FRB243226101_P2-801_1886_011.pdf
Médias
Fait partie de L'Entr'acte périgourdin
- extracted text
-
Première Année
Prix
:
10 centimes
Numéro 11
!U>WWsl!MlWWWUMWWWWIfWWWf!
LITTÉRATURE, ARTS, THÉA
ABONNEMENTS
Sii mois.
'COMMERCE, INDUSTRIE
INSERTIONS
Annonces
Réclames.
L'ENTR'AÇTE PÉRIG0URD1N.
Périgueux, 18 Juillet 1886.
l'avant-veille du mariage de Revel, lui avait
dit, en l'embrassant sur les deux yeux :
Gomme souvenir de ta petite Marion,
j'irai ensuite demander l'hospitalité à mon
tu retrouveras dans- mon alcôve les pan¬
toufles que tu y as laissées.
La femme de Georges, qui puisait dans
son violent amour pour son mari une indul¬
gence hors de mise, avait d'abord coura¬
Ce soir-là, Georges Revel "avait laissé
l'infortunée Mathilde dans un état d'esprit
amie Clara.
—
garde la clef de ma porte d'entrée, et si un
jour tu te sentais las du pot-au-feu conjugal,
Té ! c'est BarbassON de Marseille,
Tleiu d'une audace sans pareille,
geusement lutté contre la froideur crois¬
sante que lui témoignait celui-ci. L'isole-
Qui, n'essayant rien à demi,
fitprestement sertir cI{emy
De la panse du crocodile
Xt gui, sans se Jaire de bile,
rnent dans lequel elle était laissée la plus
grande partie du jour et parfois la nuit tout
entière, lui brisait le cœur ; mais à l'heure
des repas, le seul tète-à-tèté que lui réser¬
vât maintenant son mari, Mathilde Revel
avait encore le courage de sourire, et elle
semblait prendre un intérêt tout particulier
aux récits mondains que lui rapportait l'infidèle... Ce qu'il aurait fallu pour retenir
Sans défaillance et sans courroux,
S'amuse à tuer les lions roux.
Hic mm e multiple et de ressource,
logis son trop volage époux, la pauvre
croyait l'avoir deviné ! Long¬
temps, en effet, elle avait prié le Ciel de ta
au
3lu rire ayant trouvé la source,
délaissée
Te l'ai vu, c'est un fait certain,
rendre
De bravos faire ample butin
331 défier toute critique
Tin imitant — exempta
mère; mais, hélas! le Ciel était
resté sourd à ses vœux et lui avait refusé le
bébé frais et rose sur lequel elle comptait
pour ramener la paix et le bonheur dans
unique ! —
ménage troublé.
Math il dé n'ignorait pas les relations in¬
times de son mari avec la courtisane Maria.
Plusieurs de ses bonnes amies, mises au
courant de ces relations par des papotages
de salon, s'étaient fait un devoir d'instruire
la jeune femme, et l'une d'elles, M"10 Bivar,
dont vous connaissez' tous les aventures
avec certain professeur de piano, crut même
devoir ajouter le détail intime des pantou¬
fles et dé la clef, qu'elle tenait, clfsait-elle,
de son mari, « qui de temps à autre faisait
IJaulbois, trombone et. mirliton.
Xccuteq ce soyeux artiste :
31 va vous narrer le BàNQUISTE,
Mats ça n'est absolument rien !
331 le public, qui le sait bien,
Demande à Vau nel de redire
Ta ClIASSË OU bien cette satire,
»
Ce monotoyjue si vanté
avec
Georges une partie d'écarté, dans le
seul but de lui donner quelques bons con» seils
et de le ramener contrit et repen» tant
aux pieds d'une épouse vertueuse
» valant cent fois mieux
que la gueuse chez
»
Qu'on appelle : M ON DÉPUTÉ.
De MACHIN plantant la statue,
laquelle il
se rendait chaque soir en sortant du cercle. -> Tous ces racontars ne
firent qu'aviver la cruelle blessure de la
»
31faut voir comme, il s'évertue
e/i créer vinjt types divers.
Scit qu'il débite prose ou vers,
Soit que Vau net discoure ou chante
osTvec un art que chacun vante,
»
pauvre Mathilde, qui bientôt s'abstint de
faire des visites pour n'avoir pas à en rece¬
voir et à subir ainsi des importuns dont
Punique souci paraissait être de la torturer
comme à plaisir; mais la solitude et la dou¬
leur aigrissent les cœurs les mieux trempés,
et il fallait que notre héroïne eût le cerveau
bien malade le jour oh elle pris la fatale
résolution que jé vais faire connaître et qui,
devait empoisonner sa vie tout entière.
33n tout il est sûr du succès
331 nul ne lui dit : « C'est asse- ! »
Z [G.
