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Médias
Fait partie de Considérations générales sur la prothèse des membres
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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
SUR LA
PROTHÈSE DES MEMBRES
EXTRAIT DU PROGRÈS,
JOURNAL DES SCIENCES ET DE LA PROFESSION MÉDICALES,
Nos des 20 et 27 août 1858.
PARIS.
IMPRIMERIE DE W. R EM QU ET ET CIE,
RUE GARANCIERE , N. 5.
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
SUR
LA PROTHÈSE DES MEMBRES
JAMBES ET pieDS artificiels.
Si l’art, qui a pour but d’imiter la nature, fait preuve d’im
puissance, c’est surtout lorsqu’il doit combiner à la fois l’appa
rence et l’action.
La construction des membres artificiels présente, peut-être, les
plus grandes difficultés qu’il soit donné à la mécanique de com
battre : parce que les limites d’espace et de poids sont trèsresserrées ; parce que des résultats très-complexes doivent être
produits par des moyens excessivement simples.
Dans la nature, l’harmonie si parfaite du système animal fait
disparaître la conscience de la pesanteur réelle des différentes
parties du corps; tandis que tout appareil prothétique, même
dans les circonstances les plus favorables, est un simple auxi
liaire qui ne rend de services qu’au prix d’un certain degré
de gêne.
Dans les temps les plus reculés on a cherché à atténuer méca
niquement les inconvénients qu’entraîne la perte d’un membre.
M. le baron H. Larrey, dans un rapport à l’Académie impé
riale de médecine (1), sur le pied auquel on a bien voulu donner
mon nom, a fait l’historique de la prothèse des membres infé
rieurs.
Par ses savantes recherches, et par la netteté d’esprit qui ca
ractérise toutes ses productions, il a su donner à son sujet le plus
haut intérêt. Il dit, après avoir parlé des premiers essais :
« Il faut arriver jusqu’à notre Ambroise Paré pour retrouver les pre« mières indications précises des modèles d’appareils prothétiques et le
(1) Rapport sur le pied artificiel de M. de Beaufort. Bulletin de l’académie de
Médecine, l. xvii, page 66.
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
« type traditionnel du pilon, exactement semblable à celui que les hôpi—
« taux fournissent encore à notre époque. C’est ce modeste pilon que Paré
« appelle jambe des pauvres, tandis qu’il désignait sous le nom de jambe
« des riches, un appareil mécanique assez compliqué applicable à la
« cuisse. »
Si le pilon a survécu à beaucoup d’inventions dont il a été le
point de départ, c’est grâce à deux conditions qui au premier
abord paraissent désavantageuses: sa forme et sa rigidité. Sa
forme, parce que c’est celle qui admet le plus grand degré de
légèreté possible; sa rigidité, parce que c’est une condition qui
en rend l’action unique et certaine pour le commencement du
pas, ce qui n’a pas lieu avec les appareils articulés appliqués
à des personnes qui n’ont pas conservé l’action du genou.
La prothèse des membres inférieurs a, de nos jours, reçu de
notables perfectionnements. Les noms de Mille (d’Aix), de Fer
dinand Martin, de Palmer, sont connus de tous ceux qui se sont
occupés de cette matière, et les inventions qu’ils rappellent ap
partiennent à l’histoire de l’art.
Tout ce qui a été dit à ce sujet paraît en avoir épuisé l’intérêt.
L’ouvrage de M. F. Martin, intitulé : Essai sur les appareils
prothétiques des membres inférieurs, semble avoir rendu
superflues des recherches ultérieures ; cependant des considéra
tions générales qui compareraient l’action du pilon à celle de la
jambe mécanique seraient utiles à la chirurgie.
L’un et l’autre de ces moyens prothétiques ont des avantages
et des défauts qui ne sont pas toujours absolus, mais qui se mo
difient selon les habitudes, les besoins, les caractères même des
personnes qui peuvent avoir à s’en servir.
Le pilon a l’avantage d’agir dans toute sa longueur; c’est-àdire que, pivotant sur le sol, il fait décrire à la hanche un arc
de cercle dont il est le rayon. Mais son peu de contact avec la
terre fait que le pas est mal assuré, et que la hanche s’incline
fortement vers le sol dès que la jambe de bois n’y est plus per
pendiculaire. Cette condition détermine un grand degré de clau
dication lorsque la marche est précipitée.
C’est peut-être ici le cas d’appliquer l’observation que j’ai faite
sur les avantages ou les défauts des appareils, eu égard aux
caractères individuels : ainsi, une personne vive préférera ordi
nairement un pilon court, qui lui permettra de faire rapidement
de petits pas, en boitant, à un appareil plus long qui ferait décrire
à la hanche un plus grand arc de cercle, mais qui nécessiterait
SUR LA PROTHÈSE DES MEMBRES.
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de la part de la jambe de bois un mouvement latéral et semicirculaire.
