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Fait partie de Liste chronologique des maires de la ville et de la cité de Périgueux depuis 1200 jusqu'à nos jours : accompagnée de nombreuses notes historiques

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CHRONOLOGIQUE

DES MAIRES
DE LA VILLE ET DE LÀ CITE

DE PÉRIGUEUX
DEPUIS

1200

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NOS

JOURS,

' Accompagnée de nombreuses notes historiques,

M. Alfred DE FRÜIDEFOND DE BOULAZAC,
Auteur de l'Armorial de la Noblesse en Périgord,

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AVEC U E VUE UE I.'ANCIEN HÔTEL DE VILLE.

Par M.H. DUPUY, dessinatr lithographe

PERIGUEUX
IMPRIMERIE DUPONT ET Ce, RUES TAILLEFER ET DES FARGES.
1873.

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LISTE
CHRONOLOGIQUE

DES MAIRES
DE LA VILLE ET DE LÀ CITE

DE PERIGUEUX

LISTE
CHRONOLOGIQUE

DES MAIRES
DE LA VILLE ET DE LA CITÉ

DE PÉRIGUEUX
1200

DEPUIS

JUSQ_UA

NOS

JOURS,

Accompagnée de nombreuses notes historiques,

PAR

M. Alfred DE FROIDEFOND DE BOULAZAC,
Auteur de V Armorial de la Noblesse du Périgord,

AVEC UNE VUE DE L'ANCIEN HOTEL DE VILLE,

Par M.

Ht. DUPUY,

dessinatr

lithographe

PÉRIGUEUX
IMPRIMERIE DUPONT ET Ce, RUES TAILLEFER ET DES FARGES.

1873.

1

LISTE
CHRONOLOGIQUE

DES MAIRES
DE LA VILLE ET DE LA CITÉ

DE PÉRIGUEUX
DEPUIS 1200 JUSQU’A NOS JOURS.

Nos bourgeois, dont la foi conserve nos murailles.
Se trouvent des héros au milieu des batailles,
Et, quand ils ont vaincu pour la cause des Rois,
Défendent à leur tour et leur rang et leurs droits.
(Le baron de Gageac, Epitre à la Société
d'agriculture, 1830.)

Nos archives municipales nous montrent Périgueux — pri­
mitivement Vésone ~ municipe romain, sous les empereurs;
cité libre, sous les deux premières races de nos rois; et, sous
le règne des Capétiens, corporation de vassaux nobles rendant
l’hommage de fidélité au roi, comme les plus grandes maisons
de France, et, comme elles, jouissant des mêmes prérogatives,
remplissant les mêmes devoirs (1).

(1) Les habitants de Périgueux ne relevaient que dela Couronne. —
Ils n'ont jamais été assujettis a la taille ni à aucun autre impôt incom­
patible avec leur état de noblesse ; mais, en échange de ces exemptions, ils
devaient leur sang à la patrie — glorieux privilège qu'ils étaient fiers de
partager avec la noblesse.

Cet état seigneurial, commun à tous les membres de la cor­
poration (1), a été constaté d’une manière irrécusable :
Par deux contrats synallagmatiques passés entre les rois
Philippe-Auguste en 1204, Louis VIII en 1223, et les maires et
consuls, agissant au nom de tous les citoyens et bourgeois de Péri­
gueux (2). — Les lettres patentes de 1204 (Lettres reversâtes)

qui suivent le serment féodal prêté, l’hommage rendu qui cons­
tituait leur noble vassalité, disent : tous les hommes de Péri­
gueux (omnes homines de Petragoris), celles de 1223, l’uni­
versité (pour la communauté, l’universalité) des bourgeois du
Puy-St-Front; (universitas Burgensium dePodio sancti Frontonis) ;
(1) Dès l’âge de 13 ans, tous étaient obligés de prêter à la ville et à ses
représentants le serment qui les agrégeait au corps des vassaux. Par
ce serment, ils ratifiaient l’hommage rendu en leur nom par la seigneurie
dont ils étaient tous co-propriétaires par indivis. (Mémoire sur la constitution
politique et civile de la ville de Périgueux, imprimé en 177», page 23.)

(2) Bourgeois (burgenses) s’entendait des habitants du bourg, des
citoyens d’une ville qui n’avait pas d’évêché, comme le Puy (ou Mont),
St-Fronl devenu Périgueux — le siège des évêques était à la Cité; — mais
dans sa première origine, dit Laroque, d’après Dominici (voir son Traité de
noblesse, p. 223, cliap. lxxiv), le terme de bourgeois signifiait homme de
guerre qui a la garde d’une forteresse de ville, et cette étymologie convient
bien aux hommes de Périgueux, à. ces nobles et fiers bourgeois toujours
prêts pour la défense de leurs prérogatives et qui avaient pour emblème un
chevalier armé de toutes pièces, armes vraiment parlantes. On disait bour­
geois de Périgueux, mais bourgeois nobles, féaux du roi, tous les habi­
tants tenus par serment de porter les armes pour la défense du fief. C’était
un titre qui indiquait un état de liberté, mais non de dépendance ; il était si
peu incompatible avec la noblesse, que les gentilshommes qui venaient ha­
biter Périgueux se faisaient accorder des lettres de bourgeoisie. Parmi ceux
qui les ont obtenues, ou qui ont été réintégrés dans des droits déjà acquis,
nous citerons entre autres :
MM. François de la Salle, sieur du Breuil et de Blanzac, dont les auteurs,
ainsi qu’il est dit dans sa requête, ont joui dès les temps les plus reculés,
des droits et privilèges de bourgeois de la ville de Périgueux. (Lettres de
réhabilitation du 2i juillet 1739.)
Marc de Broehard, écuyer, seigneur de la Gourdonie, Brochard, Puymorin, etc. (Id. du 20 août 1769.)
Haut et puissant seigneur Louis, Raphaël, Lucrèce de Fayolle de Melel,
comte de Melet, seigneur de Neuvic, chevalier de l’ordre royal et militaire
de saint Louis, brigadier des armées du roi, etc., demanda à être rétabli
dans les droits de citoyen et bourgeois dont avaient joui ses ancêtres, lesquels
faisaient partie — est-il dit dans sa requête — du corps féodal des citoyens

Par un jugement solennel du roi saint Louis, en date du
mois de juin 1247, jugement qui, en même temps qu'il main­
tient la ville de Périgueux dans ses droits de libertés, de sei­
gneurie et de puissance publique, punit le comte de Périgord
de ses hostilités et de ses violences envers ses habitants et lui
impose un silence perpétuel (Comiti perpetuum silentium
imponimus) au sujet de scs prétentions à la suzeraineté de
cette ville, qui n’a jamais reconnu d’autre seigneur que le roi.
Et enfin, à chaque changement de règne, par un grand nom­
bre de titres de même nature, dont nous mentionnerons les plus
importants dans le courant de ce travail.
Les droits dont jouissait Périgueux, droits non -concédés,
mais reconnus comme lui appartenant de toute ancienneté, sont
ainsi énoncés dans des actes de diverses époques :
Droit de posséder fiefs et arrière-fiefs sans en payer aucune
et bourgeois de Périgueux, vassaux immédiats de la couronne. (Id. du
3 août 1775.)
N. Blanc de St-Just, écuyer clievau-léger, chevalier de l’ordre royal et
militaire de saint Louis. (Lettres de bourgeoisie du 19 février 1774.)
Louis de Sanzillon, chevalier, seigneur de Mensignac, Beaulieu, Lancinade,
etc. (Id. du 10 avril 1770.)
Le comte de La Bogue, lieutenant-général des armées du roi. (Id. du
mois de juin 1781.)
Messire Henry, marquis de Bayly, chevalier, seigneur de Razac, Rognac
et autres places, capitaine de cavalerie au régiment de Berry. (Réintégré
dans les droits de bourgeois dont jouissaient ses ancêtres dans la ville de
Périgueux. (Lettres du 16 juin 1788.)
Le chevalier de Bayly. (Réhabilité dans ses droits de citoyen de la ville
de Périgueux le 24 août 1781.)
Il suffira de ces quelques noms, pris sur un livredes délibérations des mai­
res et consuls du l8 mars 1763au 30 novemhrel773, conservé aux archives
de l’Hôtel-Ville, pour prouver que la qualification de bourgeois de ville libre avait
alors une tout autre signification que celle qui lui est donnée de nos jours.)
Les lettres de bourgeoisie — est-il dit dans le Mémoire pour les nobles
habitants de Périgueux contre le fermier et l'inspecteur des domaines et
droits de francs-fiefs, etc. (imp. en 1775) — ne s’accordaient qu’avec
de grandes précautions. Celui qui aspirait h l’honneur de les obtenir n'y
avait droit qu’après enquête sérieuse et lorsque le conseil de ville en avait
décidé. Mais ces lettres obtenues ne conféraient pas immédiatement —
comme à Paris, ou dans quelques autres villes où le domicile d’un an et un
jour seulement suffisait, — le droit de jouir de la qualité et privilèges de la
bourgeoisie; il fallait à Périgueux faire encore dix ans de stage, pendant
lesquels on supportait les charges roturières, avant d’être admis à occuper
aucun emploi municipal.

— 4
finance; —droit de bannière (qui caractérisait alors la plus haute
noblesse) ; elle parutavecéclatdanslesplainesd’Arras en 1515; (1)
droit de sceau (2) à sceller contrats, sentences, condamnations,
commissions, etc. ; — droit d’asseoir et de percevoir toutes les
Contributions nécessaires pour sa défense et son entretien ; —
droit d’exiger le serment de tous les sujets de sa seigneurie; —
droit délire ses magistrats, de former un corps d’armée et de le
commander au nom de la communauté ; — droit de forteresse et
d’en avoir la défense ; — droit de faire battre monnaie, ainsi
qu’il résulte de deux transactions passées, entre la ville de
(1) Recueil sommaire des litres de la ville de Périgueux, page 10.
(2) Le sceau était pour la Cité : Vaigle antique, réminiscence du municipe. — C’est à tort que quelques auteurs ont dit en blasonnant les
armoiries de la Cité : à l’aigle éployée; éployé, dans le dictionnaire veut
bien dire qui a les ailes étendues, mais, dans le langage héraldique, l’aigle
éployée, c’est l’aigle à deux télés et jamais l’emblème de la Cité n’a
été représenté ainsi ; — pour le Puy-St-Front : un sergent d’armes tenant
l’épée et le bouclier sur lequel était une croix, symbole à la fois de no­
blesse et du caractère, militaire et religieux des habitants. — Philippe
Auguste institua des sergents d'armes (servientes armorum) pour la garde
de sa personne. Ils étaient gentilshommes et combattirent vaillamment h
Bouvines. (Encyclopédie ou Dictionnaire des sciences, publié par Diderot,
tome 50'.) — Dans le procès-verbal des titres de la ville de Périgueux (voir
Recueil des titres, p. 210, et Mémoire sur ta Constitution politique de
la ville et Cité de Périgueux, imprimé en 1775, p. 76,) présentés à la
chambre des comptes en 1552, et sur lesquels fut rendu en 1553 un arrêt
du parlement de Paris qui maintient les citoyens de ladite ville dans leur
état de corporation et de seigneurie, il est fait mention d’actes de 1188,
1205 et 1209 scellés du sceau du Consulat, lequel y est ainsi décrit : un
sergent d’armes avec le bouclier et l’épée (serviens annalus cum clypeo et
ense). Ce sceau, dont le Puy-St-Front faisait usage dès 1188, indique
assez qu’à cette époque le bourg formait déjà une ville assez importante et
une administration distincte de celle de la Cité qui, elle, avait pour armoi­
ries, une aigle, ainsi que nous venons de le dire. Au sujet de la devise :
fortitudo mea civium ftdes — laquelle on voit inscrite autour du sceau
adopté par la ville et la Cité réunies en 1240 et dont le dessin figure au
plan qui est joint au Mémoire déjà cité — voici ce que nous lisons dans une
lettre écrite le 25 novembre 1815, par le chevalier Vidal, alors maire de
Périgueux, en réponse à la demande que MM. Méry, référendaire en la
chancellerie de France, et de Saint-Allais , auteur du Nobiliaire universel,
lui avaient faite, et des armoiries dont la ville était en possession avant
1789, et d’une notice historique relative à leur adoption : sa devise lui fut
donnée dans le xIIIe siècle et confirmée depuis pour avoir, par ses pro­
pres forces, chassé les Anglais de ses murailles, expulsé de même les
rehgionnaires dans le xvIe et les armées de la Fronde dans le xvIIe siècle.

— 5 —

Périgueux et le comte de Périgord, en 1266 et 1276; — enfin,
droit de haute justice sur tout son territoire.
Voilà les prérogatives dont la ville de Périgueux était en
possession à la fin du xm° siècle, sous l’hommage qu’elle en
rendait au roi (1). Les plus grandes maisons de France ontelles à présenter de meilleurs titres de noblesse ?
Quant aux armoiries — ajoute M. Vidal — qui ont appartenu h la Cité de
Vésone et dont M. de Taillefer, amateur distingué d’antiquités, m’a
garanti l’exactitude, une particularité remarquable, et peut-être unique
en France, c’est que des médailles gauloises trouvées dans la citadelle
gauloise, prouvent que celte aigle était l’emblème de Vésone bien des siècles
avant que les Romains fissent la conquête des Gaules, et un tiers de sou
d'or des rois Visigoths témoigne que ce même emblème de la Cité était
en usage vers l'an
de notre ère. Mais M. Dessalles, ancien archiviste
du département, ne fait remonter l’origine de la devise qu’à l’époque de
l’expulsion des Frondeurs, et ne semble pas même admettre que la ville et
la cité aient eu des armoiries avant le traité d’alliance en 1240 ; les sceaux
antérieurs à cette date, soit celui de 1188, — le sergent d’armes — rap­
pelé dans le Recueil des titres, page 219, où il est dit sceau de la commu­
nauté ; soit celui de 1204 — l'aigle — pendant à l’acte d’hommage rendu à
Philippe-Auguste par tous les hommes de Périgueux, na représenteraient ni
le sceau de la ville, ni celui de la Cité, ces dernières armoiries seraient tout
simplement, d’après M. Dessalles (Voir les Annales agricoles de 1864, p. 93),
celles du maire de la ville du Puy-Saint-Front.
En présence d’opinions si diverses et qui ne sont nullement fondées sur
titres authentiques, sur preuves irrécusables, ce n’est pas nous qui nous
permettrons de trancher la question.
Nous nous bornerons donc, en terminant cette note, à constater que par
le traité d’alliance de 1240, conclu entre la Cité et le Puy-St-Front, ces
deux corporations, jusque-là distinctes et séparées, n’en formèrent plus
qu’une seule ayant le même sceau, c’est-à-dire : une porté de ville forti­
fiée, flanquée de tours crénelées au-dessus desquelles fut mise la fleur de
lis, pour indiquer, .par ce signe royal, que la ville de Périgueux était
vassale immédiate de la couronne, avec laquelle elle partageait sa haute
seigneurie.
D’ordinaire les armoiries des villes sont surmontées d’une couronne
murale; Périgueux, par exception, timbre les siennes de la couronne
comtale, voulant attester ainsi que ses droits étaient les mêmes que ceux des
comtes du Périgord, contre lesquels elle a souvent lutté pour maintenir sa
vieille indépendance; ses maires et consuls les attestent également en
se qualifiant quelquefois, dans les xvIIe et xviiie siècles, des titres de
comtes et barons, et le grand nombre de blasons particuliers timbrés de
la couronne comtale que l’on remarque en Périgord est encore une
preuve de la noblesse de tous les membres de la corporation de Périgueux.
(1) Le dernier hommage rendu à Louis XIV est de 1667. C’est d’après
cet hommage que les citoyens de Périgueux fournirent en 1679 aveu et
dénombrement des fiefs formant la seigneurie de la ville et de tous les droits
dont ils étaient en possession et que nous venons d’énumérer.

—6 —

Après cet exposé sommaire de la constitution politique de
Périgueux, de l’état de noblesse de cette ville et des citoyens et
bourgeois composant sa corporation, on ne lira pas sans intérêt
la nomenclature de ses Maires. Cette liste toute Périgour­
dins (1) n’est-elle pas, en effet, jusqu’en 1790, comme le com­
plément de celle que nous avons publiée, en 1858, sous le litre
de : YArmorial cle la Noblesse du Périgord ?

Mais donnons tout d’abord un résumé succinct des statuts an­
ciens relatifs aux élections municipales qui avaient lieu tous les
ans, le dimanche après la Saint-Martin d'hiver.
Lorsque le temps de leur exercice était terminé, il ne devait
durer qu'un an (2), les maires et consuls faisaient solennelle­
ment et publiquement prévenir, à son de trompes, les habi­
tants composant l’universalité des citoyens et bourgeois d’avoir
à se réunir à l’hôtel-de-ville (ou maison du consulat), à l’effet
de procéder à leur remplacement.

Là, ils remettaient entre les mains de l’assemblée leurs pou­
voirs , sauf celui qui leur était donné de choisir parmi les élec tours les quatre qui leur paraîtraient les plus aptes à défendre
les intérêts de la chose publique, dont trois de la ville et un de
la Cité, mais n’ayant été ni maire, ni consul, pendant les trois
années précédentes.
Ces quatre prud’hommes désignés, en nommaient huit —■
dont six pris dans la ville et deux dans la Cité, n’ayant point
exercé, d’un an, les charges consulaires — lesquels faisaient
l’élection des maires et consuls. Le maire devait être du PuySaint-Front et les consuls, au nombre de sept, —1476 (3)
(1) Nous avons dit, dans une note précédente, qu’il fallait être dans ces
conditions pour pouvoir occuper des charges municipales.
(2) Les prud’hommes pouvaient les continuer dans leurs fonctions, en­
core un an, s’ils la jugeaient utile il la chose publique.

(3) De 1200 à 1116 le nombre des consuls avait été de douze, dont dix
de la ville et deux de la Cité ; — de 1406 à 1468 il était de neuf, sept de la
ville et deux de la Cité ; — en 1468 il ne fut plus que de sept, six de la

7 —
date des statuts dont nous donnons ici un extrait — six de­
vaient être de la ville et un de la Cité (1).
Les parents au degré de père, de fils et de frère ne pouvaient
être en même temps membres du même conseil municipal.
Les maires et consuls s’engageaient à former, quinze jours
après leur élection, le conseil de ville, qui était composé de
trente prud’hommes.
Il est dit dans un des articles : Les huit prud’hommes pour­
ront élire le maire dans quel quartier de la ville que bon
leur semblera, mais les consuls seront élus, l’un au quartier
du Verdu (le Plantier (2J, l'autre du Pont, l’autre de Taillefer , l’autre de l’Eguillerie, l’autre de la Limogeanne, l’au­
tre de la rue Neuve, l’autre au cœur de la ville et l’autre de
la Cité (3).

Voici le 1er article du serment que devait prêter le maire :
« Vous jurats sobre la saincta ley de Dieu nostre Senhor que
vous, be et lealement et a bona fe, tant quant poyretz, gouvernaretz, et gardaretz lopoble, salvetaz, francliesas, coustumas
et libertatz de las doas vilas et gardaretz ay tan be lo drecli del
paubre comme del rie..... » 14)
ville et un de la Cité, et ainsi jusqu’en 1697, où le nombre fut réduit à
quatre, trois de la ville et un de la Cité.
(1) Copie des statuts municipaux de 1506 (liasse cotée n° 5), dans les
archives de la bibliothèque de Périgueux.

(21 Porte du Plantier alias de Verdun, livre vert, fol. 568, v».
(5) Archives de la bibliothèque, liasse cotée 3.
(1) Voir les statuts de 1241 et de 1476-1477 ; les premiers dans les car­
tons L. Lapeyre, à la bibliothèque de la ville de Périgueux; les seconds,
dans un registre en parchemin conservé il la même bibliothèque.

MAIRES DE PÉRIGUEUX
I
Forlitudo mea civium fides»

1200
1201
1204

Hélie de Valbec.
Etienne de Juvenals.
Hélie Capete.
Au mois de mai 1204, tous les hommes de Périgueux (omnas
Jiomines de Petragoris), comme vassaux du roi, sont admis à
faire le serment de fèautè au roi Philippe-Auguste (1). A cet
acte, qui n’est autre chose qu’un véritable hommage, est
attaché un sceau représentant une aigle qui indique assez
l’origine romaine du municipe de Périgueux. Autour de ce
sceau on lit : Sigillum majoris confratriœ Petragoris.

1206
1210
1213
1214
1215
1216

Hélie de Valbec.
Jean Meymy.
Guillaume de Clarens.
Geoffroy Chatuel.
Robert La Porte.
Ithier de Salis.
En 1217, Raoul de Lastours, Eveque de Périgueux, fut
arbitre pour régler les différends intervenus entre les habitants
de la ville et ceux de la cité. (2)
(1) Pièces justificatives ou titres employés dans le Mémoire pour les
nobles habitants de Périgueux contre le fermier des domaines et droits
de francs-fiefs de la généralité de Guienne, et contre l’inspecteur des do­
maines ; imprimé en 1773, page 4 ; et le mémoire sur la constitution politigue de la ville et cité de Périgueux, imprimé en 1773, page 47.
En 1203, 1209 et 1203 , le Recueil des titres de la ville de Péri­
gueux ne nous fait connaître a ces dates que le nom des consuls.

11
' ÿ'I



10

1219
x 1220
x 1222
x 1223

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

Antoine de Verginis.
Guillaume d’Albaret. (1)
Guill. d’Aspremont. (2)
Guillaume Brunel. (3)
En janvier 1223, il signe l’acte de serment de /eawfé prêté
au roi Louis VIII par plus de 1,300 bourgeois de la ville et
s’engage, ainsi que ses conseillers, à faire prêter le même
serment par tous les autres bourgeois, dont la plupart étaient,
à ce moment, occupés à faire le siège d’un fort, et par tous
ceux qui avaient atteint l’âge de 13 ans. (4)

+ 1224

Etienne de Salis. (3)
En décembre 1226, le roi saint Louis reçoit l’hommage des
maires et bourgeois du Puy-Saint-Front. Dans ses lettres re­
versales, conçues dans les mêmes termes que celles données
par Louis VIII en 1223, il recommande à tous ses vassaux de
les aimer, de les honorer et de les défendre (6), comme ses
hommes, ses fidèles.

+ +

+ 1228
1231
1231
1231

Bernard de Blanquet. (7)
Pierre Chatuel.
Helie Martin. (8)
Helie Boet. (9)

(t) Recueil des titres, page 220.11 est appelé Guillaume Albertï.
(2)

Id.,

(5)

Id., et supplément pour les citoyens (le Périgueux, imprimé en

page 220.

1778, page 25, et Recueil des titres, pages 20 et 220.
(4) Recueil des titres, page 19.
(3)

Id.

(G) Recueil des titres, pages 61 et 79.
(7) Recueil des titres, pages 20 et 220.
(8) Maire du Puy-Saint-Front avril 1231. Livre de rentes de la ville.

(Biblioth. Léon Lapeyre.)
(9) Livre de rentes cité à la note qui précède.

maires de Périgueux.

x 1231
1234-1237

1238
1240

11

Elie de Laroche , chevalier, élu maire en 1231. (1)
Helie Espes (alias Espel.)
Ce fut Helie Espes qui, en qualité de maire du Puy-SaintFront et représentant de la communauté, fit alliance avec le
vicomte et la vicomtesse de Limoges, s’obligeant réciproque­
ment à se défendre et à se prêter secours et conseil envers et
contre tous. (2)

Guillaume de Clarens.
Geoffroy Delpuech.
En cette année fut passé, entre l’ancienne ctïé de Périgueux
et la communauté du 'Puy-Saint-Front, un traité de réunion
qui devint le titre et la loi fondamentale de la constitution de
la capitale du Périgord ; mais ce ne fut réellement qu’en 1250
que la cité et la ville, jusqu’alors rivales, ne formèrent plus,
grâce à l’intervention de Pierre de Saint-Astier, évêque de
Périgueux, qu’un seul et même corps politique administré par
des règles communes, jouissant des mêmes droits et obéissant
aux mêmes magistrats.

Il y a lieu de s’étonner qu’un acte aussi important, signé des
12 consuls (3) ne porte pas la signature de Geoffroy Delpuech,
que l’auteur du Périgord illustré donne cependant comme
maire à cette date.
+ 1241
1242

P. Gaudos. (4)
Helie Espes.
(1) Archives de la bibliothèque de Périgueux, pièce renfermée dans une
liasse cotée 5 et ayant pour titre : Extrait des livres de l’hôtel-de-ville, où
sont inscrites les élections des maires, consuls et prud’hommes, certifiés
sincères et véritables, par Raynaud, greffier et secrétaire, le 27 février
1773.
(2) Recueil des titres, page 30 .
(3) Recueil des titres de la page 55 à 46.
(4) En cette année fut fondé, sous l’épiscopat de Pierre de Saint-Astier,
le monastère des frères prêcheurs, ou Dominicains, ou Jacobins, là où
sont établies, depuis 1818, les religieuses de Sainte-Ursule. (Élut de
l’Eglise du Périgord, par le P. Dupuy, page 85 J

Sfr'........

12

A'iV’ft*

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

1243

1247

Etienne de Salas.
En 1246, Louis IX lait défense aux officiers du roi d’assister
aux élections et assemblées consulaires de Périgueux. (1)
Robert La Porte.

1248
1249
1230
4- 1230

En 1247 les démêlés entre le comte de Périgord, le chapitre,
les maires, les consuls et les bourgeois du Puy-Saint-Front
prirent un tel caractère de gravité que saint Louis crut devoir
interposer son autorité et qu’il rendit le jugement dont nous
avons parlé dans les quelques mots qui précèdent cette liste
de maires.
Par un des articles de ce jugement solennel, le roi se ré­
serve, dans l’intérêt du bon ordre, de nommer pour quatre
ans les maires et consuls et de ne prendre ces magistrats
ni dans la ville, ni dans la cité. (2)
L’année précédente, le chapitre avait cédé au roi la moitié de
la seigneurie qui s'était formée sur le terrain où avaient été
bâties les plus anciennes, maisons de la ville, seigneurie appelée
le Pariage de Saint-Front, c’est-à-dire la possession par in­
divis, entre le roi et le chapitre, de cette portion de la ville.
Helie de Plaigne.
Jean de Meymy.
Helie Seguy (ou Seguin).
Helie de Valbec (damoiseau).
La Cité trouvant que le Traité d’union de 1240 et lejugement du roi saint Louis ne lui donnaient pas assez d’influence
dans l’administration, recommença la guerre avec le Puy-SaintFront; elle ne tarda pas à en être cruellement punie, car, par
un compromis passé entre les parties, en présence de l’Evêque
de Périgueux, choisi par elles pour leur arbitre, Pierre de
Saint-Astier condamna la cité à faire à la ville amende honora­
ble et à venir en chemise et pieds nus, devant les frères pré(1) Archives de la bibliothèque, liasse n° 3, déjà citée.
(2) Recueil des titres, page 58.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

13

cheurs, demander pardon aux maires et consuls de la ville.
Cette satisfaction se fit par députés (1).

1251
1252
1253
1254

Bernard de Juvenals.
Guillaume (alias Hélie de La Roche.)
Helie de Salas (ou de Soleas.)
Raymond de Margot.
En 1255, est-il dit dans le Périgord illustré, il y eut deux
maires. La Cité ne voulut pas reconnaître celui que Périgueux
avait élu et en nomma un autre que Périgueux ne reconnut
p'oint.

1263

Bernard Girard.
Pierre Blanquet.
En 1266 fut rendue une sentence arbitrale qui reconnut le
droit qu’avait la ville de faire battre monnaie. Les pièces frap­
pées s’appelaient Périgourdins. (2)
En 1269, qui est la date du renouvellement du Traité de
réunion de la ville et de la cité de Périgueux, il ne paraît pas
qu’il y eût de maire, car l’acte ne porte que le nom des 12
Consuls. (3)

1264

En 1272, les bourgeois du Puy-Saint-Front rendent foi et
hommage à Philippe III dit le Hardi. (4)
1278
+ 1278

Jean Meymy.
Pierre Normans.
« En 1279, deux maires dont nous ne connaissons pas le
nom, est-il dit dans le Périgord illustré. »
Pierre Normans, que nous venons d’inscrire, est sans con(1) Etat de l’Eglise du Périgord déjà cité et le Recueil des titres,
page 87.

(2) Recueil des titres, page 65.

(3)

Id.,

pages 69 et 72.

(4) Recueil sommaire des titres qui établissent l’antiquité et l'authen •
ticité des immunités dont jouissent les citoyens bourgeois et habitants
de Périgueux, page 19.

14

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

tredit l’un de ces deux maires; il figure en cette qualité maire
du Puy-Saint-Front dans un accord sur la monnaie, entre le
comte de Périgord et les citoyens de Périgueux. A cet acte,
que possède la bibliothèque de la ville, est appendu le double
sceau de Périgueux : d’un côté, une porte fortifiée, où je ver­
rais volontiers la porte de Taillefer, et de l’autre un évêque,
évidemment l’image de saint Front.

