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Médias

Fait partie de Première trompette de Hiericho

extracted text


PREMÏERE

TROMPETTE
D E

H I E R I C H O.
Par

I E A N BAPT tSTE

PlCHARD, Archidiacre

& Chanoine Théologal
de Perigtteux.

3

SlSLlOTtìEQut- .1
DE LA VILLE !

A PAR

,RÉR!&ij£U J

^ÍIÎ

Chez IEANLIBERT 3 demcu«
rant rue S. Ican de Latran.
deuant lc Collège Royal.
M. D C. XX.
*4ue c PrMÌhjre^ approbation*

AV LECTEVR.
E nef pas aux armes
à qui le S. Esprit 'veut
que soit rendu ['honneur de la prise de Hierichó.
Ces aux Tropettes.L 'artillerie
quifut employée pour battre les
efperonsj.es bouleuarsjes tours*
les murailles & les rampars de
cefleforteresse , ne fut pas vne
rangée de canons tonnans &
foudroyans j mais •vn concert
de Trompettes embouchées par
des Pretlres
fiéa^;'tjolfdo'n\
J
V bl.V3Jr.lv.'
nonce de Jo uè. DE LA VILLE
Strm~. rvc
A
r- 1 vCl
Hkncho \ m±^MÏrr\ ^
a ij


.

J

,

1 ... .

-,

r-.j

Au Lecteur.
efi la figure du monde. Comme
les murailles de cefie villefurent
ruinées au son des tompettes,
ainsi faut il que la Cité du monde , qui ef la superbe auec fes
tours>qui font l'auarice , l'enuie
& la volupté'Joient defiruites
par l' assidue' Prédication des
Prefires. Les Preflresfont oblige% de ne fe taire en l' Eglisefils
ne veulent désobéira ce commandement du Seigneur. Crie, ne
cesse point f hausse ta voix corn"
me vne Trompette,^1 annoce à
mon peuple leurs mesfaióîs. Il
leur efi enjoint de crier à plein
gosier tde ne cesser point;ou de
n'efpargnerrien > d'efeuer leur
voix comme vne Trompette.
Chacun de ces mots porte son

Au Lecteur.
emphase. Ton silence o Prefire,

I

[

peut eauferla perte du pécheur^
cuidant cfpargner fa honte } tu
hasardes son salut. Ton cri
pouuoit guarir des playes que
ton silence enuenime. Crie donc
haut &fort> afin qu aucun ne
s 'excuse de net'auoir ouy crier
corne vneTrompette.LaTropette n' efi pas tant un inflrumet de
refiouijfance,que cïcfpouuantemet ; on ne lafonne pas tat pour
égayer que pour effrayer. La
Tropette efi nécessaire aux pecheurs } non pour pénétrer leurs
oreillesfeulement 3 maispouref'
mouuoir leurs cœurs -, nan pour
leurdonerdu plaisir auecvnson
harmonieuxjnais pour les chaftier auecson retentissement pour

aiij

r

Au Lecteur.
animer les vaillans à bie faire
pour déterrer les poltrons de mal
faire. Corne la Tropette sonnât
lacharge,gele le cœur dupoltro y
& efhausse le courage du vaillant -.ainsi la voix du Preflre affaiblit le courage du m ejchant,
& r ensorcelé cœur de i'homme
de bien. Vn mefme son anime
cefuy cy pour le redre plusfort
& ardant a vaincre. 3 effrayp
cefiuy là pour te rendre plus pesant & plus tardif à pécher.
C'efl l'ojfice & ïexercice des
Trompettes sacerdotales , de deílruire les œuures- des vicieux^
' & d'eftablirles aéíions des vertueux. Les Tropettes de Hiericho en efoient la figure.-elles ad%ertiffoiet & menaffoient auec
j

Aií Lecteur.
leurs diuerfes reprises les habi tans de Hiericho de leur ruine
■prochaine. Celles des Préfire*
Chrefliens auec pareille intention font retentir aux oreilles
desCitoycns du Monde\cn tant
de diuerfes Chamades da crainte
de la mort 3 la terreur du iugement 3 1'horreur de l'Enfer.
hes Hierichontins s'opinia*
Jï ferent contre le son des Tronrpettes luifues, ils en furent dc~
fruits defonds en comble. Les
Mondains qui s' obfinet cotre
les aduertiffemes & les menaces des Trompettes Chrefliënes,
ne doiuent attendre que leur
damnation eternelle. Si Hiericho eíloit la figure du Monde Je
Monde l'efl aujìi de ïherefe.
a iipj

Au Lecteur.
Les■ propriétés que S. Iean attribue au monde pcuuent auec
esgale vérité eflre attribuées a
B.ÏP.-.IÍ. l'hereJte.Tout ce qui efi au mondes? en ïherefie eíï conuoitije
- de la chair, conuoitije des yeux s ,
& orgueil de la vie. Le Monde
& l'herejìe passent auec leursuo.s.i). conuoitijes. Le Monde & l'herejìefont mis en mauuaifiié. Le
Monde <& ï h èrefie sefont tousioursdeclare^ennemis jurés de.
u^. n . jcp^ çy^
j ç
& e m
Çe. Iamais il n'y eutfidelleJerui:*
teur de I.ejus-Chrifi & defonEgìije,qui neJe déclaraJì aufii en *
nemi iuré du Monde & de l'he refie. Auec le mefime T^ele que
ï'on doit defrer la ruine du Mond^ej'on doit aufi defirer celle de

Au Lecteur.
ìherefe. Mais ce ?ele ne doit
pas efire accompagné de moindre discrétion en la poursuite de
l'herefe, qu'en celle du Monde.
Comme il faut tafcher de de
fruire le Monde, & fauuer le
Mondain, aufi faut il s'efforcer de ruiner l'herefe & conferuerï Fíeretiqut. Il fautfauuer le Mondain nettoyé de son
Monde , £jr conferuer l'Heretique purgé de son herefie. Mais la
defruélio duMonde & de l'herefe ne doit eflre procurée par
les Prejìres qu'auec les armes,
des Prefres. Armes dont les exoits d'autant qu'ilsfont moins
périlleux & moins dommageables , d'autantfont ils plus affeure% & plus glorieux > mef

Au LecteurC

mement fous la conduite d'un
lofiié. Louys le Iufle 3 Dieu
njous continue les grâces de.
Louys le Sainól. Pluseurs con formitésfe rencontrent aux premières années du règne de tous
deux. Dieufaffe qu'elles fefuiuentenla fuitte de vofire âge^
pour la conferuationja paix &
le repos de vofire Efiat. Louys
k Sainóìpafa la mer pour escadre plus loinglefruit & le bruit
de fa faincleté i il n' efi ia besoin que Louys le Iufie forte de
France pour remplir l'Vniuers
Chreflien du bonheur
de la
renommée defa lufiice. De la
teíle coule la source de tous les
sens; dufils aifnéj'honneur de
toute la. Famille \ De vofire-

Au Lecteur.
Couronne trcs Qhreflienne,
Louys le luïle, la gloire de toute la Chreflienté.

Eux de la Religion pre~
1 tendue reformée ont fait
i

courir le bruit longtempsj a t
qu'ils dejtreroient jort que le
mot de prétenduej-ufisupprimé,
en tous- lp s endroits oà('on fait
mention d'eux.
Cejìe première Trompette de
Hierichofait retentir haut &
clair que c'est afaux titre que
leur nouueìle opinion s'ejldon^
née la qualité de Reformation*
Vous oyre% en la seconde
quelle ne mérite pas le nom deReligion. Les autres en fuitte

Au Lecteur.
sonneront, qui a mis cefie prétendue Religion an monde 4 &
qui ly maintient.

Les deícouurir ce'st les
ruiner.

TRI FILE CE.
OVYS PAR LA
grâce de Dieu Roy
de France & de Na«
uarre, A nozamez
& seaux Conseillers renans
nos Cours de Parlemcns,
Baillifs, Seneíchaux, ou leurs
Lieutenans , & autres Iusticiers qu'il appartiendra, Sa*
lut. Nostre cher & bien amé
Iean Libert, marchand Libraire Iurc à Paris^ nous a
fait remonstrerquelùy ayân
esté mis en main vn Liure
intitulé PrcmiereTrompette de
Hierkho , par Jean Baptiste

Picbard, désirant le Faire im-

primer > le donner en vente
au public ; c'est pourquoy ledit expoíant nous a treshumblement faict supplier
luy vouloir octroyer nos lettres íurce nécessaires, humblement requérant icellcs. A
ces causes nous auons par ces
présentes permis & permettons audit Libert, d'Imprimer ou faire Imprimer, par
tel Imprimeur que bon luy
semblera, durant le temps de
íìx ánsj pendant lesquelles
nous faisons expresses deffences à tous Imprimeurs ôc
Libraires, & autres quelcon ques de rimprimer, vendre
ny debiterjíicenestdu con-

lentement dudit Libert, a
peine de confiscation & de
cinq cens liures d'amende. Si
vous mandós, & à chacun de
vousenjoignonsjque denostre preíentPriuilege& permission, & du contenu cy
dessus, pour faire ioiiir ledit
exposant, ou ceux qui auròt
droict: de luy, sans qu il soit
bcsom d'autre signifícatioj].,
& de ceídites présentes faire
mettre vn extraict au commencement ou à la fin dudit
liure. Cartelestncítre plaisir. Dóné à Pans le 51. iour de
Iuillet l'an de grâce i6zo &de
nostre règne levnziesme.
Parle Conseil.

VARNAIOW.

APPROBATION.

j^-Ovs foubs -fgne^ DoSieurs en Théologie de la
faculté de Parts, certifios auoïr
leu vn liure intitulé, Première Trompette de Hiericho,
composé par IeanBaptiJìe Pichard , auquel nauons rien
trouué de contraire à la doctrine de b Eglise Catholique 3 Apoflolique & Romaine. Faiói
en Sorbonnè le zo. Iuillet i6zo*

H BACHELIER.
I. B AND EL.

PREMIERE
TROMPETTE
DE

H1ER1CHO.

CHAMADE

1.

A reformatió de
laReligió Chrestienne se peut
diuiíer en autant
dediuersitez que les íujects,
fur lesquels elle agist,sont diuers. On les reduit communémét à trois chefs. Le premier est ladoctrine delafoyi
Le second, le seruice diuin,
extérieur & culte public-, Le
'
A

Z

TROMPETTE

troisieíme & dernier la vie &c
]es mœurs. Sans ces trois , il
n'est point de vraye Religió:
Et où ces trois fe rencontrer
sains & entiersjc'est vne marque aíseurée que la vra ye Religion y est. Chacun de ces
trois a fa face & fa forme,
qu'il n'est licite de defíìgurer
&difîormer, comme estant
peinte&empraintedeDieu.
Pour le premier, c'est de
luy que l'Apostre parloir,
quand il faiíoit ce commani.T/m. x. dementàsonTimorhée,Retiens la forme des saines paroles, que tu as oiiyes de
vhiupf.ì . moy ; & aux Philippiens
Prenez garde à ceux quiche»
minent ainsi, comme vous

DE

HIER1CH0.

3

aueznostreforme. Etquâd
il loiioic les Romains de cc Km - squ'ils obeiiToientde cœur à
la forme de doctrine qui
leur auoit esté donneey 11 at- Rom.ií .6:
tribuë à ceste forme plusieurs noms, l'appellanctan- m,ï$:
tost analogie,
proportion GaL6 16b
■r
n
i.Cer.io.
& railon , tantolt canon &
règle delafoy.
Ce n'est pas de ceste forme , à proprement parler,
dont nous débattons à présents dont il est question
en toutes controuerses de
Reformation.
Non pas
que la doctrine de la foy
ne fe puiíîe ' corrompre ,
( car qu'est— ce qu'hère—
sie , si ce n'est corruption

4

TROMPETTE

de doctrine ; ) ny que le resta bliflement de la doctrine
corrompue n appartienne à
la Religion: Mais c'est par
ce que la forme & la règle de
la foy est de telle nature que
elle ne peut estre ny altérée
ny diueríìfiee , ny corrompue en partie: ía corruptió
est fa totale destruction. Elle
est touíìours vne , touíiours
de mefme, immuable, &
pourvíerdu terme de Tertullian , irreformable. De
manière que varierJvioler,&
corrompre la doctrine de la
foy,ce n est. autre choie qu'abolir toutà faictla Religio.
C'est pourquoy les SS. Pères
de l'antiquité chrestienne

5
ont estimé le Christianisme 1 ^''" "?
incompatible auec quelconque alrerarionde ceste for- i.'»-*-1 *me j pour petite qu'elle fust.& ont desauoiié pour membre de sEglise
quiconque coat.xh.
b .
.
. n
, *
.
«.£.3 w.
opiniaitreroit Je moindre
poinct contraire àlafoy:ou
tout ou rien. La forme de la ub
a
foy se peut refhblir , par ce fc "£ r'
qu'elle se peut perdre j mais Arr^"rDn
elle ne se peut reformer, par cc.tr. L»ce qu'elle ne se peut corrom- "^'ug . d»
pre qu'en périssant, & ne íè|Tj£j| ;Mpeut altérer que par sa ruine. 10.
L'image de Phidias représentée dans le bouclier de
Minerue,estoit faite demai^
queterie comme tout le bou«
clier } auec tel artifice, que la
A iij
DE

HIERlCHO.

.^ï.

6

TROMPETTE

moindre piece desplacee^
toute la forme de l'image &
du bouclier se defFaiíoit. Ceste piece ostee,& ceste confusion arriuee, celuy qui remettroit le tout en ion premier estât , que feroit-il ?
comment appellerions nous
son ouurage ï Reformation
ou RestabliiTemét? Ceseroit
reformation si le nez ou la
bouche de limage, ou quelque partie du bouclier auoic
esté difformee: mais quand
la forme toute entière est
destruitte & deffaite , celuy
qui la refait mérite propremét le nom de restaurateur,
non pasde Reformateur.
Laiííons donc pour ceste

DE

HIERICHO.

7

heure ce premier chef, auquel la reformation prétendue ne peut toucher sans se
deíTaire elle mesme; puis que
la Reformation ne se peut
approprier aux formes destruictes, comme la guariíon òt la médecine ne se peuuent appliquer qu'aux malades,^ non aux treípaiTez.
Venons aux autres deux
qui font le feruice diuin 3 &
les mœurs. L'vn & l'autre de
ces deux est muable de íoymesme jprins en son entier;
pour leurs parties , elles ne
iont pas seulement íuiettes
àchangemét.ainsle requièrent bien souuent sans offencer ou endommager la
A iiij

8

TROMPETTE

Religion.
C'est; donc sur ces deux
chefs que peut tomber la reformation dont nous auons
cntreprinsce discours ; à raison de laquelle nos prétendus Religionnairespeuuent
prendre le titrede Reformateurs,ou de Reformez. Mais
aífin que nous rangions nos
bataillons, & que nous ne
nous amusions à escarmoucher contre des fantofmes:
auant que passer outre , il
faut fçauoir qu'il y a grande
disseréce entre ces deux derniers chefs, & confecutiuemét en la procédure de leur
reformation 3 lors quelle y
est requise. Car c'est vn or-

DE

H1ERICH0.

S>

dre qui nécessairement doit
estre tenu en toute reformation de Rehgion, d'auoir
premièrement & principalement esgardau renouuellemét de l'homme intérieur,
qui consiste (supposée lapujeté & intégrité de lafoy orthodoxe) en la pieté & saincteté de vie & de mœurs. Or
est il que nos prétendus Réformateurs en víurpant la
censure vniueríelle de la
Chrestienté.ontmisla charette deuant Ies N bœufs. Ils
ont tendu tous les cordages
de leur esprit , ont desployé
toutes les voiles de leur éloquence à descrier & diffamer
la forme du seruice diuin ex»
, A v

IO

TROMPETTE

rerieur,, qu'ils ont trouuc en
vfage en l'Eglise Catholique
Apostolique & Romaine,&
ont employé tous les engins
de leur industrie & de leur
force à la reformer } fans se
soucier du tout point, ou
fort peu, de la reformation
de imteríeur.
ïls crient assez contre le
Vice, mais dequoy sert leur
crierie,íìiamaisils n'appor-»
tentriendepropre pour l'a.
mender? Ils discourent assez
f?lpst!í de l'innocence , de Timita7 -Mi. tion de Ieíus - Christ, du renoncement de soy -meíme,
ils preíchent assez que c'est
vn poinct fans lequel il y a
vn monde de vices caché en

DE

HIERICHO.

U

lame de l'homme; ils font
des liures entiers du mefpris
du monde, & de l'amour de
Dieu. Mais des moyens intérieurs d'acquérir, de conferuer , de praticquer ceste
innocence, ceste imitation,
ce renoncement,cc mefpris,
cest amour , pas vn mot.
•r
Catech
„Leurs catecniimes portent mt D i
„bien que le S. Eíprit habi- t4„tant en nos cœurs nous fait
„fentir la vertu de nostre
„Seigneur Iefus, nous illu„mine pour nous faire co«
„gnoistre ses grâces, les feel„Ie& imprime en nos ames,
„nous régénère & fait nouvelles créatures. Mais fondez vn peu plus auât ces cateT

Ì

Jl

TROMPETTE

chistes, & pour éclaircir leur
instruction , enquérez vous
d'eux où est logee & reíjdente ceste illumination, ceste
régénération, & ceste renonation, vous trouuerez en
fin que Iaconcluíîon de touc
leur discours ,1'efFet de toutes ces promesses fondra en
ces deux veríèts du Plalmiste, Bien heureux sont ceux de
qui les péchez^
couuerts>
& auxquels le Seigneur ri impute point liniquité : & que
tout cest enrichissement du
S. Esprit ne sera autre chose
que la rémission des péchez,
non pourestre effâcez,mais
pour n estre point imputez,
De façon que ce somptueux

sont

DE HIERICHO?

ij

appareil de grâces se résoudra en vne imputation de
iustice S c'est à dire d vne íuI stice absente de lame qui en
est iustiíìee. Voyla pourquoy ils se sont espargnez à
| traitrerdeceste reformation
intérieure: Qui est à la vérité vne faute bien lourde, &
d'autant plus blasmable que
elle a esté commise sur le
\ sueil d'vneaíFaire íî importante, ôc à l'emboucheure
! d'vne entreprise de relie con| séquence. Car il est certain
que la droitte institution,
! renouation ,& mortifìcatió
de l'Jiomme intérieur est ic
I vray fondement du seruice
I diain extérieur: & que íì le

!4

TROMPETTE

dedans ne va bien, si ce fondement intérieur n'est bien
posé, tout ce qu'on bastic
d'extérieur s'eíboule 3 s'efcoule à vau Peau,&fe perd
dans le fable.
Mais quelque lourdiíe
qu'on remarque en cechoppement , on ne laisse pas d'y
recognoiítrevne procédure
prou conforme aux principes de leur doctrine reformante. Quelle regeneratio,
ie vous prie, quelle renouation,& mortification intérieure pouuoient prescrire
& ordonner à bon eícient
fans mocquerie & fans feinte des Reformateurs , qui
„croyét pour articles defoy,

DE HIER1CH0.

lj"

^que la meilleure action de
,,1'homme, voire âpres cjirii
„ est vrayement régénéré de
l'efprit de Dieu , n'est que
jjsoiiilleure &c corruption?
,jque toutes les ìultices nç
íont qu'ordure & puantife, ^ff^li
11
dignes de condamnation
,,que toutes Jes ceuures des
„iustes font de leur nature
péchez mortelz: que tout
„ainsique lesbónes œuures tutUtuy.
ne font point Phomme de christ!'
^bien, de meímes les mau^uaifesnefontpoinilcmau9J uais? que tout ainsi que
„nulle bonne œuure ne proj,fite au salut & à la iustice
3 ,de Pinfidelle , de mefme au
M rebours nulle mauuaife
35

16

TROMPETTE

O oeuure ne peut rendre
,,1 'bomme mauuais& damne,& que la seulle incrédulité a ce pouuoir? Finale„ment (comme nous disiós
}) n'agueres) que toute la iusticedes sidelles consiste
},en la feule iuítice de Christ,
,japprehendeepar láfoy, &
^imputée à chacun de ceux
„qui l'apprehendent en ce„ste manière, comme si en
,.> effet elle estoit sienne pro „pre, bien qu'en efTet il ne
„ se face aucun changement
„en luy.
11 ne faut donc point sestonncr s'ils n'ont commencé leur prétendue reformation par le reuouuellement
intérieur

DE HÎER1CH0.
\7
finterieur; voire s 'ils ont paí-j
sé pardessus ce chef fans en
faire ny prise ny mise, bien
•que ceíoitvne erreur indigne d'excuíe, comme nous
venons de dire , & que de la
feule consideratió de ce défaut, s'enfuiue la reformation du feruice diuin extérieur estre nulle, & ne pou-

noir nullemét subsister: par
ce que son originaire foustien, son principal entretien , & son humeur radicale
luy manque, qui est la renoíUation intérieure. Ilnefaut,.
dis je,trouuer estrange vn
jtel délai île ment en tels réformateurs. Au contraire
fjqukonque accordera les íus~
B

tt

TROMPETTE

dites maximes de leur doctrine reformante, il est tout
clair qu'il ne se peut desdire
d'approuuerce delaisîemér»
Car íl la pureté du seruice
diuin , comme ils eníeignétj,
consiste en la feule foy ,(non
pas en la foy par laquelle
nous croyons ce que la doctrine Chrestienne nous apprend, & que la parole de
Dieu ncus a reuelé ; mais
en la foy , par laquelle la
justice de Christ présentée
& promise en l'Euangile est
appréhendée ) il est hors de
doute, que pour dresser vne
reformation, ce seroit chose superflue de s'amuser à rechercher la pieté ^saincteté.

DE HIERICHO

1<>

& intégrité de mœurs & de
vie aux personnes reforma^
bles, puisqu'elles n'en peuuent auoirqucpar imputa-»
tion.
Nous passerons donc en core le chef de la vie & des
mœurs fans nous y arrester
d'auantage,attendu que nos
prétendus reformateurs ne
peuuent prétendre la coníeruation de leur nom souz
^son titre, par ce qu'il ne se
ipeut accommoder auec les
\ merueilleux axiomes de leur
• doótrine prodigieuse.
Reste donc le chef du seruice diuin extérieur, contre
lequel , comme nous auons
dit, ils om ramasse tou tes les

B ij

20

TROMPETTE

forces de leurs entendement,
pour donner couuerture à
leur reuolte , & fouz ce prétexte faire accroire aux íîmples, que ce n5 eft pas fans
plusieurs grandes & iustes
raisons qu'ils ont abandonné PEglise Catholique, Apostolique & Romaine, &
out entreprins ce glorieux
exploit de leur reformation,
prétendue.

£3
CHAMADE

II.

