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Président : M. J. SAVON fils.
Administrateur-directeur : M. F.
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MALIQUET, ingénieur.
BAUDOUY, ingénieur des Arts et Manufactures.
La Société Française, qui a exécuté les travaux d'assainissement de la
Préfecture,
de l'Œuvre de la Jeunesse, des Petites Sœurs des Pauvres et de nombreux immeubles
à Marseille, entreprend à forfait les travaux d'assainissement des
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exclusivement avec des éléments locaux, est précisément d'offrir à MM. les
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composition du
Conseil d'administration de la Société, présidée par M. J. Savon fils, dont les membres sont
tous des personnalités bien connues sur notre place, est le plus sùr
répondant des engage¬
ments qu'elle prend envers ses clients et des garanties qu'elle leur offre. Ces éléments de
sécurité, très difficiles à rencontrer réunis dans une même entreprise, n'échapperont pas
à l'attention de MM. les propriétaires, qui trouveront aussi, gratuitement, aux bureaux de
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Puisque bientôt tu vas descendre
Dans le gouffre noir et malsain,
Que vers l'abime éternel, SaintSylvestre. conduira ta cendre,
Je vais, le cœur rempli d'émois,
Comme on fait pour un mort célèbre,
Prononcer l'oraison funèbre
De tes douze mois !
Qu'ils virent de choses diverses
accumulés !
Pleurs
rires perlés,
et
Bonheurs, ennuis, plaisirs, traverses.
On n'a que rembarras du choix.
Que de troubles, que de mystères....
de
Pierrot
Pépin était un brave homme qui n'avait pas eu de chance. Tout jeune il
avait débuté dans les lettres, fait des vers, puis de la politique, puis du
journalisme, puis.
.
puis plus rien. II était de ces mal éclos qui tombent dans
la vie comme un chien dans un jeu de quilles, de ceux que la mère porte avec
humeur durant de pénibles mois et livre un jour avec un cri de débarras.
Glouton de vie, lui, il voulut en jouir plus tôt que les autres, le niais !
A sept mois il était citoyen et soulagea ainsi prématurément sa créatrice :
c'est là le seul service qu'il ait jamais rendu à sa famille.
Cette gourmandise de
Tes douze mois
amers
Crime
vivre fut peut-être toute la cause de ses malheurs. II
poussa chétif, malingre, avec, dans l'aspect, quelque chose de lâché et
d'inachevé comme une étude de peintre paresseux: sitôt qu'il fut en âge
d'apprécier les choses, ce fut son être le premier cauchemar. II sentit son
infériorité physique, la fragilité de sa structure, ébauchée à la hâte, et il souffrit;
il tenta d'être grand et beau par le moral, étudia, et, à tout hasard, se lança
dans la littérature.
Autour de lui, ses camarades l'enviaient.
11 entendait sans cesse répéter :
Veinard, va, tu ne seras pas soldat !
Cette idée qu'il ne pouvait pas être un numéro matricule le hanta à tel
point qu'elle détraqua sa faible cervelle.
Les vers de huit et dix pieds ne le consolèrent point ; encore moins ceux de
douze: la longueur de l'alexandrin semblait railler sa petitesse. II rêvait,
rêvait d'être militaire, justement parce qu'il ne pouvait pas (caractéristique
—
—
On vit tomber deux ministères
Dans tes douze mois.
prince très débonnaire,
Le Tzar,
chaque pays s'il
Demande à
Veut effacer les mots fusil
du rêve).
Comme il était pauvre et sans esprit, à vingt ans
Et sabre du dictionnaire.
Plus de vains et
sanglants tournois!.
Mais, hélas! cet an qui s'achève
il végétait. L'héritage du
père s'était seulement composé de la prédiction qu'il finirait mal et ce fut bien
peu pour vivre, même avec parcimonie.
Si j'étais fort et bâti avec de la chair à canon, se disait-il, l'Etat me
—
s'accomplir ce rêve
N'a pas vu
Dans
douze mois !
ses
L'Espagne — lutte magnifique —
Malgré sa valeur succomba
A Santiago de Cuba,
Ensanglantant le Pacifique.
Ils luttèrent un contre trois,
Les fils du Cid, race énergique....
Voilà ce qu'on vit de tragique
Dans
qu'on nous a rempli l'oreille
Rougon-Maquart,
De Dreyfus, de Monsieur Picquart...
A Paris, Lyon ou Marseille,
Sur ce thème, entre gens courtois,
Que de mots amers l'on profère....
Ce qu'on a parlé de l'Affaire
Ce
De hauteur des
Dans
ces
Mais il n'avait pas seulement la hauteur minima des cibles réglementaires ;
il n'était réellement bon à rien. II est probable qu'il serait mort de faim dès
époque, s'il n'existait un dieu pour les meurt-de-faim. La Providence lui
prolongation d'agonie en lui suggérant une idée très discutable.
Puisque je ne puis pas être soldat pour de vrai, pensa-t-il, je servirai
dans les pantomimes ; là on n'est pas exigeant pour la taille.
cette
envoya une
—
Bravement il s'enrôla et courut au feu... de la rampe.
II
douze mois!
ces
nourrirait ; je m'engagerais...
douze mois !
gagnait vingt-cinq sous par soir et les buvait avec Pierrot après la
représentation. Ils furent rapidement amis tous les deux et, grâce à l'influence
de Pierrot, il put jouer les caporaux après trois mois de planches.
II eut tort de boire cependant et devint promptement alcoolique, comme un
individu ordinaire. II crut, dans le vin, noyer les mauvaises souvenances, les
méchantes heures, oublier l'imparfaite gestation dont il était victime.
Etait-il coupable ? Non.
C'était un mortel raté ; un peu de pâte humaine maladroitement pétrie.
Qui sait ? La couveuse artificielle ferait peut-être les hommes meilleurs.
mais robuste et sain
quoique décadent. II se prit d'affection pour Pépin, le petit, le Bref, comme il
Pavait surnommé
car Pierrot possédait quelques souvenirs
historiques. Plus
Pierrot était malicieux, mais bon ; pâle aussi, imberbe,
—
odieux pastiche
A Genève
—
De Santo
qu'on guillotina —
sage que le commun des Pierrots,
courait pas trop les Colombines du
il ne se grisait pas immodérément, ne
boulevard et donnait parfois à son ami
Un anarchiste assassina
de sages conseils.
La souveraine de l'Autriche.
Vois-tu, tu as tort de boire comme tu le fais. Tu finiras comme
Coupeau, dans l'assommoir.
Mon père me l'a prédit, répondait Pépin, philosophiquement, que sa
—
jours le métier de rois
Expose à des dangers sans nombre..
Année, on vit ce crime sombre
De
nos
Dans
tes
—
dernière volonté soit faite !..
—
douze mois.
A la grâce de Dieu alors,
répliquait Pierrot, et allons boire un zinc...
Ensemble ils firent de nombreuses campagnes, enlevèrent des miradors aux
Que d'officiers d'Académie
fait
Chinois
encor !
Cette année
on
a
Mais Félix
eut
la Toison d'or
dit
voix intérieure
poids,
11
se
«
C'est la minute la meilleure
De
Je
—
ces
douze mois!
—
»
pourrais dire mainte chose
Sur
ces
des amazones
au
Dahomey. A six, ils mirent à bas la Bastille au
semaine que le sergent Hoff en six mois.
Qu'il reçut avec bonhomie.
Du lourd collier sentant le
et
quatorze Juillet dernier. Pépin commandait; le public lui fit par hasard une
ovation. II entassa prouesses sur prouesses, tua plus de Teutons en une
douze mois révolus ;
Demain, quand ils ne seront plus
quoi serviraient vers ou prose?
Songeons — mystérieuses lois —
A
—
Ainsi, souvent, d'humbles héros luttent obscurément pour leur patrie
ingrate.
Pépin buvait beaucoup, on le sait. Mais tous les pots de vin qu'il absorba
ne le firent pas monter en grade ; la guigne s'attachait après lui et il resta
caporal.
II se dévoua dix années, puis, las de combattre sans gloire, écœuré par l'état
d'esprit de son époque, torturé par les vapeurs de l'alcool dont il était
imprégné, la mélancoliel'envahit et il déclina.
Les supplications de Pierrot, au désespoir, le touchèrent; il fit, étant ivre,
le serment qu'il ne boirait plus, se trouva ainsi l'esclave de sa parole, malgré
lui, et fuya l'absinthe.
A l'invisible destinée
II
Que tu caches, nouvelle année,
Dans tes douze mois !
Xavier Maunier.
Ferais-je mentir mon père ? disait Pépin. Le saint homme n'en doit pas
dormir tranquille.
De fait, l'existence qu'il menait était exemplaire.
—
C'est
vrai, répondit Pierrot
en
riant. II faudrait, pour te venger de lui
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complètement, mourir sur le champ de bataille. Si je te tuais
moment où on jouera la Marseillaise...
—
ce soir, au
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Voilà une excellente idée.
Et Pépin eut un sourire chevaleresque.
Pris par le patriotisme, il était perdu. Pierrot, sans le vouloir, venait
semer dans ce cœur vraiment français le germe d'une sublime pensée.
Pépin aussitôt se laissa griser par cette riante perspective d'une mort en
pleine Marseillaise. II fit le songe des héros.
Revanche était le mot d'ordre du jour et il passait sur la nation un courant
d'allégresse, une rafale de sentiments guerriers qui exaltèrent son imagination,
naturellement portée au lyrisme.
La guerre au printemps ! Ces mots éclataient à ses oreilles comme un pas
de charge ; le canon tonna dans ses rêves et il vécut dès ce moment une vie
étrange, l'âme noyée dans une odeur de poudre brûlée avec des obsessions de
batailles, des crépitements de fusillades, des clameurs de clairons, des
galopements de batteries, tout le fracas des nations qui s'égorgent : les
bataillons creusés par les balles, les morts roulés dans des boues sanglantes,
le piétinement des blessés, le claquement des drapeaux, les musiques versant
des forces nouvelles. II se vit dans cette infernale symphonie de la
guerre: au
milieu du tumulte des cuivres, fauchant des files d'ennemis, trouant des
poitrines, abattant des têtes casquées en un tour de main, ou isolé, en
embuscade derrière un taillis, jouant froidement un solo de Lebel.
