AS15203_1553_0132.pdf
Médias
Fait partie de Tourny Noël
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f f accueil empzessé fa it paz les oAmateuzS, le sPublic et la ^Pzesse
à’ « Touiny - Noél » de i8 g 5 nous enconzage à lui donnez un fzèze.
zNjouS le mettons au monde sous ce tziple pazzainage.
([fidèles à nolze piogzamme de bonne foi aztiste, nous avons
fa it appel au concouzs de maîtzeS et de disciples à l’inspization
divezse, mais que zailache à '’llozdeaux une communauté d ’affections,
de sympathies et de souvenizs.
(fl vous appaztiendza de dize si nous avons bien usé du czédit
clialeuzeusement ouvezt a nolze pzemiez essai.
e/7ujouzd’hni comme liiez, nous avons tâché de notze mieux à
mézitez le Suffzage de tous les amis de l’oAzt sans pzétention et
sans épithète. Ou’ils épzouvent, à feuilletez zapidement cet album,
la joie légèze que nous avons épzouvée à en assemblez lentement les
pages, et notze vœu, ambitieux pent-êtze, seza comblé!
Paul BERTHELOT. — Edmond DEPAS.
3
T O U R N Y —N O Ë L .
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ced- a v
Jrii, :
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fa/ice> à.
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V f.)
/M a n o n
(^CwU
« Adorable cochon... cher ange! »
C h. Mo n s e l e t .
Mignon! voici la Noël,
Il le faudra, Sort cruel,
Renoncer à toutes choses;
Déjà la dernière fleur
V a mourir dans sa pâleur...
Je veux ton Sang, tes chairs roses !
Laisse-moi dans tes yeux bons
Voir le reflet des jambons
Dont l’image emplit mes rêves;
Laisse-moi sur tes reins blancs
Chercher les lardons tremblants
Que j ’ai promis à mes fèves.
Verse, verse ton sang brun
Pareil au jus du nerprun,
Avec des senteurs de mûre.
Va, renonce à tout espoir,
Tu me maudiras ce soir,
Mais demain j ’aurai ta hure!
Qu importent les trahisons
Des marchands de salaisons
A la lueur des bougies !
Le Sauternes est doré,
Minuit sonne à Saint-André,
E t c’est l’heure des orgies!
Victor MEUSY.
(DéccmGic 1896.
4
TOU R N Y - N O ËL.
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P a r o l e s e t lÆ usicju-© d e X A N R O F
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Don- , cp . •(hent, vous vous
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Vos
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111
II
Vous dormez, paisible et sans peur,
Vous dormez, et pour vous la nuit
Et des sourires de bonheur
N’a pas u n souille, pas un bruit; —
Passent sur votre bouche close;
Moi, j ’entends frapper à la porte
Moi, je suis très pâle et très las...
Mais bah ! l’abat-jour est si rose :
Les créanciers et le souci...
Vous ne le remarquerez pas !
C’est pour moi qu’ils viennent ici!
Dormez, ma Beauté, ma Merveille,
Dormez, ma Beauté, ma Merveille,
Dormez, mon Amour, — moi je veille!
Dormez, mon Amour, — moi je veille
Mais dormez, mignonne, qu’importe!
IV
J'ai fini, je peux sommeiller...
Mais je n ’ose vous réveiller, —
Et cela vaudra mieux, sans doute;
Car je peux fuir, quand vous dormez,
La vérité que je redoute
Et me dire... que vous m ’aimez?...
Dormez, ma Beauté, ma Merveille,
Dormez, mon Amour. — moi je veille!
XANROF.
ZV V v )
v
T O U R N Y -N O E L .
le céh ie de Notre colonne
Quand on eul fini la colonne
L'architecte resta pensif :
« Je veux, dit-il, qu’on la couronne
D’un bonhomme décoratif. »
« — Il faudrait y mettre un Génie! »
Dit un esthète aux goûts altiers
Qui, jadis, apprit l’harmonie
Dans la musique des pompiers.
Vile, un Génie!... et l’on appelle,
On cherche dans les environs...
Mais c’est fort rare à la Rousselle
Et peu commun dans les Charlrons.