^SîSP ^ * cy ot* i ^am ac~

J

' tacher le combat, &
presser nos séparez
de iuílifier au publie leur

DE HIERICHO.
22
prétexte. Ie vous demande,
prétendus Reformateurs,
quelle est ceste horrible difformité de l'Egliíe Romain
ne, donr vos consciences délicates, pures & íainctes, ont
esté íì fort scandalisées & effrayées, quelles n'en ont peu
supporter le seul regard?
„ C'est la corruption du
„feruicediuin,disent-ils,tcl„lemét désiguiéjqu'ilne luy
est demeuré aucun traict.
,,de Christianisme. Ce n'est
}> plus aujourd'huy qu'vn
,,monstreux ramas de íuper„stitions & d'idolâtries, vn
„meflange confus de ludaïf„me & de Paganisme, L'E«glise Romaine a des Tern-

B iij

22,

TROMPETTE

j,ples,des Autels & des Tacri„íìces. Elle vse de vases saM crez,d'encensemens, delu^minaires. Elle célèbre des
„festes,elle obserue des ieus„nes, elle adore des images,
? ,elle a íes Nazariens & ses
j,Vestalesàla mode des luiss
„& des Payens. Bref, fa face
,,repreíente mieux le temple
„de Salomon , ou le Pan„theon d'Agrippa, que l'E-?
„glise desApoîtres.
Voyla lans doute vne.
charge furieuse, vne accusation énorme, vne difformité deteítablement horrible,
íì ce dire est véritable. Mais
i'efpere, auec Paide de Dieu,
que les moms malicieux des-

DE

HIERICHO.

couuriroc auant que la mes-,
lee se sépare, que toute ceste
accusation n'elt quvne supposition maligne, vne ca«
lomnie industrieuse, vne triste couuerturede rebellions
& d'apostasies. Posons pour
ceste heure que la difformité du seruice diuin pratiqué en l'Eglise Romaine soit telle qu'ils la dépeignent, voyons quelleforme
ils luy substituent. Puis que
la forme présente paroist si
laide & si affreuíé à ces belles
ames, qu'elles n'en peuuenc
souffrir l'abord , il faut estimer qu'elles ont leur con»
ceprion & leur imaginai ion
saisie dequclq^e toímt au~

í4

TROMPETTE

tresfoisveuëjíur ridée de Iaquelle,comme fur vn exemplaire tres-parfaic & tres-aecompIy,ils deíîeignent leur
reformation prétendue. le
croy que ce íeroit faire tort
à des reformateurs fi deuòts
&stzelezà la pureté du feruice de Dieu, de faire autre
jugement de leur preud'homie.
Pour sentier dechissrement de ce mystère, & pour
efclaircir le fonds de nostre
diffèrent, il est nécessaire de
présupposer, que tout ainsi
que depuis la création du
mondeiufquesàcesteannee
3618. Dieu n'a eu que deux
peuples, ou deux focierez de
peuples

DE

HIER1CH0.

ls

ipeuples, cjui ayent honoré
auec vn seruice public sa Di-uinite souueraine, les luiss
&IesChrestiens. Demeíme
auíïì n'y a il eu que deux
formes de ce seruice public.
La première donnée & ordonnée par Moyse,& exaétemét articulée iusques aux
plus pecices cérémonies,
ìouxte l'exéplaire que Díea
îuy en auoit monstré fur la
montagne. La seconde instituée en partie par IesusGhnst de fa propre bouche,
&en partie parles Apostres,
ou leurs successeurs, inspirez & guidez du Sainct Esprit Or tout ainsi qu'outre
sombre 5de corps.outre le;

i~

C < '

26

TROMPETTE

stat du vieux & du nouueau
Testament .outre Moyse &c
Îeíus-Christ, outre la loy &
l'Euangile j outre le ludaifc
me & le Ch ristianiíme, il ne
se peuts trouuer de tierce Religion vraye : de mesme outre ces deux formes de seruice diuin, on n'en doit rechercher,ny mesmes imaginar aucune tierce. Car pour
les premiers Pères & Patriarches, qui precederet Moyse,
comme la vraye Religion
consistoit de leur temps plus
en personnes particulières,
qu'en peuples & en nations,
le Seruice diuin qu'ils pratiquoient , estoit aussi plus
perfonel& particulier } (fui-

DE

HI ERIC H O.

1J

uant l'inspiration donc il
píaisoit à Dieu fauorifer
chaque ridelle en ía dcuoition) que local, ainsi que
chez les luiss au Tabernale
Jôc au Temple, ou généralement vniueríel , ainsi que
Ichez les Chrestiens. du So- Malach 4 cil leuant iuíques au couchant, preícrit neantmoins
& arresté, & par manière de
dire, limité & circonscrit de
quelques façons & cérémonies certaines & obligatoi||es. C'est pourquoy nous he
íjtencontrós point en la sain•cte Escriture les noms de
congrégation ou d'assemlee, de Synagogue ou d'EIise durant le tempsdeces

zB

TROMPETTE

vieux Patriarches. Apres la
îoy donnée, âpres sélection
& consécration d'vn souuerain Prestre & d'vn Autel,
âpres l'ordonnance & l'in.
ílitutio des sacrifices réglez,
des cérémonies, & personnes publicques propres &
£xol H -conùenables pour les offrir,
xmb. Ì 9. c'eft l° rs que tout première ment ces noms s'y lisent. Et
parauéture n'est-ce pas fans
mystère que le nom de Synagogue se treuue plustost
que celuy d'Eglise.
Tout ainsi que les hommes ne se peuuentvnir íouz P
n
vn nom de Religion s'ils ne
s allient entr eux par le moye ^
dequefquesmarques,seaux, 1

DE

HIERICHO

2<)

ouSacremensvisibleSjCom- " ,
me die tres -sagement S. Au- F- W*- L,Í n ■
1
n -1
19
guítin:de meíme elt-il préalable qu'il y ait quelque assemblée & vnion d'hommes
/liez ensemble par certaines
imarques & Sacremens, auat
Iqu'on leur puisse prescrire
des cérémonies, & instituer
<vn culte public. Il n'y a donc
eu iusques icy que deux sortes d'assemblées de sidelles,
nommées pour mettre distinction entr'elles, (ainsi
que remarque encor es lci»t>saiM.
mesme Sainct Augustins la
première Synagogue,la derniere Eglise. II n'y a eu pareillement iusques icy que
deux formes de seruice diC iij
.C.U.


TROMPETTE
uin. Si nos Reformateurs
prétendus veulent mettre en
auant quelque reformation
qui mérite ce nom parmy
des personnes cjui croyent
en Dieu, ils font obligez de
sarrester à quelqu'vne de
ces deux. Ils doiuent releuer ce qu'ils estiment decheu , ou restaurer ce qu'ils
croyent destruit au seruice •
diuin , non selon le modelle des nouuelles conceptions :\
de leurs ccruelles, mais selon lexemplairede Pvne ou
de l'autre de ces deux , dont
Dieu est autheur. Ils se disent Chrestiens & Reformateurs du seruice diuin
des Chrestiens : ils doiuent 1

ÍDE HÏER1CHÓ.

3H

doncrestablir la vraye forme de TEglise Chrestienne:
|*non pas en forger tout de
•nouueau vne, qui n ait ia,mais esté; autrement ce .ne
í'feroitpas vne Reformation
^Chrestienne, ains vne proIphane transformation, vne
Jdiíformation diabolique.
De grâce, prétendus 'Réformateurs , apprenez-nous
su r quel patron il vous plaiít
former vostre Reformation ? quel exemple voulez||/oussuiure de tous ceux que
la saincte Efcriture vous
propose ì des Roys ou des
Prophètes ì vous auez v■iafurpé le nom des Prophe*
mes à vostre origine , &
C iiij

3i

TROMPETTE

víurpez
l'authorité des
Roysj quand vous pouuez,
bien que l'Estat Monarchique n ait pas grande conuenance auec la prétendue" reformation. Maisencore,qui
choisi fi ez- vous entre tous
les Reformateurs ou Restaurateurs du seruice diuin,
pour vous seruir de model le ? quant aux Roys , ce ne
peuuent estre que les Ezéchiels, les Ioíaphas, ou les
Iosies. Pour les Prophètes,
que les Elies, les Michees, &
autres semblables en Iírael:
les Ilayes , ou les íeremies, 6V
tels autres en îudee. Comment ont mefnagé leur Reformation tous ces saincts

35
personnages? n'a ce pas esté
selon que les sujects & les
matières reformables le requeroient?
ÌJ ,
JVW ne dirons points c'est caU. 4'
. vostre Caluin qui parle ain*■
)3 íi , que lafeule faute et Israël
•j 33 & de Iudafufi efgaìle 3 quand
||OJ i /í commencèrent premiere>, )3 ment à fe deílourner du fer■33 uice diuin. Auíïî n'en de'.uoitpas eítre eígale la refor.mation : il falloit traitter Israël d'vne façon, & luda d'v•.fine autre.
(I) Quand Ieroboamforgea les
j3 veaux 3 poursuit Caluin ,
.contre la deffence expresse de
3) Dieu3 grprintvn lieu pour
, sacrifierj qu'il neftottfas liDE HIERICH0.

34

TROMPETTE

}) cite de prendre , il corrompit
33 du tout la, Religion en If9) raël.

Elie & Michee , & les au~
tres Prophètes d' ! íraël ne
trouuerent donc rien à reformer en ce Royaume, puis
que tout y estoit gasté. 11
falloit sapper ces idolâtries
depuis les fondements, en
dissiper les ruines, nettoyer
îa place; en vn mot abolir
tout le faux culte pour y recdifíeríe vray culte de £)ieu.
C'est auííì où s'employerent les efforts d'Elie & de
Michee. Mais fur quel patron dressoient- ils leur dessein? quelle forme propoíbient-ils aux I sraëlites,pour

35
les induire à l'abolissement
de leur difformité f N'eltoit*
ce pas celle que les succèsseurs d'Aaron enfeignoient
& pratiquoient au Temple
.de íeruíalem,à l'obíeruation
;de laquelle ces Prophètes
taíchoient de ramener ces
/idolâtres?
' „ Les luiss 3 continue Cal,j uin „ je contaminèrent par
9Ì mauuaije <vie s & par opi~
^ nions juperflitieufes , deuant
I,, quauoir aucune idolâtrie ex|>, terne.
Les Prophètes de Iudec
pouuoient icy exercer leur
Reformation, quis qu'il n'y
auoit que les mœurs Òí queli ques fuperítitiôs à corriger»
DE

HlERlCHO.

J<?

TROMPETTE

„ Car combien que du temps
de Ieroboam, adiouste con,,secutiueme'nt Caluin , les
9j luiss au oient des-ja intro„ duit plujìeurs cérémonies per„ uerfes: toutesfois.pour ce que
„ la doctrine de la loyj'ordre de
Prejlrije , & les cérémonies
)y telles que Dieu lesauoit infli3) tuées demeuroient encores en
Jérusalem^ les fidelles auoiet

r
5) là on ejlat pajjable d'Eglijè.
C'est pourquoy les Prophètes, qui preschoient lors
en Ierusalem , se pouuoient | j]
appeller véritablement & à
t j,
iuste titre Réformateurs. Et
nos Reformateurs prétendus n'eussent démenry leur -MK
nom, s'ils se fussent tenus à
&

1
DE HIERICHO.

37
rimitation de ces Prophètes.
Oyons la conclusion de
II , Caluin. En Iudee il y eut
íy beaucoup de changemët. Car
K aucuns des Roy s corrompoiët
K le seruice de Dieu par jauges
^superstitions : les autres s'efïìforçoient de reformer les abus
ts quiy eíloient furuenus. En
ïífin les Preílres mefmes pol„ luerët le Temple de Dieu par
idolâtrie.
De manière que deflors
íl y eut matière de reformait 10 n & de restauration re,fpectiuement,tant pour les
Roysque pour les Prophètes. Mais en l'exploit des vns
■^c des autres, ce que ie vous

3Ï>
TROMPETTE
prie de considérer , pretédus
Reformateurs, est que les
Prophètes
Réformateurs
n'ont iamais entreprins d'abolir tout à fait la forme du
seruice diuin obíeruee au
Temple de Ierusalem. Ils íe
font contentez de taxer les
corruptions & les superstitions quis 'y estoiet coulées,
plus pour le regard des personnes quienauoient charge, & qui abusoient indignement des choses sainctes
par auarice & par hypocrisie,
que pour le respect: du culte a
en soy fort altéré à la vérité,
mais non du tout decheu de
fa forme instituée par Moyse. Et que les Roys n'ont-

DE

HlERlCHO.

39

aussi ïamais restablyles ruincs clu seiuice diuin íur l'idcc de leur fantasie, ains
précisément sur le patron
que Moyse en auoit donné,
&que les Prestres(ausquels le
foin de le conseruer auoit
esté commis de la part de
Dieu) leur auoient enseigné.
Ils n'y ont rien meílé de
leur passion, rien controuué de leur ceruelle. De
mesme deuiez-vous vous
comporter, íl vous ne vouliez renoncer au titre ôi
à. la qualité de Reformateurs , ou de Restaurateurs. Vous deuiez , disje, vous contanter de blasjfcer, corriger, & reformer

40

TROMPETTE

îes difformitez & corruptios
du seruice diuin pratiqué en
l'Eglise Romaine „ íî la deíbauche du siécle & des personnes crop séculières y en
auoit laiíTé gliíTer quelques
vnes. Ou vous le deuiez resta bli r tout entier, selo Tancienne forme du Christianisme , sans y rien contribuer de vos inucntions capncieufes.
Mais comment vous y
estes-vous gouuernezí* c'est
ce que ie désire estre remarqué par tous ceux qui font
intéressez en vostre prétendue reformation , & qiii en
ont esté pîustost surpris, que
bien instruits.
Au
......

; ■

t

,

J

41
f Au commencement de
ívostre fchiíme, quoy que
yos Elies trouuasïent à redise en la doòtrine de la foy.»
au seruice diuin,en l'vsage
dcsSacremens,aux cérémonies EccleíiastiqueSjils n'attaquèrent pourtant que les
derniers íìecíes plus proches
de nous.& ne ietterét la cen*
sure de leur condamnation,
que sur le seul concile de
Constance. Depuis ils s'émancipèrent plus auant;
Hais eux & vous à ce premier remuement faiíîez vu
merueilleux semblant de re«
specter, d 'honorer, de reuewr .d'approuuer & receuoir
ijh créance & discipline de
1i
D
DE HIER1CH0»

'£%

TROMPETTE

l'ancienne Eglise durant les
cinq ou íìx cents premières
annces. u
Le motif de ceste bonne
mine estoic double , à. mon
aduis, Premieremenr,'vous
ne croyez pas que ce que
vous appeliez corruption en
la doctrine &: au culte, fuíî;
en vfage de ces premiers
temps : & s'il l'estoitj vous
jugiez que ce n'estoit pas
chose aisée de le trier & de
le tirer clairement des longs,
rares &. difficiles escrits des
anciens docteurs
& des
embroùilîemens des vieilles
histoires.
Secondement soubs le
masque d'vne modestie diíJ

T
45
Síîmulcc , íbuz la toile peinJte de la seule reprehension
des derniers siécles, íouz l'ifípiage trompeuse d 'vne feinte reuerence à l'endroit de
^antiquité 3 vous desiriez
DE HIERICHO?

& espériez poufïer dans la
vfonnelle de vos opinions,
envaser dans les filets de
vos impoítures, non seulement le vulgaire ignorant & groíïìer., tousiours
amoureux de nouueauteZj,
iËhais encores des pei sonnes de qualité plus curieuses, que pieuses, plus sçauànteSj que discretees, plus
simples qu 'auiíees ^ plus creiâules que iudicieuíes; Ôc
ír le moyen de celles-

4*4

TROMPETTE

cy en attraper d'autres plus

ambitieuses., que zélées, plus
paílìonnees, que religieuses,
plus politiques que ChreïticnneSjCestà dire, plus affectionnées à se maintenir,
ou bien à s 'agrandir en terres
qu'à gaigner le Ciel. Que si
nous voyons vos desirsauoir
íifauorablement,mais pluítost si malheureusement
ïeiiíïì, nous recognoilîons
auílì que vos ruîes n'ont
gueres porté que fur des esprits malfainsjou mai traitiez, mal instruits,ou mal inspirez , lesquels n'attendoiec
d'eux mesmes qu'vne occasion pour mettre aux châps
leur foibleíîe, leur défaut, &

4^
leur imperfection. Quoy
que ce íoit qui vous meut,
vos prefches & vos eícrics
publioient la reuerence, que
vous diíîez porter à l'incorruption del'ancienne Eglise. Le tefmoignagede vostre Adeîantade Geneuois
fuífìrapour ceste heure.
Traittantdela succeíîìon
del'Egliseau quatriesme liure de son institution, & rcspondant auec sa modestie
accouirumee aux Catholi-»
ques, qu'il appelle flatteurs
des Papes, qui íuy alleguoiéc
combien ! renée, Tertuilian 5
Origene & S. Augustin, &
les autres anciens Docteurs
l'ont estimée. Ceíí vne chose caUr.
D iij
DE HIERICHO,

46

TROMPETTE

notoire & sans doute , ditfi» de la j
il 9 que depuis l aaçe des A'
j ^pojtres lujques a leur temps }
S3 il ne s'estfait nul changement
de do firme, ny a Rfime, nyaux
autres "villes.
'"•st. 'i>- 5.

Discourant çn ce mesme
liure de lestât de l 'Eglise ancienne & de sa façon de gouj»«we/- ueiner j A íin, dit- il, que le
me itu. 4.

r ■

1

r

- ì-

tout nousjoit plus familierecément du
I
1
s ,
• '
*
(b*p. 4. 33 ment déclare £<r imprime en
j, noflre mémoire 3 ilfiera expe~
iç,., diant de recognoiflre quelle a
J} eflé la fiormede l' Eglise an», cienne en ces choses 3 Dm
JJ( quelle nous pourra reprefienJ.J ter comme en un miroir ces.,fle infiûtution de Dieu que
}> nous auons dite. Car com*» comme, JJ

DE H I ERIC H O.

47

\s bien que les Euefques anJ3 ciens ayentfkit beaucoup de
», Canons ou de règles , par lej',_, quels il Jembloit aduis qu'ils
3> ordonnassent plus outre des
>} choJes que Dieu ne ïauoit
>} exprimé en l'EJcriture ; tou}ì tesfois ils ont tellement cornjjpafíé toute leur discipline &
j0 police a la feule règle de la
,„ parole de Dieu , qu'on peut
>3 bien njoir qu'ils n ont rien
r, eu d'eílrange ou diuers d'i~
3> celle.
Ce sont les propres termes de ce souuerain Rcformateur
qui méritent
bien d'estre remarquez»
pour iustifier La forme
du seruice diuin víîiee

48

TROMPETTE

cn l'Egliíeiuíquesau temps
de S. Hierosme., qu'il em>.
ployé en ce meíme endroit
pour preuue & renfort de
son dire Et ailleurs quand
il dit que S. Grégoire fut le
dernier Euesque légitime de
Rome,il tefmoignel'approbationde tous les predcces. feurs de Grégoire. Car iî
foustient qu'il n'y a point de
légitime succession, où. Ia
doctrine de la foy & le fer uice diuin sont peruertis.
Geste meíme déclaration a
este íuiuie par ses symmii''»■>.<?«_, stcs. Encor que les fonde*
son, ustit.
111,
11
r
chas. 7.
j, mens de r abus & de ta luperííition-fujfent profondé9> ment iette^ dés le temps de S.
Grégoire

4*
Grégoire ( dit vostre Pleílk
Mornayj le bafliment ne s'en
N DE HIER1CHO.

I
I

I ejleua pas tout à coup*
11 n'y auoic donc point
de difformité publiqueméc
formée au feruice diuin, iufques à ce temps là ; puis que
Iles seuls fondemés en estoiéc
Mettez , qui ne se voyét point
«n l'edifice formé i & le feruice diuin estoic public en
l 'Eglise.
Luy mesme parlant de la
Me/Te, au but de soninstituy , tlon ;fìelle eftde telle impor M
t>, tance au salut qu'on nous U H de fim
»,/vtif,dir -iL ne doutons nulle- 1" íí? «
$», ment que vous ne la trouuios
%k 3 > bien claire és sainclts Ejcri10 tures , que nom ne la remar*

/O

TROMPETTE

,» quions en ces premiers & plus
tjpurs fieçles, efquels la source
^sacrée du salut efloit ensa puti reté, en fa clarté, non encores
troublée de nos inuentions
,j humaines, non encore fouillée
9ì des superstitions j que la per*
J3 uerfe imitation du Judaïsme,
j,, ou [imprudente prudence de
S, s'accommoder aux Gentilsy
,» ont coulé auec le temps. Et
3, plus bas:
i, le prie Dieu qu'il me
„face la grâce d'y appor- ;
^ter vne vraye & íìnccrc |
^affection, de voir en nos ;
„íours l'Eghse Chresticn9i nc reformée selon la vraye
,j antiquité , repurgee de
u toute la nouueauté: An-

.yl
^tiquité qui a pour fondement la doctrine du fils de
„Dieu, la pratique de ses
„ Apostres, régie de ion Es„ prit, &c.
Et en la recapitulation de
tout Pœuure, il redit pluJ
„íìcurs fois, qu'il faut rete*
„ nir ce qui efl urayement ancien , & reietter ce qui efl
nouueau: qu'il faut renoncer la nouueauté & embrasa
,,fer ïantiquité-, qu'ilfaut rr-'
4J trancher la nouueaut?3 & fc
L , tenir au <vieil en toutesJcs cir„ confiances, des lieux , temps*
i} des personnes , & de toute
„ leur fiuitte.
Bref, c'est vostre commuiì
langage depuis vos colonels
E ii
DE HIERICHO

TROMPETTE

& Capitaines, iuíques aux
moindres ítradiots & carabins de vos trouppes reformées. Vousprotestez tous de
», premier abord; que vous
„ riaue^ autre dessein que de
no 9 ramener a la pureté,tan*
„ tofl des quatre , tantoíb des
„ cinqytantoíí des fx cens pre3ì mieres années, c'est à dire
iuíques à S. Grégoire que
s
3) vo approuue^&receue^les
3) Docteurs qui ont efcrit iuf93 ques à ce teps-la. Que vous, 3 vous remettes aux quatre
a> premiers Conciles. En vn
mot, que vojlre Reforma9i tion prétendue n a autre but
iy que derenouuelerla ferme du
tfferuice diuin , obferuee par

DE ÏÎIERICHO.

J3

„ cefle antiquitéJainéíe & ve„ nerable.

Ceste déclaration donnée si vnanimement, ceste
protestation si hardiment
faire, bien qu'elle soit injurieuse aux dix ou douze siécles íuiuans, & qu'iniustèment on condamne tant de
íaincts personnages qui ont
vescu & tenu rang en la police del'Eglise durant vne si
•longue suitte d'annees : elle
•xestneantmoins, ie ne dis pas
-feulement plausible , ains
équitable &receu able en ce
qu'elle recognoist&aíïìgne
vne forme d'Eglise d'vn
Éemps florissant, & franc de
Corruption , au modelle &

J4

TROMPETTE

au patron de laquelle on
puisse & doiue dresser ceste
Reformation tant chantée
& tant souhaittee.

