FRB243226101_P2-801_1886_024.pdf
Médias
Fait partie de L'Entr'acte périgourdin
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-
Première Année.
Prix
:
10 centimes.
Numéro 24»
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1
Jï.ÌQ)
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LITTÉRATURE, ARTS, THE Ali
ABONNEMENTS
Un an.
Six mois.
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COMMERCE,
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INDUSTRIE
INSERTIONS
Annonces..
Réclames.
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L'ENTR'ACTE
Périgueux, le 16 Janvier 1887.
PÉRIG0URD1N.
une tout autre classe
de personnes. Sa jolie
tournure, son esprit et ses manières distinguées
étaient remarquées, et les femmes en faisaient,
—
du cas.
—
Cependant, on était à peine à table que Ci- j
reyjol était revenu de son premier mouvement
de contrariété, et se trouvait prêt à lutter contre '
la rivalité de Monneret, si rivalité il
y avilit, j
11 restait attentif à ce que faisaient Monneret et
33rillant et fécondprosateur,
3)oué d'une ardeur sans limite,
—
Cireyjol se penche à son oreille et lui dit quel¬
ques mots...
Jeannette, prenez un flambeau et accom¬
pagnez monsieur, fait la maîtresse de la maison.
Vous allez croire, lecteur, après cet incident,
la fille de la maison. II entendit Mlle Paule et
le jeune homme parler du dernier roman d'Oc¬
tave Feuillet :
Les voilàlancés dans les romans... se dit-il.
Nous allons nous amuser
Alexandre Dumas,
Ires noblement du doux chanteur
3)e l'amoureuse Sulamite
—
—
31 porte te nom glorieux ;
que Cireyjol, en reprenant sa place à table,
allait rester tranquille:; ce serait bien mal le
..
331, pour draper son énergie,
Georges Ohnet, Octave Feuillet, toule la sé¬
quelle va y passer... Té ! il faut que je blague
3)u poète de l'élégie
31 a le tour harmonieux.
çonnaìtie; il se fut à peine assis qu'il se redon¬
nait la parole et on f entendait dire :
lecteurs de romans...
Et prenant alors.Monneret à partie,
ces
Je me suis promené hier sur
moment... et j'en ai vu de belles !
—
il l'apostropha ainsi, d'un Ion de curiosité qu'il voulut
Plébiscitaire et patriote,
3a foi respire en ses écrits.
rendre malicieuse :
Est-ce que tu
Monneret ?
—
31 défend — tâche vraiment haute ! —
3es oppri més e t les prescrits.
Qu'avez-vous, monsieur Cireyjol ? fait Mme
Nisson.
11 balbutie et dit avec peine :
Rien... je n'ai rien .'. ça va me pàsser,
mais il faut que...
Où voulez-vous aller, monsieur Cireyjol?
continue Mme Nisson.
—
Qu'avez-vous vu, monsieur Cireyjol ?
Mon Dieu ! que
destes !
Immodestes !
—
fais toujours des verses,
Tourny un
les femmes y sont immo¬
—
Verses; c'est ainsi que Cireyjol prononçait, •
Quels costumes et quelles allures ! Les
malgré ce que lui en avaient dit ses professeurs mœurs sont ici terriblement relâchées... Savezde Bergerac.
vous ce qu'on dit chez nous?
J'en fais quelquefois...Et toi ?
Que dit-on chez vous, monsieur Cireyjol?
Oh ! moi, tu sais, je n'ai pas assez d'es¬
Qu'à Périgueux tous les hommes trom¬
prit...
pent leurs femmes...
Et dans cette modestie apparente, Cireyjol
Oh! firent en même temps Mme et Mlle
croyait mettre un mordant qui se ra h apprécié Nisson.
de la jeune personne.
