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Médias

Fait partie de L'Entr'acte périgourdin

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jnmnojo

L'ENTR'ACTE

Périgueux, le 30 Janvier

PÉRIGOURDIN.

1887.

oA/lons ! Muse, ma toute belle,

afujourd'hui ue sois point rebelle
oÁu pauvre rìmeur qui l'appelle
'Tour chanter un l'érigourdin.
Sfe f 'aut-ilpas tenir le pacte
OAux termes duquel, à /'Entr'Acte,
Tu dois de la « copie »

intacte

Tous les quinte jours au matin ?

gfolre tâche est facile, en somme,
!'/,isqu'il jaut célébrer cet homme,
Ge Qeorges Dufour, de Ttrantòme,
Dont nous pensons le plus grand bien ;
Get avocat économiste,
Ge littérateur, cet artiste,
Ge vaillant impérialiste...

Tour nous, un tel labeur n'est rien !

Très jeune, il fut le secr 'taire
De Magne,

éclat du ministère,
Torsque l'Dmpire tutélaire
Téyèqnait en bienfaisant vainqueur !
Osaiq ré le temps qui tout dévore,
11 gardera lonqtemps encore,
De ce maître dont il s'honore,
Te souvenir cher à son coeur.

lorsqu'il veut aborder ta presse,
G'est au vieil Echo qu'il s'adresse,
lequel à l'admettre s'empresse
Darmi ses plus chers rédacteurs,
Ses Salons, que chacun remarque,
Du vrai talent portent la marque ;
Gisais ne croyeq pas qu'il se parque
Dans le troupeau des amateurs.

f£u\ Beaux-Arts dans la Politique,
Travail éminent de critique,
Succède une oeuvre économique :
Son Traité de l'Impôt Foncier.
Délaissant la note frivole,

Usait le Crédit agricole,
Dtude digne de l'école

deux

De Magne, le q ra n dfinancier !
11 c'est ainsi que, sans relâche,

fort peu soucieux du panache,
11 poursuit vaillamment sa tâche,
Se tenant modeste à l'écart.
Mais cependant, de son mérite
le bruit partout se répand vite
Ht ce travailleur émérite

l\eçcit le Sficham IJtikar.

HISTOIRES ET CONTES PÉRIGOIMIS
Dennery et son
collaborateur Tarbé me pardonnent.'... Si j'em¬
prunte ainsi le titre de leur drame, c'est tout
simplement parce que la martyre dont je vais
parler a quelques liens de parenté avec celle
qu'ils créèrent en commun et qui, mardi soir,
fera pleurer les âmes sensibles au théâtre de
Périgueux !...
Vous connaissez tous le joli tableau que mon
ami Jacques de V.. . envoya, l'an dernier, à

l'Exposition des Amis des Arts ? Ceux d'entre
vous qui ne purent visiter le « Salon
périgourdin, » comme rappelaient pompeusement nos
critiques d'art, » durent tout au moins lire les
éloges mérités que l'érudit et impartial Schlein
prodigua, dans VEchp. à la gracieuse composi¬
tion picturale dont je parle. Alliant, comme
Sainte-Beuve, le talent descriptif à la science
de l'eslhétique, Schlem s'exprimait ainsi, dans
son compte-rendu de
l'Exposition :
«

«

M. J. de V... est un amateur,

doublé d'un vérita¬

ble artiste, qui, le jour ou il le souhaitera, verra son
nom
vres

cité parmi ceux des peintres en renom et ses œu¬
cotées á chers deniers. Mes lecteurs peuvent en

juger

par la belle toile que M. de V... expose
à notre Salon périgourdin, sous ce titre : Ali
fond du
Parc. II s'agit là, en effet, d'une œuvre hors de

pair,
qui a, du reste, la bonne fortune d'être remarquée
par tous, et c'est justice ! Nous connaissons, pour
notre part, beaucoup de vétérans du
pinceau qui s'es¬
timeraient heureux d'avoir composé un travail aussi
parfait. On ne sait, en vérité, ce qu'il faut le plus
admirer dans ce tableau, dont, fauteur
parait posséder,
tout comme Corot, le sentiment vrai de la
nature, joint
á la science approfondie des couleurs. Le calme et la
poésie champêtres embellissent ce coin de parc et ce
banc rustique, où deux jeunes amoureux,
presque

Ces

cœur...

»

Quelques jours après la fermeture de l'Expo¬

sition des Amis des Arts, le bruit courut à Pé¬

rigueux, — et il fut, je crois, mentionné dans
les colonnes de VAvenir, —• que la ville avait
acquis la toile de M. de V... pour le musée :
mais il n'en était rien. Dédaignant les o lires
brillantes qui lui furent faites de divers côtés,
mon

Que le grand dramaturge

enfants, sont

venus échanger leurs premiers
petits personnages — la fillette surtout,
pleine de grâce naïve et de doux abandon, — sont
supérieurement traités, ainsi que les grands arbres
et la charmille qui les abrite et au fond de
laquelle
une
échappée d'azur semble symboliser les rêves
éthérés de nos adolescents. 11 se dégage de tout cela
un sentiment tendre et
mélancolique qui provoque for¬
cément à la rêverie, et plus d'un visiteur, en présence
de cette toile gracieuse, a dû sentir les souvenirs de
ses jeunes
ans faire toc toc à la porte de son

aveux.

ami Jacques

reprit tranquillement son ta¬

bleau et le réinstalla dans son atelier, à la place

d'honneur, où je l'admirais hier encore, pen¬

dant que Fauteur terminait une
Vision de
Saint Paul, destinée, je crois, à l'église de Ribérac.


