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TRAITE' DE LA METHODE
D V SÍEVR DV HAMEL,
DOCTEVR
EN MEDECINE.
Traduit de Latin en François par
^HAUOM
Efcuyer Seigneur demain Senac , Qonjellier du
tTk°y > & garde des Seaux au Jiege Vrefdial
de Terigueux.
BIBLIOTHEQUE
CE LA VILLE
:ux
P E R I G V E V -X,
i^'ár P. D A L v Y j Imprimeur ordinaire du Roy , Sí
du Clergé . 1661.
A M
M
ESSIEV%S
ESSIEVRS du siège Presidial
de Terigueux>
ESSIEVRS,
Si ie prens la liberté de vous offrir vne tra~
duction d' <v n traitéfur la Méthode compose en Latin par le fieur du Hamd , ie fuis
persuadé que vous la receures auec plaisir
par la haute estime que vous aues de ce grad
homme' d'aillieurs l'auantage que t 'ay désire de vofite compagnie me donne quelque
droit d' espérer, qu'a mefme temps que vous
luy rendres iufiice 3 par l' aprubation que
vous do n ères a fin ouurage , vous me faires
la grâce d'agreér cette production de mon
esprit, que ie me sens indtfpenfeblc'mét obliA t
gé de vons présenter par de tres puissan s motifs, dont le premier est vn z^ele respectueux
qui me lie esvroitement a vous, mon intérêt
particulier m' engage ausfi à limitation de
tous ceux qui metent en lumière leurs efcris y
de choisir des protecteurs puijfans, £f ienay
peu faire <vn choix plus légitime , nj plus
aduentageus pour me défendre de la censure des Critiques & donner ûuelque-credit à
ma traduction que d'auoir recours
vous
jME S S I EVRS qui estes les personnes de
toute la Prouince les plus Illustres & les
mieux esclairées, qui tenes en mainl'autho' rite des Loix , & de qui les lugemens font
receus comme des oracles : ($" comme dans ce
traité de la Aíethode il est fait état vniuerfdement de toutes les choses , depuis le premier & lesouuerain de tous les éjlres ius~
ques aux espèces les plus baffes & quel' on y
void l 'enchaifneure agréable de toutes les
sciences, C 'est a vous seuls a qui il appartient auec tout droit, puis que vous seuls faites profession d' vne science, qui comprend
a en er alertât toutes les choses dluìnes & humaines. JUais encore le plus pressant motif
eftvne reconnoijfance pleine d'amour
de
respect, que ie vous rens, cfrant de mon dernier debuoir , de consacrer quelque trauail
de mon esprit a cette Compagnie, puisque ie
luy suis redeuable de toutes les connoijfances que ie possédé
de faire réfléchir vers
cette source de lumière quelq? rayon de ceux
dont mon ame a efté esclairée ,despuis que
i'ay l' honneur d'auoir l' entrée dans le temple de la lujlice , ce font enfin JïdESS fE J^RS tous les motifs qui me force t agréablement a demander vojlre protection, & à
vous assurer que ie fer ay toute ma vie fournis à l 'obeiJJ'ence de vos ordres corne estant,
MESSIEVR'S,
Voflre tres humble & tres
okeijfantferuiteur & Co frère,
CHARON DE
SAIN SENAC,
A 3
PREFACE,
L
ES Escriuains qui donnent leurs ouurages au
public , n'ont pas tous la méme pansée , ii y en
âdonclc dessein n est: que de plaire, sans ce
soucier beaucoup d'instruire, ócceux la traitent des
matières tres peu importâtes auec vn caractère doux
& flateur, &. ne s'eítudient.pour cet effet qu'a rechercher les beaux mots, St les mètre dans vn arrangemëc
qui face vne cadence iuste & agréable. 11 y en à d'autres qui occupent leur esprit à des íubiets grauesSt
ierieux dans l'intention d'instruire ,& ceux cy s'ataclient piustotau solide qu'au poly & brilliant leur expression est simple, ingénue &negligée &. tout leur
étude est de sonner de belles pensées, Ôcd'établir leur
discours par des puissans raií'onemens : 11 y en à d'vne
troisième sorte plus raisonables , qui imrtent la íol idiré de ceux-cy, & la politesse des autres, qui trauaillent à plaire Scàinstruire, qui à méme temps qu'ils
flatent refpn'tjle remplissent de bellesconnoiíTances,
& on peut dire que leurs liures font comme de ces arbres qui font touíìours charges de rieurs & de fruits
dans le dessein que i'ay eu de donner quelque onurage au public , âpres m'estre appliqué long temps fur
íes differens stilcs de tous ces escriuains, mon eíprit à
sníui le sentiment de ceux , qui plaisent & instruisent
tout ensemble . Mais corne ie n'estois pas asses riche
de mon propre fonds , ie me fuis ferui des ouurages
â'&tf'ívy, par la traduction que i'ay faite du Traité de
n sien r .du Hamel , 5í i'ay creu ne pouuoir mieux
■ 34 .it instruire, puisque c'est vne piece toute
plcnc derudition , dans laquelle cet excellent home ^
à traité fi vniuersèllement , & íi admirablement de
toutes choses, que ie peux aduancer c'estepropoíìtio,
qui paroit asses hardie qu'vne persóne qui mettra blé
à profit ce qu'elle auraleu dansce ttaité n'aura besoin
de pas vn autre liure , &. pafíera pour ícauanre, lans
embaraíTer son esprit dans la lecture de tant de volumes , puis qu'il comprend en abrégé tout ce que tanc
d'autheurs ont écrit de Dieu, des Anges, des Homes,
des Cieux , des Elemens , des Météores , des Brutes,
des Plantes , des Minéraux & généralement de tout
ce qui est; r'enfermé dans la Catégorie de la substace,
&. que ce méme traité fait aussi mention de toutes les
sciences, de tous les ars , de toutes les vertus , de toutes les dispositions & de toutes les habitudes del'ame
comprise dansla catégorie de la qualité , &: qu'enfin
il enseigne la méthode de parler,de toutes ces choses,
en public 6c en particulier auec ordre 6c coduite: que
s'il y à de la doctrine dans cette piece, il n'y à pas
moins d'agreément par la variété de tant de belles
. choses & íi curieuses , quipeuuent flater l'efprit de
toute forte de personnes , & comme il y à beaucoup
de dames fcauantcs qui ay ment la lecture /qu'il y à vne partie de la Noblesse &c d'autres personnes de codition à qui le latin est inconnu i'ay traduit ce manuscrit en françois dans le dessein de leur plaire , estimât
aussi que lesícauans ne trouueront pas mauuais mon
procédé , puisque dans le temps ou nous sommes , on
traduit les liures de tous les plus célèbres autheurs de
l' Antiquité 6ê que l'on decouureà tout le mode tant
de belle* choses, qui n'estoint connues que par va
S
cercain nombre de personnes tres doctes.
TRAITE' DE LA METHODE.
A Méthode est vne iuíle règle & disposition
des parties de la discipline, ou de l'oraison dépuis son commencement iusques à safin, parle
9
moyen de laquelle nous aprenÓs les sciences, ou no
composons vn discours, & rétablissons par des raiiounemens pour raffirmatiue , ou la negatiue auec ordre
& liaison, ou bien la Méthode est vne habitude artificielle qui nous rend propres aux sciences , ou à faire
le tissu d'vn discours composé de diuerses raisons, de-;
finitions , diuisions & autres choses nécessaires.
Dans chafque Méthode il y à certaines règles qu'il
faut obíéruer, Premièrement on doit éuiter lasuperfluité des choses , comme le defaut aussi , En second
lieu , il faut imiter la nature , c'est à dire commencer
par les choses les plus cognues de la nature , ôc finir
par celles qui nous font cognues,& pour donner plus
de iour à cette Méthode , i! faut commencer par les
choses -les plus vniuerfelles & finir par celles qui le
font moins, ou bien commencer par les chofesqui
nous font les plus cognues de la nature , ce qui ce fait
en cómencent par les effets & finissant par leurs causes & leurs principes , En troisième lieu il faut qu'il y
aye vne connexité , 6v vne enchaifneure des antecédens auec leurs concequences & pour cet effet il est
important qu'il y aye vne variété, & vne Cimetrie de
toutes les parties qui concourent ensemble, par l'harmonie desquelles la lumière de l'entendement & la
B
L
%
tJMethode
mère de la mémoire sont produites, car quand vn discours est composé auec confusion l'entendement 6c
la mémoire se troublent par nécessité.
Ce traité estdiuifé en trois parties, dans la première il est fait état de la matière des choses qui le reduic
À dix Classes , ou Catégories , mais particulièrement
à celles de la fubstáce 6c. de la qualité, qui toutes deux,
fontpour l'ordinaire le fubiet de tous les entretiensôc
de toutes les dissertations ; dans la fegonde des parties il est traité de la Méthode vniuerfelle , ôc dans ía
troisiémede la Methodeparticuliere das chaquefuien
I. PARTIE CHAPITRE I. DES CATEGORIES
£2^ GENERAL.
Le nom catégorie á este porté du Barreau dans la
cademie, on les apele predicames parce qu'eles comprenent vniueríellement toutes choses , comme font
les cartes de la Géographie l'étandue de la Terre 6c
de la Mer.
Le predicament est vne fuite des choses, des espèces , 6c des indiuidus côpris soubs chaque genre , 6c il
faut remarquer que toutes les choses qui tombét fous
le sens de la veúe, 6cqui font l'obiet de l'entendemét,
font mises das les catégories ou directemétou indirec
temét corne toutes celles qui font veritablesScreelés à
l'exclusió desautres de qui l'estre est feint&imaginaire
En fegond lieu celles qui subsister par elles mémes
& qui n'ont qu'vne nature 8c vne feule essence pour
cet effet celles qui font concrètes, agrégées, ou afse-
/
du sieur du Bamel
3
blées foubs vn nom collectif, comme blanc, maison,
république, & autres choses semblables ne font point
receues dans les catégories,
£n troisième lieu les choses complètes qui n'entret
point dans aucune compositiô y font auíîì comprises,
al'excluíìon des incomplètes, comme font les parties du corps humain le bras , la main , lespieds, la teste
6t le reste, les infinies parelliement qui font de la derniere perfection comme Dieu font hors de toute catégorie , comme auíîì les asquiuoques , qui font vnes
par leur nom 6c multipliées par leur signification ny
font du tout point comprises. Il y à d'autres choses
qui font contenues dans les catégories indirectement
6t collatéralement , comme les difFerances qui dansent les genres 6c les espèces, en fegond lieu il y à des
choses qui se raportent aux predicamens par analogie
comme Dieu : en troisième lieu les parties intégrantes 6c les estres incomples, comme font les parties au
refpet de leur tout se raportet à la catégorie de la substance, quatrièmement il y à des choies qui font par
accident dans la catégorie de la substance, du nombre
desquelles sont les concrètes, côme ce terme de iuste
comprenant l'homme comme son fubiet, est compris
dans la catégorie de la fubstace, de méme que les estres intentionels comme font les Images dans le miroir, 6c les espèces dans l'œuil fe raportent par accidéc
à la qualité , les fegondes notions 6c tous les termes
des sciences, parle moyen desquels nostreefprit s'eleuc iufques aux premières connoiíTances comme fone
dansl'astronomie le zodiaque 6c le cercle méridional,
B z
4
Méthode
dins la Logique le genre6c refpece,comme auiïì toutes les priuations se raportent à la catégorie des formés, dont elles font les priuations comme l'aueuglément fe raporte à la catégorie de la veiie, en cinquième lieu les relations de domination , qui font des
relations de passion , comme est le droit 6c le gauche»
CHAPITRE II.
DE LA SFBSTA2(CE.
Ce terme s'explique de différentes manières , premièrement il fe prend pour l'essence, ou de la substace , ou de l'accident 6c par ce moyen chaíque accidét
à sa substance , ou son essence , En segond lieu ce terme fe prend pour vne substance dégagée de la matière, 6c les Anges de cette manière font des substances,
en troisième lieu pour toute substance sensible 6c de
cette façon non pas feulement les corps mais encore
leurs parties font des fubstacesj quatrièmement pour
toute fubstance complete , subsistante par fo y méme
laquelle se diuife par les Philosophes en première 6C
en fegonde.
La première est singulière 6c indiuidue subsistante
par elle méme hypostastiquemét6c incommunicablement , à laquelle ces termes de singulier, d'indiuidu,
de fupost 6c de personne conuienét , auec cette diffe^
rence neantmoins que la qualité de singulier 6c d'indiuidu est aussi bien propre aux accidens qu'a la substance , car on dit cette blancheur singulière & indiuidue 5 pour lefupostil est propreaux premières substances i comme le fupost du Chien > du Lion & celuy
ii
*— ■ ■ -
du sieur du Hamel
5
del'homme, pour la personne c'est: vn fupost: qui n'a
de conuenence qu'auec les estres intelligens,pour céc
effet on ne dit pas la personne d'vn chien, mais feulement la personne de l'homme, la substance première
prend ce nom de ce qu'elle .est le sousticn &le fondement des accidens &. qu'elle subsiste par foy méme.
Lesfegondes substances lont vniuerfelies 5 ôi iont
des ouurages del'entendement, comme les premières
font ceux de la nature, en gênerai la substance fe définit vn estre subsistant par foy méme.
CHAPITRE,
III.
Des propriétés de U Substance.
La première propriété de la substance est den'estre
pas dans vn iubietpar inésion comme íont lesaccidës,
au regard des fegondes substances elles íont dans vn
fubiet d'atribution , comme ce terme d'homme dans
Pierre. 11 faut remarquer qu'estre dans vn lubiet de ia
manière que les accidens y font , c'est y estre non pas
comme vne partie , de telle forte qu'vne chose qui à
vn tel estre , ne puisse estre séparée de son fubiet , 6c
partant il y à trois côditiós requises affìn qu'vne chose
soit dans vn fubiet comme les accidens y font la première qu'elle y soit comme la blancheur est dans le
laict, la fegonde qu'elle ne soit point partie de ce fubiet, la troisième qu'elle ne puisse estre séparée de son
fubiet naturellement comme il fe void -dans cet exéple de lablancheur, & pour répondre à toutes les objections il faut remarquer qu'vne chose peut estre das
vn fubiet de différentes manières , premièrement cô-
Ç
Méthode
mêle toutest dans ces parues, en fegond lieu comme
Ja partie est dans ion tout, en troisième lieu comme le
genre dans son eípece , quatriémemët comme l'efpéce dans ion genre , en cinquième lieu comme la forme dans ía matière., en sixième lieu comme vne chose eít dans la fin, de méme que l'auare est dans ses trésors , comme vne choie est dans son lieu ou bien encore elle peut estre considérée comme elle est dans
le temps, 6L enfin cômel accident est dans son fubiet.
La íègonde propriété de la substance est d'auoir
vne dénomination vniuoque, ce qui conuient feulement aux premières substances,
La troisième propriété de la première substance est
de signifier vne choie subsistante par foy "méme , singulière & incommunicable,
La quatrième propriété est de ne changer point
par les il i tiers degrés , celafc doit entendre qu'elle ne
recoit ny le plus n y le moins, comme par exemple vn
géant n'est pas plus homme qu'vn pigmée, par cé % que
les essences estant indiuisibles ne fonrpas de la nature
des nombres, qui changent essentiellement par l'addition, ou substraction de quelque vnité
La cinquième propriété de la substance, est qu'elle
n'a rien qui luy soit opposé en qualité de substance,
mais à raison des qualités , comme le feu n 'est point
contraire à leau , qu'a cause de ses qualités , qui font
contraires A celles du feu,
La sixième propriété est que demeurant tousiours
la méme, elle est susceptible des qualités contraires.
du sieur du Hamel
CHAPITRE
un
des choses qui
y
DE MORDRE ET DIVISION
se raforient À U jubjlance.
La substance est sans matière , ou au.ec lâ matière,
celle qui est dégagée de la matière est spirituelle , laquelle se diuise en infinie &. ftnie , l'infîuie n'est autre
que Dieu, qui est vn en son esséce & multiplié en ces
personnes , Pere Fils & Sainct Eíptit, qui toutes trois
font vneTrinité adorable, ôcne lont neantmoins quvneméme chose en essence quoy que distinctes , le
Pere engendre de toute éternité Ion verbe par ia fécondité de ion entendement , le Pere 8c le Fils cómc
vn seul principe produiíent le Sainct Esprit par spiration ¶mourquiestvneoperation deìa volonté
le pere ne peut estre engendre, parce qu'il est le principe de la Trinité: & le lainct Eíptit ne peut produire
d'autre personne, parce qu'il en est le terme, & bien
que ces trois personnes íoint égalementpuissantes,également sages, ^qu'elles posseden t vne égaie bonté, neantmoins la puissance est attribuée au pere par
quelque raison de conuenance , comme la sagesse au
fils, & la bonté au sainct Esprit.
La substance finie se diuise en complète ou incomplète, la complète fait l'Ange qui est ou bon, ou mauuais. Le bon Ange est vne substance spirituelle, complète, immortelle & perseuerante dans le bien.
U y à trois hyerarchies des bons Anges & chafque
hyerarchieà trois ordres,
Le premier ordre dela première hyerarchie est des
Séraphins, qui font des Anges d'amour, le segond
î
Méthode
des Chérubins, qui font des Anges d 'intelligence , Je '
troisième ordre des Trônes, lur lesquels l'cípnc de
Dieu se repose,
Le premier ordre de la segonde hyerarchic est des
dominations qtíi président aux puiíìances de la terre,
le íegond des vertus par le mini stère desquels se font
tous les miracles du mode, le troisième des puissances
qui répriment la cruauté & l 'insolence des démons.
Le premier ordre de la trosième hyerarchie est des
principautés qui ont le foin des estais òc des empires
de la terre , lc íegond des archanges qui deícouurent
aux hommes les misteres diuins , le troisième des Anges à qui Dieu à fié la conduite des hommes.
Le mauuais Ange á 'apele Diable ou mauuais demó
qui est défini vne íubstanec complète, spirituelle , intelligente ayant auersion pour Dieu , ii y à mesme diuers ordres parmy les démons, donc les vns sontcóme
pnnces&: louuerains, les autres ministres, dont le nobre est infini.
La substance incomplète fpirituellcest lame , qui
fait l 'estre specifique de l'homme &L tient le plus bas
ordre parmi les substances spirituelles , Sc bien qu'elle soit essentiellement spirituelle elle peut estreapelée matérielle dans vn respet , entant que par elle le
corps humain es! vn corps.
Lafubstance corporelle, ou matérielle est ou complète, ou incóplete, la complète se diuise en substance animée &: inanimée , l 'inaniméeou fans ame, est
ou-simple , ou mixte , la simple fe diuise en corruptible , ou incorruptible.
l'incormptible
du sieur du Batnel
r>
L'ineorrupiible corne le Ciel, qui est vne substance
■ corporelle, simple, lumineuse , incorruptible, ronde,
ïesleuée dansla plushaute partie du monde, qui par
i Ion mouuement circulaire contribue à la çenetauon
1 &• conseruatió de toute la nature, qui fait la differenI ce des faisons de Tannée , 8c qui enfin ne peutrece1 uoir de qualités contraires,
Il y à beaucoup de contestations touchant le nombre des Cieux, suiuant Taduisde plusieurs il y en á
i trois, sçauoir l'empirée, le firmament òc Tair qui fait
le troisième & leur fentimet est apuyé sur cet endroit
de Tefcriture faincte, ouii est dit que TApostre sainct
Paul fut raui iusques au troisième Ciel q-ui est l'empirée , il y en à d'autres qui ont íoustenu , qu'il y en auoit sept, d'autres neuf, plusieurs ont escrit qu'il y en
auoit onze, mais la plus commune opinion est qu'il y
en à douze,
Le premier à nostre respet 8c le plus proche de no'
est le Ciel de la Lune, qui fait son cours dans vingt &t
sept iours, le second celuy de Mercure , le rroisiesme
de Venus 8c le mouuement de ces deux est semblable
à celuy du Soleil, le quatriefme est celuy du Soleil, le
cinquiesme de Mars, qui acheue son cours dans deux
années, fuit âpres celuy de Iupiter, qui acheue le sien
dans douze années, le feptiefme est celuy de Saturne
dont le cours dure traîne années, le huictiesme celuy
du firmament qui finit son cours âpres trame six mille
années, le neufuiesme le Ciel de trepidatio qui meut
les autres cieux aussi par vn mouuement de trepidaîiondu Midi au Septetrion, on y adioute le dixiefme
Méthode
Ciel apelé cristallin qui donne le mouuement du cofté de l'orient&de l'occidér, l'onzieíme ciel s'apele le
premier mobile, qui das l'efpace de vingtquatre heures donne le mouuement aux autres cieux del'orient
au couchant lesquels dans leur particulier se meuuec
du couchant à l'orient, le douziesme & le dernier est
le Ciel empirée eonneu par les Théologiens , qui est
immobile , pour cet effet il est apelé par Sainct íehan
vne cité de figure quarrée , qui est le í'eiour des bien
heureux, & ou Dieu fait paroistre fa gloire auec to ute
fa pompe,
Dans le firmametil y à des estoiles fixes qui font les
partiesles plus solides de leur globe, & font mille
cent cinquante deus en nobre, ellesfont apelées fixes
par ce qu'eles gardent touílours vne mefme distance
il y à sept planètes que l'on appelé erras, non pas que,
leur cours soit irregulier, car ilesttousiours égal,mais
c'est qu'il nous paroic tel.
