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Médias

Fait partie de L'Entr'acte périgourdin

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Prix : 10 centimes

Première Année

Numéro 23

I8f iST!ir f HT1l1l l»MIW»TI[nil )WI )HHIrI .XI»HW!^l) l)^l l lHi |I IHI IH»IHl'
~

LITTÉRATURE, ARTS, THÉA
ABONNEMENTS

'COMMERCE, INDUSTRIE.
INSERTIONS

Un an.

Si* mois.

Annonces.

3'

lf 75

Réclames,

Ainsi s observant, se

guettant sans cesse,

Consumant sans fruit leur fleur <le

%t Drapeau î>u Z»

jeunesse,

Les deux cavaliers s'attendent encore

(I.L7ZA? VU SER&MÏ MÉR.Y.)

;

Et, pour n'avoir pas vidé leurs querelles,
Les deux nations font peser sur elles

A Monsieur le Rédacteur en chef de ì'Enth acte
périgourdin.

Une lourde paix pire que la mort.

Monsieur lé

rédacteur,

Je suis très ílatté de la iettre que vous avez bien
voulu m'adresser et par laquelle vous me priez de

O ie peuple heureux 1 O les
jours prospères,
Où les fils, vengeurs des hontes-des

pères,

Fixent d'un œil calme un ciel éclairci !

Où tout est en joie, où rien n'est en
peine ;
Où l'indépendanceignore la haine...
C'est là le bonheur ! et l'honneur aussi !

Lxá
A quand le combat ? Pour
qui la victoire ?
Eclair de malheur ou rayon de gloire,

Qui te tirera, premier coup de feu ?...
L Europe en vain cherche apercer ces
ombres,
Et ses regards vont, anxieux et
sombres,
De ce hulan noir à ce chasseur bleu.

Paul Déroulède.

quelques glorieux épisodes ayant trait au
de 1870. On vous a, du
reste, bien renseigné en vous disant que j'étais le plus
ancien brisquard de ce brave régiment, que j'aime
comme une seconde famille, et, pour ma part, jc lirai
avec plaisir le numéro
exceptionnel que vous allez
vous narrer

50e de ligne durant la guerre

lui consacrer.
Mes souvenirs concernant le 50e sont nombreux ;
mais il en est un qui me tient particulièrement au
cœur, car il n'a pu trouver place dans la brochure
récemment éditée, par l'Imprimerie Laporte et á la¬
quelle, en ma qualité d'ancien, j'ai dû collaborer un
tantinet. Dans ce petit livre,' que tous les
du régiment devraient avoir dans leur sac, on raconte
la courageuse conduite du 50e à 1 affreux désastre de

blancs-becs

Sedan, et on ajoute :

parvinrent

< Quant au drapeau, les oflìriers et les soldats
à ìe soustraire à l'ennemi en s'en partageant les lanineaux.
Reconstitué a prés la guerre, il fut dépose aux Invalides.
S'il n'a pas vu luire la victoire, du moins n n a pas orné
le triomphé du vainqueur !... •

S'il vous arrive, un jour ou l'autre, monsieur le ré¬
dacteur, en visitant le tombeau du Grand Empereur,

présence de notre vieux drapeau

de vous trouver en

mutilé, où brillèrent jadis les noms de Zurich, d'Iéna,
de Lutzen et de Sébastopql, vous remarquerez qu'il y

manque un fort lambeau d'étoffé. L'habile artiste
qui a rajusté ces glorieux débris a dû. en effet, laisser
un vide dans les franges du haut, près de la hampe,

juste à l'endroit où se lisait le.mot Iéna, et c'est
l'histoire de ce bout de drapeau âbsént que je vais
vous

conter.