Et Cireyjol, mis en goût par ces oh ! qu'il
Non-seulement mon ami Monneret lait
prenait pour un encouragement, ajouta :
des verses, continua Cireyjol s'adressant plus
Et que les femmes le leur rendent tant
spécialement à Mlle Nisson, mais il est aussi qu'elles peuvent !...
très sentimental. II faut le voir quand il re¬
Mais c'est affreux ! firent la mère et la fille,
garde les femmes, quels yeux langoureux et moitié se fâchant, moitié riant, car avec Ci¬
quels soupirs !... — Attrape ça, Monneret,!
reyjol il n'y avait pas moyen de se fâcher tout à
ajouta à part soi Cireyjol, riant en lui-même
fait.
des bons traits qu'il s'imaginait avoir déco¬
Monsieur Cireyjol, vous allez trop loin, fit
chés:
M. Nisson à son tour; on ne dit pas ça chez
Ces sots propos toutefois déplaisaient à la
vous...
Quelques étourdis, peut-être bien...
jeune personne, qui répliqua en adoucissant
Mais les gens sensés...
néanmoins f expression de son dépit : Monsieur
Pour moi je n'ai jamais entendu rien de
Cireyjol, c'est vous qui êtes sentimental, dit-on, pareil, lit Monneret de son côté, en haussant les
quand vous parlez à vos jolies compatriotes.
épaules.
Tiens! elle serait jalouse ! s'imagina Cirey¬
Si fait moi, je l'ai entendu, répliqua Cirey¬
jol interprétant à sa façon la répartie de Mlle
jol,
et
j'affirme que .. Ah! mon Dieu ! voilà
Nisson.
—
G'est un champion redoutable
zAé ses adversaires gagés ;
—
331, par sa plume infatigable,
—
—
—
.Te décuple et ses droits sont vengés.
—
(cet écrivain a pour tribune
Quarante journaux à la fois ;
Sa verve puissante importune
—
Geux dont nous subissons les lois...
-—
G'est l'sÂpâtre à la voix sonore
—
331 dont les accents convaincus
3Jejà jont entrevoir l'aurore
3htprochain triomphe aux vaincus !
—
S'il lui plaît de changer d'arène,
On verra ce raillant lutteur,
Soudain, sans apprêts et sans peine,
Se transformer en orateur.
—
Sa parole aux noies vibrantes,
—
Retentissant dans un débat,
3ja.it, sur les Joulesfrémissantes,
33effet d'un clairon de combat !
—
que ça recommence...
Oh !
moi, mademoiselle, je leur parle si
simplement... quand je leur parle...
Quand vous. leur parlez, dites-vous? 11
parait que cela arrive souvent ; mais vous n'en
—
—
—
Quoi donc ?
Vous savez bien...
—
Ah ! les Pcrigourdines, quel goùl !
conviendrez pas, et nous sommes trop
—
discrets
pour vous obliger à des confidences...
Décidément elle' est jalouse..., et je
—
—
Pardon, mesdames,
ce
n'est pas moi qui
Cireyjol ?
Oui ! Cireyjol, ce grand diable de
cinq
pieds huit pouces qu'on voyait autrefois à Périgueux venir placer ses vins, car Cireyjol est
propriétaire aux environs de Bergerac,' mais
qui, hélas ! vient moins souvent aujourd'hui,
ou plutôt ne vient
plus du tout, à cause du
phylloxéra... et d'une petite déconvenue que je
vais vous raconter... Cireyjol, le
plus criard, le
plus exubérant, le plus satisfait de soi-même
que puissent renfermer les cinq arrondissements
de la Dordogne.
—
—
Mais
vous
invité,
car
le connaîtrez mieux par le récit
que je vais vous faire d'un dîner auquel il s'était
il était sans
toutefois, on peut l'oxcuser
gêne,
Cireyjol;
en
sons
ce
était amoureux. C'était chez les Nisson ;
qu'il
Cirey¬
jol était amoureux de leur 1111e, et aussi de la
dot de la fille, bien entendu.
II venait d'être introduit dans le salon, un
peu
avant de se mettre à table,
quand il se trouva
en face d'Henri Monneret,
son ancien condis¬
ciple au collège de Bergerac, dont la présence
f étonna et même le contraria bien
quelque peu,
car il Soupçonnait un rival.
