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Médias

Fait partie de Economie et hygiène : innovations justifiées par l'expérience, applicables à toute sortes de constructions publiques et privées

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ÉCONOMIE ET HYGIÈNE.

INNOVATIONS
JUSTIFIÉES PAR L’EXPÉRIENCE,
APPLICABLES A TOUTES SORTES DE CONSTRUCTIONS PUBLIQUES
ET PRIVÉES, RURALES OU URBAINES,
NOTAMMENT AUX

UN PREMIER MOT

SUR LES ADJUDICATIONS
ET SUR LE TITRE

D’ENTREPRENEUR QUE

DEVRAIENT AVOIR MÉRITÉ

LES ADJUDICATAIRES.

UN PREMIER MOT

SUR LA NÉCESSITÉ DES CONCOURS.
UN MOT

SUR LES CONSEILS DES BATIMENTS CIVILS
PAR

F.-Alexandre BOURDEILLETTE
ARCHITECTE A PERIGUEUX,

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PÉRIGUEUX.... ... ~
CASSARD FRÈRES, IMPRIMEURS-LIBRAIRES
RUE SAINT-MARTIN, 1 2 ET 15.

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ÉCONOMIE ET HYGIÈNE.

INNOVATIONS
JUSTIFIÉES PAR L’EXPÉRIENCE,
APPLICABLES A TOUTES SORTES DE CONSTRUCTIONS PUBLIQUES
ET PRIVÉES, RURALES OU URBAINES,
NOTAMMENT AUX

LYCEES, MAISONS D’ÉCOLE, HOPITAUX, ATELIERS, GRANGES,
ÉTABLES, FERMES-ÉCOLES, CASERNES, ETC.
UN PREMIER MOT

SUR LES ADJUDICATIONS
ET SUR LE TITRE
,

D’ENTREPRENEUR QUE DEVRAIENT AVOIR MÉRITÉ-

LES ADJUDICATAIRES.

UN PREMIER MOT

SUR LA NÉCESSITÉ DES CONCOURS.
UN MOT

SUR LES CONSEILS DES BATIMENTS CIVILS
PAR

F.-Alexandre BOURDEILLETTE
ARCHITECTE A PÉRIGUEUX.

ANNEES 1881-188;

PERIGUEUX
CASSARD FRERES, IMPRIMEURS-LIBRAIRES
RUE SAINT-MARTIN, I 3 ET I 5.
l882

,

Le devoir de l’homme est de propager les choses

utiles partout et pour tous. C’est une obligation que
la solidarité humaine lui impose. Cette mission, il

doit l’accomplir loyalement sous les auspices de cette

noble phalange, les Amis persévérants du Progrès et
de l’Humanité.

J’ai la bonne fortune de pouvoir remplir cette tâche
en esquissant quelques innovations d’intérêt général.
Mais comme le progrès est une tâche éternelle, Dieu

veuille permettre que les puissants m’honorent de

leur sollicitude et de leur concours en facilitant ma
bonne votonté, et en engageant mes confrères à per­

fectionner eux-mêmes les innovations que j’ai l’hon­
neur d’exposer dans cette brochure, et, par suite,

celles dont sous peu je donnerai la solution telle que
je la comprends, ou que je l’aurai obtenue.

F-.Alexandre BOURDEILLETTE,
Architecte.

Périgueux, le 15 mai 1881.

2

ECONOMIE ET HYGIENE.

INNOVATIONS
JUSTIFIÉES PAR L'EXPÉRIENCE
APPLICABLES A TOUTES SORTES DE CONSTRUCTIONS PUBLIQUES
ET PRIVÉES, RURALES OU URBAINES,
NOTAMMENT AUX

Lycées, Maisons d’École, Hôpitaux, Ateliers, Granges, Étables,
Fermes-Écoles, Casernes, etc.

En février 1881, chargé de la construction de diverses
maisons d’école, je résolus d’appliquer, dans la plus
rapprochée de Périgueux, certaines innovations, de peu
d’importance, peut-être, mais inspirées par le désir d'être
utile.
Le Conseil général de la Dordogne, à qui j’eus l’hon­
neur de soumettre mes plans, voulut bien faire à ce tra­
vail le plus gracieux accueil, et encourager mes modestes
efforts. Que MM. les membres de cette assemblée me per­
mettent de leur offrir ici l’hommage de ma vive reconnais­
sance.
Fin juillet 1881, j'eus l’honneur d’être autorisé, par
M. le Ministre de l’instruction publique, à faire l’essai de
mes systèmes dans la maison d’école de Sainte-Marie-deChignac.
J’espère arriver par suite à les appliquer non-seule­
ment aux maisons d’école, mais encore aux hôpitaux,
casernes, ateliers, fermes-écoles, lycées, etc., etc.

-10

res aux impostes. Ces embrasures mobiles se compose­
ront d’une seule ou de deux pièces, ou bien de diverses
lamettes se repliant en guise d’éventail, ou encore d'étof­
fes aménagées de façon qu’elles ne puissent être prises
entre l’imposte et le dormant.
Pour ce dernier mode, il suffit d’attirer le poids de cette
étoffe en dehors. En ce qui concerne des ouvertures an­
ciennes à embrasures, on opèrera absolument comme sur
des murs dépourvus d’embrasures. Pour fermer ces
impostes, il suffit d’un simple mentonnet mobile, identi­
que à celui d’un arrêtoir, ou de deux simples pitons.
Pour les ouvrir, d’une simple gâche arrondie ou d’un
anneau dans lequel on ferait passer un cordon, à tirage ;
ces divers objets peuvent être placés, soit à l’intérieur, soit
à l'extérieur de l’appartement.
CROISÉES ANCIENNES DÉPOURVUES D’iMPOSTES.

Mon système peut parfaitement s’appliquer aux croisées
anciennes, quelles qu’elles soient et à très peu de frais. La
classe la moins favorisée de la fortune peut donc bénéfi­
cier de ce système.
Il s’agit tout simplement : 1° d’enlever un ou plusieurs
carreaux et d’adapter derrière la place qu’occupaient ces
carreaux un modeste vasistas ferré par le bas et s’ouvrant
en guise d’imposte ; 2° de remplacer par une toile
ajourée les carreaux enlevés et de munir les côtés du vasis­
tas d’une étoffe quelconque ou de lamettes, etc., etc.
(Voir figure 15.)
Du reste, je me réserve de traiter plus tard cette impor­
tante question moins succinctement et avec la plus grande
précision ; car, à cet objet, plusieurs modes peuvent être
employés, et d'autres peuvent encore surgir.
Je me propose, également, d’envoyer sous peu à M. le
Ministre de la guerre un projet d’imposte pour les ambu­
lances et pour les tentes ou abris de nos soldats.

