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Médias

Fait partie de Notice historique sur Cyprien-Prosper Brard : ingénieur civil des mines

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NOTICE HISTORIQUE

C.-P. BRARD.

!

BORDEAUX, IMPRIMERIE DE LAVIGNE JEUNE,
Fossés de l’Intendance, 15.

__

NOTICE HISTORIQUE
SUR

Par F. Jouannet,
Bibliothécaire de la ville de Bordeaux.

À PÉRIGUEUX,
CHEZ F. DUPONT, IMPRIMEUR.

A BORDEAUX,
CHEZ C. LAWALLE, LIBRAIRE.

1839.

NOTICE HISTORIQUE
SUR

CYPRIEN-PROSPER BRARD.

Per artea vitam exercuit, suique memores
alios fecit merendo.

Cyprien-Prosper BRARD , ingénieur civil des mi­
nes, chevalier de la Légion-d’Honneur, membre de
l’Académie royale de Bordeaux et de plusieurs autres
sociétés savantes, naquit à Laigle, département de
l’Orne, le 21 novembre 1786. Il était d’une complexion si délicate , que sa santé donna long-temps à
sa famille de vives inquiétudes : on désespérait de
pouvoir le conserver. Après la mort de son père,
qu’il perdit étant encore en bas-âge , sa mère alla de­
meurer à Paris. Elle aimait tendrement son fils, mais

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sans faiblesse : l’éducation qu’elle lui donna était plus
près de la sévérité, que de ces molles condescendances
qui ont trop souvent gâté d’heureux naturels. Elle sut
lui inspirer dès l’enfance un ardent amour du travail,
et rarement vit-on autant d’activité dans un si faible
corps. S’amuser n’était pour lui que changer d’objet
d’étude. Dans ses promenades, son plus grand plaisir
était de chercher des insectes, pour en augmenter ce
qu’il appelait gravement sa collection. Étant homme,
il se rappelait encore , avec une joie d’enfant, que ,
surpris un jour dans cet exercice par le savant
Walcknaer, il avait eu le bonheur de lui offrir une
araignée d’espèce assez rare ; elle figure dans le Ta­
bleau des aranèides (1). Si le jeune Brard eût conti­
nué de suivre cette première inclination d’un esprit
naturellement observateur, on le compterait proba­
blement aujourd’hui parmi nos grands entomologis­
tes ; mais sa mère, qui songeait à l’avenir, le rap­
pela fermement aux études plus sérieuses de l’école
centrale des Quatre-Nations.
(1) Ouvrage deM. Walcknaer, publié en 1805.
Celte école, qui a produit tant de grands hommes ,
datait de l’époque où la France, en guerre avec toutes
les puissances , s’était vue forcée de tirer d’elle-même
le fer , le plomb , le cuivre , la houille , le salpêtre ,
tous ces instrumens de défense, dont elle se fit bientôt

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des instrumens de victoire. De cette nécessité résulta
un bien immense, un mouvement scientifique et in­
dustriel qui ne s’est plus ralenti. L’art du mineur ,
cet art si difficile, mais si important et pourtant jus­
qu’alors si négligé en France , éveilla toute la solli­
citude du gouvernement d’alors : des cours publics
de minéralogie, de chimie , de mécanique , de toutes
les sciences physiques et naturelles qu’exigent la re­
cherche et l’exploitation des mines, furent institués,
et confiés à des hommes éminens dans chaque partie.
Déjà ces cours étaient en plein exercice lorsque Brard
y parut. Il les suivit tous avec son activité ordinaire ;
mais il s’attacha plus particulièrement au cours de mi­
néralogie , professé par le célèbre Alexandre Brongniart. Jamais professeur plus habile n’eut d’élève
plus jaloux de s’instruire, d’un esprit mieux disposé
à recevoir l’instruction. L’amour de la minéralogie
devint
unesonpassion
chezaului;
et des
celte
passion,
il l’ail
(1) Dans
introduction
Traité
pierres
précieuses,
dit
de
cet
ouvrage
:
«
Je
ne
l’ai
entrepris
que
par
suite
de
dit lui-même, a fait le bonheur de sa vie (1). mon
amour pour une science qui a fait le bonheur de ma vie, et je n’y
Ses camarades d’études furent ses premiers amis,
attache d’autre prix que celui d’être utile à mes concitoyens. »
ceux du moins qui , partageant ses goûts et son ar­
deur, se sont fait depuis, comme lui, un nom dans
les sciences ou dans les arts ; amis sûrs et fidèles, qu’il

