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Médias

Fait partie de Statuts et constitutions sur la règle de St Benoit pour l'abbaye royale de St Sauveur du Bugue, au diocèse de Périgueux

extracted text
É

STATUTS
E T

CONSTITUTIONS
SUR

LA

REGLE

DE ST BENOIT
Pour l'Abbaye Royale de St Sauveur du Bugue , au Diocèse des

A

PÊRIGUEUX;

Chez ARNAUD DALVY; TÍ»;
primeur ordinaire du Roi^

2

O U S soussignées , ELI7. ABETU
D'AUBUSSON , Abbtjse & Religieuse
Frofejse du Monastère de St. Sauveur du Bugue *
désirantfaire Imprimer les Statuts & Constitutions
fur la Règle de notre glorieux Fère St. Benoit,
qui depuis plusieurs aimées font en usage dan*
notredit Monastère , du consentement á» avec l'ap—
probationde Monseigneur l' Evêque de Périgueux n
supplions tris - humblement SA GRANDEUR,
de vouloir bien confirmer 6> approuver de nouveau lesdits Statuts & Constitutions par écrit,
comme il a de'ja fait de vive voix , afin qu'après avoir été ainsi approuvés £> authorisés , on
puisse l es faire Imprimer , en forte que chacune de
Nous , <£> celles pareillement qui seront à V avenir reçues à la Profession Religieuse dans cette
Maison en ait un exemplaire pour s'y conformer ,
6> les observer exa3ement : à -quoy nous nous
engageons avec la grâce de Dieu dans la vue de
fa plus grande- gloire & de notre propre sanctification , &> avons signé dans le lieu capitulaira
du présent Monastère le ç. Décembre 1763.

D 'AUBUSSON , Abbesse
du Buguc.
Sœur Madelaine de Filhot , Prieure,'
Sœur Marianne de Laroque.
Sœur Marguerite de Chamisac,
Sœur Thérèse de Pressac.
Sœur Leonarde de Milhac.
Sœur Toìnete du Chatenet.
Sœur Françoise de Goursad
Sœur

Sœur T-herefe de la Vitrolíé.
Sœur Marthe de la Nauve.
Sœur Catherine Siozard Fontenille.
Sœur Jeanne Entignac.
Sœur Marie de St. Antoine.
Sœur Marguerite Lembenie,
Sœur Louïse Jofïre.

*:***:>'í||>K
--, +++'^ ++ + ^+++++4 ++++++++++ ++++ + +

MANDEMENT
P M

r, }> ■'

MONSEIGNEUR L'EVE Q.U g
DE

J

PÉRIGUEUX.

EAN CHRÉTIEN DE MACHECO
DE PREMEAUX , parla permission

divine & par l'autorite du Saint Siège
Apostolique, Evêque de Périgueux ,
Conseiller dn Roi en tou? (es Conseils»
A nos très-cheres Filles', les Dame Abbesse , & Relgieuses Bénédictines du
Monastère de Saint Sauveur du Bugue
de notre Diocèse ; Salut &c Bénédiction
en JÉSUS- CHRIST NOTRE-

SEIGNEUR.
Le Saint Esprit l'a dit, & vous le
lavez , mes très cheres Filles : C amour
cai)de U [agtffenout fait observer fti Loit , >"y iS
Çr l'ttttnúon x Itt observer offermc ta non*
&

la parfaite pureté de satne qui vou$ appro*
ebt de "Dieu. Pénétrées de ces vérités ,

vous desirez que les constitutions particulières à votre Maison y soient constament observées , tant de votre part que
de celle des personnes qui dans la fuite
y seront admises à la profession de votre
saint état. C'est à quoi vous porte l'esprit
de régularité sanslequel vous reconnoissez qu'aucune Communauté véritablement Religieuse ne peut subsister. C'est
à quoy vous devez aussi vous reconnoître étroitement obligées par justice , si
vous remontez au titre primordial de la
fondation de votre Monastère. Qu'est
ce en effet que se sont proposé les pieux
Auteurs de son établissement ? quel a
été leur dessein , lorsqu'en vue de leur
íalut éternel & pour le remède de leurs
ames ( selon le stile des anciennes charges ) ils se font dépouillés d'une partie
considérable de leurs biens , St pourquoi
ï'ont-ils consacrée à Dieu , si non afin
«ju'il y eut à perpétuité desames choisias
& dévouées par état aux exercices continuels de pieté & de religion , qui fussent fans cesse occupées à lui rendre le
culte qui lui est dû?

Mais un autre motif : motif bien puissant pour vous engager plus que jamais
à remplir fidèlement les devoirs de votre sainte Profession , est celui de la reconnoiflance. Car pourquoi pensez-vous
que la divine providence à toujours veillé fur votre maison d'une manière toute
particulière ? pourquoi l'a telle conservée jusqu'à aujourd'hui , nonobstant
les malheurs destemps& les révolutions
différentes qui durant plus de cinq siécles , dont on trouve des monuments ,
auròient dû naturellement en causer
l'entiere dextruction ? & vous-mcmes ,
mes trcs-cheres'Filles , vous qui existez
encore après avoir echapé à cet embrasèment effroyable , qui fèmbloit ne devoir rien épargner , quelles marques
éclatantes n'avez-vous pas éprouvées de
ìa protection de celui qui commande
aux éléments ? à cette occasion quel
usage n'a - il point fait de sa Puissance
souveraine en votre faveur ? vous avez
bien pu le dire
vous n'avez pas -manqué fans doute de vous écrier , avec Je
Prophète : ah ! si nous n'avons pas péri,
St nous n avons pas ete consumée! par les i
fiâmes , c'efi l'effet des miser icordu du Sei- y-, 2

6
gntut ; t'tfl parce que nous avons trouvé
en lui un fond de bonté inépuisable.
Quelques Justes néanmoins, & quelcjues excellens que soient les sentimens
cjue ces paroles expriment , seuls ils ne
suffisent pas. La .reconnoissance , de
même que l'amour , ne se prouve bien
que par les œuvres, ôç elle e*xige un retour envers Dieu , qui réponde à la
grandeur du bienfait que vous en avez
reçu. A celui-là il en a déja ajouté de
nouveaux , en bénissant le zele avec lequel vous vous étez empressées de rétablir ces bâtimens que l'incendie avoit
presque détruits ; &; vous avez tout lieu
d'espérer que ce qui a été si heureusement
commencé, ne tardera pas d'être-acheyé
par une fuite de cette même bénédiction.
Ainsi ! mes très - cheres Filles , éprouverez-vous selon la promesse de Jésus JJ^ath> Christ notre Seigneur , qu'en cherchant
^ avant toutes choses le Royaume de T>ieu&
' f* justice , tout le reste vous fera donné par
jetrcroí. Vous ne pouvez donc mieux lui
témoigner votre reconnoissance que par
votre fidélité à remplir les obligations de
la vie religieuse que vous avez embras-

ai

La régie sous laquelle vous avez la
bonheur de vivre , est celle de St Benoit,
règle admirable que le Pape S. Grégoire
le grand a loué si hautement lors qu'il a
xlit qu'elle est principalement recomxnandable par fa discrétion , & également remplie de profondeur & de force
dans la noble simplité de ses expressions.
Cependant depuis que Fobservance littérale de cette sainte Règle est devenue
trop difficile, soit à la lâcheté soit à la foiblesse d'un grand nombre de ceux qui la
professent , il a falu , pour la fureté des
consciences , que des constitutions approuvées par les Supérieurs légitimes
en aient fixé la pratique , éí l'aieat
rendue propre à Fusage de chaque Monastère pour la sanctification des personnes qui s'y retirent.
C'est dans cette vue que vos constitutions ayant été rédigées & mises dans
|l'ordre où elles se trouvent aujourd'huy ,
IOUS les avons examinées & approuvées , ainsi que nous les approuvons de
louveau,
afin que l'observance en soit
ixe à l'avenir & non sujette à changepent , nous ordonnons qu 'elles soient
imprimées incessament selon vos désirs ?

