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Médias

Fait partie de L'Entr'acte périgourdin

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Prix

Première Année.

:

Numéro 20

10 centimes.

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LITTERATURE, ARTS,

THÉATt

ABONNEMENTS :
-

.

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Un an.

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(Le8

Six mois.

lf 75

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INDUSTRIE.

COMMERCE,

INSERTIONS
Annonces..

Réclames.

.

.

...

:

75° la

ligne.

ls



inférés ne seront pas rendus)

L'ENTR'ÀCTE PÉRIGOURDIN.
Le marquis [avec
effusion). — Ali ! ce cher
!... toujours dévoué ! Faites, et. faites
vite,

Périgueux, 23 Novembre 1886.

ami

ment et lui retira

sa

constance. Tant il ëst vrai

que le vice reçoit toujours son châtiment.
M. Bonnard.

SCÈNE II.

joséphine, mme lefourneau, ex-mercière,
sa

Xour maître Xscande,

Quelques vers courts ;

Dans le quartier, les mères te citaient comme
un modèle. Mais il
paraît que tu oublies à ton
tour mes bons conseils... Au dire de ces deux

ÎÌJe ses discours,
G'est bien f image

messieurs, tu es en train de tourner mal, et le
baron parle carrément de rompre... J'espère
encore que tu éviteras cette
catastrophe... Si

nul, je gage,

Xn ce docteur

tu ne le fais
pas pour toi, tu le foras pour
nous, et tu ne voudras pas, par ton inconduitè,
nous mettre sur la
paille, ton père et moi...

jj'e voit un orateur !
Qífais il a, certe,

Joséphine [pleurant).

Qlféme à revendre...

enfin, ils éclairent tout de môme... et s'ils te
quittent, c'est la ruine et le déshonneur pour
tes vieux parents... Léontine, tu ne feras
pas

Mme Lefourneau.
Je ne prétends pas que
soient des Apollon du Réverbère ; mais


ce

ça...

Joséphine [noyée de larmes). — Sois tran¬
quille, mère, je saurai me sacrifier...
Mme Lefourneau.
Qui est-ce donc, ton

ÍDieu, l'excellent état !
v£-t-il Vallure



amoureux

Xt lajigvre

Joséphine.

G'est peu certain ;

Mme Lefourneau.



JOSÉPHINE VENDUE PAR,,. SA MÈRE
JComédie... Gauloise, en un acte.

La mignonne enfant fut fidèle à sa promesse...
Un long temps s'écoula avant qu'elle revit son
artiste... quarante-huit heures à peu près...

Seulement, il fallait bien signifier son congé au
bien-aimé... La comtesse Joséphine voulut le
faire dans les formes et l'inl'orma. par lettre,

qu'elle le recevrait le lendemain soir, à neuf
heures.
A cette heure-là, ses deux protecteurs de¬
vaient être au cercle, et on serait
tranquille,

I.

marquis de hautval, le baron de saint-paul.

Celte première scène se passe chez la com¬
tesse Joséphine de Saint-Ange... ou plutôt chez

la cocote de ce nom.
Le marquis de Hautval, amant officiel, et le
vieux baron de Saint-Paul, amant de cœur,
causent avec animation dans le salon.
Le marquis ne voit en M. de Saint-Paul qu'un
ami de la maison et ignore ses relations avec
la comtesse, Aussi s'épanche-t-ii sans défiance
dans le sein du vieux copurchic.
Je vous assure, cher baron, que Joséphine


trompe...

Le baron. — Mais non ! mais non ! C'est

un

ange de vertu, cette enfant.
Le marquis. — Mais, sapristi ! j'ai vu sortir
le gredin, hier soir...
Le baron [inquiet). ■— Hein ! vous dites ?

marquis. — Oui ! hier soir,

vers

heures.
Le baron (stupéfait). — Vers onze heures?...
Mais vous rêvez, mon cher
ce ne peut être
à onze heures...
Le marquis. — Pardon... J'ai même remarqué

le boudoir sentait affreusement le

la scène des adieux, qu'elle comptait
prolonger quelques heures.
Le
lendemain, à neuf heures moins le
quart, un violent coup de sonnette annonça un
visiteur. C'est lui, se dit-elle... Rose, allez vite
pour

ta¬

Hélas ! ce fut le baron,

Le baron

(s'oubliant). — Ce n'est pourtant

pas moi... Je ne lume jamais... Le médecin me
l'a interdit...

marquis. — Quel médecin ?