1283-1284
1285
1286

Lambert La Porte.
Guillaume Chatuel.
Lambert La Porte.
En cette année, Philippe-le-Bel renouvelle et confirme les let­
tres reversâtes de ses prédécesseurs et atteste ainsi, comme eux,
l’existence et la mouvance du fief du Puy-Saint-Front que la
commune reporte au roi. (1)
Nouveau différend entre la ville et le comte de Périgord au
sujet de leurs juridictions, réglé en 1286 par le P. Prieur des Ja­
cobins et Etienne de Juvenals, et approuvé par lettres du Roi
en 1293. (2).

1287
1289

Fortanier-Beron.
Hugues de Margot.
Il est établi par un arrêt du parlement de Paris en date du
mois de septembre 1290, « que les consuls et bourgeois de
Périgueux étaient et avaient toujours été en droit de sceller les
contrats du sceau du consulat, de lever des impôts et des subsi­
des et de contraindre les refusants, de recevoir le serment des
vassaux de ladite ville et, même de tout temps, en possession
de la tour et de la maison commune, d’assembler des troupes
et de les commander, enfin de garder les tours, les ponts, les
murs, les fossés et contre fossés, les fortifications, les chemins
et places publiques, etc. » (3)
(1) Mémoire sur la constitut. de la ville et cité, déjà mentionné, page 80.

(2) Etat de l’Eglise du Périgord déjà cité, page 97.

(3) Recueil des titres, page 107.

15

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

1291
■1292
1293
x 1293
1294
1295
1296
1297
1298
1299

Fortanier Blanquet.
Helie Chatuel.
Hugues de Margot.
Guillaume Meschi. (1)
Fortanier-Beron.
Hugues de Margot.
Helie de Barnabé.
Helie Chatuel.
Fortanier Blanquet.
Guillaume de Barnabé.
En 1299, une querelle entre la ville et la Cité, fomentée par
les Anglais, est-il dit dans le Périgord illustré, fit surgir deux
maires, l’un pour Périgueux et l’autre pour la Cité.
(1) Olim, page 14, tome 2 ; il y est dit major Petracorensis, maire de
Périgueux.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

1300
1301
1302-1304
1305
1306
1307
1308
x 1309

Helie de Botas.
Helie Chatuel.
Guillaume Chatuel. (1)
Helie de Barnabé.
Arnaud de Margot.
Helie Vigier. (2)
Arnaud de Cablan.
Pierre Martini.
Il fut privé de sa charge de
(1) Recueil des titres; il y est
dit gouverneur de la ville de Péri­
gueux, Gubernator, page 115.
(2) Voir la note mise après le
nom de Pierre Vigier, page sui­
vante, 2* colonne.

MAIRES DE LA CITÉ.

1300
1300

Fortanier Blanquet.
Guillaume de Barnabé.

Subrogé à Fortanier Blan­
quet, qui mourut dans l’an­
née.
1301
1302
1303
1304
1305-1306
1307-1308
1310

Arnaud de Gélat.
Pierre de Normands.
Helie de Barnabé.
Pierre de Normands.
Fortanier Beron.
Pierre de Normands.
Arnaud, de Cablan.
Nommé par le roi, est-il
dit dans le Périgord illustré ;

MAIRES DE I.A Clïlî.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

16

maire par arrêt de, la cour du
roi de 1310, ainsi que plu­
sieurs des membres de la
Jurade pour quelque délit
commis par eux ; mais la
cour, dans son jugement, a
soin de déclarer qu’elle n'en­
tend point, par cette con­
damnation, priver les habi­
tants de la ville et de la cité
de Périgueux du droit qu’ils
ont de nommer leurs maire et
consuls, et afin que dans l’in­
tervalle la juridiction immé­
diate de la ville ne puisse être
exercée par son sénéchal,
Philippe-le-Bel, par ses lettres
en date du 3 juillet 1310, lui
fait défense de troubler les
citoyens de Périgueux dans
l’exercice de leurs droits
d'administration et de con­
sulat. (1).

Raymond de Roche. (2)
Lambert de La Porte.
Pierre de La Porte.
1313
1314-1313 Helie Jaucelin.

X 1310
1312

Par ses lettres en date du
16 mars 1313, Louis X
mande aux maire et consuls de
se rendre auprès de lui, à
Arras, dont il allait commen­
cer le siège, avec leurs trou­
pes d’infanterie et de cavalerie
et d’y conduire leurs vassaux.
L’obligation d’aller en guerre
avec vassaux et sujets était un
droit et un devoir dufief, etc’est
{V) Recueil des titres, p. 154; et,
pour plus amples détails, Annales
de la Société d’agricult., t. 4,1843,
art. signé L. Dessalles, membre de
la Société des Antiquaires de France.
(2) Recueil des titres, idein.

mais la cité, soutenue par les
Anglais, refusa de le recon­
naître, et élut pour l'année
1310:
1310

1311
1312
1313
1311
1313

Pierre Martin.
Pierre Vigior.
Celle famille dont nous ve-l
nous de voir un des membres,
Helie Vigier, maire de Péri­
gueux, lequel sans doute
était frère ou du moins pro­
che parent de Pierre Vigier, j
maire de la Cité, a pris son
nom de i’ollice de Viguicr (ou
Vigier) (1) quelle possédait),
titre de fief (2) ainsi quel
constate la vente du droit de
Vigueric (ou Vigerie) l'aile a
1304 (3) par Helie et Piern
Vigier, gentilshommes. (4)

Pierre La Porte.
Arnaud de Cablan.
Hélie Malfred.
Augier de Campniac.
(1) Le Vigier (vicarius) était '
lieutenant du Seigneur à qui la jtf
tice appartenait.
(2) Courcellcs dit dans .i
notice généalogique sur la famille
« On présume que ce fut un évéque
de Périgueux (peut-être Frotaire
de Gourdon) en qualité d’abbé de
Saint-Front, qui inféoda le pre
mier cette charge vers la fin du
xe siècle, et il ajoute, il est du res
certain que la famille Vigier la pos
sédait a titre de fief dès le sied
suivant. »
(3) Pièce manuscrite aux archi
ves de la bibliothèque publique 4
Périgueux (liasse cotée n° 3).
(4) C’est ainsi qu’ils sont qua
lifiés dans la pièce que nous veux
de citer, laquelle fait mention:
contrat de la vente susdite.

MAIIIES DE LA CITÉ.

MAIRES DE PÈRIGUEUX.

1316
1317

■t ce titre que le roi fait appel
au dévouement à sa personne
et au patriotisme de ses bien
aimés et tidMes delà ville. (1)
Augier de Campniac.

131(1

Bernard de Verdun.

1317

Bernard de Verdun.
Antoine (alias Arnaud)
de Verginis.

1318
1319

Helie Martin.
Antoine de Verginis.

En août. 1317, Guillaume
de Margot, et llhier Chaluel,
consuls de la ville de Péri­
gueux, mandés à Bourges,
comme fondés de pouvoirs de
la communauté et de chacun
des citoyens en particulier,
prêtent, sur les Saints-Evan­
giles la foi et hommage au
roi Philippe V.
Ils promettent de lui être
toujours fidèles et de mainte­
nir l’ordre de succession au
profit du roi et de son fils.
Le roi. de son côté, s’engage à
ne porter aucune atteinte aux
droits, libertés et franchises
dont ils jouissaient de toute
ancienneté. (2)
1318
319-1320
1321
1322
< 1323
< 1323

17

Emeric de Verdun.
Helie de Blanquet.
Helie Barnabé.
Bernard de Verdun.
Jean de Berne (3).
Helie de Paris.
Si nous avons inscrit ce
maire, de la Cité d’après le
Périgord illustré, parmi
ceux de la ville, c’est qu’il
figure comme tel dans un titre
de 1323, contenant des or­
dres du roi adressés aux
maire et consuls de Péri-

Le Périgord illustré l’in­
dique comme maire de la Cité.
Le Recueil des titres de la
ville semble faire croire qu’il
l’était de Périgueux.

1320-1321
1322
1323

Legier Barrière.
Guillaume de Verdun.
Helie Paris.

(1)
Hem ,163.
(2) Recueil des titres, page 167.
(5)
Id. ; il y est qualifié gou­
verneur de la ville, page 195.

2

18

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

gueux par le sénéchal du Péri­
gord pour envoyer à Lauzerte
une troupe de cent gendar­
mes (1).
En 1323, les préposés
à la recette des revenus
du Roi, voulant faire payer
aux citoyens de Périgueux
le droit de franc-fief, ceuxci s’y refusent, attendu qu’ils
sont possesseurs par in­
divis d’un fief noble, vas­
saux immédiats de la Cou­
ronne , et, comme tels,
exempts de toute taxe rotu­
rière. (2) Le service auquel
ils sont tenus comme posses­
seurs d’un fief seigneurial,
obligation féodale qu’ils vien­
nent de remplir, justifie plei­
nement le refus de la ville à
acquiter cet impôt.
1324-1323

1326
1326

Etienne Blanquet.
Ithier de Chastenet.
Legier Barrière.
Subrogé h Ithier de Chas­
tenet, mort en 1326. (Pérogord illustré.)

1327-1328 Helie Jalat.
Pierre de La Porte (3).
+ 1330
Guillaume Brun.
D’après le Périgord illus­
tré.
1331
1332
1333

Guillaume de la Brousse.
Helie de Barnabé.
Emeric de Comte.
Un arrêt contradictoire du
(1) Recueil des titres, page 196.
(21 Recueil des titres, page 191,
et Mémoire déjà cité, page 156.
(3) Il est dit dans le Recueil des
titres maire de Périgueux et de la
Cité, page 217.

1334

19

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

MAIRES DE LA CITÉ.

parlement de Paris, du 13
mai 1333, constate la sei­
gneurie, la corporation, les
droits et immunités des ci­
toyens de Périgueux, d’après
les titres qu’ils avaient repré­
sentés à la Chambre des
Comptes en 1332 (1),
A la page 16, nous avons
dit que la famille Vigier avait
pris son nom de l’office de
Vigier, qu’elle possédait à
titre de fief; avait-elle reçu
l’investiture de cet office des
évêques de Périgueux, ou des
comtes de la province ? C’est
une question controversée
que nous ne nous permettrons
pas de résoudre. Ce que nous
pourrons cependant constater,
d’après le Mémoire sur Péri­
gueux, imprimé en 1775,
c’est que vers 1188 « le mo­
nastère du Puy-Saint-Front
regarda l’ancien Vigier comme
son officier et que celui-ci
consentit de tenir des reli­
gieux l’office qu’il exerçait. »

l’Angoumois et le Limousin.
Celle dite de Caussade s’est
éteinte dans la maison de
Cugnac, et celle de Premilliac,
issue de Caussade, dans la
maison de Laroche-Aymon.(1)

Helie de Gelât.
En 1334, il y eut trois mai­
res, un à Périgueux et deux à
la Cité. (Périgord illustré.)

135-1336 Jean de Meymy.
337-1338 Pierre La Porte.
Encore trois maires, dit le
Périgord illustré, par suite
de violentes querelles entre la
ville et la Cité.
1339
Elie du Puy.
140-1343 Helie Seguy.
(t) Recueil des titres, pages 21-1
et 216.

1334
1333
1336-1337
1338
1339

Ithier Chatuel.
Emeric de Comte.
Helie de Malfred.
Jean de Meymy.
Bernard du Puy.
En marge d’une liste de
Maires (carton L. Lapeyre,
coté X), il est dit : auteur des
maisons du Puy, de Laforest et de Trigonan.

1340
1341
1342
1343

Helie de Pleyssac.
Etienne de Pleyssac.
Raymond Martin.
Guillaume du Puy.
(1) Voir le petit dictionnaire de
Courcelles et le carton Léon La­
peyre, coté X.

“20

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

MAIRES DE LA CITÉ.

En janvier 1342, Philippe
de Valois confirme les privi­
lèges et franchises de la ville.

1344-1345
Guillaume du Puy
1344
1346-1347
Jean
de
Meymy.
4343-1347
En 1346, dit encore le Pé­
rigord illustré, il y eut trois
maires.
Lettres patentes de Philippe
VI dit le Valois, en date du
11 mai 1347, par lesquelles,
rendant au courage et aux ef­
forts des citoyens de Péri­
gueux le témoignage le plus
glorieux et le plus authenti­
que, il leur donne 2,000 liv.
tournois en remboursement
d’une partie des frais que la
ville avait faits dans la guerre
contre les Anglais. (1)
En celte année, il y eut
un procès entre la ville et no­
ble homme Fortanier de Pé­
rigueux, seigneurdelaCropte.
(Bibliothèque, carton L. Lapeyre.)
1348
1348
Elie Seguy.
Armand
Rossel (ou
1349
1349
Roussel).
1350
1330
Armand de Jaude.
1351
1331
Jean de Meymy.
JoannesMaximini. C’est
ainsi qu’il est inscrit dans le
Livre noir de l’Ilôtel-deVille. N’ayant pas accepté, il
fut tenu conseil en 4351, et
arrêté que, pour faire cesser
toutes fraudes dans les élec­
tions, il ne serait pas pris de
maires et consuls parmi ceux
qui en avaient (exercé les char(1) 'Recueil des titres, 25t.

13

Raymond de Martin.
Helie de Seguy, le jeiil

13

Arnaud
Roussel
Rossel.
Helie Fabri (ou Favie
Raymond Martin.
Pierre Chastenet.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

MAIRES DE LA CITÉ.

21

ges, à moins que trois années
ne se fussent écoulées depuis
leur exercice.

Raymond de la Porte.
Fortanier de Landrie.

1352
1353-1354

Afin de se mettre en garde
contre les dangers d’une at­
taque imminente des Anglais,
dont le but était de s’emparer
de la ville et de la Cité, le sé­
néchal du Périgord écrivit, le
14 mars 1354, aux maire et
consuls, de la part du roi, d’a­
voir à prendre toutes les me­
sures nécessaires pour faire
échouer leur entreprise. (1)

Fronton de Landrie.
Le 26 avril 1335, le roi
Jean accorda cent hommes
d’armes aux maire, consuls
et citoyens de Périgueux épui­
sés d'hommes et d’argent par
la guerre contre les Anglais.
(Recueil des titres, 292.)
Par une charte du même
roi du mois de mai 1356,
leur seigneurie, juridiction,
et autres droits de propriété
leur sont garantis. (2)

1355
1356

Fronton Chatuel.
Lambert de Boniface dit
de Périgueux.

Etienne de Pleyssac.
Pierre Martin.
Moins heureuse que la ville
de Périgueux, qui n’était ja­
mais tombée entre des mains
étrangères, la Cité se voit,
en 1356, au pouvoir des An­
glais. Elle fut reconquise en
1357.

Fortanier de Landrie.

Lambert de Boniface.

Le 12 août 1357, un arrêt
du parlement de Paris main­
tient les citoyens de Périgueux
dans la juridiction de leur
entière seigneurie contre les
entreprises de ceux qui vou­
laient les troubler dans leur
droit de juridiction sur la
Cité. (R. des T.,p. 296.J

Jean de Meymy.
(1) Recueil des litres, page 258.
(2)
Id.,
page 294.

1358

Arnaud de Jaude.

22

MAIRES DE PÉRIGUEUX

1339-1360 Arnaud de Jaude (1).
Par lettre de Charles, fils
du roi de France, régent du
royaume, en date du 10 juin
1359, il est adjugé aux ci(2) Arnaud de Jaude est le
premier nom de maire qui figure en
1560 dans le Livre noir de l’Hôtelde-Ville. C’est le registre le plus an­
cien de nos archives municipales
donnant une nomenclature réguliè­
rement établie des maires et des con­
suls de Périgueux. Les listes anté­
rieures qu’il nous a été donné de
connaître, les unes commençant à
1200, les autres à des dates posté­
rieures, varient souvent, et pour les
noms et pour les dates ; elles n’ont
donc pas un caractère suffisant
d’authenticité pour nous permettre
d’en garantir l’exactitude ; nous
n"en n’excepterons même pas la lis­
te qui a été publiée dans le Pdrigord illustré, en 1851, tout en re­
connaissant cependant qu’elle est
plus suivie et plus complète que
celles désignées ci-dessus. Plus
heureux que nous, l’auteur de cet
ouvrage a eu, sans doute, pour la
période de 1200 à 1360,—plus d’un
siècle et demi, —des documents d’une
autorité incontestable ; mais nos
archives municipales et départe­
mentales ne les possédant pas, ou
du moins ils ont échappé h nos re­
cherches, nous n’avons pu contrô­
ler la nomenclature qui précède,
comme il nous sera facile de le faire
à partir de la date de 1560.
Quoi qu’il en soit, nous n’en avons
pas moins fait, à l’aide de titres
partiels, mais sérieux, incontes­
tables, de nombreuses rectifications
et additions, en ayant soin toute­
fois d’indiquer les sources où nous
avons puisé nos renseignements.
Les noms marqués d’un astéris­
que indiquent ceux qui ont été omis
dans le Périgord illustré', ils ne
s’élèvent pas, dans tout le cours de
notre travail, à un chiffre de moins
de 40 h 30.

MÀIRES DE LA CITÉ.

Etienne de Pleyssac.
Il n’y eut pas de maires
la Cité de 1360 à 1365. Des
troubles amenèrent la nomi
nation d’un nouveau mai
de la Cité. (Le Périgord il
lustré.}

13f

13(
13(

MAIRES DE LA CITÉ.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

23

toyens de Périgueux la pleine
maintenue de leurs droits de
seigneurie, tant dans la
ville que dans la Cité. (1)
Le 8 mai 1360, fut conclu
le traité de Brétigny par le­
quel le roi de France céda au
roi d’Angleterre toute l’Aqui­
taine. Malgré cette cession,
Périgueux, qui faisait partie
du duché de Guienne, n’en
conserva pas moins ses droits
de ville libre et continua à
s’administrer ; comme par le
passé, ses maires et consuls
agissant toujours au nom de
la communauté. (2)

(ou Pons)
Chastenet.

>1-1362 Pierre

de

C’est le 23 mars 1362, —
Pierre de Chastenet étant
alors maire,-—que/eare Chandos, vicomte de Saint-Sauveur,
commissaire du roi d’Angle­
terre, et son lieutenant-géné­
ral en Guienne, rendit un ju­
gement par lequel les maires,
consuls et citoyens de Péri­
gueux furent rétablis dans
leur antique propriété et pos­
session de la seigneurie et
juridiction de la Cité. (R.
des T.)
52- 1363 Hélie Faure.
53- 1364 Lambert de Boniface.
Edouard, fils aîné du roi
d’Angleterre, en sa qualité de
prince de Guienne, reconnaît,
par lettres du mois de sep­
tembre 1363, et maintient la
seigneurerie, les droits, im­
munités et prérogatives qui
(1) Ç2) Recueil des titres, p.30i.

Etienne de Pleyssac.
Le Périgord illustré le
place parmi les Maires de la
Cité. Ne devrait-il pas plutôt
figurer parmi ceux de Péri­
gueux ? son nom est en effet
inscrit dans le Livre noir de

V-

24

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

distinguent les citoyens de
Périgueux de ceux des au­
tres villes d’Aquitaine. (R.
des T.)
1364-1365 Arnaud de Jaude.
1365-1367 Elie de Barrault.
Il tut réélu trois ans, d’a­
près le Périgord illustré,
parce qu’il s’opposait ù l’é­
lection des maires de la Cité,
et il réussit.

MAIRES DE LA CITÉ.

l’Hôtel-de-Ville, où se li
vent particulièrement les t
res de Périgueux.

1367
1368

Jean de Brusany.
Lambert de Boniface
Cette maison s’est fon
dans celles de Bourdeilk
d’Àbzac de Ladouze. (Les
mes de cette dernière fan
sont, en effet, écarteléès
Boniface.)

« A cette époque, l’Aquitaine fut chargée d’impôts extraor» dinaires par le prince de Galles, qui en était le maître. Les
» habitants de Périgueux furent les premiers à en porter leurs
» plaintes au roi de France. Le comte de Périgord se joignit à
» eux avec plusieurs villes, qui envoyèrent aussi leurs dépu» tés. » (1).
C’est sur ces plaintes que les maire, consuls et citoyens de
Périgueux, ainsi que le comte de Talleyrand-Périgord et son
fils, reçurent du roi Charles V et de son frère Louis duc
d’Anjou, des lettres datées de Toulouse, du 8 juin 1369,
portant commandement de déclarer la guerre au Roi d’Angle­
terre et de la faire fairetous leurs vassaux et sujets (2).
Ces ordres ne restèrent pas longtemps sans effet, car on sait
qu’en 1369 et 1370 la guerre avec l’Angleterre recommença
avec une nouvelle ardeur, en Guienne surtout, où les habitants
de Périgueux se signalèrent par leur courage et leur patrio­
tisme.
Enfin, nos ennemis reculèrent devant nos troupes victorieuses

(1) Voir le Périgord illustré, page 423.
(2) Mémoire sur la constitution de la ville et cité, pages 206 et 207, et
Recueil des titres, page 374.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

23

commandées par Bertrand du Guesclin (1), qui reprit aux An­
glais presque toutes les provinces de Guienne, entre autres
celle du Périgord, qui avait été comprise dans la cession faite
au roi d’Angleterre par le traité de Brétigny.
(1) Périgueux eut l’honneur de recevoir dans ses murs ce vaillant capi­
taine dont le roi Charles V avait récompensé les éclatants services en lui
donnant le titre de Duc de Longueville, et en lui confiant l’épée de con­
nétable de France. (*)
La tradition nous apprend qu’il logea dans une maison de la rue des
Farges, dite couvent de la Foi, où était anciennement le Jeu de Paume, et
où Monseigneur Le Boux, évêque de Périgueux, établit en 1680 les Dames
de laFoi. Cette maison duXIIme siècleexisteencore,maissafaçade, décorée
de deux rangs d’arcades superposées, a subi de regrettables mutilations.
(*) Le duc d’Anjou, frère du roi, et le connétable du Guesclin reprirent
Bergerac aux Anglais le 3 septembre 1377.

MAIRES
DE LA VILLE DE PÉRIGUEUX.
1368-1369

Arnaud de Jaude.
En 1369, les maire et consuls convoquent une assemblée
de tous les citoyens à l’effet de délibérer sur les moyens à prendre
pour réparer les fortifications de la Cité et prévenir le danger
dont elle était menacée (1).
Lettres patentes du roi Charles V, en date du mois d’août
1370, par lesquelles il déclare que le droit de confiscation au
profit de son domaine n’aura pas beu sur les biens des habitants
de Périgueux, pour quelque condamnation que ce soit, excepte
celles qui seraient prononcées pour crimes de lèse Majesté et
d’hérésie. (2)
(1) Extrait du Livre Vert de l’Hôtel-de-Ville et Recueil des titres,
page 436.
(2) Mémoire sur la ville et Cité, page 210, et Recueillies titres, page 384.

26

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

1370

1371
1372
1373

1373
1374
1373
1376
1377
+ 1378
1378
1379
1380
1381
1382
1383

Lambert de Boniface.
Le 27 août 1370, le duc d’Anjou fait don à la ville de 2,500 fr.
« en compensation des pertes que les bourgeois et les religieux
de la ville avaient subies par le fait de l’armée royale qui y avait
séjourné, et qui y séjournait encore et dans ses dépendances. » (1)
Fortanier de Landrie (2).
Jean Rossel (ou Roussel)
Lambert de Boniface.
Ayant été déposé, les fonctions de maire furent remplies par :
Helie de Barnabé.
Il avait été consul en 1368 et 1369.
Pierre de Flamenc.
Fortanier de Landrie.
Helie de Pascaut.
Helie de Barnabé.
Helie Ortie (2).
Arnaud Rossel (alias de Roussel).
Pierre Flamenc, jurisconsulte.
Jean Brun.
Helie de Barnabé.
Guillaume de Botas.
Pierre Flamenc.
Lettres de Charles VI, en date du 16 avril 1383, qui confir­
ment les privilèges, libertés et franchises de la ville ; il y est
dit que : « considérant la grande loyauté, amour et obéissance
que les maire, consuls, bourgeois et habitants ont toujours eus
envers ses prédécesseurs et envers lui-même, et les grands
dommages qu’ils ont soufferts pour le fait des guerres, il lui

(1) Titre aux archives de la ville.

(2) Son fils, blessé au siège du château de la Rolphie, — 10 novembre
1390, — mourut des suites de ses blessures.
(3) Voir le Livre Noir de l’Hôtel-de-Ville et le Recueil des titres, p. 439,
où il est qualifié de maire, de gouverneur de la ville et du titre de monseigneur.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

1384

1383

27

plaît qu’ils en usent et jouissent perpétuellement. » (Recueil
sommaire des titres, p. 63.)
Pierre (alias Bernard) de Chaumont.
Il remplit les fonctions de maire en qualité de premier consul ;
il avait été également premier consul en 1380.

Helie de Barnabé.
Helie Servient, évêque de Périgueux, prête serment sur les
saints Evangiles, entre les mains des maires et consuls, d’être
bon, fidèle et loyal, aux magistrats, à la Ville et Cité, et de
garder et défendre leurs libertés et franchises. Par ce ser­
ment, il devient membre de la corporation. (1)

1386
1387
1388
1389
U novembre.

1390

Guillaume de Botas.
Arnaud de Barnabé.
Reymond (alias Bernard) de Chaumont.
Bernard de Petit.
Dès son entrée en exercice, ce maire actif, zélé et intelligent (2)
s’occupa à la fois, et de faire relever les remparts de la ville sur
quelques points abattus, et de remettre de l’ordre dans nos
finances épuisées par le fait des guerres.
Monseigneur Pierre de Durfort, avant de prendre possession
de son siège épiscopal, prête le même serment que son prédé­
cesseur.

Guillaume de Botas.
Non moins dévoué aux intérêts de la communauté que son
prédécesseur, il apporta le même zèle à défendre la ville contre
toute surprise, soit des Anglais qui menaçaient de s’en empa­
rer (3), soit du comte de Périgord, dont les attaques (4) et les
(1) L’usage de ce serment remonte à la plus haute antiquité, est-il dit
dans le Mémoire sur la constitution de la Ville et Cité dePérigueux. p. 213.

(2) C’est ainsi qu’il est désigné dans l’ouvrage deM. Dessales, ayant pour
titre Périgueux et les deux derniers comtes de Périgord.

(3) Registre de l’Hôtel-de-Ville, à la date du 8 septembre 1590.
(4) Les mêmes registres disent 1391. « Il faisait une guerre mortelle à la
ville, etc.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

28

excursions dévastatrices et sans cesse renouvelées portaient la
désolation dans le pays et avaient été déjà personnellement fu­
nestes à lui-même.
On peut s’en convain
cre par le jugement (1) que rendit le 3
février 1397 le parlement de Paris, où l’on voit reproduits les
nombreux griefs allégués contre les comtes de Périgord père
et fils, jugement qui, en condamnant ce dernier au bannisse­
ment perpétuel, à payer à la ville une somme de 30 mille livres
tournois, etc., etc., le condamne également, lui et ses com­
plices, à la restitution des biens et revenus dont il avait violem­

ment dépouillé Guillaume de Botas.
1391

Arnaud de Barnabé
Il était à la tête des bourgeois de Périgueux au siège du châ­
teau de la Rolphie, lequel appartenait au comte de Périgord.
La prise de ce château, qui ne tarda pas longtemps à être
démoli, avait eu lieu le 10 novembre 1390, c’est-à-dire deux
jours avant l’élection des maire et consuls.
Arnaud de Barnabé venait de faire preuve dans cette cir­
constance de courage et de patriotisme; ses concitoyens,
en le nommant maire, voulurent lui donner un témoignage de
leur reconnaissance et de la confiance qu’ils mettaient en lui
pour l’avenir, confiance qu’il justifia incontestablement, puisque
nous le retrouverons maire en 1395-1399-1403,1407-1415 et
1419.

1392
1393
1394
1395
1396

1397
1398
1398

Bernard de Chaumont.
Bernard de Petit.
Guillaume de Merle.
Arnaud de Barnabé.
Bernard de Chaumont.
Bernard de Petit.
Guillaume de Merle.
Bernard de Petit.
(1) Arrêt imprimé tout au long dans les Deux derniers comtes de Périgord
cité plus haut.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

Remplaça le 18 février de la même année Guillaume de
Merle, lequel fut nommé juge royal, — les officiers du roi ne
pouvant être maires, — puis juge mage tenant la place du
sénéchal en 1404.
1399
1400

Arnaud de Barnabé.
Bernard Favier.
Bernard Favier — ou son fils, appelé aussi Bernard — avait
eu, de son mariage avec Sibille de Saint-Astier (branche d’Allemans éteinte) plusieurs enfants qui ajoutèrent au nom de leur
père, mort sans enfants mâles, le nom de leur mère. Ils ne
conservèrent même que celui de Saint-Astier. Un des petit-fils
ou arrière petit-fils vivait encore en 1505, mais ne laissant que
des filles. (1)

1401
1402
1403
1404

Bernard de Petit.
Jean de Segui.
Arnaud de Barnabé.
Bernard Favier.
En cette année les citoyens de Périgueux sont maintenus dans
leurs droits, libertés et franchises par lettres du roi Charles
VI. (2)

1405
1406
1407
1408
1409

Helie de Blanquet.
Jean Seguy, l’aîné.
Arnaud de Barnabé.
Helie de Chabrol (ou Chevrol). (3)
Helie de Blanquet.
En raison des frais et dépenses qu’ils sont obligés de faire
pour l’entretien des murs et fortifications de la ville, les citoyens
de Périgueux sont déchargés de la moitié de la contribution
qu’ils doivent fournir dans l’aide accordée au roi par les Etats
(1) Généalogie de Saint-Astier, par Saint-Allais, page 49.
(2) Recueil des titres, page 453.
(3) Au registre de l’Hôtel-de-Yille Capreoli.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

30

de la province du Périgord. (Lettres de Charles d’Albret, con­
nétable de France.) (1)

1410
1411
1412
1413
1414
1415
1416
1417
1418
1419

Arnaud de Chastenet.
Arnaud de Barnabé.
Helie Chabrol, licencié en lois.
Helie Dupuy.
Arnaud de Chastenet.
Arnaud de Barnabé.
Helie Chabrol.
Helie du Puy.
Arnaud de Chastenet.
Arnaud de Barnabé.
Cette famille s’est éteinte dans la maison de Saint-Astier. Ar­
naud de Barnabé et sa femme Catherine Beyneyde avaient fondé,
dans l’église de Saint-Front, une vicairie, sous l’invocation de
Saint-Barnabé. Helie de Bourdeille, évêque de Périgueux, con­
firma cette fondation le 9 décembre 1452, sur la demande de Fron­
ton de Saint-Astier, damoiseau delà ville de Périgueux, seigneur
des Bories, etc. (Généalogie de la famille, par Saint-Allais).