£5

CHAMADE III.
Eseroitànousmain«
renant de monstrer
en celicUjqueles cclemonies pratiquées au íeruice diuin de i'Eglise Catholique, Apostolique & Ro-'
maine , lors que nos pretén-l
dus Reformateurs ont faicf
paroistre leur zele fur lesA

DE HIER1CHÒ"

)}

chaffaut de la Chrestienté,
rebutées par eux ., & réputées difFormirez 3 corru-.
ptions v superstitions, liì4
daiimes&Paganismes,com;| me les Eglises, les Autels,
jes Sacrifices, les vases faI creZj les ornements,, les encensements , les luminaires,
les sectes^ les ieusnes., l 'inuocátion & les images des
Saincts : les vœux perper
tuels des Moynes & des
-■Nonnains ^ la manière de
célébrer la Mcífc, le nombre des Sacrements 3 leur
matière & leur forme, leur
vsage & façon de les admiit' 'Inistrer j & telles autres a~
•i, ÍMions, ou nécessairement

I1 ^ ' - Ììíj

36
TROMPETTE
institueesjou bien vtilement
introduites au culte de Dieu,
cstoiét approuuees, receuës.»
vsitees en ceste Eglise ancienne, qu'ils confessent repurgée de corruption.^ demeurée en son entier, qu'ils
prefehent deuoir íeruir de
miroir , pour représenter
rinstktmon de Dieu , & par
consequêt d cxéplaire pour
dresser vnc Reformation légitime.
Il nous seroit d'autam
plus aise de faire, ceste démonstration, que nous n'aulions autre peine que la recueillir &£@pier de tant de
salutaires reí'póces faites par
les Docteurs Catholiques

57
aux principaux Eicriuains
de la Reformation preten»
duë, où toutes leurs calomnies & impostures font si
clairement descouuertes,&
refu rees íi éuide m m en t ,c]u'il
faut estreentiereméc aueugîe pour ne les cognoistreideíefperéméracanastre
pour ne les détester.
Mais voicy ces mesmes
A delantades,ces mesmes architectes de Reformation,
qui me reriennent la main»
Les voicy qui importunémcntj fans en estre requis,
me soulagent de ce soin,&
decelabeu^&priuét quant»
&-quant auec vne loyauté
toute reformée, les bons &
DE HIER IC H O»

'58
TROMPETTE
paisibles Chrestiens de I'efperance de iamais voir ceste
Reformation íi haut louée,
&dePattentedepouuoír iamais clorre vn valable &
perdurable accord,auec des
Reformateurs si peu soucieux de garder lafoy qu'ils
ont si vnanimement don*
lìee , & de maintenir les protestations qu'ils ont si hardiment & si reloluêment
faires.
Ouy certes , Réformateurs prétendus, c'est vousmeímes qui faisiez mine de
nous mettre au chemin d'vne Refo.mation légitime,
ouy, r est vous mesmes qui
nous en fermez le paíïage,&

DE HÍER1CH-0.

Jft

nous deírobez malicieusement les moyens de íuiurc
la voye de paix & de con*
s
corde, que vous nous auiez
vous-meímes assignée & designée.
N'est-ce pas vous qui
protestez en toutes vos aÙ
semblées que nous nous
sommes départis de la doctrine, de la discipline, & de
la police de l 'Egltse anciéneî
N'est- ce pas vous qui pu- t»
„ bliez en vos confessions^"^'"'*
„d'auouë'r les conciles an„ciens , notamment les
„ quatre Oecuméniques, &
„ détester toutes sectes &c
hérésies, qui ont este re.
iettees par les Saincts Do-

Go

TROMPETTE

„cteurs, comme Sainct Hlf laire > Sainct Athanase,
J5 S Ambroile , S. Cyrille?
cal». 4 N'eít.-ce pas vous qui en(signez cjue Ja rorme de
,,1'Egliíeanciéne nous peut
t) rcpiesenter comme en vn
v miroir l'instituno 3e Dieu?
,.,& que les Eueíques ancies
3 ,ont tellement compassé
3 , toureîeur discipline &poj,lice à la seule règle de la
j, parole de Dieu,qiùls n'ont
rien eu d'estrange ou di«
uers d'icclle ì
Vérifions, ie vous prie, la
fidélité de vos assurances
reformées.
La pratique de "'Eglise
Catholique Apostolique &

DE HIERICHO.

Cl

Romaine
d'auiourd'huy
porre que le Prestre seul à
voix basse consacre i'Hostic
en la saincte Messe, & la mec
cnreícrue pourestre administrée aux malades, quand
il íera besoin. Que die là
dessus le premier Architecte
François de la reformation
prétendue?
Ilne fautpoint icy ima- ô^ S
giner vn enchantement, ou fid'}? 7 '
coniuration de Magicien,
comme s'il suíîìíoit d auoir
„ murmuré les paroles íur les
„ créatures insensibles; mais
,,il nous faut entendre que
3, la parole, par laquelle les
„ Sacremens font consacrez,
„ est: vne prédication viue^

ét
TROMPETTE
qui édifie ceux quii oyent^
„, qui entre en leurs enten„ démens, qui soit impri„mee en leurs cœurs, &qui
„ leur apporte son efficace en
„ accomplilTanc ce qu'elle
promet. De là il appert
y que c'est vnc chose sotte &
„ inutile de rescruer le Sa,,crement, pour le donner
j, aux malades extraordinai^remenr.
,y A quel propos donc tien.
„dra-on le pain pour Sa„ crement , quand il aura
j,esté consacré en l'absencc
^ de ceux auíquels on le doit
„ distribuer , veu que cela
ne leur sert de rien ì On
„ m'alleguera qu'on le fait

t>E HÎERICHO.

63

*,,à l 'excmple de ['Eglise
>, ancienne, le le confesse.
„ Mais en chose de lî grandi de conséquence, u n 'y
„a rien meilleur, ny si
„seur, que de íuiure la pu„ rc venté, veu qu'on n'y
|„ peut errer sans grand danL 'Egliíè ancienne confa-

croit ôc reíeruoit le Sainct
Sacrement cn la mesme
forme , que l'Egliíè Romaine le consacre & le reÇerue auiourd'huy. Le prefmier Architecte François de
la Reformation prétendue
|îe confesse franchement,
%nais il ne le trouue pas
on, N'est-ce pas celuy

$4

TROMPETTE-

mesmes qui nous propofoit
tantost i'Eglise ancienne
„ comme vn miroir de l'in,i stitution de Dieu? Quelle
légèreté est -ce cy, de reiet*
ter a. présent ce miroir
comme tache des mesmes í
taches dont il estime l'Egliíè |
Romaine difFormee ?
L 'Eglise ancienne a toufc
iours creu la Sainctc MeíTe
estrevn sacrifice., & Ta célébrée auec des cérémonies
propres à représenter aux
yeux le respect & là croyance desames. Que dit là dessus le premier Architecte
François de la reformation
prétendue?
fdit.i.,. D'autant que iapperçoy
les

DE HIER1CHO,

ë$

„les anciens mesmes auòir w/*.**-*

„destourné ceste mémoire à^' *
J} autre façon que ne reque„roît Hnstitution du Seigneur, veu que leurCene
^representoitiene sçayquet
„ spectacle d'vne immolation réitérée, ou pour le
j, moins renouuelec^ il n y a
syïku plus íeur aux fidefles
que de s arrester à la pure
íìmp'c ordonnance do
„ Seign.eur ,.duqueiauíîì elle
n cít nommée Cenef à fini
„ que la feule autherité d'i^celuyen soit la règle» Il est:
„ vray que d 'autant que te
,„ voy qu'ils ont eu faine ìrt,*tellïgciKe,& que km in~
i,, tenu on ne fut iamais de

i

€6

TROMPETTE

„ déroger aucunemét au Sa^
jjcrisice vnicjue de IES VS^CHRIST, ieneles ose pas
* 3 eondâner d impiété : touj,tesfois ie ne pense pas
M qu'on les puisse excuser
3 > qu'ils n'aycnt aucunemét
9 Ì failly en la forme exterieua> re. Car ils ont cnsuiuy de
plus preslafaço Iudaïque
9 , que l'ordonnance de feinsaì Christ ne le portoir. C 'est
^,donc le point, où ils méprirent d'estre redarguez^
^qu'ils fe font trop confor3 , mez au vieil Testaments
que ne se contentas point
,3, de la simple institution de
Christ, ils ont trop décliné
33 aux ombres de la íoy»

D"E HIERICHO.
<?7
L'Eglisc Romaine dau-

jourd'huy croie auec lancienne que la Messe est vn
sacrifice , la célèbre auec les
cérémonies anciennes. Ce
reforraateurpretendu ríap*
prouue ne l'vne ne l'autre;
accuse l 'vne & l'autre de iùdaîíer. N'est-ce pas celuy
mesmes qui asseuroit n'ajygueresj que les anciens E„ uesques auoient tellement
33 compassé toute leur di »
ícipline à la feule règle de
9> ia parole de Dieu, quils
33 n'auoient rien deítrage &
jj diuers d3 i celle f Quelle inconstance est-ce cy de les
blaímer à preíent dVn dérèglement û damnabltì

F ij

$

TROMPETTE
Mais quelle arrogance de
présumer d'entendre mieux

Tordonnáce de Iesus Christ
que les plus proches succès-.
seursdes ApostreSjVoire que
îes A postres mesmes? Mais
quelleoutrecuidanee de faiïc choquer les actions publiques des anciés attestées par
leurs propres efcrits, contre
leurs intentions secrettes?
Mais que! aueuglement de
n'appcrceuoir pas qu 'en ca-

lomniant TEglise ancienne
en haine de celle d'auiourd'huy , les preuues de fa calomnie tombent fur S. Paul,
qui ne peut defTendre son
AutelduqueUl dit,que ceux
»eJr.3}. qui sèment au Tabernacle*

i

DE HIER1CFTO.

<S>

| îî'ont puissance de manger,,,
s'ils n'en conferuent le sacrifice f
Apres auoir pollué l 'Eglise ancienne de íudaïíme^
où se petit porter ['insolence
de ce réformateur prétenduqu a la prophancr de Paga»


aisme f
Il ne Iuy pardonne non»
plus cet outrage que l'autre..
l/Eglise anciéne a toufiouis
prié pour les trespaíîez, &
■ icreu le Purgatoire. Que dit*
|il là dessus?
U faut crier à îiau te voix, cf°, £
s , que purgatoire estvne fiv/«tf..*v
ction pernicieuse de Sa3) tan laquelle fait vn oppro*3* bre trop grand à la miseF iijí

70
TROMPETTE
3Ì ricorde de Dieu., anéantie
,Ja croix de Christ., dissipe
„ &subuertitnostre foy. Et
10. 33 plus bas., Qu^and nos adversaires rn'alleguerót que
3) ceste coustume a esté re«ceuë en l'Eglisc deíìa dépliant treize cens ans 3 de
«prier pour les trefpasseZj
a ie leur demanderay d au«tre costé., selon quelle pa«rôle de Dieu >&. par quel«le reuelation., & fuiuanr.
«quel exemple cela a esté
«fait? Peu âpres. Les anciens
« Pères de í'Egliíe Chresticn»
,3 ne 3 qui ont prié pour les
« moi ts , voyoiét bien qu'ils
>3 n'auoient nul comroan*
„ dément de Dieu de ce faî-


„ re , ny exempte légitime.
Comme donc> dira quelqu'vn, l'o soient -ils entre: prendre? Ie dis qu'ils ont
i, esté homes en cet endroit,
>, & pourtanc qu'il ne faut
„ point tirer en imitation ce
^qu'ils ont fait. Car comme
-„ ainsi soit que les fídelies ne
doiucnt rien atréter qu'eti
» certitude de conscience ,.
,i côme dit S, Paul, telle certitude est principalemens:
^requise en loraison. De
3).maniere que les SS, Pères.
„,de l'ancienne Eglise onc
9> contreueuu à la foy, pour
3 >conícatiï à rhurramte.
Voyia toute l'antiquitê.
Chreíhéne condamnée d'àDE

HÎERICHO.

Jl

TROMPETTE

postaíîe , pour auoir prié
pour îes morts : pouríuiuoriSjnous la verrons bien
toit égalee au Gentilisme.
3) Nous sçauons S continue
„ce réformateur prétendu,
J} que ç a esté vne façon com,,mune à toures gens, & à
„tous ageSj de taire obiesá ques auxtrelpaílcz^&pur,,,ger les ames comme ils
^cuidoient^&pource faire
„auoient vn iour folemncì
chacun an. Vn peu plus
bas :
«Or lesChrestrens, à sin de
„ne sembler pires que les
« gens propanes, ont, eu
„ hon te de ne faire au sti bien
,,les íeiuices aux treípassez-

Voila.

DE

HIERICHO.

7J

I ^Voila donc est venue cestc

«folle diligence & ineonsijjderêer c'est qu'ils ont craint
„dc s'opposer en grand op „probre , s'ils n vsoient de
,.,beaucoup de cérémonies &
ijpompesjéV s'ils ne fuioient
-«ofíerces, pour soulager les
,3 ames de leurs ,parens &c
„amis.
De manière qu'au jugement de ce Réformateur
pretédu ,-il y a treize cens ans
que l 'Eglise Chrestienne a,
paganisé. N'est-ce pas cestc
l-meíme Eglise, que ce mesme
Reformateur nous recorafmandoit, tantost comme en
l^vn miroir de l 'íniîkutioa
|„de Dieu? Ne font-ce^as ces

74
TROMPETTE
mesmesancíensàquiil don<noit tantost la gloire de n'a„uoir rien eu en leur discipline d'estrange ou diuers
„de la parole de Dieu ? CornTkrtti.4. ment estsordeuenu obscur!
comment sest changée celle belle couleur ? Ces Nazariés de la fille de Sion plus
blancs que la neige, plus reluiíans que ielaict, plus vermeils que l'yuoire ancien,
plus beaux que Je saphir,
comment s est faite leur face
plus noire queles charbons;
Comment de Chreítiens si
courageux & fi résolus à
íouffnr les plus cruels supplices que le Paganisme pouuoit excogitçr, pour ne mec.

\

J$
tre deux grains d'encens dás
vn réchaud àíòn imitation,
font-ils deucnus íi Jasches &s
11 poltrons, que la feule appréhension d'vst reproche,
ôc d'vne honte populaire,
leur ait fai£r renoncer la íuit te des Apostres pour cmbraúer celle des Payens? Où.
est donc la perpétuité de l'Eglise Chrestienne predictc
. par les Prophètes •? Où est
Ion inuincibilité, contre les
forces d'enfer atreíte'e par
lefus- Christ ì Où est l'aísi .
stance d'enhaut promise par
ta venté meíme ìusqucs à íá
consommation des íìcclesí
Trois cens ans âpres son.
establiíîement ceste Eglise
DE HIERICHO.

g ij .

\

TROMPETTE

deDieuestdeuenuë vne ca<
rauanc de Payens; ceste maison de Dieu vne rctraitte
d'infidelles•.? ceste colomne
& firmament de vérité, vne
casematte & vn.bouleuatt de
mensonge? ceste espouse de
Dieu vne concub ine du Diable? c'est l'excellence de la
mirallerie reformée. Auíîì
gist ía perfection d'vn mu
roir à représenter au vray ses
choses présentes.
Ceste ancienne Eglise , cc
miroir de Tinstitution de
Die u, change ainsi de viíages ,selon le changement des
humeurs & des fantaisies de
la reformation prétendue.
Ne croyez pas,ievous prie^

DE HIERICHO.

77

I que ce ne soie qu'en articles

concernans la Messe & le
■ Purgatoire,que ce grand Architecte de Reformation
foule aux pieds l'authorité
de l'Eglise ancienne, nonobstant Tá reuerence qu'il farct
semblant de luy porter, fte
les louanges qu'il luy a données^ H la traitte auec ceste<
mesme di-ícretion en toutesles matieres,qui ne se rapportent aux trai'cts fantasques^
«de sonidée reform ante.
S'il traitte de la f atrsfact-iopartie du sacrement de pénitence, h ne mettonne- rp-as Calu
,fl -' hÎr
J
ì
J
r
"
j-ort; dit- 1 Jj des Jentences qu'on {*&. a
njoid aux liures des anciens touchant Ufatisfaòìiom Pour di~

G ìij ; :

J$
TROMPETTE
.
re vrayje njoy qu'aucus d'eux,
& quafi tous ceux desquels les
œuures font paruenuës a nofìre
cognoijjance j ou ont failiy en
cet endroit 3 ou bien ont parlé,
trop durement.
S'il traitte des ieusnes &
eiuCareíme:
4- tnst. cK je n'0 re point du\ tout excuser,
& a.o.
dit-ir, les anciens P ères } qu ils
riayent ietté quelque semence
de fuperfiitionj & donné occasion à la tyrannie quïejì fume*
nue' depuis. Ileílvray qu 'il y
â de bonnes sentences en leurs
Mures touchant le itufne : mais
ilyaaujjì des louanges excefjìues j pour le magnifier comme
<vne 'vertu singulière entre les
autres. Dauantage on objer-

DE H I E R 1 G H O.
7 *5"
uoit dejìa de leur temps le Ca- '
refme } &y auoit quelque superstition en cela, : d'autant que
le commun populaire penjoit
faire njn beau Jeruice à Dieu
en Carejmant : & les Pajìeurs
prijoient cejìe obferuation com^
me fi elle fuíl faite a ï exemple
, de I E s V s- CH R I s T. Et plus
bas. Ça efté donc njne faujje
imitation (^rfriuoh &pl eine
de fuperflition ,que les ancienr :
ont appeUé le ieufne de Carefme aine ordonnance faite a l'exemplede IESVS-CHRISTV
S'il traitn des bon nés ceuures.-iV fuis contraincl, dit- il, ''• r "/l cf'de protejler cela de ce nom de
mérite 3 que quiconque l'a le
premier attribué aux œuures
j

Giiij

&Q-

TROMPETTE

humaines y au regard, du iugemcnt de Dieu, n'a passait cho fi expediente pour entretenir la
sincérité de. la foy. Vn peu
plus bas.. Or combien il efl venu de scandales de ce mot3 nous
le njoy-ons aucc le grand dom *
mage de tout le monde. Certescomme il efì. plain d 'orgueil 3 ih
ne peut f&onobfcurcir la gract
de Dieu3 & abbreuuer les hommes d'vne vaine outrecuidânce, le.xonfesse que les anciens
en ont communément vj.é. Et
pleufi a Dieu que par vn petit
mot.ils neuffent point donné
occa/ìon d 'erreur a., ceux qui
font venus depuis*..
S'il traitce du Baptcsme .v
Touchant ce que de long-temps,.

DE HIBRIGHO.
81
dit- ils & quasi du -commence- 4.
ment de l Eglise cefte consume to.
a ejlé introduite y qu'en l^abfence
du Minijlre vn homme particulier peufl baptiser vnenfat,
qui fuíl en danger de mort: ce U n' efl fondé en nulle raison.
S'il traitte de la descente de
XESVS CHRIST aux enfers 3 &
du limbe des Pères, le nefçay t. i»ji.<t<
x6
comme 13 à\i~'\\ 3 il s'ejlfait qu'on '^' 9,
a pensé que ce fujl quelque cauerne fous terre 3 a laquelle on a
attribué lenom de limbe Aíais
celle .fable 3 combien qu'elle- ait
des autheurs renommes &
qu.auiourd'huy encore plufeursla. .défendent comme article de
fçy 3 n' est rien quvne fable.
Car d'enclorre les âmes des tré-

Si

TROMPETTE

P ajse K en vm prijorit c'ejl cho-

se puérile.

Davantage quel
besoin efloit il que 1 E s V sC HRIST descendijl IX pour
les en arracher?
S'il traitte delà communication des proprierez en
deux natures de I ESVSC HRIST. En cecy ì àivû. J ne
je peut excuser terreur des anciens de ce. qu'ils n'ont point
considéré ajje^pres la personne
du Aíediateur en lijant ces passages de fainél Jean, & parce
moyen en ont obscurcy le iray
sens & naturel 3 & se sont en.
ueloppe^ en beaucoup defilets.
S'il traitte des vœux des Religieux & de leur estât , âpres
auoir cité; & chiquecé à fa

83
fantasie les exemples de $.
Grégoire de Nazianze, S. Ba«
íìle, S. Chrysoítome, & S.
Augustin^ Moines de lancienne Eglise, ìlreíout ainsiíbn discours,.
Tautesfois prenons le cas
qu ils attribuent Jeulement ce- ly st a .n.
la àleur cflat 3 quilejl pour afj)irer a perfection, fì ejì ce encore- qu'en luy attribuât vn tel
honneur3 ils le distinguent comme par vne marque f>ecialed'entre toutes les autres façons
de viure. Et qui efl ce qui
pourra porter cela , qu'vn tel
honneur soit donné à vn efat3
qui ne fut iamais approuué de
Dieu par vnefeule syllabe? Et
plus bas. C'efi vne chose de
DE

I.

HIER1CHO.

n

£4;
TROMPETTE
belle apparence qu'vn nomme
Je retire des compagnies communes, pour philosopher en son
secret: m^is cela ne conuient
point a U dileclion Chrejïienne s qu'vn homme, comme par
haine du genre humain-, s'ensuye envn désert , pour là- demeurer solitairement y en s'abjlenant des. choses que noílre
Seigneur requiert de nous tousy
c.ejl a dire d'aider l'vn al'autre.
Encore quenous concedios qu'il
ny ait eu autre mal en telle profesion de viure , ceÛuy - là fans
autre a, eflé ajfe% grand, quel?
le a introduiál .vn exemple enl 'Eglise dangereux &.nuifìble.
Les pretéçLus Réformateurs4'
le corrigent en íé .desroquât-

DE H1ERICHO

%

&defbauchaiit les Religieuses.

.L'bakme me defaudroir,
íì ievoulois icy réciter tous
le s p A re ij-s t r a 1 1 e me n ts qu ïl
faitàl'Egliíe ancienne. Mais
parauanture est il plus respectueux à L'endroit des
conciles anciens.: Efcoutons-ie.
Certp nous confejfons tresa> o Ion tiers , dit- il ì que s 'il se
hue diurne de quelque, article,
il n'y a meilleur remède3 ne plus
certain qued'ajjembler'vn con*
cile devrais Euejques pour en
faire la dijcujìion.

Il en araeine les raisons
tout de fuite, mais commene
conclud-ilî

TROMPETTE

le nie 3 díD-il } que cela joit
perpétues de dire que toute in terpretation qui aura efìé ap~
prouuee en vn concile, Jbit partant njraje & conuenante à
l EJcriturc.
Que deuienr donc l'exctllence& la certitude de ce remède, pour discuter toutes
disputes., confeííe'e áuec le
certes reformé ? Oyons -1c
en cores là dessus.
„ ■ Suiuant. cela,, c'est
à dire leLa mtfrut
.
fia. 8. xamen de tous les Décrets
des Conciles à la regle.de
rEícriture fait par quelque*
particulier que ce Coït) nous
receuons volontiers les anciens
Conciles, dir il, comme de Nicee, de Conjlantitfopléyle pre-

rE

HIERICHO.

87

mier d'Epheje, de ChaU edoine*
& les semblables , qu 'on a tenus pour condamner les erreurs
£sr opinions mejchantes des hérétiques: nous leur portons, difje, honneur & reuerence autat
qu il appartient aux articles là
définis : car iceux Conciles ne
contiennent rien qu'aine pure
& naturelle interprétation de
í Efcriture } laquelle les Sain fis
Pères par bonne prudence ont
accommodée, pour renuerjer les
ennemis de la Chreflientê.

