FRB243226101_P2-802_1895_001.pdf
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INDISCRÉTIONS
Quand fut décidé le voyage de M. le Prési¬
dent de la République à Périgueux, il s'opéra,
soudain, en notre excellent maire, M. Georges
Saumande, un changement d'habitudes si com¬
plet que ses amis, intrigués et nombreux — pour
sûr
s'en inquiétèrent.
Le grand maître de la municipalité périgourdine pâlissait à vue d'oeil. Sa physionomie si
souriante se rembrunissait ; ses yeux si vifs, ses
prunelles profondes, insondables et si lumi¬
—
neuses—
oh! combien — s'éteignaient en re¬
gard de pauvrette qui a perdu... sa bicyclette.
C'était navrant. Et ceux qui connaissent la
galté native, un peu folichonne, de Georges, sa
naturelle exubérance, son entrain devant lequel
les plus profonds ennuis, les plus sombres dou¬
leurs sondent, se volatisent, ne s'abordaient
plus que la paupière mouillée, un rideau de lar¬
mes
de crocodiles
à la frange des cils, et
se demandaient
tels des conspirateurs —
—
—
—
bas, à l'oreille, la main en cornet : — « L'a é
ou u ? »
Hélas, il eût fallu avoir perdu les miroites
d'engrenage, être atteint de la
myopie de Drumont ou de celle de l'oncle Sarcey pour ne pas s'être aperçu des ravages in¬
dans une roue
crustés
la face terne de M.
Saumande,
comme des molusques dans un banc de rochers
ô puissance de l'image ! — et que la mer ne
parvient pas à déprendre sous le ressac hau¬
en
—
tain et violent de ses lames. Le pauvre homme !
II désertait la Chambre, ne faisait plus que de
bien rares sommes au Palais-Bourbon, devant
le pupitre où il piqua, déjà, tant de romances.
En un besoin violent de se retremper l'âme et
le corps dans son fief politique, tous les quatre
matins, il savait, pour un rien, mettre entre lui et
la tour Eiffel le ruban de cinq cents kilomètres
qui séparent Péi'igueux de la capitale. Et, là,
foulant d'un pas large et fiévreux l'asphalte de
nos
trottoirs, martelant le macadam de nos rues
du
sonore
battement de
ses
fines attaches
quelles boites à contre-basse, du 52, ma
chère, et je triche pour ne pas l'ennuyer, — il
s'en allait, absorbé, l'air mystérieux, par la cité
tranquille, le geste brusque, saccadé, les lèvres
marmotteuses, se parlant à soi-même, arrêté,
tout à coup, en des poses d'orateur qui se sent,
se devine
prêt à remuer les foules ; de tribun
qui s'éveille au feu sacré de la parole — et, re¬
prenant sa marche, hanté sans doute d'une ob¬
sédante vision, il poursuivait sa course, comme
—
à la recherche d'un but, d'une solution, dont
l'enfantement douloureux
passez-moi le for¬
ceps — devait, évidemment, affecter les ménin¬
ges de son cerveau désert et vaste — siège si¬
—
d'un esprit fort, du moins d'une roublar¬
dise politique ultra-solide.
« II a
trop parlé à la Chambre, trop dis¬
non
—
disaient les uns, et des intelligences
moins robustes, moins merveilleuses que la
sienne n'auraient pu même tenir aussi long¬
temps. Le surmenage intellectuel le brise, le tue.
II prend trop son métier de député à cœur. »
« Laissez
donc! répliquaient les autres.
C'est le cvpou qui le bine, le printemps qui le
travaille, la pousse des bourgeons, l'éclosion des
fleurs. La vigne pleure, la campagne met ses
couru,
—
verdures. La végétation craque. Le renouveau
le saisit. »
—
n
L'inlervention de Gadaud est toute indi¬
quée, ajoutaient certains. Mieux que personne
il saura lui confectionner une purge. Un qui s'y
connait, Monsieur le maire, en rhubarbe et
séné.»
—
<?
Jamais ! » hurlaient, angoissés, les trois
pelés et le tondu restés fidèles à 1 entreprise
électorale saumandiste en attendant de se
transformer en franc-fileurs, si la petite situa¬
tion promise s'attarde à poindre.
Et, se regardant, blêmes, les tempes moites
d'une sueur de gadist... ophobes, — pardon —
ils reprenaient, visités d'un frisson en les cou¬
ches moelleuses de l'être :
« Gadaud le
soigner ? Quelle plaisanterie !
—
II nous l'em-poi-son-ne-rait !!! »
Un
soupir, alors, gonflait, en soufflet de
forge, la poitrine de ces amis jusqu'à la galette,
et c'est le cœur serré
qu'ils concluaient :
« Chère
France, — doux pays du vaude¬
ville et des farceurs
nous savons, nous, quelle
serait ta perte. On n'en fait plus comme lui,
non, — depuis Gambetta ! »
Le plus drôle c'est que ces cocos-là parais¬
—
—
saient sincères.
Le malaise physique et moral de M.
Georges
Saumande indéfiniment se prolongeait. On cons¬
tatait même une aggravation. Le
maire-dépulé
usait
ses godillots à parcourir la ville, et son
agitation extrême, les paroles incohérentes qui,
maintenant, lui échappaient, amenaient aux lè¬
vres des
paisibles citadins d'irrévérencieuses
remarques que notre plume admirative se re¬
fuse carrément à enregistrer.
On employa toutes les ruses, on usa de tous
les moyens pour forcer, respectueusement, M.
Saumande à des confidences. Le grand homme
demeura inébranlablement fermé aux siens.
Simplement, parfois l'index au front soucieux
et barré d'une ride en
coup de sabre, il disait,
l'ceil allumé d'éclairs, la face enflammée : —
« J'ai une idée !» — Le
geste était beau. On
ne le tourmenta plus. Girardin,
pensa-t-on, dans
entourage, en avait une par jour. Si Geor¬
ges — moins doué, c'est visible — allait, enfin,
en avoir une dans sa vie ?
Le coup de fou¬
dre, quoi.
Soudain, cependant, — revirement brusque,
inattendu, attitude étrange — M, Saumande,
délaissant le pedibus comme jambis, se cloîtra
en son cabinet
de travail.' Et, dans celte
citadelle, se refusant tout repos, accep¬
tant, néanmoins, à force de prières, quelque
nourriture, sur de belles pages blanches, il
tortura l'alphabet, aligna des lettres, — de ces
son
—
lettres fit des mots (des jeux) — de ces
des phrases.
mots
En mal de
discours, l'éminent citoyen enfan¬
tait ! Voilà l'énigme.
Cela, nous l'affìrmons sans crainte d'être dé¬
menti et, comme preuve de ce que nous avan¬
çons, il nous est particulièrement agréable de
sous les yeux du public, avant tous nos
confrères— vous chercheriez, en vain, la chose
dans le Journal de la Dordogne, l'Avenir et le
mettre
Combat Périgourdm —
(ce qu'on la leur fait, la
pige, aux camarades !) la belle harangue que M.
Georges Saumande, maire et député de la pre¬
mière circonscription de la ville, a bâclée, en
dépit de ses fatigues de la substance grise (vo¬
yez Officiel, Palais-Bourbon) — à l'intention du
sixième Président de notre troisième
Républi¬
que — une et très divisible.
Monsieur le Président,
II me serait facile, à l'instar de mes
collègues des
autres villes de France sur le
pavé ou la poussière
desquelles daignent se poser, de temps à autre, vos
heureuses grègues, da vous
louanger, d'abord, sur
les
fonctions
hautes
que vous occupez, de rappeler,
ensuite, vos modestes origines et de montrer, par là,
à la plèbe, que si, jadis,
chaque pioupiou portait dans
sa
giberne le bâton de maréchal, aujourd'hui,
grâce au nivellement social et démocratique,
tous les
compagnons du grand trimart — sans
en
excepter les tanneurs — portent en ban¬
doulière
ou
dissimulent au
fond de
leurs
chaus¬
settes —
généralement russes — le grand cordon que
M. CasimirPérier aurait dû rendre. Je
pourrais,
aussi, — compliments faciles et obligatoires — vous
remercier de l'honneur fait à notre cité
par votre au¬
guste présence. Ce seraient, là, banalités usuelles,
clichés ressassés, flatteries à
peine déguisées dont, la
plupart du temps, ceux qui les débitent — si ce n'est
Havre
ne croient
pas un traître mot.
