FRB243226101_P2-802_1895_002.pdf
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JOURNAL
D'UN
JOUR
SANS
jjt
LENDEMAIN
ÉCHO FRELATÉ DE LA XXI* FÊTE FÉDÉRALE ET DU VOYAGE DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, A PÉRÌGUEUX, EN 1895.
ADMINISTRATION
REDACTION
:
.A. tous les coins de
Rue.
:
Aux dépens des gens d'esprit — seulement
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Le rire est le propre du genre
humainet—mieux que le cresson de fontaine
la santé du corps. Si le
Français ~ohé! les gens
chagrins— ne devait plus se dilater la rate, point n'était besoin
qu'il inventât le vaudeville ; et si l'on pleurait, à Périgueux, le
jour de l'entrée
de M. Félix Faure dans notre bonne
cité, autant vaudrait, alors, remplacer la truffe, cet
aguichant végétal du pays, par la pomme de terre.
On aime à rire
partout ■ et surtout au berceau de Montaigne. Et si, dans notre
désir d'amuser, sans prétention —
/
ça se voit, certes, et cet aveu est bien superflu— i
nous mettons sur le
gril quelques patients, les brûlures que nous leu; infligeons /
«k son' si anodines que — gens
d'esprit (les imbéciles nous indiffèrent) — ils seront /
î 'es premiers à s'esclaffer la charge fut-elle mauvaise
et à propager ce cane- i
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d'une heure. Le tirage va monter. Les souliers de Juvénal
ne troublent S
point nos rêves. L'ancôtre a môme des pantoufles
que nous ne pourrions /
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chausser et le
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casligat ridendo nous laisse absolument mornes. Mettons, /
H l'on veut, que ces raisins-là sont trop verts — pour contenter tout le /
ì monde. La confidence ne nous gêne pas. Entre nos faibles
mains, le s
ì f°uet de la satire claquerait mal. Si de notre
ì
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plume — d'oie
—
/
il
s'échappe, cependant, quelques minces filets de vinaigre, c'est tout
m
H bonnement — et sans effort — pour que la sauce, un peu relevée. /
\v fasse avaler le fade poisson. Privez donc
d'épices un cuisinier, £
V. d fera une
jolie tète. D'ailleurs, nous avons pour panser les /
ìpetites plaies de chacun, le cri du jour : la Mauve.
Qui en /
plus /
%que de vitriol, mes frères.
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ì Homère—oh! maire, — passe-nous donc tss pinceaux, j
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Hn peu de paiousic et nous commençons.
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Iî faut bien rire î
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^Kveut I Notre encrier est plein de ce rafraîchissant
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LÉGUMES DE LA FETE
MIEL
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sixième Président de notre troisième
Républi¬
que — une et très divisible.
INDISCRÉTIONS
Quand fut décidé le voyage de M. le Prési¬
dent de la République à Périgueux, il s'opéra,
soudain, en notre excellent maire, M. Georges
Saumande, un changement d'habitudes si com¬
plet que ses amis, intrigués et nombreux — pour
sûr — s'en inquiétèrent.
Le grand maître de la
municipalité périgour-
dine pâlissait à vue d'oeil. Sa physionomie si
souriante se rembrunissait ; ses yeux si vifs, ses
prunelles profondes, insondables et si lumi¬
neuses
—
oh ! combien
—
s'éteignaient en re¬
gard de pauvrette qui a perdu... sa bicyclette.
C'était navrant. Et ceux qui connaissent la
gaîté native, un peu folichonne, de Georges, sa
naturelle exubérance, son entrain devant lequel
les plus profonds
u s sombres dou¬
leurs fondent, seàplatiSMt,\je s'abordaient
plus que la paupière 'moujUeèyiíta rideau de lar¬
mes
de crocodiles — 'a la fyáége des cils, et
—
demandaient'— tél's
se
de?'-conspirateurs —
bas, à l'oreille, la, main en cornet : — oc L'a é
u?»
ou
Bêlas, il eût fallu avoir perdu les mirettes
dans une roue d'engrenage, être atteint c'e la
myopie de Drumont ou de celle de l'oncle Sarcey pour ne pas s'être aperçu des ravages in¬
crustés
en
la face terne de
M.
Saumande,
comme des
molusques dans un banc de rochers
ô puissance de l'image ! — et que la mer ne
parvient pas à déprendre sous le ressac hau¬
tain et violent de ses lames. Le pauvre homme !
II désertait la Chambre, ne faisait plus que de
bien rares sommes au Palais-Bourbon, devant
le pupitre où il piqua, déjà, tant de romances.
En un besoin violent de se retremper l'âme et
le corps dans son fief politique, tous les quatre
—
matins, il savait, pour un rien, mettre entre lui et
la tour Eiffel le ruban de cinq cents kilomètres
qui séparent Périgueux de la capitale. Et, là,
foulant d'un pas large et fiévreux i'asphalte de
nos
trottoirs, martelant le macadam de nos rues
du
sonore
battement
de
ses
fines
attaches
quelles boîtes à contre-basse, du 52, ma
chère, et je triche pour ne pas l'ennuyer, — il
s'en allait, absorbé, l'air mystérieux, par la cité
tranquille, le geste brusque, saccadé, les lèvres
marmotteuses, se parlant à soi-même, arrêté,
tout à coup, en des poses d'orateur qui se sent,
se devine prêt à remuer les foules ; de tribun
qui s'éveille au feu sacré de la parole — et, re¬
prenant sa marche, hanté sans doute d'une ob¬
sédante vision, il poursuivait sa course, comme
—
à la recherche d'un but, d'une solution, dont
l'enfantement douloureux — passez-moi le for¬
ceps — devait, évidemment, affecter les ménin¬
ges de son cerveau désert et vaste — siège si¬
non d'un esprit fort, du moins d'une roublar¬
dise politique ultra-solide.
« II a
trop parlé à la Chambre, trop dis¬
—
couru, disaient les uns, et des intelligences
moins robustes, moins merveilleuses que la
sienne n'auraient pu même tenir aussi long¬
temps. Le surmenage intellectuel le brise, le tue.
II prend trop son métier de député à cœur. »
« Laissez
donc! répliquaient les autres.
—
C'est le cuçou qui le bine,
le printemps qui le
travaille, la pousse des bourgeons, l'éclosion des
fleurs. La vigne pleure, la campagne met ses
verdures. La végétation craque. Le renouveau
le saisit. »
—
i
L'intervention de Gadaud est toute indi¬
quée, ajoutaient certains. Mieux que personne
il saura lui confectionner une purge. Un qui s'y
connait, Monsieur le maire, en rhubarbe et
séné. »
—
«
Jamais ! » hurlaient, angoissés, les trois
pelés et le tondu restés fidèles à l'entreprise
électorale
saumandiste en attendant de se
transformer en franc-fileurs, si la petite situa¬
tion promise s'attarde à poindre.
Et, se regardant, blêmes, les tempes moites
d'une sueur de gadist... ophobes, — pardon —
ils reprenaient, visités d'un frisson en les cou¬
ches moelleuses de l'être :
« Gadaud le
soigner ? Quelle plaisanterie !
—
II nous l'em-poi-son-ne-rait !!! »
Un soupir,
alors, gonflait, en soufflet de
forge, la poitrine de ces amis jusqu'à la galette,
et c'est le cœur serré qu'ils concluaient :
Chère France, — doux pays du vaude¬
ville et des farceurs— nous savons, nous, quelle
serait ta perte. On n'en fait plus comme lux,
—
«
non, — depuis Gambetta ! »
Le plus drôle c'est que ces cocos-là parais¬
saient sincères.
Le malaise physique et moral de M. Georges
Saumande indéfiniment se prolongeait. On cons¬
tatait même une aggravation. Le
maire-dépulé
usait ses godillots à parcourir la ville, et son
agitation extrême, les paroles incohérentes qui,
maintenant, lui échappaient, amenaient aux lè¬
vres des paisibles citadins d'irrévérencieuses
remarques que notre plume admirative se re¬
fuse carrément à enregistrer.
On employa toutes les ruses, on usa de tous
les moyens pour forcer, respectueusement, M.
Saumande à des confidences. Le grand homme
demeura inébranlablement fermé aux siens.
Simplement, parfois l'index au front soucieux
et barré d'une ride en coup de sabre, il disait,
l'œil allumé d'éclairs, la face enflammée :
« J'ai une idée !»
Le geste était beau. On
ne le tourmenta plus. Girardin,
pensa-t-on, dans
—
—
entourage, en avait une par jour. Si Geor¬
ges — moins doué, c'est visible — allait, enfin,
son
en
avoir une dans
sa
vie ? — Le coup
de fou¬
dre, quoi.
Soudain, cependant, — revirement brusque,
inattendu, attitude étrange — M. Saumande,
délaissant le pedibus comme jamhis, se cloîtra
en son cabinet
de travail.' Et, dans celte
citadelle, se refusant tout repos, accep¬
tant, néanmoins, à force de prières, quelque
nourriture, sur de belles pages blanches, il
tortura l'alphabet, aligna des lettres, — de ces
lettres fit des mois (des jeux) — de ces mois
des phrases.
En mal de discours, l'éminent citoyen enfan¬
tait ! Voilà l'énigme.
Cela, nous l'afsirmons sans crainte d'être dé¬
menti et, comme preuve de ce que nous avan¬
çons, il nous est particulièrement agréable de
mettre sous les yeux du public, avant tous nos
confrères— vous chercheriez, en vain, la chose
lans le Journal de la Dordognc, V Avenir et le
Combat Périgourdm - (ce qu'on la leur fait, la
pige, aux camarades !) la belle harangue que M.
Georges Saumande, maire et député de la pre¬
mière circonscription de la ville, a bâclée, en
dépit de ses fatigues de la substance grise (vo¬
yez Officiel, Palais-Bourbon) — à l'intention du
Monsieur le Président,
giberne le bâton de maréchal, aujourd'hui,
grâce au nivellement social et démocratique,
tous les
compagnons du grand trimart — sans
en
excepter les tanneurs
portent en ban¬
sa
—
dissimulent au
ou
fond
leurs
de
chaus¬
settes — généralement russes — le
grand cordon que
CasimirPérier aurait dù rendre. Je pourrais,
aussi, — compliments faciles et obligatoires — vous
M.
remercier de l'honneur fait à notre cité
guste présence.
par votre au¬
Ce seraient, là, banalités usuelles,
clichés ressassés, flatteries à
peine déguisées dont, la
plupart du temps, ceux qui les débitent — si ce n'est
Havre — ne croient pasuntrailre mot.
J'ai pensé, M. le Président,
qu'il y avait mieux à
faire, en m'inclinant devant vous, au nom de l'antique
au
Yésone. Etranger à nos contrées, il ne saurait vous
déplaire d'être mis au courant des petites questions
intérieures qui nous... unissent, sans jamais troubler
les nuits de la ville que je
représente : — ici, orateur
à de rares heures ; là-bas, à l'extrémilé du
pont de la
Concorde
le bien nommé
silencieux, toujours.