Poiiuoic il rendre vn tesmoignage plus authentique
du reípeót qu'il aíTcure porter aux Conciles? Sommezle fur cesteasseu rance de reeognoiíhe la primauté du

TROMPETTE
Pape, le corps de ÍEsvsSS

CHRIST^U ì>.$acrement,íà
reíeruc pour les malades, le
cehbardesPrestres,le Garesmeja dilbnctiò íes ordres &
dignitez Eccleíìaíbques, les
noms de Patriarches, Euefques, Prestres & Clercs ,-les
vœux des Moines & des Nonains,l'inuocatió des Saints,
& principalement de la bien
neurcuseViergemeredeno- i
stre Sauueur.,.les Eghíes ba- ;
sties à leur honneur , &cent
autres choses obseruées en
l 'Eglise Catholique , Apostolique & Romaine , qui se
trouuent en ces Conciles:
Puisqu'il vient .de protester
que ces Conciles ne contien-

~"

nenc

DE ïííERICHÔ.

85- 1

n'enc rien cju'vne p u re-& naturelle interprttatió desEs*
criture, íommez le, dis-je^,
de íe tenir à la doctrine., a ladiscipline 3 & à. la police deces Conciles^voqs rrouuerez.
que ce rolle d'articles abbo r- rez par la refor mat-ion pretenduë.aura banni de-fa m o-'
moires respects & reuerence , & h on ne u r , Ôù protestation; Entendez le deía prcr* :
pre bouche.Aux amien's Conciles j mef> 1
mes opuifont les plus purs., ily a
quelque choÇe a redire: ou à eauJe,qm-les Euefqu.es qui efoient
f pour lorss combienqu. ils fussent
\ gws fçauans &t prudents > tonttsjvzs ■ ejìans empsfçhe^ aux:
M

fO

TROMPETTE

matières , pour lesquelles ils
estaient assemble^, ne regardoietpas beaucoup d 'autres choses: ou qu'ejìas occupez^ en gran
des affairesjls ne prenoietgarde
a celles qui eíloìent de moindre
importance : ou qu 'ils pouuoiet
faillir par ignorance : ou bien
qu amunesfois ils efloient. trop
ardans en leurs affections.

Il allègue poufs exemple
ies querelles des Euesquesau
Concile de Nicee : mais ce
n'est pas ce qui lu y reuient le
plus au ronge. C'est le troiíìefrne canon de ce Concile
qu'il nepeut digérer, &qui
fait entrer en furie luy & tous
fes estalós de Moines defroqu-ez, & de Prêtes reniezr

DE HIERICHÔ.

9Ï'

lesquels ayans rompu le cheuestre de la discipline Ecclésiastique, qui les tenoit attachez à 1 obéissance & à la
chasteté, courent-les champs
de la reformarion preteduë. De labondance du cœur la
bouche parle.Quant efide la deffence) cra- £
che il en colère ,quona faite
aux Preslres defe marier, ie dis
qu'en cela ily a njne me [chante
tyrannie, non fulcment contre
la parole< d&Diieu , mais aufi
contre toute équité.
Et transporté de ce íutyïí
dément outrageusement ce
fameux Concile; mais plufroít Ceste: crème de tome \x
Chresticntc'^ cet abrège dsr.
M iy

jâ.-.

TROMPETTE"

Christianisme le pl 9 pur qui'
ícpcur crouuerau monde > il
& desmenti disïe,ensaueu£
d'vn conte fait àplaifìrjcYre*
cité par. vn historien hcreti^
que qui escriiioit cent ans a*
jnes. Etne fecontentantpas*.
d'auoir auancé .vne démen tie íî o u t r ageu fe ,tan t c st forte fa paífion.& fa haine. eon>
tre la Chasteté, Wontinece,
5c le Cekbat , il' appelle >ces.
Oíìes, ces Alexádrcs,ces Eu-,
fìathies,c:es Nicolas, cesSpi-.
ridions, ces Paphnuces , ces>
Macaires ces Nicaises, bref
ces trois cens dix huict co~«
lomnes dela foy&dela Re.
ligon Chrestienne, autheurs»
de ce can <9%auifi quc-desau?

p]
tresjil les appelle, dis-jc, des
superstitieux, des r e sueurs,
des ambitieux de íe faire pa-^- l6 roistre admirables en defTen|| dant laeompagniedes femmes aux JPrestres. Le premier
limier de toute la prétendue
refoimationfauíTebien plus
auant, il proteste franchement à son Allemande , quêtons le s a r t i c l es d e c e Go n c i le ne font que foin & quepaillc j alléguât pour fa prin-cipalle railon le rapport que
la chaste, impression de ion
imaginatiò. reformante hay*
figure entre le premier & ì&
troiílesme décret de ce Concile. Le premiekordóne que v„tte. tficcux qui. íè chastreronc eux-- ' * a,il,,u
DI H1ERICHÒ.

I

I

5?4

TROMPETTE"

mesmcs fans nécessite', soiec
irregulieis, .& ne puissent
es», j. estre promeusau Clergé. Le.
troiùeím-e defTend expressément, & íans exception, aux
Euefques,. Prestres & Diacres, íbubs peine d'estre dégradez, détenir en leur matson aucune femme estrangere, ny autre, íi ce n'est k
niere, la íœurja grand-mere,
les rantes, du coíté de pere &
de mère, ou telles, qui í oient
exemptes de tout soupçon.
h
^"Jc ' - le ne recognok nulltment le S.
Esprit en ce Concile , dit cee
Elie, bruflant de zele resórI
mé, carfìd'nsn coflé ceux qui se
chaftrentpour miter les ardeurs '
de paillardise * ne peuuent eílm~

DE HlERïCHO.

5>J>

receuzi au miniflere Ecclefiafli*
que: & d'autre coflc ceux qui
font mariez^, ou qui fe marient
pour dompter les aiguillos de la*
chair, en font pareillement incapables , que deuiendraonf.
l'Euefque ou le Prefcheur feront- ils obliges desupporter cefie ardeur intolérable, de fous"
frir ce brasier d'amour illicite-j
fans chenhcrmoyen de s'en deliurer, ou parle chavirement , ou.
par le mariage* Saincte & spi-

rituelle consideratiô ! & suffisamment puissante pour
induire toutes personnes divinement inspirées de cet eí?prit boiitllanr.dont la reformation est efchausse'e,à faire
littìere de ces. articles
de

9*
TROMPETTE
toutlcConeileenbloCjCam» |
me conduit par vn cípris
trop froid; & tout contraire
au
vbifyra.
I eutv Et qHoyJ (poursuit

Cm

cemesme Elie embrase d 'autre feu queceluy du chanoG
del'Ifraëlire, qui fansfe cha*• ftrer & fans íe marier, exerça
fUonguemét &si valeurcu sèment „ accomplit si heureusement & si triomphammét fa chargé de Prophète: )
de Le S .'Effirit ne s'empeJehoit -iL
en ce-Concile à autres affaire s
r
qu 'a garroter & à charger Jez
Miniílrcs de loix impossibles*
perilleujes , non nécessaires?
Ne font -ce pas des preuues signalees-dii rcípeóî ôùác
la. re.uetécc prateiteepar ces*
iicfar*-

DE KIER1CHO.

57

pleformaceurs à l'endrok de
'^antiquité Chrestienne? Ames pures, ames zelees^ames
'flambantes de désirs de pur ger leferuice diuin, est-cele
patron fur lequel vous cries
à plei ne teste qu'il faue reformer l'Egliíe Romaine 3 Si
vous croyez l'anciennecoulpable de superstition & de
ludaisine, d'apostasie, & de
Paganisme, íur quelle forme
voulez- vous que la moderne
,|reforme fes diíformicez luisiuescVPayennesí

TR 0 MPETTE

ÇH A M ADË II II.
"ESTE 'longue enqueste que nous venons de faire, donne
aíTez claire cogiioiíTance de
la vanité & menteiie, voire
de la malice & de 1 1 perfidie
de ce* Réformateurs prétendus , en ia protestation qu'ils
fonc de recognoistje la pu.reté-deTEgliíe ancienne durant les quatre ou cinq cens
premières annecs : & de n'auoìr autre désir & autre dessein, que de procurer la reformation de l'Eghie Ro*
maine d'auiourd'huy sur le

FI

1

f
DE

H1ERICHD.

'p3

modelle de Tancienne. Mais
puis que les déclarations de
leu r s ch efs, q u en o u s venons
|de voir^accúientl'Eglise anIl- Icienne d'auoir esté -vilaine-e- Jj ment défigurée de íuperstú
lac Irion, 6c de pr-euaricanó ^horle
nbìcment dirïormée de íu*
re
d aï i m e 6c d e Pa ga n i í m e S o à
ie
re*. hercherons-nous quelque
| sonne de ieruice de Dieu . -la
lils pureré 6c la beauté de laqueli le pUiíTe agréer à períonnes
u- ásiíainctes 6c si amoureuses
ns f ác perfection ? Seroit -il pofa- sibîe que depuis la mort de
1 1- svs CH R i ST iufqucs à la
I naiísáce de Luther & de CaîI uin , il ne s'en fort rencontré
aucune en tout le Chnstia-

I

100

TROMPETTE

nisme ï .Si eíí 3 repartent fìos
Réformateurs prétendus,?//?
fe laijja. voir mecfa, riaisue pureté en l'Eglije Apostolique 4
c'est a dire3 en.cellc qui ejloitau
monde du viuant des Âpvftres.
Apres ce temps ne h cherches
plus en terre: elleje perdit & s'éuanoiiit dejlqps qu'on eut perdu
les Apcjìres de veue. Si tost?
Mais retenons vn peu ceste
considération, nous la reprendros en bref plus à propos. Cependant , ô luges
souuerains des beautez &
des laideurs;, apprenez nous
de grâce quelle estoit ceste
excellente, na'ïfue , parfaitte
beauté', qui feule a eu le crédit dcvous gaigneilecceur?

Ii

DE

HIERICHO.

lOl

I De quels lineamens^de quels
| traits, de quelles couleurs
eítoit-elle formée ì ComImentj &pourquoy a elle esté
fi soudainement rauie des
Jmyeux de tous les ChrestiensB
MElie confifloìt 3 difenc-ils , en
ijìmples çy Urayes cérémonies
(instituées de IESVS- CHRIST, &
■en l'exaéîe diligence des Apoìftres a les objeruer. La nonchalance du rejìe de l'Eg!iJc 3 de
wíèur njiuant mejme 3 & la cor-éruption que leurs successeurs y
Rapportèrent parle mejlange des
mraditions } cnleuerent mijeraúlcment de ce bas monde ce fie
apure beauté\deJlors que les Awoftres en deflogerent 3 fajisj^_
Ëpoir de la reuoir 3 quej^^ "


i -te K

%ÇZ

TROMPETTE,-

moyen de ces deux lampes dey
Wittemberg & deGeneue } dc
ces deux flambeaux d' Allemagne & de France, le vous en •
tens auecautac de regiet:que
d'admiration. Mais de qui
tenez vous, ces tristes nou,«
"uellesì. est- ce du Ciel ou de
la Terre , que vous les aucz
apprises! • V.ous Jerez, tous
ieurs au rouët quád on VOUÍ
preíTera derespoiidreJà des
îus. catégoriquement. Nc
laissons pas d'oiïyr la respon
ce que vous faites telle quel
le est.
Les cérémonies 3 dites vous,
ìnslituées par IESVS-CHRISTJ
& ohferué es par les Apojìrm
font toutes enroliées dans wi

DE HIERICHO.

ÍOj

fl cayers duNouueauTejlament.
h
Celles qui n 'y font point} nefont
de l'inflitution
i 'j

uç |
ui

de IESVS-

CHRIST , ny des Apoftres.
De façon que l'obfruation
d 'autres cérémonies que de ceì-

>u,> M /eí -

fí?/^ iT^e

«yê du fie-

de
cz

ílnffcment & du rauïfjerAent
.de cefie première excellente

if»

beauté. Or est il quincontinct

)US

rfj>re; /<Í rctraitte des ApoJîres i
X'O»T «se leur temps mcfme ,on
a pratiqué cn l' Eglise telles ce-

cC
N:
011

c'

remontes : voila pourquoy la
p «rc naisu été de cefìe forme <9
' esté de fì courte durée.

- Ce n'est pas satisfaire à nostre demande, car nous dcsitós estre eíclaircis d'où c'est;
que vous auez apprins ces
1 íiij :

Ï04
TROMPETTE
deportemensdel'Eglise p ri.*
mitiue? & si quelqu'vn de ce
temps là a fait pareil jugement au vostre. Iamaisvous
ne nous refpodr ez à cela qu a
la mode de du PleíTis■> & de
ses protocoles , par faussete-z
& impostures. Et de plus>
auec quel front oserez vous
âpres eux produire des teímoins si furieusement obiectez' par vous-mefmes ? fí
cruellement chargez d'auoir
eu intelligence auec.I' Ante,
christ, & coopéré au mystère d'iniquité.? Mais encores
qui voudroit s 'arrester fur
tous les poinctsde ceste re'
sponce,ilauroitdequoys 'efgayer fur le peu de confor-

DE H1ERICHO IOJ
mite qui est entre les forgeurs delaReformatiò pretendue, quand il eílquestio
d'en défigner le prototype.
Les Allemands font d'auis
qu'on íe retienne aux Apostres. Les Geneuois, qu'on
monte iufques à IESVSGHRIST .. Ceux là disent
que les poíiresonteu pouuoir d'institucr,& de fait ont
institué, des. cérémonies au.
féruice diuin. Ceux-cy Ic
nient tout à plat, & maintiennent que les Apoítres nc
pouuoíent outrepasser leur
rolet,ny auâcer choie quel conque qui ne fu st exptimée
dans les lettres de leur corn-?
mission,

10<J

c
fia. 4.

<ti» 4ìnjì.ch.i.

TROMPETTE

Les Avoítres
par leur nom
1
A
.
mejme3 ce du le forgeron de
Geneue-j monjìrent combien il
letirefi permis en leur office, lis
doiuent ejìre SJpojìres ,' c'est a

dire , enuoye^ pour ne babiller
point ce que bon leur semblera^
mak fidellement rapporter le
; mandtrnem de celuy duquel ils
ont ejté enuoye^.

Ie croirois faillir, si ic
changeois rien de ces propres ternies, tant ilsíónt significatifs & représentatifs
de fa modestie & de son respect: entiers les fondemens
del'Egliíe. ~
Laissons leur débattre ce
poinct entr'eux, & examinós
vn peu les absurditez com-

r>E H I ERIC HO.
ÏC>7
prinsesen Tvii & enl'autiedc
ces d:uxaduis.
En premier lieu , oser as.
seurer que tout ce qui^appartient aux cérémonies & à la
police du seruicc diuin , ait
eltéi ordonné de la propre
bouche de 1 E SVS-CHR IST,
c'est publier qu'on fait plus
de cas de l'effiontcrie que de
la vérité.
I E s v s -C H R- I s T afferme
luy-mefme lecontraire>iVy toa».ie:
l2
beaucoup de choses a vous dire, "
que vous ne pouue^ porter a

présent, dist-il à fes disciples
fur le poinct de son départ,
pour aller accomplir nostre
rédemption. En second lieu,,
quand onlaiíîeroitcouler ce

10$

TROMPETTE

premier article sans le -contredire (bien qu'il soit fàuxj
&qu on accorderoit de gayeté de cœur ceste imposture,
que IESVS-CHRIST ait de
ía propre bouche ordonné
tout qui appartient au íeruice de Dieu, la prescription
que nos Réformateurs prétendus en tirent ne fait que
defcouurir d'auantage leur
ignorance. Où nous monítreront-iîz que lesEuangeliiles & les Apostres? ayenc
mis par efcrit toutes ces particularisez ordonnées de la
propre bouche de 1ESVS>
CHRIST? LCS Apostresnous
attestent eux meímes le contraire. Tout ce que IE SV S -

D E HîERICHO. ■ 109
CHRIST a fait & dit n'est:
pas couche' par ckrit, le monde entier n en contiendroit pas u<in - vlt les liures , dit S. îean. Tenez
les traditions qu au e 1^ apprises} *■ Thítfsoit par parole 3 soit par ejcrit3
dit S. Paul aux rhessaloniciens, & en ía première aux r Cor ú,
Corir)thiens,ayant tracé peu í+de mots, mais tres importas
touchât la manière de communier le corps de IESVSCHRIST,ÌÍ ferme son discours par ceste clause, i'or•donneray du relie quand ìe se- '■■
ray venu. L) ou û nous ejt donné à ente dr e^xt S. Augustin,
qu'il eujl entreprins vne longue
bcjengne , s'il eujl voulu injtYiueren cefie lettre tout le rede-

HO

TROMPETTE

met & touc l'ordre de cefírì aóíio
obferué par ï Eglise njnìucrjeìle
m toute l'eflenduë dela terre. Il
si'en parle plus en ks autres
epiítres, ny pas vn de ceux
dont les-eícnts íonr ìníercz
au Nouueau Teítamér. Voila pour ce qui touche Imíti.
tution de la propre bouche
de Ieíus Christ.
Pour le regard de celle des
Ápofh es, nous pour nos accorder fans inennuenienr,
qu'ils ont iíiítitue& -ordonné tout ce qui appartient au
íeruice diuin : Mais fi l'opini.4f.nie n'aueugloit nos
prétendus Reformateurs, ils
deuroient remarquer qu'il y
a grande differéce entre -hn*

DE

HTERICHO.

Ut

ûitution & l 'obítTuation;
entre l'ordonnance & i 'execution. Touresles cérémonies du íeruiçe dtum que les
Apostres peuuentauoir or,donne',ou bien omordonné
dé fait au premier establtsíement de 1 Eglise 3 c 'est tans
doute qu'elles ne pouuoienc
estre publiquement obíeruees rie àncíèion la teneur,
& à la lettre de l'ordon^
•nance, en ce premier commencement. Les períecutiòs
feules estoient capables d 'en
íufpendre Texecution.
Et certes le ne voudrois
^xrs débattre que les Apostres., ou lesperíonnes Apostoliques., comme Les Eues-

Vt

TROMP ET TE

ques consacrez de leur main,
ou bien les septante disciples
(pourquoy ne l'auroient-.ils
peuauec la mesme assistance du S. Esprit qui conduisoit S.Marc &S.Luc,qui n'estoient A posti esxnla tissure
deleursEuangiles ? ] n'ayent
ordóné pour le culte &ia police tout ce quelEgliseen a
depuis obíèruê nécessaire mét & vniuerseîlemét. Iedis
nécessairement & 'vniuerjeìlem
ment3 car ces deux mots doiuent estre soigneusement
considérez en ceste matière,
par. ce que leur distinction
íert de filet d' Ariadne, pour
deíbrouiller les simples de
plusieurs iabinnthes où ces
Dédales

D E HIER1CHO.

Iï§

Dédales reformez taíchet de
les e (garer &embarraífer:pat '
Jceluy à'njniuerfellementy nous *
diítmguons ce qui s'obíerue
en quelques endroicts parti-,
culiers, de ce qui s'obferue
sgeneralìement par tout: ôc recognoiíïòns que ce qui ne '
sobíerue qu'en certaines
prouinces eíV-d-Vne nature
particulière & moins obli- ~
gatoire : mais ce que î'Eglife '
obíerue par tout TvniuerSj >
iest d'vn- genre plus releut-,
id'vne condition plus importante, & conséquemment
d'vne obligariô plus estroiI te. Par celuy de nécessaire* ) ment nous séparons les ch-o**
se&qui font ck-iadubíl'aacesû

ïl.à.

TR.OMPETTE

du. culte & de la police, dèS
celle.?: qui ne le sont pas,
Po ur e xeple. T o u c h áì le í er uice diuin,, il est certain qus
Iesus-Glinst .seul. a inJíitusf
les Sacr.emens , la matière, la \
fo rm e,& le. Min i st re dice ux,
&signammet le S. <k auguste Sacrifice de la Messe.
Touchant la police.de |'E>
gîiíe,il est pareillement cerîain qu'il a institué l'ordina.
tion des Euesques,& des Pre«
Ures, leur puissance &: leur
fonction ; Par ce que.ce font
choses qui ; appartiennent I
l'essencedu scruice diuin>&
de îa police de ['Eglises qus
autre queluy ne les pouuoiî
instituer, à iaison .de. l 'excel?

DE H I ER rCKTO.

líj

Ience & souueraineté de sa <
puissance. Mais il y a plu»
íicurs choses en l 'vn & en 1
l 'autre de ces deux chefs, lesquelles (encores qu 'elles ns

I soient de i'eííence áz chacun

d'eux,) appartiennent néants
moins à-la per-fectió &à l 'ao
oompliflement dïceuxí & %
font nécessaires, ou denecefifik*
té de fin 3 oiil>ierhde necefjìté de
commandement „ ain G qu'on
parle aux escol'es de Théologie, c'est: à-dire,- ou- par ce
q-ta 'il est co m man d é d e ne les
obmertre, ou par ce que leur
obniissio em^jicherok lesf{-ct. de te qui est de 1" essence.'-

U est croyafelsqu^ les Apo-

ílíê5 ? £*a les. perso í í^cs Apo-

TROMP E-TT Ë
íloîiques ) c'est adiré, les Fa «
steurs consacrez de la main,
<§íiníìruictsde.la bouche des
- Apostres-, ont institué les
chófes de ce second rang., &
qu'elles ne se. peuuent changer, selon la doctrine de S.
Cyprian& dcS. Augustin.
fyfljíiï? îîyenaencores d'vn troiuìf ^í fiefme rang,qui neíonr pradeûnaa tiquécs que pour redificatió
preíente.pour 1 ornement <k
la bienséance.. Ces dernieres peuucnt estre de l'instiïution des Apostres • mais
quand elles ne le seroiét pas,,
les Eueíqucs & les Conciles
ont eu. pouuoir de les instituer s sauf la modération de
lestai Òc liberté de l'EuangiÎl6

WE H T E R1 GH O.

I17-

îe &delaloyde grâce. Elies
peuuent auíli eitie changées
ou abrogées par les Prélats •
íuccedans de temps en temps
selon les occasions a me finement lors que-ies causes de
leur inshruc'ò celî'ent, pourueu que ce ioit auec diícretion..& íans danger de diuiíîon & de ichi me Mais elles ne peuuent v & ne doiuëc
i am iris € lire n y m e íprit ees n y
supprimées p:r les brebis,
fans le commandement des
Pasteurs.
Etquoyque coure la Reformanon prétendue -g.ro i gnej la célèbre dntinótió de
S. Auguctiniurceste marie.»,
re aura íouíiours vogue la-K. itg .