J'ai pensé, M. le
Président, qu'il y avait mieux à
faire, en m'inclinant devant vous, au nom de
l'antique
Vésoue. Etranger à nos
contrées, il ne saurait vous
déplaire d'être mis au courant des petites questions
intérieures nui nous... unissent, sans
jamais troubler
les nuits de la ville
que je représente : — ici, orateur
à de rares heures ;
là-bas, á l'extrémité du pont de la
Concorde
le bien nommé
silencieux, toujours.
au
—
—
—
Député de hasard, maire d'aventure, choisi, dans
le premier cas, à
l'improviste, en une minute de pé¬
nurie de grands hommes
pour faire pièce au candidat
conservateur
M. Gadaud, aujourd'hui
minis^e,
etant devenu sénateur
par ma très grande
—
fautiF—
devez, certes, vous rappeler, M. le Président,
parmi les raseurs qui pullulent au Palais-
vous
mon entrée
Bourbon et dont vous fûtes —
sans
irrévérencieuse
comparaison de ma part— le fortuné collègue. Dès que
j apparus, humble violette, dans la salle des séances,
un homme chevelu—
Clovis Hugues, m'a-t-on dit, de¬
puis, — me salua d'une facétie lugubre, cria à la vue
de ma tête ;
« Tiens,
Collignon I » — L'Officiel
n'enregistra point cette ridicule boutade. N'empêche
que, le lendemain, cependant, je recevais des pro¬
positions de l'Urbaine, incompatibles avec le mandat
que d'intelligents électeurs m'avaient confié. Lors des
grèves de cochers de fiacre, je ne sortis plus que ceint
—
de mon
éiharpe. Autrement, par méprise, on m'eut
coffré, passé a tabac, comme un vulgaire automédon
perturbateur.
Oh 1 ce mandat de
député. L'idée m'en vint —
Valmajour politique — en entendant chanter le ros¬
signol. Je m'y sentais des aptitudes. Petit avoué de
province, nanti d'une non-moins petite officine, je ne
pouvais finir que législateur — à moins que, black¬
boulé futur des élections
prochaines, on me nomme,
en souvenir des voles de confiance
émis, à une grasse
sinécure : conseiller d'un tribunal
d'appel
ou titulaire
d'une perception
avantageuse. J'aimerais mieux cette
dernière situation, ce genre d'aumône à Bélisaire,
je vous le confie, à vous, Normand d'adoption,
—
en
toute franchise.
On me doit bien, d'ailleurs, quelque compensation.
Naguère, j'ai su faire échec à M. Gadaud— qu'on
disait radical — à des élections municipales — sur
les eaux de Glane. Plus tard, la discorde régnant en¬
core au
camp d'Agramant périgourdin,
je jouai, de
nouveau, un bonlour à ce • cher ami, de la première
heure, en semant la division dans le parti dont lui
et moi nous sommes, — à ce qu'on répète, sans en
être bien sûr, je vous s'accorde. Ah 1 mes enfants,
St-Michel ne fit pas mieux
parmi les Sarrazins.Quelles
bisbilles autour de l'os législatif à ronger I Quels
coups de dents, quels coups d'ongles ! M. Maréchal,
candidat de l'opposition, fut élu.— Pardon de cet aveu
qui m'honore : je dois des comptes à la République
qui peut cold-crèamer mes poches. — M. Gadaud, mé¬
decin de talent, nulneleconteste, revint,Toreillé basse,
à son bistoèri. Ce que j« m'en frottais' les
Rendu à la vie privée, notre actuel ministre
pe TAgricullure, travaillé du spleen politique et du hanne¬
sénatorial, rêva d'abandonner les revenus de salancette pour un siège curule. II l'obtint. Les événe¬
ments en firent le collègue de M. Ribot, pour mettre
fin à une crise ministérielle. S'il est, en effet, un
Français qui ignore, encore, comment M. Gadaud
décrocha son portefeuille, qu'on me l'amène, —
ton
vous le
décorerez. Ne sait-on pas qu'au dernier mo¬
ment on s'aperçut qu'il manquait un sénateur dans la
composition du nouveau conseil — les pères conscrits
ont, d'office, droit à deux maroquins, parait-il, —et que
courant au Sénat, pour en arracher une autre vieille
barbe, M. Trarieux, rencontrant M. Gadaud en
l'enleva dans sa voiture, — au viol I — et,
de go, en deux temps et trois mouvements, en
route,
tout
dépit des protestations — pour la forme — (oh, la
coquette !)—démon ennemi héréditaire,le sacra grand
Manitou des Céréales. Si jamais le sainfoin est
malade 1
De tout cela, M.
le Président, il ressort supercoquenlieusement et de façon supra-tangible, qu'en re¬
montant
à la source, en déduisant les
cause, on
effets de la
constate, avec surabondance, que, sans
immixtion, jadis, dans son radicalisme, M. Ga¬
daud ne serait encore que député, médecin et gendre
d'un N. C. de la ville. Pour moi la punition est dure.
mon
Brouillés à mort avant Télévation de ce moderne Es¬
culape au Ministère porracé qu'illustra M. Méline, les
journaux d'ici, que vous ne lisez point sans aucun
doute, ont retenti de nos intéressants démêlés. De¬
puis, sur le chemin de Damas gouvernemental, le
»
a eu
Soyons amis, Cinna, c'est moi qui t'en convie »
lieu, et, dissimulant ma
rancune,
rentrant
mes
griffes, récemment encore, en un banquet où le
champagne à quinze sous tournait le cœur plus que la
tête
c'est mon excuse— j'ai applaudi, à mains gan¬
tées
pour faire moins de bruit — les fariboles do
—
—
mon
ancien adversaire. Vraiment, la Patrie me
doit
beaucoup.
II m'apparalt, M. le Président, que, par cet utile
discours, j'abuse, peut-être, de votre évangélique pqtience et que je prends trop — en cultivant le haïs»"
sable moi
sur le temps
que vous devez à vos su¬
jets. J'essaierai donc de me borner, plus que je ne le
suis, si c'est possible — et davantage. A quoi bon, du
reste, s'attarder au champ aride et bien connu des ré¬
formes, pour y brouter Therbe consolatrice. Ne serait-il pas fastidieux, d'ailleurs, pour un député de
ma trempe, de jalonner de
pensées saines, de paroles
dignes, de promesses qu'on ne tiendra guère, la route
tortueuse, par exemple, des frais de justice que l'on
veut modifier.
Mieux vaut se taire, je pense, sur le
—
rabibochage — sollicité des masses — des balances
fatiguées de la vieille Thémis (il y a si longtemps
qu'elles servent !) et auquel se rattache la mise à
la raison de gens grugeurs du pauvre et peurvus de
grasses prébendes. Ah 11a souris qui villégiaturerait
dans ce gros fromage quel désarroi elle y jeterait. Un
joli grabuge.
Seulement,
c'est nous qui sont les prin¬
cesses », et que « les ceuss
qui vont à pied c'est des
pannés » il m'apparaît utile, nécessaire et équitable
de retenir une place dans les caresses de l'assielte
au beurre. Je ne suis pas ici, du reste, pour m'inqutéter du flot montant des revendications populaires.
Le sort du paysan, celui de Touvrier? La bonne 11chaisc ! — A nous les plaisirs, plutôt ; à nous la
truffe 1 C'est autrement intéressant que de disserter
sur la responsabilité des patrons, le dégrèvement des
impôts et les caisses de retraites. En tait de caisse,
s'il y en a une à sauver : c'est la mienne ! Les misé¬
comme «
n'ont-ils pas, enfin, pour s'entretenir le râtelier
et se caler les joues, le flageolet
intempestif — piano
du pauvre — et la pomme de terre gaveuse — quand
ils mangent? Ah, les chers obstinés, les doux exigeants.
Ils en ont une santé, ceux-là. Que demandent-ils
reux
de plus, encore ? — De la bonté ? — on leur cn don¬
des petits couteaux pour les perdre.
Laissant de côté, pour un instant, ma suggestive
personne, je voudrais, M. le Président, vous présenter,
à ma droite, le premier adjoint de notre vieille cité,
honnête citoyen en rupture d'épinards, cuisinier mu¬
nera
n'y a peut-être pas de pays où l'on adore plus le
jambon fumé qu'ici. Longtemps, je me suis demandé
comment rappeler, constamment —
par une allusion
discrète et originale,—la chose à mes administrés.J'ai
réussi : deux usines au moins
une d'électricité, la
—
seconde de conserves — crachent la suie et autres co¬
chonneries sur la ville, l'enfument consciencieuse¬
ment, quand l'odeur des champignons ne l'empeste
pas. Pigez ce coup du jambon et dites-moisi je man¬
que d'esprit d'a-propos toutde même? Je m'en tords,—
boursoufle, gonfle et gondole. C'est tapé, je vous Tassure.
Le progrès veut qu« de pareils établisse¬
ments soient
campés en pleine agglomération.
Ceux qui les placent, d'habitude, en dehors des fau¬
nicipal seize heures sur vingt-quatre et dont le dé¬
voûment, à jet continu, est un peu comme le tonneau
des Danaïdes. Certes, on dit bien — est-ce à moi à le cons¬
tater
?—que Texcellent homme n'a pas précisément in¬
venté la ficelle à couper le beurre ni la tonte des sang¬
sues. En tout cas, c'est un être bien
inoffensif, quis'dijare simplement, parfois, — d'autres diraient : tou¬
jours — en des innovations administratives inaplicables et qu'une douce marotte conduit, souvent, à pas¬
ser en revue les
employés de l'octroi et les six agents
qui veillent, — damant le pion aux légendaires cara¬
biniers
à la tranquillité de la ville. Vous serez bien
gardé, M. le Président, et la Sûreté-Choufloury pou¬
bourgs n'entendent rien, je vous le dis, â Thygiène
publique. — On m'appelle déjà :« Microbe ! » Inclinezvous, manants et rustres : Périgueux, c'est moi,— qui
n'y séjourne guère, en attendant que je le quitte, —
pourvu d'un bon poste — pour toujours.