Monneret ! toi ici ! s'écria Cireyjol avec
—
sou
accent
du terroir, c'est-à-dire
fortement
empreint de l'habitude du patois.
Toi aussi, Cireyjol, à ce que je vois !
Oh ! moi, je viens faire goûter mon vin à
—
—
M. Nisson... c'était convenu entre nous... Mais
toi ?
Je suis à Périgueux... pour affaires, ré¬
—
pondis le jeune homme un peu embarrassé.
Chacun de son côté réfléchissait.
-—Ce petit homme auroit-il des vues sur elle?
se demandait
Cireyjol. . i u m ! pour affaires ..
Çame paraît suspect
..
Ce grand imbécile se serait-il épris de
Mlle Paule ? faisait à son tour Monneret.
Ah ! quoique ce soit un s ivant, continuait
—
—
Cireyjol, je ne Te crains pas ; j'en ai battu plus
d'un qui levalaient bien !
Le lait est que Cireyjol avait, dans son can¬
ton de Bergerac, une clientèle de
jeunes fem¬
qui admiraient*sa lmute taille, ses larges
épaules et son teinL fleuri ; mais Monneret ne
déplaisait pas non plus ; toutefois, c'était dans
mes
de Monneret.,. II doit être venu pour
n'ai
Voyez-vous, monsieur Cireyjol, c'est ce
que vous nous dites qui vous porte malheur, et
c'est bien lait ; vous êtes aussi par trop mau¬
—
affaires...
Cette appréciation dé lit réponse de Mlle Nis¬
son mit
Cireyjol en belle humour, et il se-sentit
vaise langue.
Ah ! madame,
puisqu'il en est ainsi, je
bouche de la soirée. C'est à
peu près ce qui arriva, en effet, mais il ne fal¬
lait pas lui en avoir obligation ; on peut dire
que le mutisme lui était à peu près imposé ; il
se leva encore trois ou quatre fois de table pour
recommencer le voyage que l'on sait, et fina¬
lement il se retira indisposé.
Une fois chez lui, Gireyjol raconta ce qui lui
était arrivé en même temps qu'il faisait connaî¬
—
être aimable. Chez Cireyjol, les
moyens d'être aimablé avec les femmes étaient
toujours bruyants, mais ils variaient selon les
en verve
n'ouvrirai plus la
pour
circonstances. Avec Mlle Nisson, ils consistaient
à critiquer et à se moquer agréablement, croyait-
il, des Périgourdins ; il s'était avec elle déjà li¬
vré plusieurs Ibis à ce genre d'escrime,et il avait
gardé le souvenir d'avoir toujours fait rire la
jeune personne, ne doutant pas que c,e'fût parce
qu'elle le trouvait aimable et spirituel; d crut
le moment venu de recommencer.
—
s'uites... qu'est-ce que cela a d'extraordinai¬
re? Est-cequenousn'ysommespas tous sujets?
Et de peur que Monneret, qu'il se connaissait
ses
entendu parler de nouvelles
statues, observa M. Nisson.
décidément pour rival, prit les devants sur lui,
Cireyjol se hâta d'écrire à M. Nisson pour de¬
mander sa fille en mariage.
Deux jours après Cireyjol recevait pour ré¬
ponse un refus dans les formes.
Un peu plus tard il apprenait que Monneret
Vous ne voyez pas, mon père, que M. Ci¬
—
lit l'ami
Bah ! répondit Cireyjol ne comprenant rien
à ces scrupules de son ami, une indisposition et...
Montaigne (Cireyjol pronon¬
çait Monlégne), et Dieu sait, cependant si Mon¬
taigne ne serait pas mieux à Bergerac, sa pa¬
—
oserais
penser encore à cette jeune personne ?
à qui il s'adressait.
y avez déjà
trie...
Je n'ai pas
tre ses vues sur Mlle Nisson.
Comment ! après ton aventure, tu
—
Qu'est-ce qu'on dit, que vous allez mettre
une statue de
plus sur les places de Périgueux?