Et comme Monsieur Dumilàtre
A le trouver était trop lent,
Notre Sera a dû se rabattre
Sur un modeste équivalent...
Au-dessus des gens qu’il épate
Il plane à d’immenses hauteurs,
El tout lier, montre sa cravate
A la foule des détracteurs !
Hier, ce n’est pas d’ambroisie,
Mais de fromage qu’il dîna :
De Bordeaux le plus beau Génie
Ne peut manger... que ce qu’il a.
El malgré les cris déshonnêtes,
Le bonhomme a scs adhérents :
Si l’on en railla de plus grands,
On en exalta de plus bêtes!...
Ernest TOULOUZE.
ii
T O U R N Y -N O Ë L ,
i4
L e D irecteur. — Ça n’est pas possible? Pardon, il en a... un peu, n’est-ce pas?... avec du talent,
du vrai talent... C’est le ténor le plus cher d’Europe, je lui donne le maximum...
L e C ritique . — ? ? ? ? ? ? ? ?
L e D irecteur . — Ça vous étonne... il ne le mérite pas?... Mais ça n ’est pas ma faute, mon cher
Monsieur... (pressant) mettez-vous à ma place...
Le C ritique . — ? ? ? ? ? ? ? ? ?
L e D irecteur , amer. — Ne plaisantez pas... on croit que je gagne beaucoup d’argent... A-t-on
compté avec moi?... Il ne faudrait pas beaucoup de soirées comme celle-ci, en tout cas... (vivement) elle
n’est pas perdue, d'ailleurs... et le quatrième acte...
L e C ritique . — ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
L e D irecteur , éclatant. — Eh! oui, parbleu, il sera mauvais, le quatrième acte... exécrable même,
je le sais bien... Ils aiment la chair fraîche ici; eh bien ! qu’ils dévorent celui-là... je n ’en ai pas d’autre...
non, pas un... il n’y en a pas, nulle part...
Le C ritique . — ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
L e D irecteur , furieux. ■
— Qui dites-vous? Dorval? Linder? Anselme? Gervais? Vogan? Thésman?
Perney?... et les autres?... lié! je leur ai télégraphié avant-hier (il tire un flot de dépêches de sa poche;
se reprenant) en cas de maladie... vous comprenez... ou d’absence de celui-là... ils me demandent des
fortunes, des fortunes... tandis qu’avec mon petit ténor... s’il avait eu un peu plus de voix... et de
talent... j ’aurais pu aller jusqu’à ce qu’il... (solennel); enfin, j ’aurais pu faire du grand art, préparer la
VaZ/çyrâ...
L e C ritique . — ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
L e D irecteur , affirmatif. — Mais oui, monsieur, la Valkyrie... ou les Maîtres Chanteurs, ou Alceste...
ou la Vestale de Spontini; (amer) mais avec cette cabale, tout ça est à l’eau... renvoyé à l’année
prochaine...
L e C ritique . — ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
L e D irecteur . — Ça n’est pas ma faute, oui, vous pouvez l’écrire... renvoyé à l’année prochaine,
le grand art... Soit: nous reprendrons le répertoire... ce ténor-là ou un autre, d’ailleurs, la cabale serait
la même, n’est-ce pas?... puisqu’on m’y force, je le garderai ce ténor... quoi qu’il arrive au quatrième
acte, là...
L e C ritique . — ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
L e D irecteur. — Mon cher, vous le voyez, je ne puis pas le résilier... voilà le public... voilà où
j ’en arrive à vouloir le satisfaire en tout et toujours.., si encore il m’en savait gré! (Au régisseur) ; En
scène pour le quatre, vivement! (Au critique qui fait mine de regagner son fauteuil) : Non, venez plutôt
dans mon cabinet... je voudrais avoir votre avis, mon cher maître, sur la meilleure version française
de la Valkyrie, et je... (Il l’entraîne pendant que la toile se lève sur le dangereux quatrième acte.)
P aul BERTHELOT.
-O+-X-
T O U R N Y - NOËL.
i5
LE Ba N(
Le Banc, par un grand B, le grand B solennel des Bourbons, des Bragance et des Grandes
Bouteilles, le Banc du Cercle de l’Union enfin. Il n’est pas au coin du cours, mais presque, en
plein ventre de Bordeaux; à cinq heures du soir, c’est le nombril du monde.