—
—
Député de hasard, maire d'aventure, choisi, dans
le premier cas, à
l'improviste, en une minute de pé¬
nurie de grands hommes pour faire
pièce au candidat
conservateur
M. Gadaud, aujourd'hui ministre,
étant devenu sénateur par ma très
grande faute —
—
devez, certes, vous rappeler, M. le Président,
mon entrée
parmi les raseurs qui pullulent au Palaisvous
Bourbon et dont vous fûtes
—
sans
irrévérencieuse
comparaison de ma part — le fortuné collègue. Dès que
j'apparus, humble violette, dans la salle des séances,
un homme chevelu—
Clovis Hugues, m'a-t-on dit, de¬
puis,— me salua d'une facétie lugubre, cria à la vue
Jc ma tète :
Tiens, Collignon I » — VOfficiel
n
enregistra point cette ridicule boutade. N'empêche
que, le lendemain, cependant, je recevais des pro¬
positions de l'Urbaine, incompatibles avec le mandat
que d'intelligents électeurs m'avaient confié. Lors des
grèves de cochers de fiacre, je ne sortis plus que ceint
de mon
éxharpe. Autrement, par méprise, on m'eut
coffré, passé à tabac, comme un vulgaire automédon
perturbateur.
Oh ! ce mandat de député. L'idée m'en vint —
Yalmajour politique — en entendant chanter le ros¬
signol. Je m'y sentais des aptitudes. Petit avoué do
province, nanti d'une non-moins petite officine, je ne
pouvais finir que législateur—à moins que, black¬
boulé futur des élections
prochaines, on me nomme,
«
—-
^
souvenir des votes de confiance émis, à une grasse
sinécure : conseiller d'un tribunal d'appel ou titulaire
en
d'une perception avantageuse. J'aimerais mieux cette
dernière situation, ce genre d'aumône à Bélisaire,
je
—
en
vous le
confie, á vous, Normand d'adoption,
toute franchise.
On me doit bien, d'ailleurs, quelque compensation.
Naguère, j'ai su taire échec à M. Gadaud— qu'on
disait radical
à des élections municipales — sur
—
les eaux de Glane. Plus tard, la discorde régnant en¬
camp d'Agramant périgourdin, je jouai, de
nouveau, un bon tour á ce « cher ami » de la première
heure, en semant la division dans le parti dont lui
et moi nous sommes, — à ce qu'on répète, sans en
être bien sûr, je vous l'accorde. Ah 1 mes enfants,
core au
St-Michel ne lit pas mieux parmi les Sarrazins.Quelles
bisbilles autour de l'os législatif á ronger i Quels
coups de dents, quels coups d'ongles ! M. Maréchal,
candidat de l'opposition, fut élu.— Pardon de cet aveu
qui m'honore : je dois des comptes à la République
qui peut cold-crèamer mes poches.— M. Gadaud, mé¬
decin de talent, nul ne le conteste, revint,l'oreille basse,
à son bistouri. Ce que je m'en frottais les paumes 1
Rendu à la vie privée, notre actuel ministre de l'Agricullure, travaillé du spleen politique et du hanne¬
ton sénatorial, rôva d'abandonner les revenus de sa
lancette pour un'àfège curule. II l'oblint. Les événe¬
ments en firent le collègue de M. Ribot, pour mettre
fin à
une
crise ministérielle. S'il est, en
effet, un
Français qui ignore, encore, comment M. Gadaud
décrocha son portefeuille, qu'on me Famône, —
vous le décorerez. Ne sait-on pas qu'au dernier mo¬
sénateur dans la
composition du nouveau conseil — lespères conscrits
ment on s'aperçut qu'il manquait un
ont, d'office, droit à deux maroquins, parait-il, —et que
pour en arracher une autre vieille
barbe, M. Trarieux, rencontrant M. Gadaud en
route, l'enleva dans sa voiture, — au viol ! — el,
tout de go, en deux temps et trois mouvements, en
courant au Sénat,
dépit des protestations — pour la forme — (oh, la
coquette 1) — de mon ennemi héréditaire,le sacra grand
Manitou des Céréales.
Si jamais le sainfoin est
malade !
De tout cela, M.
le Président, il ressort supcrco-
quentieusement et de façon supra-tangible, qu'en re¬
à la source, en déduisant les effets de la
constate, avec surabondance, que, sans
mon immixtion, jadis, dans son radicalisme,
M. Ga¬
daud ne serait encore que député, médecin et gendre
d'un N. C. de la ville. Pour moi la punition est dure.
Brouillés à mort avant l'élévation de ce moderne Es¬
montant
cause,
on
culape au Ministère porracé qu'illustra M. Méline, les
journaux d'ici, que vous ne lisez point sans aucun
doute, ont retenti de nos intéressants démêlés. De¬
puis, sur le chemin de Damas gouvernemental, le
«
a eu
Soyons amis, Cinna, c'est moi qui t'en convie »
lieu, et, dissimulant ma
rancune,
rentrant mes
griffes, récemment encore, en un banquet où le
champagne à quinze sous tournait le cœur plus que la
tête
c'est mon excuse— j'ai applaudi, à mains gan¬
tées
pour faire moins de bruit — les fariboles de
—
—
mon ancien
adversaire.
Vraiment, la Patrie
me
doit
beaucoup.
II m'apparaìt, M. le Président, que, par cet utile
discours, j'abuse, peut-être, de votre évangélique pa¬
tience et que je prends trop — en cultivant le haïs¬
sable moi
sur le temps que
vous devez â vos su¬
jets. J'essaierai donc de me borner, plus que je ne le
suis, si c'est possible — et davantage. A quoi bon, du
reste, s'attarder au champ aride et bien connu des ré¬
formes, pour y brouter l'herbc consolatrice. Ne serait-il pas fastidieux, d'ailleurs, pour un député de
má trempe, de jalonner de pensées saines, de paroles
dignes, de promesses qu'on ne tiendra guère, la roule
tortueuse, par exemple, des frais dp justice que l'on
veut modifier.
Mieux vaut se taire, je pense, sur le
rabibochage — sollicité des masses — des balances
fatiguées de la vieille Thémis (il y a si longtemps
qu'elles servent !) et auquel se rattache* la mise á
la raison de gens grugeurs du pauvre et pourvus de
grasses prébendes. Ah ! la souris qui villégiaturerait
dans ce gros fromage quel désarroi elle y jeterait. Un
joli grabuge.
Seulement, comme « c'est nous qui sont les prin¬
cesses », et que « les ceuss
qui vont à pied c'est des
pannés » il m'apparaìt utile, nécessaire et équitable
de retenir une place dans les caresses de l'assielte
au beurre. Je ne suis pas ici, du reste, pour
m'inquióter du Ilot montant des revendications populaires.
Le sort du paysan, celui de l'ouvrier ? La bonne fichaise !— A nous les plaisirs, plulût; a nous la
truffe! C'est autrement intéressant que de disserter
sur la responsabilité des patrons, le dégrèvement des
impôts et les caisses de retraites. En tait de caisse,
s'il y en a une à sauver : c'est la mienne! Les misé¬
reux n'ont-ils pas, enfin, pour s'entretenir le râtelier
et se caler les joues, le flageolet intempestif — piano
du pauvre — et la pomme de terre gaveuse — quand
ilsmangent? Ab, les chers obstinés, les doux exigeants.
Ils en ont une santé, ceux-là. Que demandent-ils
—
n'y a peut-ètre pas de pays où l'on adore plus le
jambon fumé qu'ici. Longtemps, je me suis demandé
comment rappeler, constamment — par une allusion
discrète et originale,—la chose à mes administrés.J'ai
cité,
réussi : deux usines au moins — une d'électricité, la
seconde de conserves — crachent la suie et autres co¬
chonneries sur la ville, l'enfument consciencieuse¬
ment, quand l'odeur des champignons ne l'empeste
pas. Pigez ce coup du jambon et dites-moisi je man¬
que d'esprit d'a-propos tout de même? Je m'en tords,—
personne, je voudrais, M. le Président, vous présenter,
II me serait facile, à l'instar de mes
collègues des
autres villes de France sur le
pavé ou la poussière
desquelles daignent se poser, de temps à autre, vos
heureuses grègues, de vous
louanger, d'abord, sur
les hautes fonctions
que vous occupez, de rappeler,
ensuite, vos modestes origines et de montrer, par là,
à la plèbe, que si,
jadis, chaque pioupiou portait dans
doulière
de plus, encore ? — De la bonté ? — on leur en don¬
nera des petits couteaux pour les perdre.
Laissant de côté, pour un instant, ma suggestive
à ma droite, le premier adjoint de notre vieille
honnête citoyen en rupture d'épinards, cuisinier mu¬
nicipal seize heures sur vingt-quatre et dont le dé¬
voûment, à jet continu, est un peu comme le tonneau
des Danaïdes. Certes, on dit bien — est-ce à moi à le cons¬
tater ?—que l'excellent homme n'a pas précisément inventé la ficelle à couper le beurre ni la tonte des sang¬
sues. Eu tout cas, c'est un être bien inoffensif, quis'egave simplement, parfois, — d'autres diraient : tou¬
jours — en des innovations administratives inaplicables et qu'une douce marotte conduit, souvent, à pas¬
ser en revue les employés de l'octroi et les six agents
qui veillent, — damant le pion aux légendaires cara¬
biniers
à la tranquillité de la ville. Vous serez bien
gardé, M. le Président, et la Sùreté-Choufioury pou¬
vait, sans crainte, rester chez elle.
A ma gauche, maintenant, se dresse, long comme
un jour sans pitance, mon médecin particulier— par¬
don, mon vétérinaire. —Gadaudn'a-t-ilpas lésion ? —
II fût, il est resté, il restera parmi mes plus chauds
partisans. J'ai pu, d'ailleurs, avant l'arrivée de mon
—•
bon ami le ministre de l'Agriculture au pouvoir, rat¬
tacher définitivement à ma personne par un bout de
ruban qui vaut mieux qu'une corde. — Voici, encore,
émergeant du groupe qui nous entoure, le Pic de
La Mirandole cynégétique et cynologique de l'endroit.
Comme son prédécesseur, il parle de toutes les choses
qu'on peut savoir, en fait de chasse et de chiens — et
même de plusieurs autres. Si jamais, M.le Président,
vous rétablissez la Vénerie de vos royaux et impériaux
devanciers, élevez-le au grade de grand... Epateur (il
l'est déjà)— de grand Veneur de France, veux-je dire.