Dans le premier cas, la marche peut être plus prompte, dans
le second cas, moins fatigante.
L’adoption de l’un des deux systèmes dépendra donc du carac
tère de l’amputé, peut-être même à son insu.
Je ne peux mieux résumer les avantages et les défauts du pilon
que par cet extrait du rapport deM. Larrey :
« Rien de plus simple assurément que la confection de la jambe de bois
« (munie du pilon) qui, par sa solidité, supporte sans peine le poids du
« corps, et se prête à peu de frais, lorsqu’elle est usée, à toutes les répa« rations nécessaires.
« Ajoutons, et c’est peut-être ce qui explique le mieux l’emploi si commun
« du pilon depuis son origine jusqu’à nos jours, ajoutons que bon nom« bre d'amputés, après avoir porté, plus ou moins de temps, des mem« bres artificiels artistement et surtout chèrement,construits, finissent par
« y renoncer, soit par ennui, soit par fatigue, soit par économie, pour adop« ter ou pour reprendre le vulgaire pilon.
« Mais on doit reconnaître aussi qu'il offre de réels inconvénients. Il
« porte sur le sol au moyen d’un point d’appui trop étroit, et devient une
« cause fréquente d’accidents par les faux pas et les chutes qu’il entraîne.
« De là des lésions diverses du tronc et des membres, ou bien la rupture
« de la jambe de bois ; et lors même que l’amputé ne tombe pas, s’il heurte
« une pierre ou tout autre obstacle avec l’extrémité libre du pilon, il est
« exposé à des chocs ou à des contre-coups dans l’extrémité fixe, en rapport
« avec le moignon qui s’excorie, s’enflamme et s’ulcère souvent.
« Ce n’est pas seulement l’étroitesse du pilon qui occasionne ces acci« dents, c’est encore la saillie qu’il forme et sa rigidité qui ne lui permet
« pas de se relever assez directement et oblige l’amputé à.marcher, comme
« on le dit, en fauchant, sinon à déployer un certain effort pour faire
« mouvoir co levier inflexible. »
La longueur du pas étant nécessairement en rapport avec la
longueur du rayon, c’est-à- lire avec la ligne rigide de la jambe,
le pilon qui pivote sur la terre a donc , à cet égard , l’avantage
sur la jambe mécanique, dont le rayon va de la hanche à la che
ville seulement, car c’est à ce point qu’elle pivote.
Le pied mécanique, par l’étendue de sa base plantaire, fournit
des points d'appui qui donnent de la solidité à la marche, mais
qui n’ajoutent en rien à la longueur du pas.
Dans le cas d'amputation sus-malléolaire, le mouvement de la
partie inférieure de la jambe étant déterminé par l’action du
genou, le pas est beaucoup plus assuré que lorsque celte articu-
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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
lation est purement mécanique, et certains amputés marchent
avec tant de facilité et de prestesse que l’illusion produite par
l’art serait complète, si ce n’était par la manière prononcée dont
ils sont obligés de lever le genou , afin que le pied mécanique
puisse passer sans traîner sur le sol.
Je crois avoir comparé les deux moyens de prothèse dans leurs
éléments constitutifs et purement mécaniques, je n’aborderai
pas les considérations inhérentes à leur usage.
L’amputation sus-malléolaire est-elle quelquefois un danger au
point de vue des effets produits par les points d’appui et de con
tact que nécessitent les appareils ? C’est un sujet de controverse,
une question de science chirurgicale : le seul rôle de la mécani
que, en pareille matière, est d’accepter toutes les positions et de
s’efforcer d'en atténuer la gravité.
La jambe artificielle et le pilon étaient les deux seuls moyens
prothétiques employés ou adoptés par la science jusqu’en 1851,
époque où M. le baron Larrey fit un rapport, à l’Académie de
médecine, sur un pied artificiel de mon invention. Ce nouvel
appareil s’adaptant à la jambe de bois ordinaire forme un troi
sième ordre de moyens prothétiques.
Il participe à la fois de ses deux prédécesseurs, sans pouvoir
être classé ni avec l’un ni avec l’autre. Comme la jambe méca
nique, il fournil une surface plantaire assez grande pour assurer
le pas ; comme le pilon, il est rigide, par conséquent d’une action
certaine, et forme rayon, ou levier, dans toute sa longueur.
M. Larrey décrit ainsi le pied artificiel dit de Beaufort :
« L’appareil se compose d’un morceau de frêne qui, à l’instar du pilon,
« s’adapte à la jambe de bois ordinaire. Cette pièce est fixée à un morceau
« de bois remplaçant le disque du pilon et imitant la forme du pied natu» rel. Il est seulement plus court. La surface plantaire est recouverte
« d’une semelle et garnie de liège au talon. Elle décrit à peu près une
« courbe qui fournit au membre des points d’appui continus pendant que
« le corps se porte en avant, sans que cette courbure soit assez uniforme
« pour exposer le membre à glisser. Cette remarque est utile ici pour pré« venir toute objection à cet égard. »
La base convexe a pour effet :
1° De soutenir le corps par des points d’appui gradués pendant
toute la durée du pas;
2° D’allonger le pas de l’excédant de la longueur du pied sur
le diamètre du pilon ;
3° De présenter à la partie correspondante du talon une large
SUR LA PROTHÈSE DES MEMBRES.