HISTOIRES ET CONTES PÉRIGOURUS
G'était au mois de décembre dernier, vers
dix heures du soir; la Marion, après avoir
parfumé ses chairs grassouillettes et co¬
quettement disposé ses oreillers de dentel¬
les, se préparait â se mettre au lìt, lors¬
qu'elle entendit deux petits coups frappes
ta. Wtzf.
i
II se passe de jolies choses à
Périgueux,
depuis quelques années ! Par exemple, je
pourrais écrire un volume avec l'histoire
que me conta mon ami Gustave, certain
soir de l'hiver dernier, en noctambíilant sur
les allées de ïourny ; mais le
temps me
manque et, du reste, la place qui m'est ré-
servéc ici est des plus restreintes. Je vais
donc tâcher d'être aussi bref que
possible,
en masquant, comme
je l'ai promis,
mes personnages sous des noms
d'emprunt.
II y a environ trois ans, après avoir mené
une existence des plus
tapageuses et sur¬
tout des plus désœuvrées,
Georges Revel,
tout
que .ses parents venaient d'associer à un
honnête manufacturier de notre ville, épou¬
sait sa cousine, la belle Mathilde de V...,
qui, outre le charme enivrant de ses dixhuit printemps, lui apportait, avec une superhe dot, une affection à l'épreuve du
temps. Les jeunes gens s'étaient, en eíîqt,
connus dès l'enfance, et leur union comblait
les vœux les plus chers de deux familles
qui, de longue date, les avaient destinés
l'un à l'autre.
Durant les premiers temps, Georges se
consacra tout entier a sa chère petite femme,
et il parut avoir définitivement renoncé à
ses habitudes et surtout à àes relations com¬
promettantes de jadis ; mais, peu ' à peu. la
tranquille qu'il menait dans
intérieur sembla peser outre mesure à
notre ancien.viveur, et il no farda
pas à re¬
prendre le chemin du cercle et à renouer
son
sa maison, où un secret
pressentiment sem¬
blait lui dire que le malheur, ne tarderait
pas à entrer. Pour s'étourdir, Georges, qui
comprenait ses torts, se rendit à son cercle
et joua gros jeu toute la soirée. La déveine
semblait, du'reste, s'attachera lui, et l'ami
Bivar, incapable de donner les bons conseils
dont parlait M"K Bivar, empochait religieu¬
sement, depuis plusieurs heures, les billets
de banque et les louis que perdait le mari
de Mathilde. «
Je suis las, et je vais me
coucher, » déclara celui-ci à un certain mo¬
ment, en tirant son portefeuille pour régler
la situation ; mais, au mémo instant, une
petite clef, artistement ciselée, glissa de sa
main et roula sur le tapis.
Tiens ! dit Bivar, c'est la clef de la
Marion. Les proverbes n'ont jamais fort, et
Cupidon va encore une fois panser les bles¬
sures du joueur malheureux.
Bah ! la Marion vieillit, crut devoir
répliquer Georges, et j'ai grand tort de dé¬
laisser ma femme pour une cocotte sur le
—
ancienne maîtresse Maria, — dans
l'inlimite on rappelait la Marion, —
avec son
qui,
discrètement à sa porte d'entrée. Qui pou¬
vait venir à cette heure ? La belle fille
n'attendait son
amant qu'après minuit.
Maria se vêtit néanmoins en toute hâte ;
niais, avant de soulever le loquet, elle prit
soin de démander :
Qui est là ?
—
:
madame Georges Ilevel.
répondit une voix troublée. Ouvrez, vite ! il
faut que je vous parle.
La foudre, dégringolant par la cheminée,
n'eut pas produit sur la Marion plus d'effet
que cette visite insolite, et c'est presque
inconsciemment qu'elle entrebâilla son
—
C'est moi
huis.
—
Que
me
voulez-vous ?
lit-elle
tout
émue à barri vante, dont elle n'aperçut
d'abord que la svelte silhouette, emmitou¬
flée dans un sombre manteau de fourrure.
Ecoutez! dit celle-ci. Je sais que mon
mari va venir en-sortant du cercle... Vou¬
lez-vous me céder votre place, pour cette
nuit? On assure que vous n'ètes pas une
méchante fille et vous me prendrez en pitié
lorsque vous saurez tout ce que je souffre.
La Marion. craignant que quelque passant
attardé n'entendît du dehors, avait vive¬
ment refermé la porte et attiré M'"° Georges
—
par ses vêtements.
—
retour.
Maria est toujours
—
fort enviable, insi¬
l'œil émeriilónné, et la preuve,
ajouta-1-i 1 insidieusement, c'est que je
nua Bivar
jouerais volontiers tout mon gain de ce soir
contre la clef que vous tenez là.
Je vous prends au mot, riposta en riant
—
l'amant de Maria, el je tiens le coup en cinq
points d'écarté....
La partie dura sept minutes à peine...
et Bivar gagna. Georges, sans hésiter, lui
tendit la clef.. « - -Soyez heureux, murmurat-il tout bas, et surtout n'oubliez pas d'é¬
teindre la veilleuse. » L'a droit joueur eut
sourire de fatuité. « — Ne vous inquiétez
un
fit-il. La Marion ne perdra rien au
change, et demain elle sera la première à
pas,
rire de l'aventure.