Pauvre petit caporal de pantomime ! II n'eut presque rien de ce
somptueux
décor pour encadrer sa fin; il se contenta de la modeste mise en scène dont
disposait son établissement.
Quand il fut bien résolu à mourir au champ d'honneur, il trompa son ami,
glissa dans l'arme de Pierrot le projectile qui devait mettre un terme à son
angoisse.
III
C'était pendant la guerre du Tonkin. Pépin, pour
s'emparer tout seul d'un
Dans la pièce, Pierrot, un sergent
tirailleur, abusé par le costume chinois, doit tirer sur son camarade qu'il
manque, d'où reconnaissance, embrassade et trémolo à l'orchestre : situation
bastion annamite, se déguise en indigène.
émouvante et très appréciée
UNE
de
des spectateurs.
Le soir même où Pierrot avait fait à
son camarade la bizarre
proposition de
le tuer, les habitués de la salle furent déçus dans leur attente.
Les rues de Marseille présentent pour celui qui sait voir et observer un spectacle
varié et toujours intéressant.
sans cesse
L'autre matin, au sortir d'une placette, où des platanes, en proie à l'automne,
laissaient pleuvoir le frôlement de leurs feuilles desséchées, je me suis engagé dans
une rue tranquille
qui s'offrait à moi tout égayée de soleil rose, d'ombres bleues, et
voici ce que, tour à tour, j'y ai vu au hasard de ma flânerie.
D'abord, la sortie d'un family hôtel, au vestibule orné de plantes vertes, de deux
élégantes miss, serrées dans des jaquettes grises, se hâtant vers une proche station
de voitures, sous l'escorte d'une anguleuse gouvernante. Plus loin, un couple
d'étameurs ; l'homme, un vague refrain aux lèvres, maniant le soufflet, avivant les
braises sous l'étain en fusion, la femme alignant au pâle soleil, contre la muraille
voisine, fourchettes
et cuillers essuyés à l'étoupe. Dans un bar, sous les nobles
drapeau jadis tricolore, un dynamiteur pérorait, avec de grands
gestes, au mifieu de quelques compagnons, devant une allée de remuantes absinthes.
J'accélérai ma marche et tombai sur un aveugle dont l'aigre violon gémissait une
cavatine de la Favorite ; devant lui, un amour de fillette, aux veux d'un noir
intelligent, implorait la générosité des passants, et presque aussitôt, dans une maison
voisine, un piano se mit à jouer, avec un vaste déploiement de sonorités dans les
cordes graves, la Marche des Fiançailles de Loliengrin. Une Danse hongroise
surgissant de quelque autre fenêtre, et c'était la Triplice en musique !
Un magasin de miroiterie m'arrêta un instant ; il y avait là deux ouvriers en train
d'achever, dans des fumées de cigarettes, le fronton d'une glace Louis XV et, dans
la vitrine, inondée de rayons, une fine aquarelle de Casimir Raymond étalait la
douceur bleue d'une mer calme où des voiles blanches dispersaient un essaim de
papillons.
Mais soudain une rumeur emplit la paisible rue et d'un coin déboucha un groupe
houleux, au milieu duquel j'entrevis une de nos accortes marchandes marseillaises,
escortée d'un gardien de la paix portant un panier de citrons confisqué à la pauvrette.
Les commentaires allaient bon train dans la foule qui suivait, agressive et apitoyée.
Le groupe passa, excitant à peine la curiosité d'un Chinois promenant par là ses
babouches de feutre aux semelles blanches, et mes yeux se fixèrent sur un gamin de
sept à huit ans, dont les chausses présentaient des solutions de continuité désobligeantes.
Le petit bonhomme était en train de faire marcher sur ses seules pattes postérieures
un chien mouton, aux
prunelles implorantes.
Midi tinta, clair, joyeux, s'envola, de l'église devant laquelle je me trouvais, dans
la fluide et tiède atmosphère, répercuté par les clochers voisins et, sous le porche
baigné de lumière, un vieux mendiant, à la barbe couleur de boue, esquissa, la
larme à l'œil un tremblotant signe de croix...
Eh bien ! pour voir des transfuges de la Tamise, un gardien de la paix dans
l'exercice de ses fonctions
ô miracle !
un fils du Céleste-Empire ;
pour ouïr,
avec les théories incendiaires d'un
pur de la Sociale, du Donizetti et du Wagner;
pour avoir un échantillon de la gaie activité de batelier, de l'espièglerie de la
jeunesse, de l'intérêt qu'inspire la vieillesse besogneuse, synthétisant la misère
humaine, cinq minutes m'avaient suffi : j'avais tout simplement parcouru la rue de
ondulations d'un
—
Pierrot effectivement fit feu.
Mais tandis que l'orchestre attaquait la chansonnette nationale :
Allons, enfants de la patrie...
Brusquement Pépin s'affala sur le sol, dignement, selon les règles, en acteur
qui ne veut rien se casser.
II aurait pu crier: Je suis mort ! mais, même en ce moment
suprême, Pépin
ne voulut pas violer les lois de la
mimique.
II tomba en héros, comme il avait vécu.
L'émotion fut grande. On s'empressa autour du blessé, mais il ne consentit à
parler qu'après la chute du rideau.
Les forces lui manquèrent pour être éloquent. II
désigna son ami :
Mon ami Pierrot, prête moi ta plume pour écrire un mot...
Et il traça ces simples lignes sur le papier :
« Je meurs content
devant l'ennemi. C'est moi qui ai chargé ton
arme, tu
«
mérites d'être tireur de première classe... Pas de
funérailles, le corbillard
« des
pauvres suffira. Adieu. Pf.pin, caporal. »
Pierrot sanglotant lui ferma les yeux et quand il eut rendu le dernier
soupir
RUE
—
la Palud.
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DÉPART
DE
CONSCRITS
—
il courut chercher un médecin.
Ainsi ne fut pas réalisée la
n'ont pas toujours raison.
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prédiction paternelle. Après tout les parents
Jacques Martial.
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Après avoir créé le monde, Dieu ne voulut pas regagner les régions célestes sans
contempler une dernière fois son œuvre, pour juger si tout était parfait, s'il n'avait
rien oublié.
Tous les êtres animés paraissaient pleinement
chacun à sa manière — les louanges du Père
heureux de leur sort, et chantaient
Eternel ! Un seul, parmi eux, était
soucieux et ne mêlait point sa voix au concert général.
C'était celui, pourtant, qui avait été le plus favorisé par le Créateur ; celui
qu'il
avait fait à son image et à sa ressemblance ; celui à qui il avait dit : « Tu
seras, ici—
bas, le maître absolu de toutes choses 1
»
C'était l'homme enfin 1
Surpris, Dieu s'approcha de lui et, plein de sollicitude, lui demanda : « Qu'as-tu ?
Pourquoi cette tristesse? Que puis-je encore pour toi? Parle.
et tes désirs seront
exaucés, car tu es mon fils préféré à qui je ne veux rien refuser. »
L'homme se prosterna alors aux pieds du Tout-Puissant et répondit : « Seigneur !
à toutes les autres créatures, vous avez donné une compagne aimée ! Moi seul
n'en ai pas ! »
Dieu le considéra avec un air de commisération profonde..., haussa légèrement
les épaules, et lui dit: «Ainsi tu veux avoir une compagne? Tu veux partager
avec elle cette suprématie que je réservais à toi seul?..
Qu'il soit fait selon tes
désirs!.. Mais ne regrette jamais ta demande!» Puis il se baissa, choisit une
mignonne petite fleur qui répandait autour d'elle un parfum enivrant..., souffla
dessus
et la femme naquit de cette divine métamorphose! Dieu la donna à
l'homme et disparut ensuite.
Oui, Mesdames, telle est votre origine... une suave et belle fleur animée par un
..
..,
souffle divin.
A cet instant précis, le soleil épandit ses premiers rayons
nouvelle venue d'une brillante auréole !
d'or, et enveloppa la
L'homme, ébloui, fasciné par cette apparition enchanteresse, ivre de joie, de
bonheur et d'orgueil, pressa sur son cœur la femme que Dieu venait de lui octroyer,
la couvrit d'ardentes caresses, et, tenté par le serpent, perdit... le paradis
promis !
Cette action, faite sous l'impulsion d'un irrésistible amour, méritait-elle un
pareil
châtiment ? Non, n'est-ce pas ? Du moins, tel n'est pas votre avis, Messieurs,
puisque depuis cette époque, bien éloignée déjà, chacun de vous, à tour de rôle,
avez agi ainsi !
Vous avez choisi, entre toutes, celle qui a su faire battre votre cœur, charmé vos
regards, et inspiré à votre âme les sentiments les plus profonds ! Puis vous l'avez
aimée avec idolâtrie !
Mais, plus heureux et plus favorisés que vos premiers parents, vous avez retrouvé,
agissant ainsi, le paradis perdu !
Arthur Devèze.
en
ce
Les hasards de la musardise m'ont conduit, l'autre jour, à la .follette, le long de
morceau de
quai si animé, si grouillant de vie laborieuse et bourdonnante, que la
Cathédrale domine de sa haute stature, et j'y ai découvert un tableau de lignes
originales et de pittoresque couleur.
1.es conscrits appelés à servir sur la terre africaine s'embarquaient sur le paquebot
qui devait les transporter, et c'était un va-et-vient fébrile de jeunes gens, à l'air
préoccupé, sous l'œil des gradés chargés de les conduire ; le grouillement sur les
appointements de toute une foule émue de parents et d'amis, venus pour le suprême
adieu.
Et, rajeuni de pas mal d'années, — hélas ! — je me suis souvenu de cette
inoubliable journée où, sous le regard attendri des miens, je quittai tout ce qui
m'était cher pour le mystère angoissant de la caserne. Je me suis revu à Toulon,
l'air décidé mais le cœur gros, attendant, devant le recrutement, le brigadier qui
devait m'initier aux devoirs du soldat en général et de l'artilleur en particulier.
J'ai revécu cette journée d'anxiété, d'énervement, qui me parut interminable
malgré les attraits spéciaux et nouveaux pour moi d'un voyage en wagon à bestiaux,
où le vent glacial de novembre entrait comme chez lui. Mes oreilles ont saigné
encore des hurlements sauvages, des lazzis échangés par mes compagnons de route,
alors que, triste, navré, humilié, blotti dans un coin frileusement, une envie de
pleurer me chatouillait le bord des paupières. Et l'arrivée à Nîmes à nuit noire ; le
trajet de la gare au quartier au milieu d'ombres fantastiques, avec la stupeur de
n'avoir pas un parapluie à opposer à une cinglante averse ; la rudesse des fourriers
chargés de nous distribuer à cette heure tardive une sommaire literie !
