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Médias

Fait partie de L'Entr'acte périgourdin

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Numéro 22

Prix : 10 centimes.

Première Année.

?l.tO I

IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIHIIIIIIIIIIIIHilllillllllilllll

COMMERCE, INDUSTRIE.

LITTÉRATURE, ARTS, THÉATi

INSERTIONS

ABONNEMENTS :
Un an.

3f

Annonces..

Six mois.

Réclames.

lf 75
'

L^yJiV

)

(Les Manuscrits n 011 insérés %e seront pas

.

.

...

:

75° la

ligne.

1'



rendus).

L'ENTR'ACTE

Périgueux,

PÉRIG0URD1N.
allait.s'aggravant d'heure en heure. Bonichon,
qui ne savait pas d'abord ce qu'on lui voulait,
se vit enfin inculpé de complicité dans un infan¬
ticide, c'est-à-dire dans un assassinat !... A ce
mot, il vit dans son imagination la guillotine se

sait voir avec quel orgueil l'âne

s'en allait por¬
les airs mysté¬
rieux qu'il se donnait avec ses amis, le conten¬

19 Décembre 1886.

tant ses reliques ! II fallait voir

tement intime dont il semblait jouir, quoiqu'il ne
jouît de rien!
Cependant les amis de Bonichon étaient cu¬
rieux de savoir ce qu'il pouvait y avoir de vrai
entre Pépita et lui ; les uns le croyaient en pos¬
session des bonnes grâces de la jeune fille; les

Ce vaillant rémouleur s'appelle

dresser devant lui, ses cheveux se hérissè¬
rent sur sa tête....
Ah ! monsieur le juge, s'ócria-t-il dans un
accès de désespoir, pouvez-vous croire une pa¬
reille chose de moi ? pouvez-vous me prendre


autres le niaient.

Du nom de Tamothe-Tradelle ;

dis je?
donc cri¬

pour un assassin ! Je serais l'amant, que
le complice de Pépita ? Mais elle est
minelle ? Est-il d'abord bien sûr qu'elle soit fau¬

Jusque-là Bonichon avait hésité à répondre
questions qui lui étaient posées ou répon¬
dait évasivement
mais un jour qu'il était plus
pressé que d'habitude par ses envieux, qui,pour

aux

On le voit soignant ses discours,
Do ut aussi rares

qu'ils sont courts !

teur de l'infanticide ? Et en supposant

(Mais vainement, avec prudence,



Enfin, messieurs, leur dit-il, s'il me restait
quelque chose à désirer de Pépita, est-ce

encore

Tl aiguise son éloquence ;

que je ne serais pas le modèle des Jobards ? Je
fais tous juges, vous qui avez pu appré¬
cier, par les privautés qu'elle m'accorde, dans
quelle intimité je vis avec elle. Eh bien! cet
aveu fait, laissez-moi tranquille, et n'en par¬
lons plus.
Bonichon eutbien pourtant un peu de remords
d'avoir trahi la vérité, car il était sot peut-être,

Ces laïus sont peu mordants.
Ci Tradelle ne parte guère,



mort, etles journaux qui avaient rapporté le fait,
annoncèrent, le lendemain de la découverte du
crime, qu'une jeune personne de la localité,Mlle

cA devenir un orateur ?

P..., venait d'être l'objet d'un interrogatoire au
résultat duquel elle avait été écrouée à la pri¬
son de la ville. Le fait était exact, et cette de¬
moiselle P.. c'était Pépita.
Ah ! ce pauvre Bonichon! s'écria Domini¬

Voter doit suffire à son coeur.

,

a-drrëtaní la meule qui trotte,



que, un de ses meilleurs amis, aussitôt qu'il ap¬
prit la nouvelle, vous verrez qu'il se sera fait là
une mauvaise affaire !
Un trait inspiré par la jalousie sans doute,
mais qui, dans tous les cas, devait coûter cher
à Bonichon.
La réflexion faite par Dominique était parve¬

Tamothe ;

Ceulement à chaque scrutin
Tu mettras un bon bulletin !

nue, aux oreilles

TFn mot etje pose la plume :

de la justice.