»
LV
Gomme je l'ai dit au début, il y aurait un
gros volume à faire avec le drame vécu que
me narra l'hiver dernier mon ami Gustave;
mais, je le répète, mon projet est de faire
II-
vie calme et
particulièrement inquiétant. La fièvre ar¬
dente qui minait la pauvre femme L'était
traduite par un surcroît d'amabilités dont il
ne se sentait pas
digne, et c'est avec un vé¬
ritable serrement de cœur qu'il avait quitté
—
son
Tambour, clarinette, piston ,
'
M
Son premier sentiment,
apprenant le but de cette visite noc¬
turne, fut une immense envie de rire, qu'on
s'expliquera aisément ; mais, tout à coup,
elle sentit couler sur sa main deux larmes
en
éloquentes, qui dénotaient chez la femme
de son amant une véritable et sincère dou¬
leur. La fille galante, prise subitement de
pitié, articula d'un ton grave :
Entrez dans ma chambre à coucher,
madame. Nous allons nous entendre
et
—
,
aussi court qu.epossible, èt j'omets à dessein
les divers incidents qui suivirent la tragique
partie du cercle et qui, du reste, ne furent
à Périgueux. Georges apprit dès le lendemain la
terrible vérité, et je renoncé à décrire sa
conpus que de quelques personnes
colère,
ses
larmes et surtout le navrant
désespoir qui s'accabla subitement.
Son
malheur était irrémédiable, et il éprouva
pour sa femme,comme une espèce de pitié
attendrie, qui devait encore grandir le jour
où-il devina que la malheureuse était' en¬
ceinte, II comprit alors que sa situation
n'était plus tenable. et il résolut de s'expa¬
trier; mais, avant de quitter le toit conjugal,
il fit parvenir à M""-' Revel une lettre qui se
terminait ainsi :
«
...
Je ne vous en veux pas, ma
chère Ma¬
thilde, carie seul coupable c'est moi, et Dieu
voulu châties
mon inconduite.
Vous êtes
souillée par une maternité qui aurait pu faire
a
ma
joie et qui, hélas! fait le tourment
de
vie. L'enfant qui naîtra sera la preuve vi¬
vante de votre faute. Adieu, Mathilde ! Je
pars
ma
pour ne pas avoir á maudire un petit être dont
li vue me serait odieuse et rn'empêcherait d'ou¬
blier
»
Gustave s'en était arrêté là et-, je pensais,
qu'à la rigueur, les lignes qui précédent pou¬
vaient servir de dénouement -^dénouement
banal, j'en conviens, —lorsque, l'autre jour,
mon ami nie porta un
journal de la localité
où, d'un a.irmystérieux, il me lit Jife .la note
que voici :
Hier, á quatre heures cinq minutes du soir,
lugubre trouvaille u été faite dans la rue
M.aleville à Périgueux, en lace de l'ëcolé • du
«
une
,
Centre et à deux pas de la rue Saint-Martin.
Des enfants ont découvert en ce lieu un fœtus
de six mois, qui venait d'v être
déposé par une
personne jusqu'à présent inconnue. Une en¬
quête e^t ouverte à ce sujet. L'cxamendu foetus
a été fait
par M. le docteur Chaume 1, et l'on
nous assure qu'on su trouverait en
présence du
L'ENTR'ACTE
résultat d'un avortemenl, obtenu à
manœuvres
l'aide de
coupables. »
Je pâlis sensiblement et je regardai Gus¬
tave dans le blanc des yeux.
Diable! nTécriai-jecela est grave, et
ton devoir est de prévenir la
justice.
Tais-toi donc, répliqua mon sceptique
—
—
ami, la justice a pour mission de fermer les
yeux sur ce drame intime. Du reste, le Ciel
a du
pardonner à la coupable, et son mari,
PÉRIG0URD1N.
C'est comme si je chantais, et, pourtant, ça lui a
manquer un mariage.
sait
propriétaire moins naïf ou plutôt moins
auquel je viens de tirer
canaille que celui
ZAN-ZIBAR.
Paul LEBRETON.
AUX BORDS DE L'ISLB,
C'était en juin, par un beau soir,
Tout en rêvant j'allais m'asseoir
Sur le rivage,
Vous avez tous connu là mère Nissou, dont
le cabas légendaire contenait toujours quelque
friandise à l'adresse dos enfants qui la saluaient
passage. Tous, un jour ou l'autre, vous avez
dù voir vaguer, par les rues de Pérjg-ueux, cette
bonne vieille femme blanchie, courbée, ridée
et à qui la mort avait successivement enlevé
tous les s:ens.
Pauvre Nissou ! la voilà à son tour partie pour
le grand voyage... Ces jours derniers, eu effet,
au
parcourant les colonnes de l'Echo, je lisa's,
bulletin de l'état-civil, chapitre des décès,
celte mention
laconique :
«
Jeanne Reynaud,
Linard, dite Nissou, 92 ans, sans pro¬
fession, rue du Niveau. » Les voisins de la
morte, qui tous Ruinaient, et lui venaient en
aide de leur mieux, pourront vous certifier les
veuve
détails de la touchante histoire que je vais vous
Elle venait là pour le bain.
Mes yeux ravis virent soudain
La demoiselle
Jeter au loin mante et jupon...
Pensez si mon regard fripon
conter.
