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Médias

Fait partie de L'Entr'acte périgourdin

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ìvumerû 21

Fnx ; iu centimes

Première Année.

f

1IIIUIIIIIII!IIIIIIIIIII,IIIII.IIIIIIIII!IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII||mTnïïnTTTTrTTTTTTTTHTHTTTTTTTTTTTn7TTrniiUlllll|l! IMili

LITTÉRATURE, ARTS, THÉA

^

rini i i i i i i i ui i ti i iT2..
i i i imi i i i i 0\i iumi!
o



OMMERCE,

INDUSTRIE.

INSERTIONS

ABONNEMENTS
Un an.

Six mois.

3f

lf 75

(Les

Annonces,

Réclames.

Manuscrits non insères ne seront pas

rendus).

L'ENTR'ACTE

PÉRIGOURDIN.

pourvu, et ses défauts en

Périgueux, 6 Décembre 1886.

ce sens, par surcroît
Je voudrais être aimée, monsieur, mais ai¬
]
trouvaient aggravés par cette \ mée comme
je rêve de l'ètre.... Je voudrais être
défiance de soi-même qui est comme le cou- 1 assurée
que je ne suis pas recherchée parce je

d'infortune,



se

des disgrâces auxquelles la nature
suis jeune, parce que l'on me trouve un peu
semble prendre plaisir à condamner certains 1 de beauté dont
je fais aujourd'hui bien peu de
êtres.
cas, ayant depuis quelque temps beaucoup ré¬
La mère d'Eusèbe était une
pauvre veuve | fléchi.... je voudrais que mon mari m'aimât
n'ayant d'autres ressources que ce que son fils surtout parce que son âme serait en communion
gagnait, aussi la mère et le fils vivaient-ils en se
d'idées avec la mienne, et non parce que ma fi¬
privant de tout ; et ce n'étaient pas seulement gure ou ma tournure lui plaisent, pour le mo¬
les plaisirs de la jeunesse
qui lui étaient ment, De cette manière, je serais assurée d'ê¬
interdits, Eusèbe se savait aussi condamné tre toujours belle à ses yeux, je pourrais tou¬
à vivre dans le célibat : il vivrait sans amours
;
jours compter sur l'affection de mon mari.
il se disait qu'il pourrait
aimer, lui, mais que, I
Mademoiselle, vous êtes belle, vous êtes
bien sûr, pensée amère, il ne serait
jamais i faite pour être aimée, non un jour, comme
aimé. 11 n'avait, le malheureux, que
trop raison, i vous le craignez, mais toujours ; cette aspira¬
mais peut-être sa trop grande méfiance de lui- I
tion vers l'idéal de l'amour qui est en votre âme
même en fut-elle seule la cause.
est une garantie pour vous aussi bien que pour
11 y avait sur le carré de la maison
qu'il ha-, votre futur mari; vous recherchez l'idéal parce
bitait avec sa mère des gens avec
lesquels il vous êtes faite pour le comprendre ; le phéno¬
n'avait jamais «u de relations,
par suite d'in¬
mène qui se passe en vous,fût-il étranger au mari
compatibilité d'habitudes et de goûts ; mais un
vous allez prendre, aura de l'écho dans son
jour, ces gens disparurent et furent remplacés que
âme, y réveillera certainement l'idéal s'il dort,
par une famille qui comptait une jeune fille
car je crois
qu'il est en germe dans nous tous,
dont la vue seule fit une profonde
impression et ne fût-il pas en lui, vous l'y feriez naître....
sur le cœur d'Eusèbe. Son
image ne lui sortit Epousez donc le parti qui se présente, Made¬
bientôt plus de l'esprit ; désormais, sa vie si
moiselle, car quel que soit celui dont vous detriste allait enfin devenir relativement douce.
viendrez la femme, celui-là vous aimera et vous
Eusèbe vivrait de la préoccupation de la
jeune aimera comme vous voulez être aimée.... parce
fille, du bonheur auquel son imagination la mê¬
vous méritez de l'ètre ainsi....
lerait, la faisant participer par la pensée à une que
Marie n'était pas satisfaite de la réponse ; elle
existence passée en commun, dont il la laisserait
lisait bien dans l'âme d'Eusèbe tout un monde
ignorante, bien entendu, et de laquelle il eût été de
tortures; mais rien qui semblât exciter en lui
bien fâché même qu'elle pénétrât les délicieux
de la jalousie, l'horreur de la compétition. Eusèbe
ronneinent

Ce jeune homme de bonne mine,
L'oir vainqueur, la moustache f ne,
Pour qui je fais un impromptu,

C'est La Batut, c'est La Batut!