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a toujours conservés. On peut dire de lui qu’il a tra­
versé la vie sans changer d’amis, sans s’être fait un
ennemi ; privilège assez rare dans un monde où l’a­
mour-propre est si facile à blesser, où l’émulation
touche de si près à la rivalité, où les succès font trop
souvent naître l’envie. Brard dut cet avantage à ses
qualités personnelles. Sa douce gaîté, son bon esprit,
sa franche modestie , l’égalité de son caractère, et sur­
tout ce généreux amour de la science qui lui faisait
mettre en commun avec ses jeunes amis ce qu’il avait
et ce qu’il savait, lui gagnaient tous les cœurs.
Il était encore sur les bancs, lorsqu’en 1809 il
publia, sous le titre de Manuel du minéralogiste et du
géologue voyageur, un traité qui, depuis, parvenu
à sa troisième édition et considérablement augmenté,
est devenu dans nos écoles un livre classique élémen­
taire. Mais, dès sa première édition, cet ouvrage d’un
auteur à peine âgé de dix-neuf ans , avait été remar­
qué dans le monde savant, pour la précision, la clarté,
l’exactitude des définitions, et pour l’ordre méthodi­
que avec lequel, dans un cadre assez étroit, le ta­
bleau complet des substances minérales alors connues
se trouvait présenté.
Quand Brard eut terminé ses études classiques ,
sentant la nécessité de les fortifier par celles de la na­
ture , il voyagea et parcourut, toujours à pied, la
Suisse, les Alpes, l’Autriche, la Saxe et le Palatinat , recueillant sur les faits géologiques, sur les

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grands accidens de terrain, sur les travaux des mi­
nes , sur toutes les entreprises industrielles, cette foule
d’observations qu’il a semées dans ses écrits. Au mi­
lieu de ces excursions, pénibles pour tout autre , mais
pour lui pleines de charme , une pensée soutenait son
courage : l’espoir d’enrichir un jour sa patrie du fruit
de ses travaux. Plus heureux que tant d’autres natu­
ralistes morts à la peine , il a eu le bonheur de voir
ses espérances réalisées.
Au retour de ses voyages, il fut nommé aide-na­
turaliste du professeur de géologie au Muséum d’his­
toire naturelle de Paris. La chaire était alors occupée
par Faujas, l’élève et l’ami de l’immortel Buffon.
Faujas avait soixante ans , Brard n’en avait que vingtdeux ; mais la sympathie des âmes ne lient aucun
compte de ces différences d’âge : les qualités morales
de l’un se retrouvaient chez l’autre ; c’était chez tous
deux même simplicité de mœurs, même douceur de
caractère, même modestie, même sensibilité. Tous
deux aimaient la science pour elle-même , sans autre
ambition que celle de l’appliquer au bonheur de l’hu­
manité ; ils ne songeaient pas à s’en faire un instru­
ment de fortune. Faujas voyait s’approcher la fin
d’une carrière uniquement consacrée à l’étude de la
nature et aux arts industriels ; Brard , en commen­
çant la sienne , avait déjà prouvé qu’elle tendait au
même but. Cette heureuse conformité de vues, de
goûts, de sentimens, nous explique l’étroite amitié

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qui s’établit aussitôt entre le professeur et son aide.
La mort seule a pu la rompre, mais elle ne l’effaça
point du cœur de Brard. Nous voyons, en effet, dans
tout ce qu’il a publié , avec quel soin religieux il ne
laisse échapper aucune occasion d’honorer la mémoire
de l’ami qu’il avait perdu. Quand il parlait de lui,
et il aimait à en parler, ce n’était jamais sans être
profondément attendri. Si parfois il entendait un
homme supérieur relever quelque erreur dans les
écrits de Faujas, il s’affligeait, non d’une juste cri­
tique , mais de ce qu’elle était trop sévère ; il aurait
voulu qu’on tînt plus de compte des progrès que la
science avait faits, et qu’on évitât de blesser un homme
qui n’avait jamais blessé personne.
L’entrée de Brard au Muséum d’histoire naturelle
fut signalée par la publication de son Traité des pier­
res précieuses, qui renferme et l’histoire des substances
minérales susceptibles d’être taillées par le lapidaire ,
et la description des roches que le marbrier polit, ou
que le sculpteur emploie à la décoration des grands
édifices. Les pierres précieuses sont le luxe de la mi­
néralogie , comme les fleurs sont le luxe de la bota­
nique ; mais la science considère sous un autre point
de vue ces belles substances. En classant méthodique­
ment tous les faits dont se compose l’histoire des gem­
mes , leur gisement, leur exploitation à l’état brut,
le travail du lapidaire , et leur prix en sortant de ses
mains, Brard se proposa d’être utile aux commer-

11
eans en pierres fines , aux artistes , aux amateurs ; il
voulut les mettre en garde contre la fraude, et, par
l’exposé des caractères physiques et chimiques de cha­
que gemme, leur fournir les moyens de distinguer
facilement le vrai du faux. De même, ce fut en vue
de seconder l’industrie appliquée au travail du por­
phyre , du granit et du marbre , que, dans la dernière
partie de l’ouvrage , il indique les variétés de ces ro­
ches , les carrières d’où on les tire, les procédés em­
ployés pour les polir, et les ingénieuses machines en
usage dans les ateliers où cette industrie a été portée
à sa perfection.
Si l’on veut apprécier le vrai mérite des ouvrages
de Brard, il faut se rappeler qu’il écrivit non pour
les savans , mais pour la classe industrielle ; non pour
faire montre de son savoir , mais pour le rendre pro­
fitable aux autres. Son intention était de populariser
la science : or, pour la populariser, il fallait la ren­
dre aimable. Voilà pourquoi, sans rien omettre de
scientifiquement nécessaire, souvent il mêle aux dé­
tails purement techniques des souvenirs attachans et
instructifs, qui viennent naturellement se grouper
autour du sujet dont il vous entretient. Ainsi, dans le
Traité des pierres précieuses, après avoir indiqué la
patrie des diamans, décrit le sol qui les recèle, le
mode de leur extraction, la manière dont s’en fait le
commerce, il mentionne les diamans que leur pureté
ou leur grosseur a rendus célèbres, et vous fait voir