Je parie, dis-je

tout à coup à Turfiste, que

tu as des motifs particuliers
pour tenir ainsi à
cette peinture que tu appelles A u fond du Pure ?

C'est exact, lit Jacques, et, si je t'expliquais ces motifs, tu tn'approuverais, j'en suis sûr.
Pressentant quelque intéressant récit, je mis
tout en œuvre pour aiguillonner mon ami. Cé¬
dant enfin à mes instances, M. de V... inter¬
rompit sa besogne et me conta cé qui suit :
11 y a dix-huit ans environ, j'étais un éco¬
lier assez paresseux et, négligeant mes classi¬
ques au profit de Musset, je hâtais do tous mes
vœux la période des
vacances, que jo passais




d'ordinaire chez

tanle

Fanny, une jeune
veuve, qui habitait alors la très agréable pro¬
ma

priété de La Meyzélie, sise aux environs de
Périgueux. Quand je dis « jeune, » c'est une
façon de parler, car nia parente frisait la qua¬
rantaine ; mais elle soignait si précieusement
sa
petite personne, fraîche et grassouillette, que

les hivers se succédaient sans l'atteindre. II est
vrai que sa fille Marthe, qui venait de
dépasser
sa
quinzième annee, gênait parfois les petites
manœuvres de la tante
Fanny ; niais, en public,
ma cousine avait
pour consigne de n'avouer que

treize ans, et, comme elle portait encore des
robes courtes et des collerettes d'enfant, beau¬
coup feignaient de se tromper sur 1 âge de l'une,

sachant bien qu'ils flaltéraienl ainsi la coquet¬
terie de l'autre !
Tout en écoutant Jacques, mes yeux s'étaient

machinalement portés 'sur son lableau et sur la

gracieuse fillette qui y figurait.
'—Tu as déjà deviné, n'est-ce pas? reprit
M. de V..., en suivant mon regard, que c'est là
l'nnage de ma cousine Marthe. Le gamin assis
à ses côtés n'est autre que ton serviteur, en
train de jurer un « amour éternel » à celle qui
fut l'unique passion de sa vie et
au sou¬
venir de laquelle il a conservé un culte qui ne
cessera qu'avec son dernier jour...
A ce moment, je vis mon ami essuyer furti¬
vement une larme et, tout en m'excusant d'avoir

si indiscrètement

réveillé un passé pénible, je
priai Jacques d'en rester là.
Non, dit-il, je tiens maintenant à aller jus¬
qu'au bout ; mais j'omets volontiers les détails
psychologiques qu'emploierait tout bon roman¬
cier pour expliquer le caractère et la nature de ma
tanle. Fanny, qui « n'était pas coquette pour des
prunes, » comme disaient les bonnes gens du
pays. Deux fois par semaine, en effet, la mère
de Marthe ne craignait pas de recevoir chez
elle le capitaine G..., un jeune homme de
vingt-cinq ans, véritable coureur de dot,


dont les assiduités commençaient à faire ja¬
tout le voisinage. Durant les grandes va¬
cances de 1869 — les dernières, hélas ! que
je

ser

passai à La Meyzélie — je remarquai qu'à cha¬
que visite du beau capitaine, ma tante et lui se
dirigeaient, en causant, au fond du parc, où ils
restaient parfois de longues heures, sans donner
le moindre signe de vie. Un jour, ma curiosité

enfantine, surexcitée par je ne sais quels dé¬
sirs malsains, me poussa à les suivre. Caché
discrètement derrière le gros arbre que tu
vois là, j'aperçus le capitaine C... et sa com¬

plice amoureusement enlacés, et mon oreille
put recueillir les brûlants propos qu'é¬
changeaient les deux coupables. Ab ! le diable est
parfois bien malicieux et il se joue étrangement
de l'hutnaine faiblesse... Le lendemain, je priai
ma cousine de m'accompagner et, sous
prétexte
de lui montrer un nid de bouvreuils que j'avais
découvert la veille, je la conduisis sournoise¬
ment au fond du parc. Bien qu'effrayée par mes
allures insolites, Marthe consentit à s'asseoir sur
le petit banc ; je.lui pris la main, qu'elle rn'abanavide

donná doucement, en fixant sur moi ses grands
yeux de gazelle craintive... Je murmurai d'a¬
bord de tendres aveux, de doux serments ; puis,
tout à coup,. saisissant brutalement la fillette
entre mes bras, je posai mes