Plus heureux que leurs congénères du canal—estce bien vrai et une mort prompte n'eut-elle pas mieux
valu qu'un long martyre ? — les arbres du cours
Tourny n'ont élé qu'amputés. C'est d'un effet bien pit¬
toresque. On dirait des perchoirs pour perroquets po¬
litiques, des pièces peintes de bergeries d'enfants, —
on dirait, surtout, qu'au
long de chaque | platane, des
bras s'allongent, des poings se tendent vers ceux dont
la décision prive d'ombre,pour longtemps sans doute,
les bénévoles citoyens qui venaient y traîner leurs
chausses et se gaver de quelques fions-fions mili¬
taires.
«C'est le roi Dagobert !.., »
Tout ce qui peut contribuer au développement de
—
vait, sans crainte, rester chez elle.
A ma gauche, maintenant, se dresse, long comme
un jour sans pitance, mon médecin
particulier— par¬
don, mon vétérinaire.—Gadaud n'a-t-il pas lésion ? —
II fût, il est resté, il restera parmi mes plus chauds
partisans. J'ai pu, d'ailleurs, avant Tarrivée de mon
bon ami le ministre de l'Agriculture au pouvoir, rat¬
tacher définitivement à ma personne par un bout de
ruban qui vaut mieux qu'une corde. — Voici, encore,
émergeant du groupe qui nous entoure, le Pic de
La Mirandole cynégétique et cynologique de Tendroit.
Comme son prédécesseur, il parle de toutes les choses
qu'on peut savoir, en fait de chasse et de chiens — et
même de plusieurs autres. Si jamais, M.le Président,
vous
—
ma
rétablissez la Vénerie de vos royaux et impériaux
un
devanciers, élevez-le au grade de grand... Epateur (il
çons quelque chose, on va vite, dans une hâte bien
justifiée d'aboutir. C'est ainsi que le square de la tour
de Yésone, attaqué depuis deux ans, sera certainement
achevé
nos
dispositions sont prises —dans les
dernières années du prochain siècle — Oh ! les ca¬
lendes grecques. — Nos achats, quand nous en fai¬
sons, ne sont peint décidés, non plus, à la légère. No¬
tre goût sûr nous guide d'abord, notre flair des bon¬
nes situations ensuite. Tout le monde devinera
que je
veux parler de la maison Briffant, sise rue du Calvaire,
et dont, volontiers, pour atténuer notre petite gaffe,
nous nous débarrasserions, au rabais, ne sachant vrai¬
ment point corr ment utiliser ce sémillant immeuble.
Tout ce qui relève, d'ailleurs, de ma gestion admi¬
nistrative peut â peine soulever l'ombre d'une critiaue
que c'est léger ! Nous avons une Direction des
travaux modèle dont la spécialité est de donner, aux
propriétaires qui construisent, des alignements calcu¬
Test déjà)— de grand Veneur de h rance, veux-je dire.
Ce qu'il sera sur son dada, — mais, mis au pied du
mur
alors, si mal
en selle.
Près de lui, — en frère
—
siamois — tel un lys penché sur sa tige, apparaît la
bouche en cœur, le* crâne ivoréen et privé de fil sur
la bobine, — oh! si peu—le don Juan du cru pour qui
les échelles de soie, les trémolos de guitares, les ar¬
moires â double fond, les placards, les romances à
la lune n'ont pas de secrets. De plus, cynophile de
derrière les fagots, il nous organisa, dans le temps, avec
curée chaude, chasse au renard, et autres balançoires
joliment réussies, une exposition canine qui n'était pas,
comme on dit, dans une musette, je vous le promets. II
en est de même, du reste, de la louveterie qu'il connait
et pratique sur toutes les coutures. Malin serait celui
qui, en cet art, le prendrait sans vert. Grâce à une
action prompte et décisive, il a purgé nos contrées
des fauves qui les désolaient, et c'est à lui que vous
devrez, M. le Président, de ne pas voir rôder au¬
tour de la statue du père Bu geaud — que vous sa¬
luerez de la main tout â l'heure, en passant, comme
le tramway, tout le long... le long du boulevard —
Tours fameux des cavernes, compagnon de l'homme
des Eyzies. La destruction, jusqu'au dernier, de ces
animaux préhistoriques et terribles lui appartient en
propre. C'est son œuvre, et le département est fier de
posséder un aussi célèbre louvetier. Je demande sim¬
plement qu'on le décore — dut sa modestie bien
connue en reverdir. Faites donc couper pour lui, je
vous en prie, une
rognure à l'aune de rubans défraî¬
chis que vous faites suivre dans votre valise.
J'aimerais, aussi, à vous parler des curiosités de
notre cité antique. Le temps me fait défaut pour vous
les énumérer. Laissez-moi, cependant, signaler, à
votre attention d'artiste, la fontaine de la place Plumancy. De votre landau — un landau-accordéon
que nous avons fait confectionner exprès et qui,
ouvert et déplié, atteint facilement la hauteur d'un
premier étage — vous pourrez, peut-être, mirer vos
châsses , dans la vasque, ce à quoi le géant de
Montastruc, lui-même, que vous avez pu reluquer à
la foire au pain d'épice, a dû renoncer. Habituelle¬
ment et très ordinairement, on voit l'eau des fontai¬
nes
que c'est banal— et les Parisiens seraient ru¬
dement étonnés si celles de la place de la Concorde
cessaient brusquement, un jour, de se transformer, sous
«
—
les ceupsde vent, en vaporisateurs
truc usé.
Comme ces enfants de Lutèce relardent ! Ici, on se
souvient de la chute de la Bastille, de la rouge au¬
un
On va de l'avant. Grâce à la complicité
d'un savant architecte-décorateur-paysagiste — Violrore de 95.
let-Leduc, Haussmann. Alphand réunis — nous avons
pu créer quelque chose de peu ordinaire : une fon¬
taine dont on ne voit pas l'eau. Epatant. Saluez ! Le
liquide se révèle, tout au plus, à nos yeux— quand les
jets fonctionnent — par une demi-dôuzaine de minces
filets
qu'on croirait lancés par d'invisibles clysopompes. Et notre espoir a été tellement dépassé, notre
succès si vif, — car nous ne comptions pas, malgré
efforts, sur un résultat aussi complet, atteindre,
ainsi, du premier coup, le summum de la concep¬
nos
tion sontainière — que les jours de
disette d'eau —
voyez poussière, voyez jardins, voyez terrasses I —
alors que les hétaïres de nos modernes hoplites —
dégottez-moi ce revenez-y du grec, mon président —
ont à peine de quoi faire trempette, il arrive que
des touristes demandent,
fréquemment, en re¬
chère cité ne saurait me laisser indifférent. Je suis
homme d'action, moi, et quand, ici, nous commen¬
—
lés au millième de millimètre. On ne travaille pas
mieux et plus exactement au bureau des Longitudes.
Paris nous envie, je le sais, car, entre nous, tout ce
qu'on fait là-bas, sur les rives de la Seine, est, déci¬
dément, peu dans le train et bien démodé. C'est de la
roustissure. Si, pour l'exposition de 1900, M. Picard
est embarrassé, qu'il ne se gêne pas. Un signe, et le
Directeur de nos travaux accourt, vole, mettre à la
disposition de usted
connaissances pratiques.
toyens d'une même patrie ne sont-ils pas des frères et
les députés comme moi des... blagueurs?
Plus qu'un mot, et je m'arrète. Mes concitoyens
attendent pour ne pas m'acclamer.
à la Préfecture, vous remarquerez un
En arrivant
emplacement
superbe, au fond du cours Tourny, sous de grands
arbres que les Oscar Wilde d'ici affectionnent. En ce
coin trop désert et qui manque de surveillance, mes
vous
administrés, reconnaissants et sachant honorer leurs
gloires, me dresseront, un jour, èn calcaire oolithique de Chancelade. Je ne ferai pas mal, n'est-ce pas ?
J'ai du chic, une élégance native. Le prince de Sa¬
gan, — moins le monocle, m'assure-t-on. Comme lui,
j'abats les arbres. A Paris, pour être agréable à de
grands artistes, je pose déjà les statues. Ça me
change des lapins que je plaque à mes compa¬
triotes.
Là, sous de frais ombrages, le torse cambré, le
— j'étais né
pour
pontifier en
geste bénisseur,
sévère cathédrale
Snotre
—
je
pVotégerai ' la ville,
compagnie — tel Jésus
entre deux larrons
Clament, le vélophobe, et le
coërcitif Denoix, dit le Tombeau de la Presse (mu¬
selières pour canards). Sur le socle que mes pieds
fouleront, la Renommée gravera cette épitaphe en
vers très libres
j'te crois ! — et impérissables :
Voyez ce beau garçon-là,
tenir
ayant pour me
—
—
C'est notre ancien maire.
II fut l'ami de Gadaud, d'autres grands hommes, et
Sa face à.... mystère,
[caetera.
A
permis de l'ériger là,
En pierre !
Et de modifier, pour lui, le vers fameux que Monselet
En une ode charcutière.