Le baron.
Le mien donc. (.A part). Diâble !
je m'eníonce !...
Le marquis. — Que diable voulez-vous que


cela me fasse ?... En attendant, cette
moque de moi, et
cercle...

Le baron.



enfant se
je vais devenir la risée du

Savez-vous que

mant, cela !... II vous faut surveiller José¬
phine, mon cher ; ne sortez plus. N'allez au
cercle que deux heures, le soir...(Apart). II mè
faut bien ce temps-là...

Le

marquis. — Je veux bien, moi ! J'adore
plus que jamais cette petite... Mais ce ne sera
pas gai, tout de même...
Le baron.
Ah ! tant pis ! Vous la laissiez
trop libre, et elle finirait par prendre de mau¬
vaises habitudes... Ne bougez
plus d'ici ; moi,
je vais voir la mère et lui dire, son fait... Ça ne
peut pas durer...


Vous savez bien, le beau jeune homme?
Oscar ! le roi de notre gomme...

Le bel Oscar a mal au cœur !
Et voulez-vous savoir la chose

Qui met Oscar au désespoir ?
Certes, vous devez le savoir :
En ville, tout le monde en glose !
Eh bien ! Oscar, le séducteur !
L'autre soir suivait une piste,

Oscar, à qui rien ne résiste,
A trouvé,

quoi ?... Le déshonneur !

Oscar disait : « Ah ! je t'adore ! »
Elle répond

«

Pauvre efflanqué ! »

Et trois fois sa main a claqué :

Toute petite était la main ;
Mais elle frappait avec rage

!

Le pauvre Oscar a le visage

Tanné comme un vieux parchemin !
A l'heure de la promenade

Tourny manque du bel Oscar ;
Ne riez pas, mesdames, car
Le beau jeune homme est bien malade !
Certes, il ne doit pas en mourir,
La perte serait trop cruelle !
Avec une allure plus belle,

Le cher Oscar va revenir !
Vous nous manquez, charmant

Allons, vite,

vicomte ;

revenez-nous ;

Mais, de ceci, souvenez-vous :
Femme gentille a la main prompte !

Le Troubadour.



entendre aussitôt...

Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda le
baron étonné.
C'est le marquis votre ami ! répondit-elle


payant d'aplomb. II m'avait prévenu qu'il ren¬
trerait de meilleure heure, ce soir... Vous sa¬
vez qu'il est très jaloux. S'il
vous voit là, il
est capable de nous tuer tous les deux.
Diable ! je n'y tiens pas... Trouvez-moi
donc un coin quelconque pour me cacher...
Mais dépêchez-vous ; je F entends monter...


Tenez ! mettez-vous vite dans cette caisse
à charbon. Vous n'y serez pas à Taise ; mais

Une après-dîner, le solennel

Castanié,

gros

éleveur, et le bon Larose, maître tanneur, devi¬
saient ainsi, se retrouvant après une longue sé¬

paration :
Ce cher Larose, 20 ans que je ne l'avais
Oui, 20 ans que j'ai quitté le pays. —Ce
qui n'empêche pas que ton nez, mon cher La¬
rose, n'a pas profité d'une ligne depuis ton dé¬
-—

vu.



part. — Castanié, je suis toujours l'hemme le
plus camard qu'il y ait à cent lieues à la ronde,
tandis que toi, tu as bien le nez le plus long
dont un honnête visage ait jamais été surmonté,
20 centimètres, mon ami, 20 centimètres des
ailes à la racine, il y aurait part pour deux. Ah!