II y à des substances incomplètes corporelles comme les parties intégrâtes de l'homme, qui fonc ou heterogenées c'est à dire composées de diuerses natures
bu bien homogenées qui fontd'vne mefme nature
comme les os, les veines & le reste, ou bien les parties
essentielles comme est la matière première, qui est le
premier subiet passif, duquel toutes les formes font
produites, comme aussi la forme qui donne la perfection & l'acheuement à la matière, il y à aussi des substances simples corruptibles, comme font les eîemens
au nombre de quatre corporels, simples,en qui toutes
choses se resoluent, le premier est le feu qui est vn
Io
dusieur du Hamel
i i
flement tres simple 6c leger tics chaud ÔC sec auec mo-'
;dei;ation , Tait est loger & sabtil , dans vn reípet tres
Ihumíde 6c modérément chaud, leau pesante, dans vn
reípet tres froide ôc médiocrement humide , la terre
est vn element tres pesant , tres sec ôc médiocrement
froid,
tl y à de différantes manières de feux comme de
ceux qui luyíent ôc qui ne brûlent pas , de mème que
Je feu du ciel, il y à parelliement du feu, qui luit & qui
brufle tout ensemble comme l'elementaire ôc le matériel , en troifiesme lieu il y à du feu qui brufle sans
cfclairer beaucoup comme celuy d'vn charbo alumé,
11 y à parelliement de différantes manières d'eaux
d'artificielles , qui se font par d.istillatiô ôc de naturelles, parmy les naturelles il y à l'eau de de la mer qui
est salée , il y à des eaux douces,, les eaux des lacs, les
eaux marescageufes, celles des ruisseaux, des estangs,
des fontaines , celles des fleuries ôc des riuieres,
Il y à encore vne autre diuision des eaux naturelles
car il y en à que ía nature fournit pour boire ôc pour
le commun vsage de tous les hommes il y en à d'emineralles qui feruent à la santé , que les'medecins ordonnent communément, qui font de plusieurs sortes
y en ayant qui participent â la qualité du souffre, d'autres à celle du vitriol ôc ainsi desautres minéraux, parr
mi celles la il y en à qui font bonnes pour les maladies
de la poictrine, d'autresfort salutaires pourguerir celles du foye ôc des reins pour en tempérer les ardeurs
ôc neteyer les obstru&iospar leur qualité réfrigérante ÔC aperitiue,
\l
Méthode
La terre auílìàces difFerances , ÔC il y à dela terre
commune qui sert pour le labourage, d'autre qui se
change en métal.
DES LMIXTES IMPARFAICTS.
II y à des corps parfaitement mixtes dans lesquels
les formes des eíemens ne demeurent pas,mais feule-
ment les qualités dans vn iuste tempérament, dans
lesquels les formes des elemens font en puissance , ôc
v non pas en acte,
II y en à qui font imparfaitement mixtes dans lesquels les elemens retienent leurs formes , mais dans
vne différante íìtuatió , ôc on apelle ceux lametéores
comme qui diroit sublimes ôc suspendus en lair, il y à
deux causes qui produisent ces météores, l'exalailon
&. la vapeur,
L'exalaiíon est vn souffle chaud ôc sec, ou qui à vne
qualité venteuse , qui produit les vents , ou bien qui
etanc oléagineuse, fait la matière des comètes ôc cette
exalaifon vient de la terre qui engendre aussi les impressions ignées que nous appelons météoresLa vapeur est vn souffle chaud & humide qui prend
sa naissance dans l'eauôc est efleué en haut par les rayons du soleil, 6c cette vapeur produit toute forte de
météores aqueux , comme les pluyes , les neiges ôc le
reste ôc iì arriue fouuét , que d'autres météores font
produits, Scde la vapeurôc del'exalaifontout enséble,
L'air estât diuifé en 3 régions la haute, la moyeneÔC
la basse, il se forme des météores danstoutes trois qui
du Jìeur du Hamel
sont tous ignées, ou lumineus ou aqueus»
j£
DES IGNE'ES
La comète tient le premier rag parmi les météores
ignées qui est vne impression formée par vne exalaiion oléagineuse attiréeparle soleil , laquelle estant
agitée das Pair produit vne chaleur, o u parla reuerberation du soleil , ou parles flammes qui tóbent du feu
élémentaire, ou par le foudre lancé d'en haut,
Le comète est cheuelu, ou barbu, ou il à vne queue, ôc touíiours quel qu'il soit il présage quelque chose de funeste, son mouuement est de To rient au couchant ôc du couchant à l'orient ôc mémc il à d'aunes
mouuemens,
Les clochesardâtess'engendrét d'vneexalaifon for
mée d'vne matière subtile les cheurès font des impressions ignées faites d'vne matieie inégale , dou plusieurs feux s'esteuent de la partie mferiere iufques à la
plus éleuée ôc à mefme temps en íortent en façon de
eheures qui s'entrechoquent, que si ces exhalaisons
s'estendent ôc se raréfient il s'en fait des estoillesqui
tombent,
Les foudres, îesefclairs ôc les tonnerres (e forment
dans lamoyene région, l'efclair est vne soudaine lueur , qui part de la nue formée par vne exalailon ardante,
Le foudre est vne exalaison ignée , qui sort de U
nue auec violence,
Le tonnerre est vn grand ôc horrible bruit , qui se
B3
.
1 4.
CMàtJjode
forme par 1 Q choc des nues ,lors que Texalàifon prépare le chemin ÔC fi/lue , le tonnerre le raie lors que
rexalaiíbn venant de la terre ôc estant eileuée dans la
moyene région de l'air parles rayons du soleil rencontrant la' nue froide elle fait effort d'aler plus auanc
mais comme ii s'en trouue vne plusfroide, eìle tache
de se retirer , mais au retourelle rencontre vne autre
nue froide, & par ce moyen, elle est comme assiégée
par ces deux nues ôc en cét état recueilliat en soy toutes ces forces par antiperistafeôc estant toute en feu,
•elle sait violence du costéde lanuela plus baíTe,ô£
rompant tot s ces obstacles, ellefaic vn grand bruit
& fouuent tombe en forme d'vne pierre,
Dans la moyene région de l'air il fe forme des feux
volages, qui vont d'vn costé ôc d'autre comme des
jhommesfoux ceux laie forment d'vne exalaifon srraf,fe ôcoléagineufe,ôc pour l'ordinaire ils naiísét aupres
des cimetières ôc des lieux marefeageux,
Castor 6c Pollux font des impressiôs ignées ôc metéorologiquesqui tienent de la nature des météores,
lesquelles impressions font fauorables aux gens de
marine, &c la superstition des payens à esté si grande
de croire, que lors qu'elles paroiífoint toutes deux
ensemble, la nauigation estoit heureuse , que s'il n'en
paroiifoic qu'vne c'estoic vn mauuais présage,
Il y à aussi d'autres impressions, comme les verges,
les flambeaux, ôc d'autres choses semblables, qui se
forment parles rayons du soleil pénétrant vne matière inégale ôc du costé de la terre.
da sieur du Hamel.
DES UlíETE'QRES LFISANS.
if
II y à des courones des parelies,dcsparacelines de
lirisou arcen ciel, qui le forment des exalaiíons cc»m>
me de leur cause matérielle , 6c de la diuerle reuerbeberacion des rayons du soleil qui nous repreíentent
des couleurs íuiuant la diuerfité de la matière , 6ç fuiuant le re fléchissement ôc la réfraction de lalumiere
le reflechiífement est. *vn rayon d'incidence porté fur
vn corps opaque 6c qui chaise ce ray o par vn autre la
refraction est vn rayon d'incidence qui f ape vn corps
transparent ôc diaphane, maisà caule de ía solidité inegale , elle enuoye alheurs des rayons , comme il fe
voit dans vn baston plongé dans l'eau, qui paroit partagé ôc rompu, bien qu'il íoit entier,
La coronne est vne figure circulaire qui paroit das
la nue autour du soleil, ou d'vn autre astre , ôc qui se
forme par la diffusion ôc épanchement égaldelalumiere , qui est aux extrémités de lanue, qui est au defonbs,
Les parelies font des nues esclatantes de lumière
qui nous reprefantent le soleil ce qui arriue lorsque
les nues íont eípaiíîes ôc solides, de méme qu'vne glace de miroir, ôc en c'et estât portent à nos yeux l'image du soleil , ôc comme il s'en rencontre plusieurs qui
íont de pareille efpaisseur il nous paroit plusieurs soleils, ôc lors aussi que par mefme raison , la lune nous
est represenrée, ces nues s'appèlent paraeelines,
Liris est vn arc de diueries couleurs formé par vne
liue humide vn peu auant , qu'elle fe résolue en
l 'À
Mcihoâe
piuyc, estant.en partie d 'vne matière transparente, &
en partie opaqjôccóCaue , tellement qu 'il y à 4 choies
neceííaires dans la nue pour former Tare en ciel , premièrement ilfauc que la nue soit humide, qu'elle soit
transparence pourreceuoir la lumière, en troisiesme
lieu qu'elle soit opaque pour la reuerberation des rayons du soleil , quatrièmement qu'elle soit concaûe
pour réunir les rayons du soleil, & empêcher qu'ilsne
fe -répandent ôc fe dissipent, ôc suiuat les diuers reflechiícemens 8c les différantes réfractions des rayons
du soleil il paroit des couleurs diuerfes au tour de la
périphérie.
DES METEORES K^igVEVX.
Les nues, la neige, les pluyes 8c lagreíle fe formé* t
«tans la moyene région de l 'air , la nue est vne vapeur
«Éleuée iusques à la moyene regiô de l 'air par les rayos
du soleil, laquelle s 'assemble ôc se forme en nue par le
froid de la région ôc qui demeure suspendue, premièrement par la simplicité qu'elle à receu du soleil , en
fegond lieu, parce qu'ele s'estend fort en largeur,
La pluye fe forme de la nue résolue en eau parla
chaleur du soleil, il y à euquelque foisdespluyesprodigieufes auec lesquelles on aveu tomber de lair du
laict, du sang, du froment ÔC plusieurs autres choses,
La nege fe fait de la nue vn peu auant qu'elle foifc
résolue en eau ,ôcse forme par le grand froid qui reserr
re, ôc quelques exalaisonsfe mêlant auec lair causent
la blancheur de la nege,
La grêle
du fieur du ïtamel
jy
La grêle est vne pluye reíerrée par la violence du
grand froid,
11 fe forme dans la baffe région de petis nuages des
broulliars, de la gelée ôc de ía roíée,
Les petis nuages.íont formés pardes vapeurs épaisses qui ne peuuent pas estre éieuées dans la moyene
région la chaleur du soleil íe trouuarit trop foi-ble,
La roiée est vne vapeur douce,qui íe change en pe! tites goûtes ou larmes par la çhaieur modérée de la
nuit, qui tombent fur l'herbe ôc íur la pointe ou fummité des arbres ôc brillent comme des perles, la manne fe forme de cette roíée- reunie ôc reierrée,
Le broulliar fe forme d'vne vapeur congelée, qui
jieferefoi.it point par la chaleur modérée de lanuict:
comme la roiée , mais feulement par la présence du
soleil , cette vapeur est reíerrée par le froid , ôc lors
"qu'iUy mefle des exalaifons, eíleueés des lieux infets
elle est tres nuisible aux arbres,
La gelée est vneau reíerrée par le grand froid, auec
laquelle des chofesheterogeneés íe mêlent, carcelles
quifont véritablement homogeneés comme l'eípric
du vin ne fe congèlent point.
VES VENS.
Les vens ne font pas seulement vn air agité comme
enseigne Seneque mais ce font des exalaiíons lèches,
qui estant éieuées en haut, trouuent de l'obstacle par
la rencontre d'vne nue froide, ôc pour cet effet se retirent estant repoussées ôc attirent lair oblicmement
»
18
Méthode
soufflent auec plus ou moins de violence,
Il y à plusieurs vens, parmi lesquels il y en à quatre
principaux, qui respondent aux quatre parties du
monde,
Le premier des vens orientaux s'appele solaire 8c
parles mariniers ejl, pendant l'iiiuer du collé del'orient le vent appelé parles gens de marine sudeït, fouîle auec violence , aussi est il appelé en Latin
vultuwus, par ce qu'il court lair impétueusement corne vn vautour, dans l'esté du costé de l'oriët le nordefi
íbufle,
Le zephir est le premier 5c le plus considérable de
tous les vens occidentaux à qui on à donné ce nom,
par ce qu'il est fauorable aux homes , les gens de marine l'apelent ouest, pendant l'hiuer du costé du couchant l'afriquain íbufle appelé fudoest , pendant l'estè
le vent appelé parles Italiens magistral, 6c par nos mariniers nordouest SOW^ÌZ aussi vers le couchant , ce vent
qui est froid 6c humide cause des gresies 6c des pìuyes
Le premier des vens du midi est appelé autat ôc par
les mariniers fudest, qui est fort humide
Sur le point du iour, lors quel'aurore commence a
paroistre le fubfudefl foufle,
Le premier des vens qui foufle du costé du septentrion est appelé nord, par nos mariniers , ôc iramontana
par les italiens, il reserre les nues ôc les pluyes, du costé de l'orient le vent de bise foufle auec grande violence ôc renuerfe mefme des arbres ôc des bastimens
du costé de l'occident,le vent de galerne foufle qui
cause des neges,
du Jìeur du fíamel
1 1,
Outre ces douze vens, il y en à d'autres ÔC les gens
de marine en comptent en tout iufques à 3 i.
DES MIXTES PJRF4ITS,
& des Minéraux.
Les minerauxont vnegrande conuenance auecîes
météores , les vns Ôc les autres estant formes de vapeurs ôc d'exalaifons,
11 y à trois lortesde minéraux qui se tirent dela terre, les métaux, les pierres ôc les sucs ou liqueurs condanlées, les métaux font des corps qui demeuret touíìours mixtes dans leur perfection , qui fe liquéfient
par le feu ôc font maniables foubs le marteau , estant
formes de vapeurs referrées ôc d'exalaifonscongelées
parle froid, ôc pour expliquer plus clairemét qui sonc
faits d'vne matière aqueuse méfiée auec la terrestre
Taqueuse toufiours prédominante pour cet effet ils
plient ôc fe manient foubs le marteau, •
Les pierres demeurent mixtes parfaitement mais
auec cestedifference , qu'elles font faictes d'vne matière aqueuse ôc terrestre tout ensemble , la terrestre
prédominante ÔC pour cet effet elles ne fe liquéfient
pas 8c ne font pas maniales comme les métaux,
DES LMETAVX EN PART1CVLIER,
Les Chimiques chercheans lamatiere prochaine
des métaux , s'imaginent qu'ils font faits de mercure
ouargént vif qui n'est pas du vulgaireôí du souffre;
io
.
mielhode
ensemble le souffre est vue graisse ramassée dans les
les encrai, les de la terre, le mercure est vne eau visqueuse mélee auecla terre lapluspure seau vilqueuse
prédominante",
11 y à six mecaux , les chimiques fans beaucoup de
raison en comptent pourtant íeptlc-sraportant aux 7
planètes , for est le premier appelé par ics chimiques
íoleil, l'argent ou la iune le cuiure, ou venus, léser ou
mars, l'estaing, ou iupiter, le plomb, ou íaturne, l 'argent vif ou mercure , mais parceque l'argent vif n'est
pas dur ôc solide , ôc qu'il n est pas maniable foubs le
mai ceau il n'est pas mis au nombre des métaux,
. L'or est forme du souffre le plus pur , le cuiure ôc le
mercure le plus épuré entrét d ins la compofitio, l'or
est pelant non pas à cauie de ía qualité terrestre mais
à raison de fa solidité, car le plomb qui àplcs de terre
est plus leger de beaucoup,
L'argent estcompoíédu pur mercure blanc ôc du
souffre aussi tirant fur le blanc il est vn peu moins parfait que l'or, le cuiure est formé du souffre moins pur
ôc Í ouge &c du mercure impur,
Le cuiure íe plus rouge s'appele rosette duquel on
fait des 1 nstrumens ^our la guerre, du cuiure ÔC de la
calamine se fait le leton,
Le fer est composé d'vn souffre ôc d'vn mercure
tres i n pu r
Le plomb & l 'estaing ont plus de mercure que de
souffre, le pl jmb est vn métal íiiiidé , il enrre dans fa
composition beaucoup de mercure impur, ôc peu de
souffre auili impur
du peur du Bamel
n
L'estaing est vn métal composé de mercure impur
» ôc blanc dans ia superficie, Ôc au dedans rouge, le iouíFre impur entre aussi dans la compohtion
L'acîer est eílenticllemcnt vne meíme ihosequele
fer ôc s'il est plus dm ce n'est que par l'artisice dei ouurier
Les cieux font la cause efficiente e íl o ignée de toutes ces choies , la vertu metallifique du .ìeuouelles
font engendrées , en est lacaulc pr. ch ne
Lachaleur du ioleil qui mêle l'humidê auec le terrestre ôi qui l'aílembleapres auoir épuiié I hum deluperflus, ôí le froid auffì qui congelé l'humidê *iwc le
terrestre en Iont la cauie efficiente artificielle,
La première propriété d^ s met aix est la congélation , qui íé fait par le froid la liquefacì ion qui íe faíc
par la chaleur , leur exranfion cauíée par l'hmide vifcueux , i 'addL .ctt ibiiité qui est plus grade à l'estaing,
acauíe des partifsterrestr^s, laquelle est causée parla
chaleur brulanre les couleurs des métaux font leur se- gonde propriété comme celle de l'or qui est esclatante, la blanche celle de l 'argent ôt ainsi des autres.
DES PIERRES,
Cardan en son liure cinquiefme de la fuhti'ite , diuise les pien es, en pierre pretieuse, marbre, cals ou &c
rocher , les pierres pretieufes font d'vne matière pli s
pure que les autres trois espèces, qui sont formées d'vne matière grossière , ou il y à plus de terre ôc d'caii
impure,
ÍX
Méthode
11 y à diuerses sortes de pierres, il y en à de minérales, d'autres qui croiflent dans quelques eaux, comme
dans ie rieuse Stix., d y en à d'ancres qui se formenc
dans les poiílons , il s'en trouue d'vne autre manière
dans les íerpcns", il s'en forme aussi dans le corps de
Fhornme, fie parelliement dans les nues corne la pierre de foudre,
La cause efKciante éloignée despierresestlesoleil»
la vertu lapidifique en estla prochaine,
Les pierres qui se trouuét dans lès animaux terrestres se forment touiìours par vne grande chaleur, qui
reunit, ayant èpuysé les parties les plus subtiles, comme il arriue des briques cuitesdansvn fourneau , au
regard de celles qui font dans les poissons elles se forment par le froid dans la nue elles se forment dans vu
moment par vu grand froid de la moyene région de
lai r , & par les exalaifons dont la chaleur s'augmeate
par antiperiftafe,
Il y à des pierres ou l'on void diuerses figures ou
images que l'on appelé Gamaieus , & ces différentes
figures íe forment fuiuant les diuerses exalaifons de
méme qu'on void dans les nues la figure d'vn homme
d'vn bœuf, d'vn lion Sí autres semblables , lesquelles
figures se dissipent par le vent , St qui subsisteroint , íî
«Iles auoint quelque coníìílence corne les Gamaieus.
DES SVCS OV LlgTEVRS CONGELEES.
Le sel., le nitre, lesandagara & i'orpiment sont des
liqueurs congelées qaaiíe liquéfient corne les^a/etaux
du sieur dufíamel
23
II y à des pierres métalliques que l'on appelé communément marcacites, quiiont d'vne naturemoycne
entre les métaux 6c les pierresminerales, qui le briléc
comme les pierres,Ôtíe liquéfient comme les métaux
du nombre desquelles sontles criío ites , qui lefonc
del'or, les argirites de l'argent, les siderites du fer3
les caliptes ducuiure.
DV CORPS ANIME' gri FAIT LE FILANT
Ge corps animé se diuise en sensible ou insensible»
l'infeníjble fait la plante le lenfible l'animal.