[cisela
Son visage, en effet,n'indique-t-il pas,
Qu'à Tabri de cette frondaison vieille et sans pareille
Cet homme a dans les traits un co. ..cher qui sommeille.
Pour copie fantaisiste :
pégomas.
gardant la colonne qui émerge des entrailles
mystérieuses de la vasque, pareille à T extrémité
d'un porte-plume acheté â Lourdes ou à Fourvières :
Quel est ce monument funéraire et quels grands
—
ses
Nous ne sommes pas jaloux — oh 1 non. Tous les ci¬
ÉCHOS
«
citoyens sont donc enterrés là ? » — Vous ferez, j'ose
Tafhrmer, bien des villes, avant que M. Le Gall en¬
registre, sur votre calepin de voyage, semblable mer¬
veille.
Cette fontaine, sur laquelle je
dois insister, M. le
Président, car, on vérité, c'est un monument unique
et très caractérisque avec sa vasque combien haute
et, au sommet de la colonne, ses œils de bœuf où
veillent, funèbrement, de modestes lampions, de la
force d'un paquet de chandelles, a été érigée, en
1890, pour perpétuer le souvenir — ô ironie! — de
1 amenée des eaux du Toulon, — qui ne viennent
guère. On ne s'en douterait pas, je le confesse, sans
la plaque commémoralive sur laquelle on a omis,
parmi tant de noms, ceux du carrier qui a fourni la
pierre et du bitumier qui a asphalté le trottoir. Heu¬
reusement, l'oubli est réparable. Les lettres de l'al¬
phabet, c'est entendu, n'appartiennent à personne, et
de même que pour le galon : quand on en met, on ne
saurait trop en mettre. C'est une façon — un peu
rosse
de passer à la postéritéen obligeant les gé¬
nérations futures à apprendre que Périgueux fut*
affligé — qu'avait-il fait pour cela, grands Dieux I —
d'un maire qui s'appelait Saumande.
Le pouvoir est une charge — et ce discours aussi —
vous le
sentez mieux que moi. II est si difficile de
contenter tout le monde ! Que de cheveux gris ne me
suis-je pas fait, par exemple, pour assurer le bonheur
Poignée de Fausses Nouvelles,
Au moment de mettre
nal,
du ca¬
chemin planté d'arbres, à Tabri desquels les
un
amoureux,comme les petits oiseaux qui fontcuic-cuic,—
ô loi de nature ! — aimaient à étouffer le bruit de
leurs baisers. C'était charmant et ça ne faisait de tort
à personne — pas môme à Taccroissement de la po¬
presse,
nous
apprenons
nous téléphone avec un grincement de dents que repro¬
duit très bien la plaque du microphone : « C'est beau la
vi'ngeince ! »
A la soirée des Maires que donnera M. le Préfet do la
Dordogne, les frères Mounet-Sully rugiront des frag¬
ments d'une pièce inédite de M. André Chadourne : Le
Lapin à la main sanglante, en tant d'actes qu'on ne les
compte plus et en vers tellement longs qu'ils en sont...
solitaires.
Saint-Germain, Texcellent artiste, par exemple celui-là,
le fin diseur, lo
bon comédien chantera une chanson¬
nette :
—
de mes concitoyens ? Nous avions, en bordure
sous
M. Georges Saumande vient d'obtenir de son cher
ami, M. le Ministre de l'Agriculture,un bout do Mérite
Agricole pour notre collaborateur Pégomas. — Informé
de cette tuile, lo tripatouillant reporter à qui l'on doit le
subreptice détournement du discours de M. le Maire,
que
Rien qu'à r'garder ma queue d'aronde,
On voit bien que j'suis d'Négronde. »
«
Les Montagnes russes seront installées dans le grand
salon ainsi que de nombreux manèges... électoraux.
précautions sont prises pour assurer le
do M. Félix Faure pendant son
séjour à Périgueux et lui faciliter, chaque soir, un
sommeil réparateur, ce shakspearien haindeTâmc. A eet
effet, dès que M. lo Président de la République se
sera étendu dans le plumard préfectoral (draps lissés avec
la galette des contribuables), le lecteur attaché à sa per¬
sonne
commencera à déguiser Gerbaud le Fauconnier.
Succès certain, immédiat. Avant la dixième ligne,
M. Félix Faure pioncera, se transformera en tuyau d or¬
Toutes les
repos et la tranquillité
—
pulation. L'endroit est délicieux et, les soirs d'été,
quand la lune promène son couvercle de pot-au-lait
gue.
sur
Naguère, quand des délégués de l'Union des Sociétés
se rendirent à Prague, nos amis les
Tchèques les couvrirent de fleurs. Là-bas, les gymnas¬
tes français vécurent sur, dans,et sous des roses. On en
mit sur "leur chemin, dans leurs draps et sous leurs
la crête des coteaux, il y fait bon vivre dans la
fraîche haleine qui succède aux chaleurs du jour. Hé¬
las, les lauriers sont coupés — les arbres que nous
aurions pu conserver après entente avec le service
des Ponts et Chaussées ont été débités en volige. Et,
là-bas, maintenant, sur le chemin démantelé, en la
petite vallée nue, dévastée parde sauvages arboriphobes, l'ombre enlacée des amoureux ne glisse plus et
les oiseaux eux-mêmes, mécontents et froissés, n'y font
plus cuic-cuic. Seuls, un merle moqueur,
un coucou
ironique, postés dans la Boissière, anathémisent les
vandales
au nom de la gent emplumée et — avouons
le
au nom, aussi, des paisibles Roméos et des ten¬
dres Juliettes.
Sapristi, le crime commis, l'œil de¬
vient humide. II y a du pleur. Ça mouille. Je suis at¬
tendri.
Ami Gadaud, ton mouchoir.
Les porcs du Périgord — un chef de l'Etat ne peut
Tignorer — ont acquis une juste renommée, et il
—
—
—
—
de Gymnastique
vêtements , — où ça fait tic-toc, mesdames. Et Péri¬
gueux, qui est appelé, â son lour, à fêter les Sokols au
nom de la France entière, cherche une manière
originale
de perpétuer chez eux le culte du souvenir. II est bien
dommage, vraiment, que la saison des truffes soit
close. Ce tubercule odorant, succulent et excitant comme
bisque d'écrevisses est la fleur du pays, — sa rose
parfum prometteur d'ivresses, aux émanations capiteu¬
une
au
ses.
On en eût bourré
nos
amis, les Sokols ;
011
eût
ruiné, pour eux, les truffières de la contrée. Et, comme
par ce temps d'avaries de tubes digestifs, le siège de la
gratitude humaine s'est un peu déplacé, nul doute que les
Tchèques eussent, — de même que les canards — con¬
servé la reconnaissance du ventre. Nous savons, de¬
puis longtemps, qu'on peut compter sur lour cceur.
'
On nftttoïe les foyers anarchistes de la région, à la suite
d'une rafle importante de boîtes à sardines et do mèches
éventées opères sournoisement par les Dynamito-Ravacholites de la Société démolisseuse du « Quand le bâti¬
ment va, tout va. » — Ces ennemis du
privilège et du
monopole sont jaloux des députés qui jettent bas les
Ministères. Ils réclament leurs petites maisons (la direc¬
tion de ce journal prétend, elle, que le rédacteur de cet
entrefilet ne tardera point à y être interné), quelques
jolies bicoques à faire sauter, ce joujou des temps
nouveau* :
la joie des
architectes, le plaisir des
moëllonneux, la tranquillité du gouvernement ! — II fau¬
drait être bien inhumain pour priver los
compagnons
d'un passe-temps si agréable.
A la dernière
minute, le quartier de la Gare vient de
décider d'élever un arc de triomphe
gigantesque, confec¬
tionné avec des wagons
éventrés, des locomotives bri¬
sées, des fourgons télescopes, des rails faussés et des
traverses endommagées, le tout
agrémenté de réjouis¬
sants attributs, tels que
tibias, poumons perforés, têtes
de mort, côtes
défoncées, jambes en bouillie, oreilles
décollées, bras démis, corps déformés, nez aplatis, chairs
hachées (pour saucisses), crânes ayant
perdu leur cervelle
comme le reporter
qui nous apporte celte rigolode in¬
formation. Les Compagnies de chemins de fer du monde
—
entier, pressenties par dépêches vigoureuses et énergi¬
ques, consentent à prêter aux organisateurs de celte im¬
posante manifestation tout le stock des objets ci-dessus
énoncés et qu'elles détiennent dans leurs
Magasins gé¬
néraux.
Vu le peu do temps dont on
dispose,— ah!
vrai, on no regarde pas à la dépense, — les envois se font,
en ce moment,
par téléphone, cables-télégrammes, pi¬
geons-voyageurs et ballons.
—
Puisque nous parlons d'arcs de triomphe, — triomphe
de qui ? de quoi ? do la jobarderie humaine ? —
signalons-en quelques-uns dont l'originalité n'est pas
douteuse : par exempte ceux des petits pois (dif¬
ficile à édifier. Dix personnes sont
occupées à enfiler
100000 mètres cubes de ces légumineux très
gazéiformes) ; — des Cbps (un peu plus faciles à entasser
tout de même) ; — des boîtes a conserves
(vides et
très rutilantes sous le soleil, avec baucoup de corni¬
chons autour) ; — des Truffes (à vingt kilomètres à
la ronde, les maris sont sur le flanc.