Ce qu'il sera sur son dada, — mais, mis au
alors, si mal
mur
en selle.
pied du
Près de lui, — en frère
siamois — tel un lys penché sur sa tige, apparaît la
bouche en cœur, le crâne ivoréen et privé de fil sur
labobine,—oh 1 si peu — le don Juan du cru pour qui
les échelles de soie, les trémolos do guitares, les ar¬
moires à double fond, les placards, les romances â
la lune n'ont pas de secrets. De plus, cynophile de
derrière les fagots, il nous organisa, dans le temps, avec
curée chaude, chasse au renard, et autres balançoires
joliment réussies, une exposition canine qui n'était pas,
dit, dans une musette, je vous le promets. II
du reste, de la louveterie qu'il connait
et pratique sur toutes les coutures. Malin serait celui
qui, en cet art, le prendrait sans vert. Grâce à une
action prompte et décisive, il a purgé nos contrées
des fauves qui les désolaient, et c'est à lui que vous
devrez, M. le Président, cle ne pas voir rôder au¬
comme on
est de même,
en
tour de la statue du père Bugeaud — que vous sa¬
luerez de la main tout à l'heure, en passant, comme
le tramway, tout le long... le long du boulevard —
fours fameux des cavernes, compagnon de fhoinme
des Eyzies. La destruction, jusqu'au dernier, de ces
animaux préhistoriques el terribles lui appartient en
propre. C'est son œuvre, et le département est fier de
posséder un aussi célèbre louvelier. Je demande sim¬
plement qu'on le dccore — dut sa modestie bien
connue en reverdir. Faites donc couper pour lui, je
en prie, une rognure à faune de rubans défraî¬
chis que vous faites suivre dans votre valise.
J'aimerais, aussi, à vous parler des curiosités de
notre cité antique. Le temps me fait défaut pour vous
les énumérer. Laissez-moi, cependant, signaler, à
votre attention d'artiste, la fontaine de la place Pluvous
manev.
De votre
landau
—
un
landau-accordéon
que nous avons fait confectionner exprès et qui,
ouvert et déplié, atteint facilement la hauteur d'un
premier étage — vous pourrez, peut-ètre, mirer vos
châsses » dans la vasque, ce à quoi le géant de
Montastruc, lui-même, que vous avez pu reluquer à
la foire au pain d'épice, a dû renoncer. Habituelle¬
ment et très ordinairement, on voit seau des fontai¬
nes
que c'est banal— et les Parisiens seraient ru¬
dement étonnés si celles de la place de la Concorde
cessaient brusquement, un jour, de se transformer, sous
les coups de vent, en vaporisateurs — un truc usé.
«
—
Comme ces enfants de Lulèce retardent ! Ici, on se
souvient de la chute de la Bastille, de la rouge au¬
rore de 95. On va de savant. Grâce à la
complicité
d'un savant architecte-décorateur-paysagisle — Viollet-Leduc, Haussmann, Alphand réunis — nous avons
pu créer quelque chose de peu
taine dont on ne voit pas seau.
ordinaire : une fon¬
Epatant. Saluez I Le
liquide se révèle, tout au plus, à nosyeux— quand les
jets fonctionnent — par une demi-douzaine de minces
filets qu'on croirait lancés par d'invisibles clysopompes. Et notre espoir a été tellement dépassé, notre
succès si vif, — car nous ne comptions pas, malgré
nos efforts, sur un résultat aussi
complet, atteindre,
ainsi, du premier coup, le summum de la concep¬
tion fontainière — que les jours de
disette d'eau —
voyez poussière, voyez jardins, voyez terrasses I —
alors que les hétaïres de nos modernes hoplites —
dégoltez-moi ce revenez-y du grec, mon président —
ont à peine de quoi faire trempette, il arrive que
des touristes demandent,
fréquemment, en re¬
gardant la colonne qui émerge des entrailles
mystérieuses de la vasque, pareille à f extrémité
d'un porte-plume acheté â Lourdes ou à Fourrières :
Quel est ce monument funéraire et quels grands
citoyens sont donc enterrés là ? » — Vous ferez, j'ose
l'afhrmer, bien des villes, avant que M. Le Gall en¬
registre, sur votre calepin de voyage, semblable mer¬
—
boursoufle, gonfle et gondole. C'est tapé, je vous Tassure.
Le progrès veut qu® de pareils établisse¬
ments
soient campés
en
pleine agglomération.
Ceux qui les placent, d'habitude, en dehors des fau¬
bourgs n'entendent rien, je vous le dis, â Thygiène
publique. — On m'appelle déjà :« Microbe ! » Inclinezvous, manants et rustres : Périgueux, c'est
Plus heureux que leurs congénères du canal—estbien vrai et une mort prompte n'eut-elle pas mieux
valu qu'un long martyre ? — les arbres du cours
Tournv n'ont été qu'amputés. C'est d'un effet bien pit¬
ce
toresque. On dirait des perchoirs pour perroquets po¬
litiques, des pièces peintes de bergeries d'enfants, —
on dirait, surtout, qu'au long de chaque
platane, des
bras s'allongent, des poings se tendent vers ceux dont
la décision prive d'ombre,pour longtemps sans doute,
les bénévoles citoyens qui venaient y traîner leurs
chausses et se gaver de quelques liens-fions mili¬
taires.
«C'est le roi Dagobcrt !... »
Tout ce qui peut contribuer au développement de
—
ma
un
chère cité ne saurait me laisser indifférent. Je suis
homme d'action, moi, et quand, ici, nous commen¬
çons quelque chose, on va vite, dans une hâte bien
justifiée d'aboutir. C'est ainsi que le square de la tour
de Vésone, attaqué depuis deux ans, sera certainement
achevé
nos dispositions sont prises — dans les
dernières années du prochain siècle — Oh I les ca¬
lendes grecques. — Nos achats, quand nous en fai¬
sons, ne sont peint décidés, non plus, à la légère. No¬
tre goût sûr nous guide d'abord, notre flair des bon¬
nes situations ensuite. Tout le monde devinera que ja
veux parler de la maison Briffaut, sise rue du Calvaire,
et dont, volontiers, pour atténuer notre petite gaffe,
nous nous débarrasserions, au rabais, ne sachant vrai¬
ment point con ment utiliser ce sémillant immeuble.
Tout ce qui relève, d'ailleurs, de ma gestion admi¬
nistrative peut à peine soulever l'ombre d'une critique
que c'est léger ! Nous avons une Direction des
travaux modèle dont la spécialité est de donner, aux
propriétaires qui construisent, des alignements calcu¬
—
—
lés au millième de millimètre. On ne travaille pas
mieux et plus exactement au bureau des Longitudes.
Paris nous envie, je le sais, car, entre nous, tout ce
qu'on fait là-bas, sur les 'rives de la Seine, est, déci¬
dément, peu dans le train et bien démodé. C'est de la
roustissure.
Si, pour Texposition de 1900, M. Picard
embarrassé, qu'il ne se gêne pas. Un signe, et le
Directeur de nos travaux accourt, vole, mettre à la
disposition de usted ses connaissances pratiques.
Nous ne sommes pas jaloux — oh I non. Tous les ci¬
toyens d'une même patrie ne sont-ils pas des frères et
les députés comme moi des... blagueurs ?
Plus qu'un mot, et je m'arrête. Mes concitoyens
vous attendent pour ne pas m'acclamer.
En arrivant
est
à la Préfecture, vous remarquerez un emplacement
superbe, au fond du cours Tourny, sous de grands
arbres que les Oscar Wilde d'ici affectionnent. En ce
coin trop désert et qui manque de surveillance, mes
administrés, reconnaissants et sachant honorer leurs
gloires, me dresseront, un jour, en calcaire oolithique de Chanceiade. Je ne ferai pas mal, n'est-ce pas ?
J'ai du chic, une élégance native. Le prince de Sa¬
gan, — moins le monocle, m'assure-t-on. Comme lui,
j'abats les arbres. A Paris, pour être agréable à de
grands artistes, je pose déjà les statues. Ça me
change des lapins que je plaque à mes compa¬
triotes.
Là, sous de frais ombrages, le torse cambré, le
geste bénisseur, — j'étais né pour pontifier en
je protégerai la ville,
compagnie — tel Jésus
entre deux larrons
Clament, le vélopliobe, et le
coërcitif Denoix, dit le Tombeau de la Presse (mu¬
selières pour canards). Sur le socle que mes pieds
sévère cathédrale
notre
ayant pour
—
fouleront, la Renommée gravera cette épitaphe en
vers très libres
jìe crois ! — et impérissables :
—
Voyez ce beau garçon-là,
C'est notre ancien maire.
II fut l'ami de Gadaud, d'autres grands hommes, et
Sa face à.... mystère,
[cœtera.
A permis de l'ériger là,
En pierre !
Et de modifier, pour lui, le vers fameux que Monselet
En une ode charcutière.
[cisela
Son visage, en effet,n'indique-t-il pas,
Qu'à l'abri de cette frondaison vieille et sans pareille
Cet homme a dans les traits un co...cher qui sommeille.
Pour copie fantaisiste :
Pégomas
Poignée de Fausses Nouvelles;
pulation. L'endroit est délicieux et, les soirs d'été,
quand la lune promène son couvercle de pot-au-lait
sur la crête
des coteaux, il y fait bon vivre dans la
fraîche haleine qui succède aux chaleurs du jour.Hé¬
las, les lauriers sont coupés — les arbres
que
nous
le service
volige. Et,
là-bas, maintenant, sur le chemin démantelé, en la
petite vallée nue, dévastée parde sauvages arboriphóbes, l'ombre enlacée des amoureux ne glisse plus et
les oiseaux eux-mêmes, mécontents et froisses, n'y lent
aurions pu conserver après entente avec
des Ponts et Chaussées ont été débités en
plus cuic-cuic. Seuls, un merle moqueur, un coucou
ironique, postés dans la Boissière, anathámisent les
vandales—au nom de la gent empíuméect—avouons
le
au nom, aussi, des paisibles Roméos et des ten¬
dres Juliettes.
Sapristi, le crime commis, l'œil de¬
vient humide. II y a du pleur. Ça mouille. Je suis at¬
tendri.
Ami Gadaud, ton mouchoir.
Les porcs du Périgord — un chef de l'Etat ne peut
l'ignorer — ont acquis une juste renommée, et il
—
—
—
sous
presse,
nous
apprenons
M. Georges Saumande vient d'obtenir de son cher
ami, M. le Ministre de TAgricullure, un bout de Mérite
Agricole pour noire collaborateur Pégomas. — Informa
de cette tuile, le tripatouillant reporter à qui Ton doit le
subreptice détournement du discours de M. le Maire,
nous téléphone avec un grincement de dents que repro¬
duit très bien la plaque du microphone : » C'est beau la
vingeince ! »
que
A la soirée des Maires que donnera M. le Préfet do la
Dordogne, les frères Monnet-Sully rugiront des frag¬
ments d'une pièce inédite de M. André Chadourne : Lo
Lepin à la main sanglante, en tant d'actes qu'on ne les
compte plus et en vers tellement longs qu'ils en sont...
solitaires.
Saint-Germain, Texcellenl artiste, par exemple celui-là,
diseur, le bon comédien chantera une chanson¬
le fin
nette :
—
ò loi de nature ! — aimaient à éloufler le bruit de
leurs baisers. C'était charmant et ça ne faisait de tort
à personne — pas même à l'accroissement de la po¬
.