I

comme auflí que notre présent Mande-'
ment sera mis à la tête desdites constitu-';
tions. Après - quoi il ne nous reste qu'à!
vous recommander , mes très - cheresl
Filles, de les observer exactement, c'est-!
à-dire, & quant à la lettre, & encore plmg
quant à Fësprit , puisque c'est à cela que|
votre perfection est attachée , de mêmej
que c'est delà que dépend votre sancti-i
fication. VOUS aurez encore cet avantage , en les observant ainsi , que vous le
ferez par le principe de l'amour de Dieu,
& non par la crainte de l'offenfer , puisque votre régie ne vous oblige point de
telle forte que les manquemens que vous
y commettriez fussent par eux - mêmes
des péchés ; & puisqu'en ne les observant pas, vous ne seriez coupable qu'ail'
tant que vous les transgresseriez en des
choses illicites d'ailleurs, ou défendues ou
ordonnées ; ou si en cela vous scandalisiez le Prochain , ou bien si la transgression , qui est plus ordinairement l'effet de
la surprise &c de la fragilité , étoit celuil
d'une négligence volontaire , de l'habil
tude ou du mépris : & quoiq ue hors deì
îà il puisse y avoir dans ces manquemens de la lâcheté qui authorise les Sii'

érîeurs à imposer des peines , ils ne
ont néanmoins ni crime ni péché , ainsi
os constitutions , en réglant la manière
e remplir les devoirs de votre sainte
rofession , ne sont point pour donner
ieu à votre ruine spirituelle , mais
ourvous aider à servir Dieu , comme
lveut être servi de vous dans l'état auuel il vous a appellées. L'ame religieue qui connoît le prix des moindres acions faites dans la vue de plaire au ceeste Epoux, n'a pas besoin d'autre motif
our se porter à ce qu'elle sait devoir la
endre agréable à ses yeux.
Puissiez- vous , mes très-cheres Filles,
omprendre à quel honneur vous êtes
^levées par la bonté du divin Rédempteur, & estimer comme vous le devez ,
lia qualité de ses Épouses. Puissiez Ivous répondre au dessein qu'il a de
vous en rendre dignes, & à l'exemple des Vierges sages vous occuper
uniquement du désir & du foin d'aller Math.
«udcvant de lui. Puissiez - vous porter
^
fans cesse dans vos cœurs , comme
dans des lampes infiniment prétieufes,
ïe feu d'une foi vive & l'huile d'une
harité sincère , afin de mériter par les

œuvres qui en seront le fruit, d'é'trtj
admise s aux noces de l' Agneau. Telleí
font les grâces Se bénédictions quq
nous ne cefferons de lui demander pou
vous , comme aussi nous le prieron
de les répandre fur toutes les ames ré-]
Jigieufes qui s'uniront à vous dans la fuite ainsi qu'à celles qui vous succéderont.
DONNÉ à Périgueux dans nôtres
Palais Episcopal le 2,6 Décembre 1763
t JEAN
CHRETIEN
Eyçque de Périgueux.
Par Monseigneur.
LOIIEBÏ . Seçrétaiií

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álBBBS II) *

CONSTITUTIONS
ÍITR

1^ RÉGLÉ

DE SAINT-BENOIT;
our les Religieuses du Monastère de
St Benoit du Bugue.

CHAPITRE I.
■me la Réception des Tilles au. PofI tulat , À la Vèture 3 & à ía
I ProseJpoti,

f

^F ^^I E plus grand de tous le*
L ♦14 ma ^ neurs pour une Commu-

,.
z* nauté religieuse , seroit d'ad^W ^*r "U^i mettre des Sujets qui n'y
|Bssent pas propres. Toute la Sainteté
dépend du choix qu'on fait de ceux qu'on
"»oit ; ainsi l'Abbesse doit avoir fur ce
^jaint-là une exacte vigilance , ôc pré-

-

if

ferer. toujours le bon esprit, la droiture ^
& la docilité à tous les- avantages tem<
lours
porels.
Saint Benoit veut que le Supérieur;
assemble & consulte ses Religieux 1 3re .
lorsqu'il se: présentera des affaires à rél
gler ; mais il en laisse la décision à son î ue l,
jugement seul , & ordonne aux Reli|; salut
gieux de s'y conformer, après avoir di: W u
leur avis fur la chose mise en délibérs
tion. Cependant la voie du Scratii ^ue
étant approuvée par l'Egliíe , & ei rPP e
usage dans cette Maison , on l'y main
tiendra. Ainsi lorsque i'Abbesse juge
ra à propos d'admettre une Fille au Ptí
tulat , elle la proposera à la Coram;
nauté ; & pour cette première démai he
che , la simple proposition de l'Abbeli soir.
suffira. Chacune des Religieuses a»;
ensuite une entière liberté de dire M d£
I'Abbesse les raisons d'exclusion , si elj
née ,
en fait.
Lorsqu'il s'agira de donner l'Habitl he
une Postulante , le Scrutin se fera enj
manière suivante. Quelques jours avanj Piéseii
I'Abbesse avertira qu'on fè prépare I Pnver
cette action : on dira la Messe du Sail Irrive
Esprit ;& chaque Religieuse , qui

entrer au Scrutin , priera en particulier £
: fera de sérieuses réflexions durant les
ours d'intervalle, & fur l'obligation
-u'elle a , fous peine de son salut prore , de se dépouiller de toute passion:
Zi vues humaines , ne se déterminant
; ue par celle de la gloire de Dieu & du
alut de la personne qu'on propose , &C
'u véritable bien de la Maiíbn.
C'est dans ces dispositions , que lorfpe I'Abbesse fera sonner la Cloche pour
ppellerles Sœurs , elles fe rendront à
'assemblée. Après avoir invoqué de
îouveau le Saint-Esprit , elle proposera
apersonnequi doit être reçue ou exclue,
n donnera à chacune une Féve blanhe & une noire : la blanche pour recer
oir, & la noire pour exclure.
L'Abbesse mettra entre les mains d'ue de fes Filles , dont elle connoîtra la
robité , la boîte du Scrutin bien fériée , & chacune y mettra fa féve blanhe ou noire , suivant qu'elle voudra
scevoir ou exclure : après quoi, en
réfence de l'assemblée , la boîte fera
uverte , & les voix recueillies. S'il
rrive qu'il y ait partage , I'Abbesse dé
idsra pour ou contre la réception H

-B

est défendu à toutes dé rien dire à per
pan
sonne de ce qui se fera passé à rassemblée, jffl Coi
&c de faire jamais connoître st elles ont M feffi
exclu ou reçu le Sujet. Si l'on connoît H nétr
quelque infractrice de cette règle , elle " 1 dev
fera punie au jugement de I'Abbesse, BVk '
Lorsque le Sujet aura été reçu à lál \pu
pluralité des voix , I'Abbesse réglera' 'M\u
avec les parents le jour de la vêture , &
dre
la Fille aidée de la Maitresse des Noviles
ces, fe disposera avec toute l'attentioii
Ap
possible à faire cette action dans les
troi
íèntimens de pieté & de la ferveur qui
des
doit l'animer. I'Abbesse ne manquera pas
le j
d 'avertir , environ un mois avant , Monp0
seigneur L'Evêque du tems destiné pour
ra et
la vêture & également pour la profession
Cén
afin qu'il examine ou fasse examiner
man
la Prétendante , ainsi qu'il est ordonné! leur
par le Concile de Trente. On aura foint C e qi
de les porter à faire leur confession géJ des
nérale , si elle ne l'avoit jamais faite,
ou une revue depuis la derniere , & dé
lui faire recevoir le Sacrement de Con>
firmation s'il se peut , en cas qu'elle ne
ne l'eut pas reçu.
Lorsqu 'il fera tems de recevoir les
Novices à la profession , elles feront auJ

paravant une retraite de huit jours, 6í la
Continueront deux jours après la Profession. Ce tems doit être employé à pénétrer de plus en plus la sainteté & les
devoirs de l'état qu'elles vont embrasser,
& à prendre les moyens les plus furs
our y être fidéíles jusqu'à la mort. La
Maîtresse aura grand foin de leur apprend
dre à faire avec piété & dignité tûutes
les cérémonies de ces deux actions.
Après la Profession , elles resteront
| trois ans fous la conduite de la Maîtresse
des Novices , & plus même si I'Abbesse
le juge à propos.
Pour les Sœurs converses, on observera en tout les mêmes choses, excepté les
Cérémonies qui se feront comme il est
marqué dans le Cérémonial , & se sera
leur Maitresse qui fera à leur égard tout
ce que doit faire dans les occasions celle
des Novices.

»8
«■i .Tïr...

1



CHAPITRE

lm

II.

De U Stabilité & dt k Clôture.

N

Ous devons toutes savoir que le
Vœu de Stabilité que nous faisons , .nous obligé à vivre & à mourir dans le St Ordre dans lequel nous
avons embrassé la vie religieuíe.
La Clôture n'est pas d'une moins
étroite obligation : les saints Canons
nous l'impoíànt ; & hors les cas où ils
permettent d'en sortir avec le consentement du Supérieur , c'est un crime
que de la violer.
......
Chacune doit chérir un devoir qui
la met pour toujous dans un sûr & saint
azile , & .garder cette Clôture avec l'esprit qui peut la sanctifier.
C'est l'amour de la Retraite & la
consolation d'être séparée du Monde &
hors de íes dangers. Si le Supérieur &
I'Abbesse permettent à quelque Religieuse de sortir ce qu'elles ne doivent
jamais rechercher avec empressement ,
l'un & l'autre lui donneront une períhïslìòn en forme , & elles seront très-

*9
exactes à n'en point passer le- termes
Pendant qu'elles feront hors du Monastère , elles tacheront de conserver FeA
prit religieux & d'observer autant qu'il
.se pourales pratiques de la règle.
Elles se souviendront après leur re»'
-tour, au Monastère que notre Pere St
Benoit leur défend de rapporter ce
qu'elles ont vu dans le monde, qui pour»
roit. scandaliser , & elles reprendront
avec ferveur le train de la vie religieuse
du Cloître.

