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Médias

Fait partie de L'Entr'acte périgourdin

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Prix

Première Année

LITTERATURE, ARTS, THEATf
ABONNEMENTS

:

Numéro 10

10 centimes

OMMERCE

INDUSTRIE

INSERTIONS

Un an.

Six mois.

Annonces,

3r

lf 75

Réclames.

[ÌBSlIintîRllSlIlïlïïïïlJïiilînî

L'ENTR'ACTE

Périgueux, 4 Juillet 1886.

PÉRIGOURDIN.

Paradis est indulgent pour elles, car il nous
en envoie fort peu.
Comment se nomme ce commis-voya¬
geur, ou plutôt quelle est la ville dont il t'a


leur souhaite fauteur de ce conte diaboli¬
que, écrit pour venger Tinnocence et ren¬
dre hommage à la vertu !
Paul LEBRETON.

parlé ?
Le nouveau-venu est inscrit sous le
de lion, et la ville en question est si¬
tuée sur les bords de l'Isle. Ses habitants
sont affables, hospitaliers...
C'est de Pórigueux qu'il s'agit! inter¬


Quoique certains ne l'aiment guère,
Ge n'est pas un

type vulgaire,

nom

res en vers.



Ge de fourtou dent le

portrait

létale aujourd'hui dans /'entr'acte,
Qd la parole joignant l'acte,

lAyant l'éloquence et le trait.
Gomme tous ceux qui, dans la lutte,

furentfroissés, il est en butte
idé d'inoubliables

rancœurs,

dfais aux ennemis il fait face
éE t toujours fort, vibrant d'audace,

Cil le voit braver les

vainqueurs.

rompit triomphalement le Malin, heureux
de montrer ainsi ses connaissances géogra¬
phiques. Attends un peu ! II y a longtemps
déjà que nombre de braves gens de là-bas
me tirent par la queue. Je vais aller voir ce
qui s'y passe et me renseigner de visu et de
auditu. Qu'on me prépare à Trustant ma

M S! N0CTlMBtII.ES.
Amants mystiques de la Nuit.
Ces rêveurs ignorés du monde,
Dans les ténèbres font leur

valise.

Ils aiment Séléné la blonde,

Sitôt dit, sitôt fait ! Le Diable, d'un coup
de sa griffe puissante, détraqua le cadran
de Tatmosphère. Criç-crac ! L'éclair sillonna
la nue, la foudre gronda sourdement, et
c'est au milieu d'une avalanche de pluie

Dont l'oeil dans leur marche les suit,

Ou le météore qui fuit,
Irradiant la-nuit profonde.
Les Songes, nocturnes coureurs,

Connaissent bien ces promeneurs

les traits d'un in¬
bourgeois, débarqua un soir parmi

que T Esprit du Mal, sous
nocent

Aux allures de funambules.

nous.

éLl rêve, certe, une revanche ;

Si vers éPhilippe on dit qu'il penche,

Qui donc peut connaître son cœur, ?
Quelque jour tombera le voile
éE t de fourlou suivra l'étoile

Soit qu'on l'exalte ou qu'on

s'enplaigne,
qu'on dédaigne ;

En main il tient

plus d'un atout,
Et puis, dans le temps où nous sommes,
On ne trouve pas

Ils font peur au bourgeois craintif,
Et souvent l'amoureux furlif

Messire Satanas se rendit tout d'abord
dans un des cafés les mieux achalandés de
la ville, et eut bien vite lié connaissance

Est gêné par les noctambules.
ZIG.

consommateurs, aux¬
quels il offrit gracieusement plusieurs tour¬
avec

un

groupe de

nées de bocks. Très habilement, il sut ame¬
la conversation sur les femmes en gé¬
néral et sur les Périgourdines en particu¬
lier. C'est alors qu'il en entendit de belles.
Ah ! mes enfants !...
Mme X..., dit l'un, a été tout récem¬
ment surprise en conversation criminelle
avec un vieux barbon dont aurait rougi sa
grand-mère, et son mari, après Ta voir rouée
de çoups, se dispose à bénéficier de la loi
ner

Qui brille au ciel pour l'Empereur !
II n'est pas de ceux

rondo,

Loin des importuns et du bruit.

beaucoup d'hommes

Qui vaillent monsieur de fourle u !



Naquet.

Jeine trouvais!, il y a Q-ois semaines, dans lc
Jardin des Arènes, et j'assistais, en compagnie
d'un aimable et spirituel Parisien de mes amis,'
à la belle lête de nuit organisée par la Logo

maçonnique des Amis persévérants et TEtoile
de Vésoue réunis. Au moment du tirage de
la tombola, je poussai une exclamation, on
entendant proclamer le numéro 6,546. Ce nu-

