B243226101_PZ_01932.pdf
Médias
Fait partie de Statuts et Constitutions sur la Règle du Glorieux Père S. Benoît pour labaye Nostre Dame de Ligueux
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2
LA REGLE
DE S. BENOIST.
PROLOGUE T>V BIENheureux Pere ^ Patriarche
des Moines S. Benoifi,
fur fa Règle.
S c o v T E (ô mon fils ) le»
instructions de ton maistre , íc
preste luy l'oreillc de ton cœur:
reçoy d'vne bonne & franche
volonté l'aduertissemcnt de ton
bon pere , & l'accotnplis auec
efficace, afin que tu puisses par la force, 8c énergie de l'obeïssance retourner à celuy duquel
tu t'estois éloigné par la íetardisc & lascheté de
ta defobei'ÍTance.
Ie parle donc maintenant à toy quel que ra
sois, qui désireux de combattre fous l'cstendardm^
du vray Roy I £ s v s - CHU I S T , endosses les
' .BIBLIOTHEQUE*
DE LA VILLE
DE PÉRIGUEUX
4
Prologue du B. P.
belles & puissantes aimes d'obeïssance.
T'adinonesta*t en premier lieu de prier instamment nostre Seigneur qui luy plaise accomplir & parfaire tout le bien que tu entreprens &
commences : de peur qu'âpres auoir daigné nous
mettre ) & escrire au nombre de ses enfans,il n'ait
íhjet quelque iour de se plaindre de nos mau«
uais deportemens.
Catnous le dcuons tousiours reconnoistre, &
luy satisfaire en telle forte des biens receus de
fa main que nous n'ayons pas seulement appréhension qu'à guise d'vn pere fasché de l'ingraritude deses enfans , il ne nous priue queique
iour de l'heritage promis : Ains encore qu'en redoutable Seigneur irrité par nos mechancetez,
il ne damne au supplice éternel ceux qui ne l'aulont voulu fuiure à la gloire.
Partant éueillons nous à la parRn au bruit de
Ja saincte Escriture qui chante tous Iesioursà
nos oreilles, qu'il est temps de quitter le sommeil.
Et ouurant les yeux de nostre entendement
à la lumière de la grâce diuine , rauis d'estonnementi écoutons ce que la diuine voix fait tous
les iouts retentir à nos oreilles par ces paroles:
Siaujourd'huy vous entendez fa voix, prenez
bien garde d'endurcir vos cœurs.
Et derechef, Quiconque a des oreilles pour
escouter , qu'il escoute ce que l'Esprit de Dieu
dit aux Eglises. Mais que dit- il ! Venez , mes
enfans, & m'escoutez, ie vous enseigneray la
crainte du Seigneur.
Aduancez-vous durant le iour de cette vie,
de peur que les ténèbres de la mort ne YOUS surprennent
fainffi Beno 'ifl.
$
En âpres cherchant son seruiteut parmy l'iníìslie multitude du peuple auquel il addrelTe ses
paroles, il adiouste : Y a-il quelqu'vn parmy
vous qui désire la vie , & íeuhaitte de paruenir
aux siécles heureux .' Que si prestant l'oreille à
ces paroles, tu luy respons : Ic le désire. Dieu
te repart : Si tu désires auoir cette vraye & eternelle vie , empesche ta langue de mal parler , &
ferme tes léures à routes paroles frauduleuses Sc
simulées , destourne toy du mal , & fay le bien,
cherche la paix , & la pourchasse.
En ce faisant mes yeux viseront continuellemcutàvous, & m-s oreilles feront tousiou! s
ouuertes & attendues à vos prières : voire auparauant que vous m'inuoquiéí ie diray , Me
voicy.
Y a-il rien de plus doux que cette voix da
Seigneur qui nous inuite & appelle à foy ( Mes
tres-chers frères ? ) Voyez comme par fa bonté il
nous monstre Sc defeoaure lny mesme le chemin de vie!
Par ainsi ayant nos reins ceincts par la foy pratique des bonnes ceuures , continuons de marcher en ses voyes , afin que nous méritions de
voir que lque iour en son Royaume celuy qui
nous y inuite.
Auquel sinous desirons habiterai n'y a point
d'autre moyen d'y paruenir-que par la course oa
pratique des bonnes ceuures.
Qu_'ainsi ne soit, deraandons-le au Seigneur
auec le Prophete.disant: Seigneur,qui est-ce qui
logera en vostte tabernacle, & qui se reposera en
vostre Saincte montagne î Et l'ayant ainsi interrogé écoutons fa responfc qui nous en monstre
le droict chemin , disant : Ce sera celuy qui s'j
A 3
6
Vrolome du B. P.
achemine en toute pureté, & pratique les ceuures de iustice.
Qui parle en vérité du cœur, & de la bouche
qui n'a point abandonné fa langue au dol , ny à
la fraude, qui n'a poinrmcsfaict contre son prochain , & n'a receu ny volontiers écouté les iniures, & opprobres qu'on luy mettoit fus.
Qui a ferme la porte de son coeur à l'efprit
mal m , & à ses douces persuasions , Sc les a reduites à néant, empoignant les premiers mouue•jnens des pensées, & suggestions, pour les biiser
à la pierre qui CÍIIISVS-CHXIST.
Ceux-là encore qui craignans nostre Seigneur, ne s'elleuent point à cause de leur bonne
vie : ains plustost reconnoiíîaus que tout cc
qu'ils ont de bon ne peut proceder d'eux-mefmes , ains de l'aide spéciale de nostre Seigneur,
vont haut-louam Sc magnifiant celuy qui ainsi
opère en eux , luy disant auec le Prophète : La
gloire eii soit à vostre nom , ô Seigneur, & non
pas à nous. Et auec l'Apostresainct Paul,quisans
rien présumer de ses prédications tenoit ces paroles : C'est de la giacc de Dieu que ie fuis ce que
îe fuis. Et qui mefme dit ailleurs : ' Quiconque sc
glorifie, qu'il se glorifie en nostre Seigneur.
En suitte dequoy nostre Seigneur parle ainsi
en son Euangile : Celuy qui entend ces miennes
paroles & les met en effect, ie le rendray semblable à l'homme prudent, & sage qui a édifié sa
maison sur le roc : Les fleuues sc sont esleuez , Sc
les vens ont soufflé contre icelle, & s'ils ne l'ont
pû abbatre d'autant qu'elle estoit fondée fur la
pierre.
Pour accomplir cecy nostre Seigneur nous attend tous les iours à l'eftect & exécution de
ses
jàmtt Benoist.
y
ses sainctes remonstrances. Ec pour ces fins ií
nous permet , à guise de trefues , les iours de
cette vie pour l'amendement de nos vices , témoin l'Apostre qui dit: Ignores tu que la patience de Uieu te semond à pénitence ■ & selon
que ce débonnaire Seigneur en porte témoignage luy mesme , lors qu'il s'escrie : Ie ne veux
point la mort du pécheur , ains plustost qu'il sc
conuertisse,& qu'il viuc.
Puis donc ( ô mes Frères ) qu'ayants ainsi enquis Nostre Seigneur de celuy qui logeroit en
son Tabernacle , nous auons ouy les conditions
requises & nécessaires pour y habiter : & que c'est
chose certaine que si nous faisons deue'rnent ce
qui est porté en icelle, nous serons mesm.es héritiers du Royaume céleste.
II nous faut à ces fins disposer nos coeurs &
nos corp; pour combattre fous l'obsïssance de
ses faincts commandemens. Et en ce que la nature ne pourra bonnement atteindre en nous
autres, prions nostre Seigneur qu'il nous octroyé
l'afïïstance & secours de fa grâce
Et si refuyans les peines d'enfer , nous desirons paruenir à la vie eternelle, il faut que pendant qu'en auons le temps & la commodité durant le cours de cette vie , nous nous diligcntions à faire présentement ce qui nous doit profiter à, tout iamais.
Pour ces fins il nous faut icy dresser vn apprentissage, & école du diuin seruice, en Institution & ordonnance de laquelle nous espérons de nous comporter en telle forte qu'il n'y
aura rien d'afpre, pesanr,ou insupportable.
Que si par auenture il s'y rencontroit qnelque chose vn peu estroitte ( ainsi le requérant le
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S "Prologue du B. P. S. Benoist,
ároict & la raison pour l'amcndement de nos
vices , & pour la conseruacion de la charité ) il
ne saut pas pourtant que prenant l'épouucnte
on délaisse à l'instant le chemin de lâlut . lequel
en ne peut commencer que par vnc estroitc Sc
fâcheuse entrée.
Bien qu'auec le temps à mesure du progrés
qu'on fait en laconuerfation ou obferuance , &
«n la foy • le cœur venant à s'ouurir & dilater
parvne douceur ineffable d'amour , l'on vienne
à courir par la voye des commandemens de
Dieu.
A ce que ne sortant iamais de son école &
perfeuerans iusqu'à la mort dans le Monastère
en fa doctrine, nous puissions auec patience
participer aux souffrances de I E s v sC H R i s T & mériter quant &
quant d'auoir parc en feu
Royaume.
V.
LA REÇLE
T
9
LA REGLE
DV B. S. BENOIT.
VE DIVERS GENRES
de Moynes, & de leur manière
de yiure.
CHAPITRE
PREMIER.
'EST vnc chose toute manifeste, qu'il se trouuc quatre sortes
de Moines. La première est des
Cœnobites , c'est à dire , Conuentuils , viuans en commua
. . fous quelque Règle ou Abbé.
La seconde est des Anachorètes ou Hermites,
qui portez à cette conuerfion , non par vnc ferueur indigerée de Nouicc , ains par l'efpreuue
d'vn long essay & probation faicte au Monastère, ont au préalable appris parle soulagement &
conduite de plusieurs à batailler contre le Diable : & bien aguerris en l'efcrime du Monastère,
peuuent aprés d'eux mefmes & fans secours ou
assistance d'autre que de Dieu , seurement entreprendre 1e duel de quelque lieu désert & solitaiA s
îo
La Règle du B. T.
te , pour là aisément, comme d'vn seul bras ou
d'vne main , batailler contre les vices & assauts
de la chair & de l'esprit , ou des mauuaises pensées. La troisième forte de Moines , mais trespernicieufe , est des Sarabaïtes & libertins , lesquels ( comme l'cxperiencc en fait foy ) n'ayans
point esté esprouuez en quelque Règle , comme est l'or dans la fournaise, ains amollis feulement à guise de plomb, & tenans encore du monde en leurs ceuures, font paroistre qu'ils se mocquent de Dieu, & luy mentent parleur tonsure,
qui deux ou trois ensemble , ou bien tous seuls
enclos dans leur propre bergerie, non dans celle
de Dieu , n'ont autre règle ny loy que l'assouuifsement de leurs appétits , veu que tout ce qui
leur plaist & qu'ils embrassent , est tenu d'eux
1,
pour bon & pour sainct , & ce qu'ils n'agréent
point , ils le reputent mauuais & illicite. La quatrième forte de Moines est de ceux qu'on appelle Gyrouagues & vagabons , qui courans toute
leur vie de Prouince en Prouince , féjournenr
pour trois ou quatre iours seulement en chaque
Monastère, tousiours muables & fans nul arrest,
sujets à leur volonté & aux plaisirs de leur bouche , & en toutes façons pires que les Sarabaïtes:
de la conuerfation misérable desquels il vaut
mieux se taire que de parler- Pour cette cause
n'en faisans plus de mention , commençons
( moyennant l 'aide de Dieu ) à dresser la tresasteurée manière de viure des Cœnobites ou
Çònuentucls.
ir
W doit efin ÏAbbê.
CHAP.
L
IL
'Abbc qui mérite d'auoir le gouuernement
du Monastère doit tousiours penser à ce quil
est, Sc par ses effects correspondre au nom de
Supérieur quil porte, estant réputé dans le Monastère pour Vicaire ou Lieutenant de IesusChrist, puis qu'il en porte le tiltre , selon l'Apostre qui dit : Vous auez receu l'esprit d'adoption desenfans de Dieu, lequel nous reclamons,
difans Abba, Pere Partant il faut que l'Abbé sc
"garde soigneusement d'enseigner > ordonner,
establir ou commander chose aucune qui ne
soit toute conforme aux commandemens de
Dieu : & quiì tasche de faire en sorte que ses
ordonnances & instructions , à la façon d'vn bon
leuaindela iustice diuine , soient cstendué's Sc
insinuées fructueusement és cœurs de ses disciples. En outre qu'il se mette à toute heure deuantles yeux , qu'au iour du Iugement espouucntable on esplucheraexactemét& sa doctrine,
Sc l'obeïísance de ses disciples : &' qu'il sçache
que le Pasteur fera comptable de tout le détriment, ou peu d'amendement que le pere de famille aura reconnu en ses ouailles ; voire qu'il
fera feulement aíTcuré & hors de tout péril, lors
qu'ayant mis tout foin à gouuerner son troupeau rebelle & désobéissant, 5e employé toute
diligence pour corriger Sc guérir ses mœurs deprauées.aprês s'estre iustific deuant le thrpne de
A
6
íi
La Règle du B. P.
Dieu il pourra dire en vérité auec le Prophète:
Seigneur, ie n'ay point teu ce qui estoitdevostre iustice, ieleur ay déclaré la vérité de vos paroles & vostre salutaire : mais eux n'en faisans
point de cas, ils m'ont méprisé. Et poHr lors les
brebis qui aurót esté ainsi desobeïfsátes & reuesches à fa conduite,seront en fin punies & faictes
carée de la mort mefmc qu'elles redoutent plus.
Qand dôcques quelqu'vn reçoit le tiltre & qualité d'Abbé, il doit par deux fortes de doctrine
conduire & régir ses disciples , sçauoir est leur
enseigner toutes choses bonnes &sainctesplustostd'effcct & par ceuures que de paroles : afin
qu'il ait dequoy satisfaire aux capables, leur ex«
pliquant & proposant de viue voix les comman.
démens de nostre Seigneur : & aux plus fafcheux
ou plus simples leur représentant par Ces ceuures
& actions ce qui est des diuins préceptes. Par
ainsi qu'il tasche de resmoigner par ses ceuures
que cela n'est loisible en façon quelconque,
qu'il aura enseigné estre pernicieux ou dommageable à ses disciples : de peur qu'ayant bien
prefché les autres , il ne soit trouué luy mesme
au nombre des rcprouuez, & que continuant à
pécher , Dieu ne luy die en fin . Pourquoy racontes-tu aux autres ce qui est de ma iustice &
as d'ordinaire en bouche les paroles de mon teftament,puis qn'en ce qui te touche tu as abhorré la discipline, & rcietté en arriére bien loin de
toy l'accomplissemenr de mes paroles, & voyant
vn fétu dans l'ceil de ton frère , n'as point apperceu vne poutre dans le tien propre ?
Qujl ne face point dans le Monastère acception de pêrfcnne,& n'ay me point l'vn plus que
î'autre , excepte celuy qu'il ttottucra meilleur.&
plus
sainSt Beno'ifl.
13
plus addonné aux bonnes ceuures , & à Tobeïssancc. Ec ne face point de distinction entre le
noble, & celuy qui vient de condition fcruile,
sans quelque autre raisons cause légitime ? Neantmoins s'il iuge que le droict & la raison lc
requièrent ainsi, qu 'il lc face en Tordre & rang
de qui que ce soit , autrement chacun sc tiendra
à son rang, d'autant que de quelque ordre ou
qualité que nous soyons, serfs ou libres ,• nous
subissons tous vnmesmeioug, &vne pareille
obligation de combattre sous vn mefme Seigneur. Car il n'y a point en Dieu d'acception de
personnes, & deuant luy nous sommes discernez
& distingue! des autres , entant feulement qu'il
nous trouue meilleurs qu'eux , &iplus addonnez
aux bonnes oeuurcs , ou plus humbles. Qu'il
porte donc vne pareille affection à tous , & les
tienne en toutes choses selon leur mérite
sous mefme discipline ! Car l'Abbé doit tousjours en fa conduicte fuiure Sc garder cette
forme de procédure de l'Apostre , où il dit , Repren, supplie , ou exhorte , Sc tansc : comme s'il
difoit , que méfiant par fois , selon lc temps &
l'occasion , la rigueur parmy les douceurs; il se
doit monstrer & rude maiftre 8c bénin pere :
comme il fera lors qu'il tanfera rudement les
incorrigibles, turbulens, ou volages ; & exhortera les débonnaires , patiens, & obeïíTans ,de
s'aduancer touíîours & aller de bien en mieux:
quant à ceux qui manqueront par négligence ou
par mespris , nous l'admonestons de les reprendre & corriger. Et qu'il ne dissimule point les
sautes ou péchez de ceux qui manqueront à leur
deuoir : ains s'efforce plustost de tout son pouuoir à les «craaçher & desraciner dés l'instanr
qu'ils
14
LaRegleB.P.
qu'ils CQmraenceronc à paroistre se íbuuenant
du péril Sc cheure d'Hcly Prestre deSylo: En
telle sorte neantmoins qu'il corrige feulement
de parole pour la première & seconde fois , les
plus dociles & plus honestes esprits : mais chastie de verges ou de telle autre punition corporelle,les mefchans opiniaftrcs, superbes ou desobeïssans dés l'inílant mefme qu'ils commenceront à mal faire, sçachant bien que comme iLest
escrit : Le fol ne se corrige poinr pour des simples paroles : 8c qu'en vn autre endroit il est dit:
Chastie ton enfant de vcrges,& tu deliureras son
ame de la mort.
L'Abbédoit tousiours estre memoratif de ce
qu'il est,& du tiltre qu'on iuy donne , & tenir
pour choie asseuréc qu'on exigera d'auantagc de
celuy auquel on aura plus commis : & encore
bien peser & recognoistrc combien difficile Sc
importante est cette sienne entreprise de conduire des ames,& s'accommoder aux mœurs de plusieurs petsonnes,veu qu'il luy fautgaigner , cettuy-cy par douceur ,celuy-là par rudesse l'autre
par raisons & rem6strances,íc qu'il se doit tellement conformer & accommoder à l'humeur Sc
portée d'vn chacun , qu'il n'euitepas seulement
la perte ou déchet de son troupeau, ains qu'il ayt
mefme subjet de seresiou'ú pour l' amendement
& accroissement d'iceluy.
Sur tout qu'il se donne bien garde qu'en dissimulant ou faisant peu de cas du salut des ames
qui luy ont esté commises il en soit moins soucieux que des chose extérieures , caduques Sc
périssables , se remettant tousiours deuant les
yeux que lc deuoirde fa charge consiste àgouuemer les ames , dont mefme il doit m iour
rendre
JainiïtBenoit.