II y a quelques années, la Nissou vivait seule,
['adoration de
petit-fils, un pauvre
la Mort, en prenant la
mère, s'était chargée de sevrer avant l'heure.
avec
son
ange de quatre ans, que
Lorgnait la belle !
Un matin,Tentant avait en vain tendu ses lè¬
vres
La belle allait riant, chantant ;
Elle avait pour tout vêtement
Sa chevelure !
Mais ses cheveux étaient si longs
Qu'ils tombaient jusqu'à ses talons,
Je vous le jure !
pau¬
chambre en.deuil, quelque chose entra par
tout, glacé, rejoindre sa mère...
Elle, l'aïeule, se demanda qui était ce Dieu
qui emportait les enfants et ordonnait aux vieil¬
lards de vivre, leur ayant, pris toutes leurs joies.
Elle pleura longtemps, longtemps, jusqu'à sa
mort... Mais
comme l'heure
de la réunion
su¬
prême était trop lente à sonner, elle fut prise
d'un désir insensé, dérober Pensant à la tombe,
l'installér auprès d'elle, le cacher dans sa cou¬
che et, la chambre bien elose, passer ses jours
et ses nuits à le voir encore, encore, jusqu'à ce
Ah! je crois la revoir encor,
La belle lìlle aux cheveux d'or,
Courant dans l'herbe ;
Je la vois parmi les roseaux,
Je la vois glissant sur les eaux,
que ses yeux se fermassent en le regardant !...
Elite avait mûri son projet, elle allait l'exécu-
Or, une voisine vint la visiter, une pauvre
femme, éprouvée elle aussi : son fils unique
avait été appelé sous les drapeaux et était parti
pour leTonkin. Ce matin-là, la voisine était pres¬
que joyeuse ; elle entra chez la Nissou en pous¬
sant un cri de triomphe : « il est revenu... il est
là
je puis le voir et l'embrasser... >> Et elle
montrait un carton sur lequel le photographe
du régiment avait fixé les traits du soldat. Oh !
c'était bien lui, et il souriait : il avait pensé à sa
mère, quand l'artiste lui avait dit : « Ne bougez
plus ! » et il s'était empli les yeux d'espoir et
de tendresse, pour que sa mère fût rassurée en
ter.
Nymphe superbe !
,
La chère belle !
Ainsi je la vis tout un soir ;
Mais depuis je n'ai pu la
voir,
..
Voici bien longtemps de cela;
Cette bonne avenlure-là
Est bien passée !
En vain se succèdent les jours,
La belle baigneuse est toujours
le revoyant.
L'aïeule eut un long frémissement et porta
les mains à son front.
Mon Dieu ! comme c'est beau ! íìt-elle,
En ma pensée !
LE TROUBADOUH.
—
songeant déjà à ce que serait l'image de Pensant
mort... Est-ce que nous avons par ici des artistes
.
Ha IRmum.
polir faire cela ?
RMîèà.
romans
puis vous en soumettre
d'être très court:
—
q us toi aires ? Je
un qui a le mérite
«
CHAPITRE Ier.
Pas plus tard qu'hier, j'adresse à
propriétaire une lettre ainsi conçue :
»
mon
Monsieur,
Je croyais demeurer
chez- vous dans une maison
mais je m'aperç'ois que ma voisine,
Mlle Amenda, sort plusieurs fois (laus ta soirée et ne
rentre jamais seule.
» Je vous
prie doue, etc. »
»•
1 lien habitée ;
CHAPITRE
Oh! oui... à Pórigueux... sur Tourny...
II y a un nommé monsieur Dorsène.
Mais c'est cher, sans doute ?
Pas trop, pour te plaisir que cela procure :
—
PRÉFACE.
Aimez-vous les
II.
La réponse de mon marchand de som¬
meil ne s'est pas fait attendre ; la voici, dans
toute sa naïve simplicité :
Je suis désolé de ce qui arrive. J'ai déjà lait plu¬
sieurs observations « Mlle Amenda, votre voisine.
que je fais rarement.
L'aïeule releva la tête, et, essuyant ses lar¬
mes d'un revers de manche :
Vrai ! dit-elle, se reprenant à espérer...
Vous ne me trompez pas pour vous débarrasser
de moi ?
vous ce
—
Non, ma bonne, je ne vo is trompe pas...
Donnez-moi votre adresse, jé vais me rendre
chez vous... Eu attendant mon arrivée, vous
—
préparerez la chambre ; vous mettrez à Pensant
les vêtements que vous aimiez à lui voir...
L'aïeule délit vivement le paquet qu'elle avait
apporté.
Les voici, dit-elle. Vous n'aurez pas besoin
de vous déranger.
Mais si ! II est nécessaire que je me rende
chez vous et que vous remportiez ces vêtements
pour habiller Pensant...
Lui! mais il n'est plus là ; voilà trois mois
que je l'ai mis au cimetière...
L'artiste ne put s'einpêclier de sourire à cette
—
—
—
mais, grâce à vens, elle sera moins malheu¬
lu lenêtré — qui l'étendit sur son petit lit, ferma
ses lèvres rieuses et ses
yeux ravis et l'envóya,
Mes amis, quels riches appas !