—
vous
permit de rire en
disant à Cireyjol :
pas,besoin alors deTrfinquiéter de la.présence
l'ai dit, c'esl Gireyjol.
Jeannette, reprenez le flambleau et éclai¬
do nouveau monsieur.
Cette fois Mme Nisson se
rez
reyjol veut se moquer de nous? fit Mlle Paule
Je veux bien voir quelque jour sur vos
places celle de Maine de Biran, un Périgourdin, et de Cyrano de Bergerac, un autre Périgourdin aussi, .celui-là et Cireyjol appuyait
sur le mot de
Périgóurdin, pour mieux en faire
sentir la malice.) II ajoutait dans sa barbe :
Comme je te les blague, les Péri-gour¬
dins : que Monneret en fasse autant, s'il peut,
—.
devenait le mari de Mlle Paule.
Me préférer un Monneret! s'écria Cireyjol,
ah ! les Périgourdines, quel goût !
—
—
lieu de rester à dormir
au
comme
on
J. de LaLimogeanxe.
dirait
qu'il fait... décidément, il doit être venu pour
affaires...
Des pêches à Périgueux ! s'écria Cireyjol,
passant sans façon d'un sujet à un autre.
Cela vous étonne, monsieur Cireyjol?
IDYLLE.
—-
—
—
Je croyáis que le soleil de Périgueux n'a¬
vait pas la force d'en mûrir.
Pourquoi ça, monsieur Cireyjol?
Té! parce que le soleil est si pâle
—
—
froid
et si
qu'on dirait qu'il grelotte... J'en dirai
autant de ce cantaloup qui a l'air 4'avoir la jau¬
nisse... Ah ! si vous aviez vu celui que j'ai
mangé ce matin à mon déjeuner.,.
Mais Cireyjol n'a pas achevé de prononcer ce
dernier mot qu'on le voit se porter la main au
ventre, devenir pâle et sembler en proie à un
malaise.
'
Un rossignol et une sauvette s'aimaient ten¬
drement.
Tous les échos des bois répétaient leurs
chansons d'amour.
Aucun voisin ne courtisait la fauvette, toute
la gent emplumée la savait fidèle à son ami.
C'était le printemps !
Mais bientôt vint f hiver, la bise soufflait dur
dans les arbres dépouillés de leurs feuilles, et
les vermisseaux manquaient souvent au gîte.
La fauvette écouta les propos d'un merle,
bien noir et bien méchant, qui f emmena à la
ville et la présenta aux paons superbes, aux
PÉRIGOURDIN-
L ENTR'ACTE
savants perroquets
et autres oiseaux de haut
volage.
—
La fauvette revint d'abord égayer quelques
fois le nid du rossignol, qui, ravi, lui disait ses
nouvelles chansons.
Mais bientôt le merle méfiant empêcha sa
protégée de quitter la ville. La pauvrette s'y
quelque temps ; mais lorsque revint le
printemps, les paons, perroquets, merles et
amusa
autres admirateurs lui semblèrent fats,
et ridicules,
gnage de la reconnaissance que. . . .
Vous êtes vraiment trop aimable et ces da¬
rnes seront ravies. Je vous quitte, car
j'ai beau¬
bavards
et sa pensée se reporta là-bas, sous
la feuillée.
Elle partit un beau matin à tire d'ailes.
Mais lorsqu'elle posa ses mignonnes pattes
sur le bord, du nid si
connu, elle trouva son
amoureux b œil éteint, l'aile pendante, mort de
chagrin dans la solitude immense, ayant
gazouillé le nom de sa mie-dans son dernier sou¬
pir !...
G. de Monti.éox.
coup de visites. On vous verra cette semaine ?
Mais oui.
—
Au revoir !
Au revoir!... Tiens, c'est drôle ! se dit-il,
mon sac de bonbons est annoncé et ma foi, b in¬
tention étant réputée pour le fait, je puis main¬
—
—
immatériel de la vie, ce bonheur délicieux où la
divinité envahit deux êtres pour n'en faire qu'un
seul, et, dans une délirante étreinte, les trans¬
porte dans un paradis de célestes jouissances.