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surface qui, s’arc-boutant contre la terre, empêche le pied de
glisser au commencement du pas ;
4° De mettre l’appareil à même d’être ramené en avant après
la terminaison du pas, car à mesure que la hanche se relève de
sa légère inclinaison vers le sol, le pied est progressivement
rapproché du centre de gravité, et le centre de l’appareil, ou
plutôt l’extrémité de la jambe de bois qui termine la plus grande
longueur, se trouve perpendiculaire au sol au moment où le
corps est,tout à fait redressé;
5° De présenter par l’inclinaison du talon une base sur laquelle
le corps s’appuie par degrés, lorsque le jarret a conservé encore
toute sa force de propulsion. La hanche se trouve ainsi portée
graduellement au point où le pas commence seulement dans le
cas du pilon, et n’éprouve pas, par conséquent, le choc qui a
lieu lorsqu’elle tombe, pour ainsi dire, sur un point d’appui qui
se rapproche de la perpendiculaire ;
6° D’obvier au mouvement anormal des épaules qui se produit
avec l’usage de tout autre appareil lorsque la marche est préci
pitée. Il est à remarquer que plus le pas est développé, plus
l’effet du pied artificiel devient sensible, car la courbe agit
comme une série de leviers à la force desquels s’ajoute alors celle
de l'élan donné.
Il est bien entendu que les observations qui précèdent n’ont
toute leur valeur qu’autant qu’elles s’appliquent aux amputés
qui, par la nature de leurs blessures, prennent leurs points d'ap
pui sans douleur ou sans gêne.
Dans les cas d’amputation au-dessus du genou, les difficultés
inhérentes aux appareils sont amoindries par les facilités que
donne la courbe plantaire en allongeant le pas, et en graduant le
passage de l’action de la jambe naturelle à celle du membre
artificiel.
Pour constater la solidité qu’elle donne à la marche, un seul
fait pourra suffire. Un sous-adjudant des Invalides, amputé d’une
jambe en 1811, éprouva, en 1851, un accident qui nécessita l’am
putation de l’autre jambe. Quelque temps après l'opération,
M. Hulin, chirurgien en chef de l’Hôtel des Invalides, désira
que le malade put prendre un peu d’exercice, quoiqu’il ne fût pas
encore en état de faire usage d’une seconde jambe de bois. Il
n’avait donc pourpoints d’appui que deux béquilles et un pilon.
Toutes ses tentatives furent vaines. Ayant vu un pied artifi
ciel, il crut y voir un moyen de succès.
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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Le premier essai qu’il en fit dépassa ses espérances, et, à partir
de ce moment, il put prendre un exercice quotidien qui le mit
bientôt à même d’avoir recours à une seconde jambe de bois
munie du pied artificiel, et, depuis ce jour, il s’est constamment
servi du double appareil.
En comparant les trois systèmes entre eux, on arrive à ces
conclusions :
1° Que le pilon a sur les deux autres l'avantage de la légèreté,
etsur la jambe mécanique la supériorité quant à la longueur du
pas et à la solidité de construction;
2° Que la jambe mécanique a sur les deux autres systèmes l’a
vantage de reproduire la forme exacte de la jambe naturelle, et
sur le pilon la supériorité quant à l’étendue des points d’appui
sur le sol, diminuant ainsi les chances de glisser ;
3° Que le pied artificiel a l’avantage sur la jambe mécanique
pour la solidité de construction; qu’il l’emporte sur le pilon
pour l’imitation du pied naturel, lui étant égal sous le rapport
de la solidité ; enfin, qu’il est supérieur aux deux autres
systèmes quant à la facilité de la marche, à la longueur des pas
qu’il égalise, à la diminution de fatigue qui en résulte, non-seu
lement pour le moignon qui porte l'appareil, mais encore pour
la jambe naturelle qui n’est plus obligée de faire un double
effort pour élever le corps sur le pilon ou la jambe mécanique
qui à chaque pas forme un arc-boutant, ce qui oblige l’amputé
à s'exhausser à l’aide des doigts de pied et, selon l’expression
consacrée, à donner un coup de jarret pour se porter en avant. L’excédant du poids du pied artificiel sur celui du pilon est si
minime, que dans la pratique on n’a pas recours à la précaution
prise d’abord d’évider le pied de bois et d’en garnir l’intérieur
de liège.
Désirant mettre tout le'monde à même de faire construire le
pied artificiel qui n’a point été l’objet d’un brevet, je vais donner
en peu de mots quelques indications sommaires sur sa partie
essentielle : la base plantaire.