Il le sait, il regarde le flot des passants comme le voluptueux voyeur du poète suivant du
rivage les convulsions de la tempête. Boudha gascon, il a la sérénité et les hommages d’une
Idole. C’est la dernière, et après le Banc, il faudra se taper : nous n’aurons plus d’idéal.
L’heure affreuse n’a pas sonné. Le prestige du Banc survit à tous les assauts. Le Feu Sacré
avait les vestales, le Banc a ses augures. Ils s’habillent pour faire sur lui le service d’honneur
comme on s’armait jadis pour la croisade, et quand le peuple affairé ou distrait passe, il a
soudain devant le Banc et ses pontifes le sentiment d’une Foi vivace et d’une garde noblement
montée.
Si le Banc représente un bloc de grandes choses, il y met d’ailleurs un grain de bonne
humeur locale, un grain de sel des greniers de la Rousselle.
La Tour d’ivoire est aussi un observatoire; on y est vu et l’on voit de là couler sur le
trottoir une rivière de perles qui voudraient bien s’accrocher à ce Banc. Mais il y a beaucoup
d’appelées, peu d’élues, et la foi qui agit, la foi qui éclaire, absorbée par le culte du Banc
Immortel, ne saurait longtemps ou souvent égarer ses rayons sur les beautés périssables...
Au premier regard, il n ’a rien de remarquable, le Banc. Un jonc timide, mais qui sait
résister en ployant sous le poids des responsabilités, s’appuie sur de courtes colonnes sans
caractère monumental. Mais interrogez. Une légende court sous le manteau et les racing-coats.
Le Banc aurait été fait avec les débris des tabourets de la cour de Louis XIV. On lui a donné
finement une forme simple, mais digne, pour détourner les soupçons et ne pas exciter, en temps
de révolution, la colère des foules.
Tel qu’il est, il demeure grand par le rayonnement du respect. On s’y assoit comme on
montait au Capitole. Il a son histoire, et à côté des J/ébno/res d'une chaise, de Sarah Bernhardt,
les Mémoires du Banc trouveront leur place dans les fastes des meubles célèbres. On l’appellera
i8
T O U R N Y - NOËL.
On devait l’avoir mis à la porte. 11 ne se souvenait pas bien. Il n'avait jamais été aussi heureux,
non, jamais. En dépit de l'extrême froid, il avait chaud. Sa vieille peau parcheminée s'était comme
détendue, gonflée, et elle brûlait. Il se sentait grossir de minute en minute. Il devenait énorme.
Il aurait voulu que tout le monde le vît ainsi et qu'on sût bien que c’était lui, M. Gras, lui, le pelit
vieux ratatiné, menu, fluet et tout pareil à une momie desséchée.
Mais les autres demeuraient enfermés dans la brasserie où ils chantaient. A travers les volets clos
on distinguait la voix de la brunelte. Dans la rue, pas un passant, et le brouillard toujours plus épais,
tout blanc, comme une fumée, et qui étouffait les bruits de Paris. Alors, M. Gras voulut se lever. Comme
il ne voyait pas le sol, ni les choses, il eut grand’peine à se tenir droit, et il se souvint de ce que lui
avait dit la fillette brune tout à l’heure.
Il répétait :
— T’ es paf ! non, c’ que l’ es paf !
Il marcha longtemps, perdu, à travers des paysages nouveaux, des quartiers vagues, des architec
tures bizarres et découpées comme des ombres chinoises. Il passait devant des palais aux colonnades
infinies et qui touchaient le ciel. Il saluait au défilé des cathédrales gothiques, des portiques aux
arceaux gigantesques, des propylées noyés dans la nuit. Il voyait des châteaux dont les tourelles
dentelées mordaient en pleins nuages. Et soudainement, dans la fantasmagorie des mirages nés du
brouillard qui était dans lui et qui l’enveloppait, il se prit à vivre un rôle héroïque. Non, ce n ’était plus
M. Gras, le vieux petit employé à deux mille trois, celui qu’on rencontrait à huit heures du soir rue
Vavin, et qui mangeait à la crémerie. C’était un autre homme. Il avait sur la tête un panache de
nuée blanche, il marchait comme Mélingue, dans les drames de cape et d’épée, et il allait à quelque
rendez-vous galant, sous la fenêtre d’une belle dame à qui il chanterait des sérénades.