II a. ma foi, raison ! s'exclama le Malin, ! méro gagnait, en effet, les deux beaux vases
de Sèvres offerts par M. Grévy. Je consultai
et d'où tenez-vous vos renseignements ?
Hon Ta vu !
anxieusement ma liasse de billets, et, — jugez
de ma déception ! — je m'aperçus que j'étais
Fichtre! En ce cas, il n'est guère pos¬
sible d'en douter.
possesseur du numéro 6,545 !
Pas de veine, m'écriai-je. Je perds les
Un autre intervint et narra par le menu
les aventures de Mrae Y..., qui, pour se ven¬
Sèvres pour un point. Cc fâcheux incident m'avait rendu morose et,
ger des infidélités de son seigneur et maî¬
tre, était devenue infidèle à son tour.
pour me dérider, mon ami le Parisien se mit à
Mais, en avqz-vous la preuve? inter¬ me raconter uno curieuse histoire de vases,
dont je pris soin de ne pas perdre un mot, aiìn
rogea vivement Satan, flairant déjà une
d'en faire bénéficier mes chers lecteurs et mes
proie.
Hon me fa assuré, riposta le narra¬
chères lectrices de l'Entr'acte. Voici donc lc
1 récit en
teur.
question ;




Ifejetant le n'importequisme,
éjsettement au bonapartisme
II ira peut-être demain.





En Usant cette prophétie,
Elus d'un électeur, je parie,



S'-emprossera de dire : Amen.



ZIG.

présentés avait
plus où moins diffamatoire à

L'hôtel de X..., au faubourg St-Germain,
possédait encore, le mois dernier, la plus belle

renseigné de la localité.
Que je suis bête ! pensa in petto le

que Ton connût au monde. Aujourd'hui, que
reste-t-il do cette « Japonaiserie ? » Une désil¬
lusion et une baisse subite à l'hôtel Drouot, sui¬
des pièces jadis inabordables et dont on offre
maintenant des prix dérisoires. Un seul mot a
causé cet incompréhensible désarroi. Lors de
la visite que faisait un prince japonais à la nohie marquise, celle-ci .Pavait conduit dans la

Chacune des personnes

une histoire

raconter sur tel ou tel ménage ; mais ce qui
frappa surtout T Esprit des Ténèbres, c'est
que Hon avait tout vu, Hon avait tout dit,
et paraissait être le personnage le mieux


Diable. Je me suis

HISTOIRES ET CONTES PfitlGOIIRRIS
t.!

Léfêcidl® à Wqet,

Le monde n'est pis si méchant
que de
mauvaises langues le prétendent, et les fem¬
mes sont beaucoup moins
canailles que
certains esprits atrabilaires, médisant
quel¬
quefois par dépit et souvent par jalousie,
voudraient bien le laisser croire. On en

sait,

du reste, quelque chose, dans le
royaume des Enfers, où. paraît-il, les pen¬
sionnaires font presque défaut. 11
y a quel¬
ques jours, en eílet, le Diable, au cours de
sa tournée mensuelle,
s'aperçut que la plu¬
part de ses Lournebroehes chômaient. Toutà-coup, Belzébuth s'arrêta interloqué de¬
vant
dont

immense rôtissoire rouillée et
Taspect rappelait vaguement un de
nos hauts-fourneaux
après les fameux trai¬
tés de 1860.
Quels sont les damnés qu'on place là
d'ordinaire? demanda-t-il à son premier
une



ministre, qui raccompagnait,dans sa pro¬
menade infernale.

Sire, vous avez devant vous la rôtis¬
soire des femmes qui trompent leur mari !
Corne de bouc! vociféra le Maudit, et
ce gibier-là fait défaut? C'est à ne
pas y




croire.
Mais oui, majesté! Et pourtant, si
je
dois m'en rapporter à certain commis—

voyageur qui nous a été expédié ce matin
par saint Pierre, il existe au moins une
ville où les épouses infidèles sont à foison
;
mais il y a lieu de croire
que le

portier du

dérangé pour savoir la

vérité, et j'avais sous la main ce fameux
Hon, dont tous ces bavards se font l'écho.
Belzébuth s'empressa de regagner sa
Sombre demeure, et son premier soin fut
de mander le grand ministre de fempire
infernal.
Tu m'as parlé, ce- matin, lui dil-il,
d'un nommé Hon, que venait d'envoyer
saint Pierre. Quels renseignements t'a-t-il
transmis sur le compte de ce particulier ?
Le nouveau venu, répondit f agent satanique en consultant ses tablettes, était




commis-voyageur de la maison Potins, Men¬
songes et Cv. Un beau jour, il se mordit la
langue en débitant sa marchandise frela¬

tée... et 11 mourut empoisonné.
Je comprends tout ! s'écria le Diable.
Mais alors les tristes histoires qu'a colpor¬
tées cette langue venimeuse sur le compte
de certaines femmes périgourdines étalent
fausses !
Je le crains, maître !
En ce cas, ordonna Satan, mettez ce
maudit dans la Grande-Chaudière, après
savoir enduit, au préalable, de l'excellent




--

collection

de

vases

de Yokohama et de lviolo

merveille, où les plantes les plus
dans les splendides vases du
Japon si admirés par les familiers de la maison.
Au lieu de la surprise à laquelle elle s'atten¬
dait, la marquise vit le prince rougir, la regar¬
der avec étonnement ; puis, désignant du doigt
les vases qui se trouvaient devant lui, il posa
cil langue japonaise uno question au secrétaireinterprète qui raccompagnait.
Son Altesse demande à M",e la marquise
si c'est elle-même qui soigne ces fleurs et les
serre, une

rares fleurissaient



?
Moi seule... et plusieurs fois par jour.

arrose


A partir de celte réponse, la contenance du
prince parut embarrassée, la visite fut écourtée,
et la marquise, suivant des yeux ses visiteurs,
lorsqu'ils descendaient le grand escalier, les
entendit murmurer cn étouffant des rires signi¬
ficatifs :

«

Piottoh ! Piottoh !! Dlottoh 11!