C'était si beau, je ne puis pas
Vous le redire !
Pour revoir semblable beauté
Je donnerais, en vérité,
Plus qu'un empire !
—
morte, blond et rose et caressant comme elle,
et, pour cela peut-être, doublement cher, étant
vre
Est-on son maître ?
Voyons ! ne pleurez donc pas ! murmura
l'artiste ému malgré lui... Tenez, je ferai pour
naïveté voisine de la folie.
Pauvre femme, murinura-t-il avec pitié...
Oh ! oui, pauvre femme! répéta la Nissou ;
commençaient à ramener le soleil dans la
Quand on a le cœur amoureux,
Après son bain je la'revois,
Reposant à sombre du bois
gourmandes vers le sein maternel à jamais
Et, toute sanglotante, elle tomba sur une
chaise.
desséché : l'aïeule répondit et, faute de lait,
abreuva l'orphelin de larmes. Néanmoins, il
avait continué Je vivre, portrait frappant de la
à la fois la consolation et l'amour ! A quatre ans,
comme son rire éclatant et ses joies sonores
Pour mieux voir cet être charmant,
Je m'approchai bien doucement ;
C'est mal peut-être ?
Mais pouvais-je fermer les
yeux?
Peine cruelle !
—
Nissou.
au
Quand, à sombre d'un petit bois,
Jeune fillette j'aperçois...
Quel doux présage !
—
—
qui sait ce qu'elle a souffert, ne peut man¬
quer d'en faire autant. Vois-tu, ajouta Gus¬
tave en matière de conclusion, les romanciers ont tort de se torturer le cerveau pour
inventer des fabulations invraisemblables.
U est si facile à un écrivain d'intéresser ses
lecteurs avec des histoires vraies !
Je suis à votre disposition
ma bonne !
répondit M. Dorsène... Nous compterons après
la pose... mais d'abord, où est-it votre enfant?
La Nissou le regarda d'un air inquiet :
II est mort ! íìt-elle ..Est-ce que cela vous
empêcherait...
Le photographe
l'interrompit d'un geste
ennuyé :
Je n'opère pas sans modèle ! dit il avec la
brusquerie du désappointement.
Ah ! mon Dieu ! soupira la pauvre vieille
,
Je viens de donner congé.... et je -cher¬
che un appartement meublé. Mais j'exige
ma révérence.
enfant, dit-elle en dénouant son mouchoir.
—
DÉNOUEMENT.
un
mon
—
vingt-cinq francs les douze images
celle-ci...
L'aïeule ne voulut pas eu savoir
comme
Elle détourna son vieux bas de laine, compta
vingt-cinq pièces blanches, qu'elle noua dans un
coin de sou mouchoir ; puis elle lit à la hâte un
paquet des vêtements que P adoré n'avait pas
emportés, et se rendit le jour même sur la place
Tourny.
Là, elle trouva facilement ce qu'elle cherchait;
elle salua le photographe comme un être d'en
haut.
Ne riez pas, cet être allait lui
rendre le
mort
qu'elle pleurait et renouveler
pour
—•
—
reuse...
Elle persistait dans sa confiance.
Croyez, ma bonne, essaya le photographe,
qu'il m'en coûte beaucoup de vous détromper...
Assurément, je voudrais pouvoir vous faire ce
portrait...
Et tu le feras! interrompit une voix der¬
—
—
rière lui...
Sa jeune femme venait d'entrer et avait tout
entendu. Elle vint à l'aïeule, et lui prenant les
mains :
Je vous le promets, moi, dit-elle...
Oh ! merci ! pleura la vieille...
Et il sera joli, joli comme, celui que vous
—
—
—
avez
—
avec
—
—
perdu.
Oui ! bien joli... tout blond, n'est-ce pas ?
des cheveux qui bouclaient sur le cou...
Et ses yeux...
Grands et bleus, et sa petite bouche qui
riait toujours... Et... et... dites, vous le ferez à
genoux, accoudé sur sa petite chaise, ses joues
dans les mains, comme le soir, quand il récitait
sa
prière avant de s'endormir...
Oui, oui... vous le reconnaîtrez, vous le
reverrez, ma bonne... Allez-vous en tranquille
et revenez dimanche.
Dimanche ! dimanche ! répéta la Nissou —
—
—
et ses yeux brillaient
maintenant — Oh ! vous
êtes bonne, madame...
Vous vous souviendrez
qu'il avait quatre ans, n'est-ce pas?
Et elle s'en alla, après avoir rempli batelier
de ses bénédictions...
Elle sortie, M. Dorsène ,
qui n'avait rien dit
depuis l'entrée de sa femme, ouvrit la bouche
pour admonester celle-ci...
Tu es folle ! iit-il... Pourquoi te moquer
ainsi de sa naïveté ?
Mais je n'ai pas songé un instant à nie mo¬
—
—
quer de la lionne vieille... Ce portrait, tu
feras !...
Allons donc ! Je photographierai alors
le
le
premier enfant venu, et je lui donnerai ce por¬
—
trait à elle comme celui du mort...
Non ! non ! Yeux-tu t'en rapporter à moi ?
Je ne demande pas mieux.