Alors, Madame, b humain n'existe pins, la
chair n'est que l'instruinent unissant deux âmes
aimantes, le monde entier est mort, et il ne reste
plus que l'amour,
F 0 N TC A n 110 N NI is RE S.
tenant, sans remords, le porter chez Mmo Dulcet.
Qui sait? elle m'en sera peut-être reconnais¬
sante, elle a de si jolis yeux.
Et Maurice tournait le coin du boulevard
Uaussmann et de la Chaussée-d'Antiu et allait
BALLADE.
entrer chez Mme
Dulcet, lorsqu'un monsieur
d'un âge vénérable sortit de la maison.
Tiens, c'est vous! Vous alliez chez ma
fille? Pas assez matinal, mon ami, Mme Dulcet
«
Si je meurs, me disait-elle,
Je reviendrai quelquefois
Pour chercher une étincelle
De l'amour que tu me dois. »
—
est chez sa belle-mère ; mais vous pouvez tou¬
jours déposer chez elle ce paquet qui vous in¬
commode.
Et le vieillard, saluant amicalement
Vint, le jour ! Au cimetière
On emporta ses appas.
Et je suivis seul la bière
Maurice,
s'éloigna.
Ce dernier élait resté son sac à la main, sur
le pas de la porte, réfléchissant, lorsqu'il se sen¬
Pour un célibataire, il
n'est pas de jour plus
terrible que le premier do Tannée.
C'était du moins l'avis de Maurice en se ré¬
veillant en l'an de grâce 1887, après s'ètre cou¬
ché en 1886.
11 s'habilla à la hâté, endossa son pardessus,
s'assurant d'un nombre suffisant de cartes de
visite, et vérifia le contenu de
naie.
Dix francs !
son
porte-mon¬
jolie petite pièce en or, toute
luisante, brillait isolée au milieu des comparti¬
une
ments.
Un solitaire! se dit-il ; Dieu fasse que,
dans cette année qui s'ouvre, elle se renouvelle
constamment, comme les cinq sous du JuifErrant.
Et. après bavoir fait sauter mélancoliquement
dans su main, Maurice la remit à sa place, prit
—
chapeau et sortit.
son
Tout en descendant
ses
cinq étages, il
son¬
geait à sa journée ; vingt visites à rendre, huit
sacs de bonbons obligatoires et dix francs dans
sa
poche; voilà le problème qu'il avait à résou¬
dre ;
Archimède lui-même se serait trouvé
tort embarrassé,
Bah ! à la grâce de Dieu !
Au moment où Maurice passait devant la lo
ge de sa concierge, il s'entendit appeler :
Monsieur Maurice, une lettre pour vous!
Nu-tète et pleurant tout bas ;
Je songeais à nos caresses
Oh! nos caresses d'autan ;
tit pris sous lé bras.
Que tu es gentil, Maurjce, d'avoir pensé
—
à moi. As-tu reçu ma lettre ?
Et, tout en faisant des yeux câlins, nue jeune
Nous épuisions tes ivresses,
personne blonde comme Cérês, débarrassait
Maurice de son paquet,
Maurice répondit par un baiser.
Je te garde et tu déjeunes avec moi.
Toutes les concupiscences
Ont uni nos corps fanés
Alors nous nous aimions tant 1
Et toutes les jouissances
Humaines nous ont charmés.
—
Une heure après, Maurice écrivait sur trois
Bien souvent dans la nuit sombre
J'écoutais seul et tremblant,
epveloppes, contenant sa carte, les adresses de
MM. Meny, Deligny et Dulcet.
Mon regard dans la pénombre
Cherchant son fantôme blanc,
Sa concierge ue le revit «pie le 15, juste pour
lui remettre un pli chargé.
Lorsque Maurice rencontra ses amis et que,
raiileiisemeul, on le remerciait de son cadeau.