Je me suis souvenu qu'allongé sur une demi-fourniture, avec un sac de paille
sous la tête, toutes lampes éteintes, dans le chahut de la chambrée révolutionnée
par cette invasion de bleus, assaillis à coups de traversins, j'avais eu toutes les peines
du monde à retenir mes larmes. 11 était si brusque, si inattendu ce changement de
décor ! II y avait tant de différence entre le calme coucher familial, dans la chambrette
aux bibelots aimés, avec la distraction du livre favori, et cette réunion
d'énergumènes
vociférant dans les ténèbres, parmi d'agressives odeurs !...
Les conscrits que j'ai observés à la Juliette avaient presque tous peinte dans les
yeux la terreur de cet inconnu qui les attendait, et à côté de quelques insouciants
affectant des airs de bravoure, faisant
parade d'une gaieté factice, le plus grand
nombre étaient penauds, car aux obscurités effarantes du métier entrevu, se joignait
la préoccupation immédiate de la traversée sur la mer perfide, dont on entendait au
loin la grondante voix. II y avait là des mamans, des sœurs, des fiancées peut-être,
venues pour donner
du cœur aux petits soldats qui partaient et c'étaient des
poignées de mains, des embrassades, d'attendrissantes recommandations arrosées
de larmes : « Ne sois pas malade », ou : « Obéis bien à tes chefs », auxquelles
répondaient des : « Ça passera vite » à demi convaincus.
J'ai entendu un papa plus pratique dire à son fils : « Fais attention à ton portemonnaie ! »
Et tandis que le vent chantait dans les cordages, autour des pavillons remués,
sous le ciel blafard la prodigieuse fumée du Touareg, ils se sont
embarqués, les conscrits, et peu après, le paquebot larguait ses amarres, agitait
derrière lui un bouillonnement argenté, se rapetissait peu à peu dans l'éloignement,
tandis que, sur le pont, des mouchoirs et des chapeaux, éperdument, s'agitaient...
Pars tranquille, petit soldat ! Te voilà membre actif de la grande famille. Sois le
éparpillant
digne
continuateur
des ainés
qui s'aguerrirent pour les heures de suprême
rendez-vous autour du drapeau menacé. La Patrie, cette mère auguste, suit d'un
œil attendri le navire qui t'emporte, là-bas, vers la terre lointaine et vers le devoir.
Aymeril.
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PUYIS DE CHAYANNES.
—
FAMILLE.
(Carton inédit.)
JUANA ROMANI. — COQUETTERIE. (Tableau inédit.)
Puisque tout est à la Russie parmi nous, puisque derrière les effusions qu'échangent les deux
peuples, en toute circonstance, ils regardent dans le lointain leurs deux armées silencieuses et
prêtes, on me permettra de détacher do mes souvenirs de voyages, le récit d'une visite que je
lis, il y a douze ans déjà, aux Cosaques de la Garde venus à Moscou pour assister aux fêtes du
sacre
d'Alexandre III.
Chaque nation a dans son année une arme populaire, un corps qui la personnifie.
Pour l'Angleterre, c'est l'highlander enjuponné et marchant au son du hiniou.
Pour la France, c'est le petit pioupiou au pantalon rouge, à la fois débraillé et coquet.
Pour l'Autriche, c'est le fantassin vêtu de blanc.
Pour l'Italie, c'est le bersaglière secouant une touffe de plumes de coq à son chapeau.
Pour la Prusse, c'est la longue tìle dos casques à pointe.
Pour la Russie, c'est le cosaque.
J'avais eu l'honneur d'être présenté au général Orloff, des Cosaques, maréchal de la no¬
blesse du Don, qui venait représenter les nobles et conduiic les paysans de la contrée au cou¬
ronnement de l'Fmpereur.
Comme un enfant qui dit « encore » après chaque conle merveilleux qu'il entend, je faisais
répéter à l'aimable général des histoires de Cosaques à perte d'haleine.
Aussi jugez do ma joie (juand il me dit : — Si vous voulez, nous allons rendre visite aux
deux régiments des Cosaques de la garde que commande mon ami le général Gerebkoff.
Nous voilà partis, le généra), le colonel Grekofif des Cosaques, Dick de Lonlay,
Rourgain. le
dessinateur de VIllustration, le peintre Decker, venu à Moscou pour faire un tableau du sacre,
de Ronvilliers, de l'Ûnion, et moi, pour le faubourg ouest de Moscou, où se trouvent logés les
deux régiments, dans la Caserne Rouge,
Nous n'avons pas Pair de seigneurs sans importance. Notre train se compose de deux
voitures. Un landau attelé de quatre chevaux de front, en éventail, cela ressemble à un
quadrige
triomphal, et une troïka, c'est-à-dire une victoria attelée de trois chevaux également en éven¬
tail, celui du milieu tiottant et les deux autres galopant de côté.
Les harnais, lésers comme des cordons, sont recouverts de plaques d'argent et de
pompons :
une tresse aux couleurs russes orne les crinières, et des flots de rubans roses servent de cocardes
aux sept chevaux.
Nous dépassons la caserne pour voir manœuvrer dans la plaine un
régiment d'infanterie de
la garde, qui fait l'exercice de bataillon devant ses tentes.
Nous faisons demi-tour, nous
entrons dans la Caserne Rouge et
reçus parle général-
nous sommes
Gerebkoff, le colonel Posdéi'eff,
des Cosaques rouges, et l'état-major du régiment. Nous trouvons
encore là : le
général Grabbe, dont
illustré par les
guerres du Caucase, et un vieux
guerrier à barbe blanche et à
mine réjouie : c'est le général
Rodionoff.il a commandé jadis les
Cosaquës, et aujourd'hui qu'il est
en retraite, il n'a
pas de plus
grand plaisir que de passer son
uniforme et do vivre le plus
d'heures possible au milieu du
régiment, où son fils sert en qua¬
lité d'aide de camp du général
le
nom
a
été
En avant du camp, la tente-chapelle
surmontée de la croix, avec les cloches suspendues à
potence et gardées par une sentinelle.
Là aussi se trouve la caserne des Cadets, et ces soldats bébés — il y en a de huit ans, —
s'ébattent sur la pelouse comme des enfants.
A la vue du général, tout ce petit inonde s'arrête, se met en position et salue militaire¬
ment. II y a là des amours de guerriers minuscules, aux cheveux d'or, aux
yeux de turquoise
et à la peau de satin.
DE G.
KOUKANOFF,
commandant.
La réception est cordiale, je n'ai pas besoin de le dire. On
remplit les verres avec des vins
blancs du Don que les Co-aques font venir pour leur consommation
un
toast aux
aux
quartiers.
personnelle. Nous portons
Cosaques. Les officiers nous répondent en buvant à la France et nous nous rendons
Ils se composent de deux casernes en équerre
pour les hommes des deux régiments, dont le
premier est habillé de rouge et le second de bleu.
Les chevaux sont logés dans des hangars fermés
par des nattes de paille.
Devant les hangars, est.rangée sur deux files, une sotnia. à
pied, en petite tenue : tunique noire
agrafée sans boutons, casquette rouge sans visière, culotte lebue dans la grande botte à l'écuyère.
bonjour mes enfants, dit le général commandant en arrivant — et les Cosaques répon¬
dent par trois ou quatre mots gutturaux criés avec un ensemble
parfait et qui signifient :
bonjour, nous sommes à votre service.
—
—
I.-P. PRANISHNIKOFF. — Chez les Cosaques. La charge.
une
ENCADREMENT ET CUL-DE-LAMPE
(Aquarelle inédite.)
C'est une coutume dans Farinée russe que l'ofsieier, en venant prendre le commandement
de ses hommes, échange avec eux cette politesse.
Le premier rang fait dix pas eu avant, puis se retourne, et nous passons entre les deux
rangs avec les généraux et les officiers.
Des colosses ! bourgain, qui mesure un mètre soixante-dix-sept centimètres, arrive à peine
à lepaule de chacun d'eux.
Et les bonnes et terribles ligures, barbues, aux traits énergiques,
accentuées, avec de grands yeux à la fois soumis et fiers !
J'interroge alors un vieil officier.
La discipline est-elle sévere parmi les Cosaques?
Ils portent lous les cheveux longs, rosés jusqu'au niveau de l'oreille, et la casquette, crâne¬
droite, laisse à gauche bouffer uue tousse bien peignée.
Nous les examinons l'un après l'autre. Ceux qui se sont distingués aux concours étalent
ment posée h
fièrement une chaîne en argent, terminée par une montre donnée par l'Empereur, et portant sur
le cadran la photographie du souverain.
Les généraux les connaissent tous par leur nom. et les interpellent gaîment
après
l'autre.
Le chef d'escadron commandant la solnia, fait resserrer les rangs, jette un bref comman¬
l'un
dement, et tout s'envole dans les écuries.
Brider les chevaux qui n'ont que le filet et une longe retenue à l'arçon, assujettir par ses
trois courroies, les sous-ventrières, la haute selle à la chabraque rouge, surmontée d'un petit
matelas rouge, sauter à cheval malgré les ruades et les bonds désordonnés des bêtes bousculées
par ces mouvements rapides, et qui font voler les étriers que dédaignent d'ailleurs, pour se mettre
en selle, la plupart de ces centaures, tout cela s'exécute avec une rapidité inouïe.
Quatre minutes, montre en main, après le commandement de seller, la sotnia rouge était
rangée en bataille sur un polit champ de manœuvre devant la caserne.
Alors ont commencé les mouvements en masse. Ces cavaliers admirables font tête à queue,
en
marche, au trot, et pivotent sur eux-mêmes comme des fantassins.
—
O11 les mène comme on veut. Ce sont les soldats les plus faciles à conduire qui existent
Tout est paternel au régiment. Nous aimons nos hommes comme des enfants. Us nous
sont dévoués comme des chiens. Et cela se comprend. Tous, ici, depuis le général jusqu'au
—
au monde.
porte-enseigne, nous sommes du même pays qu'eux.
Combien do temps servent-ils ?
