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Médias

Fait partie de Charles de Brémond d'Ars, marquis d'Ars, tué à bord de la frégate l'Opale, dans un combat contre les anglais, sur les côtes de Bretagne, le 10 janvier 1761 : Appendice reproduisant les comptes rendus de la notice de M. A. de Barthélemy, avec quelques notes explicatives et complémentaires

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CHARLES DE BREMOND D’ARS

MARQUIS D’ARS
TUÉ A B0RD DE LA FRÉGATE L’OPALE, DANS UN COMBAT CONTRE LES ANGLAIS,

SUR LES COTES DE BRETAGNE,

LE 10 JANVIER

1761 .

APPENDICE
REPRODUISANT LES COMPTES
DE

AVEC

M.

RENDUS DE

LA NOTICE

A. DE BARTHÉLEMY,

QUELQUES NOTES EXPLICATIVES

&

COMPLÉMENTAIRES.

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f BJBLîCTHfc QUE
CE LA VILLE !
CE PÉRIGUEUX j

NANTES
VINCENT FOREST ET ÉMILE GRIMAUD
IMPRIMEURS-ÉDITEURS,
PLACE

DU

COMMERCE ,

4.

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TIRÉ A 100 EXEMPLAIRES.

1.

M. Alfred Nettement, dans le journal l'Union du 11 juin 1866,
a rendu compte de la notice que M. A. de Barthélemy a consacrée
au marquis d’Ars. L’éminent écrivain dont on reproduit l’article en
entier, apporte ainsi, avec sa juste réputation d’historien loyal et
érudit, un nouveau témoignage de sympathie pour le souvenir du
jeune et intrépide marin mort glorieusement en combattant les
ennemis de la France :

« La Revue de Bretagne et de Vendée, cet excellent recueil où le
talent et l’honneur vivent en bon voisinage, aime à rappeler les
belles actions des familles appartenant aux provinces de l’Ouest.
C’est ainsi que M. Anatole de Barthélemy a consacré dernièrement,
dans les pages de cette revue, une notice intéressante à Charles de
Bremond, marquis d’Ars, et au beau combat naval que cet habile
et valeureux officier livra sur les côtes de la Bretagne, vers le
milieu du siècle dernier. Cette notice a été pour M. Anatole de
Barthélemy une occasion de jeter un coup d’œil rétrospectif sur la
maison de Bremond d’Ars dont il est question dans nos plus
anciennes chroniques, et dont l’histoire a été écrite avec celle des
principales maisons de Saintonge, par Léon de Beaumont, Mgr de
Saintes, sous-précepteur du duc de Bourgogne, et neveu de Fénelon.
On sait que l’intention du savant évêque de Saintes avait été de

— 4 —

faire connaître au jeune prince les anciennes races féodales de
l’ouest de la France.
» Il existe des traditions qui font remonter les Bremond d’Ars
au comte Bremond, établi gouverneur d’Auvergne par Charlemagne,
en 774, et à un autre comte Bremond, gouverneur de Lyon en
818. Toujours est-il que cette famille descend sans interruption de
Guillaume de Bremond, seigneur de Palluaud, en Angoumois,
vivant à la fin du Xe siècle, et que, depuis neuf cents ans, elle
figure au premier rang de la noblesse d’Aquitaine. Elle a pour elle
les deux grandes conditions de la noblesse, l’antiquité et l’illus­
tration. Quoiqu’elle ait fourni un archevêque à Bordeaux, en 1375,
et plusieurs membres aux ordres religieux, c’était essentiellement
une noblesse d’épée. Elle teignit de son sang presque tous les
champs de bataille de notre histoire, ceux de Palestine, pendant
les Croisades, comme ceux de France : Nicopolis, Crécy, Azincourt,
sans parler des guerres plus récentes et des mers où les Bremond
se signalèrent par leur mérite et leur bravoure, non moins que par
leur fidélité au service de leurs princes, qui ne firent jamais en vain
appel à leur dévouement, durant la Ligue et la Fronde, comme en
émigration et en Vendée 1.
L’armée compte de nos jours deux officiers-généraux du nom
de Bremond d’Ars 2.
» Le nom d’Ars entra, en 1340, dans la famille de Bremond par
1 M. le marquis de Bremond, de la branche des seigneurs de Géré et de Vernoux,
(plus connu sous le nom de comte Adolphe de Bremond), ancien officier de la
garde royale, qui, en 1830, avait accompagné Charles X à Cherbourg, où le vieux
roi, prêt à quitter la France, avait voulu récompenser ses services et sa fidélité en
le nommant chevalier de Saint-Louis, fut l’un des premiers à répondre à l’appel
de S. A. R. Madame, duchesse de Berry, et prit part à la guerre de Vendée en 1832.
Fait prisonnier après le combat du Port-la-Claye, M. de Bremond passa en jugement
devant la cour d’assises de Bourges et fut acquitté après avoir subi une longue
détention préventive.
2 M. Alfred Nettement désigne ici M. le général comte de Bremond d’Ars,
ancien inspecteur-général de cavalerie, et M. le général marquis Guillaume de
Bremond d’Ars, ancien colonel du 2' régiment de chasseurs d’Afrique.
Voir à la fin de ce recueil les notices sur ces deux officiers-généraux, extraites
des Archives de la Légion-d’Honneur.