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par quelles mains ils ont passé des sables de l’Inde
dans le trésor des têtes couronnées. Ailleurs, à l’oc­
casion des pierres dures, il énumère les chefs-d’œuvre
antiques ou modernes que la gravure et la sculpture
en ont su tirer : ces camées, ces vases, ces statues qui,
après avoir immortalisé le nom de leurs auteurs, font
aujourd’hui l’ornement des plus riches musées de l’Eu­
rope. Avouons-le, ces souvenirs d’un homme de goût
répandent du charme sur l’instruction, et la science
lui sait gré de les lui avoir donnés pour parure , sans
lui faire rien perdre de son exactitude et de sa dignité.
Le Traité des pierres précieuses n’était que l’appen­
dice d’un ouvrage beaucoup plus étendu , dans lequel
Brard se proposait de faire pour tous les arts qui em­
pruntent quelque chose de la minéralogie, ce qu’il avait
fait pour ceux du lapidaire et du marbrier ; mais il ne
devait mettre au jour cette autre production qu’après
dix ans de voyages, d’explorations dans les grands ate­
liers, de relations fréquentes avec les meilleurs fabricans, d’entretiens avec les artistes les plus distingués.
On avait déjà beaucoup écrit sur la minéralogie, nous
avions de savans traités, d’admirables théories ; mais
les entrepreneurs, les manufacturiers attendaient en­
core un livre spécialement destiné à faire connaître
celte foule de substances naturelles ou artificielles
qu’emploient l’agriculture, le commerce et les arts.
Ce fut pour combler celte lacune qu’en 1820 Brard
publia la Minéralogie appliquée aux arts,

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Quand ces trois volumes parurent, objet de beau­
coup d’éloges, ils le furent aussi de quelques critiques.
On aurait voulu que, sans rien changer au plan gé­
néral de l’ouvrage, l’auteur en eût retranché tout ce
qui est relatif au gisement et à l’exploitation des mi­
néraux : ainsi réduit, il eut été d’un prix plus acces­
sible à toutes les fortunes. Qui en doute? Mais c’était
vouloir que Brard se fût proposé seulement d’écrire
un simple manuel ; or, tel n’était pas son but. Il vou­
lait éclairer des hommes en général peu familiarisés
avec la science, et cependant jaloux d’en connaître
tout ce qui se rapporte à leur genre d’industrie, aux
matières premières sur lesquelles ils opèrent. La seule
chose qu’on soit en droit d’exiger d’un auteur qui
s’impose pareille tâche , c’est que , toujours clair , tou­
jours exact dans les détails auxquels il est forcé de se
livrer , il se tienne toujours à la hauteur de la science.
Jugé sous ce point de vue , l’ouvrage, traduit en plu­
sieurs langues , a obtenu partout un succès incontes­
table. Partout on est convenu qu’en considérant la
minéralogie sous un aspect tout nouveau , l’auteur
avait fait un travail éminemment utile , qui lui assu­
rait une gloire durable , et comme savant, et comme
très-versé dans la connaissance des arts industriels.
Il est un autre témoignage que lui a rendu son sa­
vant critique lui-même : c’est que , dans la Minéra­
logie appliquée aux arts, « Brard s’est attaché, avec
» un soin tout patriotique , à faire valoir les nom-

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» breux établissemens où l’on traite en France les mi» nerais salins et métalliques , en les comparant avec
» impartialité aux établissemens étrangers dont nous
» avons été si long-temps tributaires. » Nul éloge ne
fut mieux mérité, nul ne fut plus agréable à ce cœur
vraiment français. Content d’avoir été compris sur ce
point, Brard se consolait de ne l’avoir pas été sur
d’autres.
Mais tous les arts dont il a parlé en supposent un
autre auquel il avait consacré sa vie, et qui dut être
plus particulièrement l’objet de ses méditations : je
veux parler de l’art d’exploiter les mines, art difficile
et compliqué, dont la pratique mal dirigée compro­
met la vie des hommes et ruine quelquefois les entre­
prises les mieux conçues. D’illustres minéralogistes,
les Délius, les Jars, les Monnet; plus récemment,
les Héron-de-Villefosse, les Daubusson et quelques
autres, en avaient déjà tracé les règles. Mais leurs
savantes leçons, ou consignées dans des ouvrages d’un
prix trop élevé , ou disséminées dans des recueils trop
volumineux, étaient presque ignorées des hommes
qui cependant ont le plus d’intérêt à les connaître.
C’était donc un important service à rendre aux exploitans, aux directeurs de mines, aux maîtres mi­
neurs eux-mêmes, que de rassembler dans un volume
de format commode, et d’un prix modique, tant de
documens épars ; Brard l’entreprit. Ses Elémens d’ex­
ploitation parurent en 1829, date qui nous avertit