.
L'Abbesse est étroitement obligée à'
veiller à l'entiere observance de la clôture : elle prendra garde à n'en permettre l'entrée que pour des raisons légitimes, & toujours de concert avec le Sur
périeur , fans la permission duquel elle
ne donnera jamais l'entrée du Monaf-,
ère à qui que ce soit.
Pour ceux & celles dont on a besoin
certains cas , tels que sont les Consseurs, Médecins, ou. gens qu'on
à employer pour des travaux, lbrfque
I'Abbesse en aura permis l'entrée , ce.
qui ne doit jamais se faire fans son ordre,
ïy aura toujours deux Religieuses pout
les conduire aux lieux où ils sont néceí*
B i'j

20
faires & non ailleurs. Lorsque les Oi>
Vriers entreront , les Sœurs ne les mèneront en quel lieu que ce soit fans permission , non plus que les Domestiques
de la Maison.
On prendra soigneusement garde à
ne paroître point trop facilement aux
portes & aux fenêtres qui donnent au
dehors , & on n'y parlera que par une
vraie nécessité, non plus qu'aux personnes qui entrent dans la Maison. St
Benoit dans fa Règle permet qu'on les
salue avec charité , lorsque l'occasion
s'en présente , & veut qu'on se retire
ensuite en silence. L'Abbesse fera on
fera faire les soirs la visite des portes
qui donnent au dehors & de celles des
parloirs qui doivent toujours fermer à
clef, & on lui portera tous les soirs les
clefs de toutes ces portes. Si quelque
Religieuse, ce qu'à Dieu ne plaise, avoit
■le malheur de sortir de la clôture sans
permission, à moins qu'un parfait repentir n'obligeat à radoucir fa pénitence, elle
subiioít toutes celles que mérite une si
■grande faute , & que l'Abbesse jugeroií
à propos de lui imposer.

CHAPITRE

El

s.

D tla Cênvtrfíon des Mœurs,
E vœu de conversion des mœurs qui
est particulier à l'Ordre de St Benoit,
èrmetous les autres. Nous devons
jtoutes savoir que cette promeste s'étend
à toute la vie ; & tandis que Dieu nous
la laisse , il ne nous est pas permis dans
aucun moment de cesser de vouloir
nous convertir , ou du mal au bien , ou
du bien au mieux , & tendre par nos
désirs à la perfection du Christianisme
èí à celle de notre état. Ge Vœu renferme l'obligation de vivre en religieuse
par les pratiques & observances extérieures de nos Règles , & bien plus par
l'esprit intérieur qui doit les animer.
Nous devons fans cesse étudier notre
sainte Règle avec humilité pouren prendre le véritable esprit, qui seul peut nous
rendre de parfaites Religieuses. Nous
devons auiíi regarder la tiédeur comme
le plus dangereux éceuil de ce devoir
indispensable de vouloir notre conver».
fion &c d'v travailler.

È

33

CHAPITRE

IV.

Dt U Tauvreté Rtligituft.

I

Ln'yauroit pour entendre 6c pratiquer parfaitement le Vceu de la pauvreté évangélique,- qu'à bien pénétrer &
observer le chapitre de notre sainte Re- f
gle , qui parle de la défapropriation où
doivent être les personnes qui en font
profession.
Saint Benoit appelle l'efprit de propriété dans une personne religieuse un
vice détestable qu'il veut qu'il soit banni
pour toujours du Monastère. 11 ordonne pour cela que personne n'ose même
dire que quelque chose soit à lui ; 6c suivant l'efprit de la primitive Eglise , il
dit que toutes choses seront communes
à tous , 6c qu'ils doivent recevoir du
Supérieur ce qui leur fera nécessaire : il
veut aussi que les Religieux se contentent des choses les plus simples ; 6c que
£ l'on veut leur faire quelque don , ils
me soient si hardis que de le recevoir fans
là-permission du Supérieur , ni pareilleîhent d'en faire à pesonne , ôc enfin il

I demande de leur détachement , qu'ils
souffrent sarts nul murmure ; que le Supérieur donne à un autre ce qu'il leur
aura permis de recevoir, ainsi que toutes
les privations auxquelles la pauvreté
religieuse peut les reduire. Nous trouvons dans le précis de notre Règle toute la vérité de cette aimable vertu , quv
nous doit paroître telle depuis que JesusClïrist notre divin maître la éhòisie ôc
sanctifiée par ses exemples.
L'essence de cette vertu consiste dans
un détachement de cœur effectif 6c sincère de tous les biens de la terre ; dans
notre état religieux , il faut non-feulement avoir ce détachement indispensable aux simples fidèles , mais même une
pratique réelle 6c effective de la pauvreté.
Lorsqu'on â voué la pauvreté Evan-'
gelique , on ne peut ni donner , ni recevoir , ni vendre , ni acheter , ni échanger , ni prêter , ni emprunter , îâ garder
en dépôt , sans la permission de l'Abbefle : néanmoins les Sœurs peuvent se
prêter 6c emprumter entr'elles les choses qui font à leur usage , excepté de l'argent pour lequel il faut une permission

particulière. L'Abbesse doit se souvenir
que son pouvoir ne va point à permettre des présens ou autres choses , qui
pourroient être superflus ou trop considérables pour des personnes qui ont
fait profession de pauvreté.
On défend à toutes de rien deman^
der aux personnes du dehors fans la permission de I'Abbesse , qui doit bien prendre garde de ne la donner pas mal à
propos.
Afin que le vœu de pauvreté fut observé dans toute fa perfection , il feroit
absolument nécessaire , que conformément à ce que notre St Pere ordonne
dans le Chapitre de la Règle où il parle de la défapropriation , tout fût commun , &c que la Communauté donnât à
chaque Religieuse ce qui lui seroit néi
cessaire pour son entretien , & que les
pensions des Religieuses fussent employées à cela. Néanmoins comme depuis
très - long teins & pour des raisons particulières , on a permis à chaque Religieuse de s'entretenir fur fa pension , on
n'oblige pas les Religieuses qui sont à
présent , de mettre tout en commun : on
se contente simplement de les y exhor-

ter , & on leur permet d'user de leur
pension , mais toujours dans un esprit
de dépendance & de soumiísion & d'un
détachement parfait,
Mais à l'avenir , les Religieuses qui
seront reçues dans cette Abbaye leront
entretenues selon les facultés de la Maison & aux dépens de leur pension , &
seront averties pu'àprès avoir fait vœu
de Pauvreté , elles ne peuvent , fans
le violer , disposer de rien fans permission , non plus que rien recevoir , non
plus que de garder ni or ni argent , & les
Supérieurs ne le doivent permettre que
dans des cas bien rares.
CHAPITRE V.
De CObèiffanct religieusf.

TVTous promettons l'obéifìance selon la

X * Règle de saint Benoit : pour remplir
| toute rétendue d'une si sainte promesse ,
f il n'y qu'à obéir comme ce grand Saint
S nous l'enseigne, &í à lui obéira lui même
| en tout observant exactement de cœur
I notre St Règle : nous soumettant à une
I Supérieure, nous devons être- vivement

*6

convaincues , que c'est Dieu même, qui
nous commande : pénétrées de ce sentiment, nous pratiquerons l'obéiflance
dans toute son intégrité St même dans
fa perfection.
Pour obéir selon l'efprit de notre
Règle , il faut que fans différer , on exécute les commandemens avec une volonté entièrement soumise & dévouée à
çelle de Dieu , qui nous est sûrement
marquée , par ce que l'obéiflance nous
prescrit , fans murmure , fans réplique ,
fans contradiction ; mais aucontraire
avec une sainte joie & un amour de la
vraie justice , qui nous fafle aller audevant des ordres qu'on pourroit nous
l !í
donner.
' ' " '
• '
Lofque nous connoiflons les vues de
nos Supérieurs,tous les saints Instituteurs
ont cru qu'un moyen excellent pour
avancer dàns les voies de Dieu , & pour
surmonter les tentations de í'ennemi du
salut, étoit la simplicité à découvrir à fes
Supérieurs son intérieur, fes foiblefles,
ïe bien même qu'on fait avec la grâce.
Les Sœurs font exhortées à le mettre en
usage à l'égard de leur Supérieure , qui
doit de son côté s'étudier à les connoître

pour les bien conduire , & qui a la grâce
par fa charge ; pour cela elles ne feront
point d'oeuvres de subrogation , soit en
pénitence, soit en autres choses pieuses
fans fa permission.
Elles fe souviendront que St Benoit
faic de la dépendence du Supérieur en
toutes choses , un point essentiel de fa
Règle , & elles doivent auíli pratiquer
inviolablement cette autre maxime du
même Saint , de suivre en tout la Règle
comme son guide , & de lui obéir dans
tous les points comme à Dieu - même ,
ainsi que nous avons ^dit qu'on doit le
faire aux Supérieurs , parce qu'ils nous
parlent par son autorité.