lèvres

en feu sur

bouche de vierge effarouchée... Pauvre Mar¬
the ! Jeune souvienscomme d'un doux rêve que,

sa

ce-jour-là, en quittant le fond du parc, elle

me

L'ENTR'ACTE PÉRIGOURDINmontra, les yeux encore humides de larmes, un
couple de blancs ramiers, que nous avions sans
doute effrayés et qui, à tire
d'ailes, s'empres¬
saient de gagner le ciel bleu !
Mais c'est une idylle
poivre et sel que tu
me narres
là, mon cher Jacques, et je ne vois
pas trop...
Ce qui assombrit mes souvenirs ? Attends
un peu,
continua le narrateur, et je vais te


•—

démontrer

en

quelques mots que l'idylle

se
complique d'un drame terriblement réaliste...
J'avais repris depuis
quatre ou cinq mois ma vie
de collège, lorsque
j'appris que le capitaine C...,
dont le régiment était sur le

point de quitter la

ville,

venait d'épouser ma cousine... J'eus
comme l'intuition de l'horrible vérité
! Je savais
que mon oncle, le père
aussi mon tuteur,, car

de Marthe, qui était
j'étais orphelin, avait, en
mourant, légué l'ususruit de son immense for¬
tune à sa veuve, à la condition
qu'elle resterait
lìdèle à sa mémoire, et je
compris que, pour ne
pas annihiler les effets de ce testament, la lante
Fanny sacrifiait sa tille, afin d'avoir le droit de
suivre son amant !

C'est horrible,
cet odieux mariage?
—•

La guerre



en

effet, et qu'advint-il de

était déclarée trois mois après,

et le capitaine G... mourait à

Gravelotte, emporté
par un boulet prussien. Quant à Marthe, quant
à la martyre, comme une
pauvre fleur atteinte
dans sa fge, elle s'était
rapidement étiolée.
L'infortunée nie faisait mander l'année suivante,
à son lit d'agonie : «
Jacques, me dil-elle dans
un baiser
suprême, ma mère avait pu disposer
de mon corps ; mais mon
esprit, mon cœur,
mon Ame étaient à toi... Je
pars avec le regret
de n'avoir pu être ta femme
que devant Dieu,
qui me pardonnera... Je t'aimais tant !... Adieu,
cher petit compagnon de mon enfance... N'oublie
pas le fond du parc... »
Et la tante Fanny, dis-je tout ému. Qu'est—

elle devenue ?




,

et, descendant de sa branche, il voleta, éperdu

de bonheur. La nuit était claire,

des étoiles : un second rossignol arrivait à tired'aile rejoindre le premier. Abeilard se serra
contre la fenêtre d'Héloïse, niais brusquement
Iléloïse se releva. « lis sont deux, s'ócria-t elle,
et ils ne chantent plus ! » Abeilard, muet d'hor¬
reur, entra dans la cellule et ferma la fenêtre
pour ne point voir ce couple d'oiseaux amou¬
reux

qui allaient profaner les heures sacrées de

la nuit...

»

fille, elle qui serait la femme, ses grands yeux
m'examinèrent stupéfaits. « Pas possible, ditelle; mais il ne peut entrer dans la cellule,
puisque c'est Abeilard ! »
Vous savez ! je l'épouse tout de même.
...

RACHILDE.

Mey-

le parc ; mais, au préalable, j'avais
pris
de fixer sur la toile le coin mystérieux

soin

zélie, dont je me suis empressé de faire détruire

qui me
rappellera toujours ma chère martyre... Tu
comprends maintenant pourquoi je tiens tant à
ce tableau,
que je ne nie sentirais jamais le cou¬
rage de refaire
Pourrais-tu, au moins, m'en donner le cro¬
quis ? J'ai l'inlention de le reproduire dans le
prochain numéro, de YEnír'Aele.
Très volontiers, acquiesça mon ami, et
je
t'autorise même à raccompagner du récit
que tu




viens d'entendre...

Et voilà comment, aimables lectrices et béné¬
voles lecteurs, je puis vous offrir

aujourd'hui
une histoire ou un conte
périgourdiu illustré.
N'allez pas croire, au moins, que
l'image a été
créée pour la légende. C'est, au contraire, la
légende qui fut faite pour accompagner Lima¬
ge... Croyez, du reste, ce qu'il vous plaira, cela
m'importe peu, et je n'en reste pas moins votre
humble et respectueux serviteur.

Paul LEBRETON.

VIEUX LIVRE ET ÍEMI FILLE
J'étais le liancé ; elle allait être la femme.
Le soir, pour faire ma cour, je lisais des vieux
livres à la maman et tous les trois nous

demeu¬

rions bien sages autour de l'abat-jour vert.

parlait

rappelle

celle histoire ; on
de couvent.... c'était très beau... écou¬

me

encore

tez :
...