— 5 —
le mariage de Guillaume de Bremond avec Jeanne d’Ars, fdle et
héritière de Gombaud II, chevalier, seigneur dudit lieu d’Ars, de
Balanzac, etc., puîné des sires ou princes de Pons, en Saintonge,
eux-mêmes issus des ducs d’Aquitaine.
» La famille de Bremond, dont on peut suivre les générations
successives dans notre histoire, à la trace de leur généreux sang,
fournit à la marine française des officiers remarquables, dans cette
douloureuse période des guerres maritimes du XVIIIe siècle, où la
fortune des armes nous étant devenue contraire par suite de la
mauvaise direction des affaires publiques, il ne resta plus à nos
marins qu’à illustrer nos défaites par leur héroïsme, au lieu d’a­
jouter de nouvelles victoires à celles de leurs devanciers.
» Ce fut alors que le marquis d’Ars, d’abord attaché à l’étatmajor de la Brune, puis commandant de la frégate du roi l'Orphelin
dela Chine, et, plus tard, les frégates la Renoncule et l'Opale,
livra les beaux et heureux combats qui font le sujet des récits de
M. Anatole de Barthélemy.
» Ce vaillant capitaine fut emporté, à vingt-quatre ans, par un
boulet de canon, après un combat contre une frégate anglaise qu’il
avait presque désemparée (10 janvier 1761).
» Il avait alors fait onze prises sur l’ennemi. Sa mort causa
d’universels regrets dans la marine, et J.-J. Rousseau, qui fut en
correspondance si suivie avec la marquise de Verdelin, sœur du
marquis d’Ars, ne peut s’empêcher, lui aussi, de payer un légitime
tribut d’éloges à cette mort glorieuse.
» Le marquis d’Ars était cousin de M. le marquis de Bremond
d’Ars, député de la noblesse de Saintonge aux Etats-Généraux du
royaume, en 1789, qui fut, comme on sait, l’un des plus fidèles
amis de Mmes de Montagu et de La Fayette, et contribua active­
ment à la fondation de l’œuvre des émigrés 1.
» Alfred Nettement. »

1 Voir la vie de Anne-Paule-Dominiquc de Noailles, marquise de Montagu. (Paris,
Dentu et Douniol, édit, 1865.)

II

Dans la Revue nobiliaire, M. le baron de la Morinerie, auteur de
plusieurs publications historiques relatives à la Saintonge et no­
tamment d’un livre aussi complet que consciencieux, La Noblesse
de Saintonge et d'Aunis convoquée pour les Etals-Généraux de 1789,
apprécie en ces termes la biographie du marquis d’Ars 1 :
« M. Anatole de Barthélemy vient de réunir en un tirage spécial
les articles qu’il avait publiés dans la Revue de Rretagne et de
Vendée sur le marquis d’Ars, enseigne de vaisseau, tué bravement,
le 10 janvier 1761, à l’âge de 24 ans, à bord de la frégate l’Opale,
dans un combat qu’il soutenait contre les Anglais, en face des
côtes de Bretagne. Le jeune gentilhomme était le frère de la
marquise deVerdelin, une amie de Jean-Jacques Rousseau, et,
comme telle, affreusement traitée par ce rustre de génie 2.
1 Revue nobiliaire, historique et biographique. — Paris, Dumoulin, année 1866,
page 186.
2 J.-J. Rousseau avait cependant pris part à la douleur de M”' de Verdelin
lorsqu’il apprit qu’elle venait de perdre son frère le marquis d’Ars, comme le
témoigne la lettre suivante omise par M. de Barthélemy dans sa notice sur Charles
de Bremond d’Ars :
a Ce lundi 26 (février), à Mme la marquise de Verdelin, à Paris.

» J’apprends, Madame, la cruelle perte que vous venez de faire. Je connais trop
» bien votre sensibilité, pour ne pas concevoir votre affliction, et je vous suis trop
» attaché pour ne pas la sentir moi-même. Je ne plains pas les hommes de courage
» qui meurent pour leur pays, mais je plains beaucoup ceux qui les aimaient, qui
» leur survivent, et que l’amour de la patrie ne peut plus consoler de rien. Il n’y
» a que le temps qui console, la douleur ne se paie point de vains discours; j’ai un
» vrai regret de ne pas être maintenant votre voisin pour aller m’affliger avec vous.
» Je ne suis pas non plus sans peines de toute espèce; je les oublierais en parta» géant les vôtres, ou du moins je serais délivré de la plus triste de toutes, qui est
» de pleurer toujours seul.
» Rousseau. »