1420
1421-1422
+1423-1424

Helie Chabrol.
Helie du Puy.
Helie du Puy, le jeune.
Dans une brochure ayant pour titre Périgueux ville noble et
libre, M. Albert Renouf, professeur au lycée de Périgueux,
rapporte, d’après la Guienne historique et monumentale, que :
« Le 31 mai 1390, 39 champions de la ville relevèrent le gant
jetté par 39 chevaliers anglais, » et il ajoute : « Le nom de LieuDieu (2) conservé au théâtre de leur victoire, témoigne encore
de la piété et de la vaillance des Beaumanoirs Périgourdins. » (3)
(1) Recueil des titres et Livre vert de l’Hôtel-de-Vflle.
(2) Le Lieu-Dieu, antérieurement de la Bocanie, du nom, dit l’abbé de
Lespine, de son plus ancien propriétaire.
(3) La Bretagne avait eu, le 27 mars 1350, son combat des 30 ; mais,
plus heureuse que notre province, elle a pu conserver les noms des nobles

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

31

M. À. Charrière, ancien juge de paix à Périgueux, a écrit
aussi quelques pages intéressantes sur ce mémorable événement,
auquel il assigne le 31 mars 1390 (1).
Les uns et les autres se trompent. Ce n’est ni le 31 mars,
ni le 31 mai 1390 qu’a eu lieu ce combat chevaleresque, mais
bien le dernier jour de mars 1423. Un registre de l’hôtel-deville de Périgueux, le Livre noir (page 40 recto), dit formelle­
ment « datum ultima die mensis martii mccccxiii, » et, comme
pour établir d’une manière précise, incontestable, cette date, le
rédacteur de l’acte a soin d’ajouter : anno quinto Pontificatus
Martini Papae quinti. Or, Martin V ayant été élu Pape le 11
novembre 1417 et ayant tenu le siège jusqu’au 20 février 1431,
le doute sur l’exactitude du 31 mars 1423 n’est plus possible.
Helie du Puy, oncle.
+142S-1426
Helie Blanquet.
1427
Archambaud de Saint-Astier.
1428
Jean Meymy.
, 1429
Helie du Puy.
1430
Mathurin des Noyers (alias des Nohes).
1431
En cette année, la guerre fut vive en Guienne, et les maires
et consuls de la ville et Cité de Périgueux, ayant été informés
(voir page 114 du Livre noir de l’Hôtel-de-ville) que les Anglais
voulaient s’emparer de la Cité, choisirent pour en avoir la garde
et le gouvernement, honorable écuyer Front de Saint-Astier. (2)
Par lettres du 8 janvier 1431, Charles VII avait confirmé la
ville dans tous ses droits. (3)
vainqueurs de Bembroug et les faire graver sur le monument que le conseil
général du Morbihan, en 1819, fit élever en leur honneur, dans l’arrondisse­
ment de Ploërmel, sur le lieu même de leur victoire.
(1) Annales de la Société d’agriculture, sciences et arts, tome ni.
(2) Cette mission importante donnée à Front (ou Forton) de Saint-Astier,
qui avait à peine 30 ans, (Voir la généalogie de la famille par Saint-Allais )
« fut, de la part des habitants de Périgueux, une marque éclatante de
l’estime qu’ils faisaient de sa personne et de la confiance qu’ils avaient dans
ses talents militaires. »
(3) Recueil sommaire des titres page 78.

32
1432
1433
1434
1433-1437
1438
1439
1440
1441
1442
1443-1445
1446-1447
1448
1449
1430
1451
1452
1453
1454-1453
1456
1457-1458
1459-1460
+ 1461

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

Helie de Blanquet.
Jean de Meymy.
Helie du Puy.
Forton (ou Fortanier) de Saint-Astier.
Helie du Puy.
Mathurin des Noyers.
Emeric de Merle.
Helie de Blanquet.
Helie du Puy.
Forton de Saint-Astier.
Helie du Puy.
Helie de Blanquet.
Bernard Petit.
Forton de Saint-Astier.
Helie du Puy.
Emeric de Ville.
Emeric'de Merle.
Forton de Saint-Astier.
Jean de Lauriére, seigneur de Lanmary.
Guillaume Belcier.
Pierre-Arnaud de Golce.
Pierre d’Acigné.
Nommé par le roi.
On voit, en effet, par une lettre en date du 10 novembre
1461, que le roi (1) Louis XI, voulant récompenser les nom­
breux services que lui avait rendus Pierre d’Acigné, auquel il
avait déjà accordé, outre une charge considérable dans sa mai­
son (celle de Varlet tranchant) l’office de sénéchal de Périgord,
l’a nommé maire de Périgueux ; mais, S. M. reconnaissant à
la’ville le droit qui lui appartient essentiellement d'élire ses ad­
ministrateurs, prie très-affectueusement les citoyens de Péri­
gueux de vouloir sur sa recommandation pourvoir de celte

(1) Voir cette lettre dans le Recueil des litres, page 403.

0

33

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

charge municipale ledit Pierre d’Acigné. Le Mémoire sur la
Constitution de la ville et cité de Périgueux nous dit bien que
la ville déféra à l'invitation du roi et conserva ses droits, niais
les registres de l'hôtel-de-ville semblent contredire la première
partie de cette assertion et maintenir la seconde (1), puisque, de
1461 à 1462, figure en qualité de maire Forton de Saint-Astier.
Dans le traité du ban et arrière-ban, par M. de la Roque,
imprimé à Rouen en 1736, Périgueux est porté parmi les villes
dispensées du ban et de l’arrière-ban ; et Jean Chenu, en ses
Antiquités de Bourges, classe Périgueux comme ayant obtenu
de Louis XI le privilège de l’exemption des Francs-fiefs et du
ban et de l’arrière-ban (2).
461-1463

1464

Noble (3) Forton (ou Fortanier) de Saint-Astier.

Noble Jean du Puy de Trigonan. (4)

465- 1466

Noble homme Guinot d'Abzac.

466- 1467

Noble Jean de Lauriére, seigneur de Lanmary. (8)

Le 8 janvier 1467, les commissaires du Conseil privé rendent
(1) M. Edouard Leymarie, dans les éphémérides qu’il a publiées dans le
journal XEcho de Vésone, après avoir rappelé ce fait, ajoute : «... l’habile
et énergique volonté de Louis XI fut obligée de céder devant la vieille liberté
périgourdine. »

(2) Dès le commencement de son règne, Louis XI, qui avait reçu foi et
serment de fidélité des maire et consuls de Périgueux, par députés de la
communauté, avait, par lettres patentes du 14 janvier 1161, confirmé la ville
dans la jouissance de ses droits, libertés et franchises.
(3) La jalousie, ou la haine, a fait effacer, dans les registres de l’Hôtel
de-Ville, les qualifications de Noble, d'Ecuyer et autres qui précédaient ou
suivaient les noms ; nous avons tenu a les rétablir exactement.

(4) Trigonan, section de la commune d’Antonne, située au confluent de
l’Auvézère et du Coulour, ancien repaire noble avec justice sur Trigonan,
qui, au xIve siècle, relevait d’Auberoche {Dictionnaire topographique du
département de la Dordogne, par le vicomte de Gourgues).
(5) Lanmary, ancien repaire noble, commune d’Antonne, avec justice
dans les paroisses de Sorges et d’Antonne. (ld.)

3

34

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

une sentence par laquelle le droit de leyde (1) est adjugé aux
maire et consuls, nonobstant l’opposition du chapitre de SaintFront, moyennant l’hommage lige que les Jurats doivent rendre
audit chapitre, le jour où la fête de Saint-Sicaire tombera
un dimanche, avec la redevance d’une paire de gants de laine.
(Mémoire manuscrit sur Périgueux, carton L. Lapeyre, coté X.)
1468

Jean du Verdier.
Pierre de Pelisses, procureur du Sénéchal, demande permis­
sion aux seigneurs maire et consuls pour faire prendre un cri­
minel en la ville de Périgueux, reconnaissant que le droit de

1469

capture leur appartenait. (Carton Léon Lapeyre, cotéX.)
Noble Bertrand Ayts (ou d’Aix.)
En cette année, le duc de Guienne fit son entrée à Périgueux
et confirma les privilèges de la ville. (2)

1470
1471
1472
1473
1474
1473

Jean du Puy.
Jean de Leymarie.
Honorable homme Jacques de Chambon.
Jean de Landric.
Jean de Landric, le vieux.
Jean du Puy seigneur de Trigonan (3).
(1 ) Le droit appelé leyde se percevait sur toutes sortes de marchandises
qui se débitaient dans la ville les jours de foires, de St-Front, de StMémoire eide la mi-caréme.
(2) Livre Jaune de l’Hôtel-de-Ville, fol. 23.

(3) Ainsi qu'il est dit en note des pièces justificatives de la Généalogie
manuscrite de la famille d’Arnaud de Laborie — Généalogie imprimée
dans le dictionnaire delaChenays-des-Bois.— « C’est un du Puy de Tri­
gonan, — peut-être le maire ci-dessus, — qui donna leplassage (l’emplace­
ment) du premier établissement à Périgueux des Pères Augustins. » La
date de la fondation y est fixée à l’année 1483, mais le Livre Jaune de l’Hôtel-de-Ville (fol. 41, recto) lui assigne celle de 1484.
Ce couvent était « à l’entrée de la ville et porte appelée du Plantier à
l’extérieur d’icelle. (*) » Mais le 18 mai 1615, est-il ajouté dans la note,
c'est un Tricard de Rognac, vicaire général de François de la Beraudière,

(») Porte du Plantier alias de Verdun [Livre vert, foi. 368, verso).

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

1476

35

Noble Helie du Puy, seigneur de la Jarthe. (1)
Les Étals du Périgord reconnaissent que la ville et la Cité de
Périgueux, et tous les habitants ont toujours joui de l’exemption
de tous les impôts royaux et ne sont tenus qu’aux charges né­
cessaires pour l'entretien et la défense de la ville et Cité (2).

-1477

Honorable homme Jacques Chambon.
C’est dans cette année que fut construite la tour Mataguerre,
nom d’un lieutenant d’Auberoche qui y fut enfermé et détenu
assez longtemps, est-il dit dans le Périgord illustré. Le maire
en posa la première pierre le 29 mai (3).

1478

Honorable et discret homme Guillaume Belcier.

1479

Noble Jean de Landric.

1480

Id. Jean de Saint-Astier, seigneur des Bories. (4)

1481

Honorable homme Pierre Fayard.
évêque de Périgueux) qui « voyant le peu de bâtiment et de sûreté qu’a­
vaient en dehors de la ville les Pères Augustins , leur lit édifier dans
l’intérieur des murs un deuxième établissement,» où ils sont restés jusqu’à la
révolution. Depuis, ce couvent, devenu propriété départementale, fut trans­
formé en maison d’arrêt jusqu’à ce que, nos nouvelles prisons étant cons­
truites, il fut vendu à M.E. Galy, conservateur du Musée, lequel a installé,
dans l’aile nord-ouest du bâtiment, la plus grande partie de nos richesses
archéologiques.
Il est h regretter que la chapelle où l’on peut voir encore les armoiries
de son généreux fondateur, ait aujourd’hui une destination si peu conforme
au caractère religieux que sa construction extérieure conserve toujours.

Ce même Tricard de Rognac, est-il dit dans l’Eglise du Périgord, par le
Père Dupuy, avait déjà, le 5 mai de la même année, posé la première pierre
du couvent des Récollets sur l’emplacement qu’occupait l'Hôtellerie du
Chapeau-Vert, près du pont, antérieurement la maison dite logis de la fa­
mille de Lambert, là où est aujourd’hui T Ecole Normale.
(1) Commune de Coursac, ancien repaire noble, dépendant de la seigneu­
rie de Périgueux.

(2) Mémoire sur la Constitution de la ville, page 232.
(3) Livre

Jaune de l’Hôtel-de-Ville, fol. 31, recto.

(4) Commune d’Antonne, ancien repaire noble ayant haute justice sur
An tonne.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

1482- 1483
1484

Noble Raymond Ayts.

Noble Jean de Saint-Astier, le jeune, seigneur de
Ligne.

1483- 1486

Honorable homme Jean Chassarel de Soulelie.

Le 2 mars 1486, foi et hommage fut rendu à Charles VIII par
Elie Catalis et Elie Queyrel, agissant en leur nom et comme pro­
cureurs des maire, consuls et habitants de Périgueux. (1)
1487

Noble Raymond Ayts (d’Aix) de Meymy.

1488

Honorable homme Pierre Thibaud.

1489

Id. Raymond Arnaud de Golce.

1490

Noble Jean de Saint-Astier.

En cette année, il fut fait accord entre l’évêque et la maison
de ville pour les limites de leurs juridictions. (2)

1491

Jean Chassarel, seigneur de la Soulelie.

1492

Honorable et prudent homme Fronton Arnaud.

1493

Id. Raymond Arnaud de Golce.

1494

Noble Raymond Ayts, licencié.

1493-1496

Id. Jean de Saint-Astier.
Lors de l’entrée de Mgr Gabriel Dumas dans sa ville
épiscopale, le 20 janvier 1498, il s’éleva entre les quatre premiers
barons du Périgord (à qui appartenait alors et de toute ancien­
neté le privilège de porter sur leurs épaules, depuis l’église de
Saint-Pierre Laneys — Saint-Pierre ès-liens, près la caserne —
jusqu’à l’église cathédrale de la Cité, là chaire dans laquelle était
assis l’évêque), une contestation sur le droit de préséance,
chacun d’eux prétendant tenir le premier rang. Mgr Ga­
briel Dumas évita ce conflit en appelant pour les remplacer
(1) Mémoire sur la Constitution de la ville, page 229.

(2) Etat de l’Eglise du Périgord, par le P. Dupuy, page 165.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

37

quatre gentilshommes, parmi lesquels figure Jean de SaintAstier, sieur de Ligne, que nous avons déjà vu maire en 1484. (-1)

Honorable homme Jean Tricard, licencié ès-lois, juge
mage. Il fut nommé, contrairement aux statuts de la ville ; nous
avons dit, en effet, plus haut (1398), que les officiers du roi ne
pouvaient être ni maires ni consuls.

Jean Chassarel, seigneur de la Soulelie.
Vénérable et discret homme Guillaume Chalup, li­
cencié.

Honorable et scientifique homme François Thibaud, id.
Le Conseil général décida que tous les ans il serait fait un
chanter général (service) — pour les âmes des rois qui avaient
maintenu les privilèges, libertés et franchises de la ville et cité
de Périgueux, — pour les administrateurs qui les avaient dé­
fendus au péril de leur vie, et pour les bienfaiteurs de la com­
munauté. (Livre Jaune, 73, verso.)

En cette année, le pape Alexandre ordonna un jubilé général.

François de Vernhie (de Verginis), avocat du roi.
Etant mort en charge, il lui fut subtitué :
Honorable et prudent homme Jean d’Arnaud.

Front Arnaud de Golce.
Le 2 novembre 1503, Geoffroy de Pompadour fait son entrée
dans sa ville épiscopale et prête le serment accoutumé.
Les registres de l’Hôtel-de-Ville nous disent qu'en 1504 et
(1) L’Écho de Vésone, dans son numéro du 15 mai 1875, a publié le pro­
cès-verbal de l’entrée à Périgueux de Mgr Gabriel Dumas le 20 jan­
vier 1498. Les noms qui figurent dans la reproduction de l’acte y sont, la
plupart, étrangement défigurés. Nous ne rectifierons ici que ceux des quatre
gentilshommes qui remplacèrent les quatre premiers barons : au lieu de Jean
de Saint-Astier sieur de Ligue, il faut lire de Ligne ; — au lieu de Jean Arlet
sieur Dupuch : Cotlhet sieur du Peuch ; —au lieu de Jayts sieur de Meymi :
d’Ayts (d’Aix), — et au lieu de Fortuné de Laurière seigneur de Lammary :
Fortanier ou Fronton... de Lanmary.

38

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

1505 il y eut dans la ville une maladie appelée le Malchaut, qui
fit grand nombre de victimes.

1505-1506

1507-1508

Honorable et sage homme Jacques Lambert, élu par
le roi.
C’est sous son administration que furent établis des statuts
relatifs aux élections ; ils sont sur parchemin, à la bibliothèque
de la ville de Périgueux.
Noble homme Jean du Puy, avocat du roi.

Le dimanche après la Saint-Martin d-'hiver de l’an 1507, l’é­
lection des maire et consuls se fit au lieu de la Rolphie (1),
dans la maison du sire Jean de Belcier, parce qu’il y avait alors
la peste dans la ville. (Livre Jaune, folio 91, recto )
En 1508, il y eut grande mortalité dans la ville et juridiction
de Périgueux; il mourut plus de 3,000 personnes. (Livre Jaune,
92, verso J
1509-1510

Noble Pierre de Solminiac, écuyer, licencié.
Le 17 novembre 1509, noble Jean de Cugnac, sieur de Caussade etdeFlorimont, cède aux maire et consuls, moyennant 500
livres, les droits de justice et vigerie (ou viguerie) que lui ou ses
prédécesseurs avaient eus de toute ancienneté tant dans la ville
que dans la paroisse de Trélissac, et les droits de lots et ventes,
dans la paroisse de Saint-Sylle et Puy-Abry. (Livre Jaune, 96 J
Le 7 juin 1510, les maire et consuls prêtent les prisons de la
ville solo acomodato (sol emprunté — par complaisance —)
au procureur du sire d’Albret, comte de Périgord et vicomte
de Limoges.
Le 23 novembre 1510, ils donnent également, solo acomodato,
à messire Elie André, la permission d’expédier en la ville les
cours des appaux de sire d’Albret et du pariage ; — le partage
(1) La Rolphie (aujourd’hui commune de Coulounieix, antérieurement
de St-Etienne de la Cité), ancien repaire noble (dénombrement de Périgueux),
lequel passa de la famille de Belcier dans celles d'Aloigny, de Mèredieu et
enfin de Froidefond.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

39

était commun entre ledit comte du Périgord et lés chanoines
de Saint-Front. (Livre Jaune, 98, verso.)
Noble Bernard du Puy, seigneur de Trigonan.

Le dernier jour de février 1511, entrée de Mgr de
Castelnau dans sa ville épiscopale. [Livre Jaune, folio 102.
recto]
Noble Jean du Puy, seigneur de la Jartiie.
Du Puy de la Jarthe rend hommage ès-mains de MM. les
maires et consuls, le genou en terre, en 1509 ; dans cet hom­
mage, il lait le dénombrement de ce qu’il tient dépendant des­
dits maires et consuls. (Liasse 3 des Archives de la Bibliothè­
que.)
Honorable homme Helie de Landric, seigneur de
LauTherie. (1)
Honorable homme Germain Foucault, élu par le Roi.
Honorable homme Geraud Chalup. (2)

Le roi charge l’abbé de Peyrouse de demander de lever sur
tout le pays de Périgord le droit de franc-fief et nouveaux
acquêts. Les habitants répondirent qu'ils ne devaient rien de 3
ans, parce qu'ils avaient un privilège de Charles IX qui n’expi­
rait que dans trois ans. (Livre Jaune, folio 123, verso )
En 1519, le sieur président de Belcier décide que dorénavant
la ville fera hommage au chapitre, pour raison de la viguerie,
toutes les fois que la fête de Saint-Gillc tombera un diman­
che, et pour cet hommage les maire et consuls payeront chacun
3 écus d’or. (Livre Jaune, 126, verso J
(1) Commune de Cornillo, ancien repaire relevant de la ville de Péri­
gueux. {Dictionnaire topographique, par le vicomte de Gourgues.)

(2) En 1528, la peste étant à Bordeaux, Messeigneurs du parlement vin­
rent expédier leurs affaires à Périgueux ; ils y restèrent depuis la SaintMartin jusqu’à Pâques. On donna, d’après les ordres du conseil de ville :
aux présidents une pipe de vin ; aux conseillers, avocats, procureurs et
greffiers, à chacun une barrique, et aux secrétaires autant.
(Livre Jaune, fol. 122, verso.)

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

40
1520-1521

Honorable homme Jacques Lambert, élu par le roi.
Le 2 janvier 1520, les maire et consuls rendent hommage au
chapitre pour la viguerie de la ville. (Livre Jaune, folio 131,
verso, et 132.)
En 1521, il y avait danger de guerre en Guienne ; deux
montres (assemblées des troupes) furent faites dans la ville et
des capitaines députés dans les quartiers et paroisses de ladite
ville et juridiction. (Livre Jaune, 134, recto )
En 1521, il y eut grande mortalité à Périgueux ; on fit plu­
sieurs processions pour implorer la miséricorde divine. (Livre
Jaune, fol. 142, recto.)

1522
1523-1524

Jean du Puy, avocat du roi.
Honorable homme et scientifique personne, Hélie de Merle,
lieutenant, qualifié dans divers actes, écuyer, seigneur de Mont-

gaillard (1).
À la convocation des Etats du Périgord, en la ville de Ber­
gerac, le 2 août 1524, il est inscrit avant les quatre barons.
1525

Pierre de Solminiac, écuyer seigneur de Belet.

II rend hommage à Mgr de Plas, évêque de Périgueux,
comme président du chapitre, à qui le dit hommage était dû par
la ville à cause de la justice du cellerier (2) et autres droits,
le26 octobre 1525. (Livre Jaune, fol. 149, recto.)
1526

Hervé Fayard.
Dans la Biographie sommaire des hommes illustres du Péri­
gord, publiée par le Périgord illustré, figure comme médecin dis­
tingué Fayard Hervé, « qui a traduit de Gallien le Traité des sim(1) Commune de Coulounieix, fief relevant de la seigneurie de Péri­
gueux.

(2) La juridiction du Cellerier, ainsi appelée à cause du lieu où elle
s'exerçait, Cella, était une basse justice acquise du chapitre de St-Front par
la communauté de Périgueux, en 1484, moyennant 40 livres tournois de
rente, annulée plus tard par le paiement d’une somme de 800 livres.
(Livre Jaune, fol. 43 et 54, verso.)

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

1527-1528
1529

1530

1531

41

pies considérés comme médicaments. » Né à Périgueux en 1507
(1), il est probable qu’il était proche parent du maire ci-dessus.
Raymond du Puy, dit honorable homme Bingou,
seigneur de la Garde. (2)
Honorable homme Louis Arnauld, seigneur de LadorieFricard (3), licencié.
C’est son fils François Arnauld de Laborie dont il est parlé
avec éloge au tome 1er, page 196, de Belleforest. — Il y est dit
auteur de plusieurs ouvrages, entre autres d’un Mémoire sur
les antiquités de Périgueux — mémoire qui malheureusement
né s’est jamais retrouvé (4). — « Le jour de Noël — est-il

dit au Livre jaune de l'Hôtel-de-Ville, folio 167, verso, —
commencèrent, les maire et consuls, de porter leurs livrées,
savoir : le maire, un chaperon à courte queue moitié velours
et moitié satin cramoisi rouge, fourré de menu vair, et les
consuls, chaperon à bourrelet mi-partie satin noir et rouge. »
Le 9 juin 1529, les maire et consuls permettent à Guillaume
Chaslant, notaire et habitant de la ville, procureur et receveur
du prince Henri, roi de Navarre et comte de Périgord, de faire
crier dans la ville à son de trompe les affermes que ledit sei­
gneur a dans la Comté.
Honorable homme Jean Béraud, avocat au siège prési
dial, président en la sénéchaussée de Périgueux.
Id. Martial Brun, licencié en lois, avocat.
(1) Voir le Périgord illustré.
(2) Commune de Cornille, ancien repaire noble.
(ô) Commune de St-Jean-de-Côle, repaire noble.
(4) François Arnauld de Laborie, que sa science en droit canon avait fait
élire député du clergé de Périgueux aux Etats généraux en 1589 et 1590,
de celui de Poitiers en 1578 et de celui de Sarlat en 1576, avait été grand
archidiacre de l’Eglise métropolitaine de Saint-André de Bordeaux et chan­
celier de l’université de cette ville, dignités dont il se démit après la
mort de son frère pour être plus à portée — est-il dit dans la généalogie,
de la famille — de travailler à l’établissement de ses neveux et nièces.
Chanoine des chapitres de Saint-Etienne de la Cité et de Saint-Front, il
mourut archidiacre de la ville en 1607, dans un âge. très-avancé.

42

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

Le 1er janvier 1331, Mgr Foucauld du Bonneval fait, son en­
trée solennelle dans sa ville épiscopale. La même contestation
de préséance qui avait eu lieu entre les quatre premiers barons
du Périgord (Gontaud-Biron, Bourdcille, Beynac et Mareuil),
lors de l’entrée de Mgr Gabriel Dumas ( voir plus haut,
page 36 ) , se renouvela avec la même énergie. Mgr
Foucauld de Bonneval, de même qu’il en avait été décidé
en 1498, se fit porter dans sa chaire par quatre gentilshommes
autres que les mandataires des barons, sans tirer à conséquence
pour l'avenir. À ce sujet, est-il dit dans le Recueil des litres,
page 181, recto, « on s’attendait à quelque querelle entre les gens
d’armes des barons de Bourdcille et de Biron. Les maire et
consuls, par précaution, font défense, à la date du 31 décem­
bre 1331, auxdits barons et autres qu’il appartiendra, de ne
faire aucun port d’armes en la présente juridiction ni congré­
gation illicite, sous peine de la hart. »
1332

Id. Jean Prévôt, seigneur de Cronhiac (1), alias Perrot.

En cette année fut bâtie la tour de Riouffiol, entre les portes
Taillefer et Aubergerie, plus bas que la tour Mataguerre (2).
1333

Noble homme Forton de Saint-Astier, seigneur du
Lieu-Dieu.

1334

Honorable homme Jean Bordes, seigneur de La Croze.

1333

Id. Jean Bordes (le vieux) de Saint-Sylain, seigneur de
La Croze.

Le jour de mars de cette année fut fait l’inventaire « des pri­
vilèges, titres et enseignements de toutes pièces estant au de­
dans le trésor et maison commune du Consulat, par Fronton
Tortel, consul, à ce commis par les maires, consuls, et suivant
l’avis des trente prud’hommes. » (3)
(1) Château dans la commune de St-Astier.
(2) Livre jaune, fol. 192, recto.

(3) Livre jaune, fol. 203, recto.

MAIRES RE PÉRIGUEUX.

1536-1537

43

W. Pierre de Saint-Angel, licencié en lois, avocat au
siège présidial de la sénéchaussée de Périgueux.
En 1336, jour de Saint-Sylain, les maire et consuls rendent
hommage, dans la forme accout umée, aux chanoines de SaintFront. (Livre jaune, folio 211, verso.)
En la même année, on obtient des lettres du roi, déclarant
que la banlieue avait le même privilège et exemption des tailles
que la ville et cité de Périgueux. Ces lettres furent mises au
trésor avec les autres privilèges (Livre jaune, f» 212, verso).

1538-1339

Id. Bernard de Saulière, élu par le roi.
François Ier, par lettres de 1339, fait défense aux officiers
du Roi d’assister aux élections des Maires et Consuls et au­
tres assemblées de la ville pour le fait de la police. (1)
Nous avons dit plus haut que saint Louis avait fait, en
1246, semblable défense à ses officiers.
La ville est pressée de payer 1,400 livres restant de 2,400
que le roi avait ordonné de lever sur elle pour la solde de 100
hommes de pied durant quatre mois. Afin de payer la susdite
somme, les trente prud’hommes furent d’avis qu’on vendit, à
pacte de rachat, le greffe pour la somme de 1,000 livres, ce qui
fut fait. (Livre jaune, folio 220).

Le maire, étant allé à la cour de Bordeaux pour les affaires du
pays et de la ville, profite de son voyage pour demander à l’ar­
chevêque de vouloir bien prier le roi de Navarre de faire délo­
ger la compagnie du seigneur de Monpezat, établie en garni­
son à Périgueux. La démarche eut du succès, car la compagnie
tut envoyée en Bazadais (Livre jaune, folio 223, verso.)
1340

Helie du Puy, écuyer seigneur de La Forest et de La
MotHe, avocat du Roi.