Le couvent demeurait

tranquille. Héloïso

attendait, pâle comme sa guimpe... La fenêtre
était ouverte et, jusqu'au fond de la cellule, en
traient les caresses folles de ce vent du soir,

qui 11e doit, effleurer que des fronts amoureux.
Fléloïse priait, les mains jointes sur son sein
troublé ; elle prêtait l'oreiIle au bruit des pas
lointains qu'on entendait là-bas. II venait. Oh !
le bon prêche qu'on aurait à la clarté des étoi¬
les, sous les regards limpides du Seigneur, pen¬
ché dons la voûte azurée. Comme les accents
du prêcheur iraient bien porter aux anges une
autre prière faite à deux ! 11 se montre enlin
tout gris, dans son habit de moine, et elle répète

frémissante : Abeilard. II

s'approche, toujours
sévère, toujours tranquille. « Ma sœur, voici

l'heure solennelle où chaque soir nos âmes s'u¬
nissent et vont ensemble contempler l'infinie

grandeur au sein du paradis bleu. » II croisa
les bras d'un air sombre

mot, fit-il ; nous te

:

«

Jeunesse ! vain

méprisons. Amour ! flam¬
infernales, nos larmes de repentir sauront

,

retroussé très intéressant, un nez à la Roxe-

nez

lane ; la colère seule avait inspiré les mots verts
de Fumeron.

Veaubrûlé.

qui avait rapporté à celui-ci le

propos de Mlle Hortense, fut une fois de plus
indiscret en répétant à Mlle Hortense ce qu'a¬
vait dit Fumeron.
Pour le coup, les choses prirent une véritable

gravité. Le lendemain, Fumeron vit avec ter¬
reur arriver chez lui deux
envoyés du frère de

Mlle Hortense venant lui demander une rétrac¬
tation ou une réparation par les armes.
II courut chez Veaubrûlé pour lui conter
son cas.

Je sais, dit celui-ci, Anatole Duplantier,
le frère de Mlle Hortense; c'est une tine lame


qui n'entend pas raillerie sur Tarticle des
trages, et tu

lui dois

une

ou¬

réparation par les

Ou une rétractation.
Une rétractation, comme tu y vas! Tu ne





la lui

peux

proposer; ce

serait

ton

déshon¬

voici pourquoi : un outrage personnel à
Anatole pourrait, jusqu'à un certain point, se
rétracter; mais une injure à l'adresse d'une
femme, jamais ! II faut qu'elle se lave dans le
neur;

sang, il n'y a que le sang pour la laver!
Ah! mon Dieu! que me dis-tu là! s'écria
Fumeron avec un froid dans le dos.
Eh ! mon ami, que penserait de toi Mlle
Hortense si, après avoir prétendu qu'elle a le nez




en

trompette, tu laissais entendre à présent que

aquilin ? Elle serait indignée! Pas
femme, à sa place, ne te pardonnerait cette

son nez est

UN DROLE D'AMI.

une

Veaubrûlé était optimiste et pa> mal étourdi.
II n'était aucun de ses amis
qui, à son avis, ne
fût à peu près parfait. 11 disait un jour à Fume-

le meilleur, le plus attaché, le plus sincère

palinodie ; tu serais mis hors le ban des gens à
épouser.... condamné à un célibat éternel....
quelque chose qui glace Tàme.... brr.. ! Un
duel est certainement préférable, surtout pour
toi qui es brave
Brave! brave! ça dépend.... répétait Fu¬
meron
se
grattant Toreille et en homme qui
n'est pas sûr du fait.
Oui, tu es.brave, je Tai dit partout, il faut
que tu le sois
Toi, tu promets toujours. Hier, il te fallait


II ne le manque rien pour te faire admi¬
rer : tu es bon, tu es
aimable, tu es doux....
Peut-être bien.
Tu as du jugement; à preuve que tu es
toujours de mon avis... et de la sagacité....
Autant que je peux....
Tu en as.... et du cœur, et d'estimables


Non ! elle succomba à Toulon, lors de l'é-

le nez en trompette, fit-il, s'imaginer que je
vais Tépouser sans dot : attrape !
Mlle Hortense avait donc le nez en trompet¬
te ? demandera-t-on. Non
elle avait un petit

armes

J'arrêtai là ma lecture. Je trouvai ce vieux
livre suffisamment malicieux... La maman bais¬
sait la tête sur son ouvrage. . Quant à la
jeune

ron,

Je

et Abeilard

distingua un point noir parmi les points brillants

d'entre eu x :

probablement ; si ce n'est de

tous ses biens, y compris le domaine de la

mes

Ma sœur ! à genoux !... » Iléloïse tomba le front
incliné sur la pierre : le rossignol cessa de
chanter. L'oiseau venait d'entendre une réponse

Morte aussi !

pidémie de choléra, en m'instituant l'héritier de

«

« Oh! console-moi ! » im¬
plore Iléloïse. Dieu peut-être entendit sa plainte,
car aussitôt un
rossignol chanta. Aboilard reprit
avec un saint
transport : « O ma sœur ! ce chant
ravissant d'une humble créature révèle égale¬
ment le maître du monde. O maudits ceux
qui
profanent les heures divines de la nuit ! Ma
sœur, les oiseaux chantent, les hommes prient !