Lorsque nous fûmes faits prisonniers à Se¬
dan, il y avait dans ma compagnie un
jeune engagé volontaire du nom de Pierre
Durand, "dont la gaité exubérante se
traduisait
par des
espiègleries de
toutes sortes, depuis
notre entrée
campagne. C'était un ouvrier
typographe, véritable gamin de
Paris, et qui, au moment de la

en

avait résolument tout
quitté,
parents
et
amis,
pour épouser ïe slingot ! v

guerre,
«

Rêvant de conquête ou de délivrance,
Hulan d'Allemagne et chasseur de France

il disait ainsi, en son argot
de Believilois.


Suivent tous les deux chacun son espoir.
En vain les jours fuient, en vain le

Bien qu'atteint à l'épaule par un
lat d'obus, le Gosse, comme nous

temps passe,

rappelions

Rien n'a pu lasser cet espoir tenace
m

Ni du chasseur bleu, ni du hulan noir.

entrain

,

n'avait

ordinaire.

rien

C'est

perdu de
lui

qui

premier, voyant que tout était perdu,
honneur, proposa de decouper le drapeau et
partager les lambeaux. Je dois Rjouler que,
part, il s'en adjugea un beau morceau, qu'il
serra précieusement sur sa poitrine, en disant : « Voilà
qui me tiendra lieu de flanelle et de scapulaire tout à
de s'en

pour

fout droits sur leur selle et dressant la téte
lis sont là tous deux, tous deux en vedette

sa

la lois !

Mousqueton au poing, lance à rétrier.

Vous savez, monsieur le

rédacteur, de quelle façon
furent traités les prisonniers
par nos féroces adversaires,

Sb*-

feij

ÌWs,
ɧ=///£
ìéwmsfl--*

et je crois inutile de vous
énumérer ies mille tourments que nous endurâmes
sur la route de la
captivité. Notre petit Parisien ne
paraissait, nullement se ressentir des fatigues et des

privations qu'on
tous

ses

maux

d'imprimerie

nous infligeait. II oubliait volontiers
pour narrer quelques joyeux propos

ou fredonner de gais flons-llons de go¬
guette, et ce diable de gamin réussissait presque á
chasser la sombre humeur qui envahissait nos âmes. II
avait, du reste
et cela nous convenait assez
un




talent tout particulier pour

narguer l'escorte prussienne

qui nous accompagnait. Je me souviens qu'en descen¬
dant á la gare de Berlin, un
gros olîìcier bavarois, qui
commandait nos geôliers, fut assailli
par un groupe de
parents et d'amis, venus pour lui serrer les mains et lui
donner l'accolade à qui mieux mieux. Au moment où
certaine petite dame embrassait le chef
allemand, nous

entendîmes le Gosse clamer de son ton faubourien :
Hé ! là-bas, Greeichen, ne léchez donc, pas comme
ça la hure à Boule-de-Suií ; vous allez diminuer sou
poids !...


Ce lazzi,

qui ne fut heureusement pas compris de
ennemis, excita dans les rangs une hilarité géné¬
rale ; mais
Je crus prudent néanmoins de me rappro¬
cher du Parisien et de lui glisser á l'oreille :
Prends garde, Durand, tes facéties te couleront
cher !
Hélas ! je ne croyais pas si bien dire. La fin de ce
nos



récit, que j'abrège autant que possible, va vous le dé¬
montrer.

Le lendemain, nous étions installés dans des bara¬
quements établis aux portes de la ville, et, dès l'aube,
on nous conduisait à
cinq kilomètres de lá, pour nous
faire travailler à l'empierrement d'une route, où nos
gardes-chiourmes activaient la besogne eu nous distri¬
buant des coups de crosse dans le dos.
Cetaine après-midi de décembre, le gros officier
bavarois que le Gosse avait surnommé Boule-de-Suif

»

L'un dit : «J'ai goûté la gloire et je Palme
Et l'autre : « J'ai,

moi, fidèle à moi-même,

Un coin de patrie à rapatrier. »

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lmp.E.Làpoiie.fér[tsijeux

LE

50e

pital, attaque faite par escalade «n sans le se¬
('artillerie, la compagnie de grena¬

LIGNE.