Mgr Foucauld de Bonneval, évêque de Périgueux, mourut en
1340. Il fut enseveli dans l’église cathédrale, devant le grand
(1) Livre jaune, page 224, verso.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

44

autel. Les maire et consuls assistèrent à son enterrement avec
leurs chaperons et donnèrent deux douzaines de torches et les
armes et écussons de la ville, témoignant ainsi l’affection qu’ils
lui portaient. [Livre jaune, folio 224, verso.)
En 1541 (1), à l’élection des magistrats, il y eut grande dis­
pute. Le sieur du Puy, ci-devant maire, ayant voulu se faire
continuer par les soins des sieurs de la Jarthe — du Lieu-Dieu
de Lautherie — de Laborie et autres parents, il y eut divers
arrêts. Enfin il y en eut un définitif qui confirma la nomination
de :
4541-1542

Honorable homme Pierre Adhemar, licencié.

1543-1544

Pierre Jay, greffier.

1545

Jean Bordes, receveur des tailles.

1546

Pierre Faure, seigneur de Lussat, procureur du roi.
Jean de Valbrune, seigneur de Laurière.
Bertrand Lambert, conseiller.
Pierre du Cluzel, écuyer, seigneur de Triviolet , con­

1547
1548
1549

seiller-secrétaire du roi de Navarre.
1550-1552

1553-1554

Etienne Bertin, seigneur de La Pouce.
Par un édit du 26 octobre 1552, vigile de Saint-Front, le roi
Henri II établit à Périgueux le présidial et la Cour des Aides en
mars 1553, laquelle il supprima, par un autre édit, en mars
1557.
Jean Trieard, seigneur de Rognac (2), avocat et juge

du Pariage.
Le seigneur de Tricard, licencié en lois, maire et député pour
les affaires de la Cité, fut continué en sa charge de maire, quoi­
qu’il eût été revêtu de l’office de juridiction du Pariage; mais
comme par l’un des articles des statuts nul ne pouvait être élu,
(1) Carton L. Lapeyre, coté X.
(2) Commune de Bassillac, ancien fief relevant d’Auberoche (Diction­
naire topographique, par le vicomte de Gourgues.)

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

45

ni consul ni maire s’il était juge ou officier, soit du comte,
soit de l’évêque, soit du chapitre, il fut arrêté que pour cette
fois, et sans tirer à conséquence, cet article demeurerait sus­
pendu en considération des services dudit seigneur de Tricard.
Lorsqu’il fut réélu, il était à Paris pour faire confirmer les
privilèges de la ville — ce qu’il obtint, en effet.
Guy Bouchard d’Aubeterre prend possession de son siège
épiscopal, le 9 juin 1554, après avoir prêté, entre les mains
des maire et consuls, le même serment que ses prédéces­
seurs. (1)
1555

1556
1557
1558

Jean de Valbrune, élu.
Pierre du Mas, enquêteur.
Bertrand de Fayard, conseiller.
Noble Denis d’Ayts, seigneur de Meymy, La Feuillade
etc. (2).
(1) Dans une note autographe, écrite en 1720 sur la marge d’un exem­

plaire de l’Etat de l’Eglise du Périgord, ouvrage dont l'auteur, le R. P.
Jean Dupuy, fît présent à la ville en 1629, — note postérieure de près d’un

siècle à cette publication, et de plus d’un siècle et demi à la nomination du

seigneur évêque, — il est dit : « Guy Bouchard d’Aubeterre apostasia et
amena l’abbesse de Sainte-Claire, de Périgueux, b Genève, où ils se mariè­

rent et vécurent misérablement. » L'auteur du Périgord illustré, commen­
tateur de l'Etat de l’Eglise du Périgord, en répétant, sans réflexions, la note

apocryphe, semble l’avoir acceptée comme vraie ; mais M. Bolle, membre

de la Société archéologique de la Charente, l’a relevée et l’a réduite h sa
juste valeur; il nous suffit de rappeler la dernière phrase dont M. Eusèbe

Castaigne, bibliothécaire de la ville d’Angoulême, termine son compte­

rendu dela séance du 11 mai 1855, où M. Bolle avait lu un fragment de
son histoire de la ville et des seigneurs d’Aubeterre. «... Après une discus­

sion approfondie, appuyée de preuves irrécusables et de titres authentiques,

l’honorable membre, tout en reconnaissant certaines erreurs de jeunesse
dans la conduite de Guy Bouchard, avant son élévation h l’épiscopat, le
justifie pleinement de l’odieuse calomnie dont on a sali sa mémoire.

(2) Commune de Coursac, ancien repaire noble.

46

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

1559-1560
1561

+ 1561

Jean Roubert, seigneur de La SepaRie (1).
François du Puy, seigneur de La Forest. (2)
J. de Perrot, seigneur de Crognac.
L’auteur du manuscrit des archives départementales déjà cité
donne comme maire à cette date J. de Perrot — c’est le même
qu’on a déjà vu maire en 1532, sous le nom de Jean Prévôt ou
Perrot — et après l’avoir inscrit comme tel et, à sa suite, quatre
consuls, il ajoute l’observation qui suit : L'extrait des officiers cidessus avait été pris avant que le livre tombât entre les mains
du seigneur du Chesne de Montréal. Le feuillet doit avoir été
enlevé comme tant d’autres — leur nom n’y est pas. »

Le livre dont il est parlé ici est le Gros livre noir contenant
le nom des maires et consuls de 1540 à 1618. Ayant malheu­
reusement disparu de nos archives municipales, il serait difficile
de vérifier l’exactitude de l’observation ci-dessus.
1562

1563-1564
1565-1566

Pierre de Marquessac.
Noble Bernard Jay, seigneur de Beaufort, greffier du
roi.

Jean Audoüy, seigneur de la Rigalle. (3)
(11 C’est dans cette dernière année — 1560 — qu’éclata la conjuration
d’Amboise, dont le chef apparent était la Renaudie — de son nom de famille
de (ou du) Barry, gentilhomme du Périgord,qui fut tué par son cousin Pardaillan.
(2) Commune de Cornille, ancien repaire noble.

Le Périgord illustré donne pour maire, en même temps que François
Du Puy, Antoine Chillaud — il exerçait comme tel le 4 mai, dit le P.
Dupuy, dans l’Etal de l’Eglise du Périgord, page 185 ; — mais dans un
manuscrit conservé aux archives départementales, ayant pour titre : Cata­
logue des maires et consuls ramassés sur les Etats tirés des livres et mé­
moires de la Maison de ville, Antoine Chillaud n’était que premier consul.
(5) Ancien repaire noble, commune de St-Jean-d’Estissac. — Autre

repaire noble de même nom, commune de Villetoureix, sur la Drône, dé­
pendant de la châtellenie de Ribérac. (Dictionnaire topographique, du
vicomte de Gourgues.)

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

47

Le 15 avril 1565, Arnaud Barbut, premier consul, rend foi
et hommage à Charles IX en son nom et comme procureur des
maire, consuls et habitants de la ville, Cité et banlieue de Péri­
gueux.
Le fief pour lequel les habitants étaient reçus à foi et hom­
mage est constaté ainsi dans le Recueil des titres et autres
pièces justificatives employées dans le Mémoire sur la cons­
titution de la ville, etc. : « A cause de ladite ville, Cité et
banlieue de Périgueux, avec tout droit de justice haute,
moyenne et basse qui leur appartient de tout temps et ancien­
neté en ladite ville, Cité et banlieue, tenu en foi et hommage
à nous, à cause de notre couronne de France. »
1367-1568

1569

Pierre de Laborie, seigneur de la RaMpinsolle. (1)
Antoine de Chillaud, écuyer, seigneur de Pronsaut,
avocat.

1570
1571-1572

1573

1574

Noble Bernard Jay, seigneur de Beaufort.

Pierre Arnaud, seigneur de Laborie, conseiller.
Pierre de Landric, seigneur de Lautherie, conseiller.

Dominique de Bordes, seigneur de la Fayardie (2), con­
seiller.

1575

Géraud (ou Germain) Faure, seigneur de la Roche Pontissac (3) et de la Roderie.

Lettres patentes de Henri III, du mois de mars 1575, qui
reconnaissent que « les maire, consuls, bourgeois et habitants
de la bonne ville de Périgueux ont été reçus à hommage tout
ainsi que les autres nobles de France par les rois ses prédéces(1) Commune de Coulounieix, ancien repaire noble, relevant de la ville
de Périgueux.

(2) Commune de Cornille, ancien repaire noble.
(3) Commune de St-Front-d’Alemps, ancien repaire noble, le château est
entouré de fossés remplis d’eaux vives. (Dict. topograph., par le vicomte de
Gourgues.)

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

seurs ; — qu’ils ont été unis et incorporés à la couronne de
France sans qu’ils en puissent être séparés par apanage ou au­
tre occasion que ce soit ; — qu’ils ont droit d’acquérir, garder
et retenir fiefs et arrière-fiefs de la couronne et autres seigneu­
ries sans en payer aucune finance, et qu’ils sont pareillement
exempts de payer des tailles et autres impositions roturières (I). »

« Le 6 août 1573, la ville de Périgueux est prise par les cal­
vinistes et possédée par eux jusqu’au 26 juillet 1581. Les prê­
tres sont massacrés, les églises pillées, et puis démolies ou
brûlées, le service divin partout aboli, les officiers de la justice
tués ou faits prisonniers et rançonnés. Les habitants, à qui la
fureur des armes avait pardonné, chassés de leurs biens, l’église
cathédrale de Saint-Etienne, la maison épiscopale, les maisons
canonicales et tous les couvents abattus et rasés, les reliques
des saints, avec tous les titres contenant ou concernant les
biens des églises mis en cendres. Etrange réformation ! (2) Par
l’édit de paix 1576, Périgueux fut une des villes réservées aux
calvinistes pour leur escorte, et, par ce moyen, ne jouit pas du
bénéfice de la paix (3). »

C’est au milieu de tant de ruines qu'Henri IV, alors roi de
Navarre, passe à Périgueux, où il ne trouve à l’entrée de la ville
en deuil qu’un arc-de-triomphe noir portant en lettres blanches
cette inscription bien significative : Urbis déformé cadaver —
ce n’est de la Cité que le cadavre informe.
Pendant l’occupation de la ville par les Religionnaires, les
registres de la mairie ne mentionnent aucune nomination de
maires et consuls ; mais les mémoires particuliers nous appren­
nent que « le seigneur de Caussade (de Cugnac), vassal de la
(1) Recueil sommaire des titres, page 103.

(2) Ce fut dans la nuit du 14 juillet 1373 que Mgr Pierre Four­
nier, évêque de Périgueux, fut étranglé par ses domestiques en son château
l’Evêque. (Etat de l’Eglise du Périgord, par le P. Dupuy.)
(3) Extrait du Manuscrit du Père Tarde.

49

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

ville » exerça la charge de maire (1), de môme que les trois ciaprès désignés par un astérisque.

1375

Jean de Cugnac, seigneur de Caussade (2).
Nommé par l’influence de Langoiran, dit le Périgord, illus­
tré. Il se rendit tellement insupportable aux habitants et aux
huguenots par ses violences, qu’il fut contraint de renoncer à la
pensée qu’il avait eue d’être maire perpétuel et il quitta la ville
pour aller en son château de Caussade. (Bibliothèque Léon La­
peyre, carton coté X).

+1576

Bertrand Ayts.

+1377

François Faure, seigneur de Lussat.

11578

Pierre Saulière, conseiller-magistrat au présidial, con­
tinué en 1579 (3).

Le Périgord illustré donne pour maire, pendant la période
de 1576 à 1580, les deux qui suivent :
1576-1577

1578-1579

Annet Chalup.
Jean Orfaure, avocat.
Cette année furent démolis les couvents de Saint-François,
Saint-Dominique, Saint-Augustin et l’église cathédrale. (Biblio­
thèque L. Lapeyre, carton X).

1580-1581

Jean Chalup, avocat.
Ce dernier ayant été dépossédé de la charge de maire après la
reprise de la ville par les catholiques, le 26 juillet 1581, jour
de sainte Anne, il fut tenu un conseil général, le 2 août suivant,
où l’on nomma 30 prudhommes, d’après les anciens statuts,
lesquels, après avoir prêté serment, en choisirent 4 qui nommè­
rent les 8 qui firent l’élection des maires et consuls (4) ; fut élu :
(1) Extrait du manuscrit des archives départementales déjà cité.

(2) Commune de Trélissac, ancien repaire noble relevant de la seigneurie
de Périgueux.
(3) Mémoire cité au n° 1 qui précède.

(4) Id.

4

50

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

1581

Jean de Chillaud, seigneur des Fieux, homme d'armes
de la compagnie du seigneur comte des Cars et continué en 1582
et 1583.
C'est ce Jean de Chillaud des Fieux qui, secondé par quel­
ques-uns de ses compatriotes, parmi lesquels nous citerons son
frère Antoine de Chillaud de Fonlosse et N. de Montardy,
délivra la ville de Périgueux du joug des Huguenots, lesquels,
ainsi qu’il est dit plus haut, s’en étaient emparés en 1575.
En mémoire de cette action héroïque, on faisait tous les ans
dans la ville, au même jour, c’est-à-dire le 26 juillet, une pro­
cession générale après laquelle était prononcé un sermon où
entrait le panégyrique de Jean de Chillaud des Fieux, auquel
avait été décerné le litre de libérateur de la ville.
Lui et son frère reçurent, en considération de leurs services,
pour eux et leur postérité, des lettres de noblesse de Henri III,
et la ville fit placer sur la tour Mataguerre (1) les armoiries de
la famille dont la devise était : Cum, civibus libertatem prœsto.
Ces armoiries n’ont pas trouvé grâce devant le marteau des­
tructeur de 93.
(t) Puisque le nom de Mataguerre se présente de nouveau sous notre plu­
me, nous ne voulons pas perdre cette occasion de signaler à l’attention de
notre administration municipale le triste état dans lequel se trouve cette
tour, la dernière des trente qui entouraient notre ville fortifiée. Déjà son
couronnement de mâchicoulis est en partie détruit, chaque jour il s’en
détache quelques pierres, et les dégradations de tout genre qu’elle subit
sans cesse dans sa base font pressentir malheureusement, si l’on n’y avise
promptement, qu’elle ne sera bientôt plus qu’une ruine.
Conservons ce monument du xve siècle dont les nobles cicatrices attestent
à la fois les combats terribles qu’il a eu à soutenir contre les ennemis de
notre patrie et de notre religion, et l’énergie avec laquelle nos pères, nobles
bourgeois de Périgueux, orit défendu leur vieille indépendance contre l’en­
vahissement des comtes de la province.
Ceindre ce glorieux monument d’une sorte de litre, en plâtre blanc, sur
laquelle sont inscrits les mots : République Française, ne semble pas attein­
dre le but que se proposait, le 18 février 1868, le conseil municipal de
Périgueux, en votant une somme de 2,500 fr. pour être employée à sa restau­
ration.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.
1584

1585-158G

1587-4588

51

Antoine de Chillaud, seigneur de Pronsaut, avocat.
Honorable homme Helie de Bordes, conseiller.
Noble Pierre de Marquessac, écuyer, président et
Juge-Mage.
A l’assemblée générale des Etats du Périgord, le maire siège
après les quatre premiers barons, le vicomte de Gurson et l’ar­
chevêque de Bordeaux.
La fête de Saint-Front étant cette année un dimanche, les
maire et consuls rendent hommage à messieurs du chapitre.
Ils étaient tenus de remplir ce même devoir lorsque la fête de
Saint-Sylain tombait également un dimanche.

1589-1590

Honorable homme Jean de Chillaud, vice-sénéchal,
homme d’armes de la compagnie du seigneur comte des Cars.
Le 30 mai 1589, le maire et les consuls signent un traité
d’association pour la défense de la religion catholique, aposto­
lique et romaine. L’importance de ce document nous décide à
le reproduire ici dans toute sa teneur : (1)

« Traité d'association pour la défense de la religion catholi­
que, apostolique et romaine, entre le sénéchal et gouver­
neur de Périgord d’Aubeterre, l’évêque de Périgueux,
de Bourdeilles, l’abbé de Chancelade, le P. A. de Solminihac, Pierre de Chancel, gouverneur, le maire et les con­
suls de Périgueux, conclu dans cette ville, le 30 mai 1589 :
» Au nom de Dieu. Nous seignieur d’Aubeterre, scénéchal et gouverneur

de Périgort, seignieur Evesque, maire et consulz de Périgueux, promettons
et jurons à Dieu, sur notre foy et honneur, de demeurer inviolablement et à

jamais fermes et constants en la foi de l’églize catholique, apostolicque,
romaine, ne nous départir aucunement pour quelque occasion que ce soit ou
puisse estre du serement que nous avons presté sur le sainct édict d'union

(1 ) Nous devons à l’obligeance de M. Albert Dujarric, notre jeune, labo­
rieux et intelligent compatriote, la communication de cette pièce, relevée
par lui dans V Armorial de France, de d'Hozier, registre 3, lro partie.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

fait pour l’extirpation des héresies, exaltation et manutention de ladite

Eglize ; ains l’entretenir et observer pour l’honneur et service de Dieu, de
son Eglize, bien et repos public jusques au dernier souspir de nos vies ;

et b ses fins declairons nous estre associés et unis les uns avec les autres.
Promettons et jurons devant Dieu n’adhérer jamais aux Ilereticques ou leurs

fauteurs, ne leur bailler ayde, faveur ny moyens et n’avoir aucune intelli­

gence avec eux pour parentelle, amitié ou autre prétexte que ce soit ; mais

que d’un zèle ardant envers Dieu, nous emploirons nos vies, biens et moyens
pour le soustien et manutention de notre religion catholique, apostolicque,

romaine, extirpations des heresies, bien et repos du public ; que nous pour­
chasserons l’honneur de Dieu et soulagement du peuple. Et cependant que
nous ferons la guerre aux hereticques, leurs fauteurs et adherens, sans res­

pect ny exception de qualité, dignité ou autre considération de personnes.
» Promettons et jurons nous maintenir, recepvoir et secourir les uns les

autres, prester toute ayde et faveur d’une sincère affection sans nous en pou­

voir excuser et descharger sous quelques occasions et dangiers qui puissent
se présenter ; qu’h Dieu ne plaise.

» Déclairons aussi nous seignieur Evesqiie, maire et consuls de ladite
ville, que nous recongnoissons pour sceneschal et gouverneur de Périgort
ledit seigneur d'Aubeterre ; promettons de lui assister de tous nos biens et
moyens pour le maniement et exécution des choses susdites. En ce aussi que

nous seignieur d’Aubeterre, tant pour nous que pour toute la noblesse du

présent pays, promettons et jurons h Dieu sur la foy que nous lui debvons et de
notre honneur de maintenir lesdits maire, consuls et habitants de la présent

ville, cité et banlieue d’icelle en leurs estats, offices, franchises, privilèges,
immunités et libertés ; les exempter de toutes oppressions, ensemble de gar­
nisons ; et en outre promettons les défendre envers et contre tous, emploier
nos vie, biens, moyens et authorité pour la défance et conservation de ladite

ville, pourchasser le bien, repos et avancement desdits maire, consulz et
habitants, et ne les abandonner jamais.

» Promettons et jurons à Dieu, de garder inviolablement toutes les choses

susdites ; n’y contrevenir jamais, sur peyne d’estre déclairés et jugés dé­
serteurs de ladite religion catholicque, infracteurs de l’union, perfides, par­
jures, desloyaux, ennemis de Dieu, de son église et repos public.
» Et néantmoins attestons devant Dieu, qui sonde le plus profond de nos
cœurs, que nous n’avons faict ladite union, arrestés et juré les choses sus­

dites pour ambition, envie, inimitiés, vengeance ou autre

mauvaise im­

pression : mais jurons et protestons avoir esté seulement poussés du sainct

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

53

zélé à l'honneur de Dieu, défance et exaltation de ladite églize catholicque,
salut de nos âmes, bien et repos public.
» Fait à Périgueux le trantiesme jour de mars mil cinq cens quatre-

vingtz et neuf. »
» Signé: Aubeierre; de Bourdeille ; E. D. P. Ciiancel, gouverneur;
A. de Solminihac, abbé de Chancelade ; Jean de Ciiillaud, maire de la­

dite ville ; J. Arnault ; E. Moisson, premier consul ; Chatard, consul,
de

Boudin, consul ; Roche, consul; de Tortei,, consul; J. Pradeau,

consul ; du Rieu, consul. »

1591-1592
1593-1594

Denis de la Porte, conseiller.
Raymond Girard de Langlade, écuyer, seigneur
du Defay et de Laveyssière.
Les Etats du Périgord s’étant assemblés le 23 janvier 1593,
il opina le premier de l’ordre de la noblesse après les quatre
premiers barons du Périgord. — Le droit de prendre immédia­
tement rang après eux appartenait au maire, capitaine de Péri­
gueux, comme tenant la justice de la ville, cité et banlieue du
comté de Périgord. Les maires l’avaient déjà exercé au même
titre, et notamment en 1588 (1).
En récompense de ses services, Raymond Girard de Lan­
glade reçut du roi Henri IV, au mois de février 1594, des
lettres-patentes de noblesse, lesquelles furent enregistrées en
la Chambre des comptes du parlement de Bordeaux, le 16
juillet 1595 ; confirmées le 25 avril 1635, par MM. de Verthamont et de Gourgues, elles furent également enregistrées en
la Cour de l’élection de Périgueux. (2)
Le 7 avril 1594, comme maire de la ville, ledit de Langlade
réunit les consuls, la noblesse et le clergé et les engagea à re­
connaître l’autorité royale dans la personne de Henri IV, devênu catholique à son avènement au trône (3).
(1) Voir Observations sur les Etats du Périgord et pièces justificatives,
recueillies par L. Prunis, prieur de Saint-Cyprien , censeur royal en 1788.

(2) Papiers de famille.
(5) Idem.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

54

1595
1596
1597-1598

C’est en mai 1594 qu’Henri IV reçoit l’hommage des citoyens
de Périgueux. Les lettres-patentes de S. M. enregistrées au Par­
lement de Bordeaux, en reconnaissant les mêmes droits qui
sont énoncés dans hommage rendu à Henri III, reconnaissent
encore (voir Mémoire sur la constitution politique et civile de
la ville et cité de Périgueux) la noblesse particulière des ci­
toyens de Périgueux.
A cette époque les Croquants, bandes composées de paysans
parmi lesquels grand nombre de réformés, infestaient la
Guienne, où ils se livraient à toute espèce d’excès, « se ruant,
dit dans ses Mémoires le duc de Laforce, contre les châteaux
et ravageant les terres. »
Ces bandes, que Sully évalue au nombre de 15,000 en
Limousin — elles s’élevèrent, est-il dit ailleurs, au chiffre de
40,000 — tentèrent, en 1594, un soulèvement en Périgord ;
mais nos Mémoires locaux nous disent que la ville, heureuse­
ment prévenue assez à temps, fit échouer leur projet. Ce ne fut
cependant qu’en 1638 quelles furent soumises.
Helie des Jean (ou de Jehan), seigneur de Valboulet,
conseiller et maître des requêtes du duc d’Anjou.
Jacques de Gravier, seigneur de Puygrand, lieutenant
civil et criminel.
Noble Bernard Jay, seigneur de Saint-Germain.
Le 10 novembre 1598, les maire et consuls visitèrent les
bornes qui établissaient les limites de la juridiction de Péri­
gueux. Ils commencèrent, au lieu appelé le Saut-du-Ghevalier
(en face de Sallegourde, près Périgueux) ; la borne à cent pas
environ au-delà, y avait été placée en 1491, dit le Mémoire sur
lequel nous puisons ce renseignement. (1)
Il fut constaté qu’il en manquait en plusieurs endroits, et on
décida qu’elles seraient remplacées. (2)
(1) On peut encore la voir au même endroit, elle porte d’un côté les ar­
mes dela ville, de l’autre, celles de l’évêque dePérigueux.
(2) Cartons L. Lapeyre, X.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

1599-1600
(1)

65

Jean de Morillon, conseiller.
Ici le Périgord illustré laisse une lacune de dix-huit années,
« parce que, dit l’auteur, les registres et papiers de cette épo­
que, confiés à M. Moreau, avocat de Paris, avant la révolution
de 1793, pour soutenir les droits et privilèges de la ville qui se
croyait exempte d’impôts, ont été perdus. »
Il nous a été facile de combler cette lacune à l’aide d’un pré­
cieux manuscrit légué à la bibliothèque de la ville par M. Léon
Lapeyre. (2) C’est le 3e volume de l'Histoire sommaire de Péri­
gueux, depuis le commencement du xvn° siècle jusqu’en 1692 ,
incontestablement l’œuvre de Joseph Chevalier, écuyer, seigneur
de Cablanc, Saint-Mayme, etc. (3), lequel nous trouverons
maire de Périgueux en 1679-1680 et en 1689. Nous n’en avons
(1) François de Bourdeilles, mort au Château-l’Evêque, fut porté dans
l'église de Saint-Front, où il fut enterré le 24 octobre 1600. (Le P. Dupuy.)

(2) Ce bibliothécaire, de regrettable mémoire, n’a pas seulement enrichi
la bibliothèque publique de Périgueux de volumes rares, dont la plupart ont
un intérêt tout particulier pour la province ; il lui a de plus légué, avec une
grande quantité de brochures périgourdines, des cartons pleins de notes et
de documents inédits, également bien précieux pour notre histoire locale.

(5) On ne peut douter, en effet, que cette histoire ne soit l’œuvre de Jo­
seph Chevalier de Cablanc, de St-Mayme, etc. Maire en 1679, 1680 et 1689,
elle est écrite tout entière de sa main, et nous en avons la preuve par plu­
sieurs pièces signées de lui, soit à la bibliothèque delà ville, en feuilles vo­
lantes, dans une généalogie manuscrite de la famille, soit aux archives
départementales, dans un registre où sont consignés les actes de son admi­
nistration, lesquels, pour la plupart, portent également sa signature. Mais
si l’analogie parfaite des écritures ne suffisait pas, nous n’aurions qu’à rap­
peler : 1° Que son petit-fils, Pierre-Joseph Chevalier de Cablanc, qui fut le
collaborateur de Lagrange-Chancel pour une autre histoire du Périgord,
dit formellement dans une lettre écrite par lui au prince de Chalais :
«'L’histoire de mon grand-père se composait de 5 volumes bien reliés et en
bon ordre ; » et 2° que cette histoire est également mentionnée dans la
Bibliothèque historique de la France, du P. Le Long, avec cette note : Ces
trois volumes sont entre les mains de Nicolas Chevalier, seigneur de Cablanc,
fils de l’auteur.
Faisons des vœux pour que les 2 premiers volumes qui existent, dit-on, vien­
nent prendre place à côté du 3e dans les rayons de la bibliothèque de Périgueux.

56

MAIRES DE PÉRIGUEUX

pas moins à déplorer la perte des registres et papiers dont
parle l'auteur du Périgord illustré ; mais la plus regrettable
est celle du registre désigné, ainsi que nous l’avons dit plus haut,
page 46, sous le nom de Gros livre noir, car il contenait 556
feuillets et embrassait une période de 78 ans, de 1540 à 1618,
pendant laquelle eurent lieu tant d’événements mémorables aux­
quels le Périgord, et particulièrement la ville de Périgueux,
prirent une part si active.
Mais ce ne sont pas là les seuls monuments qui ont disparu
de nos archives municipales. Voici, à ce sujet, ce que M. La­
peyre dit dans des notes écrites de sa main :

« Les archives de Périgueux ont été longtemps au pillage,
» et l’inventaire de 1728 (1) constate ce fait dès les premières
» pages. Plus tard, M. Prunis, malgré son titre d’historiogra» phe du département, faisait brûler, sur la place de la Pe» louse (2), 30,000 titres féodaux(3). —Depuis, il s’est encore
» perdu des monuments bien précieux pour notre histoire mu» nicipale. Les lettres que nos rois adressaient aux maires et
» consuls de notre ville sont de ce nombre. »
M. Lapeyre nous apprend également qu’une grande quantité
de titres emportés à Paris par l’abbé de Lespine, directeur de
(1) Cet inventaire des archives de la ville existe il la bibliothèque publi­

que de Périgueux et forme un registre assez volumineux. Il fut fait le 12 fé­
vrier 1728 par Hélie de Froidefond, écuyer, seigneur de Bouix, au nom de
son fils messire Jean-Louis de Froidefond, écuyer, seigneur du Châtenet,

second président au présidial, lequel avait été maire en 1722— il le fut en­
core en 1756 — et était alors h Paris où le retenait un procès, ainsi que

nous l’apprend le dit inventaire.
(2) Aujourd’hui place de Montaigne.

'

(3) « Ces titres féodaux, qui ont été déposés au bureau des archives du
d département,

ces titres que nous allons livrer aux flammes , sont au

» nombre de 50,000... » (Phrase textuelle du discours prononcé par lui

le 20 brumaire an II delà République (10 novembre 1793).