De regret,

remords ?


t'éteindre à jamais.







...



•—



sentiments....

11 me le semble quelquefois. ..
Cela est, sois-en bien convaincu.... et fier,
et brave !
Le fait est que s'il le fallait.... mais il ne
Ta jamais fallu.
autrement....

désintéressement, c'est-à-dire un gros sa¬

mon

crifice d'argent ; aujourd'hui

lu demandes que
je sois-brave, en d'autres termes, il te faut mon



sang..





..

Veaubrûlé, en parlant, y allait de tout cœur,
et Fumeron, en Técoutant, était tout oreilles,
ne
regardant pas Comme impossible que son
ami eût raison.
L'un et l'autre vivaient ainsi dans une estime

réciproque, lorsqu'un jour Veaubrûlé propose à

Fumeron de le faire marier. Fumeron, le cœur
libre et secrètement désireux de prendre femme,
sourit à la proposition. Présenté à la famille

Duplantier, Fumeron ne déplut point à Mlle
Hortense, qui convint à son tour à Fumeron
,

invité à continuer ses visites. Elles se poursui¬
virent un certain temps Enfin, on en vint à

parler d'arrêter le mariage; c'était le

moment

de s'occuper de la dot ; mais c'est ici que les
choses se gâtèrent; Mlle Hortense était maigre¬
ment dotée ; F umeron refusa d'aller
plus loin,
et on ne le revit
plus chez les Duplantier.

Veaubrûlé, á qui la famille se plaignit du
procédé, demindades explications. Fumeron

les donna.

Comment ! s'écria le premier, quelques
écus de plus ou de moins, et tu t'arrêtes ! Ah !


l'horrible

profanation! mêler Torál'amour!
j'en ai honte pour toi ! Ce n'est pas Mlle Hor¬
tense
que tu épousés ? Une pile d'écus ! Fume¬
ron, tu me fais de la peine. Un homme d'argent,
toi! Non, tu es désintéressé, j'ai promis un
homme désintéressé, tu me dois un homme
désintéressé.... Arrange-toi comme tu pourras,
il me le faut? je l'aurai!...
Fumeron était touché, l'indignation de Veau¬

brûlé le mettait mal á Taise. H hésita un
peu,
mais il finit par tenter un raccommodement
avec les
Duplantier. Toutefois, il demandait
une élévation du chiffre de la
dot; les Duplan¬
tier consentirent ; mais la dot restant
toujours
au-dessous de ses espérances, Fumeron résolut
de s'arrêter là, ne voulant pas, dit-il, faire une
vraie folie.,..
Une vraie folie ! Le mot fut rapporté aux

Duplantier, vivement froissés ; Mlle Hortense
surtout fut indignée; elle se
vengea par ces
expressions cruelles :
Quand on est bête comme cela, il est
inex licable qu'on ait des prétentions.
Ai si étrillé, Fumeron n'était
pas content ;
il répondit á Tinjure par des mots ne le cédant
en rien en acre saveur à ceux de la
jeune peron
e :
Une pécore qui a fait jaser et


.



qui a



.

Allons, calme-toi, je vais trouver les té¬

moins d'Anatole. J'obtiendrai bien sûr des
concessions.... à la moindre égratignure Thonne u r sera


déclaré satisfait.

Ah! il faut

une

égratignure.... l'honneur

peut être satisfait sans ça.... Si pourtant....
Mais Veaubrûlé n'avait pas entendu Tobservation ; il était parti, comme il disait, pour ar¬

ne

ranger Taffaire. Hélas! il Taurait plutôt déran¬
gée, au contraire, et c'est ce qui arriva.
Le duel fut une affaire arrêtée. Fumeron se
trouvait amené là bien malgré lui. Le lende¬

main, quand il se trouva en présence de son
adversaire, Fumeron, invité par les témoins,
dans

esprit de conciliation, à se rétracter,
deux ou trois fois à balbutier
quelque chose qu'il fallait avoir Tesprit bien
prévenu pour ne pas regarder comme des ex¬
cuses; il eût fini par se faire comprendre; mais
Veaubrûlé ne le laissait jamais suffisamment
s'expliquer. A peine lui voyait-il ouvrir la bou¬
che, qu'il Tinterrompait par un « laisse-moi
parler » contre lequel le pauvre diable n'osait
protester, car si Fumeron trouvait un bourreau
en Veaubrûlé, il voyait aussi en lui une
provi¬
dence, espérant toujours entendre sortir de ses
lèvres un mot, une proposition quelconque dé¬
tournant de sa tête le fer fatal qui la menaçait.
Vain espoir! Les deux adversaires furent mis
en
présence, ils croisèrent le fer, Fumeron se
sentit touché, Tépie lui échappa des mains....
II n'avait pourtant qu'une simple égratignu¬
un

commença par

il s'en était fait cent fois
durant les jeux de son enfance.
L'honneur fut déclaré satisfait.
Délivré de son maudit duel et sorti à peu
re, un bobo comme

près sain et sauf de la lutte, Fumeron se serait
volontiers jeté à genoux, séance tenante, pour
remercier le ciel.... 11 se contint cependant.
Veaubrûlé le félicita avec une entière convic¬
tion sur son attitude ferme. Trois ou quatre

jours après, le même Veaubrûlé venait conseil¬

ler à Fumeron de renouer ses relations avec les

Duplantier.
A cette proposition, Fumeron fit entendre un

éclat de voix.