Pardonnez-moi, disait-il à l'oreilledu rail¬
leur, mais j'étais dans une détresse complète,
et au moment où j'entrais chez vous, mon sac à
la main,un butor, en passant, nie le lit tomber ;
et ma foi. je n'ai plus osé me présenter devant
Et j'entendais mon cœur battre
Comme un pas sur te palier
Et la pendule d'albâtre
Dans sou tic-lac régulier.
—
Mais enfin elle est venue
Furtivement, une nuit,
démos.
ces
Toute froide et toute nue
Dans mon alcôve, sans bruit.
Si vous ôtés excusé ! on vous attend à dî¬
ner ce soir.
L'an do grâce 1887 sera une année de bonheur
—
Posant sa lèvre glacée
Sur ma bouche et sur mon cou,
pour Maurice.
Mon amante trépassée
Florian Pharaon fils.
—
De baisers m'a rendu fou.
Voilà pourquoi je vous aime,
0 b'ondescomme les blés !
—
RÊVE
Je vous la souhaite bonne et heureuse !
Merci bien, madame Serlorùis; seulement,
il faut me faire crédit ; ce premier de l'an est
en avance de quinze jours pour moi.
AMOUREUX
A vous toutes ce poème,
Belles qui lui ressemblez !
—
Ça neJ'aiL rien, allez!
—
nous
Maurice, aussitôt dehors, décacheta la lettre ;
elle était d'une écriture fine et bien connue, car
en
la voyant sa figure s'éclaira.
Angèle, cette bonne Angèle, elle
—
ne
in'a
pas oublip ! Comment, si j'irai la voir ! Décidé¬
ment l'annóe commence bien.
Le temps était splendide, mais très froid, il
soufflait un vent glacial qui vous coupait la fi-
gure.
Devant Boissier, Maurice
s arrêta ; il
y avait
foule, il prit sa place et, piétinant, attendit pa¬
tiemment que son tour, vînt d'échanger une li¬
vre
—
de sondants contre la moitié de sa fortune.
Je no puis faire autrement que d'offrir à M""'
Deligny un sac de bonbons ; elle m'a reçu toute
Tannée et l'on dîne très bien chez elle.II est
vrai que chez Mme Dulcet on est,également bien
accueilli et elle a une manière de vous regarder
qui... Bon ! j'oubliais Mine Meny... Elle a une
charmante fille, madame Meny; je crois même
que, la semaine dernière, elle a fait allusion
aux
fondants de Boissier. Un sac de
bonbons
pour trois jolies femmes. .
Tout en monologuant ainsi, sou tour était arri¬
vé/et Maurice sortit de chez Boissier la bourse
plus légère, mais la main chargée d'un sac
de papier glacé qu'entourait un joli ruban
rose.
La première personne qu'il rencontra en sor¬
tant du magasin fut M. Deligny, sou chef de bu¬
ministère des postes.
Que je suis heureux de vous rencontrer,
reau au
—
j'allais justement chez vous pour vous présen¬
ter mes vœux. Vous me permettez, n'est-ce pas,
d'offrir à Mme Deligny ce faible hommage de..
Comment donc! elle va être enchantée.
Vous ètes un garçon charmant.
11 est dans la vie de ces hasards bizarres !
Maurice n'avait pas fait dix pas, qu'il se trou¬
vait nez à nez avec M. Meny, un protecteur sé¬
rieux.
Bonne nnnée, mon garçon, dit M. Meny en
sabordant. Où allez-vous comme cèla ?
Chez-vous. Je suis enchanté de vous voir.
Vous m'aulorisez, jo pense, à donner ce sac de
bonbons à Mme Menv ? C'est un faible témoi¬
—
—
.—
A
connaissons
les jeunes gens.
l'idéáí... vous...
A rez-vous lu.
Brousse vu.
Madame G...
Madame, dans les chroniques
ÉCHOS ST POTINS;
de la régence,les recils de ces l'ètes où les gran¬
des darnes du dix-huitième siècle en de légers
atours jouaient les romans de la mythologie ga¬
lante ?
Nous revoyions par la pensée cette époque d'a¬
et nous vous admirions svelte et gracieuse
mour
lorsque
vous nous
danses de jadis.