— 11 —
2° Soupiraux.

D’ordinaire, l’ébrasement supérieur des soupiraux est
dirigé de bas en haut. Mon système consiste simplement
à donner à l’ébrasement d'en haut la même direction qu’à
celui d’en bas.
Par ce moyen, l’air, au lieu de frapper brutalement la
paroi inférieure du plancher, frôle la terre, par conséquent
le pied des murs, et, lorsqu’il atteint cette paroi, il est
trop inerte pour lui nuire.
L’air est d’autant moins nuisible au plancher, et d’au­
tant plus favorable aux murs, qu’il n’entre qu’à travers
une toile métallique, scellée au soupirail.
Mon intention est de munir également d’une toile
la partie des croisées des salles d'école, occupée par
les impostes. Ce sera, je crois, une bonne mesure au
point de vue hygiénique et hygrométrique.
L’expérience, en effet, m'ayant donné raison, je crois
devoir maintenir cette thèse, tant qu’on ne m’aura pas
expliqué pourquoi les produits, garantis par une
toile d’emballage, dont j’avais muni deux croisées étaient
relativement secs, alors que les produits non garantis
l’étaient dans de bien moindres proportions, et que d’au­
tre part, cette toile était sensiblement imprégnée d’humi­
dité.
Toutefois, je ne veux ni ne dois rien préjuger; je cons­
tate simplement les résultats acquis, ne serait-ce que pour
provoquer de nouvelles expériences.
3° Ventilateur.

Je conçus, il y a quinze ans environ, le système de
ventilateur indiqué sur les coupes n°s 4 et 5 des salles
d’école projetées.
Ce système consiste en une simple trappe en bois, à un
ou deux ventaux, ou en deux trappes semblable^______ „
rSlBLIOTHF QUE ï
!
LA VILLE I
i OE PERIGUEUX I

— 12 —

séparées par l’entrait de la ferme auxquelles je donne,
pour les salles d’école dont j’ai parlé plus haut, 40 X 1,10.
Ges trappes peuvent être rectangulaires, ovales ou rondes ;
elles ne nécessitent aucun encadrement, cependant elles
peuvent être encadrées simplement ou avec luxe, on peut
les faire à double feuillure, afin que, une fois abattues,
elles puissent arraser le dessous du plafond. Elles sont
mues facilement et sans frais, chacune au moyen d’une
simple poulie pour leur faire faire va et vient, afin d’acti­
ver l’aspiration. On peut remplacer la poulie par un simple
mouvevent de sonnette.
Les lignes ponctuées désignent les deux cordons
placés à côté du maître, qui, sans se déranger, peut
graduer, suivant les besoins, l’aspiration [qui doit,
en tout cas, s’opérer lentement et sans secousses, jusqu’au
dessus du plafond, juste au point où l’on désire qu’elle se
convertisse en expiration plus accentuée.
Le ponctué----indique les cordons qui font mouvoir
les trappes, au moyen de la poulie T.
Le ponctué-------et le ponctué........ désignent les cor­
dons faisant mouvoir ces trappes au moyen d’un mouve­
ment de sonnette.
La trappe est secondée lorsqu’on ne veut pas ouvrir les
croisées et les impostes, par une ventouse pratiquée dans
l’un des murs extérieurs, à laquelle on adapte un tuyau
qui communique à la cheminée du ventilateur, et dont le
bout est recourbé de bas en haut, de façon à ne pas laisser
pénétrer l’air dans la salle, par un temps froid ou humide.
Cette ventouse doit être longue, dans le sens horizontal et
étroite en hauteur ; elle doit être en biais de bas en haut.
La cage de ce ventilateur est formée par quatre po­
teaux destinés à recevoir une cloison tubulaire ou un
plafond..
La souche est munie de lames analogues à celles d’une
persienne, mais plus épaisses, plus larges et plus inclinées.
Elle est couronnée d’une simple toiture ou mieux de deux

— 13
petites toitures superposées. Le tout aménagé de façon à
annihiler complètement l’action du soleil et le refoulement
des vents nuisibles. Résultat inconnu jusqu’à ce jour.
En outre des lames de persiennes dont cette souche est
munie, il existe un vide entre la toiture et le plafond du
chapeau. La chaleur pénétrant dans ce vide est chassée
par les ventouses naturelles ménagées aux extrémités.
Ce système est simple et peu coûteux. Voilà pourquoi
j’ai l’honneur de proposer qu’il soit affecté aux maisons
d’école.
(Voir à la fin de cette brochure la description de la toi­
ture de ce ventilateur).
Nota.—Le mode de ventilation le plus autorisé jusqu'à
présent est celui obtenu, au moyen de trappes pratiquées
aux plafonds au-dessus desquels existent des croisées
ménagées dans les façades, ou tout simplement des taba­
tières adhérentes à la toiture.
Ges deux systèmes sont complètement dépourvus d’ex­
pirateurs et favorisent le refoulement.
Le système de ventouses établies au-dessus des plan­
chers, correspondant crûment à d’autres ventouses situées
près du plafond, du côté opposé, facilite l’aération sans
doute ; mais il peut être nuisible.
Mon sentiment est qu’il faudrait que les ventouses du
bas eussent leur sortie à lm60 environ au-dessus du plan­
cher,, au moyen d’un tuyau de cheminée ménagé dans
l’épaisseur du mur. Quoi qu’il en soit, il est urgent d’évi­
ter l’introduction, par la ventouse inférieure, des miasmes
malsains des caniveaux, ou de les empêcher de nuire.
PRÉCAUTIONS A PRENDRE DANS LES COMBLES.

Il serait bon de ménager des ventouses dans le haut et
au bas des toitures, et de mettre une couche de son de
bois sur le plafond afin d’intercepter la chaleur et le froid.