Mais Veaubrûlé

ne

s'en émut

pas.
11 était sûr, lui dit-il, de recevoir de Mlle
Hortense le meilleur accueil. Elle avait été
émerveillée de sa bravoure et ne tarissait pas

d'éloges à son sujet. II va sans dire qu'elle avait
oublié ses outrages, et faisait les suppositions
les plus flatteuses sur son désintéressement; si
on T attaquait, elle le défendait avec ardeur,

L'ENTR'ACTE PÉRIGOURDIN.
principalement contre ceux qui insinuaient (il
des difficultés d'argent
querelle. II termina en

Mais bientôt les feux de f Aurore
Chassent Desdemone et le
Maure,
Tandis que l'on entend encore
Sous l'arche sombre résonner :
«
Chantez le saule et sa verdure,
Penché sur fonde qui murmure,

s'en trouvait!) que
avaient fait naître la

donnant a entendre que tout ceci

pourrait bien
finir par un mariage, car il
voyait la jeune per¬
sonne dans de si bonnes
dispositions pour lui
maintenant que l'on pouvait lout en
espérer....

Chantez cette verte parure,
Dont j'ai voulu me couronner !

En entendant parler son ami, Fumeron ne
pouvait en croire ses oreilles.

passé, mais par

de suite, à moins

fiancé.

»

wm mmiz ALWZM

pour être brave, tout simplement parce que
tu te l'es
figuré....

(pONSEILS D'ACTUALITÉ).

Que me dis-tu là! Tu as toutes les qualités
imaginables, crois-le bien. Craindrais-tu de
manquer de celles qui font un bon mari ? Allons


donc, il faut repousser cette sotte modestie.
lit Veau brûlé fit si bien, allant de. Fumeron

à Mlle Hortense et de Mlle

Hortense

:

Fume¬

ron, qu'il persuada à l'une et à l'autre qu'ils
étaient absolument destinés à devenir femme
et

mari, ce qui arriva.

Fumeron pouvait sc vanter d'avoir là un
drôle d'ami.
Jean de La Limogeanne.

Pórigueux, 22 janvier.
Monsieur le rédacteur,
La danse se meurt, la clause est morte !
Les jeunes hommes la délaissent pour des

sports plus britanniques, plus mâles, disentils.

11s

consentent encore à servir de
que pour être à cheval sur les
convenances. Jamais la question de
Téquitation n'avait été pousséeaussi loin, et, à défaut
de pur-sang, beaucoup, pour céder au
goût
du jour, enfourchent le
ne

cavaliers

vélocipède ! Quoi

YB.1.1B B

.

rai.lade.

Venise, ville enchanteresse,

Que doucement fonde caresse,
Ou le zéphyr souffle sans cesse,
Mlle de plaisir et d'amour ;
(f est dans les murs, ville
jolie,

Dormante au bord de f Italie,
Que Carnaval et sa Folie
Fixent leur éternel séjour.

Tandis que l'Europe sommeille,
Dans une fête non pareille
Le Plaisir chez loi toujours veille,
tiercé dans un ciel toujours, pur,
Ht sur la vague au loin blanchie.
Au spectacle de ton orgie,

Où l'arfi-iur à l'Enter s'allie,
Tu lais rougir le Ilot d'azur.
C'est du balcon de fer qui penche
■Sur le noir Lido qui s'épanche,
Au pied de la colonne blanche,
Où dort un grand lion d'airain,

Que cette belle Desdemonc,
Aux regards purs d'une madone.
Effeuillait sa blanche couronne,
Rêvait à son Maure africain.

O vous ! vents de F Adriatique,
Tout chargés des parfums
d'Afrique !
O vous ! dont le souffle
pudique
Osait à peine soulever
Son voile blanc, vents de la
grève !
A cette be'le enfant
qui rêve.

Que n'avez-vous dil, lilie d'Eve :
II est dangereux de rêver, »
U est dangereux, jeune lille,
D'égarer au ciel qui scintille
Ce long regard rêveur où brille
Comme les feux mourants du jour ;
N'écoute pas f oiseau qui chante,
«

If écho de fonde murmurante,
Le grondement de la tourmente,
Car ce sont là des chants d'amour.