US-

TROMPETTE'

nuarius l'auoit consulcé sar
la multitude, diueríké & obì i gat i on d es ce r e m o n i e s d s
l'Egíiíedeion temps. Iere.
e
A «i. pip,j^onds a tout cecy. dit cet anckn Prélat-, que-fi l'authorité
de la fainéle Efcnture prescrit
qu 'il faille faire quelqu'une de
ces choses , il riy a point de doute' que no-us ne dénions faire
comme nom le iifons. Sembla*
bkmentyjt t Eglise. en fréquente quelque ne en tout l' roni,
uers , car difyfiter que cela n
doiue faire, c'ejlnjne folie tres>
insolente. La troifiefmeforte ejl
de celles qui fe diuerfifent seloh
la dïuerfité* . des lieux & des
Prouinces que chacun faffc
le regard deu celles-.^ .ce

D?E

HI'ER'ICHO,

H$>-

u'il trouuera eflre objemé en
'Eglise où il se -.rencontrera ;
moy ennat qu'il. ne s'y fasse rienContraire a la foy & aux. bon'
nés mœurs. V oyla la. reíolu»
k\óï\ de cer exceller Docteur
;de rantiquué Chreítienne.>
il auoít die. auparauant.,
parlant des cérémonies de
ion second ordre ; celles que
nous gardons non eferites, mais
laijjees par, tradition 3 qui font
objeruees par tout l'njniuers >
donnent2 entendre qu'elles font
retenues comme recommandées
£5T inflituees 3 ou par les Apo~
fres mefmes^ ou bien par les.i
Conciles généraux-,, desquels',
l'authorité. ejì tres ■. salutaire m -

2ZO

TROMPETTE

C'est vne maxime rres-asJ
íeuree que les Apostres
n'ont lai fí é par escriî tout ce
qui appartient à la doctrine
de la foy. Les Catholiques
l'ont emdemmcnt veriffiée,
co n c re 1 es i m po st u re s reformées. Elle n'est pas moins)
ventabíe^ny plus mal-aiíee
à-venfíer , pour le íuiect des
cérémonies & de la police,
^.^ que pour celu) de la doctrimtr .Ecd. ne. Nous en auons des tesicap.i.
v .
or,ge». moignages
tres dairs cz
cei"' œuuresqui nous Co nt restées |
E»fii>- des
demonjl.
,
lplus anciens Pères du i
xuangMb. Christianil/ne, qui prouuee
'tasii d e non feulement que Irs A postrcs ontordónédefait plu»
E
thì»r»;v
rf'' íieurs
choies, fans- eicriture,,

.. . _ -

ils^

'DE HIERICHO.

Î2.I

fmais encore que c'est à deíHom.
rein, oc de propos délibère! «fo^.
& pour grades raisons/qu'ils
ne les voulurent coucher par cJr - ílI-9
*escrit. íe serois trop long -si H". ••«»le les produiíois ìcy , ic meu.*..^.
'«çontéteray d'en cotter quel-J^^'^
ques vns en la marge.
Ce que nous auons defduit iulquesicy suffit, à mon.
suis, pourconuaincreìava*
nité & la fausseté des raisons
alléguées par nos Reforma,
teurs prétendus, pour fonder le retranchement de la
Formatant duTeruice diuin s
que de la police Ecclésiastique, dans I'enclos du texte
iexpres de la íaincte EícrituIre. Mais outre toutes les
mr •

,

1

.

, .1

/

fkì

TROMPETTE

considérations que nous
uons amenées , la discipline
des Eglises prétendues Reformées fait aíîcz paroistre,
-ie^ne íc^ay si íedois dire leur
imprudece,ouleurîmpudeV
ce. jMe-voit on pas qu'ils obferuent plusieurs choses qui
ne font nullemet contenues
dans les eícrits des Eumgelistes & des Aposttesì Nsj
voit on pas qu'ils ont per-j
uerty en Franc* tour J'ordre I
& toute la police Ecclesiasti'j»
que, qui se trouue enrcei r
stree dans k fainóte Eícri* :
ture?
Comment iustiEent-ilslc
changemét duSabatau Di- 1
manche parles seules Eícri'

DE HIERICHO.

I13

tures? Çommentprouuentnc ils ie Baptesme des petits en|e- fans par les seules Escritures?
re,
Pourquoy ont-ils transfìgia:ur
ré Bc confondu en toutes
|lé'
leurs Eglises Françoifes les
bnoms.& les rangs des Eues*||tii ques & des Preûres, tant rees
commandez par les fainctes
e
Escrituresì l'ay dit en toutes
it
leurs Eglises Françoises, cac
rles Angloises , en despit de
r:
Caluin&deBeze,&detou&
|.les Puritains, retiennent ces
qualitez, & celles encores
S1'
n- ld' Arch euesqùes, d'Aichidiag
icres, de Doyens, de Chaiioisle IneSjd'OfrìaauXj bien qu'elles ne íe lisent en l'Escriture,
ùM pratiquent en leur seruicç

E

114

TROMPETTE

diuin la psalmodie alternatiue , le chant, les orgues »les
su rpelis & les cria pesj le signe
de la Croix aulbaptefme des
enfanSj'la profeíiion de foy,
le renoncement de Satan, les
;anciennes;fornuiles des interrogatios & responces, des
stipulations & promesses qui
fe font entre le baptisants
les parrins du baptisé, lad
ministration deceSacremet
par les femmes sages, en cas
deneceíîìté^voireiusquesaii
baptistère de l 'Eglise; & ana- 1
thematisent tous ceux qui
n'approuuent 'leur pratique.
On peut voir tou t cecy par
le menu és canons du Syno de de Londres tenulan 1604,

ny
tíurla reformation de l'Egli lie au Royaume d'Angleterre, fay particularisé ce defnombrement à fin que les
Huguenots François trop
crédules remarquent & rccognoissent la ; fidélité de
Jeurs Ministres se prefchans
faussement conformes aux
Anglois.' Autant en pourrions-nous dire des Eglises
Luthériennes d'Allemagne,
de Suéde, & de Dannemarc,
qui ne s'accordent non plus
auec les Zuingliens de Suisse
, &. les Caluinistes de Fran-^
If e cz^ceremonics du ícruiçe diuin , qu'en la doctrine de la foy. Les titres ^
defaueur dont ils sentreca-»
L^ î ij > .
DE

HIERICHO,

U'à

TROMPETTE

Fessent les vnsles autres,nous

font foy de r'intelligéce qui
est entr eux en toutes choses, concernantes la Reformation prétendue , sauf à
calomnier. & renier l'Egliíe
Romaine & ie Pape. Vne
.courte monstre de ceuxquc
leurs Arcboutans fc font entredonnez, finira ceste chamade.
Estera.
llne faut auoìr aucun traiUteMiúres
*
f
p
f
sent ceux te duec les òacramentœires , el?ÌHI" crit Luther au Duc de Prusse,
g»e*óts en CAr ils s 'opposent à la commun:
Gueux "f foy de tout le monde Cbnflien,
ïuntains touchant la vente au Sacre c»

jiïïtmnJ

g»*:

excellence de ne les laiíferviun
-r
ì
n
en vojtre pais ,jt vous voule^

Ì2.7
auoir repos en vojìre ame y çy
paix en njojìre Prouince.
Conrad de Schluísébourp;
surintendác Luthérien ,c'eífc
à dire , Euesque en leur Hiérarchie Reformee,reciteque
Luther tine ce langage quelque temps auant ía mors,
ayant deíìa vn pied dans la
folle: l'emporteray auec moy
àeuant lethrojhe de Chris mon
Sauueurce tejmoignage , & ce jìe gloire, que de tout mon cœur
l ay toujìours condamné Caro lojfadj Xuingle , & tous autres
Sacramentaires Selon ce man démet de l'JÍpoflre: Fuy l'homme hérétique âpres la première& seconde admonition. le les
ay fouuent- & feuerement adL
DE

H1ERICH0.

S2 .8:

TROMPETTE

u.ertis par mes liures. Les fre*
quens fermons aujjì desnofires
contre leur blasphème & menteuse herefeles en admonnefët
affe^. Parquoyie les, laisse des ■
ormais comme: gens :- inexcusables , & qui fe. veulent damner
à leur escient...

Aurifaber. domestique
de Luther escrit en ses colloques de. table qu'il diíoit
ÍQUuent , Les Sacramentaires
font, hérétique 1; endiablés, perdiahle^ , surdiable^ , tranfdia hle^-3 tranjfubfantiadiable^;
ont. le Diable a dextre & a fenefre, deuant & derrière , des•
fus, & dessous...

Zuingle &. Caluìn & les
partisans Sacramentaires ne

DE

HIERICHO.

font pas moins courtois à
l'endroit de Luther. Ils l'ap pellent en contr'eíchange
de la bonne:opinion qu'il a
eu d'eux, homme.inconflantj.e-ger,tranJJorté d'ajfeélions primes, ç^rv de. cholere ..: fophifle,
trompeur,séducteur,faux prophète, proche parent de ï Ante*
chrifl, Pape, dé paille,crucifìeur, .
bourreau, meurtrier de Christ,
fol, lunatique, ignorant musique , songeur, fantaflìque ,preiJomptueux, acariaf re, superbe,
furieux , intolérable , lascifs .
paillard,'vanteuri bouffon, mo queur , Jale , vilain, menteur,
impudent, calomniateur , cor*
rupteur de l'Efcriture.
l'ennuyerois le Lecteur, & .

Ï}Û

TROMPETTE

moy-mesme , íi ie voulois
mettre cn liste toutes les epi thetes d'honneur qu'ils donnent à ce grand Elie reíerué
à nos derniers siécles pour
fonder ia Reforraation pre
tendue. Et ne croyez pas,ic
vous prie, que ie suppose la
moindre de celles que vous
venez d'oùir. Ceux qui Iiíont Scbluílcmbourg,en la
Théologie Caluiniftiquej
Zuingle contre Lu th-er, Bulinger contre Brence,CaIuin
contre Westpha^Beze contre Heshuse , seront contraints d'auoûer que la pudeur Chresrienne me reriét.
La diuisìon des Hérétiques
e-ngendreroit cn bref la paix

DE

H I E R I C H O.

1}T

de rEglise j si nos péchez lepcrmettoient.

GH A M A D E

V:

;

f§fû0 Ncore faut il voir
s'ils ont eu quelque'
raiíon de corriger
leur premier auis, & íe repentir d'auoir publie íe respect qu'ils disoient portera
l'Egliíe ancienne , & aux Euelques Ôc Docteurs des quatre ou cinq cens premières
annees. Nous l'auons ouv
accuser de superstition, depreuarication 3 d'infidélité ;
d'idolairi^de Iudaïfme^ de-

131

TROMPETTE

Paganisme. II ne se peur rien
dire de pis. Mais à quel droic
l'ont ils die ì qui les a pouffez à des outrages si horribles ; à des iniures íl -atroces ?
& qui Ie peut atioir fait., sino
l'efprit de blasphème?
Que toute- l'antiquité
Chrestienne, toute vostre
Eglise, Seigneur, vostre espousetres aimée, pour l'emhc 1 1 í íl e m et d eJ a q u el 1 e v o u s auez fait passer par- 1 alambic
de la Croix, au feu de vostre
amour toute l'humeur de
vos veines , ait laissé faner si
nonchalamment, voire ait
elle-mesme follement deldáigné, ingratement enlaidy, misérablement défiguré, ,

DE H JERICHO.

I33

•malheureusement difformé vne beauté il chere, íl
chèrement acquise, sur la
première apparoissance de
son Orient ?
Er n'est-ce pas celle qui
Teípace de trois cens ans a
rougi rvniuers de son sang,
.& changé les for ests -en po*
tences ou en buíchers pour
conseruer sa pureté contre la
malice des í uifs,& la rage des
Payensî
Quant à ce qui touche le
Iudaïfmej combien souffrirent les Apostres pour en
empescher Introduction &
le mestange parmy la doctrine del'Euangile ? Ce fut
le íuject qui fit aíïembler le

134
TROMPETTE
premier Concile de l'Egliíe
Chrestienne. Ce fut le motif des epistres de S. Paul aux
Galates & aux Hebrieux. Ce
fut la cause de son oppoíìtio
contre S. Pierre, & ce qui
l 'enhardit à luy résister en face. Ce fut la principale matière des combats contre Ebion. Cherintç, & autres hérétiques de ceste bauge; Les
Pasteurs de ceste Eglise primitiue,ces Prélats Apostoliques euflent ils esté si oublieux, ou si legers ,de relouer & rebastir auec tant de
foin & de diligéee ce que les
Apostresauoientdeímoly&
ruiné auec tant d 'affection &
de peine.

DE HIE RI CH O. 13 c
La Synagogue deuoic
«ílre enseuelie auec honneur, il est certain, & plusieurs cérémonies de la Ioy
Mosaïque furent supportées
vn remps,au premier establishment de l'Eglifc., pour
Tamour des luiss, de la race
.desquels I ES v s- CHRIST
estoit íorty: parmy lesquels
il auoit esté nourry , lesquels
ilauoitspecialemét instruits,
guarileurs.malades, reíuícité leurs morts/oignécV: procuré leur conuersion auec
tant de ialousie cqu'il rebutoit ceux qui n'eítoient pas
luiss, & deffendoit àfes A- ,, , postres de n'aller respandre ^I;î4
1
les grâces de fa doctrine par- 4*." '
i

jjftjgS

TROMPETTE

my les Payens qu'au refus des

luiss. Tous ces respects faifoient que les A poires se
componoicr plus douceméc
en leur endroit, & compatiíToiét beaucoup à leur obstination. Ce fut pourquoy
.rfîtf .if .j. S. Paul circoncit Timothee.
Pourquoy il porta toutvn
18.^ ii' temps la cheueleure, & obv 16,
'
ferua la reigle deNazariens.
Mais tout cela ne lé pratiqua
sinon au temps que les cérémonies de la loy de Moyfe
estoient mortes à la vérité',
mais non encores mortelles,
-estoient fans vie , mais n ostoient pas la vie. Temps qui
deuoit durer iufques à ce
que la loy de grâce seroit susfìsarnment

137
isamment publiée, à fin que
luiss ny les Gentils ne
se treussent
que les Chrestiens ■
Te retirassent des obíeruatiós
le la loy de Moyíe en la méfie manière , .& au meíme
Jcns, qu'ils se retiroîent des
■uperliitions & idolâtrie du
Xìentilisme» - A fin i dis-jc 5
mue ny les vns n y ies autres
n'estimassent que le Christianisme condamna le íu.ki'âïsme,& lePaganiímepour
||neshïes raisons. Le Iudaïsmnc. estoit bon de íoy , ordonné, & institué du vray
Dieu j du mesme. Dieu que le
iChristianiímerecop-noist Sc
«adore :1e Paganisme, n estoit:
iqu,idolat rí c-y » i nu cm ion
DE H I E R 1 C H O.

ies

Ì38
TROMPETTE
institution du Diable. Le Iudaïffne ombre, le Paganisme
îenebres-.Leludaisme figure,
le Paganisme-meníonge. Le
ïudaïsme- rcceuable & salutaire en semtemps,le Paga-[
nisme abominable & darnnable en tout tempr. Le Iudaïsme, vrayc Religion in -|
íKtuee de Dieu , confirma*
tiue de la naturelle, aíseuree, »!
reiglee, immuable , obligatoire à peinede damnation
iusquesàl'arriueedu Meílìc,
qui estoit le véritable corps
de ces ombres fígurees;dëces
figures ombreuses. LePagamfme Religion faulî'e, forgée par le Diablc,abusantdc
ia-naiarelle-, & corrompant

3>E H I E R TC K O.

137

ce qu'en singe û contrefaiíoic de la Mosaïque , arbitraire, muable , diuerse , suK
uant les santaiíies des peu*'
pies , & de ceux qui les com
mandoient , & en h plusgrande partie de ies obícrua,*,
tions, cruelle , barbare, in-]
humaine* impie 3 & qui ne
pouuoitnon plus s'abonnir
que le Diable s'amender, qui
ne meritoit non-plus le nom
de Religion, que le Diable ;
celuy d'Ange de lumière.
Par ainsi qu 'il y auoit différence entre ces deux^ Religions, aussi fallok-il traitter
différemment ceur qui fai-*'
soient profeílìon ckl'vneroo;
déi.'autrô. il étroit besoin dg.
M~ij.,.

1^0
TROMPETTE
varier saconuerfation cnce
premier changement selon
ï. Cor.%
la nature des Religions & la
ai.
portée,, des. Religieux.. C'est
ce qui.faiCait dire à. S. Paul
qu'il estoit fait, tout à tous.
C'est ccqui le porcoit à reprendre S. Pierre de ce qu'il
sabstenoit des viandes com3 .8.
munes en prelencedes I uifs;
& à enseigner les,Corinthiés
dene toucher aux Idolothytes , fi quelqu'vn des aífìstans
en estoit scandalisé ; toutxela pour tesmoigner l'apprabation de la Loy de Moyíe
iusquesàlavenuë de.I ES vsC H R I s T , & âpres ceste venoè:la.mettre.honorabIeméc
en terrerai níi que discourent

DE; HIE RI CH O.

14Ì

tres-doctement S. Hierosme
& S. Augustin aux trautez
qu'ils ont elcrit réciproquement l'vn à .l'autre íur ce íujcct. Mais dés que la venue .
du Meífe , qui estoit l'accorn pli ísemét de la loy Mosaïque , sut promulguée, dés
que la foy de IESVS- CHRIST
fut íuffisammét publiée; dés
i lors ce qu'on auoit auparauant. toléré par discrétion cV
1 patience, fut abrogé. auec
1
authoiité. Destors ce qu'on
auoit supporté cómemorr,
fut reíerté comme, mortel.
Destors, furent, condamnez
& excommuniez.de l'Egliíe
comme . heretiques.v formez
lòs.Nazariensi.íkles Ebioni?
M iij.

Tq.t

TROMPETTE-

tes, & tous ceux qui s'opiniastrerent a. vouloir retenir le3 1
obíeruations de la loy Mosaïque, auec Jìíperjîition &ì
la Judaïque, ie dis, auec Juper*
fìitìon &a la Judaïque , pour j
esclaircir la raison de pluíìeuts cérémonies prati »
quees dés ce premier establistemét de l 'Eghse, & continuées iusquesàaiostre teps
au culte des Gíirestiens, lesquelles auoient esté en vsage au culte des ìuifs, fans
qu'on puiíTe inférer de ceste
imitation' que le Christianiíme air iamaisîudaï'é. En
voicy reíclaircistement.
Il-yauoitau íeruicediuin
4e la loy - iudaïque -diuei Us -

DE H I El I C H 0.

143-

façons de cérémonies, qui
n'estoient pas toutes-indifïcremment propres du IudaïímenPlusiêursdlcelles estoiec
communes à toutes Religions & à : tous temps • & par
ainíi pouuoient estre pratiquées par toutes personnes;
bien qu'elles fuíïent de diueríes Religions, fans qu'on
peust dire que l'vneles euít
empruntées de l'autre, Ttllés estoient toutes les cere
monies du droict. naturel;
c'est à dire , celles quela nature auoit enseignées* ôc par
manière de dire portées auec
£oy-, comme hauífër les yeux
vers le Ciel , leuer ou ioindre
les mains > battre k.poitrine 3

T44 '

TROMPETTE

fléchir les genoux , baiser la
terre,
autres- semblables.
Toute ceste manière de cérémonies, ne- sc peut dire
proprement Iudaïque j bien
que les luiss en ayent vsé,
non plus que tout le reite de
celles qui visoient particulière m e n t à 1 a re cog n or ssa n ce de la Diuinite'.souueraine*
& n'estoient puremér (igni ficatiues- Encore. parray ces
jBguratiues y en auoit il de
deux, fortes» -Lcsvnesestoiêt
figuratiues de ce qui touchoít la personne du Messie,
ôù- de ce qui luy deuoit auenir, &à ion Eglise ; & cellesey estoient proprement lu»
cúïques 3; & tellement- attachées

DE H I E R 1 C H O.

I4J

chee's au Iudaïlme, que IVsage n'en peut eítre continué en TEglise Chrestiennc,,
g par ce que chez elle leurs figures & significations seroiêc fausses, & conséquemment protestations d'vnc
fa u île foy«
Pour exemple. x'Aigneau
Paíchal, par cequii figuroit
la Paíïion future du Messie*
s'il estoit immolé par les
Chreítiens à limitation des
uifs, ce seroit renoncer au
hristianisme, & ludaïser:
ar ce seroit signifier que Ic
Meíïìe n'a encore soufTert la
norr, & partár professer l'atéte du Meííìe àla íudaïque.
Les autres estoient plus
N


I4<>

TROMPETTE

generallement figuratiues.,
ou significatiues 3 plus proprement significatiues que
figuratiues, instituées & obseruees pour signifier & re«
duire en mémoire les biens
receuz & les maux éuitcZj ou
íe disposer a e'uitcr ceux-cy,
& receuoir ceux-là. Telles
estoient les festes,les ieusnes,
les abstinences, les pénitences,, & autres íemblables. De
celles cy, bien que l'Eglííe
en ait retenu ou imité quelques vnes,cen'est pourtant
ny par superstition ,ny à la
Iudaïque ; qu.elle les prati*
que >(ainfi que nos pretcn -H
dus Reformateurs la calcon -J
aient ittiuferaeat , ) par ce

Í)E HIERICMO.

147

ique l 'vfagCjle but, & la fia
-des Chrestiens, est autre que

Joëlle des luiss. Les anciés Pères ont employé cestc diTftinction pour garantir teljes imitations Iuïfues de la.
calomnie des hérétiques ds
> leur temps -j nommément
s
™. Hierofme , S. Léon , & S. M™-]*
ugultin.
~a«ua. 4 .
La íeule célébration de la 4 .a «m*.
e
Paíque, les longs debatsqui ^f ^
s
^1 plnt inquiété
rEfflife
primi- contra A'
l
O
r
[
' tiue pour ce fuject., les frenr
n.cap, M,
llL
quentes inuectiues,que nos
■ pretédus Réformateurs font
' i -contre le Pape Victor T. séant
Rome l'an 190.de ce qu'il
íxcomunia toutes les Eglises
e
»Aíîej pour ce qu'elles celeNij

Ì|

"I

s.

ïíi8

TROMPETTE

broient ceste festc auec les
Iuifs,deuroiét creuer de hótc
les yeux à toute la prétendue
Reformatió, d'auoir ose' accuser, voire soupçonner, de
I u d aï sm e î Egl i se an c i en ne.
Voyons si Taccusation du
Paganisme est mieux fon<
dee* Lts Pctyens auoient da
Temples 3 des Autels 3 des Prejlres 3 des Sacrifices. y des lum'u
naires3 des If1acp4.es3 des Ve^A'
les, des eaux luflrales3 &C.ÏEglisè CbreJïienne en a de pareilles. Elleejldoncquesmajcfuee,
défigurée 3 & difformee à U \
Payenne. S. Augustin auoit
repoussé, il y a douze cens
ans ceste attaque assez suífiíaírircêtpour refroidir J'au^

14 9dace de ces nouueaux Po*
liocerrcs & destructeurs d'Eglises, si les fumées des embrasemens, & le bruit des
ruines dont ils ont défiguré
& diíFormé la France, n'eusJ
íent oíFusqué leurs yeux,
estourdi leurs oreilles,& em.
brouillé tellement l'csprit de
Reformation., qu'il n'a peu
eognoistre la foiblefle de
son imposture enladoótrine
i& en Pauthorité de ce grand
Docteur de l'antiquité Ch're*
stieríne.DE

HIERÍCHO.