Elle peut être comparée à la surface de quatre pilons dont le
premier tonnerait le talon, le deuxième serait le prolongement
de la jambe de bois, comme le pilon ordinaire, le troisième et
le quatrième constitueraient l’avant-pied.
Le talon et l'avant-pied doivent chacun décrire une courbe,
dont la plus prononcée soit celle en avant. Il faut, par consé
quent, en supposant que l’on lire des lignes imaginaires de
SUR LA PROTHÈSE DES MEMBRES.
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l’articulation de la cuisse à différents points de la base plan
taire, que la plus longue possible soit celle qui passe au centre
de la jambe de bois et de la
partie représentant le pilon
ordinaire; si elle était en
avant ou en arrière, ou elle
formerait obstacle à ce que le
corps fût porté naturellement
comme sur une portion de
roue , ou elle empêcherait
l’appareil d’être ramené en
avant après la terminaison du
pas.
Plusieurs invalides se ser
vent de l’appareil depuis cinq
ou six ans. C’est à l’initiative
si clairvoyante de leur digne
chirurgien en chef, M. Hu
lin, que je dois d’avoir pu
faire les premiers essais de
l’appareil. Dans le rapport
qu’il en fit à S. Exc. le mi
nistre de la guerre, en 1851,
il a fait preuve de sa pénétra
tion habituelle, car l’expé
rience est venue confirmer
toutes ses prévisions.
Au Val-de-Grâce, une cinquantaine d’amputés, la plupart
ayant reçu leurs glorieuses blessures en Crimée, ont été munis
de l’appareil. Deux d’entre eux ont perdu les deux jambes.
Le baron Larrey, dans sa constante sollicitude pour le bienêtre du soldat, a non-seulement introduit au premier hôpital mi
litaire l’usage du pied artificiel, mais il en a souvent fait dans ses
cours de clinique un sujet de démonstration,'en basant toujours
sa théorie si claire sur des faits pratiques.
Deux sociétés savantes ont approuvé l’invention et l’ont ho
norée de médailles, sur les rapports de MM. les docteurs
Herpin et Hervé de Lavaur; mais c’est surtout l’Académie de
médecine qui a rendu le témoignage le plus précieux des hum
bles services que l’appareil est appelé à rendre.
M. le baron Larrey a résumé dans son rapport, si remarquable,
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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
toute la portée de l’appareil, toute l’ambition de l'inventeur en
disant :
« Il est bonde remarquer que cette transformation du pilon en un pied,
« aussi sûr que solide, n’augmente pas de beaucoup le pris de la jambe
« debois ordinaire. Et c’estbien là aussi un avantage réel qui vaudra, selon
« nous, à l’auteur de cette invention le mérite d’avoir utilement modifié
« le modeste et simple appareil prothétique qu’Ambroise Paré appelait
« naïvement la jambe des pauvres. »
Il est impossible de mieux apprécier et de préciser avec plus
de tact mon seul et unique but. Si je suis assez heureux pour
l’avoir atteint, je dois une partie du succès à notre célèbre fabri
cant, M. Charrière, qui a si bien secondé mes vues par son dé
sintéressement. J’aime à lui exprimer ici ma reconnaissance, au
nom de ceux qui, malgré leur état de gêne pécuniaire, doivent
quelque soulagement à mon modeste appareil.
BRAS ET MAINS ARTIFICIELS.
Les bras et les mains artificiels sont d’une origine moins an
cienne que le pilon et la jambe mécanique; cependant depuis
longtemps on fait des recherches relatives à ces moyens de pro
thèse. Jusqu’à quel point sont-ils appelés à rendre de signalés
services? C’est un problème qui occupera toujours quelques es
prits inventifs.
Ambroise Paré a décrit un bras artificiel en fer battu. L’appa
reil était trop lourd.
Goetzde Berlichingen fit faire, par un mécanicien de Nürem
berg, une main droite en tôle qui fonctionnait à l’aide de la main
gauche et au moyen de ressorts ; elle était susceptible de flexion
en plusieurs sens. Elle pesait trois livres. Goetz prétend qu’elle
lui fut très-utile dans les combats.
Baillif, de Berlin, confectionna une main qui ne pesait qu’une
livre. La flexion des doigts se faisait à l’aide de forts ressorts en
spirale qui passaient d’une phalange à l’autre; l’extension se
faisait à l’aide de cordes à boyau sur la face dorsale. Le pouce
agissait séparément.
Græffe a indiqué, pour faire mouvoir un bras artificiel, l’usage
d’un corsage sur lequel devaient être fixés des points d'appui, le
SUR LA PROTHÈSE DES MEMBRES.
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moignon tirant dans un sens déterminé sur des cordes à boyau.
Certaines parties de ces divers systèmes ont, de nos jours, reçu
d’heureuses applications.
Le crochet ordinaire peut être considéré comme le point de
départ de toutes les inventions relatives aux bras artificiels.