Des gardiens de la paix qu’il rencontra lui parurent gigantesques et formidables. Il leur cria :
— Au large !
Et il passa, téméraire, l’épée haute, pareil aux héros des légendes que racontaient les philosophes
aux maîtresses des peintres, le soir, après le pousse-café.
Vraiment, il réalisait maintenant toutes les rêveries, toutes les histoires, tous les contes bleus.
C’était, dans son pauvre cerveau demeuré clos jusqu’alors, une explosion de souvenances où se
confondaient des visions de théâtre, des propos entendus au café et des bribes de romans-feuilletons.
Un phénomène étrange se passait en lui. Tout ce qu’il avait perçu sans le bien comprendre se réalisait
à présent. Il se sentait différent et surhumain. Il n ’était plus le vieux petit homme usé par la vie, courbé
par le devoir, humilié par la pauvreté, mais un poète, un être du rêve, un géant.
Cette vision durait, quand, tout à coup, assez loin de lui, il vit venir à sa rencontre un personnage
parfaitement grotesque, les habits en désordre, le chapeau défoncé, qui gesticulait en marchant et dont
la main levée brandissait un parapluie. 11 le regarda venir avec curiosité et un peu de dédain.
Çà, un homme? Allons donc! A mesure que l'autre approchait et que son image devenait plus
précise, dans le brouillard, il le prenait en plus infinie pitié. C’était un pauvre personnage de la comédie
moderne, étriqué dans sa redingote bourgeoise, menu, pitoyable et si maigre, si lamentable qu’on eût
dit quelque marionnette sans âme. Et il venait à lui en zigzaguant. Quand il fut tout près de lui, face à
face, il le salua poliment. L’autre répondit de même.
T O U R N Y —N O Ë L .
»9
— Tiens! Monsieur Gras!
Puis un grand choc, qui le laissa meurtri, furieux, devant la glace d’un magasin à laquelle il s'était
heurté.
Alors, il comprit. L’homme dont il s'était moqué, c’était lui-même. Il avait raillé son image, l’image
du vrai M. Gras, du vieux petit employé qu'il était vraiment et dont se moquaient les philosophes, les
cochers, les peintres et les grisettes. Son rêve s’était évanoui. Il se retrouvait sur le pavé d’un boulevard
plus malheureux et plus infime qu’auparavant, et son panache de gloire s’évaporait en même temps que
les nuages montaient et que son ivresse tombait. Il comprit qu'il ne serait jamais qu’un pauvre
personnage de comédie, lui aussi, et il eut honte. Pourquoi, ce rôle? Jamais plus, après ce qui s’était
passé, il n’oserait franchir le seuil de la crémerie de la rue Vavin, ni aller s’asseoir à sa place accoutumée
au-dessous du casier où sont les serviettes roulées. Les philosophes feraient des mots en le voyant, les
peintres ricaneraient et les grisettes le montreraient du doigt. Non, c’était fini. Ce soir-là n ’aurait pas
de lendemain.
Il était arrivé auprès d'un échafaudage où des maçons avaient travaillé dans la journée. Une corde
traînait à terre. Il la prit, et l'ayant attachée à un platane dont le squelette grelottait dans le brouillard,
il se la passa au cou.
Les gardiens de la paix, encapuchonnés, marchaient par deux, et l’on entendait, au loin, le bruit de
leurs bottes sur le trottoir.
L'un d’eux leva la tête.
— Un pendu !
— En voilà un qui a trouvé son arbre de Noël!
Paul QAVAULT.
Bordeaux. — lmp. G. GOUNOU1LHOU, rue Guiraude, u .
T O U R N Y -N O E L ,
20
LA G R A N D E S E M A IN E
C a r n e t d ’nn
Lundi.. — Déjà, la grande semaine?... Eh! oui. La
grande semaine, n’est-ce pas, Mesdames? c’est celle qui
précède le Nouvel An, pour nous les mondaines, et
nous n’avons pas trop des courtes journées d’hiver
pour voir, revoir, et avoir...