DES PLANTES.
La plante est vne chose viuante sanssentiment, informéepar l'amevegetatiuedontlesfonctios íont de
nourrir, augmenter & engendrer,
La plante se diuiseen quafre espèces, arbre, arbrisseau , herbe , souz-arbníleau , l'arbre est vne plante,
qui à des racines, vne écorce, qui à des branches, de s
feulhies, desrameaux & reiecos & qui s'eleue en hauk
L'herbe â des racines & des feulhies íansecorce,
L'arbrisseau est vne plante , qui à des racines , vne
ecorce & des branches , laquelle est plus grande que
l'herbe, & moindre que l'arbre,
Les fouz-arbrisleaux font des plantes , qui ont de
petis reiettons,ôc de fort petites feulhies comme íonc
les oziers,
Les plantes comme sontles arbres, ont plusieurs
>
14.
(JMethods
parties, & les principales íont la racine, le tronc, les
- rameaux & l'ecorce,
La racine est vne partie de l'arbre atachée à la terre, par iaquclle l'arbre attire fa nourricure,
Le tronc est vne partie , attachée à la racine dans
laquelle i'alimencest porté comme dansle ventricule
ou ìi eít préparé & distribué aux autres parties,
L'ecorce est vne partie externe de l'arbre qui est attachée 6c vnie au bois , il' y à âpres vne menbrane qui
est la derniere partie qui touche le bois , les feuilles
font comme de petis cheueus , qui feruét de couuerture pour la conferuation desfruits,
Les fleurs font les délices des arbres 8c des hommes
& dans le sentiment d'Eícaliger la fleur est vn fruiéb
commencé,
Lefruict composé de chair & de semence est aussi,
vne partie de l'arbre,
' m
DV VIVANT SENSIBLE.
Le viuant sensible, est ou raisonnable , ou priué de
• raison, le raisonnable est rhomme ,celuy quiestpriué
de raison est la brute,
DES
BXVTES,
Les Brutes sot diuisees en ignées, aeries aquatiques
& terrestres, les ignées comme les Pirausles 5des Saiamadres, celles qui habitent l'air font encore de différâtes elpeces de méme que celles qui sót dàs les eaux
Les
du sieur du Bameî.
af
Les terrestres habitent ou fur la terre ou foubs la
terre comme les taupes, lescerrestres íont diuiíeésencore en parfaits ou imparfaits, les infecte s íont dunôbre de ceux cy comme tous les lerpents les Cigales 8c
plusieurs autres, & de ceux la il y en à qui s'engendrét
d vn œuf, d'autres fans matrice ni íemance & se forment de la corruption , les parfaits font de différantes
espèces ,& pour auoir vne parfaite connoiffance de
toutes ces differances de brutes , il faut lire le traicté
qu'Aristote à fait des animaux.
DE VHOMME.
L'homme est la derniere efpece qui n'est point di~
uifée en d'autres espèces , mais f eulement en ìndiuidus comme Pierre , lean , Paul & autres hommes singuliers il se peut faire neantmoins vnediuiíìon d'homes par analogie, & comme il y à de véritables ho'mmes, il y en à auííì qui ont de la ressemblance à ceux la
comme ceux qui sont représentés parla peincture, ou
ceux qui íont morts,
Il y à aussi des pigmées ( ie n'entens pas de ceux qui
font engendrés par les hommes ) mais bien d'auties,
que l 'on trouue dans les minéraux qui font de la longueur d'vne coudée & qui ont vne efpece de parolle
quoy qu'ils (oint brutes,
II y à parelliement des femmes appelées feés qui
font des spectres de démons fuc.cubés , il y à des faunes 5t des satyres, desquels Sainct Hyerofme faitmétion, 8c dans la vie de S. Antoine rhermúe il estrap-
tS
(^Méthode
porte qu'il s'en trouua vn en partie homme, & en
partie cheual , qui auoit la voix 6c la parolle humaine
comme auíli il s en est rencontré d'autres de différantes figures, tous lesquels faunes 6c latyreslont de véritables démons ou brutes , ayant quelque reíTembláce de l'homme,
U le peut faire auffi vne autre diuision d'hommes
suiuant les quatre genres de leurs pauses , au respect
de la matérielle, 11 yideshómés qui ont pris naissance de la terre comme Adam, d'autres engendres de la
semance comme le reste des hommes au respect de la
cause formelle , il y à des hommes , parfaits , il y en à
qui font de véritables monstres, fi l'on regarde la eau*
íe finale, il y à des hommes bien heureux dans l'autre
vie , il y en à de tres mal-heureux estant pnués de la
vision de Dieu qui faitla gloire des autres , si l'on cóíìderela cause efficiente qui est pourtant.vne cause
morale, il y_a des homes qui font du démon par leurs
crimes, d'auties du S. Elpnt parleurs actions de pieté
& de vertu,
11 se peut faire d'autresdiuisions d'hommes au regard de la quantité , & il c'est trouué des geans , des
nains 6c des hommes qui font d'vne riche taille,
La qualité fait aussi vne distinction d'hommes, puis
qu'il s'en rencontre, de libéraux, de procligues,d'auares, qu'il y en àd'efclaues&. de libres , de fouuerains
& d'autres qui obeyíTent comme fubiets.
Les différantes actiós des hommes font auffi quelque diuersité entre eux cóme il y en à qui s'appliquét
ài'estude d 'autres suiuent la profession des Armes, il
du fieur du Hamel
i7
y en à qui ayment à paroiítre dans lesgrands emplois
comme auffi il y en á qui choisissent vne vie recirée,
La différence de leurs paíîìôs les distingue auffi beaucoup, l'amour inquiere les vns, fambiuon possède
les autres, le désir violent d-'acquerir du bien en trauaille vn tres grand nombre
Les diuers temps des hommes font quelque différence entre eux, plusieui s ont veícu dans les premiers
íiecles d'autres viuent à présent , il y en à eu qui ont
obeyaux loix des Assyriens , d'autres ont este soubz
la domination des Medes , combien y à il d'h ommes
qui ont veu régner les Perses & d'autres âpres les Romains posséder tout l 'empire du monde, comme auffi
il y en à eu qui ont veu déchirer ce grand état de Rome èc se diuiser en plusieurs autres,
La différence des lieux que les hommes habitent
marque quelque diuersité entre eux , & l 'experience
nous fait voir que ceux del'Eorope diffèrent beaucoup de ceux d' A ffrique & ceux cyencoresde ceux
de l'Asieôc de l' Amérique comme parelliement les
hommes de chafque Royaume & m 'esme de chasque
prouince ont quelque différence de tempérament 8c
d 'inclination.
DE LA £fALITE'
Puis qu 'ilnem 'est pas permis das vn si peu de temps
detraiterdes autres predicaméts&que dailleursleurs
matières ne font que tres rarement le fubiet d'vne
dispute ou d'vn entretien, ie traiterc de la qualité ôç
a8
Méthode
de ces espèces, qui donnent la naissance à toutes le$
sciences 6c à toutes ies connoiflances qui regardent
les meurs & la nature £ ri stote pariant de la qualité
dans les Cathegories, 6c s'atachant plustost à Iasignifìcatió du nom, qu'à la véritable définition, dit que la
qualité est cc qui nous fait voir quels nous sommes,
comme nous sommes doctes parla science ôc parla
doctrine,
La qualité est définie plus exactement de la manière, c 'est vne forme accidantaire par le moyen de qui
la substance est disposée pour agir,
II y à quatre espèces de qualité, la première est l'habitude 6c dispofition,la fegonde est vne puissance, ou
impuissance naturelle, la troisième la qualité paffiue
ôc la passion , la quatrième la forme 6c la figure,
L'habitude est vne qualité acquise par vnlongSf
assidu exercieequi rend faction aysée 6c facile, & méme cette habitude ne se peut séparer desonsubiet
qu'auec beaucoup de peine,
La disposition est vne qualitéacquise auec facilité,
Sc qui peut íè séparer de son subiet, n etantpas bien
établie par vn long exercice , toutefois l'habitude 6í
la disposition , n'ayant d'autre differance que du plus
ou du moins font toutes deux d'vne méme eípece,
La puissance naturelle est vne qualité qui n'est pas
acquise , 6c qui est née auec nous, laquelle ne tombe
poinr, foubz les sens ôc par qui nous trauallions auec
vigueur telle est la puissance visiue dans vn ieune home , dont la veùe est forte ôc aiguë,
L impuissance naturelle n'est pas vne priuation de
du sieur du Hamel
15
la puissance, mais plustot vne foiblesse corne il arriue
d'vn veillard qui n'est pas aueugle,mais feulement
qui à la veúe foible, ôc cette puilíance & impuissance
naturelle, nefontqu'vne efpece par la feule difíérance du plus, oudu moins,
La qualité passiue ôc la passion , ne prenent point
leur naissance de que)quepassion,maisplustoi desóbiets, qui altèrent ôc emeuuent nos sens ôc nos puiliances, ce quife fait parla réception de ces obiets,
La qualité passiue est fortement vnie au íens étant
contractée de long temps , corne la pâleur cauíee par
vne longue maladie ôc la blancheur du poil par la veillesse,
La passion est vne qualité passagère comme la pâleur causée par la crainte, laquelle qualité ne s'atache
pas fortement à l'obiet ôc ne fait que passer,
La forme ôc la figure font des qualités , du dehors
qui naissent de la quantité, la forme fe rencontre dans
les choses animées ôc la figure dans íes iníenhbles.
DE LA DIVISION DES HJBITVDES,
Pour fortifier les habitudes , il y à trois choses nécessaires, en premier lieu vn mouu ement naturel, qui
est vndonde Dieu lequel s'aiuste au tempérament,
lefegondmeut la doctrine, par laquelle l'entendement doit estre poly comme vne glace de miroir , en
troisiefme lieu la discipline qui comprend tous.Ies v sages, car deméme que la cire la plus endurcie se ramolit auec les mains l'efprit humain aussi reçoit de bónes
/
D3
3o
tMethoàe
habitudes des sciences par vn long exercice,
Les habitudes íont infuses ou atcjuiies les premières vienent du Cielôcíurpaílent Tordre de lanatureSc
ne íont autre choie que la grâce , qui est vne participation ôc vn écoulement de l'efsence diuine , ôc cette
grâce est vne qualité par laquelle lame acquiert vn
ctre diuin de méme que nousacquerós l'étre humain
par l'infusion de lame raisonnable,
La foy qui est l'hipostase des ehosesque nous espérons, ôc par le moyen de laquelle nous íoumetosnoftre esprit aux reuelations de Dieu comme estantla
première vérité, est auffi vne qualité infuse,
L'esperance estauffi vnequalité infuse qui nousfait
regarder vers Dieu comme nostre fouuerain bien,
La charité est pareillement vne qualité de mesme
nature qui nous fait aymer Dieu comme nostre seul
bien,
Les habitudes acquises font diuifeéscn celles 4e
l'ame , ôi celles du corps,
Les haditudes du corps depédent de la vertu mouuante, comme celles qui s'aquierent par l'exercice de
]a dance, des armes, ôc autres choses semblables,
Il y en à plusieurs qui mettent au nombre des habitudes la santé ôc la beauté,
La santé est vne disposirion suiuant la nature , qui
donne la perfection aux actions du corps,
La beauté est vne dispositioqui nait de la iusieproportió de toutes les parties accompagnée d'vne couleur agréable ôc d'vne taille bien dégagée,
Les habitudes de l'efprit ou de la volonté font des
duJìeur du Hantel
3I
vertus, ou intellectuelles qui éclairent l'entendement
ou morales qui íeruent de règle à la volonté Ôc la portent aux actions d'honneur ôc de vertu,
Les habitudes de l'entcndeméc íont appelées des
cognoissances ou notions, qui regardent simplemenc
vn obiet, comme Iont les premières conceptions, où
qui comprenent diueríes propositions,desquelles ri y
en à de véritables , comme celles qui dépendent des
íçiences , d'autres qui íont quelquefois véritables ôí
quelquefois sauces , comme celles qui dépendent de
l 'opinion, il y en à d'vne troisième Í01 te qui íont iousiours sauces parce quelles naissent de 1 ignorance,
mais celles la ne font pas des véritables qualités
Les vertus de l'entendement íont cinq en nombre
dans le sentiment d'Aristote íçauoir l'intelligence, la
sagesse, la fçience, la prudence, ôc Tare,
Lapremiere intelligence qui est vne connoissance
immédiate des principes íans diícours ny raiíoune^ment , car il faut remarquer qu'il y à des habitudes de
la première conception ou d'aprehenfiô , d'autres qui
consistét au discours, la raison en est que nous ne fçauons pas les principes mais nous les entendons , ôc la
différence est que nous ne fçauons.pas le ministère de
quelque cause, maisnous entendôsíans ce ministère,,
DE LA SCIENCEy
Les sciences font différentes fuiuant les diuerses
abstractions de la matière, laquelle est sensible on in-
telligible , lapremiere tombe soubs les sens reuestue
31
Méthode
de quelque chose sensible, qui est ou cette matière
fiugulicre,ou bien vne matière sensible priíe en gênerai, 1 intelligence, n'est autre que les abstractions qui
se font des matières dou vient la distinction des içien ces,
La première fait abstraction d 'vne matière singulière Ôcíeniîble mais non pas commune, telle est la íçience naturelle,
La íe^onde fait abstraction, d'vne matière sensible
singulière c*. cómune, mais non pas intelligible, comme est la Mathématique, dont la connoiííance regarde la quantité,
La troisième fait abstraction de toute matière singulière, sensible, commune óc intelligible &t n'est autre que la Metaphisique qui comprend auffi la sagesse,
qui est vnecónoiisaace deschoscs par leurs plus hauts
principes la sagesse se diuise , en diuine angélique &C
trascendante , la diuine absti ait de tout genre physique Sc qui est compris dans vn predicament comme
l'ors que la Métaphysique traite de Dieu qui n'est
point r'enfermé dans quelque catégorie , l'angelique
abstrait de tout genre physique c 'est à dire de la matière & non pas d vn predicament, comme auffi l'ors
que la métaphysique parle des Anges la trafeendente
abstrait de tout genre &: predicamét,mais elle se peut
reduire à chaque predicament,
La science naturelle traite des corps, & de leurs
affections elle est diui fée en quatre espèces,
La première traite du corps naturel entant qu'il est
capable des mouuemés de la génération U de ía corruption.
du fìeur du tìamel
j3
rnption , cîe l'augmentation , du decroiíîement & de
toute sorte d'altérations,
La Chimie est la segonde qui est vne science par le
moyen de laquelle , les mixtes font résolus en leurs
principes énergiques , dans lesquels font cachées les
vertus des corps, ôc ces vertus s'appelent'Ies premiers
mixtes, ôc non pas les premiers corps, comme font le
■souffre , le sel ôc le mercure,
Parle sel les Chimiques entendét vnpremiercorps
mixte qui se reíout en eau , ôc se ramasse parle
chaud ôc le sec comme le sel de la mer,
Par le mercure vn corps acide qui demeure par
eout le corps, par le souffre vne choie humide , oléagineuse susceptible du feu,
La magie naturelle qui pénètre les secrets les plus
caches de la naturepar ces vertus occultescstla troisième fçience,
La Médecine est la quatrième laquelle regarde le
corps humain susceptible de santé ôc de maladie, qui
obferue l'estatde l'vne ôc de l'autre,
Les Mathématiques se diuifenten pures & impures
îes premières considerét la quantité toute simple fans
estre affectée ni altérée d'aucune qualité sensible , Sc
ces premieresfe diuifenten Arimetiqueôc Géométrie
l'Arimetique traite de la quantité discrète, la géométrie examine laquantité continue leslignes, lescorps
solides, les fuperficiesles angles ôc lc reste,
LesMathematiques impures considèrent la quantité affectée de quelque qualité sensible, corne la musique, qui obferue le nombre ôc la mesure des tons ôc
34
Méthode
des concers, laquelle se diuise en mondaine , humaine ôc artificielle , la mondaine obferue les proportion
des parties du monde, mais fur tout le mouuemét des
Cieux comme fait Tastronomie,
L'humaine examine Tordre ôc Tharmonie admirable de toutes les patries du corps humain, tant de celles de Tame séparées, ôc vnies ensemble,
L'artificielle consiste toute en Tharmonie à régler
|a diuersité des concers,
L'optique est parelliemét vne fçience de la mathématique impure qui regarde la ligne visuelle suiuant
les diuers reflechiílemens ôc les diuerses réfractions
des rayons ôcgenerallement tous les ars mécaniques
font impurs,
La science fe diuise en celle qui enseigne ôc qui n'à
d'autre fin que de connoistre ÔC en celle qui met ces
enfeignemés en pratique ôc cette derniere par excellence s'appele Philosophie , qui règle les actions de
l'homme ÔC les adiuste aux loix de la raison, en segond
lieu élle s'appele méditation de la mort , laquelle est
vne science morale quinousaprendà viure de la vie
de Tameôc conferuer Tempire fur nos passions, en
troisième lieu cette fçience est définie parCiceron
vne fçience morale , dépendante de l'entendement
practique qui donne vneiuste règle aux actions des
hommes, ôc n'à d'autre fin que béatitude
Cette philosophie morale à plusieurs espèces ÔC se
diuise en monastique , qui règle les mœurs de Thôme
solitaire en ceconomique qui donne des instructions
pour la conduite d'vne famillie , & en politique qui
du fìeur duHameì
3-5
çstabîit desloix ôc des maxunespour legotwernemét
des estais lceconomiejue ôc la politique instruisent
ceux cjuicommendent ôc ceux qui obeyssent, comme
dans lceconomique le pere de famille , le mari , ou le
seigneur, comme aussi la femme , les enfans ôc lés seruiteurs trouuent danscette fçience toutesles instructions nécessaires pour le commademet ôc Tobeyssence , pour c 'et effet il faut remarquer qu'il y à trois fortes de sociétés, celle du mary ôc de la femme, la fegôdedumaistre auec ses seruiteurs , ôc la troifiesmela
despotique du seigneur auec sesíubiets,
La politique regarde diuerses sortes d'états , dont
lepremierôc le plus considérable est le monarchique
quiestlegouuernementd'vn seul fouuerain bon ôcequir.ablc qui porte le nom de Roy , le fegod est Tariftocratique , qui consiste en la dominatio de quelques
grands le démocratique fait la troisième forte de gouueraement, dans lequel plusieurs ou pour mieux dire
íe peuple à toute Tauthorité,
De ces trois espèces jl s'en forme autres trois , qui
font autant de pestes à ces trois premiers états, premièrement si le monarque .qui règne viole les loix du
Royaume ôc qu'il opprime mal â propos le peuple il
establit la tyrannie, si dansl'aristoeratie vn nombre de
grands riches ôc violées commandent l'etat se chancre
en oligarchie,
Si la lie du peuple à le gouuernement en main la
démocratie d'euien-t timocratie,
La prudence est vne habitude practiquequi agitau&c vne iuste règle ôc vn iugcmen.t solide,
;
3 ;<>
MelhocLe
. IÍ y à cíiue rsesparries de la prudence les premières
s'appelenc intégrantes qui íont comme des conditiôs
neceiTairespour faire dans la perfectió vn acte de prudence, partie desquelles regardent la prudence, entât
qu'ellé elt vne habitude plene de connoissance, d'autres entant qu'elle acquiert la cÓnoiûance,&c d 'autres
enfin la regardent entant qu'elle en estl'vfage,
Les deux conditions qui l'accompagnent en quali*
tè d 'habitude de connoissance font la mémoire des
choses passées, &c l 'intelligence des présentes,
La docilité ou bonté d 'esprit qui rend les hommes
propres & disposés aux sciences , & qui soumet leurs
sentimensfans violenceaux opinions des docteurs est
vne condition nécessaire à la prudence , l 'ors qu'elle
acquiert la connoissance par le moyen de la discipline
que si elle l 'acquiert par le ministère de l 'inuention ,la
présence d 'esprit agit dans cette rencontre,
Si on considère l'vfage de la cônoissance , la raison
çst nécessaire parle moyen de laquelle on tire des
conséquences , & de plusieurs choies on forme quelque pensée & âpres par le moyen de la circonspection
on examine toutes les circonstaces, & enfin on íesert
de la preuoyance pour ostertous les obstaclesj en peu
de mots les parties de la prudence font la mémoire,
J'intelligence, la docilité laprefence d'esprit, la raison
la circonspections la preuoyance,
La prudence à diuerses espèces premièrement la
monastique qui règle les actions d'vn homme solitaire, .lceconomique celles d 'vn pere de famille ou d'vn
maistre de maisop , la derniere & la plus importante
du sieur du tìamel.