ÉCHOS
Au moment do mettre
dois insister, M. le
Président, car, en vérité, c'est un monument unique
et très caractérisque avec sa vasque combien haute
et, au sommet de la colonne, ses œils de bœuf où
veillent, funèbrement, de modestes lampions, de la
force d'un paquet de chandelles, a été érigée, en
1890, pour perpétuer le souvenir — ô ironie! — de
l'amenée des eaux du Toulon, — qui ne viennent
guère. On ne s'en douterait pas, je le confesse, sans
la plaque commémoralive sur laquelle on a omis,
parmi tant de noms, ceux du carrier qui a fourni la
pierre et du bitumier qui a asphalté le trottoir. Heu¬
reusement, f oubli est réparable. Les lettres de l'al¬
phabet, c'est entendu, n'appartiennent â personne, et
de même que pour le galon
quand on en met, on ne
saurait trop en mettre. C'est une façon — un peu
rosse
de passer à la postérité en obligeant les gé¬
nérations futures à apprendre que Périgueux fut
affligé — qu'avait-il fait pour cela, grands Dieux I —
d'un maire qui s'appelait Saumande.
Le pouvoir est une charge — et ce discours aussi —
vous le
sentez mieux que moi. U est si difficile de
contenter tout le monde ! Que de cheveux gris ne me
suis-je pas fait, par exemple, pour assurer le bonheur
de mes concitoyens ? Nous avions, en bordure du ca¬
nal, un chemin planté d'arbres, à l'abri desquels les
amoureux,comme les petits oiseaux qui font cuic-cuic,—
—
tenir
me
«
veille.
Celte fontaine, sur laquelle je
moi.— qui
n'y séjourne guère, en attendant que je le quitte, —
pourvu d'un bon poste — pour toujours.
Rien qu'à.r'garder ma queue d'aronde,
On voit bien que j'suis d'Négronde. »
>,
Les Montagnes russes seront installées dans le grand
salon ainsi que de nombreux manèges... électoraux.
les
Toutes
précautions sont prises pour assurer le
repos et la tranquillité
do M. Félix Faure pendant son
lui faciliter, chaque soir, un
séjour à Périgueux et
sommeil
réparateur, ce shakspearien baindoTàmo. A cet
que M. le Président do la République se
étendu dans lo plumard préfectoral (draps tissés avec
effet, dès
sera
galette des contribuables), le lecteur attaché à sa per¬
commencera à dégoiser Gcrbaud le Fauconnier.
Succès certain, immédiat. Avant la dixième ligne,
M. Félix Faure pioncera, se transformera en tuyau d'or¬
la
sonne
—
gue.
Naguère, quand des délégués de l'Union des Sociétés
se rendirent à Prague, nos amis les
Tchèques les couvrirent do fleurs. Là-bas, les gymnas¬
tes français vécurent sur, dans,et sous des roses. On en
mit sur leur chemin, dans leurs draps et sous leurs
vêtements, — où ça fait tic-toc, mesdames. Et Péri¬
gueux, qui est appelé, à son tour, à fêter les Solcols au
nom de la France entière, cherche une manière originale
de perpétuer chez eux lo culte du souvenir. II est bien
dommage, vraiment, que la saison des truffes soit
close. Ce tubercule odorant, succulent et excitant comme
une bisque d'écrevisses est la fleur du pays,
— sa rose
au parfum prometteur d'ivresses, aux émanations capiteu¬
ses. On en eût bourré nos
amis, los Solcols ; on eût
ruiné, pour eux, les truffières de la contrée. Et, comme
par cc temps d'avaries de tubes digestifs, le siège de la
gratitude humaine s'est un peu déplacé, nul doute que les
Tchèques eussent, — de même que les canards — con¬
de Gymnastique
servé la reconnaissance du ventre.
Nous
savons,
puis longtemps, qu'on peut compter sur leur cceur'.
de¬
On nettoie les foyers anarchistes do la région, à la suite
d'une rafle importante de boîtes à sardines et de mèches
éventées opéree sournoisement par les Dynamilo-Ravacholiles de la Société démolisseuse du « Quand le bâti¬
ment va, tout va. » — Ces ennemis du privilège et du
monopole sont jaloux des députés qui jettent bas les
Ministères. Ils réclament leurs petites maisons (la direc¬
tion de ce journal prétend, elle, que le rédacteur de cet
entrefilet ne tardera point
à y être interné), quelques
jolies bicoques à faire sauter, ce joujou des temps
nouveaux :
la joie des
architectes , le plaisir des
moëllonneux, la tranquillité du gouvernement ! — II fau¬
drait ctre bien inhumain pour priver los compagnons
d'un passe-temps si agréable.
A la dernière
minute, le quartier de la Gare vient de
décider d'élever un arc de triomphe gigantesque, confec¬
tionné avec des wagons éventrés, des locomotives bri¬
sées, des fourgons télescopes, des rails faussés et des
traverses endommagées, le tout agrémenté de
réjouis¬
sants attributs, tels que tibias, poumons
perforés, têtes
de mort, côtes défoncées, jambes en bouillie, oreilles
décollées, bras démis, corps déformés, nez aplatis, chairs
hachées (pour saucisses), crânes ayant perdu leur cervelle
comme le reporter
qui nous apporte cette rigolo de in¬
formation. Les Compagnies do chemins de fer du monde
entier, pressenties par dépêches vigoureuses et énergi¬
ques, consentent à prêter aux organisateurs de cette im¬
posante manifestation tout le stock des objets ci-dessus
énoncés et qu'elles détiennent dans leurs Magasins gé¬
néraux.
Vu le peu de temps dont on dispose,— ah!
vrai, on no regarde pas à la dépense, — les envois se font,
en ce moment,
par téléphone,
cables-lélégrammes, pi¬
geons-voyageurs et ballons.
—
—
Puisque nous parlons d'arcs de triomphe, — triomphe
de qui ? de quoi ? de la jobarderie humaine ? —
signalons-en quelques-uns dont l'originalilé n'est pas
douteuse : par exemple ceux des petits rois (dif¬
ficile à édifier. Dix personnes sont occupées à enfiler
100000 mètres cubes de ces légumineux très gazéii'ormes) ; — des Ceps (un peu plus faciles à entasser
tout de même) ; — des boîtes a conserves
(vides et
très rutilantes sous le soleil, avec baucoup de corni¬
chons autour) ; —• des Truffes (à vingt kilomètres à
la ronde, les maris sont sur le flanc. Odeur, quand tu
nous tiens ! Un peu de modération,
mesdames, autrement
les rues seront désertes le jour de l'arrivée du Prési¬
dent) ; — des Pâtés de Foìe Gras (tout le monde, en
assaut les lèche. Par une innovation
gastronomiquement
eureuse, au lieu des couronnes — ironie des temps ! —
ue des gens intéressés à la chose
font descendre par
'invisibles fils, et du sommet des arcs, sur los têtes
officielles, cette fois les ronds de feuillage seront rem¬
placés par des pâtés truffés d'un poids en rapport avec
î'importance des personnages à qui ils sont destinés.
Ainsi, celui de M. Félix Faure pèsera 500 tonnes ; Celui
du maire 25 grammes seulement. —
Ceux qui figure¬
ront dans le cortège officiel sont prévenus. En
passant
sous l'arc des
pâtés; il n'ont qu'à renverser la tête légère¬
ment en arrière et a ouvrir la bouche. Ils auront leur
lion. — Périgueux a trouvé là un
de même.)
ra-
clou bien épatant tout
Parmi les nombreux comités, constitués pour la dé¬
coration des rues, il yen a un qui y est allé par
plus
de quatre chemins pour recruter la monnaie néces¬
saire à l'çdification d'un arc devant une fontaine dont
quatre lions gardent, sérieux
comme
âne qui boit
un
chalumeau, (voir le cerveau indigent qui pond
ces lignes) une colonne en
pointe d'asperge. D'infatiga¬
bles membres —is fecit...
ont couru, munis de lisìos
de souscription, les... communes environnantes pouroboliser
tapeurs !—les populations. — Si jamais M. Félix
Faure revient à Périgueux, les mêmes citoyens prendront
la clef des champs et, par le moulin du
Rousseau, se
répandront alors sur toute la France, pour y recueillir
avec
un
—
—
des fonds et surtout des... vestes
d'institutrice.
d'instituteur et
même
alienum puto. Je suis gymnaste et rien de ce qui
touclle aux gestes de la gymnastique et aux applica¬
tions industrielles de l'aluminium ne m'est indif¬
férent.
Autrement dit : Heureux celui qui connaît la
cause des choses. Félix
qui potuit, erre homme, cognoscere causas. — Causons ! — 0 fortunatos minium
(quelle couche !) sua si bona nûrXnt gymnasticos.
Trop joyeux les gymnastes qui goûtent leur bonheur,
ne quidnimis, Némésis,
quand il n'y a rien de trop !
Les éblouissants exercices que vous venez
ter dans celte vallée,
urluberlubi carnpi
—
d'exécu¬
champi,
riche, pourtant, ne me fourpit pas de mots assez pom¬
peux pour qualifier voire force, votre vaillance. Par¬
f.
cours
Tourny, les foraiijs (monta¬
musique du
régiment, auprès de la statue de l'auteur de Têlêmaque.
Ces
intéressants industriels comprenaient combien il est
désagréable pour les paisibles musicophiles de Périgueux
d'entendre, au lieu du Wagner ou du Massonct qu'ils es¬
pèrent, le son des cornes d'appel, les sauvages pâmoi¬
sons do quelques
hystériques et la cacophonie barbare
et bruyante des orgues. — Devant les
exigences de la
municipalité, ils ont du retirer leurs propositions et s'en¬
gager, au contraire, à faire le plus de tapage possible
pendant l'exécution des morceaux du programme du 50".
Avec une conscience qui les honore, ils tiennent ru¬
dement leurs promesses et font un joli boucan.
Aussi, à
dater do ce jour, le colonel du régiment vient-il de déci¬
der que, désormais, les musiciens militaires
que la po¬
pulation se plaint de ne pas entendre — ne joueront plus
que de la musique à faire hurler les ours, à coups de
grosses caisses, de casseroles el de chaudrons. Comme
l'inlerprétation de ce genre n'est pas excessivement diffi¬
cile, tout le régiment y participera. En conséquence, les
permissions du dimanche sont supprimées. — Enfin, les
oreilles de nos concitoyens vont donc pouvoir s'alimenter
de douce musique. Les veinards !
punchorum. Contre-uf
fata masiquet trahunt : ce fatras en conduirait d'au¬
".
Sanmande contre Maréchal.
Prélude. des pro¬
chaines élections législatives. (Le pari mutuel fonction¬
—
nera.)
tres á la houle.
3.
Mais rien ne nous arrêté. Sursum corda. Suçons la
corde à nœuds avant d'v grimper, camarades I — Ilabeas corpus. Restons maîtres de nos cors aux pieds
exemplaires
ral de la Fête Fédérale est venu nous deman¬
der de lui faire confectionner dans notre Usine
littéraire un petit discours pour gymnastes, dans
le genre de ceux qui lui sont si familiers.