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

57

l’école des Chartes, n’ont pas été rendus à la ville qui les lui
avait confiés, et sont restés avec ses nombreux manuscrits —
dits : Cartons de Lespine — la propriété de cette bibliothè­
que (1).

Il nous apprend, en outre, qu’un secrétaire de la mairie, qui
cumulait ces fonctions avec celles de notaire, enveloppait les
minutes de son étude et couvrait ses registres de chartes en
parchemin qu’il prenait dans les archives municipales — titres
dont la plupart devaient avoir une grande importance pour no­
tre histoire locale, car c’est parmi les nombreuses pièces mises
au rebut par le successeur de ce notaire que M. Lapeyre nous
dit avoir retrouvé le plus ancien peut-être de nos statuts munici­
paux, et plusieurs autres chartes cotées à l’inventaire ci-dessus
mentionné ; mais ces derniers titres déchirés, ou dans un état
tel de dégradation, qu’il n’a pu en déchiffrer que quelques lignes.
Nous avons pu constater aussi, par nous-même, que les regis­
tres de la ville qui nous restent ont eu souvent à souffrir de la
négligence de nos administrateurs et du mauvais vouloir de
quelques-uns. Plusieurs pages manquent dans le Livre noir,
lequel a été relié sans soin, ainsi que le prouve sa pagination
tronquée en divers endroitsdans le Livre vert, qui rapporte
les événements de la guerre de la Fronde, outre des pages éga­
lement enlevées, grand nombre de noms et de qualifications y
sont effacés. — Dans ce dernier registre, comme dans le Livre
rouge, les feuillets qui précédaient le procès-verbal des élections
des maire et consuls portaient, dessinées, les armoiries des
membres composant le conseil de l’administration municipale,
mais les uns ont été déchirés et les autres enlevés. —Ainsi s’est
perdue pour jamais cette intéressante collection de blasons
Périgourdins.
' (1) Presque toutes les généalogies périgourdines qui ont été imprimées
depuis la fin du dernier jusqu’à 1841, époque de sa mort, quoique non
signées de lui, sont l’œuvre de ce savant, modeste et consciencieux écrivain.

58

4-1601-1602

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

Pierre de Meredieu, seigneur de la Renoi.piiie, con­
seiller. (1)

C’est le 31 juillet 1602 que Charles de Gontaut, duc de Bi­
ron, maréchal de France, fut décapité. Nos annales périgour­
dines nous disent qu’il fut vivement regretté de la ville de Péri­
gueux, parce qu’il l’avait favorisée en toute occasion.
+1602-1604

Jacques Chalup, seigneur d’Eglise-Neuve, conseiller. (2)
Cette élection fut confirmée par arrêt du parlement de Bor­
deaux du 22 août 1603 qui ordonnait qu'à l’avenir les charges
consulaires seraient exercées pendant deux ans. Sur les huit
magistrats, en y comprenant le maire, dont se composait alors
l’administration municipale, quatre restaient en charge et l’autre
moitié était remplacée par quatre autres qui étaient continués
l’année suivante. Ce mode d’élection fut pratiqué jusqu’au 31
octobre 1633, époque où le roi Louis XIII rendit une ordon(1) Dans le 3eme vol., manuscrit de l'Histoirede Périgueux depuis 1601
jusqu’en 1692, M. Joseph Chevalier de Cablanc, etc., fait suivre la nomi­
nation du maire de 1601, de la note qui suit :

« Jusqu’ici les consuls qui sortaient de charge avaient coutume de nom­
mer 4 prud’hommes qui en choisissaient 8 pour élire les nouveaux jurats.
Cela s’était pratiqué de la sorte depuis longues années. On proposa en
1601 de supprimer les 4 premiers, au lieu desquels les consuls, le jour de
leur sortie, en nommeraient 8 autres pour faire la nouvelle élection delà
Jurade , et cela fut approuvé d’une commune voix pour rendre le monopole
difficile et plus rare ; bien que ce projet ne s’exécuta pas cotte année, ni la
suivante, toutefois la chose passa en résultat. »
(2) C’est sous le nom de Jacques Chalup que parut une pièce de vers, qui
se termine ainsi :
tes membres étant réunis,
• D’amour réciproque unis,
Formeront un corps qui résiste ;
Le roi t’en donne les moyens :
11 veut que ta forcé consiste
Dans la foi de tes citoyens.

Dans les mots écrits en italique, se voit la devise des armes de la ville
de Périgueux : Fortitudo mea civium ftdes.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

59

nance qui fit revivre les anciens statuts. (Voir le Livre jaune
de l’hôtel-de-ville, fol. 112) (1).

+1605-1606

Helie de Jehan, procureur du roi au sénéchal et prési­
dial de Périgueux.
Au mois de mai 1605, les maire et consuls avec le Père
recteur du collège des Pères Jésuites — c’était l’ancienne pré­
fecture transformée aujourd’hui en une succursale de la caserne
— posèrent la première pierre du grand bâtiment.(2)
(1) En 1604, le comté du Périgord fut réuni à la couronne de France. A
ce sujet, voici ce que nous lisons dans le 3" volume manuscrit de V Histoire
de la ville de Périgueux, par Joseph Chevalier :

« Les grands démembrements qu’on en a fait depuis, par les aliénations
des seigneuries d’Ans, de Thiviers, de Mensignac, d’Auberoche, de Rous­
silles, d’Excideuil et des pariages de Saint-Front, de Saint-Etienne et de
Saint-Astier, l’ont tellement défiguré qu’il n'est maintenant qu’un reste
informe de sa première beauté. Et Joseph Chevalier termine sa note en di­
sant : Ce sont les mêmes termes dont se sert M. d’Ataux (de Jay de son
nom patronymique), sur le rapport duquel nous écrivons ceci. •
(2) Le collège de la ville remonte à l'année 1330. Il passa, en 1391, aux
mains des P. Jésuites ; mais ils n’en eurent définitivement le gouvernement
que le 9 octobre 1392. —Voir l’Etat de l’Eglise du Périgord, par le P.
Dupuy, tome 2, pages 214 et 217, et le chroniqueur du Périgord et du Li­
mousin, tome 2, p. 237, où se trouve imprimé, dans toute sa teneur, le con­
trat qui fut passé à cette date, entre MM. Denis de La Porte, conseiller du
roi, juge criminel en la sénéchaussée de Périgord et maire de la ville ;
Nicolas Alexandre, avocat au parlement de Bordeaux ; Jean Tourte], Antoine
Charon, procureur au siège présidial de la ville de Périgueux ; D. Huard,
Girard, Guy de Valbousquet, sieur de Lage ; Berthoumieux Chatard, bour­
geois et consuls de la ville, et Jean Prunier, consul de la Cité ; et Pierre
Broliodie, greffier en l’élection de Périgord, au nom et comme procureursyndic de ladite ville, d’une part ;
Et MM. Louis Richeomme, père provincial de la Compagnie et Société de
Jésus, en la grande Guienne et Languedoc, et François Debord, père recteur,
au nom de ladite Société, d’autre part.
Des Jésuites, il passa, en 1762, aux prêtres de la Petite Mission, et de
ceux-ci aux Doctrinaires, qui le possédèrent jusqu’à la Révolution. Ce collège
a eu parmi ses élèves ; La Grange Chancel, l’auteur des Philippiques et
d'Amasis — Maine de Biran, le métaphysicien — et Féletz, de l’Académie
française.

60

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

-+1607-1608

Jean du Chesne, seigneur de la Rivière et du Breuil,
lieutenant particulier. (1)

+ 1609-1610

Baptiste Chancel, seigneur de la Veyssonnie, conseiller. (2)

X1611-1612

François de Bordes, 7 conseiller.
En 1611 il fut arrêté que les maire et consuls donneraient,
au lieu d'arbalettes, suivant l'usage, le maire, un mousquet,
et, chaque consul, une arquebuse.
En 1612, François Chaignon, sieur de la Foucherie, consul
de la ville et Cité de Périgueux, rend en son nom, et comme
procureur des maire et consuls, au roi Louis XIII, foi et hom­
mage pour raison de leur haute et moyenne justice. Déjà en
1610 S. M. par lettres patentes avait confirmé les privilèges,
franchises et libertés de la ville.

+1613-1614

Noble Jean de Chillaud, écuyer, seigneur des Fieux, vicesénéchal.

X 1614

Bertrand de Chillaud, écuyer, seigneur des Fieux et
de la Chapelle-Gonaguet (3), conseiller.
Nommé en remplacement dudit Jean son père, décédé le 11
janvier 1614.
Il assista à l’assemblée des Etats généraux de 1614 et, comme
maire-capitaine de la ville, cité et banlieue de Périgueux, il y
fit reconnaître son droit de siéger le premier dans l’ordre de la
noblesse, immédiatement après les quatre premiers barons du
Périgord. Ce droit, ainsi que nous l’avons constaté plus haut,
(1) En 1608, il fut passé contrat entre la Jurade et le Chapitre de SaintFront concernant la prestation d’hommage reçu par Maigne, notaire. (His­
toire manuscrite de la ville de Périgueux, par Joseph Chevalier, déjà citée.)

(2) Sur la fin de 1610, il y eut désaccord pour la création d’une nouvelle
Jurade.(Id.)

(3) Commune et canton de Saint-Astier, ancien repaire noble mouvant
au xiv' siècle du pariage entre le chapitre de Saint-Front et le roi, ayant
depuis haute justice sur la Chapelle-Gonaguet. (Dict. topogr., par le vi­
comte de Gourgues.)

M,VIRES DE PÉRIGUEUX.

61

pages 51 et 53, inhérent à la qualité de premier magistrat de la
ville de Périgueux, nous le verrons encore réclamé comme tel,
dans la dernière assemblée générale des Etats généraux de 1789,
par le maire, alors en exercice.
Mgr de La Beraudière, évêque de Périgueux, fait
son entrée dans la ville le 26 juillet 1614. Il mourut le 11 mai
1646. Porté à Périgueux, il fut enterré à la Cité. (Carton Léon
Lapeyre, cotéX.)

X1615-1616

Messire Pierre d’Abzac, chevalier, seigneur de Reilhac
et de Ladouze (1).

Il fit rebâtir la porte du Pont et réparer deux arcades dudit
pont qui menaçait ruine (2).

+ 1617
1618

1619
1620-1621

Joseph Martin, conseiller (3).
Noble Bertrand de Chillaud, écuyer, seigneur des Fieux
et de la Chapelle-Gonaguet, vice-sénéchal. (4)

Jacques de Chillaud, seigneur de Fonlosse.
Martial d’Alesme, conseiller du roi, juge criminel.
(1) Ladouze, canton de Saint-Pierre-de-Chignac, ancien repaire noble dé­
pendant du pariage entre le roi et le chapitre de Saint-Front, puis érigé en
marquisat et ayant haute justice sur Ladouze, Lacropte, Saint-Félix et
Saint-Cernin-de-Reillae. (Dict. topogr., par le vicomte de Gourgues.)
(2) Histoire de Chevalier de Cablanc.

(5) L’auteur du Manuscrit des Archives départementales, déjà cité, nous
apprend que « le nom de ce maire et celui des consuls avaient été gravés
sur une pierre au boulevard du pont, du côté du pont-levis, et que c'est
ainsi qu’il peut les faire connaître, 2 feuillets du livre, sans doute le Gros
livre noir où devait être l’élection, ayant été enlevés.
(4) Le 14 août 1618, la juridiction de la ville fut engagée à Etienne
Dieras (+), qui l’exerça pendant 36 ans. Etant décédé, il fut remplacé en
1634, par Nicolas Montozon.
(+) Nous ne savons si cette famille, comme les uns l’ont avancé, a
donné son nom à la rue nieras, ou si, comme d'autres le pensent, elle
le lui doit; nous ignorons de même si cette dénomination a l'origine an­
tique que lui attribue le comte W. de Taillefer; (Voir ses Antiquités de
Vésone, pages 321, 322, 420 et 421, tome l,) mais, ce que nous savons, c’est
que, dans notre incompétence, et respectant les opinions émises à ce sujet,
nous nous serions abstenus de toucher au vieux nom de nieras.

62

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

1622-1623

X 1621

1623

Dans son Histoire de Périgueux, Joseph Chevalier nous dit
que la rébellion se renouvela en Guienne et particulièrement à
Bergerac. Le duc de Rohan, chef des Calvinistes, vint en per­
sonne dans le Périgord pour donner vigueur à la révolte et
s’avançait déjà vers Périgueux pour l’assiéger; mais, ayant
appris que le comte de Ribérac s’était jeté dans la Cité pour la
défendre, avec son régiment, il changea de dessein et se retira
à Bergerac, ville où les protestants étaient en grand nombre.
Par arrêté municipal, les habitants de Périgueux qui n’ont
pas de lettres de bourgeoisie sont tenus d’en prendre et de
venir payer la taxe à laquelle ils seront imposés à cet effet.(Id.)
Par un autre arrêté municipal de la même année (8 juillet),
le syndic est chargé de dresser le dénombrement des fiefs nobles
dépendant de la ville et de la banlieue afin de faire rendre les
hommages. (Id.)
Jean de Veyrel, et non Veyril, ainsi qu’il est inscrit dans
le Périgord illustré, conseiller du roi.
Son nom et celui des consuls de l’année 1623 furent gravés
sur une plaque de marbre placée à la porte Taillefer. (1)
Jean de Tourtel, seigneur de Chastenet, conseiller du
roi.
Louis Albert, écuyer, seigneur de La Brousse, conseiller
du roi.
On se rappelle que c’est peu d’années avant l’écroulement du dernier em­
pire que, par une délibération du conseil municipal, cette rue fut appelée
Pierre Magne, nom qui aurait eu plus de raison d’être aux Barris, où est
située la maison où naquit notre éminent compatriote, ou bien encore sur
le quai qui fut incontestablement son œuvre. C’était là, en effet, qu'était
marquée sa place, dans l’avenir; nous disons dans l’avenir, car les noms
des personnages vivants, quels que soient leurs titres à la reconnaissance
publique, ne devraient être inscrits sur les murs d’une ville que lorsque la
postérité impartiale les a jugés dignes de cet honneur. En agissant ainsi
on éviterait souvent, pour les uns, des regrets, pour les autres des décep­
tions ! Mais il n’en fut pas ainsi ; on ne vit que le ministre alors en faveur,
et le vieux nom de niéras disparut sans qu’aucune voix, que nous sachions,
s’élevât pour en demander le maintien. N’en fut-il pas de même lorsqu’en
1870 on substitua au nom de Pierre Magne celui de la République !

(1) Manuscrit aux archives départementales, déjà cité.

flll

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

4626

63

Antoine Bascharetie, seigneur dePEYRELADE(l), conseil­
ler du roi.
Le lendemain de l’élection, les consuls se rendirent chez
M. le Maire avec leurs prédécesseurs, messieurs du présidial et
quantité de notables, d’où ils furent entendre la messe devant
l’autel de Saint-Front, et de là à la procession qui se faisait
alors au cimetière des pauvres, au-delà du pont, et qui ne se
fait aujourd’hui (ceci est écrit vers 1690) qu’autour de la croix
de la place du Greffe où était jadis le cimetière des gras (2)
(1) Fief commune de Coulounieix.

(2) La place du Gras (ou des Gras), c’est-à-dire des degrés, en latin de Gradibus,—sa position nécessitait en effet des degrés pour y arriver — devint par
altération de langage la place du Greffe. La municipalité de 1832, par une
délibération en date du 8 décembre, l’a appelée place Daumesnil, mais, bien
que ce nom soit sympathique dans notre ville — et l'élévation, b grands
frais, sur la partie du boulevard entre les rues Eguillerie et des Chaînes, de
la statue de notre brave compatriote, en est une preuve (') — les instincts
populaires n’ont pas tenu compte de ce changement, pas plus qu’ils n’ont
ratifié cette autre délibération municipale qui, en 1836, substitua au vieux
nom de la Clautre celui de Marcillac. Les anciennes dénominations subsis­
tent toujours et l’on dira longtemps encore place du Greffe, place de la
Clautre.
(*) L’éclat, la pompe et la munificence déployés dans les fêtes d’inaugu­
ration qui viennent d’avoir lieu les 28 et 29 septembre 1873, témoignent
assez éloquemment que, si notre vieille cité honore ainsi le courage et le
dévouement, c’est que le sentiment patriotique est toujours vivace dans le
cœur péri gourdin.
On a lieu de s’étonner de ne pas voir figurer sur l'une des quatre faces
du piédestal les armoiries que Napoléon Ier, en conférant à Daumesnil le
titre de baron de l'empire, lui donna en 1809, en même temps qu'il le
nomma major dans les chasseurs do sa garde pour y tenir rang de colonel.
L’absence de ces armoiries, dont chaque pièce de l'écu rappelle des épi­
sodes de la vie du vaillant soldat qui, plus tard, à trois époques mémora­
bles, ajouta à ses titres celui de héros de Vincennes, est en effet inexpli­
cable.
Mais nous apprenons que la ville de Périgueux est dans l'intention de
réparer cette omission, involontaire, dit-on, et de faire, pour Daumesnil,
ce qui a été fait pour Fénelon, Montaigne et Bugeaud. Bientôt nous verrons
donc une nouvelle plaque avec le glorieux blason de notre compatriote,
remplacer une de celles où sont inscrites les dates de 1814 et de 1815. A ces
dates gravées sur une seule plaque, on pour ait également réunir celle de
1830, pour rappeler l’époque où les ministres de Charles X, confiés à la
garde du général Daumesnil, commandant dufort deVincennes, furentcou-

64

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

puis ils se rendirent à la maison de ville où, selon la coutume,
ils prêtèrent le serment de fidélité pour la confirmation des pri­
vilèges et sûreté de la ville et pour l’observation des statuts.
(Histoire de Joseph Chevalier). »
Les portraits des maire et consuls de 1626 étaient dans la
salle de la Maison de ville. (1)
1627-1628

Jean du Chesne, sieur de La Rivière et du Breuil , lieu­
tenant particulier.

1629-1630

1631-1632

Noble Pierre Jay, écuyer, seigneur deBEAUFORT. (2)
Noble Henri de Champagnac, seigneur du Mas, lieute­
nant particulier. (3)
Il fit rebâtir la partie des murailles écroulées de la ville. Son
successeur acheva son œuvre. (Histoire de Joseph Chevalier de
Cablanc.)
rageusement défendus par lui contre une populace ameutée demandant
leurs têtes à grands cris ; là, en face de l’émeute, il fut encore, comme
devant l’étranger, le héros du devoir.

Voici ces armoiries telles que nous les trouvons blasonnées dans plu­
sieurs armoriaux :
Armes : Coupé, le ler, parti, de sinople, au cor de chasse d'or, et de
gueules au signe de baron tiré de l'armée ; le 2», d'azur au trophée de
sept drapeaux et deux fusils avec baïonnettes d'argent, soutenu de deux
tubes de canon de même.
Timbre : Toque de velours noir, retroussée de contre-vair, avec porteaigrette d'argent surmontée de trois plumes de même et accompagnée
de lambrequins également d'argent.
L’écu se voit quelquefois entouré d'un ruban rouge auquel sont suspen­
dues les croix des ordres de la Légion-d’Honneur et de St-Louis. Cette der­
nière décoration donnée en 1811 au général Daumesnil, avec le comman­
dement de la place de Condé, par le roi Louis XVIII.

(1) Manuscrit aux archives départementales, déjà cité.

(2) Commune de Coulounieix, fief relevant de la seigneurie de Périgueux.

(3) Un Jean de Champagnac, écuyer seigneur du Mas, conseiller du roi,
lieutenant assesseur au siège présidial de Périgueux et maître des requêtes
ordinaire en la maison de Navarre et ancien domaine de la reine Marguerite,
est l’auteur de la Physique française, ouvrage imprimé à Bordeaux en 1393
et réimprimé à Paris en 1607 sous le titre : Sommaire des quatre parties de
la philosophie, logique, éthique, physique et métaphysique. Il est égale­
ment l’auteur d’un Traité sur l’immortalité de l’âme, imprimé en 1595

65

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

3-1635

Noble Jean de Jay, écuyer, seigneur de Saint-Germain,
d’Ataux, — c’est sous ce nom qu’il est le plus souvent dési­
gné—de Ferrières et de Leymonie, lieutenant particulier, civil
et criminel. (1)
Ce maire achève avec le concours de Jean de Chalup, pre­
mier consul en 1633, l’inventaire des papiers de la maison de
ville que son père, Bernard de Jay*- avait commencé.
Le 31 octobre 1635, un arrêt rendu par le conseil du roi
Louis XIII ordonne que les maire et consuls ne resteront plus
qu’un an en charge, que le Maire sera pris indifféremment dans
un des quartiers de la ville, et les consuls, au nombre de 6, un
dans chaque quartier.
Henri de Bourdeille, seigneur, comte et baron dudit lieu,
marquis d’Archiac, comte de Montrésor, baron de Brantôme,
de La Tourblanche et autres places, conseiller du roi en ses
conseils, capitaine de 50 hommes d’armes, gouverneur et séné­
chal de la province, commis pour la nomination, y procéda le
29 novembre, mais sans tirer à conséquence pour l’avenir, les
élections appartenant de droit à la ville.

1635

Hélie Alexandre, seigneur de Fonpitou (2), avocat.
(1) A l'article qui accompagne le nom de Jean de Morillon, maire de
1599 à 1600, nous avons dit que l’Histoire sommaire de Périgueux, en 3
volumes, dont le 3° a été légué à la Bibliothèque par M. Léon Lapeyre,
était l’œuvre manuscrite de Joseph Chevalier de Cablanc de Saint-Mayme,
et en note nous avons pleinement justifié notre assertion par la mention
de cette histoire dans la Biographie historique de la France du P. Le Long,
et par la lettre de Pierre-Joseph, son petit-fils, au prince de Chalais. Cons­
tatons également que dans cette même lettre il est parlé d’une autre histoire
du Périgord, dont M. d’Ataux, qui n’est autre que Jean de Jay, seigneur
d’Ataux, qui nous occupe ici, serait l’auteur. Voici, en effet, à ce sujet, ce
que contient la lettre de Pierre-Joseph Chevalier de Cablanc au prince de
Chalais : « J’ai recueilli une histoire manuscrite, composée en 1633, par le
sieur d’Ataux, lieutenant particulier, homme de considération, lors maire de
la ville ; » — et, d’après M. de Saint-Allais, dans son récit historique des
comtes du Périgord, le manuscrit du sieur d’Ataux serait à la Bibliothèque
nationale.
(2) Ancien repaire noble, commune de Saint-Martial-de-Viveyrols.

5

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

66

« Son administration, est-il dit dans l’histoire de Joseph Che­
valier, fut toute tranquille, parce qu’il s’était rendu agréable au
peuple. Son successeur ne jouit pas de la même faveur, bien
qu’il fût très-honnête homme. »

1636

Jacques André, écuyer, seigneur de Vaulx, conseiller
du roi.

Le 2 avril 1636, un arrêté municipal déclara que les bourgeois
qui resteraient à la campagne au-delà du tiers de l’année se­
raient déchus des privilèges que leur conféraient leurs lettres
de Bourgeoisie.

■1637

François Tourtel, seigneur de Ciiastenet, conseiller du
roi.

Arrêt du conseil d’Etat du roi qui maintient tous les citoyens
de Périgueux dans l’exemption des tailles et reconnaît que cette
prérogative est inhérente à la noblesse du fief dont ils sont pos­
sesseurs. (1)
1638

Noble Bertrand de Chillaud, écuyer, seigneur de la Jar­
the et de la Chapelle-Gonaguet.

1639

Pierre Alexandre, seigneur de Fonpitou, conseiller.
Nous avons dit dans le courant de ce travail que les bour­
geois de Périgueux avaient le privilège de tenir fiel sans en
payer aucune finance ; qu’en leur qualité de nobles et de vas­
saux de la couronne, ils étaient exempts du droit de francs-fiefs
(droit qui se percevait sur les roturiers, possesseurs de biens
nobles) et nous avons ajouté également qu’ils avaient aussi le pri­
vilège de l’exemption du ban et de l’arrière-ban ; à l’occasion
de cette convocation, qui fut faite par le roi Louis XIII, en
1639, le syndic de la Communauté demande au conseil de ville
d’assigner les gentilshommes de Périgueux, afin de faire con­
naître ceux d’entre eux qui voudraient jouir de ladite exemp-

(1) Mémoire sur la constitution de la ville, etc., déjà cité.

«

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

67

tion. D’après l’arrêté municipal pris à cet effet, on voit que ces
derniers étaient tenus de venir signer, sur le livre de la Commu­
nauté, un engagement par lequel ils s’obligeaient à remplir et
supporter toutes les charges auxquelles les habitants de Péri­
gueux étaient assujettis.
Parmi ceux qui furent appelés à signer, nous relevons sur
le Livre vert de l’Hôtel-de-Ville, pages ISS et suivantes, les
noms qui suivent :

Jean de Benoît, écuyer, seigneur de Manou (de Laubresset) ;
Eléonard et Louis d’Aix, frères, écuyers, seigneurs de Meymy
et de la Feuillade ;
Hélie de Valbrune, écuyer, seigneur de la Garde ;
Dame Charlotte de la Porte ; dame du Puy-Saint-Astier,
Beaulieu, la Bolphie, etc. ;
Jean de la Borie, seigneur de la Pinerie; Philippe de la
Borie, écuyer, seigneur de la Bampinsolle, frères;
Jacques de Chalup, écuyer, seigneur de Fareyrou ;
Pierre Captal-de-St-Martin, écuyer, seigneur dePouzelande ;
Poncet du Theil, écuyer, seigneur de la Jarrige et de Siourat ;
Pierre de Trieard, écuyer, seigneur de Bosredon ; N. de
Trieard, écuyer, seigneur de Rognac ;
Fronton de Leymarie, écuyer, seigneur de La Roche ;
Pierre Chancel, seigneur du Claux ;
Francis Chancel, seigneur de Boulazac ;
Reyne du Puy, écuyer, seigneur de la Forest ;
François Arnaut, écuyer, seigneur de Veyrinas ;
Alain Arnault, écuyer, seigneur de La Borie-Fricard, Fran­
çois Arnault, seigneur de Barnabé, père et fils ;
Jean de la Porte, écuyer, seigneur de Puyferat et de Chau­
mont ;

Forton de Saint-Astier, écuyer, seigneur du Lieu-Dieu ;
Dame Marguerite de Macanan, dame de Sallegourde, Vignolles et autres places, et messire Gabriel de Raymond,
écuyer, seigneur desdits lieux, son mari ;

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

68

Geoffroy Saunier, écuyer, seigneurie la Filolie.

1640

Pierre de Thinon et non de Thenon, ainsi qu’il est dit
dans le Périgord illustré, lieutenant-général, juge-mage.

■1641

Jean-Baptiste Chancel, seigneur de la VeyssoNie,
conseiller.

En cette année il y eut disette de vivres (1).
1642

Martial de Jehan, écuyer, seigneur de la Barde (2),
conseiller du roi.

1643

Jacques de Gravier, seigneur de Puy-GraNd, conseiller.
En septembre 1643, lettres confirmatives des droits, privi­
lèges, franchises, libertés, etc., reconnus sous les règnes pré­
cédents. (3)

1644

Pierre du Reclus, conseiller du roi au présidial de Péri­
gueux (4).

Lors des troubles qui agitèrent le Périgord durant la mi­
norité de Louis XIV, Pierre du Reclus (voir la généalogie de
la famille par Lainé) donna les preuves les plus marquées de
zèle et de fidélité au jeune monarque, en s’efforçant de mainte­
nir dans leur devoir ceux que la crainte des menaces ou la sé­
duction des promesses faisait balancer. Sa conduite courageuse
et sa contenance inébranlable le forcèrent d'abandonner sa
famille et de se réfugier à Nontron lorsque Périgueux fut livré
au parti de la Fronde. Sa maison fut pillée, sa femme et ses
(1) Carton L. Lapeyre, coté X.

(2) De la Barde-de-Verginas, commune d’Agonac, ancien repaire noble.

(5) Mémoire général pour les nobles bourgeois de Périgueux, seigneurs,
comtes et barons, vassaux immédiats de la couronne, contre le fermier des
domaines et droits de francs-fiefs, page 20.
(4) C’est le 5e aïeul de René-Amédée du Reclus, baron de Gageac, au­
teur d’une charmante épître en vers, qu’il adressa en 1830, à la Société
d’Agriculture, Sciences et Arts de la Dordogne, dont il avait été nommé
membre correspondant.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

69

enfants retenus prisonniers par Chanlost, commandant poul­
ies rebelles; lequel fut tué dans le combat mémorable qui eut
lieu entre les Royalistes de Périgueux et les Frondeurs, le 26
septembre 1653.
1645-1646

Léonard de Montozon, conseiller et avocat du roi.
a Le 25 août 1645, les maire et consuls allèrent avec leur
chaperon en l’église des Dames de la Visitation à la Cité, et
M. le maire y reçut un cierge de cire blanche par les mains de
la supérieure dudit couvent, pour l’hommage (1) dû à la com­
munauté , à raison de la permission accordée aux dites reli­
gieuses de renfermer dans l’enceinte de leur monastère les grot­
tes et amphithéâtre (2) qui appartenaient à la ville, conformé­
ment à l’arrêté du conseil et au contrat passé entre le syndic de
la communauté et lesdites religieuses. » (3)

1646-1647

Jean du Chesne, avocat du roi.
Il n’exerça pas longtemps la charge de maire, car on voit
dans le 3rae volume de l'histoire de Périgueux de Joseph Che­
valier, seigneur de Cablanc, dont il est parlé plus avant, et dans
le manuscrit conservé aux archives déjà cité, que le 11 février
1647 fut élu à sa place :

1647

Jean Girard de Langlade, écuyer, seigneur de la
Vayssé, conseiller du roi.