ètes apparue glissant les
Savez-vous, belle dame, que la poudre vous
sied à ravir ; et que si j'etais indiscret, je vou¬
drais rechercher dans lés nids charmants de vo¬
tre corps adorable, los sœurs jumelles de ces
mouches assassines qui ornaient votre visage ?
Vous trouvez mon audace extrême ; que vou-
lez-vous, je vous ai vue charmante, dans l'é-
Nous avons lu, dernièrement,
la sentence suivante,
écrite au crayon, dans balbum de M""' "* :
«
II faut agir toute la vie comme on agirait an mo¬
ment de sa mort, i
Et au-dessous, un farceur avait ajouté :
«
Signé : Abbesse de Jouarre. «
*
*
*
Le petit I!... est fort mal élevé, bien qu'il pose pour
la fleur des pois.
11 a bhabiludc,
très distinguée, d'ailleurs, de tenir
continuellement ses mains dans ses poches.
L'autre jour, coirìmc il était eu visite chez
des'
blouissement d'une fête, belle comme une reine,
adorable comme' une déesse.
Votre regard velouté se promenait indifférent
sur cette foule d'adorateurs affamés
pour en vo-'
ler une étincelle.
Fière comme la lionne du désert, vous pas¬
siez dédaigneuse au milieu de tous ces beaux
séducteurs.
Par celte affinité mystérieuse qui réunit les
êtres, vous avez compris l'ainiaut qui m'attachait à vous.
II est des choses qui se murmurent sans se
dire tout haut ; laissez mon cœur s'ouvrir en
des accents sincères
permetlez-moi de vous
amis :
Mon Dieu ! monsieur, lui dit en souriant la
maîtresse de la maison, vous avez donc froid aux
mains ?
Oh ! non, chère madame ; mais j'ai Ion ours la
main sur mon porte-monnaie... par prude ice !
écrire, moi b inconnu, ce que je pense ; le mon¬
de entier s'écroulerait sur mon orgueil d'amou¬
reux, qu'il ne me serait vous nommer.
Mais, vous êtes, madame; le rêve qui char¬
me mon
sommeil, vous ètes la pensée qui en¬
Un haut personnage, qui a encore plus de dettes
que de prétentions, disait hier, dans un déjeuner in¬
—
—
***
Entre anarchistes :
Est-ce bien possible, mo.n vieux Eloupîn?... Toi,
un pur, un vrai sans-culotte,
tu es abonné à un jour¬
nal de modes ?
—le vais t'expliquer... Ça flatte mes passions...
C'est un régal pour moi de voir des patrons... dé¬
—
coupés.
■f-
—
chante mon âme.
Ah ! si j'osais, je vous parlerais des beautés
de cet amour idéal (pievous ignorez encore ; —
je vous dirais de quelles forces dispose l'amant
heureux, quelles joies ineffables il peut échan¬
ger avec son amoureuse maîtresse.
Mais vous ne voulez pas me comprendre, n'estce
pas? Vous ne voulez pas ces enlacements di¬
vins oii les âmes s'entretiennent dans
baiser.
un
time :
Quand je serai ministre...
—
—
dit la petite II... :
huissiers dans dans ton anti¬
Eli bien I rien ne sera changé,
il y aura toujours dos
chambre !
»
**#
—
Lévv, sais-lu ta différence qu'il y a entre un pé¬
cheur et un sourd ?
Non !
Le pécheur tend sa
—
-—
ligne et le sourd n'entend
pas.
muet
Plaisir charnel, tel est le nom que le profane
décerne à cotte union extrême, bassé le plus
Le Gérant : BILLAMBOIS.
jPérigucux, imp. LAl'OItTE, aric. Dupont et
RUES TAILLEFER, AUBERGERIE ET DES FARDES, A PÉRIGUEUX.
2VLAJESOÍT EOITDEE EIST 17U0,
E. LAPORTE, Gendre & Peut-Fils, Directeur.
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TYPOGRAPHIE.
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