Yous connaissez, nous a-t-il dit, ma
« manière. » Agissez en
conséquence. Yous me
rendrez service. Je suis tellement occupé que
—
«
je n'ai même plus le temps de chercher, pour
saupoudrer mes phrases, un peu de latin dans
ma batterie de cuisine.
Je compte sur vous,
n'est-ce pas ? »
Le désir de M. le Moniteur général était, pour
nous, un ordre. — Soixante-sept de nos princi¬
paux rédacteurs se mirent immédiatement à
l'œuvre, deux par deux — les uns tirant les let¬
tres du cerveau des autres à l'aide de vilebre¬
quins électriques et de pompes à vapeur de la
force de tous les aliborons de notre rédaction —
et, au bout de trente et une secondes, soudant, à
la platine, les trouvailles de chacun, nous
pû¬
mes— le vilain mot !
former un tout complet
que nous adress...âmes — en peine — à notre
—
distingué solliciteur.
Seulement, à la suite de ce travail pénible, la
plupart de nos collaborateurs avaienl soit des
champignons dans la cervelle — oh ! oui, une
jolie récolte — soit des sauterelles. L'épreuve,
le voit, a été dure. Et la direction de « qui
vôou dè las moouvas ! » a de très grosses dépen¬
on
perspective. Au lieu de i'Hôtel que nous
nous proposions d'élever avec nos
petits bénéfi¬
ces, nous allons être obligés d'employer C6s
ses en
fonds à Fédification d'une maison de Santé. Ah !
la presse, quel engrenage !
Oyez donc, gens de province, avant que l'heureux possesseur ne le
prononce, le speech bien
nourri qui nous vaut et la transformation de nos
Bureaux en bicêtreux hospice et le bris brutal
de nos espérances architectoniques
:
Camarades I
Permettez-moi de citer, au début de ce discours,
verbi gratia, arbi chouia, la belle pensée de Térence :
Homo sum et nihil gymuastica gesticulortim a me
,
le Mauvais sujet, la Terreur des Ma¬
tion.)
4.
Raoul, le Champion des Jeux Olympiques, contre
Léon, le Soutien de la Librairie. — Reproduction fidèle et
garantie de la Lutte ancienne (pugilatus) du Proprio et
du Locataire. (Les juges du camp seront choisis parmi les
habitants de la rue Taillefer).
14.
La Boxe Cubaine et,Espagnole, à coups
d'orgues et do pianos, par deux musiciens étrangers.
15.
,í'ai perdu ma vache à... lait! Chant funè¬
bre sur un air d'enterrement de première classe, par Un
—
—
for ever. Forêt de Vergt !
Pour cela, ne sutor ultra crepidam — je crépite —
exigeons des cordonniers de bonnes chaussures, et,
d'avance, j'anathémise le disciple de Sainl-Crépin qui
abîmerait nos pattes. Facit indignatio versum tetamus
hannetonicidum. I)e ma tète, l'indignalion fait jaillir
—
—■
le ver I — asticot, asticorum.
décadent.
16.
Archimède, Messieurs, demandait un levier et un
point d'appui pour soulever le monde. Le triste homme,
le pauvre sire ! Siroco tristum. A nous, les biceps
suffisent : suf/ìcit bipum ! Noire pairie, du resie, n'al-elle pas eu toujours de grands gymnastes ? Et, à ce
propos, savez-vous pourquoi Louis XIV a mérité
d'être comparé à Phébus, au jaune pain à cacheter
des nues ? Eh bien, c'est tout simplement parce que,
de son temps, il faisait le mieux le grand soleil autour
de la barre fixe, unguibus, des guiboles, — nec pluribu-s : pour moi, il n'y a plus de rébus !
Mais, je ne veux pas vous retenir longtemps, amis
de l'élranger et de la France. Par ces quelques
citations, vous emporterez suffisamment une idée de
I'Assiette au beurre. Scène réaliste, Comique
burlesque—pas lant que cela pour ceux qui y glissent
les doigts — mimée par la troupe dos Sangsues nationa¬
les, avec divertissement chorégraphique comprenant le
Pas du Chèque, la Gavotte, des Fonds Secrets le Menuet
da Pognon et la Tarentelle de la Braise.
17.
Le Tnnn.
osenr (Imité de Wagner.) Défi
jeté à Périgueux par un Bergeracoie à point pour
—
et
—
.
Leyme.
En bis : La Revanche du Peaussier, méli-mélodrame de rancune invétérée et héréditaire.
18. — Grand tournoi chevaleresque, emprunté à
faire » habituel, et je me refuse le droit de vous
couvrir davantane de fleurs latines et autres bagatelles
laborieuses, difficiles nugee : nagez! Cela développe en
apparence : apparent rari nantes gymnasticos in
gurgite vasto , les gymnastes Nanlais surnagent sur¬
tout parce qu'ils évitent d'ingurgiter beaucoup d'eau.
D'ailleurs, aquila non capit muscas : un Moniteur gé¬
néral ne s'amuse pas à tuer des mouches à quinze
«
cœurs !
exemple, c'est qu'en
dire
de Celui qui a dirigé les mouvements d'ensemble de
la XXI0 fête fédérale de l'Union des Sociétés do Gym¬
nastique de France : spéculum oìeum perdiouistiii...
Nicolas a perdu son huile ! Je liens, au contraire, à ce
qu'on reconnaisse le lion à la griffe : Ex ingue linoléum !
J'ai dit. Stupete gentes. Nations, bouchez-vous lc piton,
car ça ne sent pas bon.
Ail right, que c'est raide.
Utile dulci, c'est durci. Tu quoque, c'est toqué. Alea
jacta estl — J'ai jeté ma jactance par dessus les mou¬
lins. Qu'on se la partage. — Je veux du bien à
tous
et, urbi et orbites, qu'on le répète. Bis repetita... Y en aplussss?... Fini la musica. Plaudite
ce civet de chat.—Atchi, atchi, atchum...
barbagnae,
pipi-tutu satutas, zizi-panpan, ouf, salutorum ! I ì ! ! !
par
retournant chacun dans votre pays, vous "puissiez
-—
:
Un Bleuet.
l'époque des Preux, reconstitué et truqué, pour les be¬
soins de la cause, par un ami des journalistes. Là, on
verra Don Quichotte Deioii rompre une ribambelle de lances
contre les Moulins à vent de la Presse. (Los journaux
n'ont qu'à bien se tenir. — Note confidentielle dos Direc¬
teurs.)
19.
L Epopée d'un Grand Homme ou Qui
qu'a fait ça ?... Queï Gôdaou, par une vieille per¬
—
ruque.
Ên bis : E'art de se faire une téte à la Rochefort. (Modification d'une bille, eu cinq minutes, par des
moyens artificiels.)
20. — Le Caméléon politique ou Toujours du
còtc du Manche, scène à transformations successi¬
par un ruban violet masqué —• et démasqué.
21. -— Los n'oses plastiques. Effets de torse sans
bras et avec beancoup de bandages, par M. Venus de Mile- (Lo
ves
public est prévenu que la Direction, ne reculant devant
aucun frais, a fait rafistoler le sujet pour
qu'il soit, le
jour de la représentation, dans toute sa forme. — Qu'on
se le dise !)
22.
La Course aux rubans, sur de vieux chevaux
de retour, rossinantes, baudets, mulets, haridelles, canas¬
—
sons, bourriques,
chameaux, éléphants, autruches, oies,
dindons, par des Boutonnières encore vierges.
TROISIÈME
PARTIE.
23. — L Avenir d'une Fanfare. Grandes démarches
musicales et municipales par un homme fort et un autre l'estang
autant.
24. — Le Jeu de la blague et
du hasard, par une
grande p art'.e des sujets de la troupe.
25.
Qui voou de las moouvas ! cri de la rue par
—
toute la salle.
26. — La Voltige, sur Marianne, ou lo moyen
se
retourne!', quand on n'est plus député, pour devenir séna¬
teur, par le F.-. Antoine.
27. — Duo do Clarissnettes, par doux têtes dans
de
un
même bonnet.
(Sera joué très piano, excessivement
piano. —On est prié de ne pas bisser.)
28.
Thomas, cochon savant, admirablement dressé en
plein air, présenté par le superbe Caconnet.
29.—Ah! qu'il est doux de ne rien faire quand
tant de soldats s'agitent autour de nous. Fantaisie
sur le violon par un futur 1" prix (très pressé) du Conser¬
—-
FÊTE FEDERALE.
LA XXIe
ANNEXE A
(Sr.and Cirque de la Rigolade
Arènes athlétiques et Jeux
Olympiques réunis.
Direction : PODEBAL et BALEDCRIN.
masses.
Le partage sera fait, à
l'épaisseur d'un
cheveu près, au moyen d'une bascule do vingt tonnes.)
2.
Lc Je» des petits papiers, renouvelé de Gambella et de Roóhcsort et remis à la modo par MM. Gadaud
—
et Saumande.
3. — La Louve
de Trélissac. Mimo-drame-express et
canicide, avec odeur de fauve à la clef, crée et interprété
par le Grand lonvetier de Navarre.
4. — La Perche du Luxembourg
tendue par les
Délégués sénatoriaux de la Dordogne à un liomme qui s'ennuyait fort de n'être plus rien dans la politique.
5.
En.trée de Clowns. Sauts périlleux simples,
doubles et triples, échelles, cerceaux, farces, etc., par
un groupe d'Elus masqués.
6.
Les Chiens de faïence, par MM. Long, directeur
des Enfants de Vésone, et Buisson (Roger), directeur de la
—
—
Société l'Union Chorale.
7.
Entre les deux, mon
—
eœur, pas
plus que
bourse,n'a jamais balancé, chansonncllemétal¬
lique avec tintements d'or, par Mademoiselle Christine Millie K...,
ma
excenlric-chanteuse
Grand
du
Casino de
Plumdindon
(iles
Sandwich.)
8.
—
L
Apollon du Réverbéré. Pièce de vitrilD un .
fanée, empruntée au Musée des Horreurs. — Personnage
visible pendant une demi-seconde seulement, à
cause des sommes susceptibles de se trouver dans une
situation intéressante.
(Le sujet va-t-en ville et fait
des placements-.) IV*
9.
Suíîrage-L'nivcrsel, cheval hongre, garotté,
ligotté, bridé, muselé, sanglé, ferré, entravé, attaché et,
naturellement, présenté en... liberté — parbleu ! —• par
le célèbre écuyer ministériel Ernestino Constans...
tinn—
tinette, do Bareelonne. (En représentation extraordinaire et
obligeamment prêté par le Sénat.)
En bis, par le même, en costume de parfumeur :
Amis pressons la pompe à... bière! chanson¬
nclle odorante, pour mariée, quand le jour paraît à l'ho-
peu
muet,
—•
—
rizon.
10. — La Robiìiadc, chant épique, imité de la Henriade
mais plus rigolo, avec ballet, pas de TAnglais et
danses très caractéristiques, par M. Carcere-Duro.
11.
Les Tréteaux, équilibres politiques, par les séna¬
teurs et les députés de la Dordogne, eu le simple appareil
de beautés qu'on arrache au sommeil.
