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Médias

Fait partie de Adresse au clergé inconstitutionnel ; suivie d'une instruction au peuple par un prêtre patriote.

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ADRESSE
AU CLERGÉ
Inconstitutionnel,'
SUIVIE

Ù’ UNE
AU

P

INSTRUCTION
PEUPLE,

R uiï

Prêtre patriote!

BîBLIOT HEQ1JE
-.'LE LA VILLE
DE PERIGUEUX

FA 3 3
A PERIGUEUX»
Ete l’Imprimerie des Amis de la Conlhturiori,
& de M. l’Evêque.

K 7 9 Z-

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DISCOURS
Prononcé par M. LALANDE dans
PAJfemblee Electorale du Departement de­
là Gironde.
Monsieur le Président & Messieurs
ÜAns un temps d’illufion , de trouble &:
de crife relîgieufe, les fentimens qui vous
lient à la Religion comme à la Patrie ,
vous feront sûrement accueillir tout ce qui
peut contribuer à opérer la tranquillité
publique &C la plus grande gloire de Dieu.
Les réflexions de Moniteur l’Âbbé Pacareau fur le ferment civique du Clergé, font
fans doute bien propres à éclairer les cfprits & rafîurer les confcicnces alarmées.
A l’évidence du raifonnerçient , cet ouvra­
ge réunit la profondeur qu’on devoir attendre de foh digne auteur, une érudi­
tion facile, le fruit de l’étude la plus ré-i
fléchie comme la plus confiante , & des
rgpprochemens dont la fimpliçirç frap­
pante perfuaderoit les cœurs, fi les cœurs,
déjà prévenus n’étoiçnt fans celle aliment
tés & fourenus dans leur obftioAdon pa.e
l’intérêt & la mauvaife foi.

Mais il faut l’avouer, Meilleurs J aojcre refpeétable Prélat a fuppofé fes lecteurs
jnftruits & très-inflruits, fans douce, par­
ce qu’il l’eft lui-même j cependant c’eft le
îrès-petic nombre.
Déjà même , & j’en fuis certain, on
demande les preuves qu’il n’a fait qu’in­
diquer; déjà on délire que fes preuves
foient plus étendues &. développées d’une
maniéré plus complette. Ajoutez que , s’é­
tant borné à juftifier le ferment civique du
Cle rgé, il laide fubflfter d’autres préju­
gés dont l’influence eft toujours à crain­
dre.
Mus par ces confidérations, nous avonç
enfin déterminé un de nos Confrères à pro­
duire un Ouvrage qui embrafle toutes les
parties de la Conftitution civile du Clergé.
Etabli lur les bafes les plus folides, lourenu par les autorités les plus refpeétables,
c’elt un corps de doétrine contre lequel
doivent néceflairement échouer l’impofture
& l’ignorance, la confuflon des idées
tous les paradoxes fuperfticiçux.
Je ne crains d’être abufé ni par l’eftime
& l’admiration , ni par les rapports & l’a­
mitié qui m’uniflenc à l’Auteur. Je fuis
vrai & flneere ; & je me reprocherois com­
pte le plus grand des crimes 3 d’en im-

pofer a un AfTèmblée qui mérite COiie<£
ma vénération. J’ai lu, j’ai médité atten­
tivement tout ce que l’on a écrit de mieux
fur les circonftances actuelles ; j’ai même
écrit Sr fait des recherches conféquentes
pour mon inftruéfion particulière. Des
.occupations impérieufes & trop multiplées ne m’ont pas permis d’exécuter me§
projets , & j’ai dû me contenter de réunit
en faifccaux ces rayons de lumière qui
font partis de tous les points de l’horilon
Français.
Mais j’ofe le dire, je n’ai rien vu, rien
Connu , rien fenti de plus concluant, de
plus démonftratif que l’ouvrage de mon
Confrère. C’eft à mes yeux un monument
fait pour figurer avec avantage à côté de
ceux qu’on a déjà élevés à la fagefle de
nos Repréfentans.
Si vous devez auffi partager mes juftes
fentimens , vous me l'aurez gré , Mef
fleurs , d’avoir triomphé de la modeftie
de l’auteur; de lui avoir comme arraché
fon ouvrage; & de venir, moins en fon
nom qu’au mien, vous en propqfer l’acreptation , comme un hommage que nous
rendons à votre civifme & à vos fenti?
mens religieux.
Retirés dans les différcns Diftriéts du