On ne doitreprouuer ces cho- j ugu
\fes 3 eícrit cet ancien Eucl -'W-^
[Ue ,poureJìre usitées entre les
ayens i mais par ce qu elles
\ont exhibées aux Diables } &~
N 11J

ÍJO

TROMPETTE

non a Dieu.
Zil'.ïO- de,
ll enseigne de plus que le
*7p .'i9. Diable, ne désire pour autre
fZ S" ra^on qu'on luy offre des sai oM/>.ii .crifíces J sinon pour ce que le
sacrifice appartient à Dieu

seuL
Tert-r.Iian auoit dit Ion?u. i a d .temps auparauat quele -Diay g au 0 j t { Q n b a p t e sm e, son
ablation de pain, ses vierges & ses conrinens.
Wer.hi..
Plusieurs anciës Pères ontj
contr
'ì Ioneueraent.diícouru de ce
ste singerie du Diable, 6V en
'jifí.'Z combien de diuerses façons
ilaarïecté d!imiter.,le seruie
diuin, tant dela Synagogu|
que de.i'Eglise. Et les Hiíto
liens modernes qui désert
Tetì. ch

DE HIERICHO.

s^t

uent les voyages & les conquestes des Portugais, & ci es ■
Castillans ez Indes Orientales & Occidentales, nous dépeignent en maints endroits
lenuieuse émulation de ce
malin esprit cn vn grand
nombre de cérémonies empruntées & desguisees du
Christianisme: à l'exacte obseruation desquelles il oblige estroitement ces misérables idolâtres.
Pourcequeles Payens sacrifioient au Diable des aigneaux, des moutons , des
bœufs & des boucs jfalloit-il
appeller les sacrifices de ces
animaux qui se faisoienten
Ierusalem vne superstition
N ìiij

hj.í
TROMPETTE.
Payenne ? Pour ce que les
Prestres des Payens s'abstenoient de ieurs femmes lors
qu'ils sìapprestoient pour sacrifier: la continence des Prcstres de la loy Mosaïque en
pareil cas, doit-elle estre ap^
. peUee vhe superstition Pay?
enneì
ZXOÍÍH,.
four ce- que 'les .Payens
^ }°- (t seruoient de lampes & de
ctntn. lumières en leurs Temples &
1
jí"/ ' " en leurs sacrifices; les lampes
ïiïsri, du Temple de Jérusalem se- j
ì7 '
ront elles des : . superstitions ï
PayennesS:
Pour ceque les Payens se ì
lauoiéc auant que se presen - .
mi à leurs sacrifices: le laue- j
ment commandé aux Pre j

DE

HIER 1C H O.

I /3

stres luiss sera -iïvnc superstition Payenne?
Pour cequelesPàyens err ui>. j*.'
adorât leurs-faux Dieux bai- \{fn \ ]'7i
soient la main; en les sup- ^ <49 ' :
pliant & implorant, se iet- LÌ *,*, i,b.
toient à genoux la face & la 'k 7^/!

î
t'h IJ
bouche contre terre s ces ' * *
mesmes contenances pratiquées par les luiss en sadoration &imploratio du vray
Dieu, seront ellesdes superstitions Payennes?
Pour ce que les Payens, llt ?s™"/
c* tu ^- in
pour .11
appoiser> leurs faux Argon.
£
Dieux, couuroient leurs te- ^z' 1stes ,.. & parsemoient leurs
cheueux de poussière 6c de 'Awr*
cendre: ces mesmes façons
de faire víîtees par les luiss*

r;4
TROMPETTE
feront- elles des superstitions
Paye n nés ?
Pour ce qu'Orphée a des
crit quels aromates, & quelles íufFumigatios agreoient
dauantase à chacun des faux
Dieux dû Paganisme; l'onExod o guent & le parfum ordonné
5
par Moyíe auec vne soi'
gneuse prescription de tous
ses ingrediensji'appelleronsíious vne superstition Pay.
enne ?
Pour ce que les Payes consacroient leurs cheueux à
leurs Dieux ,deputoient des
personnes pour coíeruer vn
feu inextinguible à peine de
„ , la vie: la consécration des
Iv»m 6.
cheueux des Nazaréens, h

BE

H I E R I C H O.

ifs

■charge de garder le feu du
Tabernacle Mosaïque, con> ■v L^' t' s'
mise & recommandée au
souuerain Prestre, serót-ellcs
des superstitions Payennes?
Pour ce que Les Payens se
■p
.vi
1
Athcn.Ub,
íer-uoietde rameaux cn leurs 7. tap,ï.
festes & en leurs íolemnitez:
la selle des Tabernacles &
& des rameaux annuellemée
cclcbree par les luiss, fera-"' 40 '
elle vne superstition. Paycnne?
le pourrois amener vne
infinité de semblables linge*
ries de ce superbe ennemy
de Dieu & des liommes,rou~
chant le culteludaïque, si- le
foin d J auancer mon projet,
ne me retenait.

;Sjá<

îjô

TROMPETTE

Pareillement touchant le
culte Chrestien, pour ce que
le Diable s'est feruy, & se sert
encore aujourd'huy en plusieurs endroits de PAmerL
que &dePAsie, d'Eglises,
d'Autels,de Prestres auec razure &couróne,de sacrifices,
voire souz la forme de pain.,
de lapes & autres luminaires,,
dencensemens, de ieusnes,
de prières, d'eau beniste,de
vœux de virginité, de pauureré & d'obéissance, de vestemens distincts & propres
aux diueri'es fonctions de ses
Ministres, & cent autres manières de ceste forme , ob—
íeruees tres^exactement par,
ces pauuresidolatres ; fauc il

DE HIERICHO.

IJ7

condamner d'idolâtrie l'Eghíc Chrestienne, pour en
auoir vie depuis son establishment, &: en continuer
auiourd'huy l'víagc en son
diuiníeruice ?
Les Philosophes enseignée
cjuela fin qualinVles actiós:
& cju'vne mesme action reçoit diuersesappellations de
la diuersité de íes objects.
Ainsi deuons-nous parler
\3es cérémonies. Elles font
bonnes ou mauuaises, superstitieuses ou religieuses.,
Payennes ou Chrestienncs,
íelon leur fin & leur object:
les circonstances y entrent
austi en esgard, mais nous ne
sommes pas à présent sur

1^8

TROMPETTE

leur considération.) Si c'est
aux Idoles & aux Diables
qu'elles s adressent, ellesïont
mauuaises, superstitieuses,
idolâtres, P.ay ennes : si c'est à
Dieu, elles font bonnes, religieuses,pieuses,& Chrestien .
nés, pourueu qu'elles soient
introduites &obseruees par
le commandemét, & de l'authorité de ceux qui ont le
pouuoir de les ordóner seuls,
&priuatiuemcnt à tous -autres , qui font les Pasteurs' de
l'Egliíe : telles que les Pères
& Docteurs Catholiques,
tant anciens que modernes,
mainriennét estrecelles que
l'Eglise Apcstolique & Romaine a pratiqué de tour

DE

H1ERICHO.

Ì59

temps, & pratique encore
auiourd'huy au seruice diuin,suiuant í'inítitution des
Apostres, ou de leurs successeurs au gouuernement &
egime de sEglise. N'est c.c
donc pas vne lourde igno-<
ance, vne audace effrontée,
vne calomnie Satanique,vne
imposture diabolique, d 'accuser desuperstition, d 'idolâtrie, de Iudaïsme,& de Pa ganisme , l'Eglise Catholi H
que, Apostolique & Romaine, pour ce qu'elle continue
d 'obíeruer au íeruice diuin
les mesmes cérémonies que
obseruoit l'Eglise ancienne?
, Mais pour serrer de plus
pres nos prétendus. Kçfor-

m&à

TROMPETTE

■ mateurs, & clorre plus viueraenc cesse Chamade ; s'il estl
ainsi quel'Eglife anciéncou
du téps des Apostres,ou fou- '
dain âpres leur parlement de
ce monde,ait apoíbité,fe íoic j
estrangeedelafoy.ait aban- ]
donné son deuoir, air perdu !
sa naïfuebeaute'jait corrompu sa pureté, ait hideuseméí j
défiguré, ait affreusement ;
difforme ía première forme, I
íc íoit laiíîee enuahir aux |
tromperies, aíscruir aux cr- jj
reurs des supposts & des
auant- coureurs de l'Antechrist j O ames huguenotes,
fainctemét affectionnées, &
deuotemenr zélées au pour-|
chas, de Ja déformation
Euang^j

m

DE

HlE'R'ICîfO.'

'ictï

estl Euangelique, pourquoy ap=

pi-ouuez-vouSjpourquoy re)U- céliez* vous les décrets } les .
dc canons , les déterminations, ,
Loit Kes censures, les condamna in- lions, les anathèmes que ce:du Île Eglise difformee, design-* •
im- See , impure , moníìrueuíci;,
ìéï pefloyale , infìdelle^ apostâ- •
lent: île a jettez ôdexecutez-xon» •
tïe les Ebionkes, les Cheriru
ie,
Háens-j les • M areioni tes 3 les 1UX
icr- Ma n i c h ee n s, î s s V0èítími és,
les ies S abc îíianSj les Arrièns^les Macédoniens, les Nestoriés,
Itelés Eut y chiens, & autres héces,
rétiques de ces premiers íix>
des ? Pourquoy ne faitesjwous pareil iugçmentde ses. ;
bn
frrests& de ses cérémonies^..'
,011

a/ 1

ìCì.

TROMPETTE,

Et quoy? ceste Eglise -ancien,
ne auroit elle esté assistée du
S. .Esprit pour n'errer point
en ce qui concerne la forme
de la doctrine, & priuee à
l'asiìstance de cemeíme Ef.
prir,en ce qui touche la for
me du seruicediuin & de fa
*.«.Ï4. police? Quelle participation
, y a il de la lumière auec les
îenebres ì Et quel accord y -2il de Christ auec Beîial ? ; oii;
quelle porrion a h fídellî
auec, l'infìdelle ? & quelle
connenance y a il du Temple de Dieu auec les idoles:
q.uelle bigarrure d'esprit in-l
íraduisent ces gens en l 'E*
glife de Dieu ? vn esprit qui j
ioigne ensemble la pureté c\i

D-E H I ERIC H O.

réj

impureté? la.foy & l'infidelité? la vérité & le mensonge?
la pieté &i'impieté?le Christianisme Si le Paganisme?
Prétendus Réformateurs,,
voyez à quelles extrcmitez
vostre'aucuçrlement deshon»
té, vostre insensée témérité:
vous précipite..

G H A M A D E

VI.

OS prétendus Reformateurs confesfent que les- Apostres, ou de leur authoriré,
comme ç-roy en t les Luthériens, ou suiuant leur roller,, .
0.ij:

lt?4

TROMPETTE'

comme enseigne Caluin,ont
estably vn règlement au fer.
uice de Dieu., & au gouuernemenc de la discipline &
police .de rEgliscv Soit loué
Dieu , que nous puiííions
.rencontrer de leur consentement quelque patron ëi
■quelque cxépïaire de.vraye
Reformation. Les Apostres
'doncques en iectanr les sondémens de l'Eglise., en publiant l'Euangiíej ont insti*
tué des cérémonies certaines, cntordonnévne police
certaine, on t dseíïé & canonizé vne certaine forme de
seruicede Dieu,íelon la volomé;, ou selon le comman*
-dément: dà. I ES VS- C H.RISTO

DE' H' I ERIC H O.

l <?j,

ICombien a duré ceste forIrne? S'est elle eíuanoiïie auslíì tost qu'elle a paru, com*
Ime
fait vn esclair? ou s'estT
'die gastee auant qu'auoir ataine son accomplissement
ainsi qu'vn auortonì
Le temps de la liberté pro«mise à l'estat de l'Euangile, ,,
bien quilaffrâchiíTe le Christianisme de la íeruitudequi
pressoir lesluifs souz le ioug
des signes , qu 'ils n'entendoient pas;feruitude qui ne
les oppreíîoit pourtant, par
ce qu'ils entendoíent en gros
ppurle moins, & en gênerai,
que par ces signes ds rendoient íeruice à. Dieu. Çe
téps,dis -je ,de hberté Eu a n™

fCS

TROMPETTE

geiique nerequiert,&nefait
pas, que les Chrestiens doiuenc estre touc à fait fans íì,
gnes, ('comme S. Augustin
TAh 5. cap. discourt tres-doctement à
n
' son accoustumée aux liures
de la doctrine Chreítienne,)
ou que le culte & la diícípline èc police Ecclésiastique
ne doiue auoir aucune forme reglee J .afieuree&certai.
ne: par- laquelle elle puiííe
estre distinguée euidemmét
des autres Religions.
Puisdonc qu'elle en doit
auoir vne, & qu'elle l'a eue,
nonobstant ceste .liberté E*
uangejique , par. la propre
confeíîìon des pretádus Rer
formateurs, ie perfeuere ì

DE H1ERI-CH -0. iSf
leur demander qu'est deuenuë ceste forme. S'est- elle
perdus dans le moule., ou
s'est-elle écoulée dés qu'elle
en est sortie ? Tant de grads ^ \ Jg
teímoignages , tant de clai -" 44 tires prédictions, que la loy, ijsMùx.
les pfeaumes & les Prophe- £ 4£
tes j ont fait retentir fi h au- S4 -*N
tement de la beauté, de la vmt. Ecd,
c
7
grandeur, del'estenduë,de la g/,s. '
duree, de la perpétuité de g^ 048 '
l'Eglisede IESVS CHRIST, ^i"»s'en ion r- elles allées en su* u* P*™,.
2 &
mee dés que les Apostres fe}^. "
font retirez au Ciel?
C'est vn jargon tout propre aux hérétiques. Il n'y a
eu secte si malotrue, si misérable ? si chetiue ,fí retrecie^

T58

TROMPETTE

qui ne se soie parciculicre-l
me.nt attribué lefïectde ces
promesses & prophéties , au
deíauantage de l'JEglise Ca-|
tholique., pour laquelle seule'
Dieu íesaruielees.To^í ÏV1
lïf .iy' ' Tiìuerí a apoflatê, dit chacu ne
de ces factions vrayemem
Apostates; s'il refle en ce btâ
monde quelque Eglije-qui me-\
rite le nom de pure^ c.ejl en no «i
ftre troupeau qu'il U faut cev\
cher, on espère pour néant lai
rencontrer autre part. Ainsi
jarg.onnoient les Donatiftes
renclos dans quelques can^
tons de l' Afrique Romaines
Ainsi les Marcionites reserrez dansledeftsoitd'vnedes
Prouinces de la petite Aficj

Ainsi

DE

HIER1CH0.

169

Ainsi les Luciferiens - relejuez entre les écueils de Sar.
daigne- j Ainsi les Luthériens
& les Caluinistes e.ntreux ireconciliables ennemis, paremcz diuerícment en quel •
ues Prouineesde l'Europc.
es anciens Pères leur rep ondoient, 7/ nefe peut nuU t.^"fcJ
dément faire que ce qui deuoitfì
poft périr fus recommandé par ')
'.tant d'attestations j qu'une E~
glife qui démît estre Jt toíí exterminée de tant de peuples,fufl
louée fi hautement■ & Jï dfseit*
'rément par tant de tejmoignages ; & qu'il ne fufl rien dit ée
ia leur, qu'ils conteflent deuoir
murer iufques
a la fin.
rl J ci
71
3V«*35.
II n'est p M croyable } que A't™!*-

P

( *i '*9"

<yjO

TROMPETTE

tousours l' erreur ait régné iuf
ques a ce que ces hereftesfujsent
■venues. Que la pauure vérité
férue & efclaue ne fil qu'attendre ces Marcionites & V
lentiniens pour la deliurer de
captiuité. Et que cependant on
Euangelifafl par tout l'Vniuers en vain^en vain on creufl,
en vain tant de miìiers fussent
baptise^ ,.en vain tant de Sacremens defoy fuffmt adminiA
jlre^ en vain tant de miracles
fe fijfentj en vain tant de Sacerdoces & de minifleres s'exerA
çajfent ,en vain finallement on\
couronnaíí tant drAfartyrs. \
Autant en disons nous àl
nos pretédus Réformateurs.]
Ceste Egliíe cjui apeu si lcgej

17$
rement perdre ía pureté n 'estoit point l'Egliíe de IESVSCHRJST. Car l'Egliíe de IEI SVS-CHRIST doit durer
iusques à la fin des siécles.
| C'eft-vn regne^àìt Daniel, qui
^
Danitl
\ne doit iamais eflre difiipé. Et
IrAnge parlant à la Vierge,
DE HîERICHO.

Jl régnera fur la maison de la 'Luc .a .ví
%cob éternellement^ &Jon règne 5Î '
Wera fans fin. Eclesus-Chriír.
Imeímei S.Pierre, Tu es Pier. M 'f-*wre, &fur cefie pierre ï édifieray
Wion Eglise ,& les portes d'Enfer n'auront point de ruióïoire a
ì encontre d'elle. Et S. Paul au-

J*"4"

^roit-il plate par fa predicati®
îyn roseau pour vne colom-.
te? auroit -il basti vn crcuzec
le fable mouuant pour.
í> ij

TROMPETTE
firmament de vérité? l'Egliíe que les Apostres ont poJìcée n'a donc point perdu
fa pureté, ou les Apostres
n'ont point policé l 'Eglife de
4 ESVS-C HRisT. Réformateurs inconsiderez , ce íont
pourtant les blasphèmes &
les contradictionSjOÙ la procédure de vostre Reforma-i
tion pretenduëvous emba-

tjì.

raíîe.
Et comment pourroiri
eílre Eglise de Iesus Christ,;
celle qui perdant les Apo -i
itres de veué,a mis foudai|
nemét en oubly toutes leun
institutions? n'a retenu aul
cune forme légitime du serf
uìce diuin ordonné par eux'

D E H ï ERIC Ho. * 17^
s'est: soiiillec , barbouillée,
entachée, infectée, défigurée, dirformee de íuperstitiô,
d'Apostasie, de Iudaifme., &
de Paganisme? Si c'est l'Eglife de lefus-Chrilfj&sielle a
conferué la forme légitime
du feruice diuin , Reformateurs determincz,que voyez •
vous en elle qui donne tant
d'efpouánte à vostre refoîu*
tion ? pourquoy la fuyezvous auec tant d'effroy?
Si ceste Eglise primkiue
ancienne n'estoit î\Eglise de
Iesus-Christ, &si la Romaiiiïe conseruatriee de la forme
<vsìtee_ par ceste ancienne nc
lest non plus, ainsi que vous
publiez, qui estes -vous? d'où
P

4 -

174

TROMPETTE

estes vous forcis f quelle Eglife vous a eng-endrez f - de
quelle Eglise vous pouuez
vous dire enfans? de celle qui
n'estoic pas quand vous vîntes au monde, ou de celle
que vous estimez difformee? |
á e T A p o st ol ique o u d c 1 a B&
bylonique l de l'imaginairc
ou de la paillarde f Comméc
voulez-vous qu'on vous '.
nomme f des Merlins ou des j
Bastards ï.des engeances de
Cauchemaree& Incubes, ou f
des fils de celle que vous
nommez íîíouuent à pleine
lâouche,quandvousvouse££o r c e z d'o u t r a ge r p 1 u s v il a i •
nement l'Egliíe Romaine?
G'ect la bizarrerie & l'estran-É

DE

HIER ÍC HO.

I/J

geté de vos opinions reformantes qui produit ceux qui
les considèrent fíxementjCes
doutes estangesj&vne infinité' d 'autres de pareille conséquence j quei'exprimerois
volontiers > si le désir de finir
ma tasche ne me tiroit ailleurs.
Ayant iusques icy monstre que nos prétendus Réformateurs nont eu nulle
raison de rejetter la forme de
l'Eglife anciéne ; faisons leur
voir en fuitteque ceste for.
me ancienne repoussée & abhorrée comme vne affreuse
difformité par ces ames enflammées duíeulzeledepureté,est neantmoins la pins

1^6

TROMPETTE

excellente forme , & l'exenv
plaire plus parfait qu'ils euslent deu prescrire, s'ils. euír*
íent eu enuie de dresser qucl«
que Reformation légitime.
Arrestons nos yeux fur le
quafriesmc{iecle,auquel l'Eglife estoit en plus grande
i:p]édeur,&fa forme par coníequit en fa beauté plus accóplie. Siécle que les Hitai*
les, les Ambroifes,îes Augustins, les Athanascs, les Bailles, les Chiyíbstomcs, & les
Cyiilies, illustraient de leurs
viues lumières ; Siécle dans
lequel om este' célébrez les
quatre Conciles généraux , à
qui nos prétendus Réformateurs, fe vantent de portex

177
roue respect & toute reuerence. Le lustre de ce siécle
oblige véritablement tous
ceux qui le représentée à leur
mémoire , de ne cercher en
autre temps vne idee plus accomplie j fur laquelle l'Egliíe Chrestienne puisie estre
reformée jíi tant est qu'elle
ait besoin de Reformation.
C'est en ce íìecle que les illustres reuelations faites à Abraham , que les renommées
predictiósde Dauid,d'ísaye,
& des autres Prophètes, touchant la grandeur de l'Eglií'e.,.ont receu leur effet & leur
accomplissement. C'est en ce
siécle que toute l'estenduë
de l'Vniuers recogneu pour.
DE

HIERÏCKXD.

178
TROMPETTE
lors, auoit embrassé la foy de
Iesus -Christ , profeíToit en
toute liberté , sans nulle
crainte, le nom glorieux du
Saùueurdu monde; exerçok
de fait & de parolle publiquement,fans appréhension
d'aucune violente effrange
r-Cj tout-cequi dependoit de
îa foy & du seruice diuiri.
Períonnene ledefau^oiie, s'il
n'eíì: préoccupé deTeíprit de
contradiction, ou ignorant
del'histoire de ce siécle,
ïf^f- Dés que l'Empereur Con'Mítantin le Grand eut COJTU
mandé que les Eglises des
Chrestiens fuíTent ouuertes
par tout son Empire, entre
celles qui furent de nouucau

DE HIERICHO.