CHAPITRE

VI.

De la Confession , de la Ste. Communion ,
& de la '£rí. Mtjfe.

R

ien n 'étant plus sanctifiant dans la
Religion de Jésus - 'Christ , que la
digne fréquentation des Sacremens , les
les personnes qui, comme nous, doivent
être fes plus tendres épouses, ne peuvent
trop sentir la grandeur de ces saintes

á8
actions , & y apporter une préparation
trop parfaite ; la pureté de cœur l'amour ardent, la droiture & la simplicité
de la Foi , doivent toujours accompagner & suivre la sainte Communion.
Nous la ferons tous les Dimandhes ;
& si quelqu'une désire la faire plus souvent , ce sera avec la permission de
l'Abbesse ; tout de même aussi ne s'en
dispensera-t'on point sans son approbation.
Les jours de Communion on évitera
soigneusement avant de la faire les dissipations innufiles.
Après la Messe de la Communion, on
restera un quard d'heure devant le St.
Sacrement pour l'action de grâces., ( à
moins que des occupations données par
l'Abbesse n'en dispensent ) toutes les
Soeurs ck autres personnes qui feront
dans le Monastère , ne communieront
qu'à la Messe conventuelle , s'il n'y a
pour en agir autrement quelque raison
connue de l'Abbesse.
On s'aprochera une fois la semaine du
sacremeut de la pénitence. On doit éviter au confessionnal tous discours inutiles,
& le confesser avec simplicité Si br>:'

29
veté ; autant qu'on en sera capable. On
tachera de se confesser le soir autant qu'on
Je pourra. L'Abbesse doit avoir soin de
procures des Confesseurs extraordinaires trois ou quatre fois l'année , s'il se
peut.
Jamais on ne se dispensera d'assister à
la sainte Messe chaque jour sans des
raisons solides , qui ne peuvent être que
les maladies ou infirmités assez notables,
ou les emplois de la Religion ; & le lieu
pour l'entendre fera toujours chacune à
ía place au Chœur, où il faut que toutes
prient ensemble. Les Infirmes peuvent
l'entendre ailleurs.
CHAPITRE

VII.

De sOraifon & de l'Office divin.

L

'Oraison mentale est si nécessaire
pour avancer dans la perfection à
laquelle nous devons tendre , que nous
devons nous porter avec ardeur & une
fidélité inviolable à ce saint Exercice.
Qu'aucune donc ne s'en dispense fans
la permission de l'Abbesse hors le cas de
maladie. Que toutes s'y rendent avec

-

.3°

une sainte promptitude pourn'en perdre
aucun moment , & qu'elles la fassent
toujours au Chœur & ensemble, à moins
que leur emploi ne les oblige à prendre
d'autres heures, ou que. l'Abbesse ne leur
eut permis de la faire ailleurs. Qu'elles
ne manquent point de la reprendre ,sipar
des occupations légitimes, elles n'ont
pu la faire en commun : on en fera donc
demi -heure le matin lè .carême & l'a«
vent, ou en fera une heure, demi-heure
le matin , & demi - heure le soir,
Nous devons savoir qu'après la pro- I
session, nous sommes toutes obligées à
reciter le Bréviaire ; c'est TEglife , qui
nousy assujettit & ce devoir est essentiel.
On peut néanmoins en être dipensé en
certains cas i'mportans , comme la maladie , & c'est à l'Abbesse à en donner
la dispense.
Préservons- nous avec foin du malheur de nous acquiter d'un devoir fi
saint avec lâcheté ,.par coutume & fans
pieté. On doit se rendre à l'Office du
chœur avec diligence , sans manquer
péanmoins à la bienséance. On ne doit,
ìiit notre saint Pere , lui rien préférer, &
enfin il nous exhorte à y prier de telle

forte que notre esprit s'accorde avec
notre voix & avec la modestie & le profond respect qui font dus à îa Majesté de
celui que nous prions. On prendra soigneusement garde que l'Office soit sonné régulièrement aux heures marquées.
On doit avoir une grande attention à
le reciter dignement , en prononçant
bien , en faiíant les pauses fans précipitation , comme aussi fans trop de lenteur , commençant ôc finissant toutes
ensemble. II faut pour cela fe souvenir
que c'est par excellence l'cevre de Dieu.
Ceux qui la font négligemment sont
maudits. On recitera moins lentement ,
mais toujours avec pieté & bienséance ,
les suffrages qu'on dit les jours de Féries;
savoir l'Office de la ..Vierge , celui des
Morts , les Pseaumes de la Pénitence
& les Graduels. On ne doit point rester
à l'Eglise lorsque lá Communauté est à
quelque observance.
On lira tous les jours en particulier &
avec atention un chapitre du nouveau
Testament ; & pour les autres livres de
pieté , on n'en lira point que ceux dont
la Supérieure aura permis la lecture.
Tous les ans chacune lira la Règle de Si
Benoit Scies Constitutions,

On Fera chaque année autant qu'on

le pourra une Retraite de huit jours &
une revue depuis la derniere.
Nous ferons tous les ans la Rénovation de nos Vœux le jour de la fête
de notre pere saint Benoit: elle fera
précédée d'une Retraite de trois jours.
Lorsque le saint Sacrement sera exposé dans notre Eglise , il y aura toujours
deux Religieuses en prières dansle tems
qu'on ne recite point rOffice divin.
11 est d'édification de n'aller point du
tout au Parloir ces jours l'à , s'il n'y a
une vraie nécessité au Jugement de l'Abbesse. Tous les Samedis on chantera les
Litanies de la sainte Vierge pour lui
demander sa protection pour cette
maison.



CHAPITRE VIII.
T>u

L

Siltnce.

E Silence chrétien & religieux est si
indispensable, qu'on ne peut être
véritablement chrétien parfait &. bon religieux sans la pratique de cette vertu s
notre Seigneur nous avertit du compte
qu'il nous demandera , même des paroles inutiles , &. il nous assure que ce
fera par nos paroles que nous ferons
justifiés ou condamnés.
Saint-Benoît plein de l'esprit de l'Évangile,a fait de la pratique du silence un
des points essentiels de fa Règle. Souvenons-nous donc qu'étant les Disciples
de ce saint Maître , nous devons aimer
ík pratiquer ses eníèignemens & ses
ordres. Évitons avec vigilance les conversations frivoles & inutiles ; & hors
le tems des récréations , chacune doit
se tenir dans fa Cellule , à moins que les
observances communes ou les emplois
de la ' maison ne les appellent ailleurs.
Le tems du grand silertçe fera une
heure après le dîner 3 comme il fera

"Ï4
.
...
jnarque ci-après , & le soir depuis l'ex>"
men jusqu'au lnadernain après Prime!
Dans ces heures de silence régulier , on
ne parlera que pour de véritables né-[
celsités, ôc il faut alors par respect pourl
le silence parler bas St le plus brieve>|
ment qu'il se pourra. Oh entend par ce
nécessités véritables celles que les Officières peuvent avoir de r parler pour
leurs emplois; mais il faut qu'elles y
gardent toujours ces précautions. La
malades sont dispensées de ce grand silence , auffi bien que ceux qui les fervent.
On gardera un silence exact à table,!
& on ne parlera que d'une voix baffe I
proche de l 'Eglise, & dans les Dortoirs!

^CHAPITRE
De la

S

IX.

Récréation.

Âint -Benoit n'a point marqué aces
enfans dans fa règle d'heure de récréation ; mais il laisse aux Supérieurs
' le pouvoir d'en permettre.
Ainsi pour procurer quelque délasseornent après une fuite d'exercices sérieu

bn aura tous les jours une heure de r&
création le matin , & une le soir. On
doit la prendre comme un soulagement
nécessaire à & foiblesse , & dans la vue
d'être plus en état de servir Dieu aveç
ferveur dans tous les autres tems.
Souvenons - nous que cet exercice
tout humain qu'il paroît, peut être très»
saint, étant fait par esprit d'obéistance ÔC
avec la sainte Cordialité qu'on y doit
exercer les unes envers les autres. Oíi
peut & on doit se rejouir innocemment»
mais jamais y manquer de charité , de
douceur , d'une humble politesse envers
ses Sœurs , & de la patience à souffrir
ce qu'il y a souvent de pénible dans la
société.
1
Chacune pourra travailler , ou ne le
point faire , fi elle veut durant le tems.
de la récréation.
On doit se souvenir qu'il est digne
de notre état de parler aumoins quelque fois durant cette heure U des çhafe<*
de Dieu,

CHAPITRE

X.