—
—
C'est bien, je t'amènerai le sujet.
Ge soir là, Mmo Dorsène se mit en quête d'en¬
fants blonds, de quatre ans, aux yeux grands et
—
davantage.
Vingt-cinq francs les douze portraits du chéru¬
bin envoie, douze! Elie en aurait trois pour
chaque mur ; de quelque côté qu'elle portât les
yeux, c'est lui qu'elle verrait !
l'un des miracles du Nazaréen!
Je viens vous demander
—
le portrait
elle
de
bleus, aux lèvres riant toujours. Elle en em¬
prunta un à M",e B..., couturière, dans la rue
Liinogeanne, moyennant une douzaine de car¬
tes, et l'opération eut lieu le lendemain.
Elle déshabilla le bébé, remplaça ses vête¬
ments par ceux qu'avait fournis l'aïeule, peigna
ses cheveux blonds, qui bouclaient aussi sur le
cou, et le lit mettre à genoux devant une petite
-chaise, de trois-quarts, ses joues roses dissi¬
mulées dans ses mains.
Le dimanche suivant, la Nissou revint; ellè
entra comme une folle dans batelier, et s'arrèta
tout à coup, les bras tendus, la bouche ouverte :
devant elle, agenouillé dans un grand cadre
doré , son enfant priait.
L'ENTR'ACTE PÉRI GOURDIN.
Lui !... c'est lui !... vous me l'avez .rendu !
éclata-t-elle enlin, éperdue de joie et se grisant
de sa douce illusion.
Dans un coin, M. Dorsène mangeait une
larme.
11 est à vous, ma bonne, dit-il.
Elle se jeta dessus, avec l'emporlomeni de
l'amour qui a longtemps attendu.
Je vous dois beaucoup, sans doute...,
—
—
—
—
observa-l-cllc
au
moment de partir : il est si
beau !
D'artiste la conduisit jusqu'à la porte :
Rien ! vous ne me devez rien, murmura—
t-il.j. Vous m'avez payé ..
El voilà comment, ces jours derniers, la mère
Xissou s'est endormie doucement , en sentant
courir sur son visage les, boucles blondes de
reniant mort descendu de son cadre,
FANTAZIU.
Vous m'avez
jusqu'ici écoutée, monsieur,
j'en conviens, mais votre attention n'est pas à
mes discours ; vous ôtes distrait, vous avez des
mouvements
d'impatience... évidemment vous
souffrez d'entendre ce que l'on vous dit, à moins
que ce ne soit de ce que vous vous éroyez dans
l'obligation de dire vous-même, ce qui serait
pire encore. Savez-vous, monsieur, que cette
touchante sympathie de nos âmes qui, jusque-
là, dans des questions insignifiantes, nous ap¬
paraissait comme certaine, se trouverait bien
réduite, si nous nous sentions divisés sur une
question aussi importante que celle de la supré¬
matie dans son intérieur? Oh! je déteste la
tyrannie, monsieur, et je ne m'unirai jamais à
un homme qui se croira
mon maître par ce
fait seul qu'il se saura être un homme.
Xe vous alarmez pas si vite, madame....
J'ai été agité, nerveux, irritable, je le confesse.
Mais si je vous en disais la cause....
Dites-la, monsieur, faites-la-moi connaî¬
—
cette demi heure qui
eût pu être si heureuse.
Et, dans sa colère contre le vil insecte, il allait
l'écraser ; mais il arrive qu'au moment où Jules,
pour accomplir son œuvre de mort, veut fgire
passer la victime d'une main dans l'autre, la
rusée petite bête glisse entre ses doigts.
Ah ! mon Dieu ! elle s'est sauvée !
—
Sauvée! demande avec une peur exagérée
la jeune femme s'adressant à Jules, qui montre
—
doigts vides.
ses
—
nous
Mais elle ne se perdra pas, monsieur, elle
reviendra. Ah ! permettez-moi de vous le
dire, vous êtes un maladroit!
Maladroit, je le veux bien, j'accepte
—
l'accusation.... Mais.... n'y aurait-il pas des
circonstances atténuantes?
Cette petite scène avait rompu la glace ; les
deux acteurs devinrent plus expansifs ; Jules D.
profita pour plaider sa cause.... et la gagna.
en
Jean de La Limogeanne.
—
tre, et toutes mes défiances s'évanouiront....
Je ne l'ose, madame.... Et puis, à quoi
bon vous en parler? C'est un petit détail intime
—
LES PETITES CAUSES.
Un mariage a failli dernièrement se manquer
pour une cause bien futile, le mariage de M.
Jules 1).... avec une veuve, M'"e X....,que tout
le monde connaît à i'érigueux.
Les voilà réunis, ils sont en présence dans
le salon de M"'" X...., sous la protection d'une
carriériste qui va et vient tout à l'entour des
causeurs, sans indiscrétion et en s'en tenant
juste aux prescriptions de sa maîtresse.
Au premier abord, les deux jeunes gens se
conviennent
réciproquement; pour peu que
persiste la bonne opinion qu ils ont l'un de
l'autre, le mariage est une affaire faite.