^7
cilla politique, dont se iert vn íouuerain pour le gouuernementde ion état,
Il y à aussi des vertus qui accompagnent & qui aydent la prudence, comme la recherche des moyens
nécessaires pour obtenir vne heureuse fin , vn mgement solide pour le choix de ces memes moyens que
l'on appelle clairvoyance, en troisième lieu vn sentiment qu'on à des choies qui ne íont point décidées
par lesloix, & qui vienent tous les iours en practique
&. en vsage&. au regard desquelles on iuge iouuenc
non pas dans la rigueur, mais bien dai;s 1 équité,
L'art est vn habitude ou qualité qui agit auec raison,
tous les ars regardent ou le dìfcouis & le moyen de
bien parler ou de bien raisonner, ou enfin ils n'ont
d'autre obiet que des actions réelles 8c qui dependëc
du corps ,
Lalogique donne desregles pour formervn raisonnement iuflte & cetart se diuile en peiipatetique cu
antiperipatetique, lalogique peripateticjue recónoic
.Aristote pour fonaucheur, Tantiperipatetique à esté
inuentée & par Raymond Lulle scauant en. Chimie,
qui à neantmoins escrit auec beaucoup d'obscurité,
& par Ramus excellent profelleur de rhétorique &
des mathématiques dans l'vniuersité de Pans,
La Rhétorique &c la Poésie font des arts qui mo nstrentla méthode de s'exprimer bien, Phistoire est auíH
vn art, qui se diuise en cronologie laquelietraire de la
differance des temps, en Géographie qui fait métion
des diuerses parties du monde, de tous les Royaumes
& de leurs prouinces, en histoire phisique qui parle
E3
f
38
Méthode
de la vie des hommes,
Les arcs qui n'ont d'autre obiet que les actions vêciles, font ou abíoluement nécessaires pour le íoustien
de la vie comme l' Agriculture & plusieurs autres oti
ils lont vtiles comme ceux qui randencles hommes
difpoícs aux armes, à la dan ce &í à fe feruir bien d'vn
Çheual, ou bien ils ne íeruent que pour l'ornement
comme la peinture, ou enfin ils donnent des moyens
pour satisfaire à nos íens Sc particulièrement au gouífc
corne est celuy d'apresterles viandes de tant differantes manières,
Les habitudes de la volonté font des vertus morales , ors la vertu morale est vne habitude, ou vnc
puissance de choix &i d'election , par laquelle l'hôme
auec vne délibération précédente fe porte au bien Sc
fuit le mal, laquelle vertu consiste dans la mediocritc
que si elle fe rencotre tousiours dans lemilieu, cen'et
pas au refpet de la chose comme le centre dans fa circonférence, mais c'est vn milieu de raison, qui fe chage fuiuant ladiuersité des temps, des lieux & des personnes ce qui est réglé par la prudence d'vn homme
sage, comme par exemple vingt liures de pain feront
dansla médiocrité au refpet de milô qui fera fort vorace a cause d'vne grande chaleur naturelle, & néantmoins feront dans l'excés au regard de Socrate , plus
sobre que milon, vn fol donné par charité marquera
f auarice d'vn Prince, & la libéralité d'vn homme privc & de basse condition,
Il faut remarquer qu'il y à quatre vertus cardinales
fui lesquelles corne les porte s fur leurs gon« est fous-
«
V
duJteur du Hamcl
39
tenue & appuyée la conduite des hommes,:Ia prudence dont nous auons deíìaparlé , la iustice la temperace & la force,
La luftice est diuifee en generalle & particulière,
la generalle est.vne vertu qui nousfoumetà I'obeiísécedes loix, 6c à pour obiet le bien public 6í cette iuftice comprend toutes les vertus,
La particulière est vne perpétuelle 6c côstanre volonté de faire droit à vn chaícun 6c luy rendre ce qui
luy appartient, il faut remarquer que ce mot de droit
àdiueries significations, premièrement il ie prend
pour vne puiíîance en iegond lieu pour la íçience du
droit, troisiémementpour les actions iustes,
Cette iustice particulière 6c fur toutla commutatiue, ne consiste point dans vn milieu de raison , mais
pîustot dans vn milieu reél 6c physique 6c de la chose
méme, car ces extrémités lont tousioursdes injustices
qui font seulement distinguées entre elles par lc plus
ou le moins , 6c ne font pas deux habitudes ou qualités vitieufes 6c contraires comme est la libéralité entre la prodigalité 6c l'auarice les parties intégrâtes de
cette iustice côsistent à faire le bien, ôc àéuirer lemal,
parle bien il faut entendre ce qui est deu à vn particulier, & parle mal ce quineluy estpasdeu,
La iustice est diuifée en commutatiue 6c diíìrihutiue , la première regarde toute íorte de contrats , îa,
distrbutiue est occupée à distribuer leshonneurs6c!es
recompences 6c à ordonner les peines íuiuant la qualité des crimes,
JLa commutatiue garde Tegalité dans la prppoaiô
4Q
uJMeìhoâe
aricmetique Scia distribuciue Ja proportion géométrique, comme par exemple vn marchand vend ion
drap également Sc à méme prix à toute force de personnes íáns faire d'irferen'ee de la dignité <3c du mérite mais la diftributiue n'en vfe pas de tnéme , car ells
faitvn raport des perionnes auec. les choses qu'elle
donne en recompence ô£ en celail faut obferuer quatre' termes ou conditions, sçauoirdeux personnes, &c
deux recompences il faut obferuer combien vne personne mérite plus que l'autre 8c fa porte r les deux recompences aux deux personnes comme par exemple
íì Achilie mérite trois fois plus qu'Aiax fa recompêce
doit eitre aussi trois fo:s plus grande,
La iustice à d'autres parties qui peuuent souffrir da
defautSc du manquement,
La religion est ia première de ces parties qui est vn
culte que l'on rend à Dieu , la fegonde est la pieté &L
le deuoirque nous rendons à" nos parens & à nostre
patrie, la troisième est la vénération que nous auons
pour les ges de vertu ces parties font pour l'ordinaire
defecteues parce que Dieu ne peut estre aises honoré, 6c on ne peut auffi trop rendre aux parens, à la patrie ny à la vertu , la quatrième partie est Tobeissence
qui nous fai't exécuter fans retardemet les ordres d'vn
supérieur, la vertu que chacû tache de faire paroistre
dans toutes ces actions Sc dans toutes fes parolles, est
la cinquième partie la libéralité fait la sixième la septième est vne humeur affable auec laquelle chacun fe
régie dans fa conduite particulière, lamifié faicla huiriéme partie , laquelle est différante de cette humeur
. agréable
i>—*■
■ ,
V
iu fie ur âuHamel
4j
agréable & douce, entât qu'elle regarde les persones
qui nous soni connues , 8c l'autre toute forte de gens
indifféremment,
L'amitié est vne bienueuliace qui paroitau dehors
Platon la définit admirablemét lors qu'il dit, que cest
vnep>erpetuelle &" constante cómunication de la volonté, qui á pour fafin vne viehoneste, pour principe
l'aliancc 8c la proximité, & de qui l'amour est le milieu, clic est définie ferme 8c constante pour marquer
ía différence qu'il y à de l'amitié des ieunés gens qui
ne font pas capables d'vne parfaite amitié, c'ethommc sage dit que la fin est vne vie honeste pour en exclure toute forte de commerces 8c de practiques infâmes, en troisième lieu il dit que Tamitié est vne communication de la volonté 8c non pas de l'entendemét
parce que l'experiëce nous fait voir que ceux qui font
profefsió d'vn même art ont de l'enuieles vns contre
les autres, il faut enfin que l'amitié aye pour principe
l'aîiance c'est à dire vne conformité quisc rencontre
dans lastre , dans lagenie , ou dans l'education pour
conclure l'amour en est le miliéu 8c le lien indissoluble, puisque nous voyons que Tamitié est contractée
jpar des actes d'amour,
HE LA 'TEMPERENCF,
Lesmoutiemens de Pappetit sensitif qui regardent
te bien sont règles par la tempérance lors qu'ils font
dansl'exes, 8c la force tempère ceux qui regardent la
fuite éu mal , la tempérance est vne vertu morale qui
1
4*
"Méthode
garde vne médiocrité dans les plaisirs violets du'goust
&, de l'acouchement, il faut remarquer que les voluptés font d'elles méme indifférentes & toutefois necer
ssaires pour la conferuatió de ì'elpece & del'indiuidu,
Pour modérer les plaisirs dugoust, il y à diuerfes
sortes de tempérance , l'abstinence regarde le plaisir
pour les viandes & la sobriété les boissons qui peuuét
eniurer, la pudeur modère les plaisirs sensuels que les
.baisers &. les diuers mouuemens peuuent causer ôc la
, chasteté règle ceux de Pacte vénérien, cette vertu est
diuifée en trois espèces, en celle des vefues, des personnes mariées. & des vierges,.
lly en à d'autres qui accompaignent la téperanceSc
qui íont occupées à régler les mouuemens intérieurs
dans diuerfes autresactions, comel'humilité qui tempère ceux de la prefumption lors quelle forme des
desseins qui font trop haultsja douceur ceux de la colère & de la vengeance &t comme la clémence qui ádoucitla punition des crimes , il y à méme- vne vertu
qui moderelesdiuerrissemens que l'efprit prend pour
. se délasser de méme que la modestiereglelesmouue• mens extérieurs du p orps,
DE LA FORCE,
, ' , . y .
\: V
m
La force est vne vertu morale qui consiste dans la
5 médiocrité 6cquiàppurobietlacrainte,&:l'aud^ceà
tanter les périls &, fuporter les plus rudes trauaux
pour l'interest public,
f
L'homme fott doit estre intrépide, non pas deJa
' ;
_.. 0
o
du Jìeur du iïttmcl
43
minière que Test vn homme heureux ou vn homme
ignorant, comme aussi il ne doit rien entreprendre auec témérité mais auec conseil 6c iugement , enfin il
ne doit agir que par vn principe d'honneur & pour le I
bien public,
. Lafopce .à pour obiet toutes les choses qui donnée;
de la frayeur 6c do la crainte mais fur tout la mort à la- "
quelle vn homme de cœur s 'expose pour la défiance
de son pays par ce que cele-la est la plus belle Scia
plus illustre, 1 w
'■ '
' •
ll faut remarquer toutefois que toutes les choses
surprenantes .■& .qui donnent de la terreur ne font pas
l 'obiet de cette vertu car il y en à qui surpassent la force de l'efprit humain , comme la désolation de toute,
vneprouince , vn tremblement de terre , l'infamiela
iéruitude 8c d'autres choses semblables,
Il y à de differétes fortes de force l'vne est véritable
6c l 'autre sauce , laquelle auffi est diuifée en plusieurs
espeçes , la première est vne force politique lâquelle
;
on. remarque dans les habitas d'vne ville 6c qui à quelque conformité à la véritable force, en ce q'u'elle parc
de la-vertu ayant pour son principe la crainte de l'infamie 8c le désir de l'honneur 6c de la récompense , il
y à vne fegonde efpece de force qui pre-nct son origine de l 'experience, & n'a d'autre obiet que la science
des choses qui font à craindre, 6ç lors qu'vne personne expérimentée est engagée dans quelque péril ÔC
qu 'elle entreprend q uelque chose contre les ennenìis
de l'etat, elle paroit bien pleine de vigueur, biéivqn'—I
jcllcne doiue le succès de son entreprise qu'a fa ruse
44
xJMethoàe
fauorifée de la fortune, il y à vne troisième efpece de
force qui à quelque choie de íolideen ce qu'elle est:
accompagnée de i'elperence de vaincre , Ôc ceux qui •
po lcdcnt vue force de cette nature ionc semblables
aux perfonnesiurés qui s'imaginet mille choses agréables , ceux cy de meme fe persuadent que tout leur
réussira heureusement , 6c comme la fortune ne leur
estpas fauorable ils perdent cœur St fe relâchent dans
leurs desseins , il y à vne quatrième forte de force qui
prend ía naissance de lacolete 6c qui donne bien du
cœur mais pourtant n'est pas la méme que la véritable
force, parce qu'vnhórne étantpleinde colère ôcd'enportement n'a d'autre désir que de (e venger 6í entréprend tour fans iugement 6c fans conduite , mais lors
qu'il est anime de cecte vertu morale il ne ressent aucun mouuemenc violent 6c en cet état il agitauec có«
feil & prudence, la derniere efpece de cetee force apparante est celle que Pignorance cause qui est tout à
fait sauce par ce qu'il faut qu'vn vray homme de cœur
entreprenne toutes choies auec connoissance 6c discernement,
Il y à beaucoup de choses qui font inséparables de
îa véritable force, comme font la confiance 6c le grad
cœut lors qu'il faut attaquer 6c etreprendre , comme
aussi vn homme de cœur doit agir dans l'execution auec magnificence aquelle est vne vertu qui garde la
modération dans les grandes depences comme la libéralité faicdansles médiocres, dansles grands ÔC
lon^s trauaux la patience est nécessaire,
La vertu heroi que n'est point distinguée essentiel»
du fìeur du Hamel
45
lemcnt des autres venus n'etantque leur esclat c\ leur splendeur, comme eítoit la foice d 'Alexandiv oe
Cxiar &. d'autres grands hommes laquelle à tiré appelée héroïque parce qu'elle n'estoit pas vulgaire 8C
qu'elle les à mis audesiusdu commun , & comme h s
í;ieux dans le lentimét d'Aristote n'ont point dev<rtu ni de vice, &C qu'ils pofledét quelque choie de plus
exellent que la vertu ceux qui loin des héros & qui aprochentdes Dieux ont auífi quelque aduantage au
dessus des autres hommes,
DES riCES.
1! faut ramarquer qu'il y à vne extrême différence
entre levicc le peché <5c la malice bien que le vulgaire
les prenne pour la méme choie, la raiion en est q ue le
vice est vne habitude le péché vn acte, &. la malice est
vne fuite funeste de touslesdeux ,1c vice est vn habitude electiue quinc garde pas vne modeiaiió pour
marquer qu'elle est oppolec duecterr ét à la vertu , 1c
péché est vn acte par lequel la volonté s'cíloigne des
ordres de Dieu & qui est inséparable dela mali< e, dalieursles vices font oppoiesà la nature raisonnable ôt
on peut toutefoisdire qu'ils lont conformt s en quelque façon á la nature fensitiue non pas que de fov elle fe porte au ma', mais parce qu'elle à vne inc'inatiô
naturelle au bien leníìble qui n'est pastou£outs accomagné de la vei tu.
j^Ç
tjìíethoàe
DE LA SEGÒNDE ESPECE DE LA QUALITE'
ou de la pu i fiance ou impuissance naturelle..
Cette puissance est appelée vne faculté qui n 'est
point estrangere, mais qui est née auec.la substance, 8c l
le principe des a&iós & pourla bicLi.deíìnir ,c 'est vne,
certaine vertu que la nature tire de ion. propre fonds*
pour la production de tous ces ouurages,
Cette vertu est diuiíée en première 8c fegonde, la
première puissance vient immédiatement de l'am.e, U
légonde de la disposition du tempérament Sc des organes, parle ministère desquelles la puiísace première fait toutes ses opérations, par exemple la première
puissance qui nous suc voir prend son origine de lame comme de sa racine, 8c 1 œil ne pourroic poinebien
faire sa foncticUî-les organes n'estoint pas bien disposées Sc íl toutes les parties qui contribuent àlaveue
n'estoint pas dans vneiuste conformation,
DES PVISSANCES T^ATVRELLES DES
choses inanimées ou sans atne.
Les puissances naturelles des choses qui font fans
âme ne font point communes à nos sens que par leurs,
effets & leurs énergies, pour cet effet les vertus actu-%
«Iles des elemens ne fonc pas des puissances naturels
ìes mais elles se r'aportenc aux qualités passiués parce;
qu'elles tombent foubs les sens,
Parmi les fegódes puissances naturelles on frit état
des dons 8í des aduentaçes de la nature comme de la
47
docilité ou bonté d'esprit , 6c de Ja noblesse on mec
auffi dans le nóbre de ces puissances , les qualités occultes des minéraux, des pierres , des végétaux 8c des
animaux,
Il faut obferuer que les qualités occultes ne se forment point d'vn mélange bien proportionné des elémens dans le sentiment de plusieurs, ni de l'exellence
du mélange , parce qu'elles íont au dessus de la vertu
des élenlens , 6c ces vertus occultes ont le tir principe
dans les formes substantielles des mixtes comme les
plus sçauansdemeurétd'acord,Iclqueliesformcsíbnt
célestes de leur -.nature & matérielles par leur son cria
en ce qu'elles agissent par le secours des quali tés matérielles & parle moyen de la disposition des organes
ôc du tempérament, tellement que toutes les simpaties qui se rencontrent entre les homes, les plantes, les
brutes, les végétaux 8c le s astres 8c les parties du corps
humain qui íont en tres grand nombre comme celle
qui fe rencontre entre l'estomac 6c le cerueau , dont
Galien raporte l'exemple d'vn icune home qui pour
auoir l'orifìce de l'estomac ou venticule ossencé tomboic du mal caduc 6ç fur ce fubiet Galien âpres auoir
dit qu'il y à trois fortes de simpaties, la première celle
du genre ou de la race, la fegonde celle du voy sinage
6c la troisième qui est causée parles me mes operatiós
familières , il conclud quelasimpatie qui est entre le
cerueau & l'estomac est deda première efpece, parce
que la sixième coniugaifon des nerfs du cerueau se
communique à l'estomac 6c influe le sentiment dans
lorifice,
d u Jìeur du Hamcl
4-8
Méthode
Comme pareliiement celle qui est entre îa partie
concaue du í oye le íegond des intestins grêles laquelle est causée parle voyíinage,£c comme la tuuique ou
membrane de cet intestin est tres déliée elle communique ces affections ôc ces qualités au foye , la simpar
tie qui se rencôtre enr.re l'estomac les reins ôc les cuisses est fi grande , qu'a méme temps qu'vne personne
est trauaillée de la colique nefretique il est prouoquç
au vomissement &, sent vne pesanteur aux cuisses , ôc
cette íìmpatie se fait entre l'estomac & les reins par la
sixième conjugaison des nerfs qui enuelopent Ôc l 'estomac ôc les reins ôc par le moyen aussi du péritoine
qui le còuure tous ensemble, ôc celle qui est entre les
reins ôc les cuisses, est causée par je sixième muscle de
la cuisse qui prend son origine de la partie qui est au
dessous du rein ôc lors que le rein est rempli & oppilé
ôc rempli de mauuaifes humeurs òu d'vne matière tartareufe<5c areneufe il presse ce muscle ôc la cuisse en
recent vne pesanteur, il y à aussi vnesimpatie trescÔsiderable entre les reins ôc le diafragme qui viét de cc
que la membrane qui couure ces parties est attachée
au diafragme, & comme cette membrane est tendue
par la mauuaife dispofttió des rein s elle tire parle der»
riere le diafragme ôc luy oste en quelque façon la liberté du moueraent ce qui fait que le malade respire
auec difficulté on obserue vne tres grande simpatic
entre la veine ôc l'artere laquelle est causée par la comunication de leurs fonctionsqui fe fait par desanastomoses, il y à des simpaties admirables entre leshôjncs comme i'ay desia dit entre Icsplamcs&les minéraux,
du sienr du tìamel.
4 *3
ranx , entre les astres ôcles parties du corps humain
comme entre jupiter ôc lefoye, lalune ôcle cerueau,
le soleil Ôc le cceurôc on en remarque beaucoup d'autres,
II y à plusieurs personnes qui estimét que toutes ces
simpaties font formées par la feule conformité de la
substance, ce qui neantmoins est imaginaire, car íì cela étoit l'aymant attireroit l'aymant ôc non pas le fer,
ôcil faut conclurre que lasimpatie fe faitpar vn raporc
qui fe rencôtre entre des choses dissemblables parmi
lesquelles il y à vne certaine proportion ôc aiustemët
par le moyen duquel elles ressentent vn aduentage
mutuel ôc reçoiuenc vne entière perfection , comme
il arriue que de plusieurs voix différantes, il fe fait vn
concert ôc vne harmonie agréable , il faut remarquer
que l'attraction fe fait par rémission de quelques esprits qui ont entre eux vne certaine conformité ôS
alliance,
DES EFJSÏANÇES 'HAtVRELLEi
des. choses animées.