DE

cours de

La Patrie publie, depuis piès de deux mois,
d'intéressantes notices historiques sur chacun
de nos régiments et cette

publication, due à?a

plume de notre distingué confrère M. de Lyden,
formera, quand elle sers terminée, le vériíabbj
Livre d'Or de l'armêe française.
Four le 50" de ligne, dont l'histoire intéresse
tout particulièrement les Périgourdins, car ce
régiment s'est acquis en quelque sorte droit dé
cité parmi

depuis dix ans qu'il est es
garnison dans notre ville, le travail entrepris
par la Patrie a été fait d'une façon aussi com¬
plète que possible. Notre imprimerie a, en ef¬
fet, édité le Précis de VHistorique du 50* de
ligne, depuis sa formation, qui remonte à 1651,
jusqu'à ces dernières années, et cette œuvre,
qui forme une élégante petite plaquette de près
de cinquante pages, est en vente d a us nos bu¬
reaux, nu prix de cinquante centimes.
Le 50" de ligne peut prétendre à une origine
qui remonte à plus de deux siècles. II est, en
effet, l'héritier direct, de différents corps de
troupe qui ont été successivement :
1° L'ancien régiment, principalement connu
sous le nom de Vendôme, et devenu, en 1791,
le 50' régiment d'infanterie (1651-1793).
2° La 50* demi-brigade d'infanterie de ba¬
taille (1794-1796),
nous,

3° La 50* demi-brigade d'infanterie

de ligne

(1796-1803).
4° Le 50*

régiment

d'infanterie de ligne

(1803-1815).
6° La 50* légion départementale (de la Haute-

Marne) (1816-18|0jfNX
Mais s'il a les plus justes titres à revendiquer
leur héritage, c'est avee une fierté légitime qu'il
peut en parler, car, pendant cette longue pé¬
riode, leur historique n'est, à peu de ehoae
près, que l'histoire même des campagnes glo¬
rieuses qui ont illustré nos annales militaires.
Soit sous l'aucienne monarchie, soit aux épo¬

ques plus récentes, nos pères ont parcouru en
vainqueurs presque toutes les contrées de
l'Europe, une partie de i'Âfrique et même de

l'Amérique.

Les quatre noms de Zurich, i'Iêna, de Lutzen
et de Sébastopol qui brillent sur le drapeau du
50* ont été choisis parmi les plus illustres.

Mais à côté de ceux-îà, il suffit, parmi cent au¬

tres, de citer

à Elchingen, i'Eylau, de
Friedland, de Bautxen, de Dresde, de Montmirait, de Toulouse et da Ligv.y.
ceux

Le rapide exposé dont nous parlées a pour
but de présenter, soiis une forme trop concise

peut-être, mais toujours fidèle, les faits sail¬
lants de l'histoire du 50* et de mettre en relief
les nombreuses actions d'éclat dont les militais de tous
grades de,ce régiment se sont plu à

enrichir.
II est divisé eû 3 chapitres correspondant à
des périodes bien distinctes.
Le chapitre Z"
l'histoire du 50° va da 1651
à 1793. La création de ce régiment,
qui s'ap¬



pela successivement régiment ds Vendôme,
de Berry et de Hainaut, date du .25 février
1651. Pendant cette longue période de cent
quarante-deux ans, ce régiment prit part aux
guerres contre les1 Espagnols, contre la Hol¬
lande 5 il contribua à ia conquête de la Fran¬
che-Comté. passa six ans aa Italie et arrêta à
la bataille de Marsaiiie, en 1693, la cavalerie
piómontaîse sur la pointe de ses baïonnettes,—■
cette arme terrible venait d'être inventée — et

décida par une charge la victoire en notre fa¬
veur, puis il prend part aux guerres d'Allema¬
gne, d'Italie, de Flandre, est envoyé en Corse,
avec

l'annexion de cette île à la^France, et y

livre plusieurs combats, da 1738 a 1741.