—
Quatre ans. Chez eux le service militaire est universel et obligatoire. A vingt et un ans,
ils s'équipent, s'habillent il leurs frais et viennent avec des chevaux qui leur appartiennent. Le gou¬
vernement ne leur fournit que les armes. Ils restent quatre ans sous les drapeaux, et sont versés
dans la réserve pour être rappelés en temps de guerre. Chez nous, dans le Don, il n'y a pas un
seul réfractaire ; on ne sait pas ce que c'est.
Vous n'avez pas beaucoup de peine à leur apprendre l'école du cavalier.
—
—
A quatre mois, vous entendez bien, à quatre mois, le père prend son enfant, le met sur
cheval, lui passe un sabre autour du corps et le rend ensuite à sa mère. II est soldat. II sait
—
un
monter à cheval avant
—
On dirait que les chevaux
sont montés sur un pivot unique.
—
une
Les voici maintenant qui défilent un à un, au pas et au trot, devant nous. Si l'homme est
colossal, le cheval est superbe, de haute taille, plein de feu, bien nourri : il nous passe ainsi
les yeux cent cinquante statues équestres irréprochables. La légende du petit cheval maigre
poilu doit aller rejoindre celle de la chandelle dévorée par ces hommes, qui ne mangent
même pas de cuisine à la graisse, et font tout au beurre.
Ils chargent sur deux lignes, comme toutes les cavaleries ; ils chargent sur une seule ligne,
Ils sont tous laboureurs ou bergers, et ils ont un cheval, comme
chez vous le paysan a
paire de sabots.
—
—
—
sous
—
et
de savoir marcher.
Quels métiers font—ils ?
—
Y en a-t-il de mariés?
Ils sont lous mariés. Avant vingt et un ans, ou avant de partir, ils se marient tous.
Voilà qui doit être amusant pour les femmes?
Hélas! quelques-unes d'entre elles trouvent des consolations dans la réserve...
Alors, au retour, cela doit faire de jolies petites scènes d'intérieur.
à fond de train;
Au retour, voici ce qui se passe. Le père attend son fils sur le seuil de sa demeure. Dès
qu'il aperçoit son père, le soldat descend de cheval et se met à genoux. Derrière le père, se tient
la femme. Si elle a été sage, elle va à son mari les bras tendus ; si elle a « fauté », elle se
enfants plient et déplient.
Ils s'espacent maintenant, mettent pied à terre, détachent la longe de l'arçon, lapassent
dans la jambe droite du cheval, tirent : la bète est couchée sur le fianc, et le Cosaque, couché
prosterne devant lui sans rien dire et attend. Le mari réfléchit. Quelquefois il ne pardonne pas
et tourne les talons ; la femme le suit et, dame, l'intérieur du ménage est un peu troublé. Mais,
le plus souvent, le mari, sans rien dire, prend un mouchoir et l'étend sur la teto de la coupable.
Cela veut dire qu'il lui pardonne. Elle se relève. Ils s'en vont ensuite bras dessus bras dessous,
ils se doublent, se dédoublent, se fractionnent et s'étendent. Ils sont dans la
main de leur commandant, comme ces petits cavaliers montés sur des treillis de bois, que les
derrière, fait, à l'abri de ce rempait vivant, le feu de tirailleurs; et ils s'arrangent pour qu'en se
relevant, le cheval les remette de lui-même en selle.
La sotnia rouge fait un à droite par quatre et rentre au quartier, démasquant'une sotnia
bleue, qui va continuer ces exercices merveilleux.
A ces cavaliers, on commande une charge en masse, avec le cri de guerre.
Ils partent, poussent un hurlement aigu qui déchire les oreilles et rend les chevaux fous
d'ardeur. C'est à donner le frisson.
A la voltige individuelle, maintenant.
Un Cosaque prend du champ, lance son cheval au galop, se penche, et en passant devant
nous, sans lâcher les étriers, il arrache de la main droite une tousse d'herbe; un autre lui
succède, puis un autre. En voici qui sautent à bas de leur cheval lancé ventre à terre et y
remontent. En voici un qui
descend à gauche, remonte; descend à droite, remonte et ainsi de
suite, tant qu'on veut.
Quelques Cosaques rouges sont allés se mettre en grande tenue et se tiennent immobiles
chevaux, la carabine en bandoulière, le sabre sans garde battant sur la cuisse, la car¬
touchière au ceinturon, appuyés sur la longue lance rouge, leur bonnet d'astrakan sur l'oreille,
sur leurs
beaux comme des cavaliers de ballade.
La carabine est longue comme le chassepot de nos fantassins, porte aussi loin, et se charge
ar la culasse en deux temps seulement. On nous fait voir la manœuvre du sabre, celle de la
s-
ance.
Quand nous nous retournons, la sotnia bleue a déjà fait rentrer ses chevaux et s'est trans¬
un orphéon qui entonne, en notre honneur, un chœur à trois voix, parfaitement
formée en
juste, où il est dit :
Que nos amis comprennent, à la manière dont nous les recevons, comment nous traitons
nos ennemis. »
Et, de fait, quand la Russie aura une guerre avec une nation de l'Europe, et lancera sur
elle deux cent mille de ces guerriers, dont elle possède une réserve inépuisable, je me demande
«
qni subsistera là où auront passé ces sauterelles colossales.
Le chœur s'avance. Un sous-officier dit les couplets, les hommes répondent par un refrain
entraînant, et deux Cosaques, l'un devant l'autre, commencent les danses nationales. Ces dan¬
seurs à grandes bottes sont agiles comme des clowns, et se livrent aux entrechats les plus fan¬
tastiques, jusqu'à marcher sur les coudes et les pointes des bottes !
Les minéraux prient leur ancien, le vieux général Rodionolf, de remercier la sotnia bleue.
Celui-ci s'avance en lui adressant quelques mots paternels et gais, 'l'ous de rire, en montrant
des rangées de grandes dents éblouissantes de blancheur, et de répondre en mesure :
ce
—
et le
premier mauvais plaisant qui se permettrait de rappeler un passé oublié, est assommé par
le mari. Voilà. Qu'en pensez-vous?
J'admire.
—
Cependant il est huit heures : nous n'avons pas dîné.
On ne se quitte pas ainsi. Les généraux et les colonels nous invitent à dîner dans le jar¬
din de l'Ermitage, et, une heure après, nous sommes attablés, non loin du grand buste mélan¬
colique de Pouschkine qui décore l'endroit. Nous mangeons du sterlet et des poussins frits. Détail
culinaire : la volaille est pour rien en Russie, et on ne donne pas aux malheureux poulets le
temps d'attendre l'âge adulte. On les inange en bas âge, à quinze jours, frits dans la pâte, comme
des beignets. C'est exquis, mais chaque fois que j'ai vu de ces volatiles au bout de ma fourchette,
j'ai poussé un soupir de regrets, en songeant à cette jeune carrière si brusquement et si préma¬
turément terminée, comme on dit dans les cimetières, en enterrant des messieurs d'un demi-siècle.
Au dîner, il nous faut bien remplacer les vins du Don par le vulgaire champagne, car ces
vins délicieux ne sont pas encore dans le commerce ; on les consomme sur place.
Lorsque Pierre 1" voyageait dans le Don, il avisa des coteaux et dit souverainement :
« Cette place est bonne pour faire du vin de champagne. Allez me chercher immédiatement des
plants en Champagne. » Et un aide de camp tourna bride sur l'heure, ainsi qu'il convient.
Pierre l°r avait raison. Plus tard, le champagne russe, l'alicante russe feront une désastreuse
concurrence aux crus primitifs.
Après dîner, nous allons voir jouer, en russe, les Mousquetaires au couvent. L'auteur serait
content, j'en suis sûr, s'il pouvait contempler le développement que les Russes ont donné à sa
mise en scène.
Dans l'entr'acte, on descend dans le jardin, où des chœurs de jeunes filles, des chanteurs
russes, des demoiselles acrobates, un monsieur qui s'est habillé en shah de Perse pour jouer de
l'accordéon, un autre monsieur qui a passé un habit noir pour imiter les cris des animaux, un
troisième monsieur qui a traduit en russe les monologues de Coquelin cadet, s'essorcent de faire
oublier à une nombreuse population civile, militaire et féminine, les ennuis de l'existence.
Nous avisons un superbe Mongol, la tète entourée d'une auréole de martre, posée sur le bord
d'un bonnet brodé d'or, avec un caftan et des pantalons en velours rouge, armé d'un sabre
immense passé à la ceinture.
Je vais lui demander d'où il sort, nous dit un de nos généraux.
Le Mongol répond qu'il est de Kouldja, province récemment cédée à la Chine par la Russie
désireuse d'éviter une guerre inutile et lointaine. 11 a protesté contre l'annexion et il a émigré
avec les populations dont il est le chef sur la terre russe. II a fait quarante-deux jours de voiture
—
Nous sommes à votre service.
Nous saluons et nous partons.
Mais à l'autre bout du quartier, nous attend la sotnia rouge, rangée, elle aussi, en orphéon
militaire. C'est le maréchal des logis qui fait les solis. Un Cosaque joue du tambour de basque,
un autre des cymbale». Cette sotnia contient un ténor remarquable, qui a
une
pour venir assister au Sacre et caracoler dans le cortège du Czar, lors de l'entrée solennelle.
Le général nous présente.
Ces messieurs sont Français.
Le Mongol répond avec animation quelques mots, et le général part d'un éclat de rire.
Ah ! par exemple, en voilà une bonne, dit-il en se tenant les côtes, il dit qu'il est Français
contre-fa, et les contre-sol, sans avoir 1 air de se douter qu'il possède un gosier extraordinaire.
Je me suis tenu à quatre pour ne Ipas louvoyer trouver Gaillard ou Carvalho. Pendant
cent et tant, avec d'autres familles françaises. Elles sont allées s'installer en Mongolie. II en reste
—
inventé
partie
pour lui dans les chœurs, à l'octave supérieure. II navigue dans les contre-ut, les contre-mi,les
que les chœurs
et les danses alternent, d'autres chants éclatent derrière nous. C'est l'école des
sous-officiers, qui rentre en armes de la manœuvre, par demi-compagnie. La première compa¬
gnie remplace la musique ; elle marque le pas en chantant à pleine voix.
Tout cela constituait une scène militaire d'une gaieté et d'une couleur extraordinaires, dont
il me reste à vous raconter le bouquet.