1/ est noble et même vicomte,
Puis encor, — ce n'est point un conte, —

Républicain très militant;
C'est épatant, c'est épatant!
Aussi le peuple, pour lui plaire,
S'est-H vite empressé de faire,
De ce démocrate exalté,
Son député, son député !
Maintenant qu'U est au pinacle,
De tout son canton c'est l'oracle....

S'il est un peu court, l'on verra

Qu'il grandira, qu'U grandira.

Afin que le bon public juge
Pourquoi d'une robe de juge

mystères.

Mais le moyen de cacher à une
femme, si
jeune soit-elle, ce qui se passe au fond du cœur
quand elle l'inspire ? Le secret d'Eusèbe était
pénétré au bout de peu de jours ; la jeune per¬
sonne l'avait deviné... Et ce secret ne la
surprit
ni ne la trouva aussi indifférente
qu'on pour¬
rait le croire...
Si Eusèbe n'avait pu
empêcher que ses dé¬
fauts physiques l'eussent
frappée, il n'avait pas

Le dessinateur a vêtu
Ce La Batut, ce La Batut!

Apprenez donc, chose bizarre,
Qu'U faillit porter la simarre
Ou te bonnet de procureur,
Mais par erreur, mais par erreur !

plus réussi à dérober à sa vue ses beauté?
morales, et elle se prit .bientôt à faire cette ré¬
non

II nous est arrivé d'entendre

flexion :
Aimer

Parfois quelqu'électeur prétendre



une

Qu'à tort on pourvut d'un mandai

sublime dans l'amour ? Et celui dont Eusèbe
brûle est cet amour tant vanté, si recherché et

Ce candidat, ce candidat!
Plus tard, il pourrait bien se faire

qui ne se trouve jamais... ou presque jamais...

Qu'U fût sans façon mis par terre....

et avec ces idées-là,

Telles étaient les idées de la

Serait battu, serait battu

lisait pas dans le cœur de Marie comme
lisait dans le sien. II avait si bien

m-

esprit l'idée qu'il pouvait trouver de la ré¬
ciprocité dans les sentiments d'une femme, que
cette idée ne lui venait
jamais, et il ne voyait
rien dans le sourire
avec'lequel Marie l'accueillait, dans le fait de s'arrêter avec lui pour
échanger quelques politesses, de le saluer, en
accompagnant ce qu'elle lui disait d'un doux

regard.

mot

qui résonne agréablement à
l'oreille; un mot plein d'espoir pour les gens
bien apparentés et qui ne laisse indifférent
personne, pas même le plus pauvre ; car celui
qui ne se sait personne pouvant le faire héri¬
ter rêve parfois à un oncle
d'Amérique fantas¬
tique, et quoiqu'ils deviennent chaque jour de
plus en plus rares, les oncles d'Amérique, il
faut bien qu'il y en ait encore, puisqu'il est des
gens qui en attendent toujours.
II y a cinquante ans, un héritage fit.
grand
bruit dans Périgueux ; je veux parler de l'héritage d'un Bonnet mort à Madagascar, héritage
qui n'était autre chose que l'œuvre imaginaire
d'un plaisant. Selon un mot qui fut prononcé à
l'époque, tous les Bonnets surent alors en révo¬
lution : les bonnets-linge, les bonnets de coton,
les bonnets ronds et carrés ; il
n'y avait de
calmes que les bons nez, qui, ayant du
flair,
disaif-on, avaient su deviner la mystification et
n'en étaient pas dupes.
L'héritage dont il est ici question est loin de
se chiffrer, comme celui du défunt
Bonnet, par
des millions ; mais il mérite toutefois
qu'on en
parle.
un