Larose, que ne puis-jè t'en donner la moitié,
une bonne moitié...
Castanié, ce serait le ca¬
deau le plus intelligent que tu aies pu faire de
ta vie, car il nous arrangerait tout aussi bien


je vous en ferai sortir dès que je pourrai...
Le malheureux s'engouffra dans l'affreuse
boîte, pendant que la soubrette prévenait rapi¬

l'un que l'autre...

longuement, lon¬
guement, la noble dame, à deux pas du protec¬
teur transi, qui souffrait le martyre dans son

des particularités qui sont les nôtres, nos enfants

étau.

nez

dement l'amoureux.
Celui-ci entra et embrassa

Quand les

..

confidences furent terminées,

il était onze heures.
Le marquis.va rentrer, dit la comtesse,
c'est son heure !... Ma soubrette est en bas et
l'attend sur la porte. II entrera sans sonner et


c'est assom¬

Le bel Oscar est tout rêveur !

l'ainant de la main

gauche, qui entra... Défiant et ombrageux il
multipliait ainsi ses visites, depuis huit jours,
pour éloigner les importuns.
Nous sommes perdus. ! se dit la luronne.
Si René arrive, il nous prendra la main dans le
sac !... Justement, je reconnais son
pas, dans
la rue... Sainte Joséphine, ma patronne, proté¬
gez-nous !...
En effet, un nouveau coup de sonnette se fit



.

(pETIT pOTIH pÉRIGOURDIN).

ouvrir !'...



onze

MHLGMU G'MUK.

Le cher Oscar en pleure encore !

gymnasiarque...
C'est plus poétique...

un

SCÈNE III... ET MORALITÉ.

&§■

Le

Non !

et dodeline tes vieux beaux...

Ofourra conservateur !

SCÈNE

—-

Moi, ce fut un danseur de corde... Adieu! ma
fille ! Songe que tu es notre bâton de vieillesse,

j'estime,
Soit dit sansJrime,
Que ce docteur

que
bac.

?... Un ténor ?

D'un jacobin ?

íXussi

Le

Mais, maman, je

l'aime, lui... tandis que tes deux vieux...

3)e Secrestat.

me



Xaplume alerte ;
•Puis de í' acquit
X t de l'esprit,
Ht c'est le gendre

lf.

U)681

Mme Lefourneau. — Mon enfant, tu ne m'avais donné, jusqu'ici, que des satisfactions.

J'écris et scande

Xt

mère.

prendra ici votre succession, sans que le
aperçoive... Je veux
qu'il passe là toute la nuit. Ce sera notre
vengeance... Sortez par la porte du jardin, tout
doucement... qu'il ne soupçonne pas votre dé¬

bonhomme ci-inclus s'en

part...
Naturellement, la vertu l'emporta, comme
toujours. Le gymnasiarque put sortir sans être
inquiété, et le vieux baron dut rester jusqu'au
matin dans sa boîte. 11 en sortit, le matin venu,

broyé, ankylose, et, ce qui est plus triste, pris
sur le fait par son ami, .qui le
chassa brutale¬

nous

sommes

Et dire

que

non-seulement

ainsi maltraités par la nature,

niais nos enfants, mais nos deux femmes ..
Ah ! Larose, nos femmes se signalant par


ne

pouvaient manquer d'en recueillir l'hóritage;

et c'est ce

qui est arrivé : Rosalie portant un

hors dé mesure, Eustàche et ses frères out
des nez qui ne lè cèdent en rien à celui de leur
mère et au mien. — Dè mon côté, Castanié, c'est

pareillement : Hélène étant privée de nez, aussi
bien que moi, ma fille Clairette, Clarinette,
comme je l'appelle quand je suis de bonne hu¬
meur, se trouve camarde comme à souhait. —
Larose, il faut rire de son infortune, puisqu'il
ne servirait de rien d'en pleurer. Mais tu vois
d'ici d'où vient le

mal, tu le vois : un choix

plus judicieux de nos épouses l'eût conjuré.
Toi, Larose, il t'aurait fallu prendre pour femme
un nez comine celui de Mme Castanié,
et à moi
Castanié, le ciel eût mis le comble à ses bien¬
faits en m'accordant une camarde comme Mme
Larose... il fallait de la sélection, du croisement,
il en fallait !...
G'est donc ça, Castanié, que lorsque je