*Dti f eunis £$• Abftintnceu

S

Uivant l'usage de cette Communauté , on fera abstinence le Mercredi. On jeûnera tout l'avent & les
Vendredis de Tannée , excepté le tems
Pafchal , & lors qu'il se rencontre une
Fête double.
On jeûnera aussi les Mercredis depuis
la Nativité de la Sainte Vierge jusqu'aux
Avents s'il n'arrive une Fête double ; &
depuis Noël jusqu'au Carême , on jeûnera le Mercredi, &le Vendredi s'iln'arrive une Fête commandée. Les jours
de Sainte Scolastique , de Saint-Maur ,
'{k des Morts , font exempts de jeune.
Nous jeûnerons aussi la veille du trèssaint Sacrement. TAbbesse peut dispenser des jeunes , en quoi elle doit
agir avec charité & prudence.

'

CHAPITRE

' —

XI.

Des Cellules.

A

Utant qu'on le pourra , chacune
des Religieuses, aura fa Cellule;
elle la tiendra nette & rangée ; elles
seront meublées dune manière conforme
à la pauvreté Religieuse: & on y évitera toutes sortes de fuperfluités : le Lit
fera garni d'étoffé de laine, d'un matelas , d'une paillasse , d'un chevet &
des draps de toile, des couvertures selon
la saison : on pourra avoir une Armoire
ck un Prié - Dieu , ainsi qu'une Table
avec un tapis , trois ou quatre Chaises
de paille ou garnies d'étoffé , quelques
Images ou Tableaux de, pieté , le tour,
d'un prix médiocre,.
Chaque Cellule fermera à clef, &C
aucune des Sœurs n'entrera dans celle
d'une autre fans la permission de l'Abbesse qui feule peut entrer par tout lors,
qu'elle le jugera à propos.

pmmÊmmmmmmmm .

3*

CHAPITRE
De/

■„ ..■■.'■, I'„I:VTO^

XII.

'Parloirs.

L

Es Parloirs doivent être toujours
fermés à clef, hors le tems qu'ils
font occupés : aucune ne s'y rendra jajtnais fans permission.
Nous devons nous souvenir de h
inodestie Religieuse qui doit toujours
paroître en nous dans ces occasions , &c
tacher d'édifier par la piété Scia prudence de nos entretiens , les personnes du
dehojrs.
C*n ne restera jarnaîs au Parloir duirant l'Office divin 6c la sainte Messe ,
fi l'Abbesse ne lé juge à propos, & on
se -souviendra qu'on ne doit jamais dire
eu dehors cequi se passe au dedans.
CHAPITRE
De la façon de

O

XII L
íhabilltr.

N gardera la manière d'Habits
qui est en usage dans ce Monastère; mais on aura soin qu'il soit d'une longueur suffisante , c'est à dire qu'il aille
|usqu'à terre,

Les Jupes feront noires Sr celles cí«

1 dessous blanches ou d'une couleur mo] deste. On pourra porter un Corps fait
I fans façon 6c des manches noires.
Les Sœurs , selon que le dit notre

1 sainte Règle , se contenteront des ÉtoíI fes communes F elles pourront porter

I

des Gands. Elles porteront un Ban-

1 deau blanc , une Guimpe selon Tusage
] établi dans la maison. Le Scapulaire sera

1 large d'un quart d'aune , la Chaussure
I íkns façon.
Le grand Habit fera comme à l'ordinaire > on le prendra à tout sOffice,
i excepté le soir , à la Messe les jours
1 des Fêtes de la première classe , aux
| Vêtures 6c Professions des Religieuses
I de chœur 6c à leurs funérailles,
.
,
CHAPITRE
Du

XIV,

RefeEloiri

N aura soin que le Refectoir soit
propre 6c bien rangé : bien qu'il
soit permis à l'Abbesse , selon la Règle
de St. Benoit , d'avoir sa Table à part,
elle doit , autant qu'elle pourra , prçn.-<

O

Hre ses repas au Refectoir,& n'avoir zncune singularité , ni en permettre aucune fans nécessité.
Toutes y seront servies fans distinction. II suffira qu'à chaque repas on ait
outre le potage , deux sortes de mets ,
s'il se peut , & du fruit autant qu'il se
pourra. Les jours de jeune , les portions seront plus fortes. Le pain & le
vin seront servis à discrétion. Les jeunes de "Règle seront moins austères en
tout que ceux de l'Eglise.
La Lecture se fera pendant tout le
repas à la première Table. Les Sœurs
serviront chacune leur semaine au P.efectoir excepté la Prieure , la Maîtresse
des Novices , & la Celeriere , ck liront de même aussi par semaine , excepté celles -là.
Aucune ne mangera, ni ne boira
hors les heures des repas fans permission générale ou particulière. L'Abbesse doit avoir égard à la nécessité de
gelles qui la demanderont.

4i

CHAPITRE XV.
Vu

L

Travail.

E Travail est un devoir indispensable dans le Christianisme &
bien plus dans l'État Religieux qui
nous dévoue à la pénitence. Dans cette vue nous éviterons avec grand soin
l'oisiveté ; &c hors le tems des exercices
réguliers, on s'occupera à l'arrangement
des meubles ou des hardes , qui sont à
l'usage de chacune, ou bien pour le gros
de la Communauté , lors qu'il y aura
à faire quelque ouvrage de cette sorte ,
celle à qui l'Abbesse donnera le soin de
le distribuer , le fera avec égalité ; ne
chargeant pas trop celles qui feroient
fort occupées dans les emplois , ou qui
pourroient être infirmes.
Si quelqu'une veut faire quelque
ouvrage particulier , ou même qu'elle
fut employée par quelque personne du
dehors , elle ne le fera qu'avec la permission de rAbbesle.

4a

CHAPITRE

XVI.

De la distribution des Hturts*
E plus solide bonheur de notre
saint état , consiste en ce que nous
y voyons toujours clairement ce que
Dieu veut que nous fassions dans tous
les *nomens de notre vie ; 6c qu'en
suivant ponctuellement avec esprit intérieur les- observances régulières ,
nous faisons immanquablement son adorable volonté, 6c toutes nos œuvres,
même les plus naturelles , ont devant
lui le précieux mérite de Fobéissance.
C'est pour cette fin que tout doit être
marqué par Tordre de nos Règles. Voici donc celui que nous tiendrons chaque jour. Si l'Abbesse a de véritables
raisons pour changer quelquefois quelqu'unes des heures prescrites , elle le
peut.
On se levera à cinq heures. Cette
première action doit être faite avec diligence 6c un defir fervent de se consacrer à Dieu de tout son cœur , dès le
premier moment libreaprès le Réveil

L

Dn ne peut point se dispenser de cetté
bbservance sans permission de l'Abbesse,
non plus que des autres;ik si on ne peut
a lui demander,on lui en rendra compaprès.
On dira Prime à six heures précises ;
ncontinent après on fera demi - heure
e méditation , après iaquelle on dira
'ierce , ck tout de fuite la sainte Messe,
DU chacune assistera à fa place au ,
Chœur , hors le cas d'infirmité.
En Carême on dira Tierce, Sexte
h None avant la Messe , & à la fin de
a Messe chacune ira vaquer à fes emplois ou dans fa Cellule. Hors le tems
e Carême on dira Sexte & None à
heuf heures & demi , ensuite fe fait
examen particulier : le signal donné
parcelle qui préside , on recevra l'eau
énite , & puis on ira au Refectoir en
isant le de profandis.
Les jours de jeunes d'Eglise on ne
sonnera le dîner qu'à onze heures , & à
ceux de la règle demi - heure plutôt.
Après le Dîner il y aura toujours une
heure de récréation , à la sin de laquelle
on tintera quelque coup de cloche pour
annoncer l'heure du silence qui doit être

44

observé chacune dans fa chambre si leurs
emplois le permettent. A la fin on soiv
nera la Cloche , & alors on fe rendra
à la chambre de rassemblée pour y ecou
ter la lecture qui se fera l'espace d'ui
quart d 'heure. Les Sœurs converfe|
assisteront a cetre lecture , ensuite
retireront, & les Religieuses resteront ei
semble jusqu'à la fin de l'heure , s'òcup
pant de quelque travail , & s'entrete
nant ensemble dans un esprit d 'unira
& de charité. La fin sera annoncé
aussi par quelque coup de cloche.
Le Dimanche on fait la lecture d'abord après None , qui se dit à midi .L«|
trois jours , qui précédent la Fête i
Saint Benoit il n'y à point d'affemblée. Ces jours font destinés à une K
collection plus exacte pour se dispose
à la rénovation des vœux qui fe doí
faire le jour de la Fête de notre sai
Patriarche. On ne négligera rien po
bien faire une si sainte action. On ot
servera un plus grand silence. On s'oo
cupera à l'exament de fes devoirs : tot
tes les lectures & les méditations I
feront fur les vœux 6c autres devois
de la vie Religieuse.