15
rendre compte.Et qu'il n'allègue point pour excuse la disete ou peu de moyens du Monastère,
ains qu'il se ressouuienne que Dieu a dit : Cherchez premièrement le Royaume de Dieu & sa
iustice , & vous receurez comme de surcroist
toutes ces choses. Et derechef, que rien ne manque à ceux qui lc craignent.
Et qu'il sçache qu'ayant entrepris le gouuernement des ames, il est obligé de sc disposer à en
rendre compte, & tenir pour chose asseurée , que
d 'autant plus grand ou petit que fera le nombre
de ses Religieux, il luy faudra rendre compte au
iour du Iugement d'autant d'ames.ourre la sienne propre. Et pat ainsi craignant tousiours h perquisition que le Pasteur fera quelque iour de son
troupeau : comme il se monstre exact à bien
dresser les comptes d'autruy,qu'il mette aussi peL
ne à bien dresser les siens : Sc à mesure qu'il rafche par ses remonstrances de corriger autruy , il
vienne à s'amender luy- mefme de ses propres
Yices.
HE LA MANIERE D' Affilier Us frères au Conseil.
CHAPITRE
III.
T
Outes St quantesfois qu'il se présentera
au Monastère des affaires de grande importance , l'Ahbé assemblera tout le ' onuent , Sc
proposera luy mefme ce qui est à faire:& entendant sur celaladuis des frères, il y pensera meurement à part soy, & fera par aprés ce qu'il iugeia plus expédient. Orlacauscpour laquelle nous
voulons
16
La Règle du B. P.
que tous les stères soient appeliez au Conseil,
est pour autant que Dieu reuelc souuentefois au
plus ieune ce qui est plus vtile & profitable:
neantmoins que les frères donnent leur avis
auec telle foubmiísion & humilité , qu'ils ne
viennent point à contester ou débatte opiniastrement ce qui leur semble ; ains laissent le tout
à la disposition & iugement de l' Abbé , en telle
forte que ce qu'il aura iugé plus expédient soit
tenu pour tel , & fuiuy de toute la communauté.
Qu'il aduise cependant de son costé , que comme il est conuenable aux Disciples d'obeïr à
leur Maistrc, il est pareillemenr raisonnable qu'il
dispose toutes choses auec prudence & équité.
Partant qu'vn chacun suiue en tout point la Règle comme sa guide & maistressc , & pas vn ne
s'en fouruoye Témérairement. Nul n'ensuiue ses
propres désirs & affections dans le Monastère ,ny
pour tel qu'il soit ne présume contester opiniastremét contre son Abbé tant dedans que dehors
leMonastere.Et si quelqu'vn présume de ce faire
qu'il soit soubmis à la discipline régulière: l'Abbé neantmoins s'y doit en tout comporter selon
la crainte de Dieu & l'ubseruance de la Règle,
sçachant que sans point de doute il rendra vn
iour compte à Dieu , qui est luge tres-juste , de
tous ses iugemens & ordonnances. Quant aux
autres affaires de moindre importance qui concernent l'vtilitc ou profit du Monastère , il se
seruira seulement du Conseil des anciens , fuiuant ce qui estescrit : Fais routes choses auec
conseil , & tu ne t'en repentiras point à l'ad-
uenir.
Z>£S
faìnfô Benoit.
DES
17
INSTRFMENTS
des bennes œftwes.
CHAP .
I V«
L
E premier instrument est qu'auant toutes
choses l'on aymc Dieu de tout son cœur,dc
toute son ame,& de toutes ses forces.
i. Par âpres le prochain comme soy-mcCne.
3. Ne tuer personne.
j. 'Ne point dérober.
6.
Ne conuoiter.
7. Ny porter saur tesmoignage.
8.
Honorer vn chacun.
Ne faire à autruy ec qu'on ne voudroit pas
csttc faict à foy mefme.
10. Sc renoncer soy-mesme pour suiurc lesusChrist
11. Chastier son corps.
ii. Fuyr les délices.
1 3. Se plaire à jeufner.
1 4. Recréer les paumes,
ij. Vestir les nuds.
I S. Visiter les malades.
1 7. Enscuclir les morts.
18. Secourir les affligez.
19. Consoler les désolez.'
ao. S'éloigner des mœurs» & façons de faire
du monde.
% t . Ne préférer rien à l'amour de Icsus -Christ.
II
N'effectuer point fa cholere.
9.
13. Nc
18
La Règle du B. P.
13.
Ne chercher point le temps de se venger.
2 (.. Ne point retenir de fraude en son cœur,
ij. Ne point donner vne paix fausse ou simulée,
ló. Se maintenir en chariré.
a?. -Ne iurcr point du tout , de peur qu'on ne
se parjure.
z8. Dire la vérité du cœur & de la bouche.
Z9.
Ne rendie pomt mal pour mal.
3,0. Ne faire tort à personne, & potter patiemment celuy qu'on aura receu.
jx. Aymer ses eunemis.
31 Ne maudire point ceux qui nous maudifsent ,ains plustost leur donner bénédiction.
33. Endurer patiemment pour lc bien de la
Iustice.
34. N 'estre point superbe.
3 y. Ny addonué au vin.
36. Ny grand mangeur.
37- Ny cndormy.
38. Ny paresseux.
39. Ny murmurateur.
40* Ny mesdisant.
41. Mettre route son espérance en Dieu.
41. Attribuer à Dieu le bien qu'on reconnoist
en soy.
4?. Mais y reconnoissant du mal , estimer
qu'il vient de foy , & se l'imputer44. Appréhender le iour du Tugement.
4y. A uoir frayeur de l'Enfer.
49. Désirer la vie eternelle de toute l'affection
de son a me
47. Penser tous les iours à la mort.
48 Veiller continuellement fur les actions
de fa vie.
49. Croire
♦
faintâ Beno 'ifl.
19
4j, Croire pour touc certain qu'on est regarde
de Dieu quelque part qu'on soit.
50. Rejetter incontinent en se retournant vers
nostre Seigneur, toutes les pensées mauuaises
qui iieuis furuiennent. Et lss découurir à son
pere spirituel.
fl. Contenu sa langue de tous propos mauuais & peruers.
51. Ne se plaire point à beaucoup parler.
53. N'aymer point à proférer des paroles vaines, ou émouuantes à rire.
j4. N'aymer point le rire démesuré & éclatant.
fj. Escoutcr volontiers la lecture des choses
sainctes.
f S. Vaquer fouuent à l'Oraison.
f 7- Confesser à Dieu ses péchez chaque iour
en ses prières auec larmes fiegemissemens, &
auec vn ferme propos de s'en corriger
cy-apres.
j8. N'accomplir point les désirs de la chair.
j9. Hayr fa propre volonté.
60. Obeïr en toutes choses aux eommandemens de l'Abbé . quand bien il feroit autrement luy mefme ( ce qu'à Dieu ne plaise J se
ressouuenant en tel cas de ce précepte de nostre Seigneur : Faictes ce qu'ils vous disent;
mais gardez vous bien de faite ce qu'ils font.
61. Ne vouloir point estre réputé fainct auant
qu'on le soit , ains tafeher plustost de l'estre
afin qu'on lc ctoye & dise auec plus de vérité.
6z. Accomplir tous les iours en ses actions les
commandemens de Dieu.
65- Aymer la chasteté64. Ne haïr personne.
(*$• N'estre point jaloux , ny enuieux.
66. N'ay
fc
La Règle du B. P.
2.0
66. N'aymer point à contester.
67. Fuyr la vanterie,& présomption.
68. Honorer les anciens,
69. Chérir en nostre Seigneur les inférieurs ou
plus icunes que soy.
i70. l'rier Dieu pouv ses ennemis.
71. Se réconcilier auce son aducrsaire auant
que le Soleil se couche.
71. Et ne se défier iamais de la miséricorde de
Dieu.
f. Voila quels font les instrumens de l'att
spirituel, lesquels ayant nuict & iour soigneusement manié,gardé 8c accomply, puis remis entre
les mains de celuy qui nous les auoit conférez,
auiourdu lugement nous receurons la recompense que nostre Seigneur a promise , laquelle
œil n'a onques veuë, ny oreille ouye , ny coeur
d'homme pû conceuoir . laquelle Dieu a préparée pour ceux qui l'ayment. Et la boutique ou
lieu propre à les practiquer , sont les Cloistres
des Monasteres,& stabilité en la Congrégation.
DE L'OBETSSANCE,
C H A t.
V.
'Obéissance fans delay est îc premier degré d'humilité ? Elle conuient à ceux-là
qui n'estimans pour eux rien de si cher ou précieux que Iesus-Christ, tant à cause du sainct
seruice qu'ils luy ont voué > que pour la crainte
qu'ils ont du íupplice i ou pour l'esperance de la
tic etetnelle , dés aussi tost qu'ils entendent le
comman
L
fàinfô Benoìjì.
2.1
commandement de leur Ancien ne retardent non
plus à l'cxecutcr que si Dieu mefmc leur commandoit; desquels parlant nostre Seigneur dit:
En prestant l 'oreillc il m'a obey. Et ailleurs il
dit aux Docteurs, Qui vous obéît, m'obeïtJ-Tellcs personnes doneques quittant auflì tost ce qui
leur appartient , renonçant à leurs propres volonteZy & laissant incontinent ce qu'elles auoiet
cn main pour faire jaçoit qu'imparfaict , d vn
pied agi|c & prompt à l'obeïssance courent si
tost faire ce qu'on leut commande, qu'il semble
( pour la grande vitesse & agilité causée en eux
par la crainte de Dieu ) qu'à v a moment la chose ait esté commandée par le maistrc,& effectucc
par le disciple.
f Voire communément Texperience fait voir
tous les deux encore plustost expédiez en ccur
qui brufians d'amour & d'affection qu'ils ont
d'aller au Ciel , entreprennent courageusement
a ces fins la voye estroicte : puis qu'au dire de
nostre Seigneur, le chemin est estioit qui meine
à la vie. ) C'est pourquoy ne viuans plus à leur
guise , & n'effectuans plus leurs plaisirs & souhaits, ains seconformans à la volonté & conduitte d'autruy, fc désirent soubmettre au commandement d'vn Abbé dans les Monastères.
Telles personnes de vray enfuiuent ce dire de
nostre Seigneur : le fuis venu faire la volonté
de eeluy qui m'a enuoyé , & non la mienne
propre.
f Mais cette obéissance fera pour lors agréable a Dieu , & plaisante aux hommes , qu'on effectuera le commandement qui fera fait fans
nulle crainte ou delay , lafeheté, murmure , réplique, contredit, ou refus : par ecque robcïffance
2-1
La "Règle du B. P.
sancc qu'on rend aux Supérieurs, se réfère à Dieu,
puis qu'il dit luymefme; Qui vous obut , m'obcït Etdcplusil faut qu'en bons Disciples ils
la rendent de bon cœur , d'autant que Dieu
chérit celuy qui donne gayement:car s'ils obéissent à regret, & laschent leur langue , voire 1ccœur seulement au murmure, iaçoit qu'ils accomplissent le commandement , Dieu n'en demeurera pas pourtant fatisfaict : & tant s'en faut
qu'on obtienne pour cela de Dieu qnelque grâce
ou recompense, que mesme l'on en encaurrala
peine des murmuraceurs,si on n'y fatiifaiíaict ou
s'en corrige.
DF
SILENCE.
CHAP.
F
VI.
Aifons ce que dit^é" Prophète-, : l'ay résolu
il'obferuer mes voycs, de peur d'ofFencer par
la langue : l'ay mis vn frein en ma bouche , ife
fuis deuenu mué't , humilié , & me fuis abstenu
des bons propos. Où le Prophète nous monstre
que s'il est quelquefois expédient de se taire
mesme des bons propos pour le seul respect du
silence, à plus fortexaifon se doit oaïdistenir des
naauuaises paroles pour crainte drla peine qui
estdeuëau péché. Pour cette cause ayant égard
à la grauité & retenue" que le lìlence rçgijpert,
l 'on donnera rarement licence de parlés aux
Disciples , quoy que parfaits: quand bien mesme leur deuis & conférence ne deu; oit estre que
de propos boni > saincts Si pleins d'édification.
^ Car
fainfô Benoifi.
z3
Car l 'Efcritutc saiucte nous témoigne , qu'en 1 a
multitude de paroles^l'on n'éuitera point le péché. Et derechef ; Que de la langue dependen t
la mort & la vie. Aussi bien c 'est à faite au Maistre de parler & enseigner : & au Disciple . de fc
taire & efeouter. Par ainsi s'il leur faut requérir
le Superiem de quelque chose , ils la luy demanderont aucc vn respect plein d'humilité Sc de
soumission, prenantgarde de ne parler plus qu'il
n'est de besoin. Quant est des plaisanteries , paroles oiseuses , & efmouuantes à rire ; nous les
condamnons fous la clef d'vn perpétuel silence
en quelque lieu que ce soit, & ne permettons
point anx Religieux d'ouutirla bouche à faire,
ou tenir de semblables discours.
DE
L' HV MILITÉ .
CHAP.
VIL
Es Frères , l'Efcriture faincte s'écrie vers
nous , disant : Quiconque s éleue , fera
humilié i & ecluy qui s humilie, fera exalté.
Nous voulant pat là donner à entendre que toute élation est vnp efpece de fupeibc,dont s'estoit
donné garde le Prophète, di'ánt : S igneur, mon
cceu^iic s'est point ellcué par orgueil, ny mes
yeùxparfiertéouélation --ie n'ay pas aussi marché à la grandeur «y en magnificence qui excedast ma portée : Et ce pom autant que si au lien
d auoir vn bas tessentiment de moy -mesme , ie
me.fuíse estimé plus que ie ne deuois, vous vous
fassiez comporte ennion endroict ainsi que fait
M
I
2,
4
Règle du B. P.
lamercvers son enfant qu'elle féurc , retiré de
la mammelle. Si donques ( mes Frères ) nous
délirons attaindrc au sommet d'vne fouueraine
humilité , & bien tost paruenir au faistc de la ,
grandeur céleste, où l'on ne monte que par l'hu,
milité de la vie présente» il faut que par vn con- j
tinuel accroissement de bonnes & fainctes '
actions nous dressions vers le Ciel cette cfchel.
le , qui apparut à Iacob en son sommeil , sur la.
quelle il veid les Anges qui defeendoient & '
montoient.Où fans doute la descente & montée
ne nous figuroit autre chose , sinon qu'on descend lors qu'on s'eíleuc , & qu'on monte lots
qu'on s'abaisse & humilie. Et ceste mesme es- 1
chelleestoit encore dressée, pour nous signifier
que la vie prcfente,dont elle estoit la figure ,.est !
par nostre Seigneur dresséeTers le Ciel , en ceux j
qui ont leur coeur humilié : Et les costez de cestc
cfchelle font nostre corps & nostre ame > ausquels Dieu a marqué plusieurs degrez d'humilié
té ou obíetuance qu'il nous faut monter pouc
suiurela diuinc vocation.
<T Doncques le premier degré d'humilité .est
qu'ayant tousiours la crainte de Dieu deuant les j
yeux, l'on fuye du tout l'oubliancc , & feressou- '
uieunc tousiours des choses que Dieu a commandées : en quelle sotte ceux qui ne tiennent
compte de luy .encourent les peines d 'Enfcrpour
punition de leurs offen <es:& ruminant tousiours i
en son esprit la vie eternelle , quil à preparce à í
ceux qui craiguentDieu : & se gardant à toutes
Jieurcs d: s vices & péchez de la pensée , de la
langue ,des yeux, desmains,des pieds, cu de la
■volonté propre ; qu'il s'estudie encore diligemdent à réprimer Si retrancher de bon-heure les
fcùnÊ Benoist.
ij
pspctìts ou mouuemcns de la chair.
; L'homme se doit tousiours persuader que
Dieu le regarde à toute heurc,& qu'en quelque
lieu que ce soit, ses yeux diuins voyent nos eeuores à découuert , dont mesme les Anges luy cn
jfonyapport à toute heure. Ainsi le nous apprend le Prophète, quand il nous aduertit de la
présence de Dieu cn nos plus scerettes pensées,
par ces termes : Dieu va sondant les cœurs fie
jes reins. Et derechef ; Le Seigneur tonnoist
les pensées des hommes , & seait combien elles
font vaines. En aptes il dit : Vous auez ( ô mon
Dieu ) reconnu de plus loin mes desseins Sc cogitations, &ie fçay que la pensée-de l'homme se
roonshera & manifestera à vous. Pourdoncquc*
soigneusement prendre garde à ces mauuaiscs
pensées,l'humble Religieux doit tousiours auoir
*en l'efprir ce dire du Prophète ; Lors jc feras
pur & net deuant mon Dieu, quand ie me donneray garde de mon iniquité. J Quant à la
propre volonté , l'Efcriture sainctenous deffeni
de l'accomplir quand elle nous dit : Laisse tes
propres désirs & volontez, & leur tourne le dos.
C'est aussi la prière iournaliere que nous faisons
à Dieu, le priant que fa volonté s'accomjplisse ea nous. Et ce «'-est pas fans iuste fuípet que nous sommes aduertis de ne poi^t cf|ecruer nos volontez , veu que par ce moyen
jous éuitons le danger, f Donc l'Efcriture
fainctc dit qu'il y * des voyes qui semblent estre
|roictes aux yeux des hommes , desquelles
feantmoins iafin aboutit au fonds d'Enfer : St
ue
S pareillement nous nous donnions garde de
de ce qui c st eferit des negligens ; Ils font coríompus & tleuenus abominables en kurs voJupB
z6
La Règle du B. P.
tcî. f Quant aux désirs ou appétits de
chair ,il Beus faut imaginer Dieu présent, comme faifoit le Prophète , qui parle ainsi à nostre
Seigneur : Tous mes désirs font à découuert douant TOUS . Et puis qnc la mort nous guette ì
l 'entrée du plaisir, il nous faut contregarder des
mauuais désirs fuiuant le commandement qui
nous en est fait en l'Efcriture faincte par ses termes ; Ne su y point tes conuoitifes.
^ Si doneques il est ainsi que Dieu tient ses
yeux fichez fur les bons & fur les mauuais , &
que du haut Ciel le Seigneur veille continuelle- j
ment fur les enfans des hommes pour voir s'il I
s'en trouuera qu'elqu'vn qui reconnoifle ou f
cherche Dieu , & qu'en outre les Anges qui ont f
charge de nous , font de iour & de nuictvn fi-|
âeíle rapport de nos ceuures à nostre Dieu &
Seigneur } il nous faut toufíouis prendre garde,
comme dit le Prophète cn ses Pfeaumes , qu«
Dieu ne nous voyc à quelque heure décheuz du
bien au mal, & rendus inutiles : & qu'apreí
nous auoîr esté beaucoup indulgent durant k
teinçs de cette vie , que par fa grande bonté &
miséricorde, il nous octroyé pour nous donne:
loisir de notu conuertir&deucnir meilleurs , il|
ne nous die vn ioúr , Tu as fait ces choses. , & i«
ji'ay dit mot.
f Le second degré d'humilité , est, que If
Religieux aliéné de sa volonté propre n'aymt,
point d'accomplir ses désirs : ains tafche -.d 'en«|
íuiure & mettre en efFect ce dire de nostre Sti-I
gneur , Ie ne'fuis'pas venu faire ma volonté;^"'!
la volonté de ecluy qui m'aensoyé. Outre quer
1 Efcritureditquela volonté porte la peine, S|
la nécessité remporte & obtient la couronne.