Du reste, il ne s'en apercevait même
pas,
n'osant lever les yeux sur elle
que lorsqu'il

pensait qu'elle ne le regardait pas, qu'elle ne
voyait pas.
La situation des deux voisins était
celle-ci,
lorsque Marie reçut des propositions do mariage
d'un parti qu'une autre fois elle se fût
empres¬
sée d'accepter. On lui demandait une
réponse;
le

il fallait la donner

peu haut ; je dirai que, vers 1862,
alors à Périgueux un honnête garçon

ayant quelque chose d'important à lui dire

Eusèbe
tion.

s'empressa de

se

rendre

;

à Pin.vita-

Monsieur Eusèbe, lui dit-elle
quand ils
furent en présence l'un de
l'autre, j'ai une si
bonne opinion de votre
jugement que je me
r—

reprocherais de ne vous avoir pas consulté dans

la grave conjoncture qui se
présente ; j'ai reçu
demande en mariage à
laquelle je me

une

trouv

eobligóe de répondre de suite, et je suis

fort embarrassée. Le parti
qui s'offre est bon ;
je ne me flatte pas d'être recherchée jamais
par quelqu'un qui m'offre plus que celui-là
de grandes garanties de bonheur.

il y avait
que je ne

désignerai pas autrement que par le prénom
d'Eusèbe, pour laisser sa mémoire dans cette
pénombre discrète qui fut comme la mesure
du jour sous
lequel il se montra durant sa vie
et pour le mettre le moins
possible en vue, lui
qui passa son temps à modestement s'effacer

Cependant

j'hésite...
Pourquoi hésitez-vous, mademoiselle,
puisque vous croyez que le parti en question pa¬


raît vous présenter des garanties de bonheur?

tout et pour tout.

J'hésite, parce que ces garanties de bon¬
heur consistent en ceci : que le futur est honnê¬


Eusèbe était loin d'avoir de
grandes qualités
d'esprit, on peut même dire qu'il était fort sim¬

ple ; mais celles du cœur, les qualités aimantes,
colles du dévouement, de
l'abnégation, il les
possédait comme pas un. Quant à la beauté
physique, il eût été difficile d'en être plus dé¬

promptement.

Marie était embarrassée;
quelque chose lui
disait qu'Eusèbe ne pensait
pas au mariage, et,
d'un autre côté, elle ne voulait
pas accepter la
proposition qui lui était faite avant de la lui
avoir fait connaître... ne fût-ce
que pour savoir
quelle impression il en ressentirait.
Elle le fit donc prier de
passer chez elle,

Je m'exécute donc. Pour en faire connaître
les circonstances, je suis
obligé de remonter
un

Marie

repoussé de

son

L'HÉRIÏ AGE.
Voilà

jeune personne ;

elle.se sentait naturelle¬
ment disposée à répondre à la
passion d'Eu¬
sèbe ; mais Eusèbe ne s'y prêtait
guère... II ne

Alors le pauvre La Batut

en

ce jeune
homme, ce serait aimer
âme'; n'est-ce pas là ce qu'il y a de plus

te, suffisamment travailleur, et d'un physique
convenable ; mais il me semble que tout ceci ne
suffit pas à qui a d'autres aspirations ?
Et quelles sont ces
aspirations, mademoi—

1

selle ? demanda Eusèbe.

n'avait jamais osé rêver mariage avec elle,elle le
voyait, et son cœur en était froissé: que ne pou-

vnit-elle lui dire :
noncez-vous



pas ?

Mais pourquoi ne vous pro¬
pourquoi ne me dites-vous

pas que vous souhaitez d'être mon mari ?
A la fin elle eut l'idée de le
provoquer de ma¬
nière à lui faire dévoiler le fond de sa pensée ;
la conversation était tombée sur les derniers
mots. Elle la réveilla en disant :
Vous me conseillez donc de prendre le


parti qui s'offre à moi ? Mais vous, monsieur
Eusèbe, quand pensez-vous vous marier?
Me marier, moi, mademoiselle? jamais!
Jamais ! Pourquoi jamais ? Etes-vous plus
difficile que moi ? Cet idéal dont vous me par¬
liez avec enthousiasme, il n'y a qu'un instant,
est-ce qu'il ne vous suffit pas?
Oh ! il me suffirait ; mais est-il possible que
je l'inspire 1-— Je ne puis l'espérer; et du res¬
te, je crois que l'amour physique en est le véhi¬
cule; or, comment pourrais-je inspirer l'amour
physique, moi, qui.suis si disgracié?... Enfin,
quelle femme pourrait me vouloir ?








