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Fait partie de Trélissac
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TRÉLISSAC.
A six kilomètres de Périgueux, sur la route de Paris, après avoir longé une vallée charmante de fraîcheur
et de riants aspects, apparaît tout-à-coup à droite, en
embuscade, entre les cîmes des peupliers et au milieu
d’un massif de verdure, comme un bouquet de pavil
lons, clochetons, tourelles mignonnes, le petit château
le plus coquet, le plus ravissant au coup d’œil.
On n’y voit ni fossés, ni pont-levis, ni herses de fer,
ni tour des oubliettes; rien qui rappelle la puissance
féodale; et cependant, l’édifice tel qu’il est, ne man
que pas de couleur. On dirait d’une fantaisie des vieux
siècles, sortie de terre, fraîche et bâtie d’hier. L’ima
gination, sans trop de frais, peut même évoquer les
temps où, sur les pelouses fleuries, les châtelaines pas
saient rêveuses et nonchalantes, laissant flotter aux
vents leurs voiles d’or, pendant qu’aux meurtrières
veillait l’arbalétrier.
Ce bouquet, ce bijou, celle fantaisie, c’est le château
de Trélissac.
Une maison de plaisance seigneuriale où le suzerain
venait se rafraîchir des fatigues de la guerre, égayer
les soucis du pouvoir, oublier les murs épais de ses
forteresses.
La nature a tout fait pour ce riant oasis, entouré de
prairies et de bosquets. La rivière de l’Isle , qui coule
à quelques pas, calme et paisible, au niveau de
ses bords, apparaît entre les saules en nappes d’ar
gent et, comme, en ce lieu, elle a le bon esprit de ne
point être navigable, ses ondes et sa fraîcheur appar
tiennent en réalité au châtelain, contournent ses bos
quets, en font une presqu’île verdoyante, coupée de
petits canaux, semée de ponts rustiques, pour le plai
sir des yeux, selon l’expression du grand prélat péri—
gourdin (1).
Que de chers et jeunes souvenirs éveille en nous
(1) Fénelon.
— 3
celte description à distance!... Et avant tout, l’hospi
talité gracieusement amicale du maître actuel de ce
modeste et délicieux domaine, au début d’une vie dont
les horizons allaient tant s’agrandir, à sa surprise plus
qu’à la nôtre; le petit noyau d’intimes, les longues
causeries sur l’herbe, le dîner au bord de la source, le
vin frais, les francs éclats de rire, entremêlés de re
frains gaulois !
Trélissac était une terre noble, relevant des comtes
de Périgord. Nous trouvons, en effet, un hommage
d’Hélie de Périgord (1) au comte régnant, son parent,
en l’an 1312, portant reconnaissance de suzeraineté
pour ses terres de la Cropte, de Ladouze, de SaintGérac et de Trélissac. En ce temps-là, les petits-fils
cadets du grand Wlgrin, comte d’Angoulême, étaient
apanagés comme.des fils aînés de roi.
Cependant, la ville de Périgueux, devenant ville ri-
(1) Dominus Relias de Petragorii recognovit se tenere a
dicto domino Comite quidquid habet et tenet in Parochiis de
la Cropta, de la Douza, de Sengérat, de Tralhissac et ratione
rerum prœdictarum fecit hommagium francum, die Dominico,
post festum Ascensionis Dominianno ejusdemMillesimo tricessimo duodecimo.
(Registre des hommages et aveux du comté de Périgord du
xIve siècle coté H 1776. Section administrative, archives de
l’Empire.)
che, ville libre, battant monnaie et surtout tendant
toujours à s’affranchir du voisinage des puissances
féodales, s’emparait évidemment peu à peu des fiefs
qui l’entouraient. L’histoire de Périgueux, faute d’une
histoire du Périgord, serait une œuvre d’un grand in
térêt, et il existe sur ce sujet, tant aux archives qu’à
la bibliothèque Impériale, de quoi fournir amplement à
l’historien. C’est particulièrement la question des fiefs
qui occupe le plus de documents et de notes précises.