Comme pour la sotnia bleue le général
s'avance,
Les autres généraux font un signe. Le vieux
est
par
cents
et couché sur trois cents paumes demains tendues au-dessus des têtes, qui le
Rodionoss
guerrier saisi
sauter.
afin de remercier les Cosaques.
trois
poignes vigoureuses,
font doucement
.
leurs chefs, et, à voir la ten¬
dresse, en quelque sorte passionnée, avec laquelle le général était bercé au-dessus
du groupe, ou sentait qu'au jour de bataille, tout ce monde se ferait hacher en dix mille
morceaux pour dégager et sauver celui qui les commande.
C'est le plus grand honneur que les soldats puissent faire à
C'était à la fois enfantin et grandiose. Déposé à terre, le général Rodionoss adresse
Cosaques, redevenus sérieux et raides, la main à la casquette, une
petite allocution touchante dont voici le texte :
Mes enfants, je vous remercie. Vous avez raison d'honorer la
vieillesse. Dieu, qui veut qu'on respecte les vieillards, vous récompensera,
, ;
aux
—
en
temps de guerre, en vous donnant la victoire sur vos ennemis, et en temps de paix, en vous donnant des enfants
qui vous respecteront comme vous avez respecté vos pères.
Nous sommes à votre service ! crient les Cosaques,
f? Et nous rentrons chez le général Gercbkoff,
où nous trinquons encore à la santé de tous ces
braves gens avec lesquels nous venons de passer
—
deux heures inoubliables.
^
->
'
—
—
—>
aussi, et qu'il s'appelle Bouchery.
On s'explique. Le Mongol est bien Français,
seulement sa famille a quitté la France en treize
encore quatre qui portent des noms français quoique ayant, par suite des alliances, le type Mon¬
gol. Tous ces Français-Mongols sont restés catholiques.
Nous nous tournons toujours au couchant, vers Rome et notre ancienne patrie, pour
faire nos prières, nous dit l'exceilent Bouchcry, sous son auréole de martre et dans son complet
—
de velours rouge.
C'est égal, venir à Moscou admirer un Mongol pour s'exposer à l'entendre dire,
servé sa langue comme sa religion :
Je suis aussi Français que toi, je m'appelle Bouchery!
—
Cela vous apprend à ne plus vous étonner de grand'chose.
J. Cornélt.
s'il a con¬
«
Minuit! Les douze coups s'éteignent
dans le bruit
Du carillon joyeux
reprenant sa volée,
Déjà l'étoile d'or des cierges s'est voilée,
Et dans Vair plein d'encens, plus pâle déjà, luit.
Ceux que, sous le
ciel clair, une étoile conduit
Emplissent de Véglise en feu la triple allée,
Toute humaine douleur sur terre est consolée,
C'est l'heure où Dieu naquit, Vheure sainte, Minuit!
Tandis que des croyants, très lent, grossit le fleuve
Plus fier que les abbés sous leur chasuble neuve,
La hallebarde
au
poing, les mollets écartes,
Pareil au général
Le
dont défile farinée,
Suisse, de l'encens savourant la fumée.
Se délecte à Vécho vibrant des adestes.
Armand Silvestre
20
Novembre 1894
jfyvyemV/fierot. sc
HENRI
BRISPOT.
—
PENDANT LA MESSE.
(Tableau inédit.)
(.Encadrement de A. Giraldon.)
I
I
O. DE PENNE.
i
—
DÉCEMBRE. Conversation en foret. (Tableau inédit, appartient à MM. Tédesco.)
í
LE
Mélodie inédite
RUISSEAU
extraite des Chants
GELE
d'Écosse
et de
Bretagne
POESIE DE
MUSIQUE DE
GEORGES AURIOL
CL. BLANC et L. DAUPHIN
illustrations de
jane et de madeleine dauphin
Allegretto assai
.sedevant ta tnaLsooPas.seaussi
Et, cha-que ma _ tin ilm'apporte
non
tes chan_sons.
Ton
pncn tlfutaiidn
i j'i Jijmn
entraine troploin,
tes
jolisyeux Et la gloi _ re
tes
Pour d'autres
qui ne savent point
cheveux,
nord
a flétri
les gajoos,Plús dèros-ai-gqolsdansleschê_nes
Et
dq
-
jà les nei-gesprocbaiqes S'a _ monceLTènt 6ur— rbo_ri_zon.
poco stenlando
seau sera
de
tes
Pour moi tout seul je garderai
jolis jeux Et de tes cheveux
Heugel et C", éditeurs
—
Propriété réservée.
CANTILENE DE
SAINT GEORGES
Légende dramatique de MAURICE BOUCHOR
—
Musique de PAUL VIDAL
GEORGES
t^l HUIIij,
Soooûffi
de clai
.vaux
_
reschansons
s'e'cliappcntdes feuiLia
mon
.po.sons nous,
Animez
fermes de las.si
^•giuaudo^i
Encadrement de A. Giraldon
O. DE PENNE.
—
DÉCEMBRE. Conversation en forêt. (Tableau inédit, appartient à MM. Tédesco.)
tu
-
de «Te'-cou_te_rai le
cirant
des
oi. seaux
fa_mi
NOËL
A
ILLUSTRATIONS
DE
ROME
EMILE
BAYARD
il convient d'isoler par la pensée la relique du reliquaire. Par quelle étrange contradiction a-t-on
enfermé le sublime témoignage de l'humilité divine entre ces lames de cristal do roche, sous
ce dôme de matériaux
précieux, dans ce chef-d'œuvre d'orfèvrerie?
Oh! combien sont plus touchantes les naïves et pauvres petites crèches figurées dans nos
églises de village !
Quel sens plus profond de l'Evangilc ! C'est sous le chaume et non pas sous l'or et le
cristal qu'est né le Dieu des misérables, le Dieu-Peuple.
La Cour romaine fait de Noël le premier jour oíliciel de l'an administratif et liturgique. La
matinée est consacrée aux visites et aux compliments d'usage entre princes de l'Église. Les
membres du Sénat sacré, vêtus de pourpre comme leurs prédécesseurs du Sénat romain, se
rendent on leurs carrosses au Vatican pour adresser leurs vœux de nouvel an au successeur des
Césars.
Le
sur
doyen des cardinaux lit une harangue, à laquelle le Pape répond par une lamentation
les épreuves de l'Église et le malheur des temps.
Mais Noël, fête populaire entre toutes , n'est vraiment célébré ni au Vatican ni dans
l'orgueilleuse basilique de l'Esquilin. Elle apporte un peu de joie
pauvres, aux ruelles obscures qui avoisinent le moderne Capitule.
et de solennité aux quartiers
Jadis, sur la crête orientale du mont Capitolin, s'élevait le temple de Jupiter, faisant face à
sur la crête occidentale. Sur les ruines du temple insigne, on a édifié une
église, où l'on conserve un antique autel, consacré, dit-on, par Auguste lui-même, le jour
où naquit à Bethléem le futur vainqueur de l'Empire. En même temps, l'àine prophétique de
Virgile tressaillait, annonçant au monde l'avènement de la Vierge et le règne de l'Enfant qui,
par son sourire, reconnaît sa mère.
L'église porte le beau nom d'Aracœli. Un large escalier taillé dans toute la hauteur de la
colline conduit au parvis. Un couvent, surmonté d'une tour carrée, qui servit de refuge à un
Pape contre les ouragans politiques du moyen âge, était annexé à l'éelise.
On a bousculé le couvent pour faire une place au monument de Victor-Emmanuel.
Les ruines ont leur destin, comme les sépulcres. Christ a supplanté Jupiter et César; le
conquérant de Savoie supplante le Christ et le Pape.
Mais les démolisseurs n'ont pas osé toucher à l'Aracœli. Ils ont délogé le général des
Franciscains, dont le couvent était la demeure. Ils ont respecté l'hòlc de l'église, le divin Banibino, révéré des Romains comme le Palladium était révéré des Troyens.
L'histoire, je ne dis pas la légende, du Lambine a une saveur toute romaine.
Un moine le tailla, il y a bien des siècles, dans une souche du jardin des Oliviers, rapportée
de la Croisade par un chevalier. Les Anges guidèrent la main du pieux artiste; car elle a donné
à l'Enfant Jésus le sourire qui parle au coeur, les yeux qui contemplent la splendeur du Paradis,
la physionomie douce et bonne qui console. Pair de santé qui fait apparaître la puissance
divine derrière l'apparencc de l'humaine fragilité.
Quand le moine eut achevé de tailler et de polir, il posa ses outils et admira son ouvrage.
La vie manquait encore au divin poupon. La flamme du regard n'éclairait pas ces yeux si
doux, l'incarnat du sìtng de la Rédemption n'animait ni ces joues ni ces lèvres.
la citadelle dressée
vaste
L'étoile des
bergers
Mages ne s'est pas
longtemps arrêtée sur
et des
l'étable de Bethléem. Elle
a
repris sa marche vers
l'Occident, et l'on dit
qu'elle s'est fixée audessus de la coupole
triomphale de SaintPierre de Rome.
On dit aussi que les
affamés de justice et les
assoiffés d'idéal tournent
moins souvent leurs re¬
gards vers l'Astre de la
délivrance, depuis qu'il
illumine,
plus une
non
humble
ca¬
bane,
mais
des
édifices
de marbre et
Les
convoitises
d'or.
de la
terre
ont fait tort
attrait du ciel.
Rien dans Rome
rappelle les naïves
origines du Messie.
Rome, c'est la Jéru¬
salem transfigurée,
c'est le temple de
ne
Christ
glorifié. On
n'y entend guère nos
rustiques noëls ; tout
y chante l'hosanna
de l'obélisque Vatican ;
Christ est vainqueur! Christ est roi ! Christ est empereur! Le trône des
n'est
plaies
Papes s'est dressé sur la poudre du trône des Césars. Le Maître qu'on adore là-bas
pas
Pensant nu de la Crèche, ni le pantelant martyr du Golgotha, c'est le ressuscité dont la couronne
n'est plus d'épines, mais d'or, dont le sang est lige en pourpre précieuse, dont les
aux
mains, aux pieds, sont figurées par des diamants, des rubis et des perles.