Quelle femme ! dites-vous ? s'écria-t -elle

avec une

expression partie du cœur, moi, mon¬

sieur Eusèbe !
Vous ! mademoiselle !
En prononçant ces mots,


sus sa

il se leva de des¬
chaise, se prit la tète dans les mains et

fit plusieurs fois le trajet de la chambre,
qu'il
parcourait à grands pas sans prononcer un mot
de plus... Elle l'entendait murmurer pourtant :
Vous... vous... ce n'est pas possible... j'aimai
entendu...

Vous avez bien entendu, au contraire,mon¬
sieur Eusèbe...


Quoi ! que dites vous ? fìt-il comme dans
l'égarement... tenez, mademoiselle, ajouta-t-il,
j'ai besoin d'air... vous aurez plus tard ma ré¬
ponse... adieu!...


Et il la laissa seule.

Quelques heures plus tard, en effet, Marie re¬

cevait la réponse d'Eusèbe.... II refusait....

Dès le lendemain, Marie fit savoir au
homme qui désirait l'épouser qu'il était

jeune
agréé,
et le mariage fut célébré peu de
temps après.
Marie ne revit plus Eusèbe, qui la
fuyait, qu'à

de rares intervalles....
La mère d'Eusèbe est morte il y a
années.

quelques

Lui, qui allait toucher à sa cinquantaine,a été
frappé aussi dernièrement par la mort ; mais,
toujours fidèle à son culte pour le seul amour
qu'il eût jamais éprouvé, il avait pris des pré¬
cautions : il avait fait un testament par lequel il
léguait ses économies à Marie,devenue Mme***.
Et cette dame ne fut pas peu surprise, lors¬
qu'il y a quelques mois elle reçut l'invitatitín de
se présenter à l'étude d'un notaire
; elle se de-

mandait ce que M° Y.... pouvait avoir à lui dire;
son
étonnement redoubla quand celui-ci lui
eut fait connaître les termes du testament d'Eu¬
sèbe et l'eut déclarée son héritière.
Mais à l'étonnement succéda un sentiment dif¬
ficile à définir, car il n'est pas dans la nature
humaine d'avoir l'occasion d'en éprouver de
pa¬
reil. Cette dame eut toutefois la force de se con¬
tenir devant le notaire, mais
lorsqu'elle fut ren¬
trée chez elle, elle donna un libre cours à ses

larmes
Jamais testateur

ne

trouva reconnaissance

L'ENTR'ACTE PÉRIGOURDIN.

de semblable nature au fond du cœur de
héritiers.
,T. de La Lìmogeanhe.

ses

M. Beauplumet, qui n'avait plus de doute sur
l'identité de son fils, résolut de compléter son
œuvre en le reconnaissant.
II se rendit à la mairie du 5°, et tous rensei¬

gnements pris, put se convaincre que son fils

vingtaine d'années... Le
coup était rude... II revint navré à l'hôtel, et se
était mort depuis une

fauteuil... « Vous n'êtes
pas mon fils ! » s'écria-t-il en sanglotant.
laissant tomber

sur un

Le prospectus de l'Agence Lecrochu (Recher¬
ches dans l'intérêt des familles, pères, enfants,

Lecrochu ne perdit pas la tête. Sachant
bien que tout se découvrirait tôt ou tard, il

M. Beauplumet en fut ému jusqu'aux larmes.
« Ces
gens-lâ ont raison, disait-il en se frot¬
tant les yeux. Je suis ici bien tranquille, vivant

tragique : Adieu ! M. Beauplumet !

parents de tous degrés, etc.).était attendrissant.

largement, et pendant ce temps, lui...', c'est
pourtant mon fils ! » Les sanglots étouffèrent
sa voix. Sans
plus tarder, il prit une plume et
écrivit à M. Lecrochu la lettre suivante :

précautions ..

