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Fait partie de A messieurs les électeurs de la 1ère circonscription de la Dordogne.
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DE LA 1re CIRCONSCRIPTION
DE LA DORDOGNE.
Mes chers Electeurs et Amis,
Vous avez bien voulu , pendant quatre élections successives,
m’honorer de vos suffrages. Ils m’ont été d’autant plus pré
cieux que je ne les avais pas sollicités.
Je n’hésite pas à m’adresser directement à vous aujourd'hui,
où il s'agit de consolider nos institutions libérales et d'assurer
le bonheur de notre pays.
Pour satisfaire aux vœux de la nation, l’Empereur, avec
une abnégation qu’on ne saurait trop admirer, s’est sponta
nément, démis de toutes les prérogatives qu’il tenait de la
constitution de 1852; malgré les attaques les plus injustes et
les plus passionnées, il a marché d’un pas résolu dans la voie
nouvelle qu’il s’était tracé. C’est ainsi que, depuis quelques
mois, il nous a donné :
La liberté de la presse,
Le droit de réunion ,
La libre tribune au corps législatif,
L'initiative parlementaire ,
La responsabilité ministérielle .
Le suffrage universel dans
son application la plus étendue.
Approuvez-vous ou non ces franchises, avec toutes les con
séquences libérales qu’elles devront forcément amener à leur
suite? Y donnez-vous ou non une adhésion pleine et entière?
Voilà la vraie, la seule signification de l’appel qui vient
d'être fait à la nation, ;
.
Votre approbation ne saurait être douteuse. Ceux-là même
d'entre vous qui ne trouveraient pas suffisantes les concessions
libérales accordées jusqu’à ce jour, savent bien que la liberté,
pour être solidement et définitivement constituée, doit s’affermir par degrés et sans secousses, afin de ne heurter aucun
intérêt, aucune susceptibilité.
Plus les voix seront nombreuses, plus vous donnerez de
force au ministère et à votre député pourconcourir à l’achè
vement de l’œuvre commencée et pour combattre les idées
subversives que vous voyez se produire de tous côtés.
Nul ne peut méconnaître, en effet, l’état général de malaise
de noire société. Les projets les plus insensés, les plus hon
teux , se font jour. On provoque à l’assassinat, on suscite ces
coalitions d’ouvriers qui éclatent comme par un mot d’ordre
sur tous les points de la France et menacent de ruiner notre
industrie.......... Tout se trouve ainsi menacé , vos biens, vos
propriétés . l’avenir de vos enfants !
Le peuple seul, par l’unanimité de son vote, peut conjurer
le danger.
Qu’il dise oui, et la paix renaît, le commerce redevient,
florissant, l’industrie prospère, l’Empire libéral et républi
cain est fondé.
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S’il dit non, tout est remis en question ; la tribune devient
un champ ouvert aux luttes passionnées et stériles ; les tenta-
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tives d’assassinat se multiplient , l’émeute ensanglante la rue
et traîne à sa suite la république démocratique et sociale,
dont vous ne voulez pas.
S
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Votre député s’adresse donc à vous en cette circonstance
solennelle. Au nom de la confiance dont vous l’avez honoré
jusqu’à ce jour, au nom du dévouement qu’il n’acessé, depuis
20 ans, de portera vos intérêts publics et privés, il vous
conjure de rester encore aujourd’hui en communauté de sen
timents avec lui et de répondre par une adhésion unanime à
l’appel que vous fait l'Empereur.
PauL DUPONT,
£
Député au corps législa tif.
lmp
Dupont et Ce. - M. 79