L'ENTR'ACTE

cherchais

femme, — et Dieu seul sait ce

une

qu'il m'a coùté de peines pour en trouver une,
mes goûts m'eussent
porté volontiers vers
les demoiselles ayant un grand nez. — C'est sûr,


Larose, tu voulais faire du croisement sans t'en
douter.
Mais je ne pus en trouver une seule ;
toutes manquaient de l'idée du croisement, et
leurs parents aussi, ils la rejetaient même bien
loin, cette idée, car le père de l'une d'elles, au


lieu de m'accueillir les bras ouverts, comme il
eût dû faire, alla jusqu'à me dire, qu'avant de
m'accorder la main de sa fille, il tenait à savoir
comment

je me mouchais? — Comme tout le
monde, lui répondis-je. — Avec un mouchoir?
Certainement.





Ah! mon Dieu! fìt-il, est-

possible ! et moi qui croyais que c'était avec

ce

des tenailles!
Ce père-là


plus, c'était un

élait un farceur, Larose ; de
sot, il ignorait ce que l'on peut

obtenir du croisement. Mais tu le vois, la nature
te guidait, elle t'inspirait;

c'est un malheur que
la destinée no L'ait pas permis de suivre la voie
indiquée ; et toi et moi nous n'avons rien à nous
reprocher, après avoir tenté l'un et l'autre ce
que nous avons pu... Vois-tu, Larose, nos nez
cherchaient des contrastes, ils n'ont trouvé que
des similaires... c'est que, mon ami... les nez
proposent et Dieu dispose, selon la pensée d'un
grand esprit; je le répète, Larose, c'est un mal¬

heur, mais il faut s'en consoler.

Et tu dis, Castanié, que tu ne peux abor¬
der une première fois quelqu'un sans que ce
quelqu'un ne t'éclate de rire au visage ; Casta¬


nié, mon sort est encore plus à plaindre que le
tien. Moi, je fais pleurer... Oui, la première im¬
pression que je produis a toujours son effet sur
la glande lacrymale... Un oignon Castanié, un
vrai oignon... Eh bien ! vrai, malgré cela, j'ai
des moments de gaîté, je fais bien mes affai¬
res... je puis dire que je suis riche... et
quand
je me trouve comme en ce moment avec un
bon camarade, je me sens heureux, je me
trouve heureux...

Ce cher Larose, sais-tu ce que nous de¬
vrions faire ? Ce serait de ne plus nous quit¬
ter... Mais il faudrait commencer par marier
nos enfants ensemble
En unissant Eustaclitì à Clairette, nous réparerions les fautes de
la destinée; ce que nous n'avons pu faire pour


Eustaehe

nous le tenterions ainsi pour les
enfants de nos enfants... Oh ! il y a longtemps

qu'elles me trottent par la tète, ces idées-là !
Mais, pour les réaliser, je trouvais des obstacles
insurmontables
jè le croyais du moins, car il
me
fallait un camarde comme on n'en trouve
..

pas ; tu le comprends. Larose... vu le nez de mon

Eustaehe ; j'étais donc très embarrassé, quand
je vins à penser à toi... Ah ! si Larose avait
une 1111e, et si sa fille lui ressemblait, quelle
aubaine ce serait là ! m'écriai-je. Et aussitôt je

t'écris... Tu me réponds que tu as une 1111e et que
ta fille ost tout

ton

portrait... — Je ne t'ai pas

les

larmes

lui

venir

Mais

tu

as

d'autres enfants,

paraìt-il, Castanié ? — Trois autres. — Trois ?
Comment

fait-il que tu aies tant d'enfants,
Castanié ; moi, je m'en tiens à ma Clairette
Le sort l'a voulu ainsi, Larose, et je ne me
plaindrais pas si mes enfants n'étaient venus
au inonde avec le nez trop connu qui dépare
mon
visage ; et pas d'exception, Larose, pas la
moindre petite exception... C'est bien un peu la
faute de ma femme... — La faute de ta femme !
se



marier, s'écria Clairette ; je vous préviens
que je n'épouserai jamais un homme qui a le
nez si long... — Et moi, je m'altriste de vous
rouver si camarde ; je ne peux pas me figurer