15
que ce livre était le fruit de trente ans d’études et
d’expérience.
Ecoutons-le nous exposer lui-même , dans l’intro­
duction de l’ouvrage , les motifs qui le déterminèrent
à s’imposer ce travail.
« Tant d’hommes distingués, dit-il, se sont occu» pés de l’art des mines, qu’il devenait difficile de
» composer un nouvel ouvrage sur ce même sujet,
» sans rentrer à chaque instant dans un champ déjà
» cultivé ; mais, bien déterminé à faire honneur à cha» cun de son propre ouvrage, et à ne me réserver
» que le faible mérite d’avoir disposé et coordonné
» ces différens documens avec ordre et méthode, en
» y ajoutant ce qu’une longue pratique m’a person» nellement appris , j’ai encore entrevu le moyen
» d’être utile à mes concitoyens, et je n’ai pas ha» lancé à mettre la main à l’œuvre. »
Dans ce peu de lignes on reconnaît bien l’ame de
Brard, le but qu’il se proposa, et celte probité littéraire
devenue si rare de nos jours qu’on en a fait une espèce
de mérite. Il a sans doute beaucoup emprunté de ses
devanciers, mais en homme riche de son propre fonds,
en homme pratique, qui avait long-temps vécu sur
les travaux, et à qui son commerce habituel avec les
mineurs avait révélé nombre de faits , d’observations,
de détails qu’ignorent souvent les directeurs, qui,
croyant mieux voir de plus haut, se tiennent toujours
à distance du simple ouvrier.

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Ce qui lui appartient en propre dans l’ouvrage est
beaucoup plus important que sa modestie ne le laisse
entrevoir. C’est surtout dans le chapitre où il traite
de la conservation des hommes, et dans celui où il
expose les principes d’une bonne administration, que
l’on trouve nombre d’articles réglementaires dont la
sage philanthropie tend au bien-être de l’ouvrier , à le
préserver autant que possible des dangers qui l’envi­
ronnent , à lui inspirer des sentimens honnêtes, à le
familiariser avec des idées de morale et de prévoyance
qui le mettront à l’abri de la misère Tout ce qu’il
conseille à cet égard aux directeurs des mines, il l’a
pratiqué lui-même dans les différentes entreprises dont
la direction lui fut confiée. Aussi, bien qu’il se mon­
trât sévère dans tout ce qui concernait le service, les
ouvriers le révéraient et l’aimaient comme un père.
Il nous reste de Brard d’autres ouvrages que leur
forme originale, leur succès prodigieux et les cou­
ronnes académiques ont rendus célèbres : la Miné­
ralogie populaire, Maître Pierre ou le Savant de vil­
lage , souvent réimprimés à plusieurs milliers d’exem­
plaires, et toujours redemandés / sont dans toutes les
mains. Ces petits volumes de la Bibliothèque popu­
laire sont écrits avec une simplicité charmante ; le ca­
dre en est heureusement imaginé. La Minéralogie po­
pulaire , adressée aux cultivateurs et aux artisans ,
les entretient des substances minérales qui sont l’objet journalier de leurs travaux ; elle leur donne en­

17
suite des avis généraux sur leur meilleur emploi, sur
les dangers à éviter , sur les préjugés contre lesquels
ils doivent se tenir en garde. Dans le Savant de vil­
lage , maître Pierre leur fait un cours industriel ; et
voyageant avec eux de manufacture en manufacture ,
il leur en explique les produits, leur montre l’usage
qu’on en fait et celui qu’on en pourrait faire. L’ou­
vrage est semé d’épisodes naturellement amenés pour
fournir matière à de nouvelles explications. Dans un
autre volume , maître Pierre , se faisant architecte,
leur enseigne l’art de bâtir, non des palais , mais une
modeste ferme qui réunisse à la fois ce qu’on ne trouve
pas toujours dans les palais : solidité , convenance,
distribution commode. Toujours simple, toujours vrai,
l’auteur , ou plutôt maître Pierre, car l’auteur a dis­
paru , maître Pierre fait de l’architecture en termes
si faciles à comprendre, que l’ignorance elle-même
entendrait sa langue.
C’est un rare talent que celui d’habiller le savoir
de manière à lui donner accès dans les chaumières,
sans effaroucher leurs habitans, en leur faisant au
contraire aimer et désirer ses leçons. Mais ce n’est
pas seulement à la classe populaire que la lecture de
ces opuscules peut être profitable; beaucoup d’hommes
instruits ne liront pas sans fruit ce que maître Pierre
dit de l’industrie , de l’emploi des machines et du pré­
jugé qui veut que cet emploi nuise à différentes classes
d’artisans. L’architecte se réjouira de trouver, dans