— 7 —
» La notice de M. de Barthélemy abonde en documents précieux
sur le marquis d’Ars et sa famille. On voit que notre savant colla­
borateur a eu à sa disposition des matériaux très-nombreux; il
les a mis en œuvre avec son talent habituel.
j> Charles de Bremond appartenait à une maison d’ancienne
chevalerie qui a largement payé sur les champs de bataille, à
toutes les époques, la dette du sang à la patrie ; aussi, un annaliste
saintongeais du XVIe siècle, Nicolas Alain, faisant l’énumération des
familles les plus considérables de la province dans son livre : De
Santonum regione et illustrioribus familüs, disait-il des Bremond :
Suâ et Avorum virtute clari. Leur devise : Nobililas est virtus,
consacre cette bravoure militaire qui est le signe particulier de la
race. Montaigne a dit : Noblesse n’est autre chose que vertu. C’est
une traduction de la devise des Bremond avec un sens plus large
donné au mot virtus. Ce sens qui s’applique à tous les genres de
courage répondait mieux à la tournure d’esprit du grand philo­
sophe.
» Si le jeune marquis d’Ars, tué sur son vaisseau, justifiait la
devise de sa famille à la manière antique, le courage et le dévoue­
ment admirables de Mme la comtesse de Bremond d’Ars, si remarqués
pendant l’invasion du choléra dans l’arrondissement de Quimperlé,
la justifient plus complètement, à la manière de Montaigne *.
1 M. le baron de la Morinerie rappelle ici le dévouement de M'”' la comtesse Anatole
de Bremond d’Ars, dont le nom a été cité par la plupart des journaux à côté de
celui des autres personnes qui n’hésitèrent pas à secourir et encourager les mal­
heureux cholériques.
La Société nationale d’Encouragement au Bien, dans sa séance publique du 21
juin 1866, à l’Hôtel—de—Ville de Paris, a décerné à Mm” de Bremond d’Ars une
médaille d’honneur de première classe, ainsi qu’à M”' la vicomtesse de Chahannes,
femme du vice-amiral préfet maritime de Toulon, avec la mention suivante insérée
au procès-verbal (page 68) :
« Finistère. — M”" la comtesse Anatole de Bremond d’Ars, née Arnaud.
» Pendant trois mois le choléra a sévi énergiquement dans l’arrondissement de
» Quimperlé. Le sous-préfet M. de Bremond d’Ars, à la tôle des autorités locales, a
» dignement fait son devoir, en se transportant partout où était le danger, en
» prescrivant toutes les mesures nécessaires pour combattre le fléau et assurer des
’ secours aux indigents. Sans se laisser effrayer — avec un sang-froid et un
» dévouement admirables — M'"e de Bremond d’Ars secondait son mari de tout

8
» J’oublie que mon dernier mot doit être pour M. Anatole de Bar­
thélemy; il comprendrait et me pardonnerait cette distraction, si je
» son pouvoir, sans trêve ni repos, bravant la fatigue et la contagion, visitant la
» chaumière du pauvre, s’asseyant au chevet des malades, rivalisant avec les sœurs
» de Charité, et trouvant cette conduite toute simple et naturelle,
» L’arrondissement de Quimperlé bénit M‘"° de Bremond d’Ars, et le souvenir de
* son rare dévouement vivra longtemps dans le cœur de ces Bretons reconnais> sants.
» La Société décerne une médaille d’honneur de première classe à M'”* la vicomtesse
» de Bremond d’Ars. i
Les termes du procès-verbal ne sont, comme on peut s’en convaincre, que le
résumé des comptes rendus des divers journaux. — Les rapports officiels sont
conçus dans le même sens, ainsi qu’il résulte des dépêches de S. Exc. M. le Ministre
de l’Agriculture et des Travaux publics qui s’empressa de transmettre à M'"' la
comtesse de Bremond d’Ars les éloges qu’elle méritait. M. le Ministre .de l’Instruc­
tion publique à qui M. A. de Barthélemy, membre du Comité impérial des Sociétés
savantes, avait remis un exemplaire de sa notice sur le marquis d’Ars, écrivit à
M. de Bremond d’Ars, alors sous-préfet de Quimperlé, une lettre en date du 3 avril
où S. Exc. ajoutait à cette occasion :
« Monsieur le comte, le dévouement est de tradition dans votre famille, et une
• personne qui vous est chère vient encore, pendant l’épidémie, de jeter un nouvel
> éclat sur votre nom. »
Parmi les journaux qui, en parlant de l’épidémie de 1865 et 1866, ont donné le
plus de détails sur son apparition en Bretagne, on peut citer les principaux jour­
naux bretons, puis ceux de la Saintonge, de l’Angoumois, du Périgord et du Poitou,
et enfin, l'Union, l'Evénement, le Pays, etc.
M. Henri d’Audigier, avec cette exacte concision qu’il met dans ses Chroniques,
décrivait ainsi la marche du fléau et les différents actes de dévouement signalés dans
ces circonstances :
« Après la Provence, c’est la Bretagne que le choléra vient de visiter. Sur les
rivages de l’Océan, ainsi qu’aux bords de la Méditerranée (le funèbre touriste peut
aujourd’hui rendre ce témoignage à la France) il n’a rencontré partout que des
gens de cœur. Partout les fonctionnaires, les prêtres, les médecins à leur poste;
auprès d’eux, non moins résolues, plus tendres encore, plus ingénieuses en leur
dévouement, les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, armée permanente de la bienfai­
sance, et ses admirables volontaires, contingent irrégulier, mais intrépide, qui, sur
l’heure, se recrute parmi les plus charmantes et les plus nobles femmes. A d’autres
noms naguère inscrits au catalogue des héroïnes, à côté de Mms de ChabannesCurton et de Castelnau, l’estime publique ajoutera maintenant ceux de la comtesse
de Kergariou et de la vicomtesse de Bremond d’Ars. L’une, abandonnant Paris et
ses fêtes, est accourue, les mains pleines d’aumônes, au foyer de l’épidémie;
l’autre, femme du sous-préfet de Quimperlé, bravant la contagion, payant de sa
personne et parcourant les campagnes, s’est arrêtée, s’est assise au chevet des mou­
rants , dans les mansardes et les chaumières, «

— 9 —

la commettais, mais je suis ramené à lui par les belles pensées qui
ferment sa notice et qu’il est bon de reproduire dans notre Revue :
« On aime à voir les noms historiques continuer de nos jours
» les services rendus au pays par les ancêtres. Ce sont des excep» tions nombreuses, heureusement, à cette triste foule d’oisifs qui,
» profitant d’un nom brillant, ou d’une fortune laborieusement
» amassée par leurs pères, gaspillent leur vie dans un égoïsme
» doré qui irrite les déshérités de la fortune contre ceux-là même
» qui sont appelés à soulager leurs privations.
» Dans la maison de Bremond on s’est toujours souvenu, on se
» souvient encore aujourd’hui que les noms de famille historiques
» conservent leur éclat et leur prestige à la seule condition
» d’ajouter à chaque génération des services nouveaux aux services
» rendus à la France dans les siècles passés. »
» La Morinerie. »

III.

