ces deux vers,
prélude d'une
évolution dans ses idées :
—
comme
vous
m'en
tion....
•—•
Jacques-Timothée Torgnolard.
Vos qualités ?
—
Chère Amanda, je vais poser ma casaque,
priez, mais à une condi¬
—
Le
Laquelle ?
C'est que vous m'accorderez une satisfac¬
tion égale á celle que vous me demandez
Oh ! ce que vous me dites là !
Ma petite Amandette, soyez bien gentille,
cela vous est si aisé, fit Robinet d'un ton câlin.
Me déshabiller devant vous !
Eh bien ! qu'est-ce qu'il y a là?... Et
puis,
prévenu, attendri :
Ah! monsieur
merci pour cette bonne parole !
J'en ai donc?...
—
le
président,
*
—
Ah!
si j'avais les trésors de Crésus,
Je remplirais mon palais de bossus.
—
Après avoir chantonné ces débris de couplet,
Robinet prit le ton d'un homme qui veut
frap¬
per l'esprit de son auditeur :
Avez-vous jamais aimé un
bossu, Aman¬
—
da-? lui demanda-t-il.
Elle fit un signe de
—
—
—
rassurez-vous, l'honncur restera sauf.
j'étein¬
drai la lampe—
Ici s'achève mon récit. Je dois ajouter
que les
deux jeunes gens se retirèrent le lendemain
.
dénégation.
Comment! vous n'avez jamais aimé un
bossu ! D'où sortez-vous donc,
ma-pauvre amie,
et comme vous étés en retard !
Mais, si vous
n'en avez jamais aimé, je ne m'étonne
—
plus que
*
*
On cause d'une jeune mariée :
Moi, dit quelqu'un, j'aurais mieux aimé la mère ;
—
elle est bien plus jolie.
Moi, dit un outre, je préfère la fille ; elle a bien
plus d'esprit, de bon sens... Et vous, monsieur Taupin ?
-—
Oh ! moi, je suis de votre avis à tous les deux :
j'aimerais mieux la tille dans la journée, et la mère
—
le soir !
ZAtí.
Le Gérant, SPA.
quand le soleil était grandement lové. Robinet
avait, dit-on, coulé de douces heures, fruits de
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