Dominique fut

appelé, en, témoignage.
Vous, avez tenu un propos que je vous prie
de répéter, b.i dit le juge ; vous avez,en parlant
deT'évònement du jour, prétendu que Bonichon
s'est fait une mauvaise affaire; expliquez-vous:


Télégant surnom de Bitume
Tsl octroyé — détail certain —

qu'entendez-vous par cés. paroles?

a/£ Tradelle, au Quartier Dali n.



Oh ! rien du tout, monsieur le juge, lit Do-

minique avec la légèreté particulière aux hom¬
mes de son âge;
j'entendais dire seulement,
qu'il est toujours fâcheux d'avoir sa maîtresse
accusée d'un crime et...
Sa maîtresse ! La fille Pépita


serait, dites-

vous, la maîtresse de Bonichon ?
Tout le monde sait cela, lit Dominique.
Vous dites que Bonichon était l'amant de
la fille Pépita ; mais il s'agit de s'entendre : estce l'amant platonique, ou l'amant ?...
J'entends dire l'amant heureux, monsieur
le juge.
Vous l'affirmez?
Je l'alíìrme... je l'affirme... je ne sais si








II y a quelques années,
Périgueux vit sa po¬
pulation féminine s'accroître d'une jeune cocodette qui allait y faire du bruit ; le dessus du
panier des chevaliers du monocle l'obséda. Mais
elle résista à toutes les attaques, je me
trompe;
elle lit un choix, et, chose incroyable, ce choix
fut si modeste qu'on l'eùt dit inspiré par le cœur.
II tomna sur un pauvre diable de clerc des
moins hupés, Adolphe Bonichon ! Bonichon, la

tête de Turc de la gent gouailleuse et braillante
des beuglants, Bonichon à l'air éventé, au nez

démesuré, aux jambes de cerf, aux oreilles

en

.supérlalivem.ent

naïf, air qui, au dire des mauvaises langues,
avait au moins un mérite, celui de mettre"d'accord chez lui les apparences et la réalité. Quand
en cbnnut ce choix, on
s'éloigna de Pépita (la
cocodettese nommait ainsi) ; elle fut jugée une
iille sans goût, et, malgré son minois piquant,
ce fut 1,1110
grue indigne de l'attention. Bientôt il
ne fut questiond'elle
qu'entre petits crevés de

l'aborder,

"Ta suivaient de l'œil en jalousant le sort de Boni-

lieu d'un
amoureux triomphant
qu'on le supposait, Boni¬
chon était un simple
plastron servant à dissi¬
muler une intrigue de la jeune fille,"qui Tavait
choisi parce que, de tous ses poursuivants, Bo¬
nichon lui avait paru le plus facile à
tromper.
Mais Bonichon était loin de supposer
qu'il en
fût ainsi ; il se figurait, nu contraire, avoir été
le préféré par amour et que si la
jeune fille ne
car, au

lui accordait rien dans le moment, il obtiendrait
tout s'il savait attendre ; et
partant de là, il tai¬



je dois le faire... tout ce que je puis certifier,
c'est que je le crois...
U faut dire ici que le juge admettait un .com¬
plice dans le crime perpétré. De l'examen du
cadavre, il résultait pour lui, à tort ou à raison,
la preuve que Pensant avait été porté dans l'endroit où on savait trouvé aussitôt après, avoir
été étouffé, et non un certain ' temps après- siç."
détail, insignifiant en apparence., avait són im¬
portance : la mère avait-elle ëu tout à la-fois la
force, — l'étouffement du petit être consommé,
de le porter elle-même hors de son domicile?
La question était douteuse et donnait.lieu
àl'hy¬
pothèse qu'une main complaisante aváit rendu
ce service à la
coupable, et alors, cette main
complaisante, quelle était-ëlle, sinon celle d'un
amant, fauteur de la grossesse ?.. Le juge croyait
la chose possible ; et si l'on se souvient du mot
imprudent de Dominique, quoi de plus naturel
pour le juge que de croire Bonichou ce com¬
plice?
-T.