L’un des plus beaux, réunis aux possessions de la cité,
fut celui de la llolphie. Trélissac vint s’y joindre. A
quelle époque ?... Nous ne pouvons le dire, en ce mo
ment, par date fixe, la nature de ces recherches exi
geant un temps dont nous ne sommes pas toujours le
maître ; mais nous nous appuyons au moins sur un ti
tre qui constate de la façon la plus certaine que cette
terre était, au xvne siècle, la propriété de la ville de
Périgueux.
Un extrait de l’aveu et dénombrement des années
1679 et 4681, fourni par les citoyens de Périgueux,
par-devant le commissaire, à ce député, d’après l’hom
mage rendu au roi en 1667, établit ce qui suit :
« Repaires tenus en fiefs des dits maires et consuls :
..... » Plus le repaire de Treillissac, possédé par
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M. Chaudru, situé dans le bourg et paroisse de Treillis
sac, consistant en maison, basse-cour, guérites avec cré
neaux, girouettes, offices, granges, écuries, jardins,
terres, prés, vignes et bois, etc., confrontant, etc. »
Depuis 1312, la terre de Trélissac a donc à peine
trois fois sérieusement changé de maître. De la maison
de Périgord, on la retrouve, en 1667, passée aux
mains d’une ville qui la remet, à titre de fief, à la fa
mille Chaudru ; cette famille la conserve pendant près
de deux siècles. Elle est vendue par un de ses mem
bres, vers 1820, à un vieux chanoine qui la cède bien
tôt à un autre acquéreur, et enfin, en 1837, elle est
achetée par le propriétaire actuel, M. Magne, alors avo
cat au barreau de Périgueux, aujourd’hui ministre des
finances.
Les Chaudru de Trélissac ont servi dans l’armée et
dans la maiine. Le premier de ce nom qui nous est
connu était juge de la ville de Périgueux, ainsi qu’il
résulte d’un extrait des registres de l’hôtel de ville, au
xvue siècle, rapportant les noms de plusieurs consuls
et juges de la ville et se terminant en ces termes:
« Et ainsi on a continué de faire exercer l’office de
juge par le premier consul qui sortait de charge, jus
qu’en 1604 que la communauté l’engagea à titre d’hypo-
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thèque au sieur Pierre Chaudru, avocat, et à Pierre
Chatard, en 1609; à M. Pierre Diéras, en 1618; en
suite au sieur Montozon, au sieur Duffaulx, et actuel
lement est exercé par le sieur Fournier du Vardeil, à
titre d’engagiste, comme les autres. »
Nous trouvons ensuite dans un état des citoyens de
la ville de Périgueux au service de S. M. en 1776 :
M. de Chaudru de Treillissac, lieutenant dans le ré
giment de Boulonnais ;
M. de Chaudru, sous-lieutenant dans le même régi
ment.
Il reste encore un héritier du nom de celte famille,
si parfaitement honorable, lieutenant de vaisseau re
tiré, depuis 1842 ou 1843, brave et digne cœur dont
nous avons fait personnellement l’épreuve ; ayant
quitté le service jeune encore, lassé d’un long oubli, et
conservant dans la retraite le culte fidèle de tous les
nobles sentiments.
M. de Trélissac, dernier survivant, est le neveu et
le légataire de l’ancien évêque de Montauban, dont le
caractère plein de douceur et les vertus évangéliques
ont été loués et reconnus par les esprits les plus éloi
gnés de ses voies. Grégoire, le célèbre évêque conven
tionnel de Blois, consacre plusieurs pages de ses Mé-
1
moires à l’éloge tout expansif de l’abbé de Trélissac,
son ancien camarade de séminaire. Il y a même quel
que chose de touchant dans l’expression si chaleureuse
de cette amitié et de celle vénération du prêtre révo
lutionnaire pour le prêtre monarchique, ayant préféré
l’exil au serment civique et n’ayant jamais accepté
aucune des théories nouvelles de son ancien ami. Lors
de la rentrée de M. de Trélissac en France, l’abbé
Grégoire et lui se rencontrèrent dans une maison
tierce. Du même mouvement, ils tombèrent en pleu
rant dans les bras l’un de l’autre, et, depuis ce jour,
ils ne se revirent plus. L’évêque conventionnel raconte
cette scène, en termes qu’on est étonné de trouver,
sous une plume qu’on ne savait pas si tendre.