»

Désireuse d'avoir le dernier mot de cetle
énigme et sans perdre une minute, la marquise,

qui a un frère capitaine de vaisseau à Tescadrc
du Japon, lui adressa le télégramme suivant :

pétrole de la maison Pénalité et Despeaux.
Que signifie ce mot japonais : Piottoh *? »
Ces ordres furent ponctuellement suivis,
La réponse né se fit pas longtemps attendre ;
et, à l'beure qu'il est, Hon doit rôtir et ex¬
pier ainsi ses nombreux méfaits. Ne le | elle était ainsi conçue :
Regardez jeux porcelaines, fêtes publiques, vous
plaignez pas, bonnes âmes, il a mérité son verrez
des » Piottoh, » avec œil dans le fond. »
sort. Malheureusement, — et le Diable ne
La marquise n'a pas voulu conserver un
jour
l'ignore pas — le commis-voyageur de la
maison Potins, Mensonges et Cìc a laissé une
déplus les vases dans lesquels elle s'enorgueil¬
lissait de faire pousser ses fleurs aimées; au
nombreuse lignée parmi nous. Les fils de
On, — avec ou sans H, — saperont long¬ reçu de la dépêche, elle a envoyé toute sa col¬
«

«

temps encore le bonheur des ménages et
causeront ainsi bien du mal à des person¬
nes qui ne leur en font aucun. Puissent-ils
se mordre la langue et mourir tous empoi¬
sonnés comme leur père. C'est le sort que

lection de Piottoh à l'hôtel Drouot.

Certes, voilà une occasion qui fera bien plai¬

sir à M. Grévv.

Des vases... à œil !... Mais j'y

pense, pour lui, ceux de

prix-là, et la meilleure

Sèvres sont dans ces
preuve, c'est qu'il s'est

L'ENTR'ACTE

décidé à en donner deux pour la loterie péri gourdine dont j'ai parlé au début de ce récit.
Ce qui va le vexer, par exemple, à ce brave
homme, c'est d'apprendre que le gagnant a
jusqu'à présent refusé de se montrer et de reti¬
rer son lot.
Après tout, c'est peut-être un réac¬
tionnaire qui possède le numéro 6,546, et il
rougirait de posséder chez lui les vases h l'œil
de M. le président de la République. En ce cas,
je prie MM. les organisateurs de ne pas oublier
que je suis détenteur du numéro qui précède
et, s'ils veulent bien m'offrir les vases, je les

accepte... seraient-ce des Piottoh !
ZAN-ZIBaR.

LA FORTUNE ET l'AMOUtt
Quel est le pessimiste qui a prétendu qu'on

ne se marie

plus aujourd'hui que pour l'argent
Eh bien ! ce pessimiste là
eu a menti.
C'est ce que .l'on va voir, si l'on
veut lire jusqu'au bout cette historiette au¬
thentique et qui s'est passée l'an dernier en
pleine Dordogne.
Mon héroïne est une simple fille de chambre
et mon héros un commis. Elle s'appelle destine ;
et non par amour ?

il se nomme Honoré. Honoré courtisait Justine

depuis quelque temps déjà, lorsqu'il survint un
grave mais très heureux évènement dans la
vie de Justine. Propriétaire d'un de ces cou¬
pons du Crédit Foncier qui donnent lieu plu¬
sieurs fois dans Tannée à des tirages, son nu¬
méro sortit Je premier à l'un de ces tirages et
elle gagna 100,000 fr.
Je vous laisse à penser quelle fut l'émotion
de la jeune servante. Se trouver la maîtresse
d'une fortune quand on a en perspective de

passer, sa vie à servir les autres,
ces

surprises, de

ces secousses

c'est une de
qui peuvent

faire tourner la tète, et je dois bien avouer que

pendant quelque temps la jeune íìlle ne man¬
gea pas, ne dormit pas et qu'elle vécut dans
un état de Surexcitation
qui eût pu tinir par
ébranler sa santé. Mais un peu après il se pro¬
duisit fort heureusement en elle une réaction...
Ses nerfs se calmèrent, elle put manger, elle

put dormir, entìn jouir Lotit à son aise, sans ex¬
cès de joie maladive, du bonheur de se trouver
riche ; la fortune mèmó, au lieu de no lui don¬
que do la joie, lui causa quelques contra¬
riétés.
Le bruit qu'elle allait entrer en possession de
la somme de cent mille francs s'ctant répandu,
dès ce jour elle fut circonvenue par une foule
do gens qui, sous mille prétextes, voulaient fi¬
cher de faire passer une partie do cet argent du