Une autre publication mensuelle nouvellement créée au cheflieu du département de la Charente-Inférieure, la Revue de l’Aunis
et de la Saintonge, fondée dans le but aussi intéressant qu’utile
de raviver dans la province le goût des études historiques et scientifiques, ne pouvait omettre de consacrer à la notice sur un marin
saintongeais quelques lignes dans son bulletin bibliographique1.
Un savant littérateur qui a entrepris la noble tâche de remettre en
lumière, avec autant de dévouement que de talent, des souvenirs
que le temps semblait avoir effacés du cœur des générations
présentes si souvent injustes envers le passé, a naturellement
1 Revue de l’Aunis et de la Saintonge. — La Rochelle, A. Siret, édit., année 1866,
page 184.

]
|

— 10 —

voulu se charger du compte rendu de l’opuscule de M. de Barthé­
lemy :

« — C’est à une famille illustre de la Saintonge, au pays lui-même
par conséquent, dit M. Louis Audiat, qu’est consacrée une bro­
chure qui vient de paraître à Nantes. (Vincent Forest et Emile
Grimaud, 1806, in-8°.) Elle est intitulée : Charles de Bremond
d’Ars, marquis d’Ars. L’auteur, bien connu chez nous, M. Anatole
de Barthélemy, s’est placé assez haut dans l’érudition pour rendre
nos éloges superflus ‘. Son travail, qui a pour épigraphe ce mot de
Nicolas Alain, écrivain saintongeais du XVIe siècle : Bermondi sua
et avorum virlute clari, justifie parfaitement cette devise.
» La première partie donne rapidement la généalogie de son
personnage, ou plutôt énumère brièvement ceux de ses ancêtres
qui se sont le plus distingués. On y trouve des détails fort intéres­
sants. La seconde est consacrée au héros lui-même.
» Charles de Bremond, quatrième du nom, marquis d’Ars, était
né à Cognac, le 9 janvier 1737. Il était fils de Charles de Bremond
d’Ars, chevalier, comte d’Ars, seigneur de Gimeux, du Solançon,
etc., et de Scholaslique-Marie-Antoinette-Suzanne-Adélaïde de
Bremond de Dompierre-sur-Charente. Son grand-père Jean-Louis
de Bremond, marquis d’Ars, capitaine des vaisseaux du roi, s’était
distingué dans les guerres maritimes de son temps. C’est vers la
marine qu’il dirigea l’éducation de son petit-fils.
» Charles de Bremond entra à la Compagnie de Brest, le 23 mai
1754. Il fit sa première campagne à bord de l'Illustre, commandé
par le marquis de Choiseul-Praslin, qui se rendait à Québec. A
dix-neuf ans, le 17 mai 1756, il est chargé de commander l'Heu­
reuse-Marie; le 31 juillet, il passait sur Le Cerf, plus tard était
embarqué sur La Brune, et, en 1758, recevait le commandement
de la frégate du roi l'Orphelin de la Chine.
» Nous ne raconterons pas les divers faits d’armes du jeune
1 Le père de M. Anatole de Barthélemy a été longtemps préfet du département
de la Charente-Inférieure.

— 11

marin. M. Anatole de Barthélemy s’est acquitté de cette tâche avec
conscience. Il cite les rapports officiels publiés alors ou tirés des
archives de la Marine. Un surtout de ces documents est important;
c’est le journal de la frégate l'Opale et le rapport du commandant
qui, à la mort du marquis d’Ars, prit le commandement du vais­
seau. Marc-Auguste Pineau, garde-marine vers 1752, dit Arcère
(t. I, p. 626), était fils de Marc-Auguste Pineau, écuyer, et arrièrepetit-fils de Marc-Henri Pineau, officier de marine en 1632, d’une
ancienne et honorable famille de la Rochelle qui compte trois
maires de cette ville depuis 1530. On verra par ces pièces que le
marquis d’Ars et non vicomte, périt le 10 janvier 1761 et non 1771,
sur son vaisseau, emporté par un boulet, et non quelques jours
après des suites de ses blessures, comme il est dit dans Y Histoire
de la Marine par M. de la Peyrouse-Bonfils.
» M. Anatole de Barthélemy termine son intéressant travail par
ces lignes :

« Dans la maison de Bremond on s’est toujours souvenu, on se
s souvient encore aujourd’hui que les noms dé famille historiques
» conservent leur éclat et leur prestige à ces seules conditions
» d’ajouter à chaque génération des services nouveaux aux services
» rendus à la France dans les siècles passés.
« Nous nous associons de grand cœur à ces généreuses paroles, »
dit en finissant cette analyse M. Louis Audiat qui saisit ensuite cette
occasion pour faire allusion, comme M. le baron de la Morinerie,
au généreux dévouement de Mrac la comtesse Anatole de Bremond
d’Ars.
L’auteur de l’épisode intéressant de la Fronde en Saintonge, se
souvenait alors de Marie de Verdelin, marquise d’Ars, qui se
montra la digne compagne de son époux, Jean-Louis de Bremond,
baron et marquis d’Ars, l’un des chefs du parti royaliste durant le
siège de Cognac en 4651
1 « La noblesse des environs s’était enfermée à Cognac et faisait cause commune
» avec les habitants.....
» François-Galiol de Bremond, seigneur de Vernoux, que le roi, après le siégç;

— C’est peut-être le lieu d’ajouter que M. Louis Audiat a su, par
son esprit de savante investigation, s’initier tellement à l’histoire
de la province où il est cependant étranger, que ses concitoyens
d’adoption lui seront redevables d’avoir ressuscité, en quelque
sorte, leurs principales illustrations historiques. — Ils ne sauront
jamais méconnaître que c’est à M. Louis Audiat, infatigable histo­
rien et consciencieux panégyriste de Bernard Palissy, qu’ils doivent
la réparation d’un injuste oubli de plusieurs siècles, et de voir
achevée l’œuvre de la statue du célèbre artisan que les pays voisins
disputent à la Saintonge.