I79

basties& consacrées, le íacrç
& la dédicace solemnelle de
l'Eglife de Tyr faite par Paulin Euesque du lieu, mérite
la curiosité de la voir chez w.
cî><r<» Ge».

clesiastique.
JÍÍ?*'
tai
est.
On y lira le Panégyrique DeHf °
Hier, conqui rut prononce deuantcet^
Prélat en cet acte célèbre j&^f"^"
dás ce Panégyrique plusieurs
beaux tefmoignap-es de l'ac- c <"" ra
compliílement des Prophe~ , .cap. 6 S .
ties en l'heureufe liberté duZZsT'
Christianisme de ce temps^^'^
l
ta psitlmos
là. On trouuera ceste methme preuue chez Theodorera Pr'<#er <fc
S.IeanChryfostome^.Hie-pi^
roíme.S. Augustin, & Proí per a Aquitaine. Ce fut lors

ï8o

TROMPETTE

que iexcellence'de la beauté
du vray culte diuin fut mise
cn son lustre à la gloire de
Tefus-Christ. Ce fut lors que
la Chrestieeté fit monstre
de fa magnificence, qui n'a*
uoit peu paroistre libremèt
& publiquement aux siécles
passez. L'espace de troiscens
ans pour le gênerai de l'Empire Romain, sauf quelques
endroits, selon l'humeurdes
Proconsuls , Presidens & autres gouuerneurs des Pro L [
uinces, l'Egliie auoit esté nécessitée de sè cacher dans les
grottes sépulcrales , dans les
repaires des bestés- fauuages;
ou bien de fe receler dans des
maisons particulières, ou das

DE H í ERIC H O.

l8í

des Chappelles eítroittes,
qu'on appelloic ordinairement Dominiques ou Oratoires, & íe plus souuent secretternent,pauurement, en
frayeur .& en crainte, (comme les Catholiques de note siécle en Angleterre,) à
la delrobee , fans ïolemnité,
accommoder la forme de
son culte à fmcommodité
du temps.
Lc temple de Ierufalem.,
auec íes cérémonies Légales
& Iudaïques, suc le premier
obstacle de fa liberté & de sa
splendeur. A peine fut ce
Temple razé,que les persécutions s eíleuerent. Ht puis
le terme n eíloit pas escheq,

íSí

TROMPETTE

auquel les Rois deuoiet estre
ses nourriciers^ les Roynes
ses nourrices. De façon que
l?înfirmiîé desíuifs.&la force des Gentils auoient empeíché iufques à lors l'execution des ordonnances Apostoliques. Constantin fut le
Salomon de la perfection de
cet édifice. Et peut on dire
que la forme de la Synagogue tracée & crayonnée par
Moysedás les delèrts d'Arabie^ referuee pour estre enrichie de íes viues couleurs,
& mise à son iour au règne
de Salomon j ne siguroít
point mal la forme de ÍEglife prescrite par les Apostrcs
durant les oppositions des

183
luiss & les períecutions des
Payensj mais quine fut parfaitement mise en pratique
que fouz l 'Empire de Constantin.
Caluin mefme n'a peu
ouurir l'esclat resplendiísât
e TEglife de ce quatrieímc
ìecle. Voicy comment il en
arle en la lettre qu'il adresse au Cardinal Sadolet,
pologetique de sà reuolte
e Geneuc.
DE

HIERICHO.

Si nous contemplons 3 dit- ilS
a face de.cefle Eglise ancienne^
elle que les Hilaires, les Am-roifeSj les Cbryjbflomes les
asiles, îei Auguftins, les Cy illes nous la représentent en
wrs escritSinouírecegnoiJìrons

■ï%

TROMPETTE

■que celle de lors efîoit.florijsan;te, commefou% Dauid & Salomon ; & celle de maintenant
corrompue comme jow Ioachim

£sr Sedechie.
C'est la déposition formel,
le de vostre chef de part,prctendus Reformateurs. Pour,
quoy l'a il-donc si légèrement & íi íauuagetnent rebutée? pourquoy, comme
bestes de corn pagnie, l'auezvous repoussée? Ie l'ay défi
eouuert long temps y a.0eíi|
que fur le commencement!
de vostre rébellion , ou vous(
ne croyez pas que teste Eglil!
se anciéne fust telle, ou vous
dcsiiiez piper les credulesj
1
pour donner crédit à vostre
apostasie

3>E H1ERICH-0.

lîf'

apostasie, & faire planche de
ceste cre a n ce aux au t res arti cles de vostre prétendue Rc formatió, Ignorance ou imposture digne des nouueaux
Réformateurs de toute l'Egliíe Catholique 1
La beauté, la pureté ,1 'incegrite de la forme Ecclcsia^
stique de ce quatriefme siécle se peut encore prouuerparvneautreraiíonfort considérable. Combien nafquitil d'herssies en ce temps- là?
combien de íchstraes? quelle*
hérésie pourtant, de toutes
celles^ qui combattoient la,
doctrine de la foy; , mit cn
doute l'obseruation du feruice diuirj qui estoit lors erjs

O

iM

TROMPETTE7

vsageì Quel schisme de tou?
ceux qui deschiroient IVlìion delaChiestientéjViola la pratique du culte de cc
îemps-là ? Les ArriésJes Eu.
JBomienSj les Macédoniens,
les Nestoriens,les Eutychiês,
les Donatistes, les Pélagiens,
hérétiques: les Meletiens, q
les Luciferiens Schiímatiques, tous celebroient leur]
feruice diuin auec les mes-|
mes cérémonies que les Catholiques, vsoient de mesme
police en leur Eglise.
Car quant aux attaquesj
que Vigilance entreprint de
donner à l'honneur qu'on
rehdoit aux Saincts & à leurs
Reliques: quant aux escar-

I

B'E HÌERlCHO;

187-

mouches dressées par A e'rius.
contre les ieufnes&les prières pour les morts, comme
elles n'egratignoient encore
quelepoinct de la doctrine,
fans-porter la main a l'interruption du culte :1e gros de
i'armee CHrestienne ne lais,
íoit pasdeíuiurefa dcímarche & son train ordinaire en
urL cequiappartenoitau feruice
-l diuin. En quelque Eglise-'
qu'on mift le pied, de. quelaque factiò qu'ellcfuíljquel que parti qu'elle tint, on n'y
remaiquoit nulle diueríìté
es
km de feruice publicen gros. Les
particularisez des hymnes,&í
autres petites formalisez pasrs
sagères ôc* iournalieres , on:

s

l88
TROMPETTE:
des hérétiques capricieux &i
factieux, ou desCatholiques,
qui contre minoient les desseins de ces nouueaux entre-preneurs^n'eíloietquemouf,
eh es au visage du culte-vni-,
uersel. Us auoient tous des.
Eglises, des Autels, des Mef
ses,, des Eueíqucs s des Preítres,dcs vestemens. des or.
nemens de mesmeforrne. 11
falioit vne instruótion plus,
forte que celle qui íe pouuoit tires du seul object des
cérémonies,, pour discerner .
ladirTerence desíectes»
Et neantmoins c'est l'Eglise deceteps heureux que.,
vostre PlesïisMornaydescsit,
ILde.sh'ie-dje c.este façon*.

DE HIERICHO.

Maintenant sou^ l' Empire Le n <f»~'
deL,onjtantin<nous vayos paj-r°nmstn. ■
h>lch
Qr l'Eglise Chrétienne de la
^-perfecution a lapaix 3 de la feruitude en la> domination 3 des-,
déserts aux miles 3 des cauernes.
aux Palais. Nous -voyons s'y,
faire receuoirala foule auec leí
Empereurs 3 les plus notables de
l'Empire Romain , les nations
entières s h orgueil & le luxe du>
monde. N.e trouuons. eílrange,
fim cejle grande'mutation nousla voyons changer tout a coup:
fi l Eglise receuant le monde en
jon giron-fe trouue enflée en ain
moment : fi le monde entre en
1', Eglise 3 auec le monde introduit en elle parfionentree 3 ie diss
les vanité^ lesfuperfluite^Jes,

X5)0'

TROMPETTE

ajfe £lions 3 les imperfections J.cs

infections mefmes du monde,
& Eglise auoit eílè nourrie es
montagnes & es déserts : elle
enfortoitvefluë de poils de chame <*u 3 toute sobriété joute simplicité toute innocence. Les
Mucfques 3 pour la plusfart, la
produifans au monde 3 auoient
honte de la présenter telle- aux
Gentils 3 a ceux qui tout franchement fort oient 3: ou mefmes
'vouloient sortir du Paganisme.
Ces bons Empereurs de mefme
defireusC' de la faire receuoir a
leurs peuples 3 plus curieux de
['.extérieur que de ['intérieur ;
de l'apparence que de la vérité;
de la cérémonie 3 que de la substance. Ils. ne font donc poïntde-

l$v
1
conscience de l habiller à la,i
DE

H1ERICHO.

Payenne ,dela parer des ornemens des Gentils 3 d?accommoder (entant que Jans preiudice
de la joy ils penfoient le pouuoir faire) les feruices & cérémonies Çhrejlienes aux Payennes. Et cefle procédure s'appeL
loit entreux ^ele & prudence;;,
L ue Tertullianjfeuere objeruaÁ
teur de cefle première puretés ,
eujì appelle Sacrilège. Il poursuit de cet air à la deícrire
encore desguisec de parolles
& de cérémonies Judaïques.
Voylà comment ce Capitaine reformé , ce gendarme en son bien-direjaux despens de la gloire de leíusChrist, & de i'honneur de

192.-

TROMPETTE

íòn espouse,voìre du respect É
qu'il doit au premier Archi- 1
tecte François de la Refor- j
mation prétendue. Geste fa. ce -d'Eglise que le P-leffis nous jj
dépeint ainsi toute enflés,
toute boursouflée d'orgueil,
deluxe,de vanitez,de super- [
fluitezjd affections, d'imper- I
fectionsjd'infectiôs du monde , de Sacrilège,, de Paganisme & de Iiid-aïímej n'est-ce j
pas celle queles Hilaircs,les[;
Ambroises , les Chryíostomesj les Basiles, les Augu<
ílins,ks Cynlles ont represente'e en leurs eícrits floriíiante, au iugemêj de Cahiin,
corame la Synagogue estoic
fouz JDauid & Salomon ì Et
quand

D-E

HIERICHO.

19$

quand' est-ce que la beauté
& lapuretêdela Synagogue
ont mieux paru que íouz
Dauid ôc Salomon ? quand
est-ce que les ordonnances
&lcs institutions des Sacrifices &des cérémonies prescrites par Moyíe, onc .este'
mieux obseruees, plus magnifiquement & plus exa-^
ctement que íouz ces deux
Roys ? Geste magnificence
retranclioit-ellenendc l'institution? lobseruatiô pour
estre plus pompeuse estoitelle moins soigneuse? le lustre & la splendeur que ces
deux grands Princes choisis
selon le cœur,& le conseil de
Dieu, ces deux Princes B la
R

194

TROMPETTE

gloire & l'honncur de coure
]a principauté íuifue , ces
deux excellentes figures du
Meílle ont apporté au culte
diuin, font-ils en rien contraires à ce que Moyseen a>
uoit ordonné ?Dauid& Sa.
lomon estoient les Conítan
tins & les Theodòses de la
Synagogue. Constantin &
Theodoíe font les Dauids &
les Salomosdei'Eglife. Caluin l'a recogneu & confef-l
sé de ceste façon , comme)
nousauonsveu. Le Pleíïìsle
defauouë. La çhose ne laiíseL
pas d'estre véritable, car tousr
les defadueuz du Pleíïìs nej
font pas textes d'Euangile.
Mais fur quoy fonde il ce- j

DE HIER1CHO.

ie>y

stui cy? quelleraiíon reporte à desmentir si cruëment
son maistre? à balafrer si hideusement & inhumainement, à déchirer si impiteusement &impiementla face
de l'Eglise Chreítienne íouz
ces premiers Empereurs
ChreítiensjcesDauids&ces
Salomons? Pourri effaroucher ZeT[ep k
ny les Payens 3 ny les luiss (cc lf 'f^"fl*
dit-il ) les Chresiens s'accom*
modent a parler & $ Autels
& de Sacrifices: ils prennent:
plaifir a appeller leurs feruices
immolations 3 oblations j sacrifices : la table du Seigneur fon ^^^ir^.
f il

1 r u <»t "infi
Autel; la commémoration de fa app eu et
l
mort en fa fainÛe Cène Je fc ~ '2fZ™£
cnfìce de l Autel, njne íainóle Hfi '--*jy

m

Ï5>6

TROMPETTE

Hoflie : les Euefques & Pa*
fleurs, Sacrificateurs : les Diaìcrcs LeuiteSj &c. Il est trouut
doux de transformer les Dieux
des Payes en Sainéls, les Déesses enfainfles:de mettre nos Apoflres & nos Martyrs en leur
place; leur dédier leurs Temples
&Ieurs Autels Jeur donner de;
Sacrificateurs & des Pontifes;
leur ordonner des festes & des
honeurs &des feruices; fi auat,
comme l'ej^rit humain est aueugle es choses de Dieu 3 que foui
ombre d'attirer les luiss £<r les
Payens à Chrifl , ces bonnes
gens parvn laps de temps nous
introduirent tout doucement k

Judaïsme & le Paganisme en
i' Eglise ; i entends leurs ccrs-

157
ntonìes & pompés' extérieures 3 a matt
leurs supervisions & vanités: e^ a<LJ 'l.
mais qui pis esî . beaucoup dep'' ef- „.
leurs' présomptions & opinions Jiaiítum
• •
/
lilTrypb.
anticipées en- ta doctrine.
.
c■u™.
Voda vne cruelle accu -f'í"-*"'"
lih. 4.W/'sation i vnc iniure bien a-*»- J 1 - tí
troce; mais plustost vne ou-'a ciw.
trageuíe calomnie * vne exe- í'^jj".'
crable imposture : aussi est-^'/ Ss.
ce vn hérétique hétéroclite eo^t».
.
v r r
r
hom. n. m
r
qui 1 a forgée a ia rantaiie.
K »»,, cap.
x
a S. Ignace disciple de l'A- *'ZÏrt'
p o st r e S. Ie a n, b lustin M a r - cMu %t
tyr,c Irénée, d Clément Alexandrin 3 e Origene jf Ter -ídHer.sca.
tullian,g S. Cyprian, b Hip- t^t
u - &. de
polytc,les
ridelles de Smyrí
»
»
vilani.
DE

■virg.c.$,

HIERÍCHO.

g Cypr .li. i.

4.

9. iib,t.ep.^.&- df.ltb. j.

*/>. 8. 18. i^/ 15 .crlib. 4. f />.j. g£/ de crat Dominica.
h -Htpf-Jeansum .mHiidi.
4. fc ;J7. W/Î. 14.

l'Egliscic ï myme

tu-Jlbel;:^

35)8.

TROMPETTE

ne, tesmoins irréprochables,
f CUmmt a. Clément 1. b Anaclet.c A-ií>o Alexandre. I. d Pie Í. e Anicet,
ínpo/i.ub f Fabian, tous Papes & Marl 'ildet tyrs,^ Denys Areopagite AÌAÌCÎH P°ûs e de nostre France,, vai*; M, «. 4 nemen t obiectez par ces flatin coi. c, teurs diíîìmukz de l'antiqui^''^ té. vénérable, de laquelle ils
/<fe leur piaist , en quel tem 1ps
.
*
U •*.
s
^iH^en, viuoient-ils ? eitoit ce iouz
L"!^?' 1- Empire de Constatin \ souz
f- ^f** lequel ce clerc d'armes aíTeu f«.
re. toutes ces pompeuses
jtrttfig. nouueautez auoir eíte ìn-7.Ìt ^duites en ì'EMc Chrestienne?.
^
Cent s deux cens, trois
cens aiiant que Constantin
y, cap.

DE

HIERICHO.

199

suítChrestienjvn siecle,deux
íiecIes 3 troisíîecles,c'eíì:àdire
depuis le temps des Appstresj ces grands personnages Chreítiens auoient parle' d' Autels,de Sacrifices, d 'oblationsjd 'holocaustes^mimolations,de Temples de
I Preítres,de Sacrificateurs, de
Diacres, de Soudiacres, de
3
Lecteurs^de Portiers 3 d Exorciítes, de Confesseurs % de
Vierges consacrées , de Moi nés, de ferles; de solemnitez
cn la mémoire des Martyrs,
&rde tout ce que ce moderne
Antiquaire appelle preíom-

(ptUeuíement présomptions
& opinions anticipées. Outre- les paíTages cottez en ía>
R iiij

ZOO

TROMPETTE

marge , on luy en amis íouz
îe neZj & à ses Protocoles,,
plusieurs* autres ez reípon—
ces publiées contre ì'abysme
de leurs fausserez & impostures, si clairs & íi pressas qu'on
ne peut mieux se manifester
perclus de veuë &; de iugement, que d'entreprendre do
ks contredire.
Et à la vérité quelle apparence ya-ilqueces préemptions, ces opinions anticipées, ces superstitions, ces
affections , ces vanitez, ces
superfluitez „ ces imperfections, ces infections, ces sacrilèges, ces idolâtries , ces
ludaïímcs & ces Paganiímes,
cesàorribles diíFormítez at'

DË' HIERICH'O.

lor

tribuees à 1 Eglise Chrestienne de ce temps par nos Réformateurs prétendus, se fuiíent premieremét introduites dans vn estât Ecclésiastique si florissant ,fouz l'Empue d'vn Prince si Religieux
&<si affectionné au Christianisme j sans que tant de fameux hérétiques &schismatiques, qui le troubloient,
tous ennemis capitaux de
l'Egliíe Catholique, qui laveilloient nuict ôc iour en
tout son corps & en chacun
de ses membres j s'en fuíîenc
iamais apperceuz? en eussent
formé aucune complaintes
luy en eussent intenté action*
quelconque , ains au coiw-

102/

TROMPETTE

traire íe fussent, vnàrîimement conformez à vne desbauche & vne corruption íi
manifeste & íi vniuerselle?
Les Arriens&les Donatistes
ne démolissent les Autels des
Catholiques qu'en haine de
ceux qui les auo ent consacrez. Ils en battissent & en
consacrent pour eux de; tous
semblables. Reformateurs
clair voyans ! les lunettes
d'Amsterdam, le Télescope
deGaliííEus Galilad ne font
que groíîeries au prix de vos
inuentions.; Vous voyez ez
actions publiques de l'Eglife Chrestienne íouz Constantin eíloignees de treize
cens ans,ce que les veuës plus

DE

H1ERICHO.

2Qj

aiguës des plus subcils Docteurs qui viuoiec de ce cepsla. n'y onc peu remarquer.
Merueilleux artifice, de faire, voir ce qui ne fuciamaisl
ll n'appartienc qu'à la Reformation prétendue , à la
frenaisie, & à. l'impoíture,
d en conceuoir la façon 5 &: de
la sçauoir; mettre en pratique.
15?*

^^"ŒF ïìfèffî- ^> '%f

CHAMADE
ET

VIL

DERNIERE.

fMMP5 YANT fueilleté ces
Cltres 3 & peze
WfiffîVleux
cesraiíós, ie ne sçau-

ÍÌ>^^ÚÌ

ZÓ4

TROMPETTE

rois feindre mon áuis. Si !a

simplicité de ceuxqui fe laissèrent piper aux premières
illusions des prétendus Reformateurs est digne de blaíme : on ne peut estimer que
dignes de chastiment ceux
quineíemonstrent auiou-rd'huy nullement simplesau
maniment de leurs- affaires
temporels.& qui ambitionnent d'estte reputez habiles
eh la cogíioìíTaríce des spirituels: ôáneant'moinsj ou par
nonchalance ou par obstinàtìòDj ouparhonte,oupar
despit, ou par vengeance, ou
par ambition, ou par raison
d'Estat, ou par autres considérations de pareille estoffe,

DE H IEB.1CH0.

10.J

persistent en l'exerciçe & ea
la profession d'vne tromperie aíîez de'couuerte, pour
n'en estre plus deccuz, s'ils
vouloient.hausser la veuë.
Ie leur.ramenteurois volontiers ce queJes Ministres
leur entonnent en leur íeruice diuin reforme a [a Marotte , Doéîrine vont fuyant
a fin de iamais ne bien faire. r 'h

Du ce que la prose de ce
mesme verset porte, diuisce
& parodisee de ceste façon.
Les parolles des Minifres Réformateurs font mensongères
&frauduleuses , il est aisé de
les conuaincre : Mais les frères reforme^ se déportent d'en,*
tendre & de bien faire, c'est cs

:20<?

TROMPETTE

qui est malaisé à corriger. ìí
íèroit facile de les détromper js'iîs se vouloient difpoíer àentendre.
Comment pourroient approuuer vnc entrepriíe íi
sauuage des personnes d'ek
prit & de iugementjsi elles
consideroiét de quels estanqons elle est appuyée ? fur
quels pilotis elle est plantée?
fur quels fondemens elle est
bastie? Combien d'abíurditez faut-il confesser? combien de paradoxes faut-il accorder? combié de blasphèmes faut-il auoiier si on veut
adiouíterfoy aux Réformateurs prétendus? si on veut
ïeceuoir la Reformatio pie*

DE HIER1CHO.

207

tendue?
Pour le premier, il ne faut
nullement se peiner de l'amendementde l'homme intérieur, nullement se rrauailler delaíainctetédevie&de
mœurs : par ce que tout cela
n'importe nullemétji la nécessité denostre salut, ny à
lîostre iusticc, puis qu'il est
du tout impossible que nous
en ayons que par imputation.
Pourle second, il faut poser comme vne maistresse
base , que les Apostres n'ont
rien ptu commander ny ordonner touchant le seruice
diuin , que ce que Iesus»
Christ leur a expressément

2c8

TROMPETTE

& spécifiquement cnioint
-deTa propre bouche, éV qui se
trouue inséré dans les eícrits
. des Euangelistes.
:Pour le troisiesme 3 il faut
accorder., que si d'auanturc
les Apostresont eu pouuoir
d'ordonner quelque choie
par l 'authorité, inspiration;
addreíse,& conduitte du S,
Esprit, ils estoient obligez de
le consigner en termes exprès dans leurs escrits.
Pour le quarriesme,il faut
auouër que la pureté de I'EgUíe Chrestienne de quelque íource qu'elle soit sortie,
ou de la propre bouche de
Iesus-Chnst^ou bien de l'institutió des Apostresjíe cor-

DE HIERICHO.

lO^s;

rompit, tarit , euanoìiit àmesme cjuc les Apostres partirent de ee monde.
Pour Iecinquieíme,il faut
admettre que depuis le trespas- des Apoítres, il ne s'est
veu en quelque endroit que
ce soit de coutcebasvniuers,
aucune forme légitime-, ny
de seruice diuin, ny de police Ecclésiastique.
Pour le sixiesme , il faut
concéder que droict íur le
poinct du premier establishment de l'Egiiíe j lors que
fa forme commença de ietter quelque rayon de fa pu*;
reté , íoudain elle apostatatoute entière d'vn bout du
monde à l'autre : & le. myste>
S

110

TROMPETTE

re d'iniquitéa depuis continué perpétuellement ion operation iusques à l'arriuee
&au defroquement de Luther.
Pour le septiefme,il faut
permettre à ces Reformateurs,. íans contredit quelconque, âpres qu'ils auront
rcietté, condamné, banny,
exterminé,aboly la forme de
l'Egliíe, tant ancienne que
moderne, qu'ils en forgent
vne toute nouuelle à leur
fantaisie, partie íelon la pa«
rôle, de Dieu, interprétée à
îeur mode&àleuríens; partie par dessus, voire contre
ccste mefme parole expresse
de Dieu ; & qu'ils facent &

DE HIER1CHO.