Pour lui il s'agissait

de" savoir si Bonichon

était un amoureux platonique... ou autrement;
tout était là.
Le juge s'attachait donc; à tirer la chóse au
clair.

Cependant Bonichon, interrogé, flairant le
danger, commençait à la trouver mauvaise ; le
rôle d'amant qu'il avait accepté avec tant- de
complaisance avec ses amis, allait-il faire de lui
un criminel aux yeux de la loi ? 11 se défendit, il
nia : mais les accusés nient toujours, et le juge
persistait à l'acc-user. 11 y a plus: sa situation

Oui, Dominique vous désigne comme l'a¬

mant de la coupable !

Ah ! monsieur, Dominique est un imbécile
qui s'est mis en tête que je suis l'amant de Pé¬


pita.

repos.
Le bruit se répandit que la justice venait de
trouver le cadavre d'un nouveau-né enterré fur¬
tivement après avoir été préalablement mis à

Est-il bien urgent- qu'il s'enrage

chou, bien à tort cependant,



son

Tour accomplir pareil ouvrage

la troisième catégorie, qui, sms oser

n'hésite pas à vous accuser.
Mon ami m'accuse !

Quoi qu'il en soit, tout alla bien pendant quel¬
que temps et on ne lui parlait plus de Pépita.
Mais un grave évènement vint bientôt troubler

Coi t. gobiet ou de Tjreycinet.

ailes de chauves-souris, à l'air

répliqua le juge, je fais mieux ; je dis : Vous me
mentez, et, ce qui me le prouve, c'est que votre
propre ami, le confident de vos épanchements,

lui, n'était pas mauvais.

Que le patron du cabinet

Tu peux le reposer,



Bonichon, mais il était honnête et le fond, chez

Tl vote pour le ministère...

l'on

chon ! un criminel ! moi étouffer un pauvre petit
enfant! jamais! jamais !...
Mais je ne suis pas forcé de vous croire,

vous en

Vainemen t il est sur les dents,

que

puisse lui reprocher ce crime, s'ensuit-il que je
doive y avoir pris part? Je mérite si peu d'être
mêlé à ('affaire, que je sais à peine ce dont il s'a¬
git, et je n'en puis croire mes oreilles quand je
m'entends accuser d'un infanticide. Moi! Boni¬

l'exciter à.s'ouvrir à eux, mettaient son amourpropre enjeu:

Parce que vous le lui avez confié.
Je le lui ai confié... je le lui ai confié si
l'on veut.!.. Interrogé sur la. nature de mes
relations avec Pépita, je lui ai, il est vrai, laissé
croire tout ce qui lui passait par la tète à ce su¬




jet, mais je n'ai rien avancé, je n'ai rien dit.
Tout cela n'est pas clair, observa le juge,
et il est facile de voir que vous voulez tromper
lá justice ; mais elle saura vous arracher un
aveu qu'il serait plus habile pour vous de. faire
de bonne grâce...
Un accusé plus fort que Bonichon, ne se sen¬
tant pas coupable, eût conservé un peu son
sang-froid, malgré la mauvaise tournure des
choses ; il aurait espéré que la vérité finirait par
•se faire jour, et ne se serait pas en vain attaché
à cette lueur d'espoir. II en fut tout autrement


.

lui.
En proie, à une

avec

surexcitation nerveuse terri¬

ble, ne mangeant plus, ne dormant plus, assailli
de folles terreurs, il se leva une nuit, ne pou¬
vant plus tenir à son martyre, et. perdant mo¬
mentanément la. raison, il fit une corde de sa
cravate, l'accrocha au ciel de lit, se la passa
autour du cou et se

lança dans le vide... Heu¬
nouée fébrilement, ne

reusement, la cravate,
tint pas ;. il tomba sur

le plancher, et si mal,

qu'il s'évanouit,

Toutefois, le bruit de sa chute avait éveillé
on pénétra dans la chambre, et,
en voyant Bonichon étendu sur le parquet,
on
s'empressa de lui porter secours et de le faire
revenir de son évanouissement ; puis il fut
couché, consolé, et, sur le matin, il finit par
s'endormir tant'bien que mal.
les voisins ;