avait pris depuis longtemps ses
II se leva donc brusquement, et avec

un geste

Comment ! vous me laissez, dit celui-ci.
Vous voulez donc que tous les malheurs m'accablent à la fois...
II me serait trop dur de rentrer chez vous




étranger !

en

Mais vous savez bien que je ne puis plus
passer de vous... c'est mon avenir politique



«

«

Monsieur,

me

Votre prospectus

Aidez-moi, je

vous

m'a rappelé à mon devoir...
prie, dans les recherches, et je

saurai vous dédommager de toutes vos peines et
soins.
" Samère
était modiste,et répondait au doux nom de
Mélanie. Si mes souvenirs sont exacts, elle habitait au
38, de la rue St
,
au quartier latin.

Lui, aurait aujourd'hui de 28 á 30 ans... Mettez
tout en œuvre pour le retrouver. Je tiens à réparer
«

mes erreurs de
«

que vous brisez...
Je le regrette ; mais je sacrifie bien ma si¬


tuation, moi !... II le faut ! adieu !
Mais enfin, qu'exigeriez-vous pour




jeunesse.

Agréez, etc..

Beauplumet,
»

re¬

Beauplumet ! je serai votre (ils
je ne serai pas...

et aux vôtres...


Mais comment diable ?...

La lecture de cette lettre
la première qu'il
recevait depuis trois mois, — jeta Lecrochu
dans une grande perplexité. « Vais-je lui expé¬
dier un fils ? se demandait-il. Certes, ce n'est


pas ce qui me manqué... J'en ai à la pelle !...
Toute la bohème de Paris défile journellement
dans cette chambre, à la recherche d'un père
cossu... Mais
pourquoi passer la main à un au¬
tre?... Mes affaires ne vont pas... j'en suis à

ma première commande
depuis trois mois que
je suis installé... Ma foi ! c'est dit... Je vais me

ment vous l'avouer dans ma situation ?...
lez-vous mêla donner en mariage ?
Malheureux ! votre sœur...

Vou¬



Nullement, puisque...

se

Dame ! Beauplumet dut eu passer par là. II
n'eut d'ailleurs pas à s'en repentir ! Lecrochu,

je vous l'ai dit, était un homme précieux.
Son beau-père est depuis longtemps

député,

ministre. Lecrochu ne
parle plus de le quitter...
Darnob.

et en passe de devenir

UNE COURSE EN FIACRE.

»

Nous n'avons pas cru devoir le mettre au cou¬
rant nous-même.
11 croil se rendre auprès, de vous

Le vicomte lui serrait les mains et s'efforçait
de la rassurer. Mais la mignonne créature en
était à son premier, coup de canif... Aussi 1 rem-

blait-elle comme
voiture.

Agréez, etc..

La scène de présentation fut


une

Dans son anxiété,

comme secrétaire.
«

feuille

au

milieu de la

les événements et donner tête baissée dans le

émouvante :

danger, sans avoir le temps de la réflexion...
Tout à coup, la voiture est arrêtée net par
un encombrement. La jeune
femme, inquiète,

dit

M. Beauplumet, que vous vous appelez EmileGeorges... Vous n'avez pas d'autres noms ?
Lccroclui (avec un soupir). — Hélas !

Beauplumet (doucement). — Et... qui donc
élevé ?
Lecrochu.

vous a


Ma mère !
tme
bonne
sainte femme, qu'un indigne séducteur...

et

Beauplumet (f interrompant vivement). — On

m'a dít que vous aviez tenté du journalisme
à Paris...
Lecrochu. — Oui ! J'ai échoué partout ail¬
leurs, faute d'un nom... Ah ! les pères en pren¬
nent à leur aise, allez !.
11s se contentent de
nous jeter dans la vie,
sans soutien, sans dé¬
fense...
.

Beauplumet (de plus en plus ému, et tout près
de se trahir). — Ne maudissez pas votre père,
mon enfant!... qui sait s'il n'a pas souffert mille
fois plus que vous.. La vie a parfois des néces¬
sités cruelles...
Lecrochu (haussant les épaules). — En atten¬

dant je...