JainSi Bsno'íjî
2.7
1
Lc troisième degré d'humilité , est que
pour l'amour de Dieu on se sousmette entièrement à son ancien, & luy obéisse en tcut & par
tout , à limitation de nostre Seigneur , duquel
l'Apostrc dit: Qu'il a esté obéissant iusques à
la mort.
5" Lc quatrième degré d'humilité est que
rendant l'obcïssance en choses mesmes difficiles
& répugnantes,Toire nonobstant toutes les iniures qn on sçauroit dire , d'yn cœur tousiours
calme & serein , on prenne patience, fans iamais
se lasser , désister , ou petdre courage, veu que
l'Efcriture faincte dit, Que celuy qui perseuercra iusqu'à la fin fera fauué : & en vn autre
endroit > Fortifie ton cœur & attéds le Seigneur.
Puis monstrant comme le fidclle & vray Chrcstien doir endurer & soustenir lc poids de toutes choses contraires , il dit en la personne de
ccui qui souffrent : Pour l'amour de vous nous
sommes tous les iours mortifiez , & estimez
semblables aux brebis qu'on mene à la boucherie. De là vient qu'asseurez par l'êfperance qu'ils
ont de la recompense diuinc , ils pourfuiuenc
s'esiouissans , & difans : Mais nous surmontons
toutes ces choses pour l'amour de celuy qui
nous a aymez Derechef l'Efcriture faincte die
ailleurs. Vous nous auez efprouuez,ô Seigneur,
vous nous auez efpurez par le feu , ainíì qu'or»
efpurc & raffine l'argent , vous nous auez conduits aux liens , & chargé de tribulations. Ec
pour monstrer que nous deuons estíc fous va
mperieur.elle adiouste & dit : Vous auez estably des hommes pour nous conduire. Et d'abondant accomplissans en patience le commandement de nostre Seigneur , és aduersicez &
B z
f
2,8
La Règle du B. P.
iniures qui se présentent : frappez à vne iouë,
prcstent encore l'autre : dépoiiillcz de lcurrobbe , laschcnt encore le manteau : gagez seulement pour vne lieuë cn font bien deux : sou -jj
stiennent auec sainctPaul les faux frères , & Ici
persécutions , & bénissent ceux qui les mau-*
dissent.
f s- degré d'humilité, est, ne point celer à son
Abbé les mauuaifes pensées qui furuiennentà
l'cfprit , & descouurir par humble confession
le» maux qu'on a commis cn cachette íêlon qut
r.ous en exhorte l'Efcriture faincte , disant : Rcuelcz au Seigneur vostre voyc, & espérez cn
iceluy. Et derechef; Confessez- vous au Seigneur d'autant qu'il. est bon, & patec que fa miséricorde n'est point finie ou bornée. A quoy lc
Prophète adiouste encore ; lc vous ay fait con- t
noistre ma faute , & n'ay point caché ny teul
mon iniusticc : i'ay résolu & dit m moy-mes-:
me ; Ie confesseray au Seigneur mon iniustice
contre moy-mesme:& vous m'auez pardonné ió
remis l' offense de mon ame.
f Le 6. degré d'humilité , est , qae le Rcli-y
gieux se contente de toute vilité & extrémité, &f
se repute indigne d'estre employé cn toutes les;
choses qui luy seront eniointes , disant auec lel
Prophète : l'ay esté réduit à néant , bien que ier
ne I 'ayc pas aperceu : i'ay esté fait en vostre cn -sí
droict comme vne beste, & ay tousiours demeuré auec vous.
J" Le 7. degré d'humilité est que le Religieuil
ne fï die pas feulement de bouche le p!us vil &f
le- pire de tous , ains le croye du fonds du r te
s'hum'liant & disant au/-c le Prophète : Qpni|
à moy ie suis vn petit vermisseau de ttrre,& roi;
faìnSî Benoifi.
ig
pas vn homme , l'opprobrc des hommes & le
rebut du peuple : d'exalté que i'cstois ie fuis dcuenu humilié & confus. Derechef; Ie me fuis
bien trouué de ce que vous m'auez humilié,afiu
|& les jf que i'apptennc vos commandemens.
'J" Le 8. degré d'humilité est que le Religieux
se conforme en tout ce qu'il fait à la règle commune du Monastère, ou enfuiuc lc bon exemple de ceux qui le deuancent.
.,-if Le 9. degré d humilité est que les Religieux empefche fa langue déparier: & gardant
ltsilence ne die motiufquà tant qu'il soit interrogé, d autant que l'Efcriture témoigne , Qu'en
parlant beaucoup, on n'euitera point le péché;
& que l'homme l'anguard fera en terre fans
point de conduite.
f Le ic, degré d'humilité est que le Religieux ne soit point trop facile & prompt à rire,
d'aurant qu'il est écrit que le fol efleue fa voix
en rianr.
f Le n. degré d'humilité est que quand îe
Rclig'eux parle , que ce soit doucement & fans
rire.hnmblement , & auec grauité , en peu de
mots & bien fenfez , & ne soit criart ou acariastre , car il est écrit , que í 'homme sage est reconnu tel 3c peu de paroles,
f Lc ii degré d'humilité est que lc Religieux ne soit pas feulement humble en son
cœar , ains fasse encore extérieurement paroistreTon humilité à ceux qui le voyent, c 'est à diigieui re qu'estant au trauail , à l'Egìife.au Conuent,
vil R an ' ar<lin, au chemin , aux champs ou en quelcceur, 1 a e autre lieu que ce soit, assis, marchant,ou deait tousiours ía teste baissée, & les yçux
Qpn: £ ou
& non fehez e« teirc , fe représentant tonsiotsis coul-
I
p.r
«
B
Î
3©
La Règle du B. P.
pable pour ses péchez i pense deuoir estre bientost représenté au Iugement épouuentablc de
nostre Dieu : qu 'il die tousiours à part soy en :
íbn cœur ce que le Publicain de l'Euangile í
disoit les yeux fichez cn terre ; Seigneur , ie ne I
fuis pas digne, misérable pécheur que ie suis .d'éleuer mes yeux au Ciel : Et encore auec le Prophète , I'ay esté courbé & humilié de toutes :
parts.
^" Le, Moine doneques ayant monté tous ces
degrez, il paruiendra incontinent à cette charité
& parfait amonr de Dieu , qui chaise hors toute
crainte : au moyen duquel il commencera degarder fans peine , ( & comme aydé par vne autre nature qu 'il s est fait par accoustumancc )
routes ces chofís qu 'il gardoit auparauantauec
crainte: non plus de peur qu 'il ait d'estre dam-;
fié,ains pour l'amour dcÍESvs -CHRisT,&;
à cause de la bonne accoustumancc, 8c du plaisir
qu 'il prend aux vertus que l'Esprit de Dieu fera^
paroistre cn son seruiteur , qui sera deuenu pur
St net & de tous vices.
DV DIVIN OFFICE POFR
les henres de la nwíl.
CHAT.
A
VIII.
s
V temps d'Hyuer, c'est à dire , depuis !:
premier iour de Nou-mbrc , iufques à Pafqu'-s toutes choses estans raisonnablement confiderérs , il se faut leuer à la huictiéme heure àíla nuict, à celle fin qu'on repose Vn peu plus qu<
fainSì Benoifi .
31
de la minuict , & que la digestion soit ja faite
áuant qu'on se lene. Pour lej temps qui reste
^pres les Matines , les Frcrts qui en onc besoin
l'employeront à méditer quelque chose de leur
psautier , ou bien de leurs leçons & lectures.
Mais depuis Pafques iufques au susdit premier
de Nouembre, l'on disposera l'heure de Matines
de telle forte, qu'âpres vn bien petit interuale de
temps, qui fera donné aux Religieux pour les
nécessitez de nature , incontinent âpres les Laudes soient dites , lesquelles doiuent estre chantées au poinct du iour.
CO MBIENT IL F A FT DIRE
de ?femmes à Matines.
C H A F.
E
IX.
N temps d'Hyuer âpres auoirdit Ie Verset,
Oeus in ndiutorium meum intende, Domine
md adiuuandnm me festin» ; on dira par trois fois
cét autre. Domine Ubia me» aperies ,
os meum
WannuncUbit laudcm tuam ; qui fera suiuy du
«troisième Pscaume auec QUria, ; Apres ensuiura
ie 94. Pseaume qu'on dira auec Antienne , on
ifpien on le chantera: puis on dira l'Hymnc Sc
ffix.Pseaumcs 5 auec des antiennes : Cela fait, 5c
|lé Verset dit , l'Abbé donnera la bénédiction.
ïPuis tons estans assis en leurs sièges , les frères
liront alternatiuement trois Leçons dans lc livre furie pulpitre, entre lesquelles on chantera
^trois Respons,defquels les deux feront dits fans
Gloria ; Mais au troisième celuy qui aura chanB 4
I.
32,
La Règle du B. P.
té la troisième Leçon adiousterale Gloria, lequel
quand le Chantre commancera, ils fc leueront
tous promptement de leurs sièges en l'honneur
& rcuerence de la faincte Trinité. Or les liures
qu'on lira à Matines seront de l'Efcriture faincte, du vieil ou nouaeau Tcstament,comme aullì
áe l'exposition d'icelle qui aura esté faicte par
des fameux & célèbres Docteurs, & par les Pères
Orthodoxes & Catholiques. Apres ces trois Leçons &c leurs Respons ensuiuront les autres six
Pseaumes qui doiuent estre chantez auec Aileluya, De là on viendra au Capitule de l'Apostre
qui doit estre dit par cœur, Puis au Verset & aux
Treces des Litanies, c'est à dire, au Kyrie eleison:
& ainsi finiront les Matines.
COMMENT ON DOIT DIRE
Matines en temps d'Esté.
CHAP .
X.
D
ïïpuîs Pafquesliufqu'au premier iotir de
Mouembrc , on gardera toute la mesme
psalmodie que nous auons assignée cy-dessus,
hors-mis que pour cause de la brieueté des nuicts
on ne lira point les Leçons dans le Liure : ains
au lieu des trois Leçons on cn dira pat cceur vne
Ae l'ancicn Testament , qui fera suiuie d'vn bries
Respons. Pour le reste, íl sera gardé comme il a
ja esté dit cy deuant , sçauoir est qu'à Matines
ou ne diraiamais moins de douze Pseaumes ou«re ks troisième, & nonante-quatriéme.
CO M.
sa 'mSí Benoit.
33
COMME NT IL F AFT DIRE ,
Matines ès iours de Dimanche.
CHAP.
XI.
L
E Dimanche on se leuera de meilleure heure pour aller à Matines, ausquelles on tiendra la mesme règle,c'est à dire, que comme nous
auons dit, ayant chanté six Pseaumes Sc le Verset, tous estans par ordre dcue'ment aísis en leurs
sièges, on lira dans les liures quatre Leçons auec
leurs Respons, ainsi qu'il a esté dit, & feulement
au quatrié ne celuy qui chantera dira 'Je Cleri»,
lequel venant à commencer,ils'se leueront tous
incontinent auec reuerence Aprés ces Leçons, on
dira pat ordre six autres Pseaumes , & leurs Antiennes, comme ésprecedens , 8c le Verset , puis
ou lira derechef quatre Leçons, Sc leus Respons,
ainsi que dessus. En âpres on dira trois Cantiques des Prophètes , tels qu'il plaira à l'Abbé
d'assig«er- lesquels feront chantez auec Allc~
fay* , puis le Verset estant dit, l'Abbé ayant donné la bénédiction , on lira quatre autres Leçons,
íirées du nouueau Testament, de mesme façon
que les précédentes , Sc aprés le quatrième Respons, l'Abbé commencera l'Hymme, Te Deum
Wudamus , à la fin duquel tous estans 'debout,
l'Abbé lira auec honneur , crainte & reuerence,
Ja Leçon del'Euangile laquelle estan f finie,toris
ïe ^jondront Amen, Si l'Abbé poursuiuant , dira
i'Hymne , Te decet laus. Puis la bénédiction
«stant donnée , l'on commencera Laudes. Le
B
S
La Règle du B. P.
54
susdit ordre de diie Matines seia gardé de mesme
façon en tout temps , tant d'Hyucr que d'Esté,
n'estoit que d'aduenturc ( ce qu'à Dieu ne
plaise ) on sc leuast trop tard : car en ce cas il
faudi oit retrancher quelque chose des Leçons,ou
bien des Respons: àquoy toutesfois on donnera tellement ordre qu'il a'aduienne point : si
nonobstant il ne laisse pjs d'aniucr , cciuy là en
fera à Dieu la satisfaction congrue' cn l'Oratoirc
qui cn aura esté la cause par fa négligence.
COMMENT IL F A^T DIRE
■les Landes du Dimanche.
CHAP.
XII.
-,
Vx Laudes du Dimanche. premicreitsent oa
Â
lira faus Antienne, & tout droict le Pseau me loixantesixiéme, aprés lequel^on dira lc cinquantième auec Allel:iia, puis suiura le septante
septième, Scsoixante-dcuxiéme, En après le Cantique Benedicite , & lc Pfcaume Lnudette ; vn
Chapitre de l'Apocalypfe , qu'on doit dire par
cœur, le Respons l 'Hymneje Vcisetij.le BeneW/c?«j ) la.Litanie ) & on finira là.
C-0 M MENT 1 L ;F A^T DIRE
des Landes és.ionr<s râe Ferie.
Q
,7 antaœt ioursde "Fcrie , .on dira l'OfKcc
ies Laudes en telle forte que lc Pfcaume
ÍOìt^ate sixième soir dit fans Antienne vn peu
JKUC
saìntíBenoìfi.
$f
bellement comme au Dimanche , à celle fin que
tous soient arriuez au Pfeaume cinquantième,
qu'on dira aucc vne Antienne. En aprés on dira
les deux autres Pseaumes à l'ordinairc , qui font,
.pour le Lundy , le cinquième : pour le Mardy,
les quarantedeuxicme & trente-cinquiéme:pour
le Mercrcdy, les soixante-troisiéme Scíoixantequatriéme : pour le Ieudy,les octante- septième,
& octante- neufìéme : pour le Vcndredy, les scptante- cinquième & nonante vniémeipoui le Samedy,lc cent quarante-deuxiémc,& le Cantique
du Deatoronome , qu'on partira en deux y disant par deux sois le Gloria, pour les autres iours
on prendra vn Cantique tiré des Prophètes,
•qu'on dira au iour preíìx , selon l'vsagc & coustume de l,Eg!ise Romaine: en aprésondira par
<ceur vn Capitule de l'Aposfre , le Respons,
l'Hymne, k Verset, lc Cantique de l'Euangile,
BenedìStus Domwtés,&c. la Litauie,& on fera la
fin. Sur tout qu'on se donne bien garde de iaraais
•passer Laudes ny Vefpres que ecluy qui préside
n'ait à la fin d'icelles dit tout haut l'Oraison
Dominicale, en sorte que tous l'entendent j à
cause des noises, piques >& scandales qui ont aceoustumé de s'èleuer au Monastère , à ce que
.conuaincus de la promesse qu'ils font à Dieu en
cette prière, luy disant, Pardonnez -nous nos offenses , ainsi que nous pardonnons à ceux qui
nous ont ofFensé.ils se purgent de ce 'vice : mais
four les autres heures , il suffira de dire tout
haut la derniere partie seulement , à celle fin
que tous ensemble respondent ; Sed libéra nos à
znalo,
3
$
La Règle da B. P.
$6
EN
QJs
ELLE MANIERE
on doit dire les Matines des
tours de Feste.
CHAP.
XIV.
P
Our les jours de Fcste des Saincts , & cous
autres solcmnels , on fera tout de mefme
cjuencyis auons cy dessus ordonné du iour de
Di naiiche.cxcepté qu'on dira les Pscaumes,Anîiennes & Leçons qui conuiendront audit iour:
mais pour lereíte , ou fuiura Tordre Sc difpoli; Ion susdite.
A
Q_y EL TEMPS
doit dire Alleluya.
CHAP.
ON
XV.
D
Epuis le sainct iour de Pasques , iusqu'à la
Pentecoíte , on dira tousiouis Mteluya,
tant és íJ seaumes qu'és Rcspons : Depuis la Pentecosteiusqu'au commencement du Caresme.on
le dira seulement toutes les nuicts aux six
Pseaurnesáu second Nocturne. Et tous les iours
Dim inche hors le Carefme on dira l' Slletuy*
és Cantiques . Laudes . Prime , Tierce . Sexte Sc
None : mais Jes Vefpres feront tousiours^ dites
auec antiennes. Quant aux Refpons on n'y di«ra iamaîs .^/«ya, sinon que depuis Pasques iuf-
qa'à laPeatceostc.
GO M
fa'mSi Benoist.
37
COMMENT LES HEV RES
du iour doiuent ejlre dites.
CHAP.
XVI.
EIon que dit le Prophète ; l'ay chanté vos
louanges sept fois le iour, lequel fainct Sc
sacre nombre de sept sera par noas accomply si
nous faisons l'Office, & nous acquittons de nostie scruice au remps des Laudes, de Prime, Tieree, Sexte, None, Vefpres, & Complies, parce que
c'est de ces heures du iour que paile le Prophète
quand il dit :Ie vous ay chante louange sept fois
le iour- Car ailleurs , parlant des heures de la
nuict, il ditluy mefme ; le me leuois à la minuict pour vous louer & rendre grâces. Par ainsi louons & remercions nostre Createut de fes
iugemens équitables en ce mefme temps , sçauoir est à Laudes , Prime , Tierce , ^exte, None,
Vefpres , & Complies , & noas leuons la nuictr
pour chanter ses louanges.
S
COMBIEN IL FAVT CHANter de ?femmes mx susdites heures.
CHAP.
x VI h
N
Ous auons cy-dessus otdonné la Psalmodie des Matines . & des Laudes : Voyons
maintcaant cc qu'U faux pour les heures fui-
pan
La Régie du B. P.