»

'6 ■ . .
■ ,
Département <3e la Gironde j portant dans
vos mains, avec l’écrit de notre digne
Prélat, l’écrit que j’ai l’honneur de vous
préfenter, vous pourrez dire aux Ecclénaftiques réfraétaires & à vos Concitoyens
féduits par eux : « Prenez & lifez. Voici
« de quoi difliper les preftiges qui vous
« jouent, éclaircir tous vos doutes, &
« faire évanouir toutes vos difficultés. Il
« effc temps de cefler vos fcandales. Pre« nez généreuiement, contre vous-mêmes,
« les intérêts de la raifon , de la juftice, de
« Ja vraie piété. Recherche^, comme vous
« l’ordonne l’Efprit-Saint, recherche^ la
« paix de la ville où Dieu vous a pla­
ît cés, & prie^ ■ le ' Seigneur pour elle ,
« parce que votre paix je trouve dans la
« Jîenne ( i ). La foumiffion aux Loix ,
« le refpeét pour l’ordre public font, pour
« ainfi dire, la fécondé religion des Chré« tiens. Soyez fans inquiétude au fujet
« des Loix qui régiflenc la France -, c’eft
« la providence qui vous les a ménagées,
« & vous devez l’en bénir chaque jour,
« Loin que ces Loix {oient incompatibles
y avec la religion , elles vont concourir

( i ) Jérémie , Chap. 29. v. 7,

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?
£ admirablement à ramener les plus beauî
> fiecles de l’Eglife ».
Vous ne direz rien Meilleurs , donê
Vous n’ayez les plus fortunés préfages ;
vous rappellerez cet enthoufiafme uni verfel, que vous avez excité par le plus jufte
des choix. Déjà on croit voir renaître
les temps heureux où les Saint Jean , les
Çhryfôftomes, les Bafiles étoient à la tête!
d’un Clergé vénérable; déjà on aperçoit
fur le trône Epifcopal les vertus iimples
& modeftesqui diftinguoient les Saints Pon­
tifes , Sé fur-tout cette charité , lame
de l’Evangile , toujours fage & prudente ,
toujours honnête dans fes procédés, tou­
jours pure dans fes motifs, toujours bienfaifante, toujours patiente, toujours fans1
domination , toujours fans aigreur & fins
amertume. Quel vafte champ pour l’éloge
fi l’éloge ne devoir blefler également &: la
modeftie de notre Prélat ,8e la pureté de
vos intentions !
Il m’eft infiniment précieux de parler
devant vous ; car je n’ai pas été infênfible'
aux témoignages de bonne opinion que j’ai
reçus dans cette augufte Aftemblée. Ces
témoignages honorables , je les regarde
actuellement comme des grâces : faire tous
mes efforts pour les mériter j voilà le de-

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tôîr que vous m’impofez j & i'y ferai &
delle.
P £ £ o N s £ de M. le Préjident à AT.
Lalande»
Monsieur,
Lorsqu’un Prêtre auffi refpeffablé &
suffi éclairé que vous, l’orfqu’un Cicoyen
suffi vivement épris de l’amour de la Confti­
tution , garantit folemnellement Futilité
d’un ouvrage deftiné à combattre les enne­
mis de la Patrie & dé la Religion , il n’eft:
pas permis de douter que cet ouvrage ne
fôit en effet utile aux bons Citoyens. Auffi
l’Affèmblée Electorale reçoit-elle avec là
plus vive reconnoiftance l’hommage que
Vous venez lui oftrir. La violence que
vous avez faite à Fauteur , honore votre
patriotifme. Il en eft de la modeftie com­
me de la nature, il faut prefq.ue toujours
lui arracher fes fecrets.
;■ ■
Oui, Monfieur , réunifions tous nos effortspour combattre les facrileges détracteurs
de la Conftitution civile du Clérgé j
ne négligeons pas fur - tout les armes de
la perfuafion , ou plutôt offrons à la fois
aux incrédules , l’autorité de la raifon ,
& aux machinateurs , le glaive de Fa
Loi,-