Un fait particulier sur la succession des propriétai
res du château de Trélissac mérite d’être noté.
C’est que les deux principales familles qui ont pos
sédé cette terre, pendant le cours de deux siècles, ont
fait partie, par quelqu’un de leurs membres, des juges
et consuls de la ville de Périgueux. Nous avons vu
Pierre Chaudru, juge en 1604, père ou grand-père
d’autre Pierre Chaudru, avocat, tenant le fief en 1667.
Nous voyons, en 1618, un consul, notaire royal et se
crétaire des deux chapitres de la ville de Périgueux
— 8 —
du nom de Jean Maigne et le nom du maître actuel de
Trélissac ne s’est écrit Magne dans les actes publics
que très-récemment, par l’habitude de la prononcia
tion ; les Maigne qui existent à côté et écrivent leur
nom avec la vieille orthographe ont évidemment la
même souche, la même origine; de tout temps, au
surplus, les fréquentes alliances en firent une seule
et même famille et l’on n’en connaît pas d’autre à
Périgueux.
Le château de Trélissac se vante, à bon droit, parmi
scs meilleurs titres, d’avoir abrité les jeunes années
d’une princesse illustre par ses vertus cl sa bonté, au
tant que par l’élévation de son rang. Nous voulons
parler de la grande-duchesse Stéphanie de Bade, née
de Beauharnais. Ce souvenir est de ceux que revendi
que le Périgord tout entier. Notre enfance a été charmée
du récit répété bien des fois de l’histoire de cette belle
jeune fille, venue enfant s’ébattre sous nos ombrages
et sur nos pelouses et partie, un jour, par ordre souve
rain, pour aller s’asseoir sur un trône, comme dans les
contes de fées. Nous étions né trop lard 'quoique ne da
tant pas d’hier !) pour nous rendre un compte bien
exact de ce passage fortuit d'une des grandeurs souve
raines de l’Europe dans notre province. Une femme
— 9 —
d’un charmant esprit, que l’âge ne se borne pas à res
pecter, mais à qui il semble au contraire donner, en
avançant, un double cachet de verve et de finesse ob
servatrice, a bien voulu nous fournir sur ces temps
ignorés quelques renseignements d’un véritable prix.
Compagne des premiers jeux de la grande-duchesse,
à Trélissac, nul ne pouvait nous éclairer, d’une façon
plus authentique et plus intéressante, sur le sujet qui
nous occupe. Nous avons pensé, dans l’intérêt de la
vérité et de nos lecteurs, que rien ne vaudrait les ex
pressions même de notre aimable correspondante.
Nous citons donc purement et simplement :
« Vous me demandez, mon excellent ami, quelques
renseignements qui puissent servir à la notice que vous
voulez publier sur l’ancien manoir de Trélissac. Indé
pendamment du plaisir bien vrai que je trouverais
toujours à vous être agréable, il me suffirait, en cette
occasion, d’être bonne Périgourdins pour m’associer de
prime-saut à votre heureuse intention.
» Je me trouve très-fîère, puisque votre indulgente
amitié veut bien m’en croire capable, de vous aider à
remettre en mémoire l’illustration du séjour préféré de
l’éminent ministre dont notre pays s’honore à tant de
litres. Mais en recevant mes souvenirs, n’oubliez pas
-10que c’est une bien vieille femme à laquelle vous de
mandez un retour sur les sentiments et les bonheurs
de l’enfance; et si quelques radotages s’y mêlent par
fois, pardonnez-les-moi en songeant qu’à mesure que
la vie nous quitte, nos premières impressions s’illumi
nent d’un reflet de séductions si pures et si riantes,
qu’en pareille fête, il est presqu’impossible de ne pas
en dire trop long.