Une heure après, il était brusquement tiré
de Son sommeil : c'était un agent envoyé par le
,

juge ; il venait lui intimer l'ordre de le suivre.
En présence de cette sommation : — On veut
me fourrer en prison ! s'écria Bonichon revenu
à ses.folles terreurs ; si je me rependais ! Et
il faisait mine de reprendre sa résolution ex¬
trême', lorsque fagent, le saisissant par le bras,
l'entraîna de vive force.
Voici ce. qui était arrivé : Un quart

d'heure

après, la tentative de suicide de Bonichon, toute
la ville avait appris Tévénement, qui était aussi
parvenu à f oreille du parquet. Lo juge, l'esprit
frappé de la circonstance, s'était demandé si
l'açte riei se,pendre était bien le fait d'un inno¬
cent, si plutôt on ne devait pas y voir la consé¬
cration des soupçons qui planaient sur Bonichon,
preuve que la crainte d'un danger trop
certain l'avait poussé à cet acte de désespoir....
Ét Bonichon, appréhendé au corps, avait été ar¬

et la

rêté et incarcéré...
Heureusement

ce

ne

devait être que pour

quelques jours, durant lesquels l'instruction,
qui marchait fermé, allait aboutir à une solution,

celle de la découverte de la vérité. En effet,
dévorée d'inquiétude, et, de son côté, obsédée
par le juge, la vraie.coupable était entrée dàns
la voie ries aveux. Elle, raconta, comment les

chQses s'étaient passées ; seule elle était, cou¬
pable. La mort de f enfant était son fait à elle ;
l'unique complice qu'elle, eût eue avait.enterré
Tentant. C'était une de ces malheureuses créa¬
tures

disposées à se charger de toutes les beso¬
de cinq francs ; qpant à

gnes pour une pièce

notre héros, il était mis hors de cause. Et lorsque

le juge fut enfin convaincu que la vérité lui
était révélée, il fit élargir Bonichon, aux re¬

grets d'avoir accepte bénévolement la réputa-

L'ENTR'ACTE PÉRIGOURDINtion d'homme à bonnes foi'tunes ët
mais un peu
tard,

qui jura,
qu'on ne l'y prendrait plus'.
J. DE LA LniOGEANNE.

bête... mais tiens ! voici ma femme... Elle va

juger elle-même.
Mme Angélique Mufílentout entre

»

en ce mo¬

ment dans le salon.

»

»

Mulïlentout.— Pis donc, bobonne, il parait
que notre maison pullule de soldats... Les voi¬
sins se plaignent.

Quand 1c souille d'hiver la tourmente la nuit !
qui chante, hélas, souvent gémit!
C'est te suprême cri des âmes et des choses
Qui monte et chante en Dieu le mystère et les causes
.':-isi toul ce

»

tous nos mdheurs
Demande au ciel fermé quelques douces lueurs ! »

De ces déchirements... et pour

»

»

Antoinette

Angélique (terrifiée). — Hein? Tu dis ?
Mufílentout.
Oui ! oui ! je trouve des bouts
de cigare par toute la maison... et celle
péron¬
nelle de Fanchette veut ergoter... A l'entendre ce n'est pas elle
qui les attire...
Angélique (passant vi veinent près de Fanchet¬

Renaud.



te, et à part). Sauve-moi du déshonneur... dis

Du

danger des armées permanentes.

M. Mulïlentout eût été certainement le
plus
heureux des hommes. Mais le hasard voulut

qu'il demeurât près d'une

caserne

de dragons.