» nomma l’un des gentilshommes de sa chambre ; son cousin-germain Jean-Louis
» de Bremond, baron d’Ars, qui mourut des blessures reçues au siège; l’épouse de
» ce dernier, Marie de Verdelin, femme héroïque qui, par son énergie, maintint dans
r l’obéissance au roi son château d’Ars et s’aventura plus d’une,fois pour porter des
approvisionnements aux défenseurs de la cité; leur fils aîné, Josias de Bremond,
marquis d’Ars et de Migré, qui, l’année suivante, 15 juin 1652, à l’attaque du
bourg de Montanceys en Périgord, mourut dans sa dix-neuvième année, percé de
dix-sept coups, en défendant contre les Frondeurs le drapeau qui lui servit de
» linceul. »
La Fronde en Saintonge, par M. Louis Audiat (Niort, Clouzot, édit., 1866), page
5. Le même auteur a publié : Les Oublies, I, André Mage de Ficfmelin, poète du
XVI” siècle (Paris, Aubrv, édit., 1864). — Les Oubliés, II, Bernard Palissy (Paris,
Aubry, 1864).
— Le frère de Josias de Bremond, marquis d’Ars, tué à Montanceys, Pierre
de Bremond d’Ars, qualifié marquis de Migré, comme puîné, et suivant la cou­
tume usitée dans sa famille, combattait aussi à Montanceys; couvert de blessures et
fait prisonnier, il mourut peu de temps après avoir recouvré sa liberté moyennant
une forte rançon. — Cette qualification de marquis de Migré, portée par Louise de
Bremond d’Ars à son mari Jacques d’Àbzac, seigneur de Mayac, maréchal des
camps et armées du roi, chambellan de M. le duc d’Orléans, a naturellement fait
retour à la maison de Bremond d’Ars, à la mort, en 1794, du dernier marquis de
Migré, et appartient, selon l’ancienne coutume, à M. le comte Anatole de Bremond
d’Ars, appelé à être le chef de la seconde branche de sa famille, et-descendant, par sa
mère, des premiers seigneurs de Migré. Marie de Volvire-Ruffec, femme de son
cinquième aïeul maternel, François de Guitard, chevalier, seigneur de la Borie,
baron de Bibérolle, descendait de Jacques de Surgères, seigneur de Migré, marié à
Marie de Montmorency-Laval, et par conséquent, de Guillaume, sire de Surgères,
croisé en 1248, qui donna à son fils, Hugues de Surgères, cette seigneurie de
Migré, comme apanage de puîné.
(Voir Notice sur la commune de Migré, par MM. Baril et Vinet, dans le Bulletin
annuel de la Société historique de Sainl-Jean-d’ Angély, année 1866, page 106.)

13

IV.

Le Bibliophile français mentionne également la notice biogra­
phique sur le marquis d’Ars 1 :

« Cette brochure, dit le bibliophile Julien, se fait remarquer par
une très-intéressante notice sur la maison de Bremond qui appar­
tient à l’ancienne chevalerie, et qui fournit de vaillants combattants
à la marine française. Parmi ces combattants, l’un des plus célèbres
est Charles de Bremond, dont M. de Barthélemy raconte les hauts
faits dans un style aussi pur qu’émouvant.
» Charles de Bremond, qui fut tué à 24 ans pour la défense de
sa patrie, méritait cette biographie : il est toujours utile d’élever des
monuments ou statues aux héros : car les actions d’éclat ont le
privilège, en France, d’exciter l’émulation et de faire revivre à toutes
les époques les mêmes actions et les mêmes héros. »

V.

Les Archives de la Légion-d’Honneur (Paris, E. Glaeser, 1866,
p. 96) consacrent à MM. les généraux Th. et G. de Bremond d’Ars
de courtes notices qui trouvent justement place dans ce recueil
d’articles relatifs à leur famille, et auxquelles on a cru devoir
ajouter quelques annotations complémentaires.
1 Le Bibliophile français, — Paris, année 1866, page 100,

— 14

« BREMOND D’ARS ( Théophile-Charles, comte de), baron de
Dompierre-sur-Charente, né à Saintes, le 24 novembre 1787, fils du
marquis de Bremond d’Ars, député de la noblesse aux Etats-Généraux,
et membre de l’Assemblée Constituante 1. M. le général de Bremond
d’Ars appartient à une famille qui compte de nombreux et glorieux
services militaires, et qui est l’une des plus anciennes de France2.
Admis à l’école spéciale militaire de Fontainebleau le 2 avril 1805,
il en sortit le 23 septembre 1806 avec un brevet de sous-lieutenant
au 21e régiment de chasseurs à cheval, à la grande armée, et
assista au combat de Saalfeld, à la bataille d’Iéna, à la prise de
Prenslow, à celle de Spandau et à l’occupation de Berlin. Durant la