1648

. Nicolas d’Alesme, lieutenant-criminel.

1649

Noble François Champagnac, écuyer, seigneur de
Puyiiardy, nommé en conséquence d’une ordonnance de M. d’Epernon (4).
Il fut déclaré noble lui et toute sa postérité par lettres pâ­
li) Cet hommage se rendait tous les ans h la date ci-dessus.

(2) Vulgairement appelé Cacarotaz.
(5) Livre Vert, fol. 191, verso.

(4) Il était frère du président Champagnac.

70

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

tentes du roi Louis XIV, enregistrées au sénéchalat, à la cour
des Aides et au greffe du Consulat, le 15 niai 1655.
Le régiment de Picardie, fort de 30 compagnies, était en
cette année dans la ville, ce qui occasionnait une grosse dépense
à la Communauté. Jean-Baptiste d’Artensec, avocat, premier
consul, fut député auprès du duc d’Epernon, qui était alors à
Agen, pour lui en demander le délogement, ce qu’il obtint.
Mais avant de connaître la décision et avant le retour de ce dé­
puté, il y eut une vive opposition de la part du commandant
dudit régiment, opposition dont les conséquences menaçaient
d’être bien fâcheuses si Mgr de Brandon, évêque de
Périgueux, n’avait, par un acte généreux que l’on ne connut
que longtemps après, donné satisfaction aux exigences des
officiers en même temps qu’aux intérêts de la ville. (Hist. de
Chevalier de Cablanc.)
Le Livre vert, do l’hôtel-de-ville, foüo 203, verso, nous
apprend que le 5 mai 1655 ledit d’Artensec, homme savant et
d’une probité connue, fut anobli ainsi que sa postérité pour
avoir souffert la question pour le service du roi et de la
patrie.
1650-1653

Pierre Boudon, écuyer, seigneur de Fougeras, conseiller
(!)•
Par ordonnance du duc de Candale (2), il fut destitué ainsi
que les consuls, et le même M. de Candale, par ordre du roi,
nomma pour le reste de l’année, et pour la suivante, mais sans
déroger aux prérogatives de la ville :

1653- 1654

François de Simon, écuyer, seigneur de Chatillon, con­
seiller du roi en ses conseils d’Etat et privé et 1er président.

1654- 1656

Messirc Joseph de Bodin, chevalier, seigneur de la Rou­
(1) Dans une délibération de la noblesse delà
imprimée en 1651, parmi les 50 signataires se trouv
maire Pierre Boudon.
(2) En date du 29 septembre 1655.

vince du Périgord,
u n° 6, le nom du

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

71

ses conseils d’Etat et privé et son
procureur au présidial, sénéchal et maréchaussée.
C’est un de ceux qui contribuèrent le plus à délivrer la ville
de Périgueux du parti de la Fronde. Il est dit dans les registres
de l’Hôtel-de-Ville de cette époque, que le 16 septembre 1653,
les citoyens, commandés par les maire et consuls et par l’un de
leurs concitoyens — c'était Joseph de Bodin — attaquèrent,
seuls (1), trois régiments d’infanterie de Condé, de Montmo­
rency et des Irlandais, soutenus d’une compagnie de dragons
et d’un régiment de cavalerie, et les forcèrent à capituler et à
mettre bas les armes. Le marquis de Chanlost, qui comman­
dait ces troupes au nom du prince de Condé, fut tué dans
l’affaire, au moment où l’épée à la main il entrait suivi des siens
dans le long courroir (couloir) de la maison dudit Bo­
din (2).
En reconnaissance de cette heureuse délivrance — « ce qui
n’est pas, est-il dit dans les registres de la ville, l’ouvrage des
hommes, mais bien celui de Dieu, par l’intercession de la bien­
heureuse vierge Marie, » — Joseph de Bodin fit bâtir une cha­
pelle, dédiée à Notre-Dame-des-Vertus, à six kilomètres environ
de Périgueux, où une procession avait lieu tous les ans. Ce pè­
lerinage a été repris depuis quelques années par Mgr NicolasJoseph Dabert, évêque de Périgueux et de Sarlat.
Joseph de Bodin fut nommé du consentement général maire
et Louis XIV lui accorda des lettres d’anoblissement (3).
detie, conseiller du roi en

(1) C’est-à-dire avec tes propres forces de la ville et sans le secours des
troupes royales.
(2) Cette maison existe encore rue du Plantier, et porte aujourd’hui le
n° ai, MMmcs Chalaud, institutrices, en ont fait l’acquisition il y a quelques
années et y tiennent une pension d’éducation de jeunes filles.

(3) En 1870, l’administration municipale de Périgueux a baptisé une de
nos rues du nom de ce vaillant patriote périgourdin, qui n’a rien de commun

avec le Baudin des barricades de Paris, ainsi que quelques personnes igno­
rantes de notre histoire locale avaient semblé le croire.
Nos mémoires Périgourdins nous apprennent que le père de Joseph de

72

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

1657

1658-1659

Jean Charon, écuyer, seigneur de Saint-Sénat (1), con­
seiller du roi et garde-des-sceaux au siège présidial de Péri­
gueux.
François-Alexandre de Fonpitou, écuyer, seigneur
de la Rolandie, avocat.
Sur sa requête, en date du 24 mai 1659, des lettres confir­
matives des privilèges de la ville furent données par Louis XIV
et enregistrées au greffe de la cour des Aides de Bordeaux, le
26 du même mois (2).

1660

Jean de Chillaud des Fieux, écuyer, seigneur de la
Jartiie, de la Chapelle-Gonaguet, etc.

1661

1662

Jean de Chillaud, écuyer, seigneur de Fonlosse.

Pierre Moras, écuyer, seigneur de la Riciiardie, conseiller
élu.

1663

Nicolas d’Alesme, écuyer, conseiller du roi, juge crimi­
nel.

1664-1665

1666

François de Montozon, seigneur des Rocs, conseiller.
Jean de Salleton remplit les fonctions de maire comme
assesseur.

Le 20 avril 1666, il signe comme maire, avec le syndic et le
greffier, la copie d’un testament, en date du 15 avril 1544 , de
Jean Chevalier, écuyer, seigneur de Puygombert. A cette copie,
déclarée conforme à l'original trouvé dans les archives de MiBodin de la Roudetie, connu par sa valeur, avait eu l’honneur d’être choisi
pour commander au siège de Bergerac, sous les ordres du marquis de Bourdeille, lieutenant-général, deux cents volontaires de la ville de Périgueux et
que son aïeul s’était également signalé à la reprise de Périgueux sur les pro­
testants.
(1) Saint-Sénat (Sencenat) et Puy-de-Fourchcs, commune et canton de
Brantôme, ancien repaire noble, avec justice sur Sencenat, 1760 {Dict.
topogr., par le vicomte de Gourgues).

(2) Recueil sommaire des titres de la ville, imprimé en 1770, page 149 .

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

73

chaelis, est apposé le sceau en cire rouge des armes de la ville:
deux tours couvertes, liées par un entre-mur crénelé, avec
porte à la herse abaissée, et, entre les deux tours, en chef,
la fleur de lys.

4666

Théophile du Cheyron, écuyer, seigneur dudit lieu et de
la Lourarie, conseiller.

1667-1668

Pierre de Froidefond, écuyer, seigneur des Farges et du
Ciiatenet (1). — Ancien repaire noble, commune de Montrem.

Cest d’après l’hommage rendu à Louis XIV, le 12 novem(1) Un procès-verbal du 27 juillet 1668, signé : de Froidefond, maire ; du
Cluzel, premier consul; Langlade de Lavignac ; Fayolles; Gerauld; Cha­
minade ; Charles, consuls ; Brugière, syndic ; et Chaminade, sous-syndic ;
Aslerie, greffier , nous apprend que les bourgeois et principaux habitants
du quartier de la rue Neuve, à Périgueux, demandèrent aux maire et con­
suls, le 22 avril 1664, qu’il leur fût permis de faire ouvrir et démurer la
porte de VAubergerie pour la plus grande commodité des habitants. L’au­
torisation fut ajournée, à raison, dit le procès-verbal, de la crainte d’une
nouvelle guerre. — Cette crainte ayant disparu, il est fait droit h leur de­
mande le 27 juillet 1668, mais à la condition que les habitants dudit quar­
tier feront travailler à leurs dépens, suivant leurs offres, tant à démurer la
porte qu’à faire construire un pont pour traverser au-dehors jusqu’au delà
des fossés de la ville; et, la porte faite, d’en remettre la clef aux maire et
consuls, lesquels y pourvoieront d’un portier, ainsi qu’aux autres portes de
la ville, et à la charge aussi par les habitants dudit quartier d’y faire garde
quand il leur sera ordonné et en ce qu’il ne soit rien touché à l’autel de la
chapelle de St-Boch qui est au-dessus de ladite porte, laquelle sera murée
de nouveau quand il sera jugé à propos pour la défense et sûreté de la ville.

Par un arrêté imprimé, en date du 21 janvier 1668, signé également des
mêmes maire et consuls, sauf Fayolle, dont le nom est remplacé par celui
de Cremoux, consul, il fut défendu aux marchands de la ville d'ouvrir leurs
boutiques les jours de fêtes et dimanches et de dresser aucun banc sur les
places publiques pour y étaler et vendre des marchandises. Il fut ordonné
par le même arrêté que les marchés qui tomberaient lesdits jours de
fêtes annuelles et solennelles seraient transférés aux jours suivants non dé­
fendus.
A l’occasion de cette mesure, Mgr le Boux, évêque de Périgueux, adressa
une lettre de félicitations au maire et lui demanda en même temps d'ordon­
ner que le poisson se vendit dans la banlieue lesdits dimanches et fêtes du
Carême.

74

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

bre de l'année 1667, que fut fourni l'aveu et dénombrement
des fiefs de la seigneurie de Périgueux, présenté en 1679 et
jugé le 18 août 1681. — Dans cet aveu et dénombrement, où
sont énoncés tous les droits inhérents à la noblesse de ladite
seigneurie, les maire et consuls y prennent la qualification de
comtes de la ville, cité et banlieue de Périgueux. (Voir le Livre
vert de l’Hôtel-de-Ville et le Recueil des titres, page S84.)
+ 1668

Léonard de Montozon, seigneur de la Chabannes, pre­
mier avocat du roi.

1669

Jean de Chillaud, écuyer, seigneur de Fonlosse (1).

1670

Nicolas de Montagut, écuyer, seigneur de la Sigueme,
conseiller.

1671

Bernard de Jay, écuyer, seigneur de Ferrières, lieutenant-civil et particulier.

1672

Léonard de Montozon, seigneur de la Chabannes , avo­
cat du roi.

1673-1674

Antoine de Chillaud, écuyer, seigneur de la Lapide des
Fieux (2).

Par ordonnance de M. de Sere, intendant de Guienne, il fut

(1) Ce fut en cette année 1669, que l’église de St-Front, qui était collé­
giale, devint cathédrale. L’église cathédrale, antérieurement à la Cité, fut
détruite par les protestants, qui, ainsi que nous l’avons dit plus haut, s’é­
taient emparés de la ville en 1575 et en étaient restés maîtres jusqu’en 1581.

Pendant ces six ans d’occupation, les officiers du Présidial avaient été con­
traints d’aller rendre la justice à St-Astier. {Recueil sommaire des litres,
page 106.)
(2) Autour de la cloche que renfermait l’hôtel-de-ville, ou le consulat,
démoli en 1829 — le Périgord illustré, imprimé en 1851, dit : elle est
aujourd’hui dans le clocher de Saint-Front, — se lisait cette inscription :
En 1369, j’ai été fondre, Antoine de Chilhavt, csc°r, sr de Pronsavlt,
estant lors maire; et la présente année 1675, av nom de la très-sainte
Trinité Père, Fils et Saint-Esprit, j’ai été restaurée et avmantée, estant
en charge Messieurs : Messire Antoine de Chilhavt, chevalier, seig1 de la

Lande, des Fieux, maire; Annetde Monthozon, etc., etc.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

73

réglé : « Que ceux qui prétendaient être Bourgeois de la ville
et banlieue de Périgueux, et en conséquence, jouir des privi­
lèges de ladite ville, tant sur le fait des tailles que sur celui des
francs fiefs et nouveaux acquêts, seraient tenus dans la hui­
taine de présenter devant le subdélégué à Périgueux, leurs pré­
tendues lettres de bourgeoisie et les preuves de leur habitation
actuelle dans ladite ville et banlieue, faute de quoi, déchus des
dits privilèges, etc. »
On sait, et nous l’avons dit plus haut, qu’on n’obtenait du corps
de ville des lettres de bourgeoisie qu’après avoir rempli cer­
taines conditions et supporté certaines charges, et qu’elles
n’avaient d’effet, pour les immunités attachées à l’état et qualité
de bourgeois, qu’après dix ans révolus d'habitation et d’ac­
quittement des charges dont les bourgeois étaient tenus. (1)
1675

Philibert d’Ayst de Meymy, écuyer, seigneur de la
Feuillade (2) et autres places.

1676

François de Simon, écuyer, seigneur de Giiatillon, pre­
mier président.

1677-1678

Odet le Long, écuyer, seigneur de la Meyfrenie, con­
seiller.

1679-1680

Joseph Chevalier, écuyer, seigneur de Cablanc , SaintMaYME (3), PUYMARTEAU, etc.
C’est le 2 septembre 1679 que fut fourni, d’après l’hommage
rendu au roi Louis XIV en 1667, ainsi que nous l’avons
dit plus haut, pages 73 et 74 , l'aveu et dénombrement des
fiefs nobles et arrière-fiefs composant la seigneurie de Péri(1) Mémoire pour les nobles
page 4.

habitants

de

Périgueux,

déjà cité,

(2) Ancien repaire noble, commune de Coursac.

(3) Saint-Mayme-de-Pereyrol, commune et canton de Vern, ancien re­
paire noble, avec justice sur la paroisse. [Dictionnaire topographique, par
le vicomte de Gourgues.)

76

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

gueux. Dans cet acte, où l’on voit l’énumcration des différents
droits et objets qui formaient ladite seigneurie (1), les maire et
consuls se qualifient, seigneurs, comtes de la ville et de la
cité; ils déclarent, en leur nom et au nom de la communauté,
que de toute ancienneté, ils sont vassaux hommagers et feu­
dataires du roi; qu’ils ont pouvoir d’acquérir, garder et
retenir fiefs et arrière-fiefs de la couronne et autres seigneuries
sans en payer aucune finance; qu’ils sont exempts de toute
sorte d’impositions et autres subsides pour quelque occasion
que ce soit, etc., etc.
Cet aveu et dénombrement — iceluy déclaré duement fait
et vérifié — fut produit devant le commissaire délégué à cet
effet et reçu par les présidents, trésoriers de France, juges du
domaine du roi, etc., qui en ordonnèrent l’enregistrement et la
remise aux archives du roi, le 18 août 1681 (2).
1681-1682

,

x

n

Pierre du Cluzel, ecuyer, seigneur de la Benechie,
avocat.
(1) Dans le Livre Rouge de l’Hôtel-de-Ville se trouvent plusieurs fiefs
nobles et arrière-fiefs mouvants et. relevant a foi et hommage de la sei­
gneurie de Périgueux, et plusieurs noms de vassaux hommagers dont il
n’est fait mention ni dans l’énumération qu’en donne le Mémoire sur la
constitution de la ville et cité de Périgueux, page xj, ni dans le Recueil
des titres, pages 580 et suivantes.

Nous y relevons entre autres ceux qui suivent :
Pierre Baudry, écuyer, seigneur de Balzac, lieutenant de cavalerie dans
la compagnie de Monplaisir, régiment de Roquelaure, pour le fief et
biens nobles de Balzac, commune de Coulounieix, 13 février 1681 ;

Messire Philibert Duchesne, chevalier, seigneur, vicomte de Montréal,
le Breuilh, Montaut et autres places, conseiller du roi en ses conseils,
lieutenant général et juge mage en Périgord, pour le repaire noble du
Petit-Change, paroisse de Saint-Georges, près Périgueux, 31 décembre
1687;
Et messire Léon de Saint-Astier, écuyer, seigneur du Lieu-Dieu, pour son
château dudit Lieu-Dieu et ses appcndances et dépendances, paroisse
de Boulazac, môme date qu’au précédent article.

(2) Recueil des titres,

i h 598.

MAIRES DE, PÉRIGUEUX.

77

Nous trouvons écrit dans le Livre Vert de l’Hôtel-de-Ville
du 4 juin 1680 que :
« Le Centenaire de la remise de la ville par les Huguenots
tombant précisément cette année le 26 juillet jour de SainteAnne, il a été jugé à propos par les maire et consuls à l’Hôtelde-Ville, que des réjouissances publiques auraient lieu et qu’il
serait fait des processions et des prières publiques en actions
de grâces des marques visibles de la protection de cette sainte,
auxquelles seraient priés d’assister tous les corps de ville tant
régulier que séculier; que les habitants se mettraient sous
les armes, qu'on donnerait pour 100 livres de prix aux
élèves, etc. »
-+-1683

Jean de Chillaud, écuyer, seigneur de Foïilosse et de
Pronsseau.
Le 13 février 1687, il rendit hommage pour les fiefs et repaire
de Fonlosse et de Pronsseau mouvants et relevant à foi et hom­
mage de la ville. La redevance consistait en une paire de gants
blancs de la valeur de 10 sous.: (Livre rouge, folio 11, recto.)

+ 1684

Joseph de Cremoux, écuyer, seigneur de Borie-Petit.
A la date ci-dessus, il rendit hommage à la ville pour son
fief de Borie-Petit, ancien repaire noble, commune de Champcevinel, relevant de la ville de Périgueux. Sa redevance était une
croix d’or de 10 sous. (Idem.)

+ 1685

Annet de Montozon, écuyer, seigneur de la Vallade,
conseiller élu.

1686-1688

Jean de Champagnac, écuyer, seigneur du Mas.
Il fut continué à cause de son mérite extraordinaire, est-il
dit page 22 du Livre Rouge.

1689

Pierre de Jay, écuyer, seigneur de Beaufort et de
Marvy.
N’ayant pu accepter pour cause de maladie, le conseil ordi­
naire de la communauté arrêta que les ex-maires seraient

78

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

convoqués pour procéder avec les trente prud’hommes à
la nomination du nouveau maire (1) et le 16 novembre 1689
fut élu :
+ 1689

Messire Joseph Chevalier, écuyer, seigneur de Cablanc,
Saint-Mayjie, Puymarteau, etc.

La ville offre au roi une somme de 15,000 fr., pour l’orga­
nisation du régiment de Périgueux.
Pour la levée de ce régiment d’infanterie, composé de 10 com­
pagnies, la ville porta au rôle de capitation (2) tous les habitants,
le mode de souscription d'abord employé ayant été insuffisant.
Ce régiment reçut l’ordre d’aller en Flandre lors de la guerre
des Pays-Bas. (Papier Joseph Chevaüer de Cablanc, etc.)
1690-1691
1692

Pierre de Jehan, écuyer seigneur de Preissac, conseiller
du roi et son vice-sénéchal provincial (3).

Jean-Baptiste du Chesne comte de Montréal (4),
nommé par le roi maire perpétuel.
Par un édit du mois d'août 1692," Louis XIV accordait aux

maires perpétuels, en qualité de députés nés des commu­
nautés, entrée et séance aux assemblées des provinces et pays
d’Etat,
Le 26 janvier 1701, le maire et les consuls acceptèrent la
donation faite à la ville, par Mgr Daniel de Francheville,
(t) Livre Rouge,

fol. 40 à 44.

(2) La Capitation, taxe imposée par tête, distincte de la taille.
(3) En 1691 le roi créa la charge de Syndic perpétuel de la communauté

avec le titre ie procureur du roi. Cette charge s’achetait au prix de 6,800
livres.
La même année S. M. créa aussi la charge de Maire perpétuel ; le prix
était de 16,000 livres.

f4) Commune d’Issac, ancien repaire noble et châtellenie, composé de
la paroisse d’Eglise-Neuve d’Eyraud. La justice de Montréal s’étendait sur
Issac, Eglise-Neuve, Saint-Jean-d’Eyraud et La Veyssière. {Dictionnaire
topographique du département de la Dordogne, par M, le vicomte de Gour­
gues.)

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

+ 1702

+ 1703

1719

79

évêque de Périgueux , d’un pré et jardin acquis par lui au lieu
appelé Entre les deux villes (1) et en firent, conformément à
son désir formellement spécifié dans l’acte, une promenade
publique (2) — à laquelle on a donné depuis le nom de place
Francheville ; — cette dénomination n’est 'que l’expression
d’un sentiment de reconnaissance envers son généreux dona­
teur, surnommé par ses diocésains le père des pauvres ; elle n’a
pas d’autre origine, quoi qu’en ait dit un de nos compatriotes
un peu trop légendaire. (3)
En 1702, le roi créa la charge de lieutenant de maire perpé­
tuel, dont la finance était de 7,000 livres; il remplaçait le
maire en cas d’absence.
En fut pourvu :
Germain Faure seigneur de Gardonne, conseiller. (4)
En 1706, le roi créa la charge de maire alternatif.
En fut pourvu :
Messire Pierre de Verneuil, seigneur de la Peyre, of­
ficier du roi dans la grande fauconnerie de France.
Il exerça alternativement avec N. du Chesne de Montréal,
maire perpétuel depuis le 16 novembre 1692.
Jean de Simon, écuyer, seigneur de la Gardi'e, fils de
François, premier président et maire en 1676, permuta sa
charge avec celle de lieutenant de maire perpétuel, que
possédait Germain Faure de Gardonne. (S).
(1) Catalogue des maires, aux archives départementales.
(2) Les actes d’acquisition, de donation et d’acceptation sont trans­
crits dans le Livre rouge, page 139 et suivantes.
(3) Mgr Daniel de Francheville mourut dans son palais épiscopal, le
26 mai 1702, et fut enterré dans l’église des religieuses de la Visitation,
bâtie dans les Arènes.
(4) En 1703, les 1er et 3me consuls furent créés consuls perpétuels. La

finance était de 4,000 livres.
(3) En 1710, autre création de deux charges de 1er et 3me consuls
alternatifs.
Le 22 mai 1710, Jean Gros de Beler fut député à Paris pour les
affaires de la communauté.

80

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

Vers 1712, l’office de maire perpétuel et de maire alternatif
étant vacant par la mort des deux titulaires, MM. du Chesne
de Montréal et de Verneuil de la Peyre, Jean de Simon de
la Gardie remplissaient ces doubles fonctions.

En septembre 1714,un édit de Louis XIV supprima tous les
offices municipaux, moyennant remboursement aux titulaires.
La ville de Périgueux, pour se libérer, augmenta les droits
d’entrée sur les objets de consommation et s’obligea à payer
environ 50,000 1. aux titulaires des offices. (1)
Le 14 septembre 1717, conformément à l’édit du mois de mai
1716, il fut procédé à l’élection des maire et consuls en pré­
sence de M. de Montozon, subdélégué de l’intendant de Bor­
deaux, suivant la manière accoutumée et d’après les anciens
statuts ; fut nommé :

1717-1719

Dominique de Montozon, écuyer, seigneur de Léguilhac (2), lieutenant particulier et subdélégué (3).

Lettres-patentes du roi Louis XV du mois de mai 1718, par
lesquelles S. M. reconnaît et maintient l’état et les droits des
citoyens de Périgueux.
4-1720

4- 1721

Robert de Montozon, écuyer, seigneur de la Coutissie,
conseiller honoraire supprimé.
Bernard du Cheyron, écuyer, seigneur de la Loubarie,
conseiller du roi.

(1)

Livre Rouge de l’Hôtel-de-Ville.

(2) Léguilhac-de-Lauche, commune de Saint-Astier, ancien repaire
noble relevant du château de Saint-Astier au xiv" siècle et ayant depuis
haute justice sur la paroisse. (Diclionaire topographique du département
de la Dordogne, par le vicomte de Gourgues.)

(5) Le 17 février 1719, il se rend à la tête d’un escadron de dragons du
régiment Dauphin, à Antoniac, paroisse de Razac, pour arrêter l’auteur des
Philippiques, Lagrange-Chancel, qui parvint a s’échapper. L’ordre était
donné par M. de Courson, intendant de Guienne, et transmis par M. de
Berwick, gouverneur delà province. (Note de M. Albert Dujarric.)

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

81

Les maires et consuls, en leur qualité de seigneurs, comtes et
barons des ville, cité, faubourg, banlieue et juridiction de Péri­
gueux, avaient droit de recevoir des bourgs et paroisses les
honneurs, droits honorifiques et autres, dus à la ville et commu­
nauté ; en conséquence, ils nommaient deux membres du conseil
municipal, lesquels devaient se transporter les jours de fêtes pa­
tronales dans lesdits bourgs et paroisses pour y remplir, avec
le procureur-syndic, les fonctions de hauts justiciers attribuées
à leur dignité. Le 21 avril, ils nommèrent à cet effet MM. Des­
champs et du Ghassaing des Biards. (Suit le cérémonial, page 69,
d’un registre aux archives de l’Hôtel-de-Ville, du 27 janvier
1720 au 17 novembre 1722.)

Jean de Bertin, maître des requêtes (1).
Il acheta la charge de maire et s’y fit installer ; mais « en
exécution de l’arrêt du conseil, du 20 octobre 1721, de l’or­
donnance de M. de Boucher, intendant de Guienne à la place de
M. de Courson, en date du 17 octobre, et de sa lettre du 6
novembre, M. de Montozon étant subdélégué, il fut procédé
à l’élection des maire et consuls (2) ; fut nommé maire le 15
novembre 1722 :
+1722-1723

Jean-Louis de Froidefond, écuyer, seigneur du Ghatenet

1724-1723

1720

et de Bouix, second président.

Jean d’Alesme, écuyer, seigneur de Vige et de Linards,
conseiller du roi au siège présidial et sénéchal de Périgueux.

Dominique de Montozon, écuyer, seigneur de LéGUILIIAC , LAFONT-DE-LAUCHE ET LoNGCÏIAMP, Conseiller du l'ûi

(1) Jean de Bertin comte de Saint-Géran, maître des requêtes, acquéreur
de la seigneurie de Bourdeilles, mort en 1754. De son mariage avec Lucrèce
de Saint-Chamans, dame de Frateaux, onze enfants, parmi lesquels
Jean-Léonard, qui devint ministre, et Charles-Jean, évêque de Vannes.
(Note de M. Albert Dujarric.)

(2) Manuscrit conservé aux archives départementales, déjà cité.

82

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

et lieutenant particulier au siège présidial de Périgueux,
subdélégué de l’intendant.
■172“

Germain Faure, écuyer, seigneur de Rochefort,

le

Ciiastenet, premier président ès-siéges royaux en la sénéchaus­
sée de Périgueux.
1728

Jean-Baptiste de Saleton, écuyer, seigneur de Rudelou, conseiller du roi et

son assesseur au siège présidial et

sénéchal de la ville.

Il refusa pour cause d’infirmités ; il ne marchait qu’à l’aide
de béquilles.
1729-1732

André Tourtel, écuyer, seigneur de Gramont , conseiller
du roi au siège présidial et sénéchal de Périgueux.
Il est dit, à la date du 18 novembre 1732, dans le Livre
rouge, fol. 219, « lequel nous avons continué dans la charge
de maire, attendu les différentes affaires de la communauté déjà
commencées et dont il est parfaitement instruit et qu’il n’a pu
finir, ayant été longtemps malade, et les pressants besoins de
la communauté, à qui il a donné des soins tout particuliers,
nous y engageant. »

1733

Joseph de Martin, écuyer , seigneur de Vaure et de i.a
Chateigneuse , conseiller du roi et son avocat au sénéchal et
présidial de Périgueux.

On avait imposé la ville pour l’ustensile, c’est-à-dire les four­
nitures et subsides des troupes d’infanterie qu’elle devait loger
si lesdites troupes eussent hiverné dans l’intérieur du royaume.
« Les consuls comprirent dans le rôle de l’ustensile plusieurs
gentilshommes de la banlieue qui prétendaient jouir du privilège
de l’exemption des gens de guerre : Louis de la Marthonie de
Caussade, Chevalier de la Vernide, Meredieu d’Ambois, Sallegourde, Charon-Saint-Sénat, Des Jehan de Pressac, ChancelBarbadaud, etc.; ceux-ci refusèrent. — Ce procès durai ans. »
(Note de M. Albert Dujarric.)

83

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

En 1734, il ne fut fait aucune élection, et les mêmes maire
et consuls continuèrent jusqu’en 1736 ; mais ceux-ci ayant
désiré être remplacés, M. de Boucher, intendant de Guienne,
écrivit à M. Maignol, son subdélégué (1), que, sur sa proposi­
tion, le roi avait fait expédier la commission de maire à :
i-1737

Jean-Louis de Froidefond, écuyer, seigneur du Châtenet
et de Bouix (2), 1er président.