D’abord, les bonbons. C’est le premier souci en ces
journées tout sucre et tout miel. Vite, entrons chez le
maître confiseur où la fantaisie du décor se marie à
l’exquise perfection et à l’originalité du produit; chez
Jourdain-Gabourin, 75, rue Sainte-Catherine, Cazalis,
successeur. Les yeux, la bouche, l’esprît sont séduits,
conquis, et chaque dégustateur est un nouveau client
pour les bijoux parfumés et délicieux de la jolie bon
bonnière bordelaise.
Mardi. — Oui, je l’avoue, j ’aime à voir mon image
reflétée dans les panneaux, entre les tentures, dans mon
boudoir, mon salon et mon cabinet de toilette... non
par coquetterie, certes, mais pour rendre hommage à
l’art subtil de la maison Marly frères, incomparable
dans l’établissement de cette « glace Marly » que toutes
les femmes connaissent; car la glace est fidèle, et toutes
y sont jolies !
Mercredi. — Ah! je suis lasse... et mon estomac me
rappelle que je suis femme, et Bordelaise..- Cocher,
vite, chez Lamanon! En entrant dans le ravissant
salon Louis XVI j ’aperçois trois de mes amies, avec
leurs bébés, qui me font une [place à leurs tables, et
me voilà grignotant les pâles légères et pourtant
substantielles, les crèmes odorantes et les feuilletés qui
sont la gloire de cette vieille maison des Lamanon.
Une tasse de thé parfumé, — tandis qu’à côté de moi
mes amies savourent une tasse de chocolat ou vont
même jusqu’au verre de champagne — et je me sauve,
restaurée et joyeuse...
Jeudi. — Mes Ëtrennes, enfin!... Sortie avec mon
mari qui rit dans sa blonde moustache, je m ’arrête
devant la maison Puech et Chedepeau, 10, allées de
Tourny. Mon rêve!... une installation de bains confor
table, luxueuse même, pratique, à des prix très abor
dables pour notre budget.
C’est gracieux comme un décor, ce magasin ; on voit
marcher tous les appareils, on les emporterait tous...
Mais il faut se borner, et une élégante baignoire avec
chauffe-bains et toute une collection d ’objets en bimélal (argent laminé) supprimant les inconvénients du
cuivre, me ravissent.
Vendredi. — Aujourd’hui j ’ai traîné mon cher mari
chez Jules Dumas, le chemisier sans rivaux, le créateur
de ces merveilleux plastrons qui classent celui qui les
porte au milieu de la banalité générale de l’habillement.
Chez Dumas la lingerie est poussée jusqu’à l’art; c'est
la simplicité exquise dans la suprême élégance.
Et puis, après avoir habillé mon mari, il faut penser
à habiller son cabinet de travail. Je lui promets depuis
longtemps un papier de tenture original, artiste, le
«dernier cri». C’est chez Soubiran seul, 8, cours du
S©
t r o u v e
e x c lu s iv e m e n t
M o n d a in e .
XXX-Juillet, qu’on trouve la dernière nouveauté, la
variété dans les types, le goût exquis dans le choix des
modèles. Sa clientèle exigeante, toujours en quête
d’inédit, lui impose des assortiments de high-life.
Parmi les récentes curiosités à signaler : le revêtement
artistique sur zinc émaillé, de grand éclat, et l’anaglypte, papier moulé, en relief, décoratif au suprême
degré...
Samedi. — Après les dadeaux, n ’oublions pas les
visites du premier de l’an, où l’on vous examine de la
tête aux pieds... Pour la tête, je suis sans inquiétude...
non, je ne parle pas de ma figure, malicieux lecteur!...
je suis tranquille parce que je serai coiffée par la mai
son Félix, la nouvelle maison de modes des allées de
Tourny, dont les derniers modèles, que je viens de voir
à l’intérieur, sont d’une légèreté, d’un éclat discret et
pourtant décoratif, d’un parisianisme exquis. La maison
Félix est le succès du jour.