3'8
aantes. Pour Primc,dcuant l'Hymne l'on chantera immédiatement le Yeiset. O tus in adiutnriummeum intende, l'on dira trois Pseaumes séparément disant : à chacun (ficeux le Gloria , Sc
îcs trois Pseaumes finis on dira le Capitule, le Verset Kyrie eleison , & on finira Tierce, Sexte,& None , seront dires de mefme façon,
les commençant par la mefme supplication du
Versct:& y adioustant l'Hymne desdices heures,
& ttois Pseaumes , puis le Capitale, le Verset,
Kyrie eleison, Sc on ceucra.Si la Congrégation est
assez grande . on psalmodiera aucc Antiennes:
snais si elle est petite.on ira tout dretict Les Vefpres auront quatre Pseaumes aucc Antiennes,
aptes lesquels on dira le Capitule , puis vnResponsl'Hymne lc'Vcrset.lc Cantique Magnificat,
îa Litanie , l Oraisoa Dominicale, Sc on celsera.
Les Complies n'auront que trois Pseaumes
qu'on dira tout droict fans Antienne:aprés lesquels on dira l'Hymne destiné à cette heure , le
•Capitule, le Verset, Kyrit eleison, la Bénédiction.■Sc pu is on sc retirera.
D E
QVEL ORDRE SL
faut dire les Pfiaum ts.
CHAP*
P
XVIIL
Remierement aux heures du iour on dirfi
toujours leVerser,Dc*MÌ» adiuterìum mt»m
intende: Domine ad adiuttandum me fefiina:Sc le
<Siorí«,Puis l'Hymne propre de chaque heure:En
JWCS les ip.ais .de Dimanche, on dira à .Pâme
quatre
pùnSIBenoift.
39
«quatre Chapitres du Pfcaumc cent dix- huictiéme,&aux Heures luiuantes.sçauoir est, Tierce,
■Sexte & None,trois Chapitres du mefme Pseáu■me cent dix huictiéme.Pour les Primes du Lundy,on dira troisPseauHies.sçauoir est le premier
le second , le sixième : & ainsi consceutiuement
jusqu 'au Dimanche, on dira chaque iourà Prime trois Pseaumes qu'on prendra tousi<jurs de
fuite par ordre iusques au Pfeaume dix neufiéme , en telle forte neanrmoins que le Pfeaume
dixsepnésne soit diuisc en deux parties, lcsqueles on conclu' ra toutes deux par Gloria : & ce
afin que le Dimanche à Marines ou recommence tousiours.par le l 'seaume vingtième, tt pour
Tierce, Sexte, & None du Lundy,on prendra les
neuf Chapitres qui rcstr nt du Pfeaume cent dixhuictiéme , «n disant trois à chacune desdictes
heures. Et le Pfeaume cent dix-huictiéme estant
ainsi distribué pour deux iours, fçauoir est,pour
Je Dimanche &Lundy,lc Mardy ou dirai Tier-ce,Sexte,& None trois autres Pseaumes , -qu 'on
reprendra depuis le cent dix neyfiénae, iufqu 'an
cent vingt-septiéme,où il s'en trouue neuf qu'on
repetera de mérae façó tous les autres iours suiuans de la sepmjinciufqu'au '^imancheyCfquels
■mefme on gardera tousiouis semblable disposition touchant les Hymnes. Capitule, & Versets.
Ainsi faisan t, le Dimanche on reeommácera touiiours par le Psaume di* huictiefrae. Quant
aux Vesprcs,elles feront tous les iours chantées
auec quarte í J se;*umes,, ;qu 'on prendra de fuitte
depuis le cent-quarante septiefme, excepté ccur
que nous auens :ja destines* d'autres heures,
comme depuis le cent dra -'feptiefme iusques au
<GW.¥Ìn^t -scj.tieûîae > bQïrnis .auaî les cent tréte-
.siciÊcrac
4o
La Règle du B. P.
troisiefme , Sc cent quarante-deuxicsme , toutlc
reste sera dit àVcsprcs. Mais d'autant qu'il s'y
en trouue trois de manqucilfaut diuiscrles plus
longs du nombre susdit,qui font le cent trentecinquième , le cent quanrante- trois, Sc le cent
quarante quatrième , & veu la bricueté du cent
seize il sera vny & conioint auec le cent quinze.
Cet ordre des Pseaumes ainsi estably , le reste,
comme Capitules.Refpous Hymncs.Versct, &
Cantiques seront dits comme il a este marque cy
dessus. Pour complies on diratousiours les mefmes Pseaumes , sçavoir est!equatriéme,lenonante-sixiéme,& le cent troisiéme.Ayant dispose de cette sorte la psalmodie du iour.les Pseaumes qui restent seront distribuez également aux
Matmes.des sept iours de la scpma'ine, en diuisant les plus longs, afin qu'il s'en trouue douze
four chaque nuict.
Admonestant fur tout, que si paraduenturc
cet ordre Sc disposition des Pseaumes dcsplaist à
quelqu'vn.qu'il en dispose autrement s'il le iuge mieux , l'aduisant neanrmoins de tâcher Sc
taire en forte que toutes les sepmaines on dise
le Psautier entier & parfaict du nombre de cenc
cinquante Pseaumes, & que tousiours le Dimanche on le reprenne & recommence à Matines:
d'autant que les Religieux fe monstrent trop lâches en ce qui est de leur office Sc deuoir, qui le
long de la fepmaine ne disent leur Pseautier entier outre les Cantiques ordinaires & accoustumez.puis que nous lisons que nos faincts Pères
i'ont courageusement accomply chaque iour,
«que Dieu vueille qu'au moins ( lafches & refroidis que nous sommes ) nous puissions bien
ascompï» en vue fepmaine,
PE
sainiï Benoist.
DE
LA
MANIERE
Psalmodier.
CHAP.
41
DE
X I X.
N
Ous croyons que Dieu est présent par
touc > & que les yeux du Scigncut considèrent en tout lieu les bons & les mauuais.mais
signammcnt le deuons croire fans aucun doute,
quand nous assistons à l' Office diuin. Par ainsi
soyons tousiours memoratifs de ce que dit le
Prophète, Seruez le Seigneur auec crainte : Et de
rechef, Psalmodiez sagement : en âpres : Ic vous
loueray en la présence des Anges. Considérons
doncques de quelle façon il nous faut tenir en
la présence de Dieu & de ses Anges , & nous y
comportons de telle forte, que ncstrc esprit corresponde & s'accorde à nostre voix.
DE LA REVERENCE QJs'ON
d '4t porter en l'Oraisott.
C H A P.
S
X X.
'il est ainsi que voulant parler à des personnes qualifiées, & d'auctorité nous ne l'ofons
faire qu'aucc humilité, & reuerencc : à plus forte raison deuons nous prier Dieu , qui est le Seigneur de toutes choses, aucc toute humilité , &
pureté de deuotion , sçachans bien que n°«s ne
ferons
4-2-
La Reple du B. P.
ô
r
•
> i
serons pas tant exaucez pouri la quantité
de paroles , que pour la pureté de coeur & larmes de
componction. Partant l'Oraison doit estre briefue,& pure.n'cstoit paraduenture qu'elle fust pro longée par vne grâce particulière d'afFection.ou
inspiration diuine. Au conuent neantmoins on
fera touíiours l'Oraison briesuc, & le signe estant
fait pat le Supérieur . ils se leueront tous ensemble.
DES
D 'fì T E N S
tJMonaJlerc
C«AP.
S
D V
XXL
I la Congrégation est vn peu grande, on
choisira quelques vns d'entte les Frères qui
soient de bonne réputation , & de saincte vie,
qu'on establiia Doyc»j pwui -veillei- diligemment sur leurs Doyennez , en toutes choses selon les eommandemens de Dieu , & ordonnance
de leur Abbé- En l 'eflection desquels Doyens,
on doit s'estadiív à choisir ceux ausquels l'Abbé
puisse départit ses chargis , n'ayant point tant
d'eígard à l'ordre ou rang qu'ils tiennenr, qu'au
mérite de leur vie , sagesse , doctrine. Et s 'il arriue qu'aucun d'iceux enflé par adurnture de
quelque superbe, soit trouué repreh. nsibl_e : aprés
auoiresté corrige par vne, deux, ou trois fois, s'il
ne tient point décompte de s'amender , qu'il
soit deposé.fc quelque autre qui en soit digne,
soit subrogé en fa place : ce que nous voulons
pareillement cstreíaict du Prieur.
DE
faintô Benoist.
43
LA MANIERE
dormir des Religieux,
DE
CHAP.
XXII.
Hacun dormira cn son lict à part, & aura sa
couche garnie à la Monastique selon TOrdonnance & disposition de l 'Abbé. S 'il est possible ils dormiront tous en mefme lieu : Que si la
multitude ne le permet, estans diuiscz par dixaines ou vingtaincs.ils reposeront ainsi aucc leurs
Anciens qui ayent; foin & veillent fur eux. La
chandelle ardra continuellement iufqu'au matin
en ladite celle. Ils dormiront tous vestus &
Ceints de cordes ou de ceintures , & n'auront
point leurs cousteaux fur eux, lors qu'ils dormiront ; de peur que venans à resuer, ils ne fc blessent pendant le sommeil, & afin que les Moynes
soient tousiours prests,& que dés auffi-tost qu'on
viendra à sonner ils se diligeutent & courent
vistement pour se preuenir l'vn l'autre au diuin
seruice : ce qu'ils feront neanrmoins auec toute
grauité & modestie. Les ieunes Frères n'auront
point leurs licts proches l'vn de l'autre , ains feront mis prés de leurs Anciens , & se leuans
pour aller au 'diuin seruice, ils s'cfueilleronc
modestement l'vn l'autre , pour obuier aux excuses des paresseux.
C
DE
44
La Règle du B. P.
DE
L' EX CO M MFNIC Ation des coulpes.
CHAP.
XXIII.
S
'il sc trouue quelque Frère , contumace , ou
désobéissant , ou superbe > ou murmurateur,
ou contrariant à quoy que ce soit de la Règle
ou]des commandcmens de ses Anciens.en faisant
peu de cas.il fera secrètement admonesté vne ou
-deux fois par ses Anciens , sefon le précepte de
nostre Seigneurs Sc s'il nes'amende,il fera repris
publiquement deuant tous.Que si aprés tout cela il demeure incerrigible , qu'il soit excommunié , s'il entend & fçaitbien qu'elle peine c'est:
mais s'il est malicieux ou obstiné, qu'il soit puny corporellement.
QV'ELLE DO IT ESTRE LA
manière d'excommunication.
CHAP.
L
XXIV.
'Excommunication ou chastiemet sera grîd
ou petir à proportion de la faure qui aura
esté commise , à la discrétion & ingénient de
l'Abbé. Toutessois quand vn frère fera tombé
en fautes legeres , il fera seulement pri-ué de la
table commune , Or de celuy qui a ainsi esté
priuc de la table commune la condition scia
telle
fiùnSíBenoifî.
45
telle i Qu'il ne commencera point de Pfeaume
ny d'Antienne dans l'Oratoire; voire ne recitera
point de Leçon jusqu'à ce qu'il ait fait satisfaction : & prendra seul sa réfection, âpres celle des
frères à l'rieuie,& en la quátité que l'Abbé iugera estre conuenablc : comme par exemple , files
Frères prennent leurrefection à l'heure de Sexte
ce Frerc icy la prendra à l'heure de None ; si les
Frères la prennent à None.il la prendra à Vefpres
& ce iufqu'à tant que ayant fait conuenablc satisfaction de fa sauce,i 1 en ait obtenu pardon.
DES
C o V L V E S
griefues.
CHAP
XXV.
E Frère qui fera tombé en des griefues fautes
fera priué tant de la table commune que de
l'Oratoire : & nul des Frères n'aura accez ou
communication auec Iuy en rien que ce soir. 11
demeurera seul pour faire ce qui luy a esté cnioint , & persistera en larmes de pénitence, ruminant cette sentence terrible de l'Apostre,qui
dit : Tel homme estre liuré à Sathan pour la
mort du corps afin que son ame demeure sauuée
au iour du iugement. Quant à son repas , il lc
prendra seul, en telle quantité , & à l'heure que
1 Abbé iu»era plus conuenable : & ne fera salué
ou bénit de ceux qui passeront deuanr. luy , non
plus que la viande qui luy fera donnée.
L
D E
46
La Règle du B. P.
DE CETX Qjl PARLENT
auec les excommuniez fans le commandemant ou permission de l'Abbé.
CM A p.
XXVI.
I quelque Frère est si osé que d'accoster en
quelque façon que ce soit vn Frère e xcommunié.sans le congé de l'Abbé , & luy parler ou
enuoyer quelque aduertiíTemenr ; il encourra
vne semblable peine d'excommunication.
S
COMBIEN L'ABBE' DOIT
ejîre soigneux des excommuniez.
CHAPITRE
XXVII.
'Abbé doit soigneusement veiller & prendre garde à ceux qui saillent ; d'autant que
les malades feulement , & non pas ceux qui Cz
portent bien, ont affaire & besoin du Médecin.
Par ainsi il y employera toute forte de moyens,
dont il s'aduifera comme vu bon & sage Médecin , & enuoyra les anciens & plus sages Religieux pour consoler secrètement , & comme
ìous-main le Frère émeu, agité, & troublé, l'incitans à vne humble fatifaction,& le confolans .de
peur que quelque exeex de tristefle ne l'accable:
plustost selon que dit l'Apostre , La charité soit
redoublée en son endroit , & que tous prient
Dieu
L
sain St Benoifi.
47
Dieu pour luy. Gar, l'Abbé doitauoirvn grand
soin des Religieux qui faillent,& employer toute
industrie, & diligence, de peur qu'il ne vienne à
perdre aucune des ouailles qui luy ont esté commises. Car il faut qu'il fçachc qu'il a entrepris le
Isoing des esprits foibles , & non la tyrannie?, ou
'domination fut les forts > & sains : & qu'il craigne la menace du Prophète , par .lequel Dieu se
plaint & dit ,Ce que vous voyez gros & gras
iíkous lepreniez : Sc ce qui. estoit débile vous le
âreiettiez. Plustost qu'U) imite Tcxemplc du bon
IPasteur , lequel ayant laissé quatre-vingts dixfineuf brebis en la montagne, en alla requérir vne
íSqui s'estoit egarée i à l'infirmité de laquelle il
^compatit de telle forte qu'il la daigna bien mec*|trc fur ses sacrées efpaules', & de cette façon la
.frapporter au troupeau.
DE CEVX QVl APRES AVOIR
estésaunent corrigez ne s'amendent foi.
CHAP.
:cin.
ens,
edet-eliimc
lincifis.de
lable:
Í
soit
brient
! Dieu
S
XXVIII.
'il arriuc que quelque Frère ayant esté souuent repris,pour quelque faute que cc foie:
voire mefme aprés auoir esté excommunié, ne
s amende poinr pour tout cela ; qu'on le punisse
plus feuerement , en le chastiant de verges : & si
nonobstant il demeure incorrigible . ou paraduenturc ( cc qu'à Dieu ne plaise,) enflé de superbe , veut encore défendre & soustenir son meffet j en tel cas l'Abbé imitera le sage Médecin:
S il a employé les fomentations & les vnguciis
de
48
La Règle du B. P.
des cjchortations,& les medicamens des fainctes J
Escritures,& finalement la censure d'excommu- H
iiication,ou la punition des verges, s'il voit que m
par toute son industrie ii n'aduance de rien,qu'il m
employé pour iceluy cc qui est encore plus puis- 1
sant que tout cela , sçauoir est l'Oraison,tant la
sienne , que celle des Frères ; afin qu'il plaise ì
nostre Seigneur,auquel tout est possible , d'opérer le salut de ce pauure Frcrc: mais s'il n'est encore remis par ce remcde,adonc l'Abbé aura recours au rasoir pour le retrancher; selon l'aduis
de l'Apostrc , qui dit:Ostez le mal d'entte vous
autres. EtailJeurs.Sil'infidelles'en va,qu'ilfe»
aille,dc peur qu'vne brebis galeuse n'infecte tout
le troupeau.
p
SI
ON DOIT RECEVOIR
derechef les Frères qui sortent du
Monastère*
C HA P .
XXIX.
S
I quelque Frerc estant forty ou chassé du
Monastère pour quelque vice , y désire r'entrer > auant qu'estre reccu de nouueau ,il pro^
mettra vn amendement total du vice pour lequel il estoit sorty:& ainsi ìeceu .serà mis au dernier rang,afiii qu'en cela son humilité soit csprouuéc. Et lì derechef il sort qu'il soit encore
receu iusques à la troisième fois , mais dés lors
il fautqu'il fçscheque la porte ne Juy feradesormais ouueite en façon quelconque.
C O M.
samÇíBenoift.
'j;
[U
49
COMMENT ON DOIT PVNIR
/fJ t?«/<JW
.
' il
TÍà
CHAP.
ira
,
XXX.
, .
.
.
'TpOut áge,& toute capacité doit auoir sa portée,& ses conuenablcs mesures : Sc partant
toutes & quantesfois que les enfans,ou ceux qut
á 'ont pas assei de iugement poui connoistre
çjucllc peine c'est que i'cxcommunication,vien'iront -à faillir ; ils feront punis ou par ieufnes
f stroits,ou par rudes & picquantes verges , afin
qu'ils s amendent.
Ipc-
JL
Ten1 reIduis
lous
Ifea
]tout
\/R
W CELLERIER DV MON AJiere, & des quditex. qu'il doit afioir.
CHAP.
O
XXXI-
N élira pour Cellerier du Monastère qnelqu'vn de la Congrégation , qui soit sage,
fédu
bien posé, sobre , & qui n'excede point en íoa
Ir'enjjìpanger : qui ne soit point hautain ny turbulent,
^j _
py injurieux, ny tardif, ny prodigue, ains craic
tder
£ uant ^ieu, & qui fasse atout le Conucnt le
& 10sslcc de Pere > lequel aura soin de
ít esTout , & ne fera rien fans le commandement
icore
de l'Abbé. Qu'il garde & fasse ce qui luy
lors
j
^cra commandé,* n'atciste point les Prercs :
ta
iï$8f 1 e «s aduenant qu'vn Fiere luy demande quelque chofe CJLÌ ne sc doit , il ne lattii0 M
C
m UOÌC
m
SO
La Règle du B. P.
itéra point auêc meipris» ains plustost la refafera.||
aucc tonte humilité . comme n'estant- í'a de-|.
^rnande iuste ny raisonnable, Qu'il ait vn grand
foin de son ame , se remettant continuellement U.
deuant les yeux ce que dit l'Apostrc : Que celuy '
qui aura bien & deuernent seruy , méritera en la
maison de Dieu vn bon degré d'honneur. Qu'il
■ ait vn soin & diligence particulière des infirmes,
j des enfans. des hostes, & des pauurcs , fçachant
que fans point de doute il doit rendre compte
à Dieu de toutes ces choses au iour du iugemenr.
