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Médias

Fait partie de Au Fidèle Berger Paris

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Maison fondée en 1720



L E P R E M IE R JO U R D E E AIV .

NOTICE HISTORIQUE

E FIDÈLE BERGER est le doyen des
magasins de confiserie de Paris. Son
histoire remonte au plus beau temps
de la Rue des Lombards, où, de 1650 à 1800,
se sont fabriqués les bonbons les plus fins et les
plus galants du monde.
« Dès 1720, écrit Grimod de la Reyniere, un
nommé Berger, à qui la maison doit sa nais­
sance, eut l’heureuse idée de faire précéder son
nom de l’épithète “ Fidèle ”, et ces deux mots
réunis ont produit cette enseigne tout à la fois
ingénieuse et simple, et qui
depuis a acquis tant de célé­
brité. »
Cette enseigne fut peinte
par Boucher et représentait
une Bergère recevant de son
Fidèle Berger une boîte de
dragées.
Dans cette Rue des Lom­
bards, où plus de cinquante
confiseurs luttaient conti­
nuellement de génie pour

inventer une nouvelle manière
de rissoler les pralines et d’ac­
commoder les pistaches, ainsi
que le dit Louis Huart, le
FIDÈLE BERGER ne tarda
pas à conquérir la première
place, sa renommée devint uni­
verselle, quand son proprié­
taire eut l’idée de mettre en
vente les surprises ou papillotes,
avec des devises dues à des
poètes, tels que Gilbert, Panard,
Piron, Favart, etc...
La popularité du FIDÈLE
BERGER allait croissant. Les
dames et seigneurs de la Cour
en faisaient le but de leurs promenades.
A l’époque du Jour de l’An, les gardes fran­
çaises devaient faire la police de la Rue des
Lombards, encombrée de chalands, et don­
naient galamment la main
aux belles acheteuses des­
cendant de leur carrosse.
Nous donnons une repro­
duction d’une estampe du
temps.
La Révolution bouleversa
ce paisible commerce, sans
l’anéantir complètement.
Le FIDÈLE BERGER
ne sombra pas comme plu-

sieurs de ses confrères. Avec les bonbons à
la Reine, devenus boulets d'Iéna ou bonbons
Joséphine, il vit sa vogue s’accroître encore
sous l’habile direction de Madame Vve Rousseau.
L’Empereur Napoléon qui ne mé­
prisait pas les bonbons, entre deux
batailles, nomma le FIDELE
BERGER fournisseur de sa Cour.
L'Almanach des Gourmands et le
Journal de Paris, du 16 nivôse,
an VII, mentionnent la confiance
du public en cette ancienne maison.
Qui ne connaît ce riche et doux
établissement, écrivait Balzac en
1826, « c’est là que l’hypocondre
vient chercher des pistolets en cho­
colat, que le parrain court acheter les dra­
gées de baptême, et que les auteurs viennent
apporter charades, énigmes et
rébus. »
Le 6 Janvier 1838, on représente
au théâtre de l’Opéra-Comique,
une pièce de Scribe et SaintGeorges, musique d’Adam, appe­
lée le Fidèle Berger.
Et de toutes ces fameuses bou­
tiques qui brillaient naguère dans
toute la Rue des Lombards, le
FIDÈLE BERGER, dit Louis
Huart, est resté seul debout, à
l'instar du sage Horace.

Le FIDÈLE BERGER n’a pas de succur­
sale en France ni à l’Etranger.
Il est resté fidèle à ses anciennes traditions ;
mais il a quitté la vieille Rue des Lombards,
pour venir établir son magasin de vente au
n° 16 du boulevard Sébastopol, et sa fabrique
à l’Usine modèle, 75, Avenue de Choisy.
Le FIDÈLE BERGER a obtenu les plus
hautes récompenses dans toutes les Exposi­
tions, et notamment à Londres, Paris, Phila­
delphie, Sydney, Bordeaux, Rouen.

Visiter l'Exposition du FIDÈLE BERGER
o Classe 59 — Palais de l'Alimentation o
o o (Avenue de La Bourdonnais) o o

Reproduction de la partition LE FIDÈLE BERGER,
opéra-comique de SCRIBE, joué au
Théâtre de l’Opéra-Comique en Janvier 1838.