J’ai dit des pieds à la tête... rassurée de ce côté, je
compléterai mon assurance en demandant à la Cordon
nerie du high-life de mouler mon petit pied. Là se trou
vent le cachet, la qualité, l’élégance, tout ce qui donne
à la chaussure la valeur et le charme. La maison du
high-life a le dépôt pour tout le Midi de la marque
Poivret, de Paris, dont la renommée est universelle
pour ses chaussures en poulain russe garanties. C’est la
vraie marque, la seule bonne, et qui n ’a rien de com
m un avec des rivales sans pudeur.
Dans l’après-midi, temps superbe. Le soleil avait
séché les routes. Je n’ai pas su résister, et je suis allée
faire une heure de bicyclette. Le Parc Bordelais four
millait de cyclistes; trouvé là de nombreux amis, et
nous avons constaté que la machine Peugeot était
généralement adoptée. D’ailleurs, notre grande marque
française triomphe un peu partout. Ses grandes vic
toires ne se comptent plus; ce sont des Peugeot qui
ont gagné le Grand P rix de Paris en 1890 et en 1896
et le Championnat du monde leur a été dévolu, en 1896
également!
A quatre heures, mon mari est venu me chercher, et
comme nous avons un repas de 5o couverts pour les
fiançailles de ma filleule, nous avons profité du voisi
nage pour faire faire notre menu par Céré, l’habile
traiteur du Restaurant du Parc. Pour nos deux grands
dîners de l’année c’est toujours Céré qui nous traite.
Leurs mets, toujours exquis, révèlent des chefs de
premier ordre, des maîtres en l'art des préparations
culinaires! Et je m ’explique qu'ils soient aussi recher
chés pour les dîners mondains.
M. Céré nous a très aimablement fait visiter ses
superbes salles, ses grands et beaux salons où, d’un
bout de l’année à l’autre, se donnent des banquets, des
fêtes, des soirées de mariage, etc.
Notre commande faite, nous reprenons nos Peugeot,
et en roule pour la maison. Voilà, je pense, une jour
née bien remplie !
LUCIENNE.
c h e z
le s
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suffisent à cet acte de conservation et de
bonne hygiène.
P our guérir les maux de dents, il faut la
valeur d’-une cuillerée à café de N a p h to l
d e n tifric e dans trois gorgées d’eau tiède,
et m aintenir chaque gorgée dans la bouche
le plus longtemps possible; ces simples soins
suffisent pour guérir le mal aux dents le
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et légitime succès.
Ce succès est dû aux patien'es recherches de M . D a u p h in , chimiste distingué, qui a,
pendant dix-sept années, fouillé diverses parties du globe et passé onze années consécutives
aux Indes, dont il a étudié la flore riche et mystérieuse de certaines régions inexplorées.
C'est là qu'il fit les premières expériences de celle Eau magique L a C hâtelaine, qui,
en peu de temps, redonne la première fraîcheur aux v isag es fa tig u é s e t m a rty ris é s
par lous les élixirs, Cold-Creamet produits similaires dont l'usage dessèche la peau et la
rend rugueuse.
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velouté de la peau, donnant à la beauté tout son éclat, avec la vertu précieuse encore de
réparer les outrages de la vieillesse, car elle convient à tous tes âges.
La C hâtelaine, étant un composé de substances entièrement végétales, ne contenant
aucun acide, exhale un parfum délicat et subtil. Elle peut s'employer additionnée d eau,
comine toutes les eaux de toi leLte. Elle e s t recom m andée p o u r les lotions e x te rn e s e t
reconnue so uveraine p o u r les b a in s : dans cette circonstance, elle donne à l’organisme
tout entier la souplesse, la fraîcheur et la beauté de l’adolescence.
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treu se s. Son mode d'emploi est indiqué sur chaque flacon.
L a C hâtelaine se trouve dans toutes les bonnes maisons de parfumeries et autres,
nchautillous : petits flacons à 1 fr., 2 fr. et 3 fr.
