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Médias
Fait partie de Périgueux-revue
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Sáladê
LE BOULEVARD.
âí§§ d'ë physionomies et de physiologies périgourdines
Par
LE PETIT MONSIEUR QUI FAIT LA CARICATURE DES AUTRES.
Le petit monsieur qui fait la caricature
des autres en est une lui-même accomplie. Imaginez une tête grosse comme son
poing et un poing comme un point mathématique, une taille de guêpe qui en aurait une elle-même de fourmi, des jambes
d'insecte emmanchées de périssoires, des bras à l'ávenánt, et une allure'
d'araignée en retard. Collez tout ce rien fiévreux
dans un complet collant jusqu'à la sincérité la moins â
propos, et vous n'aurez encore qu'une faible idée du peu qu'est en
réalité le petit monsieur qui s'amuse à faire la caricature des autres. Avec
ça toujours hérissé de panoplies et des masques
d'escrime jusque sur la tète. Je vous dis, un petit Tartarin encore plus pour rire
que le vrai ! Mais ce qu'il y a de plus drôle,
c'est qu'il ne s'en doute pas! ça pauvre ! !
Seulement chut ! voilà son chien !
Surtout, n'allez pas lui dire que je vous l'ai dit !
bibliotheque
de la ville
de
périgueux
Une tête de veau pour deux !
Un vieux petit employé.
P. P.
profil nontronxiais.
Le plus antédiluvien des gros
Un revenant.
,
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/
MERCURE.
LE COMMANDANT BOUM.
UN ENCADREUR HORS
CADRE,
GAUTHIER, SUCCESSEUR.
Mimi Pinson porte une rose,
Une rose blanche au côté.
Cette fleur dans son cœur éclose,
Landerirette !
C'est la gaîté.
Quand un bon souper la réveille,
Elle fait sortir la chanson
De la bouteille.
Parfois il penche sur l'oreille,
Le bonnet de Mimi Pinson.
Mimi Pinson peut rester fille,
Si Dieu le veut, c'est dans son droit
Elle aura toujours son aiguille,
Landerirette !
Au bout du doigt.
Pour entreprendre sa conquête,
Ce n'est pas tout qu'un beau garçon
Faut être honnête ;
Car il n'est pas loin de sa tête ,
Le bonnet de Mimi Pinson.
(Alf. de Musset.
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MOUSTACHISSIMU.
(AUTOGRAPHE)
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CUK.C.
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DE5 AVOUES
ET AVOCATS
FANTILLE APRÈS LA. LETTRE
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LE DOCTEUR TANT MIEUX
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DEUX CIREURS SUR LA SELLETTE
LE TOMBEAU DES SECRETS
,
Le tombeau des secrets
est
aussi un décrotteur, si je puis me servir d'une
expression aussi incorrecte pour désigner un
impeccable et des panta¬
lons de nuances discrètes qui ne font jamais
genoux. Les cordons de ses souliers sont noués avec soin et symétrie. — Dès les
beaux jours il fait sa mue et le
premier annonce le retour du printemps par sa tenue estivale : une redingote grise, des pan¬
talons clairs et une cravate blanche, plus blanche encore. 11 a les cheveux d'un gris respectable, coupés courts, et 1 œil con¬
descendant.
Toute sa personne sévère respire l'honorabilité et le respect de soi. —Sur sa poitrine la décoration ordinaire
de ses pareils (la seule
peut-être que M. Wilson ait respectée) prend les proportions de la Grand'Croix de la Légiond'Honneur.
Sa sellette est pour lui un symbole, et il manie sa boite à brosses avec
dignité, comme un médecin manie¬
rait sa trousse.
S'il daigne porter une casquette, c'est tout simplement pour ne pas humilier les demi-messieurs qu'il cire
parfois ; car il est bon. — II ne raccroche pas, il est avenant, vous place délicatement le pied sur la sellette, relève le
pantalon d'une caresse arrondie et méthodique; puis, pendant l'opération, qu'il fait toujours consciencieusement, il cause
avec son
patient de l'évènement politique du jour, déplore la situation qui est faite au pauvre ouvrier, donne son avis et fait
des confidences.
11 a sa légende, un conte des Mille et une Nuits. II est, dit-il, de
sang royal (on en a yu bien d'autres !)
et aurait été
dépouillé injustement d'un héritage fabuleux par une famille de nobles fumistes Italiens. II n'en est pas plus
fier pour cela ; il cause
quelquefois avec les garçons de café. Mais en parlant de ses collègues, il dit : « ces gens », car il
est digne. — II a refusé, dit-on, de faire
partie du Conseil municipal. C'est décidément un Monsieur très comme il faut. —
Pour porter un petit poulet de la
part d'un petit pigeon à une petite
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il n'y a que lui, il n'y a eu que lui et il n'y
aura
que lui ! II a créé le rôle. — II a l'air d'accomplir une mission ;
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et si discret ! « Mystère et amour ! » disent
ces dames, et elles
ajoutent extasiées : « Et vous savez ? c'est ciré, chez lui ! » — Parbleu !
Au fond il méprise ses
contemporains, mais ne crache point sur leurs bottines.