» Ce que vous me demandez sur le séjour de la
grande-duchesse de Bade en Périgord se rattache de
si près à ma vie intime, qu’il me serait difficile de vous
parler d’elle sans vous parler aussi de moi, beaucoup
plus que je ne le voudrais; il vous faut donc, mon
cher ami, accueillir mes réminiscences telles qu’elles
me viendront.
» Vous savez, comme moi, ce qu’était l’honorable
famille de Trélissac. Le dernier propriétaire du petit
château avait une sœur, dame religieuse de Saint-Cyr,
et un frère, d’abord curé de Montauban, puis évêque
de la même ville. C’est à l’abbé et à la religieuse de
Saint-Cyr que fut confiée Mllc de Beauharnais. La
science et les grandes vertus de l’un, l’éducation dis
tinguée et la piété de l’autre justifiaient suffisamment
le choix dont ils furent l’objet. C’est par eux que M,le
— 11 —
de Beauharnais fut conduite à Périgueux. J’étais alors,
moi aussi, une enfant; mes parents habitaient une
maison voisine de celle qu’occupaient MM. de Trélis
sac; les relations des deux familles étaient parfaites;
sur ces données, une connaissance de petites filles s’ex
plique facilement.
» Comme en confiant sa fille aux Trélissac, M. de
Beauharnais avait placé près d’elle une gouvernante,
femme de beaucoup de sens et d’esprit, j’ai toujours
pensé que cette personne avait vu dans ce rapproche
ment un moyen d’émulation et de progrès pour son
élève. Mes parents donnaient, en effet, à mon éduca
tion tous les soins que permettaient les ressources du
temps; nous eûmes donc, Mllc de Beauharnais et moi,
des maîtres communs qui, tout en stimulant nos jeu
nes amours-propres m’apprirent, pour ma part, à ai
mer ma petite émule et à songer plus encore à lui plaire
qu’à la surpasser.
» C’est ici l’occasion de vous dire combien cette en
fant, réservée, à l’insu de tous, à de si hautes desti
nées, appelait déjà autour d’elle l’affection et la sym
pathie : une charmante figure , une physionomie
illuminée par l’intelligence et la bonté; une grâce innée,
toute de race, en faisaient le plus délicieux assemblage
— 12
qui Se pùt voir et lui gagnaient tous les coeurs. Pour
ce qui me regarde, ce souvenir frais et riant m’est en
core aussi présent que s’il datait d’hier.
Les Trélissac n’habitaient pas toujours leur manoir
héréditaire; et peut-être l’éducation de Mllc de Beauharnais était-elle pour beaucoup dans les fréquents et
longs séjours qu’ils faisaient à Périgueux, dans leur
maison de la rue Saint-Boch. C’est là que nos leçons
en commun furent le plus suivies; c’est là que les cau
series enfantines allèrent leur meilleur train. Combien
de fois avons-nous, ensemble, fait le roman de nos
destinées qui allaient se ressembler si peu! Combien
de fois la future grande-duchesse et l'humble petite
bourgeoise ont-elles échangé ces promesses dont l’en
fance est prodigue et que l’âge mûr peut si rarement
réaliser !