— 14 —
Dans les hôpitaux et autres établissements, l’emploi du
son serait une excellente mesure ; non-seulement il pré­
serve du froid et de la chaleur, mais il atténue le bruit et
empêche les rongeurs de nicher entre les plafonds et les
planchers.
La paille non cassée, surtout celle de seigle, placée sous
les couvertures, entre les tuiles, ardoises, tôle ou zinc et
le dessus du plafond, est un mauvais conducteur du
froid et de la chaleur ; elle assainit considérablement et
empêche l’éclosion des punaises.
4° Plafonds.

Dans le Bulletin officiel de 1880, la sollicitude de Mon­
sieur le ministre se dévoile amplement par la substitution
des angles arrondis aux angles droits absorbant la lu­
mière, refuges malsains des animalcules et des insectes.
Enhardi par cette sollicitude, j’ai cru devoir proposer
l’idée suivante : Réunir en un même point l’air au haut
de la salle (ce qui est assez difficile avec le système actuel
de plafonds plans à angles droits), par mon système de
plafonds (Voir n°s 4 et 5), qui consiste :
1° à placer, au centre, une trappe fort simple, entourée
d’un encadrement ou munie d’une contre-feuillure desti­
née à mettre au même niveau le dessous du plafond et le
dessous de cette trappe peinte en blanc ;
2° à donner, sur les quatre côtés, à partir de cette trappe
jusqu’aux murs, une pente de 15 cent, environ, pente
suffisante pour empêcher l’immobilité de l’air.
Le plafond étant ainsi incliné, l’aspiration s’opère com­
plète et sans secousse, et on obvie à l’accumulation des
poussières et des germes morbides.
On peut obtenir le même résultat dans une salle aussi
oblongue qu’elle soit.

J’ai donné aux plafonds 15 cent, d'inclinaison seule­
ment, afin de ne pas augmenter la dépense ; mais il est

I

incontestable que l’expiration s’accentuerait plus ou
moins en raison de l’inclinaison plus ou moins accentuée
des plafonds.
5° Planchers.

Dans le Bulletin mentionné plus haut, Monsieur le
ministre a eu l’heureuse inspiration de condamner à
jamais les pavés en béton, dans les salles d’école.
En cela, il a fait acte de patriotisme et d'humanité. Ce
mode presque sauvage ne pouvait en effet que nuire à la
croissance et à la santé des enfants, notamment de ceux
qui sont obligés de faire un long parcours avant d’arriver
à l’école.
Il serait à désirer que des ordres fussent donnés aux
communes de faire remplacer, sans délai, ces sortes de
pavés insalubres, là où ils existent encore.
Monsieur le ministre propose le plancher sur bitume.
Certes ce mode est bien le meilleur qu'on puisse employer;
mais comme dans certaines localités l’emploi pourrait en
être difficile et coûteux, je me permets, dans l’intérêt de
ces localités, de présenter un système, assurément moins
bon, mais néanmoins parfaitement humifuge, s’il est bien
compris et honnêtement exécuté.
Il consiste à employer des planches de 3 cent. 1/2 épais­
seur d’autrefois, de faire des languettes de 15 millimètres,
puis de les passer à l’huile bouillante dans tous les sens,
ou de ne passer que les languettes et le dessus, et gou­
dronner le reste.
On pourrait aussi arraser le dessous des solives, par
des briques ou des carreaux reposant sur des lambourdes
ou, par un coulis de chaux hydraulique retenu par de sim­
ples voliges en chêne, châtaignier ou tôle.

6° Privés.
La conscience m’oblige aussi à formuler mon opinion
relativement aux portes des privés, sinon des urinoirs.

|

1

—16 —
D’après le Bulletin, le dessous des portes des compar­
timents destinés aux urinoirs doit être en contre-haut du
sol de 20 cent., leur hauteur de 1m30.
Pour les urinoirs, ce système est parfait ; mais pour les
compartiments à sièges, ne semblerait-il pas offrir un dan­
ger sérieux?... L’enfant ne pourrait-il pas, en certaines
circonstances, être brusquement troublé, arrêté même
dans son fonctionnement?...
Ne serait-il pas un danger sérieux pour les jeunes filles?
Je laisse à d’autres, plus compétents que moi, le soin
de résoudre cette importante question.
La sollicitude de M. le ministre, pour les enfants, m’en­
gage à faire une proposition dont la réalisation serait
accueillie avec la plus grande reconnaissance, par les
parents, voir même par tout le monde, sans exception.
Il s’agirait de réserver, dans les maisons d’école des cam­
pagnes, un ou deux petits dortoirs destinés, par un temps
de pluie, de neige ou d'orage, aux enfants les plus éloi­
gnés.
La réalisation de ce projet, je ne puis trop le redire,
serait un bienfait qu’on ne saurait oublier.
7° Cheminées.
SUPPRESSION DU RAMONAGE PAR LA TOITURE.

Moyen infaillible d’empêcher les incendies, du fait des cheminées.
Accidents rendus nuis.

Pour obvier aux inconvénients de toute sorte et aux
dégradations provenant du ramonage effectué en montant
sur la toiture, je crois qu’il serait convenable de mettre
des portes de ramonage soit dans le grenier, soit au-des­
sus, au moyen d’une lucarne sûre établie ad hoc. Sous le
rapport de l’économie, la porte dans le grenier me semble
préférable.

— 17 —

Ces portes peuvent être en pierre ou produit céramique,
en tôle ou en fer. On peut le placer dans des pièces habi­
tées. Dans ce cas, il est mieux de mettre une première
porte en tôle, et une seconde en bois, destinée à recevoir
une peinture indentique à celle des boiseries, ou un papier
semblable à celui de ces pièces.
Ges portes peuvent se faire de plusieurs façons. Dans un
grenier, un carreau de 40c X 40c suffirait. Dans ce cas, la
ferrure est bien simple ; il suffit d’une barrette en fer d’un
centimètre et demi d’épaisseur, retenue par deux pattes
coudées ou deux gâches. Dans une chambre, cette ferrure
ne doit pas être apparente.
Depuis que j’emploie mon système, j’ai obtenu d’excel­
lents résultats. Aussi prend-il de plus en plus de l’exten­
sion, surtout à Paris, où les fumistes de Périgueux ont
presque tous des parents.
Gomme il est facile de s’en convaincre, la dépense est
insignifiante : de 5 à 10 francs, pour les portes en tôle ;
pour celles en briques ou en pierres, apyres ou non, 2 ou
3 francs au plus.
Avec ce système, les incendies, du fait des cheminées,
deviennent impossibles. (Voir cette porte en H, n°7, et en
L et M, n° 6.)
« Ces explications sommaires feront l’objet, plus tard,
» d'observations plus minutieuses et plus détaillées.
» Au double point de vue de l’économie et de l’hygiène,
» je me propose de traiter, dans une seconde brochure,
» ces divers sujets et autres, concernant les bâtiments de
» l’Etat, hôpitaux, casernes, prisons, théâtres, etc.
» J’essaierai de traiter :
» 1° De la capillarité du sol et des moyens de la com» battre ;
» 2° Des moyens à prendre pour empêcher le salpêtre
» de se produire dans les constructions nouvelles, et pour
» le détruire dans les anciennes ;
» 3° Des résultats qu’on peut obtenir par des moyens