Les choses animées font diuifées en vegetanteSj,
seníìtiues ôc raisonnables,
DES pyiSSJNCES VEGETANTES y
Parmi ces puissances il y en à qui font les principal
Jes ôc comme'maitresses', les autres font dependentes
les premières font trois en nombre la nutritiue ,l 'aug■mentairicc & la génératrice , par la première il se faic
Q
yo
' ^Méthode
vu changement de I'aliment & vne parfaite ressemblance de la substance par lafegonde il se sait-vn châgemét de la plus grande quantité de la nature de chaque chose par vne attraction que la chaleur naturelle
fait au dedans qui est vne manière différante du changement des minéraux qui croissent par l'aproche d 'vne matière étrangère qui leur est adioutée au dehors,
la faculté genatrice dans les choses viuates de qui les
effets font equiuoques òc d'vne nature différante auec
leurs causes, est vnepuistance, par le moyé de laquelle vne chose viuante est produite d'vn autre , comme
lors que les grenouilles íont engendrées pat le soleil,
& lors que les effets font vniuoques auec leurs substáces, c'est vne puissance naturelle , par laquelle vne
chose viuante est engendrée par vn autre chose auíîì
viuante , ou bien qui prend son origine d'vn principe
de vie qui luy est conforme dans la derniere efpece
comme vn arbre qui reçoit la vie d'vn autre arbre, va
animal d'vn autre animal de méme efpece,
La génération substantielle prise en gênerai entant
qu'elle à de la conuenance auec les choses viuantes ôc
auec celles qui n'ont point de vie, est définie vne production substantielle qui se fait dans vn íubiet du noá
estre à l'etre parfait qui font comme ces deux termes,
Il y à des puissances qui feruét aux principales corne celle qui change la íemance & qui fait la conformation des parties , comme aussi la faculté attractiue
qui agit par le moyen de la chaleur & de la sécheresse
& se sert du ministère des fibres droits, pour attirer
I'aliment, la faculté retentrice est vne de ces puissan*
dttjteurdit'Flameì
'f'ft
Ces dépendantes qui agit parles fibresobliquës aydée «
du froid ô£ de la sécheresse, la cóeoctrice fait la coctió
dans son propre vaisseau corne dans le ventricule das
le foye ou ailleurs,
«
•
DE LA FACVVÏE* DV SENTIMENT,
Cette faculté cognoit le vray sensible , ou deíìre le .
bien sensible, ou elle meut d'vn lieu à l'autre,
Il faut remarquer qu'il y à de la différence entre lesensitif comme est l'animal, le lieu ou se fait la sensation ou faction du sens comme est la prunelle de lceil
le sensible qui est l'obietdu sens , ôc le sens qui est la
faculté qui cognoit ôc void son obiet,
La puissance fensitiue est diuisée en intérieure 8C
extérieure ôc cette cy en cinq espèces, celle de la veue
de l'odorat , de l'ouye ,du goust ôc de ratouchement,
ÔC. leurs obiets qui font des qualités sensiblesfont di -r
uifés en propres ôc communs, les propres fontl'obiet
fl'vn des cinq fensexterieurs cômela conleurestWohf
iet propre de la veue les communs fontl'obiet de plu»
íìeurs sens comme la figure ôc la grandeur de quelque
eli ose,
La puissance intérieure est multipliée suiuant la
quantité des actes,
Le fenscommun est la première puissance interieu-ï
re qui iuge des obiets 8c des sensations des puissances
extérieures &c ne donne son iugement que fur des objets prefens,
. La phantailîe est la segonde puissance quiconnoi*
G2
'fi .
Méthode
desobiets fimples &abfens,
'
- .
L'imagination est vne autre puissance qui assemble
lesobiets conceus panla fantasie & ces puissances cócoiuent par des ejpeces intentionelles qui font des
qualités qui partent des obiets sensibles & les repré-
sentent,
Il y à vne autte puissance , par laquelle les animaux
cónoissent par des espèces qui ne sont point sensibles
dans vn respect d'ami d'ennemi, d'vtile d'agreabie ou
de fâcheux .& cet par cette puissance appelée cestimàtiue que la brebis voyant le loup fuit de crainte par vu
înstincqui prend son origine de cette puissance,
La mémoire est vne cinquième faculté qui retienc
& garde les espèces des choses passées, & outre la mémoire il y à encoresdans les hommes la reminissence
quiestlefouuenirreueillé parla force du discours d'vue chose qui àesté autresfois connue &quiauoit esté
mise presque dansl'oubli,
Il y à plusieurs philosophes qui reduisent toutes ces
puissances à trois, au sens commun à l 'imagination ÔÇ
à la mémoire,
DE LA VACVLTÉ DE Û^iTTEtlt.
II y à deux sortes d'appétit le premier'qui est né a*
îiec l 'homme lequel est vne inclination, le segond est
vn acte ou vn désir produit , le premier est diuisé en
áppetit naturel à l'homme & en appétit raisonnables
pour bien expliquer cette proposition , ilfautremarífjuer auec Platon & Aristote que lame raisonnable à
du sieur du Bamel
JJ
deux parties, la supérieure qui est le siège de Iaraison,
& l'inferieure qui estceluy du sentiment & que dans
cette partie supérieure l'entendemét connoit les choses veritablesôc vniuerselles &. la volonté désire le bié
vniuersel mais sur tout le bien honneste& aussi de même dans la partie inférieure l'imagination void le bié
sensible &c particulier, & Fappetitsensicif désire le biç
qui estsensible & particulier, & corne la volonté dans
la partie íuperieure de famé se porte veis le bien que
l'entendement àpremierement connu de mème façó
l'appetit porte ces affectiós vers le bien sensible âpres
que l'imagination en à eu cónoissance , & cet appétit
1 entant qu'il fuit les mouuemens de l'ame sensitiue est
appelé animal&entant qu'il suit ceux de lavegetatiue
• il est appelé naturel qui n'obéit iamais à la raiíon, au
regard de 1 animal il y obéit quelquefois & par participation il est appelé raisonnable,
L'appetit sensitif animal est diuisé en concupiscible
& en irascible , le premier s'occupe à la coníeruation
de l'homme, &: à iuy chercher pour cet effet des choses qui ont de la conuenence auec luy & á éuiter celles qui luy nuisent, le dernier ayde la raison & le désir
du concupiscible il combat pour sa deffence&resiste
fortement à tousles obstaclesqui peuuent s'opposer
au bien & à l'aduentage de l'homme , pour ceteffec
PlatÓ compare la raison au magistrat d'vne ville, l'appetit concupiscible aux marchands & pouruoyeurs £C
Tirafcible aux soldats , l'appetit côcupiscible cherche
■le bien sensible lorsque les voyes en íontfaciles.Sc Tirafcible le cherche quelle difficulté qu'il y puisse auoir
|^
Methoíe
D'ans l'appetit fensitiftoutes les passions font corn»
priíes, dont il y en à qui pour n'etre pas deshabitudes
de vertu ne restent pas d'être louables, d'autres font
touíiours manuatíes ôc il y en à d'indifférentes,
La pitié l'indignation & la pudeur font d'elles mêmes louables , l'iinpudence la brutalité, l'enuie & la
malignité font touíiours mauuaises,
í Les passions qui regardent vn bien facile â poíTeder.
ou vn mal qui le peut éuiter fans peine font dans l'ap.
petit concupiscible, de celles la l'amour est la première qui est vne passion qui tend vers vn bien conuenable prefens ou qui est à venir ou bien encore l'amour
est vne simple complaisance de laquelle il nait vn desir d'acquérir ce bien dont la pocession est fui u ie du
repos &: de la tranquillité,
Il y à vne íegonde passion qui estvn désir d'vn bien
absent qui consiste dans les choses nécessaires pourla
coníeruation de la vie ôc celuy laest l'imité ou bien il
consiste dans des choses superflues corne font les richesses, êc ceíuy-la est fans bornes à cause de son imperfection £c fa pocession augmente tousiours le désir
de le posséder,
La troisième passion est vne volupté de la chose îa■queíle est vn 'repos duquel on jouit dans la pocession
Sc de ces voluptés il y en à de pures 5c d'autres qui
font impures,
Il y à des passions qui regardent le mal , comme la
Ray ne opposée à lamour , la fuite qui est vne horreur
d'vn mal qui est à venir opofé au desir,la troisième est
ïamstesse qui est vnedouleur que le mal présent no*
du sieur du Hamel
'55'
fáit ressentir 8c celle la est apposée à la volupté,
D'ans l'appetit irascible, il y à cinq paiììos qui onc
léur mouuemét vers des choses trcsdiíficilesôc de celles la il y en à deux qui regardent le bien, la première
estl'esperance qui à touíiours pour obiet l'acquisition
d'vnbien ou il se présente mille obstacles lesquels
causent le desespoir lorsqu'on ne les peut pas vaincre 2
Au respet du mal , il y à trois pallions , l'audace ou
riiardielle qui fait entreprendre aux hommes les choses les plus hautes , la crainte qui regarde celles qui
dónent de la terreur , la colère qui à pour obiet la végeance & qui se forme d'vne ebullitió du íang autour
du cœur, il y à d'autres palîìôs qui n'ont point de nom
propre, ôc dans ce rencontre il en faut vfer come font
les Médecins qui âpres auoir parlé de tous les os du
corps humain ôc les auoir spécifiés par leur nom diiët
qu'il y en à vn qui n 'a point de nom propre, il y à auíïì
vne paíîion qui n'en à point qui est appelée ialoufie
que l'on raporteouàla crainte, ou a la tristesse ou à
quelque autre passion ,
La passiô prise en gênerai est définie vn mouueméc
de l'appetit sensitif , qui tend verslebien, ou vers le
mal conneu lequel est touíiours fuiui de J'alteration
du corps, par ce qu'il fe fait vne agitation du fáng ou
des esprits qui quelque fois fe retirent au cœur & causent la pâleur au visage, corne il arriue dans la crainte
ou bien ils font épachés par le cœur & cauíènt en cét
état de la rougeur aux ioués ce qui est vn esset de la
ioye,
Les moiiuemens de la volonté ne font pas de veri-
»
'^6
Méthode
tables passions mais plustot des affections,
Les passions font des maladies d élies font dansl'exé s ôc qu'elles causent vn grand trouble dans Famé
mais non pas lorsqu'elles iont dans la modération 6c
tnéme en c'etétat elles [ont neceílaires à la vertu puis
q-u'elle n'a d'autre employ qu'a régler leurs mouuémens.
DE LA PP'ISSJNCE RAISONNABLE. '
La puissance raisounable est diuisée en deux espèces, en celle de cognoiflànce, ôc en celle de désir, la
première est l'entendemët qui connoit cc qui estvray
ôc bon foubs l'apparance de la bonté ôede la vérité, il
faut remarquer aussi qu'il y àvn entendement d'efpeculatió qui donne soniugemenc des choses qui ne depandent point de Faction , ôc vn autre practique qui
iuge de celles qu'il faut reduire en pratique lesquelles
il propose àla volonté qui est tousiours libre de les
exécuter ou ne les exécuter pas,
L 'entendement estaussi diuifé en agissant ÔCpassif,
íe premier defoy n'a point de connoissance ôc il est
seulement déterminé par la présence d'vn obiet corporel ôc par ce moyen il tire de la puissance spirituele
de Famé des espèces vniuerfelles au regard del'entendement passif, il est rendu formelement connoifsant par la pensée qu'il exprime ôc dans cette pensée
exprimée il connoit vne chose ôc cette pensée est le
terme de si connoissance ôc pour bien coprendre ces
vérités il faut donner vn exemple comme d'ans le feu
il y àvn agent qui est le feu méme , il y àvn principe
de Faction
du siedr duHamel.
fj
de faction qui est la chaleur , il y àaufïî vne chose par
laquelle l'agent op.ere qui est faction , il y à pareille--,
ment le terme de Taction qui est la chaleur produitedans le bois,de méme dans la cónoiíTance il y «à vn a-;
gent qui connoit &. c'ét l'entendement, il y à. vn principe de cette connoiíTance comme font les espèces
imprimées, en troisième lieu il y à faction par laquelle l'entendement connoit, il y àensin lapenféequi est
le terme de cette connoiíTance,
La faculté raisonnable qui désire est appelée volóté laquelle est raisonnable non pas par v-ne ; raison qui
luy soit inerente mais par la participation qu'elle à a*
uec l'entendement,
3
La volonté peut estre considérée en deux façons ou
au refpet de fa nature c'est à dire en qualité, de puifsace naturelle, ou bien encore au regard des mceui s entant qu'elle est libre-Sc qu'elle fait des actions qui méritent de la gloire ou du reproche,
Il y à vne liberté qui est opposée à la contrainte par
laquelle les homes agissent de leur gré & celle, la leur
est comune auec les brutes quifont leui s actions fans
violence toutesfoisaue.c neçeffitè , il y à'ytìe. autre liberté opposée à la nécessité quiest la véritable liberté
•laquelle est diuifée en celle de contradiction;,. & de
contrariété ou opposition, la première rcgardeles actes contradictoires cqmme font:boire & ne boire pas,
la seconde regarde les contraires comme fe chaufer
ou se refroidir,
.J2E L A PÍ7 5 SANCEii MOfVJNTE, . íb
H
58
- Méthode
La puissance mouuante est diuifée en naturelle qui
agit sans connoiíTance préalable , mais feulement par
vn mouuement naturel tel qu'est celuy du cœur appelé parles anotomistes sistolé diaïloléù. pareillement
en progreíîìue à laquelle trois choses cocourrent premièrement vne cónoissancede la raison practique ou
lafantasie qui dirige, en fegond lieu la volonté ou
l'appetit sensitif qui commende, troisièmement la faculté progressive qui exécute laquelle est di stincte de
í 'apetit ou delaraiso practiqj,d'autátqu'encoresque
la raison dirige & que l'appetit cómende dans les parties mouuantes d se trouue quelque obstacle qui peut
empêcher leur mouuement comme il arriue dans la
paralysie, ce qui se fait conclure qu'outre ces facultés,
ìa puissance naturelle progressiue est nécessaire.
DE LA
'ALITE' PASSIVE,
Les qualités passiues affectent les sens externes dôe
ies obietssont sensibles,
DE LA COVLEVR Et DE LA LVEVR.
Le traité des couleurs est si difficile que Iean Aportà
aduoue auoir trauaillé auec grand estude pédant quatre années pour en auoir quelque connoissance cepédant ni fçauoir preique rien,
Aristote dans le traité de Tame donne vne définition dela couleur fort obscure en ces termes , la couleur dit il est ce qui meut vne chose qui est actuelle^
i;.■
du sieur du Hameì
j t>
ment claire, pour bien encédre cela'il faut remarquer
qu vn corps est appelé clair & diafane qui est touc lumineux non pasieulemétdans la superficie mais dans
toutes ces parties internes comme l'eau l'air Scia vitre
ou l'on peut voir quelque chose, & ce corps est proprement clair ôc plein de lumière,
11 y à vne autre forte de corps que l'on appelé clair
mais improprement qui ne reçoit pas la lumière de
touscostés mais qui plustotl'arreste ôcl'empefche de
passer plus auant,
La couleur est ce qui imprime l 'efpece de foy méme à lair ou aquelqu'autre chose semblable ou pour
ladeffinir mieux, la couleur est vne qualité paffiue
inerrente aux corps qui ont du mouuement laquelle
donne quelque éclat ôc peint l'air de son efpece ôc de
son image affin que par la puissance viíìue elle face sa
fonction, il faut remarquerque cette deffinition est de
la couleur entant qu'elle est visible,
Aristote dans son liure du sens & du sensible fans
faire aucun raport à la veue deffinit la couleur de la
manière , c'est l'extremité dit il du clair ôc lumineux
dans vn corps terminé, ors par ce terme d'extrémité il
ne faut pas entendre quelque superficie, mais plustoc
vne qualité pasiìue , qui refulte de l'extremité d'vne
chose claire lumineuse 6c terminée,
Toutes ces deffinitions íbntdefecteufes ÔC n'explil qucnt pas bien la nature de la couleur ÔC dans vne
questiÓ si difficile il fatu raisonner des véritables couleurs par rapporta celles qui ne font qu'apparentes
íommc par exemple de l'iris, d'ans lequel il y à trois
Hz
Cú
MeihoAs
choses requises, premièrement la transparence qui reçoit la lumière externe , íegondemenc la solidité ôc
opacice qui arreste la lumière , en troisième lieu la lumière dmersement réfléchie, la traníparence en est la
cause matérielle ôc la lumière la formelle de telle manière que de l'opacité de la traníparéce ôc de la lumière étrangère les couleurs apparentes font formées,
que si la lumière estoit interne les couleurs subsisteroint tousiours , pour c'et effet nous disons auec Platon que la couleur est formellement vne lumière naturelle Ôc interne produite par des petis feux ou des
esprks ignées qui lont au dedans du mixte laquelle étant mêlée auec des choses claires comme l'eauôcl'air
& à l'opacité de la terre se change en vne véritable
couleur par le secours d'vne lumière estrangereôcplus
grande qu'elle ôc par son moyen se rend visible,
II y à quatre couleurs simples, blanc, noir, rouge ôc
bleu, la couleur blache est vnelumiere naturelle formée de petis corps lumineux diffuse ôc espanchée de
tous costés Ôc ces petis corps doiuent estre coupés ôc
diuifés en pieces tres menues ce que l'experience fait
voirdes cristaux taillés en petites pieces lesquelles fe
blanchissent par ce moyen , comme pareillement de
la nege laquelle blanchit estant mise en beaucoup de
pieces par le froissement de l'air, il en arriue de méme de l'ecume qui vient blanche par ! agitation
La couleur noire est formée l'orsqu'il y à beaucoup
•d'opaque qui n'est point diuifé en petites pieces ô£
qui n'est point pénétré par la lumière,
- Le bleu diffère du blanc en ce que ces petits corps
dujte'urdtt 'Hamel.
61
lumineux ne font pas si raréfiés & la lumière n'est pas
si diffuse ni ne iete pas tant d'éclat comme le blanc ôc
dás le rouge lalumiereestplus reíerrèe que dâsleblê u
dublácôcdunoir clairôcopaqj les diueries íortes degris.
se former, suiuant la différante composicio 6c la quantité de l'vn plus que de l'autre, comme gris, blanc, gris
argenté gris brun ôc autres couleurs de cette forte , le
bleu períe , bleu turquin , bleu céleste Ôc bleu blanc
sontcopofe| du bleu ôc du rouge, du blanc Ôi du rouge il s'en fait le rouge brun, si le rouge excède le blanc
il s'en fait l'ecarlate, ÔC dans les étoffes de íoye le cramoysi s'il y à moins de rouge que de blanc il Yen hue
du zirizolin, orangé iaune doré, leiaunefe faitauííì
du rouge & du blanc, le verd est composé du iaune ÔC
dubleu,d'vn peu de iaune ôc du bleu le verd gris fe
fait ÔC de beaucoup de bleu & peu de iaune le verd
brun que s'il y à beaucoup de bleu ôc qu'il iurpalîe-de
beaucoup le iaune il íe fait du vèrd de mer, si le rouge
& íe bleu font en grade quantité ils coposent le violet
DE LA LVEVRs
La lueur est définie par Aristote vnacte de ce qui est
clair entant qu'il est éclairé par vne lumière étrangère, ou bien suiuant le sentiment de V olelius dans ion
liure de la sacrée Pfiyloíophye, là lueur est vne qualité paffi u e qui est produite paria présence d'vn corps
lumineux, par le moyen de laquelle ce qui estoit auat
diaphane en puissance comme 1 air ob<cursi est renda
actuellement transparent, pour c et effet i\rístote dit
H3
Si
'
Lïïtcthode
que les ténèbres £c la lueur ou lumière ne diffèrent,
poincen nombre Sedans çe méme sens l'^postre S.
Paul parle en ces termes , Vous estiés pour lors ténèbres maintenant vous estes lumière au seigneur, d'allieurs la lueur Si la lumière font distinctes en ce que la
lueur est la qualité d'vne choie lumineuse , ôc la lumière est la diffusion de la lueur dans vn corps diaphane
par le moyen de laquelle la lùeur estrendue visible ôc
vne chose est faite actuellement tranfparante qui ne
. i'ètoit qu'en puissance ôc surcefubiet Achilonius die
admirablement que la lueurestvne mere dont lalumiere est le fruict, ou bien que la lueur est vne lumière radicale ou vne fontaine dou sortent quantité de
ruisseaux de lumière, laquelle estant estandue en ligne directe est appelée rayon, ôc fpledeur si elle est réfléchie en ligne oblique.
D F SON Et DE LOVYE.