Aucun écho des vagissements de Bethléem. Le cheval traîne des carrosses, l'àne porte sur
son dos le tribut des nations, et le bœuf nourrit des tables somptueuses. Les bergers portent des
mitres et des crosses, et les rois communiquent par des ambassadeurs avec le vicaire de Jésus.
Les grandes fêtes de Rome commémorent
les gloires et les triomphes, la Pâque, l'Ascen-
■sion, la Pentecôte. Les basiliques ne ressemblent pas du tout à des étables, et les magnifiques
ostensoirs qui portent le corps glorieux du Christ n'éveillent aucune idée de la crèche qui reçut
l'Enfant-Dieu.
mieux approprié la poésie de la divine naissance. C'est une
fleur qui s'épanouit dans les champs de neige, près de la chaumière, loin du palais.
Aux pavs du soleil, on ignore la détresse du froid et le charine pénétrant de la grosse bûche,
qui flambe dans Pâtre, pendant la nuit sombre et glacée, toute peuplée d'anges invisibles et
les petits membres grelottants de
Les peuples du Nord se sont
retentissante de vagues mélodies.
La nuit méridionale, même en décembre, a trop de clartés pour qu'on y devine
les mystères
frissonne au contact de l'Inconnu. Les visions de Pâme fuient la lumière, et les
tièdes effluves des étoiles trop étincelantes dissipent les légions célestes.
A Rome, pas de inesses de minuit, si ce n'est au Séminaire français, où l'on garde la
pieuse tradition nationale.
L'éclat de la fête nocturne est réservé à l'Épiphanie, souvenir de triomphe. C'est alors que
la place Navone se remplit de bruit et de chants populaires et que les enfants reçoivent des
et pour qu'on y
cadeaux.
On dirait que la pauvreté et la nudité de Jésus paraissent incroyables au
peuple romain.
Cependant la basilique de Sainte-Marie-Majeure possède la Sainte Crèche, et les chanoines
la promènent en procession après la messe de Noël.
Doutez-vous de l'authenticité de la relique? Pourquoi? Toutes les reliques sont vraies,
quand des multitudes leur ont apporté, de temps immémorial, le tribut de leur foi, de leur
espérance, de leurs larmes et de leurs prières.
J'ai vu les quatre méchantes planches décolorées et rongées par la
vétusté où Jésus naissant
été consolé par le
brins de la
souffert la première douleur de la Passion, celle d'être homme, où il a
souffle des bons animaux. La crèche, c'est déjà un cercueil! On y conserve des
a
paille ou du fumier qui fut le premier lit de THomme-Dieu.
Mais, pour admirer la Sainte Crèche de Sainte-Marié-Majeure, pour être ému du spectacle,
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EUGÈNE CHAPERON.
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AUX GRANDES MANŒUVRES. Le général
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Gallifet donnant l'ordre d'attaquer. (Tableau inédit.)
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L'artiste craigui f d'approcher de
grossifci'es
couleurs du hois auquel son ciseau avait donné
une forme céleste. Tandis
qu'il
hésitait,
pour le supplier, mais pour lui montrer le poing
et pour accuser l'Enfant cruel aux enfants.
Le
moine apporte en tremblant l
image qu'on ne
vénère plus. 11 approche de l'autel; on allume
un
sommeil, semblable à celui de Fra Angelico,
engourdit ses membres. Lorsqu'il se réveilla,
Jésus lui soumit, miraculeusement coloré. Ses
un
des
Vénitiennes, ses lèvres purpurines s'ou¬
vraient pour distribuer la bonne nouvelle; des
roses d'une fraîcheur d'Eden étaient
rantes.
répandues
sur
ses
Le moine regarde la statue
qui est entre
bras et compare. Comment s'est-il laissé
prendre à la supercherie? Quelle ressemblance
y a-t-il entre l'ébauche d'un artisan et l'oeuvre
des Anges? 11 s'agenouille. Les assistants ont
joues. Jésus vivait! Ce n'était pas une
ses
enluminure superposée à un bois inerte; c'était
rayon de la vie glorieuse qui avait transfi¬
guré la matière.
Depuis lors, le temps n'a pas affaibli l'éclat
dont Jésus s'est
paré lui-même. Aucune main
profane n'a rien ajouté à ces miraculeuses cou¬
un
l'exposa
au
compris. Le Magnificat retentit. Le Bambino
s'était échappé de sa prison. 11 était revenu de
éter¬
lui-même rouvrir pour les Domains la source
tarie des grâces et des guérisons.
peuple sur l'autel
Pour récompenser ces
petits pieds de bois
qui avaient parcouru les rues boueuses et gravi
leurs et le Lambine demeure dans
nelle fraîcheur.
Dès qu'on
cierge....
Noël! Noël! la place est
prise. Un Bainhino radieux, souriant, brillant de fraîcheur et
de grâce, est installé sur un lit de roses odo¬
cheveux avaient la nuance qui achève la beauté
son
d'Auguste, h l'Aracoeli, le Lambine manifesta
sa tendresse
pour les enfants malades. Sa vue
seule les guérissait, et quand les mères
éplorées
ne
pouvaient lui apporter les petits qui agoni¬
saient, les moines compatissants leur ame¬
les marches du Mont
Capitolin, on les orna de
pantoufles, aussi riches que la mule du pape.
Ainsi le divin Enfant no
risquerait plus de se
blesser cn ses, promenades. Comme des
pantoudes, même garnies de pierreries, ne suf¬
fisent pas à un décent costume, 011 le vêtit d'une
robe de soie blanche, et la
piété populaire gar¬
nit cette robe de
joyaux à rendre jalouses les
reines; on mit sur ses cheveux une couronne
naient Jésus.
11 advint qu'une maman reçut ainsi la
visite de l'Enfant-Dieu. C'était la femme d'un
sculpteur, et son enfant souffrait d'un de ces
de langueur qui, sans crises, mais sans
rémission, dessèchent une à une, jusqu'à la
dernière, les fibres de la vie.
Au seuil même du logis, aussitôt
que le
Lambine parut, le pauvre être fut
soulagé, non
guéri. La mère obtint la grâce de conserver
pendant quelques jours encore le sauveur de
son enfant. Elle pensa
que, si elle pouvait le
garder toujours dans sa demeure, la maladie
s'enfuirait à tout jamais, et la maman serait
affranchie des angoisses, lot commun des
mères. Qu'importent les enfants des autres!
Alors le père travailla, jour et nuit, à
sculpter une imitation de la bienfaisante statuette.
Quand il eut achevé le sacrilège ouvrage, l'artiste rendit aux moines le simulacre de Jésus
et garda le miraculeux original.
Et les enfants mouraient, et les mères pleuraient sans consolation. On
exposait sur l'autel,
on
promenait de porte en porte un Bambino inutile, dont les yeux étaient aveugles et les lèvres
maux
muettes.
Noël arrive. Un reste de foi quand même peuple encore l'Aracoeli
messe de l'aurore on
distingue dans l'ombre des mères en deuil,
de rares fidèles. A la
qui attendent Jésus, non plus
de diamants.
Tel 011 le montre encore, et
chaque année
lui ajoute de nouvelles
parures. Lorsque Napo¬
léon fit de son enfant un roi de
Borne, pour
que le Bambino protégeât l'impérial berceau,
Napoléon donna la croix d'honneur à l'EnfantDieu. Elle brille encore sur sa
poitrine.
Si, parles rues de Ruine, vous rencontrez
un carrosse de
gala, attelé de deux jolis che¬
vaux, et dont la portière est garnie d'un
tapis
de pourpre et d'or, imitez la foule
qui s'age¬
nouille. C'est le Bambino qui fait in
siocchi sa
visite aux petits malades. Seulement, on ne
lui permet plus de découcher.
Hélas ! tous ne sont pas guéris. Mais
quand lé Bambino apporte avec lui la santé, on voit,
au seuil du
logis, ses lèvres s'entr ouvrir et ses belles joues se colorer d'un plus vif éclat. Si,
au
contraire, la couchette doit bientôt être vide, si les chérubins attendent là—haut un frère,
déjà élu, le Bambino pâlit. Du moins la douleur maternelle est adoucie et sanctifiée.
Toutes les grâces du Noël romain se réunissent autour du
poupon sacré de l'Aracoeli.
Les enfants du catéchisme,
vaste corporation,
répartis entre los 380 paroisses de la ville sainte, forment une
où les dignités sont dévolues aux plus sages et aux plus savants. Le royaume
de l'enfance est celui de la
justice.
Chaque année, une éleclion solennelle constitue à Rome un troisième souverain, un collègue
du Pape et du Roi. C'est l'empereur du catéchisme. Aucune couronne n'est
plus légère et plus
douce au front que colle de cet
empereur de dix ans!
Pendant la dernière semaine de l'Avent, l'Aracoeli
catéchisme et à sa cour enfantine.
appartient au Bambino, à l'empereur du
Le matin, le Bambino, cn
grand appareil, est exposé sur l'autel. Devant l'autel, s'élève une
petite chaire.
Les dignitaires et les simples
citoyens du catéchisme sont réunis et viennent dévotement
baiser le pied du Seigneur enfant.
Les petits docteurs, garçonnets aux cheveux noirs et
frisés, blondes fillettes du Trastevere,
montent gravement, tour à tour, dans la chaire
minuscule. Chacun prononce un sermon en
l'honneur de Jésus.
Tout Romain naît orateur. C'est merveille d'entendre sonner entre ces
lèvres fraîches et
pures le magnifique langage romain. Plusieurs de ces homélies enfantines sont des chefs-d'œuvre
de grâce; et la palme de
l'éloquence appartient d'ordinaire aux filles. Douées, pour la plupart,
de voix de contralto, elles récitent des
compliments si graves et si jolis, qu'on n'entend rien de
plus admirable au cercle de S. M. la reine Marguerite.
Avant la messe de Noël, c'est l'empereur lui-même
qui rend hommage à son Dieu. Person¬
nage très imposant, il enveloppe ses salutations de réserves très
diplomatiques.
Noël marque d'ailleurs la fin de son
règne.
Que deviennent les anciens empereurs du catéchisme? Combien
y en a-t-il eu parmi les
chefs de la Révolution ?
N'est-ce pas un signe carac¬
téristique de ce peuple-roi, sé¬
vère mèine cn sa grâce, que Noël,
au lieu
d'apporter à ses enfants,
comme
aux
nôtres, les délices
des jouets, leur procure les honneurs
d'une tribune publique et une
gloire
de Cicérons en herbe?