D'abord on parle de soi ; la veuve ne veut se
marier que si on lui plaît absolument; elle n'ap¬
pelle pas lui plaire absolument le fait de possé¬
der des avantages extérieurs qui séduisent trop
les jeunes filles et dont l'experience apprend à
se méfier ;• ce sont des qualités
solides qu'elle
veut trouver dans son
futur....
Jules D... trouve cette manière d'entendre
les choses tout à fait raisonnable, et il ne saurait
qu'y souscrire; mais il croit, dit-il, que les fem¬
mes douées
d'avantages extérieurs et qui sont
recherchées pour ces avantages, tiennent tou¬
jours ce qu'elles promettent....
Pas toujours, monsieur, fait la jeune veuve,
qui voit que le léger amendement qui vient
—
modifier sa théorie est tout simplement un petit
compliment de circonstance.
On en vient ensuite aux romans, au théâtre,
à la musique,
sujets qui mettent les parties à
même de se regarder comme tout-à-fait d'accord.
Tout semble donc aller à souhait, entre eux
nulle cause de dissentiment, ils s'entendront à
merveille. Et il eût été agréable de les suivre
des yeux.et des oreilles flirtant, l'un déployant
toutes les qualités de son esprit, l'autre mettant
dans son jeu cette coquetterie q.ui est si piquante
quand elle se joint à la jeunesse et à la beauté.
M'"0 X...., sous ce regard qui la couve, sent
circuler en elle un feu inconnu, et la flamme
mal dissimulée de ses yeux retourne à sa source
et réchauffe à son tour celui qui l'a produite.
On en est à la question fort grave de la
suprématie dans le ménage. Jules la comprend
élevés : il ne veut pas
qui ne vous offrirait aucun intérêt. Vous vous
étonneriez que j'eusse pris la peine de vous le
faire connaître, si je vous disais de quoi il s'agit.
La jeune veuve pense : II me refuse aujour¬
d'hui ce que je lui demande : que fera-t-il donc
quand nous serons mariés, s'il arrive que nous
en venions là?... Du reste, je ne serais pas fâchée
de savoir si j'ai quelque empire sur lui....
Elle prend la parole : — Ce que vous venez de
me dire
pique vivement ma curiosité... Je tiens
à savoir quelle est cette cause que vous me
cachez.... Ne vous faites pas prier.... faites-lamoi connaître.
tyrannie de la femme, il déteste encore
plus la tyrannie de l'homme.... La raison doit
guider les deux époux, et c'est encore elle qui
doit être le juge en dernier appel dans les diffé¬
rends qui peuvent surgir.
qui le suivrait pourrait remarquer ses
mouvements nerveux. Jules sent une puce (j'ai
dit une puce) qui profite de son immobilité et
de la fixité de son attention pour s'en donner à
cœur-joie sur sa peau. Jules s'agite sur sa chaise
pour échapper à la morsure du vilain petit
insecte, mais c'est en pure perte; il faudrait
s'en débarrasser en portant la main au siège des
opérations de són agresseur, mais ce siège est
singulièrement placé, et le moyen, du reste, de
se livrera
pareil exercice devant une jolie femme
et que l'on plane sur les hauteurs du sentiment!
Vous allez voir que
la
puce va brouiller les
cartes....
L'attitude du jeune homme, dont elle est à
mille lieues de soupçonner la cause, confond
M1"" X
Elle dit à Jules-: — Je crois, mon¬
sieur, que la belle théorie que vous développiez
il y a un instant est une œuvre qui fait honneur
à votre esprit : la mettriez-vous en
pratique ?
n'écouteriez-vous pas plutôt les suggestions de
l'orgueil.particulier à votre sexe ?
Ah! madame, voilà un langage que je
regrette de trouver sur vos lèvres. Qu'est-ce qui
vous fait croire
que je ne suis pas sincère?
—
#*#
Elle, sentimentale :
—
vous
qu'une puce vous agiterait au point où
est-ce
vous
Comment trouves-lu mes yeux ?
Lui, prosaïque :
Bleus.
l'ètes ?
Mais certainement, madame; est-ce que
vous n'avez jamais entendu parler de la cruauté
—
froide, de l'amour pour le sang de ce vil insecte,
inoffensif en apparence et féroce en réalité ?
Vous ôtes, par exemple, occupée à écrire; vous
voilà en verve; votre
D'un joli bleu.
Elle, cherchant mieux :
D'un joli bleu, c'est vague... Ton ami Charles
les comparait l'autre jour à des myosotis. Qu'en
—
dis-tu ?
Lui, brutal, mais sincère :
—
—
ÁIa foi, ils me font plutôt penser à des boules de
blanchisseuse.
Propos de femmes :
Ob ! non, ma pauvre Claire, non, je ne suis pas
heureuse en ménage !
—
—
—
—
—
Cependant ton mari...
Mon mari, il ne m'aiinc pas.
Par exemple !
Non. Est-ce que tu crois que,
s'il m'aimait, il ne
plume vole pour suivre
votre pensée, ou, si elle s'arrête, vous risquez
de perdre le fil de vos idées; pour éviter cet
s'apercevrait pas que je te trompe ?
inconvénient, vous étés tout à votre œuvre, et
de natation, re¬
proche vivement à son baigneur le sang-gène de sa
pantomime sous-marine.