1 Pierre-René-Auguste, marquis de Bremond d’Ars, chevalier, baron de SaintFort-sur-Né, de Dompierre-sur-Charente et d’Orlac, chef des noms, titres et armes
de sa maison, député de la Noblesse de Saintonge aux Etats-Généraux du royaume,
en 1789, né le 16 décembre 1759, mort à Saintes le 25 février 1842. — Il avait eu
trois lils : 1° Josias, — 2° Théophile-Charles, — 3° Jules-Alexis, qui ont chacun
formé une nouvelle branche. (Voir Biographie universelle, de Michaud; Biographie
generale, de F. Didot; Biographie saintongeaise, de P. Rainguet; La noblesse de
Saintonge aux Etats-Généraux, par L. de la Morinerie, etc.)
2 La maison de Bremond, connue en Angoumois depuis Guillaume de Bremond,
seigneur de Palluaud, vers l’an 990, se divisa, dès le siècle suivant, en plusieurs
branches. — Léon de Beaumont, évêque de Saintes, et le R. P. Loys n’ont donné
que la généalogie des seigneurs d’Ars et indiqué seulement les autres branches,
parmi lesquelles on doit citer : les seigneurs de Sainte-Aulaye dont étaient : Ithier
de Bremond, vivant en 1060; — Hélie de Bremond, en 1133; — Hélie de Bremond,
seigneur de Saint-Mégrin, en 1295; — Pierre de Bremond, seigneur de Sainte-Aulaye,
en 1328; —Hélie de Bremond, l’un des principaux chevaliers d’Aquitaine en 1355;
— Hélie de Bremond, archevêque de Bordeaux, en 1375;— les sires de Montmoreau,
premiers barons d’Angoumois, et obligés, en cette qualité, d’assister à l’entrée
solennelle de l’évêque d’Angoulême et de porter le prélat sur sa chaire épiscopale,
conjointement avec les seigneurs de la Roche-Chandry, de la Rochefoucauld et de
Montheron. Ils étaient déjà très-puissants dès le XIe siècle : — Alon Ier lit d’impor­
tantes donations à diverses abbayes, vers 1075; — Alon de Bremond, IIP du nom,
baron de Montmoreau, fut, en 1246, l’un des garants du traité passé entre le vicomte
d’Auheterre et le comte d’Angoulême.— Cette branche s’éteignit au XIVe siècle, en la
personne d’Alon IV, et la baronnie de Montmoreau passa successivement dans les
maisons de Mareuil, de Montheron, de Sansac et par échange dans celle de Rochechouart, et de celle-ci à la famille de Perry de Nieuil.

— 15 —

campagne de Pologne, en 1807, il se trouva aux combats de Pulstuck et de Praga, à la prise de Varsovie, à la bataille d’Ostralenka,
ainsi qu’à l’affaire de Tykocsin, où il fut assez grièvement blessé
d’un coup de lance au côté droit, en combattant contre les cosaques.
Après un séjour de treize mois en Silésie, il suivit son régiment en
Espagne, en 1808, et prit part aux principales actions de guerre
dans la péninsule : siège de Saragosse ; combat de l’Arzobispo, où
le 21e chasseurs força le passage du Tage ; bataille d’Ocâna ; occu­
pation de Cordoue et de Séville; siège de Badajoz; combats de
Constancia, de Berlanga, etc. Dans celte dernière affaire, il chargea
impétueusement, avec un peloton de chasseurs, sur une centaine
de tirailleurs ennemis, en sabra ou tua la moitié et rejeta les autres
sur leur infanterie. Cité à l’ordre de l’armée pour cette action
d’éclat, il le fut une seconde fois, peu de temps après, à l’occasion
du combat d’Aracena, où il se distingua particulièrement, et eut
un cheval tué sous lui et la cuisse brisée. A peine rétabli de cette
blessure, il combattait à Fuente-Cantos et y avait encore un cheval
tué sous lui. A la bataille d’Albuera, il fut blessé d’un coup de feu
au bras gauche et cité à l’ordre de l’armée pour sa brillante
conduite. Lieutenant le 4 septembre 1812, adjudant-major
le 15 septembre 1813, capitaine le 13 février 1814, il était aux
batailles de Vittoria et de Tolosa. A Orthez, à la tête d’un escadron,
il chargea l’infanterie portugaise ; mais enveloppé par des forces
supérieures que favorisait la nature du terrain, il luttait héroïque­
ment pour se frayer un passage, lorsque son cheval fut tué sous lui,
et lui-même laissé pour mort sur le champ de bataille; heureuse­
ment il put rejoindre dans la nuit son régiment, avec quelques-uns
de ses chasseurs, blessés comme lui. Il combattit encore à la
bataille de Toulouse.
» De 1815 à 1818, M. le comte de Bremond d’Ars servit comme
aide-de-camp des généraux de Montmorency-Laval et Donadieu;
il fut nommé chef d’escadron le 16 juillet 1817. Incorporé en cette
qualité au régiment de chasseurs des Alpes, le 10 octobre 1821,
major des hussards du Nord, le 18 décembre 1822, lieutenantcolonel des hussards du Haut-Rhin, le 8 mai 1825, puis du