'<

à plaisir ; j'avais beau

Madame,

pas

dire à liosalie :

tant d'ardeur ; tenez mon nez

quantité négligeable., pensez à mon
esprit, rien qu'à mon esprit, » Eh bien ! Larose,
c'était comme si je n'avais rien dit
— Cas¬
tanié, c'est très fâcheux ; mais qu'y faire ?...
Maintenant, revenons à ton idée. Je tiens à
cette idée, il faut la réaliser ; et si tu veux

pour une

allons mettre immédiatement Eustaehe et
Clairette en présence l'un de l'autre, car je crois

nous

entendre la voix de Clairette dans l'escalier; ce
doit être elle qui revient de chez son amie.
Un peu après, c'était chose laite ; et les deux

jeunes gens, fort surpris de la conformation de
leur visage, poussèrent simultanément, eu se
voyant, les deux ers: Oh ! — Ah ! — Puis,

Bolingard, député, se rend à la Chambre pour as¬

sister á la discussion du budget.
II s'assied, appelle l'huissicr, et d'un air convaincu :
Comme tous les jours, n'est-ce pas ? vous me
•—■

que vous deveniez jamais ma femme. — Eh !
mais, si, au lieu de pleurer ou de rire, comme
nous saisons, nous nous entendions pour résis¬
ter à la volonté de nos parents ? — Ça, c'est

réveillerez â six heures.

Biographie.
Toute sa vie, Barbanchoux a été un rude tra¬
vailleur, et en môme temps un de ces génies auda¬
cieux qui sont Tliouneur de l'industrie nationale...
Aussi, après quarante ans d'efforts, a-t-il reçu une
récompense hautement méritée :


...

idée, je l'accepte ; résistons à la volonté

une

de nos parents...

Lorsque Castanié apprit ce qui s'était passé

dans l'entrevue des deux jeunes gens, il fut
vivement contrarié. — Ah ! tu voudrais résister
à la volonté paternelle, Eustaehe, s'écria-t-il
avec le ton qui lui était familier, et lu refuserais
de devenir le mari de Clairette. Mais, malheu¬

II a donné son nom à un apéritif.
*

Ghamporeau que rien n'était agréable
à une jolie femme comme un compliment ayant trait
à la grandeur démesurée de ses yeux.
Aussi, pour se mettre dans les papiers d'une brune
à l'œil bleu, il lui disait dernièrement :
Quels yeux, cliére madame, quels yeux que les
On a dit â

si tu étais assez abandonné du ciel pour
persister dans cette résolution, c'en serait à
jamais fait de ton bonheur!... Mon fils, n'auraistu donc pas saisi mon idée ? Tu sais par moi ce
que l'on peut attendre du croisement ; n'auraistu pas compris que Ion mariage avec Clairette,
c'est pour tes enfants à venir un vrai bijou de
nez ?
c'est leur rentrée dans le giron de la
grande famille humaine ?... As-tu saisi cela ?
Et si tu l'as saisi, Eustaehe, diras-tu encore
que tu n'épouseras pas Clairette !. .
De son côté,



vôtres !
Oh ! monsieur.
.le vo.us jure que vous les avez
le ventre !


.



Larose gourmandait sa fille en

à

permets-moi encore une page ou deux.

avoir, dès le jour de tes noces, lout ce qu'il y a
de mieux en belles confections, en dentelles, en
diamants..
Oui, papa, mais il a le nez si
long ! — Ça te va bien de critiquer son nez, toi
qui n'en as pas. — Ni vous non plus, papa.

Madame. — Eh bien ! lis tant que tu voudras....,

mais, alors, éteins la bougie !