Justine

dans leur portemonnaie à eux. C'étaient des emprunts, des
entreprises, des propositions de tous genres
par lesquelles on lui promettait de doubler en
rien de temps son capital ; heureusement que
dos conseillers sincères l'einpêchèrent de tom¬
ber dans les pièges qui lui étaient tendus.
Dans un autre ordre d'idées, Justine courut
aussi des dangers : les galants, les épouseurs

présentèrent ; des jeunes gens qui, passant
tous les jours auprès d'elle, ne lui avaient pas
accordé jusque-là la moindre attention, la lor¬
gnèrent et, s'approohant, se montrèrent aima¬
bles et empressés, se préparant à lui offrir
leur main, qui, le plus souvent, eùt été un triste
se

plexe ; quand je disse trouvait placé... il s'agit
du s'entendre. Pour un autre que lui, la situa¬
tion eùt été fort simple : il avait fait la cour à
la jeune fille ; il n'avait qu'à continuer. Mais
Honoré avait une de ces organisations pleines
de délicatesse, et, en outre, était scrupuleux à
Texcès, timide et ombrageux
II se dit : si je persistais à lui faire la cour,
ne croirait-elle pas que c'est
uniquement pour
son
argent, et puis, la fortune n'a-t-clle pas
changé son cœur ? Certes, Dieu m'est témoin
que, quoique je ne lui eusse pas encore parlé
de mariage, par une pente naturelle des senti¬
ments qu'elle m'a inspirés, car je Taimais cha
que jour davantage, j'allais être amené insen¬

siblement à lui en faire la proposition. Màis si
je le lui dis, suis-jc assuré qu'elle aura con—
lìance en ma parole ?
Et, par suite de ces beaux raisonnements, il
se tenait à Técart et attendait... 11 y a plus : lui
qui auparavant, sitòt qu'il était libre un seul
moment, allait passés devant la demeure de
Justine, s'abstenait depuis qu'elle était riche,
ou

n'y passait que le soir, quand elle ne pouvait

pas le voir, guettant, les fenêtres de la chambre
o fi il supposait qu'elle se tenait,
le cœur in¬

quiet et plus amoureux que jamais.



Dis-je à Jeanne eu passant le plat,
On doit se donner f accolade
Un jour de fête à Lesparat !

Bien tard, mais en joyeux état.
Ma foi, peut-on compter les heures,
Un jour de fête à Lesparat ?

subir une humiliation.
Mais la tendresse de la jeune fille pour Ho¬
noré lui eut bientôt donné la force de surmon¬

La morale de cette histoire,

V
Ma Jeanne, jadis si sévère,

N'avait plus le moindre courroux ;
Nous buvions dans le même verre...

Amour, que tes plaisirs sont doux !
Nous regagnâmes nos demeures

VI

C'est que Jeanne m'o lire sa main.
L'Amour a gagné la victoire :
Nous épousons le mois prochain.

quelques moments de faiblesse, et elle
s'arrangea à se trouver sur son passage... Elle
fit quelques pas vers lui ; Honoré, voyant
qu'elle voulait lui parler, s'avança, lui aussi, de
ter

son

Jeunes gens, si parfois vos belles
S'entêtent dans le célibat,
Menez dîner ces demoiselles
Un jour de fête à Lesparat I

côté.
Eh bien !

monsieur, lui dit-elle, on ne
voit plus'; qu'est-ce que cela veut dire ?
Je vous attendais , mademoiselle, lui ditil avec la plus profonde sincérité.


vous

LE TROUBADOUR.



Vous m'altendiez ? Qu'est-ce que cela
signifie ? Est-ce que c'est aux jeunes filles à
faire aujourd'hui des avances aux jeunes gens?
Non pas ordinairement ; mais quand une
demoiselle, pauvre la veille, se trouve riche




le lendemain, un amoureux

de bonne foi peut

craindre de la gêner en allant au-devant d'elle
et de la mettre dans la nécessité de tenir des

mmm mmìimti

engagements moraux qui pourraient lui peser.

i

Ah ! mon Dieu ! quelles idées vous faitesvous ? Voyons, monsieur, ni'aimez-vous moins


Quelques-uns de mes lecteurs se sont plaints

de

de ce que je les ai laissés sous f impression
la mésaventure de Bônardot; ses vertus les ont

lorsque j'ai gagné à la loterie ?
Je vous aime toujours de même.
Avez-vous f intention de m'épouser ?
Je ne vous avais jamais ouvert la bou¬
che à ce sujet... mais je puis affirmer que je
vous aurais fait cette
proposition avant peu,

que


touchés ; ils ont souffert de savoir qu'avec lui
le crime triomphait une fois de plus, et non la
vertu. Si je n'avais à faire connaître qu'une
suite d'infortunes, je garderais un silence dont





je serais le premier à comprendre la nécessité;
mais les épreuves de la vie si simple de Texcel-

mon amour
allait
croissant d'heure en
heure. Vous ò tes-vous aperçue du contraire ?

car



lent Bonardot paraissent finies,

Non, monsieur. 11 m'a semblé qu'il était
plus en plus ardent, comme

sous sa

tous les jours de
vous


le dites.
Eh bien !

plus si je vous reparle de lui; c'est pour vous

faire savoir comment cet heureux événement
est arrivé.
j'ai laissé Bonardot, ainsi qu'on a pu voir, á

permettez que jc ne vous en dise pas davan¬
tage.