—
—
château de cartes, des plafonds s'éventrer, des murs se
sillonner de crevasses, des rampes d'escalier se tordre
comme do simples épiloptiques ou de vulgaires t renias, —
sous l'effet
éclatant, inattendu et prodigieux d'une boite
do conserves bourrée avec une pincée d'éloquence poli¬
tique saumandiste. — (La Direction craint bien que ce
numéro ne raie, si Dickson s'obsline à ne pas employer
un explosif plus puissant. En lout cas, lo public ost
pré¬
venu, el, quoi qu'il arrive, MM. Pôdebal et Baledcrin s'en
raclent les ripatons et s'en lavent les battoirs.)
33.
Le Piano des Soupirs... accordé et tenu
par Un qui grandira. — Sérénade espagnole avec bruit do
baisers, caresses, fricassées de vilains museaux, etc.
32.
Pointer, Sawcrack, Gordon, Irish, Spancl, Retricvcr, Dupuy, 8t Germain, Grillon, Lpagncul, Braque, Basset, Fox-liound, Bcaglc, StJHubert, Poitevin, Normand, chiens savants de haut
nez, de moyen nez et de pas de nez du tout même, pré¬
sentés par un Homme qui se croit de sport— oh! la, la! —
coupeur do poils de chiens en quatre.
—
—
31.
—
Les
Meuniers du
Moulin de ia
Galette,
grande pièce pyrotechnique, destinée à chauffer Tenthousiasme du vulgum pecus el antres pauvres bougres. —
Feu d'artifices moulé par souscription et allumé par les
Gros budgetivores de la Dordogne.
35.
La Flûte en... chantier. Solo Irès dur, exé¬
cuté, sans rougir, bien qu'il soit à bout de souffle, par le
—
sublime artiste Caconnet, avec accompagnement de grosse
caisse et de castagnettes. — (A la demande générale,
Témincnt flûtiste a bien voulu consentir à se montrer une
dernière fois en publie avant le petit voyage de trois mois
qu'il entreprendra blcnlôt au pays de sombre.)
36. — Le Tremplin des Savates. Grande batoude, par
tous les Chaussons do ia ville. — Recommandé aux vieil¬
lards étaux collégiens en rupture de Cornélius iVépos.
L'orgue — de Barbarie — sera tenu par M. Paschali et le
piano par... (les cordes attachées à des pitons.
Mouvements d'ensemble réglés par M. Nicolas (Ah! ah! ah!)
Musiquette — oli ! bien inoffensive — de M. Georges Théret.
Le spectacle commencera à huit heures précises. II
sera gratuit. L'augmenlation
d'impôts que la Municipalité
se propose — la sournoise ! — de nous octroyer Tannée
prochaine couvrira les frais de la fête. — Bon peuple,
régale-toi. Tu paieras les violons et les trompettes. C'est
bien la moindre des choses, que diable, puisque tu as du
pain et les jeux du cirque, —et dos décorés.
Les Directeurs :
PODEBAL
et
BALEDCRIN.
entr'acte.
Intermède .musical et très
olympique par le to¬
troupe de jeunes caï-
nitruant Caeounct et
sa
lipyges.
Avis de la Direction.
Les jeunes filles sont priées
—
do sortir ; les dames — même âgées— do se voiler, tout
au moins, la face. En loul cas, MM. Pôdebal et Baledcrin
les
préviennent qu'ils tiennent à leur disposition des
éventails transparents qui
permettent do voir, sans rou¬
gir, les très curieuses scènes qui suivent, — point iné¬
dites malheureusement ; nous ne voulons tromper per¬
sonne.
a
—
plu à en colporter la nouvelle á Toccasion de mon
dans le Sud-Ouest, — ignorent, vraiment, et
caractère et les sentiments qui m'animent.
Le lieu, du reste, serait mal choisi pour une expli¬
cation de ce genre, en ces Fêtes Fédérales qui réunis¬
sent, dans une même idée de patriotisme et d'abné¬
gation, les jeunes hommes qui représentent le progrès
viril, Tcnergique espoir do la France, la vitalité na¬
voyage
mon
tionale.
Kn plaçant la Patrie au-dessus de nos divisions inté¬
rieures, de nos dissentions intimes, je ne fais, d'ail¬
leurs, que suivre le courant de T opinion. J'écoute, des
régions sereines où m'a placé la destinée, ta voix du
peuple — et cette voix me d t qu'on risque beaucoup
à semer la haine entre les citoyens d'un mème sol.
Le peuple est bon, Messieurs. Je parle des petits et
des humbles
des honnêtes besogneux, non des ré¬
voltés imbéciles
pour qui nous devons trouver un
peu plus de justice et d'humanité. Dans sa naïveté natu¬
—
—
relle, le travailleur croit réellement, lui, à tous les ar¬
bres de liberté que la parole des tribuns a fait pousser
des entrailles d'une terre arrosée de sueurs et de sang.
II croit, lui, le modeste ouvrier des champs et des vil¬
les, aux illusions d'égalité et de fraternité qui bercent
ses rêves, l'endorment, heureux, sous te toit de chaume
ou la mansarde, après les durs labeurs.
II croit au
progrès social qui le place au rang des plus grands,
grâce à son bulletin de vote II ne veut pas voir T agitalion inféconde des législateurs qui gaspillent un
temps
précieux — un temps qu'ils lui doivent, car ils sont á
ses ga^es — en des intrigues de couloirs qui n'amé¬
liorent point le sort de ceux qui attendent, sous l'orme
électoral, la réalisation d'engagements que des députés
oublieux ne savent plus tenir, sitôt éloignés de ceux
qui les nomment.
Si le peuple, Messieurs, sortait de ce rêve en lequel
son esprit simpliste se plaît à flotter, — le réveil serait
terrible, le coup de bélier brutal. Des frondaisons tran¬
quilles qui nous abritent, des rameaux généreux qui
s'épandent sur nos têtes, et sembleat, de leurs larges
feuilles, nous couvrir, après tant de batailles stériles,
d'un immuable bonheur, la tempête, les bourrasques
arracheraient des hâlons noueux, des gourdins solides.
Ah I prenons garde, alors, que les plus patients parmi
les prolétaires ne s'en saisissent, que des mains cal¬
leuses ne s'en emparent pour faire à ceux qui bernent
l'artisan
et dont, à aucun prix, je ne veux être —
—
de ces conduites de Grenoble que déchaînent les
soudaines et justes colères du peuple — (quand on
une
trompe ses espoirsetque sa magnanime patience s'irrite.
Le peuple souverain est une fiction des temps mo¬
dernes. II restera l'éternel opprimé. II n'est vraiment
le maìlre qu'aux jours de bataille, quand, aigri, il dé¬
laisse Toutil, se jette dans la rue, impose sa volonté,
brise et renverse tout. Le peuple est beau, Messieurs,
dans ses apaisements, dans son calme fort, comme dans
emportements robustes. Je le respecte et l'admire
ses
quelque côté qu'il se présente à moi. Je le vois si
confiant, si douloureusement obstiné à sa tâche, si sou¬
vent abusé dans ses espérances, si désintéressé en
sous
enthousiasmes de grand enfant que je fais plus de
de ses acclamations spontanées, que de toutes les
décorations artificielles de vos rues, que de toute la
ses
cas
quincaille des arcs-de-triomphe qu'on érige à grands
frais
dans un but intéressé quelconque — et sous
lesquels je passe en roi de jadis, en empereur. Cela
coûte cher aux contribuables
et ne donne pas â
manger à ceux qui meurent de faim. Ah ! les bravos
du peuple, au lieu de tous ces flas-flas, comme je les
—
aime !
Les villes ne sont pas toutes riches, Messieurs, et
l'état financier de la vôtre, en particulier, est déplora¬
ble. Pour combler le trou fait au budget communal par
des réjouissances inutiles, Tan prochain, lc conseil mu¬
nicipal aggravera encore la situation par de vnouveaux
impôts. La dîme est pesante, déjà, pour ceux qui tra¬
vaillent et connaissent, parfois, les heures intermina¬
bles d'un jour sans pain. N'eut-il pas mieux valu lais¬
ser Tinitiative privée agir seule, à sa guise, et em¬
ployer, vous, les responsables des deniers publics, les
fonds que vous gaspillez si légèrement à faire du bien
aux miséreux, aux pauvres? Dans la mesure de mes
moyens, j'aime, moi, à ne pas oublier les petits, ceux
de la plèbe, dans les cités où je me présente. Vous
auriez pu agir ainsi, emplir un peu le venlre de ceux
dont les entrailles, tout bas, gémissent et crient. Et,
loin de vous en vouloir d'avoir épargné les lampions
et les drapeaux, le luminaire et les banderolles sur
mon
passage, je vous eusse conservé une gratitude in¬
finie, plus flatté des vivats sincères de vos popula¬
tions, des respectueux saluts qui m'émeuvent et me
font aimer les déshérités du sort que de vos réceptions
coûteuses et conventionnelles.
Voilà, Messieurs, toute ma politique. Elle est faite
d'apaisement pour tous, de justice et de pitié pour ceux
qui souffrent.
Je lève mon verre en l'honneur des malheureux.
Je bois à la Patrie I
Je bois, aussi, au Peuple, — à sa prospérité par le
travail, par une plus équitable répartition des charges
qui gênent son essor et s'oppressent.
Pour
copie vraisemblable :
un
ment, MM. Long et Buisson, directeurs do ces Sociétés, bat¬
mesure.
très agréables hétaïres.
31. — La Maison Enchantée. — Truc à la Dickson,
imité de ceux de feu lecitoilienRavaçhol et de ses disciples.
Où l'on verra un bâtiment à dix étages s'écrouler comme
Ceux qui altendent de moi un discours politique, un
examen de Ia situation des partis —
comme on s'est
—
PARTIE,
1. — La Vieille amitié. Cantate interprétée par les
Enfants de Vésone et la Société l'Union Chorale. (Alternative¬
la
pianiste.
30. —- La Barre fixe, Exercices variés et do haute diffi¬
culté sur la tringle, corde raide, elc., par un bataillon de
Reprcseiîtaíïoii <io Gala pour rétllílcatiou des
tront
vatoire, accompagné en sourdine par M. Luc A. — Cré nom !
—
PROGRAM ME ;
(1.123.864) de ce journal, M. le Moniteur géné¬
Tatave
—
ris, contre M. Bànofron, champion périgourdin, trèssgnanarellisé, du Club des Tcles Couronnées. — (Ta'ave, un
peu fatigué, est en mauvaise forme. MM. Pôdebal et Ba¬
ledcrin en informent le public pour éviter toute réclama¬
pour ne pas écarter de nos exercices le pedestrianisme.
Eloignons-en plutôt le pédéraste, — pardon, le pédi¬
cure. Peliculorum decoramus... Amen!
Par Jupiter,
PREMIÈRE
A l'instant même où nos presses allaient
gé¬
mir pour le tirage à un million cent
vingt-trois
mille huit cent soixante-quatre
PARTIE.
—
deserto, vanitas, vanitamus
—
NIC0LADES
moins d'au mètre. (Deloncle est
».