À trois heures on sonnera Vêpres, il y
aura demi - heure d'intervalle. En Caéme on ne sonnera Compiles qu'à
rois quarts avant quatre heures , enjoué qu'on les commence droit à quare heures & dans l'intervalle on lira
uelque livre de pieté.
Hors le tems du Carême on dira
êpres & Complies tout de fuite ;
la fin , le signal donné, chacune fe reirera. On dira le Chapellet , qu'on
eut reciter chacune à fa commodité.
Le reste du tems jusqu'au souper ,
n vaquera à fes emplois , ou bien on
'occupera dans fa Cellule.
A cinq heures on sonnera le Souper,
es jours dé jeune d'Eglise on ne sonera que demi heure plus tard. Apres
n aura récréation- jusqu'à la Prière ,
ui fe sonnera en hy ver à sept heures &
emi & l'êté à huit.
Toutes étant assemblées l'Hebdomadiere lira le sujet de la méditation du
endemain , Tecitera les Litanies de la
ainte Vierge. Tout de fuite on dira
'atines & Laudes , qui étant finies , on
era l'examen de conscience. Le signal
nné par la Supérieure, chacune fe re ;

tirera en silence pour se coucher promp.
terne nt.
Ois prendra-garde à ne point faire de
bruit dans la maison ainsi que le matin,
jusqu'après Prime-.
On aura demi-heure pour fe coucher,
& en hiver trois quarts d'heures , afin
qu'on puisse se chauffer.
L'Abbesse ou la Prieure feront la vi
site dans toutes les Cellules, à moira
que quelqu'une, n'étant incommodée
n'eut permission de fe coucher plutôt
&c elle verra si chacune l'est ÔC si lfl
lumières font éteinres.
CHAPITRE

XVII.

Dts Emplois ixtèriturt de,

L

fAbbtf[u

'Abbesse trouvera tous les enseig
nemens nécessaires pour s'instruit
parfaitement de fes devoirs dans k
deux Chapitres de notre sainte Régit
qui en traitent : le premier quel do
être l'Abbé; 8c le second de la manie:
d'élire l'Abbé.
C'est là qu'elle doit étudierses importa
tes obligations ík aprendreà se àn&i

■ \

%lle-mêmeen'travaillant aussi sansrelâche
au salut des autres, à craindre le terrible
compte, que Dieu lui demandera d'une
charge si redoutable ; & à l'exercer fans
négligence , fans dureté , fans prédilection 'humaine ; mais fur-tout avec une
profonde humilité. -Comme elle doit
& par -son exemple & par tous les moyens que la'charité peut inspirer, soutenir la régularité & veiller sans relâche
à tout dans la maison de Dieu qui lui est
confiée , elle lira une fois chaque Semaine les deux Chapitres de notre
Règle que nous avons cités , & examinera sincèrement comment elle en
remplit les devoirs.
II ne lui est pas permis d'ignorer
qu'elle est Religieuse comme fes Sœurs,'
& qu'elle doit l'être Se le paroître en
tout, s'il se peut, plus qu'aucune d 'elles.

43

CHAPITRE

XVIII.

Du Ra-!g que chacune doit unir,

CAns affectation 8c- fans vanité chacune gardera le rang de fa profession aux assemblées 8c aux cérémonies
& comme les plus jeunes doivent le
respect 8c la déférence aux anciennes;
celles ci leur doivent la tendresse &
la douceur d'un^ sincère charité ; 8c les
unes 8c les autres par modestie 8c /par
humilité , le donneront dans les Occasions tous les témoignages- d'une déférence Chrétienne 8c Religieuse.
Toutes les Religieuses appelleront
l'Abbesse-, Madame , 8c elle les appellera;, mes Sœurs ou mes Filles.
Les Postulantes ou les Novices appelleront Mères , celles qui auront fit
ans de Profession , les autres s'appelleront Sœurs ; les Sœurs converses appelleront Mères toutes les Religieuses
de Chœur Professes , &c les Novices ,
Sœurs,

»3

43

CHAPITRE

XIX.

de la Triture.

L

A Charge de la Prieure obligé
celle qui l'occupe à vivre dans
une, grande union avec l'Abbesse &£
une dépendance exacte à ses ordres , &C
à donner toujours bon exemple à ses
Sœurs.
La Prieure doit présider en tous les'
lieux où TAbbesie n 'est pas , &c faire de
son mieux pour y maintenir la régularité , la paix &í le bon ordre.
Elle avertira charitablement les Sœurs
qui pourroient s'écarter de leur devoir
& ne manquera pas d'informer l'Abbef-;
le des sautes qui fe commettront , lorsque le bon ordre demande qu 'elle en
soit instruite. Elle doit fe souvenir que
sa conscience fera chargée devant Dieu
de tout ce qu'elle lui aura tu, lorsqu'elle,
devoir le lui dire.
Elle doit êfre très-ponctuelle à toutes
les observances régulières , puisque par
sa, charge , elle doit maintenir la RéfiH»
farîté en l'abseace de l 'Abbefle>

Toutes font averties , qu'il est de leur
devoir de bien recevoir les avis charitables que l'on peut leur donner ; & que
comme la Prieure est obligée à maintenir le bon ordre partout où l'Abbesse
n'est pas , les Sœurs doivent aussi se
soumettre avec déférence , lorsqu'elle
leur donne quelque avis.
CHAPITRE XX.
Di la

C

Maîtrise des Novice f 1

Et emploi étant des plus importans dans le Monastère , on doit
avoir grand foin d'y appliquer des personnes pieuses , bien instruites des devoirs du Christianisme 5r.de l'État religieux , capables par leurs lumières &C
par leur charité de connoître les esprits,
de les gagner & de les porter à Dieu,
Elle tachera d'attirer fes grâces fur
elle , par la prière , par l'application à
étudier ses devoirs &C le vrai esprit de
notre Règle , en la lisant souvent avec
humilité &c attention.
Elle formera les jeunes Novices Postulantes &c Professes peu-à-peu ôí gar(

degré aux Vertus de notre état,& cotriá
mencera à travailler , avant toutes cho^'
ses , à les rendre vraiement chrétiennes z,
elle leur fera pratiquer selon leur force „'
&. leur âge , tous les points de l'obfervance régulière, & fur-tout elle leur ap«
prendra que tout le dehors est inutile £
s'il n'est animé de l'efprit intérieur , quí
doit les sanctifier dans la pratique de ces
saints exercices. Elle ne leur cachera
jamais aucuns des points de la Réglé
ni des Constitutions ; aucontraire elle
lira l'un & l'autre à chaque Postulante
Sí Novice deux fois avant qu'elles prennent l'Habit , ck autant avant la Profession , leur expliquant tout ce qu'elle ne
pourroient pas bien comprendre.
Elle tachera de gagner leur confiance
pour les mieux conduire dans les voies
de Dieu : elle leur demandera souvent
compte de leur dispositions & de la manière dont elles s'acquitent de leurs
exercices spirituels.
Elle tachera aussi de bien connoi-'
tre la vocation de celles qui se présent
tent à la Religion. Étant chargée d 'une
chose de cette conséquence , elle n'aura
ìamaií la lâcheté de la trahir , en men^

D u

quant d'avertir l'AbbelTe de ce qu'elle
connoîtra être une raison solide d 'exclure un Sujet.
Elle aura soin de leur santé , & les dispensera au besoin des austérités de la
Règle.
Les Novices Sc celles qui font du
Noviciat , ne doivent pas parler aux autres Religieuses hors le tems des récréations qu'avec permission de leur maîtresse, laquelle prendra soigneusement garde
qu'elles ne fassent point d'amitiés particulières dans la Communauté , ni enîr'elles , qui puissent causer le moindre
dérangement; ck si elle ne peut les rompre , elle en instruira l 'Abbesse , qui doit
avoir la même vigilance pour toutes ses
Religieuses.
La Maîtresse les exercera à la mortification , à l 'humilité , & pourra , selon
qu'elle le connoîtra nécessaire ou utile ,
leur faire pratiquer extérieurement ces
vertus.
Elle leur fera des Conférences une
fois la semaine sur les obligations du
Christianisme ou de l 'état Religieux ; &
dans ces assemblées, elles diront leur
çoulpe , si la Maîtresse le juge à propos,

CHAPITRE
7)es

C

Sœurs

XXI.