La prothèse des membres supérieurs lutte contre des diffi
cultés insurmontables. En effet, comment donner au mécanisme
l’instantanéité, l’instinct, la science même que peut acquérir une
main, dont l’action semble souvent devancer la pensée.
C’est en toute humilité que l’on doit aborder un pareil sujet;
mais, sans aspirer à imiter la nature, on peut la suivre de loin et
rendre quelques services, si modestes qu’ils soient.
Un succès même minime, suffit pour dédommager de beaucoup
de peine et de travail.
Les premières conditions à remplir sont que le bras artificiel
soit léger, qu’il s’adapte facilement au corps, et (en supposant
qu’on ait en vue une amputation faite au-dessus du coude) que
l’action de l’avant-bras se produise d’une manière simple et uni
forme, afin que dans toutes les positions elle obéisse immédiate
ment à la volonté par un mouvement que l’usage doit rendre
bientôt instinctif.
APPAREIL MUNI DE LA MAIN MÉCANIQUE.
Le 28 novembre 1855, RI. le baron Larrey présenta à la Société
dechirurgie une personne amputée du bras gauche, au-dessus
du coude, et munie d’un appareil dont la partie formant avantbras était mise en mouvement par l’action d’une pédale qui,
pressée contre une plaque adaptée à la poitrine, près de l’ais
selle, abaissait une bride à charnières et par suite faisait faire
un mouvement de bascule à une pièce fixée à l’articulation du
coude et solidaire de l’avant-bras.
Cet appareil est très-léger, et la construction en est fort
simple.
L’action, graduée ou précipitée à volonté, s’y produit avec
facilité à tous les degrés d’élévation du moignon, et de la
même manière dans toutes les circonstances.
L’élévation de l’avant-bras peut être fixée à un angle de 45
degrés, au moyen d’un crochet qui entre en prise par un mou
vement en arrière du bras. La simple pression du moignon le
dégage.
12
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
L’appareil s’adapte facilement au corps au moyen d’une
courroie, de la même manière que le crochet ordinaire; l'amputé
peut le mettre sans le se
cours d’une main étrangère,
Explication sommaire (lu bras
comme l’indique le dessin
artificiel.
ci contre.
Gaîne en cuir
bouilli.
L’action de la main fixée
à cet appareil consistait
Gaîne en cuir
bouilli.
dans le mouvement du
pour
Courroie
pouce qui était maintenu
fixer l’appareil.
dans un état de pression
D. Pédale appuyée
(l’un côté contre
contre les doigts à l’aide
une petite plaque
interposée à la
d’un ressort, dont l’effet
poitrine, et pres
sant de l’autre
pouvait être momentané
sur la pièce sui
ment suspendu parla trac
vante.
tion d’une corde à boyau
E. Bride en fer à che
val articulée aux
attachée
à la bretelle, et
points d’attache,
et glissant sous
qui
glissait
sur une poulie
la pédale dont la
pression la fait
lixéb
à
l’arrière
de la partie
remonter.
supérieure de la gaîne. L’é
F. Fil de traction at
lévation de l’épaule déter
taché au fer à
cheval et fixé à
minait une traction de la
son extrémité à
la pièce suivante
corde sur le pouce qui s’é
sur laquelle elle
s’enroule.
cartait des doigts pour sai
G. Poulie fixe faisant
sir un objet. L’abaissement
corps avec l’a
vant-bras dont
de l’épaule rendait au res
elle .détermine
l’élévation par la
sort son action et mainte
transmission du
nait l’objet en prise.
mouvement de
la bride.
M. le baron Larrey fit ob
server que « si le méca
nisme du mouvement du coude était ingénieuse, simple et
facile, celui des mouvements de la main laissait encore
beaucoup à désirer, » et il m’engagea à inventer une main
mécanique dont l’action eût plus d’analogie avec celle de la na
ture, insistant sur la condition essentielle de proportionner la
flexion et l’extension des doigts à une traction plus ou moins
prononcée.
La première difficulté à vaincre était de faire produire à la
traction de la corde à boyau deux effets diamétralement opposés.
Un même mouvement d’épaule doit alternativement ouvrir et
fermer la main.
SUR LA PROTHÈSE DES MEMBRES.
13
Il faut que la main artificielle soit légère ; que dans toutes les
positions du bras elle puisse saisir un objet, le maintenir en
prise par le fait même du mécanisme, et ne l’abandonner qu’à la
volonté de l’amputé; il faut que la pression des doigts soit gra
duée, afin que l’effort ne doive pas toujours être le même, quelle
que soit la pesanteur ou la ténuité de ce que l’on veut saisir ; que
de plus le pouce
puisse prendre diffé
rentes positions, et
que les deux pre
miers doigts règlent
leur pression sur la
forme de l’objet
qu’ils embrassent.
Voilà les règles que
je me suis posées,
voici le résultat ob
tenu.