- 18 » pyrotechniques secondés par des expirateurs à lames
» mobiles habilement étagées.
» 4° Des moyens à prendre pour empêcher la pullulation
» des punaises dans les salles occupées par une agglomé» ration de personnes, notamment dans les casernes, où
» elles ont causé des insomnies, peu réconfortantes pour
» nos soldats. »
8° Coupe sur la longueur d’une Classe

Qui est de 8 mètres. (Voir n° 5.)

Croisée, nouveau modèle projeté, vue de face, de l’inté­
rieur étant, BB. indiquant la coupure au-dessus de la pièce
d’imposte. (Voir en N, au n° 1 les montants et traverses
de cette croisée.)
Au milieu du plafond, les deux lignes JJ. désignent les
deux trappes faisant l'office de ventilateur, vues de côté.
Les pointillés indiquent les cordons de tirage attachés
en X, à côté de l’estrade de l’instituteur.
Z indique un tuyau destiné à introduire l’air extérieur
dans la cheminée du ventilateur, pour obtenir un tirage
plus considérable, le cas échéant, sans avoir besoin d’ou­
vrir les impostes et d’introduire l’air extérieur dans la
salle. La naissance de ce tuyau doit être rectangulaire.
L’orifice aura, pour ces classes, 50 cent, sur 10 à 15 cent.;
comme je Fai déjà dit, il doit être établi en biais de bas
en haut, et il doit être plus étroit à l’intérieur qu’à l’exté­
rieur; ainsi, on pourrait lui donner de 7 à 10, au lieu de
10 à 15.

9° Coupe de la même Classe
Dont la largeur est de 7m70. (Voir n° 4.)
Croisée, nouveau modèle projeté, vue de côté.
Les côtés de l’imposte, au lieu de laisser un vide entre

— 19 —
eux et les ébrasements de la croisée, frôleront les parois
de ces ébrasements.
Une fois grande ouverte, sa direction sera parallèle à
l’ébrasement supérieur de la croisée.
Je dois faire remarquer que, pour les impostes, soupi­
raux, plafonds et portes de cheminée, mes innovations
n’entraînent aucune dépense supplémentaire ; que celle
afférente au ventilateur est insignifiante ; qu’il en est de
même pour le globe sphéroïde que j’ai coutume de placer
au-dessus du fronton de mes maisons d’école, pour rap­
peler aux enfants que les connaissances géographiques
nous sont indispensables.

Les frais occasionnés par ce globe et le fronton destiné
à recevoir une horloge ou un cadran, sont, il est vrai, de
150 à 200 francs ; mais il est facile de compenser,dix fois,
cette dépense., en ramenant à sa plus simple expression la
simplicité des autres façades, par la suppression de toutes
moulures, c’est-à-dire, de tout superflu, voir même sur la
façade principale.
Ce qu’il faut, en effet, à mon avis, pour des établisse­
ments de ce genre, ce sont des constructions économiques
et saines, rehaussées par des proportions harmonieuses,
vêtues avec la plus grande simplicité.

Tel est Tidéal que je me forme à ce sujet ; tel est aussi,
en grande partie du moins, le but que je poursuis, en
proposant les diverses améliorations qui font l’objet de
cette brochure.
Quoi qu’il arrive,je m’estime heureux déjà d’avoir tenté de
faire quelque chose,non-seulement en faveur des enfants,
atrophiés jusqu’à ce jour dans des échoppes, dont l’insa­
lubrité, due en partie aux glacials pavés ou à une ventila­
tion vicieuse, annihilait les forces, mais aussi en faveur
des classes laborieuses, riches ou pauvres, et tout parti­
culièrement de l’ouvrier des villes et des campagnes, qui,
en été, malgré la sueur, en hiver, malgré la moiteur, a

- 20 —

besoin d’un air pur, pour conserver ses forces et son éner­
gie, sources vives de sa famille, je puis dire, de la nation.
Cet air pur, il peut se le créer lui-même, dans les ate­
liers comme dans sa maison; du moins c'est ma convic­
tion. Il suffit pour cela d’établir une imposte analogue à
celle que je propose, concernant : 1° Les ouvertures pro­
jetées avec ou sans embrasures ; 2° les croisées anciennes
pourvues ou dépourvues d’impostes, et de munir l’ouver­
ture d’une toile grossière, à mailles assez larges pour ne
pas intercepter l'air.
Cette toile est destinée à empêcher l’air d’entrer bruta­
lement et à lui permettre de se dégager d’une partie de son
humidité avant de pénétrer dans la salle. Elle peut être
en fil, en soie, en métal ou autre chose. Protégée par un
lambrequin, elle atténuerait l’action de la chaleur ; de
plus, elle empêcherait les insectes, notamment les mou­
ches, d’entrer dans l’appartement.
Riches ou pauvres peuvent tirer partie de l’imposte
munie de la toile, surtout en été. Avec ce système, on
pourrait impunément laisser l’imposte ouverte pendant la
nuit, sans redouter l’action du serein.
Ce mode d’aérage serait aussi d’une grande utilité dans
les casernes, hôpitaux, lycées, etc., en un mot, dans tous
les établissements quels qu’ils soient.
Je ne puis aujourd’hui m’occuper dela question relative
à la capillarité du sol et au salpêtre, agent rongeur, vrai
phylloxéra des forces de la classe ouvrière.
Je le regrette vivement ; car, à mon avis, c’est un devoir
de conscience d’appeler l’attention du gouvernement sur
les moyens d'y porter remède.
Mais je me hâte de le dire : le salpêtre est un ennemi
invisible et impalpable, qu’on doit et qu’il est facile de
combattre par l’étouffement. (On peut, en effet, se mettre
à l'abri de ses mortelles mais latentes atteintes, en pré­
servant les ouvrages par voie d'imperméabilité.)
Et lorsqu’on construit il faut, tout simplement, empê-