--Alors, monsieur, puisque la fortune me
celte singulière
position que toutes les
avances doivent venir de moi,
laissez moi in¬

peu près dans la situation où se trouve un ca¬
niche à la queue duquel la main d'un malotru
aurait attaché une casserolle (voir la vignette

fait

tervertir

les rôles cl venir vous demander,

votre main...

..

ci-dessus) ; encore y a t-il à parier que la posi¬

Monsieur, vous plaìrail-il que je

tion du dm en vaudra mieux que celle de Bo¬
nardot. En el'íet, rentré au logis, f animal trouve

devienne votre femme ?
En parlant ainsi, elle le regardait d'un petit
air mutin à le rendre fou d'amour. U répondit :
Ali ! mademoiselle, s'il me plaît-que vous

son

maître qui détache la casserolle et le console

de son mieux; hélas! Bonardot vivait seul, il
n'avait pas de maître pour détacher la casserolle
et le consoler. II n'avait rien... rien que sa phi¬



soyez m a femme!.. Mais c'est tout ce que je
désire le plus au monde !
Le mariage eut lieu un mois après cet en¬
tretien.
FANTAZIO.

losophie et sa résignation....

Mais le ciel lui réservait une douce compen¬
sation. et le ciel la lui devait bien... II faut dire
d'abord que sans parents, trop peu fortuné pour
.

monter une

maison, Bonardot, qui n'aima ja¬

mais le grand

nombre,

car il avait remarque

que plus une société comptait d'assistants, plus
il s'y trouvait de gens pour se moquer de lui,

Bonardot, dis-je, prenait ses repas, non dans un
d'une honnête fa¬

restaurant, mais à la table
mille où il ne trouvait que

I
A Lesparat, c'était la fêle,

C'était un jour do gai soleil ;
Ma Jeanne avait l'ait sá toilette,



Moi, j'avais mis mon sans-pareil.
Tous deux nous allions sur la route
Chantant, riant avec éclat,
Car la tristesse est .en déroute
Un jour de fête à Lesparat !
II

des visages sympa¬
thiques.... et indulgents.
Or, un jour où la maîtresse du logis avait dû
lui donner congé pour le repas du soir et où
par

conséquent Bonardot, à moins d'aller se

coucher sans souper, avait dù songer a faire sa

cuisine lui-même, Bonardot, répèterai-je, dési¬
reux de se payer les douceurs d'une côtelette,
alla sous la halle pour faire son emplette, et le
hasard voulut qu'il se dirigeât vers le banc de la

Lagnelet. Quand je dis le hasard, je me
reprends, c'est le ciel qu'il est plus exact de dé¬
signer, et son intervention, ainsi qu'on va le
voir, ne saurait faire l'objet d'un doute. Voilà
ce que c'est. Le ciel voulait le bonheur de Bo¬
nardot par son mariage avec la veuve Lagnelet.
Pour le lui procurer, autant valait que tout
autre le prétexte de f achat d'une côtelette.
Une fois la côtelette choisie, enveloppée de
papier ct. la monnaie de sa pièce rendue à Bo¬
nardot, celui-ci, les pieds comme attachés au
sol, semblait attendre quoi ? il eût été bien en
peine de Je dire ; la veuve, qui avait la langue
bien pendue, paraissant, elle aussi, curieuse de
quelque chose de nouveau qu'elle souhaitait ou
veuve

Or, nous voilà dans la campagne,

Errant par les ombreux sentiers ;
Nous avons, me dit ma compagne,
Pris le chemin des écoliers.


Mignonne, pour reprendre haleine.
Je T offre un Biller Secrestal,



Sous les ormeaux de Sainte-Hélène :
C'est l'étape avant Lesparat !
III

Nous reprenons le gai voyage,
A Lesparat nous arrivons ;
Quelle gaîté dans le village,

Comme les autres,

le ciel fa pris

protection, il a trouvé une femme, avec

la femme le bonheur.... Ne vous étonnez donc

s'il en es! ainsi, mademoiselle,

devenait Ho¬

noré ?
Honoré se trouvait placé dans une position per¬

On dîne gaîment entre amis,
Et l'on dit plus d'une bêtise :
Ce jour-là, ma foi, c'est permis !
Entre la poire et la salade,

puisque, me trouvant aujourd'hui dans une posilion qui rend notre mariage plus que jamais
possible, il se tient à T écart. En agissant ainsi,
il se condamne lui-même... il m'avoue qu'il
n'en avait pas l'idée, et il doit craindre que je
pénètre le fond de sa pensée ; c'est ce qui fait
que je ne le vois plus...
Elle ajoutait : S'il ne vient pas à moi, je me
résignerai pourtant à aller à lui, quoique ce soit
sortir de mon rôle et que je m'expose par là à

(Air à faire.)
que

Dans le grand pré la nappe est mise,

de ne pas le voir, elle soustrait, et en vint en
même temps à douter d'être aimée par lui...
Coinme Tes prit des amoureux n'a pas toujours
assez de liberté pour rester logique, quand il a la
chance de l'être, elle s'abandonnait à des rai¬
sonnements insensés. Ainsi elle se disait : II
faut qu'il n'ait jamais eu l'idée de m'épouser,

cadeau.