Beauplumet, (vivement). — En attendant vous
pourrez considérer cette maison comme la vô¬
tre... vous ne manquerez de rien, et vous serez
traité comme mon iils...

Lecrochu.—Merci mille lois, monsieur!...
II y a bien longtemps qu'on ne m'avait dit d'aus¬
si bonnes paroles. Je vous serai tont dévoué,
car je sens que je vous aime déjà...
Beauplumet (à part, les larmes aux yeux). —
La voilà, la voix du sang!... (Haut), Digne jeu¬
ne homme ! M. Lecrochu ne
s'était pas trompé
sur votre compte...
Allez vous reposer un ins¬
tant dans votre chambre, je vais prévenir ma
femme de Votre arrivée.
Tels surent les débuts de notre héros. Ex¬
cellent garçon au fond, aimant le bien-être et la

tranquillité, il fit son nouveau métier avec zèle,

la tête à la fenêtre, pour

met

C'est là que le mari
furieux :
Où sont-ils ?

le rejoignit, essoufflé,











Qui ?
Ma femme !
Comment voulez-vous que jo le

sache?

Elle était dans votre voiture !
Vous rêvez ! Je n'ai pas encore

étrenné

d'aujourd'hui

Vous mentez !
Ah ! tum'ennuies, toi!.. Fouille et tu verras.
Mais déjà, les deux bourgeois se
talent sur M. Béluchard et le rouaient de




précipi

poste avec le Iìacre.

L'équipée lui a coûté cher ; mais il ne se plaint
Trop heureux de s'être trompé sur le
compte de sa femme... il l'adore plus que ja¬
mais et regrette de savoir suupçonnée un ins¬
pas...

M. Bonnard.

tant.

COMMANDEMENTS BU MUSICIEN

LES

a

là... II m'a vue...

en

Premier violon s'abstiendra

Second violon évitera
De jouer machinalement.
Alto surtout s'éveillera

arrière... Théogène est

.

le cocher avait entendu
premier cri... Connaissant la générosité du
vicomte en pareil cas, il enlève rapidement son
cheval, et, malgré tous les obstacles, s'élance à

Son jeu lourd, pleurard, assommant.

son

Contrebassiste attaquera
La note plus nerveusement.

fond de train vers les fortifications.
Le mari, stupéfait d'abord, et ne pouvant en
croire ses yeux, cherche un fiacre pour se met¬
tre à la poursuite des coupables, et éviter peutêtre un malheur. Le n° 1768 stationne sur la

Flûtiste ne regardera
Dans la salle inutilement.

Piccoloiste ne sera

Prétentieux aucunement.

place. Mais le cocher, attablé sans doute dans un
cabaret voisin, est introuvable.

Hautbois anches ne grattera

Que rentré chez lui seulement.
Clarinette bien chauffera

Le temps presse, cependant... M. Béluchard
crie, tempête, sans pouvoir dénicher l'auto-

craignant de perdre la
piste des fugitifs, il monte vivement sur le siège,
saisit le fouet et part bride abattue.
Mais le cocher précédent n'a pas perdu un de
ses gestes. Le voyant arriver avec une vitesse
vertigineuse, il tourne brusquement à droite,
faisant descendre les amoureux dans une
rue de traverse : « Entrez dans ce petit café,
leur dit-ii ; moi, je vais continuer vers Issy...
L'autre me suivra jusqu'au bout, soyez-en sûr.
Vous aurez de la sorte deux bonnes heures de¬
et

vant

vous.

L'iinportant est qu'il trouve ma¬
maison, en rentrant à six heu¬

dame à la
Bonne chance !... »
Et il reprit sa route .. Les

res

..

deux jeunes gens
se garèrent dans le petit débit, laissèrent pas¬
purent alors

reprendre la partie interrom¬

Et, pendant ce temps, lui allait, allait brûlant

le pavé, et lançant au premier cocher les invec¬
tives les moins parlementaires.
Au coin de la rue Saint-Marcel, une char¬
rette arrêtée le força à stopper pendant quelques
minutes.

>

Quand d'attaquer vient le moment.
Violoncelle corrigera

Fort heureusement,

médon.
A la lin, exaspéré et

l'orchestre.