La main artificielle
renferme un méca
nisme que met en
mouvement un fil de
traction attaché à la
ceinture, etsolidaire
de l’élévation ou de l’abaissement de l’épaule.
Les doigts et le pouce sont attachés à un châssis mobile A,
au moyen de fils de fer qui agissent comme fléchisseurs ou ex
tenseurs, selon que le châssis monte ou descend. Celle pièce est
mise en mouvement par deux cames B et C glissant dans des
coulisses non parallèles D et E. Ces cames sont liées entre elles
de telle façon que lorsqu’une monte, l’autre descend, détermi
nant ainsi le mouvement de va-et-vient du châssis, dont elles
sont solidaires. Elles sont elles-mêmes mises en mouvement
par une ancre F, qui entre en prise alternativement avec l’une
ou avec l’autre, chaque fois qu’elle est sollicitée par la corde de
traction G, dépendante du mouvement de l’épaule.
Par l’intervention d’une pièce d’arrêt I(, l’action qui déter
mine la flexion des doigts ne peut être suspendue que par le
concours de l’amputé.
Telle est la marche de l’opération à l’aide de laquelle se pro
duit ce fait, qui peut, au premier aspect, paraître paradoxal : la
lû
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
répétition du mouvement même qui ouvre la main, la ferme, et
vice versâ.
Mais ce n’est qu’en examinant l’appareil même, que l’on voit
à quel point les moyens employés sont simples et les résultats
multiples.
La différence entre l’action du mécanisme et celle du ressort
agissant sur les doigts d’après la méthode ordinaire, c’est que la
pression, et par conséquent l’effort à faire, n’est pas constamment
identique, quel que soit l’objet à saisir, tandis que la résistance
du ressort est nécessairement toujours la même pour un certain
degré d’ouverture de la main; c’est que la marche des mouve
ments est plus en rapport avec celle de la nature, car la main
reste dans les conditions où on la place, qu’elle soit ouverte ou
fermée; enfin elle est inerte sans l’intervention expresse de
l’amputé, tout en conservant, par son propre fait, l’action qui
lui est imprimée.
En résumé, au moyen du bras et de la main mécaniques, une
personne amputée au-dessus du coude peut :
1° Élever l’avant-bras de manière à ce que la main soit à la
hauteur du front ;
2° Ouvrir la main ;
3° Fermer la main ;
4° Saisir un objet avec un degré suffisant d’adhérence;
5° Graduer la pression ;
6° Régler la flexion, par conséquent la pression des deux pre
miers doigts sur la forme de l’objet à saisir;
7° Maintenir l’objet en prise par le fait même du mécanisme,
sans intervention spéciale à cet effet de la part de l’amputé;
8° Ne lâcher prise que par la répétition du mouvement même
qui a fait fléchir les doigts; tout autre moyen n’ayant pour effet
que de surmonter l’élasticité de la matière ou de produire une
rupture.
Le 3 mars 1858, le baron Larrey présenta de nouveau à la
Société de chirurgie le bras artificiel auquel était adaptée, celte
fois, la main mécanique qui vient d’être décrite d’une manière
sommaire, et les conditions énoncées furent indiquées avec celle
netteté d’esprit à laquelle j’ai déjà eu occasion de rendre hom
mage, à l’égard du rapport sur le pied artificiel.
Le 8 du mois de juin, l'appareil fut présenté à l’Académie de
médecine, comme le constate le Bulletin n° xxIII.
La baron Larrey a signalé à l’attention de l’Académie la pré-
f
SUR LA PROTHÈSE DES MEMBRES.
15
cision avec laquelle se produit le mouvement des doigts artifi
ciels.
J’ai donc rempli la tâche que je m’étais imposée-, mais si le
surcroît de dépense qu’entraîne le mécanisme de la main devait
limiter son adoption et, par contre, celle du bras artificiel
parmi les amputés peu aisés, je voudrais alors y voir substi
tuer la main à simple ressort; heureux de faire, dans cette
circonstance, le sacrifice de mes recherches; car ma première
ambition serait de produire ce qu’Ambroise Paré aurait appelé
le bras du pauvre.
De Beaufort.
IMPRIMERIE de
\v. remquet ET C1C,
rue Garaucière, n.5, derrière Saint-Sulpice, *
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L’ECHO DE VESONE
présente peut-être les plus grandes difficultés qu’il
soit donné à la mécanique dé combattre : parce que
les limites d’espace et de poids sont très resserrées ;
parce que des résultats très complexes doivent être
produits par des moyens excessivement simples.
L’invention de M. le comte de Beaufort réalise tous
les avantages que la science pouvait espérer. L’aca
démie de médecine lui a rendu un précieux témoi
gnage par l’organe de M. le baron Larrey, son rap
porteur ; et deux autres sociétés savantes l’ont aussi
approuvée et l’ont honorée de médailles, sur les rap
ports de MM. les docteurs Herpin et Hervé de Lavaur.