Ce fut la cause de tous ses malheurs.
Sa femme Angélique avait résisté
longtemps
aux séductions do l'un!forme. Cachée derrière
ses volets bien
clos, elle se contentait de voir
défiler le superbe régiment, lès

jours de para¬
de, en suivant des yeux les jeunes et pimpants
officiers... mais hélas! il y a une limite aux for¬

humaines... Un beau soir, .elle tomba dans
les bras d'un lieutenant sentimental,
qui venait
depuis huit jours déchiffrer du Mozart avec elle.
ces

Je n'ai pas besoin d'ajouier
sente par le mari...

qu'il avait été pré¬

Et une fois lancée, elle alla

bien, la douce Angélique... En quelques mois,
ne
compta plus que des amis
parmi les officiers du régiment...

que tu es la coupable... Je ne serai pas ingra¬
te... mais avoue, avoue... Tiens! prends ma

bourse...
Fanchette (comprenant toul). — Eh bien...
oui, m'sieur ! je suis coupable, mais c'était pour
le bon motif

..

Angélique (vivement).

ami !



Qui ! oui !

mon

je savais... ces deux enfants doivent s'é¬
pouser prochainement.. Jetais agir auprès du
colonel pour obtenir f autorisation... Lnissemoi un moment avec elle... L'important est
d'éviter les cancans en ville... (Mufílentout sort

rassuré).
Angélique (se jetant au cou de Fanchette). —
Pauvre martyre ! Tu f es dévouée pour moi...
c'est noble ce que tu as lait là ; mais tu n'auras
pas à le repentir...
Fanchette (sincère). — Ah ! c'est que j'aime
tant madame!

M. Bonxap.d.

Ouf! j'en' ai assez... je n'étais pas née pour
métier-là, moi... D'abord à quoi ça sert-il
d'épousseter? eu chasse la poussière d'un côté
pòur la renvoyer de l'autre.'.. Au lieu de m'écliiner à des riens, j'aime autant relire la
poésie
que Martial m'a inventée hier soir... 11 parait
qu'il a trouvé ça en m'enlendant chanter...
J'inspire des poètes !...
«

Elle tire de sou sein un

petit papier parfu¬

mé, et lit : (pauvre Lamartine !)

Quand ta voix céleste prélude,
Au silence desbelles nuits,
Bardé ailé de ma solitude

Par exemple, je ne comprends pas bien le
baNfé ailé de ma solitude... c est plus difficile à

comprendre que des vers de mirliton, mais c'est
plus joli !
M. Mufílentout (survenant). —Qu'est-ce que
tu lis là, Fanchette?..

Fanchette (cachant vivement son

papier). —

Une note de blanchissage, in'sieur !
Mufílònlout.
Montre ln-inoi, alors!
Fanchette. — Ah ! non! Ah! 11011!... Je...je
l'ai perdue...
Mufílentout. —Tu m'ennuies, tu sais!... :e


parie que c'est une lettre d'amour...
Fanchette.



Eli bien ! après ? réimportant

est que je me conduise bien

chez vous. ■
Mul'Uentout.
Vous. Mais précisément ce
n'est pas le cas, j'ai tout lieu de croire que lu
tournes mal. depuis quelques jours... (Sortant
de sa poche un bout de cigare). Tiens ! voilà ce
que j'ai trouvé dans ta cuisine... et c'est le cin¬


quième depuis dimanche...
Fanclwtte (pleurants. — lli ! lu ! hi ! Je vois
bién que monsieur se défie de moi... J'vas re¬
tourner chez ma

mère.

Mutílentoiû. —Mois,mon enfant, eesboutsde

cigares anonymes...
Fanchette. — On les

jetés du dehors,
par !u fenêtre, pòur faire croire que je suis...
aura

Mufílentout. —Tu dis des bêtises... Pourrais-lu me dire aussi quelle est fa personne que
tu as fait sortir par

le jardin hier soir à 1 [ heu¬

res?... Le voisin du troisième fa vue...
Fanchette (troublée). C'est., c'est la mère Te-

gRot qui est venue nf aider à laver la vaisselle...
Mufílentout. — Mais le voisin a

distingué un

képi de soldat..^
Fanchette.— Hum !... voilà !... c'est que la
mère Tognot a été cantinière dans la garde na¬
tionale, et elle use ses vieux képis...
Mufílentout. — Tu me prends pour une grosse

l'autre jour

décider un opportuniste de marque à accepter la rési¬
dence au Tonkin :
Mais, réfléchissez donc : t'i0,000 fr. de traitement,