Le son est vne qualité paffiue qui frape louve &
pour la définir mieux elle est vne qualité sensible qui
est formée par l'atouchement des corps raifounans,
Les Phylofophes disent qu'il y á beaucoup de conditions nécessaires pour faire vn son parfait ôc entendu bien îoing, il faut premièrement qu'il y aye deux
corps raifounás, en fegond lieu qu'il y en aye vn troisième qui soit rompu ÔC brisé par le froissement des
deux premierSjtroisiémemet il faut que ces corps foinc
durs legers Sc qu'ils puissent estre mis en poudre comme le verre mais il faut remarquer que ces conditiôs
du fleur du fíamel
gj
ne sont nécessaires que pour faire vn tres grand son
car das le batemét de í'air elles ne íont point requises,
II y -diueríes espèces de son, qui íont trois en nombre, la voix la parolle ôc l 'echo , la voix e.st vn ion qui
est: formé dans le corps d'vn animal par la compositiò
du poulmon ôc par l'agitation de l'air d'ans la trachée
artère, la parole *est vne voix articulée formée parla
langue qui exprime les cóceptions des homes, l'echo
est vn son réfléchi ou les corps qui arrestentle son ôc
l'efpece empeschent que l'vn & l'autre s'estendét plus
auant ôc les raportent au lieu ou ils ont pris naissance
mais parce qu'il y à des sons dont Ie rerlechiíiement
se fait plustot ôc d'autres plus tard ilen vient vne confusion de sons ôc il arriue que l'on n'entend que les
dernieres paroles, ôc il faut aussi- remarquer que les
corps qui font ce reflechissemenc doiuent estre concauesôc polis,
DE L'ODEVR.
L 'odeur est vne qualité sensible qui frape I'odorat
ou pour mieux la définir elle est vne qualité sensible
formée du mélange des premières qualités la chaleur
defcechaniThumide , ôc le sec prédominant ce quife
prouue par expérience d'autant que Iespays chauds
comme font l'Arabie la Syrie ôc plusieurs autres font
tres abondans en odeurs,
Il y à des odeurs qui font agréables a cause de Texcellence du tempérament mêlé du sec ôc de J 'humide
Je sec tóusiours prédominant corne il se void de la rose
ilyenà 4 'autres qui font puantesàcaufe d'vne trop
C/\.
CMethcàe
grande sécheresse ou d'vne humidité corrumpue , il y
en à de simples, 5c de composées par artifice, le nçs eill 'organe des odeurs qui les attire à soy par le moyen
des mamillairesj
DE LA SAFEFR.
La saueur est vne qualité sensible qui frapelegoust
ou bien encore elle est vne qualité sensible composée
de ['humidité 6c du sec terrestre le dernier prédominant ôc produite par la chaleur,
II y à des faneurs chaudes , il y en à.de froides 5c de
■ tempérées, les froides font diuiíées en pfuíìeurs sortes
premieremencen aigres qui retirent lesleurcs comme
on expérimente de l'alvn, il y «à des faueurs aprés qui
font moins froides que les aigres cóme des fruits verds
"41 y àauíìi des faueurs acides qui aprochent de l'aigne
comme le suc des limons 8c fes faueurs/ont produites
des parties les plus délicates plus tenues ôemoins froides que les.precedemes,
Les faueurs chaudes font pareilhement de differétes manières , comme font la salée , la mere produite
d 'vne matière plus feché que cette première, l'acre ôc
• picquate formée d'vne matière plus tenue auec vne
chaleur violente,
Les téperées font diuifées en insipides ôc fans.goust
dans lesquelles l'humide prédomine le froid, en grasses Ôc oléagineuses composées du chaud ôc de l'humide aérien ôc troisièmement en douces dans lesquelles
le chaud prédomine.
\av :i-j.-fu n^i mcé&u îttoi fàMvti &iCh k "áta
des
du Jìeur du Elamel
DES JfTJLITES DE L'JJOFCHEMENT
Ces qualitespaíhues qui frapét Ie tac ou l'atouchèmenr, íont diuiíées en premières ôc segondes,les premières font au nombre de quatre , la chaleur,, l'humidite, la froideur ôc la sécheresse,
La chaleur est vne qualité sensible qui assemble &
ramasse les homogenées ôc sépare lesheterogencèsôt •
iLfaut remarquer que dans cet endroit les homogènes
ne se prenet pas pour des choses de méme nature cóme l'eau ôc les parties mais plustot pour des choses
qui font cóuerties ôc changeés en faisant de plusieurs
heterogeneés vn composé parfait,comme il arriue de
la chair, du pain ôc du vin qui sont de leui nature heterogeneés , 8c lors que dans le ventricule la coction
fait le chile ces choses font apelées hemogenées , par
ce qu'elles font propres à la nourriture , ôc celles qui
ne le font pas font apeleés heterogeneés , de méme
dansl'ordre des choses naturelles le feu, l'air , la terre
ôc l'eau font heterogeneés 8c deuienent neantmoins
homogeneés par la conuersion ôc parle changement
qui arriue dans la génération de chafque mixte,
L'hmidité est vne qualité sensible qui n'est point
terminée par soy méme mais par vn autre, corne l'experiencele monstre dans l'eau qui esttousiours coulate ôc qui ne s'arreste que par la rencontre de quelque
corps sec,
La froideur est vne qualité sensible qui assemble les
homogeneésSc heterogeneés comme il arriue dansla
glace,
I
66
Methoâe
La sécheresse est vne qualité paíîìue qui est bornée
par ion propre terme ôc non poinc par vn étranger corne la terre les segondes qualitez íont le graue ôc pesant, le leger ôc l'aspre, le dur le molle gliíîant , le rude, Ie grossier, le tenue ou le délicat, il y à aussi d'autres
qualitez legondes qui font paílìues comme celle par
laquelle vne choie est rompue ÔC diuisée en plusieurs
pieces menues ôc celle par laquelle vn'autre chose est
partagée en grandes pieces à cause de la longueur de
ses pores.
DE LA SECONDE PARTIE DE LA
METHODE y Chapitre premier
DE LA METHODE EN GENERAL,
T A Méthode est diuisée en generale ôc en partî-*-^culiere , la première est vtilepour aprendre les
sciences ôc pour composer des liures , la particulière
sert pour traiter d'vne partie de chaque sçience ou de
chaque art,
Galien dans son petit art dit qu'il y àtrois formes
ou voyes différentes pour raisonner la première est apelée fyntetique ou de composition , la fegonde analitique ou de résolution la troisième definitiue la fyntetique commence par les choses les plus vniuerfelles
alant tousiours aux particulières, parles premières
iufques aux dernieres , par les simples ôc sinit par les
compofeés ôc comme dit Aiistote par celles qui font
connues de la nature ôc acheue par celles que nous
connoissons,
duJìcurâu'Hamel.
€'y
Toutes les premières choies comme les pierres &
íes bois dans vn bastiment font celles qui íont connues de la nature, celles que nous connoiíïons font postérieures à celles la comme la maison St toute sorte
d'effets,
La Méthode ou forme de raisonner analitique cojmence par les particulières & finit par les vniueríelles
& monte des dernieres aux premières , des cóposeés
aux simples &c pour bien comprendre l'vne ôc l'autre
méthode serués vous de l'exemple d'vne echele , par
laquelle on descend de hault en bas & c'est la figure
de la syntetique ou l'on monte de bas en hault & c'est
l'image de la nalitique, de méme dans Tordre des predicamens on commence par la substance descendant
par les espèces moyenes comme par des degrés d'vne
echele c'est à dire de la substance au corps , du corps
au viuant,du viuant àl'animal, de l'animal à l'homme
& de l'homme à pierre qui est l'indiuidu ou bien on
commence à pierre &í on remonte iusques à la fubstáce par le méme ordre,
La méthode defìnitiue.commence par la définition
du tout & suit par la distribution des parties.
Chas. t. DE LA METHODE STNTETl£>VE>
La méthode syntetique estvne disposition des parties de ladicipline par Iê moyen de laquelle en traitât
d'vn subietvniucrsel on côtinue tousioursvn discours
auec ordre iusques aux choses particulières, première ment -on parle de la chose qui fait le subiet, de la on
«
N*/
/
68
iMetkode
vient aux principes, des principes aux causes ons'estend en íuitesurces affections fur ces propriétés &
accidens, on parle auffi de ces espèces différentes lc
tout auec ordre, ie monstre vn exemple du corps humain 6c pour en traiter auec cette méthode , âpres auoir parlé du fubiet , il faut faire état des principes de
lanaturequi íont troisen nombre,lamatiereia forme
ÔC la priuation , de ces principes on vient à la matière
& à la forme qui font les causes internes ôc à la cause
efficiente ôc finale quien font les externes , on y peut
adiouter la .cause exemplaire ou idéale , comme auffi.
le hazard ôc la fortune qui en son t l«es causes par l'accident, à fuite décela on fait mention des propriétés du
corps physique qui font ía quantité finie ou celle qui
ne lest pas comme le lieu , le temps ôc le mouuement
on diuife encore ce méme corps en celuy qui est animé ôc en celuy qui est fans ame, en simple 6c mixte on
subdiuife c'estuyci en mixte parfait & imparfait, on
fait vne autre diuision de l'animé, en plante ôc en animal , dont le premier est vn animé insensible ôc le segond vn animé sensible qui comprend l 'homme ôc la
brute* .
•/;.;
:
Aristote s 'e st serui de cette méthode en traitant des
cieux des elements ôc des corps corruptibles ôc pour
fuiure Tordre de cegrandhommeie monstre vn autre
exemple du tonnerre ôc de la pluye ôc pour commencer il faut définir premieremët vostre fubiet , ôc âpres
la definitiô traiter des principes specifiques qui font
la vapeur ôc Texalaifon , monstrer à fuite la cause effíçicte & faire voir que c est le soleil qui par fa lumière
du sieur du tíawèî.
G9
sa cliaîeur & son influence produit le tonnerre Scia
pluyedela cause efficiente il faut venir à la finale ôc
monstrerque ces météores ont esté formés pc r la
perfection du monde , ôc pour la manifestation de la
sagesse ôc de la puissance de Dieu ôc enfin il fautcon•clure par leursproprietésSc'par leurs dirTeretes espèces
DE LA METHODE -^ANALITI^VE
Cecte méthode est vne disposition des parties d'vne
discipline, mais fur tout d'vne science pi actique dans
laquelle on commence parla finôcon remonte iusques aux principes
Lanalife ou la resolution estdiuiséeen quatre espèces, la première est d'vn tout au respet de la quantité en cesparties intégrantes de laquelle les anatomistes fe feruent dans les difcections , la íégonde est d'vn
tout cosideré dans son genre ÔC dans ces espèces co'mme Tors qu'on diuife laiustice en conmutatiue ôc diftributiùe la troisième efpece est celle par laquelle on
réduit vne conclusion à ces principes ce qui est ordinairement pratiqué parles mathématiciens, ie donne
VD exéple de cette troisième efpece ôc ie prouue que
la dialectique est vtile, par ce qu'elle règle les actions
de l'entendement ôc qu'elle n'erre iamais ôc cela arriue parce que l 'experience Ie móstre , la quatrième efpece de resolution estla véritable ôc la meillieure qui
enseigne à commencer par la fin ôc remonter par le
milieu iusques aux principesôc Aristote employé cette méthode dans ses morales lors que au commencés
ù
*JQ
Methoâe
mentil parle delasin derniere ôc du souuerain bonheur ôc qu'aíuite il craite des moyens pour l'aquerir,
qu'il parîedes vertus,des passions de l'vnion des cycoyens 6: de famine toutes leíquelles choies contribuent à rendre la vie heureule
Cette méthode est exellente pour l'inuentionde
méme que la íyntetique l'estpour aprendre les sciences,
DE LA METHODE DEFINITIVE
Cette méthode est vne disposition des parties de la,
discipline qui comprend les deuxprecedentes 5c on
s'en sert de cette manière ondefinitpremierementee
qui fait le fubiet d'vn discours par vn raport ôc vne
composition du genre auec fa differéce ,ôc âpres auoir
traité des propriétés de cette chose on la diuife en ses
parties intégrantes supposé qu'elle en aye on la diuise
encore en ces espèces que l'on définit,
Pour bien mètre en praclique cette méthode ie mo.trel'exemple du sillogifme ÔC pour en parler auec ordre il faut premièrement en donnerla définition de
cette manière, le sillogifme est vne oraison das laquelle on tire des coneequences des prémisses ou des anlecedens , âpres cette définition il faut faire état des
propriétés du sillogifme en monstrant que s 'il y à vne
proposition vní'ierselle Sc vne particulière, la conclusion fera particulière que parelliemét s'il y à vne proposition affirmatiue ôc vne qui foítnegatiue la conclusion féra negatiue, il faut encore faire mention des
propositions 5c des-termes qui font ces parties inegrá-
du sieur du Hamel
jt
tes 8c enfin il faut conclure par la diuision du sillogifme en ces espèces ôc traiter séparément du sillogifme
démonstratif du topique ôc sophistique
Cette méthode est la plus exellente de toutes ôc la
plus ayíee de toutes pour enseigner ôc aprendre les
sciences ôc méme dans vn discours familier ôc ordinaire, ilfautremarquerquelamaniere de définir ôc de
diuifer est tres nécessaire pour bien réussir dans cette
practique,
DE LA DEFINITION
La définition regarde le nom ou la chose celle du
nom est vne interprétation du nom du verbe ou de la
phrase qui est appelée pour l'ordinaire glosse ôc se faic
premièrement par vne langue étrangère , en segond
lieu par etimologie ou explicatió du nom , troisièmement par vne différence comme lors qu'on dit qu'vn
Roy est celuy qui n'est pas tiran,il y á auffi vne définition de nom qui se fait par vn contraire qgi disant c'est
vne vertu de fuir le vice , en cinquième lieu il y à vne
définition qui se fait par métaphore corne lors qu'on
dit que l'homme est vn peu de cendre , on définit parelliement par epitete ou circumlocution corne lors
qu'on donne à Cicéron la qualité de prince des orateurs
La définition de la chose qui est l 'explication de fa
nature est diuiféeen propre & impropre ou imparfaite, cette derniere est vnedefcrìptió que l'on faitparle
gère ou par les proprietés,par leseffets ou par lesfontios ôc offices corne lors qu'Ó dit qu'vn dauphin estv§
■
•
Méthode
poisson tres grand qui nage légèrement ôcauec vitesse
fie ces définitions font cres belles lìl'on n 'a pas la con.
jíioiilance de la nature d'vne chose,
La véritable définition est diuisée en essentielle ôc
en celle qui comprend la cause efficiente, l'essentielle
ou metaphisique est composée du genre & de la différence ôc par celle la l'homme est défini vn animal
raisonnable, oubien encore elle est physique composée de ces parties physiques qui font la matière ôcla
forme ôc par cettecy ond.it que l'homme est vnétre
naturel composé d'vn corps organisé , Ôc d'vne ame
raisonnable, on fe sert de la définition qui comprend
la cause efficiente lors que pariât d'vne maison on dit
qu'elle à esté bastie par vn architecte, la définition est
parelliement fuiuie de la cause finale ôc on l'employe
parlant d'vne maison ÔC de son vfage, la cause matérielle ôc la formelle entrent aussi dans la définition lors
qu'on dit qu'yne telle maison estd'vne figure quarrée
ôc qu'elle eft bastie de bois ôc de pierres
Les accidens à cause de la délicatesse de leur nature ôcde leur imperfection sont définis d'vne autre maniéré que les substances ôc leur fubiet tient lieu de
cause matérielle,
On fait tousiours entrer dans la defìnitio delaquatité le fubiet ÔC la cause efficiente de cette manière, la
quantité est vn accident du corps par l'extension de
la matière dans la quantité,
On fait état de la cause finale ÔC du fubiet dans la
définition de 1 habitude Sc parce moyen on définit la
logique vn art qui règle les trois opérations de l'ente^t
demenc
■
.
".} \
du sieur du Hante l
7 3.
démet dns celledela qualité p affilie cm, met le (ubietôc.
|a cause efficiente ôc cet ainsi qtí'on dit que la couleur
est vne qualité paffiue d'vn corps mixte forméeôc.produite parle temperamet d'vn corps.clair ôc lumineux
auec vn opaque
Les puissances naturelles font définies.par leur fubiet, par leur obiet, par leur cause efficiente & par leur
fin ôc de cette manière la contemplation est vnc.operation de Thómequi feformeparí'application dej'entendement aux choies qui donnent de.la perfection à
la science qu'il possédé , de méme façon la sensation
ou faction du sens est vne cónoissance de l'obiet feníìble par la receptiô des espèces dans le lieu ou le sens
fait son opération
Dans la définition des relatifs on fiait état ; du fondement qui fient lieu de cause efficiente , ôcdu terme
qui est la fin ou fesser du fondement prochain iemóstre Fexemple dans le mariage ou le mari.& la femme
font les corrélatifs, Tordre ôc l'v.nioq qui est entre eux
en est larelarion , Tinst.ittition qui en fut faite dans le
Paradis terrestre en est le fondement éloigné, le, consentement des deux parties en est le fondement prochain , la société qui est établie entre elles pour la generation.ôc po.urja mutuelle paiticipation de toutes
choses en est le terme pareeque ce consentement regarde ces deux choses
DE LA DIVISION.
ìlyàdeìa différence entre la diuision la partition
74-
.
UWethoâe *
Ôc hnalyfe, d'autant que ia partition eíT vne distribution du tout dans ces parties intégrantes Ôc la diuiíìó
du tout vniueríel en ces espèces , ou du tout essentiel
en ces parties essentielles , ôc que lanalyse est vne réduction de conclusion à ces principes ôc vn retour de
la fin à ces moyens
La diuision est propre ou impropre, cette-cy est dtuisée en grammaticale ôc philosophique. la première
se sait d'vn mot ambigu en ces significatios , pour en
donner vn exemple Te terme de parfait se prend de
différentes façons, premieremët pour vne chose parfaite & qui à toutes ses parties intégrantes comme est
vn corps composé de tousses membres en fegond lieu
il s'aplique à vne personne qui postede de belles qualités ôc qui à beaucoup d'anuatages dela nature
La diuision phylosophique est au lieu de la véritable diuision qui est celle du genre en ces espèces par
ces différences essentielles, ôc par ce que les dernieres
différences nous font inconnues nous en auonsqui
font substituées en leur place lesquelles se font ou
par ce qui est propre à chaque chose , comme parmy
les animaux il y en à qui ont vne efpece de parole
d'autresqui hennissent, il y en à qui nagent , d'autres
qui volent dans l 'air ôc plusieurs qui rempét fur la terre, ou elles se font par les obietsôcpar celles la on
void la différence des habitudes dont les vnessonc
speculatiues ôc les autres praétiques, ou bien encore
par les fubiets qui distinguent les . habitudes de l 'entendementôc celles de la volonté, pour conclusion
de cette matière toute diuision est véritable & legiti
:
in fieut duflAineî.
75
«ae j ou bien par accident , îa véritable est celle quj íe
fait d'vn tout vniuersel en ces parties, mais comme vn
tout peut estre de trois manières il y à auíïì trois sortes
de diuisions
La première du tout en ces parties intégrantes corne i 'ay deíïa dit , îa íegonde du tout vniueríel en ces
eípeces comme la phylosophie dans le sentiment de
Cicéron est diuisée en naturelle qui traite des secrets
de ía nature , ôc en raisonnable quimostre l'art de raisonner & en morale qui enseigne les hommes à bien
viure, la troisième diuision ôc du tout essentiel en ces
parties essentielles ôc de cette façon l'homoie est diuifé en corps ôc en ame,
La diuision qui se fait par accident est auíïì detrois
fortes , la première est celle de l'accidenten cesfubiets , par exemple tout ce qui à du mouuement est ou
ciel ou elementott corps mixte, la fegonde diuisióest
du fubiet en ces accidens ie donne l'exemple de Cicéron lors qu'il dit que Ia connoissance de la guerre,
Ja vertu, l'authoritè ôc le bon'heur font les véritables
ornements d'vn Empereur , la troisième diuision est
des accidens en d'autres accidens corne il y à des choses blanches qui font molles comme la nege d'autres
dures comme l'albastre,
DES METHODES PAR TICFLIERES.
La méthode spéciale ôc particulière regardevn fubiet simple comme lors qu'on traite de l'homme , de la
vertu, de la guenxôc autres choses semblables, ou elle
K2
7^
.,
.
,
v
Méthode
considère vn fubiet composé comme par exemple sí
l'on met en question s'il faut que les Roys foinc phylofophes
Lc fubiet simple est diuisé en substantiel Ôc accidétaire, le premier est fubdiuifé en vniuersel lors qu'on
traite de l'hóme en gênerai, 6c en singulier si on préd
pour themeles vertusde Henry le Grand, l'accidentaire est diuiíé de méme manière en vniuersel comme
si la justice' ou quelqu'aucre vertu fait le fubiet d'vn
discours 6c en singulier, si la vertu d'Aristide en fait Ia
matière , Ia méthode particulière qui traite de toutes
ces choies est enfin diuifée en quatre parties, en vsitée
anatomique ou predicamentelle, en géométrique, 6c
*eri arbitraire.