Odeur, quand tu
nous tiens! Un peu de modération,
mesdames, autrement
les rues seront désertes le jour de l'arrivée du Prési¬
dent) ; — des pâtés de Foìe Gras (tout le monde, en
assant les lèche. Par une innovation
gaslronomiquement
eurcusc, au lieu des couronnes — ironie des temps ! —
ue des gens intéressés à la chose font descendre
par
'invisibles fils, et du sommet des arcs, sur les têtes
officielles, celte fois les ronds de feuillage seront rem¬
placés par des pâtés truffés d'un poids on rapport avec
l'importance des personnages à qui ils sont destinés.
Ainsi, celui de M. Félix Faure pèsera 500 tonnes ; celui
du maire 25 grammes seulement. — Ceux
qui figure¬
ront dans le cortège officiel sont
prévenus. En passant
sous l'arc des
pâtés, il n'ont qu'à renverser la tête légère¬
ment en arrière
et a ouvrir la bouche. Ils auront leur ra¬
tion. — Périgueux a trouvé là un clou bien
épatant tout
do même.)
Parmi les nombreux comités, constitués
pour la dé¬
coration des rues, il y en a un qui y est allé
par plus
de quatre chemins pour recruter la monnaie néces¬
saire à l'édificalion d'un arc devant une fontaine dont
quatre lions gardent, sérieux
comme
âne qui boit
un
chalumeau, (voir le cerveau indigent qui pond
ces lignes) une colonne en
pointe d'asperge. D'infatiga¬
bles membres —is fecit...
avec
un
—
ont couru,
munis de listes
do souscription, les... communes environnantes
sor —
tapeurs !—les populations. — Si jamais
pour oboti-
M. Félix
Faure revient à Périgueux, les mêmes
citoyens prendront
la clef des champs et, par le moulin du
Rousseau, se
répandront alors sur toute la France , pour y recueillir
des fonds et surtout des... vestes d'instituteur et même
d'institutrice.
Le Président de la République
posera, paraìt-il, la
mière pierre du nouvel Hospice. Mais, comme on ne pre¬
sait
pas encore exactement à quel endroit cet établissement
sera édifié,
il est question do conduire M. Félix Faure
dans un champ quelconque, à
proximité de la route do
Paris. La pierre posée — le
lapin, plutôt — il faudra la
garder nuit et jour. Pensez donc, un calcaire présiden¬
tiel ! On demande, pour ce poste
d'honneur, des citoyens
de bonne volonté. S'adresser à M.
l'adjoint Ségard chargé
d'organiser ce corps de volontaires.
En s'installanl sur le
cours
Tournv, les forains (monta¬
gnes russes, manèges, etc.) avaient, spontanément, offert
a la municipalité de
s'oBliger au silence pondant chacun
des morceaux que joue, le dimanche
soir, la musique du
régiment, auprès de la statue de l'auteur de Télémaque.
Ces intéressants industriels
comprenaient combien il est
désagréable pour les paisibles musicophiles do Périgueux
d'entendre, au lieu du Wagner ou du Massenet qu'ils es¬
pèrent, le son des cornes d'appel, les sauvages pâmoi¬
sons de quelques
hystériques et la cacophonie barbare
et bruyante des
orgues. — Devant les exigences do la
municipalité, ils ont dû retirer leurs propositions et s'en¬
gager, au contraire, à faire le plus de tapage possible
pendant l'exécution des morceaux du programme du 50".
alienum puto. Je suis gymnaste et
Trop joyeux les gymnastes qui goûtent leur bonheur,
ne
quidnimis, Nemesis, quand il n'y a rien de trop !
Les éblouissants exercices que vous venez
ter dans cette vallée,
urluberlubi campi
—
d'exécu¬
champi,
les champs — seront le plus beau jour de ma vie.
Laissez-moi vous féliciter. Notre langue française si
riche, pourtant, ne me fournit pas de mots assez pom¬
peux pour qualifier votre force, votre vaillance. Par¬
donnez donc á mon style les boursouflures, les ven¬
touses, les ampoules, les angelures, les peteïrôles qui
lui manquent, et saluez en moi, au nom de l'Univers
et autres pays de la Lune, un grand Moniteur
qui se
croit universel dans le patois de Virgile, de Tacite
et d'Horace depuis qu'il professe dans un Temple aca¬
démie (sic). — II est doux quand la mer est agitée...
Suave mari magno, turlututu, macaclie bono.
Go ahead! Gódaou, en avant 1 Luzerne et... foin de
la politique.
Les Jeux
Olympiques sont la base des Sociétés. Con¬
tinuons. Ayons de í'audace. Audaces sortuna savat.
Les gymnastes audacieux font florès à Java! — Vixil.
II ne faut pas qu'on puisse dire, un jour, de la gymnasti¬
que : « Elle a vécu Myrto. la jeune Périgourdine ! »
Vous entendrez ma voix, je ne prêcherai pas, en vain,
dans le désert : Vox clamentis (Clément Clament) in
deserto, vanilas, vanitamus puncliorum. Contre-wf
fa ta musiquet trakunt : ce fatras en conduirait d'au¬
pour ne pas écarter de nos exercices lc pedestrianisme.
Eloignons-en plutôt le pédéraste, — pardon, le pédi¬
cure. Peliculorum decoramus... Amen!
Par Jupiter,
for ever. Forêt de Vergt !
Pour cela, ne sutor ultra crepidam — je crépite —
exigeons des cordonniers de bonnes chaussures, et,
d'avance, j'anathémise le disciple de Saint-Crépin qui
abîmerait nos pattes. Facit indignatio vèrsum tetamus
hannetonicidum. De ma tète, l'indignation fait jaillir
le ver I
asticot, asticorum.
Archimède, Messieurs, demandait un levier et un
point d'appui pour soulever le monde. Le triste homme,
le pauvre sire ! Siroco tristum. A nous, les biceps
suffisent : sufficit bipum ! Notre patrie, du reste, n'al-elle pas eu toujours de grands gymnastes ? Et, à ce
propos, savez-vous pourquoi Louis XIV a mérité
d'être comparé à Phébus, au jaune pain à cacheter
—
—
des nues ? Eh bien, c'est tout simplement parce que,
de son temps, il faisait le mieux le grand soleil autour
de la barre fixe, unguibus, des guiboles, — nec pluribus : pour moi, il n'y a plus de rébus 1
Mais, je ne veux pas vous retenir longtemps, amis
l'étranger et de la France. Par ces quelques
citations, vous emporterez suffisamment une idée de
mon « faire » habituel, et je me refuse le droit de vous
couvrir davantage de fleurs latines et autres bagatelles
laborieuses, difficiles nugee : nagez I Cela développe en
apparence : apparent rari nanles gymnasticos in
gurgitc vaslo , les gymnastes Nantais surnagent sur¬
tout parce qu'ils évitent d'ingurgiter beaucoup d'eau.
D'ailleurs, aquila non capit muscas : un Moniteur gé¬
néral ne s'amuse pas à tuer des mouches à quinze
de
pas. II a autre chose à faire, curentc calumet calamo
chalumeau : le cussou courant, frères ! Polo majora
peytouro horlogerum canamus canasucre. Remontons
nos bras, nos montres, nos idées,
nos horloges, nos
cœurs I
Ce á quoi je m'opposc, par exemple, c'est
qu'en
retournant chacun dans votre pays, vous puissiez dire
de Celui qui a dirigé les mouvements d'ensemble de
la XXI" fête fédérale de l'Union des Sociétés de
Gym¬
nastique de France : spéculum oleiim perdiouistiti...
Nicolas a perdu son huile ! Je liens, au contraire, à ce
qu'on reconnaisse le lion à la griffe : Ex ingue linoléum !
J'ai dit. Stupete gentes. Nations, bouchez-vous le
piton,
car ça ne sent pas bon.
Ail right, que c'est raide.
Utile dulci, c'est durci. Tu quoque, c'est toqué. Aléa
jacta est ! — J'ai jeté ma jactance par dessus les mou¬
lins. Qu'on se la partage. — Je veux du bien à
tous
et, urbi et orbites, qu'on le répète. Bis repetita.
Y en a plussss ?... Fini la musica. Plaudite
ce civet de chat.—Atchi, atchi, atchum...
barbagnac,
pipi-tutu salutas, zizi-panpan, ouf, salutorum I 11! ! 1
—
..
Pour élucubrations au-dessous de la vérité :
Un Bleuet.
exemplaires
ral de la Fêle Fédérale est venu nous deman¬
der de lui faire confectionner dans notre Usine
littéraire un petit discours
pour gymnastes, dans
le genre de ceux qui lui sont si familiers.
«
Vous connaissez, nous a-t-il
—
dit,
ma
manière. » Agissez en conséquence. Vous me
rendrez service. Je suis tellement
«
occupé que
je n'ai même plus le temps de chercher, pour
saupoudrer mes phrases, un peu de latin dans
ma batterie de cuisine. Je
compte sur vous,
n'est-ce pas ? »
Le désir de M. le Moniteur
général était, pour
nous, un ordre.