Qu'il estime & fasse estât des meubles du Monastère & de toute la cheuance d'iceluy , corn-',
nie des sacrez vases de Y Autel. Qu'il ne neglige
r:cn,& lie s'adonne point à l'auaricc , ny ne soit ■
prodigue ou dissipateur des biens du Monastère;
ains faste toutes choses auec discrétion , suìuant le commandementde f Abbé. Sur tout qu'il soití,
humble, & quand il ne peut donner.ee qu'on de-'
inonde , qu'il fasse au moins vne gracieuse rcf-|
ponsc : puis que comme il estescrit , Vne douces
parole agrée. & plaisir plus que ne fait vn grandi
don. Qu'il ait foin de tout ce que l'Abbé luyB
:
aura enjoint, & ne se mesle ou ingère point dc
ce qu'il ìuy aura deffendu. Qu'il donne aux Fie- I
KS leur porrïcfn & pitance ordinaire fans cha-Ë
grin mesoris ny Jclay , de peur qu'ainsi faisant, 'j
ÌÍ.DC les.scandalise : .fi souueuant rousiours 'de lai
peine que mérite celuy qui aura scandalisé l'ynj
des plus .petits. Si la .Congrégation est bicn|
grande, on luy donnera des' aydes .,.-desquels^
estant assisté Sí soulagé , il puisse accompli r auej
plus dc.gay.eti la.charge qui luy a esté corn nii'c.ù g
T U1
Qn'à. p'oinct nommé l'on d onnc cc 3 ' -' 8"
clppaer , & qu'on <feman<j£ cc qu'il faut demander,
sainfô B'enoìfl,
51
aer,afîn que personne ne soie troublé ny contristé en la maison de Dieu.
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m ,-,»••<•• W
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FER R'E ME'; N S
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autres, meubles, ou vtenstlles du ,
Monastère»,
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f .ìi. «s ^.r-.-tiR wt5 >f0i!t.w *'<itiS: tH'frtp *•<
CHAP.
XXXII.
•»!»>• t
s
L
'Abbé commettra à quelques, Frères i de la
vie & moeurs desquels il fera bien-affeuié, la*
cheuance du Monastère, tant en ferremens qu'eu
vsstemens , & toutes autres choses , dont il leur
conimetrra le foin de les garder ou receuoir, ainsi
qu'il iugera plus profitable : de toutes lesquelles
choses l'Abbé en retiendra par deuers foy vrt
breuet ou mémoire à celle iìn que les Frères
venins à succéder l'vn à l'autre à la charge , il
sçache & voye ce qu'il reçoit : Et si l'on reconnoitque quelqu yn ait manié sordidement on
auec négligence les choses du Monastère , qu 'il
en soittanséi & s'il y retourne eticorc, qu'il'fubisse la discipline régulière,
S! LES MOINES DOIVENT
auoir quelque chose de propre.
CHAP.
XXXIII.
S
Vr tout que cc vice soît entièrement retranché du Monastère, que personne ne soit si
osé > que de donner ou xeceuoir chose aucune
C
a
<%
La Règle duË.P.
sans lc commandement, de l 'Abbé , ny d'auoir en
propre rien qui soit , ny liure, ny table , ny écritoirc, bref rien du tout , veu rnefme qu 'il ne leur
est licite d'auoir ny leur corps , ny leur volonté
propre à leur disposition, & doiuent espérer tout
ce qui leur est nécessaire du Perc & Supérieur dti
Monastère,sans qu'il leùr soit permis d'auoir autre chose que ce que i'Abbé leur aura donné ou
permis. far ainsi que toutes choses soient communes à tous , selon que dit l'Esctiture , & que
personne n'estime ou fasse estât de s'approprier
ou dire chose aucune estre sienne. Et si l'on reconnoit quelqu'vn adonné à cc détestable vice,
qu'il soit repris vrie ou deuit fois , & s'il ne s'en
corrige, qu'il soit chastié.
S'ILS DOITENT rors REceaoir égalcmem leurs necejptez.
CHAP.
XXXIV.
insi qu'il est escrit , l'on distribuoit à vn
chacun selon qu'il en auoit besoimoù nous
n'antcndons point qu'il y ait acception des personnes ( à Dieu ne plaise } ains. seulement qu'on
ait égatd aux infirmitez. Et s'il s'en trouue quelqu'vn qui se passe de moins , qu'il en remercie
Dieu,& ne s'atriste point ; Sc celuy qui aura plus
de besoin, qu'il s'humilie pour son infirmité , Sc
ne s'éleuc point pour la charité& miséricorde qui
luy est faicte , <k parce moyen tous les membres
feront en paix. Mais fur tout qu'on sc donne
bien de garde que lè^vice du murmure n'éclate
au
A
fa'mSì"Benaijì .
5$
au dehors parla moindre petite parole, ou autre
signe quelconque. Qui fera du contraire , sera ri gourcusement chastié.
DES S ET M A I N I E R S
Cuïjìne.
CHAP .
L
DE
XXXV.
es frères se seruiront mutuellement, en sorte
que pas vn ne soit dispensé de seruir à la
cuisine , s'il n'en est empcsché par maladie , ou par quelque occupation plus importante : d'autant>qu'il prouicnt de la plus de
profit & de charité. Les foibles seront ppurueus
d'aydes , de peur qu'ils ne scruent auec tristesse:
voire ils auront trestous des aydes selon la portée de la Congrégation ou la situation du lieu Si
la Congrégation est bien grande: le Cellerier scia exempt du seruice de la cuisine, & ceux là pareillement , qui ( comme notis auons dit) seront
occupez à des choses plus importantes, Mais tous
les autres se setuiront mutuellement auec charitc.Celuy qui deura sortirde sepmaine nenoyera
toutau Samedy & laucra les linges , desquels les
Frères ont essuyé leurs pieds & leurs mains . &
prennant auec soy celuy qui deura entrer en sepmaine, ils laueront les pieds à chacun, & rapporteront au Cellerier les vases de leur office nets &
■entiers , que le mesme Cellerier consignera derechef és mains de celuy qui entrera en sepmaine,
afin qu'il fçache qu'estee qu'il donne. & qu'il reÇoit.Vne heure auant la réfection, les sepmamiers
C 3
54
L** Règle da B. P.
prendront chacun vn coup á boire,& du pain sur
l.t portion qui leur est designée; afin que sans
murmure & fans tior» de peiné ilí puiffénr feruiraux Frères , pendant l'heurc de la réfection:
niais aux iours de leste & plus folemnels qu'ils
diffèrent iufqu'aprés la Mesle.Ceux qui entreront
en sepmaine, s'agenouilleront deuant tous les
Frères cés qu'on aurafiny.Laudesifupplianr qu'on
plie Dieu pour eux. Pour cet effer, celuy qui sortira d sepmaihe dira ce Verset/, tenediclus es Domine Deus,cj'<: aHuuìfti trie, & cosolatus es me.Le^:icl ayant dit par trois diue'rfes fois; il receura í a
'benedictren pour sortir. Pafcillemenr celuy qui
dtïit encrer en sepmaine dira ce Verset , Deusin
adïw.oriummeum intende ; Domine »d adiuu&n'dam mefcpna Lequel tous répéteront de mefrne
façon par trois fois. Puis ayant receu la bénédiction, il entrera cn sepmaine.
DES FRERES INFIRMES,
Î
A
CHAP.
XXXVI.
Vant Sc for toutes choses l'on doit auoir foin
des malades , en forte qu'ils soient scruis,
«rame si c'estoit IESVS- CHRIST cn propre perso mieid 'autant qu'il dit luy mefrne: Taycsté máìade,& vousBl 'aueí visité , &ce que vous auei
■fait au plus petit des miens.ie lê tiens pour íaict à
moy meíme. Neantmoins quelesinfirraels considèrent que c'est pour 1'honneiír de Dieu qu'on
leur fait ce feruice, & ne molestent point les Fie*es en choses fupérfluës:quoy qu'on les doiuc CIÎ
., .
i
saìniï Benoiji.
.55
nonobstant supporter patiemment;d'autaht qu'il
en renient ainsi plus de mérite. Doncques 1 Abbe
aura particulièrement foin qu'ils ne souffrent en
aucune façon par négligence : & qu'il y ait quelque chambre particulière destinée pour les Frêles malades, comme aussi vn seruitcur craignant
Dieu.diligenc & soigneux.'
On permettra l'vfage des bains aux infirmes,
toutes Sc quantefoií qu'il fêta de besoin. mais rarement ou poinct du tout à ceux qui font en bon
poinct notamment s'il font encore ieu nés,
On
permettra pareillement aux malades, & à ceux qui
seront grandement débiles de manger de la c hair
pour les fortifier:& quand ils feront améliorez Sc
fortifiez.chacun s'abstiédra de chair cóme . u; arauant. Que i' Abbé soigne de tout son possible, à
ce que les infirmes ou malades ne soient point
négligez des Celleriers ou feruiteurs , d'autant
qu'il fera comptable de tous manquemens de I'CÎ
Religieux.
DES
VIEILLARDS ET
des enfants. .
C HÌP,
XXXVÏI.
B
ien que ["humanité mefme de nature nous'porte assez à compassion vers ces deux âges,
scauoirest des vieillards & ieunes : Neántmoïns
l'authorité de la Règle leur fera encore fauorab!e,àce qu'on ait tousiourscfgard à leur imbecillité:& qu'ils ne soient aucunement contrains à la
rigueur de la Règle en ce qui touche la nouri ituÇ - 4
56
La Règle du B. P.
rc;ains pluítost qu'on vie en leur endroict d'vnt
tendre & pieuse affection , leur faisant prendre
quelque chose auant l'heurc & temps du repas.
D F
L E C TE T 71
/ìpmmìmer.
CHAP.
L
X X X Y 1 1 1.
A lecture -ne doit iamais manquer au Frère
pendant le rtpas : ou personne ne doit point
de cas fortuit & le prërnier venu prendre le liure
de la lecture.ains celuy qui doit lire tout le long
de la sepmaine commencera le Dimanche. Et denant qu'entrer en sepmaine, la MclTc dicte & la
Communion faicte.il suppliera tous les Frères
de prier Dieu pour luy,à ce qu'il plaise à Dieu le
preferuer de l'efprít d'orgueil & d'ignorance.
Pour cet effet ils diront par trois diuerscs fois cn
l'Oratoirc le Verset, Oominejabia me» nferie!,^
os meuia annuntiabit laud-m tuitm • que le sepinainier commencera premièrement ; 3c la bénédiction reccuë de cette manière il entteracn
íèpmainc pour lite L'on tiendra à table vn parfaict (îlence,en sorre qu'on n'entende le remuement ny la voix de pas vn.hors-mis de celuy qui
lit. Or touchant ce qui fera nécessaire pour le
fcoire 3c manger ; les Frères y pouruoiront auec
«cl foin,qu'aucun'n'ait besoin de lien demander.
•3£ au cas qu'il leur manque quelque cliose,ils la
demanderont plustost par Je son Ou bruit de
■quelque signe, que de viue voix. Et qu'aucun
me foie si osé d'interroger lors personne , sur la
saincï Benoist
57
lecture , ou autre subjet quelconque ; de peur
qu'on ne donne quelque prise au malin esprit:
n'estoit que par aduanture le Prieur voulust dire briefuement quelque chose d'édification Or
le Frère sepmainier prendra vn morceau de pain,
& boira vn coup, auant que dcliie,à cause de la
saincte Communié, & de peur qu'il n'ait trop de
peine de supporter le ieusne:& la lecture'finic, il
prendra sa réfection auec les fepmainiers de cuisine &scruiteurs,Etque les Frères ne lisent ny charnu point par ordre à leur rang.ains ceux-là tanc
feulement qui pourront édifier les efeoutans.
DE LA ME S P RE O F PO R.
tìon des viandes*
CHVP.
N
XXXIX.
Ous croyons que pour la réfection ordinaire tant des iours de ieufne qu'autres, il
suffira d'auoir par chaque repas deux mets ou
fortes de viande, en considération de l'infirmitc
de plusieurs,afin que s'il s'en trouue qu'elqu'vn
qui ne mange de l'vne, il prenne fa réfection de
l'autre Par ainsi que les Frères se contentent de
ces deux sortes de viande cuites:Et s'il se trouue
là des fruicts ounauuclles jnerbes , ou légumes,
■on y pourra adiouflcr vne troisième Le poids
•d'vne liure de pain fera bastant pour le iour,sok
qu'il n'y ait qu'vn repas , soit qu'on disne &
qu'on íouppe: & aux iours qu'on deura souper,
le Ceilericrrefcruera la troisième partie de cette
Júuc de pain pour la leur rendre au soupper.Qùc
La Règle du B. P.
st d'auenturc ils ont -eu quelque trauail extjta r
/OïàiaûieX Abbé y pourra encore adiouster quelque cirose, s'il le trouue bon , moyennant qu'on
£e garde soigneusement que la gourmandise ou
indigestion ne surprenne iamais le Religieuxicar
Sl n'y ajricn si contraire atout Ghiesticn que la
gourmandise. selon que dit nostre -eignear.Preaez gardeque vos cceursnc foiét appesantis par
la gaurmád 'se & yurongnerie. Quant auxenfans
-de plus bas age,ónneìeur donnera point femî)lablcportion,ains moindre qu'aux plus grands,
avanttousiourscsgardà ce que requiert la sobriété Et pour la chair des animaux terrestres &
à quatre pieds, nous voulons absolument que
îous s'en abstiennent : hormis ceux là qui seront
<euejr.tïenserncnt debiles.oa bien malades.
DE
LA M ES V R E
•■ , ;
du vin.
C H AP. X L.
TN chacun a ses dons & grâces particulières
W de Dicuil'vn d'vne façon,f autre de l'autre;
C'est pourquoy nous ne taxons ou limitons pas
'ïolótiers icy le viure d'autruy;neantmoins pour,
aoyans à la débilité des infirmes , nous croyons
fljuVne hemine oupinte de vin'par iour suffira à
chacun. Et s'il s'en trûuue àqui Dieu donne les
forces jfcle courage de s'en abstenir du tons,
-qu'il s 'asfeure d 'en receuoir tecompenfe particuJictçJ&ais fi taijt «st que la nécessité du lieu, le
^aaaiiíSiii'aîdjnie-ciialeur deTEsté- requièrent
qu'on
JaìncîBenoifi.
$(}
qu'on l'augmentc/ie Supérieur le pourra faire s'il
le trodue bon ; moyennant qu'il aduifc de faire
en forte que la gourmandise ou yurjzfngnerie ne
s'y glissent, jaçoit que nous fiions que le vin
n'est pas conuenabte aux fyîóynes; mais d'autant qu'on n'a peu persuader cela aux Moyncs de
ce temps, pour le moins tafchons de n'en point
prendre auec excés, ains ' sobrement ; v6u que le
vin peruertit & fait apostasier les sages mesmes.
Que fi d'aduenture la pauureté du lieu est tèlle,
qu'ils ne puissent auoit la susdite mesure, ains ou
plus petite ou rien du tout ceux qui habiteront
cn ces lieux là , au lieu de s'en plaindre ou murmurerai loueront & bénirent Dicurlcs admonestant fur toutes choses de viure en paix fans aucun murmure,
A QVELLES FIE FRES LES
Religieux douent prendre leur refitìion.
CHAUT RÉ
D
X Lí.
,
Epuis le fainct iour de Pafques iufqu',à., Ja
Pentecostc, les Frères difneronj à. fl/eurc
dc;Sexte,, & souperont au soir
niais depuis la
Pentecostc pendant tout 1 Esté , ds jculneront
les1 Mercredys &,Vendrcdys iuiqu'àj'heure de
N^ne,. s'ils ne trauaillent aux, ciiamps , ou fi la
chaleur exccífiue de l'Estç ne l'ernpcsche. Tous
les autres iouis ils difneront àlheure de Sexte,
a laquelle on se réglera tousiours , lors qu'on
trauaillera aux champs, ou que 1 ardeur .d.e.í' tsté
fera excefiìue,à quoy l'Abbé doit soigneusement
C 6
6o
La Règle du B. P.
.pouruoir , modérant tellement toutes choses, &
les ordonnant *n telle forte que les ames se sauiienr, fie que les Religieux fassent fans murmure
*e qu'ifs ont à faire. Mais depuis le quaroziéme
de Septembre , iufqu'au commencement du Calesinc , Jcs frères prendront leur repas à l'heurc
de None. Et tout le long du Carcsine iufqua
Pafqucs, ils prendront leur resection à lieure de
Yesprcs , quon prendra si à propos, que les Frêles n'ayent peint -besoin de lumière durant leur
«epas.ains que tour se puisse faire auce la clarté
du iour. Voire en tout temps, l'heure de difncr
•oufoupper (s'il y en a) fera prise en forte que
«ont se fasse durant la clarté du iour.
jQg'IL N'EST LICITE
personne de parler âpres Compiles.
CHAP.
L
A
XLÏÏ.
ES Religieux doluent s'estudier au silence
enxout temps , signamment la nuict : par
iainsi en quel temps que ce soit, soit iour de
•ieofne , ou non , si on ne ieusne point , incontisem aprés le foupper ils iront tous ensemble
•«"asseoir enmesme heu : auquel estant l'vn d'eux
•lira les Conférences ou vies des Pères , ou telle
.autre chose qui puisse édifier les efeoutans j excepté le Pentateuqueou cinq liures de Moyfe.át
Ses liures des Roys, d'autant que telle lecture ne
•ferok point vttle attj: esprits foibles à cette heuie-là ; OB les lita neaertmoins en autre temps;
li&ús s'il ét ieuïáe jettsne, aptes ra bries espace
seúnSî Benoìfl.
6í
de temps qu'on aura âpres Vcspres , ils revendront promptement à la lecture fufdite,& liront
quatre oacinq feuillets, ou enuiron , selon que
le temps le pourra permettre , afin que pendant
ce temps de lecture ils ayent moyen de s'assemb!er,& que mefrne celuy.qui paraduenture seroit
occupé «r quelque office ou charge qui luy auroit esté enjointe, ait du temps pour s'y pouuoir
rendre Si trouuer: donc tous estans arriuez Si assemblez, ils chanteront complies : apres lefquclJcs il ne fera licite à personne de parler à pas vn»
■ny de dire vn seul mot à qui que ce soit. Et s'il
ie trouue quelque infracteur de cette Règle de
tamturntíév, qu'il soitgtiefuement puny .s'il n'y a
de la nécessité , ou pour cause des bostesqui te»
iToient suruenus , ou que paraduenture l 'Abbé
eust commandé quelque chose à aucuns,ce qu'ils
doiucnt neantmoins en tel cas faire posément &
Si sagement aucetoute honneststé Sc modestie.
DE CEFX QJ1 ARRIVENT
iard au diuinfimice 3 au à U table.
CHAP.
D
XLIÍÏ.