Mais, pendant ce temps,

IV

Justine cependant ne se livrait à aucun de
calculs qu'Honoré redoutait. Elle s'étonnait

ces

ner

porte-monnaie de

PÉRÍG0URD1N.

nous

chantons !

Puis, on s'en va sous la charmille
Pincer un léger entrechat...
Tout cela se passe en famille
Un jour de fêle à Lesparat I

attendait sans doute de son client, et ne voyant
rien venir, interrompit brusquement le silence :
Monsieur Bonardot, dit-elle, j'ai appris
les misères que cette coquine de Georgina vous
—-

a

fait endurer;

j'en ai été indignée, croyez-le

bien. Comment ! Après avoir reçu de vous l'ai¬
mable lettre que vous lui avez écrite, elle n'a
rien de plus pressé que de comploter avec ses
amants le mauvais tour qu'elle vous a joué?
Ah ! vrai, c'est trop fort, elle mériterait cent
coups de bâton.... mais ce qui la suit ne peut
manquer de l'attraper.... elle mourra sur un
fumier
et ce sera le digne couronnement de
sa méchante vie
Se moquer d'un si brave
homme que vous! Tenez, monsieur Bonardot,
vous le croirez si vous voulez, j'en ai pleuré,
...

la

Et en proférant ces paroles émues,
veuva
tirait un mouchoir de sa poche et le portait à

ses yeux,
y récoltant un regain de larmes qui
tombaient en rosée bienfaisante sur la douleur
de Bonardot; il s'écria :
Ah ! la brave femme, l'excellente femme


que vous êtes, madame Lagnelet ! Ah ! si, au
lieu d'adresser ma demande en mariage á cette

vaurienne, qui montera certainement un jour
sur l'échafaud,
j'avais su choisir une femme
telle que vous.. .
Je vous aurais


répondu sur-le-champ que

j'accueillais votre demande.

Comment! chère madame Lagnelet. si je
vous avais demandée en mariage, vous auriez...


Accepté avec empressement, mais, oui,
monsieur Bonardot, est-ce qu'on peut rejeter
l'offre d'un homme qui a jusqu'à 46 ans gardé


innocence, quand le monde n'est plein que
d'ivrognes et de coureurs !
Je devine, vous faites allusion à feu La¬

son



gnelet.
Oui, feu Lagnelet, qui m'a bien fait souf¬
frir, allez! II était ivrogne, il était coureur, et
je l'aimais pourtant. Qu'est-ce que c'eût été s'il




avait ressemblé !
Ah! madame Lagnelet,

si j'avais su, si

j'avais pu deviner....






Mais, monsieur Bonardot, vous êtes tou¬
Eh bien! madame Lagnelet...
Moi je suis toujours veuve....

Qu'est-ce que vous en dites, madame La¬

gnelet ?

Ce que j'en dis, vous le comprenez bien ?
Tenez, monsieur Bonardot, venez ce soir chez
moi, nous causerons mieux à notre aise qu'ici,
où il y a toujours mille oreilles de tendues pour
savoir les affaires des autres.


Bonardot, sur ces mots, se décida à quitter le
banc de la veuve, mais ce fut en répétant :
Ah ! madame Lagnelet, si j'avais su.. .
Et la veuve, de son côté, lui répliquait par
ces mots, accompagnes de petits airs tout à fait


engageants : — II n'y a rien de compromis,
monsieur Bonardot; ce qu'on n'a pas fait liicr,

qu'est-ce qui empêche de le faire demain ?
Ah! la bonne aventure! voilà qui était parler!
voilà une femme à qui il y avait plaisir á s'a¬
dresser! Elle n'y allait pas par trente- six che¬

mins! Bonardot était aussi heureux de sa con¬
versation avec la veuve qu'il l'avait été lors de
sa fameuse trouvaille.... Et dire qu'il n'avait eu
que la peine de laisser conduire la conversation
là ou la veuve avait voulu.... Et ce n'est pas

la veuve n'était pas une femme à dédai¬
gner.... Elle n'avait pas la fraîcheur et la gen¬
tillesse de Georgina, mais sa tournure n'en était
tout :

pas moins appétissante, malgré ses 42 ans, et
sur ses joues rebondies
il devait ctre doux

d'appliquer des baisers bien sentis... Ah! la
belle aventure ! l'agrcable aventure ! Bonardot
ne
s'en connaissait pas de joie. Et il n'y avait
pas à dire, ce n'était pas une perspective incer¬
taine, un bonheur problématique ; la veuve ne
s'en cachait point, elle désirait fort l'avoir pour
mari... II l'aurait donc pour femme, c'était
comme

si c'était fait!...

On pense bien que le soir de ce jour fortuné,
Bonardot fut fidèle au rendez-vous; Une i'ois

réunis, la veuve posa nettement la question de

mariage. Bien entendu Bonardot acquiesça.