10,000 fr. de funérailleset 12,000 l'r.de pension à votre
!

veuve

*

# *

X... passe à juste titre pour médisant.
Toutefois, comme il n'a pas volé non plus st réputa¬
tion d'imbécillité et que ses calomnies sont encore plus
bêtes que méchantes, ses ennemis font

serpent à sornettes ».



*

ou

la

La lune, parbleu

! eile m'éelnire la nuit, tandis

que ton soleil ne parait que quand il lait jour.

*

*

A la campagne :

Mâtin ! que c'est amer, les glands! Je conçois
pas que les couchons pouvions manger ça !
sardine, f savent ben que s'ils demandaient du
sucre d'orge, on ne leur-z-v en bâillerait pas !




*
*

Reçois, ò mon enfant, ces accents de douleur;
C'est le dernier sanglot et le cri de mon cœur,
C'est la fin de mon âme et la plainte suprême
De la mère à qui Dieu sortit tout ce qu'elle aime !
Et toi, si beà'U, mon lits, dans quel pie paradis,
Me vois-lu lout en pleurs, entends-tu tous mes cris ?

Sais-ìu que ton dépari, que mon affreuse angoisse,
Ont l'ail d ; tout mon sorl comme uné sombre impasse

fermés, et tel on voit les soirs,

Un oiseau prisonnier dans une chambre close

Chercher en vain le ciel, puis rester tout morose,
Triste et las de sa tulle en attendant sa mort!

qu'avais-je donc fait pour mériter du sort
De semblables douleurs, une telle agonie? —
J'avais pris le bonheur qu'au ciel on nous envie.
Mais aussi. Dieu cruel, pourquoi savoir donné,
Pourquoi sur mon chemin cet enfant amené?...
O mon Dieu ! tu choisis justement pour le prendre,
Le moment enchanteur où Pensant devient tendre,

Où mon fils me donnait tout le trésor naissant
De son âme au réveil, et dont le vol puissant,

M'étonnait, me charmait pour une aussi tendre aile.
O doux

ravissements, extase maternelle,

Vous n'avez doue duré que f espace du jour,
Où f oiseau l'ail son nid et chante son amour,

d'une dame, qui

pousse aussitôt des cris épouvantables.


Mon

Dieu, madame,

quelles

clameurs !

Que

diriez-vous donc si j'etais un omnibus !
Antithèse bien nature
Un nègre vient à la mairie pour
sance d'une petite négresse.

Quel nom lui donnez-vous



déclarer la nais¬

demande f employé.

Blanche.



O.'i je vais me heurtant à tous les désespoirs,
A tous les buis

*

Galanterie suprême :
Un maladroit marche sur les pieds

*

*

*■

Chez le dentiste :
Je ne vous conseille pas de vous faire encore ar¬
racher d'autres dents. Bientôt, il ne vous en restera


plus une seule...

Oli !



A-



Mais un incident fortuit fit découvrir
tout-à-coup
le pot aux roses.
La scène se passe à neuf heures du matin La

ce

%

Le Président de la République, voulant

lutte ?

Fanchette

:

Cicé¬

*

ayant soin de renvoyer ses amoureux à temps.

ber dans ún fauteuil

C'est que mon parrain disait ce matin que

et loi ça faisait deux.

ron

Vieillé. calembredaine :
Qu'est-ce que lu aimes le mieux, le soleil

quatre mains au premier étage, les simples dra¬

bonne,en train d'épousseter les meubles du sa¬
lon, jelto au diable son pluméhit, dans un mou¬
vement de mauvaise humeur, et se laissant tom¬

cette

mon

surnommé le

gons, respectueux dé la hiérarchie, humaient un
modeste consommé dans le sous-so'. C'était
moins poétique, mais plus substantiel

manège,



un

petit Tony... Mais pourquoi

Non,



Cicéron c'était

question ?