— Soixante-sept de nos
princi¬
rédacteurs se mirent immédiatement à
l'œuvre, deux par deux — les uns tirant les let¬
paux
tres du cerveau des autres à
l'aide de vilebre¬
quins électriques et de pompes à vapeur de la
force de tous les aliborons de notre rédaction —
et, au bout de trente et une secondes, soudant, à
la platine, les trouvailles de
chacun, nous pû¬
mes— le vilain mot ! — former un tout
que nous adress...âmes — en peine
complet
—
à notre
distingué solliciteur.
Seulement, à la suite de ce travail pénible, la
plupart de nos collaborateurs avaient soit des
champignons dans la cervelle
—
oh ! oui, une
jolie récolte — soit des sauterelles. L'épreuve,
le voit, a été dure. Et la direction de
vôou dè las moouvas ! i a de très grosses
on
ses en perspective.
nous
«
qui
dépen¬
Au lieu de l'Hôtel que nous
proposions d'élever avec nos petits bénéfi¬
nous allons être obligés d'employer ces
ces,
fonds à l'édification d'une maison de Santé. Ah !
la presse, quel engrenage !
Oyez donc, gens de province, avant que l'heureux possesseur ne
le prononce, le speech bien
nourri qui nous vaut et la transformation de nos
Bureaux en bicêtreux hospice et le bris brutal
de nos espérances architectoniques :
Camarades !
Permettez-moi de citer, au début de ce
discours,
verbi gratia, arbi chouia, la belle pensée de Térence :
Homo sunt et nihil gymnastica gesticulorum a me
Crac, j
—
sens
q»' ça glisse ? Morceau élégiaque
Sodome par un archéologue
qui n'avait pas la berlue, rabiboché pour la circonstance,
et interprète par l'un des
jeunes cailipyges masqués, avec
solo renouvelé (bissé et trissé si on
î'exige) sur la flûte
champêtre, par l'infatigable maestro Caconnet.
d.—Conférence sur les Fondements de l'Amour
dans la société moderne.
Projections lumineuses,
effet de lune et de... l'autre
par le Directeur de la Troupe
des Cailipyges.
e — C'est
pas dans i nez — bien sùr — qu' ça
m'chatouille ? Paysannerie équestre, récitée à quatre pattes
par un insconscient. Mouvements de recul et musique
réglés par L grand amateur simpliste Caconnet.
fLa Lune à... moins d'un mètre,
(Deloncle est
flehu.
N. D. L. D.) Clou de l'Exposition Universelle de
1900. Apothéose, avec feux de
bengale, fusées à sifflet,
pétards, lunes (le soleil est vieux jeu), étoiles, etc. —
Divertissement idéal par tonte la
troupe, sous la sur¬
veillance du directeur, l'époilant Caconnet.
—
DEUXIÈME PARTIE.
12. — Concordia. Chant à voix
inégales, par les En¬
fants de Vésone et ia Société l'Union Chorale.
En bis : La Bonne Entente avec solo do
jalousie
musicale par M. Roger Buisson, accompagné do rires par
M. Paschali.
13.
A qui le
Cancçon ? Grande séance de lutte en
quatre tableaux et tours de... passe-passe.
—
1.
Dominique, le Rempart de Carcassonne, contre
Eugène, la Citadelle du Périgord. — (Amédée le Barbu
marquera les coups.)
—
2.
Saumande
—
chainos élections
contre
Maréchal.
Prélude
des
pro-
législatives. (Lc pari mutuel fonction¬
—
tion.)
4. — Raonl,
le Champion des Jeux Olympiques, contre
Léon, le Soutien de la Librairie.
Reproduction fidèle et
garantie de la Lutte ancienne (pugilatus) du Proprio et
du Locataire. (Les juges du
camp seront choisis parmi les
habitants de la rue Taillefer).
14.
La Boxe Cubaine et Espagnole, à coups
d'orgues et de pianos, par deux musiciens étrangers.
15.
J'ai perdu ma vache à... lait! Chant funè¬
bre sur un air d'enterrement de première classe, par Un
—
—
—
décadent.
10.
L'Assiette
—
an
beurre. ?eéne
réaliste, Comique
et burlesque — pas
tant que cela pour ceux qui y glissent
les doigts — mimée par la troupe des Sangsues nationa¬
les, avec divertissement chorégraphique comprenant le
Pas du Chèque, la Gavotte des Fonds Secrets le Menuet
du Pognon et la Tarentelle de la Braise.
17.
Le Tann... oscur (Imité de Wagner.) Défi
—
jeté à
Périgueux
par
un
Loymc.
Bergeracois
à
point
pour
En bis : La Revanche du Peaussier, mèli-mèlodrame de rancune invétérée et héréditaire.
18. — Grand tournoi chevaleresque, emprunté à
l'époquo des Preux, reconstitué et truqué, pour les be¬
de la cause, par un ami des journalistes. Là, on
Don Quichotte Denoix rompre une ribambelle de lances
contre les Moulins à vent de la Presse. (Les journaux
n'ont qu'à bien se tenir. — Note confidentielle des Direc¬
soins
verra
teurs.)
19.
(arand Cirque- de la Rigolade
Arènes athlétiques et Jeux Olympiques réunis.
Direction : PODEBAL et BALEDCRIN.
PARTIE.
ment, MM. Long et Buisson, directeurs do ces Sociétés, bat¬
tront la mesure. Le partage sera fait, à l'épaisscur d'un
cheveu près, au moyen d'une bascule de vingt
tonnes.)
2.
Lc «leu des petits papiers, renouvelé deGam—
belta et de Rochcsort et remis à la modo par MM. Gadaud
et Saumande.
3. —- l a Louve de Trélissae. Mimo-drame-express et
canicide, avec odeur do fauve à la clef, créé et interprété
par le Grand louvetier de Navarre.
4. — La Perche du Luxembourg tendue
par les
Délégués sénatoriaux de la Dordogne à un nomme qui s'en¬
nuyait fort de n'être plus rien dans la politique.
5. —Entrée de Clowns. Sauts périlleux
simples,
doubles et triples, échelles, cerceaux, farces, etc.,
par
un groupe d'Elus
masqués.
6.
Les Chiens de faïence, par KM. Long, directeur
des Enfants de Vésone, et Buisson
(Roger), directeur de la
—
mon
cœur, pas
plu» que
bourse, n'a jamais balancé, chansonnette métal¬
lique avec tintements d'or, par Mademoiselle Christine Milite K...,
ma
excenlric-chanteuse du
Grand
Casino do
Plumdindon
Sandwich.)
[Iles
8. — L Apollon du Réverbéré. Pièce de vitrine un
peu fanée, empruntée au Musée des Horreurs. — Personnage
muet, visible pendant une demi-seconde seulement, à
cause des femmes susceptibles de se trouver dans une
situation intéressante. — (Le sujet va-t-en ville et fait
des placements.)
9.
SufTragc-ljul verse!, cheval
hongre, garotlé,
—-
ligottc, bridé, muselé, sanglé, ferré, entrave, attaché et,
naturellement, présenté en... liberté — parbleu ! — par
le célèbre écuyer ministériel Ernestino Constans...
tino—
tinette, de Barcelonne. (En représentation extraordinaire et
obligeamment prêté par lo Sénat.)
En bis, par le même, en costume do
parfumeur :
Ami» prc»son» In
pompe
nette odorante, pour mariée,
à... bière? chanson¬
quand le jour parait à l'ho-
rizon.
10. — La Robtnade, chant épique, imité do la Henriade
mais plus rigolo, avec
ballet, pas de l'Anglais et
danses très caractéristiques, par M. Carcere-Duro.
U.— Lc» Tréteaux, équilibres politiques, par les séna¬
teurs et les députés (le la Dordogne, en le
simple appareil
de beautés qu'on arrache au sommeil.
—
entr'actr.
Intermède musical et très olympique
par le to¬
nitruant Caconnct et sa
troupe de jeune» cal-
lipygc».
Avis de la Direction.
Les jeunes filles sont priées
de sortir ; les dames — même âgées— de se voiler, tout
au moins, la face. En tout cas, MM. Pôdebal et Baledcrin
—
les
préviennent qu'ils tiennent à leur disposition des
voir, sans rou¬
gir, les très curieuses scènes qui suivent, — point iné¬
diles malheureusement ; nous ne voulons tromper
per¬
éventails transparents qui permettent de
sonne.
a.
—
tionale.
lin plaçant la Patrie au-dessus de nos divisions inté¬
rieures, de nos dissentions intimes, je ne fais, d'ail¬
leurs, que suivre le courant de l'opinion. J'écoute, des
régions sereines où m'a placé la destinée, la voix du
peuple — et cette voix me d t qu'on risque beaucoup
à semer la haine entre les citoyens d'un même sol.
Le peuple est bon, Messieurs. Je parle des petits et
des humbles
des honnêtes besogneux, non des ré¬
voltés imbéciles
pour qui nous devons trouver un
peu plus de justice et d'humanité. Dans sa naïveté natu¬
—
—
relle, le travailleur croit réellement, lui, à tous les ar¬
bres de liberté que la parole des tribuns a fait pousser
des entrailles d'une terre arrosée de sueurs et de sang.