18
la Minéralogie populaire, un moyen infaillible déju­
ger si telle pierre d’appareil, qu’il destine à ses cons­
tructions, est gélive ou non. Enfin , les administra­
teurs mêmes de nos grandes cités trouveront, dans le
chapitre sur la mendicité , ample matière à de sérieu­
ses réflexions ; car maître Pierre fait aussi de la phi­
losophie , mais du même ton qu’il fait de l’architec­
ture et de l’industrie, sans prétention , sans avoir
l’air de se douter de son savoir.
Je n’ai pas énuméré tous les ouvrages de Brard , et
déjà peut-être, d’après le peu que j’en ai dit, serat-on tenté d’imaginer qu’écrire fut le principal emploi
de sa vie; ce n’en fut que l’utile amusement, une
distraction dans les momens de loisir que lui laissaient
les grandes entreprises dont il fut chargé.
Appelé en 1813 à la direction des mines de Servoz
en Savoie, il y signala son esprit observateur et in­
ventif par de mémorables expériences sur l’anthra­
cite , substance minérale que l’on dédaignait comme
peu propre à servir de combustible. Brard essaya
d’abord de l’employer à chauffer des fours à chaux,
il la fit servir à la forge, à la clouterie ; convaincu
par le succès de tous ses essais que, pour produire
un énorme degré de chaleur, un feu d’anthracite n’avait
besoin que d’une très-grande quantité d’air, il con­
çut la pensée de l’appliquer au traitement des mine­
rais de Servoz. Vainement des métallurgistes, hommes
de savoir et d’expérience, voulurent le détourner

19
d’une tentative qui serait, disaient-ils, sans succès ; il
persista et réussit. L’opiniâtreté, qualité déplorable
chez le vulgaire , conduit quelquefois l’homme supé­
rieur à d’utiles découvertes. Le minerai de Servoz,
éminemment réfractaire , est un composé de différens
métaux unis à une forte portion de quartz, et plu­
sieurs des composans sont à l’état de combinaison in­
time. Sans entrer dans le détail du traitement adopté
par Brard, il me suffira de remarquer qu’avant lui
ce minerai, soumis à des fontes et à des grillages suc­
cessifs , passait jusqu’à soixante fois au feu avant de
rendre le plomb et le cuivre qu’il recèle ; sous la di­
rection de Brard , sept feux de réverbère, entretenus
seulement avec l’anthracite, et un dernier feu au
charbon de bois , pour l’affinage du cuivre, obtinrent
constamment le même résultat. Quand on connaît
l’abondance de l’anthracite dans les Alpes, on peut
apprécier toute la portée du procédé de Brard sous le
rapport de l’économie.
Il dirigeait encore les mines de Servoz, lorsqu’en
1815 il épousa une jeune et belle personne, peu for­
tunée , mais bien élevée et digne de lui par son bon
esprit, ses qualités personnelles et ses vertus. L’année
suivante , devenu l’un des concessionnaires des houil­
lères du département de la Dordogne , situées dans la
commune de Saint-Lazare , près Terrasson , il quitta
Servoz et vint avec son épouse habiter sur la conces­
sion.

20
Ici, tout était à créer. Depuis long-temps l’exploi­
tation avait été abandonnée ; les anciens travaux ne
pouvaient être repris , tant ils avaient été mal conçus,
mal dirigés ; il fallut transporter le centre des opéra­
tions sur un point plus favorable. Brard choisit le
Lardin , endroit situé au bord de la grande route de
Lyon , sur la rive droite de la Vézère : on promettait
alors de rendre cette rivière navigable. La couche de
houille fut attaquée sur ce point avec l’espoir que don­
naient les plus belles apparences ; mais le charbon ,
comme il arrive toujours près de la surface , se trouva
d’une qualité inférieure. En attendant qu’il s’amélio­
rât dans la profondeur, la prudence et l’économie
commandaient d’utiliser ce produit sur les lieux. C’est
pour cela qu’à deux pas des galeries , Brard établit des
fours à chaux d’un système économique , une clou­
terie, une briqueterie et une grande verrerie. La
houille exploitée chauffa toutes ces usines; les coteaux
voisins fournirent l’argile , la chaux et les divers ma­
tériaux nécessaires aux constructions : ainsi, les pro­
duits naturels du pays servirent à édifier ce qui devait
permettre d’attendre de meilleurs jours.
En 1822 , les divers ateliers du Lardin occupaient
déjà deux cents ouvriers, mineurs et autres, soumis
à des réglemens si prévoyans , si sages, que nul d’en­
tre eux n’eût osé les enfreindre ou murmurer quand,
chose très-rare, il survenait quelque infraction à punir.
Brard, toujours occupé d’améliorer leur sort, avait