A nous, fils des barbares, les
puériles surprises du soulier avide de
présents. Aux Romains, fils des Césars,
les cérémonies de Cour, avec une
hiérarchie et des harangues.
Nos bambins échangeraient-ils
leur Noël contre celui des petits em¬
pereurs romains? Pas un, j'en suis sûr,
renoncerait pour le plaisir de la
ne
prédication publique, à sa petite crè¬
che rustique, à son bonhomme Noël, à
la tiédeur de la bûche, à la splendeur
de l'arbre, et surtout au soulier éculé,
que l'aube éclaire dans la cendre, tout
rempli de bonbons et de poupées.
Henri des IIoux.
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Mélodie inédite
POESIE
MUSIQUE
FRANÇOIS COPPEE
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(Tableau inédit, appartient à M. Fleury-Ravazin.)
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Saint Médard, le vrai, le saint Médard des Flandres nous vidait sur la téle depuis cinq ou six
semaines au moins, ses cuvelles à lessives en bois cerclé, ses seaux de l'er battu, ses brocs de cuivre
luisant, ses pots de grès, tous ses réceptacles aquifères, en une pluie dense, douloureuse et lente comme
la nuit du condamné espagnol en
chapelle.
s'apaiser; mais bientôt de subites et désordonnées averses s'échappant de
nuages incontinents, évoquaient l'idée de ruelles assiégées dans la nuit, par P impatience des buveurs,
un soir de kermesse; et le canal,
Styx aux eaux noires où se dissolvaient les charbons d'une cité indus¬
trielle, semblait ne plus savoir de quel côté, soit au nord, soit au sud, diriger son cours paralytique.
Les Poilugais, peuple modeste, assurent volontiers qu'il n'y a devrais incendies qu'en PortugalIci, par le Mannekenpiss, on aurait de quoi les éteindre. Car, en Belgique « il sait pleuvoir ».
Donc, mes yeux de méridional eussent pleuré amèrement sans la crainte qui me tenait d'auginenter le déluge, et déjà je saisissais ma plume pour la tremper, ò mon Dieu, n'importe où, dans Pair
changé en encrier et rédiger mon testament... Mais quoi! la pluie semble cesser; je profite du répit
qui s'offre et vais jusqu'au jardin public.
Sans doute les nuages, pompiers militairement organisés sous une bannière céleste, ont reçu
Perdre de répit... Erreur! des gouttelettes recommencent à tomber. De nouveau, c'est la pluie; mais,
qu'importe, je mourrai noyé, s'il le faut, et veux rester assis sur ce banc solitaire, voyant noir, songeant
au
passé qui s'efface, au présent qui n'existe pas, à l'avenir incertain et vague.
Là bas, du côté de la gare, comme en un immense estaminet, bondé de fumeurs et suant la beu¬
verie, les locomotives éructent, les cheminées, pipes géantes, poussent dans les airs leur vapeur.
Buées noires, heurt de ferraille qui se confondent en je ne sais quoi d'imprécis qui me fait rêver
Parfois cela semblait
d'outre-tomhe.
Si pourtant j'étais déjà mort !
Mais voici que le disparu, oui! vous savez bien : le soleil! splendide et balayant soudain tout ce
noir de son balai d'or, rend aux fleurs pâlies leurs couleurs, aux verdures tristes leurs nuances, au
ciel son azur, à Pair sa diaphanéité et leur pépiement fait de joie à trois moineaux mélancoliques, qui
sur une branche poudrée de charbon et comme minéralisée s'attristaient à prévoir la métamorphose
inévitable et progressive de leurs ailes mouillées en nageoires.
Puis des musiques aériennes sonnent un motet blanc d'argent, me rappellant le vieux clocher, les
carillons de mon enfance.
En croirai-je mes yeux? Des fillettes, avec la robe et le voile de blanche mousseline, chaussées de
satin, couronnées de roses neigeuses, essaim de séraphins, d'oiselets ou de papillons, volèlent, rieuses,
gazouillantes, légères, butinant les parterres au passage et s'en allant vers la chapelle de briques
rouges que surmonte un coq de fer rouillé.
Un vol d'anges venait de passer: elles avaient toutes des ailes d'or.
Les yeux clos, je me revoyais clairement moi-même en saint Jean-Baptiste, armé d'une croix où
flottent des rubans, la peau d'agneau sur les épaules, bras nus étonnés d'être à Pair, menant en laisse
bout d'une saveur rose un agnelet, un petit mérité qui réclame sa mère, alors que, blondin garçon¬
net, je figurais au cortège de la Fête-Dieu.
Lentement, doucement, elle défilait la procession, dans les ruelles tendues de blanc, sous des
averses de verdures et de fleurs de roche sentant la montagne. Puis, devant les reposoirs pailletés d'or,
au
dans le poudroiement du soleil tout le monde s'agenouillait et les nuages opalins de
l'encens montaient
ciel, éternellement bleu, au paradis où jouaient aux billes avec les anges nos petits camarades qui
avaient eu le bonheur de mourir.
Mais, j'entends des enfants pleurer. Adieu le rêve! Sur le banc, à mes côtés, deux fillettes san¬
glotent. Des sabots, le modeste coutil blanc qui les habille indiquent leur pauvre condition.
« Qui êtes-vous, mes deux mignonnes; comment vous appelez-vous?
Marthe et Élisa.
au
—
—
—
—
est
Et pourquoi pleurer un jour de fête?
Grand'mère nous avait taillé nos deux costumes dans sa robe de mariage, seulement grand'mère
trop pauvre pour nous louer des ailes d'or chez les bonnes soeurs, et nous n'osons pas aller à la
procession sans des ailes.
—
—
Mais alors c'est donc bien cher, des ailes '?
Très cher,
monsieur ! au moins un franc cinquante centimes la paire; et c'est une trop grosse
pour grand'mère, une journée de son travail. Si l'on était riche, pourtant ! »
Alors ces papillons au regard bleu, ces oiselets au blond duvet, ces deux pauvrettes pleuraient parce
somme
qu'elles n'avaient pas d'ailes, de belles ailes d'or comme les autres.
Deux larmes me vinrent aux cils, deux larmes de pitié profonde pour les chagrins de l'enfance
déjà humiliée par l'inégalilé du sort.
Ce ne fut pas long. Une minute après nous étions à la sacristie des religieuses.
« Là ! bien vite, deux paires d'ailes, mais les plus belles, à tout prix. »
J'étais inquiet : y aurait-il encore des ailes? Heureusement deux paires restaient merveilleuses, et
qui avaient l'air fabriquées avec des plumes d'archanges.
Déjà le défilé commençait; déjà Marthe et Elisa, dont les pieds ne touchaient plus terre et qui
avaient laissé leurs sabots, rejoignaient en courant la procession en marche, leurs ailes frissonnant dia—
maniées dans la lumière et le soleil.
Une bonne vieille me baisa la main, et je devinai la grand'mère.
Pour une fois, vous voyez bien qu'il ne pleut pas toujours en Belgique.
~
Jules Arène.
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AIMÉ PERRET.
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MATERNITÉ. (Dessin inédit.)
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A Saint-Jean (Dessin de Sem).
Si je pouvais au ciel dérober une éloile,
Et vous porter, ravi, mon larcin glorieux,
L'EXPOSITION DE 1900
Ce ne serait asseq, car je verrais sans voi'.e
Le firmament d'aqur qui se mire en vos yeux !
Dans un an à peine, la grande exposition de 1900 sera prête à ouvrir. De
merveilleuses constructions feront des Champs-Elysées, de l'Esplanade des Invalides,
des rives de la Seine et du Trocadéro le plus féerique des spectacles.
Si je pouvais encor vous donner un empire,
Vous faire sur un trône asseoir auprès de moi !. .
Mais, hélas ! c'est en vain qu'à ces grandeurs j'aspire :
Vous êtes déjà reine, et je ne suis point roi !...
Déjà, par-dessus les palissades qui enferment les chantiers du Cours-la-Reine, le
public a regardé grandir les deux admirables palais des Beaux-Arts et des Arts
Libéraux.
Puisque votre bonheur dépasse mon envie,
Puisque je ne sais rien qui soit digne de vous,
Je vous donne mes pleurs, je vous donne ma vie,
Et dans mon désespoir je vous dis à genoux :
peintres,
superficie de
l'Exposition de 1900, la couvriront de palais et de jardins, en feront une ville
Au moment où paraîtront ces lignes, architectes, ingénieurs, sculpteurs,
toute
une
légion de savants
d'artistes, attaqueront la vaste
et
étincelante de couleurs et de lumière.
A
l'Esplanade des Invalides
L'Esplanade des Invalides est spécialement téservée aux expositions des Industries
diverses et des Manufactures nationales.
A l'Esplanade, comme au Champ-de-Mars, il n'y a point, au sens strict du mot, de
palais isolé. Toutes les grandes constructions sont reliées, enchevêtrées les unes
dans les autres. Elles forment un tout unique, comme le forment les divers corps
de bâtiment qui composent le Louvre. L'ensemble est d'une indéniable harmonie,
et aucun dessin, si fidèle qu'il soit, ne saurait rendre l'impression d'originalité qui
s'en dégage. Ajoutez à cela les couleurs dont sont avivés les dômes, les entrées
monumentales, les frises, les pilastres, les bannières multicolores, l'éclat des milliers
et des milliers de globes lumineux dont ils sont ornés à profusion.
Le visiteur, après avoir quitté le pont Alexandre, rencontre toute une série de
constructions s'élevant au milieu de bosquets. Au-dessous de lui, c'est la nouvelle
gare des Invalides, dont on a utilisé les parties libres de la couverture.
A droite et à gauche, deux superbes palais (côté Fabert aux étrangers ; côté
Constantine aux nationaux), tous deux affectés aux Industries diverses. En face de
l'Hôtel des Invalides, laissant libre une large ouverture à travers laquelle se détache
la façade et le dôme du monument, le Palais du Fond, appellation provisoire
(architecte, M. Tropey-Bailly).
Face à la gare des Invalides, le palais des Manufactures nationales.
Au
Oh ! laisseq-moi, du moins, être un de vos esclaves,
Puisque sur cette terre être humble est mon destin ;
Je trouverai pour vous légères mes entraves,
Et pleines de douceur les miettes du festin...