A ces divers suffrages viennent s’ajouter ceux que
la presse scientifique accorde à notre compatriote.
Nous nous bornerons aujourd’hui à reproduire les li
gnes suivantes, qu’un spirituel chroniqueur, MraeAncelot, lui consacre dans une revue parisienne :
première déposition, elle aurait ajouté que, quelque
temps après le crime, et sur sa demande, sa bellefille l’avait conduite devant la maison de la rue
Geoffroy-Saint-Hilaire, en prenant un seau pour faire
semblant de puiser de l’eau à la fontaine, qui se
trouvé en face, pendant qu’elle l’examinait, et malgré
les trois années qui se sont écoulées depuis lors, elle
a pu indiquer parfaitement cette maison. Elle a en
outre fait connaître un propos tenu par son fils et le
complice, au moment de l’aveu du crime, qui ne
pouvait plus laisser de doute; ils avaient répété l’un
et l’autre : « Cette femme criait plus fort quand on
lui touchait les bras que quand on lui serrait le cou. »
Or, la veuve Chereau avait aux bras des vésicatoires
qui les lui rendaient sensibles à la moindre pression.
b Le témoin, ayant été mis plus tard en présence
de sa belle-fille, aurait répété sa déclaration, et
celle-ci, après avoir opposé quelques dénégations,
aurait fini par reconnaître qu’elle était parfaitement
exacte, et serait entrée à son tour dans la voie des
aveux. Ce qui est certain, c’est qu’à la suite de cette
confrontation, le commissaire de police, poursuivant
son enquête, a fait sur divers points des perquisi
tions qui ont amené la saisie d’une montre d’or an
cienne, d’une chaîne de cou en jaseron, d’une épin
gle d’or portant enchâssée une figure sculptée et de
deux boutons d’or pour chemise. Ces bijoux ont été
représentés au sieur Chereau, fils de la victime, qui
les a positivement reconnus comme ayant appartenu
à sa mère, et faisant partie des objets volés au mo-
Eugène Màssoubbe.
émues, l’académie de médecine en a rendu un témoi
gnage glorieux pour l’inventeur, et la science a éter
nisé son souvenir en nommant cet appareil le pied
Beaufort.
» Le noble inventeur l’avait appelé le Pied des
pauvres. Il n’a pas voulu de brevet, afin que chacun
pùt l’exécuter sur les renseignements qu’il donne
dans une petite brochure, et, comme un des inva
lides , qui se félicitent de son invention, lui disait :
» — Mais enfin, vous n’en retirez donc rien pour
vous?
»—Si, répondit M. de Beaufort; j’en retire le
plaisir de vous voir marcher commodément I
» Quest-ce? qu’y a-t-il? Pourquoi nous parlez-vous
de mécanique, de romances, d’aimable causeur,
d’élégant homme du monde? Gomment tout cela est-il
ensemble ? C’est que tout cela est réuni : l’ingénieux
et habile mécanicien qui, dans sa haute et bonne
philanthropie, améliore la condition d’êtres souffrants,
l’homme du meilleur monde, aimable et modeste, le
spirituel compositeur de jolis morceaux de chants;
tout cela n’est qu’une même personne, qui se nomme
M. le comte de Beaufort.
Mme Ancelot. »
« Ainsi, vous rencontrez dans les salons un homme
agréable dont les manières vous révèlent quelqu’un
appartenant au meilleur monde, c’est-à-dire au monde
où la belle éducation seconde et complète les bons
sentiments. Une réserve naturelle l’empêche de par
Coorrier de Paris da 30 Décembre.
ler de lui, et une bienveillance constante le porte^à
écouter les autres avec intérêt. Peut-être même
menl de l’assassinat.
Nous recevons les dépêches télégraphiques suis’oublie-t-il tellement dans sa modestie, qu’il y a des
n Cette reconnaissance, qui ne pouvait plus laisser gens tentés de l’oublier. Cependant, il se trouve' un vaflfes :
le moindre doute sur l’identité des assassins, aurait jour où les musiciens attendus ont manqué ; la maî
« Vienne, 28 décembre.
» Un décret du ministre des finances ordonne qu’au
été, en outre, fortifiée par la femme de l’un d’eux, la tresse de la maison se souvient alors qu’il s’occupe
belle-fille, qui aurait aussi reconnu le mouchoir qui de musique ; elle le prie de venir à son secours et de fur et à mesure qu’on retirera les billets de 1,2 et 5
avait servi à lier les pieds de la victime, et le mor vouloir bien se mettre au piano. Il hésite, et en cé florins (ancienoe monnaie), on devra émettre des
ceau de linge qu’on lui avait enfoncé dans la bouche dant, il dit que c’est uniquement pour ne point avoir billets de un florin (nouvelle monnaie) jusqu’à con
en guise de tampon pour étouffer ses cris, comme les l’air de donner de l’importance à ce qu’il peut faire. currence de 100 millions. Cette émission sera garan
ayant vus en la possession de son mari le jour du Il commence un joli morceau plein de grâce ; on en tie par les biens des domaines.