21
fondé pour eux une caisse de secours et une école
mutuelle. L’une fournissait les moyens de subvenir à
leurs besoins en cas de maladie ou d’accidens impré­
vus ; l’autre, en les faisant participer au bienfait de
l’instruction , donnait à ses leçons une direction mo­
rale et religieuse propre à maintenir dans les familles
l’union , la paix et les bonnes mœurs. Tous les ou­
vriers étaient tenus d’assister aux classes le dimanche ,
à midi, dans la cour de la verrerie, aire assez vaste
pour qu’on eût peint en grand sur ses murs, d’un
côté, les tableaux du syllabaire et de la lecture ; de
l’autre, des figures de géométrie pratique. Les élèves
en état de lire couramment passaient de la cour dans
une salle attenante, où ils trouvaient les tables, les
ardoises et les crayons nécessaires à l’enseignement de
l’écriture.
J’ai assisté plusieurs fois à ces cours : rien de plus
intéressant à observer que cette réunion d’hommes et
d’enfans, avides de s’instruire et heureux d’apprendre.
Chaque groupe, les yeux fixés sur son tableau , n’était
attentif qu’à la voix et à la baguette de son moniteur.
Quelquefois ce moniteur avait son père pour auditeur;
mais il n’en résultait aucun inconvénient : l’enfant ne
se glorifiait pas de son savoir d’hier, le père ne rou­
gissait pas d’ignorer ce qu’on ne lui avait jamais ap­
pris. Loin d’altérer le respect filial, cette instruction
donnée en commun resserrait encore les liens de fa­
mille.

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La bienfaisance de Brard ne se bornait pas seule­
ment au personnel de l’établissement : la classe agri­
cole du pays était aussi l’objet de ses prévoyantes sol­
licitudes. A force de patience, souvent même à ses
dépens, il apprit à ces hommes simples à augmenter
le produit de leurs terres par l’emploi de la chaux fu­
sée , des cendres , des urates ; et ce qu’il leur conseil­
lait , il le pratiquait devant eux. Il améliora , il vivifia
tout autour de lui. Le Lardin, désert avant son ar­
rivée , devint un petit village remarquable par la
propreté de ses maisonnettes et par l’aisance de ses
habitans. Un jour peut-être les ouvrages scientifiques
de Brard seront éclipsés par d’autres, car la science
est progressive et trop oublieuse des anciens services ;
mais la mémoire de cet excellent homme vivra tou­
jours dans le cœur des bons villageois du Lardin.
A l’époque que je viens de rappeler, l’espérance
entretenait l’ardeur et l’activité sur tous les travaux
du Lardin; elle les soutint même encore pendant deux
ou trois ans ; mais ensuite l’entreprise subit le sort
commun à beaucoup d’autres. Les gains que l’on es­
père de ces sortes de spéculations sont toujours incer­
tains , et les compagnies exploitantes toujours pressées
de jouir ; elles se lassent des sacrifices, et quelquefois,
à la veille du succès , elles manquent de persévérance.
Heureux alors l’homme placé à la tête des travaux ,
si l’on ne rejette pas sur lui la fâcheuse issue de l’en­
treprise , quand il serait plus juste de l’imputer, tan­

23
tôt au manque de constance, tantôt à la nature même
qui nous cache ses secrets , et se joue souvent des pré­
visions les plus sages. En 1828 , il ne restait plus au
Lardin , de tout ce que Brard y avait créé, que le
village , une grande verrerie déserte , l’école et ses ta­
bleaux abandonnés, des galeries sans ouvriers, les
fours à chaux et des monceaux de déblais : muets
témoins qui attesteront long-temps encore qu’un sa­
vant habita ces lieux ; que , pendant dix années d’une
vie laborieuse , il tenta de les enrichir , d’y répandre
l’instruction et le bonheur. En passant au Lardin , le
voyageur étonné s’informera du nom de cet ami de
l’humanité ; on le lui dira en nommant le village , car
les habitans viennent d’être autorisés (1) à changer le
nom de Lardin en celui de Brard-Ville. Durable et
touchant témoignage de la reconnaissance publique
pour les services que Brard a rendus, non-seulement
à ce petit coin de terre , mais à tout le département
de la Dordogne.
Appelé en 1827 à la direction des houillères de
Fréjus , il partit du Lardin le 27 juillet, abreuvé de
dégoûts et de chagrins , paiement ordinaire que l’in­
gratitude , déçue de ses espérances , réserve aux hom­
mes dont elle attendait sa fortune. Les marques pu­
bliques d’estime et de regret qu’après son départ il

(1 ) Ordonnance du Roi, du 29 avril 1859 , rendue sur la de­
mande du conseil municipal de Saint-Lazare.

24
reçut du conseil général de la Dordogne, et le beau
ciel de la Provence, auraient pu lui faire oublier les
tracasseries qui venaient de troubler sa vie ; mais sa
santé altérée ne put s’accommoder des fatigues que lui
imposait la distance des travaux à conduire dans un
pays montueux et difficile. Il y séjourna donc peu de
temps. Ce court séjour 11e fut cependant pas perdu
pour la science. En parcourant la campagne pour en
étudier les terrains, il découvrit et reconnut, à la
porte de l’église de Caille , une masse de fer météori­
que du poids de 700 kilog. L’heureuse découverte fit
du bruit dans le monde savant ; la chimie constata
aussitôt le jugement qu’au premier aperçu Brard avait
porté de cet énorme bolide. Grâce à ses investigations,
on apprit que, tombé il y a près de deux cents ans
sur la montagne d’Audeberg , voisine de Caille, il
avait été transporté à la porte de l’église comme une
pierre arrivée du ciel. Sur elle, les paysans de l’en­
droit venaient dévoiement aiguiser leurs faux. Elle a
changé de destination ; et le fameux aérolithe de
Caille, voituré à Paris aux frais du gouvernement,
est aujourd’hui déposé au Muséum d’histoire natu­
relle.
A la fin de 1828, la société houillère d’Alais (Rochebelle et Trélis), apprenant que des raisons de santé
allaient forcer Brard de renoncer à Fréjus, désira
s’attacher un homme si recommandable par son sa­
voir et ses qualités personnelles. Elle lui fit faire des