21 —

cher que la base de la construction subisse l’absorption
ascendante de l’humidité du sol, qui sait se frayer un
passage, soit en pénétrant par le dessous de cette base,
soit par les côtés, mais surtout par le dessous.
Avec cette précaution, les rez-de-chaussées seraient
aussi sains que les étages supérieurs, attendu qu’en neu­
tralisant les pernicieux effets de la capillarité, les efflo­
rescences nitreuses et les végétations cryptogamiques
ne pourraient se produire.
On parle beaucoup de l’inconvénient que présentent les
pierres tendres de notre département, notamment celles
de Chancelade, St-Vivien, La Tour Blanche, etc.

Eh bien, je puis affirmer que cet inconvénient n’a pour
cause qu’une économie mal entendue ou l’ignorance des
constructeurs.
Elles nous en offrent une preuve incontestable par
l’imperméabilité dont elles se revêtent au moyen de la
cristallisation qui se forme sur le parement extérieur des
façades, deux ou trois ans après leur emploi.

Sous peu, Dieu aidant, j’aurai la satisfaction de fournir
des renseignements plus précis.
Toute mon ambition, j’aime à le répéter en terminant,
est d’être utile à mes semblables et de faire surgir des
émules, plus aptes que moi, à créer et à perfectionner. Si
je réussis, je serai suffisamment récompensé, et au-delà,
de mes recherches et de mes travaux.

Les questions suivantes m’ayant été posées par M. le
Président du Conseil général, j’ai l'honneur et je suis
heureux d’accéder à ses désirs.
— Votre ventilateur peut-il être employé dans une salle
au-dessus de laquelle existeraient plusieurs étages?
— Non ; mais un ventilateur analogue et aussi puissant,
oui certainement.
3

22

— Pourrait-on en placer plusieurs dans une salle, de
façon à obtenir une ventilation complète ?
— Oui, très-facilement.
— Votre système d’imposte ne serait-il pas d’un effet
disgracieux dans une salle d’apparat?
— Non ; je puis au contraire en faire un objet d’orne­
mentation ; à cet effet, les embrasures latérales seraient
uniformes de bas en haut, avec ou sans ébrasements. —
Il en serait de même des croisées pourvues ou dépourvues
d’impostes.
— En ce qui touche votre observation relative aux
privés, ne pourriez-vous pas donner une explication ?
— Monsieur le Président m’embarrasse ; car ce n’est
que par pure déférence pour des hommes éminents et des
hygiénistes distingués que je ne l’ai pas donnée.

Toutefois, c’est avec déférence et gratitude que j’ai la
satisfaction de lui répondre.
A mon avis, il ne devrait pas exister de vide entre le
dessous des portes et les seuils, du moins en face des
sièges. Les portes pourraient être munies de ventouses,
aménagées de façon à faire pénétrer l’air du dehors sans
indisposer les enfants, et de manière à empêcher l’air du
dedans de faire irruption à l’extérieur.
Les prises d’air et les cheminées d’appel devraient être
établies, non en face des sièges, mais par côté, et de telle
sorte que les enfants n’en pussent être nullement incom­
modés.
— Ce vide a-t-il été projeté en vue de la surveillance ?
— La réponse doit être facile à une personne connais­
sant la perspective et la projection.
Monsieur le Président m’a posé fort judicieusement et
en homme pratique, plusieurs autres questions ayant trait
à ce sujet et à l’agriculture. Je me réserve de lui répondre
plus tard, le temps ne me le permettant pas aujour­
d’hui.

- 23 —

Rapport de la Commission du Conseil général
L’attention de la Commission a été tout naturellement
attirée sur les plans de la maison d’école de Sainte-Mariede-Chignac. L’architecte, M. Bourdeillette, dans un trèsremarquable Mémoire, dont il a fait hommage au Conseil,
explique les modifications qu’il a apportées aux procédés
ordinairement employés. Ces modifications sont en géné­
ral d’accord avec les prescriptions contenues dans le
Règlement pour la construction des maisons d’école, et
les points sur lesquels il existe un désaccord n’ont pas
paru au Conseil des bâtiments civils de nature à soulever
des objections.
Les modifications portant sur des questions techniques,
construction des croisées, des cheminées, appareils de
ventilation, etc., votre Commission n’a pas cru qu’il fût
possible d’engager sur ce point une discussion au sein du
Conseil ; mais, en présence d’une tentative qui honore
éminemment son auteur, la Commission vous propose de
renvoyer le Mémoire de M. Bourdeillette à M. le Préfet.
L’administration y trouvera des données pratiques dont
l’application peut avoir de très-heureux résultats.

Encouragé par des personnes de cœur, je vais tâcher de
résoudre, de mon mieux, les nouvelles questions qu’elles
m’ont engagé à traiter ou à plus amplement développer
dans cette première brochure.
Éclairage des salles.

Eclairage bilatéral.

Certes, le jour le plus intense doit venir de gauche à
droite ; mais cela n’implique nullement l’obligation de
faire les croisées de droite différentes de celles de gauche.

24 —
Il suffit tout simplement de dépolir les croisées de
droite. Ma conscience m’oblige à déclarer que le système
d’éclairage par des croisées intercalées de larges tru­
meaux et d’une hauteur raisonnable, telles, par exemple,
que celles de la maison d’école de Paussac, dont le cro­
quis est annexé aux plans de mes innovations, semble
offrir une lumière plus fondue, par conséquent plus douce
que celle obtenue au moyen d’une série de croisées sépa­
rées par d’étroits pilastres.