Mais tes gondoliers, ó Venise !
Disent encore que la bise
Sous ce balcon toujours se brise.
Quand minuit sonne à l'Angello,
Que lc vent poussé une gondole,

Où, dans un chant vague, s'envole,

If air de la romance du Saule
Et le triste nom d'Otello.

qu'il en soit, permettez à un vieux danseur
de venir ici donner quelques conseils, dont
les inexpérinientés sauront sûrement faire
leur profit.
Les invitations à un bal doivent être laites
par
écrit quinze jours à l'avance, car il faut laisser
aux daines le soin de
préparer leur toilette.
If invitation est habituellement une formule

imprimée dans laquelle les noms sont laissés en
blanc et remplis à la main. Inutile de dire
que
la rédaction doit en être
polie. Voici la plus

usitée :

«
Monsieur et madame A... prient Monsieur.*** de
leur faire f honneur d'assister au bal
qu'ils donneront
le
à
heures. »

Et surtout n'imitez pas ce style bref et
impé¬
ratif de certains parvenus qui s'tmagineot copier
le grand monde. Quand vous recevez une lettre
d'invitation ainsi conçue :
«

(on

Monsieur et Madame A... seront chez eux le

dire : « Eh bien !

II n'est pas absolument nécessaire de répon¬
dre par écrit à une invitation ; cependant, il est

plus poli, si l'on n'y doit pas assister, de répon¬
dre que l'on ne pourra profiter de celte invita¬
tion et d'écrire quelques mots exprimant ses
regrets et ses remerciements.
Les salons consacrés à la danse ne sont

pas

chauffés, ou, du moins, on y laisse éteindre le
feu. 1 f agglomération des invités et le nombre
des lumières suffisent pour élever considérable¬
ment la température.
II est de mauvais goût d'arriver avant f heure

indiquée sur la lettre d'invitation ; néanmoins',
les maîtres de la maison doivent

toujours être

La première personne que l'on doive aborder
dans un bal, quel qu'il soit, est la maîtresse
de lu maison. A part un salut collectif adressé
en entrant à toutes les personnes qui
composent
la compagnie, c'est de la maîtresse de la mai¬

qu'il faut d'abord s'occuper;en lui adressant
lui questions d'usage, relatives à sa santé.
Pour le bal,la grande toilette esl de rigueur;
l'habit et le pantalon noirs, les gants blancs et
la cravate blanche, une chaussure légère, ja¬
son

Qui tous les soirs ainsi résonne...
Au bord de fonde qui frissonne,
La jeune fille vient pleurer,
Chanter le saule et sa verdure
A cette place où, jadis
pure,

pas ou ne voulez pas danser.
Ilien n'est plus ridicule que de porter le trouble
dans un quadrille, de marcher sur les pieds de
sa danseuse ou de lui déchirer un lé de sa robe

Elle avoua, dans un murmure,
Aima, dans u;i premier baiser.
L'on dit aussi

qu'à la même heure,
Auprès de cette.ombre qui pleure

Comme s'il attendait que meure
Le dernier coup du haut
beffroi,
L'on voit à cette même
place,
Porté sur la bise qui glace,
Un second fantôme qui passe
Sous le balcon au marbre froid.

Les noirs soucis volent sans nombre
Sur ses pas ; de son mil sombre
Les éclairs brillent, et, dans sombre;
11 chante son bonheur passé !
Les combats, les cris, le carnage.
Puis il poursuit la blanche
image ;
Mais quand il fa saisie, ò rage !
11 ne trouve qu'un corps glacé !
II presse de sa lèvre blême

babouche de celle qu'il aime ;

Puis 11 s'écrie, en un blasphème :
Pourquoi ce sein si pur, si beau,
Sous ma main cesse-l-il de battre"?
Si beau qu'à la lampe bleuâtre
L'on aurait dit fange d'albâtre

Qui dort couché sur un tombeau.

devoir de f invité de faire danser la maitresse de la maison, on ses
filles, ou ses pa¬
rentes.

Après la première danse, on fait ordinaire¬
plateaux de sirops et de petits
fours ; un peu plus
tard, des glaces, puis des
boissons chaudes,
punch, thé, chocolat. Vers la
fin de la
soirée, on fait passer les invités dans
la salle à
manger, où l'on a organisé un buffet,
ou grande table
couverte de mets froids : pâtis¬
serie, gâteaux, sucreries, fruits.
Ne vous
précipitez pas sur le buffet ou sur
les domestiques
qui portent les gâteaux ; mais
soyez complaisant, pour votre danseuse ; faiteslui
ment circuler des

passer des rafraîchissements.
Ne restez pas le dernier au bal.

Là, vous pou¬
esquiver sans prendre congé du maître

vez vous

de la maison.

On doit une visite à la maîtresse de la maison
dont on a reçu une
invitation, lors même que
l'on n'aurait
pas usé de l'invitalion cette visite
doit être faite dans les huit
jours. Une carte
serait insuffisante.