Converses,

Elles que Dieu appelle à cet État
doivent sentir le bonheur de suivre
l'exemple de notre Seigneur dans la vie
humble ÔC laborieuse , & travailler avec
fidélité à acquérir les vertus de leur vocation les plus indispensables , qqf font
Fhumilité , l'amour de In pénitence , du
travail , la simplicité &c la fidélité dans
les emplois que la Religion leur confie.
L'Abbesse leur donnera une bonne Sc
Vertueuse Maîtresse à laquelle eííës se
soumettront entièrement : elle les. instruira des devoirs de leur état de Chrétiennes &c de Religieuses , leur expliquera l'obligation qu'elles contractent
par les Vœux de Religion. Elie doitbien prendre garde qu'elles ne les ïái
point fans en avoir connu auparavant
tous les devoirs.
Elle éprouvera soigneusement la Vocation de celles qui se présentent pour
embrasser cet état, &leurfaira connoître Sc pratiquer, durant leur .Noviciat,

54
toutes les observances régulières.
Voici ce qu'elles pratiqueront ; elles
fairont la Sainte Communion tous les
Dimanches , íì la Maitresse n'en or j
donne autrement. Elles assisteront à
la Lecture qui se fait après le silence i
comme aussi à toutes celles que leur
Maîtresse leur faira en particulier j
qu'elle leur expliquera selon leur portée. Elles feront , autant que leurs emplois le leur permettront , demi-heure
«d'Oraison , elles réciteront chaque
jour vingt fois le Pater 6c Avé ÔC
jtrois fois encore le Pater ÔC Avé pour
les Défunts ôc le Chapelet , desquelles
Prières elles ne seront point dispensées '
<jue par leur Maîtresse , lorsqu'elle le
jugera à propos»
Si quelques unes savent lire;, elles pouront le faire , lórfque leurs emplois
«e les occuperont pas les Dimanches
'.<& Fêtes ÔC ne liront d'autres Livres
<jue ceux que la Maîtresse leur aura permis. Elles regarderont toutes les Sœurs
Vie Chœur comme leurs Mères à qui
«Iles doivent marquer du respect , ôc
dans un esprit d'humilité Chrétienne ,
fersque leurs emplois le permettront ,

elles leur rendront les services donc
elle pourroient avoir besoin.
CHAPITRE

XXII.

Des Chantres & Sous - Chantres.

C

Elles qui font appliquées à ces emplois doivent être bien instruites,
desrubiques du Bréviaire & des cérémonies , & s'appliquer à les bien entendre , pour annoncer tous les purs à la
fin de None , Tordre de l'OfHce pour
le lendemain & avertir tous les Samedis
celles qui doivent officier au Chœur ,
lire ou servir la Semaine suivante.
C'est à elles à soutenir le Chœur chacune de son côté & à prendre soigneusement garde d'y faire observer les règles du Chant 8c de la Psalmodie : s'il
se fait quelque faute, ou méprise, elles
tacheront de remettre Tordre fans trouble ni confusion.
Elles auront foin des Livres de chant ,
de les placer au tems nécessaire , d'en
tourner les feuillets , suivant les choses
qu'on devra chanter. Elles auront une
grande prévoyance pour tout ce qui
concerne leur emploi,

CHAPITRE

XXIII.

De l'Econome.

C

Èlle qui sera chargée de cet emploi,
fera de son mieux pour fe rendre

intelligente dans les affaires j elle travaillera avec un foin très -exact à tout
ce dont elle fera chargée par 1 'AbbefTe.
Elle doit avoir beaucoup d'ordre dans
tout ce qui elì fous fa conduite. Que tous
ses Livres de compte soient exacts ÔC
bien rangés, où tout sbít mis au net,ecrire
fans faute l'argent qu'elle aura reçu ôc
l'emploi qu'elle en aura fait.
Elle fournira aux Sœurs les cHofes nécessaires selon les ordres de l'Abbeffe,&
se souviendra de ce point de notre Règle
£ important au bon ordre , qu'à point
nommé on demande ce qu'il faut demander, ôc qu'on donne ce qu'il faut donner;
6c de cet autre , fi l'on ne peut donner
Ce qu'on demande , qu'au moins on fasse une douce ôc gratieufe reponfe.
Elle fera charmée de lever les rentes
oc on lui assignera quelque aidante í
elles seront d'accord ÔC d'intelligence

ensemble : la plus ancienne donnera les.
Quitances , la seconde les donnera aussi
en son absence &. quand besoin sera , &
qu'elles se souviennent d'agir dans cette
fonction avec une parfaite exactitude ÔC
un esprit de justice.
Qu'elle n'oublie pas que fi son emploi
la met clans quelque occasion de diíîìpation, cela né doit pas nuire au soin-'de fa
perfection , ck qu'ellé doit redoubler fe
vigilance fur elle-même pour ne perdre
pas l'efprit intérieur ck ie mérite de son
travail:
CHAPITRE
De la

L

XXIV.

Ctllériere.

A Cellérierë doit être charitable,'
; vigilante p\ìui- soigner toút ce qui
fera entre fés mains , ck le distribuer aux
Sœurs selon leur véritable besoin, ck toujours avec paix ck une grande douceur*
' Elle recevra de l'Abbesse ou de l'Ecoíiome les provisions nécessaires,& prendra garde que par 'dé faut de soin rien ne
se dissipe ou ne se gâte.
Elle ne faira nulle acception de per-j

formes dans la distribution des Mets , &
ne pourra en taire pour aucune à la
Table commune fans la permission de
l'Abbesse , mais qu'elle ait toujours une
grande attention pour ce qui concerne
ïes Malades.
CHAPITRE XXV.
Des

D

Poriitra.

E tous les emplois du Monastère ,'
il n'y en a point qui donne plus oit
moins d'édification au Monde que celui
de Portière. Celles qu'on placera dans
cette charge doivent être attentives à ce
point important, 8c paroître toujours
aux personnes du dehors avec une grande retenue St modestie.
Elles ne prendront jamais occasion
de leur emploi pour rien faire contre
l 'efprit de la dépendance ,ni ne fe prêteront à qui que fé soit pour de pareilles
choses.
Qu'elles sachent aussi que toutes
les Lettres , qu'on leur remet doivent
être remises à FAbbesse. Les Sœurs doiyent fe soumettre à une Règle si sage, 8c

leur est défendu d'en écrire &c d'en fécevoir fans une permission expresse.
Les Portières sauront auffi qu'une
sigation importante de leur emploi est
'avertir la Supérieure de toutes les personnes qu'on demande , avant que de'
leur en donner connoissance, & de tenir
le secret du refus que l'Abbesse en peut
faire , si elle le juge à propos.
Elles feront très-átténtives à ouvrir
& fermer les Portes lorsqu'il est nécessaire , mais prëndront bien garde à ne
aisser enti er personne fans la permission
de l'Abbesse. Elles tiendront les Portes,
les Tours , Parloirs fermés à clef, & ils
ne s'ouvriront que dans les besoins approuvés & consentis par l'Abbesse.
Elles auront attention que les Doestiques ne sortent point fans permission de l'Abbesse ou du moins fans
rendre raison de ce qui les oblige à
sortir.

«ô
CHAPITRE XXV.
Det

D

Infirmières,,

E toutes les Charités, la plus grande est fans doute celle qui s'ap
plique au soulagement & au service des
membres de Jesus-Christ malades. Cet
emploi devroit être bien cher à celles
qui en seront chargées. Elles doivent le
recevoir danscé sentiment, &s'y employer avec toute la ferveur , la douceur ,
le foin & la patience que Dieu demande
des personnes qui le servent dans un
ministère si Saint.
Lorsqu'elles sauront qu'il y à quelque malade ou infirme qui a besoin de
leur soin t elles en avertiront l'Abbesse,
& feront de leur mieux pour les servir
ík soulager , n'en préférant & n'en négligeant aucune, ensorteque jamais rien
ne leur manque par leur faute.
Elles auront foin de recréer innocemment les malades , & ne les laisseront
jamais seules , dès qu'elles feront dans
quelque danger, ou qu'elles auront befein de leur présence.

6r
I orfqu'une Malade le sera dangereusement , l'Abbesse sera avertie , afin
qu'elle veille à lui procurer les secours
nécessaires à l'Ame & au Corps.
Elles avertiront auffi des besoins de
celles qui pourroient en avoir , d'être
dispensées des jeunes ou de l'abstinence,
& chacune devroit toujours , lorsqu'elle
connoît son besoin le leur dire avec simplicité.
CHAPITRE

XXVII.

D« U Mattrejse det Pcnstonnairts.