211

deffacent,tail!ent & cousent,
tournent., virent ,bouleuersent sans dessus dessoiíSj tant
le íeruice diuin que la police
Ecclésiastique , comme la
mouche piquera les Pères bigarrez & bizarres de leurs
Consistoires & Synodes.
Pour le huictiesmé.'il saut
croire que íemblàbîe permission est tout à plat interd 1 re aux Pape , Patíia relies,
Archeueíques , Euesques &
Pasteurs de l'Egliíe Catholique; & s'ils obíeruent au Ieruice diuin, & en la police,
quelque choie,, ou tirée des
Sainct.es EscritureSjOU bien
receuë des Apostres par traditions coníeruee de main
S ij

ZIZ

TROMP ETTE

en main iuíques à prcfenrr
s 'ils font quelques ordonnáces de leur au-thofìté pour
l 'vtilkcV, l'edification & la
bieníèanec de l 'Egliíe, il faut
condaner-abfoluement tout
eela ,1e rektter &: l'abhorrer
comme traditions humaines
ëc helotriíquies, Iudaïfmes
& Paganismes T en vn-rnor,
comme les plus exécrables
idc-lomanies, dont on sçauroic polluer le pur seruice
diuin,
Voilà les abfurditez, les
paradoxes,& les blasphèmes,
que doit necessairemét confesser quiconque veut pro.
fesser la Reformation prelë.

CE' H1ERICHO.

lîj

Deíauoiiezleur la moindre de ces maximes, vousleur dénoncez œuure nom
uelle. Leurbaírimér ne peux •
aller plus auanr. Demandez
leur la preuuede quelle que
ce íoit, 11 vous ne bridez lé
claquer de leur Moulin ,aumoins eírès-vous certain qu©
la reíponce que vous en rcceurezsera pluítost vnbrayement d'Aíhes,ouvn aboyement de chiens, qu'vne íá-.
tisfactió de Docteurs. Toute la Miniílrerie, tant delà
que deçà le Rhin , n'en a iamais íceu , & n'en sçaura iamais légitimement prouuer
vneíeule de toutes ces huict,
quelque torrent de parolles
S

1

M 4-

TROMPETTE

quonentedc rouler des mócagnes de leur ignorance, &
impudêce outrecuidée., toutes les fois qu'ils en entreprennent la dessence.
Orparmy tous ceux qui íc
sontiettezsouz leur bannière de la bonne foy, ou à l'estourdie, oupar paflìon|ou
inrereít particulier , s'il en y
a quelqu'vn qui se laisse toucher à l'asseótion de son salut, voire dé son honneur, &
de la repuratió d'homme de
iugement , ie le supplie 3 &le
coniurede peser à part-soy,&
àrecoy ce discours.
De quelque condition
qu'il íoit, s'il n'y pense cependant que Dieu luy en

DE Hl ERIC H O.

Zlf

donne Toccasìon &la commodités doit s'asseurer d 'esprouuer quand le repentir
e seruira plus de rien, que la
eformation pretéduë n'est
âs seulement vne Meternsy chose de Pythagore, qui
hage les Roys enleans sans
erre, les Ducs ennefeio vos,
es Euesques, en íurueillans
kns crosse & fans dixme , les
'entils-hommcs en morte fcayes : N'est pas seulement
mne Métamorphose de Cirïce, qui transmuëles Piestres
{reniez en béliers , les Moines
[defroquez en boucs, les No «
(nains desuoillees en chien[nés : mais elle est.vne trans <■
formation purement: Sata-

a*í

T-ROM'PETTE

nique, qui âpres auoir faict
dìvn Cbrestien obéissants
d'vn íìdelle íuject., va cuv
rieux présomptueux;* &'vnséditieux rebelle; d'vn rebelle , vn libertin; d'vn libertin,
vn Athée; fera sàns doute
d'vn Athée vn damné.
C 'est le seul poinct- qui me
reste adesduire auant qu'acheueF^ma carrière, & clorre
ma démonstration , suffisant
te à tout homme de ìugement, non de le persuader
seulement ,,ains- de îuy faire
toucher au doigt que les prétendus Religiónaires se don*
nent faussement le nom de
Reformez,, & qu'au lieu du
titre de Reformateurs Euan»
geliques

DE

HlERICHCn

IXJ

geliques, qu'ils ont iniustement vsurpé , ils méritent
veritablemét celuy de trans-formateurs diaboliques.
I'ay dit depuis le commencement, que toute reformation présuppose vne forme
préexistante, au patron, au
modelle, à Hdcc, à Texem-;
plaire de laquelle la Reformation desseignee se puisse
dresser.
Pay dit qu'il n'y auoit iaînais eu aumonde que deux
formes de seruice diuin publiquement receuës de Dieu*
la Mosaïque & l'Apostolique; la Iuifue & la Chrestienne; celle de la Synagogue,
& celle de l'Eglise j Que la
T

r»i8

TROMPETTE

Mosaïque auoit esté abolie
par la venue du Meííìe., &
que l' Apostolique luy auoit:
esté substituée que les successeurs des Apostrcs.auoi.et
retenu,l' A postolique , òá l'auoient (oigneuíemeat coníèruee iusques à ce qu'elle íìst
patoistre en son plain la
splendeur de son lustre souz
les Empereurs Chrestiens. ie
eroy tout cecy suffisamment
eíclaircy par les diícours precedens.
Ceux qui superbement
desdaignent celte forme ancienne obíeruee en tout le
Christianisme ì'espace de seize cens 3iis , fans aucune interruption , ceux qui la des-

DE HIER1CH0.

21$

crient íeditieusement,quila
reiertent audacieufement,
qui raccuscnc malicieuses,
nient, qui la diffament calomnieusement, qui la condamnent impudemmêt, qui
Abolissent impiemêt,íontce pas plustost des transformateurs , des machinateurs
d'vne tierce forme toute
nouuelle,que des Réformateurs deiancienneî
íln'y eutiamaisque deux
vrayes Religions au monde.
Qui en attend vne troisiesme f auorise lattente de l'Antéchrist. Les formes des feruiçes diuins fuiuent les Religions. Puis que nos pretenJ
dus Réformateurs abhoirét

-%lO

TROMPETTÍE'

les formes des deux vrayes
Religions, ilfauc nécessairement qu'ils en ayent conceu
vne troisiesme auparauât in <
cogneuë, sur laquelle ils patronnent leur Reformation.
Lestât de V Antéchrist doit
estre grád,illustrc, de íplen.
deur éclatante. Saforme se-À
ra toute nouuelle, & trescfloignee de ceile du Christianisme.
S'ils ont deíTeigné l'establiíîement de ceste forme
Antichristienne, pourquoy
vont-ils diííìmulant leur dessein ì pourquoy desguisenr»
ils leur entreprinse ? que ne
descouurent-ils leur tnaíqueî
que ne désabusent-ils le mo-

Ï>B

HI ERICHO.

Ztí

d'eíquenel'auoiient'ilsauíu'
franchement qu 'ils se sont
hardiment reuoltez, & déclarez effectuellement ennemis huez dé l'Eglise Chrestienne ? Pour nous qui nous
tenons au règlement & à la
police des Anciens, qui nous
glorifions dii nom d enfans
legitimes&obeissansde l'Eglise Catholique, Apostolique & Romaine , nous con- fessons librement, nous publions hautement en la face
de Dieu, des Anges &z des
hommes, en despit des ma*
chinations infernales , que
nous auons toutes ces formes nouuelles en horreur5
en abomination, en detestaX iij.

Ml

TROMPETTE^

tion s cn exécration.
Mais qui croiroit que des
personnes qui n'ont que le
Christ, le Seigneur & i'Eternei en bouche, qui ne respirent que. laparoílcde Dieu,
qui rapportent toutes leurs
aótics aux textes de l'Escriture , qui ne remuent la langue
fans vn passage de la Bible,
de quilespoulrnons ne battent que pour la vérité de
r.Euangilè,..dé qui le cœur
n'est possédé que de la ialou£ìe d'vn resta blisse ment de la
vr.aye Eglise; qui croiroit,
dis-je, que des períonnes
toutes confites en affection
d'vne reformation pu remet
Chrestienne eussent conceu

DE

HÏERICHO.

IZf

Vne scélératesse íì barbares
voulussent braiser vn forfait
si- exécrable? machinassent
vne perfidie , vne trahison,
vne impiété si détestable?
Quant au íccret de leurs ames ie le remets à Dieu, c'est
à luy seul d'en íçauoir & d'en
cognoistreie fonds. Pour le
dessein de la Reformation
prétendue' , soic -il entendu»
ou n o n de ceux qui sappuyent,qui la pouffent", qui
l'auancent souz le prétexte
de la conscience ou de -TE-statjes manifestes imprimez
il y a cinquanteans aux principalíes villes, affichez aux
plussìgnalcesEgliíeSjpubliez
par toutes les Frouinces, &.
X iiij,

/

114

TROMPETTE

rafraischis cous les ioùrs en
îout le plat pays de nostre
France, iadis tres Chrestienne,& tres-floriíïante, nous:
apprennét qu'il ne peut déformais estre celé.
II est tout certain ,enten>dez-le íî vous voulez , tant
Papistes que Huguenots.,car
la raommerie n'est déformais plus mommerie : il
est tres certain, encore vn
coup, que les chefs de la pre«
îenduë Reformation, ceux
qui boufflent les simples par
le nez, par les oreilles & par
ia bourse , d efíeignent vne
îroisiesme forme de seruice
diuin,&par conséquent de
B^eligion,qui aaiamais plus

DE HïERICHO.
tx

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15

|

11 1

esté, ny veuë,ny ouye en l'Eglise Chrestienne.
Et par ainsi, comme ils appliquent toute leur puissance à renuerser de fonds en,
comble l'Eglise, qui depuisíeize cens ans a esté recogneuë Chrestienne en tout
TVniuers ; aussi mettent-ils
léurs efforts à iettcr leurs son'
démens du règne de Maho met, ou de l'Antechrist. U
n 'y a pas grande distance de
l'vn à l'autre.
Or qu'ils proiettent vne
troisiefme forme, il appert
comme vn rayon du Soleils,
en ce qu'ils ne reiertent pas
feulement l'Eglise Catholique d'auiourd'huyjmais auf*

Z2.6

TROMPETTE

I'ancicnne &r primiciue,
voire depuis la mort des Alpestres, nonobstant la mine
qu'ils font de la respecter de
parole.
Dauantage, en ce qu'ils ne
mesurent pas leurs deportemens.au patron & à l'exemple des Prophètes, qui blaímoientlescorruptions & superstitions deludee&de Icrusalem, ains de ceux, qui
condamnoient abíoluëmét
les Sacrifices illicites & les
idolâtries deSamarie.& d'Israël. Ils ne s'arrestent pas àreprendre quelques abus duíè' uiee diuinde l 'Eglise Ca.
tholique.: ils i'abhorrenr,ils
le détestent, ils l'anathema*
û

|

DE HIER1CH0.

14$!'

tisent rout enrier. Ils commencent leurs Presches, les
continuent & les fimsséc par
ceste instruction reformée ,
que lestât de l'Eglise d 'au^jourd'huy est aussi corrompu & dcpraué que celuy dìsrael fouz leroboam.
Ils dogmatisent, qu'en*,
core qu'il íoit demeure en l'Ezlïse Romaine quelques traces-, ìnstìk c
monumens & enseignes de
l'ancienne Religion 3 .comme le
Baptejme } les Imres de la sainÛe Ejcriture 3 l'inuocation da
-vray Dieu & du njray Chrifl3
qu en tout le refle les Catholiques jont idolâtres 3 comme les
Samaritains l'efloient foH% íe^
roboam. :
& 21.

Zz8

TROMPETTE

lis déclarent qu'ils n onr
pas meilleure opinio de 1Egliíe ancienne , la diframans
des horribles crimes que
nous auons ouys. Nous
peut- il rester quelque íuject
d'ignorer leur dessein?
Et certes ceste déclaration
publiée contre Thonneur&
îà reuerence de l'Eglise ancienne , mérite bien d'estre
vn peu considérée auec attention.
Voicy des gens tous neufs,
qui deseendéc toutfraische.
ment du Ciel parla poullie
del esprit deMahome^c'est
àdire,parlarerrolte& Tapostaíîe qui enueloppétla forme de l'Egl ise ancienne & de

DE

KIERICHcC

119

la moderne dans mcíme preuencion de crimes énormes;
qui accusent toutes les deux
Eglises (si elles font deux > ce
quelles ne sont,& ne peuuent cstre ) de mefmcs foriaictsj qui les logent toutes
deux en mesme catégorie
que Samarie estoit souz leroboam.
La forme de la Synagogue
de Samarie íouz Ieroboam
estoit entièrement idolâtre,
car on n'y adoroit que les
veaux dressez en Bethel. Ne
s'enfuit -il pas que l'Eglise
ancienne a esté,& que la moderne est entièrement idolatre?
Ic vous prie, remarquez

í$0

TROMPETTE

vnpeu coníïderémentladií>
ference qui est entre les Prophètes de Samarie & de se.
rusaient. Vous deícoumirez
plus/ficilement la deíloyale
malice de ces Réformateurs
prétendus Ebc,Ofee, Amos
& les autres, qui prophétisent contre Samarie , ne re«
prennét pas íaíuperstitio &
Thypocrìste des Samaritains,
ils condánent destrou íï'émét
&generakmét toute l'efséce
&la substance de leur culte.
-„ »
Jusques a quand clocherez •*. ii
VJUS des deux coftez, fAitElic,
Jt le Seigneur' ejr 'vojïre Dieu,
juiuez le ;fi c ejl Ba al, fumerie. N'entres point enGalgala}
osée 4. v. ditOíeé f & ne montez p°ìnt

DE HIERICHO.

ijl

en-Bethauen. Amos 5. v. y. Ne
utteilleZ chercher Bethel 3 &•
n'entres point en Galgala.
C'est le langage de tous les
Prophètes enioyez pour
prelcher contre le culte pratiq-ié au Royaume d'ísraëi.
Mais ieremie , ísàye & les
ajptresjqui prophétisent contre Je Koyaumede luda&la
ville de íeruíalem, ne parlent
as ainsi. Ils ne condamnent
as la forme & la substance
u culte diuin qui sobíeroit au Temple. Toutes
eurs reprehenfìons ne chofquem > ne battent , & ne
:buttent,quclcs abus introIduits en ce culte s les íuperIstitions des personnes, i'hy-

>l%%
TROMPETTE
, ^ocrisie & ìauaricc des Prestres &des Princes, les vices
les deíbauches du peuple.
La Synagogue de Iuda &
de íerusalem estoit la vrayc
Synagogue de Dieu, de la.quelle ces Prophètes ne se
retirèrent iamais, au temps
nieíme qu'ils appelloicntles
Gouuerneurs, les Prcstres , &
les autres membres d'icelle,
isa. i. Princes de Sodome, & peuple
de Gomorre : au temps mesme qu'ils luy reprochoienr,
que depuis la plante des pieds
iufques au jommet de la tefle,
elle nauoit rien de Jain. Pouf
les mœurs, s'entend , &pour
les abus: car pour la íubilance du culte ils ;ny tou■i&

choient

É

íftchoient pas. Caluin auóiie
ceste verité,& de plus allègue l'exéple de Ieíus-Christ
)Otir la fortifier^ Quel a esté . ^'f• *f'
e ífwpí Iefus-Ckrifl, dit-il .,/etf. JS*
£<r«/e /eí Apoflrest Toutesfois
l'impieté defcfj>ereé des Pharisiens } &' U> vie-' dïjjoluë du
peuple, ne les a point empejehe^
qu'ils n'vjajpm de mejmes Sa crificffs mec les autres 3 & qu'ils
ne njinjfent ' point au Temple "
pour adorer Dieu , &j-œire les
prières Jolemnelles en commun?
auec eux.
Quant aux dix lignées dìí>
rael , leur idolâtrie & leur
schisme a touíîours continué iufques à ce que leur
Royaume fuit destruict, ô£
DE

Í

HIERICHO.

Ì34TROMPETTEqu'elles furent menées en ca>
ptiuité. A raison dequoy les
Prophètes se retiroiéc d'eus,
ne participoíent nullement
ny à leurs Sacrifices ny à leur
culte. C'est le discours & i'in.telligence de Caluin. Qu'on
^"!b .i.'m allègue, dit- il, vn feul Pro*
fttt.<>. ' phete , ou quelque autre fìde!let
qui ait iamak adoré ou sacrifié
en BetheL,
La remarque de ceste dis
.. ference ne. vous fait-elle pas
voir comme en plain midy
îe fonds de l'intennon &de
la prétention de nos Reformateurs? Pourquoy se com*
parent- ils plustost aux Prch
phetes de Samarie qu'à ceux
de Ierusalé? Pourquoy corn»

CE Hl-BftlCH'O.

pare n t • ils pl u sto ft nos Euesques ôí nos Prestçes aux Sacrificateurs -de Baal qu 'auxí uc ce île u rs É A a ro n ,i & au x:
Leuites ? Pourquoy comparcnt -ils plu stost- leurs Roys. ;
& leurs Princes à leroboarrv
ôi Actrabjqu'aux ckícendans >
de Dauid êc de Salomon?
N'est-ce pas pour perfua*
der au monde.,que depuisleî ;
Apostresiufques à Luther &s
à Caluin il n'y a-po'inreudo
vraye Eglise au mode? N 'est .
ce pas pour faire accroire au
peuple que tout ce qui obeïc
à 1 a P a p a u t é > t o u t c e qu i v í u r *
pe & a víurpé' , depuis Iesus*.
Christ & ses Apostresle nom :
d-£gliíe , n'est que pcrueifii
V ij

TROMPETTE"

te, que corruption, que stii
perlfation ^qu'impiété , qu'idolâtrie 'C'est cela mesmeà
ía vérité, & il falloir qu'ils
prinssent ce chemin pour faciliter Inexécution de.lèur en»
treprise. *
C'est sur ceste reueîarion,
fur cet enthousiasme , qu'ils
©nt basti le prétexte de leur
Schisme. C'est de cet Espm
qu'ils ont receu le feu dont
nous auons veu nos Temples embrasez. C'est l'Vrim
<&Thummirn d'ou est íorty
h commandement de saccager Ôc destruire les Eglises
& les Monastères, de massacrer & exterminer les Prestres & les Moines, comme

TfE HIERICHO.

£37»

Fr ophetes Baalistes.
C'eftde Hnípiratió decec.
esprit Reformant, de la ferueur decezeleEuangelique,
qu'ils eícument la iuítifícatic^
de leurs armes, la defrence de
leurs factions, de leurs conspirations.de leurs felonnies s .
de leurs reuoltes, de leurs rebellions contre leu rsPrinces
& leurs Rois naturels & leg intimes comme íì cestoient
des leroboams&des Achabs
idolâtres.
C'est le fondement des Rerpubliques de Geneue, &des
1 païs bas.
Ceíl ìe principe des cercles, de:; conseils de Prouinees, des A liens en Cour, des.

î^g .

T-R O M P-E T T E"

assemblées, Synodes,des places d'aíTeurance, en somme
de cet estât Reforme qui
morgue il y a piesde íoixante ans l'ei.tat de. nostre Louis
le luste.
Qu'attendons nous da**
uantage de ceste Reformation prétendue ? qu'est ce
que nous en deuons espérer
déformais ì Dieu- nous en
preícrue : car- ce ne peut estre
rien de bon, puis qu'vne tierce forme ne peut estre bon.
ne."
Einallement voicy ma derniere pieuuejqui manifestera encore plus clairement
leur delít in. Ces Réformateurs prétendus ne se con-

DE; HIERICHO.

2591

tenrenc pas des noms de Prospectes: ils veulent estre te^
nus pour Apostxes &. Euange liste s.
Les Aj)oftres t Qzò\i Caluìn^
ont esté enuoye^ pour reduire
á. 5 *
le monde de U dissipation ou ìy -'fr'
eíloit ,en ï obéisjance de Dieu,
& édifier par toutson règne par-

la predication -de l'Euangile: ou
; bien (ì quelqu 'vn b ay me mieux
\. ains , pour faire les fondement
ï de l' Eglise par tom le monde±
¥ comme par les principaux maimfires de l' édifice. Et plus bas^
f le ne nie pas que Dieu n ait en »
I core suscité des Apofires puis

I âpres } ou bien des Euangelijìes

en leur lieu 3 cpmme nous njoyos
qu 'il.a efïéfaiól denofire temps,
\

24; 0*
TROMPETTE
C<*r il efloit meflier qu'il y en
euji de tels, pour reduire au
droiáî chemin le panure peuple
qui s'ejloit dejîournéapres l'An-

téchrist.
Les voila donc crcez par
eux-mesmes Apostres &
Euangelistes. Et de quel Eyangilc, ie vous prie? des
Apostres Réformateurs? des
Euangelistes Réformateurs?
qui en oiiit iamais parlerlés Euangelistes & les Apostres, lors qu'ils preíchoient
Iefus Christ aux íuifs&aux
Gentils , se dií'oient-ils enuoyez pour reformer le Iudaismc &leGentiÌiíme? Ne
taublioient -ik point haut&
clair que leur charge portoit
d'abpli»

DE

HIER1CHO.

24I

d abolir les choses anciénes.,
êc d'en establir de routes
nôuuelles ì Si mous recettes la
Circoncision, crie Sainct Paul,
Christ ne njous feruirade rien.
Le Sacerdoce transféré, il faut He 'f. 7.
que la loy soit transférée.

Les Apostres & les Euange- A st 1S
listes abrogent en leur pre| jrnicr Concile tout ce qui
estoit propre de la loy Mo.
saïque sauf deux petite
poincts de petite importance, & encore pour vn temps*
C'est vn monstre qu'vn Apostre Réformateur. C'est
vn prodige qu'vn Euangeliste Reformateur. Et que
ííontauíîì ces nouueaux Apostres^ Euangelistes Re*

24*

TROMPETTE

formateurs, que des Mon*
stres & des Prodiges? des menaces Ôi des présages de l'entiere désolation du seruice
diuin, & de la police ? de ]'E~
gliíc, & de l'Eltat? ■
ilsprindrentau commencement le nom de Prophètes, & entre tous les Prophètes de la Synagogue , celuy
d'Elie leur toucha plus viuement le cœur. Ceste depcfche qu'il fît au torre-nt de
y itç.is. Cifon, des quatre cens Pre*' 4 °' stres de Baal leur fut merueilleufement agréable, &
extrêmement, conuenable à
leur dessein.
Chrcstiens François, sidel*
les sujectsdu fils aiínéde 1*E;

DE H I ERIC HO,'

23j$S

glisc Saincte, Catholique,
Apostolique , & Romaine,,
tousiours vne,fìîs aisne' qu'elle, a signalé depuis le comjnencement de Ion Christianisme, du titre de tres Chrestien, s'il vous reste quelque
foin du salut de vosames, &
dclaconseruation de vostre
Estât, deííillezvos yeux,destoupez vos oreilles, que les
pipez fedestrompent,que les
simples íe désabusent, vostre
ruine spirituelle ne peut arriuer qu'elle n'attraine la
temporelle. Vous pouuez
iuger par les deportemens de
ces Apostres nouueaux, de
ces Euangelistes modernes,
de ces Elies ardans, ce que
X ij

2-44 TROM.DE HIER.
vous dcuez attendre de leu»
reformation., si les moyens
ne leur- manquent.
Comme il ne tient point
àl'Eíprit qui les inspire, qu'il
n'ait reformé le seruìce de
Dieu par vne entière abolition de la discipline ôt Hiérarchie Ecclésiastique : il ne
tiendra non plus à luy.quil
ne reforme le íeruice du Roy
par l'entiere abolition de la
Monarchie Françoise.
Qui habet aures audiendi
mdiat.

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