4e de chasseurs, le 5 septembre 1830, il devint colonel du
3e de dragons le 5 août 1831, et fit partie de la division Dejean
pendant la campagne de Belgique; maréchal de camp le 18 dé­
cembre 1841, il a commandé le département des Deux-Sèvres
pendant six ans, et a rempli les fonctions d’inspecteur-général en
1847 et 1848. En 1843, il avait commandé une brigade de cavalerie
du camp de Bretagne. M. le général de Bremond d’Ars qui avait été
admis à la retraite en 1849, a pris place dans le cadre de réserve
en 1853. — Chevalier le 17 mars 1815. — Officier le 21 mars 1831.
— Commandeur le 22 avril 1847. — Chevalier de Saint-Louis le
24 août 1824. »
Les Archives cle la Légion-d’Honneur mentionnent le fds aîné de
M. le général comte de Bremond d’Ars, M. Anatole-Marie-Joseph,
vicomte de Bremond d’Ars, sous-préfet de l’arrondissement de
Quimperlé, le 3 février 1859, et nommé chevalier de la Légiond’Honneur par décret impérial du 13 août 1863 1 Le môme
1 Le général comte de Bremond d’Ars a deux fils de son mariage avec M11' MarieAnne-Claire de Guitard de la Borie, petite—fille de Jean-Louis de Guitard de la
Borie, comte de Guitard, baron de Bioux et de Restaud, brigadier des armées
navales du roi en 1785, chevalier de Saint-Louis et de Saint-Lazare :
1° Anatole-Marie-Joseph, vicomte de Bremond d’Ars, marquis de Migré, ancien
sous-préfet de Quimperlé, chevalier de la Légion-d’Honneur, ci-dessus cité, marié
le 9 décembre 1862, au château de la Porte-Neuve (Finistère), à M“e Elisabeth Arnaud,
d’une famille originaire de la Vendée, et petite-nièce du pieux et savant abbé
Gahriel-Léopold-Charles-Amé Bexon, chanoine de la Sainte-Chapelle, auteur d’une
histoire de Lorraine fort estimée, l'un des plus fidèles amis et collaborateurs du
comte de Buffon. M. le vicomte de Bremond d’Ars, marquis de Migré, a un fils :
Hélie-Marie-Joseph-Benjamin-Charles-Josias-Alon-Guillaume de Bremond d’Ars,
né à Nantes, le 8 décembre 1866, baptisé le 10 du même mois; a eu pour parrain
son aïeul maternel et pour marraine sa grand’mère paternelle.
2° Gaston-Josias, comte Gaston de Bremond d’Ars, capitaine au 5e régiment de
lanciers, marié en 1866, à Mlle Alexandrine de Lur-Saluces, arrière-petite-fille de
Pierre de Lur, marquis de Saluces, comte d’Uza, colonel d’un régiment de son
nom, lieutenant-général des armées du roi en 1780, dont le trisaïeul, Jean de Lur,
vicomte d’Uza, épousa en 1586, Charlotte-Catherine de Saluces, petite-fille du
dernier marquis souverain de Saluces. (Voir Courcelles, Généalogie de Lur-Saluces.)
Le mariage de M. le comte Gaston de Bremond d’Ars avec M"' de Lur-Saluces a
été béni par S. Em. Mgr le cardinal Bonnet, archevêque de Bordeaux.

— n —

ouvrage énumère ensuite les services de M. le général marquis
Guillaume de Bremond d’Ars, fils de M. le marquis Josias de
Bremond d’Ars.
La fille aînée de M. le général de Bremond d’Ars, M“* Marie de Bremond d’Ars,
a épousé, en 1848, M. le marquis de Saint-Géniez-Thésan, petit-neveu du dernier
maréchal d’Aubeterre, et petit-fils du comte de Bourdeille. Le contrat de mariage
a été signé par Monseigneur le comte de Chambord, Madame la comtesse de
Chambord et Madame la duchesse d’Angoulême. De celte union sont nés deux
filles, M11" Bérengére et lsabeau de Saint-Géniez-Thésan, et un fils, EutropeFulcrand-Joseph-Louis-Marie-Pons-Boslaing de Baderon de Maussac de Thésan
de Saint-Géniez, né le 3 novembre 1861, baptisé le 14 du même mois, par MEr
l’évêque de Montpellier, a eu pour parrain M. le duc de Lévis-Mirepoix, maréchal
héréditaire de la Foi, et pour marraine M”" la comtesse douairière Henri de
Mérode-Westerloo, née de Thésan.
Joseph de Saint-Géniez-Thésan est actuellement l’unique héritier mâle de l’an­
cienne maison de Baderon, originaire de Bretagne où elle paraît dés le XI' siècle,
(A. du Paz, D. Lobineau), établie en Rouergue vers 1250, et substituée, en 1703, à
la maison de Thésan, l’une des plus puissantes et des plus illustres du Languedoc :
substitution confirmée en 1760 par les lettres-patentes d’érection en marquisat de
la baronnie de Saint-Géniez en faveur de Joseph-Laurent de Baderon de Thésan,
baron de Maussac, de Corneillan et de Saint-Géniez, fils de Jacques de Baderon,
chevalier, baron de Maussac et de Corneillan, etc., et de Marie-Claire de ThésanSaint-Géniez, nièce du cardinal de Fleury.
La Chesnaye des Bois a donné un fragment fort incomplet de la généalogie de la
maison de Baderon-Thésan-Saint-Géniez, reproduit par M. H. de Barrau dans son
ouvrage sur les familles de Bouergue.
Quant à l’antique race des sires de Thésan connus dès le IX' siècle, et barons
des Etals du Languedoc, il serait impossible d’en donner un aperçu historique en
quelques lignes. Pons, sire de Thésan, vivant en l’an 960, figure parmi les principaux
seigneurs de la vicomté de Béziers; — Pons II se croisa en 1096; — Guillaume
épousa, en 1105, Matheline de Béziers, fille de Bernard-Alton, vicomte de Béziers,
et de Cécile de Provence; — Bertrand de Thésan se porta caution pour le roi saint
Louis, à Damiette, en 1249; — Bérenger IV, sire de Thésan et de Saint-Géniez,
épousa en 1295, Bérengére de Lodève, sœur d’Hermessende de Lodève, mariée la
même année à Rostaing de Baderon, chevalier, et filles de Guillaume de Lodève, amiral
de France, et de Garsende de Frédol, nièce du cardinal Bérenger III de Frédol,
évêque de Béziers, et cousine de Béranger IV de Frédol, également cardinal-évêque
de Béziers en 1312.
La maison de Thésan a donné plus de cinquante chevaliers à l’ordre de SaintJean-de-Jérusalem, dont cinq commandeurs et un grand-maître de l’artillerie
de la Religion, tué au siège de Malte en 1565; sept chevaliers de l’ordre du roi;
un vice-amiral, des gouverneurs de province, des maréchaux de camp, des conseillers
d’Etat, des gentilshommes de la chambre, des ambassadeurs, etc. Enfin elle a
contracté des alliances avec les plus illustres familles de France.