II croit, lui, le modeste ouvrier des champs et des vil¬
les, aux illusions d'égalité et de fraternité qui bercent
ses rêves, l'endorment, heureux, sous le toit de chaume
ou la mansarde,
après les durs labeurs. II croit au
progrès social qui le place au rang des plus grands,
grâce á son bulletin de vote II ne veut pas voir l'agitatiori inféconde des législateurs qui gaspillent un temps
précieux — un temps qu'ils lui doivent, car ils sont à
ses gages — en des
intrigues de couloirs qui n'amé¬
liorent point le sort de ceux qui attendent, sous l'orme
électoral, la réalisation d'engagements que des députés
oublieux ne savent plus tenir, sitôt éloignés de ceux
qui les nomment.
Si le peuple, Messieurs, sortait de ce rêve en
Hymne'à Oecar : li siège d» l'Amow, musique d»
lequel
esprit simpliste se plaît à flotter, — le réveil serait
terrible, le coup de bélier brutal. Des frondaisons tran¬
quilles qui nous abritent, des rameaux généreux qui
s'épandent sur nos têtes, et semblent, de leurs larges
feuilles, nous couvrir, après tant de batailles stériles,
d'un immuable bonheur, la tempête, les bourrasques
arracheraient des bâtons noueux, des gourdins solides.
Ah ! prenons garde, alors, que les plus patients parmi
les prolétaires ne s'en saisissent, que des mains cal¬
leuses ne s'en emparent pour faire à ceux qui bernent
Tartisan
et dont, á aucun prix, je ne veux être —
une de ces conduites de Grenoble
que déchaînent les
soudaines et justes colères du peuple — (quand on
trompe ses espoirs et que sa magnanime patience s'irrite.
Le peuple souverain est une fiction des temps mo¬
dernes. II restera l'éternel opprimé. II n'est vraiment
le maître qu'aux jours de bataille, quand, aigri, il dé¬
laisse l'outil, se jette dans la rue, impose sa volonté,
brise et renverse tout. Le peuple est beau, Messieurs,
dans ses apaisements, dans son calme fort, comme dans
ses emportements robustes. Je le
respecte et l'admire
son
—
sous
quelque côté qu'il se présente à moi. Je le vois si
confiant, si douloureusement obstiné à sa tâche, si sou¬
vent abusé dans ses espérances, si désintéressé en
enthousiasmes de grand enfant que je fais plus de
de ses acclamations spontanées, que de toutes les
décorations artificielles de vos rues, que de toute la
quincaille des arcs-de-triomphe qu'on érige à grands
frais
dans un but intéressé quelconque — et sous
lesquels je passe en roi de jadis, en empereur. Cela
coûte cher aux
contribuables et ne donne pas à
manger à ceux qui meurent de faim. Ah I les bravos
du peuple, au lieu de tous ces fias-ffas, comme je les
artificiels.)
moyens
20.
Le Caméléon politique ou Toujours du
côté du Ranche, scène à transformations successi¬
—
par un ruban violet masqué — et démasqué.
21. — Les Poses" plastiques. Effets de torse sans
bras et avec beaucoup do bandages, par M. Venus de Mile. (Lo
ves
public est prévenu que la Direction, ne reculant devant
aucun frais, a lait rafistoler le sujet pour qu'il soit, lo
jour do la représentation, dans toute sa forme. — Qu'on
se le dise !)
22. — La Course aux rubans, sur do vieux chevaux
de retour, rossinantes, baudets, mulots, haridelles, canas¬
sons, bourriques, chameaux, éléphants, autruches, oies,
dindons, par dos Boutonnières encore vierges.
f
'
TROISIÈME
PARTIE.
23. — Ij,'Avenir d'une Fanfare. Grandes démarches
musicales et municipales par un homme fort et un autre l'estang
autant.
24. — Le Jeu de la blague et
—
aime !
Les villes ne sont pas toutes riches, Messieurs, et
l'état financier de la vôtre, en particulier, est déplora¬
ble. Pour combler le trou fait au budget communal par
des réjouissances inutiles, l'an prochain, le conseil mu¬
nicipal aggravera encore la situation par de nouveaux
impôts. La dîme est pesante, déjà, pour ceux qui tra¬
vaillent et connaissent, parfois, les heures intermina¬
bles d'un jour sans pain. N'eut-il pas mieux valu lais¬
ser l'ìnitiative privée
agir seule, à sa guise, et em¬
ployer, vous, les responsables des deniers publics, les
fonds que vous gaspillez si légèrement à faire du bien
miséreux, aux pauvres? Dans la mesure de mes
moyens, j'aime, moi, à ne pas oublier les petits, ceux
de ìa plèbe, dans les cités où j.e me présente. Vous
auriez pu agir ainsi, emplir un peu le ventre de ceux
dont les entrailles, tout bas, gémissent et crient. Et,
loin de vous en vouloir d'avoir épargné les lampions
et les drapeaux, le luminaire et les banderolles sur
aux
du hasard, par une
grande par Ile des sujets de la troupe.
25.
—
Qui voou de las moouvas ? cri de la rue par
toute la salle.
2(j. — La Voltige, sur Marianne, ou le moyen de se
retourner, quand on n'est plus député, pour dovenir séna¬
teur, par le F.-. Antoine.
27.— Duo de Clarissnettes, par deux têtes dans
même bonnet. (Sera joué très piano, excessivement
piano. —On est prié do ne pas bisser.)
28.
Thomas, cochon savant, admirablement dressé en
plein air, présenté par le superbe Caconnet.
29.—Ali! qu'il est doux de ne rien faire quand
tant de soldats s'agitent autour de nous. Fantaisie
sur le violon par un futur I" prix (très pressé) du Couservaloire, accompagné en sourdine par M. Lnc A. — Gré nom !
pianiste.
30.
La Barre fixe, Exercices variés et de haute diffi¬
culté sur la tringle, corde raide, etc., par un bataillon de
très agréables hétaïres.
3t. — La Maison Enchantée. — Truc à la Dickson,
imite do ceux de feu le citoilien Ravachol et de ses disciples.
Oùl'on verra un bâtiment à dix étages s'écrouler comme
un château de cartes, des plafonds
s'éventrer, des murs se
sillonner de crevasses, des rampes d'esealicr se tordre
comme de simples épileptiquos ou do vulgaires
tainias, —
sous l'effel éclatant, inattendu et
prodigieux d'une boite
de conserves bourrée avec une pincée d'éloquence
passage, je vous eusse conservé une gratitude in¬
finie, plus flatté des vivats sincères de vos popula¬
tions, des respectueux saluts qui m'émeuvent et me
mon
font aimer les déshérités du sort que de vo§
coûteuses et conventionnelles.
poli¬
tique saumândiste. — (La Direction craint bien que ce
numéro no rate, si Dickson s'obstine à ne pas
employer
un explosif plus
puissant. En tout cas, le public est pré¬
venu, et, quoi qu il arrive, MM. Pôdebal et Baledcrin s'en
raclent les ripatons et s'en lavent les battoirs.)
33.
L© Piano des Soupirs... accordé et tenu
par Un qui grandira. — Sérénade espagnole avec bruit de
baisers, caresses, fricassées de vilains museaux, etc.
32.
Pointer, Sawcrack, Gordon, Irisli, Spanol, Retriever, Dupuy, 8t Germain, Grillon, Epagncul, Braque, Basset, Fox-liound, Bcaglc, StHubcrt, Poitevin, Normand, chiens savants de haut
nez, de moyen nez et de pas do nez du tout même, pré¬
sentés par un Homme qui se croit de sport— oh! la, la! —
coupeur do poils de chiens en quatre.
—
—
34.
—
Les
Meuniers du
Moulin
de la
Galette,
grande pièce pyrotechnique, destinée à chauffer l'enthou-
siasme au vulgum pccus et antres pauvres bougres. —
Feiì iTarlifìccs monté par souscription et allumé par les
Gros hudgetivores de la Dordogne.
35.
La FIrtte en... chantier. Solo très
dur, exé¬
—
cuté, sans rougir, bien qu'il soit à bout de souffle, par le
sublime artiste Caconnet, avec accompagnement de grosse
caisse et do castagnettes. — (A la demande
générale,
['éminent flûtiste a bien voulu consentir à se montrer une
dernière fois en public avant le petit voyage de trois mois
qu'il entreprendra biontôl au pays de sombre.)
36. — Le Tremplin de» Savates. Grande batoude,
par
les Chanssons do la ville.
Recommandé aux vieil¬
lards et aux collégiens en rupture do Cornélius
tous
—
Népos.
L'orgne — de Barbarie —sera tenu par M. Paschali et le
piano par... des cordes attachées à des pitons.
Nouvementa d'ensemble réglés par M. Nicolas (Ah! ah!
ah!)
Musiquette — oh ! bien inoffensive — de M. Georges Théret.
Le spectacle commencera à huit heures
précises. II
sera gratuit. L'augmentalion
d'impôts que la Municipalité
se propose — la sournoise! — de nous
octroyer Tannée
prochaine couvrira les frais de la fête. — Bon peuple,
régale-toi. Tu paieras les violons et les trompettes. C'est
bien la moindre des choses, que diable, puisque lu as du
pain et les jeux du cirque, —et des décorés.