Ce n'est pas

la même chose.... Un homme

Si elle n'en a pas par elle-même, il est bon que

mari en ail pour elle.... Un nez pour deux,
il faut bien ça...
Castanié et son ami Larose se concertèrent ;
il en était besoin. Ils se promirent de ne pas

Le petit Robert ayant été relativement sage,

|

séparer avant d'avoir fait revenir leurs en¬
prévention réciproque, comptant
qu'elle se dissiperait avec le temps. Us ne se
trompaient pas. Bientôt, grâce aux efforts de

s'informe

aux

conseils de Mines Castanié et

Larose, qui s'étaient jointes à leurs maris, les
deux jeunes gens se regardèrent avec plus de
sang-froid ; un soir, en prenant du thé, pendant
qu'on jouait aux lotos, Eustaehe laissa échapper

nié fut enfin arrêté.

après le mariage, Clairette mettait au monde
un
petit Castanié qui avait un vrai bijou de
nez rose et point trop petit ni point trop grand,
selon les prévisions prophétiques de son grandpère.
Caslanié

et

Larose n'eurent pas plus tôt vu

le nez de ce petit-fils

qui comblait si bien leurs

que, ne pouvant résister â la joie
dont ils étaient inondés, ils se sautèrent au cou
et se tinrent longtemps embrassés.

Dis, mère, est-ce que le monsieur pleure pour de



bon ?

Non, mon chéri.
Alors, dis, mère, comment pcut-il pleurer pour





rire ?
*

de la

Limogeanne.

*

*

Un savant s'embarque sur une nacelle pour traver¬
ser un large fleuve ; il dit au batelier :
Connais-tu '.'histoire ?
Non...




Alors, tu as perdit la
les mathématiques ?
Non.



tu

moitié de ta vie ! Connais-



Alors, tu as perdu les trois quarts de ta vie !
peine le savant avait—il prononcé ces trois mots
qu'un coup de vent fait chavirer la barque.
Sais -tu nager ? demanda à son tour le batelier


A



au

pauvre professeur, qui se débattait dans les flots.
Hélas ! non.
Eh bien ! tu as perdu ta vie tout entière.
Tète du professeur... qui disparaît sous l'eau.







*

*

Un locataire rentre un peu tard en son logis et sonne
une douzaine de fois â tour de bras avant que l'on so
décide à lui ouvrir.
Le lendemain, il adresse ses plaintes à son concierge.
Celui-ci hoche la tète et répond :
C'est ennuyeux, je le sais, mais il n'y a pas de
ma faute...
Puis il ajoute, avec la cordiale bonhomie de l'homme arrivé :
Car, enfin, « je l'ai été, moi aussi, locataire... »




espérances,

J.

et

:

fants de leur

chacun et

ses pa¬

rents le conduisent au théâtre.
Au troisième acte, il voit sangloter le père-noble

son

se

alcôve, madame et mon¬

sieur sont couchés.
Madame. — Eli bien ! voyons, Arthur, est-ce que
tu vas lire toute la nuit ? Tu m'empêches de dormir !
Monsieur. — Oh ! chère amie, c'est si intéressant ;

devenir la femme d'Eustache. Songes-y : tu vas

peut s'en passer... Une femme, c'est différent...

*

*

Les joies du ménage :
La scène représente une

termes : — Mais, petite folle que tu es, tu
ne sais pas ce que tu refuserais en renonçant



plus grands que

*

ces

.

*

*

reux,

#

*

Un célibataire à la recherche d'un domicile passe de¬

où il lit l'écriteau : Chambre à louer
rez-de-chaussée.

vant une maison
au

II s'adresse au propriétaire, qui lui fait voir quatre
veufs de cheminée, de papier, éclairés par une
lucarne et suintant l'Iiumidité.
murs



Voyons! s'écrie-t-il, qui est-ce qui a bien pu de¬

meurer

dans ce taudis ?

Mais, monsieur, répond le propriétaire avec di¬
gnité, 011 y a longtemps conservé une voilure à bras.


MM rWIRj

Oui, mon ami, trop d'élan, trop d'abandon..

comme

ont,.

ÉCHOS 1T PQTIMB.

nous



A chaque naissance, mon nez surgissait, hélas !

.



Mais le résultat ? dira-t-on. Eh bien ! le ré¬
sultat de celte soumission aux conseils paternels,
ce résultat ne fut pas mauvais.
En effet, un an

faite....