-a.
Dominique, le Rempart de Carcassonne , contre
Eugène, la Citadelle du Perigord. — (Amédée le Barbu
marquera les coups.)
—
La chef du service des Informations : BILOCHE.
grand amateur simpliste Caconnet.
—
que : « Elle a vécu Mvrto, la jeune Périgourdine ! »
Vous entendrez ma voix, je ne prêcherai pas, en vain,
dans le désert : Vox clamentis (Clément Clament) in
Pour élucubrations au-dessous de la vérité
insconscieni. Mouvements do recul et musique
—
12.
Coneordia. Chant à voix inégales, par les En¬
fants de Vésone et la Société l'Union Chorale.
En bis : La Bonne Latente avec solo de jalousie
musicale par M. Roger Buisson, accompagné de rires par
M. Paschali.
13. — A qui io Caneçoa ? Grande séance de lutte en
quatre tableaux et tours de... passe-passe.
peytouro horlogerum canamus canasucre. Remontons
nos bras, nos montres, nos idées,
nos horloges, nos
En s'installant sur le
qu' ça glisse ! Morceau élégiaque
DEUXIÈME
quel endroit cet établissement
édifié, il est question de conduire M. Félix Faure
dans un champ quelconque, à proximité de la route de
Paris. La pierre posée — le lapin, plutôt — il faudra la
garder nuit et jour. Pensez donc, un calcaire présiden¬
tiel ! On demande, pour ce poste d'honneur, des
citoyens
de bonne volonté. S'adresser à M. l'adjoint
Ségard chargé
d'organiser ce corps de volontaires.
gnes russes, manèges, etc.) avaient, spontanément, offert
á la municipalité de s'obliger au silence
pendant chacun
des morceaux que joue, le dimanche soir, la
sens
D.) Clou de l'Exposition Universelle de
1900. Apothéose, avec feux de bengale, fusées à sifflet,
pétards, lunes (le soleil est vieux jeu), étoiles, etc. —Divertissement idéal par toute la troupe, sous la sur¬
veillance du directeur, l'époilant Caconnet.
î'audace.
quoi je m'oppose,
Crae, j'
La Lune à
fichu. — N. D. !..
croit universel dans le patois de Virgile, de Tacite
d'Horace depuis qu'il professe dans un Temple aca¬
démie (sic). — II est doux quand la mer est agitée...
Suave mari magno, turlututu, macaclie bono.
Go ahead! Gódaou, en avant 1 Luzerne et... foin de
la politique.
Les Jeux Olympiques sont la base des Sociétés. Con¬
tinuons. Ayons de
Audaces fortuna savat.
Les gymnastes audacieux font florès à Javal — Vixil.
II ne faut pas qu'on puisse dire, un jour, de la gymnasti¬
à
—
trouvé dans les souilles de Sodome par un archéologue
qui n'avait pas la berlue, rabiboché pour la circonstance,
et
interprété par l'un des jeunes callipvges masqués, avec
solo renouvelé (bissé et 1 risse si on l'exige) sur la flûte
champêtre, par l'infatigable maestro Caconnet.
d.
Conférence sur les Fondements de l'Amour
dans la société moderne. Projections lumineuses,
effet de lune et de... l'autre par le Directeur de la Troupe
des Callipyges.
e.
C'est pas dans I nez — bien sûr — qu' ça
in' chatouille ! Paysannerie
équestre, récitée à quatre pattes
réglés par 1
et
Ce
c.
Messieurs ,
exécuté avec fifres et tambours par toute la
Cliacun prend son plaisir où iï lo trouve,
romance sentimentale sans paroles, dans le genre gai, par
le célèbre mime Caconnet.
par un
donnez donc â mon style les boursouflures, les ven¬
touses, les ampoules, les angelures, les peteïrôles qui
lui manquent, et saluez en moi, au nom de l'Univers
et autres pays de la Lune, un grand Moniteur qui se
pas. II a autre chose à faire, curente calumet calamo
chalumeau : le cussou courant, frères ! Polo majora
sera
—
—
Le Président de la République posera,
parait-il, la pre¬
mière pierre du nouvel Hospice. Mais, comme on ne sait
pas encore exactement à
b.
—
les champs — seront le plus beau jour de ma vie.
Laissez-moi vous féliciter. Notre langue française si
mon
M.- Caconnet,
troupe.
Hymne à Oscar : Le siège de l'Amour, musique d«
PAROLES D'HONNÊTE HOMME,
Nous recevons, par voie fluviale — bateau sous-marin
escorté d'un régiment de gendarmes à cheval en ballon —
le texte, variable, du discours que pourrait bien prononcer
M. le Président de la République, â Ia fin du banquet qui
lui sera offert, par Ia municipalité, au nom de la ville de
Périgueux, dans la salle des Pas-Perdus du Palais de
Justice.
Nous ne voyons aucun inconvénient à ce que
Faure s'exprime ainsi :
M. Félix
Saint-Georges.
—
taaa/y
ST1IPUOMIE CHORALE
Une nouvelle irès rupine, abominablement lurepoque,
sinon loufoque, nous arrive, en traîneau attelé de ca-
gouilles, du Pôle Nord. Nous prions humblement la Grande
Presse de ne pas nous la chiper, sans indication, tout au
moins, d'origine. Cela nous coûte assez cher d'entretenir,
dans les régions arctiques, el à T ombre dos palmiers, un
correspondant spécial. C'est bien la moindre des choses
que nous profilions des bénéfices d'une petite réclame.
Donc, si vous nous reproduisez, confrères, citez « Qui
de las moouvas ? »
Voici la sensationnelle chose : Sur le désir exprimé par
l'un de ses membres, M. Roger Buisson, le conseil muni¬
voou
cipal de Périgueux vient de se réunir en séance pharamiextraordinaire. L'honorable directeur de la
Société l'Union chorale tenait à faire décider par ses col¬
neusement
lègues qu'une réception enthousiaste serait organisée en
l'honneur des Enfants de Vésone qui viennent, chacun
le sait, de remporter, au concours de Toulouse, trois prix,
dont un de 1,500 francs, — oui, mesdames. D'acclamation,
la proposition a été volée, moins une voix, — et cela peut
paraître extraordinaire : celle de M. Buisson. II a été
décidé, en outre, que la réception des vaillants et infati¬
gables chanteurs aurait lieu le soir même du jour du
départ do M. le Président de la République.
Dans un très éloquent discours, M. le conseiller Buisson
a démontré qu'il n'y avait plus' de chanteurs dans le Midi
et a demande qu'on utilise pour les Enfants de V.ésòne
les décorations des rues, arcs-de-triomphè, mâts, dra¬
peaux, installés pour M. Félix Faure. Le cortège partira
de la gare à une heure indue. La haie sera faite, du point
de départ à la Maison de Ville, lieu d'arrivée, par les
membres actifs de la société l'Union chorale, qui se
multiplieront, sur le parcours, pour fêler les succès
d'excellenls camarades d'une société si peu rivale, 'foule
la force armée venue dans notre ville à Toccasion du pas¬
sage du Président sera mobilisée. On tirera le canon, —
sur le zinc. Devant le cortège, M. Roger Buisson marchera
pieds nus, tête rasée, en chemise, 'tous les quatre centi¬
mètres, il clamera, accompagné piano par les membres
de la société qu'il dirige mal vers les Divisions supé¬
rieures, et sur un ton plaintif et douloureux réglé par
M. Long: Mea culpa, mca maxima culpa. En même temps,
il se frappera la poitrine avec les quinze cents francs en
pièces d'un centime rapportés du Copilote par les Enfants
de Vésone et dont ceux-ci, volontiers, le chargeront.
A la mairie, discours de M. le premier adjoint Ségard
sur la Réconciliation orphéoneuse, chœur de la Toulou¬
saine, composé, ex-ahrupto, par M. le directeur Roger
Buisson. .Enbrasement général et embrassement idem. —
Dislocation. — De là, bras-dessus, bras-dessous, les
membres des deux sociétés se rendront à la place Pinìï.an'cy, savourer, à l'aide des pompés à incendie de la
ville, un punch au rhum de derrière les cannés à sucre de
St-Georges (plantation des Chabannes), que la municipalité,
prévoyante, leur aura fait préparer dans la vasque de la
Fontaine mortuaire et lamberlicide, qui ost un des plus
beaux fleurons de la couronne administrative de M. Sau¬
mande.
Hie.
CURIOSITES
PETIT GUIDE
DE
LA
VILLE
HUMORISTIQUE DE
Nous ne voudrions porter aucun tort a la
Tombola à la XXIe Fête Fédérale, rnais la
vérité nous obligé a une constatation pénible.
Auprès de notre Loterie, celle des voisins d'en
face n'est que de la gnognotte. L'examen des
lots énoncés ci-dessous et visibles — pour les
avôugles seulement — dans la Salle des Dépê¬
succès
ches que nous venons d'inaugurer —•
oblige — à Marsaneix, montrera "plus qu'un long
poème pro doríio sua à quels généreux dona¬
teurs nous avons-eu à faire. Du hautde St-b çont,
nous les
remercions vivement. Leur délicate
attention nous touche plus que nous ne saurions
i'écrire.
Voici la liste
complète des lots avec l'indica¬
qui ont
tion — transparente — des personnes
bien voulu honorer notre œuvre d'un
envoi
quelconque :
Un ancien Tanneur.
Manuel du parfait Président de
République. {Dédié à M. Casimir-Périer).
Le Père dès Céréales: — Le maroquin de PAgricullure dès que la Chambre en aura dépossédé le; titulaire
actuel. (Le gagnant aura peu de temps à attendre.
—
N. D. L.
D.)
Jj'Egoutíer.
Un foudre do... son éloquence. — Une
-
complète de ses discours au Palais-Bourbon.
(Le veinard qui gagnera ce lot est prévenu que poui
prendre livraison, il féra bien de fréter une des voilures
a Rocipon, la • plus, grande). — Bon prochain
four élec¬
collection
toral.
Un Maréchal. — La paire <de ciseaux — en.or — dont
11 se servira pour tailler îe patron de la veste de
Georges.
Sa Majesté
X'2)£ecteu/L :_
XXEm/
e-...
%âaaA- Ml?
í'imOAA/l-/ItMAÌ
Uyvwuà
<W-M*>ÙU> .)
ìvwj.ÍM<
Bitter I8r. — Le moyen de se faire des
corrigé
Un portrait de
d'immeubles. (Dernier avatar du.
rentes en, délabrant les estomacs. (Manuel revu,
et augmenté du Bon Empoisonneur.) —
Jésus-Christ,
Crucifié.)
gérant
Lofi Prefè. — Un traité d'économie domestique. — Un
périgourdine à rester chez
lot d'invitations à la société
elle — encore l'hivèr prochain. —
L'engagement de ne
Laugier-Malhieu, le
pas faire oublier (par ses soirées)
Préfet bon enfant et fìn-de-siòcle.
Un Adjoint. — Une culotte de peau. — Le
Ramollol, par Charles Leroy (1 volume). — Une collec¬
tion de speechs (clichés) pour mariages. — Uri vieux
pompon.