Les Directeurs :
PODEBAL et BALEDCRIN.
"
■
'
PAROLES D'HONNÊTE HOMME,
Nous recevons, par voie fluviale — bateau sous-marin
escorté d'un régiment do gendarmes à cheval en ballon —
le texte, variable, du discours que
pourrait bien prononcer
M. le Président de la République, a la fin du banquet
qui
lui sera offert, par la municipalité, au nom de la ville de
Périgueux, dans la salle des Pas-Perdus du Palais de
Justice.
Nous ne voyons aucuu inconvénient à ce que M. Félix
Faure «'exprime ainsi :
réceptions
Voilà, Messieurs, toute ma politique. Elle est faite
d'apaisement pour tous, de justice et de pitié pour ceux
qui souffrent.
Je lève mon verre en l'honneur des malheureux.
Je bois à la Patrie I
Je bois, aussi, au Peuple, — à sa prospérité par le
travail, par une plus équitable répartition des charges
qui gênent son essor et l'oppressent.
—
1. — La Vieille amitié. Cantate interprétée
par les
Enfants de Vésone et la Société t'Union Chorale. (Alternative¬
Société l'Union Chorale.
7. — Entre les deux,
sent, dans une même idée de patriotisme et d'abné¬
gation, les jeunes hommes qui représentent le progrès
viril, l'énergique espoir de la France, la vitalité na¬
ruque.
En bis : L art de se faire une fête à la Rochefort, (Modification d'une bille, en cinq minutes, par des
—
masses.
Le lieu, du reste, serait mal choisi pour une expli¬
cation de ce genre, en ces Fêtes Fédérales qui réunis¬
ses
—
Représentation de Gala pour l'édiflcation des
plu à en colporter la nouvelle à l'occasion de mon
voyage dans le Sud-Ouest, — ignorent, vraiment, et
mon caractère et les sentiments
qui m'animent.
cas
un
FÊTE FÉDÉRALE.
Messieurs ,
Ceux qui attendent de moi un discours politique, un
examen de la situation des partis — comme on s'est
L'Epopéc d'un Grand Homme ou Qui
qn'a fait ça ?... Qucï Gódaou, par une vieille per¬
—
—
ANNEXE A LA XXIe
PREMIÈRE
(i.123.864) de ce journal, M. le Moniteur géné¬
c-
trouvé dans les souilles de
nera.)
PROGRAMME»
soixante-quatre
Chacun prend aon plaisir où II le trouve,
romance sentimentale sans
paroles, dans le genre gai, par
le célèbre mime Caconnet.
—
3.
Tatave ,
le Mauvais sujet, la Terreur des Ma¬
ris,contre M. Bànofron, champion périgourdin, très sgnanar«iisé, du Club des Têtes Couronnées. — (Ta'avo, un
peu-fatigué, est en mauvaise forme. MM. Pôdebal et Ba¬
ledcrin en informent le public pour éviter touto réclama¬
—
A Pinstant même où nos presses allaient
gé¬
mir pour le tirage à un million cent
vingt-trois
mille huit cent
Cscoiinet, exécuté avee fifres et tambours par toute la
b.
Mais rien ne nous arrête. Sursum corda. Suçons la
corde à nœuds avant d'y grimper, camarades I — Habeas corpus. Restons maîtres de nos cors aux pieds
Avec une conscience qui les
honore, ils tiennent ru¬
dement leurs promesses et font un
joli boucan. Aussi, à
dater de ce jour, le colonel du
régiment vient-il de déci¬
der que, désormais, les musiciens militaires
NIC0LADES
M.
troupe.
tres à la honte.
—
que la po¬
pulation se plaint de no pas entendre — no joueront
plus
que de la musique à faire hurler les ours, à
coups de
grosses caisses, de casseroles et de chaudrons. Comme
1 interprétation de ce
genre n'est pas excessivement diffi¬
cile, tout le régiment y participera. En conséquence, les
permissions du dimanche sont supprimées. — Enfin, les
oreilles de nos concitoyens vont donc
pouvoir s'alimenter
de douce musique. Les veinards!
Lc chef du service des Informations : BILOCHE.
rien de ce qui
touche aux gestes de la gymnastique et aux
applica¬
tions industrielles de l'aluminium ne m'est indif¬
férent. Autrement dit : Heureux celui qui connaît la
cause des choses. Félix
gui potuit, erre homme, cognoscere causas. — Causons ! — 0
fortunatos minium
(quelle couche !) sua si bona nôrînt gymnasticos.
Pour
copie vraisemblable :
Saint-Georges.
'
SllIPHOUIE
CHORALE
Une nouvelle Ires rupine, abominablement lurepoque,
sinon loufoque, nous arrive, en traîneau attelé de ca-
gouilles, du Pôle Nord. Nous prions humblement la Grande
Presse de no pas nous la chiper, sans indication, tout au
moins, d'origine. Cela nous coûte assez cher d'entretenir,
dans les régions arctiques, et à sombre des palmiers, un
correspondant spécial. C'est bien la moindre des choses
que nous profilions des bénéfices d'une petite réclame.
Donc, si vous nous reproduisez, confrères, citez « Qui
de las moouvas ? »
Voici la sensationnelle ehose : Sur le désir exprimé par
l'un de ses membres, M. Roger Buisson, le conseil muni¬
cipal de Périgueux vient de se réunir en séance pharamineusement extraordinaire. L'honorable directeur de Ia
Société l'Union chorale tenait à faire décider par ses col¬
voou
lègues qu'une réception enthousiaste serait organisée en
l'honneur des Enfants de Vésone qui viennent, chacun
10 sait, do remporter, au concours de Toulouse, trois prix,
dont un de 1,500 francs, — oui, mesdames. D'acclamation ,
la proposition a été volée, moins une voix, — et cela peut
paraître extraordinaire : colle de M. Buisson. II a été
décidé, en outre,'que la réception des vaillants et infati¬
gables chanteurs aurait lieu le soir même du jour du
départ do M. le Président de la République.
Dans un très éloquent discours, M. le conseiller Buisson
a démontré qu'il n'y avait plus de chanteurs dans le Midi
et a demandé qu'on utilise pour les Enfants de Vésone
les décorations des rues, arcs-de-triomphe, mâts, dra¬
peaux, installés pour M. Félix Faurp. Lo cortège partira
do la gare à une heure indue. La haie sera laite, du point
de départ à la Maison do Ville, lieu d'arrivée, par les
membres actifs do la société l'Union chorale, qui se
multiplieront, sur le parcours, pour fêler les succès
d'excellenls camarades d'une société si peu rivale. Toute
la force armée venue dons notre ville à l'occasion du pas¬
sage du Président sera mobilisée. On tirera le canon,—
sur le zinc. Devant le cortège, M. Roger Buisson marchera
pieds nus, tête rasée, on chemise. Tous les quatre centi¬
mètres, il clamera, accompagné piano par les membres
de la société qu'il dirige mal vers les Divisions supé¬
rieures, et sur un ton plaintif et douloureux réglé par
M. Long: Meaculpa, mea maxima culpa. En même temps,
11 se frappera la poitrine avec les quinze cents francs en
pièces d'un centime rapportés du Capitole par les Enfants
de Vésone et dont ceux-ci, volontiers, le chargeront.
A la mairie, discours de M. le premier adjoint Ségard
sur la Réconciliation orphéoneuse, chœur de la Toulou¬
saine, composé, ex-abrupto, par M. le directeur Roger
Buisson. Enbrasement général et embrassement idem. —
Dislocation. — De là, bras-dessus, bras-dessous, les
membres des deux sociétés se rendront à la place Plun. an cy, savourer, à l'aide des pompes à
incendie de la
ville, ùn punch au rhum de derrière les cannes à sucre de
St-Georges (plantation des Chabannes), que la municipalité,
prévoyante, leur aura fait préparer dans la vasque de la
Fontaine mortuaire et lamberticide, qui est un des plus
beaux fleurons de la couronne administrative de M. Sau¬
mande.
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CURIOSITES
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communica¬
Nous no recevons pas do ia Préfecture la
tion suivante :
Pour la scrirée qui sera offerte aux maires,
3 juin, il est superflu d'atmoncer
le lundi
qu'aucune condition do
imposée aux représentants des municipalités
département. Ils pourront venir en chemise, bonnet do
coton, en' Adam même si la chaleur les incommode à la
simple condition d'être ceints de l'écharpe. Mais le cale¬
çon de bain est de rigueur, tout au moins,pour les autres
tenue n'est
du
invités, comme il le sera pour lc bal
donné le 2 juin par
cii costume
le port
Ah,
Flirt.
M. le Préfet. Seules,les dames seront reçues
d'avant la pomme", on exigera, tout bonnement,
de la feuille dé vigne dans les cheveux. —
maman,
on ne s'embêtera pas à la Préfecture !
j
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c*o'*y^ZiïCx/a y
INP. DE LA DORDOGNE
ie Gérant :
G.DÉVAUX
Fait partie de Quî vöou de lâs moouvas !