DE LA METHODE FSITE'E
I.a méthode vsitée est celle dont on fe fertpour l'ordinaire 6c fuiuant ces règles bn commence par la définition de Ia chose qui fait le fubiet d'vn discours, on
en fait âpres la diuision , on parle à fuite de ces causes
6c de la on passe aux effets Òí âpres auoir fait état des
effets on s'estend fur les choses qui orít quelque con' formité 6c alliance auec le fubiet ôc âpres fur celles
quiluy fontopposeés
Cicéron à practiqué cette méthode dans les liures
des officesjou il définit premieremet l'office âpres auoir oté lcequiuoque ôc le diuise en fuite en parfait ôc
moyen ôc fait voir que le premier estioint auec la fin
du bien, ÔC que le segond qui n 'est qu 'vn office com- mencé , n'est ni bon ni mauuais, lequel fe raporte ne-
du Jìéur du fíamel
7 7
áutmoins à quelque fin de la vie commune en segond
lieu ce grand oraceur diuise l 'office en quatre lourées
qui font Ia iustice,la prudéce,la force ôc la tempei ence troisièmement il traite decescaulcs de ces effets, ôc
conclud par les choses qui onc de la conuenéce ôc de
l'opposition à chaque office,
11 y à plusieurs orateurs qui fonstienent que l'on
peut traiter d'vn fubiet auec plus de facilité ôc d'agreément auec la méthode qui luit auec laquelle âpres auoirdemaDdé vne fauorable audiance il faut examiner le nom de la chose qui fait le íubiet du discours en
chercher l'etimologie si on peut la rirer des choses qui
ont quelque aliance auec elle rechercher parelliemec
quel nom cette méme chose à dans les langues étrangères mais fur tout dans les célèbres, comme le Grec
i'hebreu ôc le syriaque, en segond lieu il faut la définir
par son genre ôc ía différence examiner neanimoins
plultot Ie genre par des degrés de conuenence en faisant vn raport de cette chose auec d'autres ôc en fuite
il faut chercher les distinctions par la différence fuiuant Tordre des predicamens, ôc en continuant le discours on doit faire état de toutes ces causes , des efficientes, des instrnmentelles, des morales, des matérielles, des formelles, des finales ôc des accidetaircs ÔC
des causes passer aux effets ÔC aux propriétés auec toutes les circonstances £c pour n'oublier rien de ce qui
est absolument nécessaire il faut diuiser la matière du
fubiet en toutes ces parties intégrâtes , en ces espèces
ôc en ces parties essentielles , ôc pour conclure il faut
raporter.les choses qui ont quelque conuenence on
78
iJMcthoâe
quelque oposition auec elle ôc sur tout prandre garde
que toutes les parties du discours soiem bien liées eníemble ôc que l'on passe de l'vne à l'autre imperceptiblement, ie monstre l'cxemplede l'homme,
11 faut premièrement proposer le dessein que l'on à
de traiter de ce grand ôc admirable ouurage de Dieu,
qui est l'abregé de tout le monde , âpres cette propoíitió il faut rechercher l'e'timologie de son nom dans
les langues les plus célèbres ôc on trouueraque le nô
de l 'homme tiré du latin signifie terre ce qui luy doit
faire considérer la baceíle de son origine au reípet du
corps , en grarc on remarquera que son nom signifie
tendant en hault pour luyaprendrc qu'j! doit éleuer
son esprit vers le Ciel âpres la recherche de l'etimologie , il faut parler de la définition de l'homme ôc des
conuenances qu'il à auec d'autres choses faire voirie
raport analogique qu'il à auec Dieu en qualité de substance intelligente celuy qu'il à auec les elemésauec
les minéraux, ôc auec les plantes par la vie végétante
ôc auec les animaux pour la végétante ôc lafensitiue
ôc dans ce de nier raport on trotiuera fongenre qui
eíì d'estre ani na! , en continuant le discours on tronaera ce qui fait différer l'hóme de Dieu ÔC des Anges
ermarquant que l'homme'est dépendant ôc qu 'il est
vne fubstáce corporelle ôc on verra auíïï queestant vJÌC substance mixte,,
.
*
Il est distinct: des cieux ôedes eîemensôcqu'en quailté de viuat il est dissemblable aux minéraux , ôc aux
meteores,& que sina 'lemet il est distingué des plantes
par la vie seníitiue ôc essentiellement desanimaux par
du sieur du Hamel
y9
ía raisonnable^, âpres auoir faic voir toutes ces ccnuenecesôc ces opoíitions ondoit faire vn denombremet detouces ces cauíès Scconclurepar ces accidés
ce s effets St ces propriétés.
DE LA METHODE LJNATOM/£TE QV
Predicamentelle.
Par cette méthode on fuit dans vn discours Tordre
des predicamens, on parle premièrement de lafubftácc de la chose qui en fait le fubiet on traite en fuite de
faquanticé, de celle la on paíîe à la relation ou raport
de la relation à la qualité ôc âpres on faic °état de son
action de fa passion de son lieu de son temps de fa situation ôc gencrallement de toutes les qualités qu'elle
possède,
Cette méthode est appelée anatomique par ceque
les anatomistes la practiquent quand ils traitent des
parties du corps humain , par exemple si quelqu'vn à
dessein de faire vn discours furie cœur, ilfautqu'il
parle plustot de fafubstace ôc face voir qu'elle est charneufe ôc produite par le sang, il faut qu'en fuite il face
état de fa quatité ôc de fa figure , ôc encore âpres qu'il
face cônoistre fa qualité par son tempérament chaud
ôcfec,il faut âpres tout cela qu'il examine le raport
que le cœur à auec les autres parties du corps humain
comme auec Iefoye par les veines, auec la rate parles
artères ÔC. auec le cerueau parles nerfs , de ce raport
qu 'il passe à son actionôc à son mouuemenr,par lequel
il forme Teíprit vital ôc qu'enfin il finisse son discours
parles palpitatiôs ôc parles autres maladies que leco€nr souffre ôc par fa fituatió ôc par cec ordre il pourra
8o
Méthode
aporter beaucoup de lieux commus & étandre biea
auanc ion discours,
Si quelqu'vn à dessein de prendre l'Eglisc pour le
fubiet de ion discours,;! fa ira voir premieremet qu'elle eíl l'assemblée de tous les rideiles,il parlera en fuite
de son étandue, de ía fa i acte te , du raport qu'elle âauec Dieu, de fa naissance Ôc de fa duree,
Pour composer auec plus de facilité parles règles
de cette méthode, il faut remarquer que Dieu, les anges, les cieux, les elemens, les météores, les minéraux
Jés plantes } les animaux ô: les hommes íontraportés
au predicamentde la fubstáçe que toute forte de quatité s comme longueur largeur Sc hauteur ou profondeur qui font des qualités permanences , que toutes
celles qui font fucceffiuesqui regardent le mouuemét
ôc la durée, que toutes les discrettes qui ont du raport
ála multitude&au nombre font comprises dansla catégorie de. la quantité, que toutes les dispositions, les
habitudes, les fçiences, les vertus, les vices, les artscíc
les facultés , tous les obiets des sens , les figures 5c les
formes font renfermeés dans la qualité, toutes les deliberatios tous les conseils, les actions nacurelles morales bonnes ôc mauuaises font de la dépendance de
Pactió ôc de la passion, que tous les lieux font compris
das la catégorie, du lieu , toutes les situations les droites les obliques ôc toutes les autres dans celle de la situation toutes les dureés dans celle du temps ÔC que
enfin tous les ornemens font renfermés dans la catégorie du posséder,
La méthode géométrique regarde les mathématiciens
du
se ur du Hante l.
$f
ciens ÔCne fait rien ànoítre fubiet,
r
Pour la me th. c de- arbitraire chacun fuit Tordre qu il
c'est propolé., m état quelque fois en víage toutes les
méthodes 6c faisant meláge de la syntetique, de la deïìnitiueôcde lanaliiique faisant auíïì âpres l'entrée du
discours vne distributióde son íubiet en deux ou trois
parties, comme font pour l'ordinaire les prédicateurs
qui âpres auoir fait vne semblable diuision, traitent
chascune des parties ou auec les règles de la syntetique ou auec celles de la deffinitiue ou de lanalitique
comme bon leur semble.
DES PRECEPTES DONT ON SE PEVT SERVIR
sur le champ pour persuader.
Tout ce que les sages louent 6c estiment est bon 5c
louable,
En segond lieu tout ce que tous les hommes generalîemenc approuuent,
Comme aussi tout ce qui est estimé par les amis &
par les ennemis,
- 'Comme parelliement les choses "on il ni peut auoir
d'exes corne la vertu, la santé 6c la doctrine font bonnes 6c louables
LES PRECEPTES
POVR
PERSVADER £VE
quelque chose csi mellieure quvne autre.
On ne trouue rien de si ordinaire parmi les homes
que d'examiner, lcqu.el.de deux biens est lc plus exeU
8z
Methoâe
lent & pour le cognistre on íe sert des préceptes qui
íuiuent
Les choses abstraites font mellieures que les concrètes &c corporelles, comme la iuíìice est mellieurc
que le iuste
Ge qui se peut communiquer à vn amy est plus côsiderable que ce qui ne peutestre communiqué, corne
la sçience est mellieure que la santé,
La cause première & principale efficiente est plus
exellente que la segonde &. moins principale , ce qui
ce void dans le feu qui est plus considérable que la
chaleur.
DE LA METHODE PJR J2JESTI0NS
On peut traiter de chaque chose par questions , on
peut demander íì vne chose est reellement ou si elle
est possible , on peut demander la nature d'vne chose
te pour lors on en donne la définition par ces parties
substantielles 6c on fait état en detail de toutes ces
propriétés & de ces accidés , on parle en suite de toutes ces causes Sí enfin on propose de quelle panière
elle est diuifée &. lors on fait la distributió de cesparties intégrâtes, s'il s'agit d'vnto'ut vniuerfel on lediuU
se en ceíespeces, si c'est vn tout physique en ces par*
ties physiques , & enfin si cest vn accident on le diuise
çn tous ces subiets.
DV THEME SINGVLIER
Dans le genre de louer ou blajmer.
Dans ce genre on parle du pay s dupere U de la mq-
du fìeur du Bamel
#j
re& des ayeuls , de l'education des mœurs , de la difpoíìcion que cette personne qui fait le íubiet d 'vn discours à pour quelque íçience', des actions de fa vie de
fou aage 6c de fa more,
On commence à louer fa patrie qui est lieu de la
naissance par exemple si c'est Paris cette personne en
tire beaucoup d'aduétagepar ce que eest l'endroit de
•tout le Royaume &C mémede tout le monde, ou l'education est la mellieure 6c ou les sciences ont plus
d'éclat, du lieu de la naissance on passe á la noblesse
des ayeuls OD parle en fuitede l'education àcaufe que
les vertus acquiíes aydent la nature , & de méme que
dans ['agriculture il faut vn champ fertile , vn laboureur expert 6c de bônes semences pour auoir vne bone moisson, il faut auffi pour bien réussir dansl'educatio.n d'vn ieune homme , qu'il soit doué d'vne nature
exellente qui en est corne le champ , qu'il aye vn pre«epteur habille qui le cultiue auec foing 6c de bonnes
instructions qui en fontles semences,
On peut tirer des mœurs beaucoupde louanges ou
de blaíme corné parelliement desactions que les homes â qui on veut donner de la gloire ou du blafme
on fait dans la guerre ou pendant la paix , leur aage 6c
leur mort fairont auffi vne partie du discours,
Ce fubiet ou vn semblable peut estre traité d'vne
autre manière, on peut còmencer à parler de la vertu
& du mérite des ayeuls , ensuite de l'education de la
personne qui fait le fubiet , de la passera ces actions &
à ces emplois 5c de la encore aux aduentages qu'il reçoit de fa patrie , parler aussi de ces bonnes qualités
84
Méthode
des biens qu'il possédé 6c des les charges de fa vertu 5î
de fa fçience 6c conclure par vn raport que l'on peut
Fíúre de cette personne auec d'au tresquilom illustres,
DE LA DE RN TE RE UlíETHODE
d'vn fubiet.
Par exemple, on propose premièrement s'il faut aprendre les lçiéces,en legond lieu on traite de la nature de la fçience, on fait état en fuite des diuerfes o~
pinions , de ceux qui ont estimé qu'il n'y auoit point
de fçience 6c de ceux qui ont enseigné qu'il y en auoit
6c il faut alléguer des raisons pour apuyer le senti m et
des vns 6c des autres 6c pour conclusion il faut établir
vne opinion 6c réfuter celle des autres,
le donne vn exemple par cette proposition on ne
doit point aprandreles sciences
Cette proposition est prouuée par ce qui est agréable vtile 6c honeste en faisant voir au commenceméc
que l'acquisition de la fçience trouble le plaisir des
hommes, parle trauail, par l'aíîìduité, par les longues
veilles qui fatiguent l'eíprit 6c le corps , on peut auíïï
faire voir que s'il y à peu de plaisir 6c de satisfaction à
étudier il y à auffi peu d'vtile, puis qu'il faut pour être
sçauant consumer beaucoup de bien 6c qu'il fe trouue encore des homes fçauasqui ne font du tout point
ctablis ni parla réputation ni par les employs , d'aillieurs on peut monstrer que les fçiéces ne font point
abfoluement nécessaires pour le gouuernement des
Etats en faisant voir par iìnstoire qu'il y à eu des fou-
t
i
S£
«crains qui ont chassé de leurs royaumes tous les fçanans 6c que l'on à veu beaucoup de perlonnes qui n'auoint point de letres employés dans les affaires les
plus importantes
On peut souvenir l'opinion cotraire par les règles
St la méme méthode 6c prouuer combien il est agréable, vtilc 6c honeste d'estre sçauant
du sieur du Hamel
TRAITÉ DE LA TOPIgTE
Plusieurs traitant de la Logique 6c de la Dialecti que les cofondent ensemble 6c lës prenét l'vne pour
l'autre, toutesfoissi on remarque la signification du
nom de la logique on trouuera qu'il signifie vne íciéce parlante, laquelle comprend fou b foy la rhétorique , la grammaire 6c la dialectique , qui toutes trois
íont occupées à composer vn discours, auec cette différence neantmoins, que la gramaire ne regarde qu'à
rendre le discours congru la rhétorique ne s'atache
pas feulemét àla politesse desparolés&àleurîiaiíon,
mais encore à trouuer des raisons belles & efficaces
pour persuader , 6c que la dialectique enseigne la méthode de raisonner fur toutes choses,
Les antiens maistres de la Phylofophie ont diuifé
la logique, en celle qui iuge 6c en celle qui inuente 6c
qui monstre à disputer, la première est comprise dans
les liures analitiques d'Aristote , dans lesquels on aprend l'analifye 6c la refolutió d'vn syllogisme en ces
propositions 6c ces termes celle qui inuéte 6c qui enseigne à disputer donne la manière de raisonner de
L.3
$6
Méthode
çhafque chose par des argumens probables prins
de diuers lieux communs , &c cest art.est si nécessaire
qu 'il est impossible , qu'vne personne puisse aprendre
quelque science auec approbation si elle n'a quelque
connoissance de la méthode que cest art enseigne,
Daillieurs il faut fçauoir quelelieudansle sentiméc
de Cicéron est le siège &. la marque de l'argumene, nó
pas qu'il fournisse la matière pouríaire vn discours,
par ce qu'on la trouuedans la co'nnoiíìance des sciences &.,des arts, mais cest qu'il monstre le chemin qu'il
faut suiure&la manière de prouuer, il faut auíîf remarquer que le terme d'argument dans cet endroit
ne signifie pas vn syllogisme ou vn entiméme , mais
plustot quelque moyen probable pour faire foyôc iufeifier d'vne vérité,
Les lieux font diuifés en internes Sc externes qui
sontapelés par Cicéron atribués , comme font tous
ceux qui font prins de l'hautorité diuine & humaine
c 'est a dire des Pères, des Conciles , des Edits des
princes, des refponces des sages desloix & des autres
endroits semblables,
- Les lieux internes se prenent de Ja chose mème á
laquelle ils fontinerens, &c comme dit Cicéron on les
tire du fonds & des entrailles de la chose méme ou
bien ils font vnisà cette méme choie ou séparés,
Ceux qui font inerens à la chose se prenent de l 'etimologie du nom, de sa définition Òí de sa description,
les vnis fc prenent premièrement des choses qui ont
de l'aliance au fubiet, en fegond lieu du tout, en fuite
áes parties, des causes, des.effets, des entecedens des
du sieur Au Bamel.
8y
concequehs des concomitans 6c enfin des choses qui
precedent6cde celles qui su iu et, lt s h eux sépares íone
ié'mblables ou diíîemblabìables, ks premiers íe tireme
des choses qui font plus gradés, ou moindres ou eígaies 6c les dissemblables de celles qui font opoieés.
DES LIEVX £Vl SE PRENENT DE LA DEFInition , de l'etimolgie & de la description.
On peut'prouuer par le moyen de la définition vne
chose affirmatiuement ou negatiuemét par les maxi-;
mes qui suiuent,
En premier lieu tout ce qui à de la conuenence auecja définition conuient auec la choie définie, en.
segondlieu tout ce qui est éloigné de la definitió ì'est
auífi de la chose définie,
II y à les mèmes maximes au refpet de la deferiptio
íi elle est faite parles véritables règles,
On tire parelliement diuers lieux de l'etimologie,
il y à pourtat des mots primitifs desquels si on recherche l'etimologie 6c la significatió on donera del'obfcurité au fubiet , car souuent les noms n'ont pas esté
imposés fuiuant la nature de la chose, mais feulement
au gré ceux qui les ont donnés.
DES LIEVX VNIS <%VI SE PRENENT
j des niiez,
Les aliés font ceux qui font vnis par le siechissemer
de la voix & parla conformité delasignificati6 3 6cqui
gS
^Méthode
íontapeíés par Aristote paronimes, c6rùt ,sagesngejset
de ceux la ii y en à qui ont ieulement vne méme conformité de nom, mais non pas de signification, il y en
à qui conuienent dans la signification , mais non pas
dans le nom, il s'en trouue enfin qui ont de la conuejnence dansle nom 8c dans la lignification.
DES L TEVX J$m SE PRENENT
du tout ou des parties.
11 y à des lieux qu fe tirent du toutou des parties,
par exemple si on fait voir que l'hóme est vn tout organisé on prouue par conséquent qu'il à vn cœur , vn
Cerneau, vn soye & le reste,
Vn tout est vne chose dont les parties font vnies
ensemble par leur ordre & par leur situation,
Les parties de ce tout font'diuiseés.[en formelles &
matérielles, les formelles ne font point diuifeés de
íeur tout réellement mais feulemét par la pensée corne ces termes animal raifounable font la méme chose
auec ce terme homme,
Les parties matérielles font diuifeés enhomogepeés ou semblables, £c en heterogeneés ou d iíîe m. b la«>
bles,
On fait vne autre diuision des parties en'principales
& moins prícipales, le cœur le cerueau&lé foye fonc
du nombre des premières , le ventricule , (a rate , les
intestins du nombre des fegondes , il y à auffi des parties qui ne feruentqu'a donner quelque commodité
& ornement au corpscome les cheueux 5c les ongles.
des lieux
du sieur du ììnmel
H <)
DES LIEVX
SE P RENE Nt
des causes & des effets.