25
propositions ; il accepta et n’eut qu’à s’en féliciter.
L’exploitation des charbons d’Alais, située dans un
des faubourgs de la ville, était en plein rapport;
ainsi, plus de fatigues au-dessus de ses forces, plus
de désagrémens de la part d’une compagnie mécon­
tente des résultats. Il se trouvait lié à la fortune d’une
grande entreprise, munie de puissans moyens d’ex­
traction, et susceptible d’améliorations. On lui assu­
rait un traitement avantageux, et dès son arrivée il
avait été accueilli avec tous les égards dus à son mé­
rite. Que fallait-il de plus au modeste Brard pour se
croire heureux? Jamais , au temps même de sa jeu­
nesse , l’avenir ne s’était présenté à lui sous de plus
riantes couleurs. Un événement dont lui seul fut
étonné vint entretenir ses douces illusions. En 1831,
le Roi, instruit de ses longs et utiles travaux , lui en
décerna la récompense , et le nomma chevalier de la
Légion-d’Honneur. Il avait tout fait pour mériter la
croix, et rien pour l’obtenir ; mais cette fois la justice
du monarque vint au-devant du mérite. Brard en
ressentit la joie la plus vive ; joie pure et sans mé­
lange qui devait être la dernière de sa vie. Au mo­
ment même que, chéri, considéré de tous ceux qui
l’entouraient, il rêvait d’heureux jours , la mort lui
ravit avant l’âge l’épouse adorée à laquelle il rap­
portait tous ses rêves de bonheur (1).
( I ) M.mp Brard, née Julie Bersat, mourut à Alais le 24janv. 1832.

26
Brard supporta ce coup avec tout ce que la rési­
gnation à la volonté divine peut inspirer de courage
à une ame brisée par la douleur. Il lui restait de son
mariage une fille qu’il aimait tendrement; elle fut
sa seule consolation. Dans l’intérêt de cet enfant, il se
proposait de rester à la place honorable qu’il occu­
pait aux mines d’Alais ; mais il ne put résister long­
temps aux instances de sa vieille mère qui le rappe­
lait près d’elle , au Lardin : car , à l’époque où l’en­
droit était encore florissant, elle y avait acquis un
petit bien , dans l’idée de se rapprocher de son fils.
Brard obéit donc à la nécessité d’aller soulager sa mère
des soins qu’exigeait l’administration de cette modeste
propriété. En quittant Alais (1), il emporta les vifs
regrets de l’administration, et ces marques d’affec­
tion lui furent plus sensibles que l’année de traite­
ment qu’on le pria d’accepter en reconnaissance de
ses services.
Il ne revit sa mère que pour la perdre peu de temps
après (2) : ce fut un nouveau trait enfoncé dans une
blessure encore saignante. Les dernières années de
Brard se passèrent en alternatives de souffrances cau­
sées par la maladie chronique dont il est mort, et de
travaux scientifiques qu’il n’interrompait qu’à regret.

(1) Brard en partit en août 1 832.
(2) M.me Marguerite-Françoise Adam, veuve Brard, mère de
Cyprien-Prosper, mourut au Lardin le 28 août 1834.

27
Dans les premiers temps , les intervalles de mieux fu­
rent assez longs ; il put faire quelques voyages dans
le Nord et visiter des mines de charbon, pour l’exploi­
tation desquelles on implorait ses conseils ; il put
même terminer quelques ouvrages qui ont vu le jour.
Que n’a-t-il assez vécu pour achever aussi la Statis­
tique du département de la Dordogne, dont l’avait
chargé le conseil général en 1834 ! L’ouvrage, à la
vérité , déjà très-avancé, ne laissera au continuateur
qu’une tâche facile à remplir ; mais on regrettera tou­
jours que Brard n’ait pu le terminer lui-même. Quel
homme apportera jamais à ce travail consciencieux
autant de lumières et d’amour de la vérité?
Dans ces derniers temps , lorsque les crises fâcheu­
ses devinrent plus fréquentes, aussitôt qu’elles étaient
calmées, il se faisait apporter dans son lit l’ouvrage
commencé , et le continuait avec une sérénité que ne
concevaient pas ceux qui connaissaient son état. On
aurait dit que, prévoyant sa fin prochaine, il dispu­
tait froidement à la mort tous les momens qu’il pou­
vait utiliser. Mais enfin des souffrances inouïes , pro­
longées sans relâche pendant plusieurs jours, l’arra­
chèrent au travail et à la vie.
Il est mort le 28 novembre dernier, laissant à sa
fille , dont il a reçu les soins consolans jusqu’au mo­
ment suprême; à un neveu digne de lui, qu’il allait
nommer son gendre ; à tous ceux qui ont été témoins
de sa fin religieuse, l’exemple de ses vertus, le sou-