Rappelé sur le
par la guerre de la
succession d'Autriche, il contribue pendant
dix mois à l'héroïque défense de Prade
; il se
rend ensuite en Italie,
y reste quatre ans, de
1744 à 1748,
couíribue, pendaut ce

laps de

temps,à la prise de dix-sept places ou châteaux

forts et à de nombreux combats. À celui de La
Madona del Ultno, il rompt une colonne en¬
tière et la pousse l'ópée dans les reins sur une
de ses batteries ; il s'empare ensuite des piè¬
ces et Us tourne immédiatement contre l'en-

nemi, ce qui achève sa déroute.
Ce régiment se distingue ensuite brillais
ment pendant la guerre de Sept Ans, notam¬
ment à Horbourg où, attaqué par l'armée ha¬

novrienne, sa résistance est admirable.
Dès le début die la guerre pour
dance américaine, un bataillon de

l'indépen-

500 hom¬
mes se
distingue d'une manière toute particu¬
lière à la prise da La Grenade (Antilles). A
'attaque qu' est dirigée sur le morne de í'hô-

diers
forme l'arant-garde et enlève en un clin
d'œil la

redoute et 3 retranchement» superpo¬
sés. Le héros de ia journée ost le

sergent Hou-

radoux, dit Languedoc, Ce brave saute le pre¬

mier dans la batterie du morae et sauve la vie
au lieutenant de
Veáco, qui l'a suivi, de

sur

près et
lequel Ses canonniers anglais se sont jetés.

Le comte d'Kstsiag, témoin de ia valeurd'Hou-

radoux, l'embrasse et le fait officie? «ur-leC'est en 1793 que set
héroïque régiment re¬
çoit le nom de 50®. II continua is coure ie ses
exploits et bat les
Lo chapitre lí de l'úiíéressatite brochure, édi¬

tée par notre maison, embrasse la
péri >de de
1794 à 1826. Le régiment dont elle fait "histo¬

rique porte alors ie nom do 50® demi-brigade
d'infanterie de ligne, En 1796, elle .fait partie
de l'armée de fihin-et-Moselle, commandée
par
Moreau, puis elle se rend dans 1® P&latinat
qu'elle quitte bientôt et se fait remarquer, trois
mois après, à la défense de la Me de
pont
d'Huningue, ea 4797.
En 1798, la paix est eafis
«osc\ue à l'avautage de la Franc® ; mais, ®a 1799, aos armées
reprennent l'offensive, pour lutter contra nce

deuxième coalition formée de F
Angleterre,' de

!'Autriche, de ia Russie,, de l'Alfemagne, de
Naples, da Portugal et da le Turquie. Les deux
premiers bataillons de la 50® demi-brigade en¬
trent alors daus la
composition de f/armée du
Danube, commandée par Joiìrdan, et sont pla¬
cés à la division
d'Hautpoul, Ile prennent part
aux combats de PfôUpjidorf, ds
Lspîáagfiís, à fa
bataille de Stokacfa, st, dans ia - corps da l'illustre Massées, à la défense de
Zuriehberg, à
ia batailla de Zurich,puis à la défaite du fameux
Souvarow, surnommé {'Invincible ; ea 1 WS. sous
les ordres de Moreau,au combat d"Aíbabruck, où
la 50* demi-brigade se distingue d'une manière
éclatants. L'historique du régiment rapporte, à
ce
sujet une foule d'actions d'éclat dont voici
les plus honorables. Le sergent Coulez saute le
premier dans Isa retranchements ennemis, et
fait lui-même trois prisonniers. Les
grenadiers
Benoist, Krech et Fradie s'y précipitent après
"htj ; pendant que eeur-là s'emparent de deux
Frsdm saisit uu cheval attelé dopí H
coupe les traits et sur lequel il s'éiftiice à ia
csnoas,

poursuite ds I'ennemi. Quelque» instants après,
pôqt bar¬
ricadé; malgré u» fa a* violent, ií arrache les
c'est is sergent Feisria qui court à un