8f

« BREMOND D’ARS (Guillaume de), né à Saintes, le 19 mars

1810, neveu et cousin-germain des précédents. M. le général de
Bremond d’Ars fut admis à l’école militaire de Sl-Cyr le 15 novembre
1828 et passa comme sous-lieutenant élève à l’école de cavalerie de
Saumur le 1er octobre ï830. Incorporé au 7e régiment de dragons,
le 1er octobre 1832, il fut détaché de ce corps le 1er avril 1834 pour
servir à l’école de Saumur en qualité d’officier d’instruction. Il
rentra à son régiment le 27 décembre 1835 avec le grade de
lieutenant, et y devint capitaine le 15 janvier 1838, puis capitaineinstructeur le 17 janvier 1841. Chef d’escadron au 8° de dragons le
8 novembre 1847, lieutenant-colonel du 7e de même arme le 10
mai 1852, colonel du 2e de chasseurs d’Afrique le 20 octobre 1855,
il a fait avec distinction les campagnes de 1855 et 1856, à l’armée
d’Orient; de 1856 à 1859, en Algérie; de 1859, à l’armée d’Italie,
de 1859 à 1862, en Algérie; de 1862 et 1863, au Mexique. Il a été
promu au grade de général de brigade le 13 août 1863, appelé au
commandement de la subdivision du Finistère, le 9 mars 1864, et
ensuite à celui de la subdivision de la Charente, le 17 septembre de
la même année. — Chevalier le 16 décembre 1849. — Officier le
16 avril 1856. — Commandeur le 8 décembre 1859. — Décoré du
Medjidié de Turquie ( 3e classe). — Officier de l’Ordre Militaire de
Savoie. — Décoré des médailles de Crimée, d’Italie et du Mexique. »
1 M. le général G. de Bremond d’Ars a trois filles et un (ils : Guillaume-JosiasRené; — son frère puîné, Pierre-Marie-Edmond, ancien chef d’escadron de cuiras­
siers, chevalier de la Légion-d’Honneur, a également un fils, Charles-Josias-Pierre.
Son deuxième frère, Josias-Amable, n’est pas marié.
— Le troisième fils du marquis Pierre-René-Auguste, Jules-Alexis, vicomte de
Bremond d’Ars, baron de Saint-Fort-sur-Né, mort en 1838, a laissé trois garçons
de son mariage avec M11e de Sartre: — 1° Charles-René-Marie, chef actuel de la
troisième branche de la maison de Bremond d’Ars; — 2° Théophile-Jean-Louis;
— 3“ Eusèbe-François, marié à Mlle de Mongis, petite-nièce du comte de Buffon,
dont une fille et un (ils : Maric-Eutrope-Henri-Charles-Jean-Guy de Bremond d’Ars.
Pour plus de détails sur l’état présent de la famille et ses différentes branches,
voir l’ouvrage de M. de la Morinerie, ci-dessus cité: La Noblesse de Saintonge en
1789.
Nantes, imp. Vincent Forest et Emile Grimacd, place du Commerce, 4.

— 19 —

Note à ajouter à la page 8.

Mme la comtesse Anatole de Bremond d’Ars a reçu, depuis, une médaille d’argent
du Ministère de l’Agriculture et des Travaux publics, avec cette mention dans
le Moniteur universel du 20 mars 1867 :

« Mme la Comtesse de Bremond d’Ars — à Moclan — a accompagné son mari
> dans un grand nombre de visites et a fait de nombreuses distributions de secours
» aux indigents. — Une médaille d’argent. >

S. Exc. M. le Ministre de l’Agriculture adressait en meme temps la dépêche
suivante à M. de Bremond d’Ars :

< Paris, 21 mars 1867.

» Monsieur le Comte, — M. le Préfet du département du Finistère m’a rendu
• compte du concours dévoué que vous lui avez prêté à l’occasion de la dernière
» épidémie cholérique. — Je vous félicite, Monsieur le Comte, de la conduite
» honorable que vous avez tenue dans ces tristes circonstances. — Recevez, Mon> sieur le Comte, l’assurance de ma considération très-distinguée.
» Le Ministre de l’Agriculture, du Commerce et des Travaux publics,

> DE FORCADE.

Tous les journaux de Bretagne et notamment la Revue de Bretagne et de Vendée
(numéro du 15 avril 1867), ont mentionné les récompenses décernées aux autres
personnes des départements du Finistère, des Côtes-du-Nord, du Morbihan et de
la Loire-Inférieure qui s’étaient signalées par leur dévouement, et parmi lesquelles