Bast ! répond le marsouin, c'est dans Peau : votre
mari ne peut pas nous voir.
rien ne peut vous en distraire, ni la plus vive
curiosité, pas môme la douleur.... Eh bien ! la
puce, qui devine votre préoccupation, qui vous
sait rivée à votre labeur, profite de l'occàsion
pour enfoncer son suçoir dans votre chair et
pour s'en donner à bouche que Veux-tu à vos
dépens. C'est le bon moment pour elle, et elle
en profite
Tout le monde sait cela, ou par
expérience, ou pour en avoir entendu parler
Je crois, monsieur, que tout ce que vous
dites là est au moins exagéré et que ma première
—
idée est la meilleure
: vous
souffriez de
ce que
je disais parce que cela contrarie vos préjugés et
votre orgueil....
—
Non, madame, vous vous trompez... Ah !
si je pouvais vous
bonne foi !
—
donner des preuves de ma
A la mer :
Mme Girandol, prenant une leçon
—
Remarque :
Quand une femme est la fable de la ville, vous
pouvez dire que cette fable-là manque de moralité.
—
»
Salamalecs :
Pour tuer le temps, au château, on joue la comédie
de salon.
La maîtresse de la maison reçoit, en prolestant avec
la modestie d'usage, les compliments d'un de ses in¬
vités :
—
Vraiment, c'est trop me flatter... Je sais très bien
rôle, il faudrait être très jeune
que, pour remplir ce
jolie.
et très
Donnez-m'en, monsieur, et je serai forcée
de vous croire.
Vous le voulez, madame ?
—
Vous nous avez prouvé,
—
—
#*#
Oui, monsieur.
C'est un peu difficile, mais enfin
je vais le
tenter.
Sur ces mots, Jules D
se
lève de dessus sa
chaise, jette autour de lui un regard circulaire,
et
baronne, que ce n'était
pas absolument nécessaire.
—
Mais, pendant que Jules explique sa théorie
ou qu'il écoute les
objections qui lui sont faites,
l'oeil
madame, l'état o.û vous me trou¬
voyez bien.... j'aurais dû rester bouche close....
vous allez vous
moquer de moi....
Oh ! monsieur, c'est vous plutôt qui sem¬
blez disposé à vous jouer de ma crédulité ;
à la manière des esprits
de la
Et v'ià !
—
provient de ce qu'une puce.... Ah!
vez
—
—
Oui.
Eh bien!
—
Qu'est-ce que t'as fait ?
.le m'ai pavoisé intérieurement. J'ai bu du
p'tit bleu le matin, du blanc à midi et du rouge le soir.
—
—
Vous le voulez?....
—
le jour du
—
Elle, insistant :
Oui, mais de quel bleu "!
Lui, faisant une concession :
J'y tiens absolument.
—
—
—
14 juillet?
J'ai mieux fait que ça.
—
Mais, madame
—
S'ê&êi ê Sê&dSê'
líntre bons républicains :
T'a pas rais de drapeaux à ta fenêtre,
Monsieur, qui vient de- surprendre Madame en fla¬
grant. délit, commence à l'accabler de reproches.
Madame, l'arrétant du geste, et d'un Ion senten¬
cieux
—
:
Tu te fâches, donc tu as tort !
voyant un cabinet ouvert....
—
—
—
—
Me permettez-vous,
ZAG.
madame....
Quoi donc ?
KU-î-M
\ÌJ
Eîri-«
D'entrer dans ce cabinet.
Pourquoi faire ?
Pour chercher cette preuve qui vous con¬
vaincra et qu'il vous faut pour vous convaincre.
Oh ! fait la jeune femme riant, est-ce bien
sérieux ce que vous dites-là?
Parfaitement sérieux.
Eh bien! monsieur, je vous donne carte
—
—
rxíF»
L'administration de \' ENTE ACTE PÉ-
RUrOURDlNvient de faire procéder à
un tirage spécial de
ses précédents nu¬
méros et, pour
répondre
aux
désirs de
—
—
blanche, faites-en à votre guise.
Et Jules D.... va au cabinet, en pousse légè¬
rement la porte en
dedans, entre et quelques
secondes après ressort, portant dans ses doigts
la bête coupable.
Voyez, madame, me croirez-vous à pré¬
sent? Et, en disant ces mots, il montre la
puce
entre son
pouce et son indicateur.
—
—
—
Tenez-la bien, monsieur, tenez-la bien !
Rassurez-vous, il
l'infâme ravisseur de
m'échappera pas,
mon bonheur pendant
abonnés, elle pourra, à par¬
tir de ce jour, leur fournir la collection
complète de VÉNTR1 ACTE. Les lettres et
ses nouveaux
mandats
S T'A,
devront
être
adressés
administrateur-gérant
de
à
M.
VEN¬
TE'ACTE PERIGOURDIN, ancienne mai¬
son Dupont et
Cie, rue Taillefer, à. Péri-
gueux.
Le Gérant, SPA.
ne
Périgucux, imp. LAPOHTE, anc. Dupont et Cc.