Par un arrêté municipal du 20 août 1736, il est dit : « Les
maire et consuls, seigneurs hauts justiciers, comtes, barons,
gouverneurs, juges civils, criminels et de police des ville,
cité, faubourg, banlieue et juridiction de Périgueux, ordonnant
que dans quinzaine ceux qui jusqu’à présent n’ont pas pris
lettres de bourgeois ou d’habitants, seront tenus de se présen­
ter pour faire leur soumission, et que ceux qui en ont pris
seront tenus de les représenter pour être vérifiées et taxées
de nouveau, s’il est jugé ainsi de l’avis des trente prud’hom­
mes; faute de quoi, les uns et les autres, ledit délai passé,
seront déchus de tout droit d’habitation et de bourgeoisie et
de tous privilèges, et tenus de vider la présente ville et banlieue,
comme aussi font inhibition et défense à toute sorte de personnes
de venir y habiter sans leur permission,... etc. »
Cet arrêté, qui n’est que la reproduction de l'ordonnance en
date du 31 janvier 1716, rendue par les maire et consuls alors
en exercice, pièce imprimée, est ainsi signé : de Froidefond,
maire; Moulinard, 1er consul; Saunier, 2° consul; Fournier de la
Charmie, consul électif; Moras, consul électif; Rouffiat, consul
électif; Eymard, consul électif; et Montamas, consul de la Cité.
-1739

Etienne-Joseph de Maignol, seigneur de Percasset,
commune de Villamblard, conseiller du roi au siège présidial
(1) Sa lettre est du S mai 1736.

(2) L’auteur du Périgord illustré inscrit ainsi ce maire ; Déduis, nommé
par commission. Il n’est pas facile de deviner dans Debuis de Froidefond
de Bouix.

t

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

84

et sénéchal de Périgueux, et subdélégué, nommé suivant
les formes ordinaires (1).
Lesmaireet consul seigneurs hauts justiciers, comte et barons,
gouverneurs juges civils, criminels et de police des ville, cité
et faubourgs, banlieue et juridiction de Périgueux, font défense
à tous marchands et autres tenant boutique, de donner du vin à
qui que ce soit pendant la nuit de Noël, et d’ouvrir leur bouti­
que pendant toute la journée, sous peine de 10 fr. d’amende,
24 décembre 1739. (Livre des arrêts de la Jurade de 1739.)
4740-1741

Léonard de Montozon, écuyer, seigneur de la Borde,
lieutenant particulier, civil et criminel, au sénéchal et présidial.

En 1740, par suite d’une mauvaise récolte, il y eut grande
disette à Périgueux et dans les provinces voisines.
À cette occasion, Mgr de Macheco de Prémeaux, MM. les
maire et consuls et tous les corps de la ville, religieux et
laïques, se réunirent à l’évêché afin d’aviser aux moyens de
nourrir les pauvres de la ville et de la banlieue, de détruire' la
mendicité et d’empêcher les pauvres étrangers de venir à Péri­
gueux et d’y apporter des maladies contagieuses, suites inévi­
tables de la disette. (Livre Rouge, page 230.)
En 1742, il ne fut fait aucune élection à cause d’une nouvelle
création d’offices municipaux.
1743

Eymeric de Méredieu d’Ambois, maire perpétuel.
Il acheta cette charge, dans laquelle il fut installé le 16 août
de l’année 1743. Il l’exerça jusqu’en 1763, époque où parurent
—- en août et mai — les édits qui supprimèrent les charges de
maire, etc.
(1) Cette famille, l’une des plus anciennes delà bourgeoisie de Périgueux,
est-il dit dans le Nobiliaire de Guienne, par M. O’Gilvy, a été anoblie dans
lu personne de Jean-Baptiste de Maignol, écuyer seigneur de Mataplane, par
lettre» patentes du roi Louis XV, en date du mois d’août 1753, lesquelles
rappelent les services personnels de l’impétrant, ceux de son père Etienne,
avocat on la cour du parlement do Bordeaux, et ceux de son aïeul François
Maignol, conseiller au présidial de Périgueux.

MAIRES l)E PÉRIGUEUX.

88

Fut élu à sa place, suivant les formes ordinaires :

Jean Eydely, avocat au parlement, subdélégué de l'inten­
dant .
C’est ce même Jean Eydely, à qui 4e maire et les consuls,
le 4 septembre 1780, avaient donné procuration pour rendre
hommage au roi Louis XV, à cause du fief et justice que la,
communauté possédait, à titre de patrimonie, dans la ville
et banlieue de Périgueux. (Archives de l'Hôtel-de-ville, registre
du 3 juin 1780 à 1783.)

Jean-François Fournier, seigneur de la Charmie, lieu­
tenant particulier.

Simon Ladoire de Chamizac, lieutenant-général crimi­
nel, réélu en février 1772.
Par édit de novembre 1771, les places municipales furent ré­
tablies à titre d’office.

Pierre-Victor, comte de la Roche-Aymond, nommé
par le roi en vertu de l’édit ci-dessus (1).
La ville ayant arrêté qu’il serait envoyé un député à Paris
pour le procès de la communauté au sujet des francs-fiefs, choi­
sit le 27 février 1773 Pierre Laulanie seigneur de Sudrat pour
offrir au pied du trône les vœux de tous les citoyens, dire
et exposer tout ce qui, de fait et de droit, peut tendre à leur
conserver les droits dont ils ont joui de tous temps et ancien­
neté, comme une suite nécessaire du contrat féodal de la com­
munauté avec la couronne. (Livre des arrêts de la Jurade, ar­
chives de l’hôtel-de-ville.)

(1) Les maire et consuls de Périgueux assistèrent en habits de deuil
aux obsèques de Monseigneur Louis-Gabriel de Rongé, évêque de Périgueux,
mort le 3 avril 1775 et enterré dans la chapelle de Saint-Jean de la cathé­
drale de Périgueux.

(Registre des délibérations des maire et consuls, du 19 mars 1765 au
30 novembre 1774.)

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

Le 31 novembre 1774, les maire et consuls, au nom de l'u­
niversalité des citoyens, viennent, recevoir à la porte de Taille­
fer, et dans un pavillon construit par leurs ordres, messire Em­
manuel-Louis Grossolles de Flamarens, nommé à l’évêché de Pé­
rigueux, et lui demander de prêter le serment auquel étaient
tenus les évêques de Périgueux, avant de prendre possession
de leur siège. Ledit seigneur évêque se conforma aux anciens
usages de la ville. « En conséquence, s'étant mis à genoux sur
un carreau placé au pied d’un oratoire qui a été préparé pour
cet effet, ayant les mains sur les Saints-Évangiles et croix d'ar­
gent placée au-dessus du livre missel tenu par M. Louis du
Jarric, procureur syndic de la présente communauté, a, sous
son serment, promis et juré une fidélité inviolable à Sa Majesté,
d'être bon, loyal et fidèle à la corporation de la cité et ville de
Périgueux et à ses magistrats, de défendre et conserver, autant
qu’il lui sera possible, la constitution politique, les droits, liber­
tés, franchises et immunités, desdites ville et cité, d’empêcher de
son possible les maux et oppressions dont les citoyens pourraient
être menacés et de leur procurer tous les biens et avantages qui
dépendraient de lui. — Et, après ce serment prêté de la manière
ci-dessus, M. de La Roche-Aymond, maire, a assuré Mgr
l'Evêque de l’entière affection et services de la communauté. »
Le 25 mars 1774, arrêt du conseil du roi Louis XV qui
maintient les privilèges et franchises des citoyens.

1774-1780

+ 1780

Louis de Sanzillon, chevalier, seigneur de Mensignac, du
Lieu-Dieu, deLANciNADE, etc.
Nommé par lettres du roi du 3 novembre 1774.
Le comte d’Abzac de Ladouze, chevalier de Saint-Louis,
officier dans les mousquetaires.
Nommé par le roi, n’accepta pas.

+ 1781-1785

N. de Beaumont, maréchal des camps et armées du roi (1).
(1) Le 21 août 1781, Fournier de la Charmie fut nommé par la ville
député, pour soutenir le procès des francs-fiefs. Les bourgeois dé Péri-

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

87

Nommé par lettres du roi du 25 février 1781. Refus de la
part de la ville de les enregistrer. Ce ne fut que sur l’ordre de
Sa Majesté que la ville y consentit, lerr août 1783.
En mars delà même année 1783, eut lieu une grande inonda­
tion à Périgueux. DuPont-Vieux, on pouvait puiser de l’eau avec
la main (1).

+ 4786

N. de Mèredieu d’Ambois, nommé par lettres-patentes
du roi, datées de Versailles, 22 février 1786. Il n’accepta
pas.

-H786-1787

Sieaire-André de Migot, seigneur de Blanzac (2).
Nommé par le roi le 22 février 1788, il prêta serment le 16
mars suivant (3).

1788-1790

Alexis de Salleton de Saint-Front, chevalier de SaintLouis.

Élu en vertu de la loi du 14 décembre 1789, sur les mu­
nicipalités. Sur 539 volants, il obtint 311 suffrages.
En conséquence d'un décret de l’Assemblée nationale (4) du 21
juin 1790, qui défendait « à qui que ce soit de porter ni faire por­
ter des livrées, ni avoir des armoiries, le conseil arrêta, à la date
gueux, en leur qualité de nobles et de vassaux immédiats de la couronne,
et comme tels exempts des tailles, soutenaient n’être point assujettis ti la
taxe du droit des francs-fiefs.
(1) Éphéméride de M. E. Leymaric. (Echo de Vésone).
(2) 11 eut pour assesseur, en 1787, M. de Salleton.

(3) Ce fut le dernier maire nommé par le roi.
(4) L’ouverture des Etats généraux avait eu lieu à Versailles le S mai
1789, et le 3 juin suivant, les trois ordres réunis, le Clergé, la Noblesse et
le Tiers-Etat, se déclarèrent Assemblée nationale. Ces députés des trois or­
dres nommés dans la Dordogne étaient :

Laporte, cure de St-Martial-d’Hautefort ;
Delfaut, archiprètre de Daglan ;

(

L'abbé Phunis, prieur de St-Cyprien, nommé
supplémentaire en cas d’empêchement de
l'un desdits députés.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

du 19 septembre 1790, que provisoirement il serait mis un
bandeau sur les armes de la ville jusqu'à ce que l'Assemblée
nationale eût désigné celles dont la ville pourrait faire usage (1). »
Autre ordonnance municipale du 10 novembre de la même
année qui enjoint à tous ceux qui avaient des armoiries sur les
/Le comte de La Roque de Mons ;
iLe marquis de Foccauld de Lardimalie ;
Dans l’ordre de la Noblesse J^e marquis de Verteillac (de Labrousse),
1 en remplacement de l’un desdits titulaires
f empêchés ;
(Du Pin, secrétaire dudit ordre.
.

Fournier de la Charmie, lieutenant-général
de la sénéchaussée de Périgueux ;

I

Gontier de Biran, id. id. de Bergerac ;
Lots, avocat et premier consul de Sarlat ;
Paulhiac de la Sauvetat , avocat au Parle­
ment.
Le 1er octobre 1791, l’Assemblée nationales,'étant faite Constituante, fut
remplacée par l’Assemblée législative ; les députés de la Dordogne qui en
firent partie furent :
. Pontard, évêque constitutionnel ;
Taillefer, médecin, administrateur du district de Sarlat ;
Pinet, l’aîné, id. id. de Bergerac ;
De Verneilh, président du tribunal de Nontron ;
Roux-Fazillac, chevalier de Saint-Louis, d’Excideuil ;
Lacoste, médecin à Montignac, administrateur du département ;
Limousin, homme de loi à Ribérac, id. id.;
Delfau fils, cultivateur à Givres, district de Belvès ;
Lamarque, juge au tribunal du district de Périgueux ;
Beaupuv, l’aîné, chevalier de Saint-Louis, de Mussidan, administrateur
du département.

(1) Cacher sous un bandeau les armes de la ville ! — notre blason à nous
tous enfants de Périgueux — ces armes que nos pères étaient si justement
fiers de placer sur leurs monuments, sur leurs bannières, sur leurs chartes
— ils en avaient payé l’honneur de leur noble sang, en défendant, contre
les ennemis de la patrie et contre les envahissements des comtes de la
province, leur liberté antique, leurs droits et leurs franchises ; — cacher
ces armoiries glorieuses, disons-nous, et, moins de trois mois après, ordon­
ner de les effacer partout où elles seraient, fut, de la part de nos adminis­
trateurs d'alors, une véritable dérogeance, une défaillance bien coupable,
car elle fut le prélude de mesures bien plus coupables encore !...

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

89

portes de leurs maisons et des litres dans les églises, de les
taire disparaître, et, pour donner l’exemple aux citoyens, la mu­
nicipalité de Périgueux arrêta que les anciennes armes de la
ville seraient effacées partout où elles se trouveraient et rem­
placées par celles de la nation; mais que ce nouveau sceau de
la municipalité conserverait néanmoins la devise : Fortitudo
mea civium fides.

179!

Jean-Pascal-Charles de Peyssard.
Il prête serment le 20 novembre de ladite année.

1792

1793-1795

N. Vincent, payeur général du département, 13 octobre (1).
Antoine Audebert, avoué, 22 brumaire, an II (12 novem­
bre 1793).
(1) L’Assemblée législative fit place b l’Assemblée dite de la Convention,
qui inaugura son ouverture le 21 septembre 1792 par le décret d’abolition
du gouvernement monarchique et la création d’une Réptiblique française.
Quatre mois après, c’est-à-dire le 21 janvier 1793, elle faisait tomber la
tête du malheureux Louis XVI shi' l’échafaud révolutionnaire.
Voici les noms de nos députés dans cette Assemblée :
Allafort, vice-président à Nontron ;
Bouquier aîné ;
Lambert ;
Lacoste (Elie), médecin à Montignac ;
Lamarque (F.), juge de paix à Périgueux ;
Meynard (F.) ;
Peyssard (J.-P.-C.), garde du corps du roi, chevalier de Saint-Louis;
Pinet (Jacques), administrateur du district de Bergerac ;
Roux-Fazillac (Pierre), chevalier de Saint-Louis ;
Taillefer (G.), médecin.

A l’exception deF. Meynard, qui vota la détention de Louis XVIpendant la
guerre, sauf à prendre pendant la paix, de la part de la législature, les autres
mesures de sûreté générale que les circonstances pourraient exiger, tous les
autres députés de la Dordogne votèrent la mort du roi sans aucune réserve.
Toutefois, nous devons constater que, sur la question de savoir si l’arrêt,
prononcé à la majorité de cinq voix seulement, lorsque les lois d’alors exi­
geaient les deux tiers des suffrages pour la condamnation d’un accusé, se­
rait soumis à la ratification du peuple, Allafort répondit, ainsi que F. Mey­
nard, affirmativement. — Sans aucun doute, l’appel au peuple eût sauvé
Louis XVI !

90

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

Nommé maire par arrêté du représentant du peuple RouxFazillac, député par la Convention nationale dans le département
de la Dordogne et départements circonvoisins.
Le 25 brumaire, même année, il proposa d’établir des réver­
bères dans la ville (1).
1795

François Sudré, homme de loi. 25 floréal an III (14 mai
1795) (2),
Nommé par arrêté du représentant du peuple Boussion (du
Lot) en mission dans le département de la Dordogne.

1795

Jean-Pascal-Charles Peyssard, nommé sous le titre
de président de l’administration municipale, 21 brumaire an IV
(12 novembre 1795), en vertu de l’article 9 de la loi du 21 fruc­
tidor an III (7 septembre 1795).
Le 29 nivôse an IV de la République (11 janvier 1796),
l’administration municipale de Périgueux « prévient les citoyens
de cette commune qu’il sera célébré le 1er pluviôse (21 janvier,
vieux style), une fête nationale à l’occasion de l’anniversaire
de la mort du dernier roi des Français. Elle invite en consé­
quence tous les patriotes à venir renouveler avec elle le serment
de haine à la royauté et d’amour pour la république. Elle con­
seille en même temps aux royalistes de rester tranquilles et
surtout de ne pas souiller par leur présence cette réunion répu­
blicaine. »
C’était témoigner d’une manière touchante du respect qu’a­
vaient alors pour la liberté individuelle les géants de 93, dont les
libres penseurs républicains d’aujourd’hui sont bien les dignes
descendants.
Dans un des articles du programme de cette horrible fête du
régicide (3), il est dit :
(1) Le 9 thermidor an 11 (27 juillet 1791), la France fut délivrée de la
tyrannie de Robespierre.

(2) C’est le 25 octobre 1895 qu’eut lieu l’installation du directoire.
(3) Elle ne fut abolie qu’en 1799.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

91

« Le cortège, traînant à sa suite le simulacre du dernier roi
des Français, sortira dans le même ordre pour se rendre sur la
place de la Liberté (1), où sera dressé un bûcher consommateur
de tous les attributs tyranniques. »
Cette glorification du régicide de la part des habitants de
Périgueux, de cette vieille cité dont le dévouement au roi et à
la patrie lui avait sans interruption, depuis Philippe-Auguste
jusqu'en 1789, mérité le maintien de ses droits, libertés et fran(t) Cette place, dénommée aujourd’hui Michel de Montaigne, a été ap­
pelée également du Boulingrin, mais plus communément place de la Pelouse.
Nos Annales périgourdines nous disent que la place de la Pelouse était le
camp où se réunissaient les royalistes, et que lorsque les républicains qui
avaient le leur sur la place du Coderc (+) y venaient en armes, il en résul­
tait, parfois, des collisions sanglantes. Pelousin était devenu synonyme
de royaliste ; sur un tableau des nobles et ennoblis de la commune de
Périgueux, dressé le la ventôse anVl de la République, par les admi­
nistrateurs de la commune de Périgueux (S mai 1798) — cartons Lapeyre
— on voit en effet que, parmi les cinquante noms qui y figurent, plusieurs
sont désignés avec la qualification de Pelousins.
Dans un ouvrage de M. de Verneilh-Puyraseau ayant pour titre : Mes
souvenirs de 73 ans, il est dit, page 202 : « Aux élections qui eurent lieu
en 1791, la jeunesse du département s’était réunie à Périgueux pour pro­
téger la sûreté et l’indépendance des électeurs ; (en 1796 avaient eu lieu
des scènes de désordle telles que l’assemblée électorale avait annulé ses élec­
tions — le gouvernement cependant n’en tint aucun compte —) de son côté,
le parti exagéré avait pris toutes ses mesures. Les deux partis s’étaient
réunis en armes sur la Pelouse, prêts à en venir aux mains ; heureusement
la prudence et la fermeté du général Chalbos empêcha le sang de couler et
les élections se firent sans violence. »

(+) Sur cette place — et là où a été construit en 1832 notre marché cou­
vert — existait encore, en 1829, l’ancien Hôtel-de-Ville ou palais con­
sulaire dont un dessin, artistement et fidèlement reproduit par M. H.
Dupuy, figure en tête de notre travail. Ce monument, des xii’
et xiii’ siècles, auquel se rattachaient de nombreux faits histori­
ques , de glorieux souvenirs , avait un tout autre cachet de gran­
deur et de noblesse, avec les créneaux et mâchicoulis de sa tour carrée,
laquelle, en y comprenant sa toiture pyramidale, n’avait pas moins de
45 à 47 mètres de hauteur, (voir les Antiquités de Vésone, page 606) un
tout autre aspect que la halle qui occupe aujourd’hui son emplacement.
Ce dernier édifice peut bien rappeler, par son style d’ordre dorique grec,
le marché au blé d’Athènes — ainsi qu’il est dit dans le Périgord illustré,
mais il ne remplace pas, pour nous qui avons le respect des monuments
anciens, le palais des consuls et son beffroi six fois séculaire.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

92

chises, qui était naguère si justement fière de se dire : ville
libre, ville noble, ville catholique, suffit pour montrer à quel
degré d’abaissement moral, nous pourrions dire d’abrutisse­
ment sauvage, descendent les masses populaires dont le bon
sens s’est laissé égarer par les doctrines révolutionnaires,
par des théories anti-chrétiennes.
Mais jetons un voile sur cette triste époque qui contraste
étrangement avec notre glorieux passé municipal ! avec ce passé
tout d’honneur dont le souvenir seul fait que l’on se demande,
par le temps qui court, si nous ne ferions peut-être pas bien de
revenir un peu à l’école de nos ancêtres.

1796

Alexis Thouverez, horloger, président de l’administra­
tion municipale. 11 messidor an IV (29 juillet 1796).

1797

Antoine Germilhac, officier de santé, président de l’admi­
nistration municipale, 5e des Jours sans-culottides (ou supplé­
mentaires) (21 septembre 1797) (1).

1800

Denis-Front Tamarelle-Mauriac, homme de loi, maire
le 5 floréal an VIII (15 avril 1800).
Nommé par arrêté du premier consul en exécution de la loi
du 28 pluviôse (17 février 1800).

1802

Jean-Baptiste-Pascal Vidal, médecin, 3 floréal an X
(25 avril 1802).

Par arrêté du premier consul, et maintenu par divers dé­
crets dans les fonctions de maire jusqu’au 20 avril 1815.
L’arrêté dont il est fait mention à la date du 21 janvier 1668 (2),
qui défendait aux marchands d’ouvrir leurs boutiques les
jours de dimanches et de fêtes, dut être abrogé, sans doute vers

(1) Journée du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), Napoléon est
nommé premier consul.
(2) Le 7 février 1749, une ordonnance fut rendue dans le même objet.
(Registres de l’Mtel-de-ville de 1748 d 1783.)

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

93

cette triste époque où l’on substitua le décadi au dimanche
et les saturnales révolutionnaires aux fêtes religieuses. (1)

Il était donné à l’administration municipale de 1810 de faire
revivre cet arrêté (2).
La suppression des évêchés de Périgueux et de Sarlat ne pou­
vait que froisser le sentiment religieux de la grande majorité de
la population, mais non l’éteindre ; aussi lorsqu’à la tourmente
révolutionnaire eurent succédé le calme et l’apaisement des pas­
sions politiques, la première pensée qu’exprima l’administration
municipale de Périgueux fut d,e réclamer son premier pasteur.

Voici l’adresse qu’adressa au roi à cette occasion, au nom de
la ville, le maire M. Vidal :

« Sire,
» Sous vos illustres aïeux Charles V, Henri III et Louis XIV,
votre ville de Périgueux, abandonnée à ses propres forces, a su
(ï) Proclamation de l’empire en 1804. — Sa déchéance est prononcée le
l’r avril 1814 ; les Bourbons sont rappelés, et le 5 mai suivant le roi Louis
XVIII fait son entrée solennelle dans la capitale.
(2) Voici cet arrêté tel que nous le trouvons dans le Livre Rouge :
Arrêté relatif & l’observation du dimanche, 19 juillet 1810.

Le maire de la commune de Périgueux,
Considérant qu’un grand nombre de marchands sont dans l’usage de choi­
sir particulièrement le dimanche pour étaler leurs marchandises dans les
rues et places publiques ;
Considérant que l’observation du dimanche est un des préceptes essentiels
de la religion chrétienne ; que le respect à ces préceptes exige qu'un pareil
jour ne soit employé à aucune œuvre qui puisse être l’objet de scandale ;
Considérant qu’il est aussi facile de se procurer un autre jour que les di­
manches les objets ou marchandises qui ne sont pas de première nécessité,
Arrête :
A dater du 22 de ce mois, il ne pourra être étalé, les jours de dimanche
et de fêtes conservées, aucune marchandise dans les rues et places publiques
de la communauté de Périgueux.
Sont exceptés de la présente défense les comestibles tels que viande, lé­
gumes, fruits, volailles, œufs, poisson, etc., dont néanmoins la vente dans
les rues et places publiques devra être terminée à onze heures du matin.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

chasser de ses murs les ennemis de l’Etat; vingt-cinq ans
d’orages et de discordes n’ont porté aucune atteinte à son dé­
vouement et, à peine le joug de la tyrannie a-t-il été brisé, qu’elle
a fait éclater son ancien amour pour ses rois légitimes. Daignez,
Sire, agréer l’hommage de cet amour constant qu’elle dépose
au pied du trône de Votre Majesté.
» Aussi fidèle à la religion qu’à son roi, cette cité a toujours
conservé la pureté de sa foi, mais elle a le plus grand besoin
d’un pasteur instruit et vigilant. Elle vous supphe, Sire, de ré­
tablir un des plus anciens et des plus utiles évêchés de France;
elle prie aussi V. M. de considérer qu’un département qui a
fourni deux sièges épiscopaux et dont la population effective
compte environ 4o0,000 habitants, a des droits à ce siège dont
on assure que la Providence a conservé le digne et vénérable ti­
tulaire (1).
» Nous sommes avec le plus profond respect, Sire, deV. M., les
très-humbles, très-obéissants et très-fidèles serviteurs et sujets.
Ont signé les membres composant le conseil municipal.

Cette adresse fut portée au pied du trône par Sa Grandeur
l’archevêque de Reims, MM. le prince de Chalais, le marquis de
Saint-Astier, le marquis de Saint-Aulaire, le marquis d’Aloigny,
le marquis de Peyzac, le comte du Lau d’Allemand, le comte du
Lau de la Cotte, le baron de Malet, le chevalier de Larigaudie,
le chevalier Maine de Biran, Sanzillon de Mensignac, de Lascous, de Belisle du Chastenet (de Froidefond), l’abbé de SaintGerac, de Lagrange-Merlie, de Cremoux frère et Mie fils.

Le 14 décembre 1814, le maire communique au conseil mu­
nicipal une ordonnance du roi, en date du 16 septembre de la
même année, portant que les ville et communes du royaume re­
prendront les armoiries qu’elles portaient avant 1789. Après
délibération prise à ce sujet, le conseil municipal décide à l’una(1A Mgr Enunanuel-Louis Grossolles de Flamarens
1815.

mort h Londres en

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

95

nimité que la ville de Périgueux reprendra ses anciennes armoi.
ries et que le sceau en sera appliqué sur les actes de son admi­
nistration. Il invite, en conséquence, le maire à se pourvoir par
devant la commission du sceau des titres pour les faire véri­
fier (1).
(1) Les événements désastreux du commencement de 1815 durent sans
doute retarder l’exécution de ce projet, car nous voyons, dans une lettre
écrite le 23 novembre 1813 parM. Vidal, alors maire de Périgueux, — lettre
adressée à messieurs Mery, référendaire en la Chancellerie de France, et de
Saint-Allais, auteur du Nobiliaire universel, et dont nous avons reproduit
(note 2 des pages 4 et 5) quelques extraits — que pour remplir le but de
leur demande, il leur adresse le dessin des armoiries dont la ville de Péri­
gueux était en possession avant 1789 et joint à ce dessin celui d’autres ar­
moiries qui ont appartenu d la Cité de Vésone, en leur exprimant le désir
que ces deux armoiries soient réunies en un seul écusson.
Le 1S février 1816, le conseil municipal renouvelle la demande du 14 dé­
cembre 1814 à la Chancellerie, et le même M. Vidal, renommé maire le 7
juillet 1815, écrit à ce sujet au préfet de la Dordogne et le prie de vouloir
bien transmettre lui-même cette demande, afin qu’elle soit plus favorable­
ment accueillie. Les armoiries de la ville de Périgueux, dit-il en terminant
sa lettre, sont trop anciennes, elles sont le gage de trop de preuves du dé­
vouement et de la fidélité des habitants à l’auguste famille des Bourbons,
pour que le souvenir qu’elles rappellent ne soient pas précieux pour eux et
qu’elles ne mettent pas un intérêt particulier à obtenir la faveur de s’en
décorer de nouveau.
De tout ce qui précède, il ressort évidemment que nos magistrats munici­
paux avaient à cœur de faire revivre notre vieux blason. — D’où vient donc
le retard apporté à la réalisation de leur désir? Nous l’ignorons. Toujours
est-il que le 9 janvier 1818 la ville n’avait pas encore repris ses armoiries,
puisque dans une nouvelle délibération, à cette date, le conseil municipal,
sur l’observation d’un de ses membres, qui rappelle qu’une ordonnance du
roi autorise les villes qui avaient anciennement des armoiries à les repren­
dre, en obtenant de S. III. les lettres-patentes à ce nécessaires; que celles que
possède la ville de Périgueux étaient d’autant plus honorables qu’elles
attestaient à la fois et le courage et la fidélité de ses habitants ; qu’en con­
séquence, il proposait au conseil de se pourvoir près du conseil du sceau des
titres pour faire autoriser la ville h reprendre ses anciennes armoiries, ar­
rête à l’unanimité :
1» Que S. M. sera suppliée d’accorder à la ville la faculté de reprendre
ses anciennes armoiries ;
2° Que la présente délibération, ainsi que le timbre desdites armoiries
(c’est-à-dire la couronne comtale qui les surmonte), seront adressés à un

_____________

96

____________

- ---- --------

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

1815

Jean-François Roux, ex-major de dragons, 20 avril —
13 mai 1815 (1).

Par arrêté du comte Colchen, commissaire extraordinaire du
gouvernement dans la 20e division militaire, en vertu du décret
du 20 avril 1816.