» Un avis émanant de la banque impériale annonce
crime, au moment où il avait quitté le domicile com demande un autre, et après une succession très va
mun, entrecinq et six heures du matin. Une perqui riée de romances agréables, on découvre que, paro l’émission de nouveaux billets de un florin, ajoutant
que dans le cours de l’année 1859 tous les billets de
sition faite ensuite à leur dernier domicile aurait fait les et musique , tout est de sa composition.
l’ancienne monnaie seront retirés de la circulation.
retrouver la pièce de linge à laquelle avait été arraché
b Cependant le monde savant s’occupe d’un travail
» Ce même avis promet en outre des mesures pour
le morceau qui avait servi de tampon, ainsi que le heureux : une mécanique très ingénieuse est vanlée
crucifix devant lequel les assassins avaient fait jurer à l’académie de médecine par M. le barron Larrey, augmenter l’encaisse.
» Vienne, 29 décembre.
à la mère de l’un d’eux de garder secret, et ces deux avec cet amour du bien et ce (aient supérieur pour le
» Les dernières nouvelles reçues ici font espérer
objets auraient également été saisis pour servir de faire qui se manifestent jusque dans la précision de
pièces à conviction.
ses paroles. Il fait un rapport sur le pied artificiel de un prompt arrangement de l’affaire de Servie.
o Tels sont les principaux faits qui viennent de M. de Beaufort, qui vient en aide aux amputés. Ohl
»Madrid, 29 décembre.
mettre la justice, après trois années d’investigations , dans les salons on danse, on chante, on cause, et Dieu
» Hier, dans le congrès, M. Gonzalès Bravo a vi
sur la trace des auteurs d'un crime qui avait causé sait si l’on y pense aux malades, aux infirmes et aux
une profonde émotion dans le quartier populeux qui amputés, ces victimes douloureuses de la société. vement attaqué le gouvernement.
s On dit que la commission chargée de la vérifi
en a été le théâtre et dans lequel ces faits sont depuis Pourtant, pendant que les uns s’amusent à l’éclat
deux ou trois jours le sujet de la plupart des conver merveilleux des lustres et aux accords enchanteurs de cation des pouvoirs , propose l’annulation de 7 élec
tions.
sations. »
la musique, d'autres gisent sur des lits de douleur.
„
» Berlin, 29 décembre.
Mais tout le monde ne les oublie pas. Voici donc
» On mande de Belgrade , le 28 décembre, que le
qu’un des plus illustres, parmi ceux qui donnent leur sénat de Servie et la skuptschina sont d’accord en ce
vie à la science pour venir en aide au malheur, qui concerne l’établissement d’un gouvernement pro
VARIÉTÉS.
M. Larreÿ expose à l’élite des savants qu’un appareil visoire.
simple, peu dispendieux, vient au secours des pau
» Le commandement de l’armée serbe a été remis
Sous ce titre : Considérations générales sur la pro vres amputés. Jusqu'ici, une jambe et un pied méca au prince Kerka.
thèse des membres, notre compatriote M. le comte de niques étaient d’un prix très élevé, et les soldats
» Les réfugiés politiques ont été amnistiés.
» On a élu une députation, qui se rendra auprès
Beaufort donne la description d’un appareil dont il employaient ce morceau de bois qu’on nomme pilon
et qui laisse des dangers nombreux par le peu de
est l’inventeur et qui est appelé à rendre de grands surface de ce qui louche à la terre. Le pied Beaufort, du prince Milosch.
» Turin, 28 décembre.
services dans les cas’ d’amputation : nous voulons dit M. Larrey, a, sur (out ce qui s’est fait jusqu’ici,
» Le Journal de Rome, du 24, dément les bruits
parler du pied artificiel ou pied Beaufort, ainsi que de grands avaniages pour la facililé de la marche, la d’après lesquels des dissidences existeraient entre le
diminution de la faligue et l’imilalion du pied natu gouvernement du saint-père et celui de France.
l’appelle déjà la reconnaissance publique.
rel. Aussi déjà, à l’hôpital du Val-de-Grâce, une
Tout ce que les journaux rapportent à cet égard,
si
nature v fait_ cinquantaine
d’amputés, (a plupart ayant reçu Jours “uît cette feuille, est dénué de fondement.
preuve d impuissance , c est surtout, ainsi que Te dit
glorieuses blessures en Crimée, ont été munis de ce
1 auteur, lorsqu il doit combiner à la fois l’apparence nouveau système de~jambes de bois et s'en trouvent
» Londres, 29 décembre.
et l’action. La construction des membres iïïlificiels parfaitement bien. Des sociétés savanles s’en sont
# Le Norlh-Briton apporte des nouvelles de Newnnrln
rP/vfr. lr»c
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DERNIERES NOUVELLES.
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