T

Outes les Pensionnaires qu'on recevra feront mises entre les mains de
la Maîtresse commune.
On n'en recevra que de celles qui feront reconnues dignes d'être admises
dans le Monastère, & autant qu'on pour■a, que de bien jeunes perfones, celles-là
"tant plus dociles & en état de recevoir
vec fruit une bonne éducation.
La Maîtresse doit être persuadée que
et emploi est d'une grande conséquence
ar les suites utiles ou dommageables
[lans le Monde de- la bonne ou mauvaise

éducation de la jeunesse. Qu'elle tacha
donc de donner au jeunes personnes qui
lui font confiées toutes les instructions
ou corrections nécessaires par esprit de
douceur,& qu'elle n'emploie les moyens
durs que lorsqu'elle verra que les autre!
lui font tout-à-fait inutiles.
Elle les instruira régulièrement cta
que jour , ck à proportion de leur âge,
de leur talents 6c de'leur condition , d<
tous les devoirs du Christianisme qu'elli
îeur faira pratiquer exactement chaqui
jour à lire & à écrire ; elle les faira travailler , les accoutumera à n'être poini
oisives. Qu'elle tache de les rendre po
lies fans affectation ; elle leur faira corn
prendre que la Civilité bien pratiqué
est un des devoirs de la Charité chrç
tienne.
Elles feront la Prière soir &£ matin ei
présence de leur Maîtresse,à la Messe el'
les placera de façon qu'elle voie com
ment elles fe tiennent. Elle les conduir
au Réfectoir où elles prendront leu
Repas. Elle aura attention qu'elles mai
gent proprement, &c qu'elles ne parlen
ni ne fassent de bruit pendant la Lecturi
Lorsqu'il pourra y avoir deux Ui

«3

trèfles on ne manquera pas de les y
mettre; , afin que ces jeunes Filles ne
soient point seules;& comme l'éducation
de la jeunesse est une bonne œuvre 8c
un exercice de Charité , les Maîtresses
ne se feront nulle peine de les garder,
même durant les Offices , chacune par
Semaine.
S'il se peut, la Maîtresse couchera dans
le Pensionnat ou au moins quelque per^
sonne raisonnable dont on soit assuré.
CHAPITRE
Dtt

E

XXVIII,

Sécr 'tflÌM.

Lles doivent s'appliquer à renouveller leur Foy & leur Pieté dans
le fréquent séjour que leur emploi les
oblige de faire à l'Eglife , 8c à éviter d'y
parler que dans la nécessité inévitable
8c alors elles le feront très-bas. II faut
qu'elles emploient tout leur foin à tenir
dans la plus grande nettété l'Eglife 8c
tout ce qui sert aux saints Autels.
Elles sonneront toutes les Observances , chacune par Semaine , avec
tant d\xactitude que chaque chose se

&

fasse à point nommé à l'heure marquée,
à moins que dans quelque occasion l'Abbesse n'eutdes raisons pour faire quelque
changement.
Lorsqu'il y aura des Postulantes •Novices ou jeunes Professes , ce seront
elles qui sonneront toutes les observances , excepté la sin de l'jQraison .&£ les

Messes.
Les Sacristines feront attentives à fer?
mer à clef les Grilles , Confessionnaux
& Portes de l'Eglife , excepté dans le?
terns où ils doivent être ouverts : elles
ne souffriront point qu'on faste de commission par le Guichet de la Sacristie,
hors ce qui est nécessaire pour le service
de l'Eglife , & en cela elles donneront
elles-mêmes bon exemple , n'y parlant
que bas &c pour les choies nécessaires
à leur emploi.

CHAPITRE XXIX;

K

.

CHAPitRE XXIX»
De la Grénitiere.

E

Lle doit avoir soin du Grenier , te
tenir en bon ordre , prèndre gardé
que le Blé ne se gâte "6c qu 'il soit ména=
gé. Elle doit recevoir la Récolte & tenir
un compte exact de ce qu'elle reçoit 6e
de ce qu'elle donne*
Elle aura soin de la dépense du
pain 8c du vin , 6c distribuera l'un
6c l'autre selon les besoins.

CHAPITRE
Du

L

XXX.

Chapitre & des C»ulpe/m

'Abbesse peut tenir son Chapitré

quand elle le jugera à propos ;
mais le jour destiné à changer les
Officières ou à les continuer , fera lp
premier vendredi "de Carême , à moins
qu'elle n'ait des raisons pour changer,
quelquefois cet Ordre.
Les Sœurs iront à cette action are€(

(55
<3es sentimens vraiemwit soumis 8c religieux , recevoir les différens emplois
que robéissance leur ássigne y 8c les
avis de leur Supérieure.
Elles s'accuseront de leurs fautes dani
ces assembleés , &c même plus souvent,
fi leur humilité lés y porte*
II faut qu'elles sachent que leurs
coulpes ne doivent se dire que dej
fautes contre Pobservance régulière ,
qui par la légèreté de la matière j où
le peu de réflexion , peuvent n'être
pas des péchés ; 8c qu'amoins d'avoir
donné quelque scandale public à la
Communauté , on ne s'accuse point
de ce qui est péché : les coulpes sont
une pratique sainte 8c utile pour celles
qui la font par un esprit d'humilité &
d'ohéiflance à la règle qui la prescrit,
On est obligé étroitement à ne point
parler des délibérations importantes qui
peuvent se fàire au Chapitre ; &c celles
qui manqueroient à ce devoir 9 de"vroient être punies.

CHAPITRE

XXXI,

DtsTrut%s.poúr Its Ai arts.

L

A chanté nous oblige à secouru?
nos Sœurs décédées. Quand quelque Religieuse viendra à décéder , oij
recitera, le Pseautier auprès de son
Corps , &c on fe succédera les unes
aux autres, jusqu'à l'enterrement.
Le jour du décès, ou le lendemains
on dira l'Qffiçe des Morts à neuf Leçons , & on fera de même à la Seg^ain'e, Trentaine, & au bout de Tan,
& la Messe ,chantée, autant qu'on le
pourra , ces jours -là. Le jour ds 1*
Sépulture , on fera dire plusieurs Messes , & l'Abbesse aura foin d'en faire:
dire au plutôt quarante pour chaque
Religieuse professe. Toutes diront pendant la Quarantaine, chacune en particulier-, trois fois l'Office dés Morts
à trois Leçons , & communieront trois
fois pour, le repos de, l'Ame de la dé-.

m
On fera quarante Aumônes dans la
même intention , que l'Ab esse fera distribuer à qui elle jugera à propos;. On
distribuera le Pseautier entre toutes les
Religieuses pour le dire dans la huitaine, Les Soeurs converses diront dans
la huitaine deux Chapelets ; & fi c'est
pour l'Abesse , trois , Su tous les jours
de Tannée cinq fois le Pater & l'Avé; & pour les autres Religieuses ,
elles diront trois fois le Pater & P Avé
chaque jour pendant les trente premiers jours.
Lorsque les Pères , Mères , frères 8Ç
Sœurs des Religieuses mouront , on
dira une sois Vigile des Morts ; on
fera dire une Messe basse.
Lorsque l'Abbesse décédera , on fera
pour elle les mêmes prières, & on
fera dire la Messe tous les jours durant la première année, pour le repos
de son Ame.
Lorsque notre saint Pere lê Pape
décédera , on dira l'Office à neuf leçons ; on chantera la - Messe , on en
faira autant pour le Roi &£ pour Monseigneur l'Eyêque, Supérieur dé c$
Monastère.

CHAPITRE XXXII,
J)ts Robitret & Língtrtf*

L

A modicité des revenus de ce
Monastère nous oblige de permettre aux, Religieuíès de vendre quelque
ouvrage pour se procurer quelques secours que la Maison ne pourroit leur
donner.
Elles doivent prendre garde à bien
conserver , dans l'esprit de pauvreté ôc
de détachement religieux , les choses
qu'on leur permet de garder.
Lorsqu'elles auront quelque ouvrage à vendre , elles le mettront entre
les mains de celle que l'Abeste nommera pour cet emploi , qui le vendra
à un prix raisonnable , Òk l'argent qui
en proviendra , sera mis entre les mains
de la Botvsiere commune.
L'abbeste commettra des Officières
pour garder & distribuer tout le Linge & les Habits à l'usage de chaque
Religieuse , & les siens propres.
Celles qui auront ces Charges , s'en


acquîteront avec soin , & distribueront
à chacune ce dont elles auront besoin.
Elles donneront du Linge blanc deux
fois la semaine , & tout autant qu'on
leur en demandera, fans chagrin ni
murmure.
Chacune coudra son Linge', -le racommodera au besoin , ainsi que ses
Habits , &c le remetra après aux Oí5cieresi. ■ ■■[^ÎÌLTOTHEOUE :
1 -- ; " ; T^'LÂ VÌLLË ; ! U P
. , :
i. DE PÈF.iGUEUX ,'
"

FIN.

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