Ce ne sont là que des souvenirs. La
jeunesse dorée s'est dédorée, et le vent de la crise a soufflé là-dessus. La cravate
blanche n'est plus blanche, la
redingote noire n'est plus noire !
Monsieur aussi bien.
—
L'hiver il porte une redingote noire très boutonnée, une cravate blanche
—
—
—
—
Le commerce va si mal !
LE
PENDANT
Le Pendant est aussi un décrotteur,
DE
L'AUTRE
si je puis employer ce mot propre pour désigner un aussi indécrottable personnage. II
habite le bec de gaz voisin, dont il a fait son centre
d'opérations. — On le voit néanmoins traîner le long des cafés, l'allure
oblique et bancale d'un crabe battu, plié dans une loque, coiffé d'une épave, et chaussé de débris. — On lui prodigue des
noms de mal blanc,
quoiqu'il ait la face plus violette que l'âme du directeur de Y Écho. II porte la barbe rare et moisie, a des
cheveux de nouveau-né, la bouche marmottante, l'œil
guetteur et la sellette quêteuse. —1 Les garçons de café lui parlent
quelquefois et le tutoient.— Ses brosses sont teigneuses, et il les lave dans le ruisseau. — II est la bête noire et la seule
faiblesse de son correct voisin, dont il empoisonne l'existence. C'est
l'opprobre du métier ; il est de ceux qui n'ont ni le
respect du pantalon d'autrui, ni le respect du leur, et qu'on pourrait appeler : « les accroupis ». — II a de ces propos:
«
M'sieu, je peux plus cracher! un soude plus pour me payer un sirop ! » Et il fait semblant de mourir de faim, pour avoir
plus d'argent à boire. —Comme messager d'amour, c'est un facteur rural ; ces dames s'en plaignent toutes.
II est méprisé de ses contemporains, mais crache sur leurs chaussures. C'est à ne
plus oser les flanquer au derrière d'un
honnête homme !
LE BARON JVAL.
La
plus noble conquête que le cheval ait jamais faite, est celle de ce fier et fougueux animal qui se surnomme le baron
d val. Le baron d val ne
prononce pas cheval comme le vulgaire. II dit ; « d val ». Pourquoi?..» Mystère et
équítation.
Le baron d val n'est ni un baron ni un d val. C'est un
simple bipède, mais d'une espèce particulière. S'il ne marche que
sur deux
jambes, deux très longues jambes, c'est qu'if veut bien s'y résigner. II s'efforce d'ailleurs de marcher aussi mal
que
possible, se dandinant et brinquebalant des coudes, les jambes en cerceaux et les pieds sonnants,
pour bien montrer aux
populations que s'il condescend jusqu'à aller pedibus cum jambis, c'est contre sa destinée» Mème quand le baron d val mar¬
che, on sent qu'il devrait être à d val.
Le baron d val adore le d val et en est adoré.
D'ailleurs, il est né dans les d vaux, a été élevé dans les d vaux, a fait son
service dans les dvaux et compte bien être enseveli dans une culotte de
peau de taupe. 11 a le culte du crottin, Maìntefôis
on lui a entendu dire dans ses moments de crise : « Une
belle femme ! un beau d val !
j'aime mieux le beau d Val ! » et il en
a
plein la bouche, ce qui n'est pas peu dire. Avant lui l'animal. Le baron d val a eu des accidents de d val, et il les raconte.
D'ailleurs, il ne dompte que le d val indomptable, et a mème inventé un mécanisme très
ingénieux et très utile pour taire
sauter à la corde les d vaux récalcitrants.
„
Le baron d val est
impitoyable pour les jvaux des autres. Les jvaux de M. X... billardent, le tandem de M. U... lui fait
mal, la rosse du capitaine XXX a des pieds en écaille d'huître, le criquet du commandant Z... la
croupe en pupitre.
Impitoyable aussi pour les autres cavaliers. Le lieutenant un tel monte comme une paire de pincettes, le commandant un
autre comme un cul de jatte, le
petit X... comme un jval, et le gros machin comme un âne.
Faudrait le voir monter, lui !
Ouil
.
Mais voilà, on ne le voit jamais. C'est qu'à la vérité,
suprême anomalie Ile baron dval n'a pas de j'val ! 11 y a bien les jvaux
auguste assiette, et puis ça ne coûte que deux francs l'heure !
Le baron dval a un nez étonnant pour les jvaux, le feutre sur l'oreille, les cols très
haut, ordinairement un stick, constam¬
ment des éperons, souvent des
sous-pieds, des bottes les grands jours, toujours des gants en bois et l'air conquérant.
Au demeurant, pas mauvais
garçon. On l'a vu souvent faire toucher familièrement aux jeunes qui parlent de
s'engáger,
ses fesses et ses
genoux pour leur en faire constater bétonnante culerosse. « Eh ! mon gaillard, quand tu en auras autant ! »
de louage, mais ce sont des rosses indignes de son
Sa devise :
«
Mon tortil pour un jval ! »
A croqueur, croqueur et demi
Dédié au Cercle de la
.
Philologie.