Eclairage unilatéral.
Mon opinion est que l’éclairage unilatéral ne doit être
employé que lorsqu’on ne peut faire autrement, car, à
mon avis, la vue des enfants les plus rapprochés et les
plus éloignés du vitrage aurait à en souffrir, si on ne
tamisait pas l’ardeur de la lumière en faveur des plus rap­
prochés, et si on ne ménageait pas, en faveur des plus
éloignés, un reflet de clarté, soit par la toiture, soit par
les côtés de la salle.
De trop grandes ouvertures n’exposeraient-elles pas
les enfants au froid, mais surtout à une chaleur excessive
et dangereuse pour la vue même? L’expérience m’a déjà
démontré que ce mode est fatigant, sinon vicieux, à
moins qu'il s’agisse d’une grande ville à rues étroites et
à maisons élevées.

Eclairage par le gaz ou autres.
Dans ce cas, le ventilateur que je propose serait, à tous
points de vue, d’une utilité qui me semble indéniable.
Les tuyaux en tôle usités jusqu’à présent, sont loin
d’être suffisants pour combattre l’action du soleil et du
froid. Toutefois, ces tuyaux, placés au-dessus de l’éclai­
rage, seraient de puissants auxiliaires sous le rapport de
l’expiration.
Dans le cas où il n’y aurait qu’un ventilateur, il faudrait

— 25
que ces tuyaux fussent couronnés d’un coude faisant face
à ce ventilateur.
En outre des lames de persienne dont est muni mon
ventilateur, il existe un vide entre la toiture et le plafond
du chapeau.
La chaleur pénétrant dans ce vide est chassée par les
ventouses naturelles ménagées aux extrémités.
J’ai donné à mes plafonds 0,15 cent. d’inclinaison seu­
lement, afin de ne pas augmenter la dépense ; mais il est
incontestable que l’expiration s'accentuerait plus ou
moins, en raison de cette inclinaison.

Avec mon système de ventilateur, tout refoulement par
le soleil, la chaleur ou le froid, est, sinon impossible,
du moins très difficile. Ce résultat, je le répète, n’avait pu
être obtenu.
Le mode de ventilation au moyen de trappes pratiquées
aux plafonds au-dessus desquels sont des croisées ména­
gées dans les façades, ou tout simplement des tabatières
adhérentes à la toiture, favorise le refoulement.
Ventouses.

Le système de ventouses établies au-dessus du plancher,
et correspondant crûment à d’autres ventouses situées près
du plafond, du côté opposé, facilite l’aération, c’est vrai,
mais il peut être nuisible.
Mon sentiment est qu’il faudrait que les ventouses du
bas eussent leur sortie réservée dans l’épaisseur du
mur, à 1 mètre 60 au moins au-dessus du plancher.
Quoiqu’il en soit, il est urgent d’éviter l’introduction
par la ventouse inférieure , des miasmes malsains ou
de les empêcher de nuire.

Des gaines ou tuyaux de cheminée, prenant naissance
au-dessus du plancher, à l’intérieur de la salle, favorisent
au contraire l’expiration des émanations.

— 26 —
Combles.

Précautions à prendre dans les combles.

Il serait convenable de ménager des ventouses dans le
haut et au bas des toitures, et de mettre une couche de
son de bois sur le plafond afin d’intercepter la chaleur
et le froid ; le son du bois blanc est le meilleur parce
qu’il ne tacherait pas les plafonds, s’il se produisait des
gouttières.
Dans les hôpitaux et autres établissements, l’emploi du
son serait une excellente mesure ; non-seulement il pré­
serve du froid et de la chaleur, mais il atténue le bruit et
empêche les rongeurs de nicher entre le plafond et le
plancher.
La paille non cassée, surtout celle de seigle, placée
sous les couvertures, entre les tuiles, ardoises, tôle ou
zinc et le plafond, est un mauvais conducteur du froid et
de la chaleur. Elle assainit considérablement et empêche
l’éclosion des punaises.
Système d’impostes appliqués aux
anciennes croisées.

Croisées anciennes à 2 ventaux. (Voir n° 15,planche 2.)
Sur le ventail A, l’encadrement du vasistas et le liteau
N sur lequel il est ferré, sont en bois.
Sur le ventail B, les deux traverses verticales du vasis­
tas sont en bois, celle du haut également.
La traverse du bas I et le liteau M sur lequel il est ferré,
est en fer ; ces deux fers forment la hauteur du petit bois
de la croisée.
Ce vasistas fermé ou ouvert ne change en rien l’har­
monie de la croisée. Voir la coupe sur le ventail A et sur
le ventail B des croisées anciennes, et du vasistas ouvert
et fermé.
Voir sur cette coupe la différence des ébrasements an­
ciens de ceux projetés par l’auteur.

— 27 —

Croisée ancienne à un ventail. (Voir en T,n° 16.)
Sur la croisée T composée de petits carreaux, le vasis­
tas embrasse 2 carreaux afin d’obtenir une colonne d’air
plus considérable. L’encadrement de ce vasistas est en
bois sauf la traverse et le liteau du bas.
L indique que la traverse de bas et le liteau sont de
même dimension et forment ensemble l’épaisseur du
petit bois de la croisée.
E indique que le liteau peut être plus gros que la
traverse, si on le désire.

Croisée ancienne à un ventail. (Voir R, n° 17.)
Sur la croisée R, composée de petits carreaux, le vasis­
tas embrasse deux carreaux pour obtenir un plus fort
tirage.
L’encadrement de ce vasistas, ainsi que le liteau sur
lequel il est ferré, sont en bois.

Toile ajourée.

La toile doit être placée sur la croisée ; elle est indé­
pendante de l’imposte. (Voir le ventail A du n° 15 et le
pointillé de la coupe du ventail B.)
Par une température humide-ou froide elle doit embras­
ser, en son entier, l’ouverture en face de l’imposte.
Par un temps chaud, elle doit être relevée par en bas et
rabattue par le haut, de façon à laisser une ou deux rai­
nures, de 7 à 8 centimètres de hauteur. (Voir nos 15, 17 et
sur la coupe de la croisée A, le pointillé.)
Ces deux rainures favorisent l’aspiration. Ces nos 15 et
17 ne désignent qu’une rainure dans le haut ; mais on
pourrait en mettre une deuxième dans le bas.
Par une température lourde, il ne serait pas inutile de
faire faire va-et-vient à la trappe du ventilateur, et même
à l’imposte qui, dans ce cas, doit être très-peu entr’ouverte.