Ce traité est tres vtile & fort en vfage mais il est important de fcauoir la distinction de toutes les caules,
Lacaufe est le principe qui influe l'etre dâs ion effet
il y à des causes par elles méme, il y en à par accident,
lespremieres produifentleur effet deleur propre vertu 6c I'effet de ces dernieres est formé fans aucune
preuiíîon, comme lors que le vignero attaché à planter fa vigne trouue vn thteíor , il faut remarquer auíìì
qu'vne cause est par foy méme, ou bien elle est cause
fans laquelle I'effet ne íeroit pas produit, & cette derniere est comme vne condition nécessaire à celle qui
est cause par foy méme , comme l'aproche d'vne matière combustible lest au feu,
En troisième lieu, la cause par foy méme est diuifée
cn deux internes qui font la matière 6c la forme , ôc
deux externes qui íontrefficiente& lafinale,
La matière est duiíée cn prochaine 6c éloignée corne les alimens font la matière éloignée de la nutritió
&. le sang la prochaine,
La matière sert à la génération 6c fournit de femace
pour la production des animaux 6c des plantes ou de
limon pour celle des infectes elle entre aussi dans leur
composition demeurant tousiours dans le composé
comme les quatre elemens,
La matière est fouuent prise pour vn obiet 6c pour
vn fubiet comme lors que les combats. ou l'arnonr
de quelque persône de qualité fait le fubiet d 'vn discours , comme aussi lors que les douleurs 6c lesperxis
M
.5>„:o
CMethoâz ■ •
iont la matière de la force de l'esprithumain,
La forme est diuifée en naturelle &; artificielle la
première est tousiours produite parla génération a la
referuedel'ame raisonnable qui part immédiatement
deDieu, lafegodeest la figureexterieure d'vne chose,
Il y à vne cause exemplaire ou idéale comme Dieu
comprend en foy méme l'image de tous les étresSc vn
.ouurier celle d'vne chose qu'il veut faire,
La fin est vne chose en considération de laquelle
vne autre est faite, il y à vne fin prochaine comme la
guerre q uele soldat regarde, & vne fin éloignée comme la victoire qu'il espère,
11 y à encore vne fìn en considération de laquelle il
y à vne autre fin, la première estcelle la par le moyen
de laquelleon entreprend vne chose comme il se voîd
du remède qui est destiné pour donerla santé, la derniere est celle la pour I'vtilité de qui quelque chose
est faite , comme le malade est la fin du remède,- •
La fin regarde la génération ou la chose engendrée
la.premiere est l-'intention que l'agent à d'introduire
Ja forme, &la derniere est l'action de ce méme agent,
11 y à diuerses causes efficiétes, il y eri à d'vniuoques
qui produisent des effets qui leur font semblables corne, l'homme qui engendre vn autre homme , il y en
à pareillement dequiuoques dont les effets font dissemblables dans leur nature ou dans Tefpece comme
le soleil qui engendre beaucoup d'animaux, ou vn architecte qui bastit vne maison,
On diuife encore les causes en vniuerselles& particulières. Dieu est la cause vniuerfelle-& infinie de
du f/ eu r du Hamel
pi
toutes choses, le Ciel en est la cause vniuerselle sinie,
le Médecin qui recherche la cause d'vne maladie das
les humeurs ôc l 'Astrologue qui l 'examine par la conipnctionôc par l 'oposition des astres font des causes
particulières, le pere &. la mere font la cause prochaine de leurs enfans, l 'ayeul bisayeul & autres afcendas
en font la cauíe éloignée pour ceteffetce qui produit
la cause de quelque chose est la cause de cette méme
chose ce qui se doit entendre dans les causes naturelles & non.pas dans les libres, car Dieuest bien le principe des hommes &í des anges & pourtant il n'est pas
la cause de leur péché,
11 y à des causes principallcs qui agissent de leur
propre vertu, il y en à d'instrumentelles qui n'operêt
que par la vertu des premières,
Lesinstrumelles font diuifeés en artificielles & naturelles, l'outil dont fe sert l'ouurier est du nombre de
ces premières , òc la chaleur qui agit par dépendance
du feu est vne cauíe instrumentelle naturelle,
II y à des causes rorales qui opèrent par leur propre
vertu & font suffisantes d'elles méme pour produire
leurs effets , comme Dieu qui à creé tous les êtres de
foy mème , il y en à auffi de partiales qui ne peuuent
rien faire fans étreaydés,
U y à des causes naturelles & physiques qui agissent
physiquement ÔC font déterminées à vn effet,ily en à
de libres qui ne font point determineés de la manière
& qui conferuét vne entière liberté dans toutes leurs
actions*
JLes caufes morales Sí impulsiuesn'agifsét point par
Mi
5> z
Méthode
vn mouuement reél 5c physique , mais nous obligent
agreablemét à faire quelque chose, comme faicla loy
qui est la véritable règle de l'honneur 8c de la vertu.
LEÏ MAXIMES £VI SE PRENENT
des causes efficientes ou des autres
Vne cause en puissance étant posée I'effet en puissance suit infalliblement, comme auffi cette puissance
étant reduite en actereffer. suit pareillement en acte,
L 'effetest souuét semblable à sa cause, ce qui pourtant n'est pas tousiours véritable non pas méme dans
les causes vniuoques car soutient des Pères qui font
personnes de vertu 6c qui possèdent vne santé parfaite engendrent des enfans qui font d'vn tempérament
tres mauuais 8c dont les inclinations font portées au
mal,
Dans Tordre des causes fubordoneés 6c dépendantes on ne monte iamais à l'insini par ce qu'il n'a ni cómencemét ni milieu ni fui 8c par cette raison on prouue qu'il y à vn Dieu,
II est impossible qu'vne cause soit de pire condition
que son effet,
Vne cause naturelle agit tousiours de méme manière , ou bien vne cause physique est tousiours déterminée à vn fubiet à moins que les obiets soient multipliés comme on void du soleil qui endurcit la boue &t
dissoul Jacire à cause de la diuersité de la matière aqueuse de la boue 8c de la matière aeriene de la cire S
C'est vn autre maxime qu'vne cause naturelle étant
du sieur du fíamet
53
isn état d'agir 5c la matière étant disposée reíFetlttic
nécessairement, si Dieu par son pouuoir louuerain ne
luspend pas la vertu de cette cause , comme aussi c'est
vne maxime, que lors qu'vne chose à vne qualité par
lc moyen d'vne autre cette-cy possède cette qualité
auec plus d'aduantage par exemple cete pierre ou ce
fer est chaud a cause du feu, par concequent lc feu est
i
plus chaud.
LES ^MAXIMES TIRÉES
de la matière.
Ce qui estconuenable à la matière l'estauflì à ce qui
est compoíé de matière , comme si la terre est pesante
les choies terrestres ont auísi de la pelantcur,
C'est aussi vne maxime que ou il n'y à pas de matière il n'y à pas de composé.
LES CMAXIMES SVR LA FORME.
Vne forme ètant posée la chose informée fuit nécessairement corne aussi on peut conclure par la destruction de la forme de celle de la choie informée.
LES yMAXIMES DE LA FITÌ^
Toutes choses font ordonneés pour vne sin
La nature ne fait rien en vain
Les moyensfuiuent necessairementla fin
11 arriue fouuent que par les moyens établis oà
24
Méthode
.
n'arriue pas tousiours à la fin proposée par exemple le
fils de Ciceronàeu plusieurs bons liures 6c pourtant
n'a pas été sçauant.
DES LIEVX gVI SE PRENENT DES EFFETS.
On tire souuét des raisons 8c des argumens des effets pour vérifier vne cauíe, comme par l'efFet on iuftifie la cause efficiente , 8c on argumente de la forte,
Dieu à creé tous les etrespar concequét il à vne vertu Sc vne puiflance infinie , de l'efFet aussi on monte à
la cause finale en raisonnant de la forte, le Roy fait vn
grand armement par concequent il à dessein défaire
la guerre par I'effet parelliemét on raisonne de la cause matérielle de cette manière la condition de nostre
chair est tres baffe par concequent elle est composée
d'vne matière tres vile
Par les effets on connoit la cause formelle comme
par le fentimét des animaux on íuge qu'ils ont lame
íensitiue
DES LIEVX TIRES DES i^NTECEDENS
& des concequens.
11 y à de la différence entre les causes Sc les entecedens, entre les effets 8c les cócequens car toute cause
ctant première que son effet d'vne priorité de nature
est vn véritable entecedêt , mais pourtant tout entecedent nest pas vne cause, d'autât quequelquefois les
•ántecedens, ou les chofes.qui précéden t, ne font que
du fout du Hamel.
$$
des preparatios 5c méme quelque sois ces entecedens
ne lonc que des signes corne 1 aurore qui paroit auanc
le iour , ou íouuent ne font que des íubiets comme il
se void de la maladie qui arriue plustotque lagucrisó,
au regard de 1 effet il est bien fubíequétàíacaulemais
toutefois tout ce qui est subséquent nest pas effet cómêle iour présent est bien subséquent á celuy de hier
Sc il nest pourtant son effet
Ce terme d'entecedent est pris en deux facons premierement pour vne chose de qui vn'autre fuit par
exemple la iustice est vne vertu, dans cette propositio
la iustice est l 'entecedent duquel la vertu itnt & cest
vn autre antécédent par priorité d'atriburion , il à vn
autre antecedët par priorité de temps comme laplaye
faite au cœur precede la mort.
DES LIEVX DES CIRCONSTANCES, gFI PREcèdent, qui déconsignent & quisuiuët vne chose
On tire des preuues des argumés de toutes ces circonstaces par exemple si quelqu'vn est accusé d'auoir
commis vn meurte , on examine premièrement les
choses, qui ont precedé faction comme s'il ce rencotre que celuy qui à été tué aye fait quelque déplaisir
vn peu auant à l 'accusé 8c que c'etuyci aye vsé de menasses contre luy , comme aussi on tire de grades conjectures des choses qui accompagnent faction comme si le iour que le crime à été cómis on à veu entrer
l'accusé dans la maison du mort 5c que l 'on aye enter^
<> S
CWethode
du vn grand bruit 8c vne voix plaignante , on pre^jd
parelliementde tres puissans argumens desfuitesqui
arriuçnt, comme fi l'accusé fuit, s'il pallie étant pris, íî
le cadraue dudefunér. verse du íang à la présence du
meurtrier.
DES MAXIMES ETABLIES
par ces lieux.
Les choses sont tousiours de la méme qualité que
îeurs circonstances dont les principales font le lieu 8c
letempsfur lesquels on établit de telles maximes premièrement de lexistence d'vn corps on tire par corícequéce qu'il y à vn temps corne auísi on raisonne de
la sorte par tout ou il y à vn corps il y à vn lieu.
DES] LIEVX MF1 S E PRENENT DES CHOSES PAR
le raport des semblables des plus grandes des
moindres & des égales.
Toutes les côparaifons 8c tous les raports font faits
dans la quantité ou dans la qualité, par la quantité les
choses, font ou égales, ou grandes ou moindres , par
laqtialítè elles font semblables ou difsëblables, la ressemblance est vne qualité qui est la méme dansles
choses différâtes, qui est diuifée en générique 8c specifique, par la première l'homme Sc la brute ont de la
conuenance dans le genre d'animal, par l'efpecifique
Sc vniuoque tous les homes ont de la ressemblance
dans l'efpece de la nature humaine , bien qu'ils diffesrent indiuiduellement,8c si dans la ressemblance 8c
conformité
âu sieur du Jìawel.
r> y
conformité il n'y auoit pas quelque difTerace les choses ne se reflembleroint p*s &, íeroint Jes mcmes par
idencité
Les comparaisons font plustot des lumières & des
01 nemens d'vn discours que des raisons fortes & conuaincantes 5c l'orateur doitpremieremétprouuervne
proposition par des argumens pris des lieux internes
& du fonds de son subiet &apres embelirfon discours
par quelque eôparaison,
P oui* enseigner il faut qu'vne coparaison soit claire
& qu'elle aye beaucoup de conuenace à la chose qui
fait le subiet d'vn discours , si on se sert des comparaisons en biamant quelque personne il faut garder vne
modération & vne retenue tres grande , si on entreprend de louer cette méme personne ou vn'autreles
comparaisons doiuenteílre belles ôc magnifiques,
II faut remarquerque toute comparaison est diuisée
fn simple & côposée , la première est entre deux termes, comme lors que Ion compare vn esprit qui á de
Ja viuacité au feu, la derniere est bien entre deux termes mais pourtant elle nest pas apelée proportion,
mais proportionabilité, comme par exemple, de méme qu'vn ministre d'état agit dans le gouuernemenc
ides affaires publiques de mémeauísi vn pilote se conduitdans vne tempeste
IES MAXIMES ETABLIES SVR LES SEMBLABLES,
Les choses qui ont de la conuenence auec vn semblable en on.tau.iii auec vn autre qui à de laressem,";
N
í) 8
Méthode
bla ■'.ce auec elles, mais arHn qu 'on puisse tirer vn gvíd
nombre de conclusions par le raport des choses íemblables,il faut connoistre plustot les fonctions St les
emplois de ces memes choies St imiter en cela Aristote qui compare souuent la morale à la médecine St
comme cette cy est occupée à connoistre les choses
naturelles qui font la composition St lœconomie du
corps humain corne les elemens, la dinersité des temperamens, les humeurs, les esprits animaux les vitaux
& les naturels St generallement toutes les parties de
ce composé, qui examine aussi les choses qui íont cotre nature, comme les causes des maladies , les maládies mémeStleurs symptômes qui dóne parelliement
vne connossance des choses qui ne font point naturelles St qui font indifférentes , comme laliment , la
boisson, le sommeil, les veilles , l'exercice St le reste,
la morale aussi par vn raport â la médecine traite premièrement des vertus qui font conformes à la nature
& ensuite elle fait connoistre les vicesieurs causes St
leurs effets qui font les maladies de l 'ame , en troisième lieu elle fait état des passions qui font indifférentes d'elles méme St qui ne font videuses que das l'exes St dans le dérèglement , St de toutes ces comparaisons on tire cette conséquence , qu'il faut appliquer l 'esprit à l 'étude de la morale puisqu 'elle enseigne à pratiquer la vertu St à modérer les passions.
DES LIEVX £FI SE PRENENT DE' L 'EXEMPLE
II y à deux sortes d'exemples la première de ceux
si eu r du Pîamel
r> p
qui font véritables & la derniere des feints & imaginés qui fonttres vtiles pour enseigner, & ceux cy sont
diuises en paraboles & fables,
La parabole est vn exemple inuenté & tire des ac-^
tions des hommes, la fable est vn exemple imaginé ôí
du
pris des brutes.
DES LIEVX TIRES DES CHOSES PLVS
grandes , des moindres & des égales.
, Les plus grandes choses aprochét plus de la vérité &
peuuét mieus estreprouueés,les moindres au cotraire
font moins vra) sëblablesles égales font celles qui soc
également probables d'ou on tire des raports du plus
grand au moindre, &. du moindre au plus grand comme par exemple si cequiparoist plus proche & plus
conforme à la vérité n'estpas véritable ce qui en est le
plus éloigné l 'est encore moins , comme si les richesses accompagneés d'vne condition éminante, ne font
pas vn bien solide , celles qui font possédées parvn
home d'vne naissance basseôc obscure peuuent moins
passer pour vn aduantage de la vie , de méme façon
on raisonne des moindres choses , par exemple , siée
qui est moins vray semblable est conforme à la vérité,
ce qui à plus de vraye femblance l'est encor plus éminemment.
DES LIEVX DES OPPOSE'S
, L'opposition est vn combat de deux termes simpîes
de telle manière quenil'vn ni l'autre, ni les deux en-
Ni
too
Méthode
íèmble ne peuuent auoir de conuenéce auec vn troi-
sie me»
Les choses font opposées en quatre manières en
premier lieu contradictoiremét comme il paroistpar
ces termes, Homme non Homme , en fegond lieu pnuatiuement 6c de cette façon les habitudes, les priuations
font opoleés,en troisième lieu relatiuemêt corne le
pere6c le fils, il y à vne quatrième efpece d'oppositio
de contrariété , comme celle qui est entre deux êtres
positifs qui font fort éloignés quoy qu'ils foint compris foubs vn méme genre , 6c fe chassent mutuellement d'vn méme íubiet , 6c cette contrariété ferencótre entre , deux qualités comme celle qui est entre
le chaud 6c le froid,
Les choses contraires font oppofeés ou mediatement ou immédiatement , il n'y à point de milieu entre les premières corne entrepair Scnon /wr,maisils'en
rencontte entre les dernieres, comme entre le noir 6c.
le blanc il y à le gris,
La contradiction est la plus grande 6c la plus simple
de toutes les oppositions côme celle qui est entre ces
termes être 6c non être,
D'aillieurs la contradiction est la règle cV la mesure
de toutes les oppositions 6c toutes choies qui en aprochent le plus font auísi plus oppofeés comme celles
qui le font priuatiuemét ont plus de raport à la cócradiction que celles qui font contraires 6c que celles qui
font relatiuement oppofeés,
íl faut auffi remarquer que toute contradiction ne
souffre point de milieujors le milieu est d i aisé en plu-;
du Jìettr du tíamel
joi
sieurs fortes dont la première est de ceux que l'on apele de fubiet cóme lors que pas vn des extrêmes n'a
pointde couenéce au fubiet,par exëple vne pierre est
vn milieu de fubiet entre vn aueugleôc vne chose qui
void, par ce que la pierre n'est pas aueugle , 6c elle ne
void pas auíh\
11 y à des milieux de participation, de conionction
qui vnissent deux milieux ensemble, il y à parellieméc
des milieux de perfection comme ceux qui fe rencôtrent entre le défaut & l'exés quand on dit que la vertu est au milieu ce qui doit être entendu à raison de
la matière ôc non pas de la vertu , comme la libéralité
n'est pas au milieu des vices, mais c'est qu'elle obferue vn milieu dans la distribution des biens,
11 y à des milieux au refpet du lieu côme lors qu'on
paffe d'vne extrémité à l'autre en paííant parle milieu
il y à enc òre vn milieu d'acquifitio qui regarde les
moyens nécessaires pour vne fin.
LESCMAXIMES E'TABLIES SVR LES OPPOSITIONS.
Deux contraires ne peuuent être à méme temps
dans vn méme fubiet, dans vn hault degré , comme
vn grand froid ne peut compatir auec vne exeffiue
chaleur ces deux qualités peuuent neatmoins ce rencontrer ensemble dans vn degré relaíché , comme
Inexpérience le monstre dans les mixtes,
C'est vne maxime aussi incontestable qu'vne méme
cause peut produire deux effets contraires suiuantla
diuerfe disposition de la matière , comme le soleil qui
Ni.
joz
' Méthode
diíïbult la cire & qui endurcie la bòúe , c'est vn autre
maxime, qu'vn contraire étant posé ion contraire est
destruit pourueu qu'il y aye entre eux vne opposition
immédiate car aucremét cet actiome neseroupas bien étably, & on ne conclud pas bien de la forte ,vne
chose
pas chaude par conséquent elle
froide , par ce
qu'elle peut être tiède , mais la coneequence tirée de
cette manière est tres bonne , ce n'est pas vn nombre
impair, par conséquent c'est vn nombre pair,
C'est vne autre maxime que deux biens d'efquels
l'vn estgrand l'autre petit , le contraire duplusgrand
bien est vn plus grand mal que celuy qui est opposé
au bien plus petit, par exemplela vertu &la santé font
deux biens , & la vertu est vn plus grand bien que Ja
santé , par conséquent Toppoíé de la vertu qui est 1c
vice est vn plus grand mal que la maladie qui est opposée à la santé»
ries
es
DES MOYENS POVR VARIER LES
locutions des autheurs.
Le Dialecticien s'oecupeauffi bien à. la politesse du
discours qu'au raifonnemét pour c'est effet il àétably
vne diuision des c,hofes & des termes, le dernier méhre de cette diuision regarde les mots & leur arrangement
'Le dialecticien fe sert d'vne méme diction en plusieurs manières par exéple il peut dire parlant du desir des Espagnols qu'ils désirent, ou bien .cela est désiré par les Espagnols, ou bien encore ce désir .occupe
du sieur du Hamel
"103
l'esprit des espagnols, il y à comme cela plusieurs manierespour donner quelque variété aux locutions.
DES LIEX COMMFNS.
U y à dans ses lieux communs beaucoup de choses
à remarquer qui doiuent estre choisies
Pour faire vn bon vsage des lieux communs il faut
auoir trois liures dont le premier traite des choies admirables ôc prodigieuíes , le íegond des antiquités &C
des constitutions , letrosiémedes meurs de tous les
peuplesSt des différentes manières de leurgotiuernenement & dans chaque liure faire choix de ce qui est
plus exellent & plus propre au fubiet que l 'on traite*
FIN.
Fautes furuenues à f Impression
Lises indifpeníablemét dans lapremiere page de YEj
pistre liminaire ligne 1 z
lises, de auant catégorie page 1 ligne iz
lises dénomination page 4 ligne 5.
lises le page 1 3 , ligne z.
" lises inférieure page 13, ligne i}.
liíesaeriene page 24', ligne 19.
lises parfaite s & imparfaites page 25 ligne 3.
lises celles'cy page 25, ligne 4.
lises parfaites page 25, ligne 7.
ne lises pas ne page 3 1 ligne 1 jj
lises par page 3 i ligne 23,
îisesla, page 3 4. ligne' tS
lises dans, page 40 ligne 1.
Isles le, page 41, ligne 20,
lises ventricule., page 47, ligne 10,
Iiíés&:, page 48, ligne a.
lifts les, page 48 ligne 13.
lises opoíée, page 5 5, ligne T..
lises anatomistes, page 58, ligne 4^,
Jiíes compression, page 63 , ligne j.
îiíes hebrieu, page 77,
X 6.
lises par, page 78, ligne 20.
»e lises pas je, page 29, ligne n.
lises secondement, page X^Ì ligne liì
BIBLIOTHEQUE )
DE LA VILLE j
. DE PÉRIGUEUX j