28
venir de ses travaux et d’éternels regrets. Sa perte
n’a pas été moins sensible à ses amis, à ceux surtout
qui, comme moi, admis dans son intimité, ont pu
apprécier combien cette ame si simple et si bonne,
renfermait de pensers généreux , de nobles sentimens,
d’amour de la patrie, de dévoûment à la cause de
l’humanité. Tous ceux qui eurent des relations avec
lui l’ont aimé et l’ont regretté ; les étrangers mêmes,
qui ne connaissaient Brard que par ses écrits, ont
déploré la fatalité qui a si cruellement enlevé à la
science un homme dont elle pouvait attendre encore
de nombreux services.

f-'-- AA VILLE
PÉRIGUEUX

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PUBLIÉS

PAR C.-P. BRARD.

Manuel du Minéralogiste et du Géologue voya­
geur. — Paris, de l’imprimerie de Puigneray,
an XIII (1805).
Traité des Pierres précieuses , des Porphyres, des
Granits, Marbres et autres roches propres à rece­
voir le poli, et à orner les monumens publics et
les édifices particuliers , etc. — Paris, Schoell,
1808 ; 2 vol., petit in-8°, ornés de planches.
Mémoire sur la Natrolithe , imprimé dans les An­
nales du Muséum d’histoire naturelle. — Ann. 1808.
Nota. Brard , à son retour d’Allemagne, découvrit la
natrolithe au pic volcanique de Hochen-Tweil, près de
Signen : il est le premier minéralogiste français qui ait
indiqué un gisement certain de cette substance.

Mémoire sur les Coquilles fossiles qui semblent
avoir appartenu aux genres qui sont aujourd’hui
terrestres et fluviatiles. — Imprimé dans les An­
nales du Muséum d’histoire naturelle. — Ann. 18101811.

30
5. Histoire des Coquilles terrestres et fluviatiles
qui vivent aux environs de Paris. — Paris, Paschoud , 1815 ; in-12 orné de 10 fig.
6. Minéralogie appliquée aux arts, ou Histoire des
Minéraux qui sont employés dans l’agriculture,
l’économie domestique, la médecine, etc. —Stras­
bourg et Paris, F.-G. Levrault; 3 vol. in-8°, avec
15 planches.
7. Mémoire sur un nouveau procédé tendant à recon­
naître immédiatement les pierres gélives. — Pé­
rigueux, Dupont, 1821 ; in-8°.
Ce Mémoire a été réimprimé dans le Bulletin de la So­
ciété d’encouragement, et a valu à son auteur la médaille
d’or de première classe-

8. Elémens de Minéralogie , ou Manuel du Minéra­
logiste voyageur , 2e édition , considérablement
augmentée.—Paris, Mequignon-Marvis, 1824;
in-8°.
Il a paru une 3e édition de cet ouvrage en 1 836. —
Paris, chez le même.

9. Description de la grande Ecole gratuite en plein air
de M. Brard, à l’usage des ouvriers et de leurs
enfans. — Paris , Colas, 1824 ; br. in-8°, avec fig.
10. Compte rendu des travaux de la première année de
l’Ecole fondée en faveur des pauvres ouvriers de
la mine et de la verrerie du Lardin. — Paris , de
l’impr. de Fain, brocb. in-8°, 1825.
11. Minéralogie populaire, ouvrage couronné par la
Société pour l’instruction élémentaire. — Paris,
Louis Colas , in-18 , 1826.

31
12. Plan d’un Musée public de Technologie. — Péri­
gueux , chez Dupont père et fils, 1827, br. in-8°.
13. Maître Pierre , ou le Savant de village , Entre­
tiens sur l’industrie. —Paris, 1831, 1 vol. in-18.
14. Description historique d’une Collection de Minéra­
logie appliquée aux arts. — Paris, 1833, in-8°.
15. Maître Pierre , ou le Savant de village , Entre­
tiens sur l’art de bâtir à la campagne. — Paris ,
1834, in-18.
16. Dictionnaire usuel de Chimie, de Physique et d’Histoire naturelle. — Paris, chez Dupont, impr.,
rue de Grenelle-Saint-Honoré , n° 55. — 1839,
1 vol. in-8°.
Brard a fourni au nouveau Dictionnaire d’histoire na­
turelle les articles Sel et Théorie de la cristallisation
des volcans ; il a enrichi le Dictionnaire des sciences na­
turelles d’environ quatre cents articles de Minéralogie et
de Géographie physique.
Il a laissé en manuscrit la Statistique , non terminée,
du département de la Dordogne ; et Maître Pierre pas­
teur , ou Entretiens sur l’éducation des troupeaux , ou
vrage non terminé.