Depuis que la veuve l'a bien convaincu
qu'elle aspire à l'honnéur de sa couche, Bonar¬
dot a totalement changé. II ne doute plus de
lui-même, l'assurance lui est venue, et s'il ren¬
contre une femme en son chemin, il lui jette

air semble lui
autrefois; à
présent je prends ma revanche. Je n'ai plus be¬
soin de vous... passez votre chemin ! Avec l'as¬
regard d'amateur et

dire :



Vous

surance lui sont

me

Bonardot ne laisse pas tomber l'observation.
II riposte :
—-

Si vous

me

voyez

aujourd'hui, madame

Lagnelet, avec ce chic qui vous épate, c'est pour
vous plaire, c'est
parce que je sais que vous êtes
une femme de goût...
Ce chic qui vous épate. On voit qu'avec les
belles manières mon héros a pris le beau langage.
Enfin, le grand jour est arrivé On fuit noce.
II y a quinze à vingt invités. Un beau repas
attend les convives. Le programme de la jour¬
née, qui est l'œuvre de la veuve, est exécuté de
point en point et tout se passe fort bien. La
veuve, qui a tout mené, tout dirigé, se voit en¬
core obligée de
prendre l'initiative quand vient

riiez

son

au

nez

aussi venues d'autres habitudes,

il fume le cigare maintenant,

lui que la fumée
suffoquait, il prend son bock comme le.premier
venu, sans avoir soif, attablé devant les cafés
des boulevards, lui qui modestement se conten¬

tait autrefois d'eau pure, et, pour achever de se

donner un genre, il a laissé de côté sa redingote

coupe d'ignorantin en

noviciat pour se vêtir à

bien aimable, va obtenir enfin sa

juste récom¬

pense. Je lut permets de donner à sa- femme
une
grosse bise,...
Et en prononçant ces mots elle approche son

visage des lèvres de Bonardot, qui se décide
l'expression de

enfin à y aller de sa bise, selon
sa femme.

Voyez-vous, mon petit Nanardot, vous
laites exactement ce qu'il faut, mais l'ardeur, le


feu vous manquent. Tenez, voilà comment on
doit embrasser sa femme
Et en disant ces mots elle
applique sur les

joues de son mari un baiser, deux baisers bien
retentissants.... Bonardot, Dieu me pardonne !
sa réchauffe, il va sortir de sa
torpeur.... Mais
son ardeur se calme
quand il entend le bruit
qui se fait dans l'escalier.
On nous porte le tour in, couchons-nous,
fait la veuve, qui profite de l'incident pour en¬
traîner avec elle Bonardot, poussé dans le lit et
s'y trouvant fourré sans trop savoir comment....
La porte s'ouvre; irruption soudaine des gens
de la noce ; jeunes et vieux, tout s'en mêle; les
époux mangent le tourin, pour en promptement
finir, et voilà Bonardot marié.


Jean de La Limogeanne.

le moment d'aller se mettre au lit. Mais elle sait
que lui impose sa situation vis à vis d'un
homme dont 46 ans de continence ont atrophié
les sens; elle ne faillira pas à sa mission, son
ce

esprit de décision sera à la hauteur des circons¬

La voici à l'œuvre. 11 faut aller au lit.
Bonardot est isolé des convives. Elle saisit ce
moment et lui dit :
Monsieur Bonardot, il est onze heures;
veuillez m'accompagncr à ma chambre....
Et en même temps elle le tire par la manche
de sa redingote. Bonardot rit aux anges, mais,
il est pris ensuite d'une émotion qui lui para¬
tances.

lyse les jambes ; il ne suit pas la veuve, il est
plutôt entraîné par elle. Enfin les voilà dans la
chambre nuptiale; Bonardot ne se remet pas,
au contraire, et la veuve, qui espère que c'est
l'a fia ire du moment, va et vient sans avoir l'air
de se préoccuper de lui, pour lui donner le
temps de revenir á lui. Mais Bonardot ne revient
pas, et la veuve, regard :nt la pendule : — Onze
heures et demie, monsieur Bonardot, dit-elle,
est-ce que vous ne vous couchez pas ?
Eh! eh! eh! bêle Bonardot.
Si vous ne vous couchez pas, reprend-elle,
du moins asseyez-vous.
Sur cette invitation il s'assied, pendant que
de son côté elle avance une chaise et prend




place tout à côté de lui. Puis elle se penche et,

les yeux, d'un petit air pro¬
voquant, elle lui dit d un ton câlin : — Qu'estce que fait là cette cravate qui serre lc cou de
mon petit Nanardot ?
Et en parlant ainsi elle décravate tout dou¬
cettement Bonardot
qui la laisse faire avec
une patience d'ange. Après lá cravate, c'est le
tour de la redingote.
Cette redingote gêne aux entournures mon
Nanardot, il va me la laisser mettre de côté....
Et elle fait suivre une manche, puis une au¬
tre. Après la redingote, c'est le tour du gilet,
puis vient le pantalon. Bonardot finit par se
trouver en simples caleçons, ce qui fait couvrir
son front virginal d'une aimable pudeur.
A mon tour à présent, fait la veuve, qui
nc veut pas lui donner le temps de se reconnaî¬
tre. J'ai été .bien aimable pour mon petit Na¬
nardot; de son côté, mon petit Nanardot sera
bien aimable pour moi... n'est-ce pas?
Bonardot laisse échapper un oui étranglé.
le regardant dans

,



êmm & êmmi■
Chez la comtesse de lî...
Chacun vient de décliner sa
généalogie.
ht vous, monsieur de Boireau ? demande un
vieux marquis ; noblesse de robe ?
Noblesse d'épée, répond fièrement Boireau
;
mon bisaïeul était cordonnier... militaire !