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procure aux tissus la blancheur de l'adolescence. Le bien-être que l’on ressent et qui se
dégage du bain par cette préparation unique donne à votre corps la douceur, la fraîcheur
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Le D entifrice D ia m a n t est une essence de plantes aromatiques et antiseptiques, ne
contcnantni teinture ni acide qui puisse altérer l’émail de la dent; il enlève et détruit
toutes les matières qui se logent entre chaque dent et qui forment le tartre qui envahit la
base de la dent, la déchausse et la fait tomber; il donne aux gencives la teinte rose et en
conserve la fraîcheur; il purifie l ’h ale in e et donne à la bouche un parfum exquis, ce qui
fait que le D e n tifrice D ia m a n t est te plus recherché de tous les produits similaires. Sa
clarté, sa limpidité de cristal en font le dentifrice recommandé à toute personne qui désire
conserver à ses dents la blancheur du lis. Sa teinte de cristal démontre efficacement que
sa formule ne se compose que do plantes végétales distillées et rectifiées avec les plus grands
soins et que tous les éléments nuisibles en sont rigoureusement écartés..C'est pourquoi le
D entifrice D iam a n t est le plus recherché parmi tous les dentifrices.
Combien on est fier quand on peut, dans un charmant sourire, montrer une double raii°ëc
de perles blanches agrémentée de gencives fraîches et roses, véritable ornement dc°la
figure et sans contredit le plus utile au point de vue de l’hygiène et de la santé!
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T O U R N Y -N O E L .
(Sur (Bordeaux.
Que pourrais-je bien vous écrire
Sur Bordeaux, mon cher Berthelot ?
J'y fu s si peu... mais à vrai dire
J ’y fu s comme le matelot
De la chanson : bonne cuisine,
Les meilleurs crus du meilleur vin,
Puis, et surtout, la vieille fine
Du Chapon fin.
Ceci ri est pas une réclame,
Mais je veux l'écrire en passant;
Quand on dinc bien, on le clame
En estomac reconnaissant.
Certes, j'aime toute la France,
Ses montagnes, ses villes d'eaux,
Mais je donne la préférence
A votre Gironde... à Bordeaux ;
Au citadin qui vous accueille
Le verre en main, le rire aux yeux,
E t dont la gaieté sent la Jcuille
Du cep planté par ses aïeux;
A sa franche et joyeuse mine,
A ce gai Bordelais, enfin,
Auquel on doit la vieille fine
Du Chapon fin.
En désirez-vous des louanges ?...
En voilà, mon cher Berthelot.
Sur ce, pressez bien les phalanges
De l'ami Tochè-Gorenflot.
Il habite dans la cuisine
Ou, plus heureux qu'un séraphin.
Il déguste la vieille fine,
Au Chapon fin.
A ristide BRUANT.
Courlcnay, 189G.
T O U R N Y - NOËL.
i3
DIALOGUES DE COULISSES
f lü G r a n d - T h é â tr e .
(Les débuts d’un ténor. Le troisième acte des Huguenots vient de s’achever. Le rideau est tombé au milieu
d’un silence glacial. Un critique s’aventure discrètement sur la scène; le directeur s'élance vers lui...}
L e D irecteur , enjoué. — Ça va bien,... n ’est-ce pas? ça va très bien... vous êtes content... salle
superbe...
L e C ritique . — ?
L e D irecteur , léger. — Hein? un peu froide^, oui, toujours aux premières... vous savez, à Bordeaux,
le sang anglais... Mais le quatrième acte...
L e C ritique . — ? ?
Le D irecteur , nerveux.— Quoi? le ténor, au quatrième acte?... Il a été acclamé à Bruxelles, à
Lyon, à Marseille... Ainsi, vous me permettrez de vous dire...
L e Critique . — ? ? ?
L e D irecteur, conciliant. — Oui, il a eu un oubli ou deux... mais c’est la fatigue... la fatigue du
voyage, de Bruxelles ici... à mes frais... et puis le trac... croiriez-vous que ce garçon-là est sensible
comme une femme?... les débuts lui produisent même un singulier effet... figurez-vous que... (Il parle
bas à l’oreille du critique.} Hein, c’est drôle, çà! (Il rit très fort.)
L e C ritique . — ? ? ? ?
L e D irecteur , inquiet. — Vous ne trouvez pas ça drôle? Vous êtes mal disposé,... moi, je suis
content, très content, et si le public n’est pas injuste...
L e C ritique . — ? ? ? ? ?