Futur Budgétivore. — Tout pour Elle ! — Petit dis¬
cours inédit sur la meilleure manière d'arriver à un bon
colonel
poste. (Parade ol... faclivc d'un citoyen qui a du nez.)
Le sergent Villajoux. — Un beau pif. — Une bonne
mâchoire.
Notre Vétérinaire. — Un autographe : Le lire de re¬
merciements d'un décoré à M. Saumande. (Pièce origi¬
nale, curieuse, authentique et pas mal toc )
L'as-tu-vu.
Bon pour un projet
—
de' fontaine.:, fu¬
néraire avec eaux jaillissantes (en dedans !)
Un Pharmacien. — Un lut de boulet les dentaires avec
celte mention : Guérissez,
n'arrachez jamais, 'confrè¬
res !
Cicéron, liorticiiltciir-yymnaste. — Lot de Fleurs
(Cueillies à coups de serpe, de hache et do
faux.)
Quis. — Les Races de chiens de l'Univers et d'autres
lieux, 1 volume par le donateur. — Un compte-relulu
d'exposition canine. — Un gros lot de polémiques.cyné¬
latines.
gétiques.
Un Greffier instructeur.
—
WWUts
?l£s Z&'fLl-VO&AÁXi
'MWûfâdàíts1 Jfl0>Wl Uli^b *, tx-iA^^C . íXvià UMt
Chien de manchon. — La
clef des cœurs.
Le beau F. 0. Ténébreux. — De la violette, toujours
de la violette, encore do la violette. (Un tonneau.)
Pégomas. — Le Mérite Agricole que M. Gadaud
lui
(Moyen¬
décernera pour sévenger en homme d'esprit. —nant un bock — que nous lui devons encore — noire
collaborateur a consenti à céder ce bout de ruban à la
Tombola. Homme généreux, va î N. 1). L. D).
Un Photographe. — La Roule des connaissances
traies.
Un groupe : Militaires et bonnes d'enfants.
Un beau-frère de Ministre. — Une tondeuse pour
les œufs. — P.on pour la photographie d'une
sion... non gratuite.
Le Chien d'un ancien professeur de dessin. —
théà
—
circonci¬
projet de maison volé à .son maître
ment compris cl soigné.)
Bains Chinois.
Un
(article particulière-
Une série de douches. (Par un petit
—
direction du journal
lot. Ce sera autant
d'économie pour .es rédacteurs. —Hein? En avons-nous
truc
que nous ne dévoilerons pas, la
s'arrangera de façon à gagner ce
île la franchise
—
!)
Le Ministre de la Justice. — Les balances de Theinis.
(Cet article nous est parvenu un peu endommagé.
N.
D.
L.
D.)
Un gros P. —oh !
CcKVt/» To/fvXVM^. —
'^/VCV«Xt-í>^'
-v <ítA^O'T^i^tkfcAA^-
(5^^/^î.^c! DaL-/jwuAA»/te/4> an&/vci> <^u OA*A ^OI2*K feWl/i AVIìaySI^Ì^
ik^nXÁM*crJ* ^
**
,MY> à'^icÂeî juwA..ja/uM^t/i [u ^M>VflÀwW*
s
qui a des guêtres. — Un volume :
-
! / Art de s'anoblir.
*^£/ò V^UC^.œ J& 4 CW VíWVÍ" ''îoMjc-uAA
p cH/i. {JjM4- ,
tuûsy pvlA, '\f\OM UAJJSbk. 0\\At£C^AAAJ^ov* .
b\-AoajX^ÍA'IA (*-
Le Combat Périgourdin. — Une bonne japette.
Un chef de l'Etat-civil.— Un bonhomme.
Un Maître de Chapelle. — Un jouet : Jars à sons
te^vjvs ^wv W,vA- u^îwn- A^W . . . /^AoJJnîAA^.(A<^ faeJnojx<J .'
d'orgues.
Nous ho recevons pas de la Préfecture la. communica¬
tion suivante :
Pour îa soirée qui sera offerte aux maires, le lundi
3 juin, il est superflu -d'armoncer qu'aucune condition de
tenue n'est imposée aux représentants des municipalités
du département. Ils pourront venir en chemise, bonnet de
Un Directeur de Société chorale. — Un baril de brou
de noix. (Le donateur insiste auprès de nous poqir que
nous fassions gagner cc lot aux Enfants
de
si
c'est possible, même par une petite tricherie. La raison :
Vésonc,
U y aurait, paraiI-il, dans ce fut, moins de
d eslrychninc. — Noie d'un interviewer.)
liqueur que
cotcrn, en' Adam meme si la chaleur les
Uii instituteur.
Le moyen de faire peau neuve.
Un adjoint.-- Les tenants et les aboulissants munici¬
—
paux .
Un groupe d'édiles. —
<«
La chanson du bon Nadaud :
Brigadier, vous avez raison! » ornée des portraits des
doua leurs.
Le Prince du
Quinquina. — Une gravure de modes,
signée lien in.
Un apothicaire nouvellement blanchi. -- 500 kilos do
til de fer et de fixatif pour les moustaches.
Un fils à papa. — Les poils de la culotte qu'il n'a point
usée sur les bancs de 1 école des Beaux-Arts,— quoiqu'il
cn dise.
Un tailleur. — Le patron, joliment assemble, de la
prochaine veste de Factuelle municipalité.
Barberousse.
Un tableau encadré par M. Aulier :
—
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íetl buxio.
Harpagon à bicyclette.
Un intéressant homme d'affaires.—Le procès d'Oscar
Wilde, revu et annoté par un qui s'y — bah ! —connaît..
(Ílííindt;
(— Tiré par les cheveux, hein, celui-là ?)
M. Vénus.
Mémoires
—
galants d'un louvelier péri-
—
—
municipalité.
—
De
Yépale et de l'assurance plein
une. bâche.— Favoris en cuisses de lapin.
Un ancien gros petit piston. — I/écrevisse qu'il a
dans {'escarcelle. — IJne broche artistique. — Une lirelire forme barricon.
Femme charmante et anonyme. — Un vilain petit gros
liuiïel.
Laurent-Outang. — Un pot de rillettes de Touraine.
Les Vidangeurs. — Triple extrait pour le mouchoir. —
l'n sachet de raclures de fonds do tonneaux. (Odeur admi¬
rablement concentrée.) — Do la matière électorale à
discrétion.
Un gros fabricant de conserves.—L'AméniUí,siaUicltr
truffée de douceurs de tous calibres, à la gauloise.
Un cafetier. — Tapisserie de Beauvais. (L'Hirondelle
et Ia Messager Périgourdin sc faisant lamoue— non l'a-
ìuour.)
Un minotier.
L'aubier d'une allumette. (Don vrai généreux. X. D. L. D.)
Un lot d'ouvrages de dame.
Lagardère. — Un divan.'
Le Père Bugeàud. — Sa casquette.
Daumesnil.
La jambe qu'il a perdue.
Montaigne. — Un canif solide pour que le gagnant
ou
la gagnante — vienne lui tailler son crayon, voire
—
nient
Un Hottentot.
—
—
—
plume.
?a
Fénéton
Un Télémaque non expurgé pour lycéennes.
!■ iln vuáelie
ts Tarlarin cafetier. (Sujets de chasse
—
sur
tapisserie du Beauvais.)
lunttw
K.,
•ííwX'Cwie-
>iícrlti
paroles que devrait bien enregistrer ('Histoire.
gêne.
léchait
le
l'oreillo
Ah ! mon cher ministre, nous serons, obligés, jc ie
vois, de faire reconstruire la Bastille ! »
«
Cent
—
kilos de confettis.
Un greffier. — Mille et uni soucoupes.
Le Médecin des pauvres. — Ses services pour tous.
La couronne de laurière que ses obligés devraient lui
offrir.
Les Numéros pairs du cours Montaigne. — Un chien
de leur chienne (pour M. lc Maire). — Uno dent contre la
TJn emballeur.
t^íâcjyb
populaire
Ex-sujet de la reine Christine. — Un lot de soupirs
des Quinze-Vinrjt de F Amour) —
(système Thouars). — Une grosse d'abat-jour.
.
M. Félix Faure, évidemment, se montrait très louché
de cette manifestation. Cependant, il souffrait de oc luxe
de décors, et, modeste, il en éprouvait comme une
Pour- employer une expression
: on
trop
ses bottes. Aussi, à un moment donné, se tournant vers
ministre des travaux publies, il lui glissa à
ce?
Un docteur en droit. — Aide-loi, Dieu aide. Thèse
stfr la Modeslie et l'Humililé.
Un maire.
La hotte sur laquelle il présentera les
clefs de la rue Neuve au Président.
Silvio Pellico (sic) oh! — Cinq ccnts douzaines de
chaussons de lisière. — Quatre mille poches eh papier
.
On.prête á M. Félix Faure un mot bien cruel potirles
puritains de la démocratie.
C'était pendant les fûtes du Havre. Sur le parcours du
cortège officiel, los compatriotes du Président de la
République avaient multiplié les arcs de triomphe, pa¬
voisé, du haufen bas, les maisons. La réception enthou¬
siaste des H a vrais tenait du délire; on eût dit qu'ils fê¬
laient un grand conquérant, un grand général, un homme
enfin qui venait de rendre, par exemple... Strasbourg
et Metz à la France.
gourdin.
de dames (Institution
dans un sac.
incommode à la
simple condition d'être ceints de l'écbarpe. Mais le cale¬
çon de bain est de rigueur, tout au moins,pour les autres
invités, comme il le sera pour le bal donné le 2 juin par
M. le Préfet. Seules,les dames seront reçues en costume
d'avant la pomme'; on exigera, tout bonnement, le port
de la feuille de vigne dans les cheveux. — Ah, maman,
on ne s'embêtera pas à la Préfecture !
Fi.uit.
ra-''v~i
—
Un gros bonnet de l'enlourage du
Président de la Ré¬
publique nous informe qu'en quittant Përigueux, M.
Félix Faure, après quelques mois de remerciements a la
municipalité, dira à M. Saumande : « — Quand je vou¬
drai voir votre ville, mon cher Maire, sous SON véritable
aspect, j'y viendrai incognito, en simple touriste. On
m'assure que Pérìgueux est curieux à visiter. Ma foi, en
bonne franchise, je n'ai guère vu que des drapeaux, des
lampmps, des portiques, des pavois empruntes à un
décròchez-moi ça » du Temple. J'ai cru parcourir uno
foire. Quant à votre cité, est-elle antique? Je ('ignore. —
J'e crois qu'elle était surtout cn toc, pendant ees deux
jours dfe fêtes. — Sapristi, si vous réussissez à bien
vous casor,
cela aura coulé-cher à ' vos compatriotes.
Ah ! que-l'on fait de grandes choses, n'est-ce pas? avec la
<>
bourse des autres !
»
PLOC.
imp.de la oordogne.
Le Qérnnt : J.DEVAUX
Fait partie de Quî vöou de lâs moouvas !