— 28 —
On peut utiliser, avec succès, l’air des caves au moyen
de gaines d’appel ménagées dans les murs, ou, à défaut
de ces gaines, au moyen de tuyaux en briques, bois,
tôle, zinc ou autres, dont l’orifice formerait entonnoir
aplati par exemple 50 à 60 sur 15 à 20.
Dans certains cas, les bouches d’air établies dans les
plinthes ou les planchers produisent de bons résultats.
Rainures-Impostes et Ventouses
dans les embrasures.
(Planche 3.)

On pourrait utiliser les embrasures, en ménageant dans
celles qui sont pleines, une gaine double ou simple. (Voir
A et B, n0s 1, 2, 3.)
Dans les embrasures des croisées ordinaires, anciennes
ou neuves, on pourrait faire la même opération, mais
avec les parois intérieures, en bois, ou briques et bois.
(Voir C et D, nos 4, 5.)
Le système D permet de conserver l’embrasure ou
d’utiliser la partie de devant N pour étagères ou pour pla­
cards avec ou sans étagères.

Ces gaines seraient destinées à introduire dans la salle
l’air de la cave et de l’extérieur ou, à volonté, l’air de la
cave par l’orifice R, et l’air de l’extérieur par les soupi­
raux S, ou bien par des rainures pratiquées ad hoc, un peu
plus au-dessus du sol que les soupiraux. (Voir E, n° 3.)
Ces prises d’air favoriseraient efficacement l’introduc­
tion de l’air par les impostes, par les carreaux-impostes
ou par les rainures-impostes employés depuis longtemps
avec succès, par l’auteur. (Voir n° 2.)

La rainure de la traverse-imposte, outre qu’elle oblige
l'air à se resserrer en entrant, est garantie de l’action
directe ou indirecte du soleil, par le lambrequin L et par le
store I non replié.

— 29
Avec ce système, le store replié (voir n° 2) au-dessus
de J n’empiète Aucunement sur le vitrage, par conséquent,
n’intercepte nullement le jour. (Voir n° 6.)
Avec le système de rainure-imposte dans le bas, on pour­
rait se passer de l’introduction de l’air par les embrasu­
res, surtout si, comme en Autriche, le store se déroulait
de bas en haut.
Mais, à mon avis, les ventouses d’embrasures fourni­
raient une colonne d’air plus puissante et beaucoup plus
fraîche que la rainure-imposte du bas de l’ouverture, et
cela sans sujétion aucune.
La colonne d’air de ces ventouses montant verticale­
ment près de la paroi intérieure des croisées, non-seule­
ment faciliterait l’aspiration de l’imposte mais elle serait
facilitée elle-même par la colonne d’air pénétrant par cette
imposte. De plus, elle rafraîchirait la paroi intérieure (les
croisées, et même la paroi extérieure, directement si on le
désirait.
Le système de rainure-imposte peut être appliqué aux
anciennes croisées, ad hoc, il suffirait déplacer une tra­
verse à 10 cent, environ au-dessous de la traverse supé­
rieure de n’importe quelle croisée.
Si, en construisant, on désirait avoir un large espace
entre la croisée et le lambrequin, sans augmenter l’épais­
seur des murs, il n’y aurait qu’à faire saillir la couverture
de 10 à 15 cent., et au besoin, l’assise placée au-dessous
de cette couverture.
Dans un pays très chaud, surtout, cette mesure aurait
son importance.
Ce système de rainure ou traverse-imposte faisant office
de ventouse, on pourrait se dispenser de toutes autres
ventouses.
L’expérience faite jusqu’à présent a donné raison à ce
système d’imposte, sur toutes les impostes connues.
En hiver, on obtiendrait les meilleurs résultats avec le
ventilateur secondé par des ventouses destinées à intro-

30 —

duire l’air de l’extérieur, soit dans un tuyau de cheminée,
par un gousset qui empêcherait cet air de pénétrer direc­
tement dans la salle, soit dans un appareil de chauffage,
avant de pénétrer dans cette salle.
Nos 4 et 5. — Coupes des embrasures C et D.
N° 1, 2, 3.
Coupes des embrasures A, B.
N° 6. — Coupes des rainures-impostes dans le haut et
dans le bas de l'ouverture.
Description de la toiture du ventilateur.

Pour une salle de cinquante élèves, les dimensions de
la souche supportant la toiture inférieure sont suffisan­
tes, telles qu’elles sont indiquées planche lre, nos 4 et 5.
Il en est de même de la souche supérieure.
Le dessous de la saillie des petits chevrons sera latté à
joints jointifs.
Le dessus du petit pavillon, s’il ne peut être couvert en
tuiles plates ou canal, sera en tôle ou zinc, mais il fau­
drait que ce dessus fût en planches d'épaisseurs et qu’ils
y eût un vide entre le dessous et le dessus des chevrons,
ou que le dessous de la partie horizontale fût plafonné
ou lambrissé.
Dans la partie touchant la toiture de la salle, partie qui
doit être à recouvrement à cause de la pluie, on doit lais­
ser des rainures très peu accentuées, un centimètre à peu
près de hauteur sur la longueur de la planche et cela
à 25 cent, environ au-dessus de la toiture mentionnée.
Ces rainures offrent des effets multiples, celui notamment
de faciliter le mouvement ascensionnel des exhalaisons
de la salle. Le mouvement ascensionnel serait plus accen­
tué si on commençait les rainures au niveau de la toiture
dés salles ; mais dans ce cas, il faudrait que la couverture
fût continuée à l’intérieur de la souche sur une longueur
de 25 cent, environ et que l’extrémité de cette couverture
fût terminée par un fort bourrelet destiné à endiguer l’eau
ou la neige. (Voir en RR, planche lre, n° 4.)

— 31
Il faudrait, en outre, que les lames les plus rapprochées
de cette couverture fussent établies en sens inverse de
toutes les autres, c’est-à-dire de façon à faciliter, à l'aide
de l’air extérieur rasant cette couverture, l’expiration des
exhalaisons de la salle, par les lames supérieures. Pour
éviter les infiltrations, le pied des poteaux doit être
entouré d’un morceau de zinc, dont le rebord supérieur
soit encastré, en biais dans ces poteaux, de 2 cent,
environ.
Avant de terminer cette brochure, j’ai désiré faire
l’essai de mon ventilateur et des rainures-impostes.