«

Mais ce n'est pas tout.., Fanchette, la bonne,
suivit le noble exemple, et ouvrit son cœur et sa
cuisine aux lourlourous du IIe. Pendant
que les
officiers jouaient avec madame des morceaux à

ce

député ?...

.

M. Mufílentout

Angélique ignorait

Vacances parlementaires :
Dis donc, papa, est-ce que







La belle affaire !
Crovez-moi ! ..vous vous en mordriez les doigts

Un monsieur du meilleur monde
le boulevard.

s'apprête à tra¬

verser

Monsieur, lui dit une dame, seriez-vous assez bon
pour m'aiderà traverser? J'ai une peur folle des voi¬


lures.

Comment donc, madame !
Au bout de quelques pas, la dame fait au monsieur
les propositions... les plus hospitalières. Arrivés à
l'autre côté du boulevard, il dégage sou bras, et la


faisant monter sur le trottoir, il lui dit avec un profond
salut :
Vous êtes chez vous !


Où la rose s'cnlr'ouvre et bien vile se donne,

Offrant à chaque front

une chaste couronne ?
Vous n'avez mérite pas duré trois courts printemps ;
De cet être divin, je n'ai pas eu le temps
De compter les baisers sous ma lèvre altérée.

Comme un cerf est
11 s'enivre à

blessé, quand dans fonde azurée,

Bébé est sévèrement grondé par sa mère :
Tuas menti, dit celle-ei. Si tu me trompes,


Papa dit toujours qu'il sainte bien et que ça ne
de le tromper.



1 empêche pas

*

longs traits, oubliant le chasseur,

»

Quand il est haut placé, quand il n'est qu'un plaisir
Idéal et divin qui puisse le remplir.
Tu m'avais lohl donné, mais ta main repentante
De m'avoir fait ce bien me courbe gémissante,

Me torture et me brise, hélas! sur cc tombeau
Dont fabìrne engloutit à jamais son berceau.
Et l'on médit : > Pourquoi chantez-vous,pauvre femme,

Quel souffle a donc passé qui fait vibrer votre âme ?
—Je réponds : « O mon Dieu, ce souffle est la douleur.
Qui passe et lait chanter la grande voix du cœur.. .
Comme on entend gémir une corde froissée
Et se plaindre.l'o seau sur la branche cassée
D'où son nid est tombé,détruit d'un coup de vent.
u

»

••

»

*

Après maintes libations qui lui avaient donné plus

Hélas ! ainsi la mort a fauché mon bonheur!
Et sa vie, ò mon Dieu! était toute ma vie,
Car lu m'avais donné tout ce qu'un cœur envie

c'est

que tu ne m'aimes pas...

couvreur s'était juché
troisième étage pous reprendre son travail; mais
son pied glisse et il tombe sur une tente d'abord et
puis par terre.
Plus de peur que de mal, mais il reste un moment
évanoui.
Une voisine est accourue avec un verre d'eau. II
ouvre un œil, puis l'autre, et indigné :
de témérité que d'équilibre, un

au



De quel étage faudrait-il donc tomber pour avoir

droit á un verre de vin ?

Certain journaliste proposait l'autrejour d'organiser
fête au profit des inondés. II a reçu, paraìl-il, à
la suite de f article qu'il avait publié à ce sujet, la ré¬
une

ponse suivante de l'un de ses abonnés :

«
Je trouve, monsieur, qu'on s'oecupe trop en France
des gens qui sont inondés, et pas assez de ceux qui
sont á sec!»

»

»

Ainsi le cygne exhale une vie en son chant !...

»

Ainsi de la forêt mystérieuse et sombre

v

's'élèvent un sanglot et des plaintes sans nombre

Lo Gérant : BILLAMBOIS.

Púrigueux, imp. LAPORTE, anc. Dupont et C

RBct^r
P^GATÍtt