Et, plaçant votre image au temple de mon âme,
Devant elle, en secret, comme une lampe d'or,
De mon fidèle amour j'entretiendrai la flamme,
Dont le dernier rayon s'éteindra dans la mort !
J.-B. Faure.
Le
Défenseur des Vieilles Pilles
MONOLOGUE
Dit par
Champ-de-Mars
La merveille du Champ-de-Mars, le véritable « clou » de l'Exposition, sera 1 ePalais
de l'Electricité. Le soir, il formera, sur toute l'immense largeur du jardin, un
GILLES-ROLLIN, des Variétés
Le Français, né joyeux, créa la comédie... rosse; les chansonniers, nés irrespectueux,
fantastique décor d'incendie, réfléchissant ses mille flammes dans les eaux d'une
cascade monumentale. La gerbe centrale de ce Château d'eau tombera de trente-
créèrent la belle-mère, et Yvette, née
quatre mètres de hauteur.
concert,
Suivons les palais à partir de la Galerie des Machines^ transformée par M. Gust.
Raulin. Au centre, une Sal.e des Fêtes pouvant contenir Jo.ooo personnes. Aux
deux extrémités, les Expositions
de YAgriculture et de l'Alimentation.
Car enfin ça n'est jamais de gaieté de cœur qu'une jeune fille coiffe sainte Catherine ;
La Grande Roue de Paris
qui sera l'un des clous, sinon le gros clou de l'Exposition. La gravure a déjà
popularisé cette roue gigantesque, la plus grande du monde, qui fit fureur à Chicago
et à Londres. Son succès en 1900 n'est pas douteux, pas plus que celui de
La Cour des Miracles
Mondam-Nocl offre à ses premières pages une vue d'ensemble. Spectacle
grandiose s'il en fut, qui est offert là à nos yeux étonnés et ravis. L'ingénieur
Colibert a fait œuvre de goût et d'artiste consommé. Voici comment s'exprime notre
excellent confrère le Figaro sur le futur grand succès de l'Exposition de 1900 :
dont
La Cour des Miracles
rappelle la si intéressante reconstruction de la Bastille, qui, en i8"q, se dressait
On y arrivait par la rue Saint-Antoine, telle
qu'elle était du temps de Lntude. C'était l'architecte Colibert, élève de Viollet-le-Duc, qui avait
eu l'idee
ingénieuse de ressusciter un coin de Paris cn 1,789. II est en train de faire mieux
encore. Fn cette même avenue de Suffren, il va évoquer non le siècle dernier, mais celui où
Hugo a pincé faction de Notre-Dame de Paris. Sur un vaste terrain, il nous montrera —
derrière ses fortifications de Charles V, où sera percée la porte d'entrée — d'abord la vieille
Cour des Miracles, puis la Métropole, dont nous verrons, après l'enlèvement d'Esmeralda.
tomber Quasimodo. Et, de la Cour des Miracles à Notre-Dame, revivra le moyen âge avec ses
On
se
de Suflïen, devant la galerie des Machines
coutumes si diffère n te s des nôtres, les tournois et le cortège royal, les ébats des
des ribaudes, les maîtrises, les corporations, enfin toute la vie pittoresque du
mœurs et ses
truands
et
quinzième siècle.
à peine de terre ; mais nous connaissons M. Colibert. Aussi
demander le programme de ce qu'on verra le jour même de
l'inauguration. Oh î ce programme est établi. Mais il est peut-être trop tôt pour le donner.
A l'heure qu'il est, tout sort
n'avons-nous pas hésité à lui
Georges Rip.
Le Palais des Machines
En bordure du jardin central, nous trouvons le Palais du matériel
et des procédés
généraux de la Mécanique et le Palais des Industries chimiques ; le Palais des Fils,
Tissus et Vêtements ; le Palais du Génie civil et des moyens de transport ; le Palais
des Mines et de la Métallurgie ; le Palais de l'Education, de l'Enseignement, des
Lettres et des Arts.
Tous ces palais sont à deux étages, étant donné le
nombre des exposants.
repeinte en blanc bleuâtre, tout un amoncellement de
constructions, de kiosques, d'expositions spéciales, perdues dans les jardins, les
pelouses, les lacs : le Palais de YOptique, l'histoire du Costume ; l'Exposition des
Tabacs, l'exposition des petits Etats : Haïti, Saint-Marin, Pérou, etc., toute une
série d'attractions : « les » clous » acceptés par le commissariat général.
Autour de
la Tour Eiffel,
Argus.
â stl?
^
Désirs et
Guilbert, créa « La vieille fille » au café-
sympathies.
A côté de la Salle des Fêtes surgit
avenue
..
ainsi nommé parce qu'on n'y boit que de la chicorée.
J'ai, jadis, défendu les belles-mères, qui ne le méritaient guère, soit dit entre
nous; et je viens aujourd'hui défendre la vieille fille qui, elle, mérite toutes nos
zèé?
Regrets !
Que puis-je vous offrir ? Je ne suis qu'un poète,
Et si je vous donnais mes rêves de printemps,
croyez bien que le plus souvent, elle aurait mieux aimé coiffer un mari. — Mais
voilà: l'homme, lui, peut choisir sa compagne; la société lui accorde le droit de
tomber aux pieds de la représentante
d'un sexe auquel nous devons tous la vie, pour
plui déclarer sa flamme. Et ce droit que vous accordez à l'homme jeune ou vieux,
vous le refusez à la jeune fille!... Vous n'admettez pas que, sans
y être sollicitée en
rien, une vierge tombe dans les bras d'un beau jeune homme en s'exclamant : « Toi,
je t' gobe ! »
Aussi qu'arrive-t-il ? ..
II arrive que la jeune fille qui rencontre son idéal doit attendre patiemment que
son idéal la remarque. Et si son idéal passe et repasse à ses côtés sans se douter
jamais qu'un bon petit cœur bat pour lui, la jeune fille, lasse d'attendre, se décide
un beau
jour à épouser le premier venu que, par esprit de représailles, elle rendra
très malheureux en ménage. A moins, ce qui arrive le plus souvent, qu'elle n'attende
sous l'orme, — il est si doux d'espérer !
Oui, mais pendant ce temps l'âge mûr, si Dieu lui prête vie, pose ses pattes d'oie
sur son front virginal, et comme pour être vieille 011 n'en est
pas moins femme, elle
donne son cœur au... bon Dieu, elle se confit en dévotion, elle devient bigote! —
A moins qu'elle ne consacre toute son affection entre un chien, un chat et un
perroquet qu'elle gâte comme jamais une mère ne gâtera ses enfants. — Plus
heureuses sont les vieilles filles que le mariage d'une sœur ou d'un frère élève au
rang de tonton, de bonne tata gâteaux. Ce qui leur permet enfin de goûter aux joies
du ménage préférables aux odeurs d'une ménage... rie, fût-elle même exclusivement
composée d'animaux domestiques.
Ah ! c'est que le cœur, lui, ne vieillit pas! — Demandez aux vieux garçons Et
cependant vous ne reprocherez jamais aux célibataires les plus endurcis de rechercher,
sur leurs vieux jours, l'affection d'une petite bonne... bonne à tout. En
revanche,
quels cris de paon jetterait la société, — et par société j'entends vous, moi, lui, bref
un tas de gens qui se mêlent toujours de ce qui ne les regarde pas, —
quels cris de
paon, dis-je, pousseraient les gens qui personnifient la société, si une vieille fille
s'offrait un domestique mâle pour bassiner son lit !
Croyez-moi, à quelques exceptions près, les jeunes filles ne deviennent de vieilles
filles qu'à leur cœur défendant. Ne blâmez donc plus leurs manies; laissez-leur
dorloter chiens, chats et perroquets, et dites-vous bien qu'à tous ces animaux elles
auraient encore préféré le singe.— Et le singe c'est l'homme, si j'en crois feu Littré.
Faute d'un singe la vieille fille s'étiole et dessèche sur pied comme un arbre qui
n'a jamais porté de fruits. Plaignez-la! Et vous, vieux garçons, vieux célibataires
endurcis qui êtes la cause première de leur éternelle virginité, faites-en votre
mea culpa.
C'est la grâce que je vous souhaite ! Ainsi soit-il.
—
Louis Njcarl.
Aurieq-vous pour cela le présent que souhaite
En ses vagues désirs votre cœur de vingt ans ?
Peut-être j'oserais d'une langue craintive
Vous murmurer tout bas un poème d'amour
BISIB BI REINE
..,
Une reine qui tient un salon littéraire
Où l'art fait rayonner ce qu'il a de plus beau,
A dit en pleine cour : Si vous vouler me plaire,
O poètes, chanter le Savon Mikado !
Mais à mon humble voix serieq-vous attentive,
Vous à qui tant d'heureux sans cesse font la cour ?...
Cueillerais-je pour vous l'aubépine fleurie,
Les bleus myosotis, l'hélianthème d'or,
Les roses et les lis, splendeur de la prairie,
Et des champs et des bois tout l'odorant trésor ?..
Fabricant : Félix
[o]
Comme un royal tapis aux riantes couleurs,
Le tournesol cherche un rayon ;
L'oiseau des bois cherche Veau claire;
Ou comme un diadème à votre front de reine?...
dites-moi si vous vouleq des fleurs !...
Femmes, que chercher-vous, sinon
Mikado, lorsque vous voilier plaire ?
Le Savon
Mais de toutes les fleurs vous êtes la plus belle,
Fabricant: Félix
Fos cheveux ont plus d'or que les blondes moissons,
Vos lèvres plus d'éclat que la rose nouvelle,
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produits ont été classés HORS CONCOURS à toutes les
expositions. Seuls les produits de ses usines de St-JUST
ont valu à M. HENRI PRUNET, son fondateur, la distinction
honorifique de MEMBRE DU JURY dans tous les concours.
Digne de son ancienne réputation, la BISCUITERIE
MARSEILLAISE est donc la seule pouvant se flatter à
juste titre de récompenses qui en font la première maison
du Midi de la France.
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fréquence sont des courants électriques qui ont
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d'en appliquer telle quantité qui est nécessaire, sans incommoder le malade
en
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façon, et sans danger.
Ces courants s'adressent exclusivement aux troubles de la nutrition,
toutes les affections qui en
Les
découlent en sont donc justiciables.
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s'adresser á la Société Générale de Transports Maritimes à Vapeur, 8, rue Ménars
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