chevaux de frise et ouvre k

KtzàHh C'est enfin

le sargeat^majorlíoly q®) á m

iéts á'aae ose-

tioo, poursuit l'iMnsWî et btí fait W prison¬
niers, malgré l'oppositiou d'un escadron contre
lequel il a longtemps h se défendre. Tous ces
braves reçoivent des armes d'honneur destinées
à perpétuer le souvenir de leur belle conduits.
En 1804, la 50* demi-brigade devient la 50*
d'infanterie de ligue et ost placé dans ls 6»
corps, commandé par l'iliusìre maréchal Ney,
surnommé ls bravé des braves. Le isr janvier

.1805, a lieu la distribution dea nouveaux dra¬
peaux et le 50* reçoit celui qu'il illustrera par
tant d'actions glorieuses,. contra les Autri¬
chiens, les Prussiens, les.Russes, Ses Espagnols
et les Anglais.

Nous ne suivrons pas ce bráve régiment dans

teutes

les campagnes

auxquelles. il prit port
glorieux règne de Napoléon I*'. Çe fie¬
rait tenter un travail
beaucoup trop long pou»
être inséré dans les colonnes d'un
journal et
noua préférons
renvoyer le lecteur h la bro¬

sous le

chure dont nous

extrayons 1^ présente notice.

Nous ne pouvons cependant résister au
plaisir
de signaler, à la bataille de Friedland, la belle
conduite du sous-officier Labeuvrie,
porte-dra¬
peau du 50*. Son bataillon ayant été enfoncé
par la cavalerie russe, il court aux grenadiers
et, se mettant au rapiieu d'eux : -r. Camarades,
a'éerio-t-ii, voici l'honneur du régiment, c'est
à nous de le défendre au péril dè notre vie. »
Notons aussi l'heureuRe audace du caporal de

grenadiers Thirion, au siège deCiud&d-Rodrigo,
en 1810. Chargé de reconnaître si la brèche
est
praticable, le caporal Thirion tente bravement
l'escalade, gravit l'escarpement, atteint le
rempart, fait feu sur i'ennemi, et revînt sain
et sauf dan» la tranchée, aux acclamations de
toute l'armée. Profitant de ce moment d'enthou¬

siasme, le maréchal Ney fait aussitôt sortir les
colonnes d'attaque, musique en tête. Electrisés
par le brillant trait de courage du
caporal Thírioh, les soldats se précipitent sur la brèche

avec une telle impétuosité que I'ennemi
dépose
les armes.
De 1819 à 1815, le 59* prit part à un grand
nombre de batailles et,
après la bataille de

Paris, le 30 mars 1814, ce glorieux régiment se

trouvait réduit à 122 hommes ! Le sixième
corps, dont 51 faisait partie, n'avait pas pris part
à moins de
soixante-sept engagements en qua¬

tre-vingt-dix jours !
Le chapitre III de la brochure que noue ana¬
lysons, contient l'histoire du 50*. de 1820 à nos
jours, mais ce n'est qu'à partir do 1832 que les
faits et gestes du régiment présentent de nou¬
veau un vif intérêt. A cette époque, deux de ses
bataillons vont prendre part au siège d'Anvers ;
puis c'est su Vendée qu'il opère et, en 1849, en
Italie. Ea 1852, il est envoyé en Algérie et Se
4 décembre de la même année son troisième
bataillon participe glorieusement à la prise de

Laghouat.

Ep 1854, le 50® est en Crimée et exécute, h

la bataille (J'ínkermano» une charge à la baïon¬
nette, qui oblige «ne batterie de trente canons
russes à battre ea retraite. La résistance qu'il

oppose aux Russes, dans la nuit du 19 mars
1855, vaut ii sou brave colonel M. de-Brancion,
une citation à !'ordre ds l'armée. Ce vaillant
officie? supérieur succomba glorieusement le 7

juin suivan^r-à k prise du Mamelon-Vert,
ainsi que le Hautenant-colone! Leblanc et neuf
autres officie» ; les blessés, taut en officiera
qu'en sous-officiers st soldate s'élèvent au chif¬
fre de 353.