Ces

formalités, aussi impérieuses

que

/armes, sont bien faites pour effrayer les
maîtresses de maisons tranquilles, qui n'ai¬
ment pas

à être dérangées dans leurs habi¬
chaque jour ; mais pourquoi effraieraient-ellesles jeunes gens, qui, à tout
prendre, trouvent toujours leur compte dans
ces sortes de fêtes. Non ! la
vérité est qu'on
njairne plus la danse. Si Joseph de Maistre
tudes de

vivait encore, il serait content,
lui, qui ne
voyait dans ce plaisir que la violence, la
fatigue et Faccollemeiit : « Otez à un bal
toutes ses séductions, disaii-il, et
personne
ne.s'y rendra. Otez lui cet orchestre bruyant
qui commence par étourdir la tète et faire
vibrer tous, les sens, cette variété de costu¬

qui attire les yeux, sans leur permettre
de se fixer, ce double essaim de
jeunes hom¬
mes et de
jeunes femmes dont les

regards

expriment le plaisir,
où les bras

ses

ces danses voluptueu¬

croisent, où les

se

corps

s'enlacent aux dépens de la pudeur et sou¬
vent de l'innocence, ces nudités
toujours

scandaleuses et parfois révoltantes, par les¬
quelles les femmes ont l'air de se mettre à
l'ciichère comme dans les bazars de TOrient,
et les salies de bal seront désertes. » La
misanthropie du regretté de Maistre était
Irop exigeante, en vérité. On n'a rien d lé
de ce qu'il demandait
pour tuer le bal ; mais
on a mis la
République, et cela a produit le

même effet

!

Agréez, etc.

Un Vieux Danseur.

prêts à recevoir les invités.

mais de bottes, même pour un militaire.
Au bal, il faut danser ; n'allez pas au bal si

C'est la voix de Desdemonc

une
dame refuse votre
invitation, ne
jetez pas à l'étourdi sur sa voisine : vous
auriez l'air de la
prendre comme pis-aller. II est
du

mes

dansera). »

N'êtes-vous pas tenté de
qu'ils y restent, chez eux ! »

plusieurs fois
qu'on ne soit son parent ou son

Si



et

inclination gracieuse. On

vous

Sylvestre.

C'est ça, tu as promis que
j'épouserais, et
il faut que j'épouse.... Je suis fait
pour devenir
un mari comme
je l'étais pour être désintéressé

une

doit pas inviter la même dame

ne

vous

ou un

ne

savez

volant de dentelle, maladresse que tou¬

tes vos excuses
donner.

ne

pourront vous faire "par¬

On doit inviter très poliment sa danseuse en
la saluant et eu la priant de vouloir bien vous
faire f honneur et non le plaisir de danser avec
vous.

Un gamin s'amHo; hier soir, á la
ménagerie Pezon,
devant un couple'de bons bourgeois d'une laideur
gro¬

tesque.

Tiens ! s'écrie-l—il, en se dandinant les mains
dans ses poches, on a donc ouvert la cage aux sin¬


?

ges

Le monsieur,


doit accepter, si elle n'est
déjà engagée, quel que soit le cavalier qui finvite. La femme qui refuserait un danseur se
condamnerait à ne pas danser de la soirée-, ou
au
risque de provoquer quelque querelle déplo¬
rable. Des refus cle cette nature ont fréquem¬
ment amené des duels. Si l'on a déjà
promis
la danse pour laquelle on reçoit une invitation,
on doit remercier eu
indiquant le mol i f du refus.
Une femme bien élevée doit éviter de demander
ou même d'accepter les services de son danseur,
à moins que celui-ci ne soit un parent ou un ami
intime de la famille.

Après la danse, le cavalier reconduit sa dan¬
à sa place et la remercie poliment en lui
faisant un profond salut. La dame doit y répon¬
dre, non par une révérence, comme au temps

furieux :

Est-ce pour moi que vous dites ça '!

Non, monsieur.
Alors, c est pour ma femme ?





Non !





Alors, pour qui est-ce, donc?

Le gavroche, s'.esquivant au
galop :
E'esl pour les deusse !


***•

Petit-Pierre vient de recevoir la continuation. Un lui
demande:
Eh bien ! es-tu content ? As-tu été bien con¬
firmé ?
Ah ! pas si bien que les autres ; je suis passé un
des derniers... Alors, monseigneur avait la main fati¬
.





guée.

On ne lui offre pas la main, mais le bras.

La personne-invitée

seuse

ÉCHOS RT PÛTIM8,

«
*

*

Entendu sur le boulevard :
Un monsieur qui vient de glisser. —
Saperlotte !
comme la voirie est mal faite : voilà un trottoir
qui ne

vaut plus

rien !

Une petite dame (avec un soupir).
vous,



monsieur !

A qui le dites-

#**
A un jeune homme, qui vient de se marier :


Oui, je comprends votre tristesse :

vous

allez

faire vos vingt-huit jours ?

Le jeune homme, avec un soupir :
Oh ! ce ne sont pas les vingt-huit

jours qui me
préoccupent.,, ce sont les vingt-huit nuits !
ZAG.


Le Gèrent : BILLAMBOIS.

Périgueiix, imp. LAPORTE, anc. Dupont et G.