ES finstant qu'on oyra la cloche qu'on
sonne pour les heures dudiuin fcruicc,l'on
y accoutra promptement , laissanttout ce qu'on
fourroit auoir cn main , auec grauité neantjnoins. de peurqu'on ne donne quelque sujet de
«ifée. Rien doncqitcs ne soit préféré à l Office
diuin. Et s'il atriuc qu'aflSRtn vienne à Matine-s,
fcukmear apies k Glati» , À\i Pfcaumc nonante-
6i
La Règle du B. P.
quatrième ( que pour cette considetation norjs
voulons cstre dit fort posément ) il ne se mettra
point en son rang au Chœur : ahísfc tiendra le
dernier de tous, ou se mettra en tel autre lieu séparés à l'cscart , que -l'Abbé aura destiné pour
tels negligens, afin qu'il le voye, ou mefrne soit
appcrceu de tous , se tenant en ce lieu iusqu'à ce
que l'office finyil en fasse satisfaction publique.
Or nous auons iugé t xpedientqu ils fc tiennent
au- dernier lieu, ou à l'écart à celle fin qu'estans
ainjuveus de tous ils tafchcnt de s'amender efm'eus'par la honte qu'ils auront reccuë : car s'ils
defneuroíent hors l'oratoirc, tel se pourroit ten«cfntrer qui s'iroit recoucher & rendormir , ou fc
feoiroit là dehors , ou causeroit & perdroit le
temps , & par ce moyen l'on donneroit prise à
l'ennemy. C est po'urquoy nous voulons qu il
entre & 'vienne au Choeur, à celle fin qu'au moins
il ne perde pas tout, Si: satisfasse du resté.
Quant aux heures du iour, celuy qui arriuera
à Çolfice Diuin âpres le Verset , & le Gloria du
premier Pscaume, qu'on dit apres le Verset, gatdaht la rnesme Régie & loy que dessus,il se mettra au dernier lieu , '& ne fe ioindra point au
Chœur des autres qui chantent, iusqu'à tát qu'il
ait satisfait fi ce n'est que l 'Abbé l'en licencie
cnJu.y faisant grâce : En forte neant.moins qu'il
en f-ffe la satisfaction comme coupable,
Quant à la table , celuy qui ne fera venu
auant le Verset f afin de le dire, & priet tous ensemble , & pour d'ordre & dcTuitte s'aller roettre-en, table j & qui par fa faute & négligence ne
s'yifera trquUé, il en fera repris iusqu'à deux fois;
& s'il y manque encore , & ne s'en corrige,on ne
luy permettra point de s asseoir à la table comrnunej
■famcî Benoist.
6%
mune > ainï prendra son ìepas tout seul, séparé
de la compagnie, des autres , & pnué de fa portion de vin , iusqu'à tant qu'il ait satisfait & s'en
soit corrigé. On cn fera de me'-'me à celuy qui nc
s'y trouuera pas au Verset qu'on div apres le repas. Et que pas vn ne présume de boire ou manger chose aucune auant oii âpres 1 heure ordonnée Et leças aduenanr que le «pericur présente quelque chose à aucun & le refuse ; quand il
la voudra auoir, on la luy refusera , & pareillement toute autre chose , iusqu'à tant qu'il ait
deuëmcnt satisfait pour telle faute. \
DES
EXCOMMVNIEZ,
& enquelle mantere ils doiuent
satisfaite.
CHAP.
C
X.LÏ.V.
,
, .\
Eluy qui pour quelque griefue faute fcx-a
excommunié, & retranché de 1' Oratoire.Sc
de la table comriiunc i lors qu'on fera, le C iuin
seruice,il se tiendra prosterné deuant la porte de
l'Oratoire, fans mot dife:ains tenant seulement
la teste baissée cn terre . & estenHu de son long
il' se iettera aux pieds de tous ceux qui 'sortiront
de l'OratoircjContìnuaiit de cc faire, iusqu'à tant
que l Abbé iuge qu'il sufrtttSc approchant dr luy
quand il sera appellé , il ie iettera à fes pieds , 5c
pareillement à ceux des Frères, afin qu'ils prient
Dieu pour luy:& lénors.si l'Abbé veut.il'fera fcCs uau Cœur, à la place qu'il luy aura ordonné;!
«êJkíoadKioa neiantnioiûs qu'il ne luy soit loisible
64
La Règle du B. P.
ïìble d'entonner PscaumCjChantcr Leçon, ou auïi e chose semblable, que l'Abbé ne lait de rechef
ordonnéiSt q ue fur la fin de toutes les heures du
Diuin seruicc , il se prosterne à sa place,& satisfasse de cette forte , insqu a ce que l'Abbé luy
commande encore vne sois,qu'il désiste cy-aprés
de faire telle satisfaction.
Quanta ceux qui pour quelques fautes légères, font retranchez feulement de la table commune ; qu'ils satisfassent tousiours en l'Oratoire,
áufqu'à ce que l'Abbé les absolue,&dic qu'il suffit.
JD E CEVX Q_VI F AI L LENT
en l'Oratoire.
CHAP. XLV.
L
Orsque quclqu'vn manquera en disantquelqucPseaume.Respons, Antienne, ou Leçons,
■s'il n'en fait satisfaction publique,en s'humiliant
■deuant tous:qu'il.en soit plus feuercment puny,
.puisìqu'il n'a voulu par humilité corriger la fautc .qu'il auoit faite par fa negligence:mais les encans feront chastiez pour telles fautes.
J1E CEVX Q VI FAILLE NT
en toute autre chose.
CH AP. XI VI.
f^Jl quelqu vntrauáille en query que ce soir,
1* cuisine,au cellicr,au seruicc, au four , au
:istfdÌDjOU taadis-qu'ii befongne à quelque autte
sieûieï;
sa 'mSÎ Benoìfi.
65
mcftier.voire en touc autre lieu.vient à manquer
Sc commettre quelque faute , rompre ou perdre
quelque chose.en fin excéder, ou & en quoy que
ce soit,& naccoart ptomptement pour satisfaire
& s'accuser Iuy-mcsme deuant l'Abbé Sc Conuent;quand telle faute serajdcscouuertc parquclque autre, il en sera chastié plus seuerement:mais
fi la cause du péché est occulte & interieurc.il la
descouurha seulement à l'Abbc , ou à quelque
Ancien spirituel , qui puisse & sçache guérir ses
propres playcs,& sc taire de celles d'autray.
DE LA CHARGE DE SON-,
nerî Office dimn.
CHAP. XLVIL
L
'Abbc dôit auoir le foin de sonner TOfEce
didic,tantde nuictque deiounou bien com-
mettre cette charge à vn Religieux, qui soit tcllemenr soigneux que tout se fasse à poinct nommé. Qaanc aux Pseaumes ou Antiennes , ceux -là
Jes commenceront à leur rang aprés lAbbé ^Hsqqels il aura esté commandé , mais personne ne
présumera de chanter ou lire fors celuy qui le
peut faire.en forte que les aífistans s'en édifient:
ce que doit faire auec humilité. ígrauité & crain;c
de Dieu celuy àqui J'Abbç l'aura commandé.
66
DE
La Règle du B. P.
L' OEFV R E MANFE L
de tous les ìçttrs.
CHAP.
L
XLV III.
'Oiiîueté/est l'cnnemie de l'ame .'C 'est po'ur-i
quoy les Religieux doîucnt employer quelfjue espace de temps aux œuares manuelles . &
puis durant quelques heures vacquér à la Iectu»
iedcs saincts& pieux liures. Et pour cet effet
rîous croyons estrc conuenable de partir & distribuer les deux temps en cette ibitej'çauoir est que
depuis Pasques jusqu'au premier iour d'Octobre,
sb. t.mr le matin, ils trauaillent depuis la première heure du iour,iusqu'à la quatrième ou enUÌron,en cc qni fera à faire i de là iusqu à enuiron la sixième , ils vacquent à la lecture Api és
Theure de Sexte se leuant de table. qu'ils sereposent en leurs couches auec tout íîlencerou bien íi
daduentae quelqu'vn ayme mieux lire,qu'il lise
tellement à part soy q'il n'inquú te personne. Et
dira pn None plnstost que de coustume,'enaíròrv
la buictiéineheuie; & puis ils trauailleront iuf-1
q.u'au soir en ce qu il faudra taire. Que fila pauurcté ou nécessité du lieu requiert qu'eux mesmes
en personne s'occupér àrecueillir & ramasser les
fruicts, qu'ils nës'en attristés point doutât qu'ils
sónt'vrayemcnt Moines lors qu'ils viue ît du trauail de leurs mains propres:comme faisoient nos
Pcres,& les Apostres:le tout neantmoins se fasse
discretcement, & par mesure, à cause des puíîilanivnes. Mais depuis le premier iour d'uctobrei
jusqu'au commencement du Caresaie , its vacquïiont
fdintî Benoìjì.
67
gucront'à la lecture, iusqu'à' l'hcure seconde
coniflete., Adónc l'on diía Tierce , puis Jusqu 'à
None ils trauailleront en ce qui leur fera enjoint
Or quand le premier coup de None sonnera, chacun quittera sa besongne , pour se disposer & tenir prest d'aller,Iors que le second coup sonnera:
Ei âpres le repas ils vacqueront à leur IccturciOU
rseaumes. Es iours de Caresme ils vacqueront à
leur lecture , depuis le marin , iusqu'à la fin de là
troisième heure , & iusqu'à la fin de l'heure dixième ils trauaillerot en ce qui leur fera enjoint.
Eíquels iours de Caresme vn chacun prendra
quelque liure de la Bibliothèque , qu'il lira par
ordre d'vn bout à autre : & les donnera on dés
le commencement du Caresme. Mais fur tout
qu'on députe vn ou deux Anciens pour faire la
reueuçpar le Monastère, aux heures qu'on donne aux Frères pour la lecture i & prendre garde
s'il n'y a point d'aduenture quelque Ftere fainéant ou paresseux, qui soit oisif . ou passe le
tenij-s à des fables , au lieu de s'addonner à la
lecture : & ne perd pas seulement le temps
mal à ptopos , ains encore inquiète les autres. Si l'on surprend qiielqu'vn en telles sautes
( ce qu'à Dieu nc plaise ) il en sera tansc vne &
deux fois : & s'il ne s'en corrigé point , on luy
fera subir vne telle correction régulière que les
autres en craignent Les F; ères aussi ne s'acosteront ou ioiridront point ensemble ; ux heures in1
dues. Le Dimanche ils vacqUeroí t cou ; à la lecture hormis ceiix qùf'seróí 'térh lo'y èz à ífiuers
offices : & s 'il s'en trouue aucui. si lasche & si fainéant, qu'il ne puisse ou ne vucille li e ou méditer ; on luy donnera quelque chose à fane afin
qu'ilne vacque, ou soit oisif. Quant aux 1 réres
in sir
68
La Règle du B. P.
înErmes& délicats, on leur assignera telle occupation ou exercice qu'ils éuiccnt l'oisiueté , & ne
soient accablez ou greuez du trauail , & n'ayent
occasion de tout quitter & s'enfuyr : l'imbccillité desquels doit estre considérée par l'Abbé.
DE
L'OBS ERFANC E
Caresme.
C H A t.
I
DV
X L I X.
'Açoit qu'en tout temps la vie du Religieux
doiuc estre côforme à l'obferuáce du Caresme,
fflcantmoins parce que cette vertu conuient à peu
ie gens ; nom exhortons qu'au moins és susdits
jours l'on se contienne , & maintienne sa vie en
«oute pureté : Sc qu'en ces iours saincts l'on efface tontes les négligences des autres temps. Ce
<}u'on fera dcuëment en s'abstcnant de tout vice,
&. s'addonnant à l'Oraison auec larmes , à la lecture & componction de cœur, & à l'abstinence.
C'est pourquov il faut qu 'esdits iours nous adioustions quelque chose de surcroist à nostre seruice ordinaire , des oraisons particulières , quelque abstinence de vin ou de viande : en forte
qu'vn chacun de son propre motif & volonté,
auec vne faincte ioye offre à Dieu quelque chose de ce qui luy est deu& taxé ; C'est à dire.vien»c à soustraire à son "corps quelque peu de viande, de vin, de sommeil, de babil , & des fcurrilitcz ou plaisanteries ; & qu'en cette forte il at«ende vne faincte Pafque auec la ioye d'vn désir
4j>iriruel. Qu'vn chacun ueantmoins aduenisse
IVbbs
jhinSï Ëenoìfi.
6$
'Abbé de ce qu'il offre , Sc sc propose de faire
ous les fainctes prières Sc v olonté d'iceluy : car
tout ce qu'on fera fans l'adueu du Pcre spirituel,
fera impute à présomption & vaine gloirc,& non
pas à loyer ou mérite : & partant rien ne sc fer*
que par la volonté de l'Abbé.
QJs
DES FRERES
I TR Auaillent loin de l'Eglise ou qui voyagent.
C H A F.
L.
L
ES Religieux qui vont bien loin au trauaíl,
& ne pcuucnt à temps competant reuenir
là rOfnce,& l'Abbé iuge qu'il est ainíi,qu'ils fafisenten ce mesme lieu, oùils trauaillent, l'Office
jldiuin, auec reuerenec & crainte de Dieu.flcfchissans lesJgenoux:Parcillemcnt ceux qu'on enuoyer
dehors, n'obmettront point les heures ordon| nécs.ains les diront en leur particulier comme ils
Ì pourrontj&jnc feront point negligens àis'acquitI ter du feruice qu'ils doiuent.
DES FRERES QV1 NE VONT
gueres loin.
CHAP.
L I.
Es Frères qui sortent pour queique affaire, Sc
espèrent retourner le mesme iour au Monastère, nc presomcront de nianger dehors , bien
qu'ils en foienr piiez.de qui que ce soit lì ce n'est
que par aduenture l'Abbc leur ait dit ou commandé Et s'ils sont du. contraire , qu'ils íbient
excommuniez.
L
DES
7P
La Règle du B. P.
3———,— -
■
—_■=-___
DE L'EOLJSE OFQRATOlre dn Monastère.
. .-ium^eztJtS-Z í 'i.Vi-.:.* *.r
CHAP.
L II.
T 'Oratoire soit cela mesme que le nom porte:
I ..Sc qu'en iccluy nc soit fait ounegocié pas
vne aatrc chose L'orTfiçe diuin estant finy,tous
sortiront auec le plus grand silence qu'il fera possible , & feront la reuerençe à Dieu.dc peur que
s'il y auoit quelque Fiere qui voulust prier Dieu
en son particulier, il n'en soit pas empesché par
la mcschancetc d'autruy- Voire si encore quclqu'autre désire faire ses prières plus secrettement
& à recoy. qu'il entre librement, & qu'il prie; non
pas à haute voix,ains auec larmes Sc ferueur d 'esprit : Pour ce il ne sera permis à aucun qui ne
voudra faire le semblable de se tenir ou demeurer' en l'Oratoire aprés l'Óffice , comme nous
auons dit , de peur qu'il n'empesche ou destournc quclqu'autre.
DE
LA
R EC E P TIG N
des bostes..
CHAP.
T
L I I I.
Ous les hostes qui suruiennent au Monastère soient rcceus comme Iefus. - Christ
mesme, yeu qu'il doit dire Yniour : l'ay este
hoste.
hostc , Sc TOUS m'auez réeeu. Et qu on rende a chacun'l'honncur qui fiíy est deu , notamment aux Catholiques , & aux Pèlerins. Partant,dés qu'on fera aduerty de l'arriuée
cl'vii hoste , le Prieur ou les Religieux le viendront accueillir auec toute forte d'ofHces de
charité : & tout premiéremenr ils prieront Dieu
ensemble ; puis ils se pourront ioindre ou accoster par le baiser de paix,lequel ne sera iamais
oíFetc qu'aprés l'Oraison , à cause des illusions
du Diable, & qu'en cette salutation toute humilité leur soit exhibée, & tant à l'arriuée qu'au
départ de tous les hostes', I E S V S-C H R I s T
qu'on reçoit en leur perfonnefoit adoré , auec
vne inclination de teste, ou prostration de corps.
Ayant ainsi reccu les hostes , on les menera à
l'Òraison.puis aprés les Supérieur ou tel autre
qu'il députera, fc seoira auec eux, pendant qu'on
leur fera lecture de quelque fainct liure pour les
bien cdisierrcela fait, on lear fera toute l'honnesteté qu'on pourra Le Supérieur rompra Ic
ieusne en faueur des hostes , si le icufne n'est vn
des principaux qui font inuiolables : mais les
Frères pourfuiuront le cours ordinaire des ie'usnes. L'Abbé donnera à lauer les mains aux ho stes : &tant luy que tout le Contient Iaueront
les pieds à tous les hostes : ce qu'ayant fait l 'on
dira ce Verser , Sufctpimus Deus misericcrd'mm
tunm in medio templi tui. Mais fur tout qu'on
ait vn grand foin de bien recesoir les panures Sc.
les Pèlerins, parce que IESVS-CHR isr ests
spécialement reccu en leur- personne : car Thon-'
neur qu'on powe aux riches , les fair aíTez respecter. La cuisine de l'Abbé & des hostes se fera
a part à celle fin que. les hostes ( dont on n e
manque
72,
LA Règle du B. P. .
manque iamais au Monastère ( furuenans à cîi- :
Uerfes heures,n incommodent point les Frères :8c
d 'an en an on baillera la charge de cette cuisine ì
deux Frères qui se puissent deuëment acquitter
de cette charge, ausquels on fournirad'aydes selon le besoin qu'ils en auront,asin de leur ostct
toute occasion de murmure : mais quand ils auront là peu ou point d'affaire , ils iront faire ailleurs la besongne qu'on leur enioindra : Et cette
considération n'aura pas feulement lieu en ceuxcy,ains encore en tous les Offices du Monastère,
ausquels au besoin l'on fournira d'aydesjmais
aussi, quand ils iront faire ce qu'on leur commandera. L'on assignera à quelque Frerc, duquel
l'ame soit remplie de la crainte de Dieu , vn logis pour les hostes,où il y ait des licts honnestement accommodez & garnis : & qu'on fasse en
forte que la maison de Dieu soit prudemment ad
ministrec par des sages. Mais que pas vn ne s'ingerc d'accoster en aucune façon.ny de tenir compagnie ou parler aux hostes , s'il ne luy est commandérQue si par cas fortuit il les voyoit ou leur
yenoit au rencontre, les ayant humblement saluez ( comme dit est ( & demandé leur bénédiction qu'il se retire ou passe outre . disant
qu'il nc luy est pas licite de parler aux hostes.
S' IL EST LICITE AVXREligùux de receuoir lettres ou prejìns.
CHAP.
L l V.
Vil ne soìc-sucuncment licite aux Religieux de donner pu receuoir de scspaians
ny d'autre personne quelconque , non pas mcírhes
Q
fa'mïï Benoist.