1815

Jean-Baptiste-Pascal Vidal, médecin, chevalier de la
Légion-d’Honneur.
Rentré en fonction en vertu de l’ordonnance royale du 7 juil­
let 1815 (2).

1816

Jeand’Abzac, marquis de Ladouze, 15 avril.
Nommé en vertu de l’ordonnance royale rendue en exécution
des dispositions de l’ordonnance réglementaire sur le renouvel­
lement des maires, en date du 14 janvier 1816.
conseiller référendaire par la commission du sceau des titres à Paris pour
impétrer de S. M. les lettres-patentes nécessaires et obtenir pour la ville la
faculté de reprendre les anciennes armoiries dont elle était en possession,
ainsi que la devise qui y était attachée. Cette délibération est signée duMis
d’Abjac, maire, et des conseillers municipaux qui suivent : Messieurs Véchembre, de Cremoux, Roux, Audebert, Moyrand, Dufraisse, J.-R. de Moneys, Sanzillon.
Enfin, le 14 décembre 1829, leMis de Moneys étant maire, le conseil
municipal décide que la ville reprendra définitivement ses armoiries.
C’est donc de cette époque seulement que date le sceau municipal tel que
nous le possédons aujourd’hui, sceau dans lequel on a voulu réunir les ar­
mes de la ville et de la cité, louable pensée, mais dont l’exécution ne fut pas
heureuse ; au lieu d’adopter la forme de l'écartelé plus propre aux blasons
des familles qu’aux sceaux des villes, un écu simple dans lequel on aurait
réservé les deux tiers aux armoiries propres de Périgueux, — la porte for­
tifiée surmontée de la fleur de lis, — et l’autre tiers faisant le chef de l'écu,
dans lequel on aurait placé l’aigle antique, comme souvenir du municipe
romain, nous eût paru bien préférable. Comme dans le sceau écartelé, on
aurait eu la même exactitude historique et héraldique, mais les pièces, non
géminées, se trouvant à l’aise, auraient été plus distinctes et en même temps
plus gracieuses.
(1) Retour de Napoléon le 20 mars 1813 ; il abdique le 22 juin delà
même année.

(2) Retour de Louis XV1I1 en 1819.

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

97

Sur le bruit qui s’était répandu que le maire était dans l’inten­
tion de donner sa démission, les membres du conseil se réunis­
sent le 12 octobre 1817 et expriment unanimement le vœu que ce
magistrat, qui a si dignement et si utilement rempli ses fonctions,
en continue l’exercice. Ce vœu transmis par eux au marquis
d’Abzac de Ladouze, celui-ci réunit le conseil le 9 janvier 1818
et, en présence de MM. Lanxade, Moyrand, Dufraisse, de Sanzil­
lon, Roux, de Moneys, Mage, de Cremoux, Saint-Martin,
Pressacq, Audebert, de Beler, Véchembre et Laborie, membres
du conseil municipal, il prononce le discours qui suit : « Mes­
sieurs, avant d’ouvrir la séance, permettez-moi de vous manifes­
ter tous les regrets que j’ai éprouvés de ce que les circonstances
ne m’ont pas permis de vous exprimer plus tôt combien j’ai été
sensible à la démarche que vous avez bien voulu faire dans votre
séance du 12 octobre dernier. Il est vrai que des affaires majeures
qui, je croyais, nécessitaient mon absence de cette ville pendant
un temps peut-être assez long, m’avaient déterminé à donner ma
démission de la place que je ne pensais pas pouvoir exercer pen­
dant le cours de cette année. Mais le vœu du conseil m’étant par­
venu d’une manière aussi (laiteuse quelle est honorable pour moi,
je n’ai pas dû balancer un instant à y répondre : j’ai fait des arran­
gements pour mes affaires particulières, et, renonçant au voyage
que j’avais projeté, je ferai tous mes efforts, Messieurs, pour
continuer de mériter votre confiance et celle des habitants de
Périgueux. Pour y parvenir ; faire aimer le roi, chercher à allé­
ger dans cette commune le fardeau qu’ont fait peser les mau­
vaises récoltes sur toute la France, seront les moyens que je ne
cesserai d’employer, assuré d’atteindre le but que je me propose.
Si mes intentions peuvent être remplies, je serai bien plus que
dédommagé du léger sacrifice que j’ai dû faire. »

Le conseil témoigne à M. le maire combien il est satisfait de
l’assurance qu’il vient de lui donner. (Archives. Registre des
délibérat, du conseil municip., série D, n° 6, du 8 mai 1806 au
31 décembre 1818.)
7

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

Joseph-Bertrand Bayle de Lagrange, non acceptant.
Jean-Romuald marquis de Moneys d’Ordières, che­

1820
1820

valier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, et plus tard
de la Légion-d’Honneur.

Par ordonnances du roi du 31 juillet 1820, 30 juin 1821,
28 avril 1823.

Jean-Baptiste-Pascal Vidal, médecin, 27 août, n’ac­

1830

cepta pas.
Changement de gouvernement (1).

Léger Combret de Marcillac, 11 septembre 1830 —

1830

7 février 1832 — 2 janvier 1833 — 8 septembre 1837.
Ordonnance royale, en exécution de l’article 3 de la loi du
21 mars 1831.
C’est à M. Combret de Marcillac que nous devons d’avoir,
dans l’intérieur de la ville de Périgueux, les fontaines qu’alimente
la source du Toulon. — Le conseil municipal, voulant donner
à ce 'magistrat un témoignage de reconnaissance, fit graver, en
1836, sur une plaque de marbre que l’on voit encore sur la façade
de l’évêché, le nom de place Marcillac. Mais cette dénomination,
remplaçant celle de la Clautre — la plus ancienne et la plus
historique de nos places, dit M. Dessalles (2) — n’a jamais pu
prévaloir. Là encore le bon sens public donne raison à ce que
nous avons dit plus haut au sujet de la rue Hieras.

Léonard-Giles Lagrange, notaire, 19 novembre.

1839

Rempht les fonctions de maire comme premier inscrit au ta­
bleau des conseillers municipaux et en exécution de l’article 5
de la même loi.

(1) Journées des 27, 28 et 29 juillet 1830. Charles X est renversé de
son trône et Louis-Philippe d’Orléans est proclamé roi des Français le 9
août 1830.

1

(2) Claustrum (ou claustra), indique évidemment qu’il y avait là devant
l’église latine un monastère, un cloître, ÇN. de Taillefer, Antiquités de
Vésone.)

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

99

Léger Combret de Marcillac, 1er octobre.
Ordonnance royale, en exécution de l’article 3 de la même loi.

Jean-Louis-Maürice de Trémisot, 30 octobre.

Jean-Etienne-Joseph Estignard, officier supérieur
d’état-major en retraite, chevalier de Saint-Louis et de la
Légion-d’Honneur.
Maire provisoire le 15 juillet 1845, en titre le 3 novembre
1846.
C’est le 1er mai 1845 que fut établi dans la ville de Péri­
gueux l’éclairage au gaz (1).

Pierre-Romain Moyrand, avocat, 11 mai.
Nomination faite par la commission municipale provisoire,
instituée par arrêté en date du 11 mai 1848 des commissaires
du gouvernement provisoire de la République.

Louis Mie, avocat.
Remplit les fonctions de maire comme premier inscrit au
tableau des conseillers municipaux, en exécution de l’article 5
de la loi du 21 mars 1831. — Arrêté du président du conseil des
ministres chargé du pouvoir exécutif, exécution de l’article 10
du décret du 3 juillet 1848. Révoqué en 1849.

Léon-Hilaire-Giles Lagrange, notaire.
Remplit les fonctions de maire provisoire en vertu d’un arrêté
du préfet en date du 18 février 1849, en exécution de l’art. 3 de
de la loi du 21 mars 1831 et du décret du 3 juillet 1848.

Jean-Etienne-Joseph Estignard, porté plus haut.
Remplit les fonctions de maire provisoire en vertu d’un arrêté
du préfet en date du 3 juillet 1849, en exécution de l’art. 3 de
la loi et du décret ci-dessus.
(1) Renversement du gouvernement de Louis-Philippe le 24 février 1848
et proclamation de la République le 4 mai suivant.

100

+ 1850

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

André-Delphin Borros de Gamanson, maire provi­
soire.

Par décret du président de la République, en exécution de
l’art. 10 du décret du 3 juillet 1848.

+ 1852

Jean-Etienne-Joseph Estignard, porté déjà en 1845
et 1849.
Par décret du président de la République, en exécution de
l’art. 57 de la Constitution et des art. 7 et 8 de la loi du 7 juil­
let 1852 (1).

+ 1854'

Pierre Courtey remplit les fonctions de maire provisoire
en qualité d’adjoint, premier dans l’ordre des nominations par
suite de la démission de M. Estignard.

+ 1855

Jules-Alfred Bardy-Delisle , docteur en médecine,
chevalier de la Légion-d’Honneur.

Maire provisoire’le 24 janvier 1855, en titre le 14 juin de
la même année et installé le 17.
Démissionnaire en 1870.
+ 1870

Louis-Martial Doursout remplit les fonctions de maire
en qualité de premier adjoint depuis le 12 janvier jusqu’au
18 août.

+ 1870

Guilbert, médecin, inscrit le premier au tableau du conseil
municipal, maire du 20 août au 4 septembre (2), époque où il
est nommé préfet de la Dordogne.

+ 1870

N. Marot, ancien ingénieur des mines, nommé maire par le
conseil municipal le 9 septembre, et confirmé par arrêté pré­
fectoral le 10 octobre, démissionnaire.

+ 1870

Frédéric Batailh, avocat, élu par le conseil municipal le
(1) Coup d’Etat du 2 décembre 1852 par le prince président de la Répu­
blique, qui est proclamé empereur sous le nom de Napoléon III.

(2) La déchéance de l’empire étant prononcée le 4 septembre 1870, la
France se déclare provisoirement en République.

HW« IL >’)

MAIRES DE PRRGUEUX.

101

20 octobre et confirmé à titre provisoire par arrêté préfectoral
le 22 novembre.
1874

Auguste Fournier-Laurière, nommé maire le 15 mai
1871, par arrêté du président du conseil des ministres, M.
Thiers, chef du pouvoir exécutif, et installé le 18 du même
mois.
Révoqué pour sa participation à des manifestations politiques
qui ont eu lieu dans la" ville le 4 septembre 1873, ainsi que son
premier adjoint, par arrêté du maréchal de Mac-Mahon, duc de
Magenta, chef du pouvoir exécutif.

+ 1873

Bourdeillette, docteur en médecine, en sa qualité de se­
cond adjoint, remplit les fonctions de maire jusqu’au 1er octobre
1873. A cette date, un arrêté du préfet le suspend pendant
deux mois « pour avoir, dit le considérant, dans un banquet
où il assistait en qualité d’adjoint remplissant les fonctions de
maire de Périgueux, entendu, sans formuler de protestation,
un discours renfermant des excitations à la haine des citoyens
les uns contre les autres. »

1873

Sylvestre Eimery, premier conseiller municipal inscrit
dans l’ordre du tableau, remplit aujourd’hui, par intérim, les
fonctions de maire.

En tête de ce travail chronologique, nous avons placé quatre vers extraits
d’une épître que notre spirituel et érudit compatriote, le baron de Gageac,
adressa, en 1830, à la Société d’agriculture, sciences et arts cle la Dordogne,
— épître en 300 vers élégants et faciles, et qui, malgré leur tour original et
badin, n’en résument pas moins toute notre histoire locale. —Ces quatre vers,
où le Périgourdin est peint, grand par sa foi religieuse et son dévouement à la
patrie, autant que par son courage et sa persévérance à défendre l’intégrité de
son territoire seigneurial et ses droits, libertés et franchises, entraient trop
bien dans notre sujet pour ne pas les rappeler et les inscrire en épigraphe.
Voici maintenant — et c’est par là que nous terminerons — le portrait que
trace du Périgord-le comte Wlgrin de Taillefer dans ses Antiquités de

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201

MAIRES DE PÉRIGUEUX.

Vésone: ... L’habitant, dit-il, est franc, loyal, courageux, ami vrai, ennemi
opiniâtre, etc. — et il ajoute : Ce que j’avance est confirmé par un vieil adage,
un espèce de jeu de mots, (sur le mot latin petracorensis, périgourdin).
Petra esto duris (1) cor amicis, hostibus ensis,
Hæc tria si fueris petra-cor-ensis eris.

Distique que nous ne pouvons mieux traduire que ne l'a tait M. Fourteau,
ancien professeur de philosophie :
Sois dur comme la pierre pour les méchants,
Tout cœur pour tes amis
Contre les ennemis de la patrie toujours l’épée à la main.
Si tu as ces trois qualités, tu seras Périgourdin.
(1) M. de Taillefer dit : Petra sis ingratis; mais, dit le chevalier de Feletz (Mélanges
de philosophie, d’histoire et de littérature, 1850) : « C’est à tort, ce me semble, le vers n’y
serait pas, le monosyllabe sic étant toujours long, même devant une voyelle. »

Nota. — Les astérisques placés devant plusieurs noms, ainsi qu’il est dit a la fin de la note,
page 22, désignent les maires dont il a n’a pas été fait mention dans les listes publiées
jusqu’ici.

C’est par erreur que celle qui a paru dans une Revue nobiliaire et historique imprimée à
Paris, sous la direction de M. L. Sandret — livraison de janvier et février 1872, librairie de
J.-B. Dumoulin - porte la signature du marquis de Saint-Astier, lequel n'a été que l’inter­
médiaire entre nous et M. Dumoulin. En faisant, au nom de M. de Saint-Astier, cette recti­
fication, nous tenons, de notre côté, à déclarer que cette liste, dont les épreuves ne nous ont
pas été communiquées, fourmille de fautes typographiques et autres, dont nous n’acceptons
pas non plus la responsabilité.

Errata.

À la septième ligne de la page 44, le nom de Lieu-Dieu devait être séparé
par un trait de celui de Lautherie, pour indiquer deux familles distinctes.
A la page 58, le premier chiffre en marge devant le nom de Jacques Chalup
ne devait pas être 1502, mais bien 1602.

Dans la strophe, note 2 de la même page, les lettres D et L qui commen­
cent les deux premiers vers ont été interverties. D doit donc remplacer L et
vice versa.
A la note 2 de la page 71, il est dit que la maison de Bodin de la Roudetie, qui existe encore rue du Plantier, porte le n° 11. C’est le n° 21 qu’on y
voit aujourd’hui.

A la note 2 de la page 96, avant 1815 ajoutez : 8 juillet.

TABLE ALPHABÉTIQUE
DES

NOMS DE FAMILLE

Abzac (d’), 24-33-61-86-96-97.

André, 58-66.

Acigné (d’), 32-33.

Angleterre (Edouard III, roi d’), 24.

Adhémard, 44.

Anjou (Louis, duc d’), 24-25-26-54.

Aix (Ayts ou d’), 54-36-37-45-49-67-75.

Arnaud de Golce, 32-56-37.

Albaret (d’), 10.

Anault (d’), 36-57-53-67.



Albert, 62.

Arnault de Laborie, 34-41-44-47-67.

Albret (d’), 30-38.

Artensee (d’), 70.

Alesme (d’), 61-69-72-81.

Aspremont (d’), 10.

Alexandre (le pape), 37.

Asterie, 75.

Alexandre, 59-65-66-52.

Audebert, 89-96-97.

Allafort, 89.

Audoüy, 46.

Aloigny (d’), 38-94.

Bai'but, 47.

Baudry, 76.

Bardy-Delisle, 100.

Bayle de Lagrange, 98.

Barnabé (de), 15-17-18-26-27-28-29-30.

Bayly (de), 5.

Barrault (de), 24.

Beaumanoir (de), 30.

Barret, 18.

Beaumont (de), 86.

Barry de la Renaudie (du), 46.

Beaupuy, 88.

Bascharetie, 65.

Belcier (de), 32-55-58-39.

Batailh, 100.

Bêler (Gros de), 79-97.

Baudin, 71.

Belleforest (de), 41.

— 104 —

B

(Suite.)

Bembroug, 31.

Borros de Gamanson ,100.

Benoit de Manou, de Laubresset, 67.

Botas (de), 15-26-27-28.

Béraud, 41.

Bouchard (d’Aubeterre), 43-51-55.

Beraudière (de la), 34-61.

Boucher (de), 81-83.

Berne (de), 47.

Boudin (de), 55.

Béron, 14-13.

Boudon, 70.

Bertin, 44-81.

Bouquier, 89.

Beynac (de), 42.

Bourdeille (de), 24-30-42-51-35-55-65.

Berwick (de). 80.

Bourdeillette, 101.

Beyneyde, 30.

Boux (le), 25-75.

Biran (de), 59-88-94.

Brandon, 70.

Blanc de Saint-Just, 3.

Brochard (de), 2.

Blanquet (de), 10-13-15-17-18-29-31-32.

Broliodie, 59.

Bodin (de), 70-71-72.

Brousse (de la), 18.

Boët, 10.

Brugière, 75.

Bolle, 45.

Brun, 18-26-41.

Boniface (de), dit de Périgueux, 21-25-24-26.

Brunel, 10.

Bnnneval (Foucaud de), 42-43.

Brusany, 24.

Bordes (de), 42-44-47-51-60.

Bugeaud, 63.

Borie de laPinerie, dela Rampinsolle (dela),

Bullefarine (de), 18.

47-67.

C

Cablans (Arnaud de), 15-16.

Caumont-Laforce (de), 54.

Campniac (de), 16-17.

Chabrol (de), 29-30.

Caudale (duc de), 70.

Chaignon, 60.

Capote, 9.

Chalais (Talleyrand, prince de), 55-56-65-94.

Captai de Saint-Martin, 67.

Chalaud, 71.

Cars (des), 50.

Chalbos, 91.

Castaigne, 45.

Chalup (de) 37-39-49-58-65-67.

Castelnau (de), 59.

Chambon (de ou du), 34-35.

Catalis, 56.

Cbaminade, 73.

— 105

C

(Suite.)

Champagnac (du Mas de), 77.

Chatuel, 9-10-14-15-17-19-21.

Champagnac (de), 64-69.

Chaumont (de), 27-28.

Chancel (de), 51-33-55-59-60-67-68-80-82.

Chenays des Bois (de la), 34.

Chancelade (l’abbé de), 51.

Chenu, 33.

Chandos, 23.

Chesne (du), 46-60-64-69-76-78-79-80.

Chanlost (de), 69-71.

Chevalier , 55-58-59-60-61-62-64-65-66-69-

Charière, 31.

70-72-75-78-82.

Charles (voir Peyssard), 73-89-90.

Cheyron (du), 73-80.

Charles, fils aîné de Jean II dit Le Bon, 22.

Chillaud (de),

Charles V, 24-23-93.

46-47-50-51-53-60-61-66-72-

74-77.

Charles VI, 26.

Clarens (de), 9-11.

Charles VII, 31.

Cluzel (du), 44-73-76.

Charles VIII, 56.

Colchen, 96.

Charles IX, 39-47.

Comte (de), 18-19.

Charles X, 63-88.

Condé (le prince de), 71.

Chaslant, 41.

Cothet, 37.

Charon (de), 39-72-82.

Courcelles (de), 16-19.

Chassaing (du), 81.

Courson (de), 81.

Chassarel (de), 36-37.

Courtey, 100.

Chastanet (de), 18-20-25-30.

Cremoux (de). 75-77-94-96-97.

Chalard, 33-59.

Cugnac (de), 19-38-48-49.

D
Dabert, 71.

Dieras, 61.

Daumesnil, 63-64.

Dominici, 2.

Debord, 59.

Doursout, 100.

Delfau, 88.

Dujarric, 51-80-81-82.

Delfaut, 87.

Dufraisse, 96-97.

Delpit de Saint-Gérac, 94.

Dumas, 36-57-42.

Delpuech, 11.

Dumoulin, 102.

Delisle (Bardy-), 100.

Dupuy (le l’ire), 9-11-581-55-36-45-46-48-35-39.

Deschamps, 81.

Dupuy, 91.

Dessalles, 5-16-27-98.

Durfort (de), 27.

— 106 —

E

Estignard, 99-100.

Edouard III, roi d’Angleterre, 24.
Edouard, prince de Galles, 23-24.

Eydely, 85.

Epernon (le duc d’), 69-70.

Eymard, 83.

Espès, 11.

Eymerv, 101.

E

Faure, 23-44-47-49-79-82.

Foucaud de Bonneval, 42-43.

Favier (ou Fabry), 20-29.

Foucauld, 39.

Fayard (de), 45.

Foucault (de), 88.

Fayard, 35-40.

Fournier, 48.

Fayolle (de Melet de), 2.

Fournier, 83-85-86-88-101.

Fayolles, 73

Fourteau, 102.

Féletz (de), 59-102.

Francheville (de), 78-79.

Fénelon (de), 63.

Froidefond (de), 38-56-73-81-83-94.

Flaraenc (de), 26,

<;

Gageac (du Reclus de), 1-68-101.

Girard, 13-59.

Galles (Edouard, prince de), 23-24.

Girard de Langlade, 53-69.

Gallien, 40.

Gontaud de Biron (de), 42-58.

Galy, 35.

Gontier de Biran, 59-88-94.

Gamanson (Borros de), 100.

Gourgues (de), 39-44-46-47-53-60-61-75-78-80.

Gaudos, 11.

Gravier (de), 54-68.

Gelât, 15-19.

Grossolles, 86-94.

Germilhac, 92.

Guesclin (du), duc de Longueville, 25.

Gérauld, 73.

Guilbert, 100.

Giles Lagrange, 98-99.

Gurson (de), 51.

— 107 —

H

Henri II, 44

Henri IV, 48-53-54.

Henri III, 47-50-54-93.

Hozier (d'), 51.

Henri de Navarre, 41-43-44.

Huard, 59.

J

Jalat, 18.

Jaude (de), 20-21-22-24-25.

Jarric (du), 86.

Jay (de), 44-46-47-54-89-64-63-74-77.

La Jarthe (du Puy de la), 44 (Voir du Puy).

Jehan (de), 54-59-68-78-82.

Jaucelin, 16.

Juvénal (de), 9-13-15.

L

Laborie, 97.

Laborie (de), 47.
Labrousse de Verteillac (de), 88.

Lapeyre, 7-10-19-20-34-44-49-54-55-56-57
60-61-65-68-91.

Laporte, 87.

Lacoste, 88-89.

Larigaudie (de), 94.

Ladoire, 85.

Laroche (de), 11.

Lagrange-Merlie (de), 94.

Laroque (de), 2-33.

Lagrange (Giles), 98-99.

Lascous, 94.

Laisné, 68.

Lastours (de), 9.

Lamarque, 88-89.

Lau (du), 32-94.

Lambert, B-89.

Laulanie, 85.

Lambert (de), 23-24-26-38-40-44.

Laurière (de), 32-33-37.

Lambert La Porte, 14-16.

Lautherie (de Landric de), 44.

Landric (de), 21-26-34-35-39-44-47.

Légier-Barrière, 17-18.

Langlade de Lavignac, 73.

Lespine (de), 30-56-57.

Langlade (Girard de), 53-69.

Leymarie (de), 33-54-67-87.

Langoiran, 49.

Leymarie (E.), 33-87.

Lanxadc, 97.

Le Long, 55-65.

L (Suite.)

Le Long, 75.

Lieu-Dieu (de Saint-Astier du), -44.

Louis XIII, 1-58-60-65-66.
Louis XIV, 5-68-70-71-72-73-75-78-80-93.

Limoges (Vicomte de), 11.

Louis XV, 80-81-85.

Limousin, 88.

Louis XVI, 89.

Louis VIII, 2-10.

Louis XVIII, 61-93-96.

Louis IX, 3-12-13.

Louis-Philippe d’Orléans, 98-99.

Louis X, 16.

Louis, duc d’Anjou, 21-25-26-51.

Louis XI, 32-33.

Loys, 88

Macanan (de), 67.

Merle (de), 28-29-32-10.

Macheco de Premeaux (de), 81.

Merlie de Lagrange, 91.

Mac-Mahon (de), 101.

Mery, 1-95.

Mage, 97.

Meschi, 15.

Maigne, 62.

Meyry (de), 9-12-13-19-20-21-31-32.

Magne, 60.

Meynard, 89.

Maignol, 83-81.

Michaélis, 70 et 73.

Malet (de), 91.

Mie, 94-99.

Malfred, 16-19.

Migot, 87.

Mareuil (de), 12.

Moisson, 53.

Marcillac (Combret de), 63-98-99.

Moneys (de), 96-97-98.

Margot (de), 13-11-15-17.

Montpezat (de), 13.

Marguerite (de Navarre), 61.

Montagut (de), 71.

Marot, 100.

Montamas, 83.

Marqueyssac (de), 16-51.

Montardy (de), 50.

Marthomie (de la), 82.

Montaigne (de), 63-91.

Martin, 10-16-17-19-20-21-61-82.

Montozon (de), 61-69-72-71-77-80-81-84.

Martin V, pape, 31.

Moras, 72-83.

Martini, 15.

Moreau, 55.

Mas (du), 15.

Morillon, 55-65.

Mataguerre, 35.

Moulinard (de), 83.

Mellet de Fayolle (de), 2.

Moyrand, 96-97-99.

Mèredieu (de), 38-58-82-81-87.

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N

Napoélon 1er, 63-92-96.
Napoléon III, 100.

I Normands, 13-15.
| Noyers (des), 31-32.

O

O’gilvy, 84.

| Ortie, 26.

Orfaure, 49.

P

Pardaillan (de), 46.

Pinet, 88-89.

Paris (de), 47*

Plas (de), 40.

Pascaut (de), 26.

Plaigne (de), 12.

Paulhiac de la Sauvetat, 88.

Pleyssac (de), 19-21-22-23.

Pelisses (de), 34.

Pompadour (de), 37.

Périgueux (de), 20.

Pontard, 88.

Petit (de), 27-28-29-32.

Porte (de la), 9-12-14-16-18-19-21-53-59-67.

Peyrouse (l’abbé de), 39.

Pradeau, 53.

Peyssard, 89-90.

Pressacq, 97.

Peyzac (du Mas de), 94.

Prévôt ou Perrot, 42-46.

Philippe-Auguste, 2-9-91.

Prunier, 59.

Philippe III, 13.

Prunis, 53-56-87.

Philippe IV, le Bel, 14.

Puy (du), 19-20-30-31-32-53-34-35-38-39-40-

Philippe VI, 20.

41-43-44-46-67.

Pin (du), 88.

Q
Queyrel, 36.

>-.

Roche-Aimond (de la), 19-85-,86.

Raymond de Sallegourde, 67-82.

Reclus (du) de Gageac, 1-68-101.

Roche (de), 16-62.

Renaudie (du Barry de la), 46.

Roque de lions (de la), 88.

Renouf, 30.

Roque (de la), 5-33.

Richomme, 59.

Rossel ou Roussel, 20-26.

Rieu (du), 53.

Roubert, 46.

Robespierre, 90.

Roufliat, 83.

Rohan (de), 62.

Rougé (de), 85.

Roche (de la), 13.

Roux, 96-97.

Roche (de), 16-53.

Roux-Fazillac, 88-89-90.

S
Saint-Angel (de), 43.

Salleton (de), 72-82-87.

Saint-Allais (de), 4-29-30-51-65-95.

Sallegourde (Raymond de), 82.

Saint-Astier (de), 1 1-12-29-30-31-32-33-35-

Sandret, 102.
Sanzillon (de), 86-94-96-97.

56-37-42-44-67-76-94-102.
Saint-Aulaire (Beaupoil de), 94.

Saulière, 43-49.

Saint-Chamans, dame de Frateaux, 81.

Saunier, 68-83.

Saint-Gérac (Delpit de), 94.

Séguy, 12-19-20-29.

Saint-Louis, 3-12-43.

Serre (de), 74.

Saint-Martin, 97.

Servient, 27.

Salas, 12-13.

Simon (de), 70-75-79-80.

Salis, 9-10.

Solminhiac (de), 38-40-50-51-53

Salle (de la), 2.

Sudré, 90.

Sully, 54.

T

Taillefer (Wlgrin de), 5-61-98-102.

Tamarelle-Mauriac, 92.

Taillefer, 88-89.
Talleyrand-Périgord (de), 14-24-27-28-55-56-

Tarde, 48.

65-94.

Theil (du), 67.

Thibaud, 36-37.

111 —

T {Suite.)

Thiers, 101.

Tourtel ou Tortel, 42-53-39-62-66-82.

Thinon (de), 68.

Trémisot (de), 99.

Thouverez, 92.

Tricard de Rognae, 34-55-37-44-43-67.

V

Valbec (de), 9-12.

Verneuil (de) 79-80-H.

Valbousquet (de), 59.

Verteillac (De La Brousse de), 88

Valbrune (de), 44-45-67.

Verthamont (de), 53.

Véchembre, 96-97.

Veyrel (de), 62.

Verdier (du), 54.

Vidal, 4-3-92-93-95-96-98.

Verdun (de), 17.

Vigier (de), 15-16-18-19.

Verginis (de), 10-17-37.

Ville (de), 52.

Verneilh (de), 88.91.

Vincent, 89-91.

Périgueux. — Imprimerie Dupont et C", rues Taillefer et des Farges.

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