De préluder trop fréquemment.



rejetant vivement

pue.

s'assurer

maintenait

peine les distances, malgré les sommations
et les menaces de M. Béluchard.
Vers cinq heures, pourtant, jugeant que les
amoureux devaient avoir fini leurs confidences,
le cocher jeta l'ancre devant un marchand de
vin, tourna bride, et descendit prendre un

blie...
Nous sommes perdus, s'écrie-t-elle en se

avait un grain d'ambition.
En deux ans. il le íitnommermairede sa com¬

II le conduisit mèine à Paris pour

d'épées
fouet¬

voyait que l'épée ou plutôt la paire
de Damoclès suspendues sur son front, et
tait ses chevaux à tour de bras.
Mais son rival, plus expérimenté,

ne



le malheureux Béluchard, une vraie trombe !

l'appui du ministère aux prochaines élections
législatives. Mais ici un incident survint.

habit...

Horreur ! son mari est là, à dix pas/atten¬
dant, sur le trottoir, que la circulation soit réta¬

et

généra), officier d'académie,

chiens,

partit comme une flèche, écrasant les
heurtant les omnibus et coupant les convois fu¬
nèbres. C'est en vain que ses deux victimes,
affreusement cahotées et conduites à l'opposé
de leur gare, le tiraient par le pan de son
à arracher les morceaux... Lui, tout à son idée,

stimuler le co¬

ser

conseiller

pressés... »

Et, ma foi ! ils furent servis à souhait !
Le mari, qui voulait regagner le temps perdu,

cher.

et rendit de réels services à M. Beauplumet,qui

mune,
otc...

nous sommes

elle aurait voulu précipiter

LEcnoéiiu. »

Je vois sur votre lettre d'introduction,

eu jetant au cocher :

Gare du Nord !... Rondement, s'il vous plaît ;

qui le sui¬
de

faisant

peu.

«

coups.
Eu même temps, plusieurs agents,
vaient depuis une demi-heure au pas
course,
lui mettaient la main au collet et le menaient au

précéder d'une lettre ainsi conçue :
Monsieur,
«Votre filé est retrouvé... il vivait avec sa mère,
et s'occupait avec succès de
journalisme... (Ici quel¬
ques détails exacts sur la mère, de façon à convain¬
cre M. Beauplumet).
11 arrivera á Bennureau sous

rent place dans la voiture



Quelques jours suffirent pour prendre les ren¬
seignements indispensables, et Lecrochu put se
en

répondit que par un grognement inintelligi¬
ble. Les deux bourgeois s'y trompèrent et pri¬
ne



mettre en famille...

metlre én route pour Bennureau,

qui

verre.

Beauplumet ! vous avez une fille... je l'aime depuis longtemps, mais pouvais-je décem¬


rentier à Bennureau-sur-lndre.'■>

lèrent M. Béluchard.
«
Etes-vous libre ? » Le pauvre diable,
avait en ce moment d'autres chiens à fouetter,

sans

venir?
Je ne veux pas rentrer diminué à mes yeux
ou

Un couple d'honnêtes bourgeois passait là,
chargé de bagages et cherchant un iìacre.
Heureux de trouver leur affaire, ils interpel¬



Pour donner le la purement.

Bassoniste bavardera
A f entr'acte exclusivement.

Cor de ton ne se trompera
Et devra changer vivement.
Piston

jamais ne pensera

Que poser tient lieu de talent.
Trombonne, des sons soutiendra
La valeur bien exactement.
Le timbalier s'accordera

Bien juste et très rapidement.
La grosse caisse

maintiendra

Le rylhme rigoureusement.

Sous-chef pour commencer devra
Faire accorder soigneusement.
Le Chef d'orchestre heureux sera

Que tout marche parfaitement
Fortuniò.
Le Gérant : BILLAMBOIS.

Périgdèux, imp. LAPORTE, anc. Dupont et Ce.

RUES TAILLEFER, ÀUBERGERIE ET DES FARGES, A

PÉRIGÏÏEUX.

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E. LAPORTE, Gendre & Petit-Fils. Directeur,
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