73
mes de ses confrères , aucunes lettres, honnestetcz.ou autre semblable présent si peticjqu'il puisse,
estre , sans la permission ou commandement de
l'AbbéjVoirc si quelque chose leur est enuoyée.
quand bien ce seroit de la part de leurs parcns.ils
nc feront si hardis? que de la receuoir.qu'ils n'e»
ayent auparauantaduerty l'Abbc. Et s'il veut ou
commande qu'on la reçoiue , l'Abbé la pourra
sonner à qui bon lay fcmblera.sans qQe lc Frère,
auquel le présent seroit enuoyé.s'en attriste , ou
imescontente , de peur qu'il nc donne prise à l'csIprit malin.Or quiconque présumera de faire autrement, sera soubsmis à la discipline régulière.
S V E S TE M EN S ,
chaussures des Frères.
: ad
C H A
L
ET
LV.
Es vestemens soient donnez au Frères selon
la qualité des lieux, ou temperamment des
#rouinces où ils seront : car aux régions froides
il leur en faut dauantage , & moins és pays
fthauds .- ce que nous remettons à la discrétion
iile l'Abbé. Nous croyons neantraoins qu'aux
E- ■eux tempêtez il suffira que chaque Religieux
vn froc & vne robbe : le froc de drap gros , Sc
||ouiTupour l'Hyuer ; mince Si deflié ou ja vsé
Rfour l'Esté ; & vn scapulaire pour lc trauail.rouc
:ii- I fcur chaussure ils auront des bas, &des souliers:
aiar.s I de toutes lesquelles choses ils ne feront auculiticf- 1 ; ne plainte pour la couleur ou grosseui ; ains se
mes îcontenteront de celles qu'on pourra trouuer ta
74
La Règle du B. P.
ce pays- là, ou qu'on pourra auoir à plus vi! prix,
Or l 'Abbé pouruoira de telle forte à la grandeur,
que les vcstemens nc soient point trop courts à
ceux qui s'en doiuent fermr, ains d' vne iuste
longueur Ceux qui en receuront des neufs,
rendront à l'heutc mesme les vfez, qu'on ferrera
au vestiaire pour les panures. Car il suffit au Religieux d'auoir deux robbes & deux frocs , tant
pour en changer la nuict que pour les lauer &
nettoyer : Par ainsi s'il a quelque chose dauantage , cela est superflu & doit estre retranché. Ils
rendront aussi les souliers & tout ce qu'ils auront
d'vfé, lors qu'ils en receuront de neufs- Quand
ils iront aux champs , ils prendront au vestiaire
des hauts de chauffes , qu'ils remettront lauez &
nets au mesme lieu & place, estans de retour. 11s
prendrontaussi au vestiaire (quand ils sortiront)
des frocs & tuniques vn peu meilleures que celles qu'ils ont d'ordinaire , lesquelles ils remet-'
tront là mesoic toutes lauées , quand ils seront
reuenns. Pour la fourniture des couches il leur
sussiia d'auoir vne marte , vn gros bureau , vnej
couuerture , & vu cheuet. Or lesdites couchesî
doiuent estre fouuent visitées par l 'Abbé ,de peur
qu'il ne s'y fourre quelque particulatité:Et si l'on
trouuc qu'aucun y ait autre chose que ce qu'il
aura reccu de 1 Abbé , qu'il en soit griefuemcni
puny. Et afin que ce vice de particularité soit
du tout osté du Monastère , l 'Abbé donnera ce
qui lera nécessaire ; à sçauoirfroc, tunique, fouliers,ehausses, manchons, cousteaux eferitoires,
aiguilles , mouchoirs
tablettes ; afin d'ofrcl
toute excuse & pretexre'de nécessité. Toutesfois
que l'Abbé considère toufiours cette sentence
des Actes des Aposties : L'on donnait à chacunï
selon
I
fdnfô Benoist.
75
(selon le besoin qu'il en auoit. Et qu'il considère
fparcillemeut les infirmités des souffreteux ou
findigens, & non pas la conuoitiscou volonté
! desreglée des enuieux Mais en toutes ses ordonnances qu'il se ressouuienne tousiours de la
rétribution que Dieu doit faire.
Z>£ LA TABLE
DE
l'Abbé.
CHAP.
LVI.
A table de l'Abbé sera tousiours auec les
Et quand
jfil aura peu ou point d'hostes j il y pourra appel|lcr des Frères tels qu'il luy plaira : pouruea toutesfois qu'il laisse tousiours à la communauté vn
ou deux Anciens, pour maintenir la discipline.
I Jiostcs , pèlerins , ou estraugers
DES
A R TI S A N S
Monastère.
CHAP.
S
D F
L V 1 1.
'il y a des artisans au Monastère, ils feroat
auec tout respect & humilité ce qui est de
leurs arts , moyennant que 1 Abbé le leui commande. Mais siaucuiiid'iceux s'cíleue ou enorgueillit pour la conno;flancc qu'il a de son art
ou mestier , ayant ojnnion qu'il est aucunement
profitable au Monastère, on luy interdira l'exerD
z
76
La Règle du B. P.
I
I
1
I
1
1
ciccou practiquede ce mestier là : sans qu'il luy
foie loisible de s'y plus addonner : fi l'ribbé ne
luy commande derechef, l'ayanc reconnu humilie. Et s'il faut vendre quelque chose de l'oa- hj
urage des artisans , ceux qui en auront la charge
sc donneront bien garde d'vfcr d'aucune fraude.
Qu'ils se reflouuiennent d'Ananias & de Saphira.de peur qu'eux , & tous ceux-là pareillement
qui feront quelque fraude au Monastère , n'encourent en leur ame la mort que les autres ont
suby au corps. Neantmoins cn ce qui concerne lc
prix, 1 on prendra garde que l'auarice ne s'y glisse , donnant tousiours ces choses à meilleur prix
que nc fonr pas les séculiers , afin que Dieu soit
glorifié cn toutes choses.
1
I
I
1
DE LA MANIERE DE REceunrlcs Frères en Religion.
CHAP.
LVIII.
Q
Von ne donne point facilement l'entrée à
celuy qai tout nouuellement sc présentera i
à la conuersion ; ains plustostfuiuant l'adais de
l'Apostrc,Qu'on efprouue si les esprits font pouf- I
fez de Dieu : neantmoins si le postulant fait in- 1
stance pour fa réception, & par[l'efpacc de quatre ou cinq iours semble porter patiemment les
aífrons.iniures & la difficulté qu'on fait de le reeeuoir.persistanr tousiours cn fa demande.on luy I
donnera feutrée pour estre en la chambre des I
hostes,darant quelques iours:en aprés on le mettra à la chambre des Nouices , où il prendra fes ï
repas |
fainfà Benoifl
77
■ repas, méditera & dormira & on le donnera en
■ charge à quelque Ancien qui soit propre à gaiIgner les ames . lequel considérera curieuI sèment tous ses deportemens , & prendra
soigneusement garde , s'il cherche vrayemenc
Dieu , s 'il est diligent , soigneux & affectionné au diain seruice , à l 'obedience , & aux
. opprobres.
On l'aduertira de toutes les peines
Sc difficultés qu'on trouue au chemin du Ciel, &
jís'il promet de perseuerer en sa stabilité, deux
'ymois aprés on luy lira cette Règle par ordre , &
'Sion luy dirarVoicy la loy fous laquelle vpus vou«
: jez batailler i si vous la pouuez garder , entrez:
tuais si vous nc pouuez pas, sortez librement. Et
^au cas qu'il persiste encore, on le ramènera en la
'susdite chambre des Nouices.où ilssra derech.f
lïsprouuc en toute foíte de patience : & aprés iìx
SiaoisexpircZjOn luy lira encore cette mesme Re^lc.Que si ayant meurcment pensé à soy.il prorhet de la garder entieremenr , & d'obeïr en tout
.jle qui luy fera commandéjadonc il sera receu en
ilà Congrégation, Sc GII l'aduertira que la Règle
orte. que désce ; our -là il ne luy soit plus perr's de sortir du Monastère ny de se retirer, ou
coiier le ioug de la Règle . que pendant vne si
ngue délibération il pouuoit quitter ou e,nSjrafler .Or celuy qu'on deura reccuoir.promettra
publiquement en l 'Oratoire stabilité, conuersion
qes mœurs , & obéissance deuant Dieu & Ces
jfcincts .afin qu'il fçache & entende que s'il conp:eiiient iamais à fa promesse, i! fera condamné
;3e Dieuduquel il se moque : & de cette sienne
-promesse , il en fera vne ccdulc fous les noms
Ses Saincts, dont il auta là des Reliques ,& de
|Abbé qui fera pour lorsilaquelle cedue il es ,
D
3
78
La Règle du B. P.
crira de sa main propre ; ou bien s'il ne sçait pas |
escrire , quelqu'vnà sa prière lescrira, & ce Nouice la signera & la posera sur l'Autel.Ccla faict,
il commencera tout seul ce Verset. Suscipe me Do~
mine secundùm eloquinm tuum,£r viuam, & non
(onfnndíts me ab expedlatione m*n. Lequel toute la congrégation repérera de mesme aprés
luy durant trois fois, y adioustant le Ci/cri* Pœtri à la derniere fois : Puis le Nouices s'ira
prosterner aux pieds de ebacque Religieux . afin
qu'ils prient Dieu pour luy;&: de la en auant qu'il"»
qu'il foie tenu du nombre de la corrgiegation,
S'il a quelque biens , il les distiibuera aux pauures auant que faire profession : ou bien il les
conférera au Monastère par vne donation solennelle, fans fe reseruer rien du toutsveu qu'il fçait
bien que déformais il n'aura pas mesme son propre corps à fa disposition & liberté. C est pourquoy dés l'heure mesme il fera defpouillé en l 'Oraroire des propres habits dont il estoit vestu, &
fera reaestu des habits du Monastère.
Or ces
vestemeus qu'on luy a ostez feront serrez au vefHaire,pour là y estre conseruez;afin que s'il arriJ
uoit que par la fuasion du Diab le.il voulust sortir du Monasterefce qu'à Dieu ne plaise , adoní
l 'ayant defpouillé des habits du Monastère, quoi
le chasse & mette dehors. Neanrmoins on ne'lnf
rendra point fa cedule,que l'Abbé a retiré de dessus i'Autel.ains elle fera gardée au Monastère.
jìxln&Benoìfì,
79
DES ENFANS QV,' O N PREfente de Noble OH bœjfe
maison.
C HA p
S
L I X.
I d'aduenturc quelque personne noble offre
son fils à Dieu dans le Monastère , l'enfant
citant de trop bas âge , les parens feront la cedulle ou pétition cy-deuant mentionnée:& pour
faire leur oblation, ils enuelopperont la ccdulc
ou pétition ,& la main de l'enfant en la nappe
del'Autel,& l'ofHiionten cette manière. Touchant les biens qui luy appartiennent, ils promettronr auec ferment cn ladite cedale . qu'eux
nj autre peisonne inrerpolée, ne luy donneront
iamais rien qui soit : voire ne luy bailleront occasion OH moyen d'auoir chose quelconque : ou
bien s'ils nc veulent consentir à cela pour lc
désir qu'ils ont d'aumo'ner quelque chose au
Monastère pour recognoissance , qu'ils fassent
donation au Monastère d?s choses qu'ils voudront donner.se reseruans ( s'ils veulent ) l'vfufruict d'icelles:& qu'on asscure tellement le tout
qu'il ne reste à l'enfant aucune occasion de doute
ou soupçon , dont estant deceuil vienne à sc
perdre ( à Dieu ne plaise ) ce que nous anons
appris par expérience. Les plus pauures cu moins
riches q u'eux|en feront tout de mefme:mais ceux
qui n'ont rien du tout, seront simplement leur
pétition & oblation,& présenteront leur fils cn
prefepee de tefmokis.D4
La Règle du B. P.
8o
DES
PRSSTRES
QVISEm
veulent ranger au Aíonafiere.
C H AP.
LX,
S
I quelque Prestre requiert d'cstrereceu au MO- à
uasterc , on ne luy accordera point si tost: 1 1
mais s'il faict instance & perseuerc en son desit tm
on l'aducrcira qu'il sera astiaint à tout ce qui est
de la discipline régulière , & que rien ne luy cm :
fera relâché, afin qu'ilen soit comme il est escrit:
Mon amy à quelle fines-tu venu icy î II aura ,
ueammoins son rang aprés l'Abbé.fera les bene- :
dictions & dira les Melses,pourucu que l' Abbé le K
luy commande:aurrcment qu'il n'attente oupre- ì
sumérien en façon quelconque, sçachant bien h
qu'il est'subiect à la discipline régulière. Par
ainsi qu'il donne plustost à vn chacun des
exemples d'humilité : &feien qu'il soit préféré i '
aux autres Religieux pour cause de son ordre, ou í|
your quelque autre considération; qu'il conside- jyi
ec neantmoins teusiours le lieu qu'il deuoit auoir |-|
félonie temps de son entrée au Monastère , & î
non pas celuy qui luy est octroyé pour la reue- [:|
srence du Sacerdoce. Quant aux autres Clercs, J
íi aucun d'eux se veut ranger au Monastere,qu'il
Coît mis en vn lieu médiocre , moyennant qu'il |pronsette d'obseruer la Règle , & garder la | .
habilité»
DES
fcùncî Benoifl*
Si
DES MOTNES ES TR ANgérs , <2r de queUefiçon ils do'mcnt
efirt receuz.
CHAP.
S
L X t.
'il Curaient -quelque Moyne cstranger des
L'rouinccs loingtaines , qui vueillc séjourner
auMonastete en qualicé d'hoste, &se contente
simplement de l'ordinairc qu'il y trouue/ans
nullement troubler le Monastère par fa fuperfluité:ains se contente fort volontiers de ce qu'il
y trouue.on le receurapour autant de temps qu'il
voudra. Et s'il arriuc qu'estant poussé d'vne
humble charité, il reprenne ou remonstre raisonnablement quelque chose, l'Abbé le pèsera meurenient à part soy .aduisant si peut-estre Dieu ne
l 'autoit point addrcííe & conduict là pou; cét effet : par aprés s'il désire s'arrester & promettre
stabilité, on ne le refusera poiutivcu que durant
le temps de son hospitalité on a peu remarquer
ses mœurs & manière de viure : Que s'il est re•cogneu superflu ou vicieux. pendant le temps de
son hospitalitéion ne luy desnicrs pas feulement
Tassociatioii du Monastère ; mais on lu-y dyra
honnestement; qu'il se retire , de peur qu'il ne
gaste les autres par son exemple & mauuaiíc vie.
Mais s 'il n'est point tel qu'il mérite d'est) e chafíé ;on ne l'admettra pas feulement en la congrégation , s'il le requiert; ains mefme on luy conseillera de demeurer , afin d'instruire les autres
!>ar sonexempIe,attcndu qu'en tous lieux on sert
D
y
8L
La Règle du B. P.
vn mesmc Seigneur Sc Maistre , & l'on combat
fous vnmefmeRoy, voire mesme si l' Abbé le rccogaoiUbic tel , il le pourra mettre en vn lieu
f>l.us haut. Ce qui n'aura pas lieu seulement pour
les Moynesjains l'Abbépourra encore faire monter en IÌCH plus haut, que leur réception ne le
parteiceux qui auroientesté promeus aux ordres
susdits de Prcstrise ou de Clericature,moyennant
que leur vie soit telle qu'elle le mérite. Mais que
î"Abbé se donne bien garde de iamaisaffocier ou
admettre en son Monastère aucun Moyne de
quelque autre Monastère cognu,sans le consentement ou congé de l 'Abbé du lieu; car il est es«rît.Ne fais point à autruy ce que tu ne voudrois
f oint qu'on te jfist.
.DES
PRESTRES
Momjlere*
CHAP.
S
D V
L X 1 1.
I quelque Abbé veut faire ordonner Prestre:
ou Diacre qu'elqu'vn de ses Religieux . il
«sluaisira celuy qui pourra diligemment exercer
îctfSce de Píestre. Or celuy qui aura esté ordonaié, Ce doBBera bien garde de s'eíleuer ou enorgueillir , & de rien entreprendre que l'Abbé ne
luy ait -commandé ou permis : fçachani bien
•qu'il en doit estre plus souple , & soubmis à h
^iscipliste reguliere : Et qu'à l'occafionduSacet^doceil n oablie ou négligé point l'obeyflance de
Ûs, Règle 4 ay l'obseruance j ains plustost qis'ií
jpxoiìrx .& s'aduaacs 4c plus en plus selon Pieu-
faìnSí Benoifi.
83
Et ( hors rOfficc de f Autel) qu'il considère toujours le lieu 3c rang qu'il eut lors qu'il fut receu
au Monastère : & fçache que bien que par l'eslc—
ction de la congrégation, & volonté de l'Abbé, il
ait esté promeu à cette dignité pour la considération de ses mérites; qu'il demeure neautmoins
obligé de garder Jc fuiurc les reglcmcns establis
& ordonnez parles Doyens & autres Supérieurs.
Que s'il est si osé d'y contreuenir, qu'il soit chastié, non entant que Prestrc.ains comme rebelle.
Et fayant souuentesfois repris & admonesté , s'il
ne s'amende point , on appellera mefme l'Eucfque en tesmoignage. Et si nonobstant il demeure
tousiours incorrigible, ses fautes estans deuenuc's
notoires & cuidentes, qu'il soit chassé du Monastère , au cas que fa contumace passe si auant,
qu 'il ne vucille aucunement s'assujctir, ny obeyr
à la Règle.
DE
L'ORDRE
OF
de la Congregaton.
CHAP.
C
RANG
L X 1 1 1.
Hacun tiendra le lieu 8c rang au Monastère
que le temps de fa conuersion & que les
mérites ouprobité de fa vie requièrent, ou bien
selon Tordre que l'Abbé aura cstably : lequel
Abbé ne doit point troubler le troupeau qui luy
a esté commis , ny ordonner iniustement chofe
aucune,seulement,parce qu'ainsi il luy plaistjains
plustost doit penser continuellement au compte
qu'il doit xcadre à Dieu de toutes ses Ordonsn *
P 6
§4
LaRegkdttB.P.