Le D irecteur, avec volubilité. — Il sera injuste, vous le sentez... injuste, vous avez dit le mot... et
si la presse ne me soutient pas, voilà un garçon de talent sacrifié...
L e C ritique . — ? ? ? ? ? ?
L e D irecteur , résolument. — Sacrifié... vous avez raison... à un caprice... à une cabale, parbleu...
et il faudra télégraphier à tous les coins du monde pour avoir un ténor qui veuille s’exposer à être
dévoré par la cabale... (mélancolique), sans compter qu’il aura -peut-être moins de voix que
celui-là...
L e C ritique . — ? ? ? ? ? ? ?
i6
T O U R N Y -N O É L ,
toujours le Banc — le Banc tout court, comme l’histoire dira Liane ou Emilienne pour Liane
de Pougy et Emilienne d’Alençon.
En sa qualité de grande marque, le Banc devait avoir des rivaux. Il en a : le banc du Cercle
de Tourny, le banc du New-Club-Comédie, mais ce n’est plus le Banc, c’est l’arrière-ban, des
escabeaux, des branches cadettes, petite noblesse de vigne, de ceps à la bordelaise... Le Banc,
le seul, le vrai, n ’est pas un siège, mais un trône où l’on tient plusieurs, voilà tout. C’est
à lui que pensa Victor Hugo, on le sait aujourd’hui, en écrivant le vers fameux :
Chacun en a sa part, et tous l’ont en entier!
P aul BEBTHELOT.
T O U R N Y -N O Ë L ,
C o n te d e fio ë l.
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G R A S
Son nom était Gras; sa personne, menue et fluette. Il y avait donc comme une dérision à l’appeler
« Monsieur Gras », et cela le mettait toujours en furieuse humeur.
On n’y manqua pas un soir pendant quinze ans.
Il mangeait dans une crémerie de la rue Vavin où se réunissaient des peintres, des cochers, des
grisettes et des philosophes. 11 mangeait sur le même coin de table, tout au fond de la boutique,
au-dessous du casier où les pensionnaires ont leur serviette roulée. Quand il entrait, faisant sonner le
timbre de la porte, quelqu’un disait: — Tiens, monsieur Gras! Bonjour, Monsieur Gras! Et il ne
répondait pas, il traversait la salle et allait prendre son rond de serviette au numéro a3. Il était blême
de colère et de honte. Avant d’entrer, déjà, avant de poser sa vieille main si jaune et si maigre sur le
bouton de la porte, il tremblait, prévoyant le sarcasme. Ah! comme il aurait fui, s’il avait pu! Mais
M. Gras y trouvait son compte. Il n’était pas riche. Puis, ses habitudes étaient là, ses souvenirs aussi,
et sa timidité, qui souffrait horriblement de devoir affronter les regards, n’aurait jamais osé paraître
dans un autre restaurant. Il mangeait donc rue Vavin.
Un soir, comme il entrait, on l’accueillit par un hourrah!
Vive Monsieur Gras!
C’était la veille de Noël. On festoyait. Il lui fallut prendre place au milieu do la table, et non tout
au bout comme il avait coutume de le faire. Cela, déjà, lui fut très désagréable. Il dut aussi goûter à
tous les plats et, au dessert, une brunette qui posait chez les peintres l’obligea à boire du champagne.
Il en but beaucoup. Il chanta une romance vieillotte, grêle, qui fit se tordre les peintres, qui parut fade
aux cochers et qui rendit les philosophes rêveurs. A minuit il était saoul. Les philosophes dissertaient
sur Dieu. Les peintres proposèrent d’aller rigoler, les grisettes battirent des mains et la brunette prit le
bras de M. Gras. Elle lui disait :
— T’ es paf! mon vieux, non, c’ que t’ es paf!
Et l’on sortit dans le brouillard qui tendait de crêpes les réverbères et qui donnait aux maisons,
à la rue, aux arbres du Luxembourg, dans le lointain, l’apparence d’un décor de l’Odéon.
***
M. Gras venait de boire son vingtième bock dans une brasserie de la rue de Médicis. Et il était
assis sur le trottoir, les pieds dans le ruisseau gelé.