Espep.anza.



il n'y aura pas que moi de satisfait; un jour,
Larose, tu me béniras de mon idée... Ce sera
quand lu verras dans ta descendance, dans les

bientôt

L'arnour est de toute saison !



un compliment à l'adresse de Clairette, qui lui
répondit de manière à lui laisser croire qu'elle
le trouvait aimable. La glace était rompue ; un
pas de plus, ot ils consentaient à devenir femme
et mari
Chacun y alla de son petit effort, et
le pas fut fait. Le mariage tant désiré par Casta¬

jourd'hui même los mettre en présence. S'ils se
conviennent, leur mariage sera une affaire

Et sa voix chante à mon oreille :



encore présenté Clairette,
Castanié, car je l'ai
laissée en passant chez une amie de pension ;
mais tu vas lavoir... et tu seras convaincu que
Clairette est un sujet hors ligne pour tes expé¬
riences... Puisqu'il faut qu'elle n'ait pas de nez,
tu seias servi à souhait, mon ami ! — Ah ! Laroze ! tu me combles ! Et tu verras, tu verras,

enfants de ta Clairette, de jolis petits poupons
ornés d'un nez à te faire mourir de joie, Laroze,
ainsi que moi...— Et cela, dis-tu, grâce au
croisement de Clairette avec Eustaehe.... Eh
bien ! Castanié, c'est entendu ; il faut dès au¬

Allons, que ton cœur se réveille !

aux

était brusquement
prise d'un fou rire. Quoiqu'elle fût habituée à
l'efl'el qu'elle produisait sur Eustaehe, elle était
néanmoins vexée, et s'écria de mauvaise hu¬
meur :
Pourquoi pleurez-vous, monsieur ?
Et vous, mademoiselle, pourquoi riez-vous ?
Je n'ai ' pas pu faire autrement. — Ni moi
non plus. — Vous avez commencé, monsieur.
Non, mademoiselle, c'est vous. — On veut
yòux, pendant que Clairette

...

nous-mêmes,

sentit

PÉRIGOURDIN.

*

C'est, l'hivor ! Le ciel gris surplombe
Sur les coteaux tout dévêtus !

Par les bosquets on n'entend plus
.Ni le ramier, ni la colombe !

# #

Un borgne gageait contre un homme qui
bonne vue, qu'il voyait plus que lui.
Le pari fut accepté.
J'ai gagné, dit le borgne, car je vous vois




yeux et vous ne m'en voyez qu'un.

C'est l'hivor ! et la neige tombe,
Los gais rayons sont disparus.
En mon logis, pauvre reclus,
Je ressens le froid de la tombe !
Une lemme entre on ma maison :



Tu pleures !

Dis-inoi la raison ?

deux

***
C'est drôle, disait hier un pochard, quand une
rivière n trop d'eau, ça s'appelle une crue. . Et quand
un homme a trop de vin, ça s'appelle un cuite !






Autour de moi tout s'ensoleille!

avait





Ah ! mon pauvre ami, quelle nouvelle !
Comment ?
II paraît que votre femme...
Ma femme me trompe. Eh bien *? Apprenez,

L'ENTR'ACTE PÉRIGOURDIN.

monsieur, que la situation de... mari trompé est
slal.le que celie de sous-préfet !

plus

ZAG.

AVIS AUX COMMERÇANTS ET INDUSTRIELS

A vous, mes superbes aimées
Colliers et bijoux merveilleux
Pas d'étoffés, mes bien aimées,
Sans voiles vous êtes bien mieux

I

DE LA

Le Calendrier-de la Dordosne,pour
1887, est en préparation et paraîtra prochainement.

!
Allons, mon fils, prends la parole,
Raconte ici, devant ma cour,
Ton voyage, il doit être
Dis-nous bien tes exploits d'amour

drôle,

RETOUR DU PRINCE KAHAMOKO.

les

On sait que, depuis quelques années,
éditeurs
du Calendrier acceptent des annonces pour être
annexées à cet utile Recueil. Le monde indust riel et

! »

commercial de notre département a eu bien vite

C'est un beau pays que la France,
On y boit, on y mange
;
Je n'ai connu que l'abondance,

compris les bénéfices qu'il pouvait retirer de ce
mode de publicité, car le nombre des corn m mdes a
toujours été en augmentant ; mais comme on sem¬

«

bien

Sous les palmiers et les platanes,
Du Congo jusqu'à Tombouclou,
Résonnent tams-tams et peaux d'ânes
Pour le fils du grand Manitou !