*

En cour d'assises :
Une femme est accusée d'avoir voulu
empoisonner
sou mari. Celui-ci,
soigné â temps, en est revenu et
assiste à l'audience.

Qu'avez-vous à dire pour votre
mande le président à l'accusée.
Je suis innocente ! Je demande


Eh bien! commençons par poser mes bot¬
tines. Agenouillez-vous, tenez, déchaussez-moi.
Et en parlant ainsi elle lui présente un pied

lopsie !

***
Madame révise avec sa bonne sou livre de dépenses :

parmi dillérenls articles, elle remarque celui-ci : Lait,
cinquante-trois francs.
.
Oh ! oh ! dit madame, cinquante-trois francs en
un mois, ça tait
presque deux francs par jour.
La bonne, d'un ton insinuant :
.Madame sait bien que rien ne monte comme le




lait !

*
*

Un de nos amis faisait




co

malin du vin en

Auguste, dit-il à son domestique, pourquoi n é-

los-vous pas à la

les tonneliers ? Ils vont

cave avec

boire notre vin !


Ob ! répondit ce modèle des serviteurs, quand
bouteille, cela 11e peut pas leur

ils eu boiraient une
faire de mal.

*

Maman, arrivant à l'improviste dans la salle à
manger, menace de tirer les oreilles de Bob.
Vous avez encore bu un petit verre de
monsieur ?
C'est pas moi, maman !


Porto,











Qui donc ?
C'est un biscuit qui l'a tout bu !
Ab I et où cst-il, ce biscuit ?
Lc biscuit?... (D'une voix grave.)

nir, je l'a! mangé !

Pour le pu¬

#
*

*

En cabinet particulier :




—-

Quel vin prendrons-nous, ma chère ?
Choisissez vous-même.
Du champagne ?

Non, par exemple.
devons rester sérieux...




qui trouble singulièrement la pauvre cervelle



*

mettre

bouteilles.



il ne sait comment saisir
ce
pied.trop séduisant; il s'y décide néanmoins
et tire si fort que la bottine suit trop vite et que
Bonardot surpris est entraîné et tombe les jam¬
bes en l'air, ce dont la veuve rit beaucoup.
Vous y allez aussi de trop bon cœur, mon
chéri, fait-elle ; tenez, vous tirerez mieux cellelà.... oui, c'est ça.... vous vous y prenez bien à
présent.... là....'ça y est.... Maintenant je vais
poser ma robe... ah ! il faut aussi m aider poser
ma robe, mon petit Nanardot.
II lui aide, ainsi qu'elle le demande, mais c'est
une singulière fille de chambre qu'elle a là; elle
s'en contente pourtant. Tous ces incidents de
toilette ont mis le comble au désordre de l'esprit
et des sens chez Bonardot, mais sa femme fait
comme si elle ne s'en apercevait pas.
Elle lui
dit d'un ton de plus en plus câlin :
Voyons, mon petit Nanardot, qui a été

défense ? de¬

qu'on fasse l'aù-





de mon personnage,

II

un

vêtements que vous avez là sont
des jeunes gens de t8 á 25 ans, ou
bien encore pour ceux de cet âge qui sont gras
et dodus, et-vous .avez des
jambes comme des
fuseaux, mon pauvre ami.
que les

faits pour



jours célibataire.


pantalon tellement collants qu'on est amené
pas dû naître avec) Bo¬
nardot produit bien sur són esprit un singulier
effet, pour parler exactement; mais elle devine
qu'elle est la cause de toutes ces. métamorpho¬
sés, et, tout en tremblant pour l'état mental de
son futur, elle se borne à cette remarque indul¬
gente : — Mais, monsieur Bonardot, vous êtes
bien un peu maigre, il me semble, pour porter
de pareils habits.... et trop âgé aussi.... Bavezun

à se demander s'il n'a

vous

oui, pleuré....

vous

la dernière mode, et la veuve Lagnelet le voit
arriver un jour á son banc avec un veston et

Vous

savez

bien

que nous

Alors, prenons du grave !
«
»

Partie d'écarté dans

un

*

monde excessivement dis¬

tingué.






Je marque le roi?
Vous Pavez.
Non. mais je 1"annoncé.

On continue.
Vous 11'avez doue pas de carreau ?





Si, mais ça me géne d'en fournir !
*

H.

*

-

Guibolard achète du papier.

Quelle sorte désirez-vous ? demande le mar¬
chand, du bristol, du poulet, du quadrillé ?


Comme c'est pour faire des invitations á un bal,
le quadrillé me paraît tout indiqué.
ZAG.


Lo Gérant, SPA.

Pórigueux, imp. LAPORTE, anc. Dupont et C».