- ces, & de toutes ses oeuutcs. Doncques fumant
l 'ordre qu'il aura estably, ou qui sera escheu en*
Sre les Fxeres,ils s'en iront reccuoic la paix,comunanicr, entonner les Pseaumes , tenir rang au
Chœur. Et qu'on n'ait point d'efgard à l'âge qui
ne doit point preiudicicr pour le rang en quelque lieu qtie ce soit,puis que Samuel & Daniel,
"bien que ietmes enfans ont iugé les Prestres. Par
ainsi ( exceptant ceux , que , comme nous auons
■ditJ'Abbé auec meure délibération aura préféré,
■■au bien dégradé pour certairras causes ) tous les
autres tiendront leur lang de conversion : Ainsi
par exemple celuy qui fera venu à la seconde
ìicure du iour, se recognoistraiuferieur de Religion à celuy qui fera venu àlapremtere,de quelque âge ou qualité qu'ilscit': Mais les enfans fcaont veillez d'vn chacun , & teusiours diligemísienî tenus fous la[discipline.Par ainsi doncques
«que le icunes ou inférieurs honorent les Anciîer«,& que les Anciens ayment leurs inférieurs.
áQr pour fe nommer ou appellerl'vn l'autre, il
■Me leur fera point permis d'appelle-r aucun de
ion. pur nom:ain6 les Anciens appelleront Freics
«eux qui Jeur seront inférieurs : & les Frères apgpellerontleurs anciens Nonnes , qui est de ref& ïeuerence paternelle.Et dautantque l 'AbIbé ■est estimé Vicaire & Lieutenant de IefusChrist, on Tappellera Dom & Abbé.non pas
iâ'vsurpationpropre , ou par présomption, ains
•pour l'amour & respect de Iefus Christ : & qu'il
•y pense bien,& se comporte de telle forte , qu'il
anerite & soit digne de tel honneur. Or en tous
les lieiîx que les Frères se rencontreront, le plus
Seane demandera la bénédiction au plus Ancien:
iÈgiuaárnjplusÁnsica attiiiera ,,kplus ieune
sa 'wtâBenoìjì.
85
«u inférieur í"e leuçra,luy cédera la place ,& ne
presumera point des'asseoir derechef, que sor»
Ancien ne luy corrimande:afin de pratiquer ce
conseil de l'Escriture , Vous preuenant d'honncur,par ensemble. Les petits enfans,& les iouuenceaux se tiendront en leur rang en l'Eglife,
& au refectoir.auec bon ordre & disciplinc:mais
hors de là en quelque lieu qu'ils soient , ils auront tousiours quelque garde on custode pour
les contenir en l'obferuance & discipline régulière , iusqu'à tant qu'ils soient paruenus en âge
de discrétion.
DE
L' ES LE CTI ON
ÏAbbí.
CHAP .
DE
LXIV.
E
Nl'ûrdinntionoueflection de l'Abbc,on aura tousiours cfgard à ce que la raison veut;
que celuy-làfoit ordonné que toute la congrégation d'vn commun accord aura esteu selon
Dieu : ou qu'vnc seule partie, bien que petite,
auta plus difcrettementSs meuremeut choify:
& doit- on élire celuy qui excellera cii mérites 8c
probité de vie.en sagesse & docttine , quaud biea
il seroit le dernier au rang de la congrégation.
Mais s'il aduenoit qce toute la cógiegatian vns»
aimement fist choix d'vne personne qui conniue à ses vices ( ce qu'à Dieu ne plaise ) lots que
l'Euesque Diocésain aura quelque vent de tels
vices ,ouque les Abbez & Chrestiensçroches
«aiíìûs ca seront claiícraent informez , ils doi-
oeae
56
la Règle du B. P.
uent empcschcr que cet accord ou consentement
des mauuais n'ait lieu , & pouruoir la maison
de Dieu de quelque digne dispensateur,
s'asseurant qu'ils en seront. bien récompensez,
s 'ils y procèdent sainctement auec zele de
l'honneur de Dieu ; comme au contraire ils
offenseront giicfuement , s'ils le négligent,
6 n'en tiennent compte Or celuy qui fera ordonné Abbé, doit tousiours penser quelle charge c'est qu'il a pris , & qu'il est comptable de
l 'administration d'icelle:& se persuader qu'il est
plus tenu & obligé de profiter que de présider.
Par ainsi il faut qu'il soit docte, bien entendu en
l 'Escriture faincte , afin qu'il en puisse tirer des
instructions1 & enfeignemens tant de la Loy ancienne que de la nouuelle-Qu'il soit chaste, sobre, miséricordieux, & tousiours plus indulgent
que rigoureux , afin qu'il luy en soitíait de mefme. Qu'il abhorre les vices , & chérisse les Frères. Et quand il faudra corriger , qu'il le fasse
:prudcmment, &sans excez, de peur que voulant
trop racler la ro'úillure , il ne vienne à rompre le
vase- Qu'il appréhende tousiours fa fragilité,&
se ressouuiennc que Dieu ne vouloir point qu'on
brifast le roseau cassé : suiuant quoy nous n'entendons point qu'il permette ou fomente le vice,
ains seulement qu'il le retranche prudemment &
auec chatité , ainsi qu'il iugera plus expédient
pour le bicnd'vn chacun, selon que dit est &
qu'il s'estudie plus à estveaymé, qu'à estre rejouté. Qtsil sc donne garde d'estre turbulent,
excessif, ny obstiné, ialoux, ny íoupçonneuxjcar
autrement il ne seroit iamais en repos. Qu il soit
prouide , & considéré en tout ce qu'il ordonnera
poux Iss choses tant de Dieu , que du, inonde-
JhìtìSÎ Benoist.
87
Qujl pesé bien & modère la charge ou besongne
qu'il donnera , pensant à la discrétion du sainct
Patriarche Iacob, qui disoit , Si ie harasse mon
bercail le pressant .trop de marcher, il mourra
tout en vn iour. Ainsi doncques considérant cc
passage & autres semblables de la discrétion meredes vertus,qu'il modère toutes choses dételle
forte que les forts & robustes les puissent désirer , &que les iofírmes n'ayent sujet de le fuyr
ou appréhender : Mais qu'il garde fur tout exactement le contenu de la présente Règle : à celle
fin qu'ayant deuè'ment administré sa charge, Dieu
luy die vn iour le mesme qu'à ce bon seruiteur,
qui distribua le froment à ses confrères en temps
conuenable : le vous dis en veriré, qu'il le coastituera fur tous ses biens.
DV ÎRIEVR. DP MONASTERE^
CHAP.
I
L X V.
L arrîue fouuentesfòis que de l'ordination dVt
Prieur beaucoup de scandales énormes s'eíleuent dans le Monastère, par le moyen d'aucuns,
qui enflez du malin esprit de superbe, s'estimans
comme seconds Abbés , & s'arrogeans vn estât
tyrannique, fomentent & entretiennent les scandales , & font des dissensions en la congrégation, notamment és lieux où le Prieur est ordonné par le mefme Prestre ou Euefque, ou par les
mefmes Abbez , qui ont efleu son Abbè propre.
En quoy il paroist tant plus d'absurdité que le
commencement mesme d*e cette ordination luy
feailic oceasioa de s'eaorgueilliij ycaanî à penser
58
La Règle du B. P. .
•qu'il cil: exempt de la puissance de l'Abbé, puis
qu'il est ordonné par ceux -là mefmes qui ordonnent l'Abbé : & de là naissent les enuies , débats . detractions , dissensions , & désordres. Et pendant que l'Abbé & le Prieur se
contrepointent , il ne se peut faite que durant
cette dissension , leur ame ne soit en grand danger ; & que leurs Religieux venans à prendre &
embrasser party ne fe perdent : duquel danger
le mal & punition en pend fur la teste de ceui
qui auront esté les autheurs de ce désordre.
C'est pourquoy nous iugeons expédient pour
maintenir la paix , & charité , que l'Abbé ait eu
son pouuoit la disposition de fou Monastère : &
■que si faire se peut , tout le profit ou mefnage du
Monastère, soit ( ainsi que nous l'auons cy dessus disposé ) gouuerné par les Doyens , fuiuant
la disposition & volonté de l'Abbé , afin que la
•charge estant distribuée à plusieurs, vn seul n 'ait
point occasion de s'enorgueillir. Neantmoins si
la congrégation lî.demâde humblcmentác auec
jaison,& l'Abbé trouuc qu'il est ainsi expédient;
-il otdonnera luy-mefme pour Prieur celuy qu'il
.aura choisy auec le conseil des Frères craignans
Dieu : lequel neantmoins jaçoit que Prieur fera
auec reucrenee les choses que l'Abbé luy enjoindra,fans iamais contreuenir à fa volonté & ordonnance : veu que d'autant plus qu'il est préféré aux autres fil faut qu'autant plus soigneusement il garde ce qui est porté & commandé par
3a Règle . Et si on connoit ce Prieur là vicieux &
deccu par quelque dation de superbe , où s'il est
■conuaincu d'auoir mefprifcla faincte Règle ; il
.fera verbalement corrigé & admoncstéàusqu 'à la
quatrième fois j ji «eautmoins il ue se corrige
6
fáinSiBenoìfl.
89
pas , qu'il soit soubmis à la discipline régulière.
Cela fait s'il ne s'amende point, qu'il—soit déposé de la charge de Prieur , Sc quelqu'autre qui
le mérite soit mis à fa place : mais si tout cela ne
le rend point quiet , souple & obéissant en la
congrégation , qu'il soit ietté hors, & chassé du
Monastère. Que l'Abbé neantmoins aduife bien
ce qu'il fait , & pense qu'il doitvn iour rendre
compte à Dieu de tous fes iugemens Sc ordonnances de peur que la flamme d'enuie ou de jalousie ne vienne à brusler son amc.
Dr PORTIER Dr MONASTERE.
CHAP.
L
L X V I.
'On députera à la porte du Monastère
quelque sage vieillard qui fçache porter
parole, Sc rendre refponse , auquel la maturité ne
permette point de courir çà &c là , lequel doit
auoir fa cellule soignant la porte , à celle fin
que ceux qui viendront, le trouuent tousiours
présent pour en tirer refponse Et dés aussi-tost
qu'on heurtera , ou qu'il entendta crier quelque
pauure, il ìefpondra Dee grattât, ou Bsrt'dicttmus
Domino. Et d'vne douceur pleine de pieté & deuotion , qu'il rende promptement refponse auec
serueur & chanté. Que si ledit Porrier a besoin
d'ayde , il prendra auec foy quelque ieune Frère.
Or s'il est possible) le Monastère doit estre composé de telle forte que tout ce qui luy est nécessaire, à fçauoir l'eau , le moulin, le iardin , la
boulengerie, & autres diuers mestiers sc puissent
exercer
oo
LaReçle dtt B. P.
exercer au Monastère , afin que les Religieux ne
soient point contrains par ncccíïiré de sortir; car
cela n'est point du tout expédient pour le bien
de leurs ames. Or nous voulons que cette Règle
soit souuentesfois leuë à la communauté , afin
que personne ne s'excuse, en prétendant cause
d'ignorance.
DES
F -RE RE S
emoye dehors.
CHAP.
L
QJs' O N
L X V 1 1.
se
Es Frères qui seront enuoyez dehors ,
recommanderont aux prières de tous les Frères, ou de l'Abbé : & tousiours fur la fin de la
derniere oraison de f Office , l'on fera mémoire
des abfens. Le mesme iour que les Frères feront de retour de leur voyage , ils se prosterneront en terre sur la fin des heures Canoniales,
afin que tous les Frères prient nostre Seigneur
de leur vouloir pardonner les excez, qu'ils pourroient auoir faits pendant le voyage , regardans
ou entendans choses mauuaises ; ou proferans
des paroles oyfeufes. Et qu'ils fe donnent bien
garde de rapporter Sc redire aux autres ce qu'ils
auront veu ou entendu hors le Monastère, car
cela est grandement dommageable. Quiconque
osera faire du contraire , fera soumis à la correction régulière : Comme le fera pareillement
celuv qui présumera de sortir hors de l'enclos
du Monastère , aller enquelque lieu que ce soit,
o a faire chose aucune pour petite qu'elle puisse
JainEí Benoijl.
91
cstre , sans le commandement ou permission
de l'Abbé.
DES
CHOSES
IMTOSSI-
blés qu'on cemmande aux Frères.
CHAP.
LXVIII.
I d'aduenture on enioint ou commande choses fascheuses & impossibles à quelque Frère,
il reccura bien auec toute la douceur , & obéissance ou soumission qui luy sera possible le commandement qu'on luy fait : Mais s'il Toid que
telle charge excède la portée de ses forces,il fera
entendre à celuy qui luy faitcommandement.les
causes pour lesquelles il ne le peut:ce qu'il doit
faire patiemment, & opportunément, & non pas
auec arrogance.rcsiftance ou contradiction. Que
fi aprés luy auoir tout déclaré , le Supérieur ne
change point d'aduis,& veut qu'il en passe p .ir là,
l'infetieur doit croire qu'il luy est ainsi expédients obcyt volontiers en charité, se confiant
en l'aydc & secours diuin.
S
QV'IL N* EST ?0 I NT Licite à aucun de deffèndte personne
dans le Monastère.
CHAP.
I
L X IX.
L faut tres - soigneusement donner ordre que
pas vn ne présume de deffendre , ou soustenir
quelque autre Religieux dans le Monasterere,
pour
9L
La Règle du B. P.
peur quelque occasion que ce soit , quand bien
mesme il seroit proche parent , ou allié de bien
prés par cons mgainité. Voire en nulle autre façon , cela ne, doit point estre présumé des Moynés: arde là peut naistte vne dangereuse occasion de scandale. Et si quelqu'vn contreuient à
eccy. qu'il soit chastié bien scucrement.
QVIL NE SOIT PAS LOIJible à chacun indifféremment de frapper,
en excommunier personne.
CHAP.
LXX.
P
Our êuiter au Monastère toute occasion de
présomption , nous commandons,& ordonnons, qu'il ne soit licite à personne d'excommunier ou chastier pas vn de ses confretes , sinon
à celuy, auquel l'Abbé aura donné ce pouuoirCeux qui offenseront . seront repris deuant tous,
pout donner cr. inte aux autres. Chacun neantmoins veillera fur les enfans , Sc lestienira diligemment fous la discipline , insqu'à l'âgc de
quinze ans.Mais que cela se fasse encore par mesure & raison:car au delà de cet âge , quiconque
présumera de ce faire sans le commandement de
l'Abbé: ou mesme quiconque chistiera les enfans
indiscrètement & auec trop de seuerité ; il sera
soumis à ladifcipline régulière, d'autant qu'il est
eferit , Ne fàis point à autruy ce que tu ne voudrais pas qu'on te fîst.
DE
JàinSí Benoijì.
DE
V0BE1SSANCE
tuelledes Ertres,
CHAP.
93
MV-
L X X I.
I
L ne suffic pas qu'vn chacun rende le deuoiï
d'obcïssance à l'Abbé seulement ; ains il fauc
encore que les Frères s'obeïssent mutuellement
l'vn l'autre , s'assturant d'aller à Dieu par cette
voye d'obeïssancc.Par ainsi aprés le commandement de 1 Abbé, ou des Supcrieuis qu'il aura mis
en charge ( auquel nous n'entendons point que
les commandemens des particuliers ou simples
Religieux soient préférez ) du reste, tous les plus
icunes ou inférieurs obéiront à leurs Anciens,
auec toute la charité & diligence qui leur fera
possible : s'il s'en trouue quelqu'vn contentieux.qu'on le chastic.D'abondant.s'il atriue que
l'Abbé ou autre Supérieur reprenne quelque Frcre.coinmcnt que ce soit ; quand mesme ce feroit
pour peu de chose : voire si tel s'apperçoit aucunement que l'efprit de son Aixien ou Supérieur
estoit tant soit pea cfmeu & irrité contre luynncontinent fans plus différer,il se ietreia & tiendra à ses pieds prosterné en terre, luy faisant satisfaction, iusqu'à tant que rémotion cesse par la
bénédiction. Que si quelqu'vn ne tient compte ,
ou mesprisé de ce faire , il sera puny corporellement.-ou s'il est contumace,il fera chassédu Monastère.
Dr
94
La Règle du B. P:
Dr BON ZELE QVE LES
Religieux doiuent auoir.
CHYP.
LXXII.
Omme il y a vn raauuais zelc d'amertume,
qui sépare de Dieu Sc conduit en Enfer:aullï
y a- il vn bon zele qui scpate des vices , & conduit à Dieu,& à la vie eternellc.Que les Moynes
doncques practiqucnt ce zele icy d'vn amour
tres-feruent, sc preuenant l'vn l'autre d'honneur
& de respect , supportant patiemment leurs infumicez,tant de corps que d'esprit, & s'obeïssent
l'vn l'autre comme à i'cnuy. Que personne n'enfume ou s'addóne à ce qu'il iugera luy cstre proíitable: ains suiue plustosten cela l'aduis des aunes. Qu'ils rendét le deuoir de charité fraternelle , auec vn pur Sc chaste amout , craignent bien
Dieu , aymant leut Abbé d'vn amour -humble &.
sincère : Ne préfèrent rien du tout à IESVSCHÍUST , lequel nous vueille conduire tons e«~
semble à la vie eternelle.Ainsi soit- il.
C
OVE
púnU Benoìji.
95
QVE V ENTIERE O B SE Ruams de Iusttce ou perfection n'est pat
contenue en cette Règle.
CHAP.
LXXIIL
Ous auons dressé cette Règle à celle fin
que la practiquans au fvionastere , il pajioilíc aucunement , qu'il y a chez nous quelffluc honnesteté de vie . ou quelque commenement d'obseruance
D'abondant pour ceux
ui tendent à la perfection ; on a les documens
esSaincts l'eres, lapractique desquels conduict
es hommes au saisie de la persection.Car quelle
page ou Chapitre y a- il de l'F.ícriture saincte, au
ieil ou nouueau Testament, qui ne soit vne Rclc tics droicte & parfaicte de la vie humaine»
oire quel liure y a- il des Saincts Pcies C athoiques & Orthodoxes , qui ne nous enseigne lc
oyende paruenir à nostre C réateur ì pareillement les collations , ou conférences spirituelles
des Peics , leur institut & façon de viure : & enco'e la Règle de nostre Peicsainct Basile , que
"o..: ce autre chose que des exemples des Moies obeïíTans & de bonne vie, & qu'autant d inrumests ou enscignemens des vertus , qui nou»
doiuent faite rougir de honte & confusion , pour
estie si faineans , malins , & negligens que nous
sommes ? Doncques , quiconque tu fois, qui faiî
diligence d'aller au Ciel . practique & accomplis
auec l'aífistancc de nostre Seigneur le petit comencemenc que ie t'ay descrit en cette Règle:
9 6 Là Règle du B. P. S. Benoìji. I
& pat aprcs moyeruiant l'aíGstance de Dicuj
tu paruiendras au comble plus haut Sc rcleutl
d'enseignemens Çc de vertus, que nous auons dit
cy-dessus.
I
Le Royaume du Ciel fera ouuert à ceuz qui
ptacìiguetont ces choses.
BIBLIOTHEQUE
•DE LA VILLE
DE PÉRIGUEUX
FIN
m
Dieu,
rcleuí
K>ns dit
■UZ qui