Cet essai, je l’ai tenté dans lamaison d’école de PaussacSaint-Vivien sans m’inquiéter du perfectionnement que
j’aurais pu y apporter, préférant écouter et mettre à profit
les observations du public, mais surtout des ouvriers.
J’ajoute que les ouvriers de cette localité se sont mis à
l’œuvre avec un entrain digne d’être cité, à notre époque
où le progrès est beaucoup trop enrayé par le mode
vicieux et beaucoup plus dangereux qu’on ne le pense, des
adjudications à rabais volontaires, — mode vicieux, qui
entraînerait de graves abus, si on n'y prenait garde, car
toutes les faveurs seraient pour les absinthistes, les dé­
sœuvrés et les coupables ignorants. — Les bons ouvriers,
au contraire, deviendraient des parias gênants et im­
portuns.

J’ai entendu maudire, si souvent, cette façon d’opérer,
selon moi anti-libérale, anti-française, que, malgré mon
humble personnalité, je me suis décidé à la signaler au
gouvernement, dont la sollicitude pour tous est aujour­
d’hui bien connue, Dieu merci ! mais à qui l’on cache
beaucoup trop les mesures propres à consolider la vraie
République, la seule République possible, celle des tra­
vailleurs honnêtes et partisans du progrès — riches ou
pauvres.
Je me suis décidé, également, à appeler son attention,

— 32

malgré la délicatesse du sujet, car je suis architecte, sur
la composition des conseils des bâtiments civils.
Jusqu’à ce jour, les commissions de ces conseils ont été
composées d’éléments hétérogènes ; or, il semblerait équi­
table qu’une œuvre spéciale fût jugée par des spécialistes,
et que les portes du conseil des bâtiments civils fussent
ouvertes à tous les spécialistes du département, au lieu
de l’être à un seul, ou à quelques-uns seulement : Il ne
serait pas juste qu'un seul profitât du talent de tous, —
au détriment de l'intérêt général.
De tels errements seraient incompatibles avec les prin­
cipes sur lesquels nous nous appuyons pour faire triom­
pher les droits de l’homme : Egalité Justice, — Travail et
Liberté, — Fraternité et Tolérance.
Notre jeune République ne permettra pas que ces
principes soient mutilés. — D’un souffle, elle fera dispa­
raître de semblables anomalies, et si elle n’y a pas plus
tôt porté remède, c’est que nos gouvernants, accablés
d’occupations semées d’obstacles divers, n’ont pu encore
être initiés à ces petits détails, qui semblent indifférents,
mais qui, vus à la loupe, prennent cependant des propor­
tions affligeantes et incompatibles, je le répète, avec les
mœurs d’un pays civilisé.
Je me propose de traiter, dans une deuxième brochure,
la question afférente aux adjudications des travaux de
l’Etat et des administrations.
Mon devoir est de déclarer, d’ores et déjà : 1° Que tout
entrepreneur devrait avoir remporté au concours, du
moins selon moi, son titre d’entrepreneur de l’Etat ou
d’administration, pour être admis à concourir ;
2° Qu’en ce qui touche le maximum du rabais, il serait
facile de le déterminer et de rendre les adjudications
sérieuses, tout en restant dans la voie de l’impartialité et
de l’économie.
J’y traiterai les divers systèmes de mes rainures-

— 33 —

impostes, — j’indiquerai les diverses manières de les
étager, selon les constructions auxquelles on voudrait les
appliquer, — et les différents cas où les unes s’ouvriraient
en dehors, les autres en dedans, dans la même salle.
Je puis, dès à présent, donner l’assurance que ces
rainures, qui ont obtenu un résultat des plus satisfaisants
dans les granges, étables, chambres privées, voire même
dans la maison d’école de Paussac, bien qu’elles n’y
aient été qu’incomplètement appliquées, offrent un intérêt
majeur, à tous points de vue, malgré leur coût insigni­
fiant : Il s’agit d’un simple morceau de planche, d’une
longueur moyenne de 70 centimètres, sur une largeur
moyenne de 15 centimètres (voir la façade de cette maison
d’école).
Leur application dans les casernes, hôpitaux, etc.,
serait un vrai bienfait.

Ayant obtenu de M. le Ministre la faveur de faire l’essai
de mes innovations dans la maison d’école de SainteMarie-de-Chignac, je joins à mon modeste travail le plan
de cette construction, non, assurément, pour servir de
type (prétention qui serait absurde), mais dans le seul
but de compléter un peu mieux les trois planches de mes
innovations, afin qu'on puisse embrasser plus facilement
l’ensemble de mes systèmes.
En A joignant le préau à gauche, j’ai ménagé, le cas
échéant, une annexe destinée au gymnase, complètement
indépendante du reste du préau proprement dit, — auquel
je donne le moins de hauteur possible, afin d’assurer aux
enfants un meilleur abri contre les intempéries.
Dans la salle d'école, à droite, j’ai indiqué l’enrayure
supportant mon nouveau système de plafond. — Cette
enrayure ne coûte pas plus qu’une enrayure ordinaire,
bien qu’elle offre l’avantage considérable de donner au
plafond plus d’élévation au centre de la salle que sur les

- 34 -

côtés, — avantage précieux, qui permet l’expiration com­
plète des exhalaisons par le ventilateur.
Je dois faire l’essai d’une cheminée calorifère. Si je
réussissant mieux,principalement pour la classe ouvrière.
Dans cette 2e brochure, j’aborderai les questions multi­
ples relatives à l’agriculture au double point de vue de
l’hygiène et de l’économie en ce qui concerne les cons­
tructions rurales.
J’indiquerai les moyens de conserver les denrées et de
les soustraire à la voracité des omnivores.
J’aborderai ainsi la question peu connue et si intéres­
sante, pourtant, des séchoirs pour les tabacs.
Si je puis rendre service, je serais heureux.
F.-Alexandre BOURDEILLETTE,
Architecte.

Périgueux, 12 mai 1882.

BfBLfÛJht Çljf ’i
QU LA VII. lE.
Jx^

Périgueux. — CASSARD Frères, Imprimeurs-Libraires, rue St-Martin

RAINURES

IMPOSTES & VENTOUSES DANS LES EMBRASURES
BIBLIOTHÈQUE
DE LA VILLE
DE PÉRIGUEUX