Papa, je n'ai manqué de rien.
Là-bas, jamais on ne lésine,
Par jour je coûtais cinq cents francs ;
Ma foi, j'aime assez la cuisine
Que l'on mange au pays des blancs.
Atchi !! je rapporte un bon rhume ;
C'est que, sur le pont du bateau,
La nuit, j'ai trop senti la brume;
Atchi !! j'ai le rhume au cerveau!
En amour, je dois vous le dire,
Je reviens te! qu'à mon départ ;
Ah î j'ai reçu plus d'un sourire
De ces dames du boulevard I

Karamoko, le charmant prince
Est de retour, Allah ! Allah !
En son honneur le peuple pince
Le grand pas de la bamboula.

II faut voir dans la capitale
Du vieux roi-nègre Samary,

Quel bruit de llùte et de cymbale,
C'est un brillant charivari ì

Soudain le peuple fait silence,
Le grand roi parait ! 11 fait voir
Les présents apportés de France
Pour offrir au bon peuple noir.

Devant moi j'ai vu

»

ble igi orer que notre Annuaire départemental

Calendrier

les intéressés que les annonces pour le
de la Dnrdogne ne seront reçues, celte

que jusqu'au 30

Toi, général, je ('administré

recteur), à Pé-

mainte dame

ligneux.

physique de

PRIX : 2 FRANCS.

petit livre dont
parlons, se trouve aussi chez l'auteur : F.¬
Gabriel JUGE, à Exeideuil (Dordogne), au prix
de 2 fr. franco et seulement contre l'envoi d'un
L'intéressant et très sérieux

nous

Ici, je rapporte, mon père,

Intacte ma fleur d'orangerI

»

mandat-poste. 1

Alors, le beau sexe défile
En répétant trois fois : Allah !
Le vieux roi s'écrie : Imbécile I
Tu me fais un fichu pacha I

Dames de ma cour, plus de larmes,
Pour vous j'ai des cadeaux, venez !

Voici pour rehausser vos charmes :
Un bel anneau pour votre nez !

Le Gérant : BILLAMBOI3.

Périgueux, inip. LAPORTE, aae. Dupont et O».

Le Tboubadoub.

ipp/

i.'homme et de la femme, avec 3

héliogravures rouge et noir.

Ma conduite fut digne, austère
En ce voyage à l'étranger ;

Fiers soldats, que pas un ne bouge,
On va vous coller au nombril
Une vaste étoile en drap rouge ;
Ce costume est vraiment gentil !

Périgueux,
Laporte : La Régénération

En vente chez tous les libraires de
et à ('imprimerie E.

vanté ;

Vous qui marchdz sans pantalon,
Je vous offre celte cocarde
Avec un casque de dragon.

Calendrier pour

Nota. — 11 st r i adressé un
toute annonce d'une page.

J'ai vu Nana, Palmyre et Rose,
Leur galbe est ma foi trop
Le beau sexe, malgré sa pose,
Ne m'a vraiment pas enchanté !

Venez, officiers de ma garde,

10 francs.
5 —

Les commandes sont reçues à ('ancienne impri¬
merie Dupont et Ce (E. La porte, i)i

La femme, comme un
Porte une bosse au bas du dos !

Ce brillant casque de pompier.

:

Une page
Une demi-page.

dromadaire,

Viens ici, mon premier ministre,

année,

novembre.

PIIIX DES ANNONCES

Là-bas, chose extraordinaire,
El qui me laisse sans repos,

Prends l'armure d'un cuirassier ;

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doit

paraître à époque fixe et que des demandes de publicalion nous sont chaque fois adressées trop tard
pour être insérées, nous croyons devoir prévenir

Relever bien haut le jupon ;
Je n'aime pas lant la réclamé,
Cela ne mê dit rien de bon .

Le grand roi sur le front se place
Un bonnet de poil à gland d'or !
Comme sceptre, il tient avec grâce
La canne d'un tambour major !

DODDOGME.

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