» Le sentiment de la dignité féminine dominait à un
haut degré chez Mlle de Beauharnais, dès le début de
la vie. J’en veux citer pour preuve une anecdote que
vous trouverez, j’en suis sûre, caractéristique. La
danse était alors une partie essentielle de l’éducation
des jeunes filles. Après les leçons de principes, on nous
réunissait en assez grand nombre pour nous familiari
ser avec les diverses figures du quadrille. Nous étions
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un jour chez Mme de Lubersac, jeune et jolie femme,
nouvellement mariée, qui prenait aussi des leçons de
notre maître. Mlle de Beauharnais et moi, nous étions
les bambines de la réunion; tous les autres acteurs nous
dépassaient par l’âge et par la taille. Un jeune officier,
amené par une de ses parentes, placé derrière nous,
paraissait s’amuser beaucoup de nos petites mines,
lorsqu’après un en avant-deux où Mlle de Beauharnais
avait déployé toute sa grâce précoce, il saisit, par der
rière, sa petite tète blonde et l’embrassa, sans plus de
façons, en s’écriant avec enthousiasme : « La délicieuse
petite créature ! »
» Mlle de Beauharnais se retourna vivement, et de sa
main mignonne lui appliqua un bon soufflet, en lui di
sant gravement : « Vous êtes trop familier, monsieur;
je suis Mlle de Beauharnais ! »
» Le temps s’écoulait ainsi pour nous, dans celte vie
calme et sans incident, où arrivait à peine le bruit
lointain des victoires de la grande épopée napoléo
nienne. L’Empereur, cependant, qui commençait à fon
der son système d’alliances politiques, attirait tous les
membres de sa famille dans le cercle rayonnant de sa
puissance et cherchait, autour de lui, des rois pour les
trônes vacants, des princesses pour les grands vas-
14 —
saux du grand empire. M1Ie de Beauharnais, nièce de
l’Impératrice Joséphine, tenait de trop près à la famille
Impériale pour être longtemps oubliée. M. de Trélis
sac reçut tout à coup, sans avertissement préalable,
l’ordre de conduire sa pupille aux Tuileries.
» Ce fut comme un coup de foudre tombant sur mes
illusions ! la première et la plus cruelle déception de
ma vie... Ma douleur fut profonde, mais à quinze ans
on croit encore au lendemain !
MIIe de Beauharnais fut placée chez Mme Campan.
Adoptée par l’Empereur, elle fut mariée au grand-duc
de Bade en 1806. Quelques jours après son mariage, je
reçus d’elle une lettre que je me permets de transcrire
ici. Tout ce qui vient d’une pareille main, tout ce qui
sort d’un cœur que la Providence avait fait aussi grand
que sa fortune, a droit à l’intérêt de tous. Je ne tire
point vanité de ce pieux et cher souvenir, j’en tire
honneur et bonheur :
« Saint-Cloud, 17 avril 1806.
» Je serais fâchée, ma chère C..., que vous puissiez
» croire un instant que je vous ai oubliée ; les person» nes qui m’ont témoigné de l’amitié dans mon enfance
» sont toujours sûres d’une place dans mon cœur. Le
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» rang ni les honneurs ne feront jamais oublier à Sté» phanie un pays où elle a été aimée et où G... est en» core. Le seul chagrin qu’elle ait, c’est de ne pouvoir
» la revoir, lui témoigner toute son amitié et l’assu» rer des sentiments qu’elle lui conservera toujours.
» Stéphanie Napoléon, princesse de Bade. »
» Cette lettre a clos toutes mes relations avec la
grande-duchesse. Je me mariai moi-meme peu de
temps après; mes impressions changèrent de carac
tère; mais je n’oublierai point, je n’ai jamais oublié.
La distance et les années n’ont rien ôté à la vivacité de
mes sentiments pour celle que mon regard ne peut at
teindre ; je me suis contentée de recueillir, de loin, en
y prenant une part dévouée, tout ce que j’ai pu ap
prendre de ses joies ou de ses douleurs.
» Le choix qu’a fait M. Magne du manoir de Trélis
sac a été pour moi un véritable sujet de bonheur, car
il m’a permis de revoir ces ombrages, sous lesquels j’ai
partagé les jeux d’une enfant dont les premiers pas de
vaient donner à cette demeure une consécration histo
rique. J’ai trouvé chez le ministre éminent que notre
Périgord a donné à la France, en mémo temps qu’un
accueil flatteur et affectueux, l’heureuse certitude que
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ce séjour, qui m’est si cher, était bien véritablement
destiné à abriter les grandes distinctions et aussi les
bons et nobles cœurs.
» C.... »
Tout est dit, pour nous, sur Trélissac, après les li
gnes qu’on vient de lire ; les dernières résument, en
effet, nos sentiments personnels les plus intimes ; et
l’homme remarquable qu’elles ont pour objet, malgré
son éloignement pour la louange, pardonnera à notre
vieille et fidèle affection d’en avoir été l’écho.
Vicomte de CALVIMON
Périgueux. — Imprimerie d’Aug. BouchaRie, rue Aubergerie, 17.