Enfin, le 8'.septembre, le 50* contribue bril¬

lamment h la prise de Sébastopol. Entré en se¬

conde ligne à Maïakoff, il lutte h la gorge de
la redoute contre les Russes, acharnés à la dé¬
fendre et,
après leur retraite, il supporte sans
s'émouvoir les explosions formidables qui écla¬
tent de toutes parts. Ses pertes sont encore sen¬
sibles. Le commandant Dugsrdin ; les sou»-

Jiéutenanta Charoboredon et Robb sont tués*?

le capitaine Bûeqtrét, Ses

lieutenants Martin,
Voidy, Yallet et Fésquier sont blessés ; 300
hommes sont mis hors do combat»
Nous sautons maintenant une

période de

quatorze ou quinze ans et nous arrivons à la
guerre de 1870. f'eadaist cette désastreuse cam¬
pagne, ie 30® prit part »u combat de Wissemoourg, h Sa bataille

de Frœschwiiler, puia à

Sedaa. Son drapeau, soustrait à I'ennemi et

partagé en lambeaux, fut reconstitué après la
guerre et déposé sir; Invalides.
Huit jours après, îes survivants de ces nobles
défaites partent pour une longue captivité, du-

laquelle les eoafifraocee physiques et sur¬
morales, .doivent exercer de
cruels ravages puni eus»
Le régiment a'est plus ; ai a: a son dépôt d'a¬
bord, et bioatéi îe 56® de marche, continuent \
uue lutte de cinq mois, sinon avsn
plus de bon¬
rsat

tout les tortures

heur, du moins avec la même

et

un

égal Dévouement.
Reconstitué à Lsr.gres, eu 4871, la 50* va
diane le-couran.i des mois de mai et de juin oc¬
cuper une partis % la province d'Alger. II est

d'abord divisé cm un grándjîombre de détache¬

ments parmi lesnutela ceux qui occupant les en¬

virons de Ch:.í*nheï, de Z&rtëh. et de Novi se dis¬
tinguent jusqu'à. 1» fin dúWdia d'août, par la
vigueur avec iaq oeiì<í ilsTepouseentles attaques
presque quotidienne» des Beni-Menasser, Puis,
pendant plus de deux «os, ses diverses fracrions occupent ou sillonnent-sans cesse tout le

sud da la province, depuis fiféetéah jusqu'à La-

ghouaí.

Rentré d'Algérie à la fin de

cuper

187'4-^B .vient oc¬
JLnt:bas et Villefranehe et, deux ans

aprfe, il s«t concentre enfin à Périgueu-x, où
dépèHse trouve déjà depuis le mois de

•son

novembre 1873.
C'est là que depuis

lors, soutenu par son
zèle, psr son dévouement au devoir, par soadtrdent amour
pour la patrie, et encouragé par
les sympathies de k population tout entière, il
s'efforce de remplir dignement la haute mis¬
sion qui lui incombe.
Son glorieux passé est ie plus sûr garant
des sacrifices qu'il sabra faire pour ajouter uner
illustration nouvelle & celle dont il s'enorgueil¬
lit et pour porter haut et ferme le nouveau
drapeau qu'il a reçu en 1880.
On sait que lorsque le 50® arriva dans notre
ville, il avait comme colonel M. Sermensan,
neveu de notre illustre
compatriote le maré¬
chal Bugeaud. M. Sermensan ayant été promu
générai de brigade, il a été remplacé à la tète
du 50*, en septembre 1883, par M. le colonel
Strolh, qui est rapidement aevenu très popu¬
laire parmi nous. Le lieutenant-colonel est M.
Larrue ; les commandants : MM. Konne, Larivé, Girod